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 Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]

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Masculin Pseudo Hors-RP : MCDM
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• Pouvoir : Le pouvoir de la Triforce (lui ayant le succès, étant le plus équilibré des trois).
• AEA : Tortinette, une tortue tricorne mais surtout tricéphale et potentiellement très rare.
• Petit(e) ami(e) : Une sorcière qui détient une poupée vaudou à son effigie et ressemble follement à Aurelio.

Messages : 5
Inscrit le : 31/08/2012

MessageSujet: Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]   Sam 29 Déc 2012 - 18:46



* Hercolani Lorenzo


*nom – Hercolani
*prénom – Lorenzo
*age – Seize ans
*né(e) le – 22 juillet 2003
?

Pouvoir
Le meilleur moyen de se débarrasser de ces pots de colle ambulants, ça doit être de les ignorer. Pas sûr que ça fonctionne du tonnerre mais, au moins, on ne peut pas nier que ça ait quelques avantages. C'est le genre de raisonnement qui vous évite de saluer Lorenzo, de lui serrer la main, de lui claquer la bise ou seulement de lui dire "bonjour".
Premièrement parce que la politesse n'a jamais sauvé personne, deuxièmement parce que lui ne s'en soucie pas assez et s'amuse beaucoup trop de son pouvoir pour vous délivrer d'un "au revoir" salvateur. Ce stakhanoviste de l'entraide semble avoir pour but de vous faire remporter le championnat toute catégorie de téléphone rose ou d'animateur radio, voire les deux en même temps : vous n'avez pas entendu votre voix descendre d'un ou deux octaves et prendre des accents ô combien suggestifs et virils ? "Viens cueillir des citrouilles avec moi", "où est passé mon ours en peluche", "tu veux de la pizza", qu'importe au fond ce que pourrez dire. On a l'impression d'entendre un pervers à la voix grave qui lance des invitations à tout bout de champ.

Alter Ego Astral
AEA : Aubaine Exceptionnelle plus un A. Le A, c’est peut-être pour Asdrubale qui, sans controverse, est la plus utile et occidentale des trois têtes de cette tortue bien singulière que vous venez de voir passer en se récriant triplement d’une appellation pareille.
Hors de question pour Lorenzo de changer d’avis pour autant ; Tortinette, c’est l’occasion rêvée de faire fortune, point final. Un animal tricéphale, ce n’est déjà pas commun, alors si en plus il est affublé de trois cornes aux pouvoirs sûrement mystérieux, pas de doute : on peut en tirer un joli pactole. Un peu plus grand, beaucoup plus imposant, et il lui aurait presque rappelé un vieil ami. Mais puisqu’il ne lui serait jamais venu à l’esprit d’inventer une chose aussi « petite et moche », elle ne doit être qu’un lointain parent. Un mot d’ordre : pas de quartier !
Asdrubale est aussi doué pour parler que son propriétaire pour faire la sourde oreille. Parce que de toute façon, il parle beaucoup trop, en comparaison de ses congénères plus calmes. Ces derniers ayant l’insigne honneur d’être greffés à son corps, et de partager sa merveilleuse vie, il juge avoir le monopole de la parole et tient à le montrer. Le seul moment de la journée où il ne parle pas, c’est que ce glouton a la bouche pleine de frites ou de salade –et alors, sa corne se charge d’affirmer sa toute-puissance en s’habillant de couleurs aussi vives que brillantes. Il paraît très clair à Lorenzo que ce détail de son anatomie est destiné à effrayer les autres prédateurs charognards venus voler le repas dûment mérité de la tortue. Ça l’est peut-être un peu moins au reste du monde, cela dit. Asdrubale a toujours rêvé de savoir étaler de la confiture sur une laitue fraiche. Faute de ça, il sait étaler sa science mieux que personne et, n’en ayant pas beaucoup, répète à qui veut l’entendre, et surtout qui ne veut pas, tout ce qu’il sait ou croit savoir.
« Mais madame, je vous jure que c’est vrai ! Tortinette l’a dit ! »


Passions
Tout ce qui au monde a vocation à vous casser les pieds : manger très vite, parler très vite, courir très vite, les remarques sans queue ni tête, passer très vite du coq à l'âne, passer pour quelqu'un d'autre, faire peur aux touristes et les faire s'enfuir très vite pour ruiner la visite du forum que ce guide devait organiser mais qui, vu leurs têtes, devait être particulièrement ennuyeuses. S'incruster l'air de rien dans les photos, les sculptures de frites, pousser les gens sans les fontaines ou sauter dedans à l'occasion, un peu comme il saute sur les tables en cours. Les parties acharnées de Mario-kart, Noël mais surtout Halloween, pour se déguiser n'importe comment et éventuellement en tortue-ninja-mode-guerrier-de-l'ombre pour avoir plus de bonbons et de glace -comment ça, trop vieux pour ce genre de choses ?
Il y a ses frères, aussi, mais ça, ça va sans dire. Il y a son père, sa mère, pas d'amis. Il y a tout ce qui peut l'amuser sur le moment. N'importe quoi.

N'aime pas / Phobies
Tout ce qui est globalement rasoir : être puni, être interrompu, devoir tout expliquer plusieurs fois et à peu près clairement, les questions compliquées et les questions tout court. Il y a aussi les sauces amères qu'on s'escrimait à leur faire manger au primaire, les programmes télé ennuyeux dont on ne peut pas se moquer tellement leur pouvoir d'endormissement casse l'ambiance. Lorenzo ne reste pas les bras croisés et se réjouit d'un peu tout. Ce qu'il voit d'un très mauvais œil c'est qu'on l'empêche de le faire, tout simplement. Qu'on lui recolle les pieds sur terre.
Et puis surtout pas touche à ses frères. Quand on s'adresse à un on s'adresse à tout le monde. Si l'idée d'être séparés, il ne l'envisage pas seulement, celle d'une greffe n'est pas meilleure. Il se considère comme un des pieds d'un tabouret qui n'a aucune envie de devenir une chaise -à la limite Carlo pour s'asseoir dessus. Lorenzo bannit le changement.



« Merci, maman, de ne pas nous avoir jetés dans un tuyau quand on était petits ! On te le dit pas assez souvent, mais on le pense très fort. »

Histoire

« -Papa, il est quelle heure ?

-Quatre heures, Lorenzo.

-Quoi, s’insurgea le gamin, mais il était déjà cette heure-là tout à l’heure !

-Non, il était quinze heure trente », soupira un père faussement accablé.

Il ébouriffa les cheveux sombres du petit et s’assit près de lui, repoussant la boîte de mouchoirs vide sur la table de nuit. Tout était étrangement calme au 2//, ///, Rome, ce jour-là : ses oreilles d’ordinaire bourdonnantes des cris de ses enfants et des adjurations de sa femme discernaient le ronronnement discret des moteurs dans la rue adjacente par-dessus les hurlements des bonshommes verts qui s’agitaient à l’écran.

« -Ils reviennent bientôt, tes frères, ne t’en fais pas comme ça. Arrête de bouder. Tu ne veux pas aller t’accrocher à un rideau ou inonder la salle de bain ?

-C’est pas drôle tout seul. Pourquoi y a que moi qui suis malade ? On est censés être pareils. »

Lorenzo se saisit de la télécommande et pressa le bouton « V+ » avec une ferveur qu’on ne lui connaissait que pour des bêtises. Les deux gamins avaient eu beau crier et taper du pied en arguant être aux portes de la mort, se rouler par terre et prétexter mille maladies et feindre un bon milliard de symptômes farfelus, rien n’avait empêché leurs parents de les asseoir sur leur siège et de les conduire manu militari à l’école. Ni leurs véhémentes protestations, ni leurs serments solennels de passer la journée dans le couloir traversé de dix courants d’air et d’en mourir le lendemain –d’ailleurs comment aurait-il pu y en avoir autant ?

« Mais je m’ennuie. Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie », articula-t-il avec une emphase digne des plus grandes tragédies shakespeariennes.

« On n’y peut rien », faillit répondre le quadragénaire, avant de ravaler ses paroles : opposer Racine à Shakespeare n’avait rien d’intelligent dans le cas présent. Au lieu de cela, il se reporta sur des valeurs bien plus sûres qui avaient déjà fait leurs preuves un bon millier de fois ; une bonne centaine peut-être, selon le nombre d’épisodes –mais ils se ressemblaient tous.

« -Ça ne te plait plus, les tortues ninjas ?

-Si, se récria le gamin, elles sont géniales d’abord ! Mais tu vois, je les ai déjà vus, ceux-là.

-Tu les as tous vus. Je peux te mettre les nouveaux, ça t’occupera.

-Ah ça non, surtout pas ! »

Deux paires d’yeux identiques, qui ne voyaient pas le monde de la même hauteur sauf peut-être dans ces moments-là, quand le géant était assis et prêt à raconter des histoires, se vissèrent d’un regard indigné de ce côté, surpris de celui-là :

« -Après, je l’aurais déjà vu aussi et je vais devoir le raconter à Romeo et Aurelio, et si c’est pendant un cours de maths, on va encore se faire hurler dessus.

-Tu n’as qu’à faire comme si tu ne l’avais pas vu, vous le reverrez ensemble et le tour sera joué.

-Ça va se voir », asserta-t-il, franchement buté.

Roberto haussa les épaules, dubitatif.
« -Pas forcément. Tu ne joues pas si mal la comédie quand tu veux. On vous aurait presque envoyé à l’hôpital ce matin.

-Si, ça va se voir, insista-t-il, vraiment buté.

-Pourquoi ça se verrait ?

-Mais parce que ça va se voir tout de suite », sentencia-t-il, buté devant l’Eternel et plus exaspéré qu’Elise. « Allez, dis, pourquoi il n’y a que moi qui suis malade ? Aurelio aussi a sauté dans la fontaine et Romeo aussi a joué dehors.

-Vous êtes différents. Trois petits garçons qui se ressemblent beaucoup mais qui ne sont pas pareils.

-Les papas ne comprennent rien de toute façon, conclut le gamin en retombant sur l’oreiller.

-C’est sévère, là ! Qu’est-ce que je ne comprends pas, hein ?

-Que je devrais pas être tout seul malade. »

Lorenzo ne paraissait pas se soucier de la conversation qui, de plus en plus, se mordait la queue.
« -Je suis là, moi.

-C’est pour ça que tu devrais comprendre encore mieux, tu es un peu tout seul aussi. Il est quelle heure ? »

J’ai été malade aujourd’hui. Mais on a regardé la télé avec papa, parce que pour une fois qu’il est là ! Demain, on va demander à pas aller à l’école. Il repart lundi, maman a eu son collègue au téléphone et ils ont besoin de lui. C’est vraiment trop cool d’avoir le meilleur papa au monde, en plus, il nous a fait plein de cadeaux, et même si ça fait un peu bébé, ils sont cools aussi. A chaque fois il dit qu’on a grandi mais on est encore beaucoup plus petits que lui ! J’ai hâte à cet été, on va partir en vacances tous les cinq !!!

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« -Et alors, il t’a demandé quoi ?

-Il m’a demandé comment j’allais. Mais comme si j’avais l’air d’aller mal, franchement ! Il me saoule avec ses histoires de deuil. Il compte faire un meurtre ou quoi ?

-Oh, moi aussi, moi aussi il m’a demandé ça ! »

Un des triplés s’empara de la lampe-torche qui éclairait le quartier général de leur conseil de guerre. La couette, rabattue au-dessus de leurs têtes brunes, étouffait les bruits de leur conversation top-secrète. Si leur mère l’avait appris, elle les aurait tués. On plaisantait pas avec le couvre-feu, à la maison. Ni les uns ni les autres ne cherchèrent à savoir ce qu’ils avaient répondu. On leur avait demandé de se taire, on leur avait même promis des glaces, un nouveau jeu-vidéo, une console. Lorenzo s’en fichait. Romeo s’en fichait. Aurelio s’en fichait –parce qu’ils adoraient les glaces et qu’ils étaient les champions toutes catégories du grand chelem de Mario-kart, et qu’ils n’avaient pas besoin de se parler à demi-mot pour se comprendre.

« -Et après, il m’a parlé de papa.

-Il est jaloux parce que son métier craint alors que papa est carrément archéologue, ça se comprend. Vous croyez que maman le paye pour être tranquille le temps de ranger la maison ?

-Ben, non : on l’a super bien aidée hier.

-Ça fait plus lumineux si la lumière passe dans le rideau. »

Lorenzo tendit la main et Romeo, tout sourires, tapa dedans. Leu frère appuya sur le bouton de la lampe, vite vite vite, et tous se turent l’espace de dix petites secondes. D’un commun accord, ils éclatèrent de rire, les yeux pétillants.

« -Comment ça a claqué, la vache, on a failli réveiller maman !

-Rigole pas, elle se serait fâchée…

-Elle aurait vu qu’on s’est pas brossé les dents.

-Et qu’on dort pas. »

Lorenzo se laissa tomber en arrière et son dos heurta sans bruit le matelas. Cette affaire de psy tournait au mélodrame pour leur mère. Qu’ils chipent des bonbons chez la boulangère, jettent des avions de papier en classe, s’enfuient dans un « nuage de fumée de craie comme font tous les ninjas » les privait de dessert, de télé, de goûter, et être ce qu’ils avaient toujours été leur payait un aller-retour direct chez le psy. Y avait quand même de quoi se poser des questions. Pas qu’ils le fissent vraiment non plus cela dit.

« -Aurelio ?

-Ouais ?
-Il a deviné que j’étais pas toi.

-Non, s’indigna-t-il, t’es sérieux ? Mais il fait comment !

-Peut-être que c’était au hasard ? »

Ce type ne doit pas se rendre compte à quel point c’est ennuyeux, tout ce qu’il dit. Quand on pense qu’on pourrait passer ce temps-là à faire, je sais pas, des choses utiles ! Votre père ceci, la mort cela, blablabla l’avenir, tes frères blablabla, ta mère a dit machin, c’est nécessaire, et que je soupire, et que je te regarde comme un abruti fini alors que c’est moi qui suis en train de débiter des âneries depuis dix minutes. C’est un prof version deux point zéro : il ennuie et il fait même pas de cours. Il traite papa de menteur, il traite maman de menteuse, alors qu’ils font toujours ce qu’ils disent qu’ils vont faire. L’été prochain, on partira sûrement en vacances et quand il reviendra bientôt la semaine prochaine, on redemandera à papa quand est-ce qu’il compte nous emmener à l’aventure. Je déteste les questions qu’il pose.

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« Mais lâche-moi, taré ! »

Un poing vola et s’écrasa brutalement sur la joue de Lorenzo. Le fétu de paille recula de quelques pas et essuya sa lèvre. Un peu de sang collait sur sa manche. Face à lui, l’étonnement se disputait à la colère les traits d’un Carlo qui n’en menait pas large. Les triplés ne se battaient jamais ; ni entre eux, ni avec les autres. Ils ne se battaient jamais franchement, à moins qu’on eût insulté leur père, qu’on eût poussé la bataille contre les forces du Mal un peu loin. Pourtant il s’élança et tenta de faucher son ami aux genoux. D’un pas sur le côté, Carlo se déroba et l’attrapa par les épaules. La tête du gamin heurta le sol et il espéra de tout son cœur que les deux autres n’allaient pas rappliquer maintenant.

« -Mais qu’est-ce que t’as, merde !

-Oh, c’est bon, sourit-il en retour. Tu m’as eu, je capitule.

-Tu m’étonnes, que je t’ai eu, tu saignes, et tu m’as fait mal ! T’es pas bien !

-Qu’est-ce que c’est que ça, encore, les garçons ?!

-Rien, monsieur Tadiello, s’empressa de répondre Carlo en se relevant aussitôt. Contrairement aux trois énergumènes, lui n’avait pas l’habitude d’être puni toutes les heures.

-Rien ? Comment vous pouvez encore trouver des bêtises à l’école si vous vous débrouiller pour en faire même en-dehors », gronda-t-il de désespoir en se pinçant l’arête du nez.

Lorenzo, toujours étalé avec grâce sur le bitume, leva le menton et fixa avec insistance un point derrière l’épaule de sa tarte de professeur. Pas besoin de se tourner pour comprendre, le large sourire qui courait d’une oreille à l’autre sur le visage abîmé de Lorenzo suffisait amplement. A peine l’adulte surmené eut-il le temps de s’écarter du chemin des deux têtes brunes qui s’amenaient à toute vitesse dans ses jambes. La première passa en trombe et sauta sur les deux autres ; la deuxième fondit littéralement sur lui. Ni une ni deux, Lorenzo attrapa la main tendue de Romeo.

« -Plaquage !

-Sauvetage, vite, avant qu’on soit punis !

-Séparation ! »

Celui des triplés qui était encore à terre se releva ; la poisse, quand même, se dit Lorenzo. Il regarda Carlo emboîter le pas à Romeo qui, occupé à traîner son camarade par le bras, ne put que leur adresser un signe de la main et s’enfuir dieu savait où. Le soleil de plomb ne tarda pas à projeter deux petites ombres identiques qui battaient de leurs enjambées rapides les pavés des trottoirs romains. A bout de souffle, ils se posèrent sur la margelle en pierre ocre d’une fontaine.

« -C’est censé être super grand, Rome, comment il arrive à nous tomber dessus quand même ?

-C’est trop…

-Flippant, complétèrent-ils en chœur.

-Bon, ils arrivent quand, Carlo et Romeo ? »

C’était à prévoir, on s’est fait tuer en rentrant à la maison. Le prof a téléphoné, et quand on est arrivés maman nous attendait assise dans le canapé, les bras croisés, avec le regard qui tue. C’est clair que ça allait barder, elle nous a un peu crié dessus et puis elle nous a envoyés dans notre chambre. Elle voulait envoyer Romeo en-haut, moi dans le salon et Aurelio dans la cuisine mais elle pouvait pas nous surveiller tous en même temps. Et puis papa a appelé, on a sauté sur le téléphone et il a dit qu’il dirait à maman qu’on méritait pas d’être punis trop longtemps. Elle avait déjà l’air plus contente à table, même si on était officiellement toujours punis de télé. Ça devait l’ennuyer de regarder le film toute seule, parce qu’après on a pu descendre. Je pense pas qu’on ait appelé chez Carlo parce qu’on aurait dit que c’était moi qui avait commencé et que c’était surtout d’avoir foncé sur le prof qu’on nous reprochait.

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« -Alors, vous avez réfléchi à ma question ?

-Carrément.

-On a pensé à élever des chameaux en Sibérie.

-Et pourquoi en Sibérie ? Ce n’est pas le climat idéal, nota le vieux.

-Parce qu’en Sibérie il fait plus froid, donc ils auront plus de poils.

-Ouais, et après on pourra les vendre !

-Et devenir extra-riches.

-Et on ouvrir un Mcdo là-bas, surenchérit Romeo, de toute évidence frappé d’une illumination divine.

-Et on engagera le dirlo de celui à côté de chez nous.

-Pourquoi ? »

Les trois visages se fermèrent soudain, comme agacés d’être interrompus dans leur brillant exposé pour donner des informations qui leur semblaient aller sans dire. Cette façon qu’ils avaient de brûler non pas une ou deux étapes mais l’intégralité du raisonnement pour tirer des conclusions « foireuses » rendait leurs discussions particulièrement difficiles à suivre. A leur âge, on aurait attendu autre chose. Plus de maturité, plus de ceci, moins de cela. Le résultat était déroutant.

« -Pour faire les comptes, daigna expliquer Aurelio de mauvaise grâce avant que son enthousiasme ne revienne à la charge. Et on pourra inventer un burger avec plein de salade !

-Et de steak.

-Et au moins trois pains.

-Et après ça ?

-Nous mettre dehors juste parce qu’on avait mis double-dose-moutarde et qu’on avait mangé les frites, fallait le faire.

-C’est un radin. Il aime pas la cuisine épicée ?

-Peut-être que c’est un esquimau, alors !

-Les enfants, sortez, et dites à votre mère de venir. »

Sans se faire prier, les trois horreurs aux cheveux verts sortirent une à une et négligèrent de fermer la porte. Leur mère entra à leur suite.

« -Je ne sais pas si votre secrétaire va tenir longtemps avec eux. Vous vouliez me voir ?

-Asseyez-vous, je vous en prie, dit-il en désignant un fauteuil. Je ne vous cache pas que je commence à penser que le problème est… Insolvable. En tout cas, ce n’est pas les voir ensemble qui aidera. Si je m’écoutais, je ne vous ferais même pas payer la séance ; j’aurais tout aussi bien pu ne pas être là.

-Ne faites pas l’étonné, je vous avais prévenu. »

Le docteur haussa les épaules et posa ses lunettes sur le bureau.

« -Dites-moi, lequel est l’aîné ?

-Bonne question.

-Pardon ? »

Adele se leva, son sac à main serré contre elle. A la porte, les trois rejetons tentaient de laisser traîner leurs oreilles, gageant que si chacun comprenait un mot sur trois la conversation ferait sens.

« -Ecoutez, je vois très bien où vous voulez en venir avec ça.

-Ils ont des chambres séparées ? »

Soupir agacé ; maman est en colère.

« -Je ne les emmène pas ici pour qu’on leur diagnostique de l’hyperactivité ou je ne sais quoi. Ils ont perdu leur père, je ne vais pas en plus leur demander de ne plus se voir !

-Il va falloir que vous compreniez que c’est inquiétant, et que sans cette émulation perpétuelle il serait peut-être, éventuellement plus simple de leur faire entendre raison. Quand ils sont ensemble, c’est pire. Je ne peux pas vous en parler beaucoup plus mais je m’inquiète particulièrement pour…

-Les enfants, arrêtez d’écouter aux portes ! »

« … De onze ans qu’ils ne reverront jamais leur père ? »
« Arrêtez d’écouter aux portes ! »
Aha. C’est un peu tard, maman.

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« -Reprenons depuis le début.

-Encooore ? Mais faites-vous déboucher les oreilles, par pitié… »

Lorenzo leva les yeux au ciel qu’il devinait au-dessus du plafond. Son joli ciel romain qui s’étalait au-dessus du Colisée et des fontaines mais d’où aucune aide ne semblait décidée à venir. Il détestait récapituler, et la seule chose qu’il détestait avec encore plus de force c’était de récapituler depuis le début. C’était quand, le début ?

« -Ce soir-là, qu’est-ce que tu as entendu ?

-Quel soir ? Y en a plein.

-Ta mère te l’a dit.

-Il est en voyaaaaage-euh.

-Pourquoi il ne téléphone plus ? Tu le sais très bien.

-Il a du travail. D’ailleurs avec mes frères on s’est dit que vous deviez être ja…

-S’il ne revenait pas, qu’est-ce que tu ferais ? »

Lorenzo gonfla les joues, en quête d’une réponse satisfaisante. Ça plaisait toujours au psy quand il avait l’air de chercher ses mots et de leur donner du sens. Ces gens ne voulaient pas qu’on voit juste une tache, mais des groseilles et des papillons. Toujours à se compliquer la vie dans les règles de l’art.

« -Mais il va revenir ! Non mais vous croyez que maman le laisserait partir ? C’est pire qu’un dragon, s’exclama-t-il sans envisager la possibilité que –il va revenir.

-Et tes frères, alors ? »

Subtil glissement de terrain, là, sourit Lorenzo. Pas dupe, il haussa les épaules et répondit :

« J’irais les chercher. Mais franchement, s’ils étaient pas là, je le serais pas non plus, parce que je serais avec eux. Croix de bois, croix de fer ! »

Si je mens, je vais en enfer. Un Hercolani tenait parole coûte que coûte.

Aujourd’hui, on

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« Votre mère va vous tuer.»

Cette évidence n’en était une que pour Carlo et ne fit ravaler leur sourire à aucun des triplés. Eux avaient l’air de trouver ça très drôle ; quant aux coiffeuses, après leur avoir demandé une bonne vingtaine de fois s’ils étaient sûrs de leur choix, s’en lavaient les mains. Le bruit du sèche-cheveux vrombissait dans ses oreilles avec contentement, lui semblait-il, et la mine radieuse qu’arboraient Leurs Insouciances Suicidaires avait quelque chose de comique. Les mèches volaient ici et là, passaient parfois devant ses yeux pour lui donner un look encore plus parfait.

« Mais non, elle nous tuera pas ! Elle avait dit oui, de toute façon. »

La logique était bien décidée à exclure définitivement Carlo de son royaume. L’argument était percutant et complètement surréaliste. Sûrement pas assez grand pour que trois grands garçons se cachent derrière et échappent aux foudres maternelles. La grande blonde donna un dernier coup de ciseaux, l’air de se féliciter d’avoir eu ce genre de teinture en masse en stock. Vert tortue, vert herbe, enfin bref, vert. Lorenzo se laissa retomber dans son fauteuil et leva le pouce en direction de Carlo : leur mère serait sans doute tellement soufflée qu’elle ne saurait même plus quoi dire. Et pourtant elle avait de l’imagination quand il fallait trouver quoi leur répondre. Tortinette s’est blessée à la corne gauche ? Très bien, on va mettre du ruban et de la terre magique.
Carlo ne devait pas en avoir autant, à se rappeler de la tête médusée et des récriminations quasi-horrifiées qu’il leur avait lancées alors qu’au moment d’entrer dans le salon de coiffure, les triples crétins avaient changé d’avis.

« Elle avait dit oui pour quelques mèches, insista-t-il avec fatalisme. Donc elle va vous tuer. »

La démonstration était sans faille. Les triplés, s’ils ne pouvaient pas la démonter, décidèrent d’un accord tacite de faire ce qui s’imposait dans ce genre de cas –tout va bien, tout allait toujours bien avec eux.

Il faudra trop qu’on montre à papa notre super coupe de cheveux ! On gère, maintenant. Ca se trouve, ça lui plaira tellement qu’il voudra se faire la même et se cacher dans l’herbe avec nous ! On a oublié quand il rentre. Faudra reposer la question à maman, elle a une mémoire d’éléphant elle.

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Lorenzo souffla dans ses mains, trop heureux de pouvoir enfin se dégourdir les jambes pour admirer le panorama. Un coup de klaxon quelque part plus haut dans la rue lui fit relever la tête : c’était pas un temps pour les touristes, ça. D’habitude ils grouillaient de partout et cette agitation remplissait leur quotidien d’un bruit constant. Un ciel comme ça décourageait les plus vaillants, même des héros aussi aguerris que lui et ses frères. Quand le temps tournait à la pluie, leurs jeux tournaient à l’eau de boudin, les voitures roulaient comme si elles avaient été de petits carrés de sucre, les immeubles faisaient la gueule, les passants faisaient grise mine et les monuments tiraient une tête de trois pieds de long. Un peu comme les gens qui n’avaient aucune envie de les visiter mais qui, de mauvaise grâce, le faisaient quand même.
Il n’y avait vraiment que le cabinet de ce psy que le gamin détestait à Rome. Le reste, c’était sa maison chérie et le théâtre de leurs sourires. Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche : leur mère conduisait vite, assez pour que ce coup de klaxon ait pu lui être destiné. Vu l’heure, peu de chances.

« Je vous jure que je ne suis pas arrivée en retard, ils devaient m’attendre ici ! Juste là ! »

« Ça me plaît moyen d'attendre une demi-heure dans le froid qu'elle arrive, traduit Romeo. On a qu'à aller au McDo en l'attendant. Au moins, on aura chaud.

-Je te suis. En plus, ce rendez-vous était épuisant.

-Il est trop stupide, ce psy. Il devrait se soigner lui-même avant de penser à soigner les autres. »

L’un rit, puis l’autre, puis l’autre, à moins qu’ils rirent tous en même temps. Lorenzo pensait surtout qu’il avait faim et que ce qui valait le plus le coup dans cette ville, c’était le Mcdo. Ce serait triple hamburgers, quadruples grandes frites et six cocas, lista-t-il l’eau à la bouche. Réchauffer leurs mains et se remplir l’estomac, oublier jusqu’à la prochaine fois les remarques mauvaises du docteur, retrouver le train-train exubérant qu’on leur connaissait. Il sourit et remarqua, formel, qu’ils devraient prendre un peu de frites pour leur mère. Au cas où elle leur en voulût de ne pas l’avoir attendue sagement –enfin, ils pouvaient aussi être sages au restaurant, c’était pas encore un crime.

« Garder mon calme ? Comment vous pouvez me dire de garder mon calme, ils ne sont toujours pas rentrés, ils ne sont nulle part ! Racontez ce que vous voulez, ils connaissent Rome comme leur jardin, ils ne se perdent jamais, que ce soit grand ou pas ! »

Il poussa la porte, prêt à s’élancer jusqu’au comptoir et omettre de faire la queue. Des frites, du coca, et –oh. Arrêté net presque malgré lui, il leva le nez vers le plafond interminable, vers les tableaux. Nez qui ne sentait ni huile grasse, ni pain cuit. Il tendit l’oreille sans entendre autre chose que la respiration de Romeo et Aurelio tandis que les conversations habituelles tardaient à retentir. Bouche bée, sourcils froncés, ils comprirent que ce n’était pas normal. Lorenzo le comprit : ça ne tournait pas rond. Et si ça ne tournait pas rond c’était clair que ça ne tournait pas du tout.

« Allez les chercher, faites quelque chose à la fin ! On n’a pas le droit de me les enlever ! »

Un coup de coude le tira de ses pensées et le sourire plaqué sur ses lèvres, un peu tremblant, reprit sa triste consistance trop insouciante.

« On peut savoir ce qui t’a pris, Carlo ? –C’est que la classe était vraiment… Vraiment calme, et… »

« On devrait aller voir s'ils ont quand même des frites ! J'ai faim, moi. »



Caractère

Là où passent les Hercolani trépasse le silence et franchement, tant pis pour lui. Ce vieux raseur n’a qu’à bien se tenir ! Armé d’un illogisme à toute épreuve ils partent en guerre contre la raison et à moins d’un miracle, elle ne survivra pas à l’agression. Ni la leur ni la vôtre.
Lorenzo, Aurelio et Roméo, c’est trois fois un égal un et les mathématiques peuvent bien aller se faire voir. Pas qu’il y comprenne grand-chose de toute façon, à ces choses-là : la fausse-tortue et les lapins blancs ont plus de sens. Lorenzo, Aurelio et Roméo, c’est un écho en plein air et la physique peut bien aller se faire voir. Pas qu’il y comprenne grand-chose non plus. Les tortues ninjas et les Hommes-araignées ont, eux aussi, plus de sens, et surtout plus d’intérêt. Un sourire au bout des lèvres, il raconterait avec enthousiasme son week-end aux professeurs : et c’est sûr, il n’y aura jamais rien de mauvais dans le récit décousu qu’il servira à qui voudra bien l’entendre. Voyager de chaise en chaise, une craie et une brosse à la main, pour narrer avec émoi leur dernier traquenard au Colisée et ces pauvres touristes qui n’y comprenaient rien avant de se faire envoyer aussi sec au bureau du directeur ; au fond, un changement de public ne fait de mal à personne, et du moment qu’ils ont de la place pour trois, un bureau, une salle de théâtre, un vieux monument décrépit, le forum, un poste de police, ça ne lui fait ni chaud ni froid.
Et quitter la scène sous une tombée de fleurs et un tonnerre d’applaudissement ou une pluie de tomates ne l’empêchera jamais de tirer sa révérence avec une prodigieuse irrévérence insolente mais innocente –gamine. Huez, sifflez, criez lui dessus si le cœur vous en dit, ses oreilles semblent dotées de la mystérieuse faculté de filtrer ce qui leur passe sous la dent et de ne retenir que ce qui leur plait, exclusivement. Lorenzo il n’oublie pas tout, mais il oublie n’importe quoi : un rendez-vous ennuyeux, le nom d’un type qu’il n’aime pas, la punition de la semaine dernière, l’épisode de sa série préférée qu’il voit pour la troisième fois, une menace un peu trop convaincante. Une mauvaise nouvelle, pourquoi pas ? C’est sélectif, la mémoire, et lui a tout simplement l’air de choisir le filtre comme bon lui semble. Ce n’est pas comme si c’était tout à fait le cas. Ce n’est pas comme s’il pouvait faire machine-arrière. Ce n’est pas comme si c’était pratique tout le temps.
Même si avec lui, c’est souvent « comme si ». Des comparaisons loufoques, des références à la limite du compréhensible comme autant d’injonctions à laisser tomber. Ne cherchez pas à comprendre, ça servirait à quoi ? Quand Lorenzo parle, soit il parle tout seul, soit il parle avec ses frères. Dans les deux cas, difficile d’en placer une dans cette tirade interminable sans queue ni tête. Puisqu’ils pensent aux mêmes choses, puisqu’ils savent avec « juste un regard » voire sans rien du tout, des informations capitales passent à la trappe et vous avec. Ah, il veut bien discuter, lui, pas de souci : mais hors de question de s’adapter, c’est à vous de le faire, question de principe. Sa philosophie à lui.
Aller parler aux gens, pas de problème. Attirer l’attention ? Parfait. Faites un peu attention à lui, vous le ravissez. C’est ce qu’il cherche, y a pas à tergiverser. Il n’aime peut-être pas tout le monde mais il met un point d’honneur à ne détester personne. A deux trois détails près. Deux, ce serait sûrement plus correct : pas touche à ses frères. Un peu tard pour les envoyer au psy, beaucoup trop tard pour le faire changer d’avis. Lorenzo campe sur ses positions et il y campe ferme. Roméo et Aurelio c’est un peu comme une partie de lui, pas de place pour quatre, trop pour deux, on ne leur fait pas de mal et pour être tout à fait sûr, on n’y touche pas du tout. L’avenir, il s’en fiche comme d’une guigne, le passé il ne le voit que par le prisme de souvenirs quand il en a besoin, sans peur et sans reproches, Lorenzo n’a peur de rien. Sauf qu’on ne touche pas à ses frères et que c’est un point final. Point barre, même.
Mais. Faites attention. Sait-on jamais. S’il n’y a pas de méchanceté dans ce qu’il fait, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de mesquinerie dans ce qu’il dit, et ça ne veut surtout pas dire qu’il n’y a pas de mouron à se faire. Se fier à sa première impression, voilà le secret de la réussite, et votre première impression était sûrement la bonne –Lorenzo il est un peu bizarre. Ou Roméo. Ou Aurelio. Basiquement, il se fiche de vous ; en cent comme en mille, il n’en a rien à faire, se mêle de tout et tant pis s’il sème juste une belle pagaille pour rien. Si vous êtes en colère. Si ça vous fait pleurer. Individualisme et égoïsme, c’est un peu pareil, et avoir l’air et hypocrite, c’est aussi à mettre dans le même sac –pas vrai ? Il n’est pas hypocrite pourtant. Il en a juste l’air. C’est tout en nuances.
« Lorenzo ça rime avec ce que je veux, c’est VIP.
Pas ma faute si le monde entier il est daltonien. »

Physique

« -Lorenzo, ça rime avec plein de choses très cool : avec Zorro, Michelangelo, super-héros, Aurelio, Roméo, et même Batman –enfin, si on rajoute un « o ».
-Ouais, ben ça rime aussi avec poireaux. Et blaireau. Et chalumeau. »
Ce que peut bien raconter ce gamin à la voix aigrelette ne rime à rien ; et ses discussions ? Niet. Ses déambulations continuelles ? Pas plus. Sa tête ? Nada. Lorenzo ne cherche pas à mettre les choses dans le bon ordre –et coiffer un chapeau avant d’enfiler un sweat, quel genre de problème ça devrait poser ? S’il vous posait la question, ses lèvres pas franchement fines mais pas sincèrement épaisses relevées sur des dents blanches en un grand sourire, tendez-lui un miroir : si ses cheveux en broussaille, l’écharpe sommairement jetée sur ses épaules, le manteau trop grand et la juxtaposition douteuse de couleurs criardes ne risquent pas de le marquer, au moins pourra-t-il vous rétorquer qu’il se trouve très beau et s’admirer pendant deux petites secondes avant de repartir en fanfare. Vous l’aurez occupé. C’est déjà ça de pris.
Une ombre un peu trop petite, agile comme un chat et mince comme un poteau qui se glisse à toute vitesse dans le sillage de deux autres comme si sa vie ne tenait qu’à ça –et si ce n’est qu’une ombre alors peut-être est-ce le cas. La sienne a en tout cas du mal à le suivre à travers le dédale des venelles de Rome. Les fontaines, les pavés, les touristes, les nuages, les escaliers que martèlent à longueur de journée ses semelles, le bitume qui les use sans le faire grandir, les paysages qui n’usent pas ses yeux capables de s’étonner de tout. Des yeux verts face à la grisaille de la ville et le bleu du ciel. Les vêtements qui vont avec –si ses vêtements pouvaient aller avec quoi que ce soit ce serait avec ça, c’est en tout cas ce qu’il aime dire quand il ne se plait pas à raconter autre chose. Comme le récit épique des aventures trépidantes de ses cheveux. A les voir, pas de doute, leurs tribulations ont dû avoir quelque chose de grandiose : c’est vert sapin, ça va avec ses yeux –si ses yeux pouvaient aller avec quoi que ce soit ce serait avec ça, c’est en tout cas ce qu’il aime dire quand il ne se plait pas à raconter autre chose. Des pupilles qui ne tiennent jamais en place, une bouche qui a tellement d’âneries à débiter que ça lui prend la journée. Elles sont inscrites sur ses traits et laissent derrière elles quelque chose dans son sourire, dans ses iris ou les fossettes qui se creusent au coin de ses joues, les grands gestes de ses bras, qui lui donne l’air d’un clown plus efficacement qu’un nez rouge.
Plus aveugle que les statues à demi effondrées gisant çà et là au milieu de vieux calcaire, Lorenzo ne pleure pas. Il rit. Pour tout ? Pour n’importe quoi. Comme ses deux frères d’ailleurs –qui ne les confondrait pas ? Les différences ont beau lui crever les yeux elles restent invisibles à ceux des autres. Les mêmes vêtements, le même style que personne n’a, que tout le monde leur jalouse et que personne ne leur envie, les mêmes expressions pour tordre leur joli visage, les mêmes moues et les mêmes mimiques gamines, la même taille, la même allure, la même démarche, la même coiffure, les mêmes bosses et les mêmes bleus et les mêmes blessures, tout pareil l’un à l’autre et à l’autre encore –ou presque. Lorenzo c’est pas ses frères –ses frères c’est pas Lorenzo, et ses frères c’est pas les mêmes –ou presque.




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MessageSujet: Re: Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]   Ven 3 Mai 2013 - 18:04

Bon, en gros, ça doit être ça. La même histoire version compacte et "arghvirhbiffiniiiiiiirvite". Allez, siouplait, validez-moi, qu'ils viennent mettre à sac le pensionnat !8D
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MessageSujet: Re: Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]   Dim 5 Mai 2013 - 11:43

Bon, les femmes et les enfants d'abord ... LES HERCOLANI SONT IN DA PLACE !



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MessageSujet: Re: Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]   

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Lorenzo HERCOLANI [Ils les auront, leurs frites]

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