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 Asphyxie.

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(mangez-moi mangez-moaaa)
Claris Linden
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• Pouvoir : T'as une drôle de tête ce matin, non ?
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 12:21

    C'est bon, on y va, c'est bon, tout va bien. Claris alla même jusqu'à lancer un regard inquiet à la pauvre Heather qui chancelait sur ses jambes affaiblies. Pauvre Heather hagarde, enfin inoffensive, qui ne faisait plus du tout peur à Claris comme si elle avait pu, en retirant le chapeau de la vilaine sorcière, découvrir la princesse éplorée qui se cachait en-dessous. Elle aurait compati, se serait réellement inquiétée, gentille qu'elle était, naïve qu'elle était, si le seau d'eau qu'on lui avait renversé sur la tête avait été moins glacé. Elle était toujours abasourdie par le choc, anesthésiée, la petite Claris. Elle faisait ce qu'on lui demandait, elle bougeait si on le lui disait, elle allait où on voulait - elle serait sage et obéissante, jusqu'à ce qu'on lui permette de rentrer chez elle et de se blottir entre des couvertures chaudes et douces, où elle pourrait croire que plus rien ne l'atteindrait. Plus jamais. C'était vers ces deux mots que titubait sa figure hagarde désormais, plus jamais de course pour sa vie, plus jamais d'écorchures violacées, plus jamais de cris et de larmes, plus jamais de peur, plus jamais. Elle aurait presque pu y croire.
    Dommage.
    Et dire qu'elle n'avait même pas encore baissé cette arme pour se mettre en marche vers le manoir. Elle aurait peut-être pu se boucher les oreilles alors, ne pas se retourner, faire comme si de rien n'était. Mais trop tard, elle avait la vérité en face des yeux, gravée sur sa rétine à l'encre rouge. Le couteau qui se lève et s'abaisse, le sang qui gicle, Kélian qui s'effondre, elle ne pouvait qu'assister à la scène sans bouger, plus immobile qu'une statue de cire. Un cauchemar. C'était un cauchemar vicieux glissé sous la peau craquelée d'un espoir déjà mort. En fait c'était vraiment une sorcière.
    Claris cria. Une fois, deux fois. Elle lâcha son bout de métal inutile et plaqua ses mains sur sa bouche pour s'empêcher de crier plus, comme si cela allait pouvoir d'une manière ou d'une autre endiguer la terreur qu'elle ressentait. Elle ne savait plus penser, plus bouger, plus rien. La peur et les larmes la faisaient suffoquer, et c'était tout, elle ne pouvait rien faire de plus, rien.
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Heather Maystood
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 19:55

Le contact de la peau blafarde sous le tranchant de la lame fit fleurir un doux sourire au coin de ses lèvres gercées. Comme on retrouvait un vieil ami ou un vieil amant qu’on n’avait pas vu depuis des années : une boule au creux du ventre qui étendait doucement ses tentacules jusqu’à la gorge, laissant derrière elles une trainée douce-amère. On arrangeait ses cheveux d’une main fébrile, on cherchait avec un vague embarras les mots qui ne nous viendraient pas à l’esprit le moment venu ; et voilà qu’au moment de la fatidique rencontre on se tombait dans les bras. Sans manières. Le temps s’effaçait la queue entre les jambes –et c’était juste beau. Rien ne lui seyait mieux que l’odeur métallique qui emplit l’air, son visage tuméfié éclaboussé d’inélégantes gerbes de sang. Ravie à en pleurer.
Kélian se retourna ; ses genoux le lâchèrent brusquement. Traîtres, traîtres, fichus traîtres, traduisit-elle au milieu de son immobilité, plus indifférente à la souffrance de son ami qu’aux cris silencieux des arbres. La petite blonde ouvrit de grands yeux exorbités : ma chérie, assura la voix caressante, n’aie pas peur, ton tour viendra, tu ne seras pas seule bien longtemps. Le dieu déchu de son piédestal, couvert d’égratignures et d’hématomes auréolés de mouches violettes, n’avait pas fière allure. Pourtant un couteau en main, son jugement de s’en abattait pas moins sur les ouailles récalcitrantes de son maigre troupeau. Une flèche de délivrance et d’égalité se fichait dans leurs poitrines de philanthropes miséreux. La voix du brun résonna étrangement à ses oreilles et la jolie princesse échevelée leva son arme dans les airs –prête à l’abattre, une nouvelle fois ; une seconde d’hésitation, le temps de jeter sur le tapis un drôle de sourire bancal. Eh quoi, eh quoi, eh quoi ! Quoi ! Qu’avait-il, qu’avait-elle ? Que disaient-ils tous ? Et quel était ce vacarme immonde ? Claris hurla, ajoutant sa voix terrorisée au concert nasillard qui l’assourdissait. Heather résista à la tentation de plaquer ses mains sur ses oreilles. Elle ne connaissait pas la maître d’orchestre, l’affreux chef à la baguette si dure.
Mais Heather, elle n’avait jamais tué personne –personne qu’elle connût vraiment. Je n’ai pas le choix, se consola-t-elle sans en avoir besoin. A moins que cela fut terriblement nécessaire. Elle ne travaillait pas en équipe –elle ne travaillait pas en équipe. On lui avait demandé de le faire, mais on ne lui demandait rien. Rien, rien, rien ! Avec rage, sourde à la douleur qui cuisait jusqu’au dernier de ses muscles torturés, elle visa le ventre de son compagnon.

De son compagnon. De quelqu’un qu’elle connaissait.
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 19:55

Le membre 'Heather Maystood' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
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#2 'Dé Dégâts' :
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 21:14

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« Trees will speak before you listen ; oh my God - no one knows that
We can barely stand each other ; it's not right, no it's not fair.
Cause I'd wait anywhere for you.
Would you wait for me ?
Bleeding tears is the least of our problems here ;
We can moan our family's gone, blistered feelings -
All we have's diseased organs.
And I'd die anytime for you.
Would you die for me ? »

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 21:14

Le membre 'Kélian Ael' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
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#2 'Dé Dérobé' :
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeLun 11 Mar 2013 - 1:55

Éteins éteins éteins éteins – éteins tout, allez, dépêche toi. Une à une, Kélian souffla les bougies qui menaçaient de mettre le feu à ses sens et sa raison ; une à une, il les couvrit d'une épaisse couche de poussière et de terre. Éteins, éteins, éteins. Éteins tout. La douleur vrillait ses tympans, coulant dans le moindre de ses nerfs à vifs en une cacophonie indistincte d'ordres et de suppliques – et c'en était insupportable, tant les voix qui se pressaient autour de lui étaient familières. Le sang, la douleur, la peur, l'incompréhension ; la peur, la peur. La peur. Ses pupilles rétractées ne voyaient plus que ça – son cœur affolé ne jurait plus que par ce mot. Peur, peur, peur, peur. Il était terrorisé, littéralement. Parce qu'Heather avait toujours le couteau en main. Parce que Claris criait. Parce qu'il sentait le sang couler sous ses doigts et que, transpercé par le regard de cette fille qu'il ne reconnaissait pas, il sut qu'elle ne l'écouterait pas. Elle n'était plus elle-même ; elle n'était plus personne.
Elle voulait le tuer.
Et, s'il ne faisait rien, elle allait le tuer.

Éteins tout.

Le couteau fondit sur lui et, les lèvres déformées sur un rictus terrorisé, il leva par réflexe sa main droite ; ses doigts se refermèrent sur un poignet, de la peau – de la chaire à vif, du sang. Sa prise glissa, il serra plus fort. Il ne lâcherait pas, il ne lâcherait pas, il ne lâcherait pas... Il. Ne. Lâcherait pas. Son cou endolori et son épaule lacérée n'étaient plus rien à côté de ce couteau qui menaçait à tout moment de lui transpercer l'estomac : sauver ce qui pouvait encore l'être, il devait sauver ce qui pouvait encore l'être.
Claris n'était pas morte, Heather n'était pas...
Il ne lâcherait pas.

« Lâche ça - Heather, reprends-toi ! »

Kélian suppliait ; espérait. Croyait encore que, peut-être, elle allait accepter de lâcher ce couteau et se réveiller, redevenir l'idiote inoffensive à laquelle il avait fini par s'attacher. Il ne pouvait pas la blesser – ni elle, ni Claris, ni personne. Il ne pouvait pas.
Dents serrées, il tenta une énième fois de mettre de l'ordre dans ses idées.

« Tu me tuerais pas. »

Les mots glissèrent à peine entre ses lèvres ; teintés de doute, amers. Elle ne le tuerait pas. Elle ne le tuerait pas.
Et lui, il ne lâcherait pas.



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Heather Maystood
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeMar 12 Mar 2013 - 19:07

Heather avait sans doute présumé de ses forces, minées par les chutes, les cercles violets épars sur son corps meurtri et le souvenir cuisant de la douleur qui avait irradié de son coude à son épaule pour enfoncer ses pinces crochues dans son cerveau puis celle, non moins atroce, de l’écorce qui entaillait sa peau et plantait des échardes dans sa chair. Ses ongles cassés s’étaient agrippés au lambeau de peau rougie, s’étaient escrimés à retirer jusqu’à la dernière trace de ces arabesques alambiquées de son poignet jusqu’à le fourrer dans sa poche comme un autocollant pour gamin. Des morceaux ivoire y étaient encore collés, blancs comme l’os. Le goût du tissu dans sa bouche anhydre. Et beaucoup d’autres déconvenues, beaucoup d’autres nœuds, beaucoup d’autres choses. Si son orgueil ne s’en était pas chargé, cet enfer seul l’aurait rendue folle.
Et qu’y avait-il de plus étrange pour elle que la vague certitude qui faisait encore frémir les veines de Kélian ? Son sang coulait pourtant à flot –et sur son visage, quelle incompréhension ! La blonde la savoura tandis que l’acier fendait fièrement l’air ; et cru en mourir alors que la poigne griffue de ce monstre sans cœur raffermit sa prise autour de son poignet blessé. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne glissa sur ses lèvres : ils leur préféraient le confort d’une tête si vide et cabossée, bouillonnante de cris face au silence désarmant de l’extérieur. Le malaise remplaça la surprise sur ses traits en lame de couteau. Et ils sortirent. D’abord un faible gémissement, puis un cri rauque et plaintif. Elle jeta un regard furibond à Claris : mais ce n’était pas elle qui hurlait, cette fois. Au milieu de son calvaire, elle n’était pas état d’écouter qui que ce fut d’autre que la cantatrice qui lui braillait mille paroles d’apitoiement sur son pauvre sort. Pauvre, pauvre Heather ! Pauvre petite fille qui avait trop mal. Elle ravala son sourire déformé, le vomit et le laissa trainer sur son visage, effrayant. Ou peut-être l’aurait-il été s’il n’avait été posé sur une poupée aussi démanchée.

« Tu me tuerais pas. »

Heather sentit monter un rire tonitruant. Il n’en resta guère qu’un geignement pleurnichard et un tressaillement au coin droit de sa bouche : eh ? Eh ! Elle en avait tué plus que ça. La seconde de battement qui avait si lourdement épaissi le vide entre Kélian et sa main effacée de sa mémoire versatile, elle jura que si. Et probablement l’aurait-elle fait –un bref cillement pour tout prix et plus tard une vague mélancolie sans importance. Mais ce pauvre abruti ne lâcha pas son poignet ; elle avait de la volonté, un sacré fichu caractère en toutes circonstances, toujours un mot pour répliquer, un peu de fiel à jeter et un manteau de morgue venimeuse pour s’y draper. Elle avait de la volonté. Mais elle avait mal et ses doigts, sans qu’elle y prît gare, laissèrent l’objet glisser au sol avec un tintement clair. Incapable de se calmer, elle se laissa tomber au sol en gémissant –se jeter sur Kélian, rattraper l’arme et lui arracher tout ce qu’il avait de plus misérable à coup d’ongles et de dents comme une bête s’il l’avait fallu, et exorciser enfin le mal. Attraper Claris et le laisser enfoncer le fer dans son cœur –et elle ne fit rien.
Elle pleurnicha en silence comme une enfant alors que Claris n’avait pas versé une larme. L’épuisement la força à reconnaître que le moment viendrait, et son aberrante confiance lui fit savoir qu’elle saurait le reconnaître alors. « Tu ne me tuerais pas », récita-t-elle sans un bruit. Ni Kélian ni Claris ne l’aurait tuée. Elle était le maître en sa maison. Mais elle ne pensait plus à grand-chose à cet instant.
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Kélian Ael
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeDim 17 Mar 2013 - 4:33

Peut-être serrait-il trop fort ; peut-être risquait-il de lui faire mal, aussi faible se sente-t-il en cet instant. Il avait toujours plus de capacités que la moyenne, plus de force qu'Heather pourrait jamais en avoir. Il était encore capable de la blesser, peu importe le sang qui fuyait à toute allure le long de sa peau pour se perdre sur sa chemise, dans son dos, sur son bras. Il n'était pas sans défense ; pas encore. Tant qu'il ne déciderait pas de lui rendre sa liberté, elle ne pourrait pas lui faire lâcher prise. Elle ne pourrait pas.
A moins qu'il lâche, elle ne pourrait pas – et il ne lâcherait pas. Il ne lâcherait pas.
C'était comme se maintenir tant bien que mal au bord d'une falaise. Peu importe les bras douloureux, les phalanges râpées ou l'estomac en vrac ; peu importe, pas le temps de s'en préoccuper. Si t'as le vertige, regarde pas en bas. Regarde pas en bas. Parce que s'il lâchait prise, il en mourrait. Ce serait la chute, inévitable, et la réception impossible au pied du mur. Il en crèverait. S'il lâchait, ce serait la fin.

Alors il ne lâcha pas.

Cling ; le couteau, abandonné, glissa entre les doigts abîmés d'Heather. Le bout de métal s'écrasa près d'eux dans un silence assourdissant, la lame encore couverte d'un sang épais et chaud ; puis, enfin, il s'immobilisa. Kélian resta coi, perplexe. Perdu. C'était la fin du cauchemar, non ? Le monstre a perdu ses griffes et son costume, il n'a plus rien d'effrayant. Le monstre est parti. Sans son arme, sans cette expression étrangère imprimée sur son visage éraflé, la jeune femme lui paraissait de nouveau faible, idiote et sans défense : elle n'avait plus rien d'une meurtrière. Pourtant, il fut incapable de la lâcher. Pas tout de suite, pas maintenant – pas avant d'être sûr. Parce qu'insidieusement, sans qu'il s'en rende compte, l'image de son amie s'était superposée à celle d'une mort imminente. Parce que, le cœur affolé et la respiration erratique, il n'était plus sûr de pouvoir lui refaire confiance un jour.
S'ils s'en sortaient seulement.
La jeune femme se laissa tomber au sol dans un gémissement étouffé.
Il lâcha.
Main de nouveau contre son cou, il poussa un soupir tremblant ; réussit, au prix d'un effort douloureux, à faire glisser le couteau à quelques mètres d'eux. Si elle perdait l'esprit encore une fois, si – si elle voulait s'en prendre à Claris, la fillette aurait le temps de fuir. C'était suffisant. C'était tout ce qu'il pouvait faire. Tout ce qu'il voulait faire, aussi. L'envie de croire que tout cela n'était qu'un horrible malentendu, qu'une machination cruelle des I. ou d'un pouvoir environnant – peut-être même le sien – était trop tentante pour être ignorée. Elle balayait littéralement tout le reste.
On ne lui enlèverait pas ça, non. Qu'ils aillent se faire foutre.

« Pourquoi t'as fait ça ?! »

Son exclamation emplie de ressentiment masqua à peine l'angoisse qui serrait sa gorge. Il avait juste... envie de pleurer. Toute cette situation était ridicule. Complètement ridicule.
Et lui, il en avait plus qu'assez.
Son dos rompit l'effort et vint heurter le sol dans un bruit mat. Il sentit l'angoisse le prendre à la gorge mais, face à la peur qui l'étreignait encore, sa phobie réussit à peine à se faire entendre. L'hemorragie refusait de s'arrêter ; il appuya plus fort, bêtement, sans savoir quoi faire, occupé à jurer entre ses dents pour s'efforcer de donner un sens à une situation qui n'en avait pas.
Il aurait presque préféré rester allongé là.



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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeLun 18 Mar 2013 - 19:55

    Une sirène d'alarme s'était déclenchée dans la tête de Claris lorsque Heather s'était attaquée à Kélian. Elle était proche d'eux, ne s'étant pas encore éloignée d'elle-même, par l'action d'un instinct qui la poussait à rester au plus près de ceux qui pourraient lui fournir la meilleure protection. Mais quand le rempart présumé se transforma en un terrible chausse-trappe, les quelques mètres qui la séparaient seulement des deux pensionnaires lui parurent des kilomètres infranchissables. Une distance énorme qu'elle pouvait mettre à profit pour s'enfuir.
    Mais le problème était toujours le même. S'enfuir, dans la triste comédie dans laquelle ils étaient tous enrôlés de force, c'était en condamner un à la mort. Et se rassurer en répétant qu'on aurait rien pu faire n'allégeait pas l'énormité de l'acte ; s'enfuir, laisser quelqu'un derrière, pour Claris et sa petite tête d'idéaliste, c'était un acte atroce, honteux et parfaitement inhumain. Elle ne l'aurait fait pour rien au monde.
    Mais elle avait peur, si peur. Ce qui lui glaçait le sang était même au-delà du simple effroi, c'en devenait un abattement minéral, un fatalisme hébété. Et elle se répétait des décisions contradictoires en boucle. Sauve-toi. Non, je ne peux pas. C'est lui qui t'a dit de fuir. Mais non, non, non !
    Et au final, elle ne pensa plus rien et ses jambes indécises, tiraillées entre l'envie de partir en courant et l'idée d'un terrible devoir moral, la lâchèrent tout simplement sur place. La fillette s'écroula à genoux dans l'herbe, les mains sur la bouche comme pour empêcher quelque chose d'horrible d'y pénétrer, inutile.
    Et elle resta sur place. Heather aurait bien pu venir l'étriper de ses propres mains qu'elle n'aurait pas fait un geste pour se protéger. Elle était au-delà de toute tentative d'autoconservation, à présent. Elle serait sans doute morte de peur au moindre geste dans sa direction, d'ailleurs, si Heather ne s'était pas soudainement laissée tomber à terre, molle comme une poupée de chiffon. Claris regarda Kélian écarter le couteau ensanglanté d'elle sans comprendre, ses deux yeux bleus secs et ternes comme des cailloux. Que se passait-il ? Et maintenant, qu'est-ce qu'elle devait faire ? La fillette regarda son ami se laisser dans l'herbe ; elle se demanda s'il était gravement blessé. S'il risquait d'en mourir. Ce qu'elle pouvait bien faire pour l'aider.
    Rien. Elle ne savait même pas guérir une égratignure. Elle n'avait pas de pouvoir pour ressusciter les morts. Elle n'avait même pas le courage nécessaire pour se relever au lieu de rester là, tremblante et inutile comme un oisillon réchappé d'un ouragan qui appelle sa mère en vain. Il n'y avait rien qu'elle puisse faire ; et cependant, la vision du jeune homme si près de la femme qui venait de l'agresser la terrorisait.
    Claris n'avait jamais aimé Heather. Elle n'était pas en mesure de comprendre les scrupules que Kélian pouvait encore avoir en réserve. Et si elle avait ressenti de la compassion pour la pauvre créature brisée que la fortune avait sortie du bois, celle-ci avait été balayée net par la vision d'une sorcière brandissant un couteau. Seuls quelques mots subsistaient : traîtresse, traîtresse, menteuse, mauvaise, meurtrière. Il résonnaient dans sa tête vide comme dans une sombre caverne.
    Malgré le retour d'un calme relatif, Claris ressentait toujours une terrible envie de partir en courant. En outre, depuis que le sens de la scène qui se jouait sous ses yeux commençait à lui échapper, elle en venait à sentir le poids qu'elle devait représenter pour son ami. Est-ce qu'il restait là à dessein, ou ne pouvait-il plus bouger du tout ? La fillette aurait pu se précipiter vers lui, si le monstre n'était pas encore si proche ; sa vue transformait ses jambes en bâtons de glace rigides. Elle aurait voulu que Kélian s'éloigne ; elle avait trop peur pour aller le chercher, d'autant plus qu'elle n'était pas certaine de l'aide qu'elle pourrait lui apporter. Alors elle s'en remit à sa décision, encore, en lançant son prénom dans l'air figé sur un ton aussi plaintif qu'interrogateur.


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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeDim 24 Mar 2013 - 16:21

Le lit à baldaquin de la suite royale d’un hôtel parisien. Le voile de mousseline noire qui couvrait la périphérie de son regard la plongeait dans la plus douce indolence qui fut. Elle ramena contre son flanc sa patte blessée, sourde aux questions que l’autre lui jetait à la figure. Les eût-elle entendues que ses lèvres gercées n’auraient pas esquissé un son ; rien qu’un gémissement continu qui tendait, doucement, à s’éteindre pour rendre grâce aux halètements affolés des deux protagonistes de la scène. Claris, immobile, n’avait pas couru. Heather n’avait aucun moyen de la voir, moins encore de l’entendre, pourtant elle était là et elle le sentait et elle aurait remercié la Providence de ne pas lui avoir donné deux sous de jugeote si la Providence avait revêtu un sens à ses yeux clairs mais la Providence n’en revêtait pas et n’était pas en odeur de sainteté ce qui ne lui paraissait pas parfaitement clair et penser était douloureux quand on sortait des sentiers battus et que l’horizon se résumait à un trait au loin un trait trop lointain d’ailleurs. Courir après Shannon dans les bois. Aviser cette bâtisse qui n’avait rien à y faire. Pousser les battants pour la retrouver. Fermer la porte derrière elle pour que la biche ne s’enfuît pas à toutes jambes. Clac. Regarder à droite, à gauche, regarder en l’air, en bas, regarder le panneau et rire un peu, et appuyer sur la clenche. Clac. Fermé. Flûte. Monter les escaliers se cacher dans les ombres se changer brûler les vieux vêtements non, mais les laver à l’eau chaude parce que l’eau glacée les aurait gâchés. Rencontrer des gens, sourire, oui, tout va bien, leur parler, se souvenir de Layne, rencontrer des gens, vivre.

Et se réveiller par un bel après-midi un peu frais dans le temple, comble de l’ironie, sans que personne ne pensât à chanter ses louanges. Sa nouvelle vie défilait devant ses yeux, une foule de visages se superposaient à ceux de Kélian et celui de Claris, qu’elle pouvait entrevoir à présent, du moins le pensait-elle, quand elle levait le menton et martyrisait sa nuque. Claris ressembla à Soren ; lui succéda un autre, tout aussi gerbant. Kélian lui en évoqua un autre et, incapable de soutenir ces nuées de regards accusateurs braqués sur elle, Maystood laissa ses paupières retomber, sûre de sa victoire à venir. L’odeur lui en montait dans les narines et la ravissait, jurait-elle. Tant qu’ils ne plantaient pas ce couteau dans ses chairs –quel abruti. Quelle belle bande de bras cassés. Jeter un couteau, si beau, si honnête, comme si c’était de sa faute, pauvre petite chose, on ne lui avait rien demandé, comme s’il était nécessaire, le mignon, elle pouvait les avoir comme ça, il suffisait de le vouloir, de se bouger un peu.
Bouge, bouge, bouge-toi. Lève-toi. Bouge.
Bouge.

Mais pas un muscle de son corps filiforme ne bougea. Kélian céda à la tentation et dû tomber quelque part, le choc mat avertit la blonde ; pas mort. C’aurait été trop beau. Ce n’aurait pas été du jeu. Il lui fallait un plan. Vite, ma grande, bouge. Bouge. Fais quelque chose ou tu vas rester ici. Aucune idée ne lui vint et elle attendit quelques secondes. Aucune idée ne lui vint et elle attendit encore. Puis toujours rien. C’en devenait inquiétant. Sauf qu’Heather ne s’inquiétait jamais de rien parce que rien ne risquait de l’inquiéter et pourquoi s’inquiéter au fond quand personne ne pouvait rien contre vous alors que vous gisiez par terre et que votre bras vous lançait. Vraiment ; une douleur lancinante qu’elle maudit. La blondinette lança un mot dans l’air, léger comme une plume. Un temps passa. Les yeux toujours clos, le bras ramené contre sa poitrine presque inerte, Heather ne bougeait plus, apparemment sans conscience.

Je n’ai jamais tué quelqu’un que je connaissais si bien. Je suis moi, regardez-moi ! Maman, maman j’ai eu un B, c’est bien. Je ne suis pas noire, non, parce que ? Je ne suis pas blanche non plus, moi, et alors, toi non plus ! Un cadeau pour l’anniversaire d’Ashten, il en aura dix déjà. Quand est l’anniversaire de Clarence ? Cette flopée de gamins braillards n’a pas intérêt à toucher à mes vernis. Ma cheville est tordue ? J’ai mal. Ces tableaux, de vraies croûtes. Où est mon jean ? Je n’ai jamais fait ça ! Regarde, je suis là. Il n’y a encore rien sur MTV, c’est nul. J’ai mal.

Le noir se fit et se défit, fil après fil. Le canevas défait, elle leva les yeux, rabattit enfin une ou deux fois ses paupières un peu tuméfiées et balbutia deux trois mots incompréhensibles. Elle se redressa bon gré mal gré. Vaille que vaille, elle regarda autour d’elle et fronça ses jolis sourcils parfaitement épilés.

« Kélian…. ? Claris », lança-t-elle, un peu paumée.

En apparence au moins, s’il en est, parfaitement calmée. Qu’en dire d’autre, qu’en dire ? Elle se tut, bouche bée. Kélian étendu ici, Claris tombée là-bas. On lui avait enlevé les piles, laissée en mode veille, en stand-by, tourné le bouton du son, déchargé la batterie, à côté de ses pompes. Heather ne dit plus rien.

« Que…, Qu’est-ce que… Kélian, ça va, tu… Vous n’avez rien ? »

Puis, comme prise d’une crise de frénésie :

« Il faut partir, dans le temple, si elle nous rattrape, on va tous… »

Bref regard autour d’elle, derechef. Je suis parfaite.

« Tu saignes ! »

Elle s’approche, elle pose la main, sa main presque valide, sur son cou et recule un peu précipitamment, visiblement effrayée et oublieuse de son propre état, toujours à genoux et elle est vraiment parfaite.
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeVen 29 Mar 2013 - 22:01

Inspire, expire. Inspire, expire. Inspire, expire. Yeux grand ouverts, sourd aux battements affolés de son cœur qui cognait sans relâche contre ses côtes – bam bam bam –, Kélian se brûla les rétine sur ce ciel sans soleil ni étoiles. Inspire, expire, inspire, expire, inspire, inspire – inspire, inspire !
Une respiration brutale vint secouer son corps blessé. Les signaux de douleurs qui parcouraient ses nerfs, peu à peu, se turent au profit de la peur panique qui menaçait à tout moment de saturer son cerveau. Inspire, expire, inspire, expire. Il tenta de s'imaginer dos contre un mur – pria, en dernier recours, pour que quelqu'un vienne lui percer les tympans. Sans haut ni bas, plus de peur ; sans haut ni bas, tout irait bien. Il cligna des yeux, entendit la voix de Claris résonner à quelques mètres de là. « Kélian ? » Ta gueule, je suis pas mort. Je suis caché. Je suis à l'abri. Allez, reste allongé et prouve que tu peux le faire : tout le monde y arrive, non ? C'est facile, tu ne trouves pas ? Y'a rien qui t'empêche de te relever, là. T'as pas de quoi avoir peur.
Alors pourquoi t'étouffes, Kélian ?
Pourquoi tu saignes, si Heather est inoffensive ?
Et pourquoi Claris écoute jamais les adultes, fais chier à la fin –
Tout ces abrutis qui réussissent jamais à faire quoi que ce soit comme il faut. S'ils avaient écouté, au moins ; mais non, pensez-vous. Il faut qu'ils cassent tout, qu'ils s'écroulent dans un coin ou vous oublient, ne vous oublient pas, courent en sens inverse comme si désobéir était une fin en soi. Stupide, stupide, stupide...

« Kélian…. ? Claris »

Tiens ; il l'avait presque oubliée, celle-là.
Son corps se crispa douloureusement, hésitant entre se tendre jusqu'à la fracture et se laisser aller au confort d'un sommeil sans retour. A force de compresser sa blessure, il aurait presque pu croire que sa main s'était fondue dans les tissus abîmés de son cou. C'était son ancre : bouge les et t'es mort, répétait sans cesse son cerveau. Saute seulement sur les pavés noirs et tu resteras en vie, grimpe sur le lit pour éviter la lave, attends qu'on vienne te chercher, on viendra te chercher – et si t'en as marre, c'est simple : arrête de jouer. Arrête de jouer.
Heather poursuit, dit n'importe quoi, oublie, recommence. Il voulut crier à Claris de partir : ses lèvres s'ouvrirent sur du vide.
Elle avait pas le droit de faire ça. C'était trop cruel, trop injuste.

« Tu saignes ! »

Un mouvement de recul, la peur panique qui remet le système en route. Ce fut suffisant.
Son dos se redressa vaguement, comme il le put, puis son coude vint heurter le sol et, enfin, le ciel s'effaça au profit d'un horizon moins vaste. Repoussant le sol de son talon, toujours assis, il augmenta dérisoirement la distance qui le séparait de la jeune femme. Heather, à genoux ; et Claris, qu'il pouvait deviner sans la voir dans son dos. Appuyé sur son coude gauche, ignorant son épaule qui recommençait à faire des siennes, il laissa s'échapper un rire vide.
Arrêter de jouer, hein ?

« Ouais, je saigne ! C'est ce qui arrive quand on poignarde quelqu'un, pauvre conne, cracha-t-il, le visage crispé sur une grimace de douleur. Tu vas pas me faire croire que... »

Une ombre passa devant ses yeux. Il avait besoin de bander sa blessure, de se reposer. Franchement, s'il s'en sortait...
Ce serait un foutu miracle.

« ET CLARIS – Je t'avais dit de te tirer, abrutie ! »

Abrutie, abrutie. Tous des abrutis, voilà ce qu'ils étaient. Tous sans exception.



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We can barely stand each other ; it's not right, no it's not fair.
Cause I'd wait anywhere for you.
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• AEA : Layne, une créature d'un film d'horreur. Mieux vaut ne pas trop le déranger...
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeSam 13 Avr 2013 - 19:40

Kélian avait mal –mais un mal insidieux, plus dangereux encore, rongeait de l’intérieur sa si douce compagne. Elle passa à nouveau une main tremblante dans sa tignasse emmêlée. Elle leva à nouveau son poignet à hauteur de son visage tuméfié. Elle arrêta à nouveau sa pensée à son ami couvert de sang, et constata que tout n’allait pas si mal. Avoir peur ne lui passa pas par la tête. Pas plus à vrai dire qu’il ne lui vint à l’esprit l’idée de se dépêcher. Sans bruit, elle déplia ses longues pattes d’araignée et se hissa au-dessus du sol, appuyée sur son bras valide. D’un pas hésitant, elle s’approcha des deux autres et recula vivement jusqu’à ce que plus d’un mètre les séparât. Avoir peur ne lui passa pas par la tête, non ; car quitte à lever la main sur elle ils l’auraient fait plus tôt. La mèche humide, ou le détonateur cassé de la bombe peinait à s’enclencher et Claris n’esquissait pas un mouvement, perdue. Lourd inconvénient.
La voix se fraya un chemin dans l’air saturé ; les mots n’avaient aucune importance dans ce genre de situation. Il était en colère –mais lui non plus ne devait pas avoir peur. Pourquoi la mort aurait-elle été effrayante, parée de si jolies couleurs ? Désespérée, un sanglot se bloqua dans la gorge d’Heather et éclata dans sa poitrine. Elle voulait tant être belle et resplendir ! Les mouches bleues et violettes, les taches sombres qui éclaboussaient sa peau lui créaient un nouveau visage. Elle n’aspirait plus qu’à se regarder. Au sol, l’autre ne bougeait plus. Il avait l’air mort et ses paroles ne lui donnaient pas l’air plus vivant. Venimeuses, incrédules, pas dupes, très belles et violentes. La queue du lézard. Surprise par son cri, Maystood sursauta et releva la tête : la petite attendait toujours, sonnée et parfaitement cloche. La main de la jeune fille vint couvrir sa bouche tordue sous ses yeux éteints. Elle se mordit la lèvre. Une larme coula toute seule, bête.

« Je ne me souviens de rien… Il y avait Selenda au temple, peina-t-elle à articuler à travers sa gorge serrée, et j’avais réussi à m’enfuir… Je ne savais pas que vous étiez ici, je n’ai rien compris, je ne sais pas ce qui m’arrive…, si c’est un pouvoir, ou… »

Elle secoua la tête, impuissante :

« Il faut que vous vous en alliez, déclara-t-elle. Si ça recommençait, et que je vous blessais, je ne pourrais pas me le pardonner. Je ne peux déjà pas… En attendant, je… »

Heather chancela, ne sachant que dire –en attendant. Je. Un gros chagrin lui sciait les tripes.

« Tu aurais dû me tuer… Claris, tu peux l’aider à se soigner, il faut de l’eau, absolument laver la plaie avant d'arrêter l'hémorragie, je, je… Je ne veux pas m’approcher, si jamais ça… Allez-vous-en, par pitié… »


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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Avr 2013 - 9:54

Effrayé par l'engourdissement, Kélian en vint à s'accrocher de toute ses forces à la douleur qui lui sciait les jambes. Tant qu'il avait mal, il était en vie : c'était la seule chose sur laquelle il pouvait encore se reposer. Son épaule gauche lui faisait atrocement mal, l'autre aussi et en fin de compte – en fin de compte, c'en était si insupportable que ça en devenait dérisoire. Il se sentait aussi mal qu'après une nuit d'insomnie, aussi fatigué qu'un soir d'été. Il voulait juste aller se coucher. C'était tentant, vraiment – parce que tout ce que son corps lui demandait, la seule chose à laquelle il aspirait, c'était se laisser glisser au sol et attendre qu'on vienne le chercher.
Seulement personne ne viendrait, Claris avait peur et Heather, Heather...
Alors il cligna violemment des yeux, se mordit la lèvre jusqu'au sang pour rester éveillé. Il aurait tout le temps de dormir s'il finissait par y rester. En attendant, il allait tenir. Il allait tenir, merde, il allait tenir – il allait tenir, il allait tenir. Quitte à crever malgré tout, au moins aurait-il essayé. C'était trop facile, mourir. Beaucoup trop facile.
Il n'avait pas le droit. Pas encore.

« Je ne me souviens de rien… Il y avait Selenda au temple, et j’avais réussi à m’enfuir… Je ne savais pas que vous étiez ici, je n’ai rien compris, je ne sais pas ce qui m’arrive…, si c’est un pouvoir, ou… »

Un rire muet secoua les épaules meurtries de Kélian ; crispé et bien mal en point, il essaya de se redresser. Son coude se souleva du sol, sa main se referma sur la terre et, tant bien que mal, il parvint à s’asseoir. Le monde tangua ; il avait perdu trop de sang. C'était sacrément mal parti. Même s'il réussissait à bander sa blessure – et ce serait difficile, vu que cette belle idiote l'avait frappé entre le cou et l'épaule – il serait à proprement parler incapable de lever la main sur qui que ce soit. Même courir était hors de portée. Il pourrait juste marcher, se cacher. Espérer et attendre.
Heather continua de parler et, yeux fermés, il pria pour qu'elle se taise et rit comme une démente. Les perches qu'elle lui tendait étaient trop faciles à prendre, c'en était cruel. Il voulut qu'elle lui ait menti, espéra être capable de la haïr : ça aurait été tellement plus facile. La douleur se fit plus violente. C'était cruel, injuste, cruel, cruel. Plus elle parlait et plus sa gorge se serrait, plus il peinait à respirer correctement.
Il voulait tellement la croire.

« Tu aurais dû me tuer… Claris, tu peux l’aider à se soigner, il faut de l’eau, absolument laver la plaie avant d'arrêter l'hémorragie, je, je… Je ne veux pas m’approcher, si jamais ça… Allez-vous-en, par pitié… »

Allez-vous-en, qu'elle disait ; tu aurais du me tuer, il faut de l'eau.
Son rire silencieux se mua en sanglots. Il ne pleurerait pas – pas cette fois, non. La prochaine fois, il sut qu'il n'y parviendrait pas.

« Te tuer... »

Il répéta ces mots d'une voix atone, le regard dans le vague. Comme si ces lettres n'avaient pas le moindre sens, qu'il ne les comprenait pas. Il voulut se mettre debout ; ne sut comment faire, se demanda comment il s'y prenait d'habitude pour se redresser. Abandonna.
Je ne suis pas faible, je ne suis pas stupide. Juste... Complètement crevé.
Kélian esquissa un sourire sarcastique. Il crut avoir entendu le nom de Selenda, fut incapable de le replacer en contexte – et qu'est-ce qu'elle foutait là, encore, celle-là ? Combien de ses connaissances avaient pu être entraînées dans ce jeu ridicule –
Sa gorge se serra de plus bel. Il se sentait stupide, avait mal et aurait vraiment, vraiment aimé que Clarence soit là.
Il ne le reverrait probablement pas. Mais il s'en sortirait, s'il était là. Il ne s'en faisait pas.

« Je peux pas. Je peux pas. »

Me relever, te tuer, courir, prendre soin de Claris ; je peux pas. A sourire comme ça, il semblait presque fier de lui. Il démissionnait de toutes ses obligations.
Je peux pas.

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 18 Avr 2013 - 0:24

    Incompréhensible. Anesthésie générale. La sirène d'alarme noyée sous une chape de glace. Allô maman, le téléphone sonne dans le vide. Allô maman, où es-tu ? Pourquoi tu n'as jamais été là quand j'en avais besoin ?
    Réveille-toi Claris. Réveille-toi. Tu ne peux pas rester comme ça pour toujours. Tu ne veux pas mourir, pas vrai ?
    La fillette renifla et ses mains terreuses vinrent frotter des yeux rougis par le froid et les larmes. Des sillons salés séchaient sur ses joues ; elle ne savait plus où ils en étaient. Qui était le méchant, comment l'histoire allait-elle finir ? Elle avait l'impression d'être assise devant un livre d'image ouvert à une page terrible.
    Avait voulu avoir cette impression.
    Elle avait nié. Avait rattrapé toutes les mains qui pendaient, sans se soucier de si elles étaient assez fortes pour supporter son poids ou non. Elle s'était laissée tomber parce qu'elle-même ne s'en sentait pas capable. Elle avait pleuré, reniflé, fait des promesses, brisé des promesses et pleuré encore.
    Tu n'en as pas assez ?
    Elle n'en avait pas assez parce qu'elle ne savait pas quoi faire. Elle était trop petite, trop bête, trop insouciante, trop ceci, trop cela. Pas responsable pour un sou. Un vrai bébé. Et puis, elle n'était pas assez courageuse pour tenir sur ses jambes toute seule : elle avait très peur et peur de faire des erreurs, peur qu'on la laisse derrière, peur qu'on lui fasse du mal. Alors elle pleurait et se cachait derrière l'excuse de l'enfance. Je suis trop petite. Dis-moi quoi faire, je suis trop petite. Ça se voit, non ?
    Elle avait 14 ans, maintenant. Elle avait compté. L'horloge égrenait les années dans sa tête. C'était trop tard maintenant, pour jouer les petites filles réfugiées dans les jupes des grandes. Il n'y avait plus de voile pour la cacher ou de jambes fortes pour la soutenir. Parce que c'était aussi trop dur pour les autres, au bout d'un moment. C'aurait été bien de s'en rendre compte avant.
    Maintenant elle ne pourrait peut-être pas réparer ces erreurs. Elle était toujours faible, toujours inutile ; et tout l'enthousiasme du monde avait filé par ses pleurs.
    Mais tu es grande, maintenant. Ou alors il serait peut-être temps de grandir un peu.
    Mais elle ne voulait pas.
    Mais elle n'allait pas avoir le choix.
    Comment on fait, pour grandir ? La gorge serrée et les yeux gonflés de larmes, Claris cherchait vainement quoi faire. Chercher une solution sans se reposer sur les autres. C'était dur.
    Sois un peu courageuse, Claris. Juste un peu, pour de vrai, pour une fois.
    La petite main de la gamine aux mèches éparses se referma sur la sangle de son sac. La lâcha, pour s'enfoncer dans la terre et pousser pour soutenir ses genoux. C'est pas si dur que ça, hein ? Dis-toi que ce n'est pas grand-chose. Un peu tremblante, un peu bancale, elle se redressa ; la besace pesa lourd dans ses mains lorsqu'elle la ramassa. Et maintenant il faut faire un pas, puis deux. C'est super long et c'est dur, peut-être, mais au fond tu dois bien pouvoir y arriver.
    Claris effectua ces quelques pas ; sans lâcher Heather des yeux, ou juste un peu, parce qu'elle était fatiguée elle aussi, qu'elle en avait assez et qu'elle voulait juste que quelqu'un la serre dans ses bras. Mais il n'y avait personne, là. Personne en état, juste elle qui était encore entière.
    Ses genoux la laissèrent tomber encore une fois, à côté de Kélian. Tant pis pour Heather. Elle n'était toujours pas assez grande pour affronter Heather. Elle essayait juste de faire un effort. Elle essayait, hein ? Même si au fond, la solution, elle la trouvait pas. La fillette avisa quand même la plaie sur le cou de son ami et, faisant abstraction de l'horreur - trop fatiguée - se demanda ce qu'elle pouvait bien faire pour aider. Au juste. Il devait bien y avoir quelque chose, non ?
    En désespoir de cause, puisqu'il semblait bien qu'aucun d'entre eux n'avait de réponse miracle, elle tira doucement la manche du jeune homme en espérant ne pas le mettre en colère. Elle aurait voulu ne pas l'embêter plus, mais elle refusait de demander quoi que ce soit à Heather, silhouette menaçante à la limite de son champ de vision. C'était au-dessus de ses forces.

      « Kélian... On peut pas... » On peut pas quoi, au juste ? Evidemment qu'on peut pas. « Enfin... Dis, tu veux rester là ou... » Bien, continue comme ça, bravo. Génial. Non, respire. « Sinon... On peut faire comme pour ton bras... Pour que ça saigne plus... »

    Et sa plus grande crainte, tout de suite, c'était qu'il s'énerve à nouveau contre elle. Il lui en voulait de ne pas être partie. Elle avait mal fait. Mais maintenant, ça servirait à quoi ? Ça servirait à rien de s'excuser non plus. Encore moins si possible que quelques bredouillements stupides.

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 17:33

Claris s’agitait et, près d’elle, Kélian prenait plus encore l’apparence de la mort. Son teint pâle faisait écho à l’abandon désincarné de sa voix et doucement, Heather comprit qu’il était trop tard pour lui. Dans quelque temps sûrement, plus exsangue qu’un porc à l’abattoir, le brun ne dirait plus rien du tout. Rien d’anormal. Rien d’inhabituel. Il avait toujours été silencieux –pas comme elle qui l’avait toujours empêché de dormir avec ses cris perçants de parler par son babillage futile de s’ennuyer avec ses idées sans queue ni tête. Il avait toujours été pâle. Rien ne laissait supposer qu’un tragique carnage eût déchiré l’endroit. Le parc était si calme. Pas d’abeille bourdonnante, pas de cigale à cette saison, pas d’insectes à cette heure. Et puisqu’après tout cet homme n’aurait jamais levé la main sur elle, peut-être était-il temps d’en finir. La douleur sur son poignet et le sang qu’elle voyait pulser sous la peau rougeâtre de ses veines la rappelait à la réalité, doucement –ou l’en déconnectait.
Une main coupée ? Non.
Un bras manquant ? Non.
Un morceau de chair arraché ? Flagrant.
Une motte de terre ? Pas le temps.
Un cadavre amputé ? Intrigant.
Une main coupée ? Non.
Des animaux ? Impossible.
Caché ? Son coude était cassé.
Un tapis ? Il n’y avait de tapis que des feuilles.
Rouler ? Il n’y avait pas de tapis.
Caché ? On allait trouver.

Et elle était bien embêtée. La petite cherchait quoi faire ; un regard vers le bas et elle aurait compris. C’était trop tard. Pourquoi sauver quelqu’un qui ne cherchait plus à contenir son sang ? Et comment ? Eperdue, le poing serré devant la bouche et la gorge serrée, Heather secoua la tête –les jolies chandelles, pensa-t-elle alors qu’une myriade d’étoiles ridiculement brillantes et multicolores se pressait à la périphérie de son regard. Cette pauvre conne cherchait quoi faire, cette bonne poire pensait peut-être à un garrot ? Risible ! On n’arrêtait pas un coup si proche de la jugulaire. Si elle ne s’était pas ratée, il était fichu, foutu, bon pour la casse, parce qu’Elle l’avait choisi. Décidé. A cause d’elle quelque part, grâce à elle ailleurs. Difficile à dire.
Subitement énervée par les mouvements saccadés de la gamine, elle poussa un soupir ou grommela quelque chose, tituba jusqu’aux deux individus couverts de terre et se laissa tomber près de lui.

« Dégage, cracha-t-elle en direction de Claris. Laisse les grands faire, d’accord, merde ! On peut pas mettre un bandage ici, faut pas être con non plus ! » La blonde saisit de sa main valide le poignet de la petite sans se préoccuper de récriminations qu’elle n’écouterait pas et plaqua sa main sur la blessure de Kélian. « Et t’appuies, c’est compris ? Toi, on est sûr que tu tomberas pas dans les vapes, tandis que moi… Et aucun de nous ne serait tranquille, hein… (rire un peu triste, un peu sarcastique) Alors le laisse pas crever, d’accord ? Je vais aller chercher de l’aide, peut-être que Clarence ou je sais pas qui sera là, et… »

Heather fixa la gamine dans les yeux. Un peu de courage et d’adrénaline étaient remontés dans les siens.

« Kélian, on compte sur toi. Meurs pas. »

Elle relève la tête, jette un coup d’œil autour d’elle, semble réaliser quelque chose, honnêtement, reprend :

« C’est pas bon ici. Je t’aide à l’emmener à l’abri… Et puis… J’irai chercher quelqu’un… Je sais pas, je sais pas… »

Elle fait comme elle peut pour se relever, elle se traîne. Elle connait bien le parc, Heather, sur le bout des doigts. Elle fait tout le temps son jogging ici.

« Claris, murmura-t-elle, presque inaudible. Pardon. »

Et il faut déjà reprendre.

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 18:56

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 18:56

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 19:40

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 19:47

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And I'd die anytime for you.
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 19:47

Le membre 'Kélian Ael' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr 2013 - 21:02

{ Souvenirs indésirables } ← Selenda.
    Mal.
    Les doigts maculés d'encre noire s'écorchèrent plusieurs fois à l'écorce de l'arbre avant de parvenir à en agripper une aspérité. L'elfe laissa aller son poids contre le tronc, le souffle court. Mal, mal. La palpitation rouge allait et venait sous ses paupières et enserrait son crâne dans un étau qui se resserrait à chaque pas. Elle sentait presque le choc de la prochaine pierre qui la ferait trébucher, et elle serait trop faible pour se relever. Trop faible, terrassée par la douleur.
    Ça fait trop longtemps que tu ne l'as pas sentie, pas vrai.
    Oui et non. Oui et non ; c'était courant, chez elle, ce genre d'exploits. Et le bras dans l'engrenage, ça lui avait fait quoi ? En couleurs, c'était atroce. Dans le monde où elle se trouvait à ce moment-là, elle avait mis des mois à s'en remettre.
    Mais à l'abri derrière la vitre teintée, esprit et corps ne souffraient pas. De toute façon, ses perceptions délavées avaient fini de la vider, d'aplanir la moindre étincelle de ressenti qui aurait pu l'atteindre. Alors au fond, ça n'était jamais grave. Les blessures infligées à ce corps jetable, de toute façon, ne dureraient pas ; même la mort n'existait que sur le moment. Rien de très important, dans tous les cas.
    Un élancement dans son orbite vide tira une plainte à Selenda, et ce faible son, que personne ne pouvait entendre et même ses oreilles à vif, il était comme marqueur coloré de l'actualisation.
    Ça fait mal, pas vrai ? Mal partout, mal à l'intérieur, à l'extérieur, et même en se réfugiant dans cette illusion d'objectivité, ça ne voulait pas s'en aller. Pourtant, en général, ça marchait, de se souvenir qu'au fond cette douleur n'avait rien de réel, que le réel était ailleurs.
    Ailleurs, vraiment ?
    Tu es bête, petite. La vitre, elle a volé en éclats, tu t'écorches sur les morceaux de verre, et ça saigne de partout. Pas moyen de s'échapper, de faire semblant, de quitter la scène. Ça fait mal ? Y a de quoi.
    Maintenant, ce serait bien de rendosser le rôle, juste pour la forme. Pour quelques pas et un doigt serrés sur la gâchette. L'elfe prit une inspiration laborieuse et, serrant une main dont chaque doigts la faisait souffrir sur la crosse froide de l'arme qu'elle tenait, prit appui sur l'arbre pour avancer.
    Par là. Elle ne savait pas si c'était la forêt qui le lui avait dit, ou si elle avançait au hasard. De toute façon, plus rien n'était à sa place, plus rien ne fonctionnait correctement. Il y avait un foutu grain de sable dans la machine, et tout se détraquait. Reprendre contenance était un peu trop difficile sur ce coup-là.
    Enfin. Elle connaissait le bout du chemin. C'était la vie qui s'échappait subrepticement, au goutte-à-goutte, de ses veines, qui le lui murmurait, au fond. Tu as déjà vécu l'existence du légume dans son lit d'hôpital ? Non ? Dommage, continue de chercher. Mais au bout, il y a tout de même le coup de feu. Selenda avait réfléchit, attrapé quelques branches, lâché son livre dans la mousse, et déduit avec un sourire qu'il n'y avait personne à sauver. Personne, finalement. C'était mieux comme ça : elle pourrait se contenter d'une vengeance inutile, une vengeance d'enfant, sur l'orgueil, quelque chose qu'il touchait au suicide.
    Qu'au moins ça serve à quelque chose. Et peut-être qu'ainsi, le monde se remettrait à l'endroit.
    Et la mort ? On s'en fout, de la mort. Voilà au moins un truc qui restait constant, c'était bien. L'image du néant était bien trop éloignée pour que l'elfe puisse l'imaginer fondre sur elle ; et de toute façon, c'était temporaire, non ? Toujours la routine, l'éternité dispersée, tout ça.

    Le vide lui agressa l'esprit et balaya ses pensée imbriquées. Selenda se laissa aller contre un arbre, grommela à voix basse contre la douleur battant dans ses tempes. Le temps de porter une main à sa joue. Le temps de jeter un coup d'oeil droit devant.
    C'est les arbres, qui te l'ont dit ? Va savoir. Quoi qu'il en soit, tu aurais dû t'enfuir un peu plus loin, ma chérie.
    C'est qu'elle était là, finalement. Avec le bout de la route.
    L'elfe passa d'un arbre à l'autre pour se rapprocher. Sa respiration sifflait ; pourtant, elle ne se rappelait pas d'autres blessures qu'au visage. Les côtes, les jambes, la poitrine ? Elle ne se souvenait pas bien ce qui s'était passé, le temps d'une roulade dans la poussière. Peut-être que le choc avait été plus violent qu'elle ne l'aurait cru. Ou alors les arbres. La chute. Autre chose.
    Selenda passa une main dans ses cheveux, puis jaugea la distance d'un regard ; son esprit s'éclaircissait soudainement, tout s'épurait. C'était plus simple comme ça ; penser le viseur et la cible, et c'est tout.
    Viens un peu par là, ma jolie. Qu'on en finisse.
    Un poignet en appui contre l'autre, même si elle n'avait pas la visions très claire, et c'est tout. Ou alors...
    Comme une bravade, Selenda lança un sifflement brutal qui transperça l'air, une seconde avant que le canon de son arme ne hurle à son tour.
    Évite-moi celle-là.


Dernière édition par Selenda le Ven 26 Avr 2013 - 2:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Avr 2013 - 2:09

Heather sentit la balle lui traverser la peau : c’était d’abord froid comme du métal, puis chaud comme du sang. Il coulait le long de son épaule, éclaboussait en gerbes vermeilles sa joue droite. Les rubis incandescents tombaient en collier liquide sur ses clavicules sales. Son visage se durcit avant de s’adoucir brusquement –laisse tomber, ma jolie, il n’a fait que s’affaisser. La jolie blonde avait vu, quelque part dans la salle de réception, une vieille amie se servir au buffet. Elle l’avait perdue de vue depuis longtemps, cette vieille garce. Elle avait pensé ne plus jamais la revoir, elle n’y pensait plus seulement. Et pourtant, ces traits crevés, fatigués, éreintés, cette robe rapiécée ne laissaient aucune place au doute. Maystood ne comprenait pas comment une paria de ce genre était parvenue à se faire inviter dans une si somptueuse réception, mais aucun des gorilles ne lui sautait dessus pour la jeter dehors, qu’elle allât mendier un peu de vengeance sur le perron, sous la marquise, qu’en savait-elle, qu’avait-elle besoin d’en savoir.
Mais elle était rentrée et, du coin de l’œil, Heather l’observait sans se rendre compte que la vieille chienne l’observerait elle aussi, fixement. Sans ciller. Sans perdre de vue son objectif. La seconde où la grande araignée avait remarqué l’intruse, elle portait déjà son cadeau argent et vermillon. Un gémissement fila entre ses dents serrées et sa prise sur Kélian se relâcha. Merde, jura-t-elle avec un semblant de rictus toujours accroché aux lèvres. Comme sa peau sèche, il partait en lambeaux et tenait, fier quoiqu’inutile, ses positions. La belle invalide releva la tête, scruta l’horizon. Sa tête en avait pris, des coups.

Elle n’y voyait plus grand-chose.

Le sang gouttait le long de ses doigts aux ongles cassés et formait une flaque dans l’herbe. La terre le buvait, avide. Derrière les deux filles et le blessé, la surface miroitante du lac, à quelques mètres à peine. Si proche du but. Son bras cassé, les ecchymoses, les hématomes, le goût d’une bile amère et le parfum métallique du fer l’avaient laissée dans un sale état. Furieuse, elle tourna la tête vers Claris. Il ne fallait surtout pas qu’elle s’en aille. Une invitée de marque –en théorie. Kélian mourrait à coup sûr sans personne pour faire pression sur cette fichue blessure. Ce n’étaient pas ses affaires, le lac était bien assez proche à présent, et son sac, qui lui sciait toujours l’épaule, aurait tôt fait son office.

Mais d’abord, il ne fallait pas mourir. Son bras droit était à présent complètement inutile et l’engourdissement remontait progressivement le long de son corps et de sa poitrine. La colonie de fourmis rouges gagnait sa cage thoracique pour y creuser de merveilleux sillons où l’oxygène ne s’engouffrait qu’avec peine. La princesse griffue n’en avait plus pour très longtemps. Il y avait une arme à feu –pas un fusil, la détonation caractéristique n’avait pas marqué l’oreille de la chasseuse expérimentée. Un pistolet ? Non, oui, non, on s’en fiche, peut-être, tu ne pourrais même plus le tenir du bout du bras, ni le droit, même le gauche. Heather ne tenta rien pour arrêter le sang ; une autre paire de mains aurait été nécessaire pour un garrot, et elle était déjà couverte de blessure. La jeune fille se laissa plutôt tomber à genoux sans mot dire, avec juste un cri. Derrière Kélian. La balle est venue d’ici, de là ? Parfait, piailla une voix nasillarde mais atrocement froide. Elle ne tirera pas sur Kélian, elle ne tirera pas. Et si elle tire, ce sera sur lui.
Alors c’était gagnant. Une seconde en plus. Une âme plus clémente avec un sens plus pointu de la justice se fût laissée aller à songer que ce n’était que juste rétribution pour ces gens qu’elle avait tirés. Pas Heather, Emmalee, Andreia Maystood. Dieu non, pas elle. C’est avec une vulnérabilité tapissée d’assurance qu’elle lança sa carte : je suis. Tu te couches ? Tu doubles la mise ? Tu tires, tu te planques ?

« Kélian, Claris, attention ! »

L’ironie aurait pu être là ; Heather aurait pu se tromper, ç’aurait pu être n’importe qui d’autre qu’elle, n’importe qui. Selenda. Ses blessures le lui hurlaient à tout va.
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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Avr 2013 - 7:04

Claris se rapprocha, tira sur sa manche ; et il fut presque soulagé de la voir là, triste et tremblante mais bien en vie. Elle était encore en vie, encore en forme – fatiguée, sûrement, épuisée et perdue, mais pas blessée, pas trop. Pas suffisamment pour l'empêcher de courir. Puisqu'il n'y avait plus rien à faire pour lui, c'était bien le moment de se préoccuper des autres. Peut-être l'avait-il un peu trop brusqué. Il ne s'en soucia pas. Elle était bête, aussi, à n'écouter personne et à n'en faire qu'à sa tête. Avoir les jambes coupées et des remords à s'en étouffer, ce n'était pas une raison valable pour risquer bêtement sa vie.
Quelques années plus tôt, si un ami proche lui avait hurlé de se tirer, il l'aurait fait. Même en sachant que l'autre risquait de ne pas revenir, il l'aurait fait. Maintenant, c'était différent – mais Claris avait dû vivre une vie tranquille, une vie normale. Claris aurait dû s'enfuir et il lui en voulait pour ça.
Pas que ça ait vraiment d'importance dans son état.
Kélian l'écouta, fronça les sourcils ; déconnecta. Pour que ça ne saigne plus, hein... Peut-être aurait-il dû lui dire clairement que ça n'aurait servi à rien. Bandées ou pas, ses blessures allaient le clouer au sol à un moment ou à un autre. Il n'y avait pas d'hôpital, ici, pas de sortie de secours pour s'enfuir de ce jeu morbide. Il mourrait, point barre. Il s'y était plus ou moins résolu. Malgré l'effort instinctif que son corps mettait à le maintenir éveillé, malgré cette foutue volonté de survivre qui martelait son crâne d'ordres contraires, l'issue de ces exclamations et de ses doigts engourdis lui paraissait on ne peut plus claire. Je vais mourir ; c'est tout, c'est comme ça.
Et il avait si froid, si mal, qu'il ne parvint pas à s'en inquiéter. C'est comme ça, on va pas en faire des crises de nerfs. C'est comme ça.
La voix d'Heather le tira de sa léthargie ; il grimaça, électrisé, quand sa blessure fut touchée de nouveau. Un engourdissement bienvenu endormissait ses tissus abîmés, comme la chaleur trompeuse qui précède l'hypothermie : qu'on les laisse tranquilles, pitié. Qu'on l'abandonne là, en fait. Il oscillait entre le désir de s'accrocher à un bras quelconque et celui de rester au sol, incapable de se décider quant-à la marche à suivre. Le regard dans le vide, il avait l'air plus mort que vivant. Il aurait aimé vivre, pourtant.
Il était toujours trop tard pour les regrets.

« Kélian, on compte sur toi. Meurs pas. »

Il acquiesça, revint à lui-même. Écouta Heather parler, se mordit la langue, repoussa la main de Claris, réussit par on ne sait quel miracle à se hisser sur ses jambes. Ça tanguait, là-haut. Main sur sa blessure, il resta debout. Ni assez mort pour crever ni assez vivant pour s'en sortir ; ça faisait chier, comme situation. Un peu d'adrénaline se dilua dans ses veines, il avança. C'était même pire qu'insupportable. Il avait l'impression de suivre une seconde sur deux, de dormir le reste du temps – et pas un sommeil agréable, oh que non. Qu'on lui coupe le bras ou l'épaule, la tête, n'importe quoi : il n'en pouvait plus de se redresser, ça ne servait à rien et son corps, lui...

Un coup de feu retentit.

Il sursauta, abasourdi ; attendit, persuadé vu la force de la détonation que la balle avait été dirigée vers eux. Il n'avait pas plus mal qu'avant, pourtant – et Claris, comment allait-elle ? Une autre poussée d'adrénaline, plus violente, brouilla sa vue. Heather se laissa tomber à genoux et lui, impuissant, ne put que lui lancer un regard affolé. Elle était avec ou contre lui, elle, déjà ? Elle l'avait fait exprès ou pas ? Le sang qui coulait de son épaule le paniqua et il ne savait plus, ne savait pas.
N'avait jamais vraiment su, s'il devait la croire ou pas.
Mais c'était Heather ; Heather.

« Kélian, Claris, attention ! »

Qu'on ne lui demande pas de réfléchir, il n'était pas en état.

« Ça venait d'où ?! »

Il voyait mal ; l'obscurité jouait pourtant en sa faveur. Ils étaient désarmés, fatigués, blessés. Quel intérêt de leur tirer dessus ? Ils auraient tôt fait de tomber en mille morceaux sans l'aide de personne.
Alors pourquoi, hein ? Pourquoi ?

« Tirez pas, merde ! »

Paniqué, énervé, fatigué ; à quoi bon crier ? Tu crois qu'on va t'obéir ? Idiot.
Qu'on lui dise juste pourquoi.



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MessageSujet: Re: Asphyxie.   Asphyxie. - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Avr 2013 - 15:32

    Claris aurait presque pu croire, à grand renforts de naïveté, que les choses allaient s'arranger maintenant. Après tout, elle avait réussi à bouger, c'était une sacré victoire personnelle, non ? Et puis Heather était redevenue comme avant, balbutiante et tremblante, et même si Kélian était blessé, même si, même si... Pressée par l'espoir, la fillette ne mettait pas longtemps à occulter la gravité des blessures des deux jeunes gens. C'était pas tant que ça, pas vrai ? De toute façon personne ne pouvait mourir comme ça ; la mort, c'est quelque chose qui ne fait peur qu'à la télé et dans les livres, de toute façon. Kélian était juste fatiguée, Heather aussi, c'était pour ça qu'elle faisait n'importe quoi. Sentant malgré elle que ce mensonge ne tenait de toute façon pas la route, la fillette ne put rouvrir la bouche, et serra ses lèvres grelottantes en retenant de nouvelles larmes.
    Et puis Heather arriva, et avant qu'elle ait pu finir son mouvement de recul, attrapa la main de Claris en lui crachant des paroles corrosives comme du venin.

      « Dégage. Laisse les grands faire, d’accord, merde ! On peut pas mettre un bandage ici, faut pas être con non plus ! [...] Et t’appuies, c’est compris ? [...] Je vais aller chercher de l’aide, peut-être […] »

    Si la fillette avait été dans son état normal, elle n'aurait pas mis longtemps à répliquer que c'était la faute à qui, hein, tout ça ? Mais la violence des mots et des gestes lui fit rentrer la tête dans des épaules tremblantes et fermer sa bouche, tandis que ses oreilles épuisées n'enregistraient que la moitié des mots, comme si elles étaient remplies de coton. La sensation liquide sur ses doigts la fit frémir, mais elle n'osa pas retirer sa main ; de toute façon Heather avait raison, toute seule, elle ne savait pas quoi faire. Alors même si la vue du sang la fit déglutir et que sa chaleur lui donna envie de s'enfuir en courant, elle resta en place comme un pantin de bois bien bloqué bien docile. Parce que peut-être que comme ça tout irait bien - même si c'était Heather qui commendait, Heather qui avait voulu leur faire si mal.
    PAN.
    La détonation éclata entre les oreilles de Claris comme une explosion de flammes. Elle porta ses mains ensanglantées à ses oreilles, incapable de comprendre ce qui se passait, ou de se rappeler à quel moment Kélian s'était relevé et l'avait repoussée. Non, pitié, pas encore. Pourquoi il fallait que ça continue ?
    Bien sûr que tout n'allait pas s'arranger.
    Il faisait sombre. Claris sentit Heather s'effondrer à côté d'elle et entrevit la silhouette de Kélian ; elle entendit sa voix comme à l'autre bout d'un tunnel. C'était comme s'il faisait très noir, tout d'un coup, elle n'y voyait plus rien. ... Et regarde moi bien parce que là, je plaisante pas. De toute façon tu ne sers à rien, à rien, petite Claris. La fillette fit un pas en arrière tandis que son rythme cardiaque s'envolait. Ils allaient mourir. Mourir. Si quelqu'un s'en prend à nous, tu cours. Sans te retourner. Compris ?
    De toute façon tu ne peux rien faire. Une sensation étrangère s'empara de ses jambes, et cette fois, enfin, sa petite tête de linotte ne fit rien pour s'y opposer. Cours, Claris, cours. La fillette fit demi-tour et partit enfin en courant, avec la célérité dont une enfant de son âge pouvait faire preuve ; la tête vide, toute vide. Juste les jambes qui courent. Et plus loin, on sait pas ce qu'il y a.

Claris sort → ???
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