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 Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]

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MessageSujet: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 16 Mai 2010 - 15:35

Il y avait des refrains qui se répétaient.

Un refrain, cela pouvait être la suite de notes qu'on entonnait sur le piano, qu'il avait lui-même repris quelques fois sur le vieux piano du salon.

Un refrain, c'était aussi le canevas de sa vie, qui l'enfonçait dans des pensées qu'il avait crû autrefois ne jamais pouvoir ressentir

Un refrain, c'était aussi ce sempiternel rendez-vous.

Morgan fit pivoter lentement son parapluie. En avril, ne te découvre pas d'un fil. En mai, fais ce qu'il te plait. Le ronronnement de la pluie sur l'herbe pliée avait une certaine parenté avec le grésillement d'une radio.

Ce rendez-vous, il savait ne pouvoir l'esquiver. C'était habituel. Ils se croisaient peu, se parlaient peu, depuis le fatal jour où Emily la première fit la déclaration qui les éloigna l'un de l'autre, avant qu'il ne gâche tout par sa confession de l'autre fois. Ils se voyaient peu. Mais ils se voyaient, pour mettre l'un comme l'autre les points sur leurs vies. Quand cela s'arrêterait-il, quand se rendraient-ils compte, quand décideront-ils que ce rendez-vous ne cessait de leur rendre la vie ou les remords plus difficile…

    Il fait mauvais, aujourd'hui. Parfait pour une petite balade, ne crois-tu pas ?
    Au plaisir de te voir sous l'érable, deux heures après le crépuscule.

Il avait signé de son nom, contemplé rapidement les cursives étudiées qu'il venait de tracer, avant de poser le mot sur la table de nuit de son amie, sachant qu'elle reviendrait bientôt de son excursion dans la salle à manger ou du GGL.

Morgan passa ses mains gantées sur le manche du parapluie. Il avait fait attention à sa tenue, aujourd'hui encore. Si il avait abandonné l'excès de fioritures, il ne lésinait pas sur son élégance. Il avait marié le vert au noir pour être moins sinistre que d'habitude, mais son manteau sombre l'avait condamné pour de bon à paraître mauvais. L'heure devait aller à Emily. Ne sachant pas si le temps continuerait à se gâter durant l'après-midi, il avait finalement choisi l'heure la plus appropriée, et le clair de lune baignait le parc, protégeant les créatures nocturnes des rayons tortionnaires. Et la pluie s'était accordée au présent moment, rendant l'instant propice.

Droit comme un piquet, il attendait sous l'arbre qu'il avait nommé dans son message. Le seul du parc, même si on devait bien en trouver un ou deux à même la forêt, dans ses profondeurs. Les feuilles faisaient goutter de l'eau à grosses larmes sur son parapluie. Morgan contempla sa montre. Juste l'heure, elle ne devait pas tarder. Ou être en retard, cela ne ferait pas grande différence à ses yeux.

Mais lorsque des bruits vinrent perturber la quiétude agitée des lieux, Morgan se retourna, son parapluie noir toujours contre son épaule, paisible croque mort qui cachait ses éraflures sous de longues manches. Et il sourit, parce qu'il n'y avait rien de mieux à faire.


« Bonsoir, Emily. Je vois que tu n'as pas pensé à te couvrir, encore une fois…. Parapluie ? » fit-il, lui tendant son abri. Car une fois encore, ils seraient peut-être condamnés à partager tous les malheurs qui avaient coulé sur leurs têtes enclines au coup du bourreau.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 16 Mai 2010 - 16:09

Il fait mauvais, aujourd'hui. Parfait pour une petite balade, ne crois-tu pas ?
Au plaisir de te voir sous l'érable, deux heures après le crépuscule.

Parfait. Parfait, parfait.
Emily venait de rentrer dans sa chambre quand elle avait vu ces mots. Elle n’avait pu retenir un sourire, et elle s’habilla un peu plus proprement, étant juste rentrée de son repas – donc vêtue d’une couverture de sang, étant donné qu’elle mangeait fort peu proprement sa viande. Elle l’enleva et la mit dans son armoire, sachant qu’elle la retrouverait comme neuve lorsqu’elle ouvrirait de nouveau la porte. Se passant sa robe blanche, elle jeta un coup d’œil à sa fenêtre. Il allait certainement pleuvoir. Elle grimaça, et remarqua qu’elle ne possédait pas du tout de parapluie. Elle mit donc un bonnet rouge vif, rayé de noir, et une veste de la même couleur. Elle ne se chaussa pas, et descendit les escaliers à la volée. Elle tournoyait dans les colimaçons, ses cheveux roux s’éparpillant autour d’elle comme un hâle. Elle ouvrit les portes du parc, et sortit dans la fraîcheur de la nuit.
Elle s’arrêta quelques secondes, apparition fantômatique dans l’obscurité lunaire de la nuit, et huma l’air. Elle laissa l’odeur sucrée et humide de la nuit lui faire tourner les sens, l’emmenant plus loin qu’elle ne l’aurait voulu. Elle expira doucement, et rouvrit ses paupières, cherchant Morgan des yeux. Elle le trouva rapidement, seule âme humaine. Elle marcha doucement vers lui, maîtrisant son impatience. Bien qu’à chaque fois qu’ils s’étaient vus, cela s’était terminé en drame – ils n’étaient pas faits pour s’entendre. Au début, il ne l’aimait que parce qu’elle n'était pas humaine, elle se détestait pour la même raison. Même si ça avait changé maintenant, elle avait un peu de mal à l'accepter, quoi qu'on lui dise. Elle s’approcha de lui, et lui mit la main sur son épaule.


« Salut, Momochou ! »


De légers flashs lui venaient, mais elle n’y prêta pas attention. D’habitude, son pouvoir ne se déclenchait que quand elle le désirait…

« Tu vas bien ? Quoi de neuf ? »

Elle tripota sa croix, se demandant pourquoi des images lui étaient venues furtivement. Elle aurait juré avoir vu la chevelure rose de Petra… Tiens, en parlant d’elle.

« Et avec Petra ? persifla-t-elle. Ca va bien ? T’as enfin conclu ? »

Elle sourit. Petra avait toujours été source de railleries de sa part, et bien qu’elle ne l’appréciait pas, elle en profitait pour surveiller Morgan de loin, persuadée qu’elle n’était pas nette. Elle pensait que si jamais l’un d’eux faisait souffrir l’autre, ce serait forcément Morgan qui serait en morceaux. Il fallait croire que les apparences étaient parfois trompeuses…
Mais ça, elle n’en avait pas encore connaissance.

Parfois, certaines vérités ne sont pas bonnes à dire, hein ?
D’autres sont encore pire lorsqu’elles sont découvertes.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 16 Mai 2010 - 16:44

Mais quand ce n'était pas la populace ou ce que des imbéciles appelaient le destin qui leur donnait des coups, c'était l'autre qui achevait le premier. Emily s'était pointée avec les quelques minutes de retard réglementaires, et il avait cru un instant que cela se passerait bien. Le garçon sentit la main d'Emily contre son épaule et frémit. Un frisson désagréable, comme si sa mémoire passait quelques moments choisis, images suspendues, sans signification. Il ferma l'oeil le temps de se dire que ce n'était qu'une impression, avant de répondre d'une voix fatiguée

« Quels surnoms, dis moi, Milymelo... »

Mais les images avaient ravivé quelques souvenirs amers de semaines enterrées. Et le bosquet, non loin de là, où il s'était écroulé après s'être couvert les mains de vice, ne fit que l'enfoncer dans son inconfortable position. C'est pourquoi il proposa de se mettre en marche, menant lui-même leur promenade nocturne. La bruine semblait s'amenuiser, pour revenir probablement à la charge dans quelques minutes, traitresse.

Mais fuir les lieux ne suffisait pas pour fuir les paroles de son amie. Finalement, la lame du bourreau s'était abattue, et le sang de Morgan sembla d'un coup avoir complètement fui de son visage livide. Il resta muet un instant, leur marche accompagnant les quelques gouttes qui dégoulinaient de son parapluie pour nourrir la terre, écrasant les brins d'herbe au passage comme il avait broyé la gorge de la jeune fille entre ses doigts fiévreux de folie. Il n'était pas déséquilibré. Il l'avait déjà perdu, son équilibre, il avait déjà chuté, et on lui marchait sur les mains lorsqu'il tentait de se rattraper au bord.


Sa main se mit à trembler, lorsqu'il la posa sur celle d'Emily. Il était temps de lui faire confiance. Il était temps qu'ils soient réellement amis, et non miroirs souillés l'un de l'autre. Il était temps qu'il lui confie sa vie, qu'elle n'aie plus à le lui arracher, qu'elle n'aie plus à le soutenir, il était temps qu'il assume et qu'il se mette en face de son jugement. Parce qu'il l'aimait réellement. Parce que c'était la seule personne qu'il pouvait toujours aimer autant qu'il la haïssait.

« J'ai conclu, oui. J'ai tout conclu. »

Morgan stoppa leur marche, à peine après les cent premiers pas. Il saisit l'autre épaule d'Emily, occupant ses deux mains, tenant de ne pas les faire trop trembler, tentant de raisonner d'avance d'Emily, tentant de l'implorer, ou se soumettant d'autant plus à ce qu'elle dirait de lui.

Il la regarda dans les yeux, prit une grande inspiration. Il ne pleurerait pas comme un gosse, du moins, pas maintenant. Il n'avait plus l'âge de pleurer pour un rien, et il n'avait plus l'envie, ou plus les ingrédients nécessaires pour produire des larmes. Toutes ses anciennes simagrées lui paraissaient particulièrement ridicules. Peut-être était-il à présent assez détaché de la vie, de la sienne comme celle des autres, pour pouvoir se juger si facilement. Peut-être que son acte l'avait achevé, et qu'il n'était plus rien. Mais quelle importance, oh, quelle importance, maintenant. C'est pourquoi ce fut d'une voix blanche que se détachèrent ses mots.


« Je l'ai tuée, Emily, j'ai tué Petra de mes propres mains. »
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 16 Mai 2010 - 17:59

Morgan avait l’air exténué. Emily ne fit pas de remarque à ce sujet, car à chaque fois qu’elle le voyait depuis quelques mois, il était toujours dans un état similaire – quoi qu’aujourd’hui, c’était le summum, jugea-t-elle. Elle fit la moue, et décida qu’elle le cuisinerait juste après s’être renseignée sur Petra. Elle accepta de marcher avec un sourire, et se laissa guidée, bien qu’un peu surprise par cette initiative de sa part.

Lorsqu’elle entama la discussion sur la Juliette de Morgan, elle entendit tout de ce suite ce silence pesant, elle vit immédiatement ce regard étrange. Elle plissa les yeux, et se plaça devant lui, les jambes légèrement écartées. Les brins d’herbe lui effleuraient ses chevilles effilées, mais elle ne fit guère attention, regardant son grand ami (dans tous les sens du terme) avec un regard inquisiteur.


« Qu’est-ce qu’il se passe ? » fit-elle, soucieuse. Cela avait peut-être un rapport avec ces flashs qu’elle avait eu ?

Il avait conclu. Elle eut l’esquisse d’un sourire, qui fut gommé par l’artiste impitoyable immédiatement. Morgan tendit les mains et se rattrapa à elle comme on se cramponnait à une bouée, comme on attrapait la dernière planche d’un navire qui s’écroulait dans les ténèbres des abysses glaciales. Elle ne réagit pas et bloqua les flashs qui tentaient de s’insinuer en elle, attendant la suite. Elle préférait que ce soit Morgan que le lui dise plutôt qu’elle le sache par moyen détournés – cela lui avait attiré trop d’ennuis, à présent. Elle soutint son unique regard, et attendit.

Puis, ce fut une apocalypse. Elle sentait ses émotions tourbillonner, ses instincts reprendre le dessus, tandis que le flot d’images se déversaient en elle, incapable de les bloquer. Elle ferma les yeux sous le coup, et puis elle décéda. Elle ressentait Morgan qui lui serrait la gorge fort, tellement fort, que sous le coup elle porta sa main à son cou, machinalement. Elle les rouvrit brutalement, et foudroya Morgan du regard. Elle se détacha avec violence de son étreinte, tandis que les mots bouillonnaient dans sa gorge, qu’un flot d’acide avait pris la place de son sang, qu’elle sentait ses mains se serrer, ses poings se fermer.


« T’es malade, Morgan, tu vas pas bien ?!
murmura-t-elle dans une colère sourde, qu’elle peinait à contenir. Tu… tu te rends compte ce que tu viens de faire ? T’as volé une vie, Morgan, UNE VIE ! »

Les deux derniers mots avaient jailli de sa cage thoracique, rompant le silence de la nuit. Elle sentit la forêt s’agiter à cause de son cri, mais elle n’en avait que faire. Elle saisit Morgan par le poignet, le serrant plus fort qu’elle ne l’aurait voulu, le forçant à la regarder dans les yeux.

« T’es content, maintenant ? T’ES CONTENT ? Tu l’as laissée SEULE, MORGAN ! Elle est morte TOUTE SEULE par TA FAUTE ! »


Sa voix avait des ratés, tout comme les montagnes russes que prenaient ses sentiments. Elle se sentait à l’envers, la colère l’empoisonnant, le soulagement que ce ne soit pas l’inverse. Elle n’arrivait plus à stopper ce flux incessant de pensées qui se déversaient en elle, et très certainement en Morgan de part son contact avec lui, sans qu’elle ne le veuille. Des images lui revenaient brutalement, comme l’accident de voiture ou bien le regard de Satsuki. Elle broya le poignet de son ami, hors d’elle. Elle finit par le pousser, le forçant à s’adosser contre un tronc, l’obligeant à s’asseoir.

« Putain Morgan, mais QU’EST-CE QU’IL T’ES PASSE PAR LA TETE ?! » hurla-t-elle. « EXPLIQUE TOI, EXPLIQUE MOI COMMENT T’AS PU FAIRE CA ! »

Elle avait beau ne pas l’aimer, l’acte la révulsait. Elle revoyait ses propres erreurs en lui, et elle ne le supportait pas.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 16 Mai 2010 - 19:05

A peine avait-il prononcé ces mots qu'il se sentit incroyablement loin. Tout cela lui paraissait maintenant distant. Etait-ce lui qui l'avait dit, étaient-ce ses souvenirs qui se déversaient en Emily, comme si elle ne le voulait pas, ou comme si cela avait été imprévu ? La jolie chanson du mois de mai s'éteignait autour d'eux. C'était le mauvais moment allez, nuages, réveillez-vous, c'est un moment dramatique, pleurez donc vos larmes amères, allez, vent, souffle donc, et garde les sanglots. Un calme plat s'établit autour d'eux alors qu'en eux tout s'emportait. En elle, surtout. Il n'y avait plus grand chose à emporter en son corps brisé. Sous ses mains les épaules de son amie manquèrent, et il ferma les yeux, ses jambes manquant de se dérober, sans appui pour les aider à supporter les remords.

Les mots d'Emily l'achevaient, et ses jambes se joignirent à ses tremblements. Il baissa le regard instinctivement, son esprit ayant soudain un peu peur d'Emily, de ses yeux, de ce qu'il pourrait y trouver. Mais elle l'obligea brutalement à la regarder, lui arrachant un petit cri de douleur par la même occasion. C'était probablement la meilleure chose a faire. Le réveiller par la douleur aiguë, avant qu'il ne s'éteigne dans une souffrance diffuse. Elle est morte seule, par sa faute. Elle a agonisé entre ses doigts serrés, il l'avait embrassé dans sa folie, se rendant trop tard compte de l'absence du souffle qui animait la poupée rose. Elle était morte les larmes aux yeux et le poison aux lèvres.


« E… Emily … »

Elle ne s'arrêta pas. Elle enfonça les épines les plus douloureuses plus loin dans son coeur. Il lâcha le parapluie qui s'abattit sur les herbes trempées sans aucun bruit, ou trop insignifiant pour que ses oreilles l'entendent au dessus du venin furieux de sa seule amie. Lui qui avait de moins en moins de mal à sourire à l'inconnu mais de plus en plus de mal à pleurer aux pieds de l'ami, qu'avait-il à dire pour sa défense, qu'avait-il à répondre, qu'avait-il à expliquer à Emily ?

« Je ne sais pas, Emily, je ne sais pas ! »

Poussé par son amie à s'asseoir, pathétique, au pied d'un arbre, le garçon la regardait le surplomber. Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait en cette position, mais même si il pleurnichait moins, même si il ne se serrait pas en position foetale, tentant d'échapper aux coups ou aux remarques vindicatives, il se trouvait pire encore. C'était quoi, la dernière fois ? Une coucherie mal assumée, des pulsions mal dissimulées, des remords un peu penauds. Il escaladait la montagne des vices, dites moi.

« Je… Ca m'a échappé, la situation m'a échappé. Je ne sais pas… Tout… Tout semblait… Tout semblait si bien se passer… Je l'aime… Pourquoi… Je… Je ne comprend pas pourquoi j'ai… Mes mains ont… Nous nous sommes disputés, et je… Je ne sais pas, c'était stupide, je ne sais pas… Je l'aime.»

Cette passion qu'il ressentait pour la jeune fille aux cheveux roses qui l'avait trahi, qui l'avait trompé avant même de l'aimer en retour, qui lui avait donné les pires horreurs à ruminer en silence le consumait peu à peu. Il l'aimait. Il ne comprenait pas. La folie l'avait rongé. Il l'aimait.

« Je l'aimais. » corrigea-t-il, d'une voix éteinte.

Ce fut le moment de changer sa conjugaison, lorsqu'il comprit que c'était passé. Qu'il prit conscience qu'elle ne reviendrait plus, et que sa folie avait condamné son futur. Quand le présent rattrapa sa culpabilité.

« Je l'ai tuée. J.. Je l'ai laissée seule, et n'ai plus revu son corps, même lorsque j'ai voulu l'enterrer. Elle… Elle est morte, elle a disparu. Et… Et maintenant, Emily… Et maintenant, qu'est ce que je dois faire ? »

Quand, avec l'existence de Petra, sa vie bascula à l'imparfait.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Mer 19 Mai 2010 - 18:25

Mais si tu crois, encore, qu’on peut sauver cette étoile.

Emily regardait petit Morgan, l’être qui se pâmait autrefois tant d’avoir assouvi sa nature d’humain, elle le regardait, lui qui était tombé dans les abysses de la plus vieilles émotion du monde. Rancœur, jalousie. Elle qui avait toujours maîtrisé au mieux ses instincts, elle qui avait toujours su contrôler ses sentiments jusqu’à la limite, elle le méprisait d’y avoir céder, comme lui l’avait méprisée lorsqu’elle l’avait trahi la première.
Et elle comprenait ce qu’il avait ressenti.
Elle le condamnait, et lui osait lui dire qu’il ne savait pas pourquoi il avait ôté la vie de Petra ? A la réponse de son ami, elle eut un glapissement de rage, s’étranglant avec, le regardant avec dédain. Elle s’accroupit brutalement, s’abaissant à son niveau, et le saisit par la gorge.


« Je continue ? Ou je m’arrête là ? » fit-elle, hors d’elle.

Elle le relâcha quelques secondes le temps qu’il continue ses maigres explications, bien qu’elle savait pertinemment qu’il n’en aurait jamais de bonnes. Parce que Morgan n’était pas le genre à avoir de bonnes raisons. Elle eut un reniflement méprisant lorsqu’il lui dit qu’il l’aimait, et qu’il s’accrocha à ces mots. Je l’aime, je l’aime, répétait-il. Je l’aimais. Elle serra la mâchoire, et se dit qu’il était pareil qu’Owen. Ils ne savaient pas aimer. Quand on aime, il faut savoir accepter entièrement l’autre – avec une légère limite, bien sur. Mais Petra avait toujours eu cette attitude, il ne fallait pas s’en étonner. Elle releva les yeux qu’elle avait baissés inconsciemment, et plissa les yeux.


« T’as une drôle de façon de l’aimer. »

Elle le laissa terminer. Il avait voulu l’enterrer alors – au moins une action d’à peu près acceptable dans tout ce qu’il avait dit. Une seule. Elle était presque tentée de le laisser tranquille, mais sa dernière question lui fit revoir entièrement sa position. Elle s’avança brutalement vers lui et le saisit par le col, le forçant à la regarder droit dans les yeux, leurs nez se frôlant presque.

« Maintenant tu vas faire comme tout le monde, espèce d’abruti. Tenter d’oublier, ne jamais y arriver et vivre avec des remords toute ta misérable vie dans cet endroit. Et tu pourras même pas tenter de la fuir, car tu seras toujours ici. Elle aussi… Bien fait pour toi. »

Elle le relâcha, et le poussa. Elle posa un genou au sol, l’autre relevé, comme prête à agir dans toutes circonstances ; l’aura glaciale de la nuit les enveloppait tous les deux, et l’ondine recommençait à jeter ses filles au suicide, mère cruelle qu’elle demeurerait à jamais. Elle sentait ses jambes trembler sous l’effet de l’émotion, ses yeux la piquer, son cœur battre à rompre ses artères et veines. Elle avait l’impression qu’il allait couper tous les liens qui l’unissait au reste du corps, l’entraînant dans sa chute.
Emily Johanson regardait de son piédestal de dignité son ami déchu, et elle soupira
.

« T’es vraiment con, putain. »


La colère retombait doucement, bien que l’animosité soit toujours bouillonnante en elle. Elle attrapa le parapluie de ses mains abîmées, et l’ouvrit d’un seul geste, le plantant sans ménagement dans le sol afin de ne pas avoir à le porter.


« Parle ! » ordonna-t-elle.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   Dim 19 Déc 2010 - 14:00

Morgan s’appesantait toujours sur sa piètre douleur et Emily le corrigeait toujours. C’était un silencieux accord, c’était leur pacte invisible, au-delà encore du vœu qu’ils avaient fait autrefois, lorsque leur avenir ressemblait encore à une trace blanche sur le blanc lendemain. Le futur n’était désormais plus éclairé que par le souvenir des jours heureux, et leur chemin une esquisse au fusain, déjà effacée. Et vice versa. Mais aveugle, il s’écartait de plus en plus de la route. Les sens de vampire de l’hybride l’aidaient peut-être à garder le cap, alors qu’ils s’éloignaient lentement. Il s’était déjà engagé sur le chemin de la démence, entre perte morale et dérapages incontrôlés. A lui de rattraper la barre, s’il le souhaitait.

Il subit sans répondre les violences d'Emily, méritées, voire douces par rapport à ce que la jeune fille pouvait démontrer parfois. Il l'avait vue maintes fois s'énerver, et...

Le garçon se confronta au regard brûlant qu'elle lui assigna, à moitié étranglé par l'étau qu'elle imposait à son col, ou par les paroles qu'elle déversait sur sa pauvre personne. Il fallait vivre, maintenant. Vivre, avec tous les remords que pouvaient laisser l'empreinte d'un crime qu'il ne se serait jamais imaginé faire il y a quelques années, voire il y a quelques mois. A bien réfléchir, c'était toujours lui qui était à blâmer, ces derniers temps. La dernière fois, avec les cigarettes, Nao, maintenant, avec le meurtre, les inconstances. Le borgne tenta de se soustraire à la force qu'exerçait la vampire sur elle, mais ce fut elle qui le repoussa de nouveau, le jetant presque, dans la boue qu'avait engendrée l'union contre nature de la terre et du ciel humide. Il tenta de bouger, de se mettre dans une position plus confortable, glissa piteusement, se contenta de ne plus essayer. C'était ça. Il glissait, peu à peu, et il n'y avait plus rien qu'il pourrait reprocher à son amie sinon d'essayer de l'aider.

Suite à l'injonction de la jeune fille, Morgan leva un regard désorienté à Emily, qui venait sans qu'il ne s'en rende compte de planter un parapluie dans le sol légèrement instable. Que voulait-elle donc qu'il lui réponde ? Qu'il lui dise ? Il n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes, son esprit lui indiquant parfois d'atroces hontes, parfois...

Il se rapprocha d'Emily, et se jeta dans ses bras. Encore une fois. Pas assez. Il l'avait tant fuie qu'il lui semblait presque que la dernière fois qu'il l'avait vue remontait encore à la dernière étreinte qu'il s'était permise, lorsqu'elle lui avait reproché ses relations, ses dérapages. Il ne voulait plus que ça se reproduise, il voulait que ces pauvres accolades pleines de désespoir ne résument plus leur relation, qu'ils se voient tous les jours, se rencontrent, se parlent, il voulait une présence, une amitié, pour lui rappeler ses fautes, pour l'empêcher d'en commettre d'autres. Ainsi alors, pourrait-il peut-être parler de rédemption.


«  Aide-moi, Emily... Je ne veux plus faire ça... Aide-moi. Si je continue comme ça, je ne sais pas ce qui m'arrivera, ce qui arrivera aux autres ! Qui sait ce que je serais capable de faire, ou de penser... »

Il la serra un peu plus contre lui.

« Je ne veux pas te perdre comme j'ai perdu Petra. Je ne veux plus rien perdre à cause de ma stupidité. Je ne veux plus m'apitoyer sur mon sort, en attendant que quelque chose m'arrive, que je pète un cable, que je dérape encore. J'en ai assez, je ne veux même plus effrayer les autres, je ne veux pas qu'ils me laissent tranquille, seul ! Je ne veux plus... Rien n'effacera ce que j'ai fait. Comme tu le dis, je vivrai toujours avec... Avec des remords, ma misérable vie, dans cet horrible endroit. Mais... Je veux m'en sortir, Emily, je veux arrêter ce manège pitoyable. Je veux changer, un peu, mais... Si je suis seul, je sais que je recommencerait, comme avant. Tu... Tu connais mieux l'humanité que moi, tu sais, Emily. » conclut-il, la regardant, un sourire tremblotant aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Quand tout bascule à l'imparfait. [ Emily ]   

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