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 Verbatim.

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Delicate Boy
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Féminin Pseudo Hors-RP : Nii' / MPDT
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• Age : 25
• Pouvoir : Ressentir les émotions des autres.
• AEA : Bilboquet. L'escargot. Le meilleur. Le plus rose.
• Petit(e) ami(e) : Iwa coeur coeur love ♥ (Mais il n'oublie pas Soren.)

RP en cours : Dysphorie en Euphorie.

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Jeu 25 Avr 2013 - 18:57

Wang était là ; il n'était plus seul. Alors pourquoi le silence bourdonnait-il toujours dans ses oreilles ? Ça faisait mal, ça aussi. Autant que la pression des doigts du garçon sur ses épaules, autant que son regard, que son mouvement de tête – autant que la blessure qui zébrait son bras, que son poignet rouge et irrité. Ça faisait mal et lui, soulagé d'être à nouveau seul, ne trouva rien de mieux à faire que se remettre à pleurer. En silence, sans un bruit. Et c'était amusant, dans un sens, de se rendre compte que tout ce temps il avait raison. Il était fragile, faible, idéaliste. Il avait tué Courtney, pleurait.
Et là, à écouter le chinois bercer son amie de paroles inutiles, il sut qu'il ne s'en remettrait jamais.
Allez, vas-t-en. Fuis, comme d'habitude.
Déménage, pleure et vas-t-en. T'es bon qu'à ça.

Vas-t-en.
Jamais, jamais.
Ça ne passerait pas.
Comme la douleur, comme le rejet ; comme Elly, comme Ayumi, comme sa mère et la peinture, les ratés, les essais, les chutes, les chutes. Il ne s'en remettait jamais vraiment. Cette fois, il ne s'en remettrait tout simplement pas. Mains sur ses oreilles pour bloquer la réalité, yeux clos dans le vain espoir de reprendre son souffle, il pria le Ciel une toute dernière fois. Je n'ai pas fait exprès, laissez moi une seconde chance. Juste une. La dernière. Une occasion de se réconcilier, de se racheter, de revoir son père, de voir guérir sa mère, de sauter dans le lac, de rire, de s'amuser, de pleurer, de pardonner, de s'excuser, encore et encore, faire amande honorable, ne pas...
Ne pas...

Yeux clos, Emrys pria de nouveau.
Il allait se noyer et le pire, c'est que s'il avait été dans la position de Wang il se serait accablé de tout les maux du monde. La nausée le reprit.

« Fallait pas se tromper. »

Déconnecté de la réalité, il déplia ses jambes ; bougea, un peu, pivota pour écarter son dos de la tombe. Il ne voulait pas mourir, pas encore. Ce n'était peut-être pas juste, ça aurait sans doute été mérité, ça l'aurait soulagé – mais il ne voulait pas, il ne voulait pas. Ne pouvait pas s'y résigner, lâche et terrorisé.
La poêle était loin ; il resta assis, sans plus bouger. La paume de sa main rencontra un morceau de verre brisé. Il grimaça. En marchant, il en avait étalé un peu partout : ça aurait été dangereux de marcher pied nu. Un coup à se traverser la chaire sur un débris plus gros que les autres. Il releva la tête vers Wang, effrayé et perdu, terrorisé surtout d'avoir à assumer la portée de son acte.
Il ne l'avait pas vraiment tuée. Pas vraiment.
Mais elle était morte pour de vrai, n'est-ce pas ?

« Emrys. Pourquoi elle est comme ça ? Ça va aller ? Tu es… Blessé. »

Le jeune homme lui fit peur ; il appuya sur sa jambe pour reculer, désarmé, se berça de belles paroles clamant qu'il ne l'aurait pas tué, que ce n'était pas un monstre, qu'il était juste énervé, perdu, comme lui.
Qu'il ne l'aurait pas tué.
Parce que c'était insensé, non ?
Ce garçon était...

« Qu’est-ce que t’as fait, espèce de monstre ! »

… Aussi normal que lui.

Le poing le heurta sans qu'il puisse ni ne cherche à esquiver.
Dents serrées, il sentit le goût métallique du sang rouler sur sa langue, pleura – t'es bon qu'à ça –, laissa bêtement son corps basculer en arrière. Ses doigts agrippèrent la tombe sur sa droite ; pas tant pour chercher à se rattraper que pour garder un contact quelconque avec le tangible, puisque la chute était aussi ridicule qu'elle fut brutale.
Dos au sol, il regarda le ciel sans comprendre.
Ses doigts glissèrent le long de la pierre, engourdis et distants.
Ça fait mal, ça fait mal.
Papa...
Yeux écarquillés, il voulut dire quelque chose ; toussa, rouge rouge rouge.

Un coup à se traverser la chaire sur un débris plus gros que les autres.

C'est trop bête de mourir comme ça ; il sentit son débardeur s'imprégner de sang, sous lui, toujours là mais déjà loin. Si Wang parla, il ne l'entendit pas.
C'est amusant, non ? Tu la tues, sa bouteille se venge.
C'est tellement, tellement, tellement...

Injuste.

Il voulut prier ; pensa à Ayumi, Soren, une nuque qui craque, sa maison, un ciel bleu, une chanson. Se crispa, se relâcha – appela son père, pleura. Lâcha un millier de pardons en silence, à peine dessinés sur ses lèvres pâles.
Se demanda, l'espace d'une seconde, s'il manquerait à quelqu'un et pour combien de temps.
Et est-ce qu'on lui pardonnera ?

Ses doigts se relâchèrent doucement. Quelle importance, papa ?
J'étais déjà mort là-bas.



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« I'm in the basement, you're in the sky ;
I'm in the basement baby, drop on by.

Hold your breath and count to ten
And fall apart and start again -
Hold your breath and count to ten,
Start again, start again... »

Voilà mon cœur ; prudence en sortant :
 
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* Sadoman
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Ven 26 Avr 2013 - 0:38

Il était tombé comme un sac ; un sac de pleurs terreux, aussi inerte que la jeune fille paisiblement endormie à quelques mètres de là. Le cimetière reprenait ses droits et plus un bruit ne venait perturber le repos des morts, pas même Huan Yue qui resta planté là, le poing en l’air, l’air déjà mort. Il l’était bel et bien quelque part. Pour les quelques rescapés de son enfance, pour la loi, pour son père ; pour Courtney qui ne respirait plus non plus. Pour lui-même. Il fallait pourtant bien être vivant pour sentir sous ses phalanges les os grincer et entendre le bruit mat d’une chute, sentir le choc se répercuter, sinistre, jusqu’à ses pieds. Il fallait qu’il fût encore en vie.
Tout aurait été différent s’il lui avait tendu la main. Mais Wang savait qu’il n’y aurait plus de milkshakes, de roses en papier plié, de sourires volés là où on s’y attendait le moins, de promesses en l’air, d’excuses remises au lendemain. Alors il n’en eut pas la force. Il le regarda tomber. Il le regarda pleurer. Il le regarda tout bonnement mourir.

Une seconde passa, puis deux ; Emrys ne se relevait pas.

« Emrys ? »

Un pas, puis deux ; toujours rien. Il s’agenouilla, souleva la tête poisseuse du garçon qui ne devait pas être beaucoup plus vieux que lui, et pas plus coupable désormais.

« Oh non, non non non… »

Elle reposait sur ses genoux. Emrys avait toujours été gentil avec lui, malgré la mollesse de son caractère. Le Mandchou, à cet instant, compris que personne ne saurait jamais exactement ce qui s’était passé ce soir-là, alors qu’un soleil glacial allongeait les ombres. Il n’avait plus seulement envie de pleurer –il eût fallu être vivant pour ça aussi. Emrys avait tué Courtney ; Huan Yue avait tué Emrys. Et qui tuerait Huan Yue, alors ? La main avec laquelle il repoussa ses cheveux sombres était poisseuse de sang rouge. C’est pas moi qui ai fait ça, répéta-t-il. C’est pas moi. Moi, tout ce que je voulais, c’était rentrer à la maison avec Emrys et Courtney, je voulais aller lui demander conseil, je voulais qu’elle me dise qu’elle ne m’aime pas, et pourtant je voulais tellement qu’elle m’aime.
Il essuya de son pouce rouge les sillons humides sur les joues du garçon et même quelques larmes qui perlaient encore, emmêlées dans ses cils, au moment où il lui ferma les yeux –ses yeux si clairs que c’en devenait ridicule. Il ne l’entendait sûrement plus. De toute façon, il n’était pas vraiment désolé. Il passa ses bras ses aisselles, l’étendit près de la gamine souriante. Ils étaient amis, non ? Lui les détestait tous les deux, pas vrai ? A quoi pouvaient-ils bien rêver de si agréable pour le laisser en plan dans un endroit aussi sordide ?

Ils sont morts, pauvre con. Ils ne peuvent plus rêver à rien. Une OU deux étoiles ne tarderaient pas à crever le ciel, et Wang était résolu à attendre qu’elles veillassent sur eux pour les laisser. Il tira sa chemise vers l’un, vers l’autre, tenta de partager, de faire quelque chose de bien pour une fois. Assis près d’eux, il se promit de revenir leur creuser une tombe –plus tard.
Ce devait être ça, le prix de l’estime et de l’amour de son père. C’était ce qu’il en coûtait de venger quelqu’un. Luo aussi avait été vengée. Une fois de plus, il ne se sentait mieux ni moins bien. Les morts ne revenaient pas. Un honneur comme celui-ci, il n’en voulait pas.

Mais c’était ce qui lui restait de mieux. Ralph, se rappela-t-il. Ralph a un couteau. Wang se releva, ramassa l’éclat de verre rubis et espéra que la nuit ne serait pas trop froide. Ils n'avaient qu'une maigre couverture.
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Verbatim.

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