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 [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]

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(ZYVA PAPILION)
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MessageSujet: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Lun 15 Aoû 2011 - 0:34

Entre deux Notes ♪
Emrys Sulwyn
    Iwasara termina le morceau qu’elle était en train de répéter et posa sa guitare sur ses genoux, relevant les yeux pour balayer du regard le paysage qui l’entourait. En l’occurrence, il ne s’agissait que de la forêt et du château, vu qu’elle avait quitté la « place forte » de la fête quelques minutes plus tôt afin de s’isoler pour jouer un peu, et qu’assise sur une caisse renversée elle tournait maintenant dos à l’estrade apparue comme par magie plusieurs heures plus tôt. Cela faisait maintenant un moment qu’elle s’était éloignée après que Beast ait déclaré qu’il leur laissait un quart d’heure de liberté pour répéter individuellement. Elle n’avait pas fait attention au temps exact, mais les quinze minutes étaient certainement très proches désormais. Voir peut-être même dépassé… il est vrai que la jeune fille avait eu le temps de répéter chacun de ses morceaux et de partir à la recherche d’Hiruko. Celui-ci s’était rapidement montré, et lui avait expliqué qu’il se baladait à l’orée de la forêt – sans doute à la recherche de quelques lapins à croquer, mais il n’avait pas précisé.
    A présent, le gros chien noir et feu reposait aux pieds de la guitariste qui le caressait vaguement. Son AEA était apparu en douceur, peu après son arrivée au Pensionnat. Elle n’avait pas été très choquée par son apparition… ou plutôt sa réapparition. Oui, contrairement à beaucoup de pensionnaires qui avaient complètement oublié leurs Alter egos avant d’arriver, Iwasara ne l’avait éloigné de son esprit que très tard. En effet, jusqu’à un âge très avancé, le chien de garde qu’elle s’était imaginé avait été son seul rempart – intangible certes, mais un soutien tout de même – contre les violences conjugales journalières. Il était toujours là, fort comme un roc, doux, rassurant. Même si avec l’âge, elle avait fini par ne plus le « voir » aussi facilement, et à s’abandonner à la certitude que rien ne pouvait la protéger de son quotidien. Jusqu’à ce qu’elle rencontre la musique, qui était une autre forme de parade.
    Tout en passant ses doigts dans la fourrure de l’animal, Iwasara songea vaguement à aller se chercher à boire au buffet. Mais le calme qui l’entourait avait quelque chose d’apaisant et elle n’avait pas envie de retourner se mêler aux autres, à la foule bruyante, pour le moment. Lorsqu’elle monterait sur scène, ce serait elle qui ferait monter le son. En attendant, le silence seulement troublé par les cris des grillons était un plaisir. Plaisir qu’elle appréciait encore plus que beaucoup de pensionnaires, elle qui n’avait que très peu connu la nature épanouie : là d’où elle venait, les plantes étaient grises, gorgées d’eau comme des éponges, et toutes forêt avait une sorte d’aspect marécageux assez sinistre.
    Apparemment, le silence était aussi propice aux rêveries, car les pensées d’Ayumi ne cessaient de s’échapper. Quittant la musique et son monde d’origine, elles revinrent sur certaines paroles prononcées par Hiruko quelques jours plus tôt, qui l’avaient troublée.
    Iwa jouait pour que sa musique fasse ressentir des choses à ceux qui l’écoutaient. C’était son but à atteindre. Hors, alors qu’elle s’exerçait à coté de son AEA, elle avait rapidement noté qu’il changeait d’attitude selon la chanson, de manière très perceptible. Lorsqu’elle jouait une musique joyeuse, il remuait la queue et il lui arrivait d’aboyer joyeusement. Lorsque la mélodie était triste, il se couchait à ses pieds et la regardait d’un air égaré. Elle avait fini par lui en demander la raison, et c’était là qu’il lui avait répondu que sa musique lui faisait ressentir les émotions de manière amplifiée. C’était quelque chose qui n’était pas normal, Ayumi le savait. Elle avait une manière de jouer très expressive, on lui avait plusieurs fois fait la remarque, mais pas à ce point. Les animaux ne ressentaient pas les choses de la même manière que les humains, lui avait expliqué le chien noir. Leurs émotions étaient claires, alors que les sentiments humains étaient un tourbillon d’émotions mêlées, d’une complexité douloureuse ; en tant qu’AEA, il avait conscience de cette différence, tout en éprouvant les mêmes choses qu’un animal. Et il était donc en mesure de lui révéler que sa manière de toucher le cœur des autres grâce à sa musique, d’amplifier leurs sentiments comme elle le faisait aujourd’hui, n’était pas naturelle. C’est sans doute le pouvoir que t’as donné le Pensionnat. Lui avait-il dit. Elle n’avait pas bien sur comment prendre la nouvelle sur le coup. Jusqu’à présent, elle ne s’était pas rendu compte d’un quelconque changement dans l’attitude de son auditoire. Cela signifiait-il que sa capacité naturelle à faire ressentir sa musique à celui-ci était quasiment nulle, ou tout simplement que ses auditeurs dissimulaient leurs émotions ? Elle ne savait pas quoi en penser ; elle avait peur d’en arriver à la conclusion que ce qu’elle avait fait pour que sa musique touche les autres, tout son travail, avait été vain. Son AEA l’avait rassurée en lui affirmant qu’elle pouvait sans nul doute contrôler ce pouvoir et n’y faire appel que lorsqu’elle le désirait, mais elle restait inquiète malgré tout. La chose lui trottait dans la tête.
    Sa capacité à jouer de la guitare était bien ce qui pouvait le plus facilement la désorienter et l’inquiéter.
    Alors que ses pensées tournaient autour de ce pouvoir potentiel, Iwasara perçut un bruit d’herbes foulées. Elle se redressa, retirant ses doigts de l’épais pelage d’Hiruko, et tourna la tête pour voir qui arrivait.
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Delicate Boy
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Lun 29 Aoû 2011 - 17:36

Emrys avait bien rit en pensant qu'il allait réussir à se perdre, mais il n'était plus du tout d'aussi bonne humeur à présent. D'accord, une fois les escaliers montés, il n'avait eu aucun mal à retrouver le chemin de sa chambre ; mais une fois là-bas, il avait constaté avec amertume la disparition de deux choses capitales. De un, ce qu'il était venu chercher là. De deux, cette saleté d'escargot rose. Il aurait tout aussi bien pu laisser un mot indiquant qu'il était parti avec, ça aurait été au moins aussi explicite. Le britannique avait fouillé son lit, ses affaires, et avait claqué la porte derrière lui en repartant. Il voyait le temps défiler dans sa tête – puisqu'il avait eu la brillante idée de laisser sa montre dans la poche de son manteau, manteau qui était lui-même avec Soren – et son agacement allait grandissant. Saleté d'animal inutile! Soren avait un gentil marcassin, Ayumi avait un gros chien, et il pouvait même parler du fennec de Kaas ou bien de la loutre de Lana. C'étaient des animaux cool, des animaux sympa. Alors pourquoi fallait-il que lui se retrouve avec un escargot rose et retord? Il ne pouvait en vouloir qu'à lui-même pour l'avoir crée, mais il avait bien souvent tendance à oublier que cette petite chose venait de son imagination.

Il avait parcouru les couloirs à grandes enjambées, avait regardé dans la cuisine et la salle à manger, avait même envisagé la possibilité qu'Antoine l'ait volé pour le mettre hors de lui, et était prêt à abandonner quand il le vit, dans le salon. Il était là, paresseusement installé sur un des fauteuils, sans nul doute très content de sa petite plaisanterie. Le britannique l'avait saisi dans sa main droite, tenté pendant un instant d'ouvrir une fenêtre et de le jeter dehors, mais décréta que ça ne servirait à rien. Rien du tout. Il reviendrait, de toute façon, non? Et, confusément, il n'avait pas envie de se séparer d'une des seules choses qui le rattachait au monde extérieur. Il le reposa sur le fauteuil pour faire cesser ses glapissements indignés. Il saisit la petite boite, jeta un coup d'œil à l'horloge qui trônait dans la pièce, et repartit en sens inverse. Il ne s'en faisait pas pour Bilboquet, il saurait bien retrouver le chemin de la chambre n°6 tout seul. Et puis dans le cas contraire, il reviendrait le chercher une fois la fête terminée.

Une fois sorti du salon, il observa minutieusement le couloir dans lequel il venait de déboucher. Il s'agissait de ne pas se perdre, donc. Il mit quelques minutes à retrouver totalement son chemin, et fut on ne peut plus soulagé quand il vit les escaliers qui descendaient vers le Hall. Là, au moins, il connaissait par cœur. Pas moyen de se tromper.
Et lui qui pensait que ça allait prendre deux minutes ; restait à espérer qu'il n'avait pas mis trop de temps. Il s'imagina Soren en train de se demander ce qu'il allait bien pouvoir faire avec sa veste, et cette image le fit sourire. La petite blonde – Claris, donc? - qui était avec lui avait l'air énergique et enjouée, et semblait bien s'entendre avec l'allemand. A partir de là, ça ne l'inquiétait pas de le savoir seul face à l'adversité. Et puis après tout, la plupart des personnes qu'il n'aimait pas ne se trouveraient pas dans le parc, ce soir-là. Il doutait franchement qu'Antoine vienne (il pouvait même parfaitement se l'imaginer en train de dire avec une mimique de dédain que ça ne l'intéressait pas), et les deux trois autres personnes qui ne lui inspiraient vraiment pas confiance n'avaient pas encore donné signe de vie. Heather, en revanche, il ne fallait pas trop rêver. Elle serait là, bien entendu. C'était l'évidence même : il aurait parié que la jeune femme était une inconditionnelle des fêtes en tout genre, et il lui semblait bien avoir entendu dire qu'elle venait. Par qui, là, mystère. Tout le monde parlait de tout le monde à tout le monde, tant et si bien qu'il avait l'impression de connaître certaines personnes alors qu'en vérité, il ne leur avait jamais adressé la parole. Ça pouvait être n'importe qui.

La porte donnant vers l'extérieur s'ouvrit sans faire de caprice. Il y avait un peu plus de monde qu'à son départ, mais il ne parvint pas à voir de visages vraiment connus dans la masse d'adolescents. Un vent frais fit voler une mèche de ses cheveux bruns devant ses yeux, et il les replaça distraitement, scrutant le parc de ses yeux clairs. Alors, s'il se souvenait bien, Iwasara devait être partie..., par là? Il lui semblait bien qu'elle s'était installée près de la scène, mais c'était difficile à dire. Près de l'estrade, sûrement. Sa main serrée sur un étui noir, il décida de faire le tour de l'estrade. Si elle n'était pas devant, elle était forcément un peu plus loin. Elle devait avoir besoin de calme, pour répéter, non?
Il ne mit pas longtemps à trouver la guitariste. Elle était assise sur une caisse, son chien de garde à ses pieds. Elle semblait pensive, et passait sa main dans le pelage de son AEA. Il afficha un sourire qu'il espérait engageant, et fit quelques pas dans sa direction. A présent qu'il était relativement éloigné de la scène, il se rendit compte qu'il y avait beaucoup moins de bruits, ici. Ce qui était logique, dans un sens.

La jeune fille releva la tête vers lui, et lui adressa un bref signe de sa main libre. Il resta à quelques pas d'elle et de son chien, hésitant à s'approcher plus. Il savait qu'Hiruko n'allait pas le dévorer, mais il n'était tout de même pas rassuré en présence d'un chien de manière générale. Surtout quand il était aussi gros.

« Désolé de te déranger, lança-t-il avec un sourire désolé. Je me demandais si on pouvait parler deux minutes, et... »

Il s'interrompit quand il se rendit compte qu'il ne savait pas quoi dire, et laissa sa phrase en suspend. Histoire de ne pas avoir l'air ridicule, il enchaina rapidement :

« T'as l'air pensive. Ça va? Tu veux que je te laisse tranquille, peut-être? »


{Whoyooo! \o/}



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« I'm in the basement, you're in the sky ;
I'm in the basement baby, drop on by.

Hold your breath and count to ten
And fall apart and start again -
Hold your breath and count to ten,
Start again, start again... »

Voilà mon cœur ; prudence en sortant :
 
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Lun 29 Aoû 2011 - 19:18

{ In our bubble, sweet, sweety, let's forget the world ~ }

    Les mains d’Iwasara reprirent leur place sur ses genoux et son regard pourpre s’arrêta sur le nouveau venu. C’était Emrys, qui venait apparemment du château plutôt que de la place qu’elle venait de quitter, devant la scène. Brièvement, la jeune fille se demanda pourquoi. S’était-il passé quelque chose en son absence qui ait contraint son ami à retourner dans le bâtiment, ou y était-il rentré pour une autre raison ? Peut-être même qu’il ne venait pas du tout de la bâtisse même, à vrai dire, et qu’elle se faisait des idées. Mais de toute manière, cela n’était pas bien important dans le cas actuel. Ayumi se contenta de sourire et répondre au signe de main du jeune homme, remarquant au passage qu’il avait abandonné la veste qu’il portait en arrivant dans le parc, et était désormais bras nu. Elle se demanda s’il n’avait pas froid, car la nuit tombait maintenant très perceptiblement, et elle-même, en t-shirt également, commençait à sentir la chair de poule courir sur sa peau exposée à la fraîcheur du soir. Si la jeune femme n’avait, elle, pas emporté de manteau, c’était plus par habitude qu’autre chose : là où elle vivait jadis, malgré la pluie, les habitants ne passaient pas leur temps en ciré. Ils s’accoutumaient au froid et à l’humidité, dégoulinante, suintante, et la combattaient d’une certaine manière, mentalement, en portant n’importe quel type de vêtements. Les seules choses que tout le monde avait avec soi à Ame étaient les parapluies. Les parapluies se vendaient partout, à tous prix, de toutes tailles, formes et couleurs. Le commerce était fructueux, normal. Tout comme l’avaient été au début de l’ère les entreprises d’isolation. Mais avec le temps et la dégradation du niveau de vie, tout le confort superflu avait été relégué au second plan des préoccupations coutumières, et les parapluies restaient les seuls objets florissants. Une foule en extérieur était d’ailleurs – si elle un rassemblement était rare – assez amusante à regarder. Lorsqu’elle était petite, et qu’il y avait plus de passants dans les rues, Iwasara s’était plusieurs fois amusée à rentrer chez elle en courant, avec pour objectif de ne pas être mouillée, objectif qu’elle s’efforçait d’atteindre en ne faisant que passer sous les parapluies des adultes qui circulaient sur le trottoir. Ou sur la chaussée, vu qu’il n’y avait quasiment plus trace de véhicule à moteur à Ame. En général, elle réussissait assez bien à remplir son but, jusqu’à l’entrée des ruelles qui menaient à son quartier où il n’y avait plus un chat et où elle devait se couvrir la tête de son cartable pour ne pas être trempée. Méthode bien moins efficace.
    La voix d’Emrys arracha brutalement Ayumi à ses pensées un tantinet trop mélancoliques :

    « Désolé de te déranger, je me demandais si on pouvait parler deux minutes, et... »
    La voix du jeune homme semblait hésitante, ce qui lui fit relever les yeux d’un air intrigué. Il était rare de voir Emrys déstabilisé, hésitant, ou elle ne savait quoi. Ou en tout cas, elle le supposait, car elle ne l’avait jamais côtoyé qu’ouvert, mature et plutôt sûr de lui – du moins en apparence. Avant qu’elle ait pu continuer à réfléchir sur la question, l’anglais enchaînait :

    « T'as l'air pensive. Ça va ? Tu veux que je te laisse tranquille, peut-être ? »
    L’hésitation du jeune homme, lui donnant un air timide attendrissant, tira immédiatement un beau sourire à Ayumi. Qui, décidément, arrivait bien mieux à faire fonctionner ses muscles faciaux depuis qu’elle était arrivée au Pensionnat. Non, pour être plus précise, depuis qu’elle avait rencontré tous les gens qu’elle y connaissait maintenant. A commencer par Emrys, donc. La jeune fille se releva, et son AEA lui lança un regard avant de bondir sur ses pattes à son tour et secouer la tête.

    Bon, moi je vais aller voir si Soren a amené son marcassin avec lui. Grogna le bauceron de sa voix typée ténor. A tout à l’heure.
    Et il s’éloigna en trottinant vers le lieu même des réjouissances. Pensive, légèrement, Ayumi le suivit des yeux, percevant vaguement les échos des voix des pensionnaires réunis là-bas, en pleine lumière. Là où ils étaient, on aurait dit qu’une bulle de silence s’était formée, qui filtrait jusqu’aux rayons lumineux de la scène. La jeune femme se retourna vers son ami, toujours souriante :

    « Un petit peu, mais je vais bien ne t’en fais pas. Et toi ? Tu n’as pas froid ? » Ajouta-t-elle avec un coup d’oeil à sa tenue, avant de relever les yeux vers lui. « Et donc, tu voulais me dire quelque chose ? »
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Delicate Boy
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Jeu 1 Sep 2011 - 18:15

Emrys reprit de l'assurance en voyant la guitariste sourire, et lui sourit à son tour. Il était rare qu'il ne sourit pas en sa présence, de toute façon ; il se demandait même si c'était déjà arrivé. Le britannique n'était pas du genre pessimiste et colérique, et sans doute cela l'aidait-il à conserver presque constamment ne serait-ce que l'ombre d'un sourire sur son visage. C'était plus agréable pour ceux à qui il parlait, et ça l'était pour lui aussi. C'était sa manière, avant, de rassurer son père à son sujet. Parce que comme il l'avait dit à plusieurs reprises : 'tant que tu souris, c'est que ça va'. Tant qu'il souriait, on ne lui posait pas de questions. Et heureusement pour lui, ces derniers temps, il souriait tout simplement parce qu'il avait envie de le faire, et que rien ne l'en empêchait. Hormis le fait qu'il soit coincé dans ce Pensionnat intemporel, bien sûr. Mais ça, il s'en occuperait en temps voulu. C'était un problème un peu particulier.
Iwasara se releva, bientôt imitée par son AEA. Emrys fit de son mieux pour garder son sourire – qui se voulait détendu – accroché à ses lèvres, mais ne put s'empêcher de suivre des yeux les mouvements du gros chien. Il ne savait pas pourquoi il s'inquiétait, vraiment ; il ne risquait pas de lui sauter à la gorge. Cette constatation entraina un bref questionnement sur les AEA, auquel il mit fin en entendant la voix d'Hiruko. Ils avaient beau être sortis tout droit de l'imagination de leur propriétaires, ici ils étaient aussi réels qu'eux. Et s'ils pouvaient interagir avec eux et les objets qui les entouraient, sans doute pouvaient-ils aussi causer du tort à d'autres pensionnaires. Il s'imagina un instant en train de demander à Bilboquet d'attaquer quelqu'un, mais l'image était si ridicule qu'elle parvint juste à le faire sourire un peu plus.

Les propos du chien, en revanche, lui arrachèrent un haussement de sourcil surpris, et il ne put s'empêcher de le suivre des yeux alors qu'il s'éloignait. Le marcassin de Soren? Sans doute n'allait-il pas faire de mal à Mut, mais tout de même. La petite bestiole était plus peureuse que peureuse, et il imaginait sans mal que si l'animal d'Iwa arrivait derrière lui il ferait un bond de trois mètres. S'ils s'entendaient, remarque, tant mieux. Tant qu'il regardait vers la scène il repensa à Soren, qu'il avait 'abandonné' à son triste sort avec Claris, quelques minutes auparavant. Il n'y avait vraiment aucun risque qu'il lui arrive quelque chose ; il était stupide de s'inquiéter. Ce n'est que quand il reposa ses yeux clairs sur la jeune fille en face de lui qu'il songea que, peut-être, il cherchait simplement à détourner son esprit de la situation présente.

Il se renconcentra sur la musicienne, et écouta attentivement sa réponse.

« Un petit peu, mais je vais bien ne t’en fais pas. Et toi ? Tu n’as pas froid ? » Emrys démentit d'un signe de tête, et chercha activement un endroit où ranger ses mains maintenant qu'il n'avait plus les poches de son manteau. Celles de son pantalon lui semblèrent faire l'affaire, et il plongea sa main libre dedans, faisant tinter la chaine qui y était accrochée. « Et donc, tu voulais me dire quelque chose ? »

Le brun sourit d'un air qui ne voulait dire ni oui, ni non, et retint un soupir nerveux. Iwasara n'avait pas l'air stressée, vraiment. Aucun doute que ça venait de lui. C'était ça, d'être sensible : on faisait une montagne d'un rien. Or, dans le cas actuel, il avait tendance à faire une montagne de tout ce qui concernait Iwasara – ou presque, mais les exceptions confirmaient la règle. Il se demandait même dans quelle mesure Soren n'en était pas devenu malade, d'entendre parler d'elle.

Emrys retira sa main de la poche de son pantalon (comment ça, il vient de l'y mettre?) et croisa le regard de la guitariste.

« Ah, oui. Je voulais te dire quelque chose,
répéta-t-il sans vraiment savoir pourquoi, parce qu'elle avait parfaitement compris qu'il voulait lui dire quelque chose, et – non non, se concentrer. Enfin, je voulais te donner quelque chose, plutôt. Hm... »

Oui, tant qu'à avoir couru après Bilboquet, autant que ça ait servi à quelque chose. Il ne se rendit pas compte à quel point courir après un escargot aurait paru bizarre à n'importe qui d'autre que lui, et ouvrit le petit sac en tissu qu'il tenait dans sa main droite. Et qui avait, dans le temps, servi à abriter ses écouteurs. Il songea un instant qu'à le serrer trop fort il avait pu l'abimer, mais ne voulait pas envisager cette éventualité.

« Je voulais te le donner avant, mais j'ai pas trouvé le bon moment, disons. »

Le britannique laissa s'échapper un petit rire, et fit tomber le contenu du sac dans sa main gauche. Après quoi il saisit la main droite d'Ayumi dans la sienne, paume vers le ciel, et le posa dans sa main. C'était un collier assez simple, constitué d'une chaine argentée des plus classiques et d'un pendentif représentant une fleur, de couleur rouge. C'était discret, et il l'avait toujours trouvé plutôt joli. Sa tante le lui avait offert pour ses seize ans, avec l'objectif avoué de le rendre plus 'féminine' ; il ne l'avait jamais mis, mais l'avait toujours gardé sur lui. Autant qu'il serve à quelqu'un, n'est-ce pas?

Il relâcha les doigts de la jeune fille, rangea le petit sac dans sa poche, puis releva les yeux vers elle. Il lui adressa un sourire qu'il aurait aimé confiant, mais qui ne devait que trop bien trahir sa gêne. Une seconde ou deux d'hésitation, un haussement d'épaules.

« J'aurais voulu trouver autre chose mais y'a pas de magasins, ici,
ajouta-t-il avec une consternation à demi-feinte seulement. Donc comme la couleur m'a fait penser à celle de tes yeux, je me suis dit que ça pourrait convenir. Si t'en veux pas, tu peux..., t'es pas obligé de le garder, quoi. » Emrys décida de se taire avant de se perdre dans ce qu'il disait, et esquissa un nouveau sourire. « Joyeux anniversaire? »



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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Jeu 1 Sep 2011 - 22:30

{ atsui kumo to nami ni hasama reta soko de anohi anata to deau
hajimete shitta kono omoi ni mune ga hari sakesō }

    Emrys esquissa un sourire qui sembla à la jeune fille un peu crispé, peut-être à cause des mouvements nerveux qu’ils ne cessait d’effectuer, ou du bref soupir ayant franchi la barrière de ses lèvres un peu plus tôt. Iwasara le fixa avec une curiosité teinté d’une once d’inquiétude : précédemment, elle avait cru que l’inquiétude et l’hésitation du jeune homme était due à la présence d’Hiruko. Le grand chien en effet ne cessait d’impressionner, voir effrayer, les autres pensionnaires : mais après tout, c’était une chose normale, compte tenu de sa carrure et de la taille de ses crocs. En effet, Iwasara se l’était, enfant, inventé ainsi à dessein. La protéger, tel était le rôle du gros chien, et il le prenait aujourd’hui encore très à cœur… à l’époque, c’était contre la peur, les cris, les coups de son père qui faisaient vibrer les murs. Aujourd’hui, c’était contre les mauvaises paroles potentielles, voir les dangers physiques… après tout, dans ce Pensionnat, tout le monde savait que le danger pouvait surgir de n’importe où, même si la vieille bâtisse n’avait pas l’air si menaçante que cela. Hiruko ne lâchait pas Ayumi d’une semelle, dormant même au pied de son lit, sauf lorsqu’il avait confiance en les personnes avec qui elle se trouvait. En l’occurrence, Emrys ne risquait donc rien de la part du molosse. Et puis de toute manière, Iwa ne l’aurait jamais laissé attaquer ses amis, cela allait de soi.
    Mais à présent que le beauceron s’était éloigné, qu’est-ce qui pouvait bien embarrasser l’anglais au point de le faire bafouiller à moitié ? Tout à l’heure, il avait semblé parfaitement en forme à la chanteuse, exactement comme d’habitude, quoi qu’un peu ailleurs, peut-être… Se serait-il passé quelque chose en son absence ? Non, plus certainement, il devait s’agir de ce qui l’amenait ici. Quelque chose d’important ? Une pointe d’inquiétude naquit dans la poitrine d’Iwa, qui la musela cependant tout de suite avec autant d’autorité qu’une dresseuse de chiens. Le jeune homme était déjà assez hésitant, ce n’était pas la peine d’en rajouter. Et puis Ayumi ne voyait pas pourquoi il se serait agit de quelque chose de grave, de toute façon.

    « Ah, oui. Je voulais te dire quelque chose. Enfin, je voulais te donner quelque chose, plutôt. Hm... » Répétait-t-il, l’air prêt à s’emmêler les pinceaux.
    Fugacement, Iwa songea qu’elle ne l’avait jamais vu comme ça, mais qu’il fallait avouer que cette facette de sa personnalité était vraiment attendrissante. Au-delà de l’aspect « grand frère » ou « mère poule » qu’il arborait souvent, ce genre de réactions témoignaient d’une plus grande complexité et d’une franchise rassurante. C’était sans doute l’une de ses caractéristiques qui poussaient Ayu à se sentir si détendue en sa présence. Et d’habitude, la réciproque était vraie, mais à l’heure actuelle, au-delà de la pointe d’inquiétude ressentie, elle s’efforça de retenir le sourire qui naissait sur ses lèvres pour ne pas accentuer l’embarras de son ami. Et le laissa parler en se contentant de le regarder d’un air qui n’était ni indifférent ni sévère et ne portait aucun jugement, se contentant d’attendre la suite de ses paroles. Qui ne tardèrent pas, alors qu’Emrys tirait d’une poche un petit sachet coloré qui attira aussitôt un regard rouge sombre empli de curiosité :

    « Je voulais te le donner avant, mais j'ai pas trouvé le bon moment, disons. »
    Avec un bref rire dont même la sonorité trahissait son agitation, le jeune homme attrapa la main d’Ayumi pour l’attirer à lui ; surprise, la chanteuse ne la retira cependant pas : après tout, si elle n’avait pas confiance en Emrys, en qui avoir confiance ? En sentant glisser dans la paume de sa main la froideur du métal, des anneaux d’une finesse qui les rendait presque caressants, la jeune femme écarquilla les yeux de surprise : la prise de son ami relâcha doucement sa main et elle ramena à elle pour contempler le bijou, muette. Celui-ci avait beau être constitué d’une simple chaînette et d’un pendentif d’un rouge profond, aux yeux de la guitariste il prenait une valeur inestimable. Les parents d’Ayumi ne lui avaient jamais offert de cadeau. Ils n’avaient pas de quoi, ni l’argent, ni l’envie ; peut-être, si elle avait été un garçon, son père lui aurait-il acheté un ballon neuf ou quelque chose du genre, mais rien n’était moins sûr. En tout cas, la jeune fille n’avait jamais porté aucune breloque ; mais ce n’était pas tant le coté rare du présent qui était important à ses yeux : jamais ses parents ou qui que ce soit de son entourage ne lui avaient fait un cadeau par désir de lui faire plaisir. Emrys, lui l’avait fait. C’était peut-être naturel, venant de lui dont la culture et le monde étaient différents, mais cela ne changeait rien pour Iwa.

    « J'aurais voulu trouver autre chose mais y'a pas de magasins, ici, » Continuait le jeune homme tandis que son amie avait toujours les yeux rivés au collier. « Donc comme la couleur m'a fait penser à celle de tes yeux, je me suis dit que ça pourrait convenir. Si t'en veux pas, tu peux..., t'es pas obligé de le garder, quoi. Joyeux anniversaire ? »
    Iwasara releva les yeux, ces iris qui avaient été rappelés au jeune homme par la couleur du bijou, et il lui souriait de nouveau, presque timidement. Un éclair de bonheur traversa la jeune femme de haut en bas, si soudain et fort que ses doigts en tremblait presque lorsqu’elle en enserra le cadeau d’Emrys, avant de lui renvoyer un sourire rayonnant, alors que toute la réserve qu’elle affichait habituellement disparaissait de son visage pour laisser toute la place à son émotion.

    « Merci ! »
    En réalité, d’autres mots ne seraient pas sortis de sa bouche ; elle aurait pu lui dire mille choses, qu’elle adorait cette couleur, qu’elle aimait les bijoux sans en avoir jamais porté, que son attention lui faisait énormément plaisir. Mais parfois, comme pour la musique, comme une unique note pouvait exprimer la profondeur d’un sentiment, elle ne sentait pas d’autres mots convenir à la situation. Cette réponse était la plus sincère qu’elle aurait pu donner ; le reste, son visage s’en était déjà chargé.
    La guitariste failli sauter au cou du jeune homme mais ne le fit pas, tout simplement parce que ce n’était pas encore le genre de réflexes qui lui ressemblaient. Mais le cœur y était malgré tout lorsqu’elle se contenta de poser une main sur l’épaule d’Emrys pour l’embrasser sur la joue en guise de remerciement.
    Sans quitter son air lumineux, un peu comme si un rayon de soleil avait pour un moment chassé des nuages dans son ciel couvert, Ayumi s’écarta un peu et détacha l’attache de la chaîne argentée avant de lancer un regard interrogateur à l’anglais :

    « Tu m’aiderais à le mettre ? »
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Mar 6 Sep 2011 - 5:14

Emrys se sentait définitivement, complètement, totalement, irrémédiablement stupide. Idiot, imbécile, crétin, bref ; peu importait le terme, tout cela renvoyait au même. Et même penser cela, selon lui, était stupide. Il n'y avait pas idée, vraiment, de faire toute une histoire de si peu de choses. C'était..., normal, non? Faire un cadeau à une amie. Ça n'avait rien de bizarre, tout le monde aurait été d'accord avec lui. Il avait offert des choses à ses connaissances pour leurs anniversaires, quand il habitait encore en Angleterre, et ça signifiait purement et simplement qu'il tenait à eux. Là, c'était la même chose : il tenait à Iwa, il voulait le lui faire savoir, il lui offrait un cadeau. Simple comme bonjour. Il n'avait pas à stresser autant pour ça. Il n'avait aucune raison de le faire, d'ailleurs. Il pensait connaître la guitariste et, en toute honnêteté, il ne pensait pas qu'elle l'aurait rembarré sèchement. Même si elle avait trouvé ce qu'il lui avait offert horrible. Il n'avait aucun moyen d'en être sûr, aucune envie d'être confronté à cette situation non plus, mais il ne pensait pas se tromper pour autant. Alors pourquoi il s'inquiétait? Il offrait un cadeau à une amie, amie qui n'allait certainement pas l'envoyer promener, et voilà tout. Voilà tout.
Malgré tout, il avait le ventre noué. Son cœur aurait pu sortir de sa poitrine, ça n'aurait pas fait grande différence. Et en plus, il se sentait stupide. Ce qui n'était définitivement pas une bonne chose - et pourtant, il aurait dû se sentir heureux et tranquille, vu les circonstances! C'était la fête, tout le monde était détendu, tous ses amis étaient là. Mais rien à faire. Et inutile de se battre contre ça, il ne gagnerait pas. Il enviait les personnes comme Kyle, ou même comme Heather ; il lui semblait que pour eux, ça aurait été bien plus simple. Il ne s'était jamais considéré comme timide, pourtant, mais dans ce genre de cas c'était différent. Si Iwasara s'était fâchée contre lui, vraiment, il aurait.., il ne savait pas ce qu'il aurait fait, mais ça aurait été une catastrophe. Ni plus ni moins.

Puis la jeune fille sourit, et cela coupa court à toute ses préoccupations. Ses yeux, jusque là rivés sur le collier, s'étaient relevés vers lui ; il garda son sourire collé sur son visage, ne sachant pas trop quoi faire d'autre, comme dans l'attente d'un verdict. Et ce seul mot, tout autant que l'expression de son visage, emplit Emrys d'une vague de soulagement indescriptible. De joie, peut-être, aussi. Il n'était pas très sûr de ce qu'il ressentait lui-même et de ce qui appartenait à Ayumi, mais ça n'avait pas grande importance.

« Merci ! »

Le sourire de l'anglais s'élargit, plus tranquille, plus détendu aussi. Il était content que ça lui plaise – non,
vraiment content que ça lui plaise. Presque autant que si c'était à lui qu'on venait d'offrir quelque chose, ce qui n'était pas rien. Puis elle posa sa main sur son épaule, et déposa un baiser sur sa joue. Il ne put empêcher son visage de s'empourprer sous l'effet de la surprise autant que de l'embarras, mais il réussit à conserver une expression composée, ce qu'il jugea plutôt satisfaisant. La musicienne souriait toujours, et il se dit que si les choses n'avaient pas été ce qu'elles étaient, il aurait bien passé le reste de la soirée là, à la regarder sourire. Mais ç'aurait été idiot, elle aurait trouvé cette idée bizarre, et elle devait jouer.

Malgré tout, il se sentait bien. D'ordinaire, son visage s'illuminait plus volontiers quand il s'agissait de musique ; ici, ce n'était pas le cas. Et son sourire était, dans un sens, un bien plus beau cadeau que celui qu'il venait de lui offrir. Il aurait aimé le lui dire mais il ne pensait pas qu'il y ait de manière correcte de dire une chose pareille, aussi garda-t-il le silence.

« Tu m’aiderais à le mettre ? »

La voix d'Iwasara le sortit de ses pensées, et il acquiesça.

« Ah, oui. Bien sûr. »

Emrys reprit le collier, et passa derrière son amie.

« Je suis content que ça te plaise, en tout cas. » Il fit passer le collier devant elle, et observa un instant l'attache, songeur. « Enfin, c'est l'intention qui compte, comme on dit. Mais... » Il attacha l'attache laule, tout en prenant bien garde à ne pas la pincer ou casser quoi que ce soit. « Je voulais trouver quelque chose qui te plaise vraiment. C'est assez stupide, en fait, mais... »

Mais quoi? Il lâcha le collier, qui se tendit sans bruit sur son cou, et esquissa un sourire maladroit.

« ..., je dois aimer te voir sourire, j'imagine. Voilà, c'est attaché. »



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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Mer 12 Oct 2011 - 22:23


    C’était un peu comme si une odeur douce et légèrement sucrée s’était mise à flotter dans l’air, une odeur un peu embaumante qui endormait les sens et menait à se demander si la réalité n’était pas qu’un rêve. Ayumi ressentit cette impression ; pourtant, elle n’en était pas encore arrivée à un état euphorique, loin de là, même si le cadeau d’Emrys lui avait fait plus que plaisir – et elle l’avait fait voir d’ailleurs. Alors quelle était l’origine de cette sensation étrange ? C’était doux, très doux, comme une bulle soyeuse déployée autour d’eux deux pour filtrer un instant les bruits de la fête, les lumières des néons, tout ce qui aurait pu rompre cet état de connivence.
    Le jeune homme souriait, visiblement content de l’effet provoqué par son présent. Iwasara songea que l’anglais avait un beau sourire ; un beau, très beau sourire.
    Répondant de bonne grâce à sa demande, Emrys s’effaça de sa vue pour se mettre derrière elle et attraper délicatement les fermoirs que la guitariste lui tendait. Tout en entreprenant de les joindre, prenant son temps comme s’il réfléchissait à quelque chose dont Iwa n’avait pas idée, il raconta d’un ton songeur, presque rêveurs aux oreilles de la musicienne. Est-ce que les voix étaient comme des musiques à part entière ? Elle ne s’était jamais posé la question, lorsque cela dépassait le cadre de la simple chanson. Peut-être avait-elle négligé des choses importantes, alors que la musique l’emplissait tout entière au fur et à mesure des années ? Elle l’ignorait.

    « Je suis content que ça te plaise, en tout cas. Enfin, c'est l'intention qui compte, comme on dit. Mais... Je voulais trouver quelque chose qui te plaise vraiment. C'est assez stupide, en fait, mais... »
    Iwa ne répondit rien, écoutant simplement l’agencement de ses mots, la musicalité de ses paroles ; est-ce que sa voix pouvait traduire tout ce qu’il pensait, comme lorsqu’elle se retrouvait si transparente en jouant ? Pourquoi n’y avait-elle pas réfléchi plus tôt ? Les choses seraient-elles si simples ?
    Non, sans doute pas ; la jeune femme fut ramenée à la réalité par la sensation froide de la chaîne déposée sur sa nuque et le poids inhabituel du pendentif rouge comme ses yeux sur sa poitrine. La guitariste le prit entre ses doigts, et sentit sa fraîcheur s’atténuer à ce simple contact ; était-ce l’ambiance, ou la musique ? Pourtant elle n’entendait pas de musique ; ou bien celle-ci venait-elle d’elle-même, ou des mots d’Emrys ? Finalement, elle ne savait pas grand-chose de l’utilisation de ceux-ci, elle qui les laissait pourtant couler dans sa bouche comme une eau vive, tantôt ruisselet timide tantôt torrent emporté selon les accents de la chanson qu’elle interprétait.
    Iwasara se tourna vers son ami et le remercia de nouveau, avec ce sourire furtif, difficile à saisir et assez profond pour être savouré comme un trésor ardu à atteindre. Puis elle retrouva le silence, le fixant d’un regard rose sombre.
    Ayumi n’était pas bavarde, son entourage l’avait rapidement compris ; pour elle, la voix était un don qu’elle se devait de conserver précieusement, inconsciemment, comme un ticket pour le paradis. Et puis elle trouvait aussi que le silence lui-même possédait une certaine musicalité. Il ne la dérangeait pas. Maintenant, ici, elle aurait voulu qu’il se prolonge, ce silence, cet instant où elle ne savait quoi dire mais n’en ressentait pas non plus le besoin, n’ayant qu’à regarder l’anglais dans les yeux, ou même à coté car même avec cela il n’y avait qu’eux deux. Etait-ce gênant ? Elle n’avait pas envie de parler, car si elle devait le faire, ce serait pour évoquer l’idée de retourner à la fête et elle n’en avait pas envie.
    Encore un peu, seulement. La jeune fille sentit une légère brise, un vent du soir traîtreusement froid, ébouriffer ses mèches colorées, se demanda de nouveau si Emrys n’avait pas froid. Elle se sentit l’envie de se rapprocher de lui, impulsivement, pour le remercier, le prendre par la main, lui sauter au cou, ou juste lui demander s’il ne préférait pas retourner près des autres ? Elle n’était pas sûre, et préféra réfréner son geste, bridée par son habituelle distance, pas froide, juste polie, juste hésitante à s’approcher un peu plus près. Mais cependant, elle voulait sentir, entendre cet instant se prolonger encore un peu ; juste un peu, seulement.




Waw, je me surpasse niveau temps de réponse ~ Gomen ^^" Et j'espère que la réponse n'est pas trop coupeuse d'inspiration =P
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Jeu 27 Oct 2011 - 20:06

{Moi aussi je gère, question retard. La bande de larves. \o/

Et ça va, c'était pas coupeur d'inspiration. Regarde, Emrys gère comme un homme, lui aussi. Il optimise le silence.|D}


Au moment même ou le fermoir émit un petit cliquetis, presque inaudible, Emrys fut envahi d'une douce mélancolie. Un sentiment diffus, presque rien ; pourtant, tandis qu'il se diluait lentement dans ses veines, il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Il lui semblait que s'il lâchait ce collier, qu'il le laissait retomber contre le cou de son amie, c'était tout autre chose qu'il aurait fermé. Un peu de lui-même, un peu d'espoir, peu importe ; il n'en avait aucune envie. Pourtant il le lâcha, doucement, avec mille précautions, comme si le bijoux risquait de se briser s'il était trop brusque, ou qu'au contact de la chaine la peau d'Ayumi risquait de s'abimer.
Bien évidemment, rien ne se produisit. Le collier se tendit, la jeune fille prit le pendentif entre ses doigts. Mais même une fois qu'il eut les mains libres, l'étau qui enserrait son cœur refusa de lâcher prise. Au contraire, il lui sembla le sentir se contracter un peu plus, comme s'il avait espéré le faire cesser de battre, le faire disparaitre. Bientôt la guitariste allait se retourner, sans doute, lui sourire, peut-être, lui dire qu'ils feraient mieux de rejoindre les autres, certainement. Il n'avait aucun droit de la retenir ici. Aussi bonnes soient les raisons qui le poussaient à vouloir la garder près de lui, il ne se sentait pas en droit de le faire. Elle devait jouer. Elle aimait jouer. Et puis il aimait l'entendre jouer, après tout. Cette réciproque, au moins, il en était sûre. Elle aimait jouer, il aimait l'entendre jouer. Il en étaient d'autres sur lesquelles il n'aurait pas osé s'avancer, en revanche, et c'était sans doute pour ça qu'il ne se sentait pas en droit de la retenir. Il aurait vraiment aimé lui dire qu'il voulait rester avec elle, là, juste un peu plus longtemps. Le temps de trouver un peu de courage au fond de lui-même, ou le temps de se résoudre, d'une façon ou d'une autre, à garder le silence.
Mais une fois encore, il ne trouva aucune façon de le dire sans que ça paraisse ridicule. Elle ne comprendrait pas pourquoi il voulait rester seul avec elle, n'est-ce pas? Il n'avait plus aucune raison de la retenir, maintenant qu'il lui avait offert son cadeau. Si elle voulait s'en aller, ce serait sa faute. Garder le silence était une bonne chose, parfois. Dans le cas d'Emrys, ce même silence commençait à devenir pesant, lourd. Il n'osait rien dire de peur de souffrir et comme à chaque fois, il finirait par le regretter. Cela dit, tant qu'il se taisait, il pouvait continuer de parler à Iwasara en tant qu'ami, la conseiller autant qu'il le pouvait, rester assis à côté d'elle sans rien dire, lui tenir compagnie. Après, ce ne serait plus pareil. Et c'était ça, dans le fond, qu'il craignait le plus.

Après quelque secondes qui lui parurent être une éternité, la guitariste se retourna vers lui. Et quand elle lui sourit, il ne put que faire de même. Il n'aimait pas que le silence dure, d'ordinaire ; mais si celui-ci pouvait lui permettre d'allonger ce moment, ne serait-ce que de quelques secondes, alors ça lui allait. Peut-être attendait-elle qu'il dise quelque chose? Ou bien réfléchissait-elle? Il s'était attendu à ce qu'elle lui propose de rentrer, mais aucun son ne semblait prêt à sortir d'entre ses lèvres. Et lui se sentait un peu bête, avec son sourire maladroit et ses bras couverts de frissons. Ils ne pouvaient tout de même pas rester là à ne rien dire, n'est-ce pas? Ça semblait difficile. Et horriblement stressant. Or quand Emrys était stressé, il ne pouvait s'empêcher d'enchainer erreur sur erreur avec une constance qui forçait le respect. Plus il se taisait, plus Iwasara se taisait, plus il sentait sa nervosité grimper en flèche. Soit il brisait cet agréable moment de silence et de communion, soit il allait mourir de stress. A éviter.

Un léger sourire accroché sur son visage, il finit par entrouvrir les lèvres, hésitant.

« Iwa? »

Ce n'était pas la meilleure des idées qu'il aurait eu, mais il fallait savoir prendre des décisions, dans la vie. Il s'était souvent vanté, plus jeune, d'être décidé et prêt à assumer toutes les conséquence pour pouvoir dire ce qu'il pensait, faire ce qu'il voulait et ressembler à ce qu'il était. Et à côté de ça, il continuait de frissonner au moindre doute, et préférait se taire de peur de tout et n'importe quoi. Quel piètre homme il faisait, hein?

« Je sais que tu vas devoir, tu sais, retourner jouer et tout ça, commença-t-il d'une voix dont il ne réussit pas entièrement à chasser la nervosité. Et je sais que j'ai dit que ça prendrait deux minutes, mais tu peux attendre juste, dix secondes de plus? »

Sans vraiment attendre la réponse de la jeune fille – elle n'allait pas lui refuser dix secondes, aha... Non? – il passa sa main dans la poche de son jean, et en sortit son portable.
Allez, calme toi. Et pas de mains dans les cheveux, sinon tu vas ressembler à un porc-épic avant la fin de la soirée.
Il tapa calmement sur son écran les trois mots qu'il aurait aimé lui dire à voix haute, mais inutile de lui en demander trop.
(et m'embête pas, tu sais ce qu'il a écrit 8D) Il avait toujours été comme ça, de mémoire. Il n'était pas timide, mais la peur d'être blessée ou de décevoir était un sentiment fortement ancré en lui. Il s'attachait trop aux autres, et souvent trop vite : il n'était pas rare que la réciproque ne soit pas valable. Il s'y était habitué, mais... Mais.

« Je ne sais pas trop..., quoi dire, ajouta-t-il en relevant les yeux vers elle. Donc. Hm. Ensuite, je pourrais faire demi-tour et aller..., me cacher derrière un arbre, peut-être.»

Il ne put retenir un bref rire nerveux et lui tendit le portable, tout simplement. Il se demandait ce qui était le pire, dans un sens. S'il se faisait rejeter, il serait triste ; mais si Ayumi devait le rejeter (et sur le moment, il était presque prêt à assumer qu'elle l'avait déjà fait) est-ce que cela n'entacherait pas sa bonne humeur? Il espérait que non. Gâcher son anniversaire était la dernière chose qu'il voulait.
Sinon il devrait passer le reste de la soirée, de la semaine, du mois, de l'année s'il le fallait à s'excuser.



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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Sam 29 Oct 2011 - 0:53

{ I’m not asleep,
But I’m not awake…
}

    Incroyable comme en un instant, avec juste un brin de musique qu’on entendait plus, la chaîne métallique d’un pendentif, un regard, des prises de consciences pouvaient être faites. Iwa la sentait se glisser en elle, insidieusement, gentiment, cette certitude qui fleurissait peu à peu dans ses pensées. Et pourtant, il n’y avait pas de musique, aucune note pour les guider, il n’y avait que le silence. Celui-ci mettait-il Emrys mal à l’aise ? C’était possible, songea la jeune femme en remettant une mèche de ses cheveux éparpillés par le vent derrière son oreille. Mais en même temps, le briser serait trop dur, trop difficile parce que cela signifiait une séparation immédiate. Et après ça, pourrait-elle jouer comme avant, sourire à l’anglais comme avant, tout en songeant que cette idée l’avait effleurée, était passée si près de ses oreilles et de ses lèvres ? Une pensée abstraite, comme une toile de couleurs éparses, alors comment pouvait-elle être si attirante, comme sa douceur pouvait-elle en faire une vérité qu’elle ne souhaitait pas laisser fuir ? Retiens-la entre tes doigts, Iwa, retiens-la… Retiens-la avec ce silence qui ne veut pas se finir, que tu ne veux pas terminer. Abrite-la au chaud dans ton cœur avant de la laisser filtrer entre tes lèvres, car si ce n’est maintenant, quand ? Plus tard elle ne pourra s’exprimer, car la certitude sera brouillée, et tu le sais.
    Et lui, l’avait-il à l’esprit ?
    Iwasara ne l’avait jamais ressenti, jamais. Elle avait sans doute aimé ses parents, il y a très longtemps, lorsqu’elle ne comprenait pas encore les choses et les hommes. Depuis, jamais cette fleur n’avait fleuri en elle, pour personne. Car enfin, comment capter ce sentiment dans le monde d’où elle venait, dans toute la grisaille, la peur, la tristesse, le désespoir ? Comment ses parents s’étaient-ils rencontrés ? Tout avait-il toujours été ainsi entre eux ou avaient-ils été heureux, ou avaient-ils déjà pris la mesure de cette émotion ? Non, sans doute pas. L’amour dans le monde d’où elle venait était trop triste, trop triste, elle ne voulait pas y penser. Elle chantait de belles chansons dessus, des chansons profondes, mais souvent encore, elles étaient trop mélancoliques, trop douloureuse. Alors était-il possible de ne pas en souffrir ? Sans doute, oui, mais elle ne savait pas comment. Et elle pensait qu’aucun d’entre eux ne le savait.
    Dans le monde d’où venait Emrys, cela était sans doute différent. Et peut-être était-ce pour cette raison qu’aujourd’hui, aujourd’hui… il suffit de bien peu de choses. Un effleurement et un sourire, rien de plus. Depuis combien de temps ?
    Iwa entendit le jeune homme appeler son nom, et son visage répondit par une expression interrogative. Ca y est, il est brisé ; alors maintenant, qu’en feras-tu ? Allons-nous en et laissons mourir cette fleur… Les histoires d’amour étaient-elles toujours si tristes ?

    « Je sais que tu vas devoir, tu sais, retourner jouer et tout ça. Et je sais que j'ai dit que ça prendrait deux minutes, mais tu peux attendre juste, dix secondes de plus ? »
    Attendre, rester encore un peu. Un peu plus, écouter les mots prononcés de cette voix mal assurée. Elle aime ta voix, tu sais. Elle aime tes éclats de rire, et elle aime les mots que tu prononces.
    Mais est-ce qu’elle t’aime ?
    Presque avec précipitation, le brun avait mis la main dans une de ses poches et sorti son portable. Iwa le suivit des yeux : les appareils de communication ne fonctionnaient pas dans le pensionnat. Elle accrocha son regard lorsqu’il releva ses yeux bleus, après avoir tapé quelques caractères sur l’écran tactile.
    Elle aime tes yeux, et tes sourires, et ta silhouette.

    « Je ne sais pas trop..., quoi dire. Donc. Hm. Ensuite, je pourrais faire demi-tour et aller..., me cacher derrière un arbre, peut-être. »
    Si Iwa ne souriait pas, c’était qu’elle attendait, simplement. Il lui suffisait d’écouter ce qu’il avait à dire – ça lui semblait simple, trop simple. Les histoires de ce genre ne doivent-elles pas être tristes ? Mais elle avait fui Ame pour fuir la pluie, pour fuir les larmes, pour fuir la mélancolie qui en faisait une entière stagnation pour engluer les hommes et les précipiter jusqu’au fond de la tristesse. La guitariste prit docilement des mains d’Emrys le portable qu’il lui tendait ; juste trois mots, trois mots en anglais, sa langue natale. 10 000 kilomètres, 900 ans et un alphabet pour les séparer, tous les deux. Et elle n’avait pas besoin de la traduction du pensionnat pour les comprendre. C’était étrange non ? Trois mots seulement.
    Ayumi referma la main sur le portable du jeune homme, doucement, comme si c’était son propre cœur qu’elle tenait entre ses doigts, celui qui s’était mis à battre aussi fort, non, plus, que lorsqu’il accompagnait la mesure jouée par sa guitare et suivie par sa voix. Et si là, tout de suite, celle-ci suivait de même, ne serait-ce pas comme une chanson ? Iwa avait toujours sous-estimé les mots.
    Est-ce qu’elle t’aime ? Son regard pourpre se releva vers le garçon :

    « Ca m’ennuierait que tu ailles te cacher. » La voix d’Iwasara ne tremblait jamais. Même si à cet instant, peut-être aurait-elle pu.
    Est-ce qu’elle t’aime, Iwa ? Est-ce qu’elle ne t’aime pas ?

    « Car alors - Comme pour le lui rendre, la main dans laquelle elle tenait le portable alla se loger dans celle du jeune homme – Je ne pourrai pas faire ça. »
    Et cette limite qu’elle n’avait pas osé franchir quelques minutes plus tôt, elle la traversa comme s’il s’était agit d’une simple bulle de savon, juste pour donner forme à cette certitude, juste pour la laisser fleurir sur ses lèvres en effleurant celles d’Emrys. Parce qu’il était inutile de l’exprimer à voix haute.
    Bien sûr qu’elle t’aime, idiot.
    Alors nul besoin de le cacher quelque part dans ton cœur qui n’osait pas y croire, à cette vérité d’un instant. Lui l’avait sans doute compris avant. Peut-être que tous l’avaient compris avant, et seule elle venait de l’exprimer avec certitude, comme en le découvrant pour la première fois. Peut-être que la musique rendait sourd. Peut-être, peut-être.
    Cela tenait à si peu de choses. C’en était presque amusant.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Dim 6 Nov 2011 - 18:02

{J'ai du mal à écrire en ce moment, mea culpa.uu'}

Ayumi ne l'interrompit pas, ne dit rien. Aucun mot ne sortit de sa bouche tandis que les lèvres d'Emrys s'ouvraient et se refermaient nerveusement, ni quand il sortit son portable de sa poche. Aucun son, pas une parole, juste le silence tandis qu'il tapait sur l'écran tactile. Mais ce silence-là n'avait rien de gênant. Rien d'angoissant. C'était un silence reposant, presque contagieux, qui s'était installé autour des deux adolescents. Il songeait toujours à aller se cacher, quand il tendit le portable à la jeune fille. Et il continua d'y songer quand elle le saisit entre ses doigts, doucement, toujours en silence. Faire demi-tour, rapidement, partir à grandes enjambées vers le premier endroit qui trouverait grâce à ses yeux. S'assoir contre un arbre et se traiter d'idiot, se fondre parmi les autres pensionnaires, disparaître à l'intérieur de l'imposante bâtisse. Aller voir Bilboquet, peut-être, et apprécier encore une fois ce silence qui semblait le suivre pas à pas. Mais il ne fit rien. Pas un geste, pas le moindre mouvement. Il resta planté là quand elle baissa les yeux sur l'écran, le cœur serré, dans l'expectative. Écouta le silence. Il n'y avait pas mille façon de dire ces choses-là. Ces mots lui semblaient trop faciles, trop utilisés à tort et à travers pour convenir à la situation, mais ils suffiraient. Elle comprendrait. Pour l'instant, c'était tout ce qui importait.

Si elle acceptait de lui donner sa chance, il aurait tout le temps nécessaire pour lui donner sa définition de ces trois mots.
La guitariste referma sa main sur le portable, doucement, et il dû se faire violence pour ne pas détourner les yeux quand il croisa son regard. Y avait-il un moyen sûr de ne pas être blessé? On lui avait toujours dit que s'il aimait courir, il allait devoir s'habituer à trébucher. Et en effet, il avait trébuché de nombreuses fois dans sa vie. L'important était de se relever. De sortir plus fort des épreuves que l'on traversait, de ne pas se laisser abattre. De prendre ce qu'il y avait de bon dans le mauvais et de positiver. Était-il seulement possible de mettre en pratique toutes ces belles paroles? Il s'était toujours relevé jusque là, peu importe ce qui l'avait fait tomber et à quel point la chute avait été douloureuse. Seulement il craignait que, à un moment ou à un autre, il ne se casse une jambe. Être heureux tout en souffrant continuellement semblait difficile. Pourtant il n'avait vraiment pas envie d'arrêter de marcher.

Et plus il regardait la jeune fille, plus il en était convaincu. Se taire ou se persuader que ses sentiments envers elle étaient purement amicaux n'aurait servi à rien. Il avait besoin de le lui dire au moins autant qu'il avait besoin d'obtenir une réponse de sa part. Tant pis s'il tombait ; il se relèverait encore une fois. La vie poursuivrait son cours, quoi qu'il arrive. Emrys n'était pas sûr de savoir s'il fallait en rire ou en pleurer.

« Ca m’ennuierait que tu ailles te cacher. »

Un très léger sourire fleurit sur les lèvres d'Emrys, comme pour inviter la guitariste à continuer. Ou peut-être était-ce pour se donner du courage? Il n'en avait aucune idée. Ça n'avait aucune importance. Son cœur cognait toujours contre sa poitrine, à un tel point qu'il couvrit définitivement les murmures sourds de la fête derrière eux. L'appréhension, la joie, le soulagement, l'amour, l'attente et même une pointe de mélancolie se mélangeaient dans ses veines, sans lui laisser la moindre chance de comprendre quoi que ce soit. Il n'aurait su dire si son pouvoir agissait, en ce moment.
Tout ce qu'il savait était que les lèvres d'Iwasara bougeaient, qu'elle parlait et qu'il devait l'écouter. Et même s'il l'avait voulu, il aurait été bien incapable d'écouter quoi que ce soit d'autre qu'elle.

« Car alors je ne pourrai pas faire ça. »

Le temps, pour Emrys, s'arrêta quand il sentit ses lèvres contre les siennes. On ne cesse de briser des promesses, de dire quelque chose puis de dire le contraire. De mentir, de se tromper. Mais ça, c'était bien réel, non? C'était plus clair que tout ce qu'elle aurait pu dire, plus parlant que le plus beau des discours. S'il existait une façon plus sincère de dire 'je t'aime', il ne la connaissait pas ; ne voulait pas la connaître. Surtout pas.
Une vague de joie traversa le jeune homme de haut en bas avec l'intensité d'un éclair, reléguant tout autre sentiment au second plan. Il ne chercha pas à bouger sa main gauche, toujours prisonnière entre son portable et celle d'Iwasara, mais bougea doucement la droite sur sa taille. Si ça n'avait tenu qu'à lui il serait resté comme ça pour le restant de la soirée, et tant pis pour son manteau, le concert et toutes les personnes qui étaient principalement venues pour la musique. Seulement ça ne tenait pas qu'à lui, et c'était aussi impossible que ç'aurait été irrespectueux. Quelle importance? Peu importe ce qui pourrait arriver dans les heures qui suivraient, il doutait que ce soit suffisant pour lui faire reposer les pieds sur terre.

L'anglais se sentit sourire contre les lèvres de la guitariste, et consentit à se détacher d'elle pour pouvoir la regarder. Il mit entre leurs visages la distance qu'il jugea suffisante et sourit de nouveau. Pas qu'il puisse faire quoi que ce soit d'autre, de toute façon.

« Vraiment? Tu es sûre? »

Il fit doucement glisser le portable dans sa main, et passa son autre bras autour de sa taille pour pouvoir la serrer contre lui. Son étreinte ne fut pas à la mesure de ce qu'il ressentait sur le moment, mais inutile de se créer des ennuis. Il ne voulait pas l'étouffer ni lui faire mal, et par-dessus tout il ne tenait pas à ce qu'elle sente quoi que ce soit. Son torse devait sembler uniformément plat, mais on ne sait jamais. Chaque chose en son temps.

« Je sais pas si je vais réussir à te lâcher, ajouta-t-il dans un léger rire, bien plus détendu que ceux qui avaient pu précéder, maintenant. »

Il allait bien devoir la lâcher à un moment ou à un autre, sinon quelqu'un allait forcément venir les chercher. Parce qu'il y avait le concert, parce que Soren s'inquièterait... Mais ce n'étaient jamais que quelques secondes ; elles ne manqueraient à personne. Il n'y avait pas d'horaire stricte, rien qui soit réglé au millimètre près. Or ces insignifiantes petites secondes, il n'en avait jamais eu autant besoin.
Tiens. Peut-être allait-il la faire maintenant, finalement, sa crise cardiaque, si la tension retombait trop brusquement.



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Dernière édition par Emrys Sulwyn le Dim 20 Nov 2011 - 18:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Dim 20 Nov 2011 - 17:36

{ I heard a voice that I knew
And I couldn't walk away
}

    Il y avait cette simple sensation, celle des lèvres d’Emrys contre les seines. Il n’y avait plus que cela, comme si le reste du monde s’était soudain envolé loin, si loin qu’il allait les laisser tranquille pendant très longtemps, seuls tous les deux, seuls avec cette même émotion si proche du bonheur logée dans la poitrine. Ou alors en était-ce, réellement ? Iwasara avait connu le bonheur à de brèves périodes de sa vie, elle l’avait trouvé, petit à petit, sans même s’en apercevoir clairement, en entrant dans le Pensionnat. Loin de la misère, loin de la pluie, loin d’une ville sans espoir, avec des amis, des sourires, des cris de joie, de la musique… et avec le jeune homme qui à ce moment même lui rendait son baiser comme s’il n’y avait que cela qui comptait au monde. Il n’y avait que cela. Iwa ne put retenir le sourire qui s’étendait sur ses lèvres tout comme celles d‘Emrys ; elle vivait dans la musique, et pourtant elle n’avait pas ressenti ce qu’il y avait au-delà des mots. A force de s’y noyer pour oublier sa douleur, la musique l’avait rendue sourde, sourde à toute mélodie capable de toucher son cœur, ou plutôt sourde aux battements de celui-ci qui dans sa poitrine ne cessait de vibrer comme s’il possédait sa propre chanson. Comme s’il n’avait attendu que cet instant pour s’exprimer. Que se serait-il produit si l’anglais n’avait pas fait le premier pas ? Elle serait restée sourde, les mains sur les oreilles comme si elle se trouvait encore dans sa chambre aux cloisons de papier et tentait de ne pas entendre les cris. Il lui avait retiré le casque des oreilles avec douceur, avec trois mots. Que cela n’arrive pas ? C’aurait été dommage, mais était-ce seulement possible ? Peut-être y avait-il vraiment, quelque part, une entité qui s’assurait que ce qui devait arriver se produise bel et bien, sans risque de dérapage. Le destin ? Pourquoi pas. Alors qu’Emrys libérait ses lèvres pour s’écarter un peu d’elle, Iwa songea qu’en cet instant elle n’aurait échangé le sien pour rien au monde.

    « Vraiment ? Tu es sûre ? »
    La question méritait-elle d’être posée, lorsque la réponse était tellement évidente ? Ayumi se contenta de le fixer droit dans les yeux et hocher à peine la tête, en souriant. Elle ne souriait pas beaucoup en temps normal ; elle n’avait jamais eu tant de raison que cela de rire, excepté lorsqu’elle tenait un instrument entre ses mains. Mais à cet instant, il lui semblait que cette expression ne pourrait tout simplement plus déserter son visage. Comme s’il était inenvisageable qu’elle disparaisse tant que cette sensation de bonheur, de tendresse, de joie, d’amour ne se serait pas dissipée. Impossible de le retenir, ce sourire, tout simplement.
    Le jeune homme fit délicatement glisser le portable des doigts de la guitariste, croisant les bras derrière sa taille pour l’attirer plus près et la serrer contre lui.

    « Je sais pas si je vais réussir à te lâcher maintenant. »
    Iwasara appuya son front contre l’épaule du jeune homme, lui rendant son étreinte avec douceur ; elle ressentait la même chose à peu près. Le souhait que rien ne brise jamais ce moment, n’éventre jamais la bulle dans laquelle ils étaient tous deux enveloppés pour laisser de nouveau y pénétrer le bruit du monde extérieur. Rester juste ainsi, elle et lui. C’était tout, c’était suffisant.

    « … Encore un peu, alors. » Sourit-elle, sa voix légèrement étouffée.
    Mais il y avait l’appel de la musique, l’appel de la réalité. La musique qui l’appelait pour faire à nouveau battre son cœur qui s’était enfin calmé entre les bras d’Emrys. En outre, ce n’était plus comme si s’écarter revenait à se laisser partir, non. Alors il n’y avait plus rien pour l’empêcher – les empêcher – de retourner à la fête et retrouver Soren, Kyle, Beast et les autres… Non, rien, à part le plaisir de cette chaleur et d’un battement de cœur.
    La guitariste laissa passer un moment, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres, savourant seulement l’instant présent, puis elle se détacha doucement du jeune homme, lui attrapant la main.

    « Mais tu vas te faire tirer les oreilles par Beast et Kyle si tu me retiens plus longtemps que nécessaire. » Dit-elle, l’éclat de son sourire démentant le sérieux de ses propos. « Tu retrouveras ton monopole très vite, ne t’en fais pas. » Ajouta-t-elle.
    C’était presque déroutant, de s’entendre plaisanter ainsi. Non pas qu’Iwa soit une personne particulièrement sombre, malgré sa réserve naturelle. Elle n’hésitait pas à sourire même s’il ne s’agissait que de son habituelle expression furtive et discrète, elle pouvait rire aussi, même si cela n’arrivait pas souvent. Mais elle faisait rarement, d’elle-même, des plaisanteries aussi joyeuses. Tout arrive.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Mar 13 Déc 2011 - 19:06

Emrys sourit doucement en sentant le front d'Iwasara posé contre son épaule, rasséréné. Les battements de son cœur s'étaient calmés, peu à peu, jusqu'à retrouver un rythme plus ou moins normal ; et si l'appréhension, le stress et le soulagement ne s'étaient pas encore suffisamment dilués dans ses veines pour qu'il puisse en faire abstraction, il se sentait bien malgré tout. Et même si la jeune fille l'avait gentiment repoussé, cette douce sensation de chaleur n'aurait pas disparu. Il avait envie de faire durer ce moment, bien sûr, de profiter de chaque petite seconde en sa compagnie qu'il pourrait réussir à voler. Ce n'était pas un au-revoir, encore moins un adieu : la guitariste n'allait pas brutalement disparaître une fois que ces quelques secondes seraient écoulées. Elle serait toujours là, lui aussi, et rien ne pourrait les empêcher de se voir autant qu'ils le voulaient par la suite. C'était un début, pas une fin. Déménager sans cesse, durant son adolescence, lui avait appris à ne pas trop s'attacher aux autres : il les quitterait forcément à un moment ou à un autre, et n'avait aucune envie de souffrir plus que de mesure. Il avait retenu plus d'adresses qu'il n'avait réussi à se souvenir de visages, avait connu plus d'écoles, d'uniformes et de professeurs que la plupart des adolescents.
Il n'avait jamais eu l'occasion d'autant se lier avec qui que ce soit avant d'arriver ici. Ce devait bien être le seul avantage que comportait cet endroit : pousser cette porte lui avait permis de rencontrer des personnes qu'il n'aurait jamais eu l'occasion de connaître dans d'autres circonstances. Des personnes qui à son époque étaient mortes depuis des siècles, d'autres dont il aurait peut-être connu les arrière grands-parents. S'il était resté chez lui, Soren serait mort. Si la pluie n'avait pas poussé Ayumi à entrer, elle aurait dû vivre dans un monde gris et pluvieux. Lui, d'un autre côté...


« … Encore un peu, alors. »

L'anglais ferma les yeux, déconnecté pour quelques instants du monde réel, de la musique et de tout ce qui pouvait bien l'entourer ou non. Ça n'avait aucune importance, finalement ; absolument aucune. Il était là, et tant que la sortie restait scellée c'était tout ce dont il devait se préoccuper. Le vent frais lui arracha un frisson, qui descendit sans qu'il s'en préoccupe le long de sa colonne vertébrale. S'il attrapait un rhume, il aurait tout le temps de s'en vouloir plus tard. Pour le moment, la seule chose qu'il voulait faire était ressentir. Le vent, la respiration d'Iwasara. Le silence, les bruits étouffés en arrière plan. Sa joie et ses craintes mêlées. Et la certitude que, malheureusement, ils allaient vraiment être en retard s'ils restaient là.
Comme pour lui donner raison, la guitariste s'éloigna de lui et saisit sa main dans la sienne. Il lui sourit, encore un peu rêveur, le portable serré dans sa main libre.

« Mais tu vas te faire tirer les oreilles par Beast et Kyle si tu me retiens plus longtemps que nécessaire. Tu retrouveras ton monopole très vite, ne t’en fais pas. »

Un léger rire passa la barrière de ses lèvres et il poussa un soupir exagérément ennuyé. D'accord, il n'avait aucune envie de se faire réprimander par Beast ou Kyle – quoi que l'un lui faisait un peu plus peur que l'autre. Et quoi qu'il en soit, il avait vraiment envie d'entendre la jeune fille jouer : l'empêcher de monter sur la scène aurait été aussi égoïste que stupide. Or, s'il ne prétendait pas être un modèle de vertu, on n'avait encore jamais eu eu à lui reprocher l'un ou l'autre de ces défauts.
Il rangea machinalement son portable dans la poche de son pantalon, puis reposa ses yeux clairs sur Ayumi.

« Tu crois qu'ils me tireraient les oreilles? répondit-il avec une grimace faussement craintive. Dans ce cas je crois que je vais pas te retenir plus longtemps! »

Il se tournait vers la scène, sans lâcher la main de son amie, quand il fut soudain pris d'un doute sérieux. Hm. A priori, Soren devait toujours être avec la petite blonde surexcitée – Claris, s'il se souvenait bien – à l'endroit où il les avait lâchement abandonnés. Et quoi qu'il ne redoutait pas l'idée d'avoir à expliquer ce qu'il était parti faire concrètement, il n'avait pas spécialement envie que l'un ou l'autre (plutôt l'autre, en fait) se mette à crier.
Oh, inutile de s'en faire. Ça devrait être gérable.

« J'ai l'impression d'être en fraude, ajouta-t-il avec un rire amusé. Si tes prétendants essaient de me tuer, je compte sur toi. »

Quoi qu'il n'était pas sûr qu'elle en ait, des prétendants – ou en tout cas personne dont elle soit suffisamment proche, il s'en souviendrait. Honnêtement, ça lui convenait tout à fait. Parce que s'il n'était pas de ceux qui s'accrochaient à l'autre à chaque minutes de leur vie, plus collant que de la glue, il était tout de même assez jaloux.



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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Dim 8 Jan 2012 - 1:36

{ I walk around and I feel so lost and lonely
You're everything that I want... everything...
}

    Iwasara n’aurait pas pu affirmer, sans mentir, que s’écarter du jeune homme ne lui avait pas laissé un sentiment de regret. Une soudaine envie de retourner se blottir dans ses bras et de ne plus jamais les quitter l’avait saisie presque aussitôt, douce mais déjà presque mélancolique, comme s’il n’y avait que là qu’elle voulait être. Comme si c’était la seule place qu’elle désirait conserver ; peut-être qu’il s’agissait de cette affection qui lui avait toujours manqué. Si c’était le cas, alors elle regrettait vraiment de ne pas avoir pu rencontrer Emrys avant.

    « Tu crois qu'ils me tireraient les oreilles ? » Répondit ce dernier en faisant mine de s’inquiéter. « Dans ce cas je crois que je vais pas te retenir plus longtemps ! »
    Iwa lui sourit gaiement : bien sûr que non, Kyle et Beast n’allaient pas lui faire de mal. Mais tous deux, et elle-même à fortiori, seraient bien ennuyés si le concert prenait du retard. Et quoi que puisse en dire le cœur de la guitariste en cet instant, la musique n’attendait pas. Cependant, le ton léger d’Emrys suffisait à la faire sourire ; tout allait bien. Le jeune homme se tourna un instant vers la place éclairée où se pressaient tous les pensionnaires venus assister à la fête, comme pris d’une inquiétude dont la guitariste n’aurait su déterminer l’origine, mais reprit avec un léger rire dont la spontanéité surprit son amie :

    « J'ai l'impression d'être en fraude. Si tes prétendants essaient de me tuer, je compte sur toi. »
    Iwa fixa un moment la nuque du jeune homme aux mèches sombres, puis ses doigts se resserrèrent autour de sa main et elle éclata de rire. Il lui était encore difficile de le faire spontanément et avec franchise, et malgré la sincérité de cet rire, il n’en restait pas moins retenu, peu assuré, comme bridé par la monochromie qui stagnait toujours autour des habitants d’Ame. Comme si la guitariste elle-même traînait sur ses traces cette pluie triste et sale qui décolorait chaque parcelle d’émotion pour la renfermer dans l’individu et le laisser dépérir dans cette mélancolie insupportable. Iwasara savait que la ville de la pluie la poursuivait, même maintenant qu’elle l’avait physiquement abandonnée ; elle savait que jusqu’à ce qu’elle réussisse à s’en libérer, et rien n’était moins sûr que le succès de cette entreprise, la pluie lourde, collante, s’accrocherait à ses pas, cherchant à la faire ployer sous son poids écrasant, et l’entraîner dans une réalité où elle ne pourrait plus imaginer la moindre couleur ni la moindre chanson joyeuse.
    Alors il fallait qu’elle résiste et qu’elle ne se laisse pas tirer en arrière. Ça devait être à cause de ces pensées qu’elle avait l’impression de se raccrocher à la main d’Emrys plutôt que simplement la tenir. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se servirait de lui comme bouée de sauvetage ; Ayumi n’était pas comme ça. Elle était, elle dévait être forte. En outre, Emrys, elle l’aimait, et elle entendait se débrouiller toute seule pour rester debout : ces deux faits n’avaient rien à voir ensemble. Pour l’instant, il lui suffisait de savoir qu’elle l’aimait, et qu’elle n’avait pas à se le répéter sans arrêt pour comprendre que c’était vrai. Même si, l’idée que si un jour elle vacillait il y aurait quelqu’un pour la rattraper était, il faut l’avouer, bien rassurante.

    « Ne t’en fais pas pour ça ! De toute façon, ils ne pourront rien y faire : je ne pense pas qu’il y en ait un dans tout le Pensionnat qui puisse rivaliser avec toi. »
    Voir dans le monde entier, ou tous ceux possible, à ce moment précis. Mais de toute manière, il était inutile d’y penser. L’anglais était-il jaloux ? Ayumi l’ignorait, mais peut-être n’était-il pas très important de le savoir ; après tout, elle n’allait pas lui donner beaucoup d’occasion de l’être. La jeune femme pianota des doigts dans la paume d’Emrys, toujours aussi étrangement douce pour celle d’un garçon, et l’attira à sa suite en direction de la scène, sans que son mince sourire ne déserte ses lèvres. La musique n’attendait pas. Et puis, ils avaient tous les deux maintenant, tout le temps qu’ils le désiraient devant eux.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Ven 10 Fév 2012 - 4:42

{Mon Dieeeeu je suis en retard je suis impardonnable... Tu as le droit de me pendre pour laver cet affront, si tu veux. ;____;}

Le rire d'Iwasara surprit Emrys mais il ne s'en plaint pas, bien au contraire. Son propre bonheur avait toujours dépendu de celui de ses proches, peu importe l'époque ou les circonstances ; son père, sa mère ou ses amis étaient autant de personnes dont les sourires lui étaient nécessaires. Ici il y avait celui d'Ayumi, celui de Soren aussi. Les savoir heureux l'apaisait. En ce sens, aucun autre pouvoir que le sien n'aurait pu mieux lui correspondre : peut-être même que leurs capacités n'étaient pas le fruit du hasard, finalement. Le bonheur de la guitariste passait dans leur mains entrelacées, il pouvait le sentir aussi clairement qu'une averse en plein été. Ses sentiments se mêlaient aux siens et, quand ils étaient si semblable, cette expérience n'avait plus rien d'une torture.
Le jeune homme avait conscience d'être un brin trop sentimental et fleur bleue pour son propre bien – apparemment ce n'étaient pas des traits de caractère typiquement masculins – mais il n'y pouvait strictement rien. Il aimait de cette façon, dans la lune ou sur un nuage, les yeux fermés et le sourire aux lèvres. Pourquoi se prendre la tête ? L'amour n'avait pas à être compliqué. Quand les sentiments étaient avoués et réciproque, la seule chose à faire était d'en profiter et de laisser la vie suivre son cours. Noircir ses pensées de doutes et d'appréhension n'était certainement pas la meilleure chose à faire. Le britannique s'accrocha à cette idée de toutes ses forces, un sourire maladroit aux lèvres. Il avait beau être optimiste, sa propre estime de lui-même l'empêchait souvent d'effacer les derniers nuages qui couvraient son ciel bleu. En l'occurrence, il ne put réprimer un lourd sentiment de culpabilité en posant ses yeux sur le visage d'Iwasara. Ce nuage-là n'était pas près de s'en aller.

« Ne t’en fais pas pour ça ! De toute façon, ils ne pourront rien y faire : je ne pense pas qu’il y en ait un dans tout le Pensionnat qui puisse rivaliser avec toi. »

Son sourire se fit gêné face à ce compliment inattendu. Pourtant, pas à un seul instant il ne songea pas à remettre sa parole en doute ; l'honnêteté était une qualité qui, lui semblait-il, ne faisait pas défaut à la jeune fille. Si elle ne l'avait pas aimé, elle l'aurait rejeté. Et quand on aime quelqu'un, on ne cherche pas à le blesser. Ce n'était pas ces belles paroles qui l'empêcheraient de froncer les sourcils en voyant un garçon s'approcher trop près d'elle, mais... Au moins la théorie était-elle impeccable. Pour la pratique, il verrait bien. Avec une seule relation longue à son actif, Emrys n'était de toute façon pas en mesure de prédire ses propres réactions ; il n'avait pas assez de recul pour ça. Si besoin était, il aurait tout le temps de maudire sa jalousie plus tard.
Ayumi tira sur leurs mains jointes pour l'inviter à la suivre, requête à laquelle il n'opposa pas de résistance. Honnête, oui... Autant certains pensionnaires étaient fourbes et ne s'en cachaient pas, autant la musicienne lui paraissait droite et sincère. Ses sentiments envers elle l'empêchaient d'être tout à fait objectif mais, ne serait-ce que sur ce point là, il était sûr de son coup. La culpabilité, de nouveau, lui arracha un bien involontaire frisson. Sa main libre vint décoiffer ses cheveux bruns dans une vaine tentative pour chasser toute doutes de son esprit. Peut-être aurait-il dû le lui dire avant. Mettre les choses au clair. Se déclarer comme si de rien n'était revenait à lui mentir, ni plus ni moins ; et quoi qu'il avait ses raisons pour vouloir se taire, ça n'en était pas moins un mensonge. Pour l'instant, tout allait bien. Il aimait Ayumi, elle l'aimait aussi. Elle allait monter sur scène et jouer de la guitare, chanter. Il allait retrouver Soren et Claris, reprendre son manteau. Le lendemain elle l'aimerait toujours, le jour suivant aussi. Celui d'après aussi. Le pire était peut-être de savoir que, par lâcheté autant que par crainte, il ne cesserait de repousser une confrontation pourtant inévitable. Il le savait. Il le savait pertinemment.

Une fois près de la scène, Emrys détacha doucement sa main de celle d'Iwasara. Un bref regard alentours ne lui permit pas de repérer ses amis, mais il ne s'en inquiéta pas. Bien peu de choses auraient su l'inquiéter après ce qui venait de se passer, de toute façon. Son sourire n'était pas prêt de le quitter.
Il frictionna ses bras un peu engourdi par le froid et reposa ses yeux clairs sur la jeune fille.

« Il va falloir que je retrouve Soren, c'est lui qui a mon manteau. J'imagine que Beast et Kyle ne devraient pas trop tarder ? »

A moins qu'eux aussi n'aient eu des projets de dernière minutes, évidemment. Et ça n'aurait d'ailleurs pas excusé un quelconque retard.

« Je te dirais bien bonne chance mais je pense pas que t'en ai besoin, ajouta-t-il en plongeant ses mains dans les poches de son jean, le sourire aux lèvres. Tu joues trop bien pour ça. »

Après tout c'était le son de sa guitare qui l'avait mené jusqu'au Hall, le jour de son arrivée. Si ce n'était pas une assez bonne raison pour aimer cet instrument, alors aucune ne le serait suffisamment.



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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Sam 18 Fév 2012 - 19:43

{ You stay but you can't wait
For anything - so go }

    C’étaient peut-être des mots stupides. C’était sans doute une manière d’agir complètement absurde. Ayumi s’en rendait compte, vaguement, mais n’en avait finalement cure. Elle n’était jamais tombée amoureuse, à vrai dire. Chez elle, les deux sexes se mélangeaient rarement, car les réunions, même mixtes, était peu fréquentes. On vivait au jour le jour en survivant du mieux qu’on pouvait, et pour les adolescents, les fuites dans le toit de leur « maison » avaient généralement une importance plus pressante que les beaux yeux de tel ou tel membre du sexe opposé. A se demander comment il se trouvait encore tant de gens pour vivre en couple. Sans doute le hasard faisait-il bien les choses – Iwasara ne s’était jamais posé la question. Mais ces mots simples, ces mots doux, qui reflétaient les couleurs de cette fleur qui avait éclos dans sa poitrine, étaient trop spontanés pour qu’elle puisse les retenir. Ayumi n’était pas faite de réflexion, mais d’actions. Elle était faite de musique et de cris de rage ; elle était à elle seule une chanson sur une vie de peur, de tristesse, d’abandon, d’espoir. Alors elle n’avait pas besoin de s’arrêter longtemps sur les évidences. Elle ne devait pas penser trop à ce qui lui faisait peur, si elle voulait continuer d’être forte et poursuivre sa route.
    Même si sa chanson se trouvait basée sur un air triste.
    Parvenus près des lieux qu’ils avaient quittés peu de temps auparavant, Emrys relâcha la main de la guitariste. Celle-ci retint un mouvement pour retenir cette chaleur entre ses doigts, un simple réflexe acquis à cause de l’incertitude et de la peur de l’avenir. Non, elle n’était pas à Ame, ici. Elle n’avait rien à craindre de demain, ici. Souriante elle aussi, la jeune femme se retourna pour croiser le regard de son compagnon. Elle aimait décidément vraiment ses yeux.

    « Il va falloir que je retrouve Soren, c'est lui qui a mon manteau. » Annonça tranquillement le jeune homme. « J'imagine que Beast et Kyle ne devraient pas trop tarder ? »
    Effectivement. Combien de temps avaient-ils passés derrière l’estrade ? Iwasara jeta un regard derrière son épaule, pour constater que rien ne semblait avoir changé de ce côté-là, mis à part peut-être l’orientation de certains projecteurs. Elle ne pensait pas être restée assez longtemps absente pour inquiéter ses amis ; cela n’avait dû être l’affaire que d’une vingtaine de minutes, non ? Elle avait du mal à se rendre compte du temps passé, puisque pour elle une éternité aurait pu être aussi pleine que le court laps de temps qui s’était écoulé entre les bras de l’anglais.
    Cependant, si elle avait été en retard, les deux musiciens seraient forcément partis à sa recherche, et elle ne s’était pas suffisamment éloignée des projecteurs pour qu’ils ne puissent la trouver facilement. Elle en déduisait donc qu’elle était encore relativement à l’heure. Aucun problème, donc.
    Iwasara se tourna vers Emrys, à temps pour l’entendre déclarer :

    « Je te dirais bien bonne chance mais je pense pas que t'en ai besoin. Tu joues trop bien pour ça. »
    La jeune femme sourit. Les compliments ne l’enorgueillissaient pas plus que cela, puisqu’elle jouait principalement pour son plaisir et celui de son auditoire ; l’important était que sa musique fasse plaisir au plus grand nombre. C’est pourquoi savoir que l’anglais appréciait sa façon de jouer lui procurait une joie immense.

    « Merci. J’aurais juste besoin d’une chose avant de partir. » Dit-elle en se baissant pour ramasser sa guitare.
    Une façon de se donner du courage ? Disons plutôt un simple prétexte. Avec vivacité, la guitariste passa sa main libre derrière la nuque du jeune homme pour l’attirer à elle et plaquer un baiser sur ses lèvres. Puis elle le relâcha et s’écarta, avant de courir en direction de l’estrade illuminée, non sans lui avoir adressé un dernier signe de main accompagné d’un sourire déterminé. L’amour n’attend pas, mais la musique non plus.

Sortie
Fin de la permission pour toi, fugueuse
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Delicate Boy
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   Ven 24 Fév 2012 - 19:56

Iwasara jouait bien ; tout le monde passerait un bon moment en écoutant sa musique. Ça ne faisait aucun doute, et Emrys ne pensait pas qu'une seule des personnes présente l'aurait contredit sur ce point. La scène n'était pas là uniquement pour faire joli : ils étaient là pour assister à un concert avant tout. Il n'avait jusque là pu observer son amie jouer que dans un cadre privé : elle s'installait souvent ici ou là avec sa guitare, mais ça n'avait rien d'un événement de cette ampleur. Il ne savait pas ce qu'il en était du côté de Beast et Kyle en revanche. Ils n'avaient pas l'air spécialement stressés, en tout cas... Tout devrait bien se passer. Et pourquoi pas dire que tout se passerait bien, sans laisser une seule ombre de doute ? Il avait le plus grand mal à affirmer sans nuances. C'était un problème qu'il comptait bien régler avec le temps.

Même si, depuis son arrivée, jamais son avenir ne lui avait semblé plus incertain.

La musicienne jeta un coup d’œil derrière son épaule, sûrement pour vérifier que rien n'avait commencé sans elle. Lui-même devait retourner à son point de départ, de toute façon. Son absence prolongée avait pu inquiéter Soren – et ses bras nus commençaient à s'engourdir. Inutile d’attraper un rhume. Les années de marche sous le ciel couvert de l'Angleterre ne l'avaient pas immunisé contre le froid, malheureusement. Il leva un court instant les yeux au ciel et lui envoya une prière muette pour dissuader les nuages de s'alourdir. Pas de pluie, pas de pluie. Il ne connaissait rien de pire pour gâcher les soirées en plein air.


« Merci. J’aurais juste besoin d’une chose avant de partir. »

Le baiser que posa Iwasara sur ses lèvres, avant de le relâcher et de s'éloigner, lui arracha un sourire chaleureux. C'était incroyable, de pouvoir ressentir des choses aussi positives dans leur situation ; c'en était presque hypocrite. Et parfois, oui, il s'en voulait de ne pas passer chaque instant de ses journées à chercher une sortie. Il s'en voulait de rire, de se faire des amis – de tomber amoureux. Il s'en voulait de ne pas toujours penser à son père, se détestait de ne pas prendre les choses plus au sérieux, de se laisser prendre au jeu de la prison dorée. Mais il n'y arrivait pas, tout simplement. Leur problème était insolvable ; et peu importe le sens dans lequel il le regardait, jamais il ne pourrait prendre les bonnes décisions.
Il rendit son signe de la main à la jeune femme et la regarda partir en courant, un sourire franc aux lèvres. S'il y avait bien une chose qu'il avait appris dans la vie, c'était que se lamenter ne servait à rien. Il assumerait ses choix quand on lui demanderait de les justifier, sans se défiler. Et si tout le monde ne pensait pas comme lui, tant pis. Qu'ils sortent ou non, il aurait eu l'occasion de rencontrer des personnes merveilleuses. Ne jamais sortir ne signifiait pas oublier sa famille ou ses amis ; partir pour ne plus jamais revenir ne signifiait pas oublier tout ceux qu'ils avaient rencontrés ici. Il ne voulait rien oublier. Rien.

Ses yeux bleus se promenèrent un instant autour de lui avant qu'il ne se décide enfin à bouger. Soren et Claris devaient l'attendre, mieux valait ne pas les inquiéter plus que nécessaire. Il avait beau avoir confiance en l'allemand, on ne sait jamais. A son grand damne, le petit blond semblait posséder un don pour s'attirer des ennuis.



{Emrys quitte les lieux}



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« I'm in the basement, you're in the sky ;
I'm in the basement baby, drop on by.

Hold your breath and count to ten
And fall apart and start again -
Hold your breath and count to ten,
Start again, start again... »

Voilà mon cœur ; prudence en sortant :
 
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]   

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[MINI-EVENT Ayumi] {Arrière-scène} Entre deux notes [Emrys]

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