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 Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}

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MessageSujet: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Ven 14 Déc 2012 - 23:25

Ridicule, ma pauvre, tu es ridicule.
C'était ce que Nikoleta ne cessait de se répéter, ses yeux verts rivés vers le sol, le sac en carton dans une main et la cuillère en bois dans l'autre. Pour un peu, on aurait pu penser en la voyant qu'elle s'apprêtait à descendre aux cuisines pour s'y préparer un petit-déjeuner; mais à la vérité, la nourriture était bien loin dans la liste des préoccupations présentes de la jeune femme. Au sens propre du terme, en tout cas. Actuellement à la recherche d'une boîte de haricots sautillante et agressive, elle n'aurait pu nier que sa première tache de la journée consistait à réduire en bouillie quelques légumes.
Elle avouait s'être réveillée plus tôt que d'habitude; s'être rapidement douchée et habillée; être sortie de la chambre discrètement, mais la tête encore dans un brouillard confus. Que c'était aussi en se frottant distraitement les yeux avec un bâillement qu'elle était tombée nez à nez avec cette monstruosité. Mais s'il y avait bien une chose dont elle était certaine, c'était qu'elle n'avait pas rêvé ce truc ! Une boite de conserve avait bien faillit la mordre et l'avait coursé sur quelques mètres avant de tout bonnement disparaitre dans l'ombre. Effrayée et complètement réveillée, elle était revenue dans sa chambre et avait été à deux doigts de réveiller Leia pour tout lui raconter. Seule l'idée que sa colocataire aurait pu la penser folle l'en avait retenue; ça et bien entendu le fait que réveiller quelqu'un comme ça ne se faisait pas. Elle avait bien tenté de mettre la main sur Rachel pour lui demander de l'aide, mais elle ne l'avait pas trouvé.

Elle n'avait trouvé personne en qui elle avait un minimum confiance. Aussi avait-elle attrapé un sac et une cuillère en bois aux cuisines, sous les regards curieux de quelques pensionnaires qu'elle avait fait de son mieux pour ignorer, et était partie seule à la chasse. Hors de question de laisser cette abomination en liberté, sinon elle n'allait plus oser se promener dans les couloirs sachant qu'elle pouvait surgir de n'importe où... elle en avait des frissons rien qu'à y penser.
C'était peut-être ridicule, il ne s'agissait que d'une boîte de conserve. Mais une boite de conserve avec des dents, et ça creusait à ses yeux un sacré fossé. Sinon, songea-t-elle dans une vaine tentative d'humour pour se rassurer, je pourrais toujours prétexter une soudaine aversion pour les légumes.

Ses bottes à talon plat ne provoquaient qu'un léger bruissement sur la moquette. Ses cheveux ramenés en une queue de cheval haute, elle avait la vue dégagée, et son gilet crème et sa jupe marron semblaient vouloir l'aider à se fondre dans son environnement. Nikoleta n'avait jamais aimé se détacher du décor par des vêtements extravagants – qu'elle avait de toute manière tendance à juger de mauvais goût. Plus que jamais cette discrétion lui était nécessaire. Avec un petit soupir, autant pour se donner du courage que pour relâcher la pression accumulée, elle recommença à avancer un peu plus vite.

Il ne faisait pas encore bien jour à l'extérieur, et le couloir était assez sombre. Ceci, associé à sa peur de se faire mordre le mollet par des haricots et son inclination naturelle à la peur panique et au stress, fut le déclencheur du cri effrayé qui s'échappa de sa gorge quand à une intersection, une personne dont elle n'eut pas le temps de détailler les traits offrit à sa vue sa silhouette.

Avec tout le bon sens et la politesse du monde, Nikoleta lui envoya un coup de cuillère en bois en pleine tête. Enfin, là où elle s'imaginait être la tête, plutôt, car ses yeux s'étaient automatiquement fermés sous le coup de la peur. Aveugle et persuadée qu'elle était qu'on lui voulait à cet instant précis du mal, elle décida de se montrer encore plus courtoise pour arranger la situation.

« Monstre ! »

Cela dit, elle le pensait au sens stricte du terme. Il y avait malheureusement peu de chance pour que la victime de sa frayeur matinale le devine et le prenne comme un compliment.
Pendant ce temps-là, et heureusement elle l'avait pour un très court moment oublié, les haricots sur pattes couraient toujours.



{Voilà, femme, maintenant réponds. C'est le prix de ta paresse.}
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Dim 13 Jan 2013 - 17:25

Kélian avait – et c'était son grand dilemme de la semaine – perdu du poids.
Une âme bienveillante lui avait fait remarquer quelques jours auparavant que, s'il ne voulait pas se retrouver en sous-vêtements, il ferait mieux de nouer des ceintures au bon endroit et autrement qu'en guise de décoration. Sur le coup, ça l'avait plus exaspéré qu'autre chose ; les remarques sur son physique et son sens de la mode le laissaient globalement indifférent. Il avait donc répondu avec cette bonne humeur qui lui collait à la peau que ce pantalon était fait pour être porté bas, merci et au-revoir. Dans la mesure où il n'y avait eu ni querelle ni récidive – rien qu'un haussement d'épaule assorti d'un « ben fais ta vie hein » sans méchanceté – ça ne l'avait pas marqué plus que ça. Ça n'aurait pas le marquer plus que ça. Seulement Kélian n'était pas de bonne humeur, ces derniers temps. C'était même plutôt le contraire. Il était fatigué, ennuyé et ses nerfs commençaient à réclamer de plus en plus douloureusement de vrais moments de silence et de solitude. Pas juste une chaise dans un coin de la bibliothèque, pas non plus un lit vide ou une conversation posée, non : une vraie solitude. Son fauteuil, sa chambre.
Récemment, il s'était même pris une porte dans la figure. Bien sûr. Il faut les ouvrir manuellement, ici, les portes. Ça lui avait échappé.
Sauf que ce n'était pas censé lui échapper, de la même fichue façon qu'il n'était pas censé nager dans le moindre de ses vêtements. Il avait toujours fait attention à garder une forme physique stable et plus ou moins tonique : avec son manque de sommeil chronique et les courbatures constantes dues à des nuits passées à dormir assis, ce n'était pas comme si son médecin lui avait laissé le choix. Il était vigilant. Faisait attention. Pourtant – et il le voyait à présent – sa silhouette s'était sensiblement affinée depuis son arrivée ici. C'était un fait. Physiquement impossible à nier. Et si ce n'était pas un problème en soi, il se connaissait suffisamment pour savoir que ça finirait par en être un.
Le laisser-aller, il avait connu. On se plonge dans l'indifférence, on bouche les sorties et on hoche la tête de temps en temps. Plus jamais à ce point ; il se l'était promis.
Or une promesse est une promesse.

Ce matin-là, par pur esprit de contradiction, il enfila donc ce même pantalon serré sous les genoux qui risquait soit-disant de lui échapper à tout moment. De toute façon, il faisait suffisamment chaud ici pour que ses mollets nus ne craignent rien. Un simple t-shirt noir sur le dos, une paire de bottines enfilées à la va-vite et, sans plus se coiffer qu'à l'accoutumée, le jeune homme partait aux cuisines en grommelant. Peut-être qu'il se faisait des idées ; peut-être qu'à force de regarder Heather compter les calories et la voir courir régulièrement, son corps avait simplement fait une réaction allergique à la nourriture et à l'exercice. En fait, il s'en foutait complètement.
Et le revoilà au cœur du problème. Quoi qu'il en soit, pour se donner bonne conscience, Kélian décida de prendre un petit-déjeuner correct. Il attrapa donc un bol, le remplit à demi de céréales, à demi d'une confiture à l'aspect douteux (sûrement de la groseille, après réflexion) et noya le tout dans un mélange semi-épais de lait et de sirop. Plantant distraitement une cuiller dans ce qu'il aurait naïvement appelé un 'je sais pas ce que c'est mais on s'en fout, c'est bon', il laissa ses yeux gris errer sur les murs ternes de la pièce. A force, il allait connaître l'intégralité de ce fichu manoir par cœur. Tout les couloirs, toutes les pièces, le moindre livre de la moindre étagère de la moindre putain de rangée de cette saleté de bibliothèque de –
D'accord. Il avait besoin de marcher.
Toujours grommelant et pas plus heureux qu'à son réveil, errant au hasard des couloirs depuis quelques minutes déjà, il laissa sa cuiller retomber sur le côté de son bol pour masser l'arrête de son nez. Quand il se prenait les portes, il ne le faisait pas à moitié. Heureusement pour lui, personne n'avait assisté à sa tentative ratée de rentre-ded –
Uh ?
Si le cri le fit s'arrêter net, ce fut l'agression physique dont il fut victime qui le surprit le plus. On rigole, hein, mais un coup de cuiller en bois ça fait mal. Surtout quand on ne s'y attend pas et qu'on a rien fait pour mériter ça.

« Monstre ! »

Kélian – qui avait miraculeusement réussi à sauve son bol de la chute – ouvrit de grands yeux étonnés ; sans plus réfléchir, il attrapa le poignet de sa peusdo-assaillante dans sa main libre. Il n'allait quand même pas la laisser recommencer, mince ! Il n'avait peut-être pas l'air très réveillé, mais la courtoisie avait ses limites. Un monstre, sérieusement...

« Non mais je t'en prie, tabasse moi ! grogna-t-il sans se préoccuper d'une éventuelle politesse qui aurait pu induire un vouvoiement. Je suis pas un... » Il fixa la cuiller en bois, perplexe. « … Monstre. »

La question qui méritait d'être posée étant : quel genre de monstre chasse-t-on avec une cuiller en bois et un sac ? Pas de l'Erinyen, en tout cas.


{ olololol. Maintenant je vais toujours faire long pour commencer, histoire de justifier les 300 mots qui suivront /D }



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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Sam 19 Jan 2013 - 3:42

Nikoleta laissa s'échapper un glapissement effrayé quand une main se saisit de son poignet. Comme dans les films d'horreur qu'elle avait regardé avec son frère, un monstre allait maintenant la dévorer – ou la transformer en elle ne savait trop quoi de dégoûtant; en zombie, par exemple. Nikoleta aurait aimé défaillir à cette pensée pour ne pas avoir à subir ce qui allait suivre. Qui aurait aimé rester conscient tandis qu'un monstre nous mangeait le cerveau ou les tripes ?
Aurait-elle fait une mauvaise rencontre dans les rues d'Athènes qu'elle aurait immédiatement pensé finir violée ou étranglée, voir les deux. On aurait peut-être même mit son corps dans une poubelle pour bien faire. Mais au pensionnat, dans cet endroit où tout était bizarre et magique, elle pensait plutôt se faire agresser par un zombie. Après tout, elle était bien tombée sur une boîte de haricots vivante avec des dents, alors elle ne voyait pas en quoi c'était impossible.

Pire, c'était même probable. Oh mon dieu, faites que mon agonie soit courte, pensa-t-elle au bord de la crise d'angoisse, ses yeux toujours fermés pour ne pas croiser le regard du monstre.

« Non mais je t'en prie, tabasse moi ! Je suis pas un … Monstre. »

La voix n'était pas noyée de gargouillis incompréhensibles; elle était même claire et très humaine. Surprise, Nikoleta se risqua à ouvrir les yeux. Elle ravala un hoquet de terreur quand elle s'aperçut que faute de monstre, c'était un jeune homme très pâle qui lui faisait face. Aussitôt la gêne prit le pas sur la peur ridicule qui s'était emparé d'elle à la faveur de l'ombre. La jeune femme resta là à le regarder quelques secondes, les yeux ronds, puis ses joues prirent une teinte cramoisie alors qu'elle se dégageait rapidement de son étreinte et faisait un pas en arrière.
D'accord, elle était toujours en vie. D'accord, elle n'était pas tombée sur un zombie avide de chair fraiche au détour d'un couloir. Et tout ça c'était très bien, elle ne s'en plaignait pas ! Toutefois, elle avait mit un coup de cuillère à un inconnu avant de le traiter très aimablement de monstre.

Et ça, c'était affreusement embarrassant. Pour Nikoleta, qui n'aspirait qu'à passer inaperçue et se faire le moins d'ennemis possible, c'était une des pires choses qui pouvait arriver.

Elle tenta de coller un sourire désolé sur ses lèvres. Peine perdue; trop agitée pour se concentrer, son sourire ressemblait plutôt à une grimace. Mince mince mince, mais quels films elle s'était fait ! Elle était ridicule. Sûrement que cet homme allait penser la même chose de sa conduite extravagante.
Malgré tout, la Grecque trouva utile de se justifier en premier lieu. Enfin non, s'excuser d'abord, et ensuite se justifier.

C'était ce qu'il fallait faire, oui.

« Je suis désolée, je, je... J'étais persuadée de, que, enfin... Vous, tu vois... »

Quelle éloquence. Nikoleta prit une profonde inspiration pour se calmer et reprit, plus lentement:

« Je cherchais une boîte de haricots. Comme j'avais peur, je t'ai pris pour un monstre. Je suis désolée. »

La demoiselle était à deux doigts de se taire et laisser son explication telle qu'elle. La tournant et retournant dans sa tête, elle y vit soudain le plus gros des défauts. Celui qui allait la faire passer pour une folle aux yeux de son interlocuteur. Or, toujours soucieuse du plus petit détail, persuadée qu'on se moquerait de la moindre maladresse, Nikoleta ne put laisser passer ça.

« Une boîte de haricots avec des dents. »

Ce qui à ses yeux justifiait la peur, le sac en papier et la cuillère en bois. Il n'y avait plus qu'à espérer que l'autre était au courant qu'une boîte de légumes verts agressive se promenait sans laisse dans les couloirs du pensionnat. Sinon, il y avait des risques pour qu'il la trouve – un peu – bizarre.

Nikoleta, elle, ne pensa pas sur le coup qu'il puisse ne pas trouver sa justification valable et rationnelle. Eh oui.



{Ça fait trop bizarre de parler à Kélian, j'ai pas l'habitude. /mur/}
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Mar 29 Jan 2013 - 10:56

L'inconnue se dégagea et, quand il la vit faire un pas en arrière, il crut presque qu'elle allait hurler et partir en courant. Ce qui aurait pu finir de blesser son ego si de un il n'était pas habitué à ce qu'on le regarde bizarrement et que, de deux, il ne prenait pas un certain plaisir à faire peur aux gens. Il fallait bien que sa peau pâle et ses dents légèrement pointues servent à quelque chose. Cela dit la jeune femme – cramoisie, maintenant – ne s'enfuit pas ; tout à son honneur, songea Kélian en posant sur elle un regard mi-énervé mi-intrigué. Elle se contenta de tenter un sourire – raté – avant de bredouiller quelques excuses sans queue ni tête à grand renfort de vous, tu, je, désolée et tout le bataclan. Amusé par le manque évident de clarté de son interlocutrice, le jeune homme laissa ses lèvres s'étirer en un sourire sarcastique. Si elle n'avait pas pris sur elle-même pour se calmer et mettre ses mots dans l'ordre, sans doute aurait-il décrété admissible de se moquer ouvertement d'elle.
Rappelons tout de même qu'elle l'avait traité de monstre. Pour une fois, il aurait presque pu se sentir en droit de réciproquer. Pas qu'il ait besoin de raisons pour se montrer désagréable, mais tout de même.

« Je cherchais une boîte de haricots. Comme j'avais peur, je t'ai pris pour un monstre. Je suis désolée. »

Kélian, qui avait entre-temps décidé de planter sa propre cuiller dans sa mixture douteuse, releva calmement les yeux vers l'inconnue. Porta le couvert à ses lèvres, avala le plus sérieusement du monde. Puis, enfin, s'accorda une remarque silencieuse sur la santé mentale de cette fille. Elle cherchait une boite de haricots – d'où le sac, peut-être... et la cuiller, même s'il ne pensait pas que ça se mange à la cuiller –, avait eu peur et l'avait pris pour un monstre. Incapable de trouver un lien logique entre ces deux faits, il se contenta donc de la cataloguer du côté des personnes gentiment décalées. Heureusement pour elle, il n'était pas d'humeur à faire des remarques acerbes sur les coutumes humaines, les cerveaux, les petits-pois et les haricots ; il se serait donc normalement contenté de grommeler et de lâcher quelques commentaires à son égard histoire de se venger du coup sur la tête avant de partir.
Seulement voilà. Il plongea une nouvelle fois sa cuiller dans son lait/confiture/sirop/céréales et la chasseuse de haricots, dans son incroyable bonté, décida d'éclairer sa lanterne.

« Une boîte de haricots avec des dents. »

Sur le coup, il faillit tout cracher ; mais dans une stupide réflexe – salvateur pour la personne en face de lui, cela dit – il préféra tout avaler. Ce qui lui valut une bonne quinte de toux et une douloureuse sensation de brûlure dans la gorge là où les céréales avaient décidé de faire corps contre l'agresseur et de passer en force. Autrement dit, de se rebeller contre lui et d'essayer de percer son œsophage. Tentative ratée, heureusement.
Il mit quelques secondes à se remettre de son rire étranglé transformé en toux douloureuse mais, une fois que ce fut fait, il ne put s'empêcher d'aussitôt poser ses yeux gris sur la jeune femme qui venait de le presque-tuer. Il retourna la phrase dans sa tête ; faillit littéralement éclater de rire et puis, en fin de compte, retrouva un sérieux à toute épreuve. Puisqu'il s'ennuyait, autant s'occuper.

« Oh. Encore ? » Trop sérieux comparé à son sarcasme d'ordinaire si facilement repérable, Kélian grimaça. « Ça craint. Y'a déjà eu un mort la semaine dernière, je pensais qu'elle resterait cachée un moment. Faut croire que non. »

Il haussa les épaules, nonchalant, et fit décrire de petits cercles au couvert pour remuer le contenu de son bol. Puis, comme si tout ça allait de soi, il désigna le sac en papier du menton.

« Et tu comptes l’attraper avec ça ? Waw, quel courage. Je le marquerais sur ta tombe, déclara-t-il dans un hochement de tête solennel. Enfin y'aura sûrement pas de corps, vu que ce truc bouffe ses proies, mais je te ferais une tombe quand même. Par pure générosité, tu vois. »

Il avala une nouvelle bouchée, tranquillement. Horrible, ces haricots à dents. Ou boîtes de haricots. Bref. Ces trucs imaginaires, en tout cas.

{ Tu vas t'habituer. B) Et puis. En fait Kélian parle qu'avec des filles qui écrivent en gris, cet espèce de raciste. }



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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Sam 2 Mar 2013 - 4:09

Nikoleta lança un regard interdit à son interlocuteur quand celui-ci eut la bonne grâce de s'étouffer avec son étrange mixture. Ses yeux verts passèrent alors du mur à sa droite au mur à sa gauche, pour revenir sur le jeune homme à la peau pâle qui luttait contre l'étranglement qu'il s'était involontairement infligé; et son visage n'exprimait plus qu'une profonde incrédulité. Un 'quoi' retentissant et muet qui affectait jusqu'à ses lèvres courbées en une moue interrogatrice.
Nikoleta ne songeait pas que sa précision puisse susciter l'hilarité puisque c'était mortellement sérieux. Au contraire, que la boîte dont il était question soit affublée de dents et se déplace d'elle-même n'ajoutait que plus de crédibilité à ses dires. Chasser une boîte de haricots, c'était étrange, elle l'admettait. Chasser une boîte de haricots maléfique qui nous avait poursuivi quelques minutes plus tôt, c'était logique. Presque normal et peut-être idiot sur les bords, mais Nikoleta n'en était plus à ça près.
Elle voulait savoir cette horreur hors du bâtiment pour pouvoir se déplacer dans les couloirs sans avoir l'air de redouter de croiser Jack l'éventreur à chaque tournant. On se serait moqué d'elle, elle le savait; on lui aurait mit une claque amicale dans le dos, on lui aurait conseillé de ne pas s'en faire autant, et elle détestait qu'on lui dise ça. Comme si elle y pouvait quelque chose, elle, à ses inquiétudes irrationnelles (qui n'étaient parfois pas si irrationnelles, elle tenait à le souligner).

Mais cet inconnu riait. Le temps que sa toux se calme et qu'un sourire amusé la remplace, la jeune femme avait eu le temps de se monter mille et uns scénarios dans sa petite tête. Ce fut encore pire quand le garçon retrouva un air sérieux, la faisant déglutir d'appréhension. Nikoleta lui trouvait un air inquiétant de tueur à gages. Les pensées qui découlèrent de cette malheureuse comparaison ne firent qu'accentuer son malaise, et elle tira nerveusement sur ses manches, inquiète. Elle avait la désagréable impression que ce qui allait sortir de sa bouche n'allait pas du tout lui plaire.

Allez savoir pourquoi...

« Oh. Encore ? (à ces mots, Nikoleta se tendit visiblement) Ça craint. Y'a déjà eu un mort la semaine dernière, je pensais qu'elle resterait cachée un moment. Faut croire que non. »

Le visage de la Grecque se décomposa littéralement, et elle porta ses mains à sa bouche sans pour autant lâcher son matériel de survie. Un mort ? Le mot se répéta comme en écho dans son esprit, et elle déconnecta de la réalité un très bref instant.
D'accord, le pensionnat n'était pas le lieu le plus accueillant du monde, elle l'avait compris. Certains pensionnaires lui avaient même soutenu qu'il était dangereux: mais jusque là, rien n'était venu étayer leurs dires. Même cette dégoutante boite de haricots ne lui avait pas paru si dangereuse. Effrayante, oui, surtout surprenante. Mais ça restait une boîte de haricots, peu importe les rangées de dents qu'elle pouvait posséder.
Alors entendre cet inconnu dire qu'il y avait eu un mort par sa faute... C'était laisser libre cours à ses plus folles hypothèses, confirmer ce que les autres lui avait dit et la terrifier au passage.

« Et tu comptes l’attraper avec ça ? Waw, quel courage. Je le marquerais sur ta tombe. Enfin y'aura sûrement pas de corps, vu que ce truc bouffe ses proies, mais je te ferais une tombe quand même. Par pure générosité, tu vois. »

Nikoleta resta là à le fixer un instant sans rien dire, lèvres tremblantes. Puis elle laissa tomber le sac à terre et se saisit du bras de l'inconnu, l'agrippant comme si sa vie était en jeu.

« Tu plaisante, n'est-ce pas ? Cette chose ne peut pas... Enfin, elle ne peut pas manger les gens, ce n'est qu'une boîte de haricots. Même si elle a des dents, et que... »

Par pure paranoïa, elle jeta un regard en arrière. Personne. Rien à l'horizon. Elle soupira et se retourna prestement vers son interlocuteur, les yeux remplis d'une peur qu'elle n'arrivait pas à contenir et que tout son corps trahissait allégrement.

« Mais si c'est vrai, si on la laisse rôder, elle va encore tuer des gens ? Pourquoi personne ne fait quoi que ce soit ? »

Plutôt morte de peur que terrifiée, la pauvre Nikoleta. Sûrement aurait-elle été outrée de s'apercevoir que le jeune homme se moquait d'elle, mais ça elle ne le savait pas. Elle était bien trop terrifiée par cette boîte maléfique et en plus, elle ne le connaissait pas.
Il avait l'air tellement sérieux.
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Mar 5 Mar 2013 - 12:27

Eeeet elle y croit, en plus. Il n'eut pas besoin de la regarder longtemps pour s'en rendre compte ; ça crevait les yeux, qu'il lui avait fait peur. Sur le coup, ça le fit rire. Intérieurement, bien sûr. Ça relevait de la mentalité d'un gamin stupide qui s'amuse à dire à ses cadets qu'ils ont une bestiole sur l'épaule – mais, franchement, Kélian n'était pas du genre à s'en formaliser. Que son sens de l'humour plaise était bien le cadet de ses soucis.
Sauf que.
La jeune femme lâcha son sac, tremblante, et accrocha subitement son bras. Le contenu du bol tangua dangereusement entre ses doigts pâles, menaçant à tout instant de passer par-dessus bord ; sourcils froncés, il jura entre ses dents. Qu'est-ce qu'elle foutait, au juste ? Son petit-déjeuner ne lui plaisait pas, peut-être ? C'était quand même pas une raison suffisante pour abandonner la chasse aux haricots et l'emmerder à la place.
Pas à un seul instant il ne crut qu'elle puisse vraiment avoir peur. Parce que, techniquement, c'est le moment où elle se rend compte qu'il s'est foutu d'elle. Techniquement.

« Tu plaisante, n'est-ce pas ? Cette chose ne peut pas... Enfin, elle ne peut pas manger les gens, ce n'est qu'une boîte de haricots. Même si elle a des dents, et que... »

La voilà qui regardait par-dessus son épaule, maintenant. Plus intrigué qu'autre chose par la peur panique – et vraisemblablement injustifié – de la demoiselle, Kélian ne pensa même pas à dégager son bras ou à l'arrêter net pour la rassurer. Il aurait pu le faire : beaucoup moins compliqué à gérer. Seulement non. Parce qu'il s'ennuyait, parce qu'il n'était pas d'assez mauvaise humeur pour l'envoyer promener aussi sec. Parce qu'il était en train de manger et que, honnêtement, cette histoire de boîte de haricots carnivores devenait de plus en plus intrigante à mesure qu'elle en parlait.
Si elle s'inquiétait à ce point, c'était sûrement qu'elle croyait à tout ce qu'il venait de lui raconter. Donc cette boite existait. Pour elle, en tout cas. Sourcils haussés, stoïque mais intéressé, Kélian tenta une fois de plus de déterminer si oui ou non cette fille n'était pas tout simplement barge.
Vu le nombre de timbrés qu'il côtoyait, la normalité devenait difficile à repérer.

« Mais si c'est vrai, si on la laisse rôder, elle va encore tuer des gens ? Pourquoi personne ne fait quoi que ce soit ? »

Les blagues les plus courtes sont les meilleures, hein ?
S'il avait voulu aller au plus simple, il aurait dû lever les yeux au ciel, la traiter d'abrutie et lui dire que tout ça n'existait pas, qu'il s'était juste amusé à lui faire peur. Il y songea brièvement en captant le regard terrorisé de l'humaine ; abandonna ses scrupules la seconde suivante. Il n'était peut-être pas de mauvaise humeur, non, mais il n'était pas heureux pour autant. Cette fille ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam, alors...
Qu'est-ce qu'il en avait à faire, qu'elle veuille le tabasser une fois qu'elle se serait rendu compte de la supercherie ?
Obnubilé par d'autres problèmes plus important, il en oublia qu'ils vivaient en lieu clos.

« Bha... Elle est carnivore, lâcha-t-il avec un haussement d'épaules perplexe. Ça a tendance à éloigner les chasseurs de légumes. »

Parti comme il était, il allait vraiment finir par croire à cette histoire. Comme à chaque fois qu'il mentait, fut-ce pour une simple plaisanterie, il grimaça intérieurement.
S'il se faisait manger par une boîte de conserve, ce serait franchement bien fait.

« Enfin tu sais, y'a des trucs pires qui rôdent. Genre des pensionnaires bizarres. Et j'ai déjà entendu des bruits étranges dans la cave, la nuit, une ou deux fois. A ta place je m'en ferais pas trop pour les haricots. »

Sur ce point, au moins, il était semi-sincère. Les pensionnaires devaient être plus dangereux – et de loin – que n'importe quel légume en quête de sang ou de liberté : les bruits dans la cave, idem. Ça pouvait être des types qui avaient décidé d'y faire la fête, une personne tombée dans les escaliers... En clair, tout et n'importe quoi.
Comme son but n'était pas de la rassurer, il ne jugea pas utile de formuler ces précisions à voix haute.




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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Jeu 7 Mar 2013 - 8:48

Tant pis, on sera raisonnable demain; aucune chance pour que Nikoleta arrive à se sortir cette boîte de la tête, à présent, et on pouvait en remercier chaleureusement son interlocuteur. Déjà qu'elle était effrayée quand elle pensait qu'elle ne pouvait faire que mordre quelques jambes ou quelques doigts, maintenant qu'elle savait que cette sale bête était en mesure de tuer et dévorer un être humain ! Un frisson glacé lui remonta le long du dos rien qu'à cette idée, et elle se demanda vaguement si elle n'allait pas finir par en défaillir. La pauvre petite, partie bien brave avec sa cuillère et son sac en mains, redoutait de voir se profiler l'ombre de son terrible adversaire.
Elle ne voulait pas lâcher le garçon qu'elle avait prit pour un mort-vivant parce que ça la rassurait, c'était aussi bête que ça. Les doigts continuaient de serrer nerveusement la peau pâle tout en prenant garder à ne pas la meurtrir. Si les haricots hantés décidaient de les prendre pour cibles, il la sauverait, n'est-ce pas ? Il avait l'air de s'y connaître en trucs bizarres, il devait être ici depuis plus longtemps qu'elle.

Et comme il avait même proposé de lui faire une tombe au cas où elle tomberait au combat, il devait être sympa, non ? Quand on disait 'l'habit ne fait pas le moine', ce n'était pas pour rien, n'est-ce pas ? Elle l'espérait en tout cas de tout son cœur.

« Bha... Elle est carnivore. Ça a tendance à éloigner les chasseurs de légumes. »

Nikoleta se sentit hocher machinalement la tête, ses méninges et ses pensées en effervescence. Carnivore, évidemment, oui; pas étonnant que la perspective de finir en ragoût rebute même les plus téméraires. Et elle qui avait été assez naïve pour penser l'attraper avec un simple sac ! La jeune femme jeta à cette pensée un œil au dit sac, abandonné à terre. Elle n'en aurait plus besoin. A ce niveau, c'était d'une cage dont elle aurait du se munir.
Elle ne se trouva pas du tout stupide ou suicidaire de chercher dans les tréfonds de sa mémoire si elle en avait vu une traîner quelque part au cours de son séjour.

« Enfin tu sais, y'a des trucs pires qui rôdent. Genre des pensionnaires bizarres. Et j'ai déjà entendu des bruits étranges dans la cave, la nuit, une ou deux fois. A ta place je m'en ferais pas trop pour les haricots. »

Des trucs pires ? Nikoleta écouta le jeune homme avec une attention quasi disproportionnée, attentive à la moindre modulation de sa voix. Elle ne sut honnêtement pas ce qui la fit frissonner le plus; que des psychopathes rôdent dans les dortoirs ou que des fantômes trainent leurs chaines dans les galeries qui sillonnaient les sous-sols du pensionnat ?
Elle se donna une petite seconde pour réfléchir. Pâlit encore plus, si c'était possible.
Les deux options étaient franchement horribles, et elle pesait ses mots.

Elle n'avait pas envie de se faire égorger, elle ! Par un zombie, un fantôme ou un être de chair et de sang, ça revenait au même. Les phalanges blanchirent autour de la cuillère de bois dans une vaine tentative pour avoir l'air calme et contenir sa peur. Nikoleta n'y arrivait jamais.
Cette fois-ci ne fit pas exception, et elle s'en voulut un peu. Est-ce qu'il avait l'air effrayé, ce garçon ? Non. Alors il ne devait pas y avoir de quoi peur. Tout allait bien.

La pauvre, pauvre petite Nikoleta qui avait peur de tout et de rien, peur de son ombre et peur qu'on vienne la kidnapper jusque dans son lit, peur du regard que les autres posaient sur elle.
On ne sait jamais !

« Attends, tu veux dire qu'il y a des psychopathes dans les couloirs et des fantômes dans la cave ? C'est... »

Elle lâcha brusquement le bras de son interlocuteur, posa une main catastrophée devant sa bouche.

« Mon dieu, j'imagine que tu t'es déjà fait agresser ! »

Et bientôt, ça allait être son tour. En fin de compte, c'était surtout ça qui l'inquiétait.
Ça et les légumes.



{J'aime pas mon poste mais fuck it; dans une certaine mesure il doit être génial, alors j'adopte cette philosophie et je poste avec fierté.}
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Sam 23 Mar 2013 - 3:38

Réprimant tant bien que mal un sourire, Kélian décida que cette fille, quoi qu'elle était probablement timbrée, était tout de même marrante. Ses grands yeux effarés n'étaient pas sans lui rappeler ceux de ses cadets quand, plus jeune, il s'amusait à leur raconter des histoire atroces dans le but avoué de les empêcher de dormir ; et s'il avait perdu cette sale manie en grandissant, le naturel ne devait pas être si loin que ça. Constater que ce genre d'idioties l'amusait toujours au bout de dix ans ne le surprit qu'à moitié. Après tout, certaines choses ne changeaient jamais. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas avec Clarence, Heather ou même Selenda qu'il aurait pu jouer à « fais moi peur » ; aucun de ses amis n'était drôle – ça, ou bien leurs blagues l'irritaient plus qu'elles ne le faisaient rire.
Donc même si cette pauvre demoiselle n'en avait absolument pas conscience, elle faisait preuve d'un humour débordant en l'instant même.
Pour l'instant, tout ce qu'il voyait était une jeune femme un peu effrayée et des histoires à dormir debout. Alors qu'elle puisse continuer à le croire sans broncher, acquiesçant au moindre de ses mots comme s'il avait été incapable de mentir – ou pire encore, comme si ça avait été crédible ; parce que très honnêtement, il ne pensait pas que ça le soit – avait quelque chose d'assez fascinant. Ça donnait presque envie de pousser la supercherie jusqu'au bout, de tirer sur la corde jusqu'à ce qu'elle rompe. Quitte à se la prendre en pleine figure ensuite, il n'était plus à ça près.
Et puis ce n'était rien de plus qu'une blague. Pas forcément très gentille, il en convenait, mais une blague malgré tout. Il s'imaginait difficilement que ça puisse finir plus mal qu'avec une fierté blessée et une gifle en guise de représailles.

« Attends, tu veux dire qu'il y a des psychopathes dans les couloirs et des fantômes dans la cave ? C'est... »

Kélian haussa un sourcil perplexe. Il avait dit ça, tiens ? Le contenu de son bol tangua doucement dans sa main, à peine trouble, quand la pauvre inconnue lâcha enfin son bras. Donc les pensionnaires bizarres étaient instantanément devenus des psychopathes ; quant-aux bruits étranges, ils étaient forcément dus à des fantômes. Évidemment. Ça coulait de source, pour ne pas dire que ça relevait de l'évidence.
L'idée qu'elle puisse avoir un réel problème, doucement, s'insinua dans son esprit. Problème sur lequel il tapait en riant, tant qu'à faire. Connard.

« Mon dieu, j'imagine que tu t'es déjà fait agresser ! »

Et on replonge. C'est ça qui est bête, quand on est lunatique ; les changements d'humeur vont et viennent et, au final, y'a rien d'autre à faire que suivre en espérant ne pas se tromper de chemin en cours de route. Kélian savait pertinemment qu'il aurait dû arrêter. Ça virait à la méchanceté pure et simple, son affaire.
Il balaya les conséquences d'un revers de main.

« En fait... »

Il plissa les yeux, pensif. Le pire, dans tout ça, était qu'il ne cherchait même pas à mal faire ; il ne mentait pas totalement non plus. Mais après tout, l'omission, c'était un peu sa spécialité.

« On a déjà voulu me tuer une ou deux fois, marmonna-t-il sans trop savoir s'il plaisantait encore ou parlait sérieusement. C'est dans ces moments-là qu'on est content de pouvoir arracher des chandeliers. »

Relevant tout de même qu'il pouvait donner l'impression d'avoir tué ses agresseurs à coup de chandelier, Kélian fit un effort de concentration. Le but n'était pas non plus qu'elle recule de dix mètres et le traite à nouveau de monstre – en lui lançant la cuiller dessus à distance, cette fois, pour ne pas risquer de se faire démettre le bras.
Abandonnant son couvert dans sa mixture, l'Erynien saisit son bol à deux mains.

« Enfin ça va, on garde deux trois cicatrices et on en parle plus. » Hésitant entre manger et continuer son improbable discours, il baissa les yeux sur son tout aussi improbable petit-déjeuner. « Au bout d'un moment, tu repères les tarés et tu te planques dans les placards le temps qu'ils passent. Question d'habitude. »

Il acquiesça en silence, l'air grave. Quiconque le connaissant aurait rit à l'idée de le voir se glisser dans un placard ; à priori, c'était plutôt lui qui enfermait les autres dedans.
Mais ça, elle n'était pas censée le savoir.



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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Jeu 11 Avr 2013 - 8:51

...

Ce n'était pas logique, non – et si elle avait été chez elle, à regarder un film pelotonnée dans une couverture, son chat sur les genoux, elle aurait rit d'un tel scénario, dans la mesure du possible. Des psychopathes dans les couloirs, des fantômes dans la cave, des boîtes de haricots mutantes derrière chaque porte ! Il y avait là de quoi faire un film d'horreur qui aurait fait sourire jusqu'aux moins téméraires. Ah ça oui, elle n'aurait pas manqué de trouver ça ridicule et irréaliste. Avant d'entrer au pensionnat, elle aurait trouvé l'idée même de se faire coincer dans une dimension parallèle bonne pour les livres de science-fiction. Pas pour la réalité.
Tout simplement parce que la réalité ne pouvait pas fonctionner comme ça, hein ? On ne pouvait pas pousser la porte de l'épicerie le jour de l'anniversaire de notre petit frère et se faire aspirer dans un autre monde ! C'était stupide, ridicule, illogiiiiiique lui aurait asséné son professeur de physique avec sa manie d'allonger la fin des mots quand il était énervé. Crédule, elle avait toujours cru aux fantômes au cas où, mais s'il y avait bien une chose dont Nikoleta avait été persuadée toute sa vie, c'était que tous ces mondes fantastiques n'existaient pas et ne pouvaient pas exister.
Voilà qu'on l'avait catapultée dans son joli paradoxe; elle en était ravie, pensez-vous, et de fait bien plus sur ses gardes. Comme si se retrouver coincé dans un manoir hors du temps n'était pas assez perturbant comme ça, il fallait qu'elle croise une boîte de haricots radioactive avec des dents. Oh non, attendez: pas radioactive. Ça aurait été trop simple. Elle était magique et c'était pire. Perdue et ses repères gommés, ses acquis intégralement remis en doute, la jeune femme ne savait plus à quoi se raccrocher.

La vérité, elle ne savait pas où la trouver, alors elle voulait bien la voir n'importe où tant que ça la rassurait. Si c'était dans la bouche de ce jeune homme qu'elle pouvait se trouver, elle le croyait. Sur le coup, là, et sans réfléchir: elle aurait tout le temps de douter par la suite.
Elle ne faisait que ça, de toute façon. Qu'est-ce que ça pouvait changer...

Et s'il y avait quelqu'un dans mon dos ?

« En fait... »

Nikoleta attendit fébrilement la suite, pas loin de le croire même s'il avait lâché avec tout le sérieux du monde qu'il était une licorne ayant revêtue la peau d'un homme.

« On a déjà voulu me tuer une ou deux fois. C'est dans ces moments-là qu'on est content de pouvoir arracher des chandeliers. »

Oh mon dieu, songea-t-elle avec une horreur croissante, on avait déjà voulu le tuer ! Elle en était certaine, la faute aux déséquilibrés qui devaient pulluler dans les couloirs... Est-ce que ça voulait dire qu'elle avait pu parler à des psychopathes sans s'en rendre compte ? Cette idée la glaça d'un effroi qui lui était pourtant peu commun. Ça y était, ses nerfs commençaient à ressentir la pression qu'exerçait l'étau de ces quatre murs de pierre. Il allait falloir qu'elle se munisse d'un...

Chandelier ?

« Enfin ça va, on garde deux trois cicatrices et on en parle plus. (Bêtement, elle suivit son regard et fixa elle aussi la mixture peu ragoûtante) Au bout d'un moment, tu repères les tarés et tu te planques dans les placards le temps qu'ils passent. Question d'habitude. »

Dans les placards ? Un rapide coup d'œil autour d'elle la renseigna sur l'emplacement des cachettes à retenir pour l'avenir. Couloir numéro un: chances de survie, zéro. Avec un petit soupir, elle prit la cuillère à deux mains et baissa vers elle des yeux verts et tristes. Cet endroit était trop effrayant pour qu'elle puisse vouloir y rester; trop surprenant aussi. Nikoleta n'aimait pas le changement, elle aimait quand le quotidien enracinait tranquillement ses habitudes. C'était mauvais pour son cœur, toute cette agitation.
Il y avait tant de choses qu'elle aurait aimé demander à son interlocuteur; comme l'identité des psychopathes en question, le meilleur moyen pour éviter de se faire dévorer par les haricots, les meilleures cachettes... Mais la question qui s'échappa de ses lèvres fines, reflet d'une incompréhension stupide qui persistait, fut toute autre.

« Pourquoi des chandeliers ? »

Après quoi elle releva timidement les yeux vers le garçon en noir.
Ce n'était pas vraiment courant, comme... arme. Pensa celle qui se promenait avec une cuillère en bois dans les mains.
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Mar 16 Avr 2013 - 9:41

Face à l'air sincèrement effrayé de la jeune femme, Kélian ressentit une pointe de culpabilité ; rien qu'un pique passager, certes, mais ce fut suffisant pour percer son assurance. C'était tellement stupide et immature, de s'amuser des craintes des autres. Il avait passé l'âge de se cacher derrière les portes pour faire hurler ses cadets : c'était même tellement loin, tout ça, qu'il se demanda s'il l'avait vraiment vécu. Peut-être que non, en fait. Peut-être que lui aussi, comme cette fille, donnait vie à des fantômes sans s'en rendre compte. Borné, il chassa l'idée d'un battement de cils. Il aurait beau faire, impossible de prendre cette chasseuse de haricots au sérieux : impossible également de considérer que ses paroles pouvaient faire du mal à qui que ce soit.
Au pire, quoi ? Si elle le croyait vraiment – ce qui avait l'air d'être le cas – elle deviendrait simplement plus méfiante. En toute franchise, il ne pensait pas que ce soit une mauvaise chose. Il y avait vraiment des tarés, ici. Des malades. Des personnes violentes ou bizarres, des monstres en tout genres et des criminels quelconques ; ce n'était pas comme s'il en croisait sans arrêt, non, mais il savait qu'ils existaient. Il savait également que certains lieux viraient mal fréquentés passés certaines heures. La dissuader de se promener dans les couloirs en pleine nuit n'était pas ce qu'on pouvait appeler une mauvaise action, non ? Non.
Si elle pouvait arrêter de chasser les boîtes de conserves, aussi... Ça aurait été plutôt salutaire pour sa réputation. A moins qu'elle ne revendique son côté étrange, mais, comment dire ? le jeune homme en doutait sérieusement. Rien qu'à ses habits et son allure franchement passe-partout, elle donnait l'impression d'être une de ces filles bien dans leur tête tenant à vivre une vie normale et paisible. Pas une excentrique adorant hurler que « les haricots sont de sortie, tous à vos armes ! »

A moins qu'elle ne joue remarquablement bien la comédie. Après tout, hein...

« Pourquoi des chandeliers ? »

La question le prit littéralement de court. Il posa ses yeux gris sur elle, ouvrit la bouche, la referma ; resta coi. Pourquoi des chandeliers ? Pour rien, répondit-il à sa propre adresse, lèvres closes. Parce qu'il y en avait dans le hall, parce qu'il en avait déjà arraché un... Parce que c'était un des rares objets qu'il se soit récemment amusé à déloger d'un mur, tout simplement. A part quelques poignées de porte qu'il avait décroché sans faire exprès, au début de son séjour. Et un tiroir. Bref – parce qu'un chandelier, conclut-il en cherchant l'inspiration sur le mur à sa droite, ça a la classe. Mieux valait brandir ça plutôt qu'une cuiller en bois. Question de crédibilité.
Au bout de quelques secondes d'intense réflexion, l'Erinyen haussa les épaules. Ce n'était pas comme si elle s'attendait à ce qu'il sorte une raison valable, hein ? Dans le cas contraire, elle allait être sacrément déçue. Les chandeliers n'avaient pas de vertus magiques, pour autant qu'il en sache. Et puisqu'il devait être une des rares personnes de cet endroit à en avoir arraché un du mur, il pensait être bien placé pour affirmer une chose pareille.

« Pas de raison en particulier. J'aime bien les chandeliers. C'est lourd, on peut assommer et même cramer avec si y'a encore les bougies. L'arme parfaite, quoi. »

Parfaite. Rien à redire là-dessus. Satisfait, il reprit sa cuiller en main et avala une bouchée de son petit-déjeuner. A force de mariner dans le lait et le sirop, les céréales s'étaient considérablement ramollis ; ça ressemblait plutôt à de la compote, tout ça. Pas que le goût diffère vraiment non plus. Tout en se faisant la remarque que le chocolat peinait à se faire sentir sous tout ces autres arômes, Kélian reporta son attention sur la fille.

« Je suis sûr qu'on pourrait tuer ta boîte de trucs avec un chandelier, lâcha-t-il platement. En tout cas ce serait plus malin qu'une cuiller en bois. Dommage, j'en ai pas sur moi. »

Comme sous le coup d'une inspiration soudaine, il cessa net de parler. Alerte, il regarda à un bout du couloir puis à l'autre ; difficile de dire si son rapide examen des lieux lui plût ou non. Toujours est-il que la seconde suivante, le jeune homme faisait un pas nonchalant en avant, l'air décidé à ne pas rester sur place.

« On va aller t'en chercher un, la chasseuse d'haricots. Histoire d'augmenter tes chances de survie ici. » Serein, il reprit une bouchée de céréales. « T'as un nom, d'ailleurs ? »



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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Ven 19 Avr 2013 - 20:18

...

« Pas de raison en particulier. J'aime bien les chandeliers. C'est lourd, on peut assommer et même cramer avec si y'a encore les bougies. L'arme parfaite, quoi. »

La demoiselle resta le regarder avec des yeux ronds, et cligna des yeux une fois, deux fois, trois fois pour montrer son incrédulité. L'arme parfaite ? Bêtement, elle passa en revue tous les jeux vidéos qu'elle avait vu défiler sur l'écran de leur petite télévision et que son frère adorait tant. Pas très dégourdie avec une manette dans les mains, Nikoleta ne s'y était jamais attardé plus que ça, mais quelques figures lui revenaient à l'esprit. Des pistolets, des fouets, toute une collection d'armes diverses et variées pour passer de niveaux en niveaux et gagner la partie; une multitude de jouets numériques et tranchants, des épées à n'en plus finir... Mais jamais de chandelier.
Ils avaient beau ne pas être dans un jeu vidéo et les deux pieds sur terre, elle considérait mal qu'un chandelier puisse être une 'bonne arme'. C'était lourd et les bougies pouvaient brûler, oui, mais n'y avait-il pas plus efficace contre une mer de psychopathes et de fantômes ? Si elle s'était retrouvée face à un déséquilibré avec pour seul moyen de défense un chandelier, elle serait partie en courant dans l'autre sens. En omettant le fait qu'elle serait partie en courant dans l'autre sens même avec une arbalète dans les mains. Nikoleta n'était pas vraiment ce qu'on aurait communément pu appeler une 'super guerrière', et elle était loin d'être courageuse.

Mais un chandelier, quand même, c'était...

« Je suis sûr qu'on pourrait tuer ta boîte de trucs avec un chandelier. En tout cas ce serait plus malin qu'une cuiller en bois. Dommage, j'en ai pas sur moi. »

Occupée à visualiser un chevalier brandissant un chandelier sur un champ de bataille et à tenter de mettre un goût quelconque sur ce que le jeune homme était en train d'avaler, elle réagit quelque peu à retardement, et ce fut pour ouvrir de grands yeux et fixer sa cuillère en bois; hop, rebelote. A continuer de la regarder comme ça, pire que si elle renfermait quelque secret qui lui aurait valu un séjour à l'ombre d'une crypte ancienne, elle allait passer pour une débile. N'ayons pas peur des mots, n'est-ce pas ? Nikoleta se faisait souvent la remarque qu'elle aurait gagné à rester stoïque en toutes circonstances. Pas des points de sympathie (mais vu qu'elle avait l'air triste la plupart du temps, est-ce que ça aurait changé grand chose ?), mais d'emblée un meilleur capital intelligence aux yeux des autres.
Elle tourna et retourna sa cuillère comme pour l'inspecter, pensive. Elle voulait bien admettre que ce n'était pas la première chose qu'un aventurier aurait pris avec lui pour aller traquer la bête, mais elle n'avait pas trouvé mieux. Maintenant qu'elle y pensait, il lui semblait avoir vu des chandeliers dans le hall d'entrée et elle se maudit intérieurement de ne pas avoir pensé à en arracher un ou deux des murs avant de continuer sa chasse.
Venant de quelqu'un d'autre, cette dernière remarque aurait put paraître ironique; dans la bouche de Nikoleta, elle dénotait simplement d'un agacement sincère. Si ce garçon y avait pensé, pourquoi pas elle ? Ce qu'elle pouvait être bête, des fois, mais bête.

Ma pauvre, ça s'arrange pas avec le temps, hein ? Pense à consulter, c'est un conseil.

Ce fut au moment où cette petite voix résonnait dans sa tête qu'elle intercepta le regard de son interlocuteur, qui se baladait d'un bout du couloir à l'autre. Immédiatement sur le qui vive, elle se redressa et regarda nerveusement autour d'elle.
Il n'avait pas entendu le cliquetis caractéristique de la boîte de conserve, hein ? Pitié, faites que ce ne soit pas ça !

« On va aller t'en chercher un, la chasseuse d'haricots. Histoire d'augmenter tes chances de survie ici. T'as un nom, d'ailleurs ? »

Comme une parfaite nouille, Nikoleta acquiesça. Qu'il lui propose, en bon gentleman, d'aller lui chercher un chandelier pour qu'elle puisse mener à bien sa chasse lui semblait plus ou moins normal. Plus ou moins. Il y avait encore des progrès à faire, c'était sûr; mais que devait-elle trouver crédible dans ce lieu magique et de quoi devait-elle se moquer à gorge déployée ? Prête à suivre le zombie qui n'en était finalement pas un où qu'il aille, elle finit par prendre la parole.

« Je m'appelle Nikoleta. Et toi, euh... ? »

Franchement, en le voyant, aucun nom ne lui venait à l'esprit. Quand certains avaient des têtes de Vasilis, d'autres de Georgios, lui avait une tête qui ne lui revenait pas. Peut-être à cause de la peau pâle et du drôle de tatouage...

Oui, c'était sûrement ça. Sûrement.
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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   Sam 27 Avr 2013 - 0:42

Une bouchée de plus et ils iraient arracher un chandelier, point. Ce n'était pas très compliqué, ça ne demandait pas beaucoup d'efforts : tout juste une formalité pour lui, depuis qu'il vivait au Pensionnat. Il mentait, elle le croyait, et la machine finirait par coincer à un moment ou à un autre. Il en avait parfaitement conscience. C'est mal de mentir, crétin – mais ta gueule, là je m'en fous. Je m'en fous. Il le répéta une seconde fois, tandis qu'il regardait la jeune femme hocher la tête, prête à accepter qu'il lui faille à tout prix un chandelier pour se défendre ; s'en convainquit sans le moindre mal. Ce n'était pas si difficile que ça, de ne pas penser. Un mensonge ou deux tuaient rarement, n'est-ce pas ? Et si elle agressait quelqu'un avec, et si elle devenait paranoïaque – mais c'était fatiguant, de toujours songer aux conséquences. Ce n'était pas lui qui avait commencé à parler de chasser des haricots mutants, il n'avait pas envie de s’embêter avec ça.
Ils allaient donc arracher un foutu chandelier avec ses fichues bougies et fin de l'histoire. « A toi de jouer », « sois digne de ton arme » ou quoi que ce soit dans ce goût-là. En route vers la gloire.

« Je m'appelle Nikoleta. Et toi, euh... ? »

Il la regarda, attendit. Haussa les épaules, comme si ça n'avait aucune importance, et s'engagea sans mot dire dans le couloir. Il pensa oui, pensa non, pensa au drôle de goût de ses céréales, se demanda comment ça pouvait seulement être bon vu la couleur et la consistance, ne chercha pas plus loin. S'il avait mal à l'estomac plus tard, il pourrait toujours barrer cette recette de sa liste. Regretter était en option.
Éventuellement, s'il s'en sentait le courage.

« Jacques. » Il lui adressa un sourire sarcastique. « Traînes pas si tu veux pas finir dévorée, Nikoleta. »

Et il reprenait sa marche. Ce n'était pas plus compliqué que ça ; on s'ennuie, on s'occupe. Et on s'ennuie souvent, ici. Quitte à mentir un peu, hein – c'est juste pour rire, non ? Il ne lui restait plus qu'à pousser gentiment jusqu'à ce que ça casse, que tout lui revienne dans la figure. Ensuite il pourrait regretter – encore – se plaindre, peut-être, et se répéter que mentir était absolument à proscrire – ce qui au final ne changerait pas grand chose à sa vie.
Distrait, il constata que la jeune femme le suivait docilement, regarda ses vêtements ; observa sa stature, fine, aucune forme, pensa à Selenda – plus de formes, quoi qu'il n'y ait jamais réellement pensé – chassa cette image de son esprit d'un mouvement de tête désapprobateur, suivit le tapis rouge des yeux. Heather non plus n'avait aucunes formes, tiens. Filiforme. Il rejeta un coup d’œil à Nikoleta et, d'un commun accord avec lui-même, décréta que parler avec une fille nettement plus petite que lui faisait du bien, pour une fois.

Avança ; un chandelier, un chandelier. Puisque ce manoir se réparait tout seul, on ne lui en voudrait pas d'en casser un deuxième.


Plumes et Aventure



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MessageSujet: Re: Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}   

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Soyez heureux, mangez des haricots. {Kélian Ael}

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