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 Refuge inespéré ou piège redoutable? [Post unique - terminé]

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MessageSujet: Refuge inespéré ou piège redoutable? [Post unique - terminé]   Ven 15 Mar 2013 - 19:51

Je ne m'étais jamais aventurée dans cette forêt avant ce jour. Il était en effet fort peu convenable pour une respectable jeune lady de sortir courir les bois. Mais c'était le seul chemin possible pour fuir. Si j'avais emprunté l'allée principale du Manoir Blackwood, la maîtresse de maison m'aurait très certainement aperçue, et j'étais certaine que l'on m'aurait dénoncée si j'avais emprunté l'entrée des domestiques. Ensuite, il m'aurait été impossible de m'échapper à nouveau, et je n'aurais plus eu aucune chance d'éviter ce mariage arrangé avec mon détestable cousin adoptif. Non, je ne pouvais pas me permettre qu'on me reprenne. Sortir par derrière, comme je l'avais fait, et pénétrer dans les bois obscurs du domaine était la seule solution.

Malgré tout, perdue entre ces arbres sinistres, je commençais à douter de ma capacité à aller au bout du chemin. J'étais encore très loin de la fin de la forêt, et il était fort possible que je me suis perdue. Peut-être que je n'allais jamais parvenir à en sortir, ou pire, que chaque pas me rapprochait un peu plus du manoir. Il était très tard, mais le soleil ne se lèverait pas avant plusieurs heures, et je n'avais pas dormi depuis la nuit précédente. J’étais épuisée, et je n'y voyais goutte. Quelques branches avaient fait des accrocs à ma robe noire, et plusieurs chutes m'avaient couverte de poussière. Entre cela et mes cheveux coupés à la sauvage quelques heures plus tôt, je n'imaginais même pas l'allure que je pouvais avoir. La sangle de mon étui à violon me sciait l'épaule. J'aurais dû prendre le temps de la régler correctement avant mon départ. Il était trop tard maintenant : si je m'arrêtais, je ne parviendrais jamais à repartir. Je commençais aussi à avoir vraiment faim. Quelques années plus tôt, cela ne m'aurait pas posé de problèmes. Mais cela faisait sept ans que je mangeais chaque jour trois repas par jours, sans compter le thé qui s'accompagnait généralement de douceurs. Je n'étais plus habituée à avoir le ventre creux.

Je parvins soudain en vue d'un imposant manoir dont je n'avais jamais entendu parler. Et pour cause : il n'avait aucune raison de se trouver là. Cette forêt faisait partie du domaine de Lady Blackwood. Personne n'était sensé y vivre. Poussée par la curiosité autant que par la lassitude, je me décidai à pousser le portail puis la lourde porte. En cas de problème, je pourrais toujours fuir à nouveau. J'entrai alors dans un hall bien plus grand et élégant encore que celui de l'endroit que je n'étais jamais parvenue à appeler "chez moi". L'escalier, patiné par le temps, était d'un beau bois sombre, et un magnifique lustre en cristal scintillait. Je m'avançai et observai les lieux, impressionnée.

La porte se referma alors derrière moi dans un claquement sonore qui me fit sursauter, et mon premier réflexe fut d'aller l'ouvrir. Impossible. J'étais enfermée. En espérant qu'il ne s'agisse pas d'un piège sordide concocté à mon égard par mon soi-disant fiancé, je me retournai pour observer les lieux à nouveau, avec un peu plus de méfiance.

Ce hall était aussi désert que c’était possible. Les habitants de ce Manoir, si habitants il y avait – ce qui devait être le cas, dans la mesure où l’endroit était d’une impeccable propreté – devaient dormir à l’heure qu’il était. Il était orné de plantes fort élégantes et de tableau qui devaient être des œuvres de maître, sauf que j’aurais été bien incapable de reconnaître lesdits maîtres. La lueur des bougies donnait à la pièce une atmosphère toute particulière, bien différente de celle des lampes à huile, ou encore des mystérieuses lampes électriques dont Sir Joseph Swan, qui s’en disputait la paternité avec un certain Thomas Edison, avait un jour fait une démonstration en ma présence, au cours d’une réception donnée par Lady Blackwood.
Une sorte de panneau de bois était suspendu au mur de bois. Il portait plusieurs feuilles manuscrites de papier blanc. Intriguée, je m’approchai et lus la première.

Si vous lisez ces lignes déposées sur ce misérable bout de papier, c’est que vous venez de commettre une grossière erreur, certainement la plus grosse de votre vie.

Je vous souhaite la bienvenue, en tant que pensionnaire, dans votre nouvelle et éternelle demeure. Ceci n’est nullement une farce de mauvais goût, je n’ai aucunement le temps de plaisanter, ni l’envie de rire. Vous allez bientôt vous rendre compte que cet endroit maudit vous retient prisonnier. Est-ce de la magie ? La réponse à cette question est oui. Si vous ne me croyez pas, tentez d’ouvrir la porte. N’hésitez pas ! J’ai, comme vous, déjà désespérément tenté de sortir des centaines de fois... en vain.

Alors ? Convaincu(e) ? Bien…

Pour vous éviter une perte de temps colossale, je vais vous retracer les grandes lignes de votre nouvelle existence. Sachez que ce pensionnat étant magique, il va falloir vous résoudre à croire à tout, même aux faits les plus invraisemblables. Ne paniquez pas si jamais vous faites vous-même des choses inexplicables : en entrant dans ce pensionnat, vous vous verrez doté(e) d’un pouvoir qui vous sera propre. De plus, vous allez retrouver dans l’enceinte de cette prison un ami que vous aurez oublié depuis quelques temps déjà... N’ayez donc aucune crainte si un animal vient à vous parler. Cela ne sera que votre Alter Ego Astral.

Je vous souhaite de rester en vie et de toujours garder espoir.

Cordialement,
Periple Skye

Les messages qui suivaient étaient plus étranges encore. Si étranges, en fait, qu’il ne me semble à vrai dire pas nécessaire de les retranscrire. De toute évidence, cet endroit était un pensionnat de jeunes filles (le nom Periple me semblait devoir être féminin, quand à Kyoko, je n’avais jamais entendu que l’on puisse appeler quelqu’un ainsi). Il était bien plus élégant que l’image que je m’étais faite de ce genre d’endroit, mais cela me semblait indéniable.

J’ignorais que Lady Blackwood possédât un Pensionnat. J’en conclus que je devais avoir quitté ses terres. Puisque je ne pouvais pas sortir, j’allais devoir m’installer. Au fond, ce n’était pas une mauvaise chose : si j’avais raison, elle ne penserait jamais à me chercher ici, juste derrière chez elle, parmi toutes ces jeunes filles. Je tenais la cachette idéale. J’étais sauvée.

Alors que je me demandais si j’allais monter le majestueux escalier de marbre ou emprunter l’une des deux portes du rez-de-chaussée, j’entendis une voix qui m’interpellait.

« Hé, Alex ! Ca f’sait longtemps. J’suis content de te r’voir ! »Je me retournai, stupéfaite, et cherchai du regard mon interlocuteur. Cette voix m’était familière.
« Plaît-il ? Et pourrais-je savoir où vous êtes ? »
« Par terre, idiote ! Et d’puis quand on vouvoie les boules de poil ? »
Intriguée, je laissai mon regard descendre jusqu’au sol, presque malgré moi. Je ne vis personne, à l’exception d’un renard à la fourrure d’un roux flamboyant. Je le reconnus immédiatement à sa queue touffue veinée de blanc. Je ne pus retenir un cri de joie, assorti d’un sourire radieux.« Fire? »
« Lui-même ! Pour te servir, ma p‘tite. »
« Je croyais que…enfin… »
« Qu’j’existais pas, hein ? J’sais bien qu’elles t’ont mis ça dans l’crâne, toutes ces harpies ! Mais maintenant, j’suis juste là, et t’peux plus faire semblant. »
« C’est tout simplement stupéfiant. Jamais je n’aurais pu concevoir une telle… »
« Ma parole, mais c’est qu’ça parle comme une dame, maintenant ! » Me coupa-t-il, railleur.

Ne sachant que répondre, je haussai les épaules. Fidèle à son habitude, il grimpa le long de ma jambe, puis de mon bras, et se lova autour de mes épaules, à la manière d’un châle. Je le laissais faire. Sa présence m’avait manqué sans que je m’en rende compte. Je me sentais enfin entière, et cela me donnait une force nouvelle.

Je choisis alors, au hasard, de monter l’escalier. La porte à son sommet donnait sur un couloir. Je ne tardai guère à apercevoir une autre porte, qui portait la mention « Dortoir Féminin ». Cela signifiait-il qu’il y avait un « Dortoir Masculin » ? Et après tout, pourquoi pas ? J’avais entendu dire qu’un certain Lord quelque chose avait émis l’idée que, à condition d’un encadrement correct, des institutions mixtes ne seraient pas une mauvaise chose. C’était une idée qui faisait débat en ce moment.

Les noms des pensionnaires étaient inscrits sur la porte. Les chambres étaient apparemment prévues pour quatre personnes. J’en aperçus une, la numéro vingt-trois, qui ne portait que trois noms. Après réflexion, et sur les conseils chuchotés de Fire, je me décidai à entrer. Il faisait trop sombre pour que je puisse distinguer si les lits étaient actuellement occupés ou nom, mais il était facile de voir lequel n’appartenait à personne. Il était en hauteur, et je montai l’échelle, en me souvenant que je faisais de même à l’orphelinat. Je posai mes maigres possessions au pied du lit, ne sachant qu’en faire, puis m’endormis toute vêtue, trop épuisée pour lutter contre le sommeil.
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