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 Clarence.[Over~]

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« century old rock wow  »
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• Age : 26
• Pouvoir : Te foutre en bikini en claquant des doigts. (si seulement)
• AEA : Gwendoline, qui a joli poil lisse et qui voudrait qu'il le reste.
• Petit(e) ami(e) : Qui veut tant qu'on lui argumente la proposition.

RP en cours : Clarence joue à la belote par là.


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Inscrit le : 28/02/2011

MessageSujet: Clarence.[Over~]   Mar 1 Mar 2011 - 0:35



* Clarence


*nom – Floris. Mais cela fait longtemps qu'il ne l'utilise plus.
*prénom – Aymerick. Tout comme son nom de famille, il ne l'utilise pas, lui préférant son nom d'emprunt, Clarence.
*age – Physiquement, il a l'apparence d'un jeune homme de 21 ans. Mentalement, il avoisine les 91 ans.
*né(e) le – Le huitième jour d'un mois d'Été.

Pouvoir
Faire revivre le plus horrible des souvenirs à la personne à laquelle il touche le bras gauche. Sous forme d'illusion, la cible du pouvoir de Clarence se remémore sans le vouloir le plus atroce et triste souvenir de sa vie, et le vit comme une illusion. Extérieurement, donc, elle reste juste immobile et ne bouge plus. Pour mettre fin à cette illusion, Clarence doit saisir le bras droit de sa 'victime'. Sinon, l'illusion ne s'arrête pas, et repasse sans cesse en boucle.

Alter Ego Astral
Gwendoline, un espèce de chien au pelage blanc et aux fins yeux violets. Elle ne parle quasiment pas, et sa voix est tellement frêle et douce qu'elle se confond avec un murmure la plupart du temps. Très effacée et calme, elle sait toutefois très bien se battre.

Passions
Clarence n'a pas vraiment de passions, si ce n'est peut-être cuisiner. Mais, vraiment, rien qu'on puisse qualifier de 'passion'.

N'aime pas / Phobies
Clarence se déteste lui, pour commencer, ce qu'il est et ce qu'il a fait. Sinon, il n'aime pas les couleurs vives, comme le jaune, par exemple. La chaleur, également, n'a pas vraiment sa préférence, pas plus que les endroits bruyants et bondés. Mais faire une liste entière serait trop longue et proprement inutile, non? Surtout dans son cas.



« If you wait for me, then I'll come for you, although I've traveled far, I always hold a place for you in my heart »


Histoire

Ce n'était pas la faute d'Amanda si ce salaud l'avait mise enceinte. Et c'était encore moins sa faute s'il s'était barré après. Non, vraiment, personne ne peut comprendre ce que cela peut bien faire, d'être traité en paria juste parce que vous aviez donné un peu trop d'amour à un homme, qui vous ne l'avait jamais rendu autrement que physiquement. Bon. C'est triste, comme constat, mais la jeune fille était bien obligée de faire avec. Elle devait avancer, parce que la misère, elle ne s'arrête pas juste pour que vous puissiez passer votre grossesse dans le bonheur! Alors à seize ans, enceinte et méprisée des autres pour porter un enfant sans être mariée, Amanda avait continué à travailler la terre en compagnie de sa famille jusqu'à ce que son gros ventre l'en empêche. Elle sentait cet enfant qui grandissait en elle, mais curieusement, ça ne la dégoutait comme ça aurait du être le cas après pareille aventure. Elle s'était même surprise à chercher avec amour un prénom pour ce petit être. Garçon, fille? Elle aurait bien aimé un garçon, elle n'avait jamais eu de frère, rien que cinq sœurs, et un père mort depuis longtemps, qu'elle n'avait que très peu connu et dont le visage lui était flou à présent. C'est sans doute pour ça qu'elle s'était si vite donnée à Janek: Les hommes, pour elle, ça avait jusque là été totalement inconnu, et ça l'était toujours, dans un certain sens. Donc, elle voulait un garçon, un petit garçon, pour qui elle avait trouvé le plus beau prénom du monde: Aymerick. Sa mère regardait son ventre en faisant des grimaces, comme si c'était un monstre auquel sa fille parlait à voix basse dans le salon, assise sur le vieux fauteuil vert, devant la cheminée. Ses sœurs, elles, s'en préoccupaient peu, sauf la petite dernière: A 13 ans, on s'émerveille d'un rien, et surtout d'un gamin.

Enfin. Amanda accoucha le huitième jour du moi des moissons d'un petit garçon, beau et bien portant. Elle le baptisa Aymerick, comme elle l'avait convenue des mois et des mois plus tôt, et lui fabriqua un habit dans le plus beau tissus qu'elle trouva. Elle était émerveillée, et ce même si tout le village méprisa à haute voix cette naissance lorsqu'ils l'apprirent. Un enfant, sans mariage! C'était une honte. Et pour bien faire comprendre à Amanda que personne n'aimait son enfant et que son bonheur était tout à fait déplacé et injustifié, on jeta sur sa fenêtre des cailloux. Mais la jeune mère n'accorda pas un seul regard à tous ces pauvres gens; Occupée à bercer son enfant, elle lui racontait des histoires merveilleuses et combien sa vie serait heureuse. Il n'aura jamais à souffrir, et ce même si elle devait se saigner aux quatre veines pour lui. Une fois ce serment fait, elle le déposa dans son berceau et reprit les aiguilles pour tricoter. Dans la pièce d'à côté, sa mère se désolait bruyamment qu'un tel déshonneur s'abatte sur sa famille.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Aymerick n'était guère aimé au village, mais c'était un brave garçon. Par miracle, il avait hérité des traits magnifiques de sa mère. Il ne semblait rien rester de ce père parti sans demander son reste dans le visage de cet enfant qui souriait quoi qu'on lui dise. Il avait seulement cinq ans, mais aidait sa mère, sa grand-mère et ses tantes du mieux qu'il le pouvait. Il sentait, confusément, qu'il était la cause de cette mise à l'écart de sa famille par les autres, et se rattrapait comme il le pouvait. On pouvait lui cracher dessus ou l'insulter, il restait poli et souriant. Cette gentillesse avait le don d'agacer les autres enfants, qui le frappaient dès qu'ils en avaient l'occasion. Aymerick se moquait bien qu'on le traita ainsi, mais sa mère ne supportait pas de voir son enfant souffrir. Aussi, lorsqu'il eu sept ans, elle déménagea dans un autre village, à des kilomètres de là, sans prévenir personne. Elle trouva un homme rapidement, et se maria avec cet homme dont la drôle de moustache avait intrigué Aymerick dès le premier jour. Là-bas, et une fois mariée, elle n'entendit plus jamais parler de sa famille et son ancien village. Elle n'était pas riche, mais n'était pas pauvre non plus. Ils cultivaient la terre et quelques mois après son mariage, Amanda tomba enceinte. Une petite fille naquit le treizième jour du moi de Toz, et fut prénommée Doriane. Un an plus tard, c'est un petit garçon qui pointa le bout de son nez, un petit Mathys. Trois enfants, une femme, un mari, un village perdu au beau milieu d'une immense pleine. C'est dans ce cadre qu'eut lieu la plus tragique des histoires qu'un homme puisse connaître. [...]

Caractère

Clarence n'est pas un monstre, et est capable de sentiments. Avant de prendre des armes en mains, il était même un jeune homme charmant, qui se plaisait à sourire et qui faisait de son mieux pour aider ses parents et son frère ainsi que sa soeur. Il n'était ni colérique, ni sadique, ni méchant, juste gentil et serviable, quelqu'un qui croyait encore que chaque personne en ce monde avait un bon fond. Malheureusement, il ne reste pratiquement rien de l'aimable adolescent qu'il était autrefois. Tout ce qu'une vie difficile passée à travailler n'avait pas réussi à lui enlever, les meurtres et les armes l'on fait. Graduellement, progressivement. Et au final, Clarence est devenu une toute autre personne que celui qu'il était auparavant.

Tout d'abord, le jeune homme aux cheveux gris n'est pas un fervent adepte de la discussion. Pas dans le sens où il préfère agir plutôt que parler, mais dans le sens où il semble en permanence économiser ses mots. Entamer une réelle discussion avec lui demande un sacré travail, et il vous faudra la plupart du temps vous contenter de mots ou bouts de phrases à vos interrogations. Cette attitude coupe souvent court à toute tentative cependant, raison pour laquelle sans doute Clarence ne se fera guère d'amis au pensionnat. Avant, c'était simple, ceux qui vivaient avec lui avaient le même quota limité de mots. Mais face à des personnes un peu plus expressives, cette tendance à garder le silence sera très certainement condamnée. Pourtant, Clarence n'est pas vraiment un solitaire dans l'âme. Bien que son physique puisse évoquer celui d'un homme habitué à travailler et agir seul, il n'en est rien. Depuis tout petit, il a toujours été entouré de l'amour de ses proches. Même lorsqu'il a quitté son frère et sa soeur, il a ensuite été entouré de ses amis et collègues, n'étant jamais une seule fois réellement 'seul'. La solitude, il la supporte, mais ne l'aime pas pour autant. Seulement, de là à aller vers les autres...Clarence n'est pas timide, non. Inconsciemment, peut-être a-t-il peur d'être rejeté encore une fois, comme il l'était par tous dans son village natale. Une torture qu'il a subit le sourire aux lèvres, mais qui l'a profondément traumatisé. Comme on le sait tous, les coups, ça laisse de profondes cicatrices, qui ne disparaissent jamais complètement.

Peu bavard et avec une tendance prononcée à rester en retrait, donc. Mais envers ses amis, il sera toujours fidèle et loyal. Si ces derniers ont des problèmes, il les aidera. Rien n'était plus important pour lui que ces personnes qu'il mettait dans le même panier que sa famille. Si vous vous entendez bien avec lui, vous pouvez compter sur lui, il répondra toujours présent. Stoïque, il ne laisse que très rarement ses émotions s'imprimer sur son visage, et celles qui passent encore le mieux sont la joie et l'incompréhension. Il déteste plus que tout le chahut, et se complait dans le silence, qu'il affectionne tout particulièrement. Rien n'est plus désagréable que des rires ou des cris trop forts, et il ne se dérangera pas pour faire savoir qu'il voudrait que l'on baisse le son le cas échéant. Tout sauf susceptible, il ne se fâche ni ne se vexe pour un rien. Il garde en permanence cette attitude calme et posée, indifférente. Clarence n'a l'air de se préoccuper de rien, de ne s'intéresser à rien. Et c'est plus ou moins réellement le cas. Après qu'on lui ait mit des armes dans les mains, il a progressivement perdu l'envie de continuer de s'intéresser aux choses. Il est devenu froid et mécanique, à l'image d'un pantin ou d'un automate. Comme déjà dit, il ne réagit guère lorsqu'on l'insulte, lui parle...Comme s'il était coupé du reste du monde.

Ses yeux reflètent un vide immense, et il est troublant pour certains lorsqu'ils le regardent de ne rien trouver à y lire d'autre que ce vide. Il se déteste, déteste ce qu'il a fait, mais doit vivre avec. Alors il supporte. Il est habitué à ça depuis toujours, de toute façon, supporter tout ce qu'on lui met sur le dos. Il est très courageux, ne se plaint de rien, et même après, ces traits de caractère n'ont pas changés. Il fait de son mieux, sans enthousiasme apparent, mais de son mieux.

Clarence n'est pas quelqu'un d'horrible, loin de là. Simplement...On pourrait dire que c'est une personne qui a perdu une partie de son âme, et qui n'a pas de but dans sa vie, outre celui de survivre et marcher, et avant d'entrer au Pensionnat interdit, tuer.

Physique

Clarence est un jeune homme qui n'a, objectivement, rien dont-il pourrait décemment se plaindre dans son physique. Pas qu'il égale la beauté des Dieux-si aux Dieux l'on croit, bien évidemment-, mais il ce serait mentir que de nier qu'il possède un physique avantageux. Tout d'abord, Clarence est un jeune homme d'une taille fort respectable, et du haut de son mètre quatre-vingt six, peut se vanter de voir le monde de relativement haut. Être plus petit ne l'aurait pas réellement dérangé outre mesure, mais il trouvait tout de même cela plus pratique pour travailler. Avec ses soixante quinze kilos, il est plutôt bien bâti; Mais pour quelqu'un ayant eu l'habitude de travailler dur dans les champs, rien d'étonnant à cela. Il semble évident que, maigre, il n'aurait servit à rien. Le teint de Clarence, autrefois hâlé par le soleil sous lequel il passait la majorité de son temps, est maintenant blanc. Pas au point d'en rendre jaloux les morts, mais assez pour que l'on se demande s'il voit un tant soi peu le soleil, parfois. Ses cheveux sont gris, lui retombant souvent devant les yeux, en batailles la majeure partie du temps. Ses yeux, quant à eux, sont fins, et d'une couleur sur laquelle l'on serait bien en mal de coller un nom en les regardant. C'est un étrange mélange de gris, de violet et de rouge qui colore ses iris, et lui-même n'a jamais su comment appeler précisément cette couleur. Sa mère et son entourage lui disaient qu'ils étaient magnifiques, et cela lui suffisait amplement. Comme dit plus haut, Clarence est beau: Auparavant, son sourire était plein de chaleur, et son visage inspirait la confiance et respirait la joie de vivre. Maintenant, son sourire est rare, et ses traits, figés, ne reflètent plus qu'une profonde indifférence et parfois, de la tristesse. Si vous êtes assez doué, toutefois, vous pourrez peut-être le faire sourire; Mais n'espérez pas un immense sourire. Il n'en a plus l'habitude.

Clarence n'est pas difficile en ce qui concerne l'habillement, bien qu'il n'ira pas non plus mettre tout ce qui lui passe sous la main, sans distinction. N'ayant jamais aimé les couleurs trop vives, tel que le jaune ou le rouge, vous ne verrez jamais le jeune homme porter des vêtements arborant ne serait-ce qu'une seule touche de ces couleurs. Les couleurs sobres, foncés, pâles, ont nettement sa préférence. La majeure partie du temps, Clarence porte un poncho noir, en dessous duquel il porte une veste de la même couleur, et des mitaines lui remontant jusqu'au coude. A sa ceinture se situent plusieurs emplacements permettant d'accueillir des pistolets, qu'il a toujours sur lui. A sa jambe se situe un emplacement pour une dague. Parfois, Clarence porte un chapeau de la même couleur que sa veste, mais il le porte pas en permanence, celui-ci ayant la fâcheuse habitude de...Tomber. Et le perdre, c'est la dernière chose que Clarence voudrait. Aucune valeur sentimentale là-dedans: Ça l'embêterait juste d'avoir à en retrouver un autre, et ses affaires, il n'aime guère les savoir potentiellement chez quelqu'un d'autre. C'est tout.

Dernier point qui semble utile à préciser: Bien qu'humain, Clarence possède une force, une vitesse et des sens plus développés que ces derniers. C'était ce que le centre voulait des gens comme lui, et grâce à une drogue mélangée à leur nourriture, leurs performances s'en sont retrouvées largement augmentées, ainsi que leur croissance bloquée. Plus précisément, cela fait des années et des années que Clarence ne vieillit plus. Inutile de dire qu'il est tout sauf un amateur lorsqu'il s'agit de combattre. Durant presque quatre-vingt ans, il n'a fait que cela. Tuer est un jeux d'enfant pour lui. Mais quoi de plus normal? C'est tout ce qu'on désirait de lui et ses compagnons, là-bas. A ce propos, c'est pour cette raison que son corps est zébré de plusieurs cicatrices, certaines plus récentes, d'autres bien plus anciennes. La seule qui s'offre cependant à la vue de tous est celle située sur sa joue droite.



Informations Hors-RP

Avez-vous bien lu les règles ? Quelle blague. Si je ne l'avais pas fait, je ne saurais pas qu'elles sont Code bon~!-{Nii'}
Où avez vous trouvé ce forum ? Quelque part.?
Est ce votre premier perso...
♦ ...Dans un forum RP ? Oh! Non.
♦ ...Dans ce forum ? Non plus. Mais vous inquiétez pas, c'est vraiment un de mes derniers. (Ouais, on y croit x'D)


Dernière édition par Clarence le Mar 14 Mai 2013 - 22:43, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Clarence.[Over~]   Lun 7 Mar 2011 - 17:01

Histoire (suite et fin)


[...]

« Doriane, finit entièrement ta soupe, s'il te plaît. Aymerick, tu veux bien aller chercher Mathys? Il doit jouer dans le jardin.

-Sans problèmes! »

Le jeune homme se leva de table, et sorti par la porte arrière pour se rendre dans le jardin. Le ciel était d'un joli bleu, recouvrant de son immensité les plaines environnantes. Aymerick repéra vite son petit frère, qui s'amusait à cueillir des fleurs dans le carré de verdure qu'était leur jardin. Aujourd'hui était un beau jour d'été, les moissons commenceraient bientôt. Et lui aurait bientôt treize ans. Cette pensée remplit le jeune homme aux cheveux gris de joie. Jusqu'à maintenant, on ne l'avait considéré que comme un enfant, mais dans peu de temps, tout cela allait changer. Il pourrait aider les adultes au champ, et rendre ses parents fiers de lui. Prenant Mathys dans ses bras malgré les protestations de ce dernier, il se demanda si cette année, l'orage viendrait ravager leurs cultures comme l'année passée. Il espérait vivement que non; La famine n'avait pas été loin, et Mathys, encore jeune à ce moment-là, avait bien faillit y laisser la vie. Une épreuve qu'Aymerick espérait de toutes ses forces ne plus avoir à vivre.

« Aymerick, tu me fais mal! Gémit Mathys en se débattant comme il le pouvait, les fleurs du jardin étant décidément diablement plus intéressantes que l'assiette de soupe qui l'attendait sagement, posée sur la table de bois de la cuisine.

-Her, dis donc, arrête de bouger! Quel grognon tu fais. Regardes tes mains, elles sont remplies de terre. Tu crois vraiment que Maman va te laisser manger dans cet état, hein? »

Le petit se mit à rire devant la mine concentrée qu'arborait son frère alors que tant bien que mal, il essayait d'enlever toute la terre de ses minuscules mains. Tout le monde s'accordait à dire au village que les trois enfants Floris étaient les répliques exactes de leur mère; Ils se ressemblaient tant qu'on n'eut su douter un seul instant qu'ils étaient de la même famille, et ce bien que tout le monde sut que l'aîné n'avait pas le même père que les deux autres. Qu'importe: Il était si serviable que cette 'tare' passait bien inaperçue, au final, et que personne n'osait critiquer cet enfant qui faisait tout pour que sa famille soit heureuse. Parce que, dans ce village, c'est la bonté que l'on primait, cette vertu si indispensable à l'homme. Ramenant son jeune frère dans la maison, il le déposa sur la chaise voisine à la sienne, avant de s'installer lui-même. Mathys fit la grimace devant la soupe que sa mère lui servit, ce qui n'échappa pas à l'œil vigilant de cette tendre mère, qui lui fit la remarque que s'il ne mangeait pas de soupe, il resterait minuscule, et qu'il l'était d'ailleurs bien assez comme ça pour un enfant de son âge. Au même âge, Aymerick, lui, était bien plus robuste, ajouta-t-elle.

« Oui mais euh... » fut la réponse très intelligible du petit garçon, qui prit à contre cœur une cuillerée pour faire part aux siens de sa 'bonne' volonté. Doriane, assise en face, étouffa un petit rire, se forçant elle-même à finir son assiette. Mathys fronça les sourcils, mais ne lui dit rien pour autant. Mathys et Doriane avaient seulement un an de différence, et s'entendaient aussi bien que se seraient entendus des jumeaux ayant partagés le même berceau. Ils avaient les mêmes jeux, les mêmes centres d'intérêts, et se refusaient à dormir dans une chambre différente chacun. Cela arrangeait d'ailleurs bien les parents, qui y voyaient une économie conséquente de place, leur modeste maison étant loin d'être immense. Aymerick admirait cette entente, et n'en était en aucun cas jaloux. Son frère et sa soeur l'adoraient assez pour qu'il ne se sente pas mit à l'écart, étant en permanence sollicité pour leurs jeux. Amanda ne pouvait que se féliciter d'une telle chose, pour sa part; Une famille unie avait toujours été son plus grand rêve.

« Papa il rentre quand? Demanda Mathys au bout de quelques cuillerées, regardant par la fenêtre comme si le ciel eut pu répondre à son interrogation.

-Ce soir, il a encore beaucoup de travail à faire aux champs, je te l'ai déjà dit, soupira sa mère. Tu sais bien que c'est difficile pour lui de travailler seul.

-Mais bientôt, Aymerick ira l'aider. Fit remarquer Doriane d'une voix grave. Aymerick se serait presque sentit honteux de lui aire perdre son sourire, pour le coup. Il savait que ses cadets redoutaient son absence, comme ils étaient tristes de celle de leur père depuis toujours. Mais la nourriture n'arrivait pas dans les assiettes sans travail et sacrifices, malheureusement.

-Et ce sera un très grand honneur pour moi, enchaîna donc rapidement le jeune homme aux cheveux gris. Ne vous en faites pas, je rentrerais toujours le soir, et je jouerais avec vous, même si je suis très fatigué. »

Devant le sourire et les paroles rassurantes de leur frère aîné, les deux derniers finirent leur soupe dans le silence. Amanda regardait son fils avec une certaine nostalgie; Il était son portrait craché, mais quelque chose dans ce regard à la fois doux et assuré lui rappelait celui de Janek. Le regard des hommes forts et déterminés, qui n'en oublient toutefois pas l'amour. Ces souvenirs ne lui faisaient pas mal, ne lui avaient jamais fait mal. Au fond d'elle, elle sentait que c'était ainsi que ça aurait du se passer, dans tous les cas. Alors, dans ces moments là, elle ne ressentait qu'une immense plénitude.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Aymerick fixait l'horizon depuis sa colline préférée, regardant le soleil entamer sa descente vers la terre des hommes avec un soupir satisfait. Il avait seize ans depuis deux mois, et le travail était de plus en plus épuisant aux champs, mais il tenait bon. Les félicitations de son père, qui l'avait toujours considéré comme son fils et non celui d'un autre, l'aidaient à continuer de travailler sans jamais se plaindre. Et puis, ils mangeaient bien mieux depuis qu'ils travaillent tous deux, alors de quoi pouvait-il se plaindre? Assis dans l'herbe rousse, il regardait l'horizon doucement se teindre de rouge, quand deux bras vinrent s'enrouler autour de son cou, le faisant sursauter.

« Ooooh, alors on flemmarde dans l'herbe alors que tous les autres sont au travail? C'est une attitude qui m'étonne beaucoup de vous, Monsieur Floris! »

Aymerick éclata de rire en reconnaissant la voix d'Hortense, sa petite-amie. Une fois que son rire se fut arrêté, il répliqua, sur le même ton de voix qu'avait employé son invitée surprise, celui d'un professeur réprimant un élève un peu trop dissipé durant l'un de ses cours:

« Je pourrais vous retourner la question, mademoiselle Beth. Que fais une frêle jeune fille comme vous seule dans les plaines, alors que votre père s'inquiète à chaque absence de son adorable petite fille? »

Un rire lui répondit, alors que la jeune fille le lâchait pour se laisser tomber à ses côtés. Elle lui tendit un sac tressé, avec une moue faussement vexée.

« Partie vous apporter à manger, très cher. Mon dévouement est sans fin, on devrait me glorifier pour ça. »

Oh, à n'en point douter, songea Aymerick, réprimant un nouveau rire. Hortense était la fille du luthier de leur village, homme qui était réputé pour savoir jouer du violoncelle comme personne, et également célèbre pour la surprotection dont il faisait preuve envers sa fille unique. Sa femme étant morte, il semblait avoir développé envers son enfant un profond attachement qui le poussait à frapper à coup de marteau tout ce qui pouvait potentiellement éloigner de lui sa fille. Et de ce qu'il avait pu en comprendre, lui était tout à fait une personne potentiellement dangereuse qu'il avait fallu éloigner à tout prix d'Hortense. Déjà lorsqu'il avait dix ans, il ne le laissait pas rentrer chez lui, sous des prétextes aussi ridicules que variés. Alors quand il les avait surpris en train de s'embrasser, il avait bien cru que sa fin était arrivée, purement et simplement. Heureusement pour lui, le père d'Hortense n'en était pas au point de rendre sa fille malheureuse, et avait permit qu'il approche cette dernière. Avec surveillance, évidemment, il ne voulait pas qu'ils fassent n'importe quoi. Une telle attitude faisait rire Aymerick, dans un sens, même si ça ne devait pas être simple pour Hortense. Pour lui non plus, remarque.

« Ton père t'as laissée partir, ou tu es venue là sans son autorisation? Demanda Aymerick au de quelques secondes de silence, tournant sa tête vers son amie, dont le soleil laissait mourir ses rayons rouges sur ses longs cheveux blonds.

-Euh...Ben, disons que je lui ai dit, mais que je n'ai pas attendu sa réponse. Alors en fait...

-...Il va venir te chercher.

-Je sais. »

Comme pour approuver ses dires, des éclats de voix résonnèrent au bas de la colline. Hortense poussa un long soupir, lui faisant remarquer combien elle aurait voulu qu'ils puissent manger ce qu'elle avait préparé seuls, éclairés seulement par le coucher du soleil. Aymerick lui fit remarquer à son tour que s'ils restaient ici trop longtemps, ils allaient devoir rentrer dans le noir, et que la nuit n'était pas des plus sûre pour deux adolescents comme eux. Finalement, après avoir promit à Hortense qu'ils pourraient manger ce qu'elle avait préparé chez elle, ils se levèrent dans l'optique de descendre la colline. Le jeune homme tendit la main à sa petite amie, mais celle-ci le regarda avec un petit sourire.

« Comment? Sans armure ni cheval blanc?

-Oh, en plus Mademoiselle est exigeante! Désolé de ne pas être un Prince.

-Tu es très bien comme ça, je te rassures. »

Elle lui prit la main, et avec un rire, ils descendirent la colline en courant. Arrivés en bas, le père d'Hortense se plaignit gentiment de la mauvaise influence d'Aymerick sur sa pauvre petite fille. Ils rentrèrent en bavardant, sous un ciel où commençait à apparaitre les premières étoiles. Même s'il ne le savaient pas encore, pour Aymerick, et tous ceux qu'il connaissait, cette année marquait la fin définitive des beaux jours.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Une épidémie et une famine à la fois. L'on avait encore jamais vu ça, de mémoire d'ancêtre. Jamais. Les rumeurs qui parvenaient jusqu'au village disaient que presque tous les villages alentours étaient frappés par ce que l'on se plaisait alors à appeler 'malédiction'. Les habitants tombaient un par un, et le médecin ne savait plus où donner de la tête ni quoi faire. Que faire dans un cas pareil? Même le père d'Aymerick, de constitution robuste et à la santé de fer, avait rendu son dernier souffle, après deux mois d'une longue agonie. Chez les Floris, l'on se concertait avec les voisins, et Aymerick interdisait formellement à Doriane et Mathys de sortir; Ils étaient jeunes, et étaient de ce fait plus sensibles au virus. Amanda travaillait dans les champs en compagnie de son fils aîné, maintenant que son mari était mort, et ce bien que le sol aride ne leur apporta pratiquement plus rien. Miraculeusement, bien qu'il côtoya plusieurs autres malades, jamais Aymerick ne tomba malade. Cette résistance fut attribuée à une constitution robuste, après tout, il ne semblait pas aux voisins qu'ils aient vu une seule fois ce garçon tomber malade, jamais il ne l'avait été. Et la vérité derrière ceci, le jeune homme ne devait l'apprendre que plus tard. Amanda tomba malade, et s'isola dans la peur de contaminer ses enfants. Elle travailla jusqu'à ne plus pouvoir marcher, et finit par être alitée dans un lit, dans un état critique. Aymerick, qui se refusait à rester à l'écart, la visitait souvent, donnant des réponses évasives à ses cadets quant à l'état de leur mère. Elle savait, il savait qu'elle ne survivrait pas. Et le jeune homme se rendait bien compte qu'elle était sur son lit de mort. Amanda avait toujours été une femme têtue et courageuse, mais elle ne pouvait pas nier la mort qui paralysait peu à peu ses membres. Alors un jour, elle fit venir Aymerick à son chevet. Elle lui fit promettre de bien prendre soin de Doriane et Mathys, qui étaient encore si jeunes. Elle lui dit qu'elle n'avait jamais regretté l'avoir mit au monde, qu'au contraire, il avait été son premier vrai bonheur en ce monde. Aymerick, avait du mal à contenir ses larmes, il avait l'impression que son monde s'écroulait, ce qui était plus ou moins le cas, d'ailleurs.

« Tu me le jure?

-Je te le jures. »

Amanda lui adressa un dernier sourire, avant de fermer ses yeux.

« Alors je peux partir en paix. Mais saches que je t'aimes, que je vous aime tous, et que je continuerais de veiller sur vous de là-haut. C'est le rôle d'une mère, de veiller sur ses enfants. »

Et c'est ainsi qu'Amanda Floris, la belle, la courageuse Amanda, sur qui on avait craché les pires mots pour avoir eu un enfant hors mariage, s'était éteinte. Aymerick, Doriane et Mathys versèrent beaucoup de larmes et prièrent pour son repos toute la nuit. A l'aube, l'aîné enveloppa sa mère dans un linceul immaculé, et alla l'enterrer sur la colline où il avait autrefois passés tant de bons moments, aux côtés de leur père. Une simple croix de bois, avec son nom, et quelques fleurs. C'était modeste, mais ça venait de leur cœur à tous. Il savait qu'elle n'aurait pas aimé être enterrée avec des honneurs qu'elle ne pensait pas mériter. En rentrant au village, le jeune homme aux cheveux gris apprit la mort fulgurante du Luthier et de sa fille, partis rejoindre leur défunte épouse et mère. Aymerick insista pour les enterrer lui-même, malgré sa fatigue. Il voulait donner à ces personnes une sépulture, et pas un vulgaire tas de terre. Une fois qu'il eut finit, incapable de tenir sur ses jambes, il se laissa tomber près de la tombe d'Hortense. Morte de maladie, si soudainement. Il n'avait même pas pu lui dire au revoir. Elle était pleine de vie, hier, pourtant. Regardant le soleil se lever et éclairer les alentours de sa lumière encore orangée, il se demanda si les anges pouvaient entendre les mortels. Il espérait que oui.

« Je n'étais peut-être pas un prince, murmura-t-il, ses yeux toujours rivés vers l'horizon, mais je t'aurais offert tout ce que j'avais. Tu le sais, hein? J'espère que tu le sais. »

Puis il fondit en larmes. Il du s'endormir là, car lorsqu'il rouvrit les yeux, la nuit était presque tombée. Il revint à la hâte au village, réveilla Doriane et Mathys, rassembla le peu d'affaires qu'ils avaient, et fixa le départ pour le lendemain matin. Il avait besoin de bouger, prendre un nouveau départ. Ne pas rester dans ce village qui sentait la mort. Lorsque le lendemain matin, ils chargèrent leur affaire dans la charrette, et qu'ils passèrent devant la colline, Aymerick pu voir les croix se profiler dans l'horizon baigné de lumière. Il leur fit mentalement ses Adieux, imprimant dans sa mémoire cette image. Il lui sembla entendre alors des rires d'enfants descendant une colline, des bruits de conversations, des réprimandes. Tout ce qu'il avait vécu avec eux. Jetant un regard à ses deux cadets endormis, doucement bercés par le cahot de la route, il sourit tristement. Eux, il jurait que rien ne leur arriverait. Il en faisait son serment.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Leur nouvelle demeure était petite, mais encore assez grande pour qu'ils n'aient pas à s'entasser les uns sur les autres. Aymerick, qui devait maintenant subvenir seul aux besoins de sa jeune soeur et son jeune frère, avait trouvé un travail dans une mine non loin du village dans lequel ils habitaient à présent. C'était un travail dangereux et qui n'était pas très bien payé, mais c'était mieux que rien, et il ne pouvait pas se permettre de ne pas travailler. Il voulait que Doriane et Mathys n'aient pas à se plaindre de la faim, et se privait volontiers de nourriture pour qu'ils puissent manger à leur faim. C'est durant cette période qu'Aymerick faisait réellement peine à voir: Épuisé par son travail, il ne se nourrissait pas assez, et la fatigue et le manque de nourriture avaient creusé sur son visage leurs profondes marques. Mais cependant, il restait relativement en bonne santé, ce qui l'encourageait à continuer de travailler encore plus. Pour le jeune homme, qui n'avait de sa mère pas seulement hérité des traits mais aussi de cette détermination quasi ridicule, s'occuper de son frère et sa soeur passait avant tout, même avant sa propre santé. 'Tu crèveras si tu continues à pousser comme ça', lui avait un jour dit un de ses collègues. Mais lui se fichait bien de 'crever'. Tant qu'il pouvait marcher, il travaillerait. C'était à ça que servaient des bras et des jambes, non? Travailler. Il avait promit à sa mère, sur son lit de mort, qu'il prendrait soin de Doriane et Mathys, et il ne comptait pas manquer à cette promesse. Que sa mère soit au ciel, en train de les regarder, ou bien qu'elle ne soit plus nulle part, il ne voulait pas la décevoir. Quand Doriane était née, il se souvenait s'être dit que même s'ils n'avaient pas le même père, il l'aimerait comme une soeur. Une vraie soeur. Quelle différence cela faisait, au fond? Les petites mains qui s'étaient si souvent accrochées à sa veste étaient celles d'un être qu'il aimait plus que tout au monde. Le sang...Quand on aimait, il ne comptait pas. C'est pour ça que chaque soir, il couvrait avec précaution ses cadets, et ne faisait aucun bruit lorsqu'il partait travailler le matin. Ils étaient tout ce qu'il lui restait, mais il ne s'en occupait pas par défaut, juste pour se donner une raison d'exister, non.

Il s'en occupait parce qu'il les aimait. C'était tout.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Il avait dix-neuf ans, maintenant.

C'est un bruit, un bruit insignifiant, qui réveilla Aymerick cette nuit là. La lune projetait son ombre fantomatique dans la pièce, et il du attendre que ses yeux se soient habitués à l'obscurité pour pouvoir se redresser sur ses coudes. Boum, boum, boum. C'était presque inaudible, mais ayant une bonne ouïe, il l'avait tout de même entendu. Ce bruit lui faisait penser à des bruits de pas, au dehors. Immédiatement, il se leva sans un bruit, glissant jusqu'à la chambre de ses cadets, qui dormaient paisiblement. Il fut soulagé de voir qu'ils allaient bien, et retourna dans sa chambre pour prendre le pistolet que son père lui avait donné avant de mourir, 'au cas où'. Il était toujours utile d'avoir un moyen de défense, après tout, les temps n'ayant jamais été très sûrs, surtout en ce moment. Quelqu'un marchait à l'extérieur, et il voulait en avoir le cœur net; Qui, ou quoi? Marchant sans un bruit jusqu'à la salle à manger, il prit une profonde inspiration, la main sur la gâchette, prêt à tirer. Les pas s'arrêtèrent devant la porte d'entrée, et il fronça les sourcils. La poignée tourna lentement sur elle-même, et il pointa son arme dans cette direction, attendant que cette potentielle menace montre son visage, ce qu'elle fit quelques secondes plus tard. L'air froid de la nuit emplit l'espace d'un instant la petite pièce, alors qu'une silhouette se découpait dans l'entrée. Toujours en position de défense, Aymerick mit du temps avant de pouvoir entièrement distinguer les contours et traits de cette étrange apparition. Son visiteur nocturne était un jeune homme d'environ 20 ans, peut-être un peu plus, vingt-trois. Il possédait des yeux foncés et un sourire calme, ses cheveux de la même couleur que ses yeux retombant sagement sur ses épaules. Il ne semblait pas dangereux, mais notre jeune homme au pistolet avait apprit à se méfier de tout ce qui paraît inoffensif à première vue. Retrouvant soudain ses esprits, il fronça ses sourcils.

« Qu'est-ce que...Qui êtes vous, que venez vous faire ici à une heure aussi tardive?

-Oh, je vous pris de m'excuser de cette soudaine intrusion. Je ne pouvais venir que maintenant, alors pardonnez moi. Vous ais-je réveillé? »

Sa voix était douce, mesurée, lente. Il s'était avancé un peu plus, mais du suspendre son geste face au canon du pistolet que tenait toujours Aymerick entre ses mains.

« Arrêtez de raconter des bêtises. Qu'est-ce que vous fichez là, exactement? »

Son regard était dur, déterminé. L'inconnu eut une mine surprise, pas longtemps, puis se remit à sourire, pendant qu'Aymerick, lui, se demandait bien ce qu'il pouvait y avoir de si drôle.

« Bien entendu, où avais-je la tête. Je ne me suis pas présenté. Mon nom est Janek, mais j'imagine que cela ne doit rien vous dire. »

En effet, cela ne lui disait rien.

« Je m'en doutais. Pourquoi s'embêter à évoquer les disparus, n'est-ce pas...(Il paru triste un instant, mais se reprit vite) Je ne suis pas ici pour vous faire du mal, rassurez vous, bien au contraire. J'ai besoin de vous. »

Le jeune homme aux cheveux gris haussa un sourcil surpris, gardant son arme braqué vers l'inconnu qui s'était approché d'une vieille photographie de famille. Il l'observa sans bouger, sous le regard intrigué d'Aymerick, qui ne fit cependant rien pour l'en empêcher.

« Vous ressemblez beaucoup à votre mère, tous, finit-il par décréter après quelques minutes d'observation silencieuse, Mais tu es de loin celui qui lui ressemble le plus. (Aymerick tiqua au soudain tutoiement, mais ne dit toujours rien) Votre mère...Est-elle morte? »

-Il y a environ deux ans. Emportée par la famine et la maladie, tout comme mon père.

-Je vois. Il te reste ta petite soeur et ton petit frère?

-Vous ne toucherez pas à un seul de leurs cheveux. »

Cette phrase fit rire l'inconnu. Il se tourna vers lui, ne semblant pas même se préoccuper de l'arme que son interlocuteur tenait entre ses mains. C'est à ce moment-là qu'Aymerick remarqua qu'il était plus petit que lui. Oh, il ne devait pas être bien grand, ce type. Il n'aurait aucun mal à le mettre à terre, s'il le devait.

« Je ne ferais aucun mal à ta famille, répéta-t-il doucement, baissant l'arme afin qu'elle ne soit plus braquée dans sa direction. Comme je te l'ai dit, j'ai besoin de toi.

-Pour faire quoi? Et pourquoi moi, au juste? Je ne vous connais même pas.

-Moi, je te connais. Je ne voulais pas en arriver là, mais je dois te demander ton aide. Sache que c'est bien à contre cœur, j'aurais préféré ne pas t'embarquer dans cette histoire. Mais malheureusement, on ne peut pas faire autrement. »

Il avait bien insisté sur le 'on', et cette situation commençait à vaguement exaspérer Aymerick. De plus, s'ils continuaient de parler ainsi, ils allaient finir par réveiller Doriane et Mathys, qui dormaient dans la pièce voisine. Et ça, c'était pire que n'importe quoi d'autre à ses yeux de grand frère.

« Si vous ne me dites pas ce que vous voulez de moi précisément, je vous jure que je vous tire dessus. Je n'hésiterais pas.

-Calme toi. Je ne peux pas te dire exactement en quoi tout ceci consiste. Pas ici. Mais si tu me suis, je t'expliquerais tout en détails. »

Lisant de l'incompréhension et une méfiance sans limite dans les yeux du jeune garçon, Janek cru bon d'ajouter:

« Là où je t'emmène, tu n'auras plus jamais froid ni faim. Tu n'auras plus à travailler comme tu le fais maintenant.

-Et mon frère et ma soeur, hein? Ils peuvent nous accompagner?

-J'ai bien peur que non.

-Alors je ne bouge pas. Je ne les laisserais pas seuls. »

Dilemme, pensa l'inconnu en penchant sa tête sur le côté. Quoi que, si ça ne tenait qu'à ça, au final, l'organisation pourrait bien faire un effort. Ce n'était que de l'argent. Et ils n'en manquaient pas.

« Si tu m'accompagnes, nous leur donneront de l'argent en retour. Ils n'auront plus à souffrir de rien. Ils en auront assez pour vivre aisément toute leur vie. Qu'en dis-tu? Ce serait égoïste de ne pas les laisser bénéficier d'une telle chance, non? »

C'était injuste, se dit le jeune homme en déportant son regard vers le sol. Il avait touché son point faible, là où il était certain que ses paroles feraient mouche. Son frère et sa soeur...Ils étaient tout ce qu'il lui restait. Les priver d'une vie meilleure, il ne se le serait jamais permis, jamais. Mais comment savoir si cet homme disait la vérité? Tout ceci était bien trop étrange pour qu'il puisse aveuglément croire tout ce qu'on était en train de lui dire.

« Qui me dit que vous dites la vérité? »

Comme s'il n'avait attendu que ce moment depuis le début de la conversation, l'inconnu lui présenta une sacoche, qu'il laissa volontairement tomber à terre. Elle produisit un cliquetis significatif, et Aymerick ouvrit grand ses yeux à mi chemin entre le gris et le violet.

« Me crois-tu, à présent? Ils auront bien plus que tout ce que tu pourras jamais leur offrir si tu choisis de rester. Pourquoi hésiter? Ici, tu n'es d'aucune utilité à personne.

-Taisez-vous. »

Le jeune homme se détourna brutalement, prenant appuie sur la table de bois, non loin de lui. Il avait mal à la tête. Tout ceci semblait complètement insensé. N'était-il pas en train de faire un mauvais cauchemar? Pour une fois, il l'aurait souhaité. Il resta silencieux un long moment, son regard passant de la table au mur qui le séparait de ses deux cadets. C'était une folie que toute cette histoire. Mais il avait promit à sa mère de s'occuper de Doriane et Mathys. Il voulait qu'ils aient une vie dans laquelle ils ne seraient pas obligés de travailler nuit et jour pour subvenir à leurs besoins. Alors même si c'était fou...Si c'était pour eux, pouvait-il répondre par la négative sur un coup de tête?

« Seulement de vous parler. Mais si vous tentez quoi que ce soit, je vous envois une balle dans la tête. C'est clair? »

L'homme ne cessa pas de sourire, malgré le pistolet qu'Aymerick avait ramené devant lui, bien en évidence. Ce sourire, le jeune homme le détestait. Il ne lui disait rien qui vaille, et ce bien qu'il soit emplit d'une certaine chaleur. Attention. Si tu mets un pied dans le gouffre, tu n'en ressortiras pas vivant. C'est ce que lui criait son esprit alors que l'homme commençait, de sa voix lente, à exposer la raison de sa venue. Il aurait du écouter sa conscience, pour une fois. Ça lui aurait évité bien des années de souffrance et de culpabilité, au final.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Le reste du sommeil d'Aymerick avait été secoué de doutes et de cauchemars; Il avait très mal dormi. Quand le soleil commença à poindre à l'horizon, cependant, il se leva et s'habilla. La conversation d'hier, le visage de cet homme, tout lui semblait à la fois flou et terriblement réel. Ça avait été dur de croire tout ce charabia, mais il avait prit une décision. Il n'avait jamais prit de décisions en fonction de lui. Il n'était pas sa priorité, la santé de ses cadets était ce qu'il avait de plus important. Le rôle des mères est de protéger leurs enfants, et le rôle de l'aîné est de protéger ses cadets quand la mère ne le peut plus. En tant qu'aîné, il se devait d'assurer l'avenir de sa petite soeur et son petit frère. Sa mère...Ne l'aurait pas voulu autrement, n'est-ce pas?

« Aymerick? Où vas-tu? »

Le jeune homme avait mit quelques affaires dans un sac, avait passé son manteau, et s'apprêtait à ouvrir la porte lorsque la voix de Doriane le fit se figer sur place. Il se retourna, et ses yeux croisèrent ceux bleus de sa soeur, dans lesquels nageaient le doute et la peur. Aymerick n'avait jamais aimé les Adieux, il en était fatigué. Il savait pertinemment que s'il partait, il ne reverrait plus jamais Doriane et Mathys. Mais leur dire au revoir était au dessus de ses forces, et il ne voulait pas avoir à mentir. C'est pour cette raison qu'il s'apprêtait à fuir, comme un voleur, en ne laissant aucune lettre pour expliquer son geste, sinon un petit mot disant qu'il avait 'tout bien fait, et qu'ils n'auraient plus faim à partir de maintenant'. Mot que tenait présentement Doriane entre ses mains. Et mince, songea-t-il en esquissant un sourire qui ressemblait plus à une grimace qu'autre chose. Il n'avait pas prévu qu'elle se lève aussi tôt, habituellement, elle était bien moins matinale.

« Il ne faut pas que tu t'inquiètes. J'ai tout préparé, et tu verras, vous ne manquerez de rien.

-Je ne comprend pas. Tu t'en vas pour de bon? Tu ne reviendras pas? Tu vas nous laisser? »

Les larmes qui coulèrent des yeux de sa soeur était tout ce qu'Aymerick avait voulu éviter de voir en partant sans rien leur dire. Doucement, il s'approcha de sa soeur, et s'agenouillant devant elle, lui prit les mains. C'était ce que leur mère leur faisait toujours lorsqu'ils étaient tristes ou en colère. Elle disait que ça faisait partir loin la douleur. Si seulement.

« Tu es grande, n'est-ce pas, Doriane? Tu vas pouvoir veiller sur Mathys à ma place.

-Oui, Mais...Mais je ne veux pas que...

-Chut. Tu sais combien je déteste quand tu pleures? Tu as de très jolis yeux, ils ne sont pas fait pour pleurer. »

Doriane essaya de retenir de nouvelles larmes, mais ce fut bien en vain. Elle avait eu 12 ans récemment, et Aymerick pensait qu'elle pourrait correctement s'occuper d'elle et Mathys, surtout qu'elle n'aurait nullement besoin de travailler, avec l'argent qu'elle recevrait. C'était dur de les quitter, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Mais c'était nécessaire, pour que la vie leur sourisse enfin. Quand avec un hoquet, sa soeur passa ses bas autour de son cou, il ne bougea pas, se contentant de la serrer une dernière fois contre lui.

« Et moi, je déteste les Adieux. Alors tu reviendras, hein? Tu me promets que tu reviendras, un jour?

-...Je te le promets. Tu diras à Mathys que je suis désolé de ne pas avoir pu lui dire au revoir. Tu lui diras...Que c'est mieux ainsi. »

Ce fut dur de lâcher Doriane, mais il le fallait. Aymerick, s'était fait la promesse de ne jamais mentir à ses cadets, et de toujours être honnête. Mais alors qu'il poussait la porte de bois, jetant un dernier coup d'œil à Doriane, qui pleurait mais avait accroché un sourire à ses lèvres, il se dit qu'il avait prononcé là le pire mensonge qu'il aurait pu jamais inventer.

Car il savait pertinemment qu'il ne reviendrait jamais ici.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

C'était un bien étrange endroit que celui dans lequel Janek l'avait emmené. Construit sous la terre, on aurait dit une immense cathédrale. Il n'y avait pas beaucoup de bruit, et la plupart des personnes qui marchaient dans les couloirs le faisaient en silence, certaines baissant la tête lorsqu'elles passaient devant Janek. Finalement, ils arrivèrent près d'une porte, où les attendait une jeune fille, toute de blanc et de mauve vêtue. Elle semblait être un peu moins âgée qu'Aymerick, peut-être seize ans, et possédait des fins yeux violets qui lui rappelaient un lointain souvenir d'enfance. Une fois qu'ils furent arrivés à sa hauteur, Janek le confia à cette dernière, disant qu'il avait beaucoup à faire, et qu'elle finirait de lui expliquer ce qu'il lui avait déjà dit. Une fois que l'homme fut parti, la jeune fille lui tendit la main, et machinalement, il la serra, encore ailleurs. Il avait la désagréable impression d'être dans un rêve, bien qu'il su tout à fait que tout ce qui l'entourait était la stricte réalité.

« Bienvenue. Je m'appelle Amaëlle. Janek m'a dit de te servir de guide.

-Enchanté...Hum, je m'appelle Ay-... »

La dénommée Amaëlle mit un doigt sur ses lèvres, l'incitant à se taire. Aymerick posa sur elle un regard interrogateur, mais n'osa pas désobéir à la silencieuse injonction. Elle se mit à marcher, suivant un couloir, et il pressa le pas afin de pouvoir se tenir à ses côtés.

« Ici, tu es dans le centre de l'organisation. Cet édifices est construit sous terre pour empêcher les curieux de trouver son emplacement. Janek t'en as-t-il parlé?

-Oui...Vaguement.

-Hmm. Comme tu dois déjà le savoir, notre existence est comme une légende. Certains nous connaissent, d'autres non. Mais personne, pas même parmi les plus acharnés, n'a réussi à prouver notre existence. Nous sommes des ombres qui disparaissent une fois la nuit tombée, en quelque sorte. Personne ne doit nous surprendre. Sinon... »

Elle sortit un petit flacon de sous sa veste.

« C'est la mort. Tu as des questions, peut-être? »

Comment pouvait-elle parler de la mort sur un ton aussi égal, se demanda Aymerick, abasourdi? Il se rappelait tout ce que lui avait dit Janek. A savoir qu'il faisait parti d'une organisation qui, pour plus de discrétion, ne possédait pas de nom. A la solde du Roi, elle était composée de douze anciennes familles qui de générations en générations, avaient le devoir de faire 'don' de leur premier enfant au roi, pour le bien de ce monde visiblement sur le déclin. Des enfants qui par la suite, étaient chargés de se débarasser de ceux qui menaçaient l'ordre du pays. Aymerick n'avait guère compris cette partie là, et était légèrement perdu, mais se demandait s'il pouvait demander plus de précisions à Amaëlle. Elle avait l'air si...Hm, lointaine? Il n'aurait su apposer un adjectif précis à ce qu'il ne réussissait pas à lire dans les yeux de la demoiselle, justement.

« Hum...Comment dire, vous êtes...Douze, c'est ça?

-Oui. Avec toi, nous sommes douze, à présent. Ulrich est mort il y a quelques temps. Tu as été amené ici pour le remplacer.

-Le remplacer...On m'a dit quelque chose comme ça, oui. Mais...

-Ici, si tu nais le premier, on te sépares de tes parents, fit-elle brusquement, Peu importe ton sexe ou tes aptitudes physiques; Ils te séparent de ta mère, et on père te donne un nom. Amaëlle est le nom que mon père m'a donné. Je suis fière de le porter. »

Sans trop savoir pourquoi, il était certain qu'elle mentait en prononçant cette dernière phrase, d'une voix qui avait laissé s'échapper un petit tremblement.

« Tu n'as pas de famille?

-Si. Je sais que j'ai une petite soeur, mais je ne l'ai jamais vue. Ma mère non plus, je ne l'ai jamais vue. C'est comme ça que cela se passe, ici. Tu ne vois jamais que ton père. Mais tu n'es pas son enfant; On fait don de toi à cette organisation. Tu n'es plus qu'un objet. S'il fait attention à toi, c'est seulement car tu n'es pas si facilement remplaçable.

-Si l'aîné meurt, on en peut pas le remplacer par le cadet? Enfin...Il se sentait horrible de parler ainsi d'être vivants. Mais Amaëlle avait une façon si impersonnelle d'évoquer les choses.

-Non. Le cadet sert uniquement à enfanter la prochaine génération. Pas à tuer. Tu es au courant de pourquoi tu es ici, n'est-ce pas?

-...Pour remplacer Ulrich? Hésita-t-il, se disant que sur l'instant, il devait avoir l'air plus que stupide et complètement hagard. Et il fut grandement surpris de voir un demi-sourire étirer les lèvres de la jeune fille aux clairs cheveux blonds.

-Oui. Mais sais-tu pourquoi toi?

-Janek m'a dit que seuls les enfants issus de ces familles étaient acceptés pour ce travail. J'en ai conclu que mon père devait faire parti de cette organisation.

-Il doit très certainement toujours en faire partie. T'as-t-il dit de qui il s'agissait?

-Non, il a catégoriquement refusé.

-Bien. »

La marche se poursuivit dans le silence, Aymerick fixant le sol carrelé qui défilait rapidement sous ses pieds. Janek avait acquiescé à cette conclusion, mais avait refusé de lui révéler l'identité de ce père dont-il n'avait jamais vu le visage. Étant enfant, il avait plusieurs fois questionné sa mère sur son père, pourquoi il était parti, ce qu'il était à présent. Elle ne lui avait jamais répondu clairement, se bornant à de simples réponses, comme 'il était gentil, mais trop jeune pour prendre la responsabilité d'un enfant'. Lui avait été trop jeune dans un premier temps pour comprendre. S'il avait eu un enfant, lui s'en serait occupé, c'est ce qu'il s'était dit. Puis en grandissant, il avait apprit à l'évincer de sa vie, à ne plus se poser de questions à son sujet. Il s'en était allé, fort bien. Ce n'est pas comme s'il pouvait le ramener, n'est-ce pas? Ni remonter le temps. Sa mère avait construit une nouvelle vie, avec un nouvel homme, une nouvelle famille, qui lui avait toujours convenue. Alors au final...Cela lui importait peu de connaître son identité, n'est-ce pas? Aymerick aurait souhaité que les choses soient aussi simples que ça. Perdu dans ses pensées, le jeune homme ne s'était pas aperçu qu'Amaëlle et lui étaient arrivés dans une sorte de vaste réfectoire. La jeune fille aux clairs cheveux blonds s'était ensuite approchée d'un jeune homme, qui avait prestement ôté ses pieds de la table en la voyant arriver. Ce qui attira en premier le regard d'Aymerick lorsqu'il posa les yeux sur ce jeune homme à peine moins âgé que lui, ce fut la cicatrice qui partait de sa tempe jusqu'à la commissure de ses lèvres. Une horrible marque.

« Je te présente Rayan. C'est avec lui et moi que tu feras équipe.

-C'est celui qui remplace Ulrich? Fit le garçon aux cheveux châtains, scrutant Aymerick de ses yeux clairs, ce que ce dernier n'apprécia guère, se sentant jugé, on lui a tout expliqué, au moins? Il n'a pas l'air d'être trop nul, mais il a l'air d'être un peu stupide. »

Le 'stupide' en question fronça ses sourcils, n'appréciant de toute évidence pas le compliment. Amaëlle soupira, se tournant vers Rayan, l'air vaguement courroucée.

« Janek te l'avais dit. Il t'avais dit de ne pas passer ta mauvaise humeur chronique sur lui. On lui a tout expliqué, mais c'est tout à fait normal qu'il n'y comprenne pas grand chose pour l'instant. (elle se tourna de nouveau vers lui, secouant sa tête en signe d'excuse) Il ne faut pas lui en vouloir. Il était très proche d'Ulrich.

-Je t'entends toujours, je te signales. Ah puis, au fait, il m'a dit de te le rappeler, pour son nom.

-Ah, oui, c'est vrai. »

Son nom? L'incompréhension du se lire dans son regard, car Amaëlle se mit sur le champ à lui expliquer ce que Rayan entendait par 'son nom', avec cette lassitude qui ne semblait jamais quitter sa voix:

« Ta mère t'as donnée un nom. Mais ici, tu n'es plus celui que tu étais au dehors. Ici...Tu as besoin d'un nouveau nom.

-Un nouveau...Nom? »

A ces mots, Aymerick su que la vie qu'il avait menée jusqu'ici était désormais bel et bien enterrée.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Soixante-douze ans plus tard, aux abords d'une mine désaffectée.

« Clarence, Rayan! »

Une jeune femme sautait de pierre en pierre avec une facilité déconcertante, ses sauts la portant plus haut que ce n'était humainement possible. Ses yeux de la couleur de l'améthyste cherchaient à travers l'éboulement la moindre trace de ses amis, en vain. Leurs cibles avaient réussi à les prendre de court, et étaient parvenus à faire s'écrouler sur eux un des pans de cette vieille mine en ruine. Elle était parvenue à éviter l'éboulement d'un saut, mais Clarence et Rayan n'avaient pas eu la même chance. Mince et mince, songea-t-elle en continuant de chercher. Malgré son apparent détachement, elle aurait été bien attristée de les perdre. Après avoir passé plus de soixante-dix ans en leur presque exclusive compagnie, leur disparition aurait laissée un profond vide dans son cœur, et l'organisation en aurait été bien embêtée.

« Clarence? »

Une pierre roula au bas de la montagne de débris, et Amaëlle se précipita vers la source du bruit, saisissant une main tendue pour extirper son ami des gravats. Quelque peu sonné, il ne semblait cependant avoir que des égratignures. Évidemment; On ne se débarrassait pas d'eux aussi facilement. Clarence se releva, époussetant sa tenue noire. Non loin de là, un grognement s'éleva, et ils purent distinctement entendre Rayan proférer d'horribles injures alors qu'il repoussait les pierres qui avaient bien faillit l'ensevelir à jamais.

« Super sympa, l'aide, merci. J'aurais pu crever que vous vous en seriez foutus. »

Amaëlle et Clarence se contentèrent de lever les yeux au ciel, habitués à la mauvaise humeur de leur coéquipier. Ce n'était pas le plus important en l'état des choses, de plus. Ils n'avaient pas le temps de s'attarder là-dessus.

« Ils ne plaisantaient pas, dis donc, fit remarquer Rayan en regardant l'éboulement qu'avaient créée leurs cibles, ils ont du nous voir arriver. Ils se sont enfuis?

-Pas tous,
lui répondit Amaëlle en poussant devant elle un homme qui, les mains liées dans son dos, tomba à genoux entre les trois compagnons. J'ai réussi à capturer celui-ci avant qu'il ne s'en aille.

-Cool. Il va pouvoir nous dire où sont allés ses amis, n'est-ce pas?

-Dans vos rêves! Comme si j'allais dénoncer mes amis à des assassins comme vous!

-Wah, her, il est bavard.
Fit Rayan à Clarence, désignant l'homme du doigt, qui par ailleurs tentait vainement de se redresser.

-De toute évidence.

-Tu ferais mieux de nous dire où se sont cachés tes acolytes,
poursuivit Amaëlle, donnant un coup de pied à l'homme, qui se retrouva le nez dans le sol tapissé de poussières.

-Comme si j'allais le faire! Que je parle ou non, vous allez me tuer, de toute manière. Vous n'êtes que des monstres!

-Des monstres? Les monstres sont ceux qui, comme vous, tuent et pillent sans raison. On nous a donné l'ordre de vous éliminer pour maintenir l'ordre. Ça n'a rien de personnel.

-Et vous? Vous tuez aussi, je vous signale!

-Il faut bien qu'il y en aient qui souillent leur âme pour sauver celles des autres. C'est notre rôle. Et nous l'assumons.

-Je ne vous dirais rien, rien! »

Et comme pour appuyer ses propos, il cracha aux pieds de Rayan, qui fronça ses sourcils, dégainant son arme et la pointant vers l'homme allongé sur le sol. Ce dernier sembla se calmer quelque peu, gardant ses lèvres fermement serrées, comme si c'eut été là la garantie d'un parfait silence. Amaëlle soupira, et fit signe à Clarence de s'approcher. Ce dernier s'exécuta, le visage aussi stoïque que de coutume. Au fil des années, il avait apprit à masquer ses émotions, ne rien laisser filtrer sur ce visage qui n'exprimait jamais la moindre pitié. Saisissant violemment le bras de l'homme, il fit:

« C'est ce qu'ils disent tous. Mais au final, ils finissent tous par parler. Supportez vous bien la douleur? »

Sans attendre l'hypothétique réponse de l'homme, il tira son bras en arrière, insensible au cri que ce dernier poussa, et qui se perdit dans le silence de cet endroit vide de toute vie. On dit que la mort et la douleur peuvent changer un homme, faire de lui ce qu'il n'aurait jamais osé imaginer être un jour, pas même dans ses pires cauchemars.

C'était sans doute vrai.

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Cette ville, Clarence ne la connaissait pas. Pas personnellement, en tous les cas. Comme tout le monde, il en avait entendu parler, cette dernière étant la plus grande et active à des kilomètres à la ronde, centre d'impulsion de cette petite région en somme. Bien loin du petit village dans lequel il avait passé la majeure partie de son enfance et son adolescence, avec ses immenses allées pavées et ses bruits de discussion qui étaient si désagréables à ses oreilles. Clarence détestait être ici, mais n'avait guère le choix. Si Amaëlle et Rayan étaient venus avec lui pour prendre en filature leur cible, la cible en question se serait forcément doutée de quelque chose, et ils s'étaient promis de ne jamais recommencer la même erreur que dans cette mine désaffectée, quelques mois auparavant. Alors il avait été désigné à l'unanimité pour partir 'en reconnaissance' dans cette ville, Rayan étant trop impulsif pour remplir cette mission demandant une grande patience et Amaëlle ayant la fâcheuse quoi que bien involontaire tendance à se faire aborder par des inconnus avec de plus ou moins honnêtes intentions. C'était les raisons invoquées par ses compagnons, et le voilà qui se trouvait dans cette rue, à se demander par où diable avait pu partir cet homme au haut de forme passablement démodé. Clarence avait d'ordinaire une bonne vision, mais il n'était plus habitué à la foule depuis longtemps. L'avait-il vraiment été un jour? Poussant un soupir, il passa une main dans ses cheveux gris, l'air ennuyé. Que faire, à présent? Attendre qu'il se montre de nouveau? C'est qu'il n'avait que très moyennement envie de parcourir la ville de long en large à la recherche de quelqu'un qui n'y était peut-être d'ores et déjà plus. Ça n'aurait pas été étonnant; En général, ceux qui avaient des choses graves à se reprocher savaient plus ou moins qu'un jour ou l'autre, ils seraient envoyés sur leurs traces. Ah. Peut-être devrait-il juste rejoindre Amaëlle et Rayan dans ce bâtiment, à l'écart de la ville? A plusieurs, au moins, même s'ils étaient repérés, ils réussiraient à le retrouver.

Sur cette conclusion relativement satisfaisante, Clarence tourna les talons, se dirigeant vers-il l'espérait, tout du moins- la sortie de la ville. Faisant bien garde à ne pas montrer ses pistolets et sa dague, cachés sous son manteau, il fut arrêté par une série de carrosses ayant décidés de traverser la route au même moment que lui. Évidemment. Alors qu'il attendait patiemment, les bras croisés, une discussion attira son attention; Deux femmes d'âge mûr, châles sur les épaules, parlaient d'une certaine 'Madame Greyl', 'tellement faible ces derniers temps', 'veuve', 'petits-enfants' et il ne savait trop quoi. Une discussion anodine qui ne l'aurait nullement intéressé s'il n'avait pas entendu le nom 'Doriane' dedans. Ce nom, comme une décharge électrique, le fit grimacer, et il se senti soudainement mal. Doriane...Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas entendu ce nom. Il resta sur place un petit moment, avant de brusquement tourner les talons, mu par une soudaine conviction. C'était stupide, vraiment; Doriane, ce n'était pas un prénom si rare que cela. Il devait y en avoir une bonne dizaine rien que dans cette ville, sans doute. Et pourtant, pourtant...Ses pas l'amenèrent à l'adresse mentionnée par les deux bavardes. Une maison simple, qui avait de l'allure. De jolies fleurs pendaient gracieusement aux fenêtres, donnant à cette demeure de bois un air accueillant. Clarence s'arrêta juste devant, se demandant s'il aurait la force de pousser la porte. C'était tellement stupide, tellement stupide. Il devait rejoindre Amaëlle et Rayan, que faisait-il ici, devant la maison d'une femme qu'il ne connaissait peut-être même pas? Quatre-vingt quatre.

Elle aurait quatre-vingt quatre ans aujourd'hui. Comme le temps passe vite.

Secouant sa tête, il prit son courage à deux mains, et poussa la porte, sans frapper. Il fut surpris de constater qu'elle n'était pas verrouillée. L'intérieur était lumineux, et bien décoré. Il fit un pas, deux pas dans l'entrée, puis se figea. Une petite voix venait de retentir de ce qu'il présumait être le salon, basse mais douce à la fois:

« Qui est là? Vous auriez pu frapper, je suis peut-être vieille et fatiguée, mais je ne suis pas sourde pour autant.

-...Doriane? »

Silence. Pourquoi avait-il dit ça? Il était stupide, il ne se le dirait jamais assez. Voilà que maintenant, il allait se faire chasser par une vieille inconnue pour être rentré sans permission chez elle; Tant mieux, il l'aurait bien mérité, de toute façon. Un bruit sec le tira de ses pensées, et il sursauta, regardant l'encadrure de la porte où se tenait à présent une vieille femme, petite, habillée d'une longue robe mauve munie d'un tablier blanc aux beaux arabesques bleus clairs. Ses cheveux gris étaient ramenés en un chignon au dessus de sa tête, et dans ses mains, un ouvrage de laine qu'elle n'avait sans doute pas pu finir à cause de son impromptue visite. Et au beau milieu de ce visage ridé brillaient deux yeux d'un bleu profond. Ce regard le fit grimacer une nouvelle fois; On peut changer au point d'en être méconnaissable, mais le regard...Jamais il ne change. Et celui-là, c'était...

« Grand-frère, c'est toi? La voix était tremblante, tellement hésitante. Mentalement, Clarence remercia le ciel qu'elle n'ai pas utilisé son ancien prénom; Il ne l'aurait pas supporté. Mon Dieu... »

Il aurait voulu faire demi-tour, sur le champ. C'était trop dur. De quel droit réapparaissait-il dans sa vie, après soixante-douze longues années d'absence, après une promesse brisée? Et assurément, il aurait tourné les talons si elle ne lui avait pas saisit le bras pour l'en empêcher. Sa soeur...Sa petite soeur.

« Doriane... »

Il l'avait accompagné au salon, elle avait besoin de s'asseoir. Avec l'âge, ses jambes étaient devenues faibles, et elle peinait à marcher correctement. Clarence préférait rester debout, tout ceci le dérangeait, il avait la désagréable impression de ne pas être à sa place, dans cette jolie maison. Doriane souriait, et il reconnaissait en cette petite femme âgée la fillette de douze ans qu'il avait laissé chez eux, ce triste matin, après lui avoir promit de revenir. Quelle promesses stupide. Mais il n'avait pas pu supporter ses larmes.

« J'imagine que tu ne m'expliquera pas ce que tu as fait pendant tout ce temps?

-Je suis désolé...Je ne peux pas.

-Je m'en suis douté en te voyant, tu sais. Tu n'as pas changé. »

Prenant cela pour un reproche, Clarence baissa les yeux. Comment aurait-il pu prendre cela autrement? Il avait menti, il s'était enfuit. Il méritait tous les reproches du monde. Doriane avait tout à fait le droit de le traiter de tous les noms, de le maudire. Il n'était pas un bon frère. Il les avaient laissés...Maintenant, il s'en rendait compte. Ça n'avait ni plus ni moins été qu'un abandon, et ce peu importe les raisons qui l'avaient poussé à accepter.

« Regarde moi. Ce n'est pas une critique. Tu sais...Quand tu es parti, j'étais si triste que je n'ai même pas réussi à consoler Mathys. Je suis désolée, je crois que...Je n'ai pas réussi à correctement m'occuper de lui. Il était si borné, à répéter que rien n'était fini...

-Je suis tellement désolé, Doriane.

-Désolé de quoi? Tu ne m'avais pas menti. Avec l'argent que l'on recevait, nous avons pu vivre une vie décente. Nous n'avons pas eu faim une seule fois. Même si je dois t'avouer que ma cuisine n'a fait que s'empirer avec le temps. A se demander comment j'ai réussi à me marier. »

Clarence senti un petit sourire naître sur ses lèvres. La cuisine de Doriane...Un don qui ne lui venait assurément pas du ciel. Un petit cadeau de Lucifer, sans doute, pour marquer le coup. C'est qu'ils s'étaient toujours dit, lui, sa mère, son père, Mathys.

« Tu t'es mariée? Tu as eu des enfants?

-Quatre. Répondit Doriane en montrant une vielle photo posée sur un des meubles qui leur faisaient face. Ils sont eux-mêmes mariés, maintenant, ils ont leur propre vie. Mon mari est décédé il y a une vingtaine d'année. Il était malade...(Il senti une imperceptible hésitation dans sa voix) Mathys aussi s'est marié. C'est dommage que sa femme soit morte aussi jeune. Il n'a eu qu'un seul enfant, et il s'en est bien occupé.

-Où est Mathys, à présent? »

Doriane baissa les yeux.

« Il est mort il y a quatre ans, de vieillesse. Je suis un peu triste qu'il soit parti avant moi, je crois. J'aurais voulu qu'on parte ensemble.

-Tu te sens seule?

-Un peu. Mais tu sais, c'est le lot de chacun. »

Il fut surpris de la trouver devant lui, elle qui avait tant de mal à se déplacer. Il fut pour lui demander de se rassoir, mais elle lui prit la main. Elle n'avait pas l'air triste, à son plus grand étonnement, juste sereine. Sa main ridée semblait si petite dans la sienne, encore plus que lorsqu'elle était enfant et qu'elle le tirait pour aller quelque part. Des souvenirs qu'il aurait voulu taire lui revinrent en mémoire. C'était triste. Atrocement triste.

« Toi aussi, tu te sens seul, n'est-ce pas? »

Il garda le silence, emplit de signification aux yeux de sa soeur. Depuis quand était-il si peu doué avec les mots?

« Et puis, tu n'as pas à t'excuser, c'est injustifié, complètement injustifié. Tu nous a promit une belle vie, et nous n'avons pas souffert. C'est grâce à toi que nous avons pu avoir tout ce que nous avons.

-Mais...J'avais promit de revenir. Je n'ai pas tenu ma promesse.

-Tu es revenu. Tu te tiens là, devant moi. Tu m'avais promit de revenir un jour, et là, tu es revenu. Tu es revenu...Et même si ce n'est que pour quelques minutes, je me sens moins seule. Mon Grand-frère est comme je me le rappelais; Grand et fort, qui tient toujours ses promesses. Tu te rappelles? »

Elle colla à plat, sa main à la sienne. Il prit un air confus, et elle laissa s'échapper un petit rire.

« Mathys voulait devenir aussi fort que toi, mais il ne t'as jamais dépassé. Sa main était bien plus fine et petite. Je lui ait dit ça, un jour; Il était vexé. C'est parce que tu as toujours été son modèle. Il est même reparti habiter notre ancien village, par la suite. Il m'a dit que les tombes que tu avais fait à nos parents et Hortense et son père étaient encore debout, là-haut sur la colline. Il n'est pas mort triste, il a eu une belle vie! Parce qu'il savait que tu pensais toujours à lui, quelque part en ce monde. Il est mort le cœur léger, je le sais. Aymerick...»

Les larmes coulèrent des yeux de Doriane. Et Clarence la prit dans ses bras, la serrant contre lui comme il l'avait fait ce fameux jour. C'était tellement injuste. Il avait quitté Mathys sans un mot, et même maintenant, il était parti à tout jamais, sans qu'il puisse lui dire au revoir. C'était sa punition pour avoir été trop loin trop longtemps. Son petit frère, sa petite soeur. Elle sanglotait dans ses bras, vieillie, affaiblie par le temps, alors que lui avait toujours cette même apparence depuis près de soixante-dix ans. Il se prit à haïr cet homme qui l'avait emmené, à haïr cette organisation qui lui avait donné cette apparence éternellement jeune. Et le prie dans tout ça, c'est qu'il y était allé de lui-même. C'était son choix. Son choix. Son propre choix.

« Je suis tellement heureuse que tu sois revenu me voir. » souffla la femme en fermant ses yeux.

Doriane. Doriane...Combien as-tu souffert de la solitude pour verser autant de larmes en cet instant présent?

n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n.n

Clarence s'éloignait lentement de la ville, perdu dans ses pensées. Il avait déposé sa soeur dans son lit une fois qu'elle se fut endormie, et lui avait laissé un ultime mot. Il l'aimait tellement, cette petite fille qui était devenue une mère puis une grand-mère sans qu'il s'en soit rendu compte. Il s'était refusé à partir sans rien lui laisser de son passage, il ne voulait pas qu'elle pense avoir rêvé. Alors qu'il faisait son chemin pour retrouver Amaëlle et Rayan dans ce bâtiment, ses souvenirs lui revinrent en mémoire, des voix qu'il avait fait de son mieux pour taire au fil des années, que les morts avaient étouffés sous leur poids. Sa mère, son père, Doriane, Mathys, Hortense, le vieux luthier. Ils étaient presque tous partis, ils l'avaient presque tous quittés. Ou était-ce lui qui les avaient quittés?

'Aymerick, tu veilleras bien sur Doriane et Mathys, n'est-ce pas?' Sa mère.

'Je suis très fier de toi, mon fils!' Son père.

'Tu me promets que tu reviendras, un jour?' Doriane.

'Plus tard, je serais comme toi!' Mathys.

'Je crois que pour venir demander ma main, tu devras mettre une armure!' Hortense.

'Mon garçon, si je te confies ma fille, tu jures de toujours la protéger?' Le vieux luthier.

A toutes ces personnes, il n'aurait eut qu'un seul mot à dire, et qu'il avait déjà dit à Doriane: Désolé. Il était désolé de ne pas être resté ce modèle, ce fils, ce petit-ami, ce protecteur que tout le monde aimait. Il était désolé d'avoir trahir leur confiance, de ne pas être resté près d'eux, près de ces tombes qui avaient vu la clarté du soleil couchant seules. Peut-être avait-il fait le mauvais choix en choisissant cette vie. Mais le sourire d'Amaëlle, les grognements incessants de Rayan, ils étaient une part entière de sa vie, à présent. Eux aussi avaient besoin de lui, dans un sens. Sentant une larme rouler sur sa joue, il n'eut pas le courage de l'essuyer. Il était vraiment...Désolé. Il espérait que même au ciel, ils ne lui en voulaient pas trop. Que lorsqu'il mourrait à son tour, il aurait assez de chance pour aller les rejoindre, même s'il en doutait. Il avait tué tellement de fois. Un assassin n'a pas sa place au Paradis, n'est-ce pas?

Il poussa un soupir. Le bâtiment était en vue, il y serait bientôt. C'était à ça que se résumait sa vie, à présent, et aussi fort aurait-il pu le souhaiter, jamais il n'aurait pu remonter le temps, protéger ceux qu'ils aimaient, les empêcher de partir. Ce qui était fait est fait. Un mur de pierre qui s'écroule n'est guère plus qu'un amas de pierres et de poussières. Posant sa main sur la clenche, il poussa la porte, qui s'ouvrit sans la moindre difficulté. Ce ne fut que lorsqu'il posa ses pieds sur le sol et qu'un écho se produisait qu'il releva sa tête, ses yeux scrutant ce qui se trouvait autour de lui avec perplexité. Un somptueux hall...

Où venait-il d'atterrir, au juste?




Dernière édition par Clarence le Ven 25 Mai 2012 - 16:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Clarence.[Over~]   Lun 7 Mar 2011 - 17:05

Hum...Vraiment désolée à celui qui va devoir lire mon histoire de 18 pages. Franchement, je m'excuse.u__u'

Ensuite, non, je ne suis pas parent avec Faust...Qu'est-ce qui te fais penser ça?XD

Le pouvoir de mon personnage, je pense, correspond bien à son histoire et son mental. J'ai cherché quelque chose qui collait, donc j'espère qu'on voit bien la corrélation, tout de même.~

Euh, et s'il y a des choses que je dois préciser, je le ferais dans un autre message. Parce que, hum...Je me vois mal rajouter des choses dans l'histoire, hein?^^''

...Bon courage.>___>'
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MessageSujet: Re: Clarence.[Over~]   Lun 7 Mar 2011 - 22:17

Hoy re-bienvenue a toi !

Bon tout d'abord Nii a validé le code c'est donc qu'il est correct (et non je ne suis pas dead ><).

Bon tous n'est pas complet vu que la construction est en cour, mais ce début de fiche est prometteur, on pourrais presque déjà avoir une petite idée de l'histoire qui va suivre rien qu'a lire le caractère. Je n'ai rien a dire la dessus, on comprend bien que le social c'est pas vraiment son point fort, et qu'il fait très sombre, à ce propos tu ne serais pas parent avec Faust à tout hasard ? ^^

Le pouvoir dit de par excellence de torture, peut être je ne me trompe pas en pouvant prétendre que ton perso est la dépression incarnée ? ^^ non je plaisante en tous cas très bon choix et bonne continuité avec le caractère (et peut être l'histoire ? ^^)

bien voilà pour cette première impression, c'est un bon début j'attend la suite qui est en construction. Préviens-moi des que ce sera fait ^^

Bon courage !!!

J'ai regroupé tes deux messages pour ne pas couper la fiche en deux. ♥


Bon bah… je…je suis sans voix. C’est très prenant… surtout le début… c’est bête je sais, c’est qu’une histoire, mais ca a quand même fait verser une larme. Ca m’a vraiment fait repenser au film « Le Tombeau des Lucioles » qui est très dur à regarder. Vraiment bien joué ca mériterait une ovation. C’est bien c’est très contrasté, surtout sur le changement quasi-brutal d’univers. Encore félicitation, effectivement on comprend mieux le principe du pouvoir.

Le seul truc que je ne comprends pas et ou il faudrait peut être des éclaircissements, c’est pourquoi est ce qu’il reste jeune toute sa vie alors que ca petite sœur est devenue une ville dame ? c n’est pas très logique et c’est naturellement impossible (a moins d’être déjà dans le pensionnat bien sur XD)

Donc j’attends juste ce petit point explicatif pou pouvoir valider ta fiche. Sinon excellent travail encore ^^.
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MessageSujet: Re: Clarence.[Over~]   Lun 7 Mar 2011 - 22:44

Ah ah, merci. J'ai vraiment essayé de faire plus court, mais je ne pouvais pas. Alors...Si ça va comme ça, j'en suis très fière, merci.~

Hmm. Donc, le point que tu me demandes d'éclairicir est le suivant: En effet, il ne vieillit plus. Comme mit dans l'histoire, entre le moment où il quitte son foyer et celui où il retrouve sa soeur, il s'est écoule soixante-douze ans. La raison pour laquelle il n'a pas vieillit est la suivante: Dans son organisation, on donne des sortes de 'drogues' aux enfants pour augmenter leurs capacités physiques. Comme ils sont censés plus tard tuer, la question du pourquoi on leur donne ne se pose pas. Un effet secondaire de ces 'drogues' était au début que la croissance des enfants ralentissait grandement une fois qu'ils étaient arrivés à l'âge adulte. Des scientifiques ont trouvés cet effet secondaire intéressant, et l'ont étudier afin de voir à quoi il était du.

Ils ont réussi, et l'ont amélioré, afin qu'il stoppe complètement la croissance. C'est pour ça que Clarence, ainsi que ses amis et tous les autres comme lui ne vieillissent plus, restant coincés à un âge aléatoire, généralement entre 18 et 21 ans. Ils trouvaient évidemment plus pratique qu'ils ne vieillissent pas.

Cependant, arrivés à un certain point, la drogue n'étant pas parfaite, ceux qui en ont prit ont une santé de plus en plus mauvaise. Ils ont beau toujours avoir l'air d'être jeunes, leur corps commence à ressentir l'âge et l'usure malgré tout. Il y a fort à parier pour que Clarence aurait commencé à se sentir de plus en plus mal dans quelques années, même chose pour ses amis.XD

Voilà...Ca répond à ta question?O_O

Bon, euh, message avec Antoine, désolée?x'D
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MessageSujet: Re: Clarence.[Over~]   Mar 8 Mar 2011 - 0:05

Fort bien. C’est parfait dans ce cas la je te valide donc. Je ne pense pas que quelqu'un ai d'objection à faire ^^.

Re-bienven.... oh et puis zut tu est une habituée tu sais ce que tu doit faire maintenant :D

Enjoy !
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Clarence.[Over~]

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