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 People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether

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MessageSujet: People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether   Lun 17 Déc 2012 - 18:51

    DON’T GET ATTACHED TO MOMENTS. GOOD OR BAD, THEY ALL PASS.

    Depuis tout ce temps, je suis seule. Je m’ennuie, comme avant. Je m’ennuie, comme avant, mais plus tout à fait comme avec lui. Je m’ennuie sans arrêt, sans interruption, je m’ennuie tout le temps, comme avant. Au début, j’ai voulu arrêter d’y penser, vider de mon crâne tout ce qui pouvait me faire penser à lui. J’imaginais qu’en le dégageant de là, il dégagerait peut-être pour de bon, que je n’aurais pas à songer – espérer – qu’il serait derrière cette porte chaque fois que je l’ouvrirais. Si Ether n’existait plus pour moi, peut-être qu’il n’existerait plus pour personne, ou bien l’inverse. Bref, j’étais dans cette phase de déni, celle où on rejette absolument tout. On veut oublier, on veut devenir ce tank qui pulvérise sans pitié, sans regret, pour tout recommencer à zéro.

    Seulement, maintenant, c’est différent. Au fond de moi, il n’y a plus que le désespoir sourd de la solitude, la souffrance de se savoir lancée dans une vie inutile, une vie sans but, cette souffrance causée par l’apparition nette et précise du nihilisme réel. Celui que tout le monde ignore, que tout le monde veut ignorer, parce que qui veut découvrir la vérité? La vérité, celle qui est unique. Être n’a aucun but. Les hommes se promènent, aiment, traversent la vie et la quittent, sans jamais servir à quoi que ce soit. C’est terrible, cette lucidité qui vous prend lorsque vous n’avez rien de plus à faire qu’errer comme l’âme en peine que vous êtes, l’âme vide plongeant dans le néant que vous êtes.

    Du bout de l’ongle, je gratte la vitre face à moi. J’ai le nez collé contre elle, c’est rafraîchissant. J’ai passé tout mon temps ici, m’endormant souvent la figure contre un livre ouvert, sur les chaises pourtant inconfortables qui bordent les tables de lecture. J’ai dévoré des bouquins, et petit à petit, lire m’est devenu plus simple. Au début, je butais sur les mots, j’en sautais beaucoup, j’écorchais le sens des phrases que je lisais, je ne comprenais rien. Comme l’absence d’Ether, je ne la comprenais pas. Il avait lâché prise, et c’était moi la fautive: je l’avais poussé à cette solution, je l’avais incité à me laisser tomber, comme le poids mort que j’étais. Je m’en rends compte maintenant, de tout le mal que nous nous sommes faits mutuellement. J’ai eu le temps de rencontrer quelqu’un, un garçon farouche, à peine plus jeune que moi, et que je considère pourtant comme un oiseau blessé protégé par le manteau de mon bras chaud. Bek.

    Et puis les mots ont coulé à l’intérieur de moi. Ils m’ont atteinte. J’ai découvert le sens, ce qu’ils voulaient dire, et j’ai lu. Pour de vrai, j’ai lu. Et ça me plaisait, et ça me plaît toujours. Alors je reste ici, parce que c’est la seule chose nouvelle ici, si l’on oublie les nouveaux arrivants, qui, au contraire des livres tout autour, sont déprimants et me crient au visage: “tu appartiens à cet endroit, tu n’as pas le choix, pas le pouvoir!”. Je déteste les nouveaux, je les hais. Je déteste rencontrer des gens. Ces livres, ils ne changeront jamais. Ils seront toujours là, toujours au même nombre et pourtant, il me faudrait des années pour tous les lire. Ça tombe bien, j’ai tout mon temps. Et quand je les aurai tous lu... Je pourrai toujours les relire, parcourir une nouvelle fois leur histoire et redécouvrir des choses que mes yeux avaient ratées. Les livres sont immuables et pourtant si mystérieux.

    Je porte une robe. C’est la seule chose que j’ai trouvé dans l’armoire ce matin. Cela faisait longtemps que je n’étais pas retournée à la chambre pour y dormir, pour y passer juste une minute. Je ne suis pas seule dans cette chambre, et c’est bien ce qui me dérange. Je n’ai jamais rencontré encore une fois mes colocataires, et je m’arrange pour les éviter. Je ne connais pas leurs noms, ou leurs visages. Je ne parle pas aux personnes du Pensionnat. Trop étranges, trop différents. J’ai toujours cette chose en moi méprisable, qui me fait haïr le changement, jusqu’à la moelle. J’ai appris à m’y faire, les étrangers m’ont toujours fichu la chair de poule et je recule devant le nouveau. Mais aujourd’hui, je porte une robe. Une robe jaune, assez laide. Elle fait très fille, mais sa couleur... Elle ne fait rien du tout, elle est juste moche. Un jaune moutarde, je me fondrais presque dans la tapisserie. Elle est légère, mais je porte mon gilet gris, tout va bien. Aux pieds, j’ai toujours mes tennis sales, c’est marrant, ici, les gens ont toujours l’air d’être habillés de la manière qu’ils souhaitent — ce n’est pas forcément du meilleur effet tous les jours, mais ça me semble être volontaire —, mais moi, je galère toujours à avoir des choses ici. Du coup, je planque tout ce que j’arrive à attraper, et l’endroit regorge de cachettes.

    Ether me manque. Je souffle sur la glace, et la vitre s’embue. Du bout du doigt, je dessine un cercle. Fatiguée, je pose le front contre la surface froide et je disparais. Du moins, j’y pense fort.


    EXPECTATION IS THE ROOT OF ALL HEARTACHE.
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MessageSujet: Re: People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether   Mar 22 Jan 2013 - 11:58


    Leçon #1. L'être que vous aimez et l'être qui vous aime ne sont jamais au grand jamais la même personne.

    Période de vide. Le hasard le plus improbable qui soit, le moins désiré du monde.

    Je n'ai pas vu Valora depuis la dernière fois, depuis l'incident. On arrête tout. La baise, les baisers, les embrouilles à la con. Moi je n'ai pas envie d'arrêter, Ether. Ça reste dans le cerveau. Sans notion de temps, plus aucun point de repère. Je suis perdu, comme les journées se ressemblent, je ne les distingue plus. Je suis tout perdu car, tout est similaire, et je n'arrive pas à m'en sortir. Ah, c'est vrai, le temps n'existe plus, je ne comptais plus, j'oublie.

    Je suis un robinet. Je retiens tout ce que j'ai envie de dire pour tout sortir d'un coup. Ne pas ouvrir le robinet délicatement, et tout se verse comme un torrent. Les regrets ne se mangent pas. Ils se vomissent seulement. Ils s'avalent, se mâchent, se broient. Ils ne sont là que pour nous faire chier. Et ça se transforme en quelque chose de monstrueux, pire que la déprime. Je baisse la tête rien qu'en y pensant, et ça me triture l'esprit de savoir qu'elle est toujours là, quelque part sous le même toit. J'essaye de chasser cette ignoble boule dans mon ventre, la nervosité, le stress ?

    On voulait bouger, être dans un endroit plus serein. La bibliothèque est le choix premium. Rahel me traîne de la chambre pleine de fumée de cigarette et de joint pour me sortir. Une cigarette constamment en bouche, et on bouge, pour la énième fois. Y'a que de la merde. La fumée de cigarette parcoure les couloirs, je ne sais pas où je vais, comme lorsque les miroirs nous avaient enfermés. C'est la période la plus vide de mon existence ici - encore faudrait-il que j'ai ne serait ce qu'une existence.

    On approche la bibliothèque sans vraiment savoir quoi faire dedans, du moins je n'en sais rien avant de voir la rangée de livres et de bouquins devant mes yeux. Puis, mes yeux fatigué de voir tant de choses inconnus vont se poser sur une fille. Merde. Valora. Mon cœur se dessèche, mon cœur rétrécit et devient un fruit sec.

    Je bloque mon souffle. Je laisse s'échapper malgré moi un Val..., et je re-bloque mon souffle dans mes poumons. Je recule, derrière Rahel, instinctivement. Je mets une main sur les yeux de Rahel, et je la ramène contre moi contre mon gré contre son gré. Je lui souffle.

      « Bouche toi les oreilles. J'ai pas assez de mains pour ça. »


    Et je regarde Valora. Je dis.

      « Casse toi de là, Val. »


    Pas que je n'ai pas envie de la voir. Elle m'a manqué. Seulement que je n'ai pas envie qu'elles se voient. Elles ne vont pas se manquer, elles. J'ai l'impression d'assister à une scène d'amour lourde, où l'amante et la femme d'un homme de rentrent dedans. Ce n'est pas tout à fait ça, mais je n'aime pas le concept. Je veux l'éviter. Valora est jolie, aujourd'hui, j'ose penser. Peut-être parce que je ne l'ai plus vu depuis trop longtemps. J'essayerais de m'empêcher de l'attraper et dire, attend, je... quand elle partira. C'est tout ce que je peux faire pour elle et pour celle que je tiens aveugle. Je balance la cigarette sur le sol et l'écrase violemment. Je me mens encore. J'ai besoin de cette couverture d'acide pour repousser ce que j'aime.

    J'aurais pu l'ignorer. Passer en regardant droit devant moi, laisser Rahel s'installer là où elle voulait et suivre ses mouvements, tout en observant secrètement Valora dans mon dos. Mais ne pas lui accorder un regard, voudrait dire fin. Une fin tellement inadéquate mais tellement officielle, que j'ai eu peur. Je préfère la confrontation à la perte de l'une. C'est peut-être ça. Maintenant que Rahel sait que quelque chose cloche, c'est aussi peut-être le début de la fin entre elle et moi. Je n'y avais pas pensé, tellement clôturé par l'idée de perdre cette Val. Je regrette tout de suite, mais je ne trouve aucun moyen de redresser la situation. C'était une blague, je pourrais éventuellement dire. J'attends.

    T'es une putain de plante, t'as besoin de photosynthèse. T'as besoin de soleil car t'es de la putain de glaise.



    hrp ;; je me permets de répondre first
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MessageSujet: Re: People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether   Ven 8 Mar 2013 - 18:59

    La taille de notre reflet dans un miroir est toujours la même, quel que soit notre éloignement dudit miroir.

    Il est là. C’est étrange, je ne me savais pas si calme, sereine. Après la dernière fois, je pensais qu’au moins, j’aurais sauté sur Ether pour l’embrasser. Mais je ne sais pas si j’ai le droit, et pire, si j’ai envie. Il a détaché mon visage de la fenêtre, quand je l’ai entendu souffler mon nom, Val. Il a ce pouvoir sur moi. Mais je suis si lasse, si vide, je n’ai pas la force de m’approcher, ou même de parler. Je regarde la scène, comme à l’extérieur de mon corps, de mon coeur, petite créature discrète qui se faufile entre les paupières d’Ether. J’ai toujours voulu savoir ce qu’il avait derrière la tête.

    Ce qu’il a derrière la tête, maintenant, je peux le voir. C’est cette fille, ce canon, qui me fait sentir si moche, toute laide et insignifiante. Une vraie merde, complètement inutile. Il n’a jamais parlé de cette fille, mais sa réaction! Elle n’est pas quelqu’un au hasard, elle est quelqu’un de choisi, quelqu’un de déterminé, quelqu’un qu’on ne laisse pas partir, qu’on attrape par la main et qu’on suit, qui nous protége et qu’on défend. Cette fille, c’est cette chose indépendante que j’ai toujours voulu être, pour qu’un garçon fort vienne m’aimer, et que je n’aurais plus à être indépendante. Mais j’ai toujours été trop dépendante, trop pathétique, trop cas social de la DASS pour pouvoir me fondre derrière le masque.

    Ether fait des trucs complètement débile. Il pose ses paumes contre les yeux de la fille, et ça la fait paraître fragile, comme une poupée. Et il lui parle méchamment, à sa façon bien à lui, et il me lance un regard et il me dit:

    — Casse toi de là, Val.

    Un ange passe.

    Ce n’est pas ce que j’avais imaginé, comme phrase de rencontre après tant de temps et une séparation un peu space. Mais après tout, on parle d’Ether là et je ne vois pas pourquoi je me suis attendue à quelque chose de si romantique que j’en aurais rit. Aussi, après avoir refermé la bouche qui s’était comme détachée de ma mâchoire, je souris. Ah, ce bon vieil Ether, il n’a pas changé, alors que moi, du tout au tout.

    Du moins, c’est ce que je le laisserai croire.

    — T’es autant chez toi que chez moi, je lance, bravâche.

    Après tout, c’est moi qu’on a oublié de rechercher. C’est moi qui devrais être énervée, vexée. Qu’il ne me pique pas mon rôle, en plus, ma douleur je la garde!

    — C’est qui ta copine?

    Et puis je me demande ce que je fous là. Pourquoi est-ce que je lui demande ça, d’un ton naturel, comme si on était de vieilles connaissances d’école et qu’on se parlait de nos vies nouvelles, mariage, enfants, prêt sur trente ans. Je ne veux pas avoir ce genre de conversation avec Ether, et avec personne. je tortille une mèche de mes cheveux entre l’index et le pouce, et je jette un coup d’oeil par la fenêtre derrière nous. Il pleut. Encore.

    — Tu as raison, en fait, je vais partir je crois.

    L’atmosphère est trop lourde ici, la tension je la sens entre mes doigts et j’ai les paumes des mains toutes moites, je me sens sale, je me sens malade, j’ai la nausée et je me dis qu’Ether, c’est peut-être vraiment un poison. J’avais réussi à me sevrer et voilà que je m’en prends une dose grosse comme mon poing d’un seul coup, en plein dans l’âme. C’est trop fort, trop d’un coup et je fais une overdose.

    Je me sens vaciller, je fais quelque pas, espèrant tomber à l’abri dans le couloir, à l’abri du regard d’Ether et de sa débile de gonzesse que je déteste déjà. J’ai l’impression de courir, même si je sais que je dois traîner des pieds comme un zombie. Je m’étale quelque part, dans le couloir ou le sol de la bibliothèque, je n’en sais rien, mais j’ai mal quand j’atterris.

    Au secours.
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MessageSujet: Re: People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether   Dim 4 Aoû 2013 - 17:35


    Merde, j'ai perdu mon cœur. Ce caillou fera l'affaire.

    Muet, j'attends la suite de sa question. Je me dis que je suis quand même salement un peu humain, et que je n'ai pas le droit de répondre à ce genre de question malsaine. Elle connait la réponse, elle veut seulement l'entendre de ma propre bouche. C'est qui ta copine ? C'est celle que j'ai ramené ici sans le vouloir, c'est celle dont j'ai besoin pour que je puisse voir un peu d'importance dans ma propre existence. Je ne lui dirais, au grand jamais, qu'elle le sait déjà. Je ne pourrais, au grand jamais, m'avouer et avouer que je laisse des miettes derrière moi, que je raconte des choses qui ne sont plus censées me concerner, mon passé.

    Puis, elle s'en va. Comme ça. Elle ne poursuit pas, elle ferait mieux de s'en aller, c'est aussi la première chose que j'ai pensé quand je l'ai vu. Je me sens comme un salaud qui tourne cinq fois autour du pot. Je lâche instantanément Rahel, et je la regarde partir, sans pouvoir lâcher du regard son ombre sans énergie onduler jusqu'à la porte. Je ne peux pas dire que je ne sens pas le regard intrigué de Rahel sur moi, je l'ignore juste. Elle ne doit pas savoir, elle ne doit rien comprendre. Je me tourne vers elle, dépité, et j'ouvre la bouche pour me justifier, sortir une quelconque excuse, mais rien ne sort. C'est pour ça, c'est la raison pour laquelle je ne peux pas planter mon regard enragé dans le sien. Je ne suis pas propre, c'est comme si j'avais besoin de laver mes pêchés auprès d'un religieux. Je ne suis pas à l'aise, et c'est Rahel, putain. Serait-ce que je disparais ? Dites-moi ce que je dois faire pour échapper à ce malaise. Je dois parler avec Valora. Je n'ai plus le choix, Rahel tourne les talons pour aller lire, sûrement. J'attrape son poignet sur une pulsion, et je dis.

      « Attend. Attend moi là, bouge pas d'ici, je reviens. »


    Je m'en vais. J'ai le cœur serré, j'ai l'impression d'abandonner la raison de mes réveils, je ne suis plus Ether, seulement un substitut, ce n'est pas moi. Ça ne peut pas être moi, j'aurais juré pouvoir tout lâcher pour cette fille, ma vie, mon passé, me racheter, effacer l'erreur et la protéger en quelque sorte de toutes mes forces. Et me voilà pathétiquement en train de courir derrière une autre fille aussi dépourvue que moi, c'est ridicule. Ma vie ne dépend pas de ma volonté, elle appartient à quelqu'un d'autre, mais je fais comme si j'avais remplacé mon cœur par un caillou.

      « Je... Valora. »


    Ma gêne s'exprime d'elle-même, je fuis son regard lorsque je la vois, je passe une main derrière ma tête. On dirait un gamin, putain, Ether, t'es où ?

      « Faut qu'on parle. »


    Je m'avance et comme je le faisais si souvent pour lui faire l'amour dans un coin, je lui prends le poignet et la traîne derrière moi. Dans un tournant de couloir, isolés, je me retrouve face à elle et je panique à nouveau.

    Qu'est-ce que j'ai fait ?

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MessageSujet: Re: People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether   

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