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 [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]

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(mangez-moi mangez-moaaa)
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MessageSujet: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Dim 29 Jan 2012 - 20:18

Et s’il faisait Noir…
Soren Mülher & Libre
    Envoyée sur Terre pour réparer ses fautes, un pauvre ange erra longtemps dans le monde triste et gris ; rejetée par les humains, bannie par les siens, elle finit par abandonner tout espoir et renoncer à la vie... Et alors qu’elle était à Terre, épuisée, une main lui fut tendue. Levant le regard, l’ange aperçut alors une jeune fille : ses yeux étaient magnifiques…

    Loin des lueurs joyeuses émanant de la place où se tenait la fête, l’orée de la forêt bruissait faiblement, comme animée par un esprit attristé de la distance qui le séparait des réjouissances. Comparée à la chaude ambiance près de la scène, l’atmosphère qui entourait les hauts arbres était paisible, frémissante, un peu inquiétante même, comme si la forêt tout entière n’attendait qu’une perturbation pour sortir de son immobilité. Les ombres donnaient à la végétation des airs de caches remplies d’esprits malfaisants, et la faible lueur de la lune faisait durement ressortir les contours des troncs centenaires, rendant la scène quelque peu irréelle.
    Dans les branches à mi-hauteur des arbres, une chouette au pelage tacheté hulula ; quelle que soit l’ampleur de la fête, elle n’atteignait en rien les habitants de la forêt – en attesta le bruit soudain de cavalcade que laissa dans son sillage un lapin pressé de rejoindre son repaire. La scène semblait exempte de toute trace humaine… et pourtant.
    Une silhouette se tenait là, appuyée contre un solide tronc un peu en retrait de l’orée du bois, une silhouette qui n’était nullement animale. Son souffle était si lent qu’il était difficile de différencier le soulèvement de sa poitrine des frémissements des buissons dans la brise automnale ; il aurait aussi bien pu être endormi.
    Cependant, totalement silencieux, le jeune homme qui se tenait là fixait le parc qui s’étendait sous ses yeux d’un bleu aquatique avec intensité ; même si son regard trahissait le puits d’incertitude que renfermait son enveloppe charnelle. Déboussolé, il regardait autour de lui sans savoir comment il était arrivé là. Ou si peu.
    Si peu…
    Il ne savait pas, non. La seule chose qui tournait dans son esprit était un nom, un seul nom, dont il peinait même à se rappeler l’origine, mais qu’il était certain de ne pouvoir oublier quand bien même il l’aurait essayé.
    Ahh… qui était-il, où et pourquoi ? Pourquoi ? Il lui semblait qu’il était si bien, quelques minutes auparavant, dans une obscurité et un oubli salvateurs…
    Il était assez rude de se réveiller d’un si long, si long sommeil…
    Et maintenant ?
    Et maintenant… il n’y avait que l’autre silhouette qui traversait la pelouse sous les yeux vides de l’apparition qui avait pris la forme d’un jeune garçon. De taille moyenne, pas trop grand, des mèches blondes comme les blés, des yeux d’un bleu d’eau qui commence à geler dans le lit de la rivière, et une peau qui n’a pas vu la lumière du jour depuis longtemps… aurait pu vous dire la chouette qui hululait doucement dans l’arbre sur lequel le garçon s’ appuyait. Et il avait une veste sur le bras droit.
    Mais il y a des chance pour que ce petit fantôme nocturne ne s’attache pas à ce genre de détails – qui lui sont très futiles comparés à la perspective de faire son repas du mulot qui court là entre les herbes hautes. Alors je vous le dis, au cas où cela vous intéresserait.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Jeu 9 Fév 2012 - 2:09

Je sentis la douceur de la nuit m’enveloppé. Au loin, j’entendis le bruit d’une fête à laquelle je n’avais pas participé. Pourquoi? Je ne m’y aurai pas senti à l’aise, j’aurais surement fait tache dans le décor. Et en plus, j’avais déjà assez usé de mon pouvoir pour la journée, mon crâne me le rappelait. Sans lui, j'aurai connu quelques... difficultés?
Bref, à la place de mis rendre, j’avais préféré partir à la recherche d’un arbre où passé la nuit, une couverture roulé sous le bras. Et cette fois-ci, pas question de passé par ce que les gens d’ici appelait un cimetière. On pouvait y faire des rencontres pas très agréables.
Donc, c’est pourquoi j’étais passé par le parc, en contournant la fête, pour me rendre à l’orée de la forêt. Je marchais dans un silence qui n’en était pas tout à fait un. J’entendais distinctement le bruit de l’herbe se ployant sous une douce brise, les insectes et les animaux qui jouaient une douce mélodie et quelques petites bêtes qui tentais tant bien que mal de se caché des prédateurs nocturnes. Peut-être que je ne me saurais jamais aperçu de tout ça si j’avais été pourvu du sens de la vue… À mes côté, Pira marchait silencieusement, comme tout félin quoi. Sarah m’avais dit qu’il ressemblait un peu à une panthère et à un chat… deux animaux de l’endroit d’où elle était originaire. Quoique pour le chat… j’avais entendu parler que les hommes des cités de l’Est en possédaient. D’un noir profond, Pira devait être presque invisible aux yeux d’autrui. Au loin, j’entendis le hululement d’une chouette. Puis, au fur et à mesure que je m’approchais, j’entendis une respiration. Il y avait quelqu’un près des arbres. Je fus tenté d’utilisé mon pouvoir pour parvenir à le voir, mais je m’en abstins, de peur de voir revenir les étourdissements. J’étais presque rendu à lui, à moins que ce ne sois elle. Je ne sentais pas Pira nerveux, j’en déduis donc que cette personne n’était comme la fille de l’autre soir.
J’arrivai enfin à l’orée du bois, près de cette personne. Ne sachant pas trop quoi faire, je me contentai de ralentir le pas avant de m’arrêter et je lui dis, tout simplement :

-Bonsoir.

Je ne savais pas vraiment quoi dire d’autre. J’avais tourné mes yeux, même si cela ne me servais à rien. Je devais regarder son visage en ce moment, même si je n’avais rien qui me prouvait que c’était effectivement le cas. Il/elle devait être plus petit(e) que moi et plus frêle aussi car je ne sentais pas une présence imposante.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 13 Fév 2012 - 22:47

{ I woke up in a very dark place where stars were all dead }

    Une branche qui craque sur fond d’herbes foulées. La silhouette sursaute, se replie brusquement contre le tronc de l’arbre dans un réflexe de fuite. Son cœur atteint un pic de battements à la seconde, puis se calme aussi vite qu’un souffle relâché. Traversant l’obscurité, une voix aux intonations qui n’ont rien d’agressives lance une salutation.
    Le jeune homme reste immobile un instant, aux aguets, sans même savoir lui-même pourquoi. Puis, il conclut par l’absence de toute offensive que le visiteur n’a pas l’intention de s’attaquer. Méfiant, comme un animal sauvage aux abois, il s’écarta prudemment du tronc pour lancer un regard bleu au nouveau venu. Puis, comme si de rien n’était, il se redressa et s’adossa tranquillement à l’arbre.
    La veste pesait sur son bras. Il ne savait pas d’où elle venait.
    Le jeune homme se débattit avec les mots qui devaient sortir de sa bouche, mais dont il ignorait s’il avait ou non envie de les prononcer. Quels mots, d’abord ? Trop tard pour réfléchir, ils sortirent tout seuls :

    « Bonsoir. »
    Il n’y avait pas grand-chose d’autre à dire. Le nouvel arrivant était plus grand que l’ombre aux mèches d’or. Il n’était pas seul – un animal le suivait de près. Mais le garçon ne prêtait pas attention au détail ; la seule chose qui occupait ses pensées à l’instant était qu’il n’était plus seul – et qu’il attendait. Comme si son esprit n’avait pas les facultés de réfléchir à deux choses à la fois.
    Instinct, seulement. Quelque chose tout au fond lui disait qu’il n’avait pas à réfléchir ; quelque chose le lui interdisait. Marionnette de chair aux mains d’un prestidigitateur aux desseins inconnus.
    Soit.
    Le jeune homme se contenta de tourner la tête et poser son regard d’un bleu chatoyant sur l’inconnu. Il n’observait même pas ses caractéristiques, ne tirait même pas de conclusions de ce qu’il voyait. Ce qu’il voyait… Qu’y avait-il à voir ?
    Quelque chose, encore, en lui, lui ordonnait de trouver ce qu’il y avait à révéler chez ce jeune homme. Quoi que ce soit, trouver, savoir. Comprendre, peut-être, il ne savait pas. Sur son bras, le manteau était lourd, et dans sa tête le brouillard ne se levait pas. Il ressentait une forte envie de retourner se coucher. Une chose était certaine, il n’allait pas se compliquer la vie.
    Quand bien même il n’avait aucune idée de ce qui lui arrivait.
    Quoi que.



Quite short, sorry ^^"
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 18 Fév 2012 - 2:13

- Bonsoir.

C’était un garçon, sa voix venait de m’en donné la certitude. Plus loin, la chouette s’envola. Elle devait trouver que son repère nocturne était un peu trop fréquenté, à moins que ce ne soit la présence de mon ami carnivore qui l’ait fait fuir. Étrangement, une tristesse familière vint m’encombré l’esprit. Un simple souvenir emplie de nostalgie venais de remonté. Ani… Je n’arrêtais pas de pensé à elle, même si je savais qu’elle avait rejoint ses ancêtres. Cependant, pas une larme ne vint mouiller mon regard, je m’avais promis de ne jamais pleuré devant quelqu’un. De toute façon, me restait-il tous simplement des larmes? J’avais tellement pleuré durant mon errance que je devais avoir remplacé la pluie pour quelques petites plantes…
J’espérais que la nuit parvenais à cacher ma tristesse ou que le regard du jeune homme que me faisait face avait accroché mon long couteau de chasse dont je ne me séparais jamais.
Puis, Pira me sortit de mes sombres souvenirs, du moins en partie. Je le sentie s’approcha de celui qui m’avait rendu ma salutation. Il devait presque à lui frôlé les jambes. Comment le savais-je? J’avais beau ne pas avoir le don de la vue, j’étais tout de même capable de situer avec une assez bonne exactitude ou se trouvait ce qui constituais mon environnement. Puis, je sentis que le jeune homme était troublé ou un peu perdu. À moins que ce ne soit les deux. Pira avait dû vouloir attiré mon attention pour que je m'en apperçoive. Puis, avant même que je ne puis les retenir, des mots franchir mes lèvres :

- Est-ce que… ça va?

Ce n’était pas mon soir pour les phrases brillante on dirait. Mais, le message était là quand même. J’avais vraiment l’impression que quelque chose n’allait pas pour ce jeune homme. Puis, un autre détail me frappa. Il était seul… je veux dire que je ne ressentais pas la présence de ce que les gens d’ici appelait Alter Ego Astral. Pourtant, j’avais cru comprendre que tous en avait un. Il y avait certes des animaux dans les parages, mais ils ne dégageaient pas la même chose que les compagnons de chacun des pensionnaires.
Je fis un pas vers mon interlocuteur.




[Tu n'as pas à t'excusé, j'en écrit pas beaucoup plus.]
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Mer 21 Mar 2012 - 23:19

{ And all the skies were staring at me, waiting for something }


    Le jeune homme avait bien sommeil. Il rêvait de pouvoir replonger dans les sombres abîmes de l’inconscience et s’y noyer, pour ne plus être qu’une flamme spirituelle en hibernation que personne ne viendrait déranger. Dormir, oui, encore et encore, pour toujours peut-être ? Mais il y avait quelque chose, quelqu’un, qui l’avait tiré de ce sommeil si paisible et agréable. Qui, et pour quelle raison ? Malgré le terrible ressentiment qu’aurait dû provoquer cet acte dans son cœur, le jeune homme ne parvenait pas à haïr l’être qui était la cause de son réveil.
    Il ne ressentait que de l’amour.
    Cette vague certitude flottait sous la surface de ses pensées, lesquelles étaient tournées vers le nouveau venu. Ce n’était pas lui qui l’avait éveillé. Cependant il l’avait vu et s’adressait à lui. Il convenait de lui répondre. Et il convenait d’interpréter.
    Timidement peut-être, ou par incertitude, le jeune homme demanda à (?) s’il allait bien. L’ombre porta une main à son front. Son nom. Nom ? Il était quelque part en lui, il le sentait, mais ne parvenait pas à l’attraper. Plus il cherchait à l’atteindre, plus la notion se dérobait, se refusait à lui, le fuyait. Yan… Lar… An… Aris ? Consonnes et voyelles se mélangeaient pour ne plus former qu’un tourbillon d’où fuyait la connaissance.
    Cependant le jeune homme aux yeux bleus se rendait compte qu’il était nettement plus « éveillé » qu’auparavant. Il commençait à savoir ce qu’il convenait de faire. Il commençait même à se rappeler… se rappeler de quoi ?
    Y avait-il seulement quelque chose dont il aurait dû se souvenir ?
    L’autre esquissa un pas en avant. Une seconde plus tôt, l’apparition aurait aussitôt reculé, mais cette fois il resta totalement immocile.

    « Je vais bien, merci. » Répondirent une nouvelle fois ses lèvres tandis que son regard accrochait celui de son vis-à-vis sans ciller.
    Le jeune homme sentit que celui qui se tenait face à lui ne voyait pas. Il n’aurait pas su l’expliquer. Il savait, comme s’il n’était pas une personne à part entière mais le réservoir d’un flux vital qui alimentait la terre où il se trouvait, quelle qu’elle soit, et tous les êtres qui y respiraient. Il était un savoir et non pas une personne.
    En avait-il toujours été ainsi ?
    Encore une fois, les mots jaillirent, indépendamment de ses pensées, mais il ne résistait plus, comprenant enfin qu’il s’agissait de la façon dont il devait se comporter.

    « Et de nous deux, je ne suis pas le plus en peine... » Poursuivait-il sans cesser de fixer le jeune homme d’un regard lointain, vide comme si aucun esprit ne l’habitait. « Aurais-je tort ? »
    Il se sentit abrupt malgré sa voix de velours et son ton doux, et en conçut un vague sentiment de contrariété. C’était la première émotion réelle qu’il ressentait, une émotion négative, couplée à la légère frustration de ne pouvoir mener la conversation comme il le devait. Comme il l’aurait dû.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 26 Mar 2012 - 2:28

« Je vais bien, merci. »

Je n’étais pas sûr que ce soit la vérité… enfin peut-être l’était-ce à moitié, mais s’il affirmait que tout allait bien, je n’avais pas à insister. Après tout, je ne connaissais même pas son nom. Mais, je ne ressentais ni crainte, ni méfiance à son égard. Mon fidèle compagnon non plus.

« Et de nous deux, je ne suis pas le plus en peine... Aurais-je tort ?»

Ces mots me frappèrent durement malgré la douceur du ton avec lequel il avait été prononcé. Mais, comment pouvait-il le savoir? Mes yeux et mon visage m’auraient-ils trahi? À moins qu’il ne l’ait deviné autrement. Le visage de celle que j’avais aimé apparu à nouveau dans mon esprit. À ce moment, peut-être les larmes auraient vaincu ma volonté si j’en avais encore eux assez pour qu'elles mouillent mon regard.
Je n’avais même pas pris la peine de compté le nombre de fois que j’avais maudit ceux qui avait mis fin si sauvagement à son existence. Mais, j’avais fini par me résonné. À quoi bon maudire ce qui ne possédait même pas d’âme. J’aurais bien maudit la vie, mais Ani n’aurais pas aimé que je le fasse. J’aurais pu essayer de tout oublier, mais ça aurais été un affront envers sa mémoire. Et l’oublier, c’était comme me renier moi-même. Le village d’Orisa, Ani… et même Alsora avait forgé le moi d’aujourd’hui… je ne pouvais me résoudre à tout oublier, même si c’était pour arrêter de souffrir.
Je ne sais pourquoi, je ne pouvais pas me résoudre à mentir à ce garçon. Comme si… cela allait m’aider à faire mon deuil. J’avais besoin de me confier, de faire part de toute ma peine à quelqu’un. Certes, j’avais Pira, mais me confier à mon compagnon ce n’était pas tout à fait la même chose qu’avec un humain. Peut-être souffrirais-je à cause de mon choix, mais j’avais l’impression que ce serais pire de tout garder pour moi.

-Non… tu as surement raison…

En même temps que ses mots sortirent de ma bouche, la tristesse apparu sur mes traits… du moins c’est l’impression que j’eux.

- Je… j’ai perdu des êtres chers…

Il devait surement se demander pourquoi je lui disais ça… Mais, étrangement j’avais l’impression que le dire à haute voix à quelqu’un me soulageait un brin. Encouragé par cette impression je poursuivis, la rage, la tristesse et la douleur se mêlant à ma voix:

-Presque tout mon village y a passé… Et je n’ai rien pu faire pour sauver ma meilleure amie… ils… ils… l’on tuer devant moi…

Je détournai la tête… je ne savais même pas si ça l’embêtais de m’entendre raconter tout ça. Je ne pus m’empêché de bredouillé des excuses :

-Désolé… Je dois t’embêté avec ça…
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• Petit(e) ami(e) : Il se demande si « ça » compte, en fait.

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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Ven 18 Mai 2012 - 23:45

« Claris ? »

L'inquiétude broyait un peu plus le cœur de Soren au fur et à mesure que ses pas foulaient l'herbe, ses yeux bleus à la recherche de la silhouette fluette de Claris. Ses pensées tournaient en rond, s'entrechoquant sans sens, alors que le jeune garçon se maudissait de ne pas avoir été plus preste. S'il avait été plus rapide, ou s'il était parvenu à attraper le bras de Claris avant qu'elle ne tourne les talons, il ne l'aurait pas perdu de vue. Il était mortellement inquiet pour elle, se demandant ce qui lui avait pris. Elle qui était d'ordinaire si pleine de vie et si joyeuse, qu'elle ait eu l'air mal à ce point l'avait étonné et effrayé. Qui savait où elle pouvait se trouver, maintenant ? La forêt n'était pas l'endroit le plus accueillant du pensionnat, songea Soren en louchant sur ce qui l'entourait. Il avait même, à vrai dire, toujours pensé que c'était le plus sinistre et le plus dangereux. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait revenu sur ses pas pour retrouver au plus vite les rassurantes lumières colorées de la fête.

Seulement voilà, ça ne tenait pas qu'à lui. Il devait retrouver Claris avant tout, c'était sa priorité. Et si elle s'était réfugiée dans la forêt ou ses environs, il devait tout fouiller, et qu'importe si ça lui prenait des heures. Tendant l'oreille, immobile, il cru saisir des paroles portées par le vent. Des voix faibles mais bien réelles, qui semblaient provenir de sa gauche. Des voix de garçons, pensa l'Allemand aux yeux bleus à mesure qu'il se rapprochait de la source du bruit, mais ça n'avait pas d'importance: Ils avaient peut-être vu passer Claris. Les arbres projetaient sur la pelouse leur ombre menaçante, comme vivants, et Soren frissonna bien malgré lui. Quel endroit sinistre, parfaite cachette des monstres aux dents pointus des contes d'enfants. Le blond aimait le silence: Mais pas ce silence là. Il n'augurait rien de bon.

Enfin, deux silhouettes apparurent dans son champ de vision, juste à la limite de la forêt. Enhardi par cette présence humaine, il allongea le pas, et éleva la voix dans le même mouvement, souhaitant annoncer sa présence. Il ne voulait pas non plus arriver près d'eux et les surprendre.

« Excusez moi, mais j'ai besoin d'aide, est-ce que vous pourriez... »

Soudain, ses jambes cessèrent de lui obéir, et il s'arrêta brusquement, les yeux grands ouverts. Il lui sembla que son cœur rata un battement. Dans les traits encore imprécis de la silhouette adossée à l'arbre, il avait cru y voir un visage familier. Comme un reflet, ou quelque chose d'autre. Il tenta de mettre cette impression sur son inquiétude croissante, car il ne s'agissait pas de Claris, et qu'il avait pu se tromper, qu'il... Il ne savait pas. Il était embrouillé, comment savoir s'il n'imaginait pas des choses ? Ah, Claris lui causait bien du soucis, il devait la retrouver.

« Euh... Je cherche quelqu'un... »


Et il fut malheureusement incapable d'en dire plus. Son regard bleu passait de la première à la deuxième ombre, et seulement à ce moment-là lui vint à l'esprit l'idée qu'il avait pu interrompre une conversation. Mais il avait besoin d'aide, il devait retrouver Claris. Il pensa à s'approcher un peu plus, mais ne le fit pas, préférant pour une raison inconnue garder une bonne distance entre lui et ses interlocuteurs.

Comme pour se protéger.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 26 Mai 2012 - 1:11

{ - Je ne suis définitivement pas un ange, non - }


    Le monde était la nuit. Et vice-versa ; obscurité mouvante et bruissante. Les yeux bleus du jeune garçon allaient d’une feuille à une autre sans s’arrêter, si bien que ce vif mouvement prenait pour lui une lenteur incommensurable. Le monde était lent. Le temps était long. Si long… Le garçon sentit une brève poussée d’ennui l’envahir, comme si ce qui l’entourait lui avait déjà fourni tout ce qui était possible. Cependant son esprit était prompt à la volte-face, et se fixa rapidement sur autre chose encore. Une chouette hulula. Le cœur tourmenté de l’âme face à lui se mit à saigner, lentement, et le jeune homme eut l’impression d’être face à sa douleur elle-même.
    Un murmure déchirant lui parvint, comme porté par cette légère brise fraîche qui faisait frissonner ses bras nus. Le garçon regarda la veste à son bras : elle n’était pas à lui.
    Il savait qu’elle n’était pas à lui.
    Il aurait pu s’en couvrir, mais une fois de plus, il n’en fit rien ; il y avait autre chose derrière tout cela. Quoi ? Qui ? Le garçon sentit une sourde excitation pulser dans sa poitrine et ses oreilles. Et face à lui, l’inconnu aux yeux morts parlait, comme libéré, et la rage dans sa voix la faisait vibrer. L’apparition sentit qu’il s’imprégnait de cette souffrance, de cette haine, qu’elles circulaient en lui comme dans une machine en manque de carburant, faisant couler dans ses veines vides ce qu’il ne ressentait pas.
    Il n’était qu’une coquille vide. Un coquillage qui absorbe et se nourrit des autres. Une boîte pour murmurer ses secrets et les enfermer ; une pièce vide qui apporte le réconfort du silence après un hurlement de libération.
    Qu’y avait-il derrière tout ceci ?
    Le jeune homme entendit l’aveugle balbutier des paroles d’excuses. Il plongea son regard bleu dans les yeux morts ; il sourit. Un étirement des lèvres qui donna à son visage l’expression d’une profonde compréhension et d’une empathie non moins touchante ; la pitié dans ses prunelles refléta la douleur comme pour l’extraire, en tirer le venin et ne laisser qu’une sourde apathie proche de la délivrance. Affection et compassion. Assurance que tout s’allégerait très vite. Soutien.
    Malignité. Les deux puits indigo au milieu de son visage se mirent à briller d’un éclat perfide et le sourire réconfortant se mua instantanément en triomphe malin. Tel le serpent sur le rongeur ingénu. Le serpent qui s’apprête à frapper sa proie.

    « Excusez-moi, mais j'ai besoin d'aide, est-ce que vous pourriez... »
    La mutation féroce s’effaça en un instant du visage du jeune homme qui se tourna aussitôt vers le nouveau venu ; simple mystère peint sur une carnation pâle. Son regard s’accrocha à l’adolescent pour ne plus le quitter. Ce dernier s’arrêta brusquement et marqua un temps d’hésitation ; le garçon sentit qu’il était prêt à prendre ses jambes à son cou.
    Tu es venu ici en quête d’un reflet, n’est-ce pas ?
    Va-t’en tout de suite ou tu ne pourras pas te retourner.

    « Euh... Je cherche quelqu'un... »
    Le garçon plongea les mains dans ses poches, la veste toujours sur un bras, et sourit au blond sans accorder plus d’attention à l’aveugle. Cruelle créature. Quelle était le but de cette mascarade ? Qu’elle était la raison de sa présence ici ?
    Une certitude. Son reflet ici présent avait des raisons d’être sur sa route.
    Lesquelles ? Trop de questions pour une situation conduite pas l’instant. Très bien.
    Le sourire de l’apparition n’avait plus rien de rassurant ; une sorte de moquerie luisait dans ses yeux tandis que ses lèvres esquissaient le rictus de celui qui connait ce qui est dissimulé à tous.

    « Quelqu’un qui s’est perdu ? »
    Quelqu’un qui s’est perdu. Quelqu’un qui n’était pas loin, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? Disparus les ténèbres et le sommeil. La lueur ironique dans l’œil bleu du garçon sans nom ne vacilla pas, braquée sur son interlocuteur comme un faisceau laser. Il y a quelque chose que tu veux ?
    Moi aussi, il y a quelque chose que je désire.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 2 Juin 2012 - 20:34

Au loin des bruits de pas qui se rapprochait quelqu’un venait, je le savais, je le sentais. Comme libéré d’un poids, je reportai mon attention au jeune homme devant moi. Deux odeurs se mélangeais remarquai-je tandis que ma peine, plus légère me laissai à nouveau le plein contrôle sur mon cerveau. C’était comme si… quelqu’un d’autre c’était tenu ici avant puis était… repartit? À moins que les vêtements du jeune homme lui ai été prêté? Pira se rapprocha de moi, presque brusquement, mais avec la souplesse qui était dû à sa race, et émit un sourd grondement. Danger. C’était là l’interprétation qui m’était destiné, l’avertissement dans le faible, mais profond et menaçant grognement. Mais, le jeune homme près des arbres devait plutôt l’interprété comme n’approche pas, car cet avertissement lui était destiné. Pourquoi un tel changement d’attitude si subitement? Je ne puis le dire. Une chose était sûr, mon compagnon ne réagissait pas pour rien. Les pas, qui c’était allongés, étaient maintenant proches et le vent m’apportait depuis un moment déjà l’odeur de nouveau venu. Une voix s’éleva, celle d’un garçon… étrangement semblable à celle de celui qui se tenait devant moi. Les seules différences se trouvaient au niveau du ton, plus inquiet pour le nouvel arrivant, et… de l’intonation :

« Excusez-moi, mais j'ai besoin d'aide, est-ce que vous pourriez... »

Une hésitation due à l’incertitude? Non, assurément cette pause avait pour cause la surprise. Est-ce que ça avait un rapport avec la leur voix quasi-identique? Peut-être était-ce leur apparence qui était à l’origine du trouble du second jeune homme? Était-il aussi semblable physiquement que leur voix le sonnait à mes oreilles? Il y avait aussi la possibilité qu’ils se connaissent. Pira semblait toujours méfiant envers le jeune homme près de la forêt, mais il avait arrêté ses grognements.

« Euh... Je cherche quelqu'un... »

Si cette personne était dans la forêt, il allait avoir maintes difficultés à la retrouver parce qu’elle n’était pas dans les parages. À moins qu’elle ne soit un as de la dissimulation. Mes sens ne percevaient pas de présence humaine en dehors de nous trois dans les environs. Aucun pas, aucune respiration, je ne percevais rien du côté de la forêt qui pourrait m’indiqué une présence humaine.

« Quelqu’un qui s’est perdu ? »

C’était le premier garçon qui avait parlé, celui du côté de la forêt. Quelque chose dans sa voix avait changé. Mais, je n’aurais su mettre un mot sur cette différence. Avant que le second jeune homme ne répondre à cette question je lui dis :

-En dehors de nous trois, je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un d’autre dans les environs…

Comme pour m’approuver, Pira se frotta délicatement la tête sur ma main, celle qui ne tenais pas ma couverture. Je la lui grattai entre les oreilles. S’il m’approuvait ainsi, c’est que je ne m’étais pas trompé. Les amoras avaient des sens des plus aiguisés. C’était des prédateurs, des chasseurs habiles pour repérer une proie ou n’importe quoi d’autre. Mais, si le nouveau venu était sûr que la personne qu’il cherchait était dans la forêt, et même s’il ne l’était pas, je ne voyais pas d’inconvénient à l’aider à la retrouver. De toute façon, c’était là que je me dirigeais.

-Mais… si tu veux je peux peut-être t’aider à retrouver la personne que tu cherches.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 4 Juin 2012 - 16:16

Soren avait peur sans savoir pourquoi. Comme cette peur qui vous prend quand l'obscurité vous effraye et vous encercle, quand vous ne trouvez plus de lumière pour la faire disparaître. Ici, les contours étaient sombres et flous, une forme pouvait en cacher une autre. Rien n'était clair, tout était sombre. Et ce garçon adossé à l'arbre, dont les traits semblaient bien trop familiers à Soren pour qu'il puisse l'ignorer. Y avait-il un sens à tout cette comédie dont ils étaient les acteurs depuis des mois et des mois ? Se faisant violence pour ne pas s'en retourner et retrouver la chaleur de la fête d'anniversaire, l'Allemand tenta d'habituer ses yeux à la semi-obscurité. Il ne distinguait pas très bien ses interlocuteurs, et ça l'embêtait. Il lui sembla noter une présence animale auprès du second, et supposa qu'il devait s'agir de son AEA. Il repensa alors à Mut, qu'il avait laissé près de l'estrade sans plus y penser. S'il ne le retrouvait pas, le marcassin allait s'affoler et déranger tout le monde avec ses couinements.

Oh, mais ce n'était pas le moment de penser à ça, se sermonna Soren. Il devait retrouver Claris avant tout, c'était plus important.

« Quelqu’un qui s’est perdu ? »

Cette voix qui s'était élevée dans le calme de la nuit, presque irréelle, envoya comme une décharge électrique à travers le corps de Soren. Si ça n'avait pas été pour la blonde au grand sourire, il aurait tourné les talons depuis longtemps. Comme s'il avait mis le pied dans un piège et tentait vainement de s'en sortir, l'anxiété le gagnait inexorablement. Soren ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose, mais ne le pu. Il ne trouvait plus ses mots. La deuxième silhouette choisis ce moment pour parler, faisant se tourner vers elle les yeux bleus du jeune homme:


-En dehors de nous trois, je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un d’autre dans les environs…

Personne d'autre ? Une déception visible pu se lire sur le visage de Soren. S'il n'y avait qu'eux trois ici, alors Claris devait se trouver ailleurs. Autant la silhouette près de l'arbre l'effrayait, autant l'autre ne lui inspirait aucune peur. Si seulement il avait pu trouver la raison de ce malaise. Une petite voix lui chuchota à l'oreille qu'il ne faisait qu'occulter l'évidence, mais Soren l'ignora. Il se connaissait assez pour savoir que parfois, il faisait une montagne d'un rien. Ses pressentiments étaient amplifiés par son émotivité...

Et sa naïveté.


-Mais… si tu veux je peux peut-être t’aider à retrouver la personne que tu cherches.

Cette proposition vint comme une main tendue à Soren. S'il pouvait s'éloigner d'ici et oublier ce qu'il avait cru voir, il ne s'en porterait que mieux. Il retrouverait Claris un peu plus loin, et elle rirait en s'excusant, lui dirait s'être sentie soudain mal, avoir mangé quelque chose de mauvais. Il remercierait cet inconnu, et retournerait voir Iwasara jouer en compagnie de Claris. Cette perspective lui semblait parfaite, et pourtant, il manquait quelque chose. Et ce quelque chose lui tordait encore l'estomac et le cœur. Que pouvait-il faire pour faire cesser ce sentiment ? Soren remarqua alors, osant s'approcher un peu plus, que la deuxième silhouette tenait quelque chose sous le bras. Une sorte de... Couverture ? Il ne comptait pas passer la nuit ici, tout de même ? Ça pouvait être dangereux.

« Ça m'aiderait beaucoup, oui, répondit-il en esquissant un sourire maladroit, je suis inquiet pour elle, elle n'avait pas l'air de se sentir bien, et... »

Ses yeux voyagèrent jusqu'à celle à l'orée de la forêt, et il se tu. Coupé une nouvelle fois. Par la peur, par l'incompréhension. Maintenant qu'il voyait un peu mieux ce qui se trouvait autour de lui, il s'aperçut qu'au bras de la première ombre pendait quelque chose. Il ne voyait pas bien quoi, mais il pensait que c'était un vêtement. Une veste. Il revit dans sa mémoire Claris s'échapper avec le manteau d'Emrys sur les épaules, et il fit un pas en arrière sans y penser. C'était idiot. Il n'y avait pas qu'une seule veste au monde. Ça pouvait être la veste de n'importe qui.

Et pourtant. Le prénom qui s'échappa des lèvres de Soren fut celui qui était en permanence sur celles de sa blonde amie depuis leur rencontre.


« Yoan ? »


S'il avait encore été en mesure de penser de manière rationnelle comme il aimait si bien le faire, Soren se serait rendu compte que c'était stupide. Comment et pourquoi Yoan se serait trouvé ici ? Mais il y avait ce reflet qu'il avait aperçu. Et la veste. L'espace d'un instant, les yeux tournés vers la forêt, les rouages de l'esprit du jeune homme se grippèrent, et il ne pu plus réfléchir. Quelque chose n'allait pas.


Pas du tout.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 18 Juin 2012 - 15:58

    Il y a fort longtemps, le monde n’était composé que de toi et moi. Toi et moi, tu et je, nous deux. Il y a fort longtemps, ou pas tant que ça encore, j’étais un miroir qui se satisfaisait de te refléter jour après jour. Nuit après nuit. Toi ou moi ? Où donc était la différence ? Toi et moi. Nous.
    Ah… que s’était-il passé entre-temps ?
    Fixant le nouveau venu d’un air contemplatif, le garçon sans nom se demanda pourquoi ; pourquoi soudain, cet état de solitude après la mer brumeuse dont il venait d’émerger ? Pourquoi était-il « un » et non plus « deux », tout à coup ? Où sommes-nous passés ?
    Et dis-moi donc, pourquoi la vue de ce jeune homme m’évoque-t-elle ton visage ?
    Le garçon prit une lente inspiration ; l’air qu’il expira entre ses lèvres à peine desserrées lui sembla plus gelé que de la glace. Il n’avait pourtant pas si froid, malgré la nudité de ses bras et de ses jambes. La raison ? Le garçon sourit. Il y avait quelque chose au fond de lui qui générait une chaleur qu’il était incapable de produire, objet inerte et minéral. Loin tout au fond, une source de lumière radieuse. Il la sentait maintenant, transpercer les ténèbres dont il avait surgi et brûler de tout son cœur, rayonnant à travers ses os comme pour l’engloutir tout entier, révéler la transparence de sa chair et la fragilité de sa peau.
    Toi. Qui es-tu donc, toi ?
    … Ah, oui, je vois. Tu es là, encore. C’était moi, il n’y a pas si longtemps.
    Le garçon écouta les deux autres échanger quelques mots sans lâcher le blond de son regard fixe, tandis qu’ailleurs, son esprit écoutait de troubles murmures à l’origine brouillée. Des mots qui venaient d’on ne sait où. Des idées, des certitudes aux indéterminables origines. Sommes-nous toujours « un » ?

    « … Je suis inquiet pour elle, » Disait le garçon, « elle n'avait pas l'air de se sentir bien, et... »
    Le silence qui suivit cette déclaration remplit l’ombre d’une étrange satisfaction. Il y avait quelque chose. Comme si la solution était là, à portée de main ; quand bien même elle aurait été incompréhensible. Impossible de savoir si c’était lui ou ce jeune homme qui avait le fin mot de l’histoire au creux des lèvres, ou même simplement un minuscule indice. Mais il y avait quelque chose. Il allait y avoir quelque chose, et cela, c’était certain.
    Le nom s’échappa des lèvres du jeune homme dans un souffle, et le garçon à la veste se figea, petit à petit, comme un animal qui se laisse prendre dans la glace sans réagir. Quatre lettres. Un mot qui forme la moitié de toi et moi. Yoan.
    Claris.
    Un frémissement agita les épaules du garçon tandis qu’une bouffée d’exaltation le traversait de bas en haut. Un rire étouffé dont l’origine était la satisfaction mais dont les accents n’avaient rien de joyeux. A croire que tous les sourires du monde ne pourraient jamais dissimuler les éclats de verre brisé sous-jacents. Tant pis, tant pis. Tout était si clair tout à coup ; tout était si limpide. Evident comme les six lettres de ton prénom. Toi, encore. Toi, seulement, et uniquement tout ce qui te concerne. Je me souviens. Je suis un être exclusif et égoïste. Infiniment égoïste.
    Yoan souleva la veste qui n’avait pas bougé de son bras depuis le début, puis la porta à son visage, toujours sans lâcher le garçon des yeux. Son odeur était encore là. Tout sonnait comme une évidence.
    Moi aussi, il y a encore quelque chose que je désire posséder. Ses lèvres murmurèrent derrière le tissu, comme avec tendresse :

    « Tu la veux ? … Viens la prendre… »
    Dans un bruit de tissu froissé, le léger tintement d’une fermeture peut-être, Yoan lança le manteau sur celui qui était venu en quête de son reflet. Puis il disparut dans l’ombre en étouffant un nouveau rire et s’enfuit entre les arbres sans prendre la peine d’atténuer le bruit d’herbes foulées qui retentissait à chacun de ses pas. Pourquoi, parce que. Si tout ceci avait un quelconque sens.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Ven 27 Juil 2012 - 16:34

« Ça m'aiderait beaucoup, oui. Je suis inquiet pour elle, elle n'avait pas l'air de se sentir bien, et... »

Ma proposition avait l’air de lui plaire, presque de le soulagé. Je ne pouvais peut-être pas le voir, mais ce jeune homme était tendu, je le sentais. Quelque chose sembla le troublé encore plus qu’il ne l’était déjà et il fit un pas en arrière lui qui avait commencé à se rapprocher, à moins que ce ne soit de la crainte qui ne l’eux fait reculé. Un seul mot, un nom, glissa entre les lèvres du nouvel arrivant qui, remarquais-je, n’avais pas son compagnon, son Alter Égo Astral, avec lui tout comme celui à qui il s’adressait :

« Yoan ? »

Avait-il reconnu le premier garçon? Ni tenant plus, je décidai d’utiliser mon pouvoir, fessant fit des possible effets secondaires qui ne tarderaient probablement pas à arriver. Tout doucement, puis de plus en plus rapidement, des lignes se tracèrent dans mon esprit et la scène eux enfin un visage pour moi. Si leur silhouette était une copie presque conforme l’une de l’autre, leur "aura", la couleur qui définissait leur contour était totalement différente. Claire pour celui qui avait prononcé le nom et sombre pour celui qui, peut-être, lui répondais. Autour, que des arbres et des animaux. Au loin la fête. Puis, il y eux un rire, un rire sans joie émis par celui qui portait peut-être le nom de Yoan. Il prit ce qui reposait sur son bras, une veste, et la porta à son visage. Ce garçon me semblait étrange, changeant. Où était passé la confiance qu’il m’inspirait au début? Elle c’était volatiliser et il n’en restait rien ou alors que quelques traces.

« Tu la veux ? … Viens la prendre… »

Sur ces quelques mots dits au travers du tissu de la veste, il lança cette dernière à celui qui lui ressemblait au point de les confondre. Puis, il partit dans la forêt. À moins qu’il n’ait fuit? Je n’arrivais pas à choisir la bonne des deux options. Je rattrapai au vol la veste qui ne se serait peut-être pas rendu jusqu’à celui qui devait la recevoir sans touché le sol. Il y avait trois odeurs sur ce morceau de tissu si je ne m’éprenais pas. Quelle signification pouvait-elle bien avoir dans cette histoire qui me dépassait déjà. C’est ce moment que choisi un mal de tête pour arriver au galop. Décidément, mon don était très utile, mais je ne devais pas trop en abuser. Je me retournai vers celui qui était encore là et lui demanda tout en lui donnant la veste :

-Tu le connais? Tu crois qu’il sait où ton amie peut être?

Et oui, encore une phrase digne des grands orateurs! Vraiment, ce n’était pas vraiment mon soir pour les questions. Peut-être étais-je trop perturber… et ce mal de tête qui ne m’aidait pas! De peur de voir revenir les étourdissements, je fermai les yeux un instant, même si cela ne voilai nullement le paysage devant moi, et stoppa mon pouvoir.
Je ne me sentais pas à ma place dans cette scène, mais j’avais offert mon aide au jeune homme qui me faisait face et ne pouvais donc pas repartir comme si de rien n’était. Et en plus, j’avais l’impression que l’idée d’entrer de nuit dans la forêt, seul en plus, n’enchantait guère mon interlocuteur.
J’entendais encore le bruit des pas du premier jeune homme, mais Pira avait cessé d’émettre ses grognements. Il devait estimer que le danger étais passé ou, du moins, assez éloigner. Dire que j’allais peut-être essayer de retrouver celui qui avait provoqué la réaction agressive de mon ami… Qui sais, peut-être cette recherche aura-t-elle les allures d’une trac… Cela allait probablement plaire d’avantage à Pira puisqu'il était un chasseur de naissance.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Dim 19 Aoû 2012 - 21:05

Dans le rire qui fusa, léger à travers le calme de la nuit, nulle trace de joie. Soren eu l'impression d'entendre une symphonie inachevée, ou le bruit que fait le vent lorsqu'il s'engouffre à travers des ruines. Il se revit quelques temps auparavant, debout et perdu dans ce couloir en compagnie de Claris. Claris qui riait et cachait l'inquiétude qu'elle éprouvait pour son frère derrière de grands sourires: Soren s'était alors juré de faire tout son possible pour retrouver Yoan. Les apparences avaient beau être trompeuses, en particulier au pensionnat, Claris faisait partie de ceux qui jamais n'auraient du verser de larmes de douleur. Son regard bleu accroché à l'étrange silhouette, Soren souhaita ne jamais s'être rendu à la fête. Être tombé malade la veille et être resté couché dans sa chambre, laquelle lui donnait l'impression d'être sourd et aveugle à ce qui se passait derrière ses murs. Comme il lui aurait été agréable de ne rien voir ! Malheureusement, ses iris avaient captés un éclat. Il était rentré dans son œil, l'empêchant de voir autre chose. L'aveuglant trop clairement.

Il reléguait chaque jour dans un coin de son esprit la bizarrerie de la situation des jumeaux Linden. Comment était-ce possible de ne jamais avoir croisé Yoan au détour d'un couloir ? Tu sais bien; A moins qu'il ne se cache, c'était impossible, et il n'y avait pas de raison pour qu'il fuit la présence de sa sœur. Alors, alors, alors...

« Tu la veux ? … Viens la prendre… »

Un murmure qui l'enveloppa avant de disparaître avec son propriétaire dans l'ombre des arbres. La veste vola, atterrissant dans les mains de l'autre garçon; Soren, trop abasourdi, n'aurait sans doute pas eu le réflexe de la saisir avant qu'elle ne touche le sol. Le jeune homme aux cheveux dorés observa un long moment l'endroit où s'était auparavant tenu la silhouette de celui qu'il avait appelé Yoan. Il n'avait ni acquiescer ni démenti ce qui lui avait alors semblé être une évidence. Confuse, mais une évidence tout de même. Que fallait-il déduire de ce rire morbide et brisé ? Soren se le demandait. Sa tête le lançait, mais son corps le poussait à partir immédiatement à la poursuite du fuyard. La voix du second inconnu le sorti bien heureusement de sa transe; Il sursauta et porta son regard sur lui. Un très court instant, peut-être moins d'une seconde, il se débattu pour reprendre pied avec la réalité.

-Tu le connais? Tu crois qu’il sait où ton amie peut être?


La veste passa de mains en mains sans un bruit. La mine pensive, Soren chercha quoi répondre à la question de son interlocuteur; Il n'était plus sûr de rien. Dans quoi s'était-il involontairement entrainé, et dans quoi entrainait-il cet inconnu qui n'avait rien à voir avec cela ? L'Allemand ferma les yeux, mais ce geste dérisoire n'atténua pas les battements rapides de son cœur. Tu te demandes quoi faire et quoi dire pour ne pas laisser la situation t'échapper. Ne comprends-tu pas qu'elle est d'ores et déjà hors de ton maigre contrôle ?
Soren aurait aimé hocher la tête avec fermeté, mais ses épaules se levèrent dans un signe d'ignorance. Et sa voix, sa pauvre voix avait une intonation si hésitante.

« Je ne sais pas trop. Je ne comprends pas, je suis... »


Il se mordit la lèvre inférieure. Il avait simplement voulu retenir Claris et lui demander ce qui n'allait pas. Il tenait juste à revoir la petite jeune fille vive et en pleine santé. Oh, pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé, pensa le blond avec angoisse. Si jamais elle était blessée, il allait s'en vouloir toute sa vie. Tout son enfermement aurait été plus juste; Mais chez lui, on ne comptait pas le temps selon le pensionnat. Il lui avait déjà trop volé.

Le drôle de fauve avait arrêté de grogner. Soren releva la tête, une détermination nouvelle sur son faciès. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait leur arriver en s'aventurant dans la forêt, mais ils le devaient. Plus qu'un besoin, c'était une nécessité. Il fallait retrouver Claris.

« On doit le suivre. Peu importe où il va, on le doit. »


Il ne savait pas si l'inconnu allait accepter de l'aider à retrouver le blond qui les avait laissés seuls avec l'obscurité. Cependant, quelque chose lui disait qu'il serait sur ses pas. Le Berlinois pivota sur ses pieds et, non sans appréhension quoi qu'il n'avait plus si peur, il s'engagea par le chemin qu'avait emprunté le morceau de reflet quelques instants plus tôt. Sans aller trop vite, sans se presser; Car s'il filait, il allait se perdre, et les voix chuchoteraient à ses oreilles mille directions trompeuses.
Il fallait être prudents.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 25 Aoû 2012 - 15:19

    Les hautes herbes qui poussaient entre les arbres fouettaient ses jambes nues ; l’écho de son rire ricochait dans les ténèbres, entre les hauts arbres aux troncs noirs. Où es-tu, où es-tu ? Qu’est-ce que je fais, là ?
    Il comptait ses pas. Il comptait toujours ses pas, jadis, Yoan. 150, 152.
    Le garçon s’arrêta brutalement, les mains appuyées sur ses genoux tremblants, le souffle court étranglé dans sa gorge par le rire convulsif qui ne voulait pas s’arrêter. Ne suis-je pas Yoan, et n’es-tu pas Claris ? Alors pourquoi ne sommes-nous plus un, dis-le moi. Je ne sais pas, je suis perdu, et je ne sais pas qui accuser. Je ne sais pas qui je dois punir, de qui je dois me venger.
    Et pourtant, je te veux toujours pour moi seul. Quand bien même ce serait impossible ou inenvisageable ; je n’ai plus aucune notion de ce qui est faisable ou non. Quelqu’un m’a retiré tout cela, comme on arrache un dard d’une plaie, libérant tout son venin. Je suis gorgé d’un poison de glace, et je ne sais plus que blesser.
    Le jeune homme se redressa, tourné en direction de l’endroit d’où viendraient ses poursuivants, écoutant ; attendant le moment où il saurait par quel côté les prendre.
    Il devait se débarrasser du plus grand en premier ; celui qui ne voyait pas. Malgré ce handicap et le fait que ce ne soit pas lui qui ait perdu quelque chose ce soir-là, il restait certainement le plus dangereux des deux. Il s’occuperait de son image inversée, pâle reflet pétri de gentillesse, juste après. Tout de suite après.
    Repartant vers la droite, le garçon s’éloigna dans les fourrés, décrivant un large cercle dans le but de prendre ses poursuivants à revers. L’aveugle le sentirait sûrement venir. Tant pis ; il n’avait pas l’intention d’agir en finesse dans l’assaut.
    Est-ce que tu réprouverais ce que je fais là ? Je n’en sais rien, je ne t’entends plus.
    Il les atteignit de biais, presque de côté. Courant dans leur direction, il surgit entre eux des fourrés d’ombre pour renverser d’un élan le jeune homme blond et sauter sur son compagnon, le projetant contre un arbre où il resta face à lui, les mains sur les épaules. Un murmure velouté comme un ronronnement emplit le fond de sa bouche, ruisselant sur sa langue en paroles cruelles :

    « Et donc, dis-moi… Que pense-t-elle de toi maintenant, celle que tu as tuée ? »
    Un sourire, encore. Dommage que l’adversaire ne puisse le voir ; ou bien peut-être tant mieux.

    « Je me demande… les lâches tels que toi, incapables de protéger ceux qu’ils aiment, ont-ils le droit de vivre ? »
    Juste profiter d’une faiblesse pour le perdre. S’occuper alors de l’autre. C’était tout pour le moment. Finalement, ce qu’il avait pris pour de la connaissance n’était que le fruit d’une redoutable intelligence, des capacités tourmentées auxquelles on avait permis d’atteindre un seuil de savoir limite. Savoir qui tourbillonnait, là, sous son crâne, comme un orage hurlant et tempêtant qui électrisait son corps.
    Je ne sais plus.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Jeu 6 Sep 2012 - 4:00

« Je ne sais pas trop. Je ne comprends pas, je suis... »

Sa voix était hésitante. Son âme elle-même semblait être troublée. Je ne pouvais deviner ce qui venait ainsi perturber ses réflexions, je ne possédais pas ce talent. L’atmosphère était lourde et je savais que mon heure de repos désormais était repoussé à plus tard, à bien plus tard. D’un côté, c’était une bonne chose, je n’avais pas encore sommeil, mais je me savais embarquer dans quelque chose qui ne me concernait probablement pas… non puisque je m’y était embarqué, ça me concernait maintenant. Et je n’étais pas du genre à me désister ainsi, du moins, pas aussi facilement.
Je regardais sans vraiment regarder le jeune homme qui se tenait non loin de moi, attendant qu’il ajoute quelque chose puisque je ne pouvais guère l’aider à mettre de l’ordre dans ses idées. Dans la forêt, les pas s’éloignaient encore, mais je pouvais encore les entendre, les suivre. J’aurais pu partir, essayer de rattraper l’autre, mais ce n’était pas à moi de décider si je suivais le garçon qui avait lancé la veste, comme ce n’était pas à moi qu’avait été lancer cette veste. Ce choix, il revenait à celui qui étais resté et dont j’ignorais toujours le nom. C’était à lui que c’était adresser "Yoan", c’était lui qui pouvais avoir un intérêt à le suivre. Moi, je n’étais là que pour l’aider en ce moment, je n’avais encore aucune connaissance de ce qui se passait, de ce qui se tramait. Puis, il prit sa décision :

« On doit le suivre. Peu importe où il va, on le doit. »

Alors, on le suivra. Il s’avança sur les traces du premier jeune homme et je le suivis, mes sens en éveil guettant des possibles changements de direction. Pira me suivait et je savais qu’il ne perdrait pas la trace de celui que l’on suivait. Un simple humain n’avait que de mince chance d’échapper à un amora.
Le jeune homme près de moi avançait sans se presser. Mes pas à moi étaient assurés et je ne trébuchais pas sur les racines qui serpentait sur le sol. J’avais beau être aveugle et ne pas connaître très bien cette forêt, mais, d’aussi loin que ma mémoire puisse aller, j’avais toujours vécu dans les bois, j’étais donc habitué aux pièges que tendait la nature pour les imprudents et les maladroits.
Rapidement, je cessai de suivre le jeune homme, me tenant à ses côtés. Nous cheminions dans cette forêt qui recelait des sons, des odeurs qui m’étaient parfois connus, parfois inconnu. Des craquements se faisaient entendre de temps à autre lorsqu’un animal passait ou s’enfuyait en sentant notre présence ou peut-être d’avantage celle de Pira qui nous avait devancé depuis un petit moment déjà et qui semblait presque s’impatienter de notre manque d’empressement. Mais, question de commodité, je préférai faire les présentations avant de demander à mon compagnon de presser un peu l’allure :

-Je me nomme Anora. Et toi?

Ainsi, ce serais plus facile de communiquer. Plutôt que de s’adresser à lui par "toi" ou autre synonyme je pourrais utiliser son nom. Ce serait plus simple, surtout si l’on venait à se séparer. Je ne lui avais donné que la deuxième partie de mon nom, je crois bien que j’allais en faire de même avec toute les personnes que j’allais rencontrer à l’avenir, ça allait être plus simple. Et avant mon arrivé ici, la plupart des gens que je connaissais fessait de même… dire que je n’allais plus les revoir, même si je réussissais à sortir d’ici… mais, je ne devais pas laisser la tristesse et la nostalgie venir embrouiller mon esprit. Je devais suivre ce Yoan et je ne devais pas perde sa trace.
Tout d’un coup, les pas s’arrêtèrent. J’entendis l’écho d’un rire. Puis, les pas reprirent dans une autre direction. Il ne s’éloignait plus, comme s’il voulait nous tendre un piège. Pira se rapprocha de nous et commença à émettre un faible grognement tandis que moi je m’immobilisais sans préavis. Je l’entendais venir de par la gauche, sa droite à lui. Puis, Yoan fonça vers nous.

-Attention, il arrive.

J’avais à peine dit ces quelques mots et laissé tomber ma couverture qu’il surgissait et renversait le jeune homme que j’accompagnais. Je ne fis qu’un pas pour aller aider l’autre qu’il m’avait déjà bondit dessus. D’un geste vif, je portai ma main à ma hanche, me saisissant de mon couteau, tandis qu’il me plaquait contre un arbre. Je plaçai la pointe de l’arme au niveau de ses côtes, mais ne le poignardai pas, pas tout de suite. C’était un avertissement. Pira derrière lui s’apprêtais à l’attaquer, grognant de façon menaçante. Un léger sifflement sortit de mes lèvres et mon compagnon resta figé dans sa position. Il avait reconnu ce signal, il attendra, il ne le blessera pas... pour le moment.
Puis Yoan, faisant en apparence peu de cas du couteau qui le menaçait, murmura quelques cruelles paroles à mes oreilles :

« Et donc, dis-moi… Que pense-t-elle de toi maintenant, celle que tu as tuée ? »

À défaut d’image, des sons, des odeurs, des sensations remontèrent à ma mémoire. Son cris d’agonie, son corps dans mes bras, son sang ruisselant entre mes doigts sans que je parvienne à le retenir. Je n’avais pas été là pour elle. C’était de ma faute si elle était morte… ma faute. C’était comme si je l’avais tué.
Je me demande si ma douleur aurait été plus grande s’il avait retourné mon arme contre moi.

« Je me demande… les lâches tels que toi, incapables de protéger ceux qu’ils aiment, ont-ils le droit de vivre ? »

Mon cœur saignait et la pointe de mon couteau s’abaissa un peu. Ma main tremblait, mais à la place de laisser tomber l’arme, je la serra à m’en faire mal.
Pourquoi c’était eux qui avaient péri? Pourquoi pas moi? Je ne savais pas vraiment si j’avais pensé ou murmuré ces mots, mais je me doutais que mon visage, même mes yeux qui ne voyaient rien devaient refléter ma douleur, ma tristesse.
Est-ce que j’avais le droit de vivre, même si je n’avais pas été incapable de protéger c’eux qui m’étaient cher? J’étais faible, trop faible, la preuve, à cause de cette faiblesse ils étaient morts. Je n’étais qu’un lâche, je n’avais fait que fuir.
Alors, arrête de fuir, assume! Si tu es faible, deviens plus fort.
Cette voix… c’était c’elle d’Alsora. Il avait dit cela à un gamin un jour, je m’en souviens. C’est sûrement ce qu’il m’aurait dit à ce moment… Mais… à quoi bon. Il était mort, Ani était morte, Lirina étais morte, pratiquement tout le village avait péris.
Pira passa à l’attaque et renversa le jeune homme qui m’avait mis dans cet état, lui plantant ses griffes dans le corps. Tous trois, nous tombâmes au sol. Mon compagnon venais de me sortir de mes sombres pensées et m’avait rappelé quelque chose : lui était vivant et comptait sur moi. J’avais proposé mon aide à quelqu’un, je devais l’aider. Et il avait besoin de ce jeune homme qui c’était attiré les foudres de mon compagnon.

-Ne le tue pas Pira.

Dans un grognement sourd, il consentit à lâcher sa proie, mais ne s’en éloigna guère très loin.
L’odeur du sang qui gouttait des épaules de notre agresseur me rappelait de mauvais souvenir, mais je ne devais pas me laisser aller une nouvelle fois à la douleur, au chagrin, même si je savais que j’allais probablement m’effondrer une fois tout cela fini.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Dim 16 Sep 2012 - 15:47

Il allait sans dire, en bon citadin qu'il était, que marcher dans tant de végétation n'était pas le point fort de Soren. Sa peur panique mise à part, il scrutait les ténèbres dans l'espoir d'éviter de se prendre des branches dans la figure ou des racines dans les pieds; D'apercevoir entre les arbres une chevelure blonde comme le soleil. Puisqu'il n'était pas seul, il ne pensait plus à reculer, habité désormais par une détermination étrange et diffuse. Il devait aligner ses pas jusqu'à retrouver cette ombre fugitive qui l'avait fuit; Quoi que ça puisse lui en coûter. C'était aussi pour Claris qu'il faisait tout ça, la pauvre Claris qui tremblante avait emprunté un chemin dont il n'avait pu retrouver la trace. Inquiet, il se demandait où elle était passé, et aussi ce qu'elle lui aurait conseillé de faire en pareille situation. Est-ce qu'elle aussi, elle se serait lancée à la poursuite de Yoan ? Évidemment, c'est son frère qu'elle cherche depuis tant de temps. Elle aurait couru, alors que lui marchait. Elle aurait versé des larmes de joie, alors que lui sentait ses yeux le piquer d'effroi.
Quelque chose n'allait pas sans qu'il puisse dire quoi. Un oiseau passa en criant au dessus d'eux, et il se fit violence pour ne pas sursauter ni crier. Je te croyais plus courageux que ça, Soren.

Moi aussi.

-Je me nomme Anora. Et toi?

Soren se tourna vers son compagnon, agacé que ses yeux ne s'habituent pas plus vite à l'obscurité. Il les plissa dans une vaine tentative d'y voir plus clair. Il aurait tant aimé être pour quelques minutes un animal nocturne, capable de percer le voile de la nuit sans le moindre mal, de s'orienter sans la lumière bienfaisante du soleil. Ou bien d'être comme Anora, qui ne semblait avoir aucun mal à marcher dans cette flore teintée de noir. Il avait dit s'appeler Anora, n'est-ce pas ? Bien, pensa Soren. Il n'oublierait pas ce nom, c'était certain.

« Je m'appelle Soren. » Répondit-il simplement, ne jugeant pas utile de faire suivre par son nom de famille. Dans ce pensionnat, il n'était pas utile de posséder une identité complète, elle ne servait à rien. Elles n'étaient que le reflet d'un état, d'un pays, d'une identité qu'ils avaient perdus en passant cette grande porte, et qu'ils retrouveraient s'ils parvenaient à emprunter le chemin inverse. Soren Mülher, se dit-il en son fort intérieur. Je m'appelle Soren Mülher et un jour je sortirai d'ici. Je retrouverai ma famille, mes amis, ma vie. Je redeviendrai ce que j'ai toujours été.
Mais avant ça, j'ai des choses à faire. Je dois retrouver Claris, et retrouver Yoan aussi. Je dois avancer sans reculer. Je n'ai pas le choix.

Anora s'arrêta subitement, et Soren fit de même, intrigué par l'attitude du jeune homme. Que se passait-il ? Avait-il entendu quelque chose ? Agité, Soren tendit l'oreille pour saisir un son, n'importe lequel, mais seul celui des animaux et des insectes lui parvint. Il n'entendait strictement rien d'anormal. Mais Anora si, de toute évidence, puisqu'il lui dit ensuite:

-Attention, il arrive.


Soren n'eut ni le temps de crier, ni le temps de répondre; Pas plus qu'il n'eut le temps de s'inquiéter. Il se fit renverser par une ombre, et atterri à terre avec un cri de douleur étouffé. Des éclairs de lumière déchirèrent la nuit qui avait prit place derrière ses yeux, et une douleur remonta le long de son bras, lui arrachant une grimace. Il ne s'était rien cassé, la chute n'avait pas été si violente, mais il avait trouvé le moyen de mal tomber malgré tout. A moins que ce ne soit l'air qui amplifiait les sensations ? Il n'aurait su le dire. Près de lui, Anora et Yoan se faisaient face. Il entendit des mots, des mots terribles et cruels que personne n'aurait du prononcer. Il ne savait rien d'Anora; Il sentit pourtant que ces mots le blessaient. Ils étaient fait pour ça. Soren se redressa à demi, et c'est ce moment que choisit l'AEA d'Anora pour sauter sur Yoan et le renverser. Les yeux bleus de Soren s'ouvrirent en grand, et sa bouche poussa un cri muet.

Non, non, ne le tue pas, ne lui fait pas de mal ! C'est... Il...

-Ne le tue pas Pira.

Soulagement. Temporaire néanmoins; La bête grogna et rappela à Soren combien il était démuni. Le monde était effrayant, prêt à vous bondir dessus à la moindre faiblesse. Il s'assit, incapable pour l'instant de se relever, les yeux rivés sur la forme allongée. Le noir s'était un peu dissipé et il y voyait plus clair. Les contours restaient toutefois flous, domaine de la nuit impénétrable pour un simple homme comme lui. Avec hésitation, appréhension, il se mit à parler:

« Il... Il va bien ? »

Il ne devait pas aller mal. C'était le frère de Claris, il le savait. C'était Yoan. Celui qu'elle recherchait depuis tellement de temps. Qu'importe ce qui n'allait pas chez lui, qu'importe ce qu'il recherchait. Il devait rassurer sa sœur et rester avec elle pour toujours.

Parce que sinon, c'est moi qui le ferait pour toi.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 29 Sep 2012 - 19:47

    J’ai mal.” Le message se reflétait si clairement dans les deux prunelles d’un vert moiré par l’ombre que Yoan aurait pu le ressentir lui-même. Ah, si. En fait, si. La conscience d’une lame contre ses côtes peina à traverser la nuit, se frayant un chemin avec difficulté dans le taillis désordonné qui poussait dans tous les sens dans son cerveau. Mais non. Quelle importance accorder à la chair quand je ne la ressens pas ?
    Et ça fait mal.
    Enfin, le grondement annonciateur retentit ; et alors, il transperça la nuit comme l’éclat d’un coup de feu et la flamme de la balle. Une douleur aiguë, et la chute. Yoan lâcha les pans de l’habit de son adversaire afin de libérer ses mains pour se défendre au mieux, et s’écroula dans l’herbe, les griffes de l’animal accrochées à sa chair. Conscience de la douleur. Le jeune garçon lâcha un cri rauque en rencontrant le sol, aux prises avec le félin aux crocs brillants. La douleur explosa quand il tenta de se dégager, pris entre l’herbe haute et humide et l’épaisse fourrure animale ; des griffes, la blessure béante et, non… du métal.
    Tâtonnant, l’esprit entré dans une ébullition brouillée comme si c’était une méduse géante qui l’enserrait de ses tentacules venimeux et non un gros chat accroché à ses épaules, le garçon chercha à atteindre la poche interne de sa chemise. Il était forcément là ; c’était impossible qu’elle ne l’ait pas sur elle. Il est impossible que tu t’en sois séparée, parce que, parce…
    L’ordre salvateur vint enfin, claquant tel un coup de fouet, alors même que les doigts de Yoan agrippaient le manche de bois. Le poids sur sa poitrine s’évanouit instantanément, le laissant sur le dos, pantelant, une main enfoncée dans sa chemise et l’autre serrée sur son épaule sanguinolente.
    L’air en en quittant mes poumons siffle de façon inquiétante ; je suis anesthésié. Tu es où, dis, tu es où ? Mais j’ai froid. Mais j’ai mal.
    J’ai mal. Encore.

    C’était comme les ciseaux de l’autre fois. Le scalpel. Et la voix de June ; les hurlements de June ; les couinements d’un porc qu’on égorge - Ah non, ça, c’était sorti de sa propre gorge.
    Mais je vous dis que j’ai mal, MAL !
    Inconscient des murmures des deux autres, Yoan repense, ressens et revoit ; la brûlure insupportable et l’ouverture béante dans une chair molle ; la réminiscence de la douleur, insupportable, son retour qui le lance aux épaules, encore et encore ; déchirure ; cassure ; arrachage. Le jeune homme roule sur le flanc en se tordant d’une douleur amplifié par ce qui rampe au fond de ses entrailles ; la certitude de la souffrance.
    Et par-dessus tout, tu n’es plus là.
    Le garçon se redresse sur un genou et, dans un éclair métallique, tire un opinel d’une poché intérieur, qu’il pointe vers ses deux poursuivant. Une ébauche du sourire récurrent sur ses lèvres revient à la charge, tandis qu’il reste immobile sans lâcher son épaule ensanglantée. Il a la tête qui tourne. Mais je ne te vois plus, maintenant. Je suis trop perdu pour cela.

    « Si j’étais un génie bienveillant, je t’accorderais un souhait. Ou deux. Je pense. »
    L’affirmation est décalée dans sa bouche, lui-même en convient. Lui-même ne sait pas comment la prendre. Mais il ne sent plus la faiblesse autour de lui ; anesthésié par la douleur, il ne perçoit plus rien. Alors quoi ? Alors rien. C’est fini, c’est tout. Vraiment ? Peut-être.
    Ça fait vraiment mal, tu sais.



HS ▬ J'AVOUE. J'ai pas pu le caser là. Enfin j'aurais pu mais je voulais pas ruiner mon effet, erh.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Mer 10 Oct 2012 - 3:03

Je me relevai brusquement, serrant mon couteau à m’en blanchir les jointures… du moins, c’est ce qu’aurait pu observer quelqu’un étant pourvu du sens de la vue si les ténèbres ne nous auraient pas enveloppé. Je me tenais là, les sens aux aguets, prêt à réagir au moindre mouvement de mon adversaire. Je tentai de refouler tant bien que mal ma douleur dans les tréfonds de mon esprit, mais elle était tenace, seul une partie se laissa emprisonner, l’autre resta tapis dans l’ombre juste limite de mon conscient.

« Il... Il va bien ? »

Une voix hésitante, emplie d’appréhension. Soren. Je percevais aussi une note de douleur dans sa voix, il devait s’être fait mal en tombant.

-Il va survivre.

Trois mots qui glissèrent de ma bouche, à peine audible pour celui à qui je répondais. L’autre souffrait, mais je n’en avais que peu à faire. S’il n’avait pas bondit ainsi sur nous, s’il ne nous avait pas blessé, de deux façon différente certes, mais blessé tout de même, et s’il n’avait pas provoqué Pira, il n’aurait pas été blessé. Yoan se releva sur un genou. Bruissement de vêtement, petit son métallique, changement de position… Il venait de sortir une arme, il nous en menaçait. Ma respiration s’était calmer, j’étais prêt à agir. Mais, il y avait cette sensation qui depuis un moment se rependait dans mes veines. La peur, présente et diffuse. J’avais peur de ce jeune homme. Pas de ce qu’il pourrait faire avec son arme, je ne pense pas me tromper en affirmant que j’avais l’avantage sur lui au niveau de l’expérience de combat, mais des paroles qu’il pouvait prononcer. C’était son arme la plus dangereuse et il pourrait bien m’abattre avec.
La peur, tu ne dois pas la craindre, tu dois l’accepter. Alsora semblait d’humeur à me faire la leçon on dirait. Toutes ces paroles prononcées dans de lointain souvenir remontait doucement à la surface, me donnant juste assez de force, juste assez de courage pour surmonter ma peine, ma douleur.
Pira grognait, Yoan perdait du sang, Soren était toujours au sol. Soren… je ne connaissais pas non plus ses qualités de combattant pour autant qu’il en aille. Si ce Yoan décidait de le prendre pour cible, je devrais réagir rapidement si je ne voulais pas qu’il soit blessé. Prudemment et silencieusement, je fis un pas pour me rapprocher de notre opposant. Pira compris mes pensée et se plaça directement à côté de Soren.

« Si j’étais un génie bienveillant, je t’accorderais un souhait. Ou deux. Je pense. »

Un souhait? Les seuls que j’aurais voulu prononcer n’auraient pu être exaucés. J’aurais aimé effacer cette journée, tous ces morts, toute cette douleur, j’aurais aimé revoir Ani, Alsora, Lirina et tous les autres. Mais, ils ne reviendraient pas, je ne crois pas. En fait si, peut-être, je ne sais pas. Si Pira avait pu revenir, pourquoi pas eux? Non, je ne devais pas abaisser ma garde, je ne devais pas fournir une ouverture à Yoan. Une phrase glissa entre mes lèvres sans y avoir été invité :

-Et moi je les refuserais pour ne pas avoir de dette envers toi.

C'était vrai, jamais je ne voudrai devoir quoi que ce soit à un tel homme. De toute façon, peu importe les pouvoirs qu’il pourrait hypothétiquement avoir, il ne pourrait pas les ramener, du moins, c’est ce que je voulais croire. Mais, j'aurais peut-être dut garder cette phrase pour moi.

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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Ven 12 Oct 2012 - 10:40

Et il battait à s'en rompre, son pauvre cœur; il criait de peur devant cet éclat métallique, devant cette scène irréelle dont il aurait aimé pouvoir dire avec assurance qu'elle n'était qu'un rêve. Mais Soren savait que ce n'était pas le cas, et la réalité le faisait souffrir comme dix milles aiguilles plantées dans sa chair. Il y avait Anora, et son AEA aux griffes acérées. Il y avait Yoan, qui perdait son sang. Et enfin il y avait lui, assis sur cette terre humide, les yeux perdus dans un cauchemar aussi noir que les ténèbres. Pourtant, il était certain d'être celui qui avait le moins de mal à respirer ici ! Il n'était pas la victime de prédilection des horribles songes que créait la tristesse à son point culminant. Il avait pleuré, oui, mais qu'était sa peine en comparaison de celle de ses deux autre compagnons ?
Soren ne savait rien d'eux. Tout juste savait-il leurs noms, et pour l'un, la description qu'en avait faite une fillette aux paroles comme un arc-en-ciel. Mais à entendre Yoan parler, le jeune homme qui avait eu la gentillesse de l'accompagner à travers ces bois hantés devait posséder un passé qui pesait lourd sur sa conscience. Assez, à tout le moins, pour que les piques de Yoan le fassent chanceler et hésiter.

Il s'en voulait vraiment de l'avoir entrainé là-dedans. Seule la pensée fugace de ce qu'il serait advenu de lui s'il n'avait pas été là l'empêchait de regretter totalement sa présence. Ils allaient s'en sortir et ramener leur agresseur aux lumières de la fête ou, s'il ne le voulait pas, dans l'ombre du grand pensionnat qui les surplombaient tous. Là-bas il retrouverait sa soeur, le conte de fée se terminerait bien. Il faudrait simplement panser ses blessures et s'excuser pour tous ces malentendus...
Soren voulait croire que c'était ainsi que tout allait se finir. Dans un sursaut de courage car il savait qu'il était le moins à plaindre, il fit un effort pour se redresser sur ses jambes et conserver un équilibre qu'altérait la peur. Sa main droite crispée sur le manteau d'Emrys qu'il se refusait à lâcher, il écouta Yoan élever de nouveau la voix. Entre temps, l'AEA d'Anora était venu se placer près de lui, et le blond lui en fut reconnaissant. Il n'était ni très grand ni très fort; Le couteau, ou qu'elle qu'était l'arme que Yoan tenait entre ses doigts, aurait vite eut fait de plonger dans son cœur sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit.

Tellement de vide et de solitude...

« Si j’étais un génie bienveillant, je t’accorderais un souhait. Ou deux. Je pense. »


Un souhait ou deux... Les yeux de l'Allemand s'égarèrent; Ils se posèrent sur Yoan, sur Anora. Sur Yoan, puis encore sur Anora. Les deux, songea-t-il, auraient eu besoin de ce fameux souhait. Il était dans la nature de tout homme de se poser des questions, et Soren n'échappait pas à la règle. Pour quoi auraient-ils pu secouer la lampe du génie ? Possédaient-ils un vœu si cher à leur cœur que même vendre leur âme leur aurait paru un juste accord ? Lui-même repensait à Berlin et tous ceux qu'il avait vu disparaître au coin de sa rue pour ne plus jamais revenir. Ses grands-parents, son oncle, la famille d'Isaac, même Edith. Ils étaient tous partis: Soren aurait été un fieffé menteur s'il avait eu l'audace de penser qu'il n'aurait pas réfléchit à une telle proposition.
Il aurait aimé les revoir et rire comme avant.
Anora aussi devait avoir perdu des rires qu'il aurait aimé entendre à nouveau.
Mais avant de rendre les autres heureux, le génie aurait du penser à son propre bonheur, ne serait-ce qu'un court, qu'un très court instant.

-Et moi je les refuserais pour ne pas avoir de dette envers toi.

En cela le jeune homme aux yeux comme l'éther en été trouva Anora admirablement courageux. Il aurait été incapable pour sa part de prononcer jusqu'à ces mots, et il savait pourquoi. Il était faible, terriblement faible. Si faible que la moindre parole et le moindre sacrifice lui faisait monter les larmes aux yeux.

Si seulement j'avais été plus fort !

« Et si tu pouvais en accorder un à ta sœur...
(Il s'arrêta le temps de prendre un souffle et pouvoir continuer) Je suis sûr que Claris voudrait que tu lui promettes de ne plus jamais la quitter. »

Pourquoi avait-il dit ça ? Aucune importance. Les mots étaient sortis, et il ne pouvait pas les ravaler. Quel drôle de vie, quand même... Soren aurait pensé folle la plus saine des personnes si elle était venue lui confier, alors qu'il était encore chez lui, quelle vie serait la sienne dans quelques années.
L'obscurité guettait toujours les trois acteurs de sa macabre pièce. Un hululement lugubre se fit entendre. Et dans sa poitrine, son cœur battait toujours aussi fort. Boum, boum, boum. Il battait à s'en rompre, oui, à s'en briser en mille morceaux.

Mais il restait là debout à trembler comme un enfant. Il restait là alors que son cœur lui ordonnait de faire demi-tour.
Je dois savoir avant de partir. Je dois connaître la vérité.

{... En fait, j'étais persuadée d'être en retard là. Mais non, même pas un tout petit peu. Eh. BON BHA maintenant que c'est fait hein !X'D}
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 29 Oct 2012 - 14:40

    La douleur aiguë, déchirante, qui traversait son épaule de part en part battait dans la tête du garçon avec la régularité d'un métronome. Le même que celui posé sur la table entre le violon et l'archet, et qu'il avait toujours rêvé d'éventrer. Le mettre en pièce, éparpiller ses morceaux, désosser son mécanisme, était devenu un fantasme obsessionnel à force de haine.
    Peut-être que c’était ce métronome qui avait détraqué le temps dans sa tête. Le temps et l’espace ; peut-être que c’était lui qui l’avait remonté à l’envers et rendu obsolète. Et hostile.
    C’est triste dst triste d’être aussi aigri. Au fond, Yoan savait qu’elles n’auraient pas aimé le savoir comme ça. Elles ; les filles, June, June qui ne pourrait plus jamais prononcer un mot. Et Claris.
    Pardon de ne pas être ce que j’aurais dû. Pardon d’être si mauvais ; pardon d’être si décousu, comme une poupée sur laquelle on aurait trop tiré. On avait trop martyrisé ses coutures fragiles ; alors on avait cisaillé au scalpel pour tenter d’en faire autre chose, sans parvenir à un autre résultat que cette figure couturée et scarifiée. Le métronome dans sa tête, les aiguilles plantées dans son dos, ça suffisait pour le rendre malade. Yoan sentit son pied d’appui trembler, chancela imperceptiblement, mais comme pour contrebalancer, serra davantage les doigts sur le manche de son couteau. Il était poissé de sang et glissait dans sa paume.
    L’obscurité. Laissez-moi retomber dans l’oubli. Je ne veux plus entendre ses cris – je veux redevenir un simple reflet et t’emmener avec moi.
    Les yeux brillant d’une intensité presque maladive, Yoan fixait l’étranger aux yeux morts sans écouter ses mots. Il savait, seulement, ce refus catégorique ; cette parole stupide, uniquement appuyée sur une fierté déplacée. Dans un éclair de conscience, le garçon en eut la nausée : un si beau sentiment quand lui aurait accepté n’importe quoi, suivi ou agressé n’importe qui, prostitué n’importe quoi ou n’importe qui – et tout ça rien que pour un espoir, éphémère, sale et inaccessible.
    Est-ce que c’était de la jalousie ? De la pitié, du dégoût de soi ? Ou peut-être seulement la culpabilité de quelqu’un qui ne se préoccupe que d’une seule chose ?
    Il y avait vraiment beaucoup de mauvaises choses qui poussaient en désordre dans sa tête.

    « Et si tu pouvais en accorder un à ta sœur... » Un murmure se glissa jusqu’aux oreilles de l’adolescent.
    Son œil torve effectua un glissement latéral pour s’arrêter sur son reflet. L’arme, elle ne bougea pas. Pâle reflet en vérité : bien trop faible, trop tremblant et hésitant. Leurs seuls points communs n’étaient, au fond, que cette même apparence faiblarde et qu’une lâcheté provoquée par la couardise d’une part, et la vilenie de l’autre. Quelle que soit l’image, elle était pitoyable ; c’était tout ce qu’il y avait à dire.
    Allez, formule ce souhait égoïste.

    « Je suis sûr que Claris voudrait que tu lui promettes de ne plus jamais la quitter. »
    Les yeux pâles du jeune homme s’écarquillèrent à ces mots. Quelque chose se brisa, quelque part, et la main qui tenait l’arme retomba. C’est horrible, de se rendre compte de l’étendue de sa propre bassesse, quand au fond, tout ce qu’on a jamais voulu, c’était retrouver la lumière. Non, ce n’est pas toi qui fuit, c’est moi qui touche à la pire des laideurs – je suis désolé, soeurette. Au fond, je ne fais pas le poids.
    Malgré tout…
    Yoan porta une main à ses yeux, comme pour faire disparaître le monde, ou bien se cacher de lui. Chancelant, il se redressa sur deux jambes tremblantes.

    « Tu n’es qu’un imbécile. Un imbécile qui ne sait que chouiner des prières irréalisables. » Souffla-t-il d’une voix rauque. « Tu n’es qu’un… »
    Un ou deux pas, traînant la patte, tandis que ses genoux manquaient de se décrocher, et que ses doigts engourdis par le manque d’hémoglobine dans son bras s’ouvraient pour laisser choir son arme. Une fraction de seconde, Yoan crut qu’elles allaient le lâcher, ses jambes ; rien d’étonnant. Vu ce qu’elles avaient déjà couru, il n’aurait pas cru qu’elles soient encore capable de bouger. D’ailleurs elles ne mirent pas longtemps à exprimer leur désaccord d’être malmenées à nouveau, et tout ce qu’il put faire, ce fut se raccrocher au garçon qui partageait son visage, la tête basse.

    « Ecoute-moi bien, le naïf obstiné. Ne pense pas que tu pourras vivre comme ça toute ta vie, parce que… » Yoan perdit le fil de ses pensées, et ses yeux cherchèrent quelque chose à dénombrer, n’importe quoi. Il commença à compter les brins d’herbes – non, concentre-toi. « … Moi, tout ce que je voulais… »
    Cétait être avec elle. Toujours. Tout ce que je voulais, je ne demandais rien de plus. C’était quelque chose de normal, non ? Non ? Tu n’es qu’un crétin, mais au moins un crétin qui a du cœur. Pas comme moi ; tu n’as pas cette créature égoïste qui ricane au fond de la poitrine. Je ne sais même pas ce que je fais là.
    Si je n’arrive pas à vous faire mal, alors je préfère retrouver l’obscurité. Puisque de toute façon…

    « Je ne peux pas. » Un souffle, indistinct.
    Et puis il releva les yeux pour les planter dans ceux de son homologue, lui serrant le bras comme pour imprimer la marque de ses doigts dans sa chair. Si proche. Est-ce que par hasard il y aurait un moyen de lui arracher son âme, à ce jeune homme, pour prendre sa place ? Yoan savait que si c’était possible, il le ferait.
    Il le ferait, parce qu’il avait perdu tout sens de la réalité – et que peu importe le dégoût qu’il pouvait inspirer, ce n’était pas suffisant pour occulter son obsession.

    « Mais elle est à moi. A moi. » Le garçon avait l’impression qu’un peu de sa souffrance pouvait s’échapper par ses doigts s’il serrait assez fort. Qui sait ? « Alors si tu fais pas attention… Je te tue. »
    Yoan prononça cette promesse si proche de l’autre garçon que leurs mèches blondes s’effleuraient, que leurs fronts se touchaient presque. Les yeux dans les yeux, la seule chose dont il était sûr. Je te tue. Je t’aurai. On se reverra.
    Prends soin d’elle.
    Et puis le garçon se sentit aspiré par l’obscurité, envahi par une fatigue immense. Ses paupières se fermèrent lentement sur les pupilles d’un bleu insondable.
    Aussitôt, comme en fondu, les cheveux plus courts repoussèrent de quelques centimètres sans perdre leur teinte blonde, la blessure au bras droit se résorba et les membres de l’enfant reprirent une finesse toute féminine. Et ce ne fut plus le jumeau mais la jumelle qui s’effondra dans les bras de Soren, sans connaissance.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 5 Nov 2012 - 13:52

« Et si tu pouvais en accorder un à ta sœur... »

Une voix s’éleva, faible mais claire, traversant les ténèbres de la forêt. Soren, à nouveau debout, mais chancelant poursuivit :

« Je suis sûr que Claris voudrait que tu lui promettes de ne plus jamais la quitter. »

Sa sœur… Elle semblait bien l’aimer. Avait-elle vu cette facette de son frère? Cet être qui semblait se plaire à blesser, à détruire les autres? Probablement pas, mais c’était mieux ainsi. L’ignorance peut ce révélé plus douce que la connaissance.

« Tu n’es qu’un imbécile. Un imbécile qui ne sait que chouiner des prières irréalisables. Tu n’es qu’un…»

Une voix rauque, douloureuse. Yoan.
L’odeur de son sang emplissait mes narines, tentant de faire revivre d’anciens souvenirs. Pas si anciens que cela finalement. Je n’entendais que trop bien la respiration allaitante, les faibles gémissements de douleur et d’effort. Mon clan avait toujours eux un grand respect pour ses adversaires, les achevant rapidement à la place de les laisser agoniser voire les soignants lorsqu’il demandait grâce, leur évitant la mort. Nous avions que peu d’ennemis pour cela. Notre respect de la vie était immense. Je n’avais jamais aimé entendre et sentir quelqu’un souffrir avant l’attaque de mon village. Mais, ce jeune homme, je ne ressentais absolument rien pour lui. Ni compassion ni pitié. Non, c’est faux. Au fond, j’appréciais cette cruelle douleur qu’il ressentait. Cependant, je me refusais à l’avouer, que ce ne soit qu’à moi-même. J’avais peur de regarder en moi et d’y voir un monstre tapis sous la surface. Un monstre tel que celui qu’était devenu ce Yoan. Un homme ne nait ni bon ni mauvais, il le devient. Et c’est la faiblesse qui fait les tyrans, les monstres. C’est par faiblesse que l’homme s’abaisse à la barbarie, au massacre et à la souffrance. Il s’enfonce dans le mal pour se fuir eux même bien souvent.
Yoan fis un pas, deux pas vers celui qui lui ressemblait tant. Je fis de même, commençant à le contourné doucement, me préparant à agir. Prudemment, je me rapprochai très doucement de lui. Froissement de vêtement, grondement d’avertissement, le jeune homme au couteau venait d’atteindre Soren. J’allais passer à l’acte lorsque Pira gratta le sol de l’une de ses puissantes pattes : il n’en a plus la force. Mon compagnon venait de me dire de rester où j’étais. Il avait raison : le couteau ce retrouva au sol l’instant d’après. La voix de Yoan résonna de nouveau dans l’obscurité de la nuit, contraste frappant avec les bruits de l’activité nocturne :

« Écoute-moi bien, le naïf obstiné. Ne pense pas que tu pourras vivre comme ça toute ta vie, parce que… »

Une pause, une hésitation. Le sang coulait de façon continue de la plaie, fluide vital s’échappant de façon inquiétante. Perdait-il le fil de ses pensées?

« Moi, tout ce que je voulais… »

Probablement. Dans un souffle empreint de douleur, d’incertitude, il dit :

« Je ne peux pas. »

Il n’avait plus la force de continuer à se battre cet homme aux pensées sombres et troublées. Son discours s’achevait, mais peut-être aurais-je dû l’arrêté avant? L’assommé peut-être. Ça aurait été simple ou peut-être pas. Peut-être aurait-il réagie violement? Tel un animal sauvage, n’aurait-il pas hésité à se défendre coute que coute? Il avait semé le doute en moi et la crainte aussi. Aurait-il été capable de m’arrêter avec ses paroles?

« Mais elle est à moi. A moi. Alors si tu fais pas attention… Je te tue. »

Une ultime phrase, une sombre menace. Cette conversation, je ne pouvais y prendre part, elle me dépassait. Je ne les connaissais pas, je ne savais pas ce qu’il y avait entre eux à part cette Claris. Je m’approchai, croyant connaitre ce qui allait suivre. Yoan allait perdre connaissance, j’allais déchirer une partie du pantalon de celui qui avait osé mettre Pira en colèreet m’en servir pour essayer d’arrêter son sang. Puis, nous allions partir en quête d’un guérisseur ou de quelqu’un possédant le don de guérir. Je m’approchai déjà d’eux deux, cette suite logique d’évènement en tête, lorsque Yoan s’effondrait dans les bras de Soren. Mais, ici la logique ne s’appliquait pas nécessairement de la même façon, j’aurais dû m’en douter. J’eux l’impression que le sang changea presque imperceptiblement d’odeur, comme s’il ne s’écoulait plus, n’étant plus qu’une immense tâche rougeâtre sur un vêtement. Et à moins que mon nez me joue des tours l’odeur de Yoan ainsi que sa présence changèrent, plus délicate, plus féminine pour la première et devenant moins chaotique, moins menaçante peut-être pour la seconde. Sa douleur, ses faibles gémissements disparurent pour laisser place à la respiration calme d’un être endormie. Au même moment, le son qu’avait émis en permanence Pira, un grondement d’avertissement mêlé de haine et de colère, s’était transformé en une faible, douce et grave intonation proche du ronronnement… je ne comprenais plus rien.
Je me penchai, tâtonnai rapidement le sol tant pour retrouver le couteau de Yoan que pour essayer de reprendre mes esprit, puis me redressai tout en glissant l’arme à ma ceinture avec la mienne pour faire face à Soren.

-Est-ce que ça va?

Question simplette, mais utile, prononcé sur un ton incertain que j’aurais voulu gommer de ma voix. Physiquement, à part peut-être quelque bleue du à sa chute et à la façon dont l’avait agrippé Yoan, il devait aller assez bien. Mais, je ne pouvais voir son expression, ni devinez ses sentiments.
Puis, une autre question franchit mes lèvres :

-Que… que s’est-il passé?

Mon visage exprimait une telle incompréhension que même sans formuler à voix haute cette question, Soren aurait pu la deviner. Peut-être se la pausait-il lui-même?


Dernière édition par Nashquibi Anora le Jeu 13 Déc 2012 - 2:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Lun 3 Déc 2012 - 15:15

« Tu n’es qu’un imbécile. Un imbécile qui ne sait que chouiner des prières irréalisables. Tu n’es qu’un… »

Soren voulut faire un pas en arrière pour se soustraire à Yoan qui avançait vers lui; mais son geste à peine entamé fut immédiatement suspendu. De quoi est-ce tu as peur, exactement ? D'un garçon qui ne tient plus sur ses jambes ? D'un garçon blessé qui n'a même plus la force de tenir une arme ? Les yeux bleus de Soren accrochèrent le couteau à terre. Sans lui, quel mal pouvait-il lui faire ? C'est à cet instant précis que l'Allemand se rendit compte que ce n'étaient pas des coups de Yoan qu'il avait peur. C'était de Yoan tout court.
Ce dernier se rattrapa à lui, et sûrement Soren l'aurait-il retenu si la peur ne l'avait pas paralysé. La tête basse, il avait l'air de combattre un évanouissement imminent, et le jeune homme craignit qu'il
ait perdu trop de sang. Qu'est-ce je peux faire ? La voix du garçon au visage si semblable au sien le tira de force de ses pensées affolées. Ce ne fut néanmoins pas un soulagement, parce qu'à l'extérieur comme à l'intérieur, c'était le chaos le plus total.

« Ecoute-moi bien, le naïf obstiné. Ne pense pas que tu pourras vivre comme ça toute ta vie, parce que… (Soren hésita à le secouer pour lui faire reprendre ses esprits, mais la crainte qu'il ressentait à son égard l'en empêcha – une fois encore) … Moi, tout ce que je voulais… »

Des phrases jetées et laissées à l'abandon, des moitiés de phrases qui ne trouvaient pas leur suite logique. Soren ne savait pas dans quel brouillard le jumeau de Claris se perdait, mais il savait en revanche qu'il ne pouvait rien faire pour l'en sortir. Même s'il le secouait, même s'il essayait de lui faire prendre raison, il l'engloutirait irrémédiablement. Il sentait qu'il le perdait et qu'il glissait à nouveau loin de ce monde palpable qu'était le leur – leur prison magique qu'ils détestaient de moins en moins avec les années. La panique ne dura qu'une dixième de seconde, mais elle fut assez puissante pour lui faire monter les larmes aux yeux. Il se sentit stupide et surtout inutile. Coupable. Yoan était là, juste devant lui, et il était incapable de le ramener à Claris.
Il ne savait même pas où était Claris.

Le 'je ne peux pas' de Yoan fut comme un écho aux pensées de Soren, qui ouvrit de grands yeux surpris et effrayés. La douleur le fit grimacer mais il se força à ne pas protester. Il devait certainement y avoir beaucoup de choses dans les yeux de Yoan, des choses qui l'auraient aidé à le comprendre. Mais Soren ne savait pas lire ce qui passait dans les yeux des autres. Il passa à côté.

« Mais elle est à moi. A moi. Alors si tu fais pas attention… Je te tue. »

La menace le fit trembler parce qu'il savait que son interlocuteur pensait ce qu'il disait. Ça se sentait, ça se voyait. S'il ne faisait pas attention – à elle – il reviendrait le tuer.
Soren savait qui 'elle' était. Il aurait juré à Yoan de toujours veiller sur elle si le garçon aux cheveux blonds ne s'était pas finalement évanoui.
Il le rattrapa juste à temps. Le changement avait été presque imperceptible. Soren l'avait aperçut sans oser y croire.
Maintenant, c'était Claris qui, frappée par un sommeil artificiel, se trouvait dans ses bras.

Et Soren qui ne savait plus quoi penser.

-Est-ce que ça va?

Le blond sursauta. Il regarda Anora un instant avant de hocher la tête, baissant son regard vers Claris. La deuxième question, il l'avait lue sur le visage de son interlocuteur. Elle était partout dans cette pièce de théâtre grotesque. Qu'est-ce qu'il pouvait dire ? Il ne pouvait pas nier l'évidence, elle était juste là dans ses bras. Il ne pouvait pas non plus mentir à Anora, ça n'aurait pas été juste. Que dire ?
Je vais passer pour un fou.

« Je... Je ne sais pas trop, finit-il par balbutier, la voix perdue, Yoan n'est plus là. Mais Claris, si... »

Il soupira. Il tenta de se focaliser, pour remettre en ordre ses idées, sur un objectif simple; il fallait qu'ils la ramènent au pensionnat. Après peut-être pourrait-il réfléchir à tête reposée à ce qui venait de se produire devant ses yeux encore incrédules. Il se tourna à nouveau vers Anora.

« Est-ce que tu peux m'aider à la ramener à l'intérieur ? Elle a perdu connaissance. Mais je... Je comprendrais que tu ais autre chose à faire. »

{Bien sûr que non je suis pas en retard. DU TOUT. En plus j'ai écris mon poste ce matin, donc il est bizarre. 8D}
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Jeu 13 Déc 2012 - 4:03

-Est-ce que ça va?

Il sursauta. Puis, comme toute réponse un simple froissement de vêtement, un mouvement faible de l’air, trop faible. Une réponse que je tentai de saisir, mais qui me glissa entre les doigts. La vue me fessant défaut, je dus me référer à mon fidèle ami qui, sachant très bien que je ne pouvais avoir compris cette réponse me la traduisit. Oui.

-Que… que s’est-il passé?

Moment de silence. Puis, une réponse, audible cette fois.

« Je... Je ne sais pas trop. Yoan n'est plus là. Mais Claris, si...»

Sa voix était hésitante, tremblante. Il semblait lui aussi avoir des difficultés à comprendre cette situation. Comment Claris avait-elle pu prendre la place de son frère? Comment deux personne ne pouvais n’être qu’une ainsi? Ces questions en soulevaient d’autre : Qu’est-ce cet endroit, ce pensionnat en fait? M’étais-je trompé en me croyant dans le domaine du Pesrkain Iktach? Mille et une incompréhensions s’accumulaient dans ma tête, mais au moins, elles occultaient certaines choses auxquelles je ne voulais pas penser.
Soren se tourna vers moi. Peut-être me fixait-il, peut-être que pas, je ne savais pas et je n’y attachais aucune importance en fait.

« Est-ce que tu peux m'aider à la ramener à l'intérieur ? Elle a perdu connaissance. Mais je... Je comprendrais que tu ais autre chose à faire. »
-Je n’ai rien d’autre à mon horaire que la quête d’un arbre confortable, je peux bien t’aider encore.

Une réponse ponctuée d’un sourire… s’il pouvait le voir. J’essayais de retrouver un certain, mais certainement précaire, équilibre dans cette situation incongrue, de passer à autre chose, de fuir ces dures paroles prononcé plus tôt. Je levai un peu la tête, un peu comme si je voulais voir les étoiles au travers le plafond végétal, mais je humais l’air, j’écoutais les bruit de la forêt. Ce geste, je ne l’avais pas posé dans le but unique de me rasséréner. Non, il me servit aussi à me donner la direction de ce grand bâtiment de pierre. Au loin, je percevais encore des infimes bruits de fête que les arbres ne parvenait pas à étouffer mêlé au chant lointain d’une chouette, je percevais les odeurs que nous avions laissée sur notre chemin, celle de la terre, de l’herbe des arbres, le tout se mêlant à la forte odeur du sang. Je me tournai un instant vers la direction à prendre, fessant presque dos à Soren avant de revenir face à lui.

-Nous ne nous sommes pas enfoncé bien loin dans les bois…

Quoique… je ne savais pas si nos conceptions de distance étaient semblables. J’étais habitué à marcher durant des heures, des jours dans la forêt avant d’en sortir. Mais, lui… je ne savais pas. Peut-être que ce trajet que me m’apparaissait minuscule étais pour lui une bonne distance?

-Est-ce que… tu préfèrerais que je la porte?

Je ne l’en pensais pas incapable, je ne pouvais-t-en jugé, mais je l’offris tout de même. S’il ne voulait pas, c’était son choix, mais il n’aurait pas à le demander s’il le souhaitait.



[désolé c'est court ^^"]
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Sam 5 Jan 2013 - 17:16

-Je n’ai rien d’autre à mon horaire que la quête d’un arbre confortable, je peux bien t’aider encore.

Le sourire d'Anora était réconfortant; son aide aussi. Avec un sourire, Soren baissa les yeux vers Claris tandis que le jeune homme à ses côtés levait la tête vers le ciel jalousement masqué par la forêt.
Soren aurait voulu pouvoir percer le secret de ces yeux clos, connaître le fin mot de l'histoire. D'une part par curiosité, il le confessait, mais surtout pour pouvoir les aider. Quel mystère avait pu entrainer toute cette confusion ? Claris n'était-elle donc au courant de rien ? L'Allemand se refusait à remettre en question les sourires et les exclamations de la blonde; il n'y avait rien de faux chez elle, rien de méchant. Claris n'était que joie et gentillesse. Il avait bêtement pensé que son frère serait son exact reflet.

Faux. Claris ne les aurait pas menacés avec un couteau. Claris ne leur aurait jamais fait de mal.
Yoan si.

Maintenant que tout était redevenu silencieux, Soren percevait de nouveau le bruit des animaux. Ceux qui rampaient, ceux qui volaient, ceux qui se déplaçaient lentement des les fourrés. Mais c'était tout ce qu'il entendait. Il avait perdu de vue les lumières de la fête et il n'entendait plus aucun rire. Le froid le saisit sans prévenir, et il frissonna. Drôle de fête d'anniversaire, hein ? Ils allaient devoir revenir discrètement au manoir. Le jeune homme n'avait pas envie d'inquiéter tout le monde. Qu'ils dansent et qu'ils chantent, c'était très bien...
Il les rejoindrait après. Il avait encore le manteau d'Emrys et il devait lui rapporter.

Ah; si ça se trouve il était en train de les chercher. A cette pensée, Soren s'en voulut. Même si ce n'était pas sa faute, il avait encore l'impression d'avoir tout raté.

N'y avait-il rien de bien qu'il puisse faire ?

-Nous ne nous sommes pas enfoncé bien loin dans les bois…

Le blond laissa s'échapper dans sa tourmente un soupir soulagé. Au moins une bonne nouvelle. Il n'avait pas envie de rester ici plus longtemps, ces bois lui donnaient la chair de poule. On racontait trop de choses sur eux pour qu'il puisse s'y sentir à l'abri. Avec ce qui leur était arrivé, en plus...
Il voulait vite retrouver un terrain connu et par dessus tout, de la chaleur. Même celle du pensionnat ferait l'affaire. C'était 'mieux que rien', n'est-ce pas ?

-Est-ce que… tu préfèrerais que je la porte?

Un élan stupide de fierté faillit lui faire répondre par la négative. Il se reprit néanmoins avant d'avoir pu ouvrir la bouche. Qu'est-ce tu espères, Soren ? Tu auras l'air ridicule si tu t'écroules à mi-chemin. Bien plus que si tu lui demande son aide maintenant. Sois réaliste, un peu. Tu n'as jamais été très fort, comme garçon.

Son sourire reparut, gêné. Il avait l'impression d'abuser de la gentillesse de son compagnon – même si c'était lui qui l'avait proposé.

« Seulement si ça ne te déranges pas. »

Il raffermit sa prise sur la petite jeune fille pour ne pas la laisser lui échapper comme son frère lui avait échappé. On sort de cette forêt. Les pieds sur un sol plus stable, il pourrait arrêter de paniquer au moindre bruit.
Et arrêter de vouloir pleurer aussi.



{Y'a pas de mal, le mien n'est pas très long non plus 8D}
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   Ven 11 Jan 2013 - 2:42

« Seulement si ça ne te déranges pas. »
-Je n’aurais pas proposé si ça me dérangeait.

J’avais essayé de le dire sur un ton un peu plus jovial, un peu pour dissimulé mon malaise intérieur sur les récents événements, pour cacher à quel point Yoan m’avait chamboulé, blessé. Peut-être pour essayer de me convaincre moi-même que c’était fini. Comme si j’étais capable d’une telle chose! Je savais bien que tôt ou tard je me retrouverais seul avec ces pensées, ces mots. Comme j’étais faible! Un guerrier-chasseur qui s’était si facilement fait atteindre par ses paroles.
Arrête avec ça! Tu as quelque chose à faire, alors fait-le!
Oui, je devais retourner au pensionnat, les y raccompagner. Mes jambes franchirent les quelques pas qui me séparait de Soren et, doucement, je fis passer la jeune femme des bras de son ami aux miens, prenant garde à ne pas troubler son sommeil, peut-être avais-je aussi un peu peur qu’elle ne redevienne ce Yoan en ouvrant les yeux. Puis, j’assurai ma prise, il n’était pas question qu’elle tombe, et appuya doucement sa tête contre mon épaule. Sarah aurait peut-être dit que je le tenais comme une princesse dans ses contes. Puis, abandonnant ma couverture là où je l’avais déposé plus tôt, je me mis doucement en marche vers cette grande bâtisse de pierre, évitant assez habillement les obstacles que je rencontrais, du moins en apparence. Moi, je trouvais que je tâtonnais un peu trop, que mon pas était hésitant sur le sol forestier qui avait pourtant toujours été mon environnement. J’allais devoir me familiariser d’avantage avec ces lieux nouveaux si je voulais y retrouver mon aisance habituel. Pira ouvrait la marche devant, trouvant les chemins les plus dégagé, ces sentiers invisibles à ceux qui n’étaient pas initier à l’art de les apercevoir. Puis, nous avons croisé la route de deux noble et imposant chênes dont les racines formaient un entrelacs complexe. Et même si nous avancions d’un pas lent, j’en prévins celui qui me faisait assez confiance pour me suivre ainsi, presqu’à l’aveugle :

-Fait attention où tu mets les pieds, le sol ici regorge de racine qui sorte de terre. Je ne voudrai pas que tu trébuche.

Je ne savais pourquoi, mais l’absence de parole humaine à ce moment me mettait un mal à l’aise… Pourtant, nous venions à peine de quitté l’endroit où nous avions affronté Yoan. Pourquoi ces quelques secondes, cette minute ou deux tout au plus, m’indisposait tant? Je ne saurais l’expliquer. Moi qui habituellement aime bien le silence (quoique mon ouïs ne pouvait pas vraiment me permettre d'appeler ça le silence), me voilà qui recherche la voix d’un autre humain en lui demandant :

-J’imagine que tu vas préférer rentrer plutôt que de retourné à la fête, non? Est-ce que tu prévois revoir bientôt la personne à qui tu as pris la veste où tu préfèrerais que j’aille la lui rendre? Tu pourras rester avec ton amie et veiller sur elle.

Comment avais-je su que tout deux venaient de la fête et que cette veste n’était pas la leur? Par l’odeur, simplement. À leurs vêtements étaient resté accroché des effluves qui m’étaient parvenu quand j’étais passé à près de la fête. Et l’odeur dont était fortement imprégné la veste n’était pas celle de la fille que je portais, ni de Soren. Elle devait appartenir à quelqu’un d’autre.
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MessageSujet: Re: [MINI-EVENT Ayumi] {Orée de la forêt} Et s'il faisait noir... [Libre]   

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