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 Don't panic ! [Solaine]

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MessageSujet: Don't panic ! [Solaine]   Mar 2 Avr 2013 - 21:49


Merde. Merde. Merde.

Pierre-Xavier Mégamiam n'avait jamais été réputé pour son langage châtié. Ni, d'ailleurs, pour les divers jurons imagés qui ne s'échappaient pas de sa bouche au cours de ses nombreuses maladresses. Il était en général trop occupé à pousser des cris de surprise et de terreur pour articuler quoi que ce soit - et certainement pas "Nom d'un bachibouzouk à deux têtes et pois roses !". Mais il ne se privait jamais pour en imaginer des plus originaux chaque jour qui passait, sans pour autant les prononcer. Il avait même, au cours de son adolescence, établi une statistique calculant la gravité de sa situation comme inversement proportionnelle à l'innovation verbale que représentait son juron. C'est dire si la situation présente était catastrophique.

La journée avait pourtant si bien commencé : il s'était levé, n'avait pas provoqué l'ire de ses colocataires en cassant une nouvelle fois le lit, avait réussi à gagner la cuisine sans rien détruire dans les couloirs ni s'empaler sur une armure. Son déjeuner n'avait été que modérément brûlé, et encore, c'était un peu de sa faute, il avait été trop occupé à regarder un squelette roux s'enfiler deux litres d'eau. Décidément, on aurait presque pu dire qu'il s'adaptait à son existence d'incarcéré au Pensionnat. Il errait la plupart du temps, demandant des nouvelles du jeune homme entré en même temps que lui que personne ne semblait avoir croisé aux rares personnes qu'il rencontrait, lisait un peu, cuisinait beaucoup - pour une fois qu'il en avait le temps ! Toute l'éternité s'offrait à lui pour devenir un cuistot convenable. Peut-être ainsi réussirait-il à trouver le courage de rencontrer ses compagnons de cellule, ses co-rameurs de galère, en un mot les autres jeunes qui hantaient le vieux manoir. Peut-être saurait-il enfin ce qu'il était advenu du brun, si le monstre qui était apparu à leur entrée l'avait dévoré pendant que PX fuyait lâchement. Il s'en voulait toujours d'avoir couru ainsi, sans un regard en arrière pour voir s'il échappait au sushi géant...

Au moins le monstre, peut-être rassasié ou éradiqué par l'autre, avait-il disparu. Pierre-Xavier ne l'avait pas revu de la semaine qui s'était écoulée depuis son arrivée. Il avait eu tout le temps de prendre ses marques dans cet environnement bizarre, d'apprendre à ne plus se perdre que deux fois par jour dans les couloirs, de ne plus se trouver enfermé dans la cave... Décidément, il finissait presque par se plaire, dans cet endroit. À part qu'il n'y avait nul part où grimper. Et qu'il était bien loin des immensités verticales de liberté, de cet Everest et ce K2 qu'il aurait dû explorer. Enfin... Bien loin aussi de ce père qui devait vouloir le tuer ( le suicider, l'accidenter ) depuis qu'il avait envoyé tous ses vilains petits secrets faire la une des journaux. Oui, finalement il n'était pas si mal, ici.

Nom d'une pipe en bois ! Perdu dans ses pensées, il trébucha sur une fourchette égarée au milieu de la bibliothèque, tenta de se rattraper à une étagère, et finit comme de juste étalé sur le ventre par terre, enseveli sous une pile invraisemblable de bouquins et la fourchette plantée dans une chaussure. Bon. Ce n'était donc plus une excellente journée, mais une journée normale, donc. Résigné, Pierre-Xavier se laissa aller un instant à poser la tête sur le sol et souffler un instant, juste un instant... Épuisé par son quotidien de chutes et de bleus, il s'endormit aussitôt, et se réveilla, comme l'indiquait sa montre, deux heures plus tard au contact de quelque chose de chaud, râpeux et humide sur sa joue. La sensation lui fit penser à une langue de chat... Mais en bien plus large, à en déduire de la surface qu'elle recouvrait en léchant sa barbe de trois jours - il avait cassé son rasoir, une sombre histoire de cactus et de shampoing. Un chien peut-être ? La chose appuyait sur son épaule droite et continuait ses coups de langue insistants. PX n'avait jamais aimé les chiens. Ils essayaient toujours de le mordre. Mais celui-là ferait peut-être exception, qui sait ? Il leva lentement la tête, la secoua pour se débarrasser du dictionnaire qui pesait sur sa nuque, puis la tourna vers la créature inconnue qui l'avait pris en amitié. De grands yeux bleus, un corps rose et blanc...

- AAAAHH ! LE SUSHI GÉ-GÉ-GÉ AAAANT ! IL EST REVENUUUU !

Oui, bien évidemment, il se met à beugler. Fallait qu'il soit phobique de son AEA - très bizarre, il est vrai - qui l'adore. Alors notre Pierre-Xavier expédie un grand coup de poing à la créature, saute sur ses pieds en trébuchant sur un tome d'encyclopédie, sort de la bibliothèque à cloche-pied et se met à courir comme si sa vie en dépendait. Il faut dire qu'il le croit sans doute, ce qui est tout aussi motivant. Alors il trébuche clopin-clopant à une vitesse de chameau malade - un chameau de course peut aller jusqu'à 70km/h, ce n'est pas rien tout de même ! - sur quelques kilomètres de couloirs et d'escaliers. Médor dans sa grande bonté lui a accordé une semaine de repos avant de lui faire reprendre un entraînement quotidien. Pas que, mais il aurait vite fait de se laisser aller, le rouquin. Allez, PX, à droite, à gauche, l'escalier qui descend, gauche, gauche, on remonte hop hop hop, droite gauche droite droite gauche... Médor insensiblement le guide où il le souhaite. Et Pierre-Xavier hurle toujours de terreur en montant les escaliers de la tour, quel souffle ce petit ! Il hurle encore lorsqu'il arrive au sommet, glapit lorsqu'il se voit acculé par Médor - qui frétille et s'amuse comme un fou - au parapet de la tour. Déglutit bien fort en jetant un oeil au sol qui semble bien loin. Puis passe de l'autre côté du garde-fou et désescalade à toute vitesse le mur. Heureusement, les pierres disjointes laissent de larges prises pour ses mains et ses pieds. Mais au vu de sa vitesse, il imagine bien se tuer trois fois avant de toucher le sol. Pantelant, essoufflé, mais sain et sauf. Il baisse les yeux vers l'herbe verte et le sushi qui frétille dessus.

- NOOOON ! VA-T'EN, FICHE MOI LA PAIX, PITIÉÉÉ !

Il aurait immédiatement recommencé à courir, sans doute jusqu'à ce que le sushi se lasse de ce petit jeu, s'il n'eût aperçu la jeune fille qui déambulait dans un fauteuil roulant quelques mètres plus loin. Et qui avait un fusil. Ni une, ni deux, il se précipita vers elle, plongea à l'abri de son fauteuil, et se mit à l'implorer.

- Pitié, je vous en prie, je vous en supplie, protégez moi de ce truc, il veut me bouffer !

Médor, qui faisait face à la jeune fille, se mit à frétiller d'un air tout à fait amical.
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MessageSujet: Re: Don't panic ! [Solaine]   Dim 7 Avr 2013 - 16:59

Solaine poussa un soupir agacé; tenta une énième fois un tir mortel vers la bouteille qui lui faisait face, sans succès. De jolies petites fleurs explosèrent dans un bruit d'artifices mouillés pour venir se poser sur ses cheveux et ses genoux, tapissant l'herbe qui se trouvait autour d'elle. D'un geste rageur, elle balaya les pâquerettes roses et bleues du tissu de sa robe et de sa chevelure.
Là, elle en avait marre.
Trop, c'était trop ! Pourquoi ce fichu fusil refusait encore de tirer autre chose que des machins colorés et des froufrous à n'en plus finir ? Il marchait bien avant qu'elle passe cette fichue porte à sens unique ! S'enfonçant dans son fauteuil avec une moue désespérée, la jeune fille regarda les branches des arbres qu'agitait une brise printanière bien agréable. Une nouvelle année se levait sur le pensionnat et faisait remonter la rage qu'elle avait au ventre de n'avoir toujours pas trouvé d'issue à sa prison. Ses doigts abimés par une vie rude se crispèrent sur le fusil qui reposait sur ses genoux, rendu inutile par une quelconque facétie des propriétaires du manoir. Elle ne pouvait même pas se détendre en chassant comme elle le faisait chez elle. La brise qui charriait les odeurs de la mousse et des feuilles lui rappelait les clairières de son enfance; Solaine aurait tout donné pour revoir le visage souriant de son père.
En attendant...

Les roues de son fauteuil foulèrent l'herbe avec une aisance rendue possible par le génie de son oncle – bénit soit-il pour m'avoir permis de me déplacer sans aide, songea-t-elle avec une ironie acide et déplacée. Elle s'en voulut la seconde suivante. Elle était de mauvaise humeur, ce n'était pas bon. Avec une excuse muette pour le ciel, elle entreprit de passer en revue les diverses activités auxquelles elle pouvait se consacrer en cette belle journée, puisque tirer sur de petits écureuils sans défense et ainsi provoquer la colère du gardien de la forêt n'était de toute évidence pas en option. Elle aurait pu, si seulement Nick lui avait prêté son arme: mais cet ingrat et ce bon à rien y tenait pire que si ça avait été quelque caisse remplie d'or. Solaine le soupçonnait même de dormir avec, quel pingre il faisait ! Et tout ça en faisant fi du fait qu'elle même aurait hurlé si on avait voulu toucher à son fusil.
On ne plaisante pas avec les armes. Seulement, ce qui était valable pour Solaine l'était rarement pour les autres, la jeune fille aux yeux bleus était critique et parfois de mauvaise foi. Surtout s'il s'agissait de Nick. Ayant décidé en désespoir de cause de trouver Leia ou Louise pour tirer au clair cette histoire de femmes libérées, Solaine se mit en route vers le pensionnat, Pénélope cachée sous sa jupe pour les quelques marches récalcitrantes qui l'empêchaient d'aller et venir à sa guise.

Ce fut à peu près à ce moment-là qu'elle vit un garçon courir dans sa direction. Elle n'eut que le temps de froncer les sourcils et d'articuler un début de question avant qu'il plonge derrière elle avec une plainte paniquée. Elle comprit qu'il était en danger et aussitôt sur le qui-vive, Solaine reprit son fusil en mains et le braqua d'un geste habitué vers...

… Une sorte de bout de viande rose et blanche avec de grands yeux bleus qui se tortillait à quelques pas devant elle. Elle en baissa son fusil et considéra le 'truc' qui menaçait de manger ce grand gaillard, plus perplexe que jamais. Allons bon, qu'est-ce que c'était encore... Un AEA ? Ça n'avait pas l'air d'être un animal, pourtant. Réflexion faite, le sien n'était pas non plus un animal, et pourtant il existait bel et bien. Euh, une sorte de bout de viande vivant ? Quoi qu'il en soit, ce truc n'avait pas l'air agressif pour un sou, et encore moins mangeur d'homme qu'un canard qui s'ébat tranquillement sur un étang.
Solaine tourna légèrement sa tête vers l'inconnu caché derrière elle.

« C'est quoi, ça, c'est ton AEA ? J'ai pas vraiment l'impression qu'il veuille te manger... »

En fait, il avait plutôt l'air de chercher des caresses que Solaine ne se serait pas risqué à donner, au cas où ce truc aurait su jouer la comédie et aurait vraiment voulu leur arracher un bras ou deux pour le dîner. Cela dit, elle aurait bien aimé qu'il lui explique, lui.
Parce que bon, ce n'était jamais qu'une tranche de nourriture qui se dandinait joyeusement et aurait été en droit de craindre d'atterrir dans une assiette un jour ou l'autre.
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MessageSujet: Re: Don't panic ! [Solaine]   Dim 7 Avr 2013 - 23:20


Pierre-Xavier s'agrippait de toutes ses forces au fauteuil, la dignité aux orties. Tel un enfant de sept ans qui en regardant sous son lit aurait rencontré le croque-mitaine de ses cauchemar, il gémissait, sanglotait, reniflait, suppliant au milieu de borborygmes incompréhensibles et de hoquets incontrôlables la jeune fille providentielle de le protéger du Monstre, de l'Abomination. Si elle lui avait dit que ce n'était qu'un cauchemar, il l'aurait sans doute crue et se serait blottie dans ses bras jusqu'à ce que le cauchemar en question vide les lieux. Mais comme il semblait bien réel, que la jeune fille ne remettait pas en doute son existence, PX optait pour la seconde attitude de l'enfant de sept ans devant le croque-mitaine : se servir de l'adulte responsable comme bouclier, en espérant que s'il se faisait manger en regardant à son tour sous le lit, le Monstre n'aurait plus faim. Dans la situation présente, c'était sans doute un mauvais calcul : la jeune fille, si l'on omettait le fauteuil, ne devait pas peser plus de cinquante kilos en tout. Pierre-Xavier avait beau n'être pas gros, il restait tout de même un plat plus consistant pour l'horreur qui le poursuivait sans relâche. Sauf si, et il comptait largement sur cette hypothèse, le sushi géant avait une appétence particulière pour le chêne massif qui constituait le fauteuil de la jeune fille. Ou qu'elle le dégommait avant d'un coup de fusil bien placé. Ce qu'elle ne semblait pas pressée de faire. Pierre-Xav' réussit à contrôler ses sanglots le temps de lâcher une nouvelle supplique.

- Je vous en prie, abattez vite ce monstre ou il va nous dévorer tous les deux ! Il a déjà eu la peau d'un garçon entré en même temps que moi !

Elle ne semblait pas avoir conscience de la gravité de la situation, se contentant d'observer le sushi qui avançait vers elle dans un mouvement menaçant de reptation. Ou peut-être ajustait-elle son tir. Ou peut-être était-elle paralysée par la peur. Ce qui était tout à fait compréhensible, songea d'un seul coup Pierre-Xavier. Elle était plus mince, plus frêle, probablement plus jeune que lui. Et avait vraisemblablement plus de difficultés à prendre ses jambes à son cou. Il se maudit intérieurement, se frappant le front d'une main. Quelle poule mouillée, quel couard, quel lâche il faisait ! Incapable d'affronter une créature de la taille d'un gros caniche à sa mémère qu'il aurait pu envoyer voler au loin d'un simple coup de pied ! Si seulement ç'avait été un caniche... Pierre-Xavier ne supportait pas ces animaux, leur vouait une haine féroce. Il l'eût massacré sans remord aucun. Mais ce n'était pas un caniche. C'était un... un... un... - il tremblait à la simple évocation de ce concept - un sushi géant qui bougeait, qui pouvait le poursuivre, qui avait des dents ! Il voudrait sans doute venger tous ses congénères exploités sans relâche par Vincent Mégamiam, abandonnés aux dents cruelles de milliers de consommateurs à travers le monde, des milliards de sushis ! Et celui-là venait au nom de toute son espèce dévorer le fils de Vincent Mégamiam comme une juste revanche ! Il mourrait ainsi, là, immolé à tous ces pauvres sushis sacrifiés !

Recroquevillé derrière son fauteuil, il entendit à peine ce que la jeune fille lui disait. Elle ne comprenait rien à rien. Bien sûr que cette horreur voulait le dévorer, bien sûr qu'elle voulait sa peau, si innocente qu'elle s'en donne l'air.

- C'est un sushi ! Bien sûr qu'il veut me dévorer ! s'exclama-t-il, indigné et terrorisé, sur le même ton suraigu de l'enfant de sept ans, si, celui qui rencontre le croque-mitaine, oui, et que ses parents refusent de croire, les fourbes. Là d'où je viens, mon père en a vendu des milliers à des gens pour qu'ils les mangent ! Et celui-là est venu se vengeeeeer !

Il finit sa phrase dans un sanglot retentissant, se cachant la tête entre les bras pour se lamenter sur son triste sort. Ce qui n'était assurément pas l'attitude la plus intelligente pour quelqu'un qu'un sushi géant se serait effectivement apprêté à manger. Mais fort heureusement pour Pierre-Xavier, Médor n'était pas ce genre de triste personnage. Bien au contraire, cela l'attristait de voir que son cher, cher maître pouvait penser tant de mal de lui. Il s'en était beaucoup amusé pendant les premiers jours, mais là, c'était bien assez. Il fallait que ce malentendu cesse, sur le champ. Et de préférence avant que la jeune fille n'ait eu le temps de tirer sur l'ordre de Pierre-Xavier. Elle ne semblait pas hostile, mais on ne savait jamais. Il s'immobilisa, se racla la gorge, et déclara, d'une voix suave, agréable et rassurante de conseiller d'éducation croyant fermement aux vertus du dialogue et de la pédagogie face à un gamin turbulent :

- Bonjour, Mademoiselle, et permettez-moi de m'excuser ainsi que mon maître de ces présentations quelque peu... tumultueuses. Je suis bien l'AEA de Pierre-Xavier, et nous sommes actuellement au cœur d'un léger malentendu. En effet, depuis sa plus tendre enfance et l'époque à laquelle il m'a inventé, il est persuadé que les sushis - des boulettes de riz recouvertes d'une tranche de poisson, comme moi en beaucoup plus petit - ont une âme. Ce qui explique qu'il m'ait inventé. Or, son père a fait fortune en en vendant dans des restaurants. Et il croit qu'aujourd'hui, je suis apparu pour le dévorer afin de venger ceux de mon espèce.

Pierre-Xavier, n'en croyant pas ses oreilles, leva la tête pour regarder le monstre par-dessus l'épaule de la jeune fille. Il disait ça pour l'amadouer et mieux le dévorer, sans aucun doute ! Pourtant, il n'avait plus rien d'un monstre sanguinaire. Rampant sur le sol, s'approchant doucement, il avait l'air d'un bébé labrador avides de caresses et le regard qui allait avec. Se serait-il effectivement trompé tout ce temps ? N'était-il donc pas si avide de vengeance ? (Pierre-Xavier ne remit pas un instant en question le fait que les sushis avaient une âme. C'était é-vi-dent, voyons, sinon comment celui-là pourrait-il parler ?) Penaud, il commença à sortir de sa cachette, par petits mouvements latéraux prudents. Si ceci n'était pas un fourbe piège pour les dévorer, il avait perdu tout crédit auprès de la jeune fille. Mais peut-être n'était-ce qu'un affreux mensonge. Il lui souffla à l'oreille, respirant le doux parfum de ses cheveux :

- Méfie-toi, il veut peut-être nous piéger.

Puis il s'approcha du sushi, le détaillant d'un air soupçonneux, prêt à sauter en arrière si celui-ci exerçait le moindre mouvement menaçant. Elles étaient rudement pointues, ses dents, quand même.
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MessageSujet: Re: Don't panic ! [Solaine]   Jeu 18 Avr 2013 - 10:23

-C'est un sushi ! Bien sûr qu'il veut me dévorer ! Là d'où je viens, mon père en a vendu des milliers à des gens pour qu'ils les mangent ! Et celui-là est venu se vengeeeeer !

D'accord, ça devenait vraiment bizarre cette histoire, là. Solaine, dont les yeux hésitaient à se poser sur le grand garçon qui pleurait derrière elle et la bête démoniaque qui continuait de frétiller juste devant, fronça les sourcils pour tenter de tirer au clair cet enchainement d'idées pour le moins abracadabrant. Donc, ce truc qui s'appelait visiblement 'sushi' lui en voulait parce que son père en avait vendu des milliers à manger de là d'où il venait et lui courait de fait après pour le manger en guise de représailles. Bien. Soit ce garçon avait un fond hystérique – et vu la manière dont il agissait en ce moment même, ça ne l'aurait pas étonnée, soit il était gentiment décalé et il allait falloir qu'elle soit très gentille avec lui en retour, dans ce cas. Quelle plaie. Elle n'était pas programmée pour s'occuper d'enfants effrayés par des monstres en carton ! L'envie de lui intimer très poliment de la boucler fit son chemin jusqu'à son esprit, mais elle la réprima bon gré mal gré. Autant rester diplomatique le plus longtemps possible, ça ne lui ferait pas de mal, pour une fois.

Si Solaine ne lâchait pas son fusil, c'était uniquement parce que cette histoire de garçon entré en même temps que lui mentionné précédemment lui trottait encore dans la tête. Un regard perplexe pour le morceau de viande, comme si le fixer de la sorte allait faire surgir tous ses secrets, lui fit douter encore plus de la situation.
Un truc comme ça ne pouvait pas manger quelqu'un, si ? Ce n'était pas autant par pragmatisme que parce que l'apparence du monstre en question n'avait rien d'offensive. S'il avait fait trois mètres de haut et avait été affublé de dents de rasoirs tranchantes, là, elle ne se serait même pas posé la question et aurait tenté de l'endormir avec ses fléchettes paralysante – parce que c'était ce qu'elle pouvait sortir de mieux.
Et là tout de suite, elle se voyait mal en coller une dans l'arrière train de cette drôle de bestiole parce qu'un inconnu était venu se réfugier derrière elle en lui hurlant de l'envoyer six pieds sous terre.

Son cerveau cessa momentanément de fonctionner que le truc rose bizarre se racla la gorge, captant toute son attention. Oui, bon, ça avait beau faire un moment qu'elle était au pensionnat, elle n'arrivait toujours pas à trouver normal que des animaux parlent. Alors de la nourriture sur pattes, ce n'était pas la peine d'y penser.

-Bonjour, Mademoiselle, et permettez-moi de m'excuser ainsi que mon maître de ces présentations quelque peu... tumultueuses. Je suis bien l'AEA de Pierre-Xavier, et nous sommes actuellement au cœur d'un léger malentendu. En effet, depuis sa plus tendre enfance et l'époque à laquelle il m'a inventé, il est persuadé que les sushis - des boulettes de riz recouvertes d'une tranche de poisson, comme moi en beaucoup plus petit - ont une âme. Ce qui explique qu'il m'ait inventé. Or, son père a fait fortune en en vendant dans des restaurants. Et il croit qu'aujourd'hui, je suis apparu pour le dévorer afin de venger ceux de mon espèce.

La pauvre Solaine ne devait pas avoir l'air bien intelligente, sur le coup; elle cligna des yeux deux ou trois fois, stupéfaite, avant de lâcher un petit 'hein ?' qui se perdit dans la douceur de l'air. En dépit d'une réaction quelque peu abrutie, la paraplégique aux cheveux gris avait au moins retenu quelque chose de ce discours (plusieurs choses, même); que cette bête était bien un AEA, qu'il n'avait pas l'air de vouloir du mal à son maître, que son maître pensait que la nourriture avait une âme et que les sushis étaient des boulettes de riz recouvertes d'une tranche de poisson. Une fois toutes ces informations correctement filtrées, Solaine abandonna complètement l'idée de tirer quoi que ce soit sur l'alter ego – petites fleurs et cotillons compris. De son côté, le propriétaire qui, un instant plus tôt, se lamentait pire qu'un condamné à mort le jour de son exécution, sembla trouver une quelconque véracité dans les propos de son ami et daigna quitter sa cachette provisoire.
Solaine, qui espérait voir une réconciliation ou une échappatoire à leur problème, sursauta quand l'autre idiot trouva bon de lui murmurer à l'oreille que c'était peut-être un piège. Il s'en approcha ensuite sous le regard perplexe de la jeune fille, qui gardait son fusil sur les genoux sans pour autant le lâcher.

« Ben, tu peux le caresser pour voir s'il t'arrache le bras. Si tu as tort tu te seras fait un nouvel ami et si tu as raison, eh bien... »

Tu n'auras plus de bras. Ah ah.

« On s'arrangera pour le perdre dans les bois. Mais bon, j'ai pas l'impression qu'il soit méchant, si tu veux mon avis. »

Et même si tu ne le veux pas, d'ailleurs. Ce sushi avait l'air amical et tout à fait disposé à régler ce triste malentendu, et en plus il parlait bien. Ses yeux bleus passant de l'AEA au rouquin, elle se promit que s'il revenait se cacher derrière elle sans raison, elle le ficherait de force devant le morceau de viande éloquent pour qu'ils s'expliquent. C'était pas en se planquant derrière elle qu'il allait aller mieux... Quoi qu'il puisse en penser de son côté.
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MessageSujet: Re: Don't panic ! [Solaine]   Sam 18 Mai 2013 - 22:02

[ Je suis désolée et très en retard... ]

Il maugréa quelque chose d'absolument inintelligible en entendant la jeune fille - qui ressemblait à "Mais tu ne comprends pas, c'est un sushi...". Certes, il avait bien conscience que sa peur était ridicule. Après tout cette créature devait faire partie de lui, en quelque sorte. Elle avait été produite par son esprit. Comment diable avait-il pu imaginer une telle créature comme ami, cela le dépassait. Peut-être était-ce un cas classique de révolte par rapport au père que d'imaginer que les sushis qu'il vendait avaient une âme et débouleraient un jour en armée pour le juger enfin de ses méfaits terrestres... Ce qui aurait expliqué que, forcé lui-même à manger des sushis, il ait refoulé le culpabilisant Médor dans un coin de sa mémoire et oublié sa terreur d'être à son tour sur leur liste. Terreur qui le frappait aujourd'hui de plein fouet devant cet ancien compagnon de jeux et de vengeance qui avait dû lui souffler dès le début cette idée démoniaque de dénoncer les viles méthodes de son père et de s'enfuir de chez lui.

Pierre-Xavier se savait ridicule, à trembler devant son AEA sans savoir que penser, devant cette jolie petite jeune fille qui le considérait d'un regard sarcastique. Il ne savait que dire, que faire de ses membres. S'excuser auprès de cette créature pour rendre leur cohabitation dans ce Pensionnat plus agréable ? C'était la chose sensée. Mais pour cela, il lui fallait passer sur des années d'une phobie latente qui avait soudainement éclaté avec son arrivée dans le Pensionnat. Il sentait ses jambes trembler sous lui rien qu'à l'idée de faire un pas de plus en direction de cette... chose. Il voulait s'évanouir, s'enfuir en courant, tout pour échapper à cette affreuse confrontation. Mais il se sentait rougir à l'idée que cette jeune fille le considérerait alors à jamais comme un pleutre hystérique. C'était bien le moment pour se voir affublé d'une conscience du ridicule, tiens ! Il était coincé, coincé, entre la terreur qui lui serrait les entrailles et son estime de soi toute neuve. Mais il n'avait déjà plus vraiment le choix. Il jeta un regard implorant à la jeune fille. Puis il serra les dents, et fit un pas en direction de Médor, qui s'assagit aussitôt pour considérer le rouquin avec un air méditatif.

- Tu es une boule de riz recouverte de poisson, exact ? Et puis, tu fais partie de moi. Tu n'as pas forcément intérêt à ce que je meure, donc ? lui demanda-t-il sur un ton plaintif. Comme le sushi opina, il poursuivit : Du coup, je suppose que je dois m'excuser de t'avoir traité de monstre.

Bon, il n'allait pas fuir en courant pour se cacher à nouveau derrière la fille. C'était déjà ça. Mais surtout ne pas aborder le sujet du garçon du hall. Surtout. Ou il risquait de s'évanouir, s'il s'avérait que le sushi l'avait dévoré. Il inclina respectueusement la tête dans sa direction. Puis, considérant que ces excuses avaient suffisamment mis à l'épreuve son courage tout neuf pour la journée, il s'en retourna en direction de la jeune fille assise dans son fauteuil avec son fusil comme Clint Eastwood dans un rocking chair sous son porche. Elle avait d'ailleurs l'air aussi à l'aise que lui avec son arme, ce qui lui fit un instant froid dans le dos. Mais il se rappela qu'elle n'avait pas paru franchement hostile, même alors qu'il s'était comporté comme le dernier des malades mentaux. Il lui sourit, passant la main dans ses cheveux d'un air gêné. Il avait vraiment été ridicule, sur ce coup-là. Il perdait peu à peu contenance sous son regard scrutateur et ne tarda pas à devenir plus rouge que ses cheveux - et que le thon sur le dos du sushi. Elle le mettait mal à l'aise, avec son aplomb et son sang-froid. Sûr qu'elle se moquerait de lui. Mais bon...

- Bon, ben... Tu avais raison, semble-t-il. Enfin il n'a pas essayé de me manger. Mais je crois que je ne suis pas encore capable de le caresser, hein, il me fait un peu peur avec ses deux yeux là on dirait les affreuses soucoupes de faïence bleue qu'avait ma grand-mère et du coup je suis un peu mal à l'aise avec lui alors ne te moque pas s'il te plaît je sais que tu as dû en voir d'autres et tout pour être aussi calme mais j'ai eu une vie terriblement banale et du coup ben je n'ai pas l'habitude des trucs qui sortent de l'ordinaire et tout depuis que je suis là m'effraie même les filles comme toi avec l'air si gentil parce que tu vois tu es dans ce drôle de fauteuil en bois et puis tu as un fusil c'est pas rassurant au fait comment tu t'appeeeergh ?

Il s'effondra par terre, le souffle coupé tant par sa tirade qu'il avait prononcée sans reprendre une seule fois son souffle que par le poids qui pesait soudain sur sa poitrine - Médor, qui après avoir réfléchi semblait avoir accepté ses excuses et entreprenait de lui lécher le visage. Langue râpeuse comme celle d'un chat, haleine qui laissait à désirer, dents pointues près, tout près des yeux... Et ce qui devait arriver arriva : il s'évanouit sur la dernière pensée, horrifiée, qu'elle partirait en le laissant seul avec ce monstre.
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MessageSujet: Re: Don't panic ! [Solaine]   Jeu 13 Juin 2013 - 14:27

...

Solaine sourit, satisfaite, quand le grand garçon fit un pas en avant et s'adressa au sushi. Il n'était pas retourné se cacher derrière elle et il n'avait pas fuit en hurlant; inutile de demander à Solaine de considérer les efforts qu'il devait fournir en ce moment même pour parler au bout de viande sur pattes, c'était mal la connaître que de penser qu'elle pouvait comprendre quelque chose comme ça. La seule phobie que mademoiselle possédait, elle s'évertuait à la tirer au fusil quand elle en avait l'occasion (pas si souvent que ça, heureusement). Alors partir en hurlant, vous pensez bien... Elle considérait attentivement les deux protagonistes de cette étrange pièce, prête à tirer le drôle d'animal s'il faisait le moindre geste agressif envers le rouquin. Les aider à se réconcilier, d'accord, mais entre assister à d'émouvantes retrouvailles et servir un repas sur un plateau d'argent à un truc non identifié mais carnivore, il y avait de la marge. Elle ne l'aurait pas laissé se faire dévorer: elle aurait au moins essayé de le sauver. Elle n'était pas cruelle à ce point – en fait, elle ne se jugeait pas cruelle tout court. Quelle chance il avait, hein ?
Elle lui renvoya un petit sourire, fière qu'il ait fait face à ses peurs sans s'évanouir. C'était le premier pas vers la victoire. Pour un peu, on aurait presque dit une mère qui regardait son enfant partir à la maternelle, émue et les larmes au coin des yeux. La métaphore n'aurait que moyennement plu à Solaine, cela dit – mais on ne lui demandait pas son avis.

Occupée à démêler les mots du jeune homme sans s'y perdre, les yeux à demi froncés dans sa concentration, elle ne vit pas le sushi se précipiter sur son compagnon, et ne s'en rendit que lorsque sa grande silhouette tomba à la renverse, lui arrachant au passage un sursaut surpris. Le temps qu'elle s'en remette, main sur la poitrine, le sushi avait entrepris de laver affectueusement le visage de son propriétaire, et cette vision la fit sourire. Au fond, malgré son apparence atypique, ce machin n'était pas différent d'un gros chien. Gentil et prompte à donner de grands coups de langue pour manifester son affection: bien mieux qu'un loup qui vient dévorer les troupeaux. Solaine pensait à faire cette comparaison pour rassurer le jeune homme, posant ses yeux bleus sur lui, quand elle s'aperçut qu'il avait perdu connaissance. Ses yeux s'écarquillèrent. Il se passait quoi, là ? Elle bougea pour se retrouver à côté du rouquin.
Elle se pencha sur lui avec une mine soucieuse.

« Oh, ça va ? »

S'il s'était évanoui, il y avait peu de chances qu'il se porte comme un charme, mais bon; elle avait essayé. Elle regarda autour d'elle, mais pas l'ombre d'un pensionnaire à l'horizon. Juste elle, l'endormi et le sushi. Que faire ? Il ne s'était quand même pas évanoui parce que son AEA lui avait léché la figure ! Solaine poussa un grognement de mécontentement.
Bon, en fait, la guérison allait être plus longue que prévue. Les belles retrouvailles, ce serait pour plus tard.

Puisqu'elle n'était plus à ça près, elle se tourna vers le sushi. Il était doté de la parole, après tout, alors elle ne risquait pas de passer pour une folle. N'est-ce pas ?

« Tu crois que je dois aller chercher un seau d'eau, ou lui rouler dessus sera plus efficace ? »

Et éventuellement, attendre qu'il reprenne ses esprits. Mais dans la petite tête de Solaine, tabasser les autres était plus efficace que les laisser se réveiller bien tranquillement. Eh oui.
Quoiqu'elle n'aurait pas aimé qu'on la frappe, mais c'était une autre histoire.
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Don't panic ! [Solaine]

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