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 [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]

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MessageSujet: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Sam 21 Jan 2012 - 22:14

I’d rather Die ! (if only I was alive… niark)
Libre
    Un énorme pinceau, long comme le bras et épais comme une batte de base-ball, courait sur le mur avec une frénésie diabolique, engluant les larges briques d'une peinture lourde et noire. Formées par des mouvements enfantins dont la maladresse semblait exagérée à dessein, comme dans l’idée d’en faire ressortir une impression d’innocence, de grosses lettres inégales s’étalaient peu à peu sur le grand mur dont chaque pierre semblait empreinte de noblesse. Et toute la pièce semblait frémir face à cette impudence qui formait une si dure atteinte à sa dignité.
    Son œuvre achevée, Halloween souleva triomphalement le pinceau qui ressemblait plus à une matraque qu’autre chose – et ne demandez surtout pas où diable il avait bien pu le trouver – et qu’il devait empoigner des deux mains pour ne pas laisser choir, et un sourire démesuré s’étala sur ses lèvres alors qu’il contemplait sa création.


    L’esprit d’Halloween éclata d’un rire grinçant et – avec un effort tout de même notable dû à ses bras frêles – bascula en arrière – il était actuellement en plein sustentation – pour lancer avec violence son fardeau sur le sol dallé de la grande bibliothèque. L’objet s’écrasa à terre avec un craquement semblable à une explosion, éclaboussant de peinture le pied des étagères ; avec une grande satisfaction, Halloween crut sentir les murs frémir de nouveau, de colère impuissante. Décidément, il aimait vraiment abîmer les choses, de cette manière ; cela rendait toujours quelqu’un furieux.
    L’esprit frappeur descendit au niveau du sommet des étagères et jeta un coup d’œil par-dessus en prenant soin de se cacher le plus possible : un groupe de jeune filles bavassait allègrement entre les rangées, ne s’était apparemment pas inquiétées plus que de raison du bruit de chute précédent. Les humains qui peuplaient cet endroit avaient pris l’habitude des bizarreries ; cela ne rendait pas la tâche d’Halloween facile, mais il faisait avec. Et puis, souvent, les jeunes cachaient encore plus de frayeurs dans leur cœur.
    L’esprit frappeur partit d’un petit rire lugubre, dissonant, qui fit se figer les jeunes filles au beau milieu d’une phrase. Leurs airs interloqués, effrayés pour certaines, ne firent qu’accentuer son hilarité et il riait à pleins poumons lorsqu’il secoua les étagères en empoignant les rayons à pleines mains, pour faire tomber les livres sur les demoiselles qui s’enfuirent en poussant des cris aigus. Des cris, des cris ! C’était vraiment ce qu’il préférait, lorsqu’il pouvait à loisir observer la peur des humains ! Quoiqu’il y avait aussi les larmes de ceux qui ne criaient pas, celles-là n’était pas mal non plus ; elles symbolisaient la terreur la plus complète, la plus pure. Une sombre mélopée sans parole, angoissante, terrifiante car créée pour réveiller toute peur quelle qu’elle soit, vibrait entre les lèvres décolorées du garçon alors qu’il se rapprochait en volant d’un autre pensionnaire assis dans un fauteuil. Le pauvre jeune homme s’était redressé au bruit des étagères, et avait déjà l’air inquiet. Se délectant de son expression, Halloween se glissa derrière lui pour lui murmurer à l’oreille des paroles fruit de siècles de terreur ; avec un glapissement, il se retourna, et bondit sur ses pieds en apercevant le visage de l’esprit frappeur, déformé par une expression de pure folie. Ni une ni deux, le pensionnaire s’enfuit, ne laissant même pas au cri qui montait dans sa gorge le temps de s’exprimer.
    Halloween éclata d’un rire grinçant. Qu’il arrêta aussitôt, le coupant net comme grâce à la lame d’un couperet.
    Son visage enfantin redevint immédiatement songeur, alors qu’il se demandait quel serait son prochain tour. Non pas qu’il n’ait aucune idée, mais le tout était de choisir la plus intéressante, et la mieux appropriée à la situation… Ah !
    Avisant le pot de peinture noire laissé dans un coin, Hallow’ fit réapparaître son sourire aussi vite qu’il l’avait effacé. Avec de petits bonds aériens, il rejoignit l’objet qu’il attrapa par l’anse de sa main libre, gantée d’une mitaine rayée, et le souleva pour l’emmener à sa suite. Avec la vitesse de son vol, il était inévitable que du liquide sombre soit renversé un peu partout, mais Halloween s’en fichait comme de sa première sucette. Après tout, il en avait lui-même un peu partout sur ses vêtements, sa capuche, et même sur les joues – ce qui, contrairement aux enfants qui jouent à la peinture, ne lui donnait pas un air attendrissant mais encore plus inquiétant que d’habitude. Alors pourquoi ne pas en faire profiter les autres, hein ? Hein ? HEEEEEIIIIN ?!
    Et c’est avec cette résolution en tête qu’Halloween renversa purement et simplement le seau de peinture sur la première personne qui eut le malheur de croiser son chemin.
    Bonne chance pour le nettoyage.
    L’esprit frappeur reprit de l’altitude, secoué par un petit rire moqueur, en contemplant l’étendue de sa bonne action. Et voilà ! Elle était pas belle, cette peinture ? Il était vraiment trop bon, tout de même.

    « Hihihhhiiihi ! »
    Halloween avait vraiment un rire insupportable.


Dernière édition par Halloween le Dim 14 Avr 2013 - 1:36, édité 2 fois
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Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? | Alea Miller.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Sam 18 Fév 2012 - 7:50

Those Things Are SO Boring ~ !

At school, some people used to call me ‘Boring Willy’ until they saw me act.

-

Des livres par centaine s’étalent sur les étagères fournies de la bibliothèque diversifiée du pensionnat. Des ouvrages en provenance de toute part, de tous lieux, des manuscrits possédant une valeur inestimable, des textes que les meneurs d’enchère s’arracheraient à coup de dents. Au cœur de cet endroit à l’odeur persistante de vieux papier, William se sent presque chez lui, presqu’à l’aise. Nœud papillon quadrillé de violet et d’argent soigneusement noué autour du col de sa chemise blanche, le jeune homme se laisse aller à une lecture revigorante racontant l’épopée rocambolesque d’une femme de l’époque victorienne défiant les normes sociales de son temps, passant par les maisons de courtisanes pour venir atterrir dans le laboratoire d’un scientifique notable. Les mots captivent William au point où le monde aliéné dans lequel réside le manoir, univers qui ne progresse pas réellement, semble avoir autant d’importance et d’impact qu’un vieux chiffon froissé. C'est-à-dire, pas la moindre parcelle d’intérêt notable. Il tourne les pages, prenant plaisir à visualiser les paysages, les émotions, tout ce que laisse transparaitre les mots plein de poésie rédigés par l’auteur. Il croupit dans l’un des divans confortable du paisible endroit, terré dans un coin ignoré des regards, depuis son éveil, s’écartant de tous ses soucis cognitifs, oubliant toutes les horreurs subites depuis son arrivée. Il n’y a que lui et le livre, que lui et le monde imaginaire qu’il s’adonne d’observer d’un revers élégant de sa matière grise. Charmé.

Du moins, il évolue dans cet état paisible jusqu’à ce qu’une foulée de cris et piaillements aigus lui parviennent, dominant le silence relatif de leur stridence. Était-ce de la panique qu’il venait de déceler dans les sons tout aussi agaçant qu’alarmant ? Le lien avec l’imaginaire et ses merveilles se voit brusquement sectionné, laissant à l’hybride tout le loisir de poser ses pieds sur le sol d’un mouvement incertain. Il sert le livre, reliure sombre affichant le portrait voluptueux d’une femme aux intonations féroces, contre son torse, et se dirige vers la sortie sans trouver la force de s’interroger sur la cacophonie. Il a appris, depuis son arrivée dans l’horreur transcendante qu’est le château des I., que les réponses aux interrogations que les locataires pouvaient bien avoir le bon sens de se poser ne s’avéraient jamais très . . . intéressantes. Il revoit le portrait de sa mère, son propre reflet dans le sol miroitant de la salle de bal. Son souffle se fait court, hyperventilation passagère. Contrôle. Un, deux, trois. Allez, ça va. Il ne faut pas penser à ces choses là. Tu vaux mieux que cela mon petit William. Tu n’es pas fou. Pas encore.

Il avise un tournant entre deux étagères bondées de livres, son instinct lui dictant de prendre un chemin plus ou moins emprunté pour pouvoir mieux éviter le brouhaha et, plus particulièrement, sa cause. Pourtant, toutefois, malchanceux comme il est, le garçon n’a le temps de faire que quelques pas supplémentaires avant de se retrouver recouvert d’une substance huileuse et épaisse. Presque gluante. Il retient un cri de stupeur, faites que ce ne soit pas du sang, faite que ce ne soit pas du sang, son épiderme se volatilisant dans l’ombre l’instant d’une seconde. Il ne connait pas son pouvoir, ne se rend même pas compte qu’il vient de l’utiliser, brièvement nous en conviendront. Il rebascule dans le monde matériel, effrayé. Plus jamais, se dit-il mentalement, sa voix ayant le culot de trembler même dans les confins de sa tête, plus jamais ne suivra-t-il son instinct. Il ne lui apporte que des problèmes celui là. . .

William, sous l’impact et le choc, se laisse craintivement tomber à genoux. La force de l’objet métallique, à en juger par la résonnance, le rattrape et le laisse proie à une vive douleur. Ses mains viennent se glisser dans les mèches, maintenant poisseuses, qui obscurcissent coutumièrement son visage, tentant de masser la zone percutée. Ses mouvements son saccadées, nerveux. Un rire grinçant, comme une porte, comme la mort, lui parvient, glaçant au passage le sang qui circule dans ses veines, intensifiant son malaise et sa peur. Plus rien ne devrait l’étonner en ces lieux, après les poulpes, le réfrigérateur, après la forêt et le bal. Après toute la vérité . . . mais pourtant.

Lorsque ce n’est pas le pensionnat qui se moque de lui, ce sont ses pensionnaires. Il craint presque de relever la tête, entrevoit très clairement la cascade de mèches cuivrés de la junkie des cuisines. Horrible blatte. Le fils de riche ne se trouve pas bien loin de la réalité, remarque-t-il avec grande peine, alors qu’il se force, invoquant tout son courage, à relever le menton d’un geste se voulant hautain. Son regard améthyste percute un orange lancinant bariolé de noir, version exagérée, criarde, du roux plus doux de la chevelure du mannequin bipolaire. Une part de lui ressent la douloureuse envie de crier, la peinture lui coule entre les yeux et ses mains viennent frotter avec frénésie son visage enfantin. Un autre hurluberlu de première, un monstre à fuir. Rien que ce sourire atroce au sadisme palpable le prouve.

Il ne doit pas rester là. Oh non, absolument pas, sinon il va encore se retrouver dans la stérilité de l’infirmerie, sauf que cette fois ce sera lui le blessé et non Holly. Tentant de se redresser sur ses jambes tremblantes, et y arrivant de peine et de misère, il saisi entre ses mains menues le pot de substance poisseuse, de la peinture note-t-il avec une pointe d’espoir, et le propulse de toutes ses forces dans la direction général du rescapé d’asile qui s’amuse à se marrer, caricature parfaite du désaxé classique.

Le noble ne reste pas pour voir si son projectile atteint sa cible et tourne sur lui-même dans le but évident de fuir. Fuir cet être aliéné au plus vite et rejoindre les dortoirs. On pourra peut-être l’aider là-bas. Il trouvera Mahaut et tout ira bien. Il hoquète d’effroi, son épaule percutant le rebord d’une colonne remplie de tomes au passage. Cet accrochage suffit à le déstabiliser grandement et son équilibre, affecté par la collision, ne lui permet pas d’éviter la flaque de peinture qui s’étend sur le sol. Son pied droit y plonge répandant quelques vilaines éclaboussures à proximité et il glisse, et tombe.

Mary se retrouve à plat ventre sur le sol, la tête qui tourne, le genou qui élance, de nouveau traumatisé par le terrible pensionnat. Une journée de plus . . . Combien d'entre elles se verra-t-il encore contraint de subir.

Je vous en supplie, faites que ça s’arrête.


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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Mar 21 Fév 2012 - 22:30

{ Trick or Treat ? }

    Halloween ne pouvait se résoudre à s’arrêter de rire. Les bras croisés sur le ventre, replié sur lui-même comme un vulgaire paquet de chiffons suspendu dans les airs, l’esprit frappeur se bidonnait à s’en arracher les tripes, ou quoi qu’il puisse lui tenir d’organes internes, quand bien même il ne s’agirait que de vent. Halloween piquait des crises de fou rire environ quinze fois par jour ; malgré tout, alors qu’il aurait depuis le temps dû réussir à se contrôler, chacune était pour son esprit dérangé plus incroyable que la précédente. Il ne pouvait pas, physiquement s’empêcher de hurler de rire de cette manière, quand bien même la cible de son hilarité n’était qu’un pauvre garçon innocent sur lequel il venait de balancer un lourd seau de fer rempli d’un liquide immonde.

    Il fallait tout de même avouer que c’était tordant, de voir ce jeune homme aux grosses lunettes siii propres se retrouver avec de la peinture dégoulinant de partout, dans ses cheveux, son col si blanc et si soigné, ses oreilles impeccables, et sur son complet d’un violet nickel. Magnifique violet, d’ailleurs. Halloween avait bien envie d’en faire des guirlandes de papier. Alors qu’il formulait cette pensée, l’esprit frappeur vit avec stupeur sa victime disparaître, le temps d’une demi-seconde. Reprenant son souffle, il écarquilla les yeux sans quitter son air hilare, pour constater que l’espace d’un instant, le gamin à la tête d’aristocrate avait semblé se fondre dans l’ombre des étagères. D’une manière qui semblait indépendante de sa volonté, puisqu’à peine réapparut il se laissa tomber à genoux sans esquisser un geste de fuite. Ca s’était bizarre, tiens. Il ne devait pas en avoir beaucoup dans la cervelle, ce môme, sinon il aurait pris ses jambes à son cou sans attendre. Peut-être qu’il pensait pouvoir se battre contre Halloween ? Euh… lui résister d’une quelconque manière ? Cette idée secoua à nouveau les épaules du Poltergeist ; mais apparemment ce n’était pas le cas, vu que l’adolescent resta par terre, sous le choc et incapable d’exécuter le moindre geste, tandis que son agresseur s’efforçait d’étouffer son rire compulsif dans les replis d’une de ses manches tout en le dévorant d’un regard hilare.
    Il avait quel âge ? D’après son expérience, Hallow’ pouvait affirmer qu’il n’avait pas encore dépassé l’âge où les humains commençaient à rejeter en bloc l’idée que quoi que ce soit puisse se dissimuler sous leur lit. Tant mieux, parce que ces hommes-là rendaient Halloween fou de ressentiment. Comment ça, on ne croit plus aux fantômes ? On va vous en donner, du revenant ! Cet enfant-là avait donc encore du potentiel. En outre, il avait de très beaux habits, très tentants, oh oui. Ca faisait longtemps qu’Halloween n’avait pas vu ce genre de tenue, mais ça lui plaisait bien. Salir à ce point ces beaux habits, beuuâaaaark ! Quel dommage !
    La main invisible sous le tissu orange s’ouvrit soudain et laissa échapper comme par mégarde la poignée du récipient maculé de noir qui y était encore accroché ; celui-ci alla droit s’écraser sur la nuque du malheureux pensionnaire, avant de rebondir et rouler sur le sol dallé dans un bruit de ferraille. Le jeune homme, désorienté, paniqué, tentait à la fois de frotter la zone endolorie et de nettoyer ce qui lui coulait sur le visage, avec des gestes convulsifs qui n’avaient pour seul effet que de faire s’esclaffer Halloween de plus belle. Bientôt, son rire grinçant emplit la salle toute entière, rebondissant sur les murs en un écho macabre.

    Le jeune homme relève la tête ; ses yeux d’un violet profond font la rencontre du orange made in 31. C’est beau, hein ? Halloween voit clairement que son sourire de plaît pas à l’inconnu, au pauvre petit garçon dont le calvaire ne fait que commencer, et c’est pour cette raison qu’il étire encore un peu plus ses muscles faciaux, jusqu’à ressembler à une grotesque parodie du chat du Chester. Amusé, il va jusqu’à se retourner sur le dos en laissant sa tête en place, image cauchemardesque d’une marionnette de chair tordue. C’est alors que le pensionnaire lui renvoie en pleine tête le seau qu’il lui avait lâché dessus précédemment. C’est de bonne guerre, songe Halloween en regardant l’objet arriver, inconscient encore une fois qu’il possède désormais un corps tangible. Le choc sur son visage est aussi désagréable que les fois précédentes, et l’esprit se frotte les nez en grondant, parce que même s’il commence à avoir l’habitude, il ne faudrait pas que cela se produise trop souvent. Ignorant la douleur lancinante qu’il ressent au milieu du visage, Halloween reporte alors son attention sur sa victime qui met à profit cette diversion pour tenter de s’enfuir. Sauf qu’il y a beaucoup de peinture sur le sol. C’est glissant, hein ?
    Hallow’ laissa échapper un maigre rire sournois lorsque le petit brun aux mèches folles s’étala de tout son long sous son regard orange. Ouille, ça fait mal. Tout en se frottant une dernière fois le nez, l’esprit frappeur effectua une galipette avant de plonger sur sa victime, qu’il survola avec amusement, avant de venir flotter juste sous son nez. Halloween était adepte des postures incompréhensibles, et cette fois ne fit pas exception à la règle : le jeune homme étant à plat ventre par terre, l’esprit mis sa tête à son niveau, mais garda le reste de son corps dressé derrière lui, oscillant entre horizontalité et verticalité comme s’il ne savait pas trop où se mettre. Avec un sourire extatique, Halloween agita les immenses chutes de tissu orange qui formaient ses manches sous le nez du brun :

    « Alors, on en a assez de s’enfuir ? T’en fais pas, on va bien s’amuser toi et moi. »
    Pour appuyer ses propos, le spectre appliqua ses deux mains – ou plutôt une main et un gant en forme de patte de chat - sur les lunettes du garçon pour les barbouiller de peinture noire. Avec un ricanement sec, il recula pour observer le résultat et éviter un éventuel coup, avant de reprendre :

    « Comment je vais t’appeler, toi ? Vu qu’on va s’amuser toi et moi, moi et toi, il faut bien que j’en trouve un, non ? Alors ? arlequin, berlingot ou lollipop ? »
    Et à chacun de ses mots, Halloween faisait surgir de ses mains la sucrerie correspondante, jusqu’à ce qu’un ballet de bonbons en tous genres se mette à flotter autour de lui. Sans diminuer d’un iota son sourire, l’esprit se retourna sur le dos et saisit un rouleau de ruban noir qu’il coinça entre ses dents.

    « Réglisse, miam. Parce que tu es noir, tout noir, hiiihia ! »
    Ce faisant, Halloween tendit au jeune homme une sucette multicolore :

    « Trick or treat ? »
    Connais-tu la suite de l'histoire ? A ta place je ne me tromperais pas.



No problem ^^
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Jeu 12 Avr 2012 - 3:12

Il ne veut pas relever la tête, il ne veut pas que cette affreuse vision de noir et d’orange percute ses iris améthystes de ses teintes criardes et peu vénérables. Il ne veut plus entendre ce rire grinçant qui se rapproche à une vitesse inhumaine, grandiose dans sa rapidité, mais terrifiante dans sa tangibilité. Et plus que tout il ne veut plus être coincé dans ce ridicule manoir des damnations, pensionnat des êtres victimes de la malédiction terrible des I. Il ne veut plus du tout, il en a assez . . . et depuis combien de temps scande-t-il ce monologue interne dans les confins de son esprits, requêtes éplorées ricochant contre ses parois mentales avec insistance, s’accouplant avec la vision fleurie de sa mère et le rapprochant, un peu plus chaque jour, de la folie qu’il craint depuis toujours ? Depuis combien de temps moisi-t-il ici, loin de son riche héritage, loin de ses pièces de théâtre et loin des sms redondants de ses cousins inquiets ? Trop longtemps, trop longtemps . . . malgré l’habitude, malgré la mine d’or de livres qui s’étendent tout autour de lui, salis par les interpéries huileuses que le barjo présent s’efforce de lancer partout, rien ne suffira à le faire apprécier cet horrible endroit. Certainement pas aujourd’hui, dans tous les cas.

De l’orange vient perler d’entre les espaces laissés par les mèches sombres et folles du voile de cheveux obscurcissant son front rendu poisseux par ce qu’il espère être de la peinture. Noire, comme les intentions de la Famille de fou qui les détient. Ses lunettes dont la peinture a rapidement et négligemment été enlevé amenuisent sa vue la laissant vague et insouciante des détails. Pourtant, il n’a aucun mal à percevoir la cauchemardesque couleur de l’Halloween. Il mordille sa lèvre, la peur rongeant ses extrémités nerveuses mieux que n’importe quel venin, il voudrait bien se relever et bondir tel un guépard vers la sortie de la pièce, mais rien ne lui garantirait que l’aliéné de service ne le poursuivrait pas dans le labyrinthe complexe des couloirs et puis, de toute façon le grotesque individu lui barre la route de sa jovialité inquiétante.

William relève les yeux malgré lui, ses paumes venant poussées contre les lattes de bois définissant le plancher de sorte à se distancer un poil ou deux de ce dernier. Orange. Sourire. L’hilarité caractéristique observée chez les malades mentaux les plus étranges et mégalomanes. Ce dernier démontre une position déroutante dans son impossibilité, car ce tenir debout d’une telle manière pendant un si long laps de temps prouve une flexibilité certaine ou un manque d’humanité quelconque. Car si William lui-même peut avoir de lointains parents féériques, rien ne permet d’affirmer que tous les pensionnaires sont humains. Les manches du monstre virevoltent devant son nez, animées de sursaut, suivant les exclamations agaçant de l’effrayant personnage. En a-t-il assez de s’enfuir ? Oui ! Évidemment, mais comment est-il sensé conserver sa vie et ne pas se faire tuer s’il ne fuit pas ? Ce n’est certainement pas l’immobilité qui l’auraient sauvé des poulpes ayant envahi sa chambre auparavant. Il tentera de fuir de nouveau dès que l’occasion se présentera. Il le faut.

Mais pour l’instant, l’orange se volatilise et sa vision bascule dans le noir. La pression de la monture de ses lunettes lui arrache une plainte douloureuse et il tente de balayer le touché non-désiré d’un geste vif de sa main. Mouvement frustré et terrifié qui ne rencontre que le vide le plus contraignant qui soit. Lui est-il impossible de brusquer le gamin qui jubile près de lui ?

L’autre explose de joie. S’amuser ? William n’en possède pas la même définition. Pour lui s’amuser, ça se fait avec un livre, avec un morceau de Chopin ou un délicieux script qui attend impatiemment de prendre vie sur scène. S’amuser c’est prendre une marche dans la forêt, c’est annoté de la poésie dans un coin de ses cahiers de gestions. S’amuser, c’est presque tout sauf ce qu’il vit présentement, ribambelle de sucrerie qui fascinerait les plus jeunes lévitant en cercle continuelle autour de sa petite sature. Ils apparaissent tour à tour, les bonbons, suivant les rythmes des paroles énergiques du fléau criard. Ses sens lui hurlent de s’approprier son nom, alors que l’autre tente de le lui voler, de le renommer. Il dénigre mentalement sa condition dépourvu de classe, de la moindre parcelle de noblesse, persiffle contre sa faiblesse de toutes les façons possibles. Monologue évoluant en colimaçon au travers de la tête du jeune et riche noble. Mais, mais il a si peur . . . Ses mains menues viennent de nouveau tenter de nettoyer le plus possible ses lunettes, les arrachant de sur son nez avec fébrilité, poigne tremblotante clair comme de l’eau de roche. Il n’arrive pas à parler, sa gorge nouée par l’effroi semble être faites de béton, seul des sons indistincts et pathétiques réussissent à s’en extirper.

Une sucette se trouve planté devant son regard rendu plus perçant par l’absence de lentilles, après tout, les lunettes sont un subterfuge destinées à masquer son visage du regard troublant du monde extérieur, un rampart le protégeant de la voracité d’autrui. La sucette, imposante tant elle se trouve à proximité de son visage, s’avère être composée une fontaine de teintes qui spiralent et s’enchevêtrent les une sur les autres sans grâce, un tourbillon sucré et déroutant. Tenant toujours ses lunettes d’une main, Mary tend la seconde, effleurant la friandise du bout de ses phalanges tachées avant de la saisir nerveusement. Il la ramène vers lui avec une méfiance apparente sans l’observer, prunelles rivées sur l’apparition fantasque qui le tourmente. Trick or treat ?

Trick or Treat.

Il se relève avec caution, jambes flageolantes peinant sur son poids minime, jauge ‘’l’ennemi’’ du regard, analyse ses possibilités. Si l’autre lui barre la route, il doit la créer, non ? Mais comment . . . ? William sait qu’il ne peut se résoudre à ne rien faire, craint les représailles que lui vaudrait sa passivité. Ce faisant, il imite le dédalle de ses actions précédentes, s’approchant suffisamment de l’ignoble garçon pour pouvoir l’attaquer du mieux qu’il peut. Contrastant avec son immobilité précédente, la vitesse de ses mouvements prend certainement au dépourvu. Il vise l’œil, l’intention de le crever apparente, mais ne reste pas face à son tortionnaire assez longtemps pour savoir si le bâton du lollipop à bel et bien perforé l’individu. Aussi longtemps que la diversion est partielle . . .

« TRICK, YOU GODAMN GIT ! »

Puis il s’élance dans la direction opposée, pour faire quoi, pour aller où ? Il ne sait pas trop, se contentant simplement de bouger pour trouver une idée, de bouger pour mieux pouvoir tenter de fuir. Au moins, comme ça, il a l’impression de progresser. Peut-être pourrait-il faire tomber une des étagères ? L’idée d’endommager les bouquins l’indispose, mais il persiste dans sa trajectoire bifurquant dans une allée intouchée par la peinture. Il doit réussir à la faire basculer. S’en suivra un effet domino. Il pousse les bouquins et plaque son petit corps contre le squelette du large meuble de toutes ses forces.

Par pitié.

And Boring Willy flies away, brown bunny cast astray, will you catch him Mister Candy, to your dance make him sway ?
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Dim 22 Avr 2012 - 21:56

{}

    Un regard égaré, puis un geste convulsive pour tenter de chasser l’esprit qui le tourmente ; impossible, cependant, de se débarrasser si facilement d’Halloween. L’esprit frappeur joue avec sa proie comme un chat avec sa souris. Tout d’abord il la chatouille des crocs, pour éprouver son endurance…
    Le jeune garçon retira les verres gluants et inutiles de ses yeux, pour découvrir la farandole de sucreries tournoyant autour de son tortionnaire et lui, comme une ronde infernale les enfermant dans un cercle de plus en plus restreint. Jubilant, Halloween aperçut l’éclat d’un violet profond là où il n’espérait guère plus qu’un marron boueux quelconque. Le garçonnet en lévitation n’aimait rien tant que - sa fête personnelle exceptée - les couleurs violentes et les visions bariolées : la surprise constituée par ce mauve inattendu le remplit de joie, lui donnant une envie plus vive encore de jouer avec son possesseur. Tout juste ne battit-il pas des mains, avant d’effectuer une pirouette et proposer une longue liste de pseudonymes, s’arrêtant sur le nom de la sucrerie qu’il tenait entre ses dents. Tout en la croquant avec application, dévorant à la fois des yeux sa tendre nouvelle victime, le garçonnet répétait le mot choisi comme une sourde litanie. Licorice, licorice… Le pensionnaire suivait des yeux la danse des friandises, lui aussi, et Halloween vit l’éclat améthyste de ses prunelles s’arrêter sur une sucette aux couleurs tourbillonnantes. Licorice boy, black boy, give me a trick ? Or I’ll must… Sans doute Halloween n’avait-il aucune idée de la réaction que pourrait avoir le garçon face à la situation qu’il lui avait imposée. Nous ne parlons pas là d’un modèle de prévoyance ; il est plutôt certain que l’esprit était incapable d’imaginer la suite des évènements, et que d’ailleurs il n’en avait pas l’intention. Penser au futur est ennuyeux quand le présent est si palpitant. A fortiori, nul besoin de s’en inquiéter lorsqu’on ne redoute rien.
    Et Halloween ne redoutait rien.
    C’est pourquoi il se tenait ainsi face à celui qu’il avait l’intention de tyranniser jusqu’à, pourquoi pas, le rendre fou ; sans aucune crainte, l’observait avec curiosité alors qu’il se saisissait de la sucette qu’il n’avait de toute évidence pas l’intention de croquer. Sans la moindre prudence, laissait son vol le rapprocher et ses pieds effleurer le parquet au bois vieilli ; inconscient, jusqu’à ce que la souris se redresse avec brusquerie et plante violemment le bâton de la sucette dans son œil orange en hurlant.

    « TRICK, YOU GODAMN GIT ! »
    Le bâtonnet perça la prunelle de l’esprit frappeur sans rencontrer de résistance, s’y enfonça jusqu’à la périphérie du tourbillon multicolore. Hallow bascula en arrière sans pousser le moindre cri, ou afficher un quelconque signe de résistance, ou même d’autodéfense. Le garçon brun en profita pour s’enfuir entre les étagères, rapide comme une ombre insaisissable.

    Après avoir heurté le sol froid, l’esprit frappeur resta un moment immobile, tel le chat faisant le mort pendant que la souris court vers son trou dans l’espoir de s’échapper. Puis, d’un geste inhumain, comme une marionnette tirée par ses fils, son corps bascula en position assise, le sang dégoulinant sans retenue sur ses habits oranges.
    Douloureux… c’est douloureux…
    Une grimace démesurée étira les lèvres blafardes en un substitut dément de sourire, et le corps frêle fut secoué par un irrépressible éclat de rire. En acquérant une consistance solide, Halloween avait également hérité des connexions nerveuses propres aux êtres vivants, ce qui faisait de lui une créature capable de ressentir la douleur ; néanmoins, celle-ci ne l’affectait pas de la même façon que les humains, faisant naître dans son esprit une excitation hors mesure là où tout homme serait devenu fou de souffrance. Halloween était déjà fou.
    Son rire prit des accents morbides et s’éleva, ricochant sur les murs de pierre jusqu’à emplir toute la salle.
    L’esprit frappeur se releva, les deux pieds bien fixés au bois glacé, une main sur le visage ; ses yeux s’agrandirent malgré la présence de l’objet qui en perçait un, alors qu’un sombre murmure se glissait entre les étagères :

    « Then it’s a treat for you bad child… »
    En prononçant ces mots, le sang ruisselant à flot sur son visage blême, celui qui avait l’apparence d’un enfant avait décidé de la manière dont il allait se jouer de la souris qu’il avait débusquée. Il prenait cette aspect qu’il utilisait jadis dans les sombres demeures propices aux cauchemars, jaillissant des ombres tel un pantin désarticulé, couvert de cette hémoglobine qui faisait suffoquer les hommes, arborant ces blessures atroces qui faisaient s’effondrer les femmes et hurler les enfants. Il n’avait jamais pu comprendre dans son propre corps l’origine de cette peur, la douleur le laissant indifférent, mais savait parfaitement comment la générer.
    Le rire de gorge si différent des accents suraiguës précédents alla nourrir l’écho bondissant entre les murs, et Halloween s’avança en titubant vers les étagères qui abritaient sa chère sucrerie, prenant soin de faire résonner chacun de ses pas, trébuchant une fois sur deux. Paf. Paf. Bam. Paf. Paf. Bam. La pièce s’assombrit très nettement, et un souffle froid comme la mort se glissa entre les couvertures de cuir, jusqu’aux ouvertures du col amidonné de sa proie.
    Soudain, alors que l’esprit avait atteint les meubles si hauts, un tremblement les agita. Un livre dégringola, très vite suivi d’un autre. Halloween les suivit de l’oeil, un regard désintéressé. Puis l’un d’entre eux lui atterrit sur le crâne ; il chancela, observa l’objet souillé d’écarlate, puis sourit à nouveau, démesurément, et son rire hystérique creva l’espace tandis que tout la bibliothèque s’écroulait sur son corps meurtri.

    Il passa un long moment avant que rien ne se passe. Le bruit de la chute s’estompa, la poussière retomba. Sous un épais monticule d’ouvrages, Halloween gisait les bras en croix, enfoncé dans ses vêtements trop amples ; aucun souffle dans sa cage thoracique d’enfant. Un livre avait été tordre la sucette toujours fichée dans son œil gauche ; ses habits étaient maculés de rouge. Toutefois, les prières de William ne pouvaient être exaucées.
    Tout comme il est impossible de tuer un concept, un cauchemar ou une obsession, il était impossible de tuer Halloween. Il n’était pas vivant au sens propre du terme. Il existait, à condition de faire ce pour quoi il était fait.
    Le silence reprit ses droits, et Halloween ouvrit les yeux, indifférent à la montagne de livres qui l’écrasait. Il attendait, tout comme le chat joue avec sa proie jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus de crainte. Il sentit soudain la présence de Will, toute proche.
    Une main gainée d’une mitaine bariolée, attaché à une ample manche orange par un bracelet de fer et des chaînes, jaillit soudain du tas de livres, comme tout droit sortie d’un film d’horreur. Une voix d’outre-tombe accompagna la chute de quelques ouvrages au sommet de la pile.

    « Did you kill me, Licorice boy ? »
    Un des grands sujets d’expérience d’Halloween était la contrefaçon de voix. Il trouvait cela particulièrement amusant. Déblayant le chemin des deux mains, le garçonnet s’extirpa de sa tombe littéraire et glissa jusqu’à sa base, avant de se remettre à flotter, se rapprochant lentement du jeune homme. Lui offrant la vision cauchemardesque de son visage enfantin ensanglanté, distordu par un rictus ironique, il porta une main à son œil blessé et en arracha la sucette, faisant gicler son sang qui se mélangea à la peinture sur ses doigts. Puis, en observant sa proie avec délectation, l’esprit frappeur lécha le sang sur le bâtonnet avant de porter la sucrerie à sa bouche pour la mordre à pleines dents – qu’il avait, au passage, fort aiguisées – et la garder ainsi. Ses mains libres claquèrent, et soudain, toutes les lumières s’éteignirent autour des deux pensionnaires. Halloween rit à nouveau et planta son regard à la fois orange et sanglant dans les yeux violets de son agresseur :

    « Let me see how you’d feel just like me, in a small, small, very small box ! »
    A ces mots, les ténèbres semblèrent se resserrer autour des deux protagonistes, les enserrer à les étouffer. Impossible à distinguer des hallucinations d’un esprit malade, des ombres se mirent à murmurer autour d’eux, à les effleurer sans se dévoiler. L’obscurité sembla prendre vie, et seul l’œil intact d’Halloween brillait dans la pénombre, d’une lueur tremblotante, comme un petit lampion orange.
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Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? | Alea Miller.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Jeu 23 Aoû 2012 - 0:37

Boring Willy is so scared; oh so scared. What will you do Mister Candy, will you drown him in Despair ?


Les bouquins déboulent hors de l’étagère, ouragan violent de paperasse à la valeur inestimable, paperasse qui, à défaut d’être certainement endommagée, lui sauvera la vie, le débarrassera de ce monstre hilare et visiblement sanguinaire. Du moins, c’est ce que William espère de toutes ses forces, tremblotant, alors que son corps se voit entraîné vers l’avant sous la force de la poussée qu’il a infligé à l’immense meuble. L’une des tablettes vidées de livres s’enfonce dans sa cage thoracique, lui coupant ainsi le souffle, le désorientant. La cacophonie qui s’empare maintenant de la bibliothèque, lieu presque saint aux yeux du jeune noble, est telle que tous ses sens s’en voient assourdis, bloqués dans un mutisme effrayé. Il entend les cris des quelques pensionnaires n’ayant pas quitté les lieux dès l’apparition fantasque et dangereuse du garçon orange, puis un vacarme innommable répandant sa destruction. Les pages des manuscrits se déchirent, le bois des étagères se fend. Et William se tient, à quatre pattes, haletant tel un mourant, au beau milieu de ce champ de connaissances apocalyptiques.

Déstabilisé, il agrippe l’arbre manufacturé ayant marqué le début de sa fuite désespérée. Il sent des échardes lui poignarder la peau, mais ne peut se résoudre à se remettre en mouvement, à profiter de sa diversion pour fuir, loin. Terriblement loin. William est paralysé par l’effroi, hors de tout contrôle. Incapable d’intelliger la succession d’évènements l’ayant menés à cette position ; à même le sol tel un rongeur insignifiant. Encore une fois, il stagne dans le surréalisme que lui impose le pensionnat, crachant sur cette incohérence fantaisiste qui se perd dans l’horreur sanglante.

Le silence retombe, les murs discutent entre eux. Mahaut n’avait-elle pas dit que le pensionnat lui-même était vivant, organisme à part entière se nourrissant de l’esprit de ses pensionnaires jusqu’à consumer entièrement leur raison. Peut-être était-ce ce qui avait mené ce fantasque monstre orange à répandre un tel chaos, proposant des friandises comme on proposerait la mort. Mary ne perçoit plus le moindre son et il ignore si cela devrait l’inquiéter ou le rassurer. Il se relève bêtement, titubant sur ses jambes molles, essuyant, une nouvelle fois, la peinture séchant sur ses lunettes d’une main frétillante de nervosité. Il se sent poisseux, la peinture recouvrant sa petite figure ne lui rappelant que trop bien les vomissures ayant striées la cuisine, le laissant trop facilement envisager cette cave rampante de danger. Au moins, Mahaut l’avait accompagné dans son calvaire dans la pénombre d’encre des sous-sols . . . Rassurante.

À l’instant, il se trouve seul, abandonné à lui-même face à un débile rescapé de il-ne-sait-trop quel endroit, hérétique hilare qui semble s’exciter de ses cris et de sa peur. Il entend sa voix, plus sombre, cadavérique, qui résonne comme des cloches funèbres s’approcher tel un cauchemar lancinant. William frissonne, saisit d’une intense envie de se rouler en boule dans le creux d’une étagère enfoncée pour pleurer toute cette crainte qui enflamme ses nerfs. Il n’ose pas relever les yeux, pourtant il le sait juste en face de lui, ce monstre, toujours vivant, toujours rieur, malgré la chute d’un bon nombre de meubles géants sur sa petite sature filiforme. Cet être n’est pas humain, n’est pas . . . Une horrible créature envoyé par le pensionnant pour le terroriser ! Comme les poulpes ! Voilà ce qu’il est !

William relève la tête, glissant une langue tendue sur sa lèvre inférieure qu’il découvre fendue, filet de sang dégoutant le long de son menton. Cette blessure, très certainement un résultat de l’avalanche d’étagères ne le perturbe toutefois pas. Non . . . impossible d’être perturbé par soi-même lorsqu’une telle vision se dévoile à vos prunelles innocentes. William n’a jamais vu la violence de la mort ailleurs que dans une télévision, ne s’est jamais imaginé qu’il pourrait un jour la rencontrer en tête à tête. Il veut hurler, mais le cri s’évapore dans son œsophage, alors qu’un haut de cœur naît vicieusement.

Un visage bariolé de sang qui ruisselle et ne cesse de ruisseler, le rictus inquiétant de l’apparition irréelle, prononçant cette impression distincte d’horreur. William sent une dizaine de mille-pattes courir le long de sa colonne vertébrale. Toute cette situation est si épouvantablement dantesque. Il observe, tétanisé d’effroi, le bâton solidement enfoncé dans l’œil du gamin hilare, continue de le fixer, alors que se dernier le retire lentement, l’arrache vivement, peinture venant côtoyer le vermeil du sang. De la bile âcre noie la gorge du jeune noble qui n’arrive pas à décrocher son regard de l’horrible scène. Une langue vient caresser la sucette baignée de sang, les pieds de l’aliéné tordu ne touchent pas le sol. Et ce regard . . . cet effroyable regard. William se sent comme une proie prête à être impitoyablement dévorée. Il recule d’un pas maladroit, s’empêtrant presque dans ses jambes. Des dents acérées brisent la friandise, des paumes se rencontrent dans un claquement sonore qui laisse William en proie à un vif sursaut.

Puis . . . Puis . . .

Les lumières s’évanouissent, obéissant aux désirs du monstre caricaturé qui jubile devant lui. William recule de nouveau. La peinture dégoulinant de ses cheveux a partiellement séché se fait maintenant pâteuse. Il hoquète de malaise. Les ténèbres les enveloppent et cet œil intact brille comme un phare défectueux lors d’une nuit sans lune, macabre et grotesque. Il recule et recule et mille voix lui susurrent d’abandonner, de jouer, chuchotements imprécis qui accélèrent les battements de son cœur déjà surmené. Sa cage thoracique menacerait presque de défoncer. Il a si peur . . . Des larmes viennent brouiller sa vision, il recule, recule, la sensation d’être pris au piège s’intensifiant. Il en vient à trébucher, ses tibias heurtant une surface dure qui craque lorsqu’il s’effondre dessus. Une étagère. Ses mains, fébriles outils, viennent farfouiller maladivement dans le tas de livres endommagés qui dépassent du meuble déchu. Il voit, tout près, trop près, la lanterne vacillante qu’est le regard de son tortionnaire, entend cette respiration terrifiante qui se moque de lui. Il agrippe un livre, les larmes coulant sur ses joues, et le lance faiblement dans la direction de la lueur. Sa respiration augmente de tempo, les ombres bougent tout autour, effervescentes et William se retrouver coincé dans une horrible perspective. Il étouffe, il ne peut pas s’échapper. Il est littéralement pris au piège. Il sanglote piteusement, agrippant un autre livre et le lançant, puis un autre, et un autre, et un autre. Inlassablement. Il panique poignant de ses gémissements larmoyant un pathétique portrait.

« I am not in a small box, I am not in a small box, I am not in a small box . . . »

No. It’s much worse than that.

« LEAVE ME ALONE ! »

•William fouille accidentellement les étagères 26 à 31. ~
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Sam 25 Aoû 2012 - 20:50




William fouille les étagères 26 à 31, et trouve :

« Rien du tout »


[ACTION 1/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Jeu 30 Aoû 2012 - 22:44

    Du sang. Halloween avait le goût de l’hémoglobine qui lui dégoulinait sur les joues, telle des larmes de sang, sur la langue. Une saveur qu’il n’avait jamais sentie, malgré la fréquence à laquelle il avait l’habitude de l’invoquer. Et là, c’était encore différent, puisqu’il s’agissait de son propre sang, celui qui n’aurait jamais été censé couler, puisqu’il appartenait à un être immatériel. Techniquement, les morts n’avaient pas besoin de globules, rouges, après tout. Halloween lécha le sang sur ses lèvres avec application, se délectant de son goût ; les vampires n’avaient pas tort d’en faire leur nourriture quotidienne.
    Pendant ce temps, les ténèbres se resserraient autour du pauvre garçon dont il avait fait sa proie. Il semblait en souffrir, comme un petit animal coincé dans un piège qui l’étoufferait petit à petit. Toujours flottant, Halloween l’observa avec un intérêt presque scientifique, tandis qu’il répétait pour lui-même, dans une litanie furieuse presque hypnotique, des mots vides incapables de le rassurer. Puis il hurla.

    « LEAVE ME ALONE ! »
    Halloween évita un livre, deux, avec l’aisance d’un oiseau faisant du rase-motte, et se prit le troisième entre les deux yeux. Les ténèbres chancelèrent un instant, tandis que l’esprit pas si transparent que ça se frottait le front en pestant contre cette nouvelle attaque, puis se reformèrent. Avec un esprit de vengeance tout enfantin, le garçon grogna de rage, saisit un livre sur l’étagère la plus proche et le projeta avec toute la force dont il était capable en direction de la souris qui osait se débattre.

    « ENOUGH ! »
    Le jeu, ce n’était pas blesser Halloween, mais lui procurer du divertissement ; de quel droit cherchait-on à renverser la donne ?
    Une fois le projectile envoyé, l’enfant se calma instantanément et, tournant son regard orange en direction des quelques étagères encore debout. Il y réfléchit un instant, puis un sourire mauvais déforma son faciès trompeur d’enfant encore innocent. Entonnant tout bas une quelconque chanson dans un vieil anglais, d’une voix lugubre, Halloween fouilla parmi les livres à sa hauteur, examinant les titres et les rejetant les uns après les autres dans son dos, où ils allaient rejoindre le plancher maculé de peinture où gisait encore misérablement l’enfant enserré dans les ténèbres. Quand enfin, l’esprit tomba sur un ouvrage qui conviendrait à ses desseins, il laissa échapper un petit rire aigu, et plongea vers sa victime, se positionnant tout près de son oreille – prêt à s’enfuir si toutefois licorice-boy tentait de se défendre par la force. C’était agaçant, de devoir ainsi se prémunir contre ses victimes.

    « Tu n’es pas vraiment sage, tu sais. Mais je vais être gentil avec toi quand même ; si tu jouais avec moi ? »
    Exprimée d’une telle voix, aux accents d’une jeunesse si pure, la requête aurait paru d’une innocence des plus profondes à l’oreille de quiconque n’aurait su de quelle bouche elle sortait. Et encore, au milieu des ombres, elle aurait pu sembler une porte de sortie qui s’y serait entrouverte ; mais les intentions d’Halloween étaient loin d’être si miséricordieuses.
    L’enfant monstrueux effleura de ses amples manches les mèches souillées par l’encre et les larmes du front de Will, soufflant toujours d’une voix aussi tentatrice :

    « Si tu gagnes, je te laisse partir ; une réponse juste, je dissipe l’ombre, deux, je te laisse avancer jusqu’à la porte ; trois, tu pourras quitter cette pièce. »
    Une irrépressible grimace qui aurait pu passer pour un sourire émerveillé déforma encore une fois le visage à la peau blafarde, tandis que de sa gorge naissait un rire aigrelet ; dans le noir, deux yeux brillaient encore d’une lueur orange malsaine. Halloween roula sur le dos, ouvrant entre ses mains le livre mystérieux, faisant bruisser ses pages sans pour autant le dévoiler.

    « Première question : Who am I ? Do you know it ? »
    Débats-toi, petite souris, entre ces fils tranchants qui menacent de te découper en morceaux ; quelle que soit la chute, l'enfant cruel en rira longtemps.
    Halloween secoua le livre sous le nez de William, en attente de sa réponse qui déclencherai, à n'en pas douter, une nouvelle farce de sa composition. Il était impatient, impatient... à quelle sauce allait-il le dévorer ?
    Mais ce faisant, l'objet ainsi maltraité finit par recracher son secret, et une vieille feuille de papier ainsi qu'une photo moisie par le temps s'en échappèrent, tombant au sol sous les yeux des deux protagonistes. Vaguement intéressé - après tout, il était fort probable qu'il ne s'agisse que d'une page arraché de ce vieux bouquin par sa rudesse - Halloween fit cependant renaître un petit foyer de lumière orangée entre lui et sa victime, afin d'examiner rapidement l'objet. La photo représentait deux humains, et la feuille était couverte d'une écriture manuscrite. Le garçon fit la moue, dépité : cela n'avait rien d'intéressant ! Il envisagea d'aller noyer le tout dans une flaque d'encre avant de reprendre son jeu précédent, nettement plus divertissant.


Dernière édition par Halloween le Dim 7 Oct 2012 - 22:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Dim 7 Oct 2012 - 21:41




Halloween fouille les étagères 21 à 25, et trouve :

« Une photographie d'un jeune homme roux et d'une adolescente blonde dans un bouquin, accompagnée d'une feuille »

[ACTION 2/4]

2


La soirée s'est déroulée sans encombres, et je n'ai pas grand chose de plus intéressant à relaté. J'apprendrai peut-être quelque chose de plus demain... L'endroit est vraiment intrigant. Trop parfait peut-être. Utopique...
Il vaut mieux que je me couche. Je suis un peu fatigué et je ne voudrais pas que cela influe sur mon jugement.

-------------------------------------------------------

Le XX/YY,

J'ai passé la nuit ici, comme on me l'a proposé. Me mêlant au flot des étudiants qui résident ici, j'ai réussi finalement à retrouver la joyeuse bande qui m'avait accueilli la veille. Ils m'ont proposé aimablement de les accompagner à leurs cours du jour, me promettant que ça me plairait... Franchement, je n'étais pas sûr de vraiment m'intéresser, toutes ces choses si scolaires me paraissent un peu barbantes. C'était sans compter sur les remarquables professeurs qui se trouvent ici. Ils ont tous réussi a rendre leur matière extrêmement vivante, et j'en f ut stupéfait. Je me surpris à m'intéresser à la biologie (moi qui préfère la physique ou la littérature), et même les mathématiques, malgré leur niveau de difficulté certaine, m'ont parut beaucoup plus clair que les cours que j'avais reçu jusqu'à maintenant, et je ne crois pas me tromper en disant que j'ai pu réaliser aujourd'hui des exercices du niveau d'un universitaire en programme avancé... Je le sais car mon frère le plus âgé fait des études scientifiques, et j'ai déjà pu jeter un coup d’œil à son programme il y a quelques mois. Je me sens tellement désolé de ne pas avoir pu retenir le nom de tous ces maitres pédagogues. J'aurai voulu pouvoir leur rendre honneur en inscrivant leur nom dans ce journal. Je me souviens juste d'une Miss Jones, car elle était assez appréciée des élèves qui m'ont intégré à leur bande.
Cependant, ils avaient tous l'air beaucoup plus impatient de débuter l'heure précédant la pause de midi. Ne voulant pas me gâcher une agréable surprise potentielle, je ne leur demandais rien, et répondait par un sourire à leurs regards satisfaits, qui me disaient silencieusement que j'allais être bien surpris.
Et je le fus. Et je le suis encore.
Il s'agissait d'un cours de magie. Je n'en revenais pas. Cette heure fut merveilleuse et passionnante. L'une des plus enrichissante de toute ma vie. Notre professeur s'appelait Christian, et visiblement il était assez populaire parmi tous les élèves présents. Souriant, drôle, sympathique mais sérieux et passionné ; non seulement sa personne et son charisme aurait pu rendre fascinante l' analyse du plus barbant des livres, alors - imaginez ! - la magie ! Je n'en reviens toujours pas. Apparemment, toute personne franchissant les grilles de ce pensionnat se trouve enrichi d'un pouvoir pouvant varier. Je ne sais pas si cela a eu également effet sur moi... Mais beaucoup d'autres élèves ont l'air de ne pas avoir encore découvert le leur. Dit comme ça, je sais que cela peut paraitre iréel et absurde, mais j'en ai bien vu se métamorphoser comme dans les contes, changer de couleur, devenir invisible, ou cracher des pic de glace. C'est improbable et tellement fabuleux...




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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Ven 28 Déc 2012 - 5:55

Il transpire le déclin et la peur, les livres quittant sa poigne dans un délire successif jusqu’à que l’un d’eux atteigne sa cible, un gamin barbouillé d’orange, de sucre et de peur. Il ne prend pas le temps de regarder où son tortionnaire est percuté, à quoi bon, les larmes glissent telles des lames sur ses pommettes et brouillent sa vue et ce qui s’offre à sa vison ne se résume que par un amas de formes colorées picorées du noir qu’il n’a pu retirer de ses lunettes. Goudron liquide, peinture de l’effroi, l’avènement poisseux qui l’a présenté à sa malchance du jour. Toutefois, peut-être aurait-il mieux valu pour lui de sécher ses déversement salins, de porter davantage attention au sujet à l’humour cinglant qui occupait l’intérêt de sa ligne de mire. La douleur inattendue, amenée par l’impulsivité presque caricaturale de l’enfant, se fait vive et déstabilisante. Le coin dur d’un livre quelconque s’enfonce momentanément dans la joue droite de William et il se presse instinctivement, créature pathétique, contre les étagères destituées de quelques tomes. L’arlequin, si fidèle au portrait d’enfant satanique qu’il présente vient de lui rendre son projectile au quintuple, laissant William couiner piteuse dans un coin. Ses paupières tentent de se fondre à la partie inférieure de son œil dans un essai lamentable d’oublier qu’il se trouve à la merci d’un psychopathe. Il sent ses cils frôler sa peau, goûte le sang que l’impact avec la reliure rigide qu’il s’est prise en plein visage à laisser jaillir dans sa bouche. C’est infect, c’est tétanisant et Mary souhaiterait disparaitre.

Une mélopée, dans un anglais que William n’a lu que dans les livres, trottine jusqu’à ses oreilles, plus sinistre que les spectres rôdant dans sa penderie. Il l’écoute sans porter attention aux paroles, immobile, frustré d’être incapable de fuir, incapable de s’évanouir dans le néant. Sans qu’il le sache son corps clignote, bascule parmi les ombres environnantes au gré de ses désirs et incertitudes. Tout est noir, tout est froid et la peur le tenaille avec la souplesse quasi-inexistante d’impitoyables cisailles. Et des claquements mas, des livres qui s’écrasent sur le sol, viennent composer la rythmique du vieux chant germanique. William n’arrive pas à stopper ses pleurs muets et ses globes oculaires rougis lui brûlent tandis que des restes de peinture viennent les malmenés. Il bat des paupières frénétiquement et porte, dans un mouvement tardif, l’une de ses paumes à sa joue meurtrie. C’est douloureux et le jeune fils de d’ironie moderne n’y est pas habitué.

Puis l’autre barjo se remet à parler et les calvaires de William, qui stagnait dans son inertie dégradante, se remettent à s’empiler. Il lui propose un jeu, de la même manière que tout bon personnage atteint du cerveau le fait. Un jeu sans issu dont le seul gagnant est le détenteur des règles. William se perd dans un gémissement incongru, n’offrant ni agréation, ni refus. Il n’y a aucune issue qui se dévoile présentement à lui aussi désespérée celle-ci pourrait être. Rien que d’étouffants ténèbres qui brusquent sa cognition et usent son intégrité. Il n’en veut pas, mais il n’a pas le choix. Les doigts du bambin contre l’épiderme de son front couvert de coulisses d’un ébène luisant lui donne la nausée. Il sent très clairement la bile qui se manifeste, qui quémande le droit de remonter à la surface. Pourtant, il n’ose rien et se contente de relever la tête pour observer l’un des visages qui hantera désormais ses nuits.

La voix se fait douce, pleine de promesses qui berneraient assurément le plus naïf, car, au fond, qui a envie de croire l’innocence d’un enfant mauvaise, qui a envie de placarder un gamin d’un stéréotype semblable à ‘monstrueux’ ? William se dit, las d’être terrifié, qu’il serait agréable de pouvoir se rendre jusqu’à la seconde bonne réponse. À côté de la porte, il serait beaucoup plus facile de s’enfuir ou de trouver de l’aide. La proposition du clown halloweenesque est non seulement tentante, mais aussi inévitable. Alors, Mary se désiste encore une fois à l’usage de la parole et fixe l’autre de son regard béant de crainte en silence. Il répondra aux questions, suivant la linéaire que dictent les règles simples ordonnées par l’enfant, mais inutile de s’égarer dans des dialogues superflus avec une chose pareille.

Deux prunelles brillantes percent le noir, l’une pendante et perturbante, l’autre fixée et inquiétante. La question vient frétiller hors de la bouche redoutée et William rigide la réceptionne avec dégoût. Ce genre de questions n’ont comme réponse que des informations généralement connues que par celui qui les poses. Pas d’issue. Il n’y pas la moindre issue.

« A . . . »

L’aristocrate se relève, haineux, phrase pendue au bout de ses lèvres sautant loin du confort de ces dernières avec une hargne tout aussi palpable que désespérée. Il pleure de peur, il pleure de rage, et le cramoisi qui lui embaume la bouche empire le tout de son goût sale. On lui secoue un livre au visage, un livre vieilli dont s’extirpe une page que William tarde à suivre des yeux.

« A nightmare, you’re a nightmare ! », crache-t-il, littéralement, velours sanglant quittant sa bouche pour se diriger vers le dangereux chérubin vieilli aux sucreries. Un bonbon qui aurait tourné de la même manière que tourne le lait. Moisi, expiré, mauvais. Qui regarde la page volante de plus près au lieu de l’écouter. William sent sa crédibilité fondre un instant, pas qu’elle ne soit réellement notable, et contemple la possibilité de fuir à nouveau avant de suivre le regard orangé, brillant du garçon.

Rudy. Rudy. Comment ne pourrait-il pas reconnaître Rudy ? Il a passé tant de temps à observer le visage de chacun des pensionnaires, ces visages exposés parmi les pages du manuscrit qu’une bonne partie des pensionnaires cherchent sans relâche. C’est Rudy.Et . . . et . . . juste à côté de lui, il y a Ludivine. L’une des . . .
William se jette sur le fléau orangé, élan de motivation se manifestant grâce à l’apparition de la page. Il en est certain, c’est une page du manuscrit que son tortionnaire tient et, peu importe le prix, il la lui fait. C’est le seul moyen de ne pas perdre la raison dans cet exécrable manoir. La violence se trouve généralement au-dessus de ses capacités, mais l’hybride consent à faire exception. La situation s’y prête. Il assène un coup de poing au visage de l’enfant.
Cette feuille, cette feuille.

« I refuse to play your awful game ! Give that back ! »

Qu’est-ce que Rudy faisait avec l’une des I. ?

Boring Willy needs to know what makes him so, but you won’t let him Mister Candy ; being nice is a big no ?
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Lun 4 Mar 2013 - 2:50

    Il a peur le garçon aux voiles arachnéens, Halloween, le sent, et il ne sait pas si il voudra jouer. Jouer avec lui, ou plutôt se recroqueviller entre les livres en couinant comme une souris dans son piège. Halloween préférerait largement qu'il bouge encore un peu. Ce n'est pas drôle de jouer quand la souris est déjà morte.
    Le gamin encapuchonné a du sang plein le visage. Il lèche celui qui macule ses lèvres, s'essuie grossièrement avec ses manches énormes, tout en secouant la feuille nouvellement découverte avec mécontentement. Inutile, inutile ! Sans aucun intérêt ! Il ferait mieux de la faire brûler, oui. Il ferait mieux de tout faire brûler, d'ailleurs, son jouet ne veut pas s'amuser avec lui.
    Il vaudrait mieux tout casser.

    « I refuse to play your awful game ! Give that back ! »
    Le geste est trop subit pour un esprit persuadé de l'abandon de sa proie. Encore une fois, Halloween reçoit le coup en pleine figure. En suspension, il tournoie une ou deux fois, sonné, tout en ayant néanmoins l'intelligence de s'élever peu à peu, au-dessus de la tête du garçon aux lunettes. Il secoue la tête, sa vision est un peu floue.
    Mais au lieu de la colère, autre chose vient jouer sur ses lèvres.
    La souris s'est réveillée, réveillée ~ Elle va jouer avec lui, enfin. Et tant pis si ce n'est pas le jeu initial, ce n'est pas grave, Halloween s'adapte. Il sait ce que veut Will, il le sait ; laissant tomber le livre à terre avec la photo dont il n'a que faire, il secoue la feuille à bout de bras en négligeant les élancement de sa joue.
    Tant pis, tant pis, crie l'enfant lunatique, l'enfant insouciant.

    « Viens le chercher ! »
    Viens le chercher, reprennent en choeur les ombres autour d'eux. Viens, viens, attrape-moi si tu peux, murmure le choeur des fantômes entre deux gloussements de rire. Fou de joie, Halloween s'enfuit à toute vitesse et disparaît entre deux étagères encore debout, laissant Will en proie à ses ombres cruelles. Joue, joue avec moi. On joue à cache-cache ? Ta feuille, tu la retrouveras pas, non, elle sera trop bien cachée. Allez, cherche, cherche, attrape-moi !
    L'esprit frappeur se faufile entre les livres, leste comme une couleuvre, il fait à peine trembler les étagères. Une cachette, une cachette. Continue de compter, d'accord, ce n'est pas fini. Renversant la moitié de la rangée, il cherche un endroit où dissimuler son précieux bien. Se saisit d'un livre au hasard et l'ouvre en grand, avant de glisser la feuille dedans. Le livre reste entre ses mains, il glousse en cherchant où le cacher. Où, où, où ? Come to me, little mouse. There's no mousetrap for you you know, no ?
    Vacillant, un autre ouvrage épais décide alors de punir Halloween en s'écrasant directement sur son crâne. L'esprit fait une galipette et pousse un ululement de mécontentement, las d'être attaqué physiquement de tous les côtés. Ce n'est pas parce qu'il ne peut plus traverser les choses qu'il faut passer son temps à le frapper, hein ! Ça fait mal, d'abord, est qu'ils s'en rendent c...
    La vision d'une feuille manuscrite en tous points semblables à la première hypnotise Halloween, qui la suit jusqu'au sol en voletant doucement, les yeux écarquillés. Avant qu'elle n'aille se noyer dans une mare d'encre, l'esprit frappeur la récupère au sein de son livre, qu'il referme d'un geste sec, avec son éternel ricanement.



Il gère, Halloween Cool


Dernière édition par Halloween le Lun 4 Mar 2013 - 11:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Lun 4 Mar 2013 - 6:40




Halloween fouille les étagères 6 à 10, et trouve :

« Une feuille et un bouquin manque d'assommer le joueur. »

[ACTION 3/4]


17


Le XX/YY,

Il faut croire qu’être malade peut avoir de très bons côtés, étant donné que j’ai plus appris sur l’histoire de la famille Irvine en un après midi qu’en six mois. Suite à une véritable épidémie, j’ai contracté la nouvelle maladie, alors Perrin m’a assigné Ludivine comme garde-malade. Depuis l’affaire Ombeline, il prend ses distances avec moi. Je suis certain que sa femme n’est pas étrangère à tout ça…

Lorsque j’ai demandé à Ludivine pourquoi son père ne venait pas me voir, elle a écarquillé les yeux avant de se mettre à rire. J’avais toujours cru que Perrin et Ombeline étaient les parents de Ludivine, mais en réalité, elle m’a expliqué que Perrin était en fait son oncle et qu'elle n'avait aucun lien de sang avec Ombeline - celle-ci n'était même pas l'épouse officielle de Perrin. Elle avait fugué quelques années auparavant pour des raisons sur lesquelles elle ne semblait pas très disposée à s'épancher (bien que j'ai cru comprendre la mention d'une sœur ainée et d'un mariage) et était venue se réfugier chez le frère de son père. Il l’avait accueillie, mais cela s’était passé après l’édification de l’école. Je lui ai demandé pourquoi elle n’en avait jamais parlé, et elle a haussé les épaules pour toute réponse…

Je lui ai parlé de l’affaire Ombeline, mais je n’ai eu pour réponse qu'un : « C’est juste Christian qui a voulu l'embêter, je pense… ». Néanmoins elle semblait assez perplexe, comme si elle ne comprenait pas ses motivations… Si même elle n'en sait pas davantage, je ne risque pas d'apprendre grand chose de plus sans que cela soit de la part des principaux concernés.

Mais je pense être à peu près sensé malgré ma fièvre, et le leur en parler me parait juste une très mauvaise idée. Je ne suis pas aussi téméraire.


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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Mer 3 Avr 2013 - 1:41

From truth and lies to hide-and-seek, Boring Willy is feeling queasy. And Mister Candy is still merry, still laughing, isn’t he ?

La feuille, la feuille, il ne faut pas laisser le précieux bout de manuscrit entre les paumes sanguinolentes de cet enfant aux expressions démentes, il faut la lui reprendre. William se psalmodie mentalement ces mots, paroles résonnant comme une chorale religieuse dans sa boîte crânienne. Les ombres, vils vautours assoiffés de peur, tournent au rythme de la désorientation du bambin maléfique, s’agitant dans un balai qui étouffe William dans sa contemplation claustrophobique de la vie. Le sombre farfadet tournicote sur lui-même, voltigeant comme une poupée dans les airs, exagérant d’une manière déstabilisante la force de la rage de William, force née de la peur, force issue du désir de savoir qui était cette dame aux mèches lilas qu’il appelait ‘maman’. Sourire venant fendre ses délicates lèvres peinte de carmin, l’enfant semble jubiler, presque sur le point de taper les mains dans un élan d’exaltation espiègle, alors qu’il laisse tomber sur le sol la photo et le livre, alors qu’il secoue, goguenard comme un vulgaire diablotin, la feuille du bout de ses petits doigts juvéniles. William veut crier, William veut le stopper net, mais ne réussit qu’à esquisser quelques pas en sa direction, se penchant au-dessus de la photographie lustrée avec l’intention de la saisir et de la mettre dans la poche de pantalon, en sécurité. Voix grinçante résonne autour de lui, vient le chercher, chante-t-elle, mesquine comme une malédiction, attrape-moi si tu peux, hurle-t-elle de concert avec de nombreux doublons, tous plus criards, tous plus suaves, les un que les autres. Mary se sent figer, les fantômes noirs, autour de lui, danse comme des fêtards enroués par l’alcool, laissant la pièce tanguer dans une impression de fête foraine grotesque, mutant la bibliothèque, décrivant des arcs fantasques. L’horrible gamin en profite pour détaler entre deux étagères, sa petite silhouette rendue floue par la valse endiablée des ombres.

William hésite une seconde, puis deux, se motive en se concentrant sur la sensation du coin de la photo pliée qui s’enfonce dans le haut de sa cuisse, avant de foncer à la poursuite de son tortionnaire, fuyant les spectres et pourchassant la vérité. Il carbure aux questions que lui insuffle la présence de cette page dans ce qui était – car le garçonnet a tout gâché – son lieu favori du pensionnat, néglige de s’attarder sur les formes mouvantes qui le suivent, qui lui collent à la peau histoire de ne pas bloquer ses rouages, de ne pas noyer son courage. Il bifurque, se fiant au son du rire qui crisse comme une porte vieille de mille ans et aperçois l’orange personnage, barbouillé de vermeil brunissant, énorme tome quelconque entre les mains. La page a disparue, il l’a caché, se jouant de la souris qui n’a pu l’attraper. William ne peut réprimer la plainte désespérée, frustrée, qui vient lui fendre la gorge, avançant malhabilement en direction de la caricature halloweenesque. Pourquoi est-ce que ces choses là lui arrive toujours à lui, pourquoi ne peut-il simplement pas prendre la page et déguerpir de la bibliothèque sans demander son reste ?

« Don’t you dare move. »

Because the stakes have changed you little fool, lui murmure cette voix, toujours la même, résonant encore plus bruyamment que les mélopées ombrageuses dans sa tête. Il pourrait fuir et quitter l’endroit, l’enfant, obnubilé par la chasse, ne s’en rendrait probablement pas compte. Mais cette page.

Il ne peut la risquer.

Il se saisit d’un livre, la seule arme valable, à moins d’attraper un chandelier, et le projette avec plus ou moins d’exactitude, ses pas réduisant la distance entre lui et le monstre progressivement. Le deuxième livre qu’il attrape, une encyclopédie lambda qui étire les ligaments de son bras, est conservé sous son aisselle, se profilant comme une massue certaine. Peut-être pourrait-il s’en sortir s’il arrivait à assommer le gamin . . .

« I’ll show you something great if you come here. »

La peur et la colère, bien que toujours rampantes dans les veines de William, n’ont pas fonctionné, mais il est possible qu’une approche plus douce fasse l’affaire. La voix de l’hybride tremble tout de même, mais il n’a plus rien à perdre, plus rien à risquer, ils sont tous damnés, de toute façon. Aussitôt le fantasme sucré-salé s’approchera-t-il que William lui défoncera les vertèbres du cours avec son encyclopédie. Ce n’est pas comme s’il pouvait mourir à priori, donc . . .

Si ça ne marche pas, il tentera le coup premier chandelier qui croisera son chemin.

Oui.

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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Dim 14 Avr 2013 - 1:08

    Halloween reprit de l'altitude pour se mettre au niveau des étagères et glisser l'ouvrage volumineux entre les rayonnage. Le livre y prit sa place, couverture brune parmi les autres, comme s'il s'y était toujours trouvé. Une bonne cachette. Une très bonne cachette, bravo ; et maintenant l'autre joueur doit avoir fini de compter.
    En effet, le garçon aux mèches noires débarqua très vite entre deux étagères ; et il n'avait pas l'air content du tout, non. Halloween battait des mains quand l'ordre catégorique claqua devant lui et qu'un nouvel ouvrage entama une course effrénée en direction de sa tête. Le poltergeist évita le choc avec l'aisance de celui qui commence à avoir l'habitude et reprit son vol stationnaire, entre tirs de langue et pieds de nez lancés à son adversaire.
    William n'avait aucune chance de retrouver le livre, non non. Il lui faudrait chercher touuute la nuit, que c'était triste - songeait l'entité qui à force d'errances entre les murs ne savait même plus s'il faisait jour ou nuit. La question de savoir ce qui intéressait tant sa victime dans ces misérables morceaux de papier, au point de verrouiller ses genoux tremblants et de le faire courir au-devant des ombres n'effleura pas Halloween. Après tout, que pouvait-on trouver d'intéressant à un stupide bout de papier inerte ? Jouer avec lui était bien plus amusant.
    Play tag, right ? C'est moi le chat.
    C'est moi le chat ? Sans qu'il s'en rendît compte, l'ordre furieux de William, son ton impérieux, avait tenu l'enfant proche des rayonnages. Nulle fuite envisagée puisque c'était lui le loup. Ou parce qu'il faut obéir ? Halloween fixait d'un oeil orange, l'autre déjà oublié, le visage déterminé du pantin aux mèches noires, flottant en silence, comme pour chercher ses mots ; ou dans l'attente du geste suivant pour s'évader vers la perche. Et puis le garçon parla encore :

      « I’ll show you something great if you come here. »

    L'enfant pencha lentement la tête de côté, comme si le contenu des mots lui échappait. Ses grands yeux abîmés se chargèrent de curiosité ; un regard coula en direction du livre épais coincé sous son bras et des paupières blanchâtres maculées de rouge battirent deux fois. Basculant machinalement à l'horizontale, l'enfant détailla son vis-à-vis, les lèvres entrouvertes.
    Tu m'en veux plus, dis ?
    Halloween repensa aux livres et à la sucette et se demanda si le garçon avait encore l'intention de le frapper. Parce que ça faisait mal, et il n'aimait pas avoir mal ; d'un autre côté les mots prononcés avaient sur lui un effet magique. Hypnotique.
    Tu vas être gentil ?
    Parce que lui était toujours gentil, toujours. Toujours gentil toujours sage. Les autres lui faisaient du mal.
    Alors il faisait mal aux autres ? Ou tout cela n'était que pure distraction.
    Et la curiosité fut la plus forte ; mais avec l'anxiété du fautif s'attendant à la calotte punitive. Halloween descendit lentement vers le pensionnaire, voletant de droite à gauche comme si la marche à suivre ne lui paraissait pas très claire. Avançant, reculant comme pour s'enfuir.
    C'est toujours moi le chat, hein ?
    Mais ses yeux restaient rivés aux mains de Will.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Ven 26 Avr 2013 - 21:26

Pour la première fois depuis que le pot de peinture s’est abattu, impitoyable, salissant et douloureux, le gamin, malgré le sang, malgré ses cheveux s’imposant la gravité que son corps défie, ressemble à un enfant. Pas à un tortionnaire digne d’un terrible film d’horreur, non, à un bambin blessé qui a peur qu’on recommence et qu’on le martèle de coups. Sa tête glisse sur le côté, se penche comme le ferait celle d’une poupée. Il bascule vers l’avant et plonge vers lui comme une feuille de chêne bercée par le vent. À droite, à gauche, à droite, à gauche, il hésite, c’est flagrant. Et William se mord la lèvre, pataugeant un instant dans sa prétention, hésitant lui-même, car il préférerait nettement que toute cette course folle dans la bibliothèque n’ait été qu’un rêve, que ce garçon halloweenesque ne soit qu’un des fruits tordus supplémentaires de son imaginaire. Inutile de le frapper, il n’existe pas. Ses paumes se crispent sur l’encyclopédie, lourd, fatal.

Quel mensonge éhonté.

« Yes, that’s right. Come closer, it’s in that book I am holding. », susurre-t-il, tentateur traitre, vil acteur peinturluré de désespoir.

Il s’enveloppe d’un sourire éloquent, fait vibrer sa gorge d’ondes mielleuses, déguisant son visage d’une expression conciliante, comme si ce goudron noir, cette peinture visqueuse n’avait jamais été lancée sur lui, comme si les ombres, vilaines prostituées, n’avaient jamais dansé autour de lui comme des vautours. William aimerait bien que tout ceci ne soit qu’un rêve, mais il n’est pas dupe. Ses méandres personnelles sont différentes, plus douloureuses, moins mouvementées. Et elles ne sont pas envahies par des terribles souriceaux orangés aux rires grinçant, d’horribles corbeaux dissonants. Le garçon volète, balance, lentement, trop lentement pour les nerfs déjà à vif de William. L’hybride adoucit son sourire, durci sa poigne contre l’épais tome qui retient entre ses mains moites.

Juste un peu plus près.

Planant dans les airs, le souffle de l’enfant est presque discernable, maintenant, tiède contre sa peau, étrangement vivant. William retient le frisson de dégoût qui vrille son dos, ne s’attarde pas sur le fait que l’action qu’il s’apprête à poser est techniquement répréhensible et déclare, d’une voix douce, presque maternelle, relevant lentement l’encyclopédie dans les airs :

« Now, be a good boy and give me that page. »

Il se surprendrait de l’attitude docile de son tortionnaire, si l’équation ne comportait pas Rudy en son sein, adopterait un tempérament plus pathétique si des notions de passé ne se trouvaient pas en jeu. On m’a emmené ici pour que je comprenne . . . et pour cela, je dois réunir toutes ces pages.

L’élévation lente sert d’élan, élan bancal qui devra suffire, quelques centimètres tout au plus. De toute manière, avec un aussi gros bouquin, même l’absence d’élan ne se remarquerait pas vraiment. Mary n’ose pas s’attarder sur la possibilité d’un craquement et, d’un mouvement sec, fracasse le dictionnaire scientifique sur le crâne du chérubin démoniaque.

Aussitôt le coup porté qu’il échappe le livre, ce dernier heurtant le sol dans un claquement sonore. Ses doigts tremblent un brin. Il racle sa gorge bloquée et demande, d’une voix qu’il tente de contrôler, mais qui n’arrive qu’à tressaillir piteusement :

« Where did you put it ? The page. »

Il tend la main vers le livre coincé sous le bras de la chose, de l’horrible, terrible, arlequin aux friandises.

Treat or trick, sweetly hollers Boring Willy, are the roles getting reversed, will you run away Mister Candy ?
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Jeu 2 Mai 2013 - 0:17

    Et il hésite. Et il se balance d’avant en arrière, en se demandant si le chat n’est pas prêt à tomber dans le piège à rongeur pour un sale bout de fromage pourri. Mais en même temps, il y a la tentation de l’inconnu, de la surprise, la jolie chose qu’un complice un peu cruel cache dans son dos avec un sourire et fait durer l’attente en refusant de lui montrer. C’est méchant, de faire ça, Halloween l’a toujours pensé : mais ils font monter l’impatience et la curiosité, avec leurs mains dissimulées, leurs verroteries brillantes cachées sous des tissus de velours ; ça en devient insupportable, et il ferait n’importe quoi pour que ça s’arrête. Et alors que l’attente se fait presque douloureuse, alors la réponse vient et le cri de joie est possible. Ils faisaient ça, souvent. Octobre l’avait obligé à s’asseoir en tailleurs pendant deux bonnes minutes en tenant la citrouille du soir du 31, en 1975 année humaine. Il avait souffert le martyr ; mais après c’était bien, très bien, très brillant et très drôle.

      « Yes, that’s right. Come closer, it’s in that book I am holding. »

    C’est là, c’est là ; l’enfant en avait l’échine presque hérissée. Il ne put s’empêcher de voleter jusqu’aux bras qui se tendaient, insidieusement, tout en se remémorant avec un frisson glacial Février dans la boue de neige fondue, Février qui tenait dans sa main la seule tache de couleur du paysage tout blanc. Viens mon garçon, viens donc. Sois gentil Halloween, tu veux.
    Il ne faut pas mettre les autres en colère. Ou alors ils trichent. C’était de la triche. C’était le piège.
    Les autres sont des gens cruels.
    Mais il voulait voir. Il voulait savoir.

      « Now, be a good boy and give me that page. »

    Sois un bon garçon, Halloween. Ca fait des siècles qu’on te le demande.
    Le gosse au visage barbouillé de noir vit parfaitement la souris détrempée lever l’ouvrage – il était gros, il projetait une ombre énorme – au-dessus de sa tête. Et pourtant, bouche bée, toute réactivité envolée, il ne fit pas le moindre geste pour s’enfuir.
    La tache de couleur artificielle, le fromage, véreux. Véreux. Le piège.
    L’esprit frappeur ne poussa qu’un cri lorsque le livre s’abattit sur sa nuque frêle. Crac, comme un squelette qui se déboîte, et il tomba par terre comme un bloc tout vide et tout dur. Inerte comme un jouet cassé.
    Halloween n’entendit pas l’injonction de Will. Le temps que le noir se dissipe, ce fut plus long que la fois précédente. Ca faisait mal, encore. Pourquoi il fallait que ça fasse mal ? Tu es un vilain garnement, Hal’, on n’arrête pas de te le dire.
    Alors tu es puni, voilà. Puni.
    Ils avaient beau dire, il détestait ça.
    L’humain découpable en tranches de réglisse furetait çà et là ; il voulait la feuille, il voulait ce bout de papier pourri. Il lui avait fait mal, mal. C’était un sale traître, un tricheur, un tricheur. L’enfant avait envie de hurler.
    Un cri strident ébranla l’armature des étagères et quelques livres s’écroulèrent sous le choc. Il vibra crescendo, fusillant les oreilles traînantes, et des ombres gluantes se resserrèrent autour des deux protagonistes, charriant des formes de squelettes grimaçants, mâchoires tressautant au rythme d’une moquerie macabre.
    Une citrouille. Une grosse citrouille bien méchante bien vorace avec des tas de crocs pour te dévorer.
    La citrouille en question dessina ses contours luisants dans l’obscurité ; mais soudain, elle vacilla, et les ombres se résorbèrent en chuintant, tandis que les macchabées s’évaporaient avec un bruit sec. Et devenue pomme véreuse, elle retomba non loin de l’étagère où le poltergeist avait dissimulé son butin, inerte.
    Halloween laissa retomber sa tête encapuchonnée face contre le sol avec un bruit mat. Il était fatigué, d’un seul coup. Et il avait mal, il avait mal partout. Alors il ne bougea pas, même pas le temps d’un sanglot dépité devant l’injustice de la trahison.
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This Mother-Infected Fairytale
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• AEA : Alfred, le rat perspicace au mutisme éternel.
• Petit(e) ami(e) : Nous sommes tous enfermés ici et vous trouvez le moyen de penser à copuler ? Je rêve.

RP en cours :
Bless the Spawn of Hell | Mahaut de Clairlac.
Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? | Alea Miller.
Those Things are so Boring ~ | Halloween.
Smuggling of Vodka in the Room of a Reader | Holly Addison.
Squirrel Fray. EVENT. Corpse Party.
Mesmerizing Hues. Marie-Colombe Mazarin.
L'heure du thé, c'est sacré. | Alexandra Blackwood.
« Close the damn door ! » | Maël Filipoudille

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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Dim 22 Sep 2013 - 8:23

Boring Willy smiles. Is Mister Candy mad, is Mister Candy sad ? Does he think his nasty medicine tastes bad ?

La stridence du cri et la citrouille, vorace et monstrueuse, qui se dessine comme un mirage sous les yeux de William vient lui glacer les veines. La sensation de peur est familière et l’hybride ne se rappelle même plus si elle a déjà cessé de tournoyer en lui depuis qu’il a reçu le pot de peinture sur la tête. Il la contemple,  cette horrible cucurbitacée, plongé dans un mutisme tintant qui tique comme une horloge à l’arrière de son crâne. Il sent la sueur froide qui se mêle à la peinture le salissant, mais ne peut rien faire d’autre que regarder l’apparition lumineuse, main toujours tendue vers le livre dans lequel l’arlequin a dissimulé l’une des pages.

L’instant qui semble interminable pour William, des secondes éternelles qui s’étendent dans l’atmosphère, pourtant ne dure que quelques unes d’entre elles avant que l’éclairage orangé ne s’évanouisse dans limbes de la pénombre. Un fruit ratatiné s’écrase sur le sol, roulant une courte distance pour se heurter à l’étagère près de laquelle voletait l’affreux gamin. William inspire, ses paumes tremblent, mais sa voix démontre toute l’assurance qu’il ne possède pas. Discret et effacé, jusqu’à ce qu’il assume un rôle, l’héritier de la fortune des Hufflestring n’affichait que trop rarement ce talent depuis qu’il avait passé l’embrasure damnée de la porte du hall. L’aptitude en mentir en un souffle, à modifier sa démarche, à devenir quelqu’un d’autre. Il s’accroupit tout près du monstre à la voix crissante, tiraille le volume qu’il a coincé sous son aisselle du bout des phalanges. Sa voix est autoritaire.

« Give me those pages. »

Il attrape la reliure du livre, entre pouce et index, puis la tire vers lui tout en douceur, modifiant sa voix pour y faire pénétrer de la sympathie, un peu d’humanité. Même si cette chose dégoutante ne le mérite pas, un rebus émanant d’une dimension parallèle, une abomination. Toute la pitié que William aurait pu ressentir à la vue de son abattement, de son chagrin soudain, se voit noyer par le dégoût. You deserve it, atrocious mongrel ! Il parle tout de même d’une voix tremblante, hésitante, laisse transparaître de la compassion simulée dans chacun de ses mots.

« I’ll play with you all you want if you give them to me.  »

Ses doigts tirent un brin avantage sur le volume tenu par le lutin maléfique, sans se pressé, comme s’il demandait la permission. Sa langue demeure toutefois pâteuse, dissimulée derrière l’écrin de ses lèvres, et dévoile le malaise que son jeu théâtral se charge de dissoudre. Sweet, be sweet William.

« Please, they’re awfully precious to me. Plus, we’ll have fun, I won’t hurt you this time, I promise. »

Il tend la main au bambin cauchemardesque, celle qui est libre, l’autre reste en contact avec le bouquin. Il s’agit là d’une proposition muette de l’aider à se relever. Après tout, si on réconforte un enfant qui pleure, celui-ci devrait se montrer conséquemment plus doux et docile, épuisé par sa tristesse et amadouer par le réconfort. L’hybride héritier conserve quelques doutes, mais . . .

« I’m sorry. »
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• AEA : Un truc étrange à tête de chat ou de citrouille.
• Petit(e) ami(e) : ... ?

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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   Sam 15 Fév 2014 - 0:09

    Il était fatigué, il en avait assez de jouer. Ce n'était pas un jeu amusant auquel jouait la souris noire, il ne connaissait pas les règles, il n'avait pas compris. Il n'avait rien compris, il trichait, il trichait !
    Halloween serra les pans de sa capuche orange dans l'étau de ses doigts blafards, visage contre le parquet rêche, comme pour s'arracher des cheveux bien à l'abri ou des morceaux de crâne qu'il pourrait ensuite lancer sur ce mauvais joueur, cet humain qui ne se laissait pas faire, cette poupée dont il n'arrivait pas à arracher les bras.
    Je te crèverai les yeux, les yeux, les yeux...
    Avec des aiguilles, tricheur, avec des ciseaux, tricheurs, avec des échardes, avec des ongles, des griffes, des croix, des crocs, tricheur, tricheur, menteur, menteur, menteur, menteur, menteur, menteur !

      « I’ll play with you all you want if you give them to me. Please, they’re awfully precious to me. Plus, we’ll have fun, I won’t hurt you this time, I promise. I’m... »

      « LIAR !! »

    Le garçon releva brutalement la tête et d'un bond sauta au visage de son agresseur. Pupilles dilatés dans des yeux énormes, tout était noir et blanc sur cette face où le maquillage avait coulé avec le sang et les larmes et dévalé les joues rondes de l'enfance comme une coulée de boue livide ; tout sauf le feu orange qui brûlait dans des orbites creuses d'une fureur infernale. La bouche du petit garçon s'ouvrit avec un craquement, révélant une béance trois fois plus grande que la normale semblable à la gueule épineuse d'un requin.
    Toutes les lumière grésillèrent une imploration puis s'éteignirent, tout se mit à trembler, voler, craquer, l'esprit frappeur fondit sur William de toute l'intensité de sa colère, cherchant à mordre, griffer, ouvrir, déchirer tout ce qui passait à sa portée. Des hurlements percèrent les ténèbres. Halloween lui-même ne savait pas qu'il était en plein vol lorsqu'il percuta soudain une étagère de plein fouet. La rangée fut balayée par sa colère, des pages arrachées volèrent en tous sens.
    Et puis d'un seul coup un silence surnaturel tomba sur la scène, comme si quelqu'un avait soudain recouvert les ténèbres d'une cloche de verre. Le souffle fantômatique du poltergeist se figea dans sa gorge ; il tendit l'oreille, soudain rappelé à l'ordre par un tintement bien trop proche...
    L'étagère la plus proche frémit, puis d'un seul coup, vomit ses tonnes de livres sur Halloween qui lâcha un cri et s'enfuit à toute allure, tandis qu'un cri spectral emplissait la pièce. Il zigzagua comme un éclair reptilien jusqu'à la porte et disparut en une fraction de seconde.
    Et enfin le calme reprit ses droits et la lumière se ralluma avec un chuintement soulagé.



Pfiu, fini. Vraiment. Sorry du délai. Je t'aime ♥
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MessageSujet: Re: [RUDY] Those things are so boring ~ [Libre]   

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