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 Cherchant un moyen de partir (Heather)

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MessageSujet: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Dim 15 Juil 2012 - 1:39

Gabriel sortait du hall, furieux.

Il n'avait que quelques minutes pour se rendre à la mairie, faute de quoi, il allait rater son propre mariage. Il ne savait même pas pourquoi il s'était attardé dans cet étrange endroit, il s'y était senti comme aspiré. Tout ce qu'il avait récolté c'était du temps perdu et une blague stupide très certainement faite par les gamins du quartier. De la magie et puis quoi encore. Il n'était pas homme à croire au surnaturel.

Quelle ne fut pas sa surprise quand, en sortant, il ne se retrouva pas dans le petit jardin qu'il avait traversé quelques minutes plus tôt, mais dans ce qui ressemblait à un immense parc. L'homme stoppa, hagard. Là, ça devenait vraiment très bizarre. Trop bizarre. Il ferma les yeux un instant, se les frotta, mais quand il les rouvrit, le même tableau se dessinait toujours face à lui. La plaisanterie, si ça en était bien une, allait trop loin.
Avant de chercher un moyen de se sortir de là, il décida de sortir son téléphone pour appeler son père et le prévenir de son retard. Son père ? Non... Mauvaise idée. Il ne voulait pas que ce dernier lui en veuille. Non non non. Il chercha le numéro du maire chargé d'orchestrer la cérémonie. Mais quand il voulu le contacter, il n'obtint rien, pas même une tonalité d'erreur. Ca commençait vraiment à être inquiétant. Il tapota l'écran. L'appareil en lui même fonctionnait très bien, c'était vraisemblablement un soucis de réseau.

Ce n'était vraiment pas le moment... Il était là, prêt à se marier, dans un magnifique costume hors de prix. La famille, les amis, sa fiancée, ils l'attendaient tous ! Et lui il était là, planté sur le perron d'un bâtiment qu'il ne connaissait pas, dans un jardin qu'il ne connaissait pas, le tout appartenant certainement à des gens qu'il ne connaissait pas ! Car oui, il était bien forcé de l'admettre. Les chances que cet endroit soit abandonné étaient quasiment nulles. Le parc était entretenu soigneusement, les plantes respiraient la santé, les sentier étaient habilement tracés, tout ces petits détails prouvaient que quelqu'un prenait soin de ces lieux. Et puis... Il ne comprenait toujours pas comment ce parc avait pu atterrir ici. Peut être s'était il trompé de porte ? Il était entré par une, sorti par l'autre. Il pénétra à nouveau dans le hall mais il n'y avait bel et bien qu'une sortie. Mystère...

De retour dehors, il chercha désespérément une explication, mais rien ne lui vint. Il ne voyait plus qu'une seule chose à faire : trouver une sortie. Le mariage n'était plus le seul problème, il commençait sérieusement à avoir peur de ce qui se passait. D'un pas pressé, il emprunta le premier chemin qui se présentait à lui. Partout où il regardait, il n'apercevait aucune échappatoire. Pas un grillage, pas une haie, rien qui semblait symboliser les limites de cet endroit. Il devait pourtant y avoir une porte quelque part pour sortir d'ici ! Sa voiture n'était pas loin, il s'était pratiquement garé devant l'entrée !

C'était de la folie furieuse. Il tournait en rond depuis dix minutes déjà, et toujours rien. Son pas se faisait de plus en plus sec. Son visage se déformait peu à peu à cause de l'angoisse et de la colère. Il voulait sortir, maintenant ! S'il ratait son mariage ? Tant pis ! S'il ruinait sa réputation ? Tant pis ! Il voulait seulement partir d'ici, il avait peur.
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MessageSujet: Re: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Mar 17 Juil 2012 - 2:43

[Désolée, je voulais te répondre plus tôt mais François Mauriac s'est accaparé tout mon temps, j'ai du mal à refermer ses livres. Voilà voilà, un rp tout chaud sorti du four.°__°]


Heather s’appuya à un arbre et tenta de reprendre son souffle. Un coup d’œil rapide à sa montre lui suffit à comprendre qu’il lui faudrait bientôt repartir. La pause, se dit-elle, serait de courte durée. Depuis près d’une demi-heure, le bruit de ses foulées rapides battait la mesure dans le parc ; son cœur battait la chamade, ses jambes fuselées commençaient à la lancer sérieusement, et quoique sa poitrine se soulevât le plus régulièrement possible, la jeune fille peinait à répondre aux appels désespérés de ses muscles en manque d’oxygène. Un sourire étira ses lèvres : c’était parfait. Ces sensations avaient au moins le mérite de lui confirmer que ces fichus gâteaux pour lesquels elle avait craqué la veille ne resteraient pas dix ans sur ses hanches. Une certitude pareille, ça n’avait pas de prix. En tout cas aux yeux bleus glace de la jolie pimbêche. Les cheveux tirés en arrières en une queue de cheval, son visage fin était largement dégagé : le front haut, les lèvres rendues pulpeuses par un léger rose, un trait de crayon noir discret, un fard couleur chair en chassaient l’atroce banalité. Seule l’absence de rougeurs sur son teint trop parfait, à l’exception des pommettes, trahissait l’overdose de maquillage « naturel ». Même pour courir, Maystood avait ses tenues d’apparat.

Une brassière de sport gris clair laissait voir un piercing brillant sur son nombril et un ventre plat, bronzé. Un short noir, des baskets, Nike. Il n’y avait que les idiots pour avoir l’air dépenaillés : une véritable beauté comme elle ! Non, non et non, il lui était vital d’avoir l’air frais et élégant en toutes circonstances. Il n’aurait plus manqué que ça ! Elle n’avait certes croisé personne, ou personne de notable ce jour-là, ce qui revenait strictement au même. Peut-être un ou deux gamins aux faces de chou éclaté, et encore. Tous occupés ? Tous occupés, se répondit-elle intérieurement, ça me va tout aussi bien. Son souffle redevenu régulier, elle repartit d’un bon train, son corps reprenant naturellement le rythme soutenu mais régulier auquel la donzelle s’astreignait à chaque course –sauf que cette fois-ci, ça ne dura pas. Elle n’eut pas parcouru deux cent mètres sur le sentier qu’elle ralentit l’allure, avisant une silhouette noire qui se découpait sur la verdure environnante. Elle s’approcha tranquillement, marchant d’un bon pas. Assez proche à présent pour distinguer, vaguement, l’objet de son attention, Heather en déduit qu’il s’agissait d’un homme. Sa haute stature n’aurait pas laissé présumer autre chose et, à ce titre et rien qu’à ce titre déjà, il méritait un brin plus de, comment dire, respect que les enfants braillards de douze ans qu’elle rencontrait parfois.

A mesure qu’elle s’approchait, le portrait de l’inconnu s’affinait ; de toute évidence il ne l’avait pas remarquée. Heather ne s’en offusqua pas : il devait bien y avoir une malheureuse personne qui eût des yeux dans le dos, au sein de cette maudite bâtisse, mais ça ne risquait pas d’être le cas de tout le monde. Des cheveux roux, un costume très classe –classe dans le sens sobre du terme, mais elle faisait confiance à son flair pour ces choses-là : Maystood avait du nez pour sentir la marque, l’argent claqué dans un sac, un veston, une paire de chaussures.

Ce qui attira le regard exigeant d’Heather ne fut pourtant rien de tout cela, mais plutôt de ce que le jeune homme avait l’air perdu. Elle ne se targuait pas de connaitre tous les pensionnaires, bien qu’elle ne doutât pas une seconde de la réciproque. Il devait bien y en avoir pour se paumer ici, c’était, après tout et même selon ses critères d’Américaine gâtée et capricieuse, assez grand. Ça, ou il venait d’apprendre les joies de son séjour aussi prolongé qu’involontaire dans la quatrième dimension.

Désireuse d’aider –un peu– et d’assouvir une curiosité naissante –beaucoup plus– la jeune femme s’avança suffisamment pour s’adresser à Monsieur l’Inconnu, s’assura que son souffle n’était plus court et éleva la voix :

« Euh, bonjour, lâcha-t-elle, intriguée. Perdu quelque chose, peut-être ? »

A voir la manière dont il scrutait les environs plus tôt, ça ne l’aurait pas étonnée outre mesure. Un bouton de manchette ? Ces trucs-là coûtaient parfois une fortune. La notion de luxe et d’argent, inutile dans l’enceinte de ces murs, restait brillante de clarté dans l’esprit de la blonde.
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MessageSujet: Re: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Mar 17 Juil 2012 - 6:20

[ Ce n'est pas un problème ne t'en fais pas. En revanche, c'était si bien écrit (sans déconner, j'ai adoré ta façon d'écrire) que je n'ai pas pu m'empêcher de te répondre de suite. Pour ça et aussi parce que ces derniers jours je n'ai pas grand chose à faire d'autre lol. Petite précision : le début de cette réponse ne sert strictement à rien (si ce n'est la griffure au visage) je m'en suis rendu compte après avoir fini. J'me suis dis tant pis, ça ne fait de mal à personne :) ]

La peur poussait Gabriel à de bien étranges chose. Il en était à lever le nez vers le ciel, comme s'il allait y trouver une échappatoire. Il s'était ensuite jeté dans la première haie qu'il avait trouvé dans l'espoir de voir la route de l'autre côté. Evidemment, il n'avait rien trouvé. L'homme eu du mal à s'extirper des épais buissons. Il en ressortit un peu débraillé et le visage marqué par une griffure sur la joue. Une unique perle de sang coula jusqu'à ses lèvres, ce qui le fit sursauter. D'un geste vif, il fit disparaître la trainée rouge du revers de sa main.
C'était la goutte d'eau -ou dans le cas présent, de sang- qui faisait déborder le vase. Fou de colère, il arracha sa cravate pour la jeter sur le sol avant de la piétiner d'un furieux coup de talon. Putain ! Il ne demandait pas grand chose, sortir d'ici, juste sortir d'ici ! Il prit sa tête entre ses mains, ferma ses poings dans ses cheveux et serra les dents pour ne pas exploser de rage. Ses ongles s'enfonçaient dans son cuir chevelu tant et si bien qu'il du se résoudre à calmer le jeu.

Gabriel prit une profonde inspiration, ferma les yeux et, la main sur son cœur, il expira longuement. Ce n'était pas le moment de s'énerver. La colère n'arrangerait rien, au contraire. Dans ce genre de situation, il était préférable de rester calme et réfléchi. A nouveau, il scruta les parages, espérant toujours y trouver les réponses aux milliers de questions qui tournoyaient dans sa tête. Toujours rien... Il resta sur place un bon moment sans bouger, à travailler sur son souffle pour se remettre les idées en place.
Il regarda sa tenue. Elle avait mal supporté sa saute d'humeur. Sa chemise était sortie et ses chaussures pleines de terre. Il se baissa pour corriger ce dernier détail en les époussetant du bout des doigts. C'est après qu'il se fut complètement rajusté qu'il entendit des bruits de pas derrière lui. Son cœur s'accéléra. Quelqu'un. Ca ne pouvait qu'être une bonne chose ! Il n'avait plus qu'à se retourner et demander à cette personne son chemin, rien de plus simple. Mais voilà, avec tous les événements étranges qu'il avait subit ces dernières minutes, Gabriel n'était pas confiant. Il avait peur de voir qui était derrière lui, à supposer que la chose soit effectivement humaine.
La chose se rapprochait de lui. Elle était tout prêt. L'homme, inquiet, ferma les yeux, serra la mâchoire et attendit.

Une voix de femme ! Miracle ! Il n'y avait rien de plus inoffensif sur cette terre. Gabriel fit volte face et fut surpris de se retrouver face à ce qui ressemblait à une coureuse tout ce qu'il y a de plus normale. Il resta interdit quelques instants puis, confus, il se baissa en lui bafouillant  :

-Je euh... Oui ma.... Ma cravate. Elle est...Tombée.

Il ramassa le bout de tissu et s'avança vers l'inconnue en le fourrant dans sa poche. Ils étaient maintenant face à face. Séparés seulement de quelques mètres. Gabriel gardait le silence, l'observant de haut en bas. Une joggeuse. C'était bien la dernière chose qu'il pensait croiser ici. Pourtant, en y réfléchissant, c'était plutôt logique. Il ne se trouvait pas comme il l'avait pensé de prime abord dans un parc privé mais dans un jardin public. Même si cela n'expliquait pas tout, il se sentait à la foi rassuré et idiot d'avoir eu si peur pour rien. Cet endroit était aussi ordinaire que l'était cette demoiselle, pas de quoi en faire une histoire.

-Vous allez trouver ça idiot mais je suis perdu. Pourriez vous m'indiquer la sortie la plus proche ? Je dois absolument être à la mairie au plus vite, je dois m... Enfin je dois y aller. Rapidement.

Il avait failli lui dire qu'il devait se marier. Mais il avait eu comme un réflexe de survie. Règle numéro un : ne jamais laisser savoir à une femme qu'on est engagé. En véritable Casanova, Gabriel restait fidèle à lui même, ce, même en période de crise. Quand il avait ce genre de femme en face de lui, il ne pouvait s'empêcher de la considérer comme une proie éventuelle.
Il connaissait très bien les femmes de son genre. Il avait de suite repéré le regard qu'elle avait posé sur sa tenue. C'était très facile d'attraper un poisson comme elle. La vue d'une carte de crédit Gold suffisait à la faire atterrir dans son lit. Evidemment, dans cette situation, ce n'était pas la carte qu'elle avait regardé, mais tous les signes vestimentaires de richesse tels que les boutons de manchettes en or gravés des armes de la famille Du Barry, sa chevalière ou bien sa montre gousset dont la chainette dorée dépassait de sa poche. Elle même mettait ses atouts en valeurs. Il y avait son corps bien sur, mais aussi les vêtements de marque qu'elle portait fièrement. Oui. C'était une « femme d'apparence » comme Gabriel les appelait. Les plus faciles à avoir.
Un sourire imperceptible se dessina sur les lèvres de l'homme. Décidément, pour analyser les femmes, c'était lui le meilleur ! Mais l'heure n'était pas à cela. D'ordinaire, il lui aurait fait son baratin habituel pour la sauter comme toute les autres mais aujourd'hui, tout de même... Il reprendrait la drague, bien sûr ! Mais après sa lune de miel. Ou en tout cas... Au moins après la cérémonie. Il avait une morale tout de même !
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MessageSujet: Re: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Mer 18 Juil 2012 - 14:37

[Wha, merci ! Il était bien ce passage, c'tait pas inutile de mon point de vue.u__u S'il l'était, le trois-quart de mon post le serait aussi, alors bon...x)]


Dès lors que le jeune homme se tourna pour lui faire face, Heather put en tailler un rapide portrait, et ne se priva donc pas de l’étudier de pied en cap d’un coup d’œil expert : un bon mètre quatre-vingt comme elle l’avait supposé, de belles fringues –et par belles elle entendait chères– quoique pas franchement arrangées « comme il faut ». Son air perdu, un peu débraillé, une coupure, auraient pu faire peur à une petite niaise dans un parc à peu près désert ; pas à Heather. Qu’aurait-elle eu à craindre de cet individu ? Au pire il s’était égaré, la belle affaire ! Le regard glacial de la belle s’attarda sur son interlocuteur. La commissure de ses lèvres remonta sensiblement : avenante sans se répandre en guimauve, elle avait bien appris sa leçon.

Enfin tout de même, qu’avait-elle bien pu faire, cette malheureuse cravate, qui méritât pareil châtiment ? Un frisson la parcourut à l’idée de laisser tomber du Ralph Lauren ou du Versace, que sans doute un prêtre aurait éprouvé en voyant quelque ouaille sacrilège fouler aux pieds sa précieuse soutane ou sa fichue croix. On me la fait pas à moi, songea-t-elle avec amusement. Rôdée aux impeccables nœuds de cravate, elle aurait été la première à clamer qu’ils ne se défaisaient pas si facilement qu’elles pussent tomber. La blonde ne chercha pas à approfondir, jugeant que ce type devait en mener moins large encore qu’elle. Elle se sentit scrutée et posa dans un mouvement à la négligence étudiée sa main sur sa hanche. La gêne, la honte, c’était le lot des laiderons et des seconds choix. Pas le sien ; sans cela, elle aurait enfilé un pull. Ce n’était pas pour le seul plaisir de voir le miroir lui renvoyer un regard satisfait sous l’éclairage miteux de sa chambre qu’elle s’astreignait un régime si strict, faisait tant et tant d’efforts, après tout.

-Vous allez trouver ça idiot mais je suis perdu. Pourriez-vous m'indiquer la sortie la plus proche ? Je dois absolument être à la mairie au plus vite, je dois m... Enfin je dois y aller. Rapidement.

Le sourire d’Heather se figea sur ses lèvres maquillées tandis qu’une moue dubitative s’inscrivait peu à peu sur son joli minois. Une salle couverte de miroirs, vu ; une tour à la hauteur vertigineuse, vu ; une salle à manger, une cuisine, un salon, un grenier poussiéreux, une immense bibliothèque, une sorte de temple grec, une pléthore de chambres, vu, vu et revu. Mais une mairie ? C’était bien la première fois qu’on lui sortait ça. L’hypothèse du badaud perdu dans le pensionnat fut d’office écartée, ce qui laissait un jeune homme fraichement débarqué sur les bras de Maystood. Quelle poisse, siffla une voix dans sa tête. Il avait le mérite d’être plutôt mignon, d’accord, et elle avait le mérite de ne pas avoir l’air d’une droguée paumée dans son monde, mais de là à ce qu’il croie ses paroles abracadabrantes… Elle-même n’aurait pas jeté un malheureux dollar à un SDF proférant de pareilles élucubrations. Un soupir profondément embêté rompit son expression convenue.

Jadis, lycéenne capricieuse, elle avait envisagé de faire dans l’accueil, le relationnel. Son petit-ami de l’époque, son frère, son oncle l’en avait dissuadée mais elle avait toujours pensé avoir des capacités dans ce domaine. Dans lequel n’en avait-elle pas, de toute manière ? La sortie la plus proche était une véritable bête traquée de toute part, ici. Et l’impertinente se cachait plutôt pas mal, pour autant qu’elle en savait, parce que personne ne semblait l’avoir trouvée. Quand bien même il eût été dans ses cordes de la lui indiquer toutefois, rien ne garantissait que la sale peste eût agi en conséquence. Elle lui répondit d’un ton naturel, un peu interloqué peut-être, qui ne se voulait pas rassurant mais calme –rassurer quelqu’un qui ne pense pas avoir de sérieuses raisons de s’en faire avait quelque chose d’une stupidité déroutante.

« C’est pas pour affoler, mais y a pas de mairie dans le coin. J’espère que vous avez moyen de décaler votre rendez-vous. »

Des talents, oui ; question examen de fin d’année, elle avait trouvé son maître. Rien cependant qui pût la faire taire. Bonjour, vous venez d’entrer dans un endroit bizarre, potentiellement pour y rester un moment. Autant en profiter ! Pas de SPA, pas de cinéma, pas de centre-commercial ou de casino, pas d’argent, pas de plage, pas de mairie –quoiqu’il ait pu avoir à y faire, ça avait l’air sacrément pressé– mais la vie est belle !

« Vous avez dû passer devant une grande porte, par là-bas, continua Heather en indiquant vaguement sa droite du menton. On doit sortir par-là, j’imagine. Mais elle est un peu dure à ouvrir –dans le sens de, bloquée, en fait. »
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MessageSujet: Re: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Lun 23 Juil 2012 - 0:20

[Pardon j'ai mis plus de temps que d'habitude. Ces derniers jours c'était pas la grande forme j'avais pas l'énergie pour écrire x) ]


Gabriel n'avait pas fini de poser sa question qu'il sentait déjà que la réponse était loin d'être simple. Il avait beau essayer de se persuader que toute cette histoire avait une explication logique, il sentait bien que ses explications potentielles ne tenaient pas debout. Il commençait à imaginer les choses les plus banales et les plus folles à la fois. Peut être était-ce simplement un rêve ? Une caméra cachée ? Cette femme, peut être qu'il s'était déjà attiré ses faveurs sans même s'en souvenir. Elle connaissait peut être la vérité sur son mariage. Tout ceci n'était qu'une mise en scène pour se venger ? Anxieux, il tenta de mettre un nom sur ce visage si soigneusement maquillé. Où aurait-il pu l'avoir rencontrée ? Vraisemblablement, nul part...
Pourtant, quelque chose semblait l'agacer. La demande de l'homme avait l'espace d'un instant brisé le masque d'amabilité qu'elle arborait depuis leur rencontre. Pourquoi ? A cause de la sortie ? A cause de la mairie ? Cette belle femme devait avoir l'habitude de se faire courtiser. Etait-elle vexée qu'il ne lui prête pas plus d'attention ? Trop d'interrogations se bousculaient en lui. Gabriel porta sa main à son visage et se pinça délicatement l'arrête du nez en soupirant. Si tout cela ne s'arrêtait pas bientôt, c'était la migraine assurée.

« C’est pas pour affoler, mais y a pas de mairie dans le coin. J’espère que vous avez moyen de décaler votre rendez-vous. »

-Quoi ?!
S'exclama t-il en relevant le visage.

Sans s'en rendre compte, par pur réflexe, sa main avait quitté son visage pour effleurer du bout des doigts la rose blanche qu'il portait à sa boutonnière. Peut être parce qu'à ce moment là, la pensée de son mariage était la seule chose qui l'empêchait de perdre le nord. Si au début de la journée il voyait ça comme une fête semblable à toute autre, c'était maintenant devenu un but, une incroyable récompense qu'il lui fallait atteindre.

« Vous avez dû passer devant une grande porte, par là-bas, continua t-elle en lui désignant négligemment le grand bâtiment d'où il venait. On doit sortir par-là, j’imagine. Mais elle est un peu dure à ouvrir –dans le sens de, bloquée, en fait. »

Bloquée ? Mais comment ça bloquée ?! S'il avait pu entrer ici sans difficulté ce n'était pas une porte qui... Ce discours inquiétant ressemblait de plus en plus à celui d'un tueur fou échappé d'un film hollywoodien. Ce petit jeu avait assez duré. Il était maintenant clair que cette donzelle se foutait de lui depuis le début. Il n'y avait qu'à regarder l'air supérieur qu'elle se trainait. Mais elle ne devait pas être seule sur le coup. Gabriel regarda autour de lui mais ne vit personne d'autre. D'une manière ou d'une autre, quelqu'un lui en voulait et voulait faire capoter son union. Et bien il n'allait pas se laisser faire. Dans toutes situations, il existe une solution universelle, et Gabriel la connaissait bien. Il entrouvrit sa veste et sorti de sa poche intérieur un stylo et un carnet de chèque qu'il ouvrit d'un geste vif qui traduisait à la fois son agacement mais aussi une certaine angoisse.

-J'ai compris. Combien voulez vous ? Mille ? Deux mille ? Ecoutez je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas ce que je vous ai fait, ou même si vous travaillez pour quelqu'un mais je n'ai pas de temps pour ça. Alors, allez y, annoncez moi votre chiffre.

Tout en parlant, il cliquait nerveusement son stylo. Si l'argent ne réglait pas un problème, rien ne pouvait le régler. Mais ça allait fonctionner. De son expérience personnelle, Gabriel était en mesure d'affirmer que tout le monde a un prix. Les femmes en particulier...

-Allez y dites moi ! Trois mille ? Cinq mille, soyons fous ! Et ensuite, laissez moi partir d'ici. Au fait, magnifique mise en scène, bravo ! Le coup du petit mot, la magie, les petits animaux enchantés, très original ! J'ai failli y croire !
Il éleva ensuite la voix comme s'il s'adressait à des auditeurs cachés. Vraiment très bien joué les gars ! Super les effets spéciaux ! Mais vous savez quoi, ça va pas m'empêcher de me...

Là, il se figea, les yeux exorbités. Par dessus l'épaule de l'inconnue, il aperçu une petite boule jaune. Cela ressemblait à un poussin mais... Tout droit sorti d'un dessin animé ou d'un magasin de jouet. Il était beaucoup plus rond qu'un vrai, beaucoup plus jaune, il avait des yeux bien trop gros, des ailes bien trop petites... En y réfléchissant bien, ce poussin ne ressemblait en rien à ce que l'homme avait pu voir jusqu'ici, à part peut être à...

-Mousse ?! S'écria t-il en désignant l'animal du doigt. Ce dernier prit peur et parti se cacher derrière un buisson.

La colère avait quitté Gabriel aussi rapidement qu'elle était venue l'habiter. Tremblant, il plongea un regard épouvanté dans celui de la joggeuse. D'une voix presque imperceptible il lui posa finalement la question qui aurait du s'imposer depuis le début.

-Où sommes nous ?
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MessageSujet: Re: Cherchant un moyen de partir (Heather)   Mer 25 Juil 2012 - 0:58

[C'est pas grave, c'est quand même super rapide.x)
Et puis y a enfin du soleil, j'en profite !^^♥]



Vas-y mon grand, ne me crois pas. Elle s’en rendait bien compte, nul besoin d’être voyante pour donner un sens à l’expression incrédule de son visage. Il fallait reconnaitre, à sa décharge, que ses paroles n’avaient rien de commun, et tout d’incroyable. Heather avait depuis longtemps abandonné l’idée de comprendre ce qu’était exactement le pensionnat. Confrontée à la réalité, force avait été pour elle d’accepter les faits, tels qu’ils se présentaient, s’imposaient plutôt, on ne lui avait pas laissé le choix. A lui non plus, songea-t-elle en levant son regard d’acier sur le jeune homme, on ne le laisserait pas. C’était le terminus ici, un luxueux cul-de-sac un peu poussiéreux, un peu lugubre, un peu bizarre, un peu fantaisiste. Elle ne put qu’observer avec une froide indifférence, presque amusée, les marques et les plis qui se dessinaient au gré de ses incertitudes sur son front. Elle, qui savait bien mieux que lui ! Elle était en avance, pas d’un wagon, mais d’un train entier. Peut-être Maystood se serait-elle vexée en d’autres circonstances, mais elle imputait son échec probable non à ses propres compétences mais au manque de réalisme de l’affaire. La certitude qu’il ne serait que temporaire sauvait cette belle assurance dont elle ne se départait jamais.

Au point où ils en étaient…, paraissait-il qu’ils avaient l’éternité pour explorer les dédales de leur nouvelle maison et se faire à son existence. La peste suivit le mouvement de la main de son vis-à-vis : un chéquier ? Ses sourcils parfaitement épilés se froncèrent derechef : elle valait mieux que ça.

-J'ai compris. Combien voulez vous ? Mille ? Deux mille ? Ecoutez je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas ce que je vous ai fait, ou même si vous travaillez pour quelqu'un mais je n'ai pas de temps pour ça. Alors, allez y, annoncez moi votre chiffre.

Son visage pétri d’une morgue naturelle perdit tout ce qui lui restait d’affabilité dans la seconde qui suivit ces paroles. Il voulait l’acheter ? Les chiffres mirobolants avaient souvent su convaincre la blonde par le passé –du moins en apparence. On lui achetait Gucci et Burberry comme une promesse, mais elle n’offrait en retour pas le plus petit baiser. Niet, qu’ils courent toujours, ces pauvres crétins ! Deux mille, c’était déjà pas mal. Elle se demanda un instant jusqu’où il pourrait monter, à combien il estimait sa résistance. Si tu veux seulement me faire réfléchir, il va falloir faire monter la mise.

Réfléchir, mais réfléchir à quoi ? Il n’y avait rien à soupeser ici : elle aurait pu mentir mais ne l’avait pas fait –quelle bonté de sa part ! Difficile de déterminer ce qui, de la somme avancée ou de l’intention de l’inconnu, blessait le plus l’amour-propre d’Heather.

-Allez y dites moi ! Trois mille ? Cinq mille, soyons fous ! Et ensuite, laissez moi partir d'ici. Au fait, magnifique mise en scène, bravo ! Le coup du petit mot, la magie, les petits animaux enchantés, très original ! J'ai failli y croire ! Vraiment très bien joué les gars ! Super les effets spéciaux ! Mais vous savez quoi, ça va pas m'empêcher de me...

Et voilà qu’il recommençait à débloquer ! Un sourire un rien méprisant fleurit sur ses lèvres rosées : elle aussi avait cru à une télé-réalité. Au moins il avait lu le panneau d’affichage, voilà qui serait déjà du temps de gagné quand il aurait compris, et inexorablement ce moment viendrait, qu’il ne s’agissait pas de bêtises ridicules. Son oreille fut tout de même titillée par la demi-dizaine de milliers de dollars qu’il avançait pour trouver la sortie. La donzelle n’avait pas manqué de billets verts et de cartes gold pour combler ses moindres caprices, l’argent de papa allait bon train de son compte à celui d’un autre. Mais, tout de même, cinq mille pour sortir… Sans chercher d’autre solution, rien de rien. Allonger le fric aussi facilement avait un côté aberrant et diablement irresponsable. Pas désagréable pour autant. Le costume était vrai, son œil ne l’avait pas trompée : il était friqué de chez friqué, monsieur « costume trois-pièces cravate ruinée ». Ledit individu pointa du doigt quelque chose derrière elle et, naturellement, son regard convergea vers la direction que fixait avec tant d’intensité celui de son interlocuteur. Une sorte de canari jaune –un peu comme un petit Tweety mais en différent– se dandinait plus loin ; le voilà, le fameux coup de pouce !

Elle reporta sur lui un regard mi blasé, mi supérieur, la main toujours posée sur la hanche. Son sourire semblait clamer à tue-tête un agaçant « je te l’avais dit, je te l’avais dit ».

« Allez savoir, répondit-elle, évasive, vous me donnez combien pour répondre à ça ? Avant que vous ne recommenciez à me traiter d’actrice ou je ne sais quoi d’autre, laissez-moi vous dire que je ne mens pas –et si je l’avais fait, il aurait fallu plus que cinq mille. La parano vous a pas rongé le cerveau, si ? Je ne veux pas savoir les crasses que vous auriez dû faire pour qu’on vous fasse une blague pareille. »

Le reproche était clair, le ton, particulièrement acerbe. Elle valait mieux que ça, pas forcément plus en dépit de ses protestations véhémentes, mais mieux en tout cas. Et elle comptait bien le lui faire comprendre. Elle laissa deux secondes s’écouler et, une fois qu’elle eût présumé que son message était correctement passé, elle redevint d’une aménité presque mielleuse. Le Moqueur à ailes blanches reprit son chant :

« Vous avez vu un…, enfin, une sorte de petit animal, que vous aviez peut-être imaginé petit. Je me trompe ? C’est un endroit un peu bizarre, ici. Mais si vous ne croyez pas un traitre mot de ce que je dis, est-ce que c’est la peine que je réponde ? »
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Cherchant un moyen de partir (Heather)

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