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 Rotten Depravation [ PV : Zael ]

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L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? | Émile Watson
Rotten Depravation | Ekzael Ahnkïr
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Tes croyances, j'en fais un autodafé | Antoine de Landerolt
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MessageSujet: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Dim 4 Mar 2012 - 5:17

* ROTTEN DEPRAVATION *
Marionette to the world, you stand unmoving waiting for your strings to be played with.
Pitiful Pierrot, Pitiful Diva, your show has not start yet, but plaster a on smile.
You will never be free.
So entertain me.

-

The Alchemy of Two Bodies Is Something That Can Be Studied With Perspiration and Scissors.

Les pièces se reconfigurent au gré des envies et des perceptions des occupants et c’est une tour à la décoration somptueuse qui accueille Chess. Rideaux de velours carmin dont il n’a que faire, murs de pierres froides qui lacèrent au contact, ainsi qu’une vue incomparable du monde extérieur. De par les larges fenêtres qui cerclent le pic du manoir, le désaxé peut s’adonner à une observation contemplative de l’entièreté du monde, ses prunelles recouvertes d’un or synthétique se perdant dans l’océan infini de l’horizon. Mélancolie, hargne, il pourrait passer des heures à énumérer les sentiments ressentis depuis que la porte tournicotante du métro Berri l’a déposé, imitation sordide des pages d’Aliss, dans le hall mélancolique du manoir des I. Toutefois, il ne le fait pas, préférant profiter de la quiétude relative de la tour, écoutant distraitement le chantonnement de ses paumes difformes, énormes. Le meilleur cadeau que l’excentrique famille lui ait donné jusqu’à présent, des mains bleutées bariolées de picots jaunâtres scandant une mélopée floue et tremblante. Tout cela, car il s’était adonné à toucher une rose lui rappelant l’extravagance de Lawrence Swanster, de son Swan. . . Une horreur sans pareille l’avait momentanément saisie, dans la véranda fleurie, car la limitation de l’usage d’extrémité aussi essentielles que l’étaient ses mains aurait pu faire exploser la peur chez n’importe quel pensionnaire. Un sentiment si humain qui accompagne généralement les situations pourvues d’un étonnement désagréable, d’un suspense chargé de danger. Encore maintenant, il se laisse parfois aller à une observation détaillée de ses membres bruyants, cils frôlant ses sourcils tant l’écarquillement horrifié de ses yeux est prononcé. Parfois, dans ces moments où les souvenirs lui susurrent doucereusement à l’oreille, où l’humanité se fait plus tangible que lointaine, il craint réellement cette situation. Depuis sa rencontre avec le muet aux yeux ensorcelants, subir n’est devenu qu’un calvaire plus puissant, laissant Kohaku Joshua plus présent qu’il ne devrait être dans toute sa grotesque splendeur d’humain entiché de l’individualité, mis à genoux par la candeur enfantine de ses sentiments. Entre damné et démon, entre homme et chimère. L’insoutenabilité de l’immatérialité et de la matérialité. Chess, considérant l’ironie du pseudonyme qu’il adopte en l’enceinte de la planche de jeu des I. ne désire que devenir ce qu’il est : Chess, le junkie hilare de la convergence de tout. Junkie pour l’obsession qu’il entretient, pour tous ces cobayes qui ne peuvent que croupir sous lui.

Ce manoir et ses sornettes ne sont que de vulgaires épreuves supplémentaires destinées à le diriger vers son achèvement ultime, vers sa forme suprême. Un sourire onirique aux lèvres, une silhouette incertaine. Qu’adviendra-t-il de Swan ? Une clé vers la compréhension des individus desquels il souhaite tout connaître, l’unique exception à un monde éclairé d’une blancheur n’appartenant pas aux séraphins des catholiques. Mais cela . . . demeure incertain.

Des filaments de cheveux opalins viennent caresser les hauteurs de ses pommettes, paumes surdimensionnées parcourues de légers spasmes posées sur le rebord d’une des larges embouchures servant de fenêtre. Perdu dans une cognition délabrée, il patiente d’une manière presque solennelle, expression vague et féline gravée sur son visage. La patience ne relève pas de ses qualités, mais il sait apprécier l’attente d’un bon jeu. Et si l’homme qu’il a convoqué rend fier hommage aux rumeurs qui serpentent le long des couloirs du pensionnat, la partie ne sera que trop sucrée cette fois. De toute façon, l’impulsif qu’il est peine à contrôler l’étendue du don lui ayant été attribué à son arrivée, une trop grande agitation engendrant une série de déboire aux températures variées. Et, pensant, l’instant d’une seconde au regard améthyste du muet, revoyant les murs tranquilles du temple, il convient que le calme lui profite nettement plus que la folie. Plus digne de ce qu’il deviendra, plus digne de Chess. Et meilleur pour son épiderme . . .

Rires.

Ekzael. Voilà le prénom de l’individu invité à venir s’amuser par le biais d’une pimpante missive. Pourquoi lui ? Car Cheshire, d’entre les décharges animant ses synapses, apprécie profondément ceux qui arrivent à se détacher de la masse. Et se détacher de la masse de l’aliénation rampante du château relève d’un certain exploit. Déjouer les I., les mener à leur perte . . . Voilà un point de vue divergeant de la situation, différent. Au lieu de fuir, vaudrait-il mieux détruire et s’emparer du royaume insaisissable de la puissante famille. Chess ne s’est jamais réellement attardé sur une telle perspective, préférant suivre la bestialité hilare de son instinct en ce qui concerne la moindre situation s’offrant à lui. C’est plus . . . amusant ainsi. Quoique, voir et entendre la pensée d’une tierce personne aux intonations intéressantes ne lui déplaît pas. Ce pourrait être drôle, après tout, d’infliger une humiliation à ces rois et reines d’une dimension parallèle. En abordant Ekzael et sa supposée folie, Chess se rapproche peut-être un tantinet davantage de l’esprit enrobé de bois moisi des I. Et la pensée lui arrache un sourire, l’idée s’immisce tel un poison dans son esprit.

De la porte émane un cliquetis discret, la poignée tourne et laisse une imperfection se décrire dans le cadre de l’entrée. Le québécois de naissance se retourne, affronte la nouvelle apparition d’un sourire dénotant maints sentiments, arrogance, suffisance, aliénation pure. Large et sournois est le sourire de l’hilare. Ses paumes monstrueuses s’exposent à la vue de son invité, laissant à leur chantonnement déstabilisant tout le loisir de définir l’atmosphère les premier. Mais Chess, Kohaku, Joshua, lui, s’en fiche éperdument, laissant son regard aller et venir sur le nouveau venu, laissant son rire accompagné la chanson de ses doigts. Il esquisse quelques pas en direction d’Ekzael, écoute l’air qui gronde aux abords des fenêtres.

Ahh . . .

« Dirais-tu que dans chaque légende se dissimule une part de vérité ? Crois-tu en la splendeur des rumeurs qui frétillent tout autour ou . . . plutôt, es-tu aussi fascinant que les dires de tous le laissent croire ? Hm, Ekzael ? »

Au dessus des I. Au dessus de tout.

Absolument.


-

Missive adressée à Ekzael.

Toi,
J’ai eu ouïe de tes dédalles, écoutant les commères répandre tes scandales.
Les rumeurs ne sont elles pas magistrales, donnant au monde un aspect sale ?
On dit, dans cet endroit enchantant, que tes desseins sont particulièrement poignants.
Mais la finesse de la ligne séparant mensonge et vérité, par un regard ne peut qu’être brisée.
Ce faisant, Cheshire t’invite à jouer, à parmi la cognition, virevolter.
Je t’assure d’être doucereux, alors viens prendre part à mon jeu !
La raison, le comment du pourquoi ?
Une réponse qui n’appartient qu’à toi ~
Rend toi à la tour, à l’heure montante du jour.
Midi t’iras certainement. J’attendrai suffisamment.
Et je dois avouer qu’écrire en rime est particulièrement étrange . . .
Peut-être aurais-je dû prévoir un style d’écriture de rechange . . .

~


-


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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Mer 18 Avr 2012 - 0:26

« Dieu est mort, et c’est nous qui l’avons tué… »
Friedrich Nietzsche.
« … Ne vous en faites pas, je saurai le remplacer. »
Ekzael Ahnkïr.


La Rumeur. Ce venin contagieux qui suinte des paroles de chacun, qui s’insinue dans l’oreille de tous, sans douleur, sans barrage, et qui prolifère ainsi d’esprit en esprit jusqu’à ce qu’aucun ne soit épargné par cette liqueur abjecte. Substituant sans gêne l’inaccessible vérité, affligeant une marque inaltérable à la si fragile et friable réalité, la rumeur se voit sans rivale au sein de la masse. Elle est de ces armes redoutables et éphémères dont on ne peut se protéger. C’est pour ça qu’elle est, tout naturellement, une de mes armes.


Il s’était arrêté un instant dans son ascension, maudissant ce lieu de rendez-vous bien trop haut. Ses jambes, fatiguées ; Sa canne ne retarde jamais assez l’instant où sa faiblesse le rattrape. Une pause, encore, comme s’il n’avait pas assez de problèmes pour que son corps s’interpose, lui aussi. Sans doute allait-il trop loin, sans doute était-il déraisonnable de s’exténuer de la sorte, sans doute devrait-il s’arrêter, retrouver un teint plus correct – ou bien moins exsangue que le creux visage aux yeux cernés qu’il offre à son public. Il souriait à l’idée de cette existence, non pas envieux, loin de là : il se moquait de ceux ne pouvant choisir une autre voie que l’insipide vie mortelle et soumise. Même s’il lui fallait sacrifier sa chair, soyez assurés qu’il s’élèvera au-dessus des autres. C’est pourquoi il finit de gravir ces fichues marches.

Il entra, ouvrant la porte d’un geste calme, posé. Une salle simple, de grandes vitres, des rideaux de sang, quelques fauteuils et un jouet. Une poupée qui l’avait invité à se divertir, premier pion qui osa faire un pas vers lui, pourtant craint, fui, ou indécemment ignoré. Mais à le regarder de plus près, il était dérangeant. La gêne ne venait pas de son expression, pas plus de ses mains chantantes, ni même de sa réputation, non. Pourtant ses doigts se crispaient sur le pommeau doré de sa canne, son regard se figeait sur cette tête malvenue, et ses lèvres ne laissaient paraître que mépris. Il indisposait Ekzael. Par sa ressemblance. Encore un fantôme de cet autre monde, de cet ancien rêve, cette vie qu’il n’a jamais vécue.

Tu m’invites et me poignardes dès le premier instant. Sont-ce là des manières d’accueillir ? Chess. On te dit fou, comme on le disait génie. Tu portes ses traits, sur un corps plus étroit. Tout comme lui, tu es un murmure sans intérêt, c’est cela ? Toi aussi, tu te veux plus que moi ? Et ce sourire, à qui penses-tu l’adresser ? Tu le portes mal, tu es laid. Tu es drôle. Tout autant misérable. Je devrais te tuer d’être lui, ou d’essayer d’être moi.


« Dirais-tu que dans chaque légende se dissimule une part de vérité ? Crois-tu en la splendeur des rumeurs qui frétillent tout autour ou . . . plutôt, es-tu aussi fascinant que les dires de tous le laissent croire ? Hm, Ekzael ? »

Laissons-lui une chance. Laissons-nous une chance.
Il écarta l’étrange d’un revers de main, comme il écarta ses pulsions égoïstes de l’instant. Il avança jusqu’à un canapé au tissu sombre sur lequel il s’assit prestement, avec son habituel élégance. Il aurait été malvenu qu’on remarque son épuisement, la désinvolture était préférable. À son aise, il jeta un dernier regard, trop insistant pour ne pas être inconvenant, puis se permit une réponse, pointant son interlocuteur de sa béquille de bois.

« Les bruits de la masse ne sont que des bribes de ce qu’ils considèrent Réalité. Ce que tu appelles légende ou rumeur ne sont qu’échos de vérité qui se transmettent dans les discussions de ces êtres inférieurs. Le crédit qu’on peut leur accorder ne dépend que de l’entité à l’origine de ces propos, le façonneur habile qui aura su répandre ces murmures. Et pour celles qui me concernent, considère que j’en suis le seul créateur. »

En conclusion, tu es l’actuelle victime de mes manigances, mon cher. Ses yeux balayèrent la pièce à la recherche d’un quelconque plateau posé en évidence. Rien. Décevant. Sans doute le gamin lui proposerait-il un jeu pseudo-spirituel ou à tendance philosophique. Il ne doutait pas de sa victoire, simplement de l’éclat de celle-ci. Qu’importe, il y avait dans tous les cas plus que la victoire à tirer de cette partie. Faire un pas de plus contre la famille I., notamment. Et lui serait peut-être utile, s’il n’attise pas davantage les quelques désirs funestes que nourrit son invité.

« Tu m’as fait venir pour jouer, alors commençons. J’ose espérer que tu n’es pas comme ces vulgaires I., à cacher les règles à tes adversaires. Même si, dans tous les cas, mon triomphe n’est qu’une simple question de temps. »

Il reposa sa canne au sol, encore retenue d’une main distraite. Qu'on entame ta défaite.


Dernière édition par Ekzael Ahnkïr le Mar 13 Nov 2012 - 19:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Mar 7 Aoû 2012 - 4:42

ABSURDE.
Arcs élégants, paroles sordides, fanfreluches aigries.
Des hauteurs de ton trône dépéri, ne s’étend qu’océan gris.


-

Et pendant une seconde, seule la mélopée désarticulée s’extirpant des mains de Chess perturbe le silence. L’habillage vermeil des rideaux flotte sous l’humeur du vent qui s’engouffre dans la tour, les pierres semblent reluire d’une vitalité leur étant propre, pensantes, mouvantes, et Ekzael prend place dans un siège sombre, silhouette aisée, hautaine. Kohaku ne peut empêcher le canapé trônant jadis dans le bureau de Valentine de se manifester dans son esprit, ne peut refouler la vision du psychologue aux mèches translucides étendu de tout son long sur le dit divan, hommage douteux à cet extérieur dont on l’a coupé. Et cela fait si longtemps . . .

Ekzael lui jette un regard insistant et Chess ne se gêne pas pour le lui rendre, palliant la contenance du nouvel arrivant de son arrogance palpable. Une canne de bois s’élève dans les hauteurs, vient le désigner, tente de le plonger dans le monde de la matérialité. Cheshire sourit de plus bel, contemplant l’outil d’un œil dérisoire, réfutant le principe même qui pousse une tierce personne à en pointer une autre. Monsieur Ahnkïr se serait-il blessé ? La question lui brûle les lèvres, lui noie la langue. Mais. Il la posera plus tard, lorsque des mots, des pensées, des formulations cervicales, ne seront pas en train de s’extirper des confins de son invité. Les paroles bourgeonnent dans la réalité, lui relatent par l’intermédiaire d’un enjolivement certain, les principes de la rumeur. Il ricane. Cet homme sait certainement user de ses ressources, mais profiter des gens pensants ne fera pas en sorte qu’il déjouera les I. et leur château incongru. Chess est prêt à parier que les I. ne réfléchissent pas et que c’est justement ce qui les a mené si loin. Impulsivité, amusement, spirale dantesque ayant résulté en des palissades vieillottes, en cette tour érigée tel un pic macabre, apposant les hauteurs de l’immeuble. Mais tout de même, le fait reste que des rumeurs de domination prouvent être intéressantes, faisant de leur géniteur et rejeton un être, un cobaye, digne d’un peu d’attention. L’hilare appose une question, superflue et nonchalante à la tirade d’Ekzael. Histoire de bien graver les premières impressions.

Ou quelque chose comme ça.

« Faut-il réellement être habile pour faire courir des murmures ? Soit. Tu voulais qu’on te remarque, j’suppose que c’est un succès. »

Car après tout, ces bribes invertébrées d’information sont celles qui l’ont poussé à inviter Ekzael dans ce lieu singulier. Il ne sert à rien de le nier ou de tenter de faire passer l’autre pour un empoté. De toute façon, à en juger par l’atmosphère qui s’échappe de lui, Ahnkïr ne semble pas de l’espèce à se laisser facilement rembarrer. Trop sûre, trop dédaigneux. Exactement comme cette expression que Chess fait semblant d’ignorer depuis l’entrée de son convié. Mésestime certain brouillant le visage de cet interlocuteur aux rumeurs sournoises. Kohaku ne peut réprimer le gloussement qui détone au fond de sa gorge. Le regard d’autrui ne l’a jamais influencé et ce n’est certainement pas un estropié qui changera cela.

Soit.

Les appendices repoussants et résonnants de leur chant aléatoire qu’expose Chess ne semblent pas perturber Ekzael qui se remet à parler sans le moindre regard trop intense dans leur direction. C’est presque décevant, cette acceptation catégorique de l’étrangeté. Ce qu’il y a de bien dans le monde s’étendant au dehors du manoir est certainement les réactions que présente autrui à la moindre trace de contestation concernant l’homogénéisation humaine. Ici, beaucoup baignent dans cette dissociation des normes que Joshua a cherché toute sa vie. Dantesque, submergeant. En quelques sortes.

Longue tignasse noire rappelant les plumes de Dame Corbeau qu’il a rencontré dans les couloirs, le supposé mégalomane jette lumière sur ses quelques attentes en ce qui concerne leur tout prochain jeu.

« Des règles ? »

Chess sourit, appréciatif.

Finalement, certaines bases ne changent pas, les gens s’attendent toujours à trouver une linéaire dans les événements qui les percutent, à dénicher des limites difficilement franchissable sur leur chemin. Ricanement. Horriblement mesquin.

« Ne s’avèrent-elles pas n’être que de vulgaires barrières que les gens s’imposent pour se faciliter la vie, pour pointer leur prochain du doigt, pour s’englober dans une masse uniforme ? Pas besoin de règles, lorsqu’on joue avec moi. »

La cane d’Ekzael est retournée valser avec le carrelage de pierres froides, polies par ce qui pourrait être le vent, et la comparaison d’un roi cinglé, vautré dans son trône, s’impose. Les cernes qu’il présente servant à amplifier cette caricature loufoque. Un roi qui cherche à triompher de tout, mais qui ne fait que se perdre dans plus de déraison. Je suis le roi du monde, se répète souvent Chess, convaincue que de part l’oculaire de la perspective qu’il jette sur le monde, il lui est catégoriquement impossible d’être vaincu. Aussi longtemps qu’il progressera vers l’insoutenable légèreté hilare du personnage fictif dont il a endossé le pseudonyme, du moins. Mais Ekzael ne semble pas percevoir le ‘triomphe’ de la même manière que lui.

« Pour perdre, il faut croire perdre. Pour gagner, il faut croire gagner. Ou quelque chose comme ça. Le triomphe n’est que la perspective de l’un. Je t’assure, ne jamais perdre. »

Rictus entendu, trop large, trop désaxé, qu’il accompagne d’un mouvement de main, ayant visiblement l’intention d’égarer cette dernière dans sa chevelure neige. Le mouvement n’aboutit pas et s’arrête net lorsque l’extrémité bleutée entre dans le champ de vision de Chess.

Il perd son sourire, un court et vague instant.

« M’enfin, oui, commençons, Echo. »

Kohaku se dirige vers une volée de soie rougeoyante à peine dérangée par le vent, et brusque le contenu d’une malle de taille moyenne d’un coup de pied ferme tout en parlant, à peine plus rapidement, plus sombrement, qu’auparavant. Il conduit le coffre jusque devant Ekzael, maniant le bois encadré de métal, de ses bottes. Puis, fléchissant les genoux et s’affairant à la tâche pourtant modique qu’est d’ouvrir une boîte avec une difficulté relevant du ridicule, mains s’exprimant dans une danse oppressive, il finit par découvrir trois compartiments, chacun rempli à raz-bord d’un type de fleurs différent. Cadeaux de la Véranda Secrète.

« Les I. ont un sens de l’humour particulier et les spécimens de ce manoir en sont la preuve. Choisi-en une. »

Le premier des carrés déborde d’hortensias orangés, rappelant de vifs couchés de soleil s'égarant dans l'atmosphère, le second, quant à lui, laisse apparaître une multitude de pâquerettes zébrée d’un violet profond et d’un vert lime cinglant créant un contraste douteux. Le troisième compartiment est une toute autre histoire, et Joshua se sent pris d’un puissant désir d'en ravager les fleurs, de les brûler, de les jeter en contrebas, par l’une des fenêtres de la tour. Toutefois, il ignore l’envie, conserve son calme en faisant bien attention de ne pas toucher les plantes avec sa peau nue. Les roses cyans, bleu si clair qu’on s'en percerait presque les prunelles, dépassent glorieusement du conteneur. Il les hait amèrement, tout comme il hait son humanité. Mais Ekzael n’a pas besoin de savoir cela.

Il relève la tête et présente l’un de ses abominables sourires aliénés à Ankhïr, enfin disposé à récolter les réactions que ce dernier présentera. Et il les attend ses réactions, avec une impatience grandissante.


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Dernière édition par Chess le Mer 27 Fév 2013 - 14:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Mer 21 Nov 2012 - 0:28

« Un jeu. Quel jeu… Quel jeu ?! »

Sa face ne révèle aucune surprise, aucun plaisir. Il s’était promis un grand moment. Il s’était menti, bercé d’une illusion amère. Triste ironie que de s’avoir soi-même. Il soupire. Il respire. Le gosse aux cheveux blancs lui renvoie sa prétention d’antant. À cette époque, il se croyait Joueur, s’amusait du monde, défiait de ses grands airs chaque âme à sa vue, espérant le duel d’esprit dont il prétendait toujours clamer la victoire. Cette époque était un instant auparavant. Depuis le temps s’est arrêté, et lui a évolué, il a réalisé.

Pour jouer, il faut être deux, égaux. Deux à se démener sur un plateau piégé, enchaînés par des règles immuables. Deux à agiter des pions peu consentants. Deux, tout simplement. Il n’est plus Joueur, il n’a pas d’adversaire. Déprimante pensée que de désormais songer à avancer seul, sans rivalité. Il lève les yeux sur le visage de l’hilare. Pauvre enfant. Un de ces pantins désarticulés comme il en traîne tellement dans le manoir. Un pion noir, une pièce ennemie.

Il ressaisit sa canne, se redresse, s’élève. Il jette un dernier regard au coffre difficilement amené à sa porte. Des fleurs, cueillies sans doute au manoir. Preuve du manque de goût de ses hôtes, encore. Il s’en détourne, aucun intérêt. Sa déception se confirme. Il marche, lentement, dans la salle, s’approche des fenêtres. Il se décide. Sa main fouille une seconde dans sa poche, elle sort une chevalière dorée qu’il met à sa main droite, dont le poignet se trouve déjà être chargé de nombreux bijoux, d’argent, eux. Il s’arrête un instant à observer la méduse qui orne l’anneau, puis sourit, enfin.

L’Or, couleur des Rois. Je l’ai vu à outrance durant tant d’années et n’ai jamais su comprendre pourquoi. Je ne peux me contenter de l’adversité. Je suis fait pour dominer, contrôler la masse avec éclat, leur montrer. Les I. sont les dieux de ce monde dont tous ces pensionnaires sont les fidèles contraints. Il n’y a qu’un moyen de les mettre en échec, et ça commence avec toi, Chess. Deviens mien. Mon nouveau pion, doré.


« Aucun jeu ne se joue sans règles. Toi-même en impose, lorsqu’à mes yeux, ce choix, tu exposes. Tu es faible et t’aveugles dans tes fantasmes. Tu ne gagnes pas si tu le veux. La victoire n’est jamais ce que tu décides. Elle, comme la défaite, seul, ne représente rien. Non, le vainqueur est celui que l’extérieur qualifie ainsi, l’adversaire, la masse. Qu’importe les mensonges que tu te récites, tu n’es rien d’autre que ce qu’on veut que tu sois. C’est navrant, Chess. Tu es perdu. Tu as perdu. »

Nous sommes ce que les autres se figurent de nous. Bientôt, vous ferez de moi votre dieu.
Il reste droit face à son interlocuteur. À l’opposé du coffre, il a fait tout autre choix que celui présenté. Il lève sa main droite, emportant dans le mouvement sa canne en hauteur. L’or reflète excessivement chaque lueur de la salle. L’éclat réconforte Ekzael. Il hésite, le temps d’un battement de cœur. Il pense à Jack. Elle n’assistera pas à son départ. Il est trop tard, le spectacle est lancé. Le trône l’attend. Un cliquetis rompt le rythme agaçant des mains envoutées.

Un simple bouton pressé, sous le pommeau de métal. Et un cylindre d’ébène tombe au sol, roulant jusqu’au pied du résolu. Le fourreau ôté, l’outil d’infirme revêt sa parure d’arme affutée. Une canne-épée. L’invité prend une pose plus encline, celle des duels. À la place de sa baguette de sorcier, le voilà en train de pointer une lame en acier, dont le reflet se perd sous les croutes noirâtres de sang séché.

« Ne m’en veux pas d’écourter cette inutile discussion. Je me dois de commencer mon ascension. »

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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Mer 6 Mar 2013 - 22:08

ECHOFOOL.
Mon Olivine, ma Ragamuche,
Au bal des indemnes sordides.

Je voudrais pouvoir lui fracasser le crâne et plonger mes mains dans sa chaire cervicale de sorte à modeler sa matière-grise à ma guise, de sorte à pouvoir comprendre les mécanismes qui le poussent à me réfuter, à me remettre en question. Toi qui es paré d’or et d’ébène au cœur de cette tour de velours et d’acajou, je veux t’implanter compréhension, farfouiller dans tes synapses, égayer ta cognition de maintes autres missives. Il y a nombre de choses que l’on peut apprécier chez l’humain ; son avarice, sa faiblesse, sa morale et ses pulsions parmi tant d’autres. Qu’y a-t-il à apprécier chez toi ? Des idées, des émotions, des esquisses passionnelles et dédaigneuses. Laisse-moi voir, laisse-moi voir, laisse-moi voir. Juges-moi de la manière dont tu l’entends, piétine, réfute, réfute, on n’atteint pas le vide, on ne brusque pas l’immatérialité, certainement pas avec des membres tremblants qui n’arrivent même pas à percer la matérialité seuls. Et les tiens s’égrainent, ils chancellent. Alors montre-moi, implante de supposés règlements dans un jeu qui n’en possédera jamais, cultive ma défaite, enivres-toi d’elle. Pendant que ces appendices dégradant chantent, chantent, chantent mon hilarité.

C’est lorsque tu réagis que je gagne. Et je gagne toujours.

Crois-moi.


Ankhïr se relève, quitte le trône léthargique dans lequel il s’était installé pour venir côtoyer les murs aux trous communément définis comme des fenêtres. Sa canne claque contre le parquet, percussion à la litanie dantesque qui s’échine à s’échapper des extrémités envoutées de Chess. Une symphonie aux instruments peu nombreux qui s’égare tout de même dans la formation d’une ambiance qui à son tour mute la définition d’une atmosphère. Puis il parle, persiffle, et tente de retourner la plaque où se côtoient dames et échecs dans un mouvement vif de sa canne. To no avail. Aussitôt sa tirade terminée que Chess éclate de rire, une hilarité brève qui résonne comme un feu-follet entre les parois définissant la tour, uniquement pour finir avalée par les rideaux de velours carmin.

« Ce choix que tu n’as pas fais. See my point ? », déclare-t-il sourire suffisant valsant sur ses lèvres blêmes, toujours trop blêmes, alors que ses yeux s’attardent sur les bijoux qui claquent de concert avec la canne, les un contre les autres. L’or aurait pu se montrer agressant, dans une autre réalité, si Cheshire n’avait jamais pris le temps d’en habiller son regard. L’or est familier et de voir Ekzael ainsi s’en accoutrer lui arrache un élargissement de sourire. Il a peut-être perdu selon les standards faussés de son invité, perdu aux yeux des I. qui l’ont enfermé, pourtant, il se plaît à croire sa perception inchangée. Il toise l’estropié des ses prunelles amusées et réceptionne le cliquetis qui dévoile la double-identité de l’outil de marche avec engouement. Sa langue vient rencontrer son palet dans un claquement sourd qui remplace ce qui aurait pu être un nouveau rire. Comment peut-il avoir perdu, alors qu’il n’y a jamais rien eu à perdre ? Ekzael s’empêtre dans ses dires, rien n’a de fondements. Ce ne sont que des bribes qu’on lui a servi sur des plateaux maintes fois auparavant. Il proclame l’inutilité, déclare l’acensions et, cette fois, c’est Chess qui fait mine d’être déçu. Presque, car d’être prévisible l’aurait été encore plus.

Tu aurais pu être Yui. Tu aurais pu être Yui.

L’hilare contemple la lame souillée, fine et meurtrière que son invité à jeter sous son nez, alors que celui parle. Une menace, un danger, dont il n’a que faire. La douleur physique n’a jamais signifié autre chose qu’un handicap passager et . . . on ne peut pas vraiment faire pire que des mains d’azur poudré à pois enflées qui chantent de toute manière. Du moins, pas avec une lame et c’est tout ce que Ekzael semble posséder. Et à défaut de fuir le métal effilé, Cheshire s’approche à pas inutilement feutrés de la fenêtre près de laquelle s’est arrêté Ankhïr, son épiderme effleure le lourd tissu obscurcissant partiellement l’extérieur, glissant une main dépourvue de sensation sur la longueur de celui-ci. Il y enroule un brin son bras, détaillant les arabesques fines qui sont brodées dans le rouge du regard et demande :

« Acension ? Quelle chance aie-je de me trouver aux premières loges. »

Puis il relève les yeux et tire avec force sur le rideau, un coup, deux coups, trois coups. Third time is the charm.

Les fleurs trainent dans leur coffre, ignorées. La rancune ne m’effleure pas, tenue aux ombres par l'intérêt.

Swan m’a toujours reproché de ne pas savoir reculer.


« Come ! »

Qu’importe si Ekzael a déjà commencé à l’approcher avec l’intention de l’embrocher avec son drôle-de-fleuret-qui-n’est-décidément-pas-un-fleuret, Kohaku lui jette tout de même le rideau au visage.

Rouge, rouge, rouge.

TRACKS.
Deafening Silence – Serj Tankian
Bad End Night – Vocaloid

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Dernière édition par Chess le Sam 6 Avr 2013 - 5:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Mer 3 Avr 2013 - 16:46

Le rideau est tombé.

Et sur la scène, deux corps. Inertes. L’un sourit, au bord de l’inconscience. Une cape de velours improvisée recouvre le roi méduse qui va pouvoir enfin se passer de son enveloppe fragile. En attendant, le vide. Noir. Silencieux. Endolori. Qu’il se repose un instant, un simple instant. Ses yeux ne s’ouvrent plus. Il perd pied, laisse son esprit sombrer de longues secondes. Ils coulent à deux dans cette mer étouffante.

Un instant avant. Il avait pris conscience de son rôle, sa mission en ces lieux. Un instant avant. Il choisissait son futur. Et Chess gigotait encore sous ses yeux. Il en avait fait le premier spectateur, son premier sujet devant son intronisation. Il le considérait comme un vague relent de son passé. Il le détestait pour son physique, souvenirs d’une insatiable envie refoulée, de désirs inassouvis de son ancienne vie. Il le détestait pour son esprit, qu’il voyait simplement comme inutilement surévalué. Il n’avait pas encore réalisé. De son mépris, sa méprise.

Il aurait pu tout prévoir. S’il n’avait pas été aveuglé par son égo, il aurait tout prévu. Parce qu’il est pareil. Parce qu’ils sont pareils. Deux exclus à la raison dissonante. Deux arrogants hilares. Tu pensais être unique, Ekzael. Tu pensais pouvoir tout gérer, parce que tu étais différent d’eux, meilleur. Tu pensais les gérer, mais tu ne sais toujours pas te gérer, toi. Alors Chess pose problème. Irrationnel. Volontairement désaxé. Tu le vois. Tu le ressens. Tu murmures.

« Moi, ainsi ? … Oui. J’étais ainsi. Tu me répugnes. »

Peu importe que Chess paye à sa place. Peu importe que Chess se fiche de sa lame menaçante. Peu importent toutes ces voix qui se bousculent dans sa tête. Ces rires. Ces moqueries. Ces phrases assassines. Parce qu’il était ainsi. Il ne changera pas, mais il essayera. Pour sa conscience. Pour son plan. Pour Jack. Alors il avance vers son bouc émissaire. S’il ne peut tuer cette absurdité en lui sans laquelle rien de tout cela ne serait, alors il tentera de se réparer autrement. Réparer Chess, pour se réparer. Il avance. Il presse le pas. Trois coups de Chess. Le rideau. Tu t’élances, tout de même. L’acier tranche sans soucis le tissu carmin. La lame continue sa course, vers ces mains. Appendice difforme, maladroit et grossi. La toile s’oppose à l’agression. Déjà Ekzael ne voit plus. Il sent. Il touche. Il ne perce pas. L’arme glisse, elle caresse sa victime de son contact rugueux. Elle ne blessera pas. Le rideau enseveli l’infirme. Il chute dans l’étoffe confortable.

Quelques miettes de sang. Toucher, pour déposer quelques miettes de sang. Cette lame aux croutes cramoisies, cet outil de mutilation qui jusque-là ne connut jamais qu’un seul martyr. Ekzael. La raison de sa faiblesse, de ses multiples coupures cachées. Infirme et faiblard. Toujours à cause de son pouvoir. Et ces fragments répugnants, à l’odeur ferreuse, viennent de remplir leur rôle. Quelques miettes de sang, entre les mains de l’autre fou.

C’est là qu’ils sombrent tous deux. À cause de ce pouvoir. Ils perdent le toucher et l’ouïe. Leur vue ne rend qu’obscurité. Une éternité inconfortable pour qui n’y est pas prêt. Un simple repos pour celui qui a trop usé de son corps. Place à son esprit, sans limite. Ou presque. Il peine à éclaircir ses dernières pensées. Chess. Détruire. Isoler. Réparer. Faire le point. Il doit éliminer ce lanceur de rideau. Pas d’obstacle. Pas de miroir. Il voit une solution. Abjecte.

Dans un océan d’encre noire, où on ne peut que se noyer de plus en plus profond. Une voix, un écho.

« Chess. Devant ton insubordination, devant ton incohérence, devant ton irrationalité, je me permets, moi, Ekzael, qui ne compte te divertir, qui ne compte composer avec ta personne chaotique, de te laisser mourir ici, à jamais. Banni. »

Et la mélodie de ses mains ponctua la sentence.
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MessageSujet: Re: Rotten Depravation [ PV : Zael ]   Sam 6 Avr 2013 - 5:34

ABYSSAL..
Et des vitres noires comme de l’encre,
s’effondreront sous la pression de nos doigts.

Il y avait cet empêtrement, cette folie souveraine qui envoyait le monde entier valser en perpendiculaire au sol, cette distorsion éthérée qui jetait à genoux les deux hérétiques de la pensée qu’ils représentaient. Des mondes écartelés unis par les filaments argentés d’une cognition déviante.

Et Kohaku voit velours, Chess voit vermeil, les teintes et textures se brusquent entre elles comme un raz-de-marée pétillant de dissonance et il tombe, tombe sur le sol avant de tomber dans les ténèbres, des ténèbres serrés qui tenaillent sa gorge et ses oreilles, des ombres gigotantes qui pressent leurs paumes souillées de noir sur son corps clairs. Ou du moins c’est l’impression que cette cage d’encre onyx laisse s’imprégner en ses os. Os qu’il ne sent plus, comme ce sol absent sur lequelle il croit s’être laissé à genoux, rien que car l’instant d’une seconde, avant que tout ne vire au noir, les crissements des muscles de ses cuisses s’étaient fait sentir. Maintenant il ne sent plus rien, rien d’autre que le néant, le monde que Pandore a dévoré.

Il inspire, sait que son cerveau veut ouvrir la bouche, sait que sont cerveau veut respirer. Il l’entend aussi, cette inspiration lente et exploratrice, plus tirée d’un instinct sensorielle que d’une réelle inquiétude. Il l’entend, la perçoit de par son son, mais ne la ressent pas descendre le long de son œsophage, ne la ressent pas gonfler ses poumons.

Puisque tu as perdu ta voix, tous tes autres sens s’en sont vu affinés, je ne veux jamais que tu retrouves la voix, car tes yeux sont si parfaits comme ils sont maintenant, acérés, vicieux, dangereux, ils communiquent mieux ta personne qu’une bouche ne le fera jamais. Garde tes lèvres closes et ponctue ton histoire de tes regards.

Son ressenti face à Émile se transposait dans la situation présente, le balais des sens disparus et la désorientation croissante de l’hilare qui se doutait d’un mal de tête qu’il ne pouvait goûter. Son esprit vrombissait comme l’engin d’un avion abîmé par la rouille, au ralenti. Si lent que ce n’est qu’après un laps de temps indéfini qu’il consent enfin à s’attarder sur ce retournement de situation absurde qu’est le silence. Il n’y a jamais de silence, pas depuis qu’elles le côtoient jour et nuit, ces appendices bleutés, barbouillées de pois malades et de litanies faussées. Toujours les mêmes qui percent inlassablement le couvert de la nuit. Aveugle à son corps, sourd au monde qui l’entoure mis à part lui-même, mis à part ses respirations ponctué de l’accompagnement de ses cordes vocales qui réussi à trancher l’épais silence.

L’a-t-on transporté ailleurs, se trouve-t-il toujours dans la tour, le rideau se voit-il porteur de maux vicieux, malédiction de nuits éternelles ? Après ses mains tout lui parait la bienvenue, le calme, la quiétude et le vide. Il ne déplore que cette sensation de lourdeur, cet engourdissement généralisé qui laisse son rêve de légèreté magique exploser en miette, une seconde, puis deux. Il ne s’agit pas de transcendance, ni de l’envol du mangeur d’âme, juste . . . une séance de repos pour l’humain s’atrophiant au fond d’une enveloppe corporelle difforme.

Ou quelque chose comme ça. Il entend son rire mordre le silence le réduire à néant, s’élevant de concert avec un écho surgit de nulle part, émanant du trou noir dans lequel il glisse peut-être comme un chiffon sale.

La voix menace, riposte comme une reine damnée sur un trône de crâne, Joshua la voit tournicoter dans sa tête, dans son imaginaire, dissociant le vide qui danse sous ses yeux des images amenées à la vie par sa matière grise. Ekzael est une reine déchue, un abysse de talent oublié. Ekzael parle pour se suffir à lui-même, pour se prouver à lui-même. Et Chess éclate de rire, encore, toujours.

On lui a déjà servi ces salades, en d’autres mots, en d’autres circonstances. Beaudoin sur une chaise de bureau qui tourne et vacille. Beaudoin le frêle, Beaudoin le faible ! Le rire est las, usé par les années et, se montrant conciliant, imaginant le brin d’un sourire moqueur titiller la commissure de ses lèvres il lâche de cette voix qu’il entend malgré le silence mortel où les résonnements de la voix d’Ekzael ont cessé de ricocher ;

« Je suis déjà banni. Je me suis banni moi-même. Pour voir plus loin dans ce que tu appelles l’incohérence, pour goûter davantage à ce que nommes l’irrationalité. »

Du moins, c’est l’opportunité qu’il a trouvé à cet endroit, ouvrir la bouche et dévorer, ouvrier les yeux et aspirer. Ses sens des outils à manier pour devenir celui qu’il a toujours voulu être, pour faire de son repas les âmes des manants qui le croiserait. Les pensionnaires pour déjeuner, les têtes fortes pour le dîner et les I. eux-mêmes pour le dessert. Le silence l’effleure comme un baume, une pause, un repos. Moins efficace que les rayons chaleureux de Swan, mais plus profond que les mains douces d’Aliss.

« Et vu de quoi tu as l’air, l’attente de ma mort risque te coûter ta vie. Tu t’effriteras dans l’air bien avant moi. Nul besoin de plier ma tête à tes caprices, mais j’apprécierais la tienne, tu sais . . . ? »

Pourtant, il faudra recommencer à bouger bientôt. Et bientôt sous-entend un avenir proche, Cheshire n’apprécie pas être prisonnier et Cheshire à une patience en fil de fer qui se sectionne et se rattache au gré de son tempérament malade.

Bientôt, il faudra continuer.


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Rotten Depravation [ PV : Zael ]

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