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 [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]

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MessageSujet: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Dim 3 Mar 2013 - 9:41

Après avoir quitté la bibliothèque, j’étais allée déjeuner. J’avais bien croisé de loin quelques personnes dans les couloirs mais, encore une fois, la salle à manger était déserte, preuve que j’étais soit trop en avance, soit trop en retard – sans doute plutôt en retard. J’allais devoir recouvrer ma ponctualité coutumière au plus vite. Une lady ne pouvait se permettre de laisser dire d’elle qu’elle n’était jamais à l’heure.

Il était tard, et le menu était excellent. Pourtant, je n’avais que très peu mangé. J’étais trop préoccupée pour avoir de l’appétit. A vrai dire, je ne savais plus trop où j’en étais, ou peut-être aurais-je dû dire « qui j’étais ». Les choses avaient à être claires et définies, et à rester à leur place. Un peu comme moi, en fait. Mais cet endroit étrange me perturbait. Certaines choses ici étaient trop saugrenues. Cette fantasque notion de pouvoir surnaturels, la penderie qui s’était emplie toute seule alors que, la veille au soir encore, j’aurais juré quelle était vide. Il y avait aussi Fire qui était revenu. Et Kélian, ce jeune homme qui ressemblait tant à mon vieil ami Ace. A eux deux, ils achevaient d’attaquer ma sérénité et mes certitudes. Longtemps, j’avais tenté d’oublier cette période de ma vie, de la ranger dans de petites boîtes dont j’aurais jeté la clef. Si cela avait possible, c’aurait été tellement plus simple. Cette enfant va-nu-pieds qui chapardait des tourtes à la viande et s’enfuyait en riant aux éclats, courant derrière celui qui lui avait tout après, cette enfant-là pouvait-elle réellement être la même personne que la jeune lady distinguée rajustant ses rubans que me renvoyait le miroir à cet instant précis, qui parlait couramment le français et maîtrisait les arts les plus variés ? J’avais de sérieux doutes. Peut-être était-il temps d’aller de l’avant et de grandir quelque peu.

L’horloge sonna seize heures et, soudain, je sus exactement ce qu’il me fallait. Un bon thé mettait toujours les idées au clair. De surcroît, une jeune lady digne de ce nom ne pouvait décemment se permettre de briller par son absence à l’heure du thé. Je quittai donc ma chambre et me mis en quête du salon, seul endroit où pouvait raisonnablement être servi le thé dans un Manoir digne de ce nom.

Après réflexion, je choisis de commencer mes recherches par le rez-de-chaussée, car le salon avait bien plus de chances d’être situé aux alentours de la salle à manger que des chambres. Je descendis donc l’escalier de marbre blanc, et parcourus le couloir jusqu’à avoir trouvé ce que je cherchais. Le salon était une pièce chaleureuse, bien que le feu fût éteint dans la cheminée, qui était très belle, ornée de deux personnages représentés en vêtements anciens – peut-être du seizième siècle ? A sa droite se tenait un magnifique piano à queue. Il me fit envie aussitôt, mais je ne m’en approchais pas. C’étaient les maîtresses de maisons qui jouaient pour divertir les convives, ces derniers ne pouvant toucher aux instruments que si elle les y invitait expressément. J’étais pensionnaire ici, et non invitée, mais il me semblait que ce genre de règles devait rester valable, tout particulièrement à l’heure du thé. Une commode était appuyée au mur. C’était très probablement à l’intérieur que se trouvait le thé. De l’autre côté de la cheminée, on pouvait voir une petite table basse en bois verni surmontée d’une plaque de verre, d’un bouquet d’orchidées violettes à l’odeur agréable, des sofas et des fauteuils, une plante verte et une table de bois vernis sur laquelle étaient placés des boîtes et des services à thé frappés des armoiries de la famille I. Tout était donc là. Il ne manquait que deux choses : la bouilloire, et…les convives. Encore une fois, j’étais seule, mais je devais être en avance cette fois-ci. Il ne me restait plus qu’à attendre d’autres personnes.

Je n’eus pas à attendre longtemps. En effet, la porte ne tarda pas à s’ouvrir, sur un jeune homme portant une sorte de monocle à double foyer, et vêtu du premier costume digne de ce nom qu’il m’était donné d’apercevoir entre ces murs.

Je plongeai dans une révérence que j’espérai élégante, puis le saluai.

- Bonjour, monsieur. J’avais craint de m’être trompée d’endroit. Serons-nous nombreux ?


Dernière édition par Alexandra R. Blackwood le Lun 15 Avr 2013 - 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Mer 3 Avr 2013 - 1:49

ONE SHOULD NOT MESS WITH TEA TIME.
even though I mostly forget about the importance of such triviality, these days


-

Parfois, la vie avant le pensionnat lui apparaissait comme un songe diffus, comme si elle n’avait jamais existé. Entre ces murs immuables, incassables, qu’importait de quel milieu social il provenait, qu’importait son niveau de scolarisation ou ses passions d’antan, tous n’étaient que de vulgaires peluches articulées entre les phalanges illusoires des I. Il se rappelait la voix concise de son père qui lui sommait de se pencher sur des rapports économiques dénués d’intérêt, alors qu’il s’égosillait à réciter les lignes du Songe d’une nuit d’été dans son esprit, attendant que son amer géniteur tire sa révérence. Il se rappelait le visage arrondi d’Helen, la gouvernante, qui le fixait de ses yeux à la fois las et pétillants, alors qu’il répétait son prochain rôle avec assiduité, tournoyant avec une vivacité insoupçonnée sur les planchers lustrés du manoir Hufflestring. Lorsqu’on passait un certain nombre de mois, séquestré par la magie, condamné au mutisme par l’horreur, on finissait par se demande si tout cela avait un jour relevé du réel ou si, au final, les marionnettes qu’ils étaient tous n’avaient jamais été que cela, des figurines de bois aux visages peint d’émotions dictées.

William pensait à tout cela, se remémorait tout doutant, songeait tout en espérant, mains gantées de blanc enserrées autour d’un livre à la reliure fine dont le contenu n’arrivait pas à pourfendre ses tympans. À la place, il se penchait sur le sujet du tome, remuait le mot ‘philosophie’ à l’intérieur de son crane, chaussures claquant doucement dans la longueur des couloirs alors qu’il progressait vers le somptueux salon d’Ombeline, une pièce tranquille où la cacophonie et la terreur ne l’avait pas trouvé jusqu’à présent. Distraitement, sans détacher ses iris améthyste des mots qu’il ne lisait pas réellement, William poussa la porte du dit endroit et pénétrant dans l’une de ses cachettes de prédilection. L’odeur des orchidées embaumait l’air et eu vitre fait de venir titiller ses narines d’une manière qu’il ne pouvait s’empêcher, tant les sentiments et sensations qu’il associait aux floraisons variées peuplant le pensionnat étaient positives, d’apprécier. Peu importe que Chess lui ait a maintes reprises affirmé que des roses l’avaient défiguré, le jeune aristocrate ne voulait absolument rien entendre, les plantes l’inspirait, les plantes l’émouvait. They made him feel as if his mother was still standing beside him, cuddling him in her warmth.

Oh, Mother, how I miss you.

Puis une voix posée, une révérence polie, vinrent le tirer de ses contemplations cognitives, brusquant ses songes et les faisant basculer dans la réalité comme tant d’autres l’avaient fait auparavant. Cette dame, cheveux clairs nettement disposés autour de son visage, avait au moins le mérite de l’avoir abordé en douceur. Il la réceptionna du regard, un sourcil se levant dans une moue inquisitrice. De telles salutations ne figuraient pas parmi la monnaie courante du pensionnat, si bien qu’il hésita une seconde avant de lui rendre sa révérence, se pliant au niveau des hanches tout juste suffisamment pour que cela soit acceptable, avant de la contourner pour aller s’installer dans l’un des fauteuils décorant la pièce. Déposant son livre sur ses cuisses, ajustant ses lunettes sur l’arche fine de son nez, il entreprit de la toiser, méfiance et incertitude se croisant un instant sur son expression autrement neutre, avant de lui répondre d’une voix cordiale.

« Il n’y a que moi ici, très chère, et je peux vous assurer que je n’attend personne. »

Puis il se mordilla la lèvre inférieure, goûtant les craquements dut au stress qui s’étaient inscrits sur la peau blême. Il comptait lire tranquillement et profiter de la quiétude relative et chaleureuse de cette pièce en paix. Toutefois, certains pensionnaires s’adonnaient parfois a organiser des activités hors du Glossy Gloomy Lovyou et William, pas toujours au courant des dernières nouvelles, craignait de se retrouver mêlé à une foule ne lui correspondant pas. Il pourrait toujours retourner discrètement à sa chambre, cette dame paraissait un brin ingénue et le laisserait certainement partir . . .

« . . . y’a-t-il un événement qui soit prévu ici ? Je n’avais pas conscience que certains des pensionnaires avaient cru bon d’organiser un rassemblement. Vous me voyez terriblement désolé de m’être imposé. »

Il fit mine de se relever, ajustant son veston et les voltiges de son foulard, saisissant son livre avant que celui-ci n’atteigne le sol et jaugeant la demoiselle des yeux. Il ne l’avait jamais croiser ou aperçu auparavant, toutefois, vu la manière dont il limitait ses déplacements, cela n’avait rien de bien surprenant.

« C’est tout de même regrettable, ils se regroupent généralement dans des pièces plus spacieuses . . . »
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Dim 7 Avr 2013 - 15:21

.Celui qui venait d’entrer m’adressa un regard en levant un sourcil interrogateur, puis me rendit ma révérence, avant d’aller s’asseoir dans l’un des élégants fauteuils qui entouraient la table basse de bois vernis. Il se déplaçait avec l’aisance de celui qui est chez lui, ou du moins qui a vécu là suffisamment longtemps pour savoir parfaitement où il va. Il posa ensuite son livre fin sur ses jambes, et rajusta…son double monocle ? Ses binocles ? J’ignorais quel était au juste le terme à employer.
Ses mains étaient gantées. Seul un vrai gentleman pouvait porter des gants, surtout des gants étant vraiment blancs. Soudain, ma théorie sur un pensionnat ayant adopté les idées novatrices de Lord Goldaming me parut pleine de bon sens. C’était forcément de cela qu’il s’agissait. Quand à ce jeune homme dénommé Kélian, peut-être était-il tout simplement un domestique de rang supérieur ayant été pris d’une envie de s’amuser un peu. Le fils d’un majordome ou d’une intendante, quelque chose comme ça. Peut-être même ne ressemblait-il pas vraiment à mon ami Ace. J’avais très probablement rêvé.
Quelque chose au fond de moi me soufflait que j’avais eu raison, au contraire, mais je ne voulais pas écouter cette voix sournoise. Je devais oublier, encore, et rentrer dans mon rôle de lady avec dignité. Il n’y avait rien de mieux pour cela que de prendre le thé en bonne compagnie.


« Il n’y a que moi ici, très chère, et je peux vous assurer que je n’attends personne. » répondit-il avec amabilité, avant de se mordre légèrement la lèvre. Cette fois, ce fut moi qui haussai un sourcil. Allions-nous n’être que deux, sans chaperon ? Ce n’était pas censé être très convenable. Cela étant dit, si nous nous trouvions réellement dans un pensionnat mixte, cela ne devait sans doute pas poser de problème. Et puis, personne ne pouvait faire de problèmes autour d’une tasse de thé, pas vrai ?
Mais s’il n’attendait personne, cela devait vouloir dire que le thé n’était pas sensé être pris ici, dans ce salon. Peut-être m’étais-je perdue. D’un autre côté, je ne voyais aucun endroit qui fut plus susceptible d’accueillir cet incontournable moment de la journée.
Gênée, j’hésitai sur la marche à suivre. Devais-je le laisser et partir à la recherche de l’endroit où serait effectivement pris le thé ? Ou peut-être pouvais-je lui demander mon chemin. Après tout, il avait l’air suffisamment courtois pour accepter de me renseigner.

Je réfléchissais encore à la marche à suivre lorsqu’il reprit la parole.
« . . . y’a-t-il un événement qui soit prévu ici ? Je n’avais pas conscience que certains des pensionnaires avaient cru bon d’organiser un rassemblement. Vous me voyez terriblement désolé de m’être imposé. C’est tout de même regrettable, ils se regroupent généralement dans des pièces plus spacieuses . . . »
Il voulut se lever, rajusta son veston et se saisit de son livre avant qu’il ne tombe.
« S’être imposé » ? Apparemment, nous nous trouvions au cœur d’un malentendu. J’étais désormais certaine que ce n’était pas ici que le thé serait pris. Sans doute avait-il coutume de s’installer là tous les jours, peut-être pour boire son thé en solitaire. Mon inhabituelle présence et mon hypothèse erronée avaient dû l’induire en erreur.

« Non…Excusez-moi, j’ai dû me perdre, je ne connais pas encore très bien les lieux. Je cherchai l’endroit où serait pris le thé, et ce charmant petit salon m’a paru tout approprié. Mais j’ignore ce qui a été organisé jusqu’à présent. A l’heure actuelle, j’ai rencontré très peu de gens ici. Je suis absolument navrée de vous avoir dérangé. »

J’ignorai toujours si je devais lui demander mon chemin ou m’éclipser sans plus attendre.
Même si notre rencontre avait été hasardeuse, sans doute aurions-nous dû nous présenter. Entre gens de bonne compagnie, c’était quelque chose qui se faisait. L’ennui était que je ne savais absolument pas quel nom lui offrir.

Il était certain qu’il me fallait désormais oublier mes élucubrations matinales sur mon identité. J’étais Lady Alexandra Raven Blackwood, et je devais cesser d’en douter. Remettre mon masque. Mais le fait était que Lady Alexandra Raven Blackwood avait un problème à la fois énorme, accablant de simplicité et complexe à résoudre.
Ce problème était le mariage auquel j’avais échappé, au moins temporairement, en me réfugiant ici. Mon interlocuteur et moi étions du même milieu. Le nom de Lady Adamina Aveline Blackwood – c’était-à-dire Lady Blackood Mère, sauf que je n’étais jamais parvenue à m’habituer à l‘appeler ainsi dans mon esprit – ne pouvait pas lui être inconnu. J’aurais pu lui donner un faux nom, mais aucun ne me venait sur l’instant.
La veille au soir, je m’étais crue très intelligente en coupant mes cheveux aux ciseaux et en en jetant de larges mèches dans la cheminée, pour priver Aaron Blackwood du plaisir de suspendre ma tresse dans sa penderie comme un trophée à un tableau de chasse. En fait, c’était juste stupide. Combien de fois ma gouvernante m’avait-elle répété de réfléchir avant d’agir ?
S’il connaissait cette tradition qui commençait déjà à tomber en désuétude, il penserait – avec raison – que j’appartenais à l’une des plus grandes familles de Grande-Bretagne. Et aussi que j’étais mariée. Dans ce cas, quelque soit le nom que je lui présenterais, il saurait que je lui mentais.
S’il ne la connaissait pas, il me trouverait juste l’allure d’un épouvantail, avec mes cheveux trop courts qui tranchaient avec l’élégance dont je tâchai de faire preuve. Dans les deux cas, j’attirai l’attention, ce qui n’était pas une bonne idée lorsqu’on n’était en fuite. Mais, dans le second, au moins, j’avais une chance de ne pas être identifiée. Je n’aurais qu’à me faire passer pour une dame d’Irlande, ou d’Ecosse, quelque chose comme ça. Il fallait juste que je trouve le nom.
Au moins, j’avais un peu de répit. La galanterie voulait que, si nous nous présentions, il soit le premier. Cela me laissait encore un peu de temps pour trouver une idée.

J’avais vraiment besoin d’un thé mais, finalement, peut-être avais-je eu une mauvaise idée. Peut-être n’aurais-je pas dû entrer la veille, après tout. Ce pensionnat me semblait soudain une cachette trop facile pour être vraiment sûre. Je devenais paranoïaque.

Il fallait que je me ressaisisse. J’offris à mon interlocuteur mon sourire le plus élégant.

« Je peux vous laisser, si vous le souhaitez. C’est moi qui me suis imposée, et je ne veux pas vous déranger. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Ven 12 Avr 2013 - 0:24

Ils semblaient faire face à un douteux quiproquo qui serpentait le long du service de thé trônant sur la table basse occupant le centre du salon répandant des fragments de confusion dans la pièce. William accordait un regard obtus à la théière, ses yeux améthyste se concentrant sur le détail de la porcelaine depuis quelques secondes, écoutant les explications de la jeune femme en ce qui concernait sa présence dans la pièce. Le jeune homme de bonne famille lui accorda un faible sourire, opinant de la tête tout en s’approchant de la table basse et lui répondit d’une voix toute aussi douce que velouté, une voix dont les extrémités semblaient un peu lasses, usée. Il déposa l’ouvrage réaliste qu’il avait entreprit de commencer à lire près de deux tasses d’une simplicité agréable et releva ses pupilles pour les déposer sur son interlocutrice.

« Il est tout naturel de se perdre en ces lieux, je crois que le manoir nous y contraint plus souvent qu’autrement, à vrai dire. »

Il devinait à l’insinuation qu’elle avait faite concernant son peu de rencontre qu’elle ne devait pas avoir traversé les portes du manoir depuis très longtemps. Quelques jours tout au plus, songeait-il en la balayant du regard, accaparant son œil de la tenue sobre, mais digne qui l’habillait, jusqu’à cet air d’inconfort contenu qui barbouillait ses traits. Il n’aurait pas du nuancé son propos, aurait dû lui expliquer dès maintenant, car personne ne semblait l’avoir fait, que le manoir relevait d’une sphère ténébreuse de la réalité, qu’il fallait s’en méfier. Elle ne s’était peut-être pas perdue par hasard, peut-être que quelque chose de vil se tapissait dans un coin, attendant de pouvoir bondir comme les poulpes se promenant entre les penderies le faisaient. Et peut-être que son mal être face à se pensionnat se chargeait de le faire paniquer sans la moindre aide mystique. Mary balaya la pièce du regard, vaguement inquiet, les fauteuils, les rideaux, le piano, la commode . . .

Il aimait bien cette pièce, au fond, et ne souhaitait pas se l’imaginer envahie des infamies de la famille I. ne lui plaisait guère. Retenant un soupir, contournant la table pour se diriger vers la commode, après tout si on rangeait du thé dans le salon ce serait là qu’il se trouverait, il poursuivit dans la lancée locutrice, usant de la même voix morne, mais polie et convenante pour tenter de diffuser l’atmosphère de malaise.

« Je crois aussi que cet endroit fut jadis l’endroit désigné pour prendre le thé, et que votre déduction était la bonne. Mais les pensionnaires ont davantage l’habitude de se rendre au Glossy Gloomy Lovyou lorsqu’ils désirent partager un breuvage, par les temps qui courent. »

Deux phrases logorrhéiques, orientant la jeune femme, la nouvelle arrivante, vers ce qui était probablement le lieu le plus sûr de tout le pensionnat. Les immondices ne frappaient pas dans l’antre de la douce Toya, peut-être par la faute du samouraï qui la suivait dans l’ombre, peut-être parce que le rose qui servait de décoration repoussait le mal ou peut-être simplement parce que même les I. ne pouvaient se résoudre à faire du mal à un cœur aussi charmant que celui de Toya. Dans tout les cas, les doigts de William oscillait sur le bois de la commode, glissant et traçant les traits aux teintes variées laissé par la fabrication. Les rides de l’arbre, du temps et de la vie.

Il accorda un nouveau sourire bienséant à la demoiselle, sourire qui n’atteignait pas son regard, figé sur ses lèvres, dans une apposition bien réelle de l’état de William. Il souriait par soucis de politesse, par soucis des manières, rien d’autre. Il aurait été convenable de se présenter, de courber l’échine quelque seconde dans une révérence minime à l’adresse de la nouvelle tête, mais . . . on ne savait jamais à qui on avait affaire dans ce terrible château et William préférait éviter de lancer son nom au visage de tous ceux qu’il rencontrait. Par précaution. Elle semblait inoffensive, là, au cœur du salon, mais les apparences s’avéraient souvent être trompeuses. Il n’y avait qu’à penser à Halloween pour confirmer cela, un bambin, un enfant, avec un œil pendouillant de sang et un rire plus grinçant qu’une porte mal huilée battant au vent.

Il serait aimable, accueillant, tenterait de pousser un peu de chaleur dans sa voix éreintée par sa vie entre ces murs, mais il ne divulguerait pas son nom pour le moment, gardant la distance entre cette inconnue et lui-même réelle jusqu’à ce qu’il ne doute plus de son humanité. Jusqu’à ce qu’il soit certain qu’elle ne l’enfermerait pas dans un placard.

« Ne vous inquiétez pas, très chère, vous ne me dérangez pas du tout. À vrai dire, je dois avouer qu’un peu de compagnie ne me ferait pas de tort. »

Rassurance dont l’ouïe pouvait apprécier le charme banal. William retira une mèche de devant ses yeux, phalanges percutant le verre droit de sa lunette, puis il désigna le livre qui trainait toujours sur la table du menton, s’essayant à un début de conversation. Une trivialité, des mots jetés à l’air libre dans l’intérêt d’une conversation. Ça faisait un moment qu’il n’avait pas conversé, pas depuis . . .

Depuis . . .

Shh.

« J’étais venu lire. Zola, vous connaissez ? »

Puis, il ouvre le tiroir sur lequel ses mains s’attardent depuis quelques longues secondes déjà.

♥ William ouvre les tiroirs de la commode.
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Ven 12 Avr 2013 - 4:26



William ouvre les tiroirs de la commode, et trouve :

« Il se coupe sur quelque chose de non identifié... »


[ACTION 1/4]

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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Jeu 18 Avr 2013 - 17:28

L’inconnu referma son livre et le posa sur la table, tout près de deux ravissantes tasses de couleur crème aux motifs ocre très épurés. Il releva ensuite les yeux vers moi et, d’une voix imprégnée de la même douceur lasse que son sourire, il me répondit.

« Il est tout naturel de se perdre en ces lieux, je crois que le manoir nous y contraint plus souvent qu’autrement, à vrai dire. »

Il était vrai qu’il n’était jamais facile de retrouver son chemin dans une demeure inconnue, surtout vu la taille moyenne des manoirs victoriens. J’avais mis plusieurs mois à me repérer dans celui de Lady Blackwood, et j’étais certaine de ne pas encore en connaître tous les recoins. Il était vrai aussi que, passé un moment, j’avais cessé de chercher à l’explorer. Cela faisait partie des manies dont j’avais dû me débarrasser car elles étaient bonnes pour un garçon, mais tout à fait inconvenantes pour une jeune fille.
Cette bâtisse était bien plus grande que celle où j’avais vécu, il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que beaucoup de gens s’y perdent.

Mais à la façon dont il avait désigné le manoir par une personnification, à sa manière d’étudier avec les lieux du regard, l’air un peu méfiant, comme en quête d’un danger, il me semblait qu’il voulait dire autre chose. C’était presque comme si le manoir avait été une entité sournoise, s’amusant à piéger les voyageurs innocents et à les rendre fous en ne leur permettant jamais de retrouver leur chemin. Comme dans ce roman où des voyageurs entrent dans un hôtel qui disparaît au petit matin, les privant à jamais de toute chance de sortie ?
Non, ça, c’était délirant. Margaret avait bien raison, la littérature gothique ne me réussissait absolument pas. Ca me donnait des rêves étranges et des idées sans queue ni tête. Pour un peu, ça m’aurait fait croire à la magie. Je fermai brièvement les yeux, me forçant à ne pas repenser au discours de Kélian sur la « véritable nature » des lieux. Il était vraiment temps que je me reprenne, et aussi que j’arrête ce genre de lectures imaginatives.

Il contourna la table et marcha vers la commode, qui était sans doute l’endroit où l’on rangeait le thé dans ce salon. Ce faisant, il reprit la parole.


« Je crois aussi que cet endroit fut jadis l’endroit désigné pour prendre le thé, et que votre déduction était la bonne. Mais les pensionnaires ont davantage l’habitude de se rendre au Glossy Gloomy Lovyou lorsqu’ils désirent partager un breuvage, par les temps qui courent. »

Le Glossy Gloomy Lovyou ? Je n’en avais encore jamais entendu parler, et ce nom était pour le moins étrange. En fait, ces trois mots mis bout à bout ne voulaient absolument rien dire. Mais, apparemment, il s’agissait d’un endroit couramment fréquenté, où l’on pouvait discuter et consommer une boisson. Peut-être une sorte de café français, ce qui aurait expliqué ce nom étrange. Certes, le thé français était tout simplement infect, mais il fallait admettre que les français savaient recevoir. La classe française, c’était quelque chose.
Quoiqu’il en soit, je me promis de penser à aller voir ce Glossy Gloomy Lovyou. Si le thé n’était pas buvable – cela dit, j’espérais quand même trouver du bon thé anglais quelque part dans ce manoir – je pourrais toujours commander une limonade.


« Merci beaucoup pour le conseil. Je ne manquerais pas de passer voir ce Glossy Gloomy Lovyou. »

Le jeune homme m’offrit un nouveau sourire poli tout en laissant distraitement courir ses doigts gantés de blanc le long des veines qui traversaient la surface boisée du meuble. Il semblait plongé dans ses pensées. Je me pris à me demander s’il songeait au fameux Glossy Gloomy Lovyou, à ce manoir qui avait tout de même une certaine étrangeté, ou encore à tout autre chose dont je n’avais pas idée.

« Ne vous inquiétez pas, très chère, vous ne me dérangez pas du tout. À vrai dire, je dois avouer qu’un peu de compagnie ne me ferait pas de tort. »

Je ne m'étais pas trompée. A la rigueur, des gants, ça pouvait se voler, s’enfiler comme un, déguisement. Mais il y avait chez un vrai gentleman une courtoisie et une distinction qui ne s’imitaient pas. C’était quelque chose qui devait être naturel, pas vrai ?
Cela dit, moi, j’avais appris à être une lady. Non…Ca, ça n’avait pas d’importance. Je ne devais même plus y penser. J’étais une lady.
Je lui accordai à mon tour un sourire à la fois amical et distingué.

Après avoir chassé une mèche de cheveux de devant son regard, heurtant des doigts, au passage, le verre droit de son mystérieux monocle à double foyer, il offrit une échappatoire à mes pensées en m’indiquant d’un geste du menton le livre posé sur la table.


« J’étais venu lire. Zola, vous connaissez ? »
Mon sourire s’élargit. J’aimais beaucoup la littérature en général, et la littérature française en particulier. J’aurais pu en parler pendant des heures, surtout autour d’un thé. Je connaissais bien Zola.
« Emile Zola, le naturaliste ? Nous avons assisté à un dîner commun, il y a quelque mois de cela. C’est un homme passionné par ce qu’il fait. Personnellement, j’aime beaucoup ses œuvres. »
Encore inconsciente du système de traducteur du pensionnat, qui ne lui permettrait peut-être pas de saisir la différence, je dis « le naturaliste » en français. La distinction naturelle attribuée à la France devait être la raison pour laquelle les britanniques trouvaient si chic de mêler des termes français à leurs conversation.

Il ouvrit ensuite le tiroir de la commode. Je ne parvins pas à distinguer nettement ce qu’il y avait à l’intérieur. En revanche, je vis parfaitement la plaie sanguinolente qui s’ouvrait sur la paume de sa main.
Dans les romans d’aventures, cela se produisait sans arrêt. Bien sûr, les protagonistes se connaissaient bien mieux que nous, et la blessure était toujours beaucoup plus grave. Souvent mortelle, évidemment. Et que faisaient les héroïnes de fiction, dans un moment pareil ? Elles criaient « Oh, mon ami, vous êtes blessé ! », retroussaient leur jupe, déchiraient leur jupon et soignaient courageusement le valeureux héros. Au moins, chez Zola, on ne trouvait pas ce genre de clichés littéraires aussi irréalistes que ridicules – franchement, un garrot en tulle et en dentelle ?

Dans la vraie vie, qu’auraient fait la majorité des jeunes dames dans une telle situation ? Question facile à éclairer. Je me souvenais d’un jour où j’étais assise dans le salon de lady Blackwood avec quelques amies. Nous brodions – activité ô combien passionnante pour une jeune fille de douze ans – et, alors que j’observais distraitement par la fenêtre les bois par lesquels j’ignorais encore que j’allais fuir quatre ans plus tard, je m’étais piqué le doigt avec mon aiguille. Une goutte de sang avait perlé. Une bagatelle. Je n’avais rien senti, et n’avais même pas bronché. J’avais déjà vu bien plus impressionnant. Elles, par contre, avaient réagi. Angelica et Mary s’étaient évanouies, Ann-Sue avait poussé un hurlement strident dont mes oreilles souffraient encore. Réaction de jeune fille de bonne famille normalement constituée, m’avait-on dit, comme sur un ton de reproche. Apparemment, moi, je ne l’étais pas. Cela dit, dans ce domaine, je n’étais pas certaine de vouloir l’être.

Et moi, comment ais-je réagi à cette coupure ? Normalement, je suppose. Même si ça saignait, ce n’était pas si impressionnant que ça. Sans doute ne serait-il même pas nécessaire qu’un médecin pose des points de suture. Cela dit, on ne pouvait pas la laisser comme ça. J’avais déjà vu des gens mourir de fièvres causées par des éraflures non ou mal soignées qui étaient pourtant moins importantes que celles-ci.
Alors, je déchirai une bande de mon mouchoir de baptiste et tendis la main vers son bras.

« Vous permettez ? Il faudrait faire un garrot. Il faudra aussi nettoyer, d’ailleurs, mais pour ça, il nous faut de l’eau chaude. »

J’inspectai à tout hasard la cheminée pour voir s’il n’y avait pas là, par le plus grand des hasards, une bouilloire contenant de l’eau chaude qui nous aurait épargné bien des tracas.

♥ Alex inspecte la cheminée.

[spoiler=Hors rp]Ma soeur squatte la télé et je n'avais tellement rien à faire que je m'y suis attaquée malgré la douleur que me procure les dents de sagesse. Paradoxalement, on dirait que j'ai été inspirée, mais si il y a des fautes, ne m'en veux pas, pour ma défense, on m'a arraché les dents de sagesse il y a deux jours et je suis toujours shootée aux médicaments. (D'ailleurs je n'arrive toujours pas à parler, alors c'est agréable de s'exprimer à l'écrit. x) ]
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Ven 19 Avr 2013 - 6:47



Alexandra inspecte la cheminée, et trouve :

« Une feuille cachée dans une moulure »


[ACTION 2/4]



23


Le XX/YY,

J'ai fait profil bas ces temps-ci. Les fondateurs semblent un peu tendus, et ils ne le sont pas qu'avec moi. Même Ludivine ne sourit plus comme avant. Peut-être ont-ils remarqué la faiblesse dans leur système de protection ? J'espère que non, parce que je pense avoir trouvé la faille. J'ai observé les différents effets des barrières magiques ces derniers mois, j'ai relevé plusieurs données concernant la répulsion des barrières dans la forêt et d'autres effets... J'ai d'ailleurs pas mal parlé avec un groupe de casse-cous par l'intermédiaire de Fred, celui qui depuis quelques semaines sèche les cours et essaye de s'enfuir par tous les moyens possibles, en relevant ce qu'ils m'ont dit sur les effets de leurs essais. Enfin, ils sont globalement stupides, et leurs tentatives doivent bien faire rire les I, mais ils m'ont été d'un support précieux pour ma banque de données. Il y a bien un point qui ne tourne pas rond, je commence à mettre le doigt dessus. Des résultats ne concordent pas. Une faille pourrait exister... Mais pourquoi ? Comment feraient-ils une erreur pareille ? Ils doivent être vraiment distraits, ou très sûrs de leur puissance. A moins que cela ne soit une limite de leur pouvoir ?... Cela reste à creuser.

Erwan a fait une remarque que j'ai trouvée amusante l'autre jour. Je n'arrive pas vraiment à décrypter le cheminement de sa pensée, mais il a dit "Pensionnat Interdit" au lieu de "Pensionnat Irvine". C'est fou comme ce nom sonne terriblement bien !


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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   Jeu 2 Mai 2013 - 6:37

Ses phalanges lésinaient sur le bord du tiroir, traçant distraitement le bois à mesure qu’il parlait, décrivant de jolis symboles sans sens de leurs extrémités. William portait plus attention aux mots s’extirpant de la bouche de la nouvelle arrivante qu’à la tâche qu’il s’affairait tranquillement à accomplir. Si du thé se trouvait dans cette pièce, c’est probablement dans ce tiroir, sombre, loin des percées de lumière, qu’on l’aurait rangé.

« Vraiment . . . voilà une information ma foi fascinante. Mon époque ne m’a pas permis de rencontrer de telles affiches de la littérature. Je dois admettre vous envier terriblement d’avoir eu cette chance. »

La demoiselle lui expliquait qu’elle connaissait bien Zola. Habituellement, la formule d’usage entourant le fait de ‘connaître’ un grand auteur se résumait davantage à avoir lu la totalité de ses ouvrages et d’avoir écrit un bon nombre de thèses diverses à son sujet, rien de comparable à s’être installé à la même table que lui pour dîner. En l’occurrence, elle décrivait Émile Zola comme un être passionné, comme un artiste naturaliste accompli. William le connaissait pour les situations d’un réalisme souvent déprimant évoquées dans ses textes et sans être un fanatique passionné, il appréciait généralement les écrits de cet homme. À vrai dire, généralement, il portait plus son œil sur les créations de Wilde, mais cela relevait certainement de son engouement plus marqué pour le théâtre.

Inclinant sa tête, sourire léger pendu sur le bout des lèvres, l’hybride consentit tout de même à ouvrir le tiroir d’un mouvement gauche, enfonçant sa main à l’intérieur sans trop regarder, s’attendant à y trouver la rigidité d’une ou deux boîtes à thé. Manque de bol, tout ce qu’il s’adonna à rencontrer fut une douleur cuisante au creux de la paume. Il grimaça, retirant vivement sa main de laquelle commençait à s’échapper un mince filet carmin, pour ensuite jeté un œil rancunier à l’intérieur des confins du tiroir. Des fragments de miroirs lui expliquèrent ce qui s’était passé, empilés parmi les autres, juste suffisamment surélevés du fond du tiroir pour représenter un danger, quelqu’un avait cru bon laisser trainer ces débris là. William attrapa le reflet de l’un de ses iris, améthyste, dans l’un des fragments, avant de refermer le tiroir avec plus de force que nécessaire. La soubrette n’aurait qu’à s’occuper de retirer le sang du tiroir.

La plaie n’était pas bien profonde, plus de peur que de mal, au bout du compte. Mary s’en trouvait plus indisposé que réellement blessé, fâché de s’être encore une fois laisser berner par les facéties du manoir. Ne pouvait-il pas s’écouler un jour sans qu’un événement lambda, aussi minime soit-il, vienne troubler sa quiétude ? Il savait très bien qu’il ne pouvait pas laisser la vague blessure dans cet état et qu’un nettoyage était à l’ordre du jour, pourtant, les précisions de la classieuse dame vinrent simplement prononcer son agacement. Ce qu’il s’efforça de ne pas laisser transparaitre, bien entendu. Ce n’était pas de sa faute à elle s’il avait du mal à gérer tous les événements qui s’écrasaient sur son dos.

Il soupira, acceptant le mouchoir que lui tendait la jeune dame de noblesse, tentant maladroitement de se fabriquer un garrot convenable. Là ne brillait pas l’une de ses aptitudes les plus remarquables et le garçon a demi-fée fini par se contenter de conserver la pression sur la coupure par l’intermédiaire de son autre main. Le mouchoir s’abreuvait lentement du sang, se peignant d’un rouge qui aurait tôt fait de brunir.

Pendant ce temps, la dame, beaucoup plus autonome que ce qu’on aurait pu s’imaginer en ce qui concernait les lady de l’époque examinait l’âtre dans ce qui semblait être une vaine tentative de trouver de quoi correctement panser ou nettoyer la coupure, de l’eau somme toute. Il apparaissant comme fort improbable aux yeux de William Mary que de l’eau n’ait été laissée dans la cheminée, la soubrette était une constance assidue et . . . dans tous les cas, s’il restait de l’eau quelque part dans cette pièce, il n’était pas convaincu qu’il soit judicieux de l’utiliser. Qui sait quels genres de mains poisseuses auraient eu l’occasion de patauger dedans.

« Je doute que nous trouvions de l’eau chaude dans cette pièce, vous savez. »

Et il avait entièrement raison. Toutefois, la demoiselle trouva, contre toutes attentes, un objet mille fois plus précieux. Dès l’instant où ses prunelles accrochèrent le vieux bout de parchemin bruni, il se rua aux côtés de la dame, une frénésie désespérée illuminant son regard. Une feuille ! Une feuille !

Un échelon supplémentaire qui s’offrait pour que les pensionnaires puisse atteindre la sortie, une vérité de plus qui préciserait à William l’enfer que sa mère avait vécu. Délaissant momentanément toute contenance ou forme de politesse poussée, abandonnant sa main blessée entourée d’un mouchoir mal serré, il saisi des doigts de sa paume saine l’un des coins de la feuille et tira légèrement.

« Miss, Miss. Pouvez-vous me donner cette feuille ? Il s’agit de l’une des pages du journal de Rudy. »

Il espérait que quelqu’un ait jugé bon de lui expliquer qui était Rudy et ce qu’il proposait aux habitants du lieu, ou plutôt ce que son journal, éparpillé à travers le pensionnant, leur offrait. Ou, non, ce n’était pas non plus nécessaire, il s’en chargerait sans hésiter. Il espérait surtout qu’elle consente à lui céder la feuille sans trop jouer sur les détails. De cette manière, il pourrait se réfugier dans sa chambre pour la lire en paix avant de la ramener parmi ses sœurs au Glossy Gloomy Lovyou.

« Je vous serais éternellement reconnaissant de me céder cette page. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]   

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[RUDY] L'heure du thé, c'est sacré [Pv William Mary Hufflestring]

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