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 Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]

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Q.I. d'une moule
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MessageSujet: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Sam 16 Fév 2013 - 16:50

    Ce n’était pas l’envie de vomir pour mincir qui a conduit Chelsea à se pencher au-dessus du trône des toilettes, aujourd’hui. Vomir quoi ? Elle n’a rien mangé depuis des jours. Ce n’était pas l’alcool non plus, ni les drogues, ni rien qu’elle ait ingurgité, elle a peu consommé récemment. Peut-être une nausée plus générale, la prise de conscience, une fois l’esprit relativement propre, d’une existence sans valeur, d’une vie déplorable et d’une succession d’échecs impitoyables : elle a pris deux kilos le mois dernier, elle n’a rien fait de constructif depuis le début de son enfermement, sa mère est sûrement morte depuis un bail. Que des pensées noires. Merde. Voilà pourquoi on a inventé la drogue, voilà pourquoi elle affectionne tant l’héroïne.
    Oui, ce sont peut-être ces pensées qui l’ont conduit malgré elle à cracher sa souffrance dans la cuvette des chiottes. … Mais comment ses pensées ont-elles pu lui faire vomir du sang ?
    Le doute est interdit, c’est bien de l’hémoglobine, ce qui sort de sa gorge. Un liquide rouge, l’équivalent d’un petit verre d’eau, sorti de ses lèvres par des petits hoquets saccadés, un goût de fer sur le palet, des larmes aux coins des yeux, l’envie de mourir, la sensation de mourir effectivement. Pourquoi du sang, merde ? Chelsea ne comprend pas. Bien sûr, ça lui était déjà arrivé par le passé de cracher un peu de sang avec son vomi, la régurgitation ayant entraîné avec elle des lésions sur son organisme. Mais là, c’est que du sang ; et l’expérience n’est pas anecdotique. Déjà hier, déjà le jour précédent et celui d’avant, et celui d’encore avant. Pourquoi du sang ? Pourquoi toujours et encore du sang depuis le début de la semaine ? Si c’est une plaisanterie, elle dure trop longtemps.
    La rousse ravale ses larmes et sa fierté, s’essuie les lèvres, tire la chasse et va rincer son visage auprès du lavabo. C’est quoi ce sang ? On essaie de nettoyer aussi la douleur et ce désagréable souvenir. En vain. Et on sait que, comme d’habitude, il n’y aura que l’alcool pour brûler cette image écarlate dans la porcelaine blanche des toilettes.
    Alors Chelsea se recoiffe rapidement, essaie de ne pas faire attention aux cheveux qui tombent par vingtaines quand elle passe la brosse, retouche son maquillage, réajuste sa robe et va au Glossy Gloomy Lovyou, le pas traînant. Toya est très sympa, ses Bloody Mary sont supers… mais elle n’est pas sûre d’avoir envie de parler. Ni à Toya, ni à qui que ce soit. Merde, pourquoi du sang ? Qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? Est-ce qu’on va au GGL alors ? Non, elle va rentrer directement dans sa chambre. Devant la porte de sa chambre, elle réalise aussi qu’elle n’a pas vraiment envie d’être seule. C’est le bordel dans sa tête. Un gars dont elle ne se souvient plus du nom passe derrière elle et lui lance un « Hé, je peux venir avec toi ? » Surtout pas, pas envie, son esprit est trop clair et confus pour qu’elle accepte ce genre d’avances. Pas aujourd’hui… L’homme repart sans un mot – ou alors a-t-il parlé, elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle n’est pas sûre d’avoir écouté. Et elle se décide à aller au GGL.
    Couleurs qui arrachent la rétine, bourdonnement des paroles, peu de tables libres et personne, vraiment personne à qui elle a envie de parler. Toya est affairée auprès d’une fournée de cookies qui semblent avoir brûlé. On n’a pas envie de l’embêter ; encore moins de commencer une conversation. Alors, pendant qu’elle a le dos tourné, on se faufile et on attrape discrètement une bouteille de vodka posée derrière le bar, on ignore les yeux des pensionnaires qui nous regardent bizarrement, on prend un verre et on quitte sur le champ le GGL. Le chauffage était activé dans le café, mais il y faisait tout de même trop froid ; partout Chelsea avait trop froid. Alors on va se remettre sous sa couette, dans sa chambre, bien au chaud, avec une bouteille de vodka. Elle ne boira pas tout, elle le sait, elle boira juste ce qu’il faut pour oublier le froid, la douleur dans ses entrailles et le sang qu’elle ne cesse de cracher depuis quelques jours. La rousse décharnée croise les doigts pour que personne ne soit là dans la chambre. Pas d’Ayumi, pas d’Anomaly, juste le calme complet. Peut-être Iris. Oui, pourquoi pas Iris, parce qu’Iris, sous son air martial et son allure venue d’un autre temps, est douce, Iris ne semble vouloir brusquer personne, et surtout Iris traite tout le monde avec bienveillance, même les catins trop maquillées, à peine vêtues. Iris est peut-être l’une des seules personnes qui traite Chelsea avec une vraie bonté. Mais lorsque la demoiselle pousse la porte de la chambre 15, elle ne trouve rien si ce n’est une odeur de cigarettes qui rode et des fringues éparpillées autour de son propre lit – comme c’est bien rangé ici, c’est comme dans sa tête.
    La rousse enlève ses chaussures qu’elle balance violemment de l’autre côté de la pièce, ouvre la bouteille de vodka, s’assoit sur sa couette, se sert un verre et le boit cul sec. Ça réchauffe. Ça brûle la gorge. Ça purifie les tripes. Elle s’en ressert un autre, s’allonge dans le lit. Le boit, plus lentement cette fois-ci, elle ne le finit même pas, le pose sur la table de chevet, à côté de la bouteille non refermée.
    Elle a toujours mal au ventre. L’alcool lui fait oublier quelques instants la douleur, mais la sensation, elle, est toujours là : elle a mal au ventre, toujours, et c’est comme ça depuis plusieurs semaines. Peut-être un alien ? Merde, non, ce serait horrible ; de toute façon, un médecin, à l’extérieur, lui avait bien dit qu’au vu de son état, elle ne pourrait pas avoir de gosses, son organisme est trop endommagé. Alors c’est quoi, dans son ventre là ? Et pourquoi elle a craché du sang ? Quelle est cette odieuse plaisanterie que lui joue le destin ?
    Par pitié, Iris viens, songe-t-elle, j'ai besoin de quelqu'un.
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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Sam 23 Fév 2013 - 10:07

Un Earl Grey fumant. Un bon livre à la main. Rien en ce monde ne pourrait être plus délectable. Iris ne dormait jamais longtemps, sa chambre dans le pensionnat lui servait à dormir les maigres heures don son organisme avait besoin. Elle pourrait s’abandonner au sommeil, mais les années de privations la rendrait apathique. Et surtout, si elle sortait, comment reprendre le rythme ? Ce n’était pas une larve qui éviterait les coups et les tirs d’obus.
Ses lèvres dans le thé, ce livre était la récompense de son entrainement de ce matin. Il était environ onze heures du matin, ce dernier avait débuté à quatre heures du matin. Ses muscles était endolorie, il semblerait qu’elle soit plus faible qu’avant : était-ce la relâche ou bien cet endroit maudit ? Un peu des deux surement. Le stress et la panique font naître des capacités surhumaines bien souvent. Soupirant, elle reposa la tasse alors que le liquide chaud s’infiltrait dans son être, la brûlant. Valmont, aurait été d’une délicieuse compagnie pour une tasse de thé, mais elle ne l’avait pas croisé depuis quelques temps. Etrangement, le jeune duc, venait à lui manquer, surtout avec sa « confrontation » avec l’asiatique revêche dans la véranda. Une compagnie agréable, au discours fluide et intéressant ne lui ferait pas de mal… Après avoir côtoyer des soldats venus de tout horizon, quelqu’un « comme elle », lui faisait un peu de bien.

Levant les yeux de sa ligne, elle aperçut qu’il était peu être temps d’aller prendre une douche et de mettre des vêtements propres. Glissant son marque page – une plume d’oiseau rouge, Iris avala d’un trait le thé avant de partir, livre sous le bras vers sa chambre. Au moins, ils avaient eut l’intelligence de faire cela pour les douches, les rendre privatives… C’était bien trop souvent lorsqu’elle pénétrait dans les toilettes qu’elle entendait des couples s’adonner à des activités répréhensibles… Quoi que, maintenant qu’ils étaient ici, dans cette antichambre du destin, les actions de chacun ne devaient répondre qu’à leurs propres morales. Iris ne ferait jamais ce genre de choses. Elle n’avait pas le droit de tomber enceinte, d’élever la graine de la vie en elle. Comme chaque femme, elle saignait à chaque lune, mais… Son corps, malgré cette infamie, resterait pur. Blanc comme neige.

Les talons de ses bottes claquaient et résonnaient dans le couloir au rythme de ses pas. Démarche martial, les yeux fixés sur la ligne d’horizon, là où se trouve la limite du regard. Des réflexes étranges, mais qui restaient incrusté dans son être. Personne n’allait l’attaquer, personne ne lui ferait de mal. Alors pourquoi rester toujours sur la défensive ? Ne pouvait-elle pas être heureuse et se détendre ? Profiter des plaisirs d’une vie simple, dans ce manoir magique ? Tout ce qu’elle pouvait avoir, tout ce qu’elle avait désiré, elle pouvait l’avoir ici. Être femme, porter la robe et la volette… Mais pourtant, elle ne le faisait pas. De toute manière, Valmont, ne l’apprécierait pas en femme. La voyait-il femme d’ailleurs ? Et pourquoi penser à lui ? Iris secoua la tête en poussant la porte de sa chambre pour chasser ses mauvaises pensées.

Dans la pièce, tout est calme. Chelsea est allongée, repliée sur elle-même. Etrange attitude, mais pas surprenante de la part de cette jeune femme, qu’Iris a bien du mal à comprendre parfois. La militaire ne peut pas s’empêcher d’avoir mal aux trippes lorsqu’elle voit son corps décharné et ses yeux tristes… Et pourtant, personne ne peut lui venir en aide. Personne sauf, Chelsea elle-même. La Chelsea qui veut se battre et ne pas abandonner.
Iris plisse doucement les yeux. L’odeur de l’alcool lui est désagréable, mais il y’en a une autre qu’elle connaît bien. Le sang. Mais il n’y en a pas sur le sol, ni les murs. Ca doit être son imagination. Repoussant ses cheveux derrière son dos, la soldate enlève sa lourde veste de cuir, dévoilant sa plastique de femme mince, dans ce jabot top grand.
Inquiète, elle se retourne et discrètement, referme la bouteille de Vodka, pour ensuite s’assoir sur le lit près de Chelsea.

Iris, n’apprécie pas les filles de joies. A cause de certaines, on peut perdre une guerre. Par amour, un homme peut faire des choses terribles. Mais pire encore, la maladie, elle décime parfois un régiment entier… Mais cette pauvre jeune femme étendue sur le lit, d’une certaine manière, le lieutenant ne la juge pas. Elle n’a pas guère eut le choix. Elle était perdue et ses pas l’ont mené dans cette voie. Avec le temps, Iris était persuadé que tout irait mieux. Cela faisait déjà quelques semaines qu’elle était arrivée et chaque jour, de sa rapière, elle la protégeait un peu de ceux qui voulaient abuser de sa faiblesse.
Passant une main dans les cheveux roux de la jeune femme, une petite poignée se détacha. Les addictions faisait-elle se genre de choses ? Pour Iris, impossible de le savoir : à son temps, les affres de l’alcool ne sont pas encore connus, les gens boivent bien plus et surtout, les drogues « n’existent » pas réellement dans son milieu.


« Chelsea ? » l’appela-t-elle d’une voix douce, presque maternelle. Ce comportement faisait toujours sourire Iris ; elle était plus jeune que Chelsea, bien plus jeune –enfin, dans sa vision du monde. Et pourtant, c’était elle la « mère », soupirant, elle passa sa main sur le visage maigre de la jeune femme, découvrant au coin de sa bouche, des taches plus sombres. Elle connaissait ce rouge. Très bien même. Du sang.


« Ca va ? » demanda-t-elle d’une manière inquisitrice. Mais pour l’instant, il n’y avait que le silence : elle semblait être là depuis un certain temps et la bouteille de vodka n’était qu’à peine entamée. Elle dormait sans doute. Iris se leva doucement pour ne pas la réveillée et s’engouffra dans la salle de bain, pour une douche brûlante.
Une bonne quinzaine de minutes plus tard, Iris revenait dans la pièce, enroulée dans une serviette : elle n’avait pas à être pudique, entre femme, ce n’était pas grand-chose. Elle avait bien dû supporter le regard masculin pendant ses classes, alors celui des femmes ne l’effrayait nullement. Ses muscles presque saillant au niveau de ses bras, allait parfaitement avec son apparence longiligne, à ses seins discret mais rebondis.

Attrapant dans l’armoire magique, une veste propre, elle la passa après avoir prit la peine de se bander les seins et d’avoir mit une culotte. Iris allait continuer sa préparation, lorsqu’elle migraine épouvantable lui prit le crâne. C’était douloureux. Vif. Intense. Comme des aiguilles que l’on essayait de lui faire entrer dans la boîte crânienne par l’œil gauche. Ca pinçait, ça grinçait. A genoux sur le sol, se retenait de gémir et de crier, la douleur cuisante qui gisant dans son nerf optique et dans son cerveau n’avait rien de banal : la sensation semblait vouloir s’installer à jamais, sans vouloir s’arrêter.
Une main plaquer sur l’œil gauche, le droit fermé… lorsque la peine fut plus tolérable, la jeune femme ouvrit doucement l’œil droit.
Le monde était étrange.
Gris, rouge et noir. Des volutes noires venaient d’un coin de la pièce qu’elle ne voyait pas – caché par le relief de sa main. Les lumières, la vie semblait absente de ce tableau étrange.
N’osant pas se relever, Iris restait incrédule, assise sur le sol, la main devant son œil.

Que lui arrivait-il ? Qu’est-ce qui se passait ici ? Vraiment ! Qu’on lui explique ! Et qu’on lui dise comment, mais COMMENT, se débarrasser de cette fichue migraine !

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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Sam 9 Mar 2013 - 12:20

    L’autre jour, un garçon a voulu rejoindre Chelsea dans son lit. Elle le connaissait ; de vue, d’odeur, pas son nom, ou plutôt plus son nom ; compagnon de nuits passées. Mais elle ne voulait pas vraiment. Elle ne se serait pas sentie violée, mais… voilà quoi, pas spécialement d’envie, pas la force de dire « non », de se dresser fermement pour l’éconduire, alors elle a commencé à le laisser faire sans vraiment dire « oui » non plus. Et puis Iris est arrivée. Les détails sont flous, mémoire trouée, gruyère râpé, elle fait partir le garçon et Chelsea va mieux. Elle l’a remercié d’un faible « merci » qui ne traduisait pas le tsunami de gratitude en elle. Merci Iris, tu as sorti cette nuit la catin de sa ruelle, tu as donné un asile à l’épuisée dont on profite, tu lui donnes l’espoir qu’il y aura toujours quelqu’un – toi – pour la protéger durant les mauvaises passes. Iris, à ce moment précis, est passée dans les yeux de Chelsea du rang de colocataire étrange à celui de gardienne du temple, de guerrière-moniale à l’épée invincible, de déesse-mère bienveillante et protectrice.
    Iris est une femme de bien. La rouquine ne peut pas tout lui dire, certes ; elle ne peut pas lui expliquer qu’on a parfois des besoins insensés d’une présence physique extérieure en elle-même, d’un joint de marie-jeanne, d’un rail de coke, d’une seringue d’héro, de se saouler jusqu’à oublier le visage de sa mère qui revient la hanter durant ses plus désagréables cauchemars. Mais à part ça tout va bien ; Iris est une femme de bien. Elles ne pourront jamais se comprendre totalement, Chelsea trop décadente, Iris trop décalée – qu’est-ce donc que cette femme-soldat venue d’un autre temps et aux mœurs de fer ? -, mais Iris est là, et Iris l’aide ; Chelsea ne sait pas trop pourquoi, mais elle préfère ne pas s’en plaindre.
    Alors Chelsea, au tiers évanouie, au tiers endormie, au tiers vaguement réveillée dans son lit prie le retour de sa protectrice. Par pitié, Iris, viens, viens, j’ai mal, je vomis du sang, je ne sais pas ce qui m’arrive. C’était drôle au début – si, si dans un certain sens : « Waw mon vomi il sent les menstruations c’est trop fraisheuuuur » - on est capable de dire un nombre incroyable de connerie quand on se tue à petit feu. Et c’est là qu’on retombe un peu plus dans l’inconscience ; quand Iris rentre dans la chambre, Chelsea l’entend à peine lui demander si tout va bien ; elle n’arrive même pas à comprendre qu’il faut donner une réponse : elle rêve, elle flotte, tout n’est qu’illusions et délires ensommeillés autour d’elle. Tout n’est que folie tirée de son cerveau maigre, le vomi, le sang, les cheveux qui tombent, l’animal qui ronge progressivement les entrailles depuis plusieurs semaines, l’enfermement, le pensionnat, la mère-vampire, le beau-père voleur de génitrice, tout, toute sa vie ; tout n’est qu’illusion et pour elle tout va bien, elle est au chaud, les yeux fermés, en position fœtale sous sa couette, rien n’existe et ses tracas ne sont que des divagations de son esprit embrumé, tout va bien, rien n’existe, rien de toutes ces horreurs n’existe ; coton candy, douceur et absence de douleur, tout va bien, rien n’existe pas même le bruit d’Iris qui se douche ou le goût de la vodka sur sa langue. C’était un délire, un pur délire, un rêve qui se termine, elle le comprend enfin ! Tout n’était qu’une vaste blague ! Et maintenant tout va bien.

    La pauvre enfant ne sait pas qu’elle délire quand elle croit avoir déliré.

    Ce n’est que lorsque Chelsea entend Iris tomber à genoux, quelques mètres derrière elle, qu’elle revient à la réalité. Qu’elle ouvre grand les yeux, qu’elle prend conscience de la bouteille de vodka près d’elle, de son corps fatigué, du lit usé sous elle et du… du… de la chose, là, cette boule qui git dans son ventre, comme un crabe qui raclerait de ses pinces ses organes quand il ne dort pas. Non, ces choses, ces souffrances, tout cela ne peut pas être vrai voyons ! Non ! Non… Elle était si bien, tout lui paraissait si clair dans le brouillard : les malheurs étaient illusion et elle, elle allait bien ; pourquoi est-ce que le monde ne peut pas rester ainsi ? Pourquoi a-t-elle dû se tirer dans la langueur où elle prenait la réalité pour la langueur ?
    La rousse se retourne et ne peut détourner son regard de sa protectrice à terre.


    « Iris ? Iris ? Tu… »

    Elle avale sa salive. Son palet a encore le goût de l’alcool et du sang. Elle se lève, chancèle un peu, s’appuie sur la table de chevet.

    « Iris, tu veux que j’aille chercher de l’aide ? »

    Chelsea n’est pas du genre altruiste. Jamais elle ne se bougerait en temps normal pour chercher de l’aide à quelqu’un ; mais là, on parle d’Iris, la seule personne à peu près saine d’esprit qui protège notre perdue. Chelsea n’a jamais su pourquoi elle l’aidait d’ailleurs. Mais elle l’aidait, et son aide était plus précieuse que tous les plus beaux accomplissements de la vie de la rouquine avant son enfermement, mieux que son premier défilé, son premier shooting en maillot de bain, que sa première fashion week, que son premier plan à trois, sa première une de Vogue UK, mieux que tout cela car Iris l’aidait, vraiment, alors qu’elles sont toutes deux au fond du trou.

    « Tu veux que j’aille chercher de l’aide ? » répète-t-elle alors qu’elle manque de trébucher au sol. Dans le même moment, la douleur dans ses entrailles se renforce, devient très aiguë le temps de quelques secondes ; une grimace de douleur se forme sur le visage de la catin avant de disparaître. C’est Iris qui souffre, là, Iris la fille bienveillante qui ne mérite que la joie ; c’est Iris qu’il faut aider, pas elle.
    Merde, ça fait vraiment trop mal. Une seconde grimace que l’on efface vite. Si on ignore le crabe qui rampe dans nos entrailles, peut-être nous ignorera-t-il aussi.

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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Sam 30 Mar 2013 - 9:49

Iris reste là. Pour la première fois de sa vie, elle, la lieutenant si fière, si fougueuse dans la lutte se retrouve bloquée. Piégée même. Ce qu’elle voit par cet œil encore ouvert la terrifie. Le monde est déformé. Vague. Il y’a une odeur de sang, la vision du sang… Sa gorge se noue. Une étrange sensation se niche dans sa gorge. Un ressentit qui lui est presque inconnu, mais qu’elle arrive cependant à identifié rapidement : la peur. Iris à peur, Iris à mal… Et surtout Iris ne sait pas quoi faire, ni quoi répondre à cette petite voix qu’elle connaît bien et qui l’appelle. Chelsea. Faut qu’elle soit forte, putain. SI elle n’est plus là… qui la protégera cette petite idiote maigrichonne ? Si… Si elle n’était plus là… serait-elle remplacée ?
Cette pensée la glace. Oui, elles étaient différentes. Oui, leur association était étrange… Mais, aussi tordue qu’elle fût, Chelsea était la première véritable amie d’Iris. La protégée, lui offrir son aide sans mesure… Ce n’était pas innocent. Bien sûr, elle ne pouvait pas lui parler de tout ce qui la tourmentait, comme le désir de s’enfuit coute que coute… Ou plutôt, le faut qu’elle ait fait la libération de Valmont le but de son existence de repentance dans ce maudit pensionnat.

De sa main droite, légèrement tremblante, elle fit signe à Chelsea qu’elle allait bien. Mensonge bien sûr. Son œil gauche semblait vouloir s’extraire de son orbite, sa cicatrice lui barrant la joue était en feu. La douleur, la jeune femme l’avait peu expérimenté : trop vive, trop intelligente pour se faire avoir comme la majorité des autres soldats. Le fait qu’elle eut possédé des seins était aussi un avantage : même français, un pauvre ladre ne risquerait pas de blesser mortellement une demoiselle.
Ressemblant ses jambes sous elle, afin de s’assoir d’une manière plus ou moins confortable dessus, Iris prit une grande inspiration.
Tant pis pour elle, pour la douleur, il fallait qu’elle aide Chelsea en premier. Les femmes, les faibles et les enfants en premier. La rouquine toxico était les trois à la fois. Elle passait donc largement en tête dans l’ordre des priorités, loin devant Iris, qui elle n’était ni faible, ni enfant et encore moins réellement « femme »
.

« Ne t’inquiètes pas pour moi. » dit-elle d’une voix assurée – d’apparence.
« C’est juste une migraine, j’ai sans doute dû trop forcer à l’entrainement ce matin. Depuis que je suis ici, je ne connais plus réellement les limites de mon corps. » Cette phrase se ponctua par un petit rire, presque naturel, enfin, selon Iris.

La jeune femme déglutit lentement, avant de se redresser. Sa main lui cache toujours la vision de Chelsea. Mais elle peut facilement deviner dans quel état elle est, en vue de l’odeur qu’elle dégage. Relent d’alcool et de rejection buccale. Iris la dessine dans son esprit avec les cheveux en bataille, l’œil légèrement vitreux et cette mine perdue qu’elle affectionne tellement chez cette pauvre et précieuse amie. Ah, Iris, qui aurait dit que tu fréquenterais une fille telle que la rousse ? Personne. Oh non. Si tu l’avais connue dans ton époque, la pauvre aurait sans doute finit sa vie sous une corde que tu aurais placé sur sa gorge…. Pour l’exemple. Pour te montrer ferme et sans pitié.
Tout simplement, parce que Chelsea incarne tout ce qu’elle n’est pas et ne sera jamais. Parce que son autorité aurait dû s’appuyer dans la mort. Parce que bien qu’éteinte, l’anorexique restait d’une certaine manière flamboyante. Ce genre de personne est dangereux.
Ce genre de personne vous fait souffrir.
Et pourtant, ils semblent attiré irrévocablement Iris, qui dans les yeux de Valmont s’égare pour une minute ou deux, se voyant en robe. Qui dans la même pièce que Chelsea s’imagine dans une robe à aller boire un verre entre « copines », si c’était bien cela l’expression…
Un soupire passe les lèvres d’Iris qui se relève. De sa main libre elle époussète le tissu blanc de son pantalon.


« Le pensionnat change vraiment beaucoup de choses… Je ne m’en rends pas encore pleinement compte » déclara-t-elle d’une voix semi-enjouée. La sensation d’aiguilles trifouillant son nerf optique n’étant pas encore totalement partit, il fallait bien faire la causette afin de paraître le plus normale possible. Le plus Irisienne possible !
Puis, dans un sourire, la soldate se retourna.

Choc.
Mensonge.
Une envie de vomir.
De pleurer.
De crier.

Dans tout ce rouge, ce noir… Chelsea… Non. Elle ne voyait pas double. La pupille dilatée. L’air agar. Perdue. Choquée. Quelle est cette chose, attachée à son amie ? Qui la regarde avec convoitise ? Elle ressemble à Chelsea, mais… Où sont ses cheveux roux ? Où sont les maigres rondeurs qui lui restaient ? Pourquoi cette personne sourit en regardant la rousse ? Que se passe-t-il ?
Doucement, la main gauche d’Iris tremble. Les couleurs de la réalité et de sa vision étrange se mélange. Dans la pièce, il n’y a qu’elle deux… Alors… Alors, qu’est-ce qui se passe, Bordel ?
Le souffle court, le cœur battant comme un tambour… Iris remplace convenablement sa main sur son œil gauche. La silhouette n’a pas bougé. Un cordon lie Chelsea à la chose.
Iris s’avance et essaye de toucher ce lien. Dans sa main, lorsqu’elle le traverse, elle ne sent qu’un froid… morbide.
Contemplant sa main, l’esprit remplie de question, la jeune femme ne prend pas en compte ce qu’elle entend. Ce qu’on peut lui dire. Ou faire.
Et puis, il y’a cette odeur pestilentielle de sang. Un bruit de goutte. L’ombre, saigne. Son ventre. Un sourire de la part de l’apparition. Iris comprends.
Dans les mots laisser à son arrivé, certains parlaient de manifestations, de pouvoirs… Etait-ce… cela ? Si c’est le cas, qu’est-ce que cet œil gauche essaye de lui dire ? Que se passe-t-il ?

La migraine s’amplifie.
Comme des écrous qu’on l’on visserait à vif sur le cerveau.
Iris tombe à genoux, saisissant sa tête dans ses mains. Hurlant de toutes ses forces. Vidant ses poumons d’airs. Une sensation désagréable de liquide rampe sur sa joue gauche. C’est visqueux et cela atteint sa bouche. Du sang.
Son œil gauche saigne. Son être se tort sous la douleur qui se creuse dans sa tête. Mourir d’une simple migraine. Voilà qui était… cocasse.

Lorsque tout s’arrête enfin. C’est transpirante et haletante qu’elle rouvre à peine les yeux. Chelsea est là. Avant que cette dernière ne cours chercher de l’aide, Iris lui attrape la main.


« Tu me caches quelque chose… » murmura-t-elle d’une voix rauque.
« Ton estomac, ton ventre… As-tu… mal ? » Cracha-t-elle finalement avec douleur.
« C’est important ! J’ai…vu quelque chose ! Réponds-moi, s’il te plaît ! » Pressant la main de Chelsea, au risque de lui faire mal, il fallait qu’elle ait sa réponse.
Qu’elle lui dise que non, tout allait bien.
Que ce n’était pas la mort de son unique amie qu’elle avait vu.
Iris relâcha son emprise sur le bras de la jeune femme. Elle se força à rouvrir les yeux pleinement… Son œil gauche, autrefois aussi bleu que la couleur d’un lagon, avait viré au rouge. Un rouge bordeaux, teinté de violine… Un œil sanglant. Un œil meurtrit. Un œil morbide…

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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Dim 21 Avr 2013 - 21:03

    Si on ignore le crabe qui rampe dans nos entrailles, peut-être nous ignorera-t-il aussi. Et Iris a besoin de Chelsea.

    Chelsea ne serait qu’une flaque sans espoir s’il n’y avait pas Iris ; avec l’arrivée de cette jeune femme, si forte, si indépendante, une femme comme la rousse aurait aimé être dans une autre vie, elle reprend si ce n’est courage espérance. Peut-être qu’un jour, elle aussi, elle sera vaillante, capable de résister aux hommes et aux tentations qui saccagent sa vie depuis plusieurs années. Peut-être qu’elle aura la solidité nécessaire pour trouver un moyen de sortir d’ici, revoir sa mère, parler avec elle comme elle aurait dû le faire depuis des siècles ou fleurir sa tombe ; reprendre tous les pans de sa vie qu’elle a raté, les recoudre, redresser son destin, reprendre la barre du navire et de son corps.
    Rationnellement, c’est peu probable, mais il est bon de rêver, et peut-être qu’elle pourra toujours retrouver le contrôle de certains aspects de sa vie, juste un ou deux et elle sera satisfaite. Iris lui donne l’espoir. Et là, Iris à terre qui semble se débattre avec des démons invisibles, intérieurs et belliqueux, ça la terrasse. Personne ne devrait avoir le droit de faire du mal à l’héroïne sur son beau cheval blanc.

    Elle semble reprendre le contrôle de la situation, dit des petites phrases banales au sujet de son mode de vie au pensionnat, pas d’enjeu, c’est juste une fille qui a eu mal soudainement et qui se redresse. Puis la fin de l’entracte sonne, elle tombe à genoux, semble mourir et lutter au même instant.

    Chelsea, paniquée, s’appuie contre un mur pour ne pas défaillir. Tant de fatigue accumulée, un corps si douloureux, elle n’est pas capable d’encaisser cela, elle n’est pas capable de venir en aide à l’une des rares personnes qui tiennent encore à elle. La blonde au sol hurle. Un filet rouge coule de son œil ? Serait-ce … ? Oh non. L’anorexique repense au sang dans la cuvette des toilettes, tout à l’heure. Pourquoi est-il là ? Pourquoi sort-il de l’œil de sa… de sa meilleure amie ? Serait-ce un signe de la fatalité qui lui rappelle ce qu’elle a cherché à oublier, qui fait jaillir du regard de ceux qu’elle aime ce qu’elle tente de dissimuler ? Pourquoi ce sang, ô Dieu, pourquoi ce sang ? Pourquoi ces cris ? Pourquoi cette angoisse ? Les griffes qui courent le long des entrailles de Chelsea se resserrent, étau maudit qui se délecte de la peur. Pétrifiée par les yeux fermés de la douce Méduse blonde. Elle ne peut rien faire. Ses jambes tremblent sans qu’elle ne soit capable de les mouvoir ; en fait, c’est tout son corps qui tremble, des orteils jusqu’aux paupières. Le sol pourtant est stable ; c’est sa vie qui ne l’est pas.
    Et enfin le drame semble prendre fin. Chelsea ne sait pas quoi dire. Tétanisée l’instant d’avant, elle sent qu’elle peut de nouveau bouger, elle peut aller chercher des secours, enfin. Reprends-toi en mains, Chelsea. Oui, elle va chercher du secours, elle va bien trouver quelqu’un dans ce pensionnat qui a quelques bases en premiers soins, qui a fait des études d’infirmerie, ou qui sait juste que faire dans cette situation. Elle trouvera bien quelqu’un, ou alors elle dévalisera l’infirmerie, passera la soirée à étudier les modes d’emploi des médicaments jusqu’à trouver ce qu’il faut pour soigner Iris. Elle trouvera et … mais avant qu’elle ne file, elle sent la main d’Iris qui saisit la sienne, ferme poigne d’une femme d’acier. Chelsea ravale la douleur, écoute les questions. Les monstrueuses questions.

    Comment a-t-elle su ? Si on ignore le crabe qui rampe dans nos entrailles, peut-être nous ignorera-t-il aussi. Mais si le crabe a réussi à prévenir le monde de son existence et que le monde nous rappelle l’existence du crabe, comment faire pour l’ignorer encore ?

    Chelsea s’agenouille, se place à la hauteur de sa protectrice, essuie son œil devenu rouge – merde, merde, il faut vraiment qu’elle aille chercher des secours, et vite, même les propriétaires de ce manoir maudit s’il le faut, peut-être qu’eux détiendront la clé. Sois forte, Iris, j’ai besoin de toi, ne faiblis pas maintenant, j’ai besoin de toi. Elle n’ose pas dire à voix haute ce qu’elle pense sincèrement, elle doit continuer de dissimuler ses maux et aider la seule personne qui ici a décidé de ne pas voir qu’en elle une irrécupérable dépravée.


    « Mais non, Iris, je ne te cache rien… Mais toi, toi, que s’est-il passé, qu’est-il arrivé à ton œil ? Est-ce que cet incident a déjà eu lieu et … ? »

    Un cri jaillit de sa bouche, la boule dans son ventre semble transpercer ses organes d’un coup de couteau, des larmes qui naissent encore dans ses yeux verts. La douleur vive se radoucit, redevient la simple souffrance diffuse et permanente qu’elle ressent habituellement, presque bienvenue après un tel pic. Elle ne peut plus la cacher. Elle ne peut pas continuer d’essayer de détourner la conversation. Oui, elle a mal, sans doute mal qu’Iris, et cette sensation ne va pas se dissiper, elle le pressent, elle le sait. Elle ne peut pas mentir à l’œil morbide qui la fixe.

    « Je sais pas si c’est l’estomac, ou le foie, ou les reins, ou… je sais pas moi, je n’ai jamais vraiment suivi les cours de biologie à l’école. C’est… je sais pas trop comment qualifier ça, mais c’est là, il y a un truc. C’est comme une présence, une boule dans mes entrailles. »

    Certaines choses qui semblent très graves perdent de leur élégance dramatique une fois prononcées à voix haute ; mais la désormais nommée « boule des entrailles » ne quitte en rien de sa superbe, elle reste ce qu’elle est, une intruse dans un corps souillée, une intruse qui se repaît du sang de Chelsea et attend le moment opportun pour la tuer. Même dite, elle reste effroyable. Prodigieusement cauchemardesque.
    Chelsea réprime un sanglot. Maintenant que les vannes sont ouvertes, plus rien n’arrête le déluge de ses émotions.


    « J’ai l’impression qu’il y a un extra-terrestre dans mon corps qui me bouffe et qui va m’assassiner. Je ne sais pas quoi faire. Au début, je pensais que ça partirait tout seul, mais ça part pas. Je ne sais pas depuis combien de temps il est là, deux semaines ou trois mois, mais j’ai essayé d’oublier en attendant qu’il parte, sauf qu’il n’a pas voulu partir. Oh putain Iris j’ai mal, je sais pas ce que je vais devenir si ça part pas, ça me rend folle. Il me fait trop mal, tout à l’heure j’ai vomi du sang, je me sens encore plus faible que d’habitude et… »

    Le sanglot réprimé ressurgit dans sa gorge, éclate pour de bon. Elle n’a jamais été très à l’aise avec les mots. Et face au déluge, ils ne suffisent plus. Chelsea ne peut plus parler, elle n’arrive qu’à s’exprimer qu’à travers les pleurs, et les pleurs seuls arrivent à exprimer son angoisse. Relai entre elle et le monde extérieur. Elle ne veut pas mourir. Pas maintenant, elle a encore trop de travers à recoudre.
    Elle tombe à genou près d’Oxalys. Les larmes continuent de couler, entrecoupés de bruyantes respirations. Chelsea cède à la panique. Non, elle ne veut pas… Putain de crabe, putain d’alien, putain de boule, quoi que tu sois.

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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Mar 23 Avr 2013 - 10:47

Ce qui lui était arrivé, Iris n’en savait rien. Une douleur, une vision lorsque son œil gauche se couvre. Rien de plus. Ce qu’elle avait vu n’était sans doute pas la vérité, juste une angoisse. Un crabe d’un autre type que celui de Chelsea en tout cas.
Toutes deux agenouillée, le sang continue de couler encore du globe oculaire d’Iris. Son œil lui semble lourd à porter. Mais elle avait connu pire. Bien pire. Une plaie à l’œil était toujours impressionnante. Mais rarement mortelle, quand bien même son œil décidait de rendre les armes et d’hiberner pour toujours. Son corps, par contre était parsemé de blessures de guerres. Sa chemise blanche trop grande laissait pour une fois le loisir à ses seins – ou plutôt pectoraux légèrement flasque- de respirer, guidant les yeux vers les balafres situées sur son estomac, ses côtes et le bas-ventre. La majorité de ses marques étaient faite depuis longtemps et elle ne souffrait plus. Mais chaque blessure lui laissait un goût amer dans la bouche.
Mais pire qu’une douleur physique, la maladie, elle était une chose terrible… Elle décimait en quelques semaines une ville. Pouvait entrainer la folie et la reddition d’une armée toute entière si jamais elle se rependait convenablement. Chelsea n’avait pas le droit d’être malade. Qui pouvait la soigner ici ? Certainement pas Iris, qui n’avait que de chirurgienne la technique de cautérisation au fer chauffé à blanc.

Iris avança sa main vers la chevelure de son amie. Laissant filer ses doigts dans ces derniers. Leur couleur était encore belle malgré l’état du corps de l’anorexique. Son regard sévère lui offrit quelque chose de rare : de la compassion. Un regard rassurant.


« Je ne sais pas Chelsea… » Déclara-t-elle de sa voix froidement douce. « Je ne sais pas. Ma tête était douloureuse. J’avais l’impression que l’on enfonçait des aiguilles dans mon œil. C’était la première fois et j’espère la dernière. Et mon œil, qu’a-t-il ? »S’enquit-elle en se levant distraitement, pour aller au miroir le plus proche.
Si cela paniquait Chelsea il devait y avoir une raison et… OH MON DIEU. Qu’est-ce que cette abomination ? Iris n’en croit pas ses yeux. La pupille gauche est si rouge. Morbide. Qu’est-ce qui avait bien pus se passer… Mais attends… A son arriver, le papier mentionnait quelque chose à ce sujet. Un pouvoir. Serait-ce le sien ? Voir la mort ? Ironique pour celle qui la donna tant de fois et la donnerait encore et encore…
Un cri déchirant la ramène à la raison. Merde. Chelsea.

Iris se retourne vivement pour la soutenir, tenir ce corps si maigre te frêle entre sa poigne de fer. Tomber, c’est mourir. Ramper est une humiliation. Jamais elle ne laisserait cette précieuse amie devenir une loque au point d’abandonner le soupçon de conscience qui lui restait. Embrassant l’épaule de la jeune femme de ses lèvres fraîches, la berçant avec attention.
Non, Chelsea. Pas toi. Tu ne peux pas. Tu ne dois pas. Malgré son air fière, Iris à besoin de toi. Qui la conseillera sur sa première robe, son premier maquillage, si tu n’es pas là ?
Une morsure frappe le cœur de la jeune femme. Sans Chelsea, elle sera seule. Désespérément seule. Et les âmes mourant ici : que devenait-elle ? Existait-il au final un paradis ? Un enfer ? Dieu, réponds ! Réponds donc à ta servante la plus humble, qui apporte délivrance aux âmes perdues… Si il y’a une justice, alors ne prenez pas la seule personne qui l’aime réellement… Ne faites pas ça… Pitié. Seigneur.

Des larmes perlent aux bords des yeux de la lieutenant. Perdue. Oui, elle est totalement perdue. Ne sait pas quoi dire, quoi penser… Hormis quelque « chut » murmuré le plus docilement possible.
La tendresse n’est pas une chose que la jeune femme sait particulièrement manier. Moins que l’épée en tout cas.

Elles étaient toutes les deux rattrapé par le tourbillon de la vie et de la mort. Destin infâme et cruel. Plus rien n’avait de sens. Des cours de biologie ? Qu’est-ce que c’était ? Oh et puis tant pis, ce n’était pas le moment de poser des questions bêtes et stupides. Chelsea allait mourir. Crever comme un chien, dans un coin si on ne faisait rien. Iris révoquait de toute son âme cette idée.


« On va trouver une solution » Ouais. Il n’y a que toi pour y croire, Iris.
« Il te faut un médecin de toute urgence. J’ai vu… » Sa voix se brisa comme une vague se brise sur des rochers. Explosant pleine d’incertitude.
Puis un silence lourd.
Que devait-elle lui dire ? Qu’elle avait vu la Chelsea future, couverte de sang sur son ventre, maigre à la faire pâlir, presque chauve ? Non. La rouquine n’avait pas la forme d’assumer ce genre de révélation. Encore moins maintenant. Il fallait bien juger ses mots. Ne pas en employer de mauvais.


« J’ai vu ton future toi. » commença-t-elle hésitante.
« Sans doute dans tout au plus une année ou deux… » Iris déglutit. Sa gorge la serrait. Horriblement.
« La boule, va encore grossir. Pour prendre ta vie » lâcha-t-elle alors dans un soupire, mêlant tristesse, regrets et désespoir.

Doucement, Iris colle Chelsea contre elle. L’invitant ainsi à laisser tout son chagrin à se déverser. Au bout d’un moment, il fallait savoir tomber le masque. Laisser tout tomber. Le masque de fer et les gants allant avec, pour ne plus avoir que le velours. La gorge nouée, Iris se mit à pleurer également. Une larme, puis deux, naquirent et se brisèrent sur une des mains de Chelsea. Iris avait beau espérer, elle savait que ce qu’elle avait vu serait une réalité. Cette vision était imprimée au plus profond d’elle-même. Comme blessure qui n’arrêterait pas de saigner.
Chelsea laisserait un vide dans sa vie. Une boule morbide de vide dans un cœur trop solitaire.


« Chelsea… » Dit-elle lentement, en décomposant soigneusement les syllabes du prénom, comme-ci c’était la dernière fois qu’elle le prononçait.
« Il faut trouver quelque chose. On ne peut pas te laisser comme ça. » Dit-elle en arrangeant les cheveux roux qui trainaient sous son nez.
La regardant tendrement, les yeux encore humides de ses pleurs, le regard d’Iris se voulait rassurant. Elle voulait lui donner de l’espoir. Même si elle savait que c’était la fin. Qu’elle ferait mieux de lui planter la petite dague qu’elle cache dans sa manche dans le cœur. Pour éviter qu’elle souffre encore. Frémissante, Iris n’avait plus aucun espoir. C’était finit. Et ce bien avant son arrivée ici.


« Chel’… » Silence.
« Si tu me le demande… » Silence.
« Je peux mettre fin à tout ça. » Souffla-t-elle d’une voix rauque, emplit de tristesse.

Elle avait vu sa mort. Elle avait côtoyé la mort. Mais, Iris, pourrait-elle lui donner ? Rien n’était aussi sûre…
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MessageSujet: Re: Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]   Jeu 13 Juin 2013 - 18:21

    Iris la berce de quelques douces paroles de réconfort et de tendres baisers affectueux sur l’épaule. Iris, ou la figure de la mère. La figure qui a tant manqué à Chelsea. Une vraie mère, aimante, qui vient vous protéger quand ça ne va pas, qui vous rassure quand vous faites un cauchemar et vous assure que tout ira bien, tout ira vraiment bien et que jamais le fantôme sous votre lit vous dévorera dans votre sommeil. Ironiquement, la maigre rousse, malgré son âge assez avancé par rapport à celui de son amie, reste une grande enfant enfermée dans un corps et un destin d’adulte. On va appeler un médecin, on va te soigner, tu vas voir, tout ira bien, le docteur va te réparer et tu seras comme neuve, heureuse, et on ira cueillir des fraises dans le jardin par un beau mois d’août, tu verras, et tu grandiras heureuse, et deviendras une femme heureuse, intègre, avec une super carrière, une famille aimante, des enfants dont je m’occuperai quand tu seras occupée et… et… et… et voilà le délire de Chelsea qui continue.
    Elle ferme les yeux, les rouvre légèrement, épuisée. Voit les cheveux roux de sa mère en lieu et place de la blondeur de ceux d’Iris. Un flash. La couleur presque blanche reprend le dessus sur l’orange. Un nouveau flash et c’est de nouveau dans les bras de sa vraie mère qu’elle croit être. Mais il faut revenir à la réalité. Et le rappel est dur. Enfin Iris comprend et annonce la vérité.
    Les bras serrés autour du cou de son amie, Chelsea tente encore vainement de refouler ses larmes. Non. Elle ne veut pas entendre ce qu’on lui raconte. Son mal de tête se transforme en un affreux bourdonnement à ses oreilles ; et pourtant ses oreilles captent les mots, les transmettent au cerveau qui les changent en maux. La vérité est indéniable. C’est comme un couteau que l’on plante dans son cœur. Une lame acérée et glacée que l’on glisse d’un coup sec dans son corps. De nouveaux sanglots plus vifs qu’avant qu’il faut réprimer ; une envie de vomir aussi.
    Chelsea se colle désespérément à Iris. Son dernier havre. Son ultime roc, la seule femme ici-bas qui n’a pas vue en la dépravée qu’une dépravée, la seule à l’avoir traitée en femme respectable et non comme une vulgaire catin que l’on blâme ou que l’on manipule. Si seulement elle l’avait rencontré plus tôt… Peut-être sa vie aurait été différente. Elle serait sortie de la drogue et de l’alcoolisme, du stupre sans limite, elle aurait trouvé un mode de vie modéré et plus sain, et elle ne se serait pas retrouvée enfermée ici, un cancer du je-ne-sais-quoi sur le dos, à quelques mois de la mort. Combien de temps a-t-elle dit ? Un an ? Deux ? Et si Iris mentait… Et si elle voulait la rassurer alors qu’il ne lui reste plus que quelques mois, deux semaines tout au plus avant de se retrouver au cimetière ? Bon sang, elle ne veut pas mourir ici. Pas maintenant. Pas ici. Un frisson traverse le corps paniqué de la demoiselle. Non, non. Pas ici, pas maintenant. « Ne me laisse pas tomber Iris » hurle sa peau aux poils dressés. « Ne me laisse pas tomber. »
    C’est alors que la guerrière, tout aussi angoissée, articule son nom comme elle le peut. Chelsea. Elle parle d’une solution, on ne peut pas la laisser comme ça. Et la solution proposée devient explicite.
    Une chape de silence plombe la chambre.
    Le suicide assisté. Les yeux de Brown s’écarquillent. Peut-être que… Après tout, si la vision d’Iris est aussi vraie que la sensation qu’elle ressent dans son corps, c’est inéluctable, la boule la dévorera, le cancer la tuera. Pourquoi lutter ? Elle n’aura que plus mal chaque jour si elle reste en vie. Qu’importe la date de la fin, elle souffrira, alors à quoi bon la lutte.
    Les prunelles vertes rivées dans les prunelles bleues d’Iris, Chelsea ne parvient plus à dire un mot.

    Mais elle ne veut pas mourir ! Pas ici, pas maintenant ! Elle doit sortir, s’échapper de là, revoir sa mère et tant de choses à faire encore ! Sa vie ne doit pas s’arrêter ainsi, elle n’a pas le droit de se finir comme ça ! Non, non, non ! La jeune femme se mord la lèvre inférieure.
    Elle hurle.


    « Non ! »

    Se détache de l’étreinte maternelle d’Iris.

    « Non ! »

    Se relève du mieux qu’elle peut malgré ses forces diminuées, fait un pas en arrière.

    « Non ! Je vais pas mourir ! »

    Et la gamine au fond d’elle prend le dessus…

    « Ton œil dit faux Iris ! Je vais pas mourir ! Pas ici ! Pas maintenant ! Il dit faux ! C’est un œil menteur ! »

    Les larmes coulent à flot le long de ses joues tandis qu’elle tente de se convaincre de son propre mensonge.

    « C’est rien ce que j’ai dans le ventre et je vais pas mourir ! Je vais vivre, et je vais sortir de cette baraque et tout ira bien ! Je vais pas mourir ! T’as pas le droit de me dire ça ! Je veux pas mourir ! »

    Chaque mot est prononcé avec plus de force que le précédent tandis que le débit de parole s’accélère.

    « Je veux pas mourir et je vais ne pas mourir tu vas voir ! Je vais prouver à ton œil qu’il dit faux ! Parce que je vais pas mourir ! Pas ici ! Pas maintenant ! Je te jure ! »

    Et à chaque parole elle se recule jusqu’à la porte du dortoir. Finit par la trouver. Sort en claquant la porte. Trébuche, se relève, part en courant. L’œil ment, l’œil ne peut que mentir !

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Les plaisanteries les plus courtes [ Chambre 15 : Iris ]

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