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 A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]

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MessageSujet: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Dim 10 Juin 2012 - 0:08

A tâtons dans une muette obscurité
Alejandro A. Llagostera
    Leia avançait lentement, un pied devant l’autre, une main posée sur le mur comme si elle ne pouvait tenir debout sans aide. Ou comme si elle n’avait déjà plus d’yeux pour la guider ; on aurait également pu croire qu’elle avait peur de s’écarter de tout repère tangible, à présent qu’elle se trouvait plongée dans un monde totalement différent de celui qu’elle avait jadis connu.
    Enfin, totalement, pas tout à fait : cet endroit ressemblait à n’importe quel antique château qu’elle aurait pu trouver dans sa Norvège d’origine, mis à part quelques détails architecturaux qu’elle aurait été bien en peine de devoir nommer. Cependant, ce lieu était différent. Déroutant. Depuis la perte de sa voix, depuis qu’elle savait qu’elle ne vivrait pas éternellement dans la lumière, Leia ne trouvait que de l’effroi dans la nouveauté : marcher sans appui, sans repère dans ce couloir obscur lui faisait peur. Si elle tombait, si elle se perdait, si quoi que ce soit lui arrivait, elle n’aurait pas de quoi appeler à l’aide. Si elle se retrouvait en détresse, elle ne pourrait compter que sur elle-même, et Dieu sait qu’elle ne croyait pas toujours cela suffisant. Alors elle avançait, puisqu’elle ne pouvait faire autrement, mais le ventre noué par l’appréhension.
    Il fallait néanmoins qu’elle trouve quelqu’un, quelque chose pour la guider dans ce nouvel environnement, ou bien elle allait droit au casse-pipe. L’affichage à l’entrée semblait pourtant indiquer que de nombreux pensionnaires vivaient en ce lieu… malgré cela elle n’en avait encore croisé aucun. Malchance ? Coïncidence ? Ou alors avait-elle décidé d’emprunter l’itinéraire le moins fréquenté de l’antique manoir ? Toutes ces suppositions n’aidaient pas Leia à se sentir plus à son aise, d’autant que les multiples couloirs qu’elle empruntait depuis maintenant une durée interminable ne semblaient exister que dans l’espoir de la perdre à tout jamais dans les entrailles du Pensionnat.
    La jeune femme fronça les sourcils : elle était décidément très pessimiste aujourd’hui. Vivement qu’elle revienne à la « civilisation ». Au moins pourrait-elle retrouver un semblant de normalité… si tant est qu’une existence normale puisse être envisagée ici.
    Leia se rendit compte que contrairement à son sentiment premier, l’idée de rester enfermée à jamais ne la laissait pas si indifférente que cela. Ou plutôt, ce n’était pas l’enfermement éternel qui la dérangeait, mais surtout de ne plus jamais revoir sa famille. Même si sa mère avait trompé son père ; même si ce même père n’était jamais là pour elle ; même si ses frères et elle n’étaient plus aussi proches qu’avant, et même si Sven et elle n’étaient pas réellement frère et sœur. Même si elle n’était pas capable de le leur dire. Elle les aimait, bon sang !
    Plongée dans ses pensées, la jeune fille qui s’était entre-temps écartée des murs – sans doute pour bêtement se prouver quelque chose à elle-même - se mordit les lèvres, mais ne vit pas l’obscurité s’épaissir autour d’elle. Ce ne fut que lorsqu’elle sentit un courant d’air plus froid frôler sa peau que la norvégienne releva la tête ; mais trop tard pour reculer. Le sol se déroba sous ses pieds et comme souvent désormais, le cri que Leia aurait voulu pousser ne franchit pas la barrière de ses lèvres alors qu’elle glissait sur la première marche d’un escalier s’enfonçant dans un puits de noirceur. Incapable de se rattraper, la jeune fille dévala les marches dans l’obscurité et le silence le plus complet, et atterrit durement sur un sol froid et humide.
    Leia laissa échapper un pauvre gémissement, bien peu en comparaison du cri que son cerveau aurait voulu jeter en réponse à sa chute, mais néanmoins significatif. Elle sentait la douleur affluer dans tout son corps. L’adolescente se redressa et s’assit, tout en songeant qu’elle aurait apprécié être moins maladroite. Elle tenta de se relever, mains une douleur fusa dans ses jambes et la fit retomber au sol. La jeune fille retint les larmes qui lui venaient aux yeux et se mordit les lèvres. Elle n’était pas douillette à ce point, tout de même… étant assez maladroite de nature – mais surtout lorsqu’elle se trouvait seule, à vrai dire – elle avait pris l’habitude de se cogner au mobilier. Mais là, elle se demandait si elle ne s’était pas foulé la cheville.
    Leia leva les yeux vers le rectangle légèrement plus clair qui subsistait en haut de ce qui lui semblait être l’escalier qu’elle venait de… descendre. Il lui parut démesurément loin. Et elle ne pouvait pas se relever.
    « Au secours ! ». Une phrase qu’elle aurait souvent voulu prononcer. A l’aide, tout simplement.
    L’angoisse saisit Leia à la gorge lorsque ses cordes vocales restèrent sourdes à ses appels. Elle ne pouvait ameuter personne. Elle ne pouvait pas se relever.
    Et en plus elle avait peur du noir.
    … Ridicule.
    La jeune fille fit une nouvelle tentative pour se redresser, en vain. Son cerveau tournait à toute vitesse, éliminant proposition après proposition. Comment signaler sa présence ?
    Tout à coup, elle eut une idée. Priant pour qu’il ne soit pas déchargé – comme régulièrement lorsqu’elle en avait besoin – Leia tira son portable de sa poche. La lumière qu’il diffusa autour d’elle la rasséréna un peu, tandis qu’elle pianotait sur l’écran afin d’ouvrir le fichier de son choix. L’introduction d’Evig Pint de Kaizers Orchestra se fit entendre, résonnant entre les murs de la pièce où elle était tombée, et l’adolescente respira. Sans s’en rendre compte, elle s’était à nouveau sentie comme sourde, comme aveugle dans cette obscurité presque complète. Elle leva à nouveau les yeux vers la porte, priant pour que quelqu’un passe dans les parages. Sinon elle n’avait plus qu’à mourir de faim là parce qu’elle n’aurait pas été assez futée pour regarder où elle marchait. Ce qui aurait été vraiment pitoyable, il fallait bien l’avouer.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Ven 22 Juin 2012 - 1:14

Alejandro, yeux clos, laissa le vent frais caresser son visage. Réfugié sous un des arbres du parc depuis qu'une brusque averse s'était abattue sur sa tête, il s'appliquait à présent à écouter sa musique par-dessus le bruit assourdissant de la pluie contre le sol. Ici, au moins, personne ne viendrait l'ennuyer. Et puis ce n'était pas comme si quoi que ce soit l'attendait à l'intérieur de la bâtisse. Autant rester là. A écouter la musique et la pluie.
Ses doigts glissèrent sur son lecteur, augmentant le son tandis qu'il cliquait sur un des enregistrement de Miguel. Impossible de savoir si l'averse s'éloignait ; pour lui, le ciel entier était noir. Noir charbon, sans la moindre petite touche de gris. Tout était noir, noir, noir.
Déprimant.
Il monta le son, encore et encore, jusqu'à ce que la voix de son ami surpasse entièrement tout les autres bruits. Il se concentra sur ses erreurs et ses rires, trop distrait pour prêter une réelle attention au contenu de ses paroles. Ces enregistrements étaient la seule chose qui lui permettaient de garder une trace de Miguel. Il avait bien des photos, oui, mais aucun moyen de les regarder. Il avait un pendentif, son téléphone. Ses clefs.
Quand il avait perdu la vue, il avait tenté de graver tant d'images dans sa mémoire qu'il en avait tout mélangé ; il avait presque pleuré de se rendre compte, au bout d'un an, qu'il n'arrivait plus à se visualiser la couleur exacte des yeux de sa mère. Il s'était raccroché de toutes ses forces à ce qu'il avait encore pour surmonter la perte du reste. Mais là, c'était tout simplement impossible. Comment rester positif quand ils étaient tous enfermés ici pour l'éternité ?

Le bruit de la pluie s'amenuisa doucement, puis cessa tout à fait. Alejandro ne s'en rendit compte que quelques secondes plus tard, quand il laissa enfin glisser son casque contre son cou, et fit quelques pas hésitants en avant. Il devait avancer, pas le choix. Il fallait bien qu'il ait un endroit où rentrer. Que ce soit chez lui ou pas. Quelque chose auquel se raccrocher.
L'espoir d'un jour retrouver la vue l'avait aidé à supporter le noir ; l'espoir d'un jour sortir l'aidait pour l'instant à ne pas totalement se décourager.
Les pas du jeune homme se firent plus assurés à mesure qu'il avançait et il poussa un soupir de soulagement quand sa main droite effleura le mur extérieur du pensionnat. Il le longea prudemment jusqu'à la porte qui devait mener au hall, qu'il poussa sans se hâter. Le battant se referma doucement, et ce fut aussi peu motivé que quelques minutes auparavant qu'il s'avança jusqu'aux escaliers. Il était sorti en espérant échapper à certaines personnes et se changer les idées, mais au final la pluie n'avait fait que noircir un peu plus encore son humeur.
S'il y avait bel et bien des jours avec et des jours sans, celui-là faisait définitivement parti de la deuxième catégorie.

Peu désireux de monter dans les chambres – il y avait toujours du monde là-bas et il n'avait aucune envie de tomber sur Antoine, par exemple – Alejandro opta pour le couloir sur sa droite. Une porte plus tard, il longeait le mur d'un bon pas. Pour ne pas avoir l'air idiot, parce qu'il était persuadé de connaître de le chemin. Parce qu'il craignait qu'en traînant trop, sa mélancolie ne finisse par le rattraper.
Le bruit de ses baskets lui occupa suffisamment l'esprit pour qu'il en oublie momentanément ses problèmes. Il crut un moment entendre Gil trotter derrière lui, mais à peine y eut-il songé que le son cessa. Comme pour le narguer, le porcelet se frotta à sa jambe gauche. Il faillit en faire un arrêt cardiaque et le pauvre animal en fut quitte pour un coup de pied. Loin de se décourager pour autant, il recommença à se coller à sa jambe. Jusqu'à ce qu'Alejo remarque la musique, en tout cas.
Le brun saisit son casque et le ramena contre ses oreilles ; rien. Ça ne venait pas de là. Il jeta des regards anxieux autour de lui. Pas le moindre son à part cette musique. C'était trop distant pour que ce soit quelqu'un à proximité, de toute façon. Il attendit un moment sans bouger, aux aguets, s'attendant à ce que la chanson s'amplifie ou, au contraire, disparaisse. Aucun changement. C'était constant. Sa main continua de glisser contre le mur tandis qu'il avançait dans le noir, orienté par cette seule musique.

Il s'arrêta quand ses doigts frôlèrent une porte ouverte. Vu la façon dont se répercutait le son, il était plus bas que lui. Donc... Escaliers. Il posa son pied gauche sur la première marche, lèvres serrées, et descendit d'un pas avant de ne s'arrêter net. On ne sait jamais qui pouvait être en bas. Ou ce qui pouvait s'être passé en bas.


« Hm... Il y a quelqu'un ? »

Grandiose ; si c'était un assassin, il ne lui répondrait pas. Si quelqu'un s'était assommé en écoutant de la musique, il ne répondrait pas non plus. Est-ce que c'était seulement possible de mettre son portable ou son lecteur en route sans s'en rendre compte, d'ailleurs ?
Il s'efforça de mettre ses appréhensions de côté et descendit les autres marches, prudemment, la respiration quasi-bloquée. Son inquiétude prit le dessus au moment où il voulut franchir la dernière marche. Impossible d'aller plus loin. Et malheureusement, battre des paupières comme un abruti ne l'aiderait pas à dissiper l'obscurité derrière ses yeux.

S'il y a quelqu'un, de toute façon, cette personne se manifestera forcément. Lui répondra. Lui demandera de l'aide ou au contraire, lui sommera de partir.

Non ?



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Lun 2 Juil 2012 - 13:34

    Depuis maintenant un ou deux ans – elle n’en tenait plus le compte – Leia avait pris une conscience douloureuse de l’existence du silence. Elle avait auparavant, comme beaucoup, tendance à considérer le silence comme une basique absence de paroles. Jusqu’au jour où ce silence-là était devenu sa réalité quotidienne. Elle avait réalisé clairement, pour la première fois, que le vrai silence était celui dans lequel il était impossible de percevoir le moindre son ; et que celui-ci n’était à la fois difficilement possible à atteindre, dans la mesure où chaque geste, chaque inspiration provoquait une onde sonore, mais également simple à briser. Or le plus facile pour l’éliminer restait encore de parler seul, ou de chantonner, ce dont elle était incapable. Alors, lorsqu’elle se retrouvait en présence de cette absence totale de son, la jeune fille avait pris l’habitude de tapoter des doigts sur toute surface accessible, de changer de position le plus régulièrement possible pour provoquer le moindre froissement de tissu. Parce que malgré tout, le silence lui faisait peur. Parce qu’un silence composé de frottements de semelles, que malgré tous ses efforts elle serait incapable de briser ne serait-ce que par un seul misérable mot, était trop vide, trop angoissant. Et comme toujours, se retrouvait amplifié par sa propre incapacité, la limite infranchissable que lui imposait sa langue morte.
    Leia ne pouvait repousser loin d’elle la perspective de la surdité qui s’abattait sur elle dès que le silence l’entourait. Tout au plus pouvait-elle la tenir à distance.
    Un faux mouvement, un bête soubresaut de ses mains alors qu’elle tentait à nouveau de se relever, et son portable lui échappa pour aller rebondir contre le sol froid. C’est fragile ces petites choses, chaque adolescent le sait : Leia entendit l’éclat de la coque qui s’ouvrait et la lumière s’éteignit en même temps que la musique. Un instant, la jeune fille tenta de distinguer l’endroit où l’objet avait été avalé par l’obscurité, puis le silence sembla l’avaler tout entière et elle retomba à genoux. Difficile de se sentir plus inapte, nulle et misérable, lorsqu’elle se retrouvait à la fois confrontée au silence et à l’obscurité, ses deux chimères, et qu’elle ne pouvait pas les fuir. La gorge serrée, l’adolescente tenta de laisser échapper un gloussement, mais l’angoisse cruellement vraie étouffa le mensonge qu’elle tentait d’imposer à son corps, et elle ne se retrouva même pas en position de gémir.
    Alors pour compenser, elle se traita d’idiote un million de fois, tout en s’asseyant pour fixer son regard sur la faible lueur qui brillait en haut des escaliers – à la fois à la recherche de quelque chose pour percer les ténèbres et d’un espoir auquel se raccrocher. Et si il y avait eu quelqu’un dans les parages, il aurait entendu la musique non ? Il serait venu voir, non ? Il y avait beaucoup de monde dans ce manoir d’après le panneau d’affichage à l’entrée, alors il y aurait forcément quelqu’un qui viendrait, non ?
    Tu parles.

    En fait, la jeune fille s’était presque résignée à ne jamais sortir de là, et se repassait en boucle le ridicule de sa situation pour éviter de penser à ce qui l’entourait, lorsqu’un bruit de pas parvint à ses oreilles. Relevant brusquement la tête, Leia distingua la silhouette sombre qui se tenait en haut des escaliers, une main sur la porte, et malgré sa désapprobation sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Comme quoi un petit miracle peut se produire de temps en temps. Elle était heureuse de savoir que c’était possible, tiens.
    Le – ou la, elle ne distinguait pas bien les détails de la silhouette en haut – nouveau(elle) venu(e) hésita un instant devant la première marche pendant que Leia le(a) dévorait des yeux, comme si il(elle) risquait de s’évaporer à tout instant. Puis une voix retentit enfin, soulageant ses oreilles déchirées de silence, et indubitablement masculine :

    « Hm... Il y a quelqu'un ? »
    Si elle avait encore eu sa langue, Leia aurait sans conteste répondu “Non”. Mais depuis qu’elle avait nettement plus de temps pour réfléchir à quoi dire avant de « parler », cette vilaine manie s’était vue méchamment rejetée dans un coin. En effet… dans ce genre de situation, donner une telle réponse aurait été plutôt autodestructeur. Certes, cet acte à la fois irréfléchi et déraisonnable était son lot quotidien, mais ce n’était pas une raison pour autant.
    Leia consacra donc le temps que lui laissait son incapacité à répondre pour chercher un moyen de se faire comprendre. Normalement, si l’inconnu restait là encore quelques instants, ses yeux habitués à la lumière pourraient la distinguer sans difficulté puisqu’elle se trouvait dans l’axe de l’escalier. N’ayant plus son portable à portée de main, la jeune fille se redressa, et le glissement de ses habits résonna à ses oreilles, amplifié par ce silence qui lui collait à la peau. A chaque fois qu’elle devait attirer l’attention de quelqu’un, elle se sentait cruellement ridicule. On ne mesure pas à quel point les cordes vocales sont des organes pratiques quand on s’en sert pour héler son prochain. Tapotant nerveusement la pierre d’une main, Leia leva l’autre bras et fit une série de signes de main au nouveau venu, espérant qu’il ne mettrait pas trop de temps à se rendre compte de sa présence.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Mer 11 Juil 2012 - 19:58

Un bruit, un son, un appel à l'aide, un rire ; c'est tout ce qu'attend Alejandro, le cœur serré, quand il prend la parole. Il attend une réponse, quelque chose, n'importe quoi. Un signal pour lui faire savoir s'il doit avancer ou reculer. Une indication. Il n'est pas peureux, non. Il ne l'admettrait pas. Mais cet endroit est dangereux, rempli de pièges et de potentiels psychopathe : ne pas s'inquiéter relèverait de la folie. Ou d'un manque évident d'instinct de survie dont lui ne manque pas. C'est donc prudemment qu'il descend une autre marche, et prudemment qu'il serre à s'en faire mal la rampe sur sa droite. La cave, ça ne sonne pas bien. Ça ne sonne pas amical ou joyeux. Il imagine qu'il doit faire noir, ou au moins sombre, et aussi stupide que ce soit cette idée le rassure. Lui qui n'y voit rien n'est jamais aussi tranquille que toutes lumières éteintes. Ça peut paraître contradictoire. Sûrement. Mais quitte à n'avoir que du noir devant les yeux, autant que ce soit pour une bonne raison.
Quand personne n'est censé y voir clair, il n'est pas plus handicapé que les autres. Ça le rassure.
Mais rien, rien du tout. Il s'attendait à ce qu'une voix résonne sur le champ, que ce soit pour lui demander de l'aide ou le chasser. Mais rien du tout. Peut-être qu'il n'y a personne, finalement. Il pense à faire demi-tour, arrêté sur une marche, ses yeux aveugles grands ouverts. Il n'a aucune envie de traverser toute la cave uniquement pour savoir d'où venait cette musique ; il est un peu lâche, comme tout le monde. S'il peut éviter de risquer sa vie il le fait, et là, il a l’impression que ce silence lui crie de s'en aller. De partir, qu'il n'y a rien à voir.
Et puis il y a un bruissement de tissu. Il en sursaute presque tellement c'est inattendu : il y a quelqu'un, en fait. Il y a forcément quelqu'un. Il ne pense même pas que ça puisse être un rat perdu dans un vieux tissu, il ne s'imagine pas que ça puisse être le vent. Non non, c'est forcément quelqu'un. Quelqu'un qui refuse de lui répondre, mais quelqu'un quand même.
Mais alors pourquoi cette personne reste muette ?
A la limite, ça le terrorise encore plus. Mais si cette personne est blessée ou trop faible pour parler, ça ne justifie pas qu'il l'abandonne là. Au contraire même. Alors il descend, il s'approche. Il perçoit comme un tapotement régulier. Il ne voit rien mais il entend. Il y a quelqu'un, en bas, qui tape sur quelque chose, doucement, sans violence. Si on avait voulu le piéger ou lui faire du mal, soit on lui aurait sauté dessus, soit on l'aurait dit d'approcher, de ne pas avoir peur. Comme on ne lui dit rien, ça ne doit pas être ça. Quelqu'un doit être blessé, quelqu'un doit avoir un problème. Peut-être que cette personne a trop peur pour élever la voix.

Quand il arrive en bas des escaliers, à pas lents pour ne pas passer à travers les marches qu'il devine fragiles, il prend son courage à deux mains et s'apprête à élever la voix. C'est bête, il se sent ridicule et complètement stupide, mais il n'a pas tellement le choix. Il faut bien qu'il fasse quelque chose.
Surtout qu'il sent bien qu'il y a quelqu'un, maintenant ; c'est difficile à expliquer comme impression, mais c'est là. Il y a quelqu'un, devant lui. Par terre ? Pas debout en tout cas. Alors même s'il n'est toujours pas rassuré, il s'accroupit. Sa main gauche appuyée contre la marche derrière lui pour ne pas perdre l'équilibre bêtement.
Et, dans le noir, il essaie de s'imaginer qui peut bien être ici.


« Je te vois pas, alors si tu pouvais... Parler, ou... »

C'est pas assez clair, non. S'il ne dit pas les choses carrément, on ne comprend pas toujours. Il fallait qu'il s'habitue à préciser. Alors il le fait, même s'il n'en a pas envie.

« Enfin, je suis. Aveugle, lâche-t-il finalement, comme à contrecœur. Alors... »

Alors parles, à la fin, parles. Dis quelque chose.
Parce que tout ce qu'il peut espérer, en ce moment, c'est de ne pas être face à face avec quelqu'un qui a vraiment besoin d'aide. Il aurait eu le plus grand mal à porter un homme sur son dos. Il n'aurait pas su quoi faire. Il ne veut pas être confronté à ça.
Pour ça, il faut que cette personne parle.
Tout du moins ne voit-il que ça, comme solution, pour dissiper le noir.


{ Bon, okay, ma fiche m'a tout fait mettre au présent. On me pardonne hein. .___.' }



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Jeu 12 Juil 2012 - 0:31

    Quelque chose clochait. Leia s’en rendit compte au cinquième aller-retour qu’elle fit faire à son bras parallèlement à son corps dans l’espoir de se signaler à l’inconnu. Elle s’en rendit compte lorsque celui-ci descendit plusieurs marches avant de s’arrêter comme pour écouter quelque chose. Quand il hésita avant de descendre jusqu’en bas. Lentement, Leia baissa la main, puis fronça les sourcils, levant à nouveau la tête vers le rai de lumière pour le suivre des yeux et s’assurer qu’il tombait bien sur elle. Oui, elle pouvait clairement la distinguer, cette couleur plus claire, plus jaune, sur sa jupe et sa chemise. Il était impossible que depuis le haut de l’escalier le nouveau venu n’ait pu la voir. A moins qu’il ait de sérieux problèmes de vue, ce qui ne serait quand même pas sa veine.
    La jeune fille remua un peu, fit passer ses jambes sur les dalles froides et légèrement humides, cherchant une position qui aurait pu lui permettre de se relever. En vain ; pas moyen de trouver un appui suffisant. Elle n’avait jamais eu beaucoup d’équilibre.
    Pendant ce temps, le jeune homme - qu’elle distinguait toujours en contre-jour – s’était accroupi, une main posée sur la dernière marche comme pour garder un lien avec le monde tangible, visible, la lumière qu’il y avait en haut. D’un côté, Leia pouvait comprendre : personne n’avait envie de s’aventurer dans un endroit aussi sombre et peu accueillant que celui où elle était tombée. D’autant plus s’il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait en bas. Mais quand même, elle était visible, là, non ? L’œil humain ne met pas longtemps à s’accoutumer à l’obscurité pourtant…
    L’adolescente entreprenant de se rapprocher un peu sur les genoux, quand la voix du garçon retentit à nouveau, brisant net le silence une seconde fois :

    « Je te vois pas, alors si tu pouvais... Parler, ou... »
    Le son de sa voix avait une sorte d’effet apaisant sur la jeune fille. Plus de silence, plus de solitude, au moins ; même si elle n’était pas encore tirée d’affaire, c’était déjà ça de gagné.
    Seulement la suite lui convint beaucoup moins.

    « Enfin, je suis. Aveugle. Alors... »
    Leia cessa de bouger, et son souffle se retira dans sa gorge. Curieusement, ce ne fut pas le côté catastrophiquement impossible de la situation qui la glaça sur le coup, mais ce simple mot. Les paroles qu’il fit résonner encore et encore dans sa tête. Les cauchemars récurrents d’un monde sans lumière.
    Seul le manque d’oxygène ramena la jeune fille sur terre, lui faisant prendre conscience de la respiration qu’elle retenait. Elle déglutit et s’astreint à respirer normalement, chassant les mauvais présages que le mot lui inspirait, tandis que les implications de cette coïncidence lui venaient peu à peu à l’esprit.
    Lui était aveugle. Elle était muette.
    Il ne pouvait pas la voir. Donc elle ne pouvait pas lui indiquer les choses par signe. Elle ne pouvait pas se servir de son portable – quand bien même elle le retrouverait – pour lui taper un message. Elle aurait beau écrire cela ne servirait à rien.
    Leia se sentit soudain profondément isolée. Comme si une barrière de verre s’était soudain dressée entre elle et le jeune homme ; comme si elle pouvait le voir mais pas signaler sa présence. Lorsqu’elle avait perdu la voix, malgré la difficulté de se faire comprendre, elle avait toujours pu avoir recours à des moyens basiques pour se faire comprendre. Les gestes. L’écriture.
    Mais là ? C’était comme si tous deux se trouvaient sur des plans parallèles. Qui peuvent se côtoyer sans jamais se rejoindre. Elle ne savait pas comment s’y prendre. Il aurait fallu une passerelle spécifique entre ces deux plans, mais elle ne savait pas laquelle. Alors elle se contenta de fixer la jeune homme sans rien dire un moment, accablée par son impuissance. C’était frustrant. C’était rageant.
    « Si tu pouvais parler » ? Ridicule. Quelle situation ridicule.
    Bouge, fais quelque chose. Trouve une solution.
    La jeune fille esquissa un geste pour partir à la recherche de son portable, puis se ravisa et posa plutôt une main sur le genou de l’inconnu pour lui signaler sa présence. « Je suis là mais je ne peux pas te parler. » Est-ce qu’il comprendrait ? Est-ce qu’il resterait, ou est-ce qu’il n’aurait pas la patience d’attendre quelqu’un qui refusait de lui dire un mot ?
    Leia s’éloigna sur les genoux, cherchant du bout des doigts son mobile dans la pénombre. Avec lui au moins elle pourrait… elle ne savait pas quoi, mais elle trouverait bien quelque chose. Tout en tâtonnant, elle réfléchissait à toute allure. Elle connaissait la langue des signes. Elle connaissait un certain code à taper dans la main des sourds. Mais les aveugles entendaient et parlaient très bien, eux. A quoi leur aurait servi un autre mode d’expression ? L’adolescente passait en revue les possibilités lorsque ses doigts rencontrèrent le plastique de son portable démantelé. Elle ramassa la coque et la batterie avec inquiétude, espérant ne pas avoir perdu un morceau qu’elle ne pourrait retrouver plus tard, puis le réassembla et le ralluma. En s’illuminant, l’objet émit un son de démarrage.
    Leia se retourna, espérant que le jeune homme n’était pas parti entre-temps, et revint vers lui, toujours à quatre pattes, louant sa soi-disant excentricité qui lui faisait porter des chaussettes hautes et épargnait ainsi ses genoux à cet instant précis. Elle s’agenouilla devant le garçon tandis que plusieurs solutions lui venaient à l’esprit. A force de fréquenter ceux qui ne comprenaient pas la langue des signes, elle avait appris à être équivoque. Trouver une solution, aller. Il y en avait forcément une.
    Finalement, Leia attrapa la main du jeune homme en espérant qu’il ne réagisse pas mal à ce contact, puis la porta à ses lèvres, lentement pour qu'il ait le temps de comprendre qu'elle essayait de communiquer. Elle l’y laissa quelques secondes, puis l’abaissa et traça une croix sur la peau pâle. La bouche. Impossibilité, interdiction. En espérant qu'il comprenne.

    « Je suis muette / Je ne peux pas te parler. »

    Leia ne pouvait pas mentir avec son corps. Elle avait des difficultés à se retenir de mentir par gestes, même si le fait d'y réfléchir longuement avait pour avantage de lui permettre d'effacer toute spontanéité dans son acte. Le fait que persister à mentir puisse lui être fatal dans ce cas dut la motiver également ; cependant elle dut lâcher la main du jeune homme pour se retenir de démentir ce qu'elle avait précédemment voulu signifier. Pour ne pas lui raconter qu'elle n'avait pas envie de lui parler et qu'elle n'avait pas besoin d'aide. Ou bien qu'elle ne parlait pas parce qu'elle avait avalé un produit corrosif, et qu'elle n'arrivait pas à remonter parce qu'elle ne retrouvait pas ses béquilles et qu'elle avait une jambe cassée. Tiens, mais cela pourrait passer, ça, non ?



[ A cause de toi j'ai failli faire pareil |D J'aime les récits au présent, moi ♥ ]


Dernière édition par Leia Sørensen le Sam 25 Aoû 2012 - 15:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Dim 22 Juil 2012 - 18:53

Alejandro retint presque son souffle, concentré sur les sons autour de lui.
La respiration de la personne devant lui, dans cette cave, était le seul indice qu'il avait sur elle. Son seul lien. Sa seule assurance. Alors il se focalisa sur ce bruit presque infime qui lui indiquait que, en face de lui, quelqu'un inspirait et expirait. Il s’inquiéta quand il n'entendit plus rien ; fut soulagé quand le son revint, régulier, rassurant. Les mille et une raisons pour lesquelles sa révélation avait pu pousser l'inconnu à cesser brusquement d'inspirer lui traversèrent la tête sans réussir à y rester, et il se retrouva bien vite encore plus perdu que quelques secondes auparavant. Il y avait quelqu'un, là, par terre. Quelqu'un qui refusait de parler. Ou ne pouvait pas parler. Et lui, qui n'avait pas la plus petite idée de la raison qui faisait perdurer ce silence, commençait à se sentir vraiment mal à l'aise. Peut-être ferait-il mieux de partir, au final. Comme souvent, il sentit le doute dissoudre toute trace de résolution dans ses veine. Il le sentit glisser dans ses jambes, dans ses bras. Et puis quoi ? Il ne connaissait pas cette personne, à priori. Il pouvait partir. Ça ne le regardait pas.
La formulation réussit presque à lui tirer un rire amer.
Il s'apprêtait à élever la voix de nouveau quand une main – fine – se posa sur son genou. Le contact lui arracha un frisson et lui ôta la parole par la même occasion. Puis il se retrouva là, à fixer le noir sans savoir quoi faire, l'oreille attentive aux sons étouffés qui résonnaient dans la cave. Devrait-il attendre, en profiter pour partir ? Faire quelque chose ? Se relever, poser une question ?
Inutile. Si cette personne avait juste eu peur de parler, elle aurait déjà laissé s'échapper ne serait-ce qu'un son. Non, ça ne collait pas. Alors elle ne pouvait sûrement pas élever la voix. Elle devait avoir un problème. Être blessée à la gorge. Quelque chose, n'importe quoi.
Une main sur un genou, ça lui suggérait... ''Ne bouges pas'' ? Sa mère avait tendance à poser sa main sur son épaule juste avant de dire ''ne bouges pas, je reviens tout de suite''. Inconsciemment, il assimila les deux gestes.
Alors il attendit.
Les bruits que captaient régulièrement ses oreilles étaient difficiles à interpréter ; en tout cas, quelqu'un bougeait. Il était au moins sûr de ça. Il tenta de se remémorer l'exacte sensation de la main sur son genou, essayant tant bien que mal d'attribuer une fourchette d'âge ou même un genre à la silhouette brumeuse qui flottait dans l'imaginaire lui tenant lieu de vue. Son interprétation des autres devait être parfois très différente de la réalité, mais il aimait cultiver ce lieu imaginaire connu de lui seul. Une main, ce n'était pas un renseignement suffisant.
Un bruit familier et reconnaissable résonna dans la pièce. Alejandro leva la tête en direction du son, presque certain qu'un portable ou autre appareil électronique du même genre venait d'être allumé. Ce genre de sons était facile à repérer et reconnaître. Rassuré par cette quasi-certitude comme un bateau l'aurait été d'enfin voir la lumière d'un phare à l'horizon, il réussit à esquisser un sourire. Le stress et l'inquiétude continuait d'imposer un rythme trop rapide à son cœur – bam bam bam – mais l'idée qu'on puisse lui vouloir du mal commençait, doucement mais sûrement, à dériver au large de son esprit. Il se détendit imperceptiblement, toujours sur ses gardes, immobile.

Puis les sons se rapprochèrent de lui. S'arrêtèrent. Il y eut comme un moment de blanc durant lequel il se borna à écouter la respiration quasi-silencieuse de la personne en face de lui, la main gauche crispée sur la marche. Un moment de rien. D'inquiétude, d'appréhension ; et maintenant quoi ? Il ne savait même pas ce qu'il attendait du/de la potentiel(le) blessé(e). Il n'en avait pas la plus petite idée.
Inconsciemment, il continuait d'attendre une voix.
La manière dont on saisit sa main n'eut rien de violent, et pourtant il ne put empêcher tout son corps de se tendre. Le jeune homme s'astreint au calme et se laissa faire.
La surprise put se lire dans ses yeux bruns, écarquillés, quand ses doigts furent lentement posés contre des lèvres. Une bouche. Quelqu'un. Plutôt une fille, d'après ses mains. Le stress disparut comme par magie quand il comprit qu'il y avait là un message à interpréter. Dès lors, il se contenta de se concentrer sur les sensations, les gestes. Pendant les quelques secondes que durèrent ces deux signes et jusqu'à ce qu'on ne lâche sa main le silence disparut, remplacé par cette laborieuse tentative de communication.
Bouche, lèvres, croix, x.
Bouche, lèvres... Parler ? Voix ?
Croix. X. Barré, sens interdit, non, jamais de la vie. Une croix.
Le silence revint, assourdissant.


« Oh... Oh. »

Sans même qu'il s'en rende compte, une grimace étira ses lèvres. Voir ses craintes se confirmer ne lui enleva pas un poids des épaules, loin de là.
Muette ? Il n'y avait pas pensé. C'était facile, pourtant.
Qu'elle le soit pour une heure ou pour toujours, ça n'enlevait rien au problème. Depuis qu'il avait descendu ces marches, même s'il avait considéré l'idée qu'elle puisse peut-être avoir un problème à la gorge, il n'avait pas pris le temps de vraiment y réfléchir. D'assimiler. Là, ça lui tombait dessus comme une avalanche.
Son accident lui avait retiré la vue ; il n'avait jamais pensé que, face à quelqu'un qui ne peut pas parler, il se retrouverait si démuni.
C'était... Frustrant. Et angoissant.


« Tu peux pas parler ? C'est ça ? Tu peux pas parler. »

Cette phrase sonna comme une sentence. Il fallait qu'il trouve un moyen de communiquer, quelque chose, n'importe quoi. Pas rester là sans bouger, en tout cas.

« C'est pas... grave. On va se débrouiller. » Son ton suggérait que non, mais il fit de son mieux pour paraître plus assuré. « Tu m'entends, au moins ? Tu peux... claquer des mains ou, un truc comme ça, pour dire oui ? »

Son visage s'éclaircit à cette idée. Voilà, ils allaient faire ça. Oui, non, ça pourrait suffire si elle l'entendait bel et bien. Elle avait l'air de comprendre ce qu'il disait, mais on ne sait jamais ; elle pouvait simplement être très perspicace. Avoir compris à sa façon d'agir ou de fixer des points vides qu'il était aveugle. Si elle était sourde-muette avec une ou deux jambes cassées, sortir de la cave allait être très, très compliqué.



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Sam 25 Aoû 2012 - 15:26

    Envahie par ce silence qui n’en était pas un, Leia entendait son coeur cogner contre sa poitrine, si fort qu’il lui semblait inconcevable que le garçon ne puisse l’entendre. C’était peut-être nul et disproportionné, mais oui, elle avait peur, elle était angoissée par cette situation ; elle qui ne supportait pas ce blocage sur sa langue se retrouvait par sa faute incapable de communiquer dans une situation qui pourtant l’exigeait impérieusement. Elle se détestait, elle détestait ces cordes vocales mortes, elle détestait sa vie tout entière. Le silence et le noir semblaient donner une ampleur incroyable à tous les doutes qu’elle pouvait avoir sur le moment, et ce n’était pas le « Oh oh… » angoissé du garçon face à elle qui allait les apaiser.
    En colère contre elle-même de faire preuve de tant de couardise, Leia se mordit la langue et se fit violence. Ressaisis-toi ma grande, ce n’est pas en t’apitoyant sur ton sort que tu vas réussir à sortir d’ici.

    « Tu peux pas parler ? C'est ça ? Tu peux pas parler. »
    Tiens, la preuve, il a compris. Il n’est pas stupide, tu ne l’es pas non plus ; des passerelles, vous pouvez en mettre en place pour vous comprendre. Alors un peu de courage et de persévérance, ma fille. Tu n’as pas le choix de toute façon, et tu sais très bien que ce n’est pas en pleurant que tu amélioreras ta situation.
    Leia chassa le silence de ses oreilles, le noir de ses yeux, hochant doucement la tête bien qu’il soit désormais certain que le jeune homme ne puisse percevoir un tel geste.

    « C'est pas... grave. On va se débrouiller. »
    L’adolescente songea que sa voix hésitante semblait dire tout le contraire ; qu’il était tout aussi désemparé qu’elle face à l’étendue du problème qui leur était présenté. C’était vraiment la poisse, que celle qui ait appelé n’ait pu parler, que celui qui ait répondu ne puisse voir ; Leia aurait parfaitement compris que le jeune homme préférât alors l’abandonner à son sort. Après tout elle le savait bien, quand on peine déjà à s’aider soi-même, qu’aider les gens « normaux » est difficile, alors aider quelqu’un qui ne peut rien faire pour vous faciliter la tâche… La norvégienne se demanda ce qu’elle-même aurait fait dans une telle situation.

    « Tu m'entends, au moins ? Tu peux... claquer des mains ou, un truc comme ça, pour dire oui ? »
    Lui, en tout cas, ne semblait pas disposé à l’abandonner là. C’était bien pour elle, en tout cas.
    L’idée des claquements de mains n’était pas mauvaise, cela dit. Sauf sur un point.
    Fixant son vis-à-vis d’un air pensif, Leia resta longtemps immobile, les mains posées sur les genoux. Elle n’avait pas pensé elle-même qu’il aurait pu croire qu’elle ne l’entendait pas ; mais au fond, c’était parfaitement imaginable. Plausible, même, ironique, peut-être. Oui, elle l’entendait parfaitement. Il allait falloir qu’elle se mette un peu à sa place, histoire de lui faciliter la tâche.
    Lui faciliter la tâche, hein ? L’adolescente baissa les yeux sur ses deux mains inertes. Tu l’entends, hein ? Allez, reste immobile comme ça et meurs. Tu ne sers à rien de toute façon, hein ? Hein ?
    En un instant, toute les implications de son refus de coopérer défilèrent dans la tête de Leia ; elle en aurait hurlé de frustration si elle l’avait pu. Alors c’est comme ça ? Quelqu’un essaye de t’aider malgré la difficulté et toi tu…
    Un glapissement de douleur échappa à la jeune fille lorsqu’elle ressentit soudain un déchirement de sa chair entre le pouce et l’index. Retirant prestement sa main ensanglantée de ses genoux, l’adolescente fixa en écarquillant les yeux, sous le choc, la créature qui s’y trouvait désormais et venait de la mordre sans aucune pitié. C’était une souris pas plus grosse que le creux de sa main, toute blanche, de celles qu’on dissèque au lycée sur les tables de labo. Sauf que contrairement aux vilaines bestioles aux yeux rouges, celle-ci avait des prunelles bleues et ne semblait pas contente du tout. Leia eut un flash ; oh, elle connaissait bien ces claquements de dents. Le plus vite qu’elle le put elle, secoua sa main valide pour montrer qu’elle avait compris et qu’elle ne tenait pas à se faire mordre une fois de plus. Peu importe le comment du pourquoi ; si jamais elle devenait folle, ce qui devait couver depuis plusieurs années déjà finalement, alors elle tenait tout de même à garder ses membres intacts. Et tant pis si un petit mensonge de rien du tout devait passer à l’échafaud pour cela.
    Sa mythomanie pourrait se venger une autre fois.
    Donc, grimaçant à cause de la morsure qui mine de rien faisait un peu plus que lui picoter les doigts, Leia claqua enfin des mains.
    S’ensuivit un silence légèrement coupable, ou des milliers de possibilités mensongères défilèrent sous son crâne, malheureusement fortement restreintes par son incapacité à communiquer. Finalement, la jeune fille tendit sa main valide pour reprendre le poignet du garçon et guider derechef sa main sur sa cheville gauche. Bien joué ; c’était la droite, la blessée. Piteuse affabulation.



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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Ven 7 Sep 2012 - 21:55

Ça peut marcher.
Ça allait marcher, même. L'impression réconfortante d'avoir trouvé une solution à leur problème, même temporaire, endormit les doutes d'Alejandro sous une fausse impression de sécurité. Elle ne pouvait pas parler, non ; lui ne pouvait pas voir. Elle ne pouvait pas signer et lui ne pouvait pas se fier à son ouïe, attendre une réponse aux questions qu'il posait dans le noir. Leurs portes de sorties étaient bloquées, leurs habitudes chamboulées : mais ça ne voulait pas dire que communiquer leur était impossible. Ils avaient suffisamment de possibilités, assez de moyens pour réussir à se comprendre. Il leur restait le toucher, l'ouïe...
Parce qu'elle entendait, il en était persuadé.
Elle allait claquer des mains d'un moment à l'autre.
Inutile de s'inquiéter. Pas de panique. Surtout qu'il restait toujours la possibilité de remonter pour demander de l'aide à quelqu'un d'autre. Personne ne lui en aurait voulu, pas même la jeune fille en face de lui. S'il s'agissait juste de la sortir de là, de vérifier qu'elle n'avait rien de cassé, ce n'était ni honteux ni lâche. C'aurait même été plus judicieux. Plus mature, aussi, peut-être. S'ils ne pouvaient pas parler correctement et qu'elle avait besoin d'aide au plus vite, pourquoi perdre du temps comme ça ? Il n'avait qu'à remonter, attraper le premier venu et lui expliquer la situation.
Mais ce n'était pas ça. Pas que ça, du moins. S'en aller, faire demi-tour – c'était céder face au handicap. Il était tout le monde, n'importe qui ; il n'était ni plus, ni moins qu'avant son accident. Il pouvait parler avec elle. Il devait parler avec elle. D'une manière ou d'une autre. Si elle l'entendait, alors il...
Elle l'entendait, n'est-ce pas ?
Toujours aucun bruit.
L'incompréhension, d'abord ; l'inquiétude, ensuite. Si elle avait entendu et compris sa question, elle aurait déjà dû claquer des mains. Ses poignets ne pouvaient pas être brisés, elle avait saisi sa main dans les siennes à peine quelques secondes auparavant. Elle n'avait aucune raison de ne pas lui répondre, ç'aurait été stupide. Pourquoi s'infliger encore plus de complications quand il arrivaient à peine à se comprendre l'un l'autre ?
La seule explication plausible était qu'elle ne l'ait pas entendu.
Toutes les implications de ce simple fait le heurtèrent de plein fouet. Sans les sons, ils étaient condamnés à ne quitter ni le silence ni le noir.
Il voulait qu'elle l'entende. Il fallait qu'elle l'entende !

Puis il y eut un bruit, un mouvement – et s'il était incapable de voir ce qui se passait, elle l'était tout autant de le lui expliquer. Alors sa question se bloqua dans sa gorge. Il la ravala, cligna des yeux, faillit ne pas les rouvrir. Les garder clos l'aidait à mieux supporter le noir, la plupart du temps.
Il resta ainsi une, deux, trois secondes. Sans bouger, les yeux grands ouverts malgré son envie de plus en plus obsédante de cacher son visage dans ses mains, il attendit.
Si elle ne dit rien, je répéterais la question. Si elle ne bouge toujours pas dans une seconde, je...

Le claquement résonna dans ses oreilles, clair et limpide. Il dissipa ses inquiétudes, ses questions, et bientôt il ne resta de ses doutes qu'une douloureuse sensation au creux de l'estomac.

« Merci. »

Merci d'avoir brisé le silence, peut-être ? Merci d'entendre ? C'était stupide. Si elle avait été sourde, ça n'aurait clairement pas été de sa faute.
Malgré tout, ce claquement de mains lui ôta un poids conséquent des épaules.
Le pourquoi de cette attente ne le préoccupait plus maintenant qu'elle avait répondu. Il allait falloir qu'ils sortent. C’était ça le but, non ? A bien y repenser, elle ne lui avait pas vraiment 'demandé' de l'aide. Comme elle ne bougeait pas il avait assumé que c'était le cas, mais il se pouvait très bien que ça ne le soit pas. Ça aurait facilité les choses.
Un instant plus tard son poignet était de nouveau serré entre les doigts de la muette. Le toucher était un sens auquel, en tant qu'aveugle, il s'était vite habitué ; malgré tout, ça n'en restait pas moins gênant. Être sans cesse obligé de se faire guider était une expérience éprouvante.
Mais là, il n'avait pas le choix. Il se contenta donc de laisser sa main là où elle l’entraîna, concentré pour ne pas comprendre de travers. C'est dans ces moments-là, certainement, que l’omniprésence du langage devait être la plus évidente.
Lui qui détestait tant que les autres se taisent...
Sa main gauche toujours accrochée à la marche derrière lui, prenant bien garde à ne pas faire de mouvement brusque, il passa ses doigts sur le tissu. Reconnaître était aisé quand l'objet était familier ; pour être certain qu'il s'agissait d'une jambe, il lui fallut quelques longues secondes de réflexion.

« Ta cheville ? » Il n'osa pas serrer ou appuyer par crainte de lui faire mal, mais ce devait être ça. « Tu t'es fait mal ? »

Cette série de gestes et de questions était bien plus complexe que ce qu'il aurait pu s'imaginer. La crainte de l'incompréhension et des barrières, omniprésente, ne l'aidait pas à se concentrer.
Allez. Quand on veut, on peut.

« J''imagine que tu ne peux pas marcher, alors. »

Cette simple constatation réussit à faire s'écrouler l'intégralité de ses bonnes résolutions. Quand on veut on peut ?
Tu parles.

« Ah, s'exclama-t-il soudain, est-ce que ton autre cheville est blessée ? Si elle ne l'est pas, peut-être que tu pourrais t'appuyer dessus pour remonter. Si je t'aide ça devrait aller, non ? »

S'il se plaçait du côté de sa cheville blessée – gauche, donc – et qu'elle s'appuyait sur lui, ils devraient réussir à remonter sans trop de mal.
Si les marches ne décidaient pas de craquer sous eux, bien sûr. Mais chaque chose en son temps.



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Mer 26 Sep 2012 - 20:49

    Elle était vraiment, définitivement et irrémédiablement, stupide. C’était la seule chose que Leia était capable de se répéter à l’heure actuelle ; ce n’était ni la première fois, ni certainement la dernière, mais visiblement, pour elle, ce n’était pas une raison suffisante. Les implications de ce qu’elle était en train de faire lui revenaient en boucle, aussi sûrement que si elle avait été capable de prédire l’avenir. La chute immédiate, ou alors, plus dangereuse, celle dans les escaliers. Le garçon qui ne comprend pas ce qui se passe. Elle ne voulait pas participer à de pareilles scènes, elle ne voulait même pas y assister ; pour un peu, elle se serait recroquevillée dans un coin, se traitant sans fin de lâche et d’idiote, refusant de continuer dans la voie tordue qu’elle avait elle-même ouverte. Elle n’aurait pas dû allumer la musique et entraîner ce jeune homme là-dedans. Ils étaient vulnérables, quelles que soient les illusions qu’elle puisse entretenir, raccommodées mille fois au scotch, dans sa petite tête de linotte. Ils allaient se faire mal.
    Il n’aurait pas dû la remercier de lui répondre, non. Elle ne l’avait même pas fait de sa propre volonté ; il n’aurait pas dû descendre.
    Et elle avait l’impression d’étouffer dans l’hypocrisie.

    « Ta cheville ? Tu t'es fait mal ? »
    Les yeux rivés à ses mains accrochées bien inutilement au tissu de sa robe, Leia secoua frénétiquement la tête, comme si de cette manière elle pouvait se débarrasser de tous ce liens invisibles qui semblaient l’enchaîner. Elle se sentait plaquée au sol, pliée sous le poids de ces obligations absurdes. Cherchant des yeux la souris blanche, elle ne put trouver de réconfort – ou de motivation – dans sa présence, avalée par l’obscurité. Alors ses mains claquèrent docilement, parce qu’elle ne pouvait rien faire d’autre, et qu’elle ne pensait pas pouvoir supporter un nouveau silence. Elle ne faisait qu’avancer sous l’égide du fouet, rien d’autre.
    Au moins lui réussissait-il à la comprendre. Prenant conscience qu’elle ne s’en faisait actuellement que pour sa capacité à communiquer correctement, elle se rendit compte qu’elle ne craignait plus cette barrière formée par le handicap ; ou si peu. C’est qu’ils l’avaient découvert, ce pont entre leurs deux réalités, celle de l’obscurité et celle du silence ; alors elle lui faisait confiance. S’il avait pu trouver ça, alors ils pourraient s’en sortir, elle en était certaine.
    Il fallait juste qu’elle y mette du sien.

    « J''imagine que tu ne peux pas marcher, alors. » Supposa le jeune homme. « Ah, est-ce que ton autre cheville est blessée ? Si elle ne l'est pas, peut-être que tu pourrais t'appuyer dessus pour remonter. Si je t'aide ça devrait aller, non ? »
    L’angoisse qui la saisit à la gorge, encore. La certitude, affreuse, de se trouver face à un mur qu’elle a elle-même érigé. La certitude de la chute, qui s’approche, encore, inéluctable… une tragédie bien futile quand tant d’autres sont d’un cruel prédestiné. Ça sent les remontées de comédie ; on mettrait un lama paraplégique sur les planches que le jeu n’en serait pas plus ridicule. Et Leia ne sait pas comment couper court à la représentation.
    Ses mains restent silencieuses, et le rouge qui teinte son doigt mordu semble provenir de leurs cordes vocales brisées. Elle ne sait pas, c’est tout.
    « C’est l’autre. » C’était sans doute une illusion désespérée, mais à cet instant, la jeune fille était persuadée que si on lui avait rendu la voix, elle aurait pu le dire. Parce qu’elle ne voulait pas assister à cette pitoyable mascarade ; au spectacle insensé de sa vie. Alors elle ne répondit rien ; n’acquiesçant ni ne dénigrant. Mais elle plaça une main ferme sur l’épaule droite du jeune homme, à l’inverse de ce que son geste précédent aurait nécessité. Si elle trouvait un jour le moyen de le lui dire, elle lui demanderait pardon.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Lun 29 Oct 2012 - 17:33

{ 666 mots, bitches /D }

Bon. Une cheville blessée, ce n'était pas si grave. C'était quelque chose que, à priori, ils pouvaient gérer. Plus il se représentait leur situation et plus il en était persuadé ; ils n'étaient pas coincés, encore moins à court d'air. L'escalier était toujours derrière lui, il en sentait le bois rugueux sous ses doigts. La fille était toujours juste là, muette mais bien réelle. Ils n'étaient pas coincés et cette certitude, familière, était sûrement la chose la plus rassurante qu'il ait ressenti depuis que cette musique avait résonné dans ses tympans. On en voit le bout : on respire, enfin.
Du moins un peu mieux qu'avant.
Un nouveau claquement de mains ; un oui silencieux pour confirmer ses craintes. Elle était blessée, ça ne faisait plus aucun doute. Au moins savait-il à quoi s'en tenir. Et puisque ce n'était que la cheville gauche la laisser s'appuyer sur lui, la soutenir le temps de la montée ne serait qu'une simple formalité : à moins qu'elle ne soit plus lourde que sa main ne le laissait suggérer, trois jambes et demi seraient largement suffisantes pour les porter jusqu'en haut. L'optimisme qui si souvent lui faisait défaut revenait par petites doses dans son esprit craintif – et sans doute que ne pas être celui qu'on aide, dans cette situation, contribuait à lui rendre confiance en lui. Ne pas dramatiser, pour une fois au moins s'imaginer que le verre est à moitié plein. S'accorder un instant de répit. Le sol ne peut pas toujours trembler, après tout.
Il y eut comme un instant d'attente, de réflexion peut-être du côté de la jeune fille ; et à défaut de pouvoir vérifier, regarder sans pour autant avoir l'air indiscret ou trop insistant, il ne put qu'attendre. La communication entre eux était possible mais drastiquement réduite. Basique. Dire quoi que ce soit d'un peu compliqué sans quelle puisse le lui dire, sans qu'il puisse la lire, avait tout d'une mission impossible. Pour l'instant son seul but était de la sortir de là – en espérant que sa blessure soit superficielle, rien d'autre : la frustration referait surface plus tard. L'urgence qu'il imposait à la situation supplantait le reste.
Tant mieux, dans un sens.

« Hm ? »

La main qu'on posa sur son épaule n'était ni hésitante, ni craintive : c'était un geste assuré, ferme. Suffisamment pour que lui, lèvres entrouvertes, ne puisse réprimer un haussement de sourcil sceptique. Il aurait pu se contenter de suivre son geste, de l'aider à se redresser et de glisser un bras derrière sa taille ; on ne lui en demandait pas plus. Seulement ce doute, cette incertitude qui lui étaient si chers ne purent s'empêcher de venir lui rire au nez. Il avait beau rejouer la scène dans sa tête, se rappeler les contours de sa cheville et ses propres affirmations, rien à faire ; quelque chose clochait. Il était tellement persuadé que la jambe blessée était la gauche, si sûr de lui et de ce qu'il avait compris que le geste de la jeune fille le laissa coi quelques secondes. Le temps pour elle peut-être de changer d'idée ; de corriger sa posture. De se rappeler que si elle appuyait sa main sur cette épaule-là, il se placerait instinctivement du mauvais côté. Qu'ils n'arriveraient à rien si elle s'appuyait sur une articulation foulée.
Mais son geste semblait si réfléchi et naturel que ses propres convictions, plus pâles, s'effacèrent docilement. Elle devait savoir ce qu'elle faisait, de toute façon. Il l’espérait.
Son expression teintée de doute et d'incompréhension ne le quitta pourtant pas quand, d'un geste le moins maladroit possible, il se redressa à demi. Juste assez pour pouvoir l'aider à se lever sans risquer de tomber lui-même, concentré et attentif à ne pas la laisser poser cette satané cheville au sol. D'autant plus que si elle ne pouvait parler, crier souffrait sûrement de la même interdiction : et alors comment le saurait-il, si elle avait mal, qu'elle s'était trompée, qu'il...
Il en oublia de parler.



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« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Lun 3 Déc 2012 - 1:21

    Leia sentit l'hésitation du jeune homme. S'efforça de ne pas en tenir compte, se répétant sans cesse que si elle se montrait assez déterminée, tout irait bien. Dans une incertitude telle que celle dans laquelle ils baignaient tous deux, le moindre doute pouvait faire toute la différence. Il suffisait d'une question, d'une interrogation sur la tournure que prenaient les évènements. Il suffisait de craindre que le message avait été mal perçu. Le chemin à suivre, c'était à elle de le montrer, ou bien ils tomberaient tous les deux. C'était elle la menteuse. A elle d'assumer.
    Et de se débrouiller pour réparer son erreur.
    La norvégienne se releva lentement, en même temps que son partenaire, attentive au moindre de ses mouvements. Ainsi, dès qu'il fit mine de vouloir la soutenir du mauvais côté, elle resserra les doigts sur son épaule. Non. Non, pas dans ce sens-là. N'y fais pas attention, s'il te plaît. Elle s'appuya résolument sur la cheville qu'il croyait blessée, inversant l'ordre que le garçon tentait, avec raison, d'établir.
    C'était ça. Il ne restait plus qu'à prier pour qu'il la suive.
    Leia sentit la culpabilité pointer derechef le bout de son nez, à l'idée des complications supplémentaires qu'elle infligeait à cet inconnu qui avait pourtant eu la générosité de venir la récupérer en bas, alors que lui-même était sans doute aussi bancal qu'elle. Quel beau duo ils faisaient là ; un couple d'éclopés à la recherche de la lumière, dont l'un ment à l'autre. L'aveugle et la muette. On aurait dit le début d'une mauvaise blague.
    Cette idée fit frissonner Leia et lui serra la gorge : elle eut soudain peur d'affronter les escaliers. C'était bête et méchant. En règle général, ça n'a rien d'effrayant, un escalier. A l'heure actuelle, il lui semblait un mur infranchissable, celui qui se dressait vers le corridor dont elle était tombée. Elle avait l'impression d'être Alice, rendue minuscule par son arrivée au Pays des Merveilles ; à ceci près que la porte qu'elle avait poussée ne menait absolument pas vers un quelconque endroit merveilleux. La jeune fille se maudit enfin d'avoir poussé cette porte, cette maudite porte. Elle aurait mieux fait de rester chez elle, ce soir-là.
    Même si les regrets ne servaient à rien.
    Leia coula un regard du côté du garçon que l'obscurité lui cachait toujours de moitié. Ils évoluaient dans un clair-obscur constant, et elle n'était pas plus capable de discerner ses traits clairement qu'elle ne l'était de le nommer correctement. Elle ne connaissait pas son nom. Elle aurait bien voulu lui demander, maintenant, mais ne savait pas comment. Et même, l'instant était mal choisi.
    Peut-être qu'elle avait juste peur d'avancer, maintenant.



Youhou ~ C'est court et en retard ~
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Dim 9 Déc 2012 - 21:33

Cette jambe ou l'autre ? Cette question pourtant si simple, si basique, restait bloquée en travers de sa gorge. Il ne pouvait pas lui demander une chose pareille ; c'était juste trop... Stupide. Depuis l'accident, Alejandro était devenu si craintif et hésitant que toujours se remettre en doute et avoir peur de commettre des erreurs s'était pratiquement inscrit dans ses habitudes. Est-ce que je me suis trompé, est-ce que je l'ai mal comprise – et si c'est le cas, est-ce que j'ai l'air stupide ? – étaient autant de réflexions qui allaient et venaient, sans cesse, dans son noir bien personnel. Alors non, il ne dit rien. Il se contenta de se plaindre en silence, d'ordonner bêtement à ses yeux morts de se remettre à marcher.
Dommage ; il n'y a pas d'interrupteur pour ça.
Le jeune homme se serait d'ordinaire plié aux injonctions de l'autre sans réfléchir, mais quelque chose ici le dérangeait. Il lui manquait le 'pardon, c'est l'autre cheville' ; le rire gêné qui, aussi bref soit-il, aurait suffit à le rassurer. Quelque chose, n'importe quoi pour lui expliquer en quoi il s'était trompé. Ne pas savoir était aussi une forme d'obscurité. Il détestait ça. Et c'était sûrement pour cette raison que cette question refusait de se taire, de se laisser sagement disparaître – parce qu'il ne comprenait pas. Il ne demandait que ça, pourtant.
Seulement les doigts serrés sur son épaule, fermes et assurés, lui donnaient plus d'indications qu'il n'en obtiendrait jamais en demandant quoi que ce soit. Alors il ravala son interrogation, se fia aux gestes on ne peut plus explicites de la jeune fille. Il n'y avait après tout aucune, aucune raison qui puisse la pousser à se faire mal pour rien. Et puis si elle avait juste mal envisagé leur position, rien ne l'empêcherait de passer sur l'autre cheville une fois debout, de lui faire comprendre qu'il fallait changer d'épaule ; il n'avait pas de quoi de s'en faire. Elle le guidait, il s’exécutait. Simple.
Si seulement.
De fait, il lui manquait l'habituelle compensation à sa cécité. Quand il acceptait de se laisser guider, c'était toujours par la voix qu'on le prévenait des différents obstacles, des éventuelles précautions à prendre. Le silence forcé de la blessée n'avait vraiment rien de rassurant.
Malgré tout il se redressa et elle avec, toujours sceptique par rapport à cette cheville blessée. L'idée qu'elle ait pu lui mentir et ne rien avoir de cassé, peu importe la raison, lui traversa même l'esprit : ça n'aurait eu strictement aucun intérêt, mais le doute et le silence laissaient place à une multitude de scénarios.
Tant qu'ils les menaient en haut, il pourrait s'en accommoder.

« Ça va aller, ta cheville ? » Une main sur la rampe, il cligna des yeux. « Si tu veux que je change de côté ou, je sais pas, n'hésite pas à... Serrer plus fort, par exemple. »

Aussitôt, il s'en voulut du scepticisme et du doute nettement perceptibles dans sa voix : après tout, il n'avait pas à l'accuser de quoi que ce soit. Dans cette histoire, c'était plus son handicap que le sien qu'il avait envie de blâmer – et s'il avait mal compris, ce ne serait de la faute de personne.
Soit.

« Le silence... M'angoisse un peu, avoua-t-il en tentant de se rappeler combien de marches il avait descendu pour arriver en bas. Excuse moi si je parle pour ne rien dire. »



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
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Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Sam 2 Mar 2013 - 15:19

    Il faisait noir. Avec une bonne dose de venin intérieur, Leia se félicita pour cette pensée, au sujet d'un fait qu'elle avait joliment pu constater un bon moment plu tôt ; ceci dit elle ne savait pas quand. Elle avait perdu la notion du temps : l'obscurité effaçait ses repères. L'obscurité était au cœur du problème, entre ses lèvres et dans les yeux du garçon: il faisait noir entre leurs doigts et leurs effleurements potentiels ; ce noir freinait les signaux qu'ils pouvait s'envoyer et les engluaient dans un piège épais couleur de cendre.
    Si seulement elle avait pu faire un effort.

      « Ça va aller, ta cheville ? » Murmura le jeune homme, et la sollicitude dans sa voix n'arrangeait rien. « Si tu veux que je change de côté ou, je sais pas, n'hésite pas à... Serrer plus fort, par exemple. »

    Leia se contenta de lui serrer l'épaule brièvement pour approuver sa décision ; pas trop, pour ne pas l'induire encore plus en erreur. C'était pas un mensonge, non. Juste une petite déviation. Un slalom entre les bandes blanches. À nouveau, elle sentit un poids la quitter en comprenant qu'il ne chercherait pas à la questionner plus. Un pincement de culpabilité en se rendant compte qu'elle était à l'origine de la confusion dans l'esprit du jeune aveugle.
    Alors même que le silence reprenait ses droits, ce dernier s'éclaircit la voix, le rompit aussi vite qu'il s'installait, comme si à lui aussi il lui faisait peur. Leia avait un peu l'impression d'assister à une pièce comique où ils étaient deux à lutter contre un ennemi invisible prêt à les séparer. Si seulement elle avait réellement pu être dans les gradins, et pas bloquée sur scène.

      « Le silence... M'angoisse un peu. Excuse moi si je parle pour ne rien dire. »

    S'il n'y avait que lui. Son cœur à elle avait des airs d'asthmatique et faisait l'aller-retour entre angoisse et soulagement sans lui laisser le temps de respirer. Et pourtant, il fallait avancer.
    Leia hocha doucement la tête, avant de se souvenir qu'il ne pouvait pas percevoir son geste ; l'effleurement de ses mèches rebelles, peut-être, le bruit de leur frottement contre ses épaules, à la limite. Pas grand-chose de plus. C'était bien peu pour véhiculer une information. Alors il valait mieux agir que rester là à ruminer sur une conversation qui n'aurait sans doute jamais lieu. Ou pas ici et maintenant, pas dans ces conditions.
    S'appuyant largement sur son camarade, l'adolescente l'invita de son mieux à se diriger vers l'escalier ; et quand enfin la première marche fut atteinte, s'immobilisa. Elle attendit en rongeant son frein que le garçon prenne les devants, consciente qu'elle était de sa propre incapacité à se mouvoir d'elle-même. Le pianotement inconscient de ses doigts sur l'épaule du jeune homme trahissait sa nervosité tandis qu'elle patientait avec une immobilité rare.
    Tout irait bien. Elle cherchait à s'en persuader du mieux possible, radotant toujours les mêmes espérances un peu creuses depuis de longues minutes sans mots ni lumières. Elle aurait voulu lui dire son prénom.
    Allez, venons à bout de ce crétin d'escalier, et vite. Bien sûr qu'on peut le faire. On est pas des infirmes, hein ?
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Mer 27 Mar 2013 - 9:43

La jeune fille appuya sur son épaule, brièvement, et il se rassura en se disant que ça ferait l'affaire pour l'instant. Tant qu'elle était capable de lui faire signe en cas d'urgence, ils réussiraient à monter sans problème en haut de cet escalier. Et puis si elle tombait, s'il trébuchait – s'il arrivait quelque chose, puisqu'ici rien n'était jamais simple, il y aurait bien quelqu'un pour venir leur prêter main forte. N'est-ce pas ? Dans un clignement d'yeux calme et automatique, le jeune homme tenta de s'en persuader. A l'époque où il vivait chez ses parents, avec son portable à portée de main et l'interdiction tacite de sortir seul quelle que soit l'heure et la destination, cette assurance lui avait collé à la peau comme un confortable manteau. Ici il n'y avait ni police, ni samu ; pas de parents inquiets et encore moins de meilleur ami dévoué. En d'autres termes...
Même ces marches qu'il pouvait deviner devant lui, grinçantes et instables, avaient quelque chose d'effrayant. D'étranger. On soupire et on prie, maugréant et simagrées ; mais ce n'est pas ça qui nous fera sortir alors on avance, on met un pied devant l'autre. On grimpe jusqu'au rez-de-chaussée et on verra bien ensuite.
Il gagnerait plus à se concentrer sur les mouvements de ses jambes que sur le noir oppressant qui menaçait à tout moment de noyer son ouïe ; le toucher devrait se débrouiller seul, sur ce coup-là. La sensation d'une main posée sur son épaule, le poids de la jeune fille qu'il devait supporter s'il comptait un jour la ramener à l'air libre. Ces repères suffiraient. D'autant qu'aveugle ou pas, l'atmosphère lourde et humide de la cave lui laissait une sensation à la limite de la claustrophobie entre le cœur et l'estomac. Ça menaçait de tomber à tout instant, ce malaise brun blanc, aussi se décida-t-il à s'appuyer plus franchement sur la rampe, se hisser sans peine sur la première marche. Le bois grinça sous leur poids, mauvais et sans doute usé, rongé de ci de là par le manque d'entretien et les passages réguliers de pensionnaires en quête de solitude ou de sensations fortes : il ne s'en préoccupa que machinalement. L’étroit escalier qui menait à son grenier n'était pas en meilleur état et jamais n'avait craqué sous qui que ce soit pour autant ; peut-être n'était-il pas très bon en calcul, mais à deux ils ne pouvaient guère peser suffisamment lourd au point d'en morceler les planche sous leurs talons.
Tant qu'ils ne couraient pas comme des imbécile, du moins.
Une marche puis une autre ; il se concentra sur le silence, aussi désagréable soit-il. Le grincement des marches, le léger bruit que produisait ses doigts chaque fois qu'ils glissaient ou se refermaient sur la rampe pour mieux supporter la blessée. Le contact froid de son casque contre sa nuque, les doigts de l'inconnue serrés sur le tissu rouge de son t-shirt. Et le silence, le silence qui n'en finissait pourtant pas. Eut-il été seul que ça ne l'aurait pas gêné ; pour un peu, il aurait préféré qu'on lui ôte les cordes vocales, à lui aussi. Ça lui aurait évité cette douloureuse sécheresse dans la gorge, ce besoin de s'entendre parler et d'entendre répondre.
A mi-chemin, il craqua.

« Alejandro. » Trop concentré sur le reste pour chercher à diriger son regard, il continua de fixer le vide ; l'escalier, plus vraisemblablement. « Je m'appelle Alejandro. Tu trouveras bien le moyen de me dire ton nom plus tard, hein ? »

Il s'en voulut presque de sa maladresse – mais dire, ça pouvait correspondre à n'importe quoi. Elle n'avait pas besoin de sa voix pour ça. Et lui qui disait régulièrement « je n'ai pas vu » ou « je ne vois pas », s'offusquant pourtant de la moindre moquerie pouvant en découler, ne put réprimer un sourire douceâtre.
Encore une marche, encore une. Et une fois en haut on est sauvés, c'est bien ça ?
Ce que ça pouvait paraître épique et romanesque, vu comme ça. Dit comme ça. Et peut-être un peu des deux, au fond, pourvu que chacun y trouve son compte.



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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Sam 6 Avr 2013 - 22:59

    Une, deux... Une... Deux... Leia avait posé le pied sur la première marche en observant son compagnon avec inquiétude. Elle était parfaitement capable de distinguer l'arrête de la marche qu'éclairait de biais un faible rai lumineux tombé du rez-de-chaussée. Une marche, c'était tellement banal.
    Un oui ou un non, aussi.
    La jeune fille sentit son cœur se serrer à l'idée d'un noir d'encre indissoluble, une coulée de plomb plus qu'un voile transformant un pas enthousiaste en balbutiements craintifs. Cette vision la terrorisait, elle faisait dégouliner un liquide froid comme du mercure dans ses veines, et ses yeux ne pouvaient que faire l'aller-retour entre les marches et le jeune aveugle.
    Elle ne ressentait pas de la pitié. Leia regardait le jeune homme gravir l'escalier qu'elle n'aurait pas osé approcher dans sa situation, tout en soutenant ce qui ne devait représenter guère plus pour lui qu'un obstacle aux contours indistincts dans la nuit, un bref claquement interposé entre lui et le vide, guère plus que le cliquetis d'un briquet. Elle savait ce dégoût de soi qui prend forme sous les yeux apitoyés des "autres". Que ce soient des regards ou des voix qui véhiculent cette pitié, cela ne devait pas faire grande différence. Cependant, même sans prendre la délicatesse en compte, la seule chose qu'elle aurait été à même de ressentir à son égard aurait été cette vague chaleur, de la reconnaissance mêlée à des éclats scintillants d'admiration.
    Une, deux. Est-ce qu'elle en aurait fait autant ? Une, deux. Elle en aurait eu peur du noir. Un peu bancale, mal assurée sur ses jambes et surtout, bien trop égoïste pour ça. L'adolescente en avait un peu honte de son comportement, comme cela arrivait parfois ; un bref accès de culpabilité que le moment présent noyait toujours vite. Ou en l'occurrence, quelques mots pour combler le silence.

      « Je m'appelle Alejandro. Tu trouveras bien le moyen de me dire ton nom plus tard, hein ? »

    L'accent dur au milieu du nom alerta ses oreilles et automatiquement, Leia se demanda si sa gorge aurait su le prononcer. Ça sonnait espagnol. Elle ne le saurait sans doute jamais.
    D'un pianotement souple des doigts sur l'épaule d'Alejandro, la jeune fille signala qu'elle avait compris. Et au passage, qu'elle trouverait bien entendu le moyen de se présenter aussi ; même si les limites de ces signaux tactiles ne permettraient peut-être pas au jeune homme d'en comprendre tous les sens.
    Une, deux, une. En fait il n'était pas si haut que ça, cet escalier. Leia sentit une bouffée d'optimisme lorsqu'elle put tendre les doigts pour agripper le chambranle de la porte et que la hausse de luminosité la força à plisser les yeux. Finalement ils s'en étaient sortis.
    S'écartant d'Alejandro pour prendre appui contre le mur, Leia eut la pensée insensée que maintenant, ils allaient pouvoir se distinguer mieux.
    Puis elle dut réprimer un rire amer. Pourquoi pas lui annoncer son prénom à haute voix, pendant qu'elle y était ? Si la situation lui paraissait moins désespérée et grotesque que dans l'obscurité, l'image de ces yeux noisette dans un visage encadré de mèches auburn ne faisait qu'amplifier l'impression qu'elle avait d'une vitre indestructible dressée entre eux.
    Allez ma fille, un peu de courage, pour une fois. Au fond, il lui fallait seulement le code de ce fichu mécanisme qu'on nomme communication.
    L'adolescente testa précautionneusement sa cheville blessée et grimaça. Ce n'était pas le top, mais avec le mur elle devrait pouvoir s'en sortir. La constatation faite, la jeune fille eut un temps d'hésitation avant d'attraper la main d'Alejandro pour la presser nettement entre les siennes.
    Tu vois, petite ? Ça, c'est "merci".
    De peur de perdre en réfléchissant cette sincérité ponctuelle, Leia enchaîna en traçant avec lenteur et précision les quatre lettres de son nom sur le dos de la main du garçon. Ça au moins, il n'aurait pas besoin de parler norvégien pour le comprendre.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Jeu 11 Avr 2013 - 9:41

Une simple pression de doigts et Alejandro souriait de nouveau ; ça pouvait vouloir dire « oui » ou « d'accord », ça pouvait être tout et n'importe quoi et pourtant, cette imprécision ne l'inquiéta pas. Parce que c'était une réponse positive, parce que c'était suffisant. Du moins pour l'instant. Ça ne valait pas moins qu'on hochement de tête tout aussi vague, jugea-t-il en grimpant prudemment une nouvelle marche. Oui, après tout, les doigts de la jeune fille devaient bien être pour son épaule un indice aussi valable qu'un sourire l'eut été pour un autre. Oui, non, peut-être, je ne sais pas – et peu importe puisque quoi qu'il arrive, il finirait par connaître son prénom. C'était le minimum syndical, non ? Même en laissant de côté le besoin irrépressible que l'être humain avait de coller des étiquettes partout, savoir comment l’appeler lui serait sacrément utile s'il comptait un jour la revoir. Or il comptait la revoir. Ne serait-ce que parce qu'ils étaient tous enfermés au même endroit, ou bien encore pour se prouver quelque chose à lui-même. Peu importaient les raisons et les circonstances, au fond. Le bois claquait sous ses baskets, la sortie se rapprochait peu à peu et leurs handicaps respectifs ne les empêcheraient pas de se comprendre. C'était tout ce qui comptait.
Ces certitudes fugaces, comme les autres, finiraient par laisser la place au doute et aux questionnements. Il fallait en profiter tant qu'il en était encore temps. Alors il continua de gravir les marches une à une, doucement, sans se poser plus de questions que nécessaire. Est-ce qu'ils étaient encore loin de la porte ? Combien y avait-il de marche, étaient-elles sûres ? Les grincements n'étaient pas des indices aussi concluants que l'auraient été une fissure ou un brèche béante ; quand bien même il y avait quelqu'un à ses côtés, le noir complet continuait de l'angoisser. « Tu t'habitueras vite », lui avait-on dit – et puisqu'il réussissait à se guider sans aide, sûrement qu'ils n'avaient pas tout à fait tort. Pas tout à fait.
Quand la blessée se pencha et que la porte grinça, il ferma les yeux un bref instant. Toutes lumières éteintes, il était aussi aveugle qu'un autre.
Il ne la vit pas et, pourtant, il aurait pu jurer que la clarté du corridor l'avait brûlé.
La jeune fille s'éloigna, et lui-même chercha du bout des doigts un mur pouvant lui servir de repère. Le voilà de retour dans le couloir, à l'air libre ; l'atmosphère ne lui sembla pas moins oppressante qu'en bas. Maintenant qu'il n'avait plus à se concentrer sur la montée des marches, l'absence de communication, ce vide de son auquel il n'était plus habitué recommençait à lui peser. Elle parviendrait à lui donner son nom et ils réussiraient à communiquer, oui – mais en attendant, son silence avait de douloureux airs d'absence.
Deux mains se refermèrent sur la sienne ; yeux baissés, il sourit. Des airs d'absence, oui. Distraitement, il se fit la remarque qu'il aurait été incapable de la rattraper si elle avait voulu filer – incapable également d'interpréter le sarcasme ou le second degré sans indice visuel ou sonore. Ce serait à elle de se faire comprendre et à lui d'interpréter.

C'est faisable, se rassura-t-il en lisant de son mieux les lignes droites qu'elle traçait sur sa main. C'est tout à fait faisable.

« Le... i... a . Leia ? » Il répéta de nouveau son prénom, en quête d'assentiment. « C'est joli. »

Court, aussi. Si elle avait dû écrire Gertrude-Clothilde sur sa main, ils auraient eu du fil à retordre question compréhension.
Souriant à sa propre réflexion, ses pensées revinrent finalement vers la cheville de la demoiselle.

« Ça va aller ? Tu devrais faire attention, pas empirer le truc... T'as quand même dû faire une sacré chute. »



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« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
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Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Mer 17 Avr 2013 - 21:35

    Un contact. C'était ténu, certains n'aimaient pas trop ça, mais pour Leia, c'était nécessaire. Et à ce moment-là, encore plus. Elle avait l'impression que si elle lâchait les mains d'Alejo, une vague énorme les séparerait l'un de l'autre, et qu'il faudrait lutter éperdument contre un courant furieux pour se retrouver. Un peu exagéré . Peut-être, mais peut-être pas tant que ça. Si par exemple elle s'était volatilisée par un tour incompréhensible aussi vicieux que celui qui avait fermé à clé la grande porte derrière elle, le jeune homme n'aurait eu aucun moyen de le savoir. L'incertitude ; c'était ça qui les entourait. Alors ne me lâche pas les mains.
    Ses doigts restèrent par ailleurs à portée, effleurant la peau d'Alejandro, juste assez pour marquer sa présence. La voix de l'espagnol, résonnant seule dans le silence, fit prendre conscience à Leia de la pesanteur de ce dernier dans ses propres oreilles. Depuis qu'elle avait été forcée de s'y cantonner, deux méthodes avaient été les siennes pour ne pas devenir folle : mettre des écouteurs ou faire du bruit avec tout ce qui lui passait sous la main ; finir par l'ignorer tout entier. Le silence était devenu transparent ; le toucher était devenu son ouïe. La sensation qu'elle avait en faisant passer des signaux tactiles commençait, au bout de presque un an, à résonner dans sa tête comme les échos d'une véritable conversation.
    Parfois, elle oubliait que cela n'était pas le cas de chacun.
    Ceci étant, le sourire en coin qu'elle voyait s'afficher sur les lèvres qui épelaient son prénom semblait plus ferme que les expressions qu'elle avait aperçues en clair-obscur au fond de la cave. C'était rassurant. Evidemment, qu'ils pouvaient le faire.

      « Ça va aller ? » Reprit Alejandro après avoir noté son prénom. « Tu devrais faire attention, pas empirer le truc... T'as quand même dû faire une sacré chute. »

    Les mains de la jeune fille volèrent par réflexe. Mouvement latéral du doigt, une main à l'envers mimant une chute.
    Et heureusement qu'Alejandro ne pouvait pas voir ces gestes.
    Lorsque après une seconde, ses cellules enregistrèrent le message, elle baissa les mains, puis rattrapa le poignet du garçon et y dessina un signe affirmatif. Ne pas pouvoir faire mieux était, certes, frustrant. Leia réfléchit un moment, le regard fixe. Puis elle posa deux doigts sur la peau du jeune homme et les rapprocha l'un de l'autre d'un glissement. Un peu. Et traça deux mots courts. Ça va. Ça va aller. Ce faisant, la jeune fille testait obstinément la fiabilité de sa cheville blessée. A l'appui, la douleur irradiait, diffuse, dans l'articulation ; tout ce qu'elle espérait était que cela se remette tout seul. Etant donné qu'elle n'avait pas mal à hurler de douleur chaque fois que son pied effleurait le sol, cela ne devait pas être bien grave ; s'étant déjà cassé un membre, elle savait que la douleur était bien supérieure à celle d'un simple hématome. Par chance, elle ne devait pas l'avoir trop amochée. Juste tordue. Demain, cela irait mieux.
    Demain... Du moins l'espérait-elle. Et demain ? Elle serait encore là. Quelques questions qui n'avaient pas encore eu l'occasion de s'exprimer se faufilèrent jusqu'à sa tête, et un frisson involontaire parcourut sa nuque.
    Alors finalement, tu ne t'en moques pas tant que ça, hein ?
    Le problème étant qu'elle n'avait absolument aucun moyen d'exprimer doutes et interrogations de manière claire, tant leur formulation comportait de facteurs inconnus et alambiqués. Leia sentit l'amertume envahir sa bouche. Pourquoi il n'y avait jamais rien pour lui donner un coup de pouce dans les situation les plus compliquées ? Chez elle, pour lui apprendre, pour la réadapter, pas de problèmes. Les prises en charge étaient tellement systématique à son époque que même une famille en difficulté comme la sienne y avait droit.
    Mais converser avec un aveugle, pourquoi lui apprendre ? Où est-ce que ça allait lui servir, un truc pareil ?
    Sans s'en rendre compte, elle pianota des doigts sur la main du jeune homme avec un agacement perceptible. Et maintenant, ce silence, il te dit quoi ?

      « Elle veut bien savoir si il y a beaucoup de monde enfermé ici et pourquoi. Et puis, elle est muette, elle n'a pas dû te le dire. Et c'est très gentil de ta part d'être allé la chercher. »

    La voix flûtée qui s'éleva de sur son épaule fit faire un bond sur place à la jeune fille, qui donna par réflexe une claque à la bestiole qui s'y trouvait. Agile, la souris blanche se glissa sur son autre épaule avant que le coup ne l'atteigne ; Leia sentit des sueurs froides la reprendre et son pouce mordu la brûler. Mais qu'est-ce qui se passait ici, franchement ? Soufflant une plainte dont les accents ne sortirent pas, elle ne put qu'observer le rongeur sauter sur l'épaule du garçon pour se frotter contre son cou. C'était à en devenir fou. Elle ne comprenait plus rien.
    Mais rien. Du tout.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Lun 22 Avr 2013 - 21:30

Il y avait dans ces mouvements d'air qui glissaient sur sa peau un relent de frustration évident. Il savait qu'elle bougeait les mains mais était incapable de les voir : et ça, ça lui faisait peur. Il aurait pu mentir, l'ignorer ou juste faire semblant – mais non, non. Ça lui faisait vraiment peur. C'était compréhensible, admissible, pas honteux ni même ridicule ; pourtant, ces tremblements justifiés le rendaient malade. Est-ce que tu es là, plus là, tu te tais ou tu n'arrives pas à trouver tes mots ? Ce n'étaient pas des questions qu'il pouvait poser, pas de celles auxquelles on avait envie de répondre. Juste des inquiétudes qui se pressaient au bord de ses lèvres à chaque silence, des craintes maladives qui revenaient se lover dans les ténèbres environnantes au moindre sursaut. Il aurait aimé se les entendre dire, pourtant. Il voulait qu'elle parle, il voulait voir. L'un ou l'autre ou même les deux : ce n'était pas trop en demander, si ?
Parle parle parle parle.
D'un geste auquel il s'était déjà habitué, la jeune fille se saisit de sa main et y traça un signe. La mine concernée, il ne sut si elle voulait dire que oui, ça allait, ou que oui, elle avait fait une sacré chute ; se rassura en se disant que ça n'avait pas l'air d'aller trop mal. Après tout, si elle pouvait se tenir debout, sa cheville ne devait pas être cassée. C'était un soucis de moins.
Parle, parle, parle.
Un glissement de doigts, quelques mots qui effleurent sa main : c'est parler, ça aussi. « Ça va ». Il manquait juste les sons, la voix – mais ça ne l'empêchait pas de comprendre. C'était comme marcher sur un sol en verre. Ça va ; il acquiesça, réconforté. Le vide sous ses pas était effrayant, quand bien même il ne le voyait pas, mais c'était un sol qui n'avait aucune raison de se briser. Ça craquelait, et il s'en rendait sûrement mieux compte sous ce silence pesant, mais ça ne céderait pas. On trouve toujours moyen de construire des ponts.
Alors il aurait aimé lui demander comment elle avait atterri en bas, depuis combien de temps elle était là – de quelle origine elle était, de quelle couleur étaient ses yeux, ses cheveux, comme il le faisait toujours ; mais elle n'aurait pas pu répondre, pas tout à fait, et il se résigna sans mal à admettre que ce n'était ni le lieu ni l'endroit. Plus tard, pas tout de suite. Leia pianotait sur sa main, nerveuse ou agacée, frustrée, bloquée peut-être, et il n'osa pas prendre la parole par peur de gêner sa réflexion.

« Elle veut bien savoir si il y a beaucoup de monde enfermé ici et pourquoi. Et puis, elle est muette, elle n'a pas dû te le dire. Et c'est très gentil de ta part d'être allé la chercher. »

La petite voix le fit sursauter au moins autant que la blessée, si ce n'est plus. Il perçut du mouvement sans réussir à l'interpréter, lâcha un « uh ? » timide et perdu ; ne pensa pas même, dans l'incompréhension, à répondre de façon polie et civile.
La sensation de petites pattes se réceptionnant sur son épaule le surprit de nouveau. Pourtant, et ce avant même que la drôle de petite bête ne décide de se frotter à son cou, son visage se détendit sur une expression rassurée. Des animaux doués de la parole, ici, il n'y en avait pas cent. Ou du moins pas plus qu'il n'y avait de pensionnaire – et en général, ils n'étaient ni agressifs ni dangereux.

Après un soupir, il leva sa main droite vers son épaule pour tenter de la caresser.

« Ah, eh, de rien. On... » Il prit un temps pour réfléchir, yeux clos. « On est beaucoup, je dirais... Qu'il y a une vingtaine de chambres de chaque côté, donc vu qu'on est par quatre, tu vois, ça fait pas mal. »

Il évita de s'infliger le calcul. Ça devait faire dans les cent-cinquante pensionnaires au moins, sachant que quelques-uns semblaient... Disparaître du jour au lendemain. Du moins certains avaient-ils déjà changé de colocataires, d'après ce qu'il avait pu en comprendre.
Pas bien difficile d'imaginer où les absents avaient fini.

« Mais pourquoi, ça, j'en sais rien. » Il haussa les épaules. « Je sais même pas s'il y a une vraie raison. On est enfermés, en tout cas. »

Bouche close sur une moue préoccupée, le garçon laissa la mélancolie à sa porte. Il sortirait, il finirait bien par sortir. Ce n'était qu'une question de temps ; Leia, lui, tout les pensionnaires seraient libérés un jour ou l'autre.
Le contraire était inenvisageable.

« Et, si, elle me l'a dit. Qu'elle est muette. »

Yeux dans le vague, ses lèvres s'étirèrent sur un sourire satisfait.
Bien sûr, qu'elle le lui avait dit.



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Ven 26 Avr 2013 - 18:55

    Ce qui laissa Leia bouche bée sur le coup, plus que le fait de voir une souris parlante débarquer de nulle part, ce fut surtout que le garçon ne paraissait absolument pas surpris ou perturbé par sa présence. Comme s'il était parfaitement naturel de se faire grimper dessus par un rongeur inconnu et de discuter avec lui. Elle, quand elle voyait une souris parler - ou l'entendait, hein, dans le cas présent - elle avait plutôt tendance à s'enfuir en courant. Ou à aller chercher un cachet d'aspirine. Parce que ce n'était définitivement pas normal.
    Mais Alejo, non, ça ne lui posait pas de problème. Passé le premier choc, il essaya même de caresser la petite bête importune qui se lovait dans son cou, tandis que Leia la fixait d'un regard peu amène.
    En plus de l'avoir mordue, elle lui rappelait décidément quelque chose
    Mais mine de rien - et c'était peut-être le plus agaçant, ses questions avaient le mérite, en plus d'être pertinentes, d'exprimer exactement ce que l'adolescente voulait savoir. Avoir une réponse, c'était bien. N'empêche que c'était irritant.
    Surtout la fin de la phrase, d'ailleurs.

      « Ah, eh, de rien. » Répondit le jeune homme tandis que Leia ouvrait grand ses oreilles. « On... On est beaucoup, je dirais... Qu'il y a une vingtaine de chambres de chaque côté, donc vu qu'on est par quatre, tu vois, ça fait pas mal. »

    L'adolescente cligna des yeux, abasourdie. Tant que ça ? Elle ne prit pas la peine de faire le calcul, mais cela lui semblait tout de même une jolie somme. Un sifflement éberlué franchit ses lèvres - ce n'était pas très poli, mais elle avait appris à saisir toutes les occasions qui lui permettaient de faire un bruit quelconque. En tout cas, cette vieille bâtisse était un piège très efficace. Il y en avait tant que ça, des idiots dans son genre qui allaient se réfugier dans les vieux manoirs potentiellement hantés au lieu de passer leur chemin ?

      « Mais pourquoi, ça, j'en sais rien. Je sais même pas s'il y a une vraie raison. On est enfermés, en tout cas. »

    Cette réponse qui n'en était pas une, expédiée d'un haussement d'épaules, laissa un goût amer dans la bouche de Leia. A quoi ça rimait, si ils ne pouvaient pas sortir, sans savoir pourquoi ? Si encore on lui avait dit qu'un psychopathe cherchait à les punir pour quelque chose ou simplement satisfaire les ambitions de son esprit malade, elle aurait encore pu comprendre, mais là... C'en était presque ridicule. Un coup du destin trop gros pour être vrai.

      « Et, si, elle me l'a dit. Qu'elle est muette. »

    Les mains de la jeune fille se serrèrent à nouveau sur les siennes, comme un réflexe. Elle sentit une certaine chaleur l'envahir et sa gorge se noua - à peine, mais tout de même. C'était gentil. Qu'il le pense ou non.
    Bon, maintenant, trouver la formulation suiv...

      « Vous allez avoir beaucoup de mal à communiquer correctement, à mon avis. » Commenta soudain la souris, l'air de trouver son intervention très appropriée.

    Leia la foudroya du regard. L'animal se réfugia dans la nuque d'Alejandro avant de poursuivre.

      « Désolée. Mais la dernière fois elle m'a balancé un livre. En plus elle sait pas ce qu'est un AEA. Vous allez faire quoi après ? »

    Décidément, cette bestiole était insupportable, en plus de réussir à lire dans ses pensées ou elle ne savait quoi. Leia se mordilla les lèvres, nerveuse. Il allait vraiment falloir qu'elle trouve un code de communication approprié. Elle allait se creuser les méninges pour y parvenir.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Mer 8 Mai 2013 - 6:33

Une pression sur ses mains, comme un « je t'ai entendu » ou peut-être un « merci » ; quelque chose, en tout cas. Il n'en demandait pas plus. C'était suffisant de savoir qu'elle lui avait répondu, pour l'instant – et puisque ses élans d'optimisme ne duraient jamais longtemps, il avait tout intérêt à en profiter un maximum. Cette... souris, ce rat, bref, cette boule de poile juchée sur son épaule semblait bien appartenir à Leia : partant de là, il y avait de fortes chances pour que sa présence les aide à échanger. A supposer qu'elle se soit imaginé un animal suffisamment honnête et utile, contrairement au sien. Gil n'aurait pas été d'une grande aide dans une situation pareille.
Avec un intermédiaire pour poser les questions sur laquelle la jeune fille ne pouvait mettre des mots, pour prononcer à voix haute des gestes qu'il ne pouvait voir, ça ne pouvait que marcher. Ça ne pouvait que marcher. Obnubilé par l'idée de réussir à tenir une discussion normale, il en oublia presque où et pourquoi ils étaient là : tout ce qui importait était que même si leurs handicaps respectifs rendaient la situation totalement improbable, ils avaient réussi à se débrouiller malgré tout. Elle n'était pas sourde, il n'était pas stupide. C'était un pari à tenter.

« Vous allez avoir beaucoup de mal à communiquer correctement, à mon avis. »

Si le jeune homme ne capta pas le regard de Leia, il sentit du moins le mouvement de l'animal contre son cou ; et après un rire étouffé – ses petites pattes le chatouillaient, quoi qu'il craignait pour son casque – sa bouche se clôt sur une ligne droite. Ils allaient peut-être avoir beaucoup de mal à communiquer correctement, oui. C'était même une certitude. Mais ce n'était pas une raison pour s'adresser des au-revoir quelconques puis tenter par tout les moyens de s'éviter pour ne pas avoir à faire face au problème, si ? C'était tentant, d'accord. Et peut-être y penserait-il plus tard, quand il serait fatigué d'essayer, de se casser la tête, de s'adapter, de composer. Mais il se connaissait suffisamment pour savoir que tant qu'il y aurait quelqu'un pour lui tapoter gentiment l'épaule, il finirait par s'y remettre.
De toute façon, songea-t-il confusément, l'avis d'une souris n'avait pas énormément d'importance.

« Désolée. Mais la dernière fois elle m'a balancé un livre. » Il écarquilla les yeux à cette remarque. « En plus elle sait pas ce qu'est un AEA. Vous allez faire quoi après ? »

Elle ne sait pas ce qu'est un... ? Confus, il battit des paupières ; arrêta de penser, comme si attendre là les bras ballants allait l'aider à faire avancer la conversation. Comme il fallait s'en douter, aucune réflexion de génie ne lui vint pendant ce moment de pause. Aucune illumination – fut-ce au sens littéral ou figuré. Elle ne savait pas ce qu'était un AEA, il ne savait pas ce qu'ils allaient faire 'après' – et après quoi ? Surtout, il n'avait pas la plus petite idée de comment il était possible de ne pas être au courant pour ces bestioles parlantes.
Il lui semblait bien avoir toujours vécu avec Gil dans les pattes. Cette impression laissa un goût amer sur sa langue ; un autre, plus acide, se lova quelque part derrière ses yeux noisettes.

« Elle sait pas... » Il haussa les sourcils sans comprendre. « Euh, les amis imaginaires, quoi. Tu vois. On m'a dit qu'il y avait un panneau, à l'entrée, tu l'as pas lu ? »

Dans son cas, c'était une drôle de fille qui lui en avait fait la lecture. Au début, il avait cru qu'elle s'amusait à lire le passage d'un roman quelconque pour lui faire peur : après consultation auprès d'autres pensionnaires, il s'était avéré que ce panneau existait bel et bien. Une fois l'incrédulité et le déni passés, c'était un bon point de départ pour comprendre le fonctionnement des lieux. Ça évitait de s'étonner quand un porcelet venait se frotter à vos pieds ou que votre corps décidait de se la jouer pantin, par exemple. Ce qui n'était pas négligeable.
Tout en prenant bien garde à ne pas lui faire mal – puisque pour l'heure cette petite chose était ce qui se rapprochait le plus d'une voix pour Leia – Alejandro passa sa main dans son cou et l'attrapa entre ses doigts. Sans plus de brusquerie, il tourna sa main paume vers le plafond, devant lui, et la leva à hauteur de clavicules.

« Elle a l'air fiable, ta... Souris ? Lâcha-t-il, hésitant, après une brève seconde de doute. Mais, hm, tu as déjà trouvé ta chambre ? Sinon, ça pourrait être un bon début. Que tu tires pas trop sur ta cheville. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Ven 7 Juin 2013 - 19:18

    Leia porta son doigt blessé à sa bouche avec une certaine exaspération et examina la morsure d'un air soupçonneux.  Les animaux avec la sale manie d'apporter un tas de virus avec eux ; c'était entre autre pour cela que sa famille n'en possédait pas. À part le rat que le benjamin cachait sous son lit, mais ça c'était une autre histoire. La jeune fille espéra que le rongeur parlant n'allait pas lui filer la peste. 
    Alejandro, lui, ne paraissait absolument pas dérangé par cette présence importune : Leia se demandait bien pourquoi. Est-ce qu'elle était la seule à s'inquiéter d'entendre un animal parler, là ? Peut-être que le jeune homme était moins saint d'esprit qu'elle l'avait d'abord imaginé. 
    Il lui fallut sa réponse - malgré son antipathie à l'égard du rongeur, la rousse dut admettre qu'il posait des questions utiles - pour repenser le concept. 
    Un ami. Imaginaire. Leia fixa sur la souris un regard à la visser au mur, et la lumière se fit. Elle grimaça devant la difficulté d'admettre un truc pareil : l'allusion au livre avait soudain quelque chose de prophétique, en un sens. Qu'un produit de son imagination se transforme en être vivant était juste trop...
    Bizarre. 
    Ce qui signifiait que tout ce qu'elle avait pu lire sur le panneau était véridique ? Elle l'avait parcouru assez distraitement, mais se rendait maintenant compte que sur l'instant, elle n'en avait pas cru un mot hors les lettres "enfermé". C'était trop invraisemblable. 
    Et pourtant, l'idée d'un animal remboité était à exclure. La bestiole que l'espagnol tenait dans la main ressemblait juste trop à Hedvig telle que Leia l'avait imaginée, enfant. 
    C'était fou, complètement fou. Et lui qui prenait ça comme ça. Leia se demanda s'il n'avait pas subi une sorte de lavage de cerveau. 

      « Elle a l'air fiable, ta... Souris ? Mais, hm, tu as déjà trouvé ta chambre ? Sinon, ça pourrait être un bon début. Que tu tires pas trop sur ta cheville. »

    La norvégienne jeta un regard amer à la souris. Oh, pas d'inquiétude, il ne trouverait pas plus sincère sur Terre. Ou quel que soit le lieu où ils se trouvaient. De deux doigts hésitants - le but n'étant pas de les perdre avant la fin de la journée, l'adolescente saisit le rongeur pour en débarrasser son camarade. Hedvig resta un moment en position précaire entre pouce et index, puisque Leia n'était pas une professionnelle des rongeurs (Johan ne lui aurait jamais fait porter son sac à puces) et ne savait par conséquent pas trop quoi en faire. Avec un soupir entre ses dents, elle finit par la poser sur son épaule. Les mains libres, la jeune fille se désintéressa de l'animal et posa un doigt sur le poignet d'Alejo pour y dessiner un signe d'approbation. Puis, elle se ravisa en songeant que la signification n'était pas très claire, et dessina en supplément une flèche pointant vers le côté du couloir opposé à la cave.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Jeu 27 Juin 2013 - 1:54

Incapable d'observer la réaction de la jeune fille, Alejandro décida de conserver une expression neutre. Si elle venait d'arriver – et ça semblait bien être le cas – toutes ces informations étranges et à peine crédibles lui feraient sans doute l'effet d'une mauvaise blague dont les fils, trop gros, ne demandaient qu'à être sectionnés aux ciseaux : mieux valait n'en dire ni trop, ni pas assez. Ne pas s'attarder sur les détails. Espérer, gentil comme il l'était, que quelqu'un d'autre saurait lui faire le topo de la situation sans s'emmêler les pinceaux ou l'embrouiller plus qu'elle ne devait déjà l'être. Peu importe son obstination, la réalité finissait toujours par reprendre ses droits, teintée de gris et d'ombre denses ; puisqu'ils peinaient à communiquer, inutile de compliquer les choses. Ils étaient suffisamment nombreux dans ce manoir, après tout, et puis une de ses colocataires pourrait sûrement la renseigner. Ce serait plus simple pour elle que d'avoir à chercher comment exprimer et transmettre chacune de ses pensées. Il ne voulait pas l'ennuyer.
Parfois, un peu de bon sens ne faisait de mal à personne. Une touche de réalisme. Assurer haut et fort qu'il pouvait se débrouiller tout seul ne marchait pas à tout les coups – pas à chaque fois, pasf tout à fait. Se retrouver en présence d'une fille incapable de faire entendre les sons nécessaires à sa propre perception du monde ne faisait qu'appuyer cette certitude. Ils avaient besoin d'aide.
C'était juste un peu contradictoire, de refuser les mains tendues que souvent il désirait. La fierté ne l'avait jamais desservie ; le noir le rendait maussade. Il s'efforçait simplement de ne pas y penser.

Le poids moindre du rongeur fut retiré de sa main dans la brève caresse de son pelage : puisqu'aucun couinement plaintif ne retentit, Alejandro cessa de s'en préoccuper. Entre maître et animal, mieux valait ne pas s'interposer. Le sien était suffisamment discret pour qu'il n'ait pas à lui reprocher quoi que ce soit – si ce n'étaient ses mensonges et sa fichue manie de disparaître au milieu de tout, encore qu'il ne pouvait pas vraiment le lui reprocher. C'était de son esprit qu'était né ce porcelet, après tout. Dans un sens, Gil était presque son enfant. Ingrat ou pas, c'était de sa faute s'il n'était qu'esquisses et reflets trompeurs ; à lui de l'assumer. Cette souris n'avait pas l'air méchante et, l'eut-elle été, Leia n'aurait qu'à l'ignorer. C'était ainsi qu'il voyait les choses, en tout cas. S'imposer une compagnie déplaisante ? Très peu pour lui.
D'un simple geste, la jeune fille dessina son approbation sur sa peau. Là encore, il n'était pas très sûr ; ça pouvait vouloir dire qu'elle avait vu sa chambre, oui, ou que oui, elle voulait bien s'y rendre. Ces petites zones floues le mettaient mal à l'aise. Il avait peur, en demandant, de se trouver idiot ou de la gêner. Il n'était pas certain de pouvoir un jour s'y habituer.
D'un simple trait, elle réussit à dessiner un sourire soulagé sur ses lèvres. Bon. Elle voulait bien partir dans ce sens, apparemment – et au pire, si elle voulait s'y rendre seule, il n'aurait qu'à dire qu'il allait dans le même sens. Parer à toutes éventualités l'aidait à évacuer un peu de stress. C'était déjà ça de pris.
Après quelques courtes secondes de réflexion, il parvint sans trop de mal à les situer dans le manoir. Son sens de l'orientation lui faisait rarement défaut, aussi ne s'en faisait-il pas trop : en se rappelant combien de pas environ il avait mis pour arriver à tel endroit et dans quelle direction il avait tourné, compléter sa carte mentale était une simple formalité. Question d'habitude. C'était un peu sa façon à lui de suivre les panneau ; rien de spécial. C'était ça ou se perdre toutes les deux minute, quoi qu'il en soit.

« Bon, je pense que peux t'amener là-bas sans nous perdre, lâcha-t-il d'une voix plus assurée. Et puis on aura plus de chances de croiser du monde en allant vers le Hall, normalement. »

Or qui disait pensionnaires disait possibilité de demander le chemin en cas de problème. Ces couloirs jouaient parfois de mauvais tours à ceux qui les traversaient, apparemment – et quoi qu'il ne l'ait jamais expérimenté lui-même, il s'en méfiait. Ce n'était pas le moment de traîner Leia de droite à gauche pour rien, avec sa cheville blessée.
D'un pas rendu aisé par l'habitude, il pivota dans la direction qu'elle avait indiqué ; bras gauche tendu, il ne lui fallut qu'une ou deux enjambées prudentes avant de ne sentir le mur frôler ses doigts. Il faisait ça tout les jours, littéralement, et n'avait pas envie qu'on l'aide – vraiment pas. N'étant pas sûr qu'elle puisse bouger par elle-même sans se mordre les lèvres de douleur, n'osant pas s'imposer pour autant, il lui tendit sa main droite. Comme tu veux ?



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   Sam 29 Juin 2013 - 0:57

    A voir l'espagnol, comme ça, tout avait l'air très simple. Leia se demanda si elle arriverait à se repérer aussi bien lorsque - non, si - elle finissait elle aussi par perdre la vue. Elle aurait bien voulu lui demander si c'était difficile, au quotidien. Si ça avait été vraiment dur, au début. Et aussi, comment ça lui était arrivé. Un million de questions se pressaient derrière ses dents, mais impossible de les exprimer.
    Et puis, après quelques longues secondes, elle finit par décider que ça n'était pas la peine de le lui demander. Cela ne lui apporterait rien qu'elle ne sache déjà, en plus d'être susceptible de le blesser. Elle-même n'aurait pas trop apprécié qu'on lui remémore cette visite chez le médecin, il y a de cela plusieurs années.
    En plus, elle n'arriverait jamais à rendre une question pareille compréhensible du premier coup.
    Qu'il comprenne ses signes, c'était déjà bien. Approximatif, mais déjà bien.
    Tout ira bien. Tout ira bien.

      « Bon, je pense que peux t'amener là-bas sans nous perdre. Et puis on aura plus de chances de croiser du monde en allant vers le Hall, normalement. »

    Leia suivit le jeune homme des yeux, encore émerveillée par la façon dont il se repérait. Elle se rappela l'entrelacs de couloirs interminables dans lesquels elle s'était égarée. Elle s'avança de quelques pas, testant prudemment sa cheville, une main posée sur le mur : concluant que marcher dessus n'allait pas empirer la blessure - selon une appréciation dont le manque de solidité était compensée par la détermination de la jeune fille - elle se dirigea vers Alejandro et attrapa lestement sa main dans la sienne, confirmant qu'elle s'en remettait à lui pour trouver le chemin. Une douleur sourde pulsait dans sa cheville tous les deux pas, mais elle ne le montra pas - ou en tout cas, pas par autre chose que des grimaces imperceptibles au jeune aveugle. Sur son épaule, Hedvig se faisait discrète. A la faveur d'un silence plutôt long, Leia laissa dériver ses pensées qui s'éparpillèrent un peu partout pour le besoin de la narration.
    Ce matin-là avait été un matin comme les autres. Exactement comme tous les autres. Elle avait l'impression que l'humidité glacée de la brique de lait s'attachait encore à sa main, tout comme les cris de Johan et Dag à ses oreilles. Comme tous les jours, elle avait été jusqu'au lycée en bus, comme tous les jours elle s'était royalement ennuyée en cours, comme tous les jours elle avait fait le chemin inverse. Comme tous les jours depuis récemment, elle s'était assise à côté de Sven en silence en le regardant aligner des équations;
    Et puis ce soir-là, elle avait descendu les escaliers et avait couru hors de chez elle. Et pourquoi ?
    Parce que maintenant c'était fini. Trop tard, envolé, perdu, psshuit ! Il ne lui resterait plus rien à partir de cet instant. Peut-être qu'elle ne reverrait jamais sa famille. Leia serra imperceptiblement ses doigts sur ceux d'Alejo, alors que sa gorge se nouait au rythme de défilement de visages dans sa tête, de scènes coupées qui avaient l'air sorties d'une séquence émotion s'un film de série B, qui ne sont bonnes qu'à jeter mais qu'un sentimental conserver quand même. Comme si elle venait de se rendre compte de toute ce qui lui tombait des mains.
    Emboîter ainsi le pas à ce quasi-inconnu dans un dédale inquiétant n'avait qu'une signification ; c'était qu'il était bel et bien trop tard.
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MessageSujet: Re: A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]   

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A tâtons dans une muette obscurité [Alejo]

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