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 Bolognaise de pâte borgne

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MessageSujet: Bolognaise de pâte borgne   Lun 6 Juil 2009 - 12:20

(bordel de pute borgne pour ceux qui pigeraient pas vite)

En plus de passer ses précédentes journées à rouspéter sans nulle cesse, de mettre sous tous ses états les plus foutoiresques (du mot foutoir, donc bordel), de faire comprendre sa rage par tant de jurons gueulés à tout va par la fenêtre en train de vomir par hectolitres les mélanges d’alcools les plus improbables. En plus de tout cela, Denny faisait chier les morts autant que les vivants (qui se trouvaient fort peu accommodés de sa conduite que l’on vient de citer en omettant quelques détails dégueulasses).
Trainant la basket en toute virilité dans l’extérieur du pensionnat, le fringuant décoloré à la démarche de Jean-Gérard le clochard au bord du coma éthylique depuis maintenant quarante ans de métro parisien, roulait des yeux devant le gigantesque lac abritant quelques curiosités. Son dernier passage s’était déroulée en la compagnie de …Ritchie.
Ritchie qui aujourd’hui même et depuis quelques jours étaient la raison de son courroux (le mot est faible).
Il triturait au fond de ses grandes poches de baggy un sac qui semblait bien lourd et l’empêchait de marcher droit, une neige lourde y résidait, ainsi que plusieurs autres sachets remplis d’autre neiges, et des herbes, et des pilules aux formes diverses et colorations variées. Oui bon de la came quoi.
Il se laissa tomber à terre, les genoux plongeants dans un bruit mou sur la boue, éclaboussant sa chemise estimée à l’on ne sait combien de livres avant qu’il ne l’utilise comme serpillère dans la cave à vins. Un grognement narquois s’échappa de ses délicates lèvres déjà tordues en un sombre rictus, qui lui donnait l’air d’un demeuré, sauf qu’en plus d’être demeuré il était complètement cinglé le pauvre garçon.

« Une livraison pour la petite sirène, j’t’en foutrai des poissons et des crabes qui causent avec toute cette came. »

Ricana-t-il dans un sombre plouf. Oui un sombre plouf, il venait de balancer au moins 5 kilos de choses pas très saintes dans le lac, qu’est-ce qu’il en avait à foutre, il avait plus de pigeons à qui vendre ça, et il se droguait pas lui.
Débarrassant ses poches de quelques barrettes de poudre qu’il envoya tour à tour plonger dans les eaux malsaines du pensionnat, Denny jubilait d’une étrange colère mêlé à une joie mauvaise de pouvoir balancer tout son attirail de sympathique dealer. Il tourna les talons, shootant sur tous les cailloux se dressant courageusement sur son chemin, le pas mal visé, marmonnant des insultes.

« Putain de putain d’enfoiré de sale con de drogué, non mais t’as vu demeuré à cause de ta pauvre gueule de cul je suis enfermé dans cette…PUTAIN DE TAULE. » Ajoutons un grand coup de pied dans une pomme de pain à la fin de l’ultime syllabe.
La providence voulut qu’il passe devant le cimetière, ou se cachait parmi les multiples tombes celle de son cher regretté Ritchie Spangen. S’accroupissant devant elle il en saisit la dalle comme s’il s’agissait des frêles épaules du garçon enterré là.

« NON MAIS T’AS VU ENFOIRÉ DANS QUELLE MERDE JE SUIS ? T’ES QU’UN SALE CON J’AI MÊME PAS PU TE CASSER LA GUEULE. J’AVAIS TOUT CE QUE JE VOULAIS ENFOIRÉ, ET TA TRONCHE DE CON M’A FAIT VENIR ICI JE SAIS MÊME PLUS POURQUOI. C’EST TA FAUTE SALOPE. »
Les yeux injectés de larmes de rage et de mépris il avait plus l’air d’une bonne femme insultant son Jean-Gérard, qui une fois de plus avait mis ses pieds sur la table basse de grand-mère, plutôt que 50 cent prêt à foutre une tôle à Chuck Norris.

« T’ES MÊME PAS FOUTU DE FAIRE UNE OVERDOSE BÂTARD, T’ES TROP NAZE, ON SE FAIT CHIER ICI, ET LE PIRE C’EST QUE MAINTENANT JE DOIS ME FAIRE CHIER TOUT SEUL ET TE REGARDER POURRIR LA-DESSOUS SALE FILS DE TAPINEUSE. »

Aaah ça faisait du bien tout ça, tous ses sentiments refoulés depuis si longtemps. Et plus il s’énervait plus ses doigts rougissaient au contact dur de la pierre qui s’amusait à lui écorcher la peau. Sa voix se mobilisa quelques secondes, il prit conscience de sa respiration saccadée et des grosses larmes qui lui coulaient sur la joue, creusant des sillons rouges qui lui donnaient un air bien effrayant.
« Bordel… » Denny laissa son gracieux popotin prendre place sur la dalle, et s’alluma tant bien que mal une cigarette refoulant l’orange et le vieux carburant. De toute façon quel connard le verrait ici.
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Lun 6 Juil 2009 - 19:47

- Je dormais juste !

Tournant la tête dans toutes les directions, la seule chose que vit Léandre fut son AEA qui le fixait de son air paternel. La bibliothèque était vide, il s’était donc réveillé lui-même… Sans doute en tombant de sa chaise puisqu’il était par terre. Ou alors on l’avait poussé et la personne avait réussi à partir assez vite pour qu’il ne la voie pas… Mais c’était trop improbable. Et puis Andreï l’aurait attrapé, un loup doit bien être capable de ça, non ?
S’étirant, Léandre se releva, une main devant ses yeux pour se cacher du soleil. Tout en manquant de tomber une bonne dizaine de fois, le jeune vampire trouva les rideaux et les ferma d’un geste ferme de la main.

- J’ai dormit longtemps ? Il faisait nuit quand je me suis endormit, non ?
- Environ une heure… Et il faisait déjà jour.
- Ho, d’accord… Il devait y avoir des nuages alors…
- Non, sinon tu ne te serais pas endormit.

Léandre hocha la droite de haut en bas en soupirant. Qu’est ce qu’il allait bien pouvoir faire ? Il avait mangé un paquet de bonbon à l’horrible goût chimique, ce qui l’avait fait vomir dans une chambre qui n’était pas la sienne… Sans doute celle du propriétaire du paquet. Après il s’était endormit sous un arbre avant qu’Andreï le réveil pour qu’il ne reste pas en plein soleil… Et il avait échoué à la bibliothèque, commençant à lire un livre quand le sommeil l’avait repris sans prévenir : Le soleil passait par la fenêtre.
Léandre prit le livre, ‘Conte de l’ancien et nouveau continent’, et le reposa à sa place sur l’imposant meuble. Il passa la main sur son jean sombre, remettant sa chemise droite. Une chemise à manche courte noire, portant un dessin tribal dans le dos. Il n’avait jamais été pour les habits traditionnels de la famille D’Orléans. Si c’était pour porter du velours noir et rouge, une cape et marcher avec une canne, l’air aristocratique et glacial… Ce n’était pas pour lui. Alors oui, quand son père venait ou quand sa mère était encore des leurs il faisait des efforts mais ce n’était jamais une partie de plaisir. Le pire était sans doute les chaussures cirés pensa-t-il en regardant ses baskets noires. Ce qu’il préférait c’était les habits efféminés que sa mère lui ramenait d’Angleterre. Ses espèces de robes qui lui donnaient encore plus l’air d’un jeune enfant. Il devait en avoir quelques unes dans sa valise.

- J’ai vu un cimetière pendant que tu dormais, tu veux aller voir Léandre ?
- Oui, pourquoi pas ? C’est toujours bien de revenir chez soit.

Claquant dans ses mains, Léandre sortit de la pièce suivit par le loup blanc et se dirigea vers le hall. Pendant toute sa traversé des jardins, le jeune vampire lutta pour ne pas s’endormir debout, faussement aidé par son AEA qui lui mordillait les doigts. Inutile de préciser qu’il trébucha plusieurs fois sur des racines à cause du soleil qui lui piquait les yeux… Il était né comme ça, personne ne pourrait le changer.
Arrivé au cimetière, la première chose que fit Léandre fut sans doute de se mettre à l’ombre d’une statue. Elle devait représenter un de ces anges au visage plaintif puisqu’une de ses ailes étaient tombée au sol, se brisant en plusieurs bloc de pierre. Andreï visita rapidement les lieux, errant entre les tombes avant de revenir en courant près de son maître. D’une part parce qu’il savait qu’il était partit un peu trop loin de ce cher maladroit, d’autre part parce…

- Léandre, fait attention il y a un drôle d’humain là-bas.

Sa voix était restée calme, de toute façon vu comment la tête de Léandre dodelinait dans deux secondes il serait entrain de dormir et personne n’aurait l’idée de venir l’ennuyer. Quelle idée aussi de sortir en plein jour ? N’importe qui aurait attendu la nuit, le début de soirée au moins. N’importe qui sauf Léandre.

- Hum… Je vais… Faire atten…

Il fut coupé dans sa phrase et son cycle de sommeil par une voix. Une voix bien impolie d’ailleurs. Tout doucement et avec toute la précaution dont il était capable, Léandre passa la tête par-dessus le piédestal de la statue. Seul ses yeux et ses mèches violettes dépassaient de la pierre pendant qu’il observait l’autre occupant du cimetière. Effectivement, il n’était pas du genre banal quoi que le fait d’hurler à une tombe fût typiquement humain. Il n’y avait que ces étranges créatures pour espérer un peu de réconfort à parler avec les morts… Qui ne leur répondaient que très rarement.
A croire que Léandre ne dormirait pas au cimetière. Andreï frotta son museau contre sa joue, lui montrant l’autre d’un signe de patte.

- On devrait aller le voir, je me fais du soucis.
- Toi des fois c’est nul que tu puisses pas mentir.
- Et toi des fois, tu es méchant à force de dire la vérité.

Léandre tira la langue au loup pendant que celui-ci le poussa d’un coup de patte. D’ailleurs, d’ici quelques pas, l’inconnue sera prit dans le champ du pouvoir du vampire et le mensonge sera un mot à bannir de son vocabulaire. Ce serait vraiment un pouvoir super si son propriétaire savait un peu mieux sans servir et n’était pas obligé lui-même de dire la vérité à cause de son incapacité à contrôler ce bazar.
C’est donc à quatre patte et en slalomant entre les tombes que Léandre s’approcha de l’étrange personnage, discret pour une fois. Remarquant le ridicule de la situation et le sourire moqueur de son AEA, Léandre se releva et continua son chemin debout.

- Heu… Salut.

Ouais ! Vas-y Léandre ! 300 ans et des brouettes et même pas capable d’aborder quelqu’un de façon un peu plus crédible. L’odeur de la cigarette l’obligea à garder un mètre de distance avec l’autre, sinon il allait finir par dire que…

- Comment tu fais pour fumer un truc pareil ? Tes clopes pues, c’est horrible.

Plaquant ses mains devant sa bouche, il se mordit la langue comme pour se punir… Même s’il n’y pouvait rien. Bon… Espérons que ce ne soit pas quelqu’un de susceptible ou qui ne soit pas vexé de se faire vanner par un môme de 13 ans.


[Si tu ne veux pas de moi, je supprime :D ]
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Lun 6 Juil 2009 - 20:47

[Mais si je veux de toi je t'aime déjà :,D]

En plus de se plaindre du crétin enterré ici présent sous ses fesses, Denny allait bientôt devoir rouspéter du deuxième crétin arrivé ici accompagné d’une remarque fort sympathique. Au moment même où il venait de l’approcher la seule pensée qu’il eut envers de ce gentil môme (puisque môme il était) fut : "Non mais vise cette coloration de tapette. ". Il grogna une fois de plus, de manière bien distinguée, c'est-à-dire dans une moue méprisante qui faisait écraser le bout humide de sa cigarette entre ses lèvres dont un filet de salive se déplia.

Mais rappelons, le décoloré était de méchante humeur, très méchante. Ce pauvre Léandre (dont il ignore encore le doux nom) en temps normal aurait pu juste écoper d’un "Je t’emmerde ducon" et l’histoire aurait été close, dans des délais recommandables. L’ennui donc c’était sa méchante humeur, qui le fit bondir de la dalle en faisant vaciller quelques pots de fleurs (qui prouvaient que la tombe apportait quelques regrets à certains) sur la terre froide, qu’il foula de ses grosses baskets de skaters en rajoutant un supplément de salissures sur les bords de son jean. Fit quelques enjambées avant d’arriver face à la-sale-petite-tête-impertinente-de-pauvre-crétin-qui-choisissait-mal-ses-minutes-de-dialogue, Léandre donc. Crapotant sa fumée (qui effectivement empestait) en pleine tronche sur le délicat visage du jeune éphèbe, son œil vert fixant l’œil jaune (berk) du sale gosse qui ressemblait presque à Michael Jackson retourné de sa tombe (le teint bien sûr) et son œil bleu fixant l’autre œil également jaune du sale gosse et cætera. Par chance il était plus petit que lui, ce qui lui rajoutait un tout petit peu d’air imposant, vraiment très peu parce que ça devait être dur d’avoir peur d’un cinglé avec des fringues tâchés qui rumine des gros mots à tout bout de champs.

« Tu répètes ça pauvre con ? »

Marmonna-t-il en laissant la fumée danser entre eux, il fronça du nez, c’est vrai que l’odeur lui semblait pire qu’à l’habitude, mais ça risquait de faire tomber sa crédibilité si lui aussi se mettait à toussoter, il inspira donc contre son gré les vapeurs ragoutantes d’orange trempé dans l’esso express. Ce qui lui humidifia légèrement son petit regard vairon sournois, qui de toute façon se trouvait déjà parsemé de fêlures rouges sur le blanc des yeux.

« Tu crois que j’vais éteindre ma clope pour ta tronche de Blanche Neige ? J’t’explique tu te barres ou tu fermes ta gueule. » Ajouté à cela il lui saisit mollement le visage pour le pousser, pas bien fort parce que les muscles c’étaient une des multiples choses qui lui manquaient, en plus du manuel pour les nuls de la distinction.
Omettant donc salut ou bonjour il avait préféré écraser le joli minois de son prochain, puisqu’il faut bien avouer que malgré sa face de déterré et ses yeux qui faisaient concurrence à celui du serpent de Mowgli (Ayez confiaaanssssse), le damoiseau aux cheveux violets possédait d’agréables traits, bon bien sûr il en avait plus que rien à carrer d’avoir bousculer Blanche Neige version non-castré ou Quasimodo, vu que la chose importante sur le moment c’était de laisser ses nerfs à vifs faire la fête en pleine journée.
Faisant cliqueter en toute virilité les chaînes de portefeuilles qui dépassait de sa poche, le tendre adolescent (je vous permets de tousser à vous en arracher les poumons) retourna se salir les bas sur le peu d’herbe peuplant les allées du cimetière, et s’asseyant de nouveau il écrasa l’insupportable cigarette sur le sol.


« Sont tous barrés ici… » Chuchota-t-il en fouillant dans sa poche espérant trouver une autre cigarette ragoutante.
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Mer 8 Juil 2009 - 18:37

Si Léandre avait écouté son père ne serait-ce qu’une seule seconde, il aurait très bien put devenir un vampire assez puissant pour envoyer cet humain voir ailleurs s’il y était… Hors, Léandre n’avait jamais fait attention aux remarques de son paternel et se retrouvait maintenant à faire face à quelqu’un dont il était largement l’ainé.
Reculant encore d’un pas pour tenter d’échapper à la fumée nauséabonde, Léandre fronça le nez. Il était bien heureux de ne pas être dépendant de ce genre de drogue que les humains aiment temps. Mais pour en revenir à la situation présente… C’est sûr que sa remarque n’était pas la plus engageante, il ne pouvait pas en vouloir à l’autre de s’énerver. Ce n’est qu’à ce moment que le jeune vampire remarqua les yeux vairons de son vis-à-vis, s’efforçant de ne pas faire de commentaire en serrant les poings. Il trouvait ça assez beau mais de sa bouche, les mots pourraient sembler moqueurs. Or, ce n’était pas vraiment le moment
Andreï, lui, avait commencé à coucher les oreilles et ses yeux glacials fusillaient Denny. Il était compréhensif, attentif et calme mais toucher Léandre était la meilleure façon de le mettre en rogne. Quand on sait à quel point son maître était maladroit, le loup avait malheureusement bien raison de le protéger des autres.

- Techniquement, je ne suis pas con. Quelqu’un de con, c’est quelqu’un d’idiot… Or je suis simplement maladr…

Léandre ne finit jamais sa phrase. D’une part parce que pour une fois il avait réussi à stopper son élan de vérité, d’une autre part parce qu’Andreï le regardait en se lamentant de ce pouvoir inutile et pour finir parce que l’autre décoloré lui faisait mal. Reculant une dernière fois pour mettre une distance de sécurité entre ce fou furieux qui venait de lui écraser les joues et lui, Léandre se passa la main sur le visage. Andreï se colla immédiatement à sa jambe, grognant faiblement contre l’autre jeune homme. Le jour, son jeune maître ne pourrait rien faire d’autre… Quoi qu’en y réfléchissant, même la nuit il n’était pas digne des films sur les Sylvaniens.
Si Léandre se taisait, il avait le droit de rester ? Chouette, restons avec un fou furieux aux cheveux prématurément blanc ! Le jeune vampire s’assit dos à une pierre tombale non loin de celle où était assit Denny, évitant les rayons du soleil et en même temps sa folle envie de dormir.

- Ci-git Laurence Tyront. Il y a des mondes à séparer, j’aimerais que les notre se rejoignent. A ma bien-aimée… Celle de Monsieur Fouquenoit était beaucoup, mieux.
- Mouais.

Léandre chuchotait, histoire d’essayer de ne pas trop déranger son ‘camarade’… Quoi que le mot était bien fort pour qualifier leur relation. Lisant le texte gravé sur la plaque d’une autre tombe juste à côté de la sienne, le jeune vampire fit une grimace en la montrant à Andreï.

- A mon fils… Dans le genre banal… Je ne sais pas qui était ce gars mais sa famille ne mourait pas d’inspiration pour les plaques.

Un gros nuage gris commençait à se pointer au dessus du cimetière, cachant le soleil pour le plus grand bonheur de Léandre. Au moins il allait arrêter d’être amorphe. Se levant, il marcha dans la première allée, continuant de lire les inscriptions silencieusement. De temps en temps il remettait un pot de fleurs ou enlevait quelques feuilles mortes et mauvaises herbes. C’était assez rassurant de se trouver dans un cimetière. Léandre avait l’impression d’être chez lui, dans un lieu familier. Dommage qu’il n’y ait pas une église, il aurait put y mettre sa valise. Ce genre de bâtiment regorgeait d’endroit pratique pour cacher ses affaires et dormir à l’abri du jour. Peut-être qu’il pourrait confier sa valise à une tombe. Quelqu’un qui lui paraitrait agréable… Comme ce pauvre Thomas Laubanc (1904 - 1917). Il n’avait pas vécu longtemps, bizarre d’ailleurs que sa tombe soit encore là après presque un siècle. Aussi bizarre que la pierre tombale de NC42 N°bis (4005 - 4572)… Il y avait un truc de pas net dans cet internat.
Revenant sur ses pas, Léandre passa devant la tombe où était assit l’autre.

- Ritchie… Spangen…
- Tu le connaissais ? Parce que… Enfin tout à l’heure tu… Je suis désolé, je ne veux pas t’emmerder.

Léandre ramassa un des pots de fleur pour le remettre à sa place avant de faire signe à Andreï de venir. Ce gars, avec ses clopes qui pues et sa façon d’hurler à la tombe… Il lui faisait mal au cœur. Le jeune vampire ne comptait plus le nombre de fois qu’il avait vu ce genre de scène se produire mais à chaque fois il ne pouvait pas s’empêcher de prendre l’humain en pitié. Leur vie était si courte, ils acceptaient tellement mal la mort de leurs proches. C’était tellement triste.
Donnant un coup de pieds dans une touffe d’herbe, Léandre repartit s’asseoir derrière la tombe. Au moins il ne gênerait pas Denny. Il se laissa tomber sur le sol, caressant la tête d’Andreï en souriant faiblement.

- Arrête de te faire du soucis pour tout le monde.
- J’y peux rien…
- On attendra qu’il parte pour finir de visiter le cimetière, si tu veux.
- Hum, j’aimerais quand même bien lui parler un peu avant qu’il s’en aille.
- On verra.

Léandre soupira après cette conversation chuchotée et tourna la tête vers le décoloré. L’odeur de ses cigarettes venait même jusqu’ici.
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B.N.B.B.
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Ven 10 Juil 2009 - 0:06

(flemme de changer de compte, désolée :,D)

En plus de ne trouver aucune clope dégueulasse, qui lui aurait permis de tuer le temps et l’oxygène, Denny nota un détail déplaisant chez le gamin qui venait d’arriver. Détail plus ou moins impressionnant, plus que sa coloration foireuse ou ses yeux de perfide reptile. Ce détail donc laissa légèrement impressionné le garçon, qui n’étouffa qu’un murmure de surprise peu éloquent.

« Putain un loup, il est taré lui ça m’étonne pas qu’il soit enfermé ici. »

Et là nous pourrions répliquer en cœur : et toi alors ?

Il observait de loin son congénère, qui semblait taper la discute avec son cabot. Le soleil semblait vouloir se cacher lui aussi, bientôt un frisson attaqua l’échine de Denny, qui remarqua avec lassitude qu’en plus de vivre une journée de merde, il vivait une journée de merde avec un sale temps. Et s’il se mettait à pleuvoir, sûr que fumer quoique ce soit lui deviendrait impossible.
Mettant ses problèmes existentielles de côté, c'est-à-dire ignorant l’autre cruche qui partait faire sa ballade (grand bien lui fasse), Denny se mit tout d’abord à lisser la terre, pouvant ainsi créer une surface plus ou moins plane qui lui servirait prochainement à dessiner. Quand soudain il songea que ça faisait gosse de prolétaire de dessiner sur de la vieille terre, ou plutôt il se dit : bordel j’ai que ça a faire de gratter la boue comme un mioche. Il aurait également pu se barrer. Malheureusement le temps décida de faire une exception pour lui, et pour une fois les minutes s’écoulèrent vite malgré l’ennui et l’autre mal-élevé (vous pouvez tousser) revenait de sa promenade avec rantanplan. Rantanplan était un cabot mort, il venait de prononcer LE prénom qui fit hérisser toute la pilosité décente et ouvrir grand fâché très mécontent les yeux du jeune homme (des cavernes si on en juge par son QI et ses manières).

« Ouais je le connaissais ce crétin, c’est à cause d’un demeuré comme lui que je suis là, bien fait pour sa gueule qu’il soit mort, et ouais tu m’emmerdes. » Déclara-t-il dans un stupide gondolement, visiblement très content de sa réplique des plus pitoyables. Mais à son plus grand étonnement, et sans savoir pourquoi ni d’Eve ni d’Adam il ajouta « En plus il va me manquer ce fils de pu… »

Mais que dis-tu là Denny ? Sa bouche se tordit dans une grimace de dégout, provoqué par l’immondice de phrase qui venait de s’échapper de sa gorge, il manqua de plaquer sottement ses doigts contre ses lèvres, et de se rattraper, mais Léandre (dont on ignore ENCORE le prénom) sembla se désintéresser, et fit demi-tour. Un peu étrange ce type, il voulait l’emmerder définitivement en cherchant un quelconque dialogue, ou pas ?
Heureusement au moment où il continuait de le fixer, son interlocuteur se mit à le regarder ce qui permit que leurs deux paires d’yeux de foire puissent se croiser, assez court comme oeillade, certes car Denny se leva aussitôt. Trainant des baskets jusqu’à l’autre andouille, son esprit commençait à se faire la malle avec sa raison, du genre bobonne s’engueule avec son mari.

Pourquoi fallait-il qu’il aille voir ce demeuré, d’accord l’ennui le gagnait et le gagnerait sans doute de plus en plus mais de là à adresser la parole aux malpolis de son espèce. Encore même pas quelques centimètres avant d’arriver devant lui, pourtant il pouvait très bien encore continuer à marcher tout droit, faire mine qu’il ne songeait qu’à partir et ne surtout pas se retourner. Oui voilà, toute la classe concentrée dans un seul pas droit et direct. Le problème c’est que arrivé à hauteur de Léandre, le décoloré s’arrêta net, le fixant de tout son haut (haut pas très vertigineux d'ailleurs).

« Hey tu veux pas bouger ? Tu t’fais pas chier là ? »

Oh diable que disait-il, pourquoi pas lui proposer une sucette à l’anis tant qu’il y était, un rencard ou les clefs de sa chambre même. Offusqué par sa propre initiative, Denny tourna le talon et avança droit vers n’importe où, tant qu’il pouvait feindre de ne pas avoir entendu lui-même ce qu’il venait de dire. Il allait s’éloigner en toute grandeur et dans une aura sombre et mystérieuse (ou presque), quand l’innocent lacet qui se balançait de part et d’autre de sa basket, vint se lover sous son pied, lui permettant une belle chute vers l’avant et un plongeon dans la terre humide, suivi d’un juron incompréhensible.

« MAIS MERDE A LA FIN ! » S’exclama-t-il en s’appuyant sur ses mains toutes tremblantes de rage, bon au moins sa chemise ne valait définitivement plus son prix de départ, il n’aurait pas à regretter de s’en servir comme torchon.
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Mar 14 Juil 2009 - 20:48

Haha, personne n’échappait à l’aura de sincérité qui émanait de Léandre. Personne, pas même le petit dealer. Cela fit sourire Léandre, un petit sourire discret bien sûr. Il savait qu’avec Denny il fallait parfois prendre des gants. Il ne le connaissait que depuis une dizaine de minutes mais ça crevait les yeux. Ce Ritchie devait donc être son ami. C’était vraiment triste pour lui, de perdre quelqu’un. Léandre lui n’avait personne, il ne pouvait que deviner le vide que creusait cette personne. Il y avait bien eut cette charmante Mme Hobert mais on ne pouvait pas vraiment appeler ça une amie. Niveau "relation humaine" Léandre n’avait jamais été très fort, du moins pour entretenir une amitié. En créer n’avait jamais été un problème pour lui.

- Tient, on dirait que tu lui manques déjà.

Andreï pouffa le plus discrètement possible avant que Denny ne soit à leur hauteur. C’était assez rare de le voir aussi en forme, aussi peu calme. Léandre haussa les épaules, levant la tête vers l’autre jeune homme pour l’écouter. Ce n’était toujours pas un amateur de poésie apparemment. Acquiesçant d’un signe de tête, le jeune vampire allait ajouter que si, il s’ennuyait assez dans ce cimetière vide d’activité. Il avait déjà vu mieux et… Mais Denny était déjà entrain de partir, sentant la frustration à plein nez. Vraiment, vraiment étrange ce garçon.
Époussetant son jean, Léandre s’apprêta à le suivre au pas de course quand il assista à la plus belle gamelle de toute sa vie. Une main devant sa bouche grande ouverte par la surprise, il se permit de rire doucement une seconde avant de rejoindre son "camarade" en quelques grandes enjambées entre les pierres tombales.

- Tu vas bien ? Pour une fois que ce n’est pas moi… Tu veux de l’aide ?

Pourquoi poser la question quand on connait déjà la réponse ? Sans attendre la négation qui allait sans doute sortir de la bouche de Denny, Léandre l’aida à se relever comme il put. Manquerait plus qu’il le refasse tomber, avec son adresse naturelle… Une fois le décoloré sur pieds, le premier réflexe de Léandre fut de reculer d’un pas, histoire de ne pas se prendre un coup pour "assistance à personne ne voulant sans doute pas être assistée". Il s’était déjà assez fait hurler dessus par le jeune homme comme ça pour aujourd’hui .
Et comme pour éviter que Denny lui explique ça façon de penser -Que cela arrive ou non, comme disait Andreï, vaut mieux prévenir que guérir- Léandre se présenta en frottant ses mains pleines de terres l’une contre l’autre.

- Au fait, je m’appelle Léandre… Je suis un v… AÏEUH ! Mais tu m’as fait mal !

Menaçant Andreï du regard, Léandre se frotta le mollet avec une main, relevant le bas de son pantalon pour constater les dégâts. La trace de la mâchoire du loup imprimé en rouge sur sa jambe… Super il allait avoir un bleu. Qu’est ce qu’il lui avait prit ? S’apprêtant à s’énerver, Léandre se souvint qu’il avait été sur le point de… Dire la vérité, malheureusement.
D’un signe de tête, il fit comprendre à son AEA qu’il avait compris avant de reporter son attention sur Denny.

- Et toi ?

Genre : Tu n’as évidemment pas entendu que je n’avais pas finis ma phrase. M’enfin, à voir le QI de moule qu’était capable d’avoir l’autre, ce ne serait pas très surprenant de voir qu’il n’avait pas compris. Lui laissant le temps de répondre, le jeune vampire ajouta :

- Tu veux aller où ?



[Voilà, désolé du retard -.-‘]
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MessageSujet: Re: Bolognaise de pâte borgne   Mer 19 Aoû 2009 - 10:59

Le déshonneur suprême aurait été que l’actuel débile lui tenant "compagnie" remarque sa déchéance. Mais finalement ce ne fut pas le cas, et Denny tomba dans une situation de déshonneur encore-plus-que-suprême vu que son interlocuteur lui vint carrément en aide. Il se braqua légèrement, quand les mains abjectes de ce sauveur l’aidèrent à le remettre sur ses deux pieds.
Rouge de rage, de honte, de tout ce que vous voulez tant que le nerf sympathique provoque la coloration rougeoyante de ses joues, il ne prit même pas garde au mouvement de recul de son ange salvateur, qui aurait pourtant bien pu flatter son ego surdimensionné.Ses lèvres se fermèrent hermétiquement prenant soin ainsi de ne SURTOUT pas remercier ce taré qui commençait déjà faire causette, super.


«Ouais c’est ça m’en tape, moi c’est Denny et… »


Deux choses coupèrent le décoloré, la première fut qu’il venait de dire son prénom alors qu’il n’en avait pas la moindre intention, quelle désastre si cet énergumène se mettait à l’appeler, il ne voulait pas passer pour l’ami d’un paumé, ceci dit il ne passait déjà pas pour l’ami de grand monde. La seconde chose fut que le loup venait de mordre son pote à la jambe, juste parce qu’il avait commencé une phrase, disant comme quoi il devait être vendeur, vandale, ventilateur ou vigneron sans doute. Le plus impressionnant était le détail des mâchoires de l’animal joliment incrusté sur la peau douche lisse d’un blanc d’albâtre de Léandre qui…Valait mieux s’arrêtait là se disait-il, en se demandant s’il s’était bien remis de sa dernière beuverie. il
Après contemplation il se dit qu’il valait mieux ne pas y prêter intérêt, genre il allait s’inquiéter, non ce qui l’inquiétait surtout c’est que ce fichu loup le morde aussi, après l’autre ça avait pas l’air de l’embarrasser des masses. Il avait même l'air de lui pardonner, en ajoutant un signe de tête complice à son clébard, pas un peu fou ce gars là?

« Ben chais pas dans la forêt ? »


Maugréa-t-il, et sans attendre aucune réponse il devança un peu Léandre, il avait dit ce qui lui passait par la tête, à réflexion la forêt ce n’était pas une bonne idée, si ça se trouve le loup avait des copains à l’intérieur. Mais il avait pas peur hein, juste que les gangs de sdf ou de motards lui posaient moins de problèmes quand ils avaient pas de longues grosses dents à découper rosbif.

« Ça te gêne pas qu’on vienne te mordre comme ça ? T’es pas sous morphine hein ? »

Lâcha-t-il enfin pour conjurer sa légère frousse de se retrouver nez à nez avec des bêtes immondes en se rapprochant des bois. Les feuilles craquetaient sous ses chaussures.
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Bolognaise de pâte borgne

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