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 Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."

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Sale gosse
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Féminin Pseudo Hors-RP : White
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• Age : 21
• Pouvoir : Dîtes donc où et quand, l'arrivée sera sûrement à côté de la plaque.
• AEA : Elle, le machin, le truc, moche, grimaçant, avec des trous noirs pour orbites, une fraise sale, des mains pareilles et un don pour vous soûler.
RP en cours : "Mais le plus souvent, il restait prostré, accompagné d'un rire stupide"| H. Hackermann
Boire ou conduire, il faut... être majeur pour commencer| L. Moisan
Se perdre pour mieux se retrouver| J. Sinclair
Sans titre| Z. Christensen & Eve Clement

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MessageSujet: Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."   Jeu 23 Aoû 2012 - 16:14


    Nom: Cromwell
    Prénom(s) : Ice Celin
    Sexe :
    Date de naissance : 17 Novembre (Age: 16 ans)

    Ft [Haruiko Mikimoto Artworks]


MENTAL

Il y gentille et avoir l’air gentille. Ice fait partie de la deuxième catégorie. Ca ne veut pas dire qu’elle soit une adolescente exécrable, oh non, on trouve bien pire ailleurs ! Cela signifie juste que dans « paraître angélique », tout est dans le « paraître ». Ice a longtemps été un garçon manqué, n’en déplaise aux apparences, et l’élever fut probablement un horrible supplice pour ses précepteurs. Selon l’humeur, elle répondait effrontément ou ignorait leurs discours avec superbe, estimant qu’il était malsain de se laisser inculquer des idéaux de la part des autres et qu’il était mille fois préférable de se le forger soi-même. Selon ce même résonnement, elle avait toujours refusé le carcan que représente la société, avec ses règles, ses mœurs, ses dogmes. Une fois, elle avait tenté d’appeler ses professeurs par leur titre mais cela lui avait tant parut sonner faux qu’elle avait presqu’immédiatement abandonné l’expérience, au grand dam de sa nourrice qui avait soudain nourri l’espoir de la voir rentrer dans le rang.

Pourtant, ce n’était pas une mauvaise fille, Ice. Elle n’était pas cruelle, elle n’était pas dépravée, ni même têtue. Seulement elle aimait suivre ses propres convictions et agissait en conséquence. Les langues perfides sifflaient en la disant impossible à vivre, qu’elle était perdue et que c’était du gâchis que ce qu’elle devenait au fur et à mesure des années. Des propos exagérés et éhontés : En fait, elle passerait même pour un modèle de perfection ou d’idéal en tant que demoiselle. Elle savait faire le thé exactement comme il le fallait, anticipait les désirs de ses invités lorsqu’elle en avait, pouvait coudre ou cuisiner, et pour couronner le tout, c’était une artiste accomplie et une personne instruite. Ceux qui avaient déjà eu l’occasion de l’écouter se délectaient de sa voix pure et de son habilité au piano, tandis que les adultes se complaisaient des discussions construites et argumentées qu’ils pouvaient partager avec elle.

Anarchiste et esprit à contre-courant, Ice ne s’étonne de rien ou presque. Si quelque chose a lieu d’exister, eh bien, soit, qu’il existe. Sur ce point là comme sur d’autres, elle est, à elle seule, un paradoxe. Avide de nouveautés, mélancolique du passé ; ne croire qu’en soi-même et désirer s’appuyer sur les autres à la fois ; elle est née avec un cerveau toujours prêt à grouiller de réflexion mais n’aspire qu’au silence. Malheureuse philanthrope incomprise, en vérité, elle se morfond dans un isolement, une carapace érigée autour d’elle, la défendant des blessures propices à l’atteindre. Parce qu’elle est désespérément humaine, elle déteste cette humanité, qui l’affaiblit et la fragilise. Apeurée à l’idée de faire une erreur, elle édifie des murs entre son être et son sembler. Naïve ? Oui, un peu. Ce n’est que trop naïf de croire que l’on peut échapper à soi-même, pourtant, malgré tout, on se débat jusqu’au dernier souffle. Et c’est au final, un sentiment à la fois d’exception et de solitude qui l’étreint, qui la magnifie… En attendant qu’elle ne s’écrase à terre.

PHYSIQUE

S’il y a bien un lien entre son prénom et sa personne, c’est assurément son teint d’une pâleur quasi-neigeuse. Autant caractériellement, elle est le feu ardent et passionné, autant l’éclat de sa peau de vierge est comme une accalmie doucereuse après la pluie. Certains la diront maladive, d’autres chuchotent qu’elle est d’une qui ne se laisse pas faner par les rayons trop brûlants du soleil. Elle est la brillance de la jeunesse, celle dont la pureté ferait se tuer des hommes. On dit d’elle qu’elle a le visage de l’ange, plein de compassion et d’innocence et que ses yeux sont l’obsidienne seule qui trahit sa nature de mortelle. Des yeux vivants, expressifs et intelligents, qui vous dévisagent comme s’ils connaissaient tout de vous. Un regard dont le reflet inquisiteur interroge le monde et laisse parfois échapper, furtivement, l’ombre des reproches qu’elle se fait. Si les gens pouvaient savoir ce qui se cache derrière le masque… Ice, qu’en pense-t-elle ? Elle s’en fiche. Elle est née comme ça, c’est tout, elle n’a rien demandé. Elle ne pense pas être spécialement belle. Jolie, oui, peut-être. Être beau, ça ne voulait rien dire, chacun a ses critères de beauté. Mais la joliesse, c’était une certaine grâce que toutes les filles pouvaient avoir. Et elle l’avait. Quelque chose dans ses traits la disait déterminée, et il transparaissait une certaine force de caractère derrière la finesse la dessinant.

Petite, menue, personne n’avait pourtant osé, ne serait-ce qu’un jour, la brimer ou la taquiner à ce propos. Il y avait toujours eu cette aura un peu inconvenante autour d’elle, faisant hésiter les garçons de la rue, et les filles du quartier n’osaient jamais proférer quoi que ce soit contre elle. Peut-être était-ce parce qu’elle ne cherchait jamais à fuir sous un masque de maquillage ou d’accessoire d’apparat –bijoux, sacs, elle n’en avait pas besoin, cela l’encombrait, et elle n’aspirait qu’à être elle-même, au naturel. Par cela, elle préférait les vêtements où se mouvoir était aisé, quitte à passer pour une fille aux goûts trop masculins. Ce qui lui tombait sous la main suffisait à l’habiller, et c’était bien une des rares choses dont ses parents n’avaient pas à s’inquiéter : côté dépense, ils étaient tranquilles, leur enfant n’étant pas difficile ni portée sur le luxe pour un sou.

Ne vous y fiez pas, l’image de la docile Ice s’arrête là.

Pour le reste, ceux qui l’avaient élevée se souvenaient d’une gamine revenant couverte de boue, parfois tenant un crapaud entre ses deux mains. Malicieuse, le nombre de parties de cache-cache qu’elle avait joué pour embêter ses professeurs était incalculable, si bien que ses excursions en forêt l’étaient également. En plus de quelques cicatrices, il en avait résulté des habitudes de bohème et des mains expertes à se débrouiller en pleine nature, plus tellement immaculées qu’on ne lui accorderait. Des cheveux inchangeablement lâchés, une frange lui tombant sur les yeux, quand elle les coupait, c’était sauvagement, sans plan préétabli.

Alors quoi ? Assurée ? Oui. Mais forte… Ca, c’est ce qu’elle veut faire croire. Le jour, au vu de tous, d’aucun ne pourrait deviner son air hagard et vide dans ses moments d’intimité. Parce que c’est dur de camper son propre rôle.

AEA

On a tous nos démons. On peut faire tout son possible pour leur échapper, c’est un cercle vicieux, on revient toujours à son point de départ.
Au début, ce n’était qu’un grésillement, infime, dans un coin de sa tête. Et puis petit à petit, la voix s’était affermie. Nasillarde, la poursuivant comme le duplicata de sa conscience, une conscience soufflant tout le mal de sa personne. Une conscience qui ne la lâchait pas, encore moins dans ses moments de plus profonde solitude. On dit que la peur suffit à rendre nos cauchemars plus réels, la sienne avait fini par prendre visage. D’abord, un sourire grimaçant s’était formé, puis la vision s’était clarifiée, élargie. Une sorte de poupée de chiffon, dont les larges yeux abyssaux et vitreux la fixaient, moqueurs et cyniques. C’était Elle, sa compagne de fortune. Qu’elle le veuille ou non, Elle était toujours là, tapie dans l’obscurité de ses pensées, se tenant prête.

HISTOIRE

La naissance d’Ice s’est déroulée sans heurts, plus commune que n’importe quelle autre, entre les bras d’un père et d’une mère faits de la même manière qu’elle : de chair, d’os et de sang. Comme beaucoup de nouveau-nés avant elle, elle avait ravi son monde lors de sa venue et l’avait fait déchanter avec ses premières couches à changer.

Mais si son entrée dans le monde fut banale, la suite fut ennuyeuse.

Très vite, ses parents se reconcentrèrent sur leur travail, délaissant leur fille aux bons soins des domestiques. Ils appartenaient au monde des affaires et s’occuper d’un enfant n’était pas le plus important dans leurs attributions. Au début, c’était parce qu’ils voulaient gagner toujours plus pour son confort d’avenir. Petit à petit, c’était pour éviter de la revoir autant que possible. Parce que l’ange refusait le bustier étroit de la société, devenait machiavéliquement doucereux, et attirait les pires commérages…
Parce que la première chose qu’Ice apprit de l’existence, c’est que l’apparence des conventions faisaient la loi, et qu’exister c’était s’en laisser mener à la baguette.

Sauf que ce qu’elle voulait, elle, c’était vivre.

Si ses géniteurs avaient décidé de déléguer leurs responsabilités, alors elle n’en avait que faire. C’était leur faute, toujours leur faute. Rester à la maison, c’était comme être enfermé dans une cage dorée. Ce à quoi Ice aspirait, c’était voir l’univers, apprendre le savoir, découvrir de nouvelles choses. Fillette livrée à elle-même dès son plus jeune âge, elle nourrissait une rage furieuse contre ces dogmes propres à la cloisonner, contre la minauderie faux-cul qu’il fallait arborer devant les autres, contre l’asservissement que provoquait l’argent. Elle était jeune, et cette colère dans sa jeunesse la fit mûrir tôt, assagie bien plus son esprit que ne le faisait croire ses gestes, des gestes de rébellion.
Rapidement, elle apprit à disparaître lors des leçons de bienséance, plus passionnée par la pêche aux grenouilles et à l’étude de leur environnement naturel. A chacune de ses escapades, la forêt proche l’accueillait à bras ouverts, sifflant à son oreille les mots doux de la liberté. Elles se connaissaient par cœur, se chuchotaient les secrets les plus inavouables, les plus enfouis et les mieux gardés. Après avoir enfermé son précepteur dans le cagibi du sous-sol, après avoir mis le chat à étendre avec le linge, après avoir caché une souris dans les draps de la gouvernante, elle venait se réfugiait dans les profondeurs vertes de sa meilleure alliée et passait les plus délicieux moments à connaître chaque forme de lichen, chaque insecte sous les feuilles. Le temps béni de l’enfance, où l’on ne se pose pas de question ; la période de calvaire de ceux qui l’élevaient et de ses parents.

Et puis un jour, il fait apprendre à grandir.

A 10 ans, Ice se calma. Finies les fugues répétitives, les « gentilles farces » et l’insolence orgueilleuse. En passant l’âge à deux chiffres, ce fut comme si une symbolique avait pris toute son ampleur : à présent, on allait l’envoyer à l’école, où il allait réellement falloir apprendre à faire bonne figure. En renonçant à ce qui faisait part intégrante de sa nature intelligente et alerte, Ice apprit à mentir par diplomatie, à cacher ses pensées, à se taire et faire semblant, pour essayer de se fondre dans ce moule qu’elle avait toujours haï, celui des mœurs. Elle qui préférait Nietzche disserta sur Freud, buvait le thé avec des camarades quand elle ne rêvait que de s’enfermer dans sa chambre et lire.
Oui, grandir c’était subir les aléas violents du changement. Ravis de voir leur fille si raisonnable, ses parents s’attardèrent plus souvent à la maison, pour constater de leurs propres yeux le miracle. On répondait plus aisément à ses désirs, on se mettait à l’aduler quand elle passait. Ice Cromwell était une hôte parfaite, Ice Cromwell était brillante de raisonnement et de conversation, Ice Cromwell est un véritable ange de charité…

Mais on ne se refait pas.

L’ancienne Ice, tapie, cachée, criait, pleurait, trépignait. La nouvelle Ice l’ignorait, se posait, écoutait. Et au final, la Ice qui en résultait devenait on ne peut plus fragile. On ne peut plus instable. On ne peut plus apeurée et on ne peut plus menteuse.
Ca avait commencé doucement. La crise d’adolescence sans doute, comme tout le monde. Même si elle n’était pas tout le monde. Une remise en question, un chamboulement intérieur, et le sentiment profond de ne pas être à sa place. Parce que la Conscience, c’est une drôle de chose. Une chose sournoise qui n’attend de vous qu’une faiblesse, qu’une seule faille, pour s’immiscer dans vos convictions et les ébranler.
La première fois, l’inactivité la rongeait lascivement. Les échos de la solitude pointaient du bout de leurs lames, paradoxe étrange au fait qu’elle était de plus en plus entourée d’une foule d’admirateurs et de condisciples la prenant pour modèle. Malgré cela, elle se sentait inexplicablement perdue et isolée. Différente ? Oui, différente.

Le ricanement presqu’inaudible se mit à résonner dans sa tête.

Ensuite était venue la culpabilité. Elle qui avait toujours fait barrière aux normes de la société voyait soudain toutes ses « anormalités ». Dans la cuisine où ricochaient quelques éclats de voix depuis le salon, Ice ferma les yeux.

Elle fut assourdie par son propre sarcasme.

Les années qui suivirent semblait avoir pris un fil du temps en accéléré.
Au fil du temps, la Voix se fit plus présente, il n’y avait plus moyen de lui échapper. Répondre aux exigences de son père, plaire à sa mère, sourire encore et encore, sourire jusqu’à en avoir mal aux joues. Et puis se cacher ensuite, parce qu’on n’y arrive plus. Elle connaissait cela par cœur à présent. Être deux elles, c’était compliqué, trop compliqué quand on a douze ans et encore tant d’années à vivre dans cette singerie qui n’est pas la nôtre. Alors elle décida de repartir. Comme avant. Pour faire comme avant.

Une fugue, deux fugues, Cinq fugues. Elle partait, comme ça, au milieu de la journée ; quand la douleur était trop forte, elle disparaissait sur les chemins, baissant le regard pour ne voir personne, vide de tout et trop pleine de choses.
Les garages, grands, mi-obscurs mi-éclairés quand on fermait mal leur porte, cette aura rassurante d’inaccessibilité flottant autour d’eux. Parfois c’était sous le pont, à regarder les sacs en plastique qui ne veulent pas couler et restent à la surface verdâtre du fleuve. Elle n’osait pas retourner à la forêt, elle craignait trop de ne pas y retrouver ses souvenirs. Et elle était bien, là où elle était. Lorsqu’elle se cherchait un refuge pour penser dans le silence, le monde se taisait brusquement, et le temps s’écoulait au ralenti. Des lieux magiques où tout semblait se figer, où les choses avaient l’air différentes lorsqu’elle y était seule. Quand elle jurait passer l’éternité, peu se préoccupaient de son retour quand elle rentrait, comme si son absence n’avait été remarquée de personne.
Une grimace triste lui tordait les lèvres, ces jours-là, et elle continuait d’avancer, avec autant de forces dont elle était capable. Parce que c’est ce que l’existence vous demande.

16 ans, c’est l’âge de toutes les conneries.

Il y a toujours un moment, celui-ci, où vous vous brisez, où le fil se rompt, où l’on dit qu’on ne croit plus à rien. Qu’on n’y a jamais cru. Des moments de rage où vous vous mettez à craquez, où les larmes doivent jaillir, parce que le cœur en est trop plein. Où vous hurlez le soir, où vous regardez la nuit, le ciel, l’herbe, et le périph’, en vous disant que c’est beau, Seigneur, mais que ça n’existe peut-être pas au fond. Le genre de moment où vous faîtes un bilan, vous vous remémorez votre enfance, les rires, les pièges pour-de-faux, la liberté, les principes que vous vous êtes donné en vous jurant de vous y tenir… Que vous avez finalement laissé en retrait, parce que faire front en permanence, ça demande trop de force, et que vous n’en avez plus, de forces. La révolte, toujours la révolte. On la fréquentait sans oser l’approcher de trop près, comme par peur que le feu qui brûle en elle ne consume.

Ice, comme toutes les autres. Ice, plus que les autres.

Parce qu’elle avait mûri trop vite, elle s’était lassée rapidement. Comme une enfant qui saurait déjà tout du monde et voulant en comprendre plus qu’il ne s’en avère possible. Alors ne demeurait qu’un goût amer de déception.

C’était le prix de l’exception, le prix à payer.

Le jour de l’appel de la forêt, Ice n’avait plus hésité. Même si en six ans, le lieu avait changé, même si elle ne le reconnaissait plus, même si elle n’avait plus que des secrets enfermés à double-tours dans le noir de son esprit. Dans l’abîme de son esprit.
« Elle » était toujours là, souriant dans un coin de sa tête. « Tu y vas ? »

Ice avait regardé la mare. De la vase mousseuse couvrait l’étendue liquide. Ca avait été facile à retrouver, finalement. Un silence religieux avait l’air d’entourer la clairière, la lumière tamisée du jour frémissait cotonneusement.
Elle avait regardé vers le fond invisible et s’est dit qu’en fait, elle en avait marre.

C’est une tentative de suicide.

Verte.


Pouvoir

Constater d'abord l'odeur. Puis voir autour de soi. Des moments d'échappée, des refuges bien gardés. Le temps qui se fige, qui repart, qui s'échappe et qui file plus vite, toujours plus vite. Un courant d'air, un courant de néant. Sentir les failles d'abord, y plonger ensuite, en espérant ne plus jamais en ressortir. Dans les rouages dysfonctionnant de l'espace et des heures qui s'égrènent, les lieux se rejoignent, les minutes se confondent. Parfois la machine se grippe, n'en fait qu'à sa tête, demeure ou s'emballe; mais il ne faut pas y toucher, la laisser tranquille, s'apaiser. Comme un animal sauvage aux mélancolies violentes, il faut apprendre à l'apprivoiser. Entre deux dimensions, le vide s'est creusé, gouffre pétrifié qui garde tout en son sein, les déplacements ne se font plus qu'à l'intérieur. En attendant que la bulle n'éclate, on ne peut en sortir, les routes sont bloquées. C'est comme être coincé dans une boîte dont les fonds inexploirés s'ouvrent et se referment, au gré du temps.

TEST DE RP

" It’s only a brook we have to jump over." Everybody seemed satisfied with this, though Alice felt a little nervous at the idea of trains jumping at all. “However it’ll take us into the Fourth Square, that’s some comfort!”, she said to herself. In another moment she felt the carriage rise straight up into the air, and in her fright she caught at the thing nearest to her hand, which happened to be the Goat’s beard.
Through the Looking Glass, Lewis Caroll

« Chute », nom féminin, issu du participe passé du verbe choir : fait de tomber. La chute libre d’un corps lâché sans vitesse initiale soumis à l’accélération de la pesanteur.
Voilà comment d’après le Robert, était définie la notion de chute.

Une chute, c’est une drôle de chose. On peut faire toutes sortes de chutes, et il existe toutes sortes de chutes. Une chute, c’est l’image d’une voile en mousseline blanche qui retombe sur le parquet, qui recouvre quelque chose, qui abrite tout un monde de sens.
On peut chuter à vélo, comme chuter du quatrième étage parce que la charnière de fenêtre du couloir était cassée et qu’on s’est appuyé dessus sans y prêter attention. On peut chuter en étant sur un escabeau, on peut chuter et faire un roulé-boulé sur le flanc de la montagne, aux sports d’hivers. Les costumières ont des montagnes de chutes de tissus, et les metteurs en scène s’arrachent les cheveux pour en trouver une qui soit à la hauteur du reste du spectacle. Certaines chutes sont plus douloureuses que d’autres, comme par exemple, avoir 17 de moyenne au premier trimestre, puis 12 au second.

Quelqu’un a dit que « chuter, c’est comme voler, mais avec une plus pertinente destination ».

Tout ce qu’Ice espérait, c’est qu’elle ne se prendrait pas un mur en arrivant.


D’abord, il y avait eu le silence. Un vrai silence. Lourd, sans le moindre son qui ne se laissât filtrer, comme absorbé par l’immensité du néant.
Quand elle ouvrit les yeux, elle se rendit compte qu’elle baignait dans un décor pâli, comme entourée d’un drap vert délavé.

Un éclair de pensée la traversa bien « Je devrais me demander si c’est ça, mourir. Après tout, c’est ce que les gens font. » ; mais elle le chassa d’un geste de main et roula le regard. C’était stupide, donc inutile de s’en faire la réflexion : La réponse était bien évidemment non. Non elle n’était pas en train de mourir. Elle voyait l’eau défiler au dessus d’elle, miroir couleur pers, étendue sans fin, sans ambition, sans promesse.

L’espace d’un instant, elle se demanda comment respirer dans ce marasme terreux était possible.

A bien y réfléchir, la scène rappelait fortement la descente d’Alice dans le terrier du lapin blanc. Celui qui criait être en retard, une grosse montre à gousset dans la patte. Lentement, très lentement, elle avait la sensation de chuter vers quelque chose d’à la fois proche et lointain. Non pas couler, mais chuter. Chose inexplicablement anormale lorsque l’on est dans l’eau. Elle chutait, et en chutant, elle eut l’impression de découvrir un monde. Un monde immergé, à l’abri du dehors et de ses tracas, de ses cache-misère, de ses messes basses. Jamais elle n’aurait deviné que sous la vase apparente et saumâtre, existait un paysage aux roches noires pareilles au quartz fumé, aux algues soyeuses ondulant, aux coraux timides mais colorés, vivants. C’est comme découvrir un monde intérieur. Oui, le jardin secret de tout un chacun.
Elle aurait pu rester là et contempler l’abîme pour l’éternité, pour comprendre.

Avait-elle réellement voulu mourir ? En y songeant avec plus de recul, elle n’en était plus si sûre. Elle avait seulement cherché à disparaître, c’était tout. Elle avait été fatiguée. Elle avait fait le tour. Elle avait tiré ses conclusions. Elle avait fini, terminé, basta, nothing else.

Et maintenant ? Elle recommençait à croire, à désirer réfléchir, à explorer l’inconnu. L’Inconnu illimité qui s’offrait soudain à elle. Elle pouvait le palper, le sentir, l’éprouver, doucement, comme on caresse une étoffe nouvelle, avec l’usage de tous ses sens et plus encore.

Il y avait encore à apprendre.

Brusquement, l’eau s’engouffra dans ses poumons, elle se mit à suffoquer : l’atterrissage avait quelque chose de brutal, elle penserait à se plaindre quand elle trouverait le concepteur. Non mais, c’est vrai quoi, il y avait d’autres façons de réveiller les gens !
Frappant du pied sur le sol qui s’était inexplicablement manifesté, elle perça la surface liquide au dessus de sa tête, d’un seul coup.
Aussitôt, l’air frais envahit ses veines, son cœur, chaque membres de son être ayant droit à sa part d’oxygène.

Comme une renaissance. Elle revenait à la vie, exactement.

Referait-elle les mêmes erreurs ? C’était plus que possible ; c’était probable. Mais différemment d’avant, et c’est ça qui était intéressant.


Bon, maintenant il était peut-être temps de rendre compte qu’elle était en train de philosopher au milieu d’un lac, non ? Il y avait sûrement de multiples raisons pouvant expliquer sa présente baignade mais elle ne s’appelait pas Gary Oldman, ne prenait aucune part dans l’histoire de la guerre froide, ni n’était membre du M16. Donc l’idéal paraissait quand même de sortir au plus vite.
L’inconvénient, c’est que la berge était à plus de 10 mètres. Très bien, un jour elle prendrait l’utile décision d’apprendre à nager correctement. Histoire de ne pas avoir l’air trop ridicule, surtout.

On ne peut faire d’entrée plus magistrale que de se faire passer pour le kappa du coin, hein.

Un vent doucereux l’effleura, séchant les pointes de ses cheveux. Marcher. Prendre le temps de faire le point sur soi, sur qui on est, prendre le temps d’assimiler, d’être prête. Seigneur, elle en avait besoin, bien besoin. Et la route n’avait qu’à en être plus longue…


Il y avait eu un portail, évidemment. Un hall gigantesque, évidemment. Mais il fallait se défaire de ses préjugés, n’est-ce pas, dans un monde de nouveautés, les règles ne sont pas les mêmes.
Jeter un regard. Enregistrer. Se dire « pourquoi pas ». Accepter bien qu’on l’avait déjà compris et en avait retiré un soulagement indéfinissable. Parce que la limite qu’on avait perçue avec tant d’appréhension vient d’être repoussée un peu plus loin. Le répit.

Elle réapprendrait à vivre. Avec des peines, des blessures, avec des Personna, sans Personna, avec sa conscience, avec les failles et avec les âges, les époques, les instants, les périodes. Et avec émerveillement, plus que tout.

Repartir.



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    Avez-vous bien lu le règlement: { Code validé ~ } - Nii'
    Comment avez-vous connu le forum: Il faisait partie des têtes de liste dans les boarding-school RPG
    Premier forum RP: Non
    Premier compte: Oui

    Quelque chose à ajouter?: J'aimerais connaître l'image d'origine du thème précédent, s'il vous plaît.



Dernière édition par Ice Cromwell le Jeu 23 Aoû 2012 - 16:38, édité 2 fois
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Sale gosse
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MessageSujet: Re: Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."   Jeu 23 Aoû 2012 - 16:24

    Bonjour~

    J'estime avoir fini ma fiche, et j'espère avoir posté quelque chose d'intelligible et de cohérent.
    Mon Test RP correspond au premier RP à faire normalement, avec la lecture du panneau d'affichage que j'ai bien intégré. A mots à peine couverts, certes, mais il est bien présent.

    Merci d'avance,

    I.C
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Delicate Boy
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MessageSujet: Re: Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."   Jeu 23 Aoû 2012 - 16:44

Bonjour et Bienvenue sur PI ! - même si on a déjà eu l'occasion de discuter. o/

Ta fiche est très jolie, très agréable à la lecture et, pour ma part, je l'ai trouvée tout à fait cohérente. Toute en finesse et en sous-entendus. Tu n'as pas précisé les passions ou phobies mais, comme tu les a intégrées au reste de ta fiche, ça ne pose pas de problème. Je n'ai donc aucune objection à formuler ; pour moi, tu es validée.

Si quelqu'un a quelque chose à y redire, qu'il le fasse maintenant ou se taise à jamais. Dun dun.

Je pense en revanche que, si j'ai compris sans mal où tu voulais en venir (sans compter que par tes questions tu me l'avais plus ou moins expliqué) ta description de son pouvoir reste assez floue. Peut-être qu'une explication plus claire pourrait aider ceux qui liront ta fiche ; je vais donc la laisser déverrouillée pour que tu puisses, au besoin, ajouter une phrase explicative.

Pour ce qui est de la suite, je t'invite à visiter ces quelques endroits :

Faire recenser ton pouvoir
Demander une chambre
Créer ton sujet de liens
Te présenter Hors-RP

Tu as bien saisi que tu pouvais poser des questions en cas de besoin, donc je ne répète pas. Tu peux également te renseigner sur l'Event en cours si le cœur t'en dit.

Bon jeu sur le forum, et au plaisir de te recroiser !

Pour moi, le titre de cette fiche comporte une faute d'anglais assez laide (Ou alors, c'est une citation sortie de son contexte. Ou un style "pour faire genre". Mais c'est laid). Et, accessoirement, la mise en page est pas cool, pour lire, justement, la fiche.


Ça reste lisible. Et pour le titre c'est une citation de Sherlock Holmes BBC, je crois - pas une faute.
Et je ne sais pas si tu as remarqué, mais ton edit a une signature automatique tout à fait charmante.


La mise en page, ça me gênait un peu aussi mais j'ai jeté un coup d'oeil là dedans et c'était juste une balise mal refermée qui resserrait complètement le "Test RP". Mais chut Nii ! Faut pas le lui dire pour sa signature automatique ! ♥



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« I'm in the basement, you're in the sky ;
I'm in the basement baby, drop on by.

Hold your breath and count to ten
And fall apart and start again -
Hold your breath and count to ten,
Start again, start again... »

Voilà mon cœur ; prudence en sortant :
 


Dernière édition par Emrys Sulwyn le Jeu 23 Aoû 2012 - 17:48, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."   Jeu 23 Aoû 2012 - 16:50

    Merci beaucoup!

    Je suis ravie si les sous-entendus sont passés \o/

    Pour le pouvoir... Eh bien disons que si je le nomme "TARDIS", ça sera plus explicatif? (Grosse fan de la série Doctor Who, oui oui)
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MessageSujet: Re: Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."   

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Ice Cromwell -"Alone is what I have. Alone protects me."

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