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 Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]

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MessageSujet: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   Jeu 22 Mar 2012 - 17:50

    Soyons clairs : Chiara Raffaeli était loin d’être aussi stupide qu’elle paraissait l’être. Ou plutôt, loin d’être aussi insouciante qu’elle voulait bien le faire croire. C’est pour cette raison qu’elle était assise dans l’herbe du parc, ses petits pieds vernis bleu marine chatouillant les remous de l’eau du lac. Elle soupirait longuement, ses deux écouteurs enfoncés dans les oreilles, sa tête se balançant vaguement à un rythme approximatif, complètement décalé avec la musique qui lui meurtrissait les tympans. Ses yeux frangés de cils étincelants (grâce à un merveilleux mascara volé à Garry) semblaient inutiles et vitreux.
    Aujourd’hui, Chiara n’était plus insouciante. Aujourd’hui, Chiara avait vingt ans.

    Son portable était formel : on était le 15 mars, et il était 12h53. Son estomac se tortillait dans tous les sens pour lui faire comprendre qu’il serait temps de manger, mais elle l’ignorait. Elle avait vingt ans. Et ça faisait 5 ans qu’elle était entrée dans le pensionnat. Evidemment, elle avait terminé sa croissance depuis longtemps, et elle avait même fêté sa majorité ici. Mais vingt ans, c’était important, non ? Elle pouvait compter toutes les choses qu’elle n’avait pas pu faire depuis qu’elle était enfermée ici. Elle les avait même listées sur son portable, et toujours selon lui, il y en avait 236. Finir le lycée, passer son bac, aller à un bal de fin d’année, faire ses premiers pas à la fac de médecine, aller à des soirées dingues, rater sa première année, la retenter, ne plus sortir durant des mois pour pouvoir la réussir, passer son permis, rater son code une ou deux fois avant de l’avoir car elle l’aurait pris à la légère, se déguiser pour le carnaval de son lycée, se perdre dans le nouveau bâtiment J qui aurait du être ouvert lors de sa terminale, se rendre compte que les mathématiques de S c’était vraiment pas ça, se battre avec cette pétasse de Noémie, sécher les cours pour aller jouer au flipper au bar, dire à Alex que c’était lui qu’elle voulait et pas son abruti de copain actuel…

    Ah ! Là ! Une respiration happée et bruyante. Et puis une fuite, aussi. Ténue, presque inexistante, immobile pour le moment… Et puis elle s’était laissé engourdir et happer par le flot de regrets. Ou de remords. Les deux.

    Bon. Chiara Raffaeli pleurait.
    Elle avait vingt ans…
    Elle pleurait. Ses épaules se secouaient en même temps que son cœur, ses poumons s’entrechoquaient, elle allait imploser. Comme les supernovas. Elle était la plus belle lorsqu’elle mourrait. Et rester enfermée la tuait. Alors elle était la plus belle, la plus jolie des filles ici. Et elle mourrait en même temps.




[On commence douuuucement...]
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MessageSujet: Re: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   Sam 24 Mar 2012 - 1:00

J'ai oublié comment on faisait pour écrire... ._. C'est nul.
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Il était onze heures, et Kyoko s'étirait encore lascivement dans son lit. Ses cheveux emmêlés par la nuit glissaient joyeusement sur l'oreiller à chacun de ses mouvements paresseux ; une mèche posé sur son visage lui chatouillait nonchalamment la narine, elle expira d'un coup sec pour l'envoyer rejoindre les autres. Un bip inattendu la força à ouvrir un oeil - c'était son portable qui vibrait. Elle l'attrapa en tendant le bras, le fil du chargeur qui le retenait encore à la prise balaya la table de nuit et des affaires quelconques au même moment. Elle grommela intérieurement, et jura tout haut quand elle vit que c'était juste la batterie complètement chargée qui avait eu raison de sa grasse matinée. Un poil irrité, elle se redressa lentement, s'extirpa de la couette et après un bâillement, s'enferma dans la salle de bain pour la demi heure suivante.

Quand elle ressortit, plus fraiche et plus réveillée, la chevelure encore humide mais le visage maquillé, elle écarta d'un doigt le rideau pour juger du temps. On était en mars, la température s'était un peu élevée et elle pouvait se permettre de ranger les collants de laine... Elle passa une robe, un foulard et pendant qu'elle enfilait une veste elle jeta un coup d'oeil machinal à la date qu'indiquait son téléphone : 15 mars. Bientôt le printemps, se dit-elle avec un sourire intrigué. Elle avait la sensation étrange que c'était une date un peu importante, mais soit, cela lui reviendrait plus tard. Quarante-cinq déjà... Elle s'engouffra dans le couloirs des dortoirs féminin, et se mit en route vers le GGL. Elle croisa plusieurs personnes sur son chemin, s'arrêtant avec enthousiasme pour discuter, et finalement entraina Helen avec elle chez Toya. Les odeurs de viennoiseries leur avait déjà donné faim, et en arrivant finalement devant le comptoir, elles commandèrent vivement des croissants, un café au lait - pour Helen - et un chocolat - pour Kyoko. Pendant plusieurs dizaines de minutes, elles échangèrent des ragots et autres banalités au sujet des autres pensionnaires, évoquèrent le journal de Rudy dont des "nouveaux" avaient rapporté une page la veille, quand ceci la frappa :


« Mais... C'est l'anniversaire de Chiara aujourd'hui ! Le 15 mars ! » s'exclama-t-elle soudain, coupant Helen au beau milieu d'une phrase qui n'avait aucun rapport avec Chiara, les anniversaires ou les dates en général.


Quelle amie indigne, franchement. En plus elle n'avait plus aucun souvenir de quel âge cela lui ferait. Ni quel âge elle avait elle-même, de toute façon. Elle se souvenait qu'elles avaient déjà fêté leur majorité, mais elles organisaient tellement d'autres fêtes à côté pour des occasion plus ridicules les unes que les autres qu'un anniversaire passait totalement inaperçu dans le lot. D'ailleurs, Kyoko se demandait parfois même si elles avaient bien dix-huit ans quand elles s'était bourré la gueule toutes les deux, ou si elles n'avaient pas éclipsé une année ou deux. On perdait totalement la notion du temps. Elle n'avait rebranché son portable déchargé que des mois après son arrivée, ça n'avait pas été dans ses priorités à ce moment là.... Et pour réinitialiser la date, elle avait du se fier à celle de quelqu'un d'autre, mais elle était donc peut-être fausse, qui sait. Elle ne savait plus quel jour on était précisément, mais tant pis. Aujourd'hui, son téléphone indiquait le 15 mars, et le 15 mars c'était l'anniv' de sa meilleure amie. On s'en fichait un peu du reste.

Elle embarqua une boite de cupcake, déroba un des rubans ornant les cheveux de Toya en riant et se mit à en quête de sa chère acolyte. Elle l'aperçu par une des fenêtres de la bibliothèque et descendit en sautillant les marches du premier étage, prit le raccourci par l'infirmerie et salivait déjà à l'idée du petit goûter qu'elle venait de leur prévoir à toutes les deux. On n'aurait qu'à organiser une fête le soir aussi, du coup. Pour Chiara, elle voulait bien remettre au lendemain sa revanche contre Allen à League of Legends.


« Chiaraaa ! ♥ »


Elle s'arrêta à côté d'elle, quand elle se rendit compte que ce n'était peut-être pas le moment. Qu'est-ce qui s'était passé !? Le dernier brun mignon l'avait finalement larguée, après la soirée de l'avant-avant-veille ? Elle s'était cassé un oncle ou avait fait tomber son fard a paupière ?? Non, c'était forcément pire que ça.... Peut-être avait-elle abîmé le talon d'un de ses escarpins préférés, c'était peut-être déjà plus plausible... Compatissante, elle s'agenouilla pour déposer la boite de gâteaux derrière elle, prendre doucement la main de l'italienne et l'amener contre elle pour la serrer dans ses bras.

« Chiara... Qu'est-ce qui ne va pas ? »


Elle ne se doutait pas que le mal-être présent était plus grand que ceux qui accablaient habituellement sa meilleure amie.
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MessageSujet: Re: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   Dim 8 Avr 2012 - 22:07

    Kyoko. C’était Kyoko. Sa moitié, la femme de sa vie : c’était la deuxième partie de son cœur, son deuxième rein, l’un de ses hémisphères, c’était elle. Même lorsqu’il y avait du monde tout autour, elle tournait autour d’elle, elle gravitait, elle était en orbite. Quand elles étaient éloignées, elle avait l’impression de sentir tout ce qu’elle ressentait par un lien ténu, mais bien existant. Elles étaient un ensemble. Le monde pourrait disparaître tout autour d’elle, ça irait tant qu’elles seraient ensembles. Elle ferait n’importe quoi pour elle. Tant qu’elle pourrait lui tenir la main, tout irait bien.

    Elle releva son visage vers elle, saisissant cette main à laquelle elle s’accrochait désespérément, la seule qui pourrait la sauver. Son regard vrillait, s’acharnait à trouver une réponse dans le visage de sa comparse, comme si elle allait pouvoir lui apporter l’illumination divine qui lui permettrait d’oublier tout ce qu’elle venait de comprendre et de reprendre sa vie d’insouciance et de cupcakes. Mais ce ne serait jamais le cas.
    Des frissons la parcouraient, et elle tremblait sans pouvoir s’arrêter. Le flot bouillonnant d’émotions semblait vouloir s’évacuer, comme si elle était incapable de les ressentir, de les identifier – c’était peut être le cas. Elle n’était pas habituée à tout ça, à tous ces ressentis. Ca faisait cinq ans qu’elle vivait atone, anesthésiée de toute crainte, de toute émotion trop virulente qui pourraient dégénérer et gangréner ses pensées. Elle avait été ailleurs. Mais à présent, ce n’était plus possible. On lui avait volé ces années de vie, on les lui avait prises.


    « Kyoko… »


    Elle rouvrit la bouche, mais aucun son articulé n’en sorti. Elle ne parvenait pas à formuler ses pensées, qui se bousculaient trop rapidement dans son esprit pour s’y ancrer définitivement. Elle était une zone de passage, elle était un tunnel et personne ne s’attardait pour essayer de comprendre ce qu’il se passait. Ou plutôt, elle empêchait tout le monde de s’attarder et rajoutait une couche de vernis là où il commençait à s’écailler un petit peu.
    Elle était une supernova.


    « Je veux partir d’ici ! » lâcha-t-elle finalement, les mots sortant du nœud de sa gorge.

    Chiara lança un regard vers Kyoko, comme si elle cherchait son approbation, son accord pour ce qu’elle venait de dire. Elle était presque une hérétique, elle était une naïve au milieu de ceux qui avaient accepté. Elle était autre chose. Elle voulait être autre chose. Elle avait toujours voulu être remarquable, être autre chose que ce que tout le monde voulait qu’elle soit.
    Jusque là, c’était raté.


    « Aide moi ! » laissa-t-elle échapper entre les filets de larmes qui la faisait hoqueter.

    Elle les serrait, ces mains contre elle, jointes comme si elle priait.
    Mais ça faisait longtemps qu’elle avait arrêté de croire.
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MessageSujet: Re: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   Jeu 6 Sep 2012 - 23:53

Les KyoChi's, Kykoala et Miss Chichi, Chiara et Kyoko. Elles avaient toujours formé le duo parfait, elles étaient des âmes sœurs, les deux moitiés d'un tout dont le reste du monde était exclu et étranger. En sa compagnie, le pire des quatre heures se transformait en festin, le plus pluvieux des après-midi se parait de rayons de lumière et la mort spirituelle que devait engendrer l'enfermement n'existait pas et laissait place à ce qu'elle considérait comme les plus belles années de sa vie. Elle se souvenait encore de leurs retrouvailles il y avait déjà bien longtemps, c'était au détour d'un couloir, d'un regard, elles s'étaient jetées dans les bras l'une de l'autre avant même d'avoir eu le temps de se sourire, et ce qui aurait pu être une traversée ordinaire d'un petit couloir était devenu un évènement à marquer sur le calendrier. Bien sûr, elles avaient traversé des épreuves ; bien sûr, tout avait été remis en question au pensionnat – pas leur amitié. Peu importaient les états d'âmes de la réclusion, peu importaient les I. et leurs sombres desseins ; tant qu'elles étaient ensembles, tout resterait rose, pailleté et étincelant de bonheur. Perfection.

Elle avait toujours été persuadée qu'elles resteraient éternellement en phase, sur la même longueur d'onde...
« Je... Je ne te suis pas. »
...Et elle constatait qu'elle s'était trompé.

« Ça fait trop longtemps... C'est chez moi ici ! Chez nous ! Je pensais que tu étais d'accord ! »
Elle avait eu un mouvement de recul involontaire. Elle ne criait pas, mais de sa voix se dégageait un ton de reproche qu'elle avait retenu ces dernières semaines. Maintenant qu'elle y repensait, les mots de Chiara ne l'étonnait même plus. Ça faisait quelques semaines qu'elle trouvait le comportement de l'italienne étrange. Elle s'en était sûrement doutée, sans vouloir le reconnaître, au fond d'elle-même. Elle s'était barricadée derrière leur attitude frivole et joviale, derrière les potins et les rires cristallins. Elle avait fermé les yeux sur les silences songeurs de son amie, passé l'éponge sur les crises de larmes subites dans la salle Yume. Elle voyait sans regarder...
Elle s'était voilé la face.
« Je veux rester ici. J'ai rien à retrouver dehors. »
Des larmes salés commençaient à s'accumuler dangereusement dans le creux de ses yeux bridés. Elle se releva maladroitement un peu plus brusquement qu'elle ne l'aurait souhaité.
« Je ne suis pas comme toi, moi. »

C'était dit, c'était assené, un point final à leur amitié si fusionnelle. Elles n'étaient pas pareilles, elles ne l'avaient jamais été. Chiara avait une famille modèle et aimante qu'elle ne pouvait effacer de son coeur. Kyoko n'avait rien de tout cela avant même d'arriver dans le manoir. Son cœur était tout vide, et sa meilleure amie avait pu y prendre son aise, se lover dans cet espace inoccupé, y mettre la déco qu'elle souhaitait et en faire son domaine. Mais pour Chiara, la japonaise n'obtiendrait jamais cette première place exclusive. Il était certain qu'elle se rendrait compte un jour qu'elle avait mis sa vie d'antan de côté trop longtemps, qu'elle voudrait repartir. Kyoko n'avait pas réussi à combler ce vide ; elle avait irrémédiablement perdu.

Elle poussa doucement la boite de cupcakes colorés vers la blonde, déçue et amère. Les couleurs vives lui paraissaient trop décalées par rapport à l'humeur du moment présent ; elle leur en voulait de grimacer des visages souriant en coulis de chocolat et elle s'en voulait d'en avoir apporté.
« Joyeux anniversaire. Désolée. finit-elle, luttant pour que sa voix ne s'étrangle pas sur les dernières syllabes. Tu... »
Elle ne savait plus ce qu'elle aurait voulu rajouter – ses pensées s'emmêlaient trop. Elle fit un pas en arrière, puis deux, et se retourna finalement pour courir en direction du pensionnat. Elle ne voulait pas rester ici. C'était trop lui demander. Elle ne retournerait pas non plus dans leur chambre commune ce soir. La chair de ses espoirs meurtris était à vif, et elle avait besoin de noyer sa peine dans une autre compagnie, d'autres occupations. Finalement, elle jugea être assez loin pour laisser ses pas sur l'herbe sèche ralentir, et s'autorisa alors à laisser échapper ses sanglots pathétiques et ses reniflements pitoyables.

Les fils de leurs vies, jusqu'alors entrelacés comme des brins d'ADN, se séparaient aujourd'hui, tandis que des sillons humides et verticaux se creusaient sur les joues des deux ex-inséparables.
C'était la fin des KyoChi's.
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MessageSujet: Re: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   Dim 28 Oct 2012 - 12:04

    Elle n’avait jamais été défaitiste, elle avait toujours gardé espoir. Même lorsqu’on lui assénait la vérité, elle s’était toujours arrangée pour l’esquiver d’un rire, et lorsque le rire ne suffisait pas, celui de Kyoko pansait toutes ses plaies. Ca avait toujours été comme ça, comme une évidence en elle – Kyoko et elle seraient toujours ensemble. Elles seraient à jamais liées, à jamais une même entité dans deux corps, condamnées à se chercher à jamais pour tenter de former de nouveau leur être complet. Alors elle n’entendit même pas les mots de sa moitié, abrutie par les émotions et la confiance qu’elle plaçait en elle. L’expression de son visage suffisait. Et chaque syllabe qu’elle formait dans sa bouche lui meurtrissait le cœur un peu plus, même si elle ne voulait pas l’entendre.

    Elle rebascula brutalement dans la réalité en entendant les derniers mots de Kyoko. Je ne suis pas comme toi, moi. Elle craqua, lâcha les vannes, toutes les résistances et murs qu’elle avait érigés durant ces cinq années venaient d’éclater en morceaux d’un coup. Elle se releva sous le coup de l’émotion, comme si ses muscles avaient tiré ses os d’eux même, sans que son cerveau n’ait son mot à dire ; elle était en pilote automatique, dernière protection avant l’éclatement total de son cœur.

    « Mais… je t’aime… » crut-elle prononcer.

    Les mots ne sortirent pas de sa bouche, et elle resta là, les cupcakes en main. Elle était immobile, incapable du moindre mouvement. Elle l’aimait. Elle l’aimait si fort qu’elle aurait pu se jeter dans les bras du lac immédiatement, tant elle croyait que sa vie venait brutalement de s’arrêter. Sa confiance inébranlable en Kyoko était déchirée en un million de morceaux qu’elle venait de piétiner en partant ainsi, et elle était figée dans cette scène qu’elle ne pouvait pas croire.

    Son cœur battait fort, fort, fort, et chaque battement lui semblait être une moquerie. Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Les mots ne sortiraient pas. Et elle venait d’être brisée.
    Elle se laissa glisser à terre, recroquevillée dans l’herbe, secouée par les sanglots qu’elle n’arrivait même plus à assimiler. Elle était seule. Elle allait mourir seule, là, dans ce parc, abandonnée par la seule qui comptait vraiment pour elle, la seule autour de laquelle elle avait bâtit un ersatz de vie lorsqu’elle s’était retrouvée piégée ici.
    Elle était la plus belle, c’est vrai. Mais elle était aussi la plus morte, à présent.
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MessageSujet: Re: Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]   

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Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]

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