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 Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]

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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeVen 27 Mar 2009 - 17:32

Personnage:

Nom : Gerfaut
Prénom : Soledad
Age : 14 ans et demi
Date de naissance : 15 novembre 1994

Caractère :
La première chose que l'on remarque en discutant avec moi, c'est que je suis muette. Mais mon silence est un choix, non une obligation. Certes, mes cordes vocales sont atrophiées, mais je suis capable de murmurer, et si je m'étais entraînée, j'aurais pu parler normalement. Mais je ne veux pas parler. Mon silence est ma résistance, mon repaire, mon abri. C'est ma réponse à ce monde qui n'a ni queue ni tête, c'est mon refus. Les mots ne correspondent jamais à ce que vous pensez réellement, les mots blessent et peuvent tuer. Les mots apportent le conflit, les mots ne sont que du vent. Mes mots à moi sont des gestes, un language que je suis la seule à comprendre avec Esperanza, une sorte de danse, que je parle en solitaire. Mes mots sont parfois écrits, mais ce ne sont que des phrases futiles, la liste des courses ou un dialogue forcé avec les miens. Je parle en silence, et nul n'écoute.
La seconde chose que l'on remarque, c'est que je porte bien mon prénom. Soledad, solitude. Je vis seule, je suis indépendante, je n'ai nul besoin de vous. Je n'ai besoin que de mes capacités. Je refuse de me mêler aux autres, si fort que ça pourrait passer pour de l'agoraphobie, ou une misanthropie. Vous m'indifférez comme je vous indiffère. Je refuse de jouer le jeu, voilà tout, je refuse votre hypocrisie, à laquelle j'oppose mon silence résolu, que nul ne pourra fissurer. Je suis seule et heureuse, seule et indépendante, seule et fière. Je suis cet épervier qui plane au-dessus de vos têtes, qui chatouille les nuages, à jamais inaccessible. Je refuse vos règles, votre jeu idiot. Je suis l'observateur détaché, le fantôme qui observe le plateau d'échec. Je refuse d'être un pion, voilà tout. Je ne joue que selon mes règles. On me dit égoïste, cruelle, indifférente. Peut-être, mais je suis celle que je suis, et mon silence désarme toutes les insultes. Je suis intouchable. Vos critères ne s'appliquent pas à moi, voilà tout. Je suis autre, et tout ce que vous ferez pour m'humaniser est voué à l'échec. Tout bruit de bouche est inutile, les mots ne sont que du vent. Trop fière, peut-être, mais mon orgueil est né de vos affronts. Je suis muette, enfermée dans ma tour, isolée, à l'abri. Je n'ai aucun regret de cet état de faits. Je ne regrette jamais rien, les remords ne sont qu'un poids, un frein, qui m'empêche d'avancer. J'ai renié mon passé, mon futur m'indiffère, je ne vis que dans l'instant. Vous ne pouvez comprendre, et je ne puis vous expliquer.
Je suis cruelle, cynique, ironique, mais vous ne pouvez vous en rendre compte. J'ai un humour particulier, vous avez la chance de ne pas l'expérimenter. Je maquille dans mes attitudes hautaines et froides un refus de me mêler à vous, un refus de ressentir. Lorsque l'on grandit sans amour, sans reconnaissance, on apprend à s'en passer, mais je ne suis pas assez stupide pour en être heureuse. Je peux faire preuve de courage, et d'imprudence. Mon entêtement passe pour du perfectionnisme, et j'aspire bien à la perfection, pour un regard reconnaissant. J'ai conscience de me contredire, mais à quoi bon être logique, puisque vous ne m'entendrez pas ?
Je suis moi, voilà tout.
Je vis avec un casque greffé sur les oreilles, me reliant à un IPod noir comme à une bouteille d'oxygène. Dans ce petit appareil, plus de huit gigaoctets de musiques de tous les coins du monde, diverses et variées. De vieux chants celtiques côtoient du métal slovène, du jazz, du blues, du gospel, du classique... Je passe ma vie abreuvée de ces chansons, comme sous perfusion, et aucune ne semble jamais convenir à la situation. Leur seul point commun est de me plaire et de m'aider, jour après jour, à continuer de vivre. Elles ne meublent pas mon silence mais lui donnent un sens, traduisent en mots ce que je ne puis point dire.


Physique :
On m'a souvent dit que j'avais des airs androgynes, avec mes cheveux courts et mes vêtements pratiques et confortables. Je n'en sais rien, mais je peux vous dire sans mentir que mes cheveux châtains sont aussi courts que ceux d'un garçon, voir plus. Lisses, fins et raides, ils ne posent aucune difficulté à se laisser coiffer, et je peux me permettre de perdre mon peigne pendant plus d'une semaine. De mes ascendances espagnoles ne reste que mon prénom, et ma peau crémeuse comme celle d'une vraie andalouse. J'ai des yeux gris bleuté, presque aussi clairs que ceux de la vielle aveugle que je croise tous les jours au village, assise sur les marches de son perron. Mes sourcils sont fins et mes cils d'une longueur raisonnable. Mon nez est mince et droit, et mes lèvres claires sont charnues, bien dessinées et rarement gerçées. Mes dents sont blanches et alignées. On dit aussi que j'ai des mains d'homme. Elles sont pourtant longues et fines, mais musclées et couvertes de cicatrices, tout comme mes avant-bras. Mes ongles sont coupés assez courts, d'un joli rose nacré et en pleine santé.
Je suis de taille moyenne, un mètre soixante-sept, et mince sans être anorexique, cinquante-trois kilos et quatre cent cinquante grammes. On peut dire que je suis dynamique, musclée par une longue pratique de la randonnée, la course à pied et l'escalade. Grâce à mes chers cousins, je sais également frapper fort là où ça fait mal. J'ai des épaules carrées, ajoutant à mon côté androgyne, mais ma poitrine est haute et galbée, sans ressembler à une paire de melons ( quatre-vingts cinq C, pour ceux que ça intéresse ). Mes jambes ne font pas trois kilomètres de long, mais elles ne sont pas non plus trapues et arquées, merci bien. Pour résumer, je n'ai pas une silhouette de top-model, mais je pourrais être jolie, si je me mettais davantage en valeur. Parce que la mise en valeur, c'est pas ça. Jamais je ne me maquille, et mes vêtements... Une fashion-victime dirait que c'est une catastrophe. Je choisis mes vêtements pour leur confort et leur solidité, pas pour le style. Donc, on me retrouve le plus souvent en jean, pull fin, de préférence noir, veste de cuir, foulard de soie blanche que je ne quitte jamais et baskets fines. Je porte toujours une espèce de gros ceinturon de cuir, auquel sont accrochés deux gantelets, fabriqués en cuir et en métal. Pas que, mais un faucon qui arive à toute vitesse sur votre poignet serres en avant, ça fait mal.


Pouvoir :
Depuis que je suis ici, je peux parler par la bouche de quelqu'un d'autre. Je ne me sers que des muscles de la gorge, il n'y a donc pas d'histoire de résistance psychique, et personne ne sent mon intervention avant qu'elle ait eu lieu. Si le personnage manipulé a un pouvoir passant par sa voix, il reste activé.
Cela peux avoir l'air assez innoffensif, mais ma langue de vipère est capable de faire des ravages, croyez-moi.


Alter Ego Astral :
Esperanza, un faucon gerfaut au plumage gris, marron et beige, qui se fond parfaitement avec la roche de ses montagnes natales. Elle peut également voir la nuit.

Passion(s) :
J'aime le vent sifflant entre les pics rocheux, j'aime voir Esperanza s'envoler, j'aime mon corps tremblant après l'effort, j'aime le ciel gris d'octobre, et sa pureté lumineuse après la pluie, j'aime le calme entre trois et quatre heures du matin, j'aime ma musique au point de ne jamais en être séparée de plus d'un mètre, j'aime la surprise dans vos yeux quand vous m'admirez et me haïssez, j'aime ma liberté.
N'aime pas / Phobie(s) :
Je déteste vos paroles inutiles, vos mots creux, vos aspirations mesquines et le fait de n'être, au fond, rien de plus que vous. Je hais la foule stupide, son égocentrisme. J'ai la phobie du toucher, nul ne pose ses doigts sous ma peau.

Pour avoir le personnage :

Avez-vous bien lu les règles ? Et vous, z'avez mangé du chocolat ? Oui, personnellement, j'adore le chocolat, surtout le kinder, c'est effroyablement délicieux *O* [Mif]
Où avez vous trouvé ce forum ? Entre mes chaussettes et mon livre de maths
Est ce votre premier perso...
♦ ...Dans un forum RP ? Shallalalaalala...
♦ ...Dans ce forum ? incognito power !


Dernière édition par Soledad G. le Lun 30 Mar 2009 - 16:29, édité 2 fois
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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeSam 28 Mar 2009 - 9:19

Histoire :

Vous qui voulez me connaître, observez mon nom. Un nom de famille, c'est ce qui nous sert de point d'ancrage, de racines. On peut l'oublier, ou ne plus l'accepter, mais sans son nom de famille, on est comme un bateau à la dérive, un chêne déraciné, un être sans passé ni futur. Mon nom de famille, Gerfaut, est aussi le nom d'une race de faucons arctiques, grands de plus de soixante centimètres et au plumage clair. Anciennement, ils étaient utilisés pour la fauconnerie. Mes ancêtres étaient fauconniers de père en fils, et l'une des familles les plus réputées du pays. Dans leurs Pyrénées natales, ils ont su dresser les plus beaux rapaces et créer des lignées unanimement reconnues comme magnifiques. Mon nom vient de là. Je suis une fauconnière d'héritage et d'âme, que je resterai à jamais. Mes parents ont eu beau renier la tradition familiale et monter sur Paris, mon coeur reste là-bas, dans ce petit village perdu des Pyrénées, au milieu de rapaces et de monts escarpés, d'arbres et de rochers, de Via Ferratas et de pics enneigés.
Saviez-vous que l'espagnol est l'une des seules langues à avoir des prénoms négatifs ? Je m'appelle Solitude, troisième enfant, l'accident, l'impondérable, l'indésirable. Je suis celle qui grandira dans l'ombre de deux frères ainés, celle qu'on oublie et qu'on envoie en vacances chez son grand-père, comme on se débarasse d'un fardeau. Je suis celle qui pourra très bien "se débrouiller toute seule", celle qu'on fait seulement semblant d'aimer, celle que l'on blesse sans s'en aperçevoir, celle qui sait souffrir en silence, cele pour qui le silence devient vital. Je suis celle, pourtant, qu'on laisse tranquille, celle qui a sa liberté, celle dont on ne veut pas avoir à s'occuper et qui s'occupe toute seule. On ne choisit pas son prénom, mais il finit par vous coller à la peau, vous représenter aux yeux des autres. Je suis Solitude.

Ma naissance. Elle n'a guère d'importance, mais elle fait partie de ma vie. Un début, c'est important. Je ne me souviens pas de cette journée, qui s'en souvient, mais on me l'a tant de fois racontée que je pourrais citer la couleur de la robe de ma mère et des chaussures de mon père. C'était le dix-sept novembre 1994, date de peu d'importance puisque ma famille ne fête pas les anniversaires. Mais c'était l'une de ces journées d'automne si spéciales, étranges et lumineuses. Un ciel bleu azur après le déluge de la veille, un ciel d'automne, comme on en voit si rarement. Les arbres affichaient encore leurs feuilles écarlates, têtus. Le givre recouvrait la pelouse, lui conférant une teinte étrange, pâle et éclatante. Cette teinte spéciale, indescriptible, de l'herbe givrée.
Je suis née à l'aube, après toute une nuit de souffrance pour ma mère. Je suis née sans avoir été désirée, sans même un prénom de prêt. Je suis née par césarienne, et je n'ai pas crié. Je me suis contentée de dévisager les adultes présents, air songeur et bouche ouverte. J'aurais dû crier. Nul ne s'est inquiété de ce silence, juste du prénom qu'ils allaient me donner. J'aurais pu m'appeler Laura, Nina, n'importe comment, n'importe quel prénom courant. C'était ce qui était prévu, mais mon grand-père a insisté, pressentant peut-être mon avenir :


" Elle s'appellera Soledad, un point c'est tout !"

Et ainsi fut fait, sous l'oeil décidé du patriarche. On m'a baptiusé Solitude, sans l'ombre d'une résistance. Après tout, mes parents n'avaient pas prévu d'avoir un troisième enfant, ils n'en avaient jamais voulu. Alors que je m'appelle Solitude ou Douleur, ils s'en fichaient un peu.
Ils sont rentrés chez eux avec moi, comme on porte un fardeau. J'ai grandi et j'ai fait mes premiers pas dans ce grand appartement au coeur du VIII arrondissement. C'est seulement lorsque j'ai eu trois ans qu'ils se sont rendus compte que quelque chose clochait. Je n'avais toujours pas dit un mot.

Visite médicale. Décembre a apporté le gel, et même un peu de neige. J'ai trois ans, et je suis dans cette pièce avec les trois adultes, oppressée par ces murs blancs, immaculés. Je suis assise dans une chaise inconfortable, encadrée par mes géniteurs inquiets. Je ne comprends pas pourquoi. Le docteur m'a longuement examiné la gorge et les oreilles. Il s'apprête à présent à faire tomber le diagnostic. Pourtant, je ne me sens pas malade, mais mes parents se triturent nerveusement les mains, avec un visage inquiet. Ce sera bien la première et dernière fois. Le médecin lâche alors quelques mots, très professionnel.


" Il faudrait faire des radios pour en être sûrs, mais je crois qu'elle souffre d'une atrophie des cordes vocales. "

Ma mère et son sourire artificiel se décomposent soudainement. Je suppose que c'est grave, mais je ne comprends pas. Je tire mon père par la manche, comme pour lui demander ce qu'il se passe, mais il me jette un regard sévère. Ma mère se resaisit et finit par demander :

" Est-ce qu'elle est muette ? "

" Des traitements existent, et je pense qu'elle est capable de murmurer, mais guère plus. "

" Merci docteur. Combien je vous dois ?"


Cette scène est restée gravée dans ma mémoire, peut-être pour toujours. Jamais mes parents ne m'ont fait suivre de traitement, et j'ai compris depuis que leur inquiétude face au médecin n'avait été que pure comédie. J'ai donc grandi dans mon silence, sans trop prêter attention aux paroles autour. Mes frères ne m'appréciaient guère, et nos jeux dégénéraient souvent en bagarres. J'avais systématiquement le dessous. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n'avais aucun problème avec mes camarades de maternelle, et les enseignants me considéraient comme curieuse et intelligente. Je suis rentrée en primaire à l'âge de cinq ans, comme tout le monde, et mon handicap a commencé à se faire sentir. Au milieu de ces gens qui criaient, parlaient, couraient, j'étais transparente, sans voix. Pourtant, je sentais au fond de moi que j'aurais pu parler, leur ressembler, mais je n'y tenais pas. Je commencais déjà à m'isoler, et mes parents refusaient de le remarquer.

Premières vacances loin de la famille. J'ai toujours cinq ans, et mes parents partent en Italie avec mes frères. Ils ont décidé de me confier à mon grand-père, veuf depuis peu, pour les deux mois que durent les vacances scolaires. Prétexte invoqué : nous logeons chez des amis, et il ne peuvent accueillir que quatre personnes. Ben voyons. Enfin bon, je ne peux pas protester, ce qui les arrange bien. Je vais donc passer deux mois avec un parfait inconnu.


" Tu te débrouillera très bien toute seule."

Voilà ce qu'on a répondu à mon inquiétude avant de me coller dans un train et de m'expédier dans les Pyrénées sans plus se préoccuper de moi. Le voyage se passa pourtant très bien et je ne ratais aucune de mes trois correspondances, malgré mon jeune âge. L'ambiance feutrée des TGV et le peu de voyageurs me convenaient à merveille. Je ne me souviens pas avoir fait autre chose qu'admirer le paysage durant ce long trajet. Même le passage du contrôleur n'a posé aucune difficulté, j'ai juste tendu mon billet avec un sourire. Aucun besoin de parler.
Encore aujourd'hui, je me rappelle de mon désarroi à l'arrivée, de la petite gare de province et du soleil qui tapait si fort. Deux heures de l'après-midi et pas un chat sur cette gare à ciel ouvert, une espèce d'estrade de bois en un peu plus grand à côté de la voie ferrée. Après le gris, le bruit, la foule et la pollution de Paris, ce quai désert me faisait presque peur. Les montagnes autour et l'altitude étaient nouvelles pour moi, et je n'avais aucune idée de comment me comporter face à l'inconnu. Je me suis dirigée vers la seule personne présente, un vieil homme qui attendait manifestement quelqu'un.


" Tu es Soledad ?"

J'ai acquiescé d'un mouvement de tête. Il a souri, un vrai sourire qui lui mettait des étoiles dans les yeux, et m'a prise par la main, sans poser d'autre question, puisque mes parents l'avaient informé de mon mutisme. Nous avons traversé le petit village assomé par la canicule de ce début de juillet et avons suivi les lacets d'une route qui nous dirigeait vers un bâtiment à l'écart, une maison basse et de plain-pied flanquée d'une haute tourelle. Elle était construite en pierre grise toute simple et son toit était couvert d'ardoises, indiquant un âge vénérable. Que d'histoires avaient dû se jouer entre ces murs ! J'ai suivi mon grand-père à l'intérieur, dans une grande pièce claire qui semblait servir de salon et salle à manger. Une porte au fond de la pièce devait donner sur la tourelle, et une cuisine américaine occupait tout un angle. Mon grand-père m'a faite assoir sur une chaise de bois confortable à côté de la table vénérable en chêne ciré et m'a tourné le dos en faisant je ne sais quoi dans la cuisine. Il m'a finalement tendu une assiette contenant un steak et des petits pois, que j'ai acceptée avec reconnaissance, car j'avais oublié de prévoir un sandwich pour le voyage. Il m'a regardée manger d'un air bourru, qui a fini par s'éclairer lorsque j'ai eu fini mon plat, simple mais savoureux pour un estomac affamé.
Il s'est levé et m'a fait signe de le suivre, en silence. Il a ouvert la porte du fond, qui donnait bien dans la tourelle, puis a monté les escaliers, souplement et discrètement. J'ai compris qu'il ne fallait pas faire de bruit, et j'ai imité sa démarche, glissée et gracieuse. Nous sommes montés jusqu'au dernier étage, sans même nous arrêter pour observer les pièces que l'on traversait qui semblaient receler des trésors d'antiquaire. Nous sommes ainsi arrivés dans l'ancien colombier, qui était d'après mes parents reconverti en grenier. Sauf qu'il était peuplé de dizaines d'oiseaux, essentiellement des rapaces, mais aussi des pigeons, des colombes, et le toutim. On se serait cru en plein Moyen-Age, quand la fauconnerie était considerée comme un art, au même titre que la chasse ou la guerre. Je contemplait, éberluée, toutes ces créatures aviaires, heureuse et surprise. Les oiseaux piaillaient maintenant tout ce qu'ils savaient, et mon grand-père m'a tendu une paire de gants de cuir renforcés avec du métal.


" Tu vas les nourrir. "

Long regard interrogateur. Je vais quoi ? Je n'avais jamais touché un faucon de ma vie, assez courte. J'ai pourtant suivi sagement les instructions de mon grand-père, évitons de nous brouiller avec lui dès le premier jour. J'ai donc enfilé les gantelets, attrapé l'un des oiseaux comme il me le montrait et l'ai posé sur mon poignet. L'oiseau était un gerfaut, imposant rapace de plus de soixante centimètres, et il pesait lourd sur mon frêle poignet. Ensuite, j'ai attrapé un peu de viande crue et saignante, que je lui ai tendu au creux de mon autre main, en réprimant une grimace de dégout. L'oiseau l'a obligeamment pris sans tenter de me bouffer les doigts, merci, et j'ai dû recommencer l'opération jusqu'à ce qu'il soit gavé. Je ne sentais plus mon bras, mais j'étais bizarrement satisfaite. J'ai tendu la main vers l'oiseau pour le caresser, et mon grand-père m'a alors durement bloqué le poignet. Je lui ai jeté un regard d'incompréhension, qui l'a poussé à s'expliquer.

" Jamais avec la main. Tu utilise cette plume, pour ne pas abimer leur plumage. "

Mes vacances seront ainsi peuplées d'oiseaux de toutes sortes, de viande crue, de gantelets et de longues randonnées avec cet homme qui avait su garder la forme. Il décida également de m'apprendre l'espagnol, selon lui la langue pour laquelle j'étais faite. Il ne critiquait jamais mes parents devant moi, mais je savais qu'il n'en pensait pas beaucoup de bien. Une seule fois, il s'est laissé aller en ma présence.

" Dedischada, déshéritée... Ils t'ont volé une part de toi, ma pauvre petite, en t'emenant à Paris. C'est évident que tu es faite pour vivre ici, va... "

Il a dit ça en me passant la main dans les cheveux, sur le quai de la gare, juste avant que je rentre dans ma morne capitale. Je l'ai fixé en silence, une dernière fois, avant de m'engouffrer dans ce train qui me ramenait à ma solitude. J'avais eu l'impression d'être comprise, vraiment comprise, pour la première fois.
Et déjà la rentrée, morne, dans ma petite école. Ma mère m'a coupé les cheveux, pour que ce soit plus pratique. J'ai froid aux oreilles et dans la nuque, au début, puis je finis par m'habituer. Ma primaire se déroulera sans problème particulier ni bonheur. La seule chose qui me laisse un souvenir agréable sont les vacances d'été, toujours dans ce petit village des Pyrénées, tandis que mes frères découvrent le monde. Je rencontre mes cousins l'été de mes dix ans. Un si bel été...

Encore le quai de la gare. J'ai fini par m'habituer, et les gens du village me connaissent. J'ai des amis, ici, des enfants avec lesquels il n'est point besoin de parler pour s'amuser. Personne ne connaît mon nom, puisque je ne peux pas le dire, mais ils me surnomment l'Epervier. Pourquoi ?
On dit que les chats ont neuf vies et l'épervier en a sept. En effet, je ne suis jamais malade et même dans mes pires chutes, je ne me suis jamais rien cassé. Peut-être pour ça. L'épervier est aussi un petit rapace, qui vole en solitaire, au-dessus de tout. Je suis détachée, et si je suis souvent avec les galopins du village, je passe également beaucoup de temps seule, dans la tourelle. Et un épervier ne parle pas.
Mais cet été-là, l'épervier n'est plus solitaire. Des cousins sont venus passer les vacances chez leur grand-père. Espagnols. Je ne peux pas dialoguer, mais je me régale des accents chantants de cette langue. Première fois que je regrette mon silence. Pourtant, ils ne réussissent pas à me faire parler, mais ils m'emmènent faire des vias ferratas, de l'escalade, de la randonnée. Et je découvre que tous les garçons ne ressemblent pas à mes frères, qu'ils peuvent être sympathique et drôles. Et qu'ils peuvent m'apprendre. Ils m'apprennent à me battre, à me défendre. Puis, fin juillet, ils rentrent chez eux. Solitude, abandon. Je m'invente alors une amie, toujours là pour moi, elle, une jeune femelle gerfaut. Un mois, ça passe si vite... Je l'ai appelée Esperanza. Je rentre à Paris avec un faucon sur l'épaule et des rêves, des souvenirs, plein le coeur. Solitude et Espérance.
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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeSam 28 Mar 2009 - 9:31

Bien sûr, mes parents ne remarquent rien. Mon joyau, mon rêve, mon bonheur, mon espoir, leur est invisible. C'est leur problème. Finalement, j'entre en sixième. Je suis une excellente élève, paraît-il, mais je pourrais faire mieux, d'après mes parents. Ben voyons, j'ai seulement dix-huit de moyenne. Tous les jours, je sors mon faucon, au moins une heure. Les gens me dévisagent, mon sourire les surprend, depuis le temps que je promène un air buté dans le quartier. Je m'occupe bien d'Esperanza, les leçons de mon grand-père ont porté leur fruit, mais l'air de la ville lui déplaît. Vivement les vacances. Le collège non plus, c'est pas la joie. Les gens m'agressent verbalement, car je ne peux pas me défendre. Lâches. Puis ils découvrent, à leur grande surprise, qu'un simple regard froid est capable de les désarmer. Je suis intouchable. Mes frères découvrent eux aussi que les règles du jeu ont changé. Ils tentent encore de me frapper, mais ils renonçent vite après quelques raclées. Chacun son tour.

Novembre 2008. Je fête mes treize ans, dans la joie. Je suis en troisième, on pourrait dire que j'ai mûri. Trois années se sont écoulées, si vite que cela m'en donne le tournis. Des années scolaires, oui, et des vacances, si pleines de bonheur. Je n'ai aucun souci à me faire pour mon brevet, j'ai su garder le niveau. J'ai même sauté la cinquième. Mon corps commence à attirer des regards envieux, il faut dire que la muette a des atouts. Ces années se sont déroulées sans heurts, sans regrets ni bonheur. J'observe les gens autour, leurs babillages, leurs tenues, leurs jeux. Jeu de l'amour ou de la vie sociale, hypocrisie. J'ai su me maintenir loin de cela, solitaire et intouchable. Je reste Epervier, planant loin au-dessus de leurs soucis. Pour toujours. Méprisante et trop fière ? Sans doute, mais le silence fait tout vibrer plus fort. Mon handicap est ma force, mon originalité, mon dernier rempart contre l'absurdité du monde. Allez en paix, car les guerres se décident en secret...

Juin 2008. L'été amène déjà sa chaleur sur la capitale. J'ai eu mon brevet, sans problème, mention très bien. Je vais pouvoir obtenir une bourse, et m'inscrire dans l'un de ces grands lycées. Peut-être même à l'étranger. Mes professeurs me disent que j'ai tout un avenir qui s'étend sous mes yeux, que je n'ai plus qu'à le cueillir. Mon handicap n'empêche rien, finalement, avec mes capacités, comme ils disent. Je n'en sais rien. La fin du mois approche, et je ne me préoccupe guère de ce si bel avenir, mais uniquement de ce que je vais mettre dans ma valise pour l'été. Jeune fille en fleur cherche bonheur... Je finis finalement par entasser quelques jeans, une ou deux jupes et des T-shirts dans ce sac de voyage. Il se pourrait qu'il pleuve ? M'en fous, j'ai pris deux pulls et des baskets, et ça ira bien. Je me dirige avec un sourire aux lèvres vers la gare. A présent, c'est moi qui abandonne ma famille, pressée de revoir ces montagnes où loge mon coeur.

Juillet 2008. Je prends le train le coeur léger, un train de nuit pour être plus vite arrivée. Je ne dors pas, pourtant, admirant le défilé des paysages dans l'obscurité. J'ai envie de sourire, de rire. Je retourne là où je devrais vivre, là où sont mes racines. Les autres pssagers observent Esperanza avec un rictus méfiant. Elle aussi a hâte de retrouver ses Pyrénées natales, cette frontière si ténue entre Espagne et France. Sur les cartes, le village se trouve pile sur la frontière. Je suis Espagnole de coeur et Française de tête. Je suis heureuse. J'arrive très tôt le matin, sans avoir dormi mais débordante d'énergie. Comme toujours, mon grand-père m'attend sur le quai. Je vais retrouver mes amis de chaque été, retrouver les oiseaux, retrouver mes racines et mes longues randonnées en solitaire, Esperanza sur l'épaule. Rien n'a changé et tout paraît plus brillant. J'ai une folle envie de vivre. Si j'avais su...
Mes vacances se déroulent pourtant merveilleusement, entre les réveils à six heures pour nourrir les faucons, l'escalade, les amis de toujours et jamais. Ce mois de juillet restera dans ma mémoire comme le plus beau mois de ma vie, comme mes derniers instants de bonheur. Je vis dans l'instant et cela me convient, plus de rêves d'avenir, plus de casse-tête chinois pour une orientation avec plusieurs langues alors qu'on est muette. Juste les montagnes, le soleil, et le bonheur.

Août 2008. Aujourd'hui, il pleut, et je reste à me morfondre dans le colombier. Foutu temps, on est censé être en été ! Mon faucon observe également la fenêtre, d'un air mauvais. Elle voudrait sortir, moi aussi, mais pas avec ce déluge. Donc j'attends désespérément que le soleil revienne. A vingt heures, je dois me résigner, je ne sortirai pas aujourd'hui. Je prépare rapidement à manger, nourrit les faucons puis commence à lire, Tolstoï. Le lendemain, je peux admirer à ma fenêtre un ciel totalement dégagé, lavé par la pluie. Je me suis levée avec le soleil, et je me coucherai aussi avec lui, pour avoir une journée la plus longue possible. Dormir, c'est un peu mourir... Je sors, maintenant, debout pour une longue balade dans les bois. Esperanza est partie chasser, elle me retrouvera où que je sois. Ma randonnée se prolonge, escalade d'arbres, découverte de fleurs, meurtre de mûres. Tiens, je me suis égratignée sur les ronces. Tant pis.

Je rentre au village dans l'après-midi, et j'apprends alors l'existence d'une fête. Pourquoi pas ? Dans ma folle envie de vie, je décide d'y aller, approuvée par mon grand-père. Je m'appelle Solitude, mais c'en devenait inquiétant de ne pas ressembler aux autres à ce point. Ce soir, donc, la place est tout illuminée, par des lampions colorés. Une estrade a été montée, avec un orchestre amateur. Il y a essentiellement des jeunes, vacanciers ou habitants, qui ont décidé de s'amuser, pour une fois. Je porte une jupe en jean et un débardeur blanc, simple et efficace. Je n'ai aucun besoin de parler, je souris, je ris. Et je le vois. Je ne vois plus que lui. Jamais je ne l'ai croisé auparavant. Il dégage une telle aura... Du danger, fascinant. Et il s'approche de moi, il m'invite à danser d'un geste de la main. Je virevolte dans ses bras, et la soirée avançe. Les gens quittent peu à peu la place. Je ne me rends compte que toutes les lumières se sont éteintes qu'au bout de plusieurs minutes. Il murmure au creux de mon oreille, il me parle d'amour et d'éternité, et je le crois. Il m'embrasse. Ses mains se font insistantes, déboutonnent mon chemisier, m'entraînent et tentent de me retenir. Je comprends que quelque chose cloche, je le repousse brutalement, je m'enfuis sous son regard goguenard.

Le lendemain, le reste des vacances, je fais comme si rien ne s'était passé, mais rien n'est pareil. Esperanza n'est plus là. Ma vie reprend son cours, finalement, retour au lycée, changement, mais je reste la même dans ces rumeurs et ces tourmentes. Une autre année sans heurts, et nul n'a le droit de me toucher, et je passe pour folle, ou idiote, en repoussant de beaux garçons trop entreprenants. Mars arrive, un peu de soleil qui indique l'approche de l'été. Un matin, tandis que je prends tranquillement mon petit -déjeuner, ma mère m'annonce la mort de mon grand-père. Révoltée par son demi-sourire, triste, furieuse, je sors et cours longtemps au hasard dans les rues, mon IPod sur les oreilles. Je finis par m'arrêter devant une étrange porte entrouverte, qui semble me promettre enfin un monde où j'aurai ma place, me promettre un endroit où me calmer. J'entre.
Une éternité emprisonnée, mais libérée de leurs contraintes.
Solitude et Espérance.
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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeMer 1 Avr 2009 - 12:02

Voilà, c'est fini !

J'espère que ça ira, parce que la réécrire entièrement...

Tiens, et j'ajoute ça, pour le fun ^^


Si Soledad était ...

Un mois de l'année : Novembre
Un moment de la journée : Le crépuscule
Une période de la vie : entre adolescence et âge adulte, la fin de l'insouciance.

Un défaut : l'orgueil
Une qualité : la discrétion
Une humeur : solitaire
Une expression du visage : un froncement de sourcils déterminé

Une pierre : l'oeil-de-fer
Une plante : l'ortie
Un animal : l'épervier
Une saison : l'automne

Un pays : la Roumanie
Une langue : l'espagnol
Un site célèbre : la Tamise
Un monument : la Bastille

Un tableau : All is vanity, Charles Allan Gilbert
Une chanson : This is the life, Amy McDonald, ou le chant des partisans
Une musique : une vieille complainte celtique.
Un roman : Malavita, Tonino Benacquista, ou Phaenomen, Eric Lhomme
Un poème : Souvenir de la nuit du 4, Victor Hugo.
Un film : Frozen River

Une couleur : chocolat.
Un parfum : Gautier², de Jean-Paul Gautier
Un bijou : des clous d'oreille
Un vêtement : un foulard, des gantelets.

Un Dieu grec : Hermès, ou Artemis
Un personnage de fiction : Shay, dans Uglies de Scott Westerfeld
Un personnage historique : Mary Read
Un personnage vivant : Moi
Un autre personne du forum : Morgan ou Mahaut

Un style de musique : le romantique ou le rock
Un instrument de musique : un violoncelle

Un dessert : un nougat glacé
Une entrée : une salade endives-noix-roquefort
Un en-cas : une pomme
Un plat de résistance : du poulet à l'ananas
Un boisson sans alcool : un diabolo pêche
Une boisson alcoolisée : le champagne
Un fruit : des châtaignes

Une partie du corps : la bouche
Une caresse : les doigts qui effleurent les lèvres
Un mot tendre : "chutt..."
Une insulte : " Sale bavard rampant ! "
Une phobie : La peur des gens
Un tic : s'humidifier les lèvres
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Miss Machiav(i)élique
Helen Machiaviel
Helen Machiaviel

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Féminin Pseudo Hors-RP : Mif (Mistral)
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• Age : 26
• Pouvoir : Annuler celui des autres par sa présence.
• Petit(e) ami(e) : Disparu o/

RP en cours :
- Parce que se jeter du haut d'une tour, c'est romantique !... (Volke)
- Des camélias rouges (Alea Miller)
- Souvenirs indésirables (EVENT - Corpse Party)


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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeDim 5 Avr 2009 - 15:47

Re-bienvenue !

Pardon pour le retard ;o; J'ai enfin fini de tout lire. 8D Et finalement, je ne vois rien qui cloche, à part peut-etre des concordances de temps bizarres, tu passes souvent de la narration au passé à celle au présent sans faire attention - mais ça m'arrive aussi, alors osef.

Je pense donc que je peux valider ta fiche ! Au plaisir de te voir RPer avec ce nouveau perso \o/
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MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitimeDim 5 Avr 2009 - 17:01

Merci beaucoup !

Pour les concordances, en fait, comme c'est à la première personne, ben je passe au présent pour les moments "frappants", alors que les passages baclés sont au passé xD
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Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] _
MessageSujet: Re: Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ]   Soledad Gerfaut, l'Epervier [ FINI ] Icon_minitime

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