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 La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.

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Masculin Pseudo Hors-RP : Litchi
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• Pouvoir : Je ne fais l'amour qu'aux maso. Paumes et doigts ayant l'improbable qualité de découper tout. Viande ou pas.
• AEA : Un canin argenté qui ne bave pas et ne remue pas la queue. Constamment colérique et déprimé, il répond au nom de Clad.
• Petit(e) ami(e) : L'intemporalité.

RP en cours : ~
O La désobligeance du loup. ~ Loeva
O Un brin de ménage ... ~ Blue
O Tranchez fin ... ~ 'Nyme.
O La caresse du ciel ... ~ Soah

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MessageSujet: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Ven 5 Avr 2013 - 2:10

La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.


Quand un petit groupe de branleurs attaquent une Dame et qu'ils ne savent pas à qui ils ont affaire, et quand un ronin dans la nuit reste silencieux à contempler.


    5:07 – La danse dans le vent. Kata.

    Comme un cadavre bleu, déposé sur l'herbe noire d'une matinée assombrie par son éveil, ma veste haori était la tâche que mon œil avait décidé de ne plus voir. Le vent glissait sur une nuit qui ne se hâtait pas à disparaître, et les teintes violacées d'un ciel encore sombre plongeaient le monde dans une contemplation de teintes endormies. Pieds nus, debout sur la Terre qui vibrait d'un éternel éveil, je joignis mes mains, en refermant mes yeux. Le souffle du vent vint secouer la nature, dans un frisson vibrant. Chaque brins d'herbe, feuilles, et tiges, dans un frémissement saluant, se plia sous le vent, secoués tous entre eux dans cette mélodie de « l’extérieur ». Les odeurs embrumées flottaient paresseusement, secouées et diffuse par ce même vent. Ce vent, invisible, insaisissable, qui glissait entre les doigts du monde, pour le rendre vivant, l'éveiller, l'endormir ou le voir disparaître. Le vent, comme un dragon qui dépliait ses anneaux, et qui glissait son corps à la surface de la terre, pour une caresse stimulante, qui apportait la vitalité à chaque faits d'être. Des spirales de poussières s'élevèrent, portées par l'éol, et heurtèrent, dans des milliers de particules et d'univers, les plis de mon hakama. Le claquement du tissus dans le vent résonna comme une vibration de mes genoux jusqu'à mes pieds. Une vibration qui résonna dans le sol, et qui se diffusa au sol, et dans mon ventre. Nu, ce dernier était l'étirement de ma peau, exposée au vent, à la semie nuit, et aux couleurs de l'esquisses. Nues, mes épaules, étaient le support et l'équilibre à l'équilibre de mon adbomen. Nue, ma poitrine était l'élévation du souffle. Nus, mes bras étaient les forces qui s'unissent à l'harmonie pour la douceur et la réalisation des mouvements. Nus, mes doigts étaient les lames qui caressent le vent. Mes lèvres s'entrouvrirent pour un baiser au goût de nuit. Inspiration.
    Dans la douceur d'une adaptation au rythme de la terre toute entière, je déplaçais mes pieds, pour une caresse plantaire entre ma peau et l'herbe. Dans un arc de cercle dessiné par ma hanche, sans autre bruit pour mes déplacements que les mouvements du vent sur mon hakama, j'étendais mes bras, les arrondissant près de ma poitrine, en pliant mes coudes, pour absorber mon propre déplacement. Ma poitrine se creusa, et le souffle de mon corps vint se mêler aux écharpes froides d'un air nocturne. Expiration.
    Mes coudes se déplièrent, et mes mains s'écartèrent de mon corps, pour venir accrocher les caresses du vent. Le visage et le cou offert à l'invisible élément, qui tournoya autour de la tête, s'excitant d'une danse des mèches noires. Mes yeux bleus, écrin du silence et de la force qui s'élevait du kata, saisissaient la contemplation totale de ce qui n'existait pas. Mon corps se pliait, et se déplaçait, mes mains passant près de mon visage, ou de ma poitrine. Je les entendais, ces ombres du passées, et des lendemains. Ces ombres qui défilaient dans leurs postures et leurs gestes de combats. Ces ombres qui dansaient sous mes paupières, portées par le vent. J'entendais les clochettes du passée, tintinnabulant sur la garde d'un katana qui fauchait. J'entendais les sabots des chevaux, sur lesquels étaient portés des guerriers samouraï d'antan. Je voyais les lames des naginata s'abaisser, et pourfendre la chair. Je voyais le sang qui s'élevait jusqu'au ciel, dans un appel redempteur à Amaterasu. Je voyais l'ombre de Kannon s'étendre sur la terre des hommes, et les sabres qui se tiraient hors des fourreaux déchiraient les existences pour toujours plus les exalter. À jamais. Je tournoyais. Il n'y avait pas de lenteur, par de retard. Il n'y avait que le rythme, qui ne se calculait pas avec le présent. Le kata s'effectuait avec un passé que je récupérais du bout de mes doigts, et entre mes lèvres. Mes poignets marquaient les sillons d'un détachement de la réalité, empennages de ma force et de ma douceur, dans les reflets aux déplacements de mes rotules. Le bassin était souplesse, les hanches, fermeté. Le champs de bataille hurlait autour de moi, et les chevaliers descendaient les falaises en hurlant contre l'ennemi grondant. Le mont Fuji, au loin, était le témoin d'un massacre ancestral, d'une beauté violente. Le vent, ondoiement implacable, fit voler en éclat les pétales d'une fleur de cerisier. Le parfum s'enroula autour de ma poitrine, et dans un oi tsuki silencieux, j'ouvrais mes doigts. Mon cœur frappa une pulsation. Mes doigts se refermèrent sur un pétale rose, dans la précision d'un mouvement mu par l'instinct. Le présent et le passé explosèrent, et la nuit s'abandonna à mon esprit. Le soleil se levait. Entre mes doigts, le petit pétale de fleur de cerisier était froissé. Je me redressais, gardant les doigts ouverts. Un coup de vent le fit s'envoler.

    8:13– Pierre de l'esprit, par l'esprit.

    Le Parc du Pensionnat se remplissait. Petit à petit, son étendue se couvrait des échos de voix des pensionnaires, qui dans des ombres en dessous moi, couraient sur les étendues du Parc. La lumière avait inondée les lieux, et le vent nocturne s'était réchauffé, porteur d'une chaleur qu'il diffusait au rythme de sa respiration. Mes cheveux bruns bataient ma nuque et mes épaules, secoués par la circulation du kami élémentaire. Dans une position burmese, installé sur une des hauteurs dominantes du Parc, j'étudiais avec circonspection les allées et venues des quelques humains qui se levaient tôt ce matin-là. Mes yeux accompagnaient leurs déplacements, avec la même obsession perverse qu'un homme se souvient de ses ébats alors que sa femme, épuisée, s'est endormie dans ses bras. Un intérêt technique. Un besoin de comprendre. De perfectionner le mouvement. Le dos droit, nu, affichait les vingt quatre tatouages sur mes vertèbres. La veste haori avait été pliée, et était disposée avec soin à mes côtés. Le bleu du ciel était plus clair que celui de mes yeux, à n'en pas douter. Je veillais.

    (…)

    Ils étaient cinq. Sans être mous, ils n'étaient pas très vifs. Des carcasses aux os pointus, mus par des réflexes de rues, mais pas par les arts martiaux ou la compréhension de la violence, ou la perception de l'harmonie. Des idiots, des branleurs, qui avaient décidés de se regrouper en meute pour attaquer. Des loups, ils n'avaient que l'imbécile docilité entre eux. Les yeux luisants sous des regards lubriques et moqueurs, ils avaient encerclés leur proie, et ignorant ma présence, et mon regard, avaient ricanés en croyant déjà leur victoire assurée.
    C'était une femme. Une jeune femme, peut-être. Blonde, avec ses grands yeux clairs, elle dégageait toute la violence du meurtre et de la perfection. Son corps, bien qu'elle possédât seins et reins, était tendu, proche d'un idéal martial. Elle vibrait la puissance, comme un tsurune adéquat. Mes prunelles étaient fendues. Ils ne m'avaient pas vu, mais elle m'avait jeté un regard. M'avait elle ressenti ? Dans un zen absolu, assis au dessus d'eux, je les contemplais, fascinée par ce qu'elle représentait.
    Ils commencèrent par la saluer. Puis la menacer. Une violence vulgaire, agressive et sans valeurs, s'éleva des réceptacles humains qu'ils étaient. Elle les défit comme le vent tue la fleur de cerisier.

    (…)

    Pourquoi ne pas être intervenu ? Sans abandonner ma position burmese ; je la sentais remonter la pente douce de la petite colline sur laquelle, promontoire zen, j'avais admiré son combat. Ils n'auraient jamais du la défier. Elle était magnifique. Parfaite dans son art. Son ombre matinale me recouvrit, et j'attendis qu'elle se place face à moi pour lever mes yeux bleus sur son visage de femme forte, de bushi accomplie. Alors, seulement, je me permis un sourire.

    « Tu as été belle. »



Dernière édition par Zack Fea le Sam 6 Avr 2013 - 2:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Ven 5 Avr 2013 - 20:16

Une inspiration.
L’air entre dans les poumons fragiles, les emplissent. Une odeur d’herbe fraîche et de rosée. Lorsque le ciel vient s’embrasé et que le soleil fait l’amour à la lune. Duo charnel, qui ne se rencontre qu’une seule fois par jour. Les humains sont les fruits de Dieu. Il leur insuffle vie, une morale. Diktat de fer qu’Iris se plaît à respecter chaque matin. La trêve n’est douce qu’aux yeux des païens et des fous. La bataille pour la vie. Oui. C’est cela que la jeune femme avait découvert lorsque son don s’éveilla. L’œil-de-mort l’appela-t-elle. Sobre, efficace… décevant.
Après recherche, Iris avait découvert que dans ce pensionnat, on héritait d’un pouvoir. Peut-être était-ce un signe de Dieu, une manifestation quelconque de sa parole, indiquant son désir. Mais au fil des jours, il semblait que la chose était tout autre. Si jamais, c’était une bénédiction, il semblerait que la militaire, elle, est reçut une punition. Cette iris, devenue sanguine, la mort… prédictible… Et cette migraine ne voulait pas quitter son crâne, depuis ce jour. Que fallait-il donc qu’elle fasse pour que cet étau se desserre afin de sa tête ? Se tuer serait une solution envisageable. Mais les suicidés n’atteignent jamais le paradis.
Hors, cette idée de pardon, d’absolution, Iris s’y accrochait aussi fermement qu’elle tenait son épée. Ces mensonges… De vie meilleure à l’entrée, brûlaient son âme avec amertume.
Il était à peine six heures du matin. Inutile de le nier, le sommeil ne viendrait probablement pas. Il ne viendrait probablement plus non plus dans cette chambre… Ce lieu impie ou elle avait vu la mort de Chelsea. Cette chose qui lui rampait dans l’estomac. Sur le moment, la jeune femme n’avait rien laissé transparaitre : c’était si facile ainsi.

Cependant, la réalité la rattrapait souvent. La nuit, l’odeur du sang la hantait. Des ses rêves, il en coulait des litres. Même dans les moments les plus délectables, tel qu’une douche, le sang revenait encore et encore la hantée. Fuir était une parjure. Affronter ses cauchemars étaient une chose cependant qu’elle pouvait choisir d’éviter, alors, elle le faisait. Lorsqu’en sueur, elle s’était réveillée une heure plus tôt, Iris avait enfilé son uniforme en cuir et ses bottes. Lame à sa droite, battant ses flancs… Faisant ainsi encore et encore tout le tour de l’académie. Jusqu’au lever du soleil.
Chaque rayon qui touchait sa peau lui rappelait qu’elle était vivante. Mais aussi qu’elle avait envoyé des dizaines, voir des centaines de vies, sur les bords de la rivière des morts.
Lorsque son tour viendrait, comment serait-elle jugée ? Dieu verrait-il en elle sa servante dévouée ? Ou la mépriserait-il pour avoir versé tant de sang, sans avoir put aller à confesse avant son décès ? La deuxième option semblait être la plus plausible à Iris, pour le moment.

Mordillant la peau de son pouce, elle en arracha une cuticule. Le sang perla sur son doigt. Elle le lapa, comme un chat boit son lait, pour stopper le saignement. Le goût du fer, lui donna envie de vomir… Mais il n’y avait nul contenue à régurgité.
Trouvant une pente douce, Iris installa ses affaires afin de commencer son entrainement. Il devait être sept heures, mais le temps, ici, lui paraissait tellement étrange. Attachant sa chevelure d’un ruban bleu, en essayant de faire un chignon plus ou moins équilibré, elle se défit également de sa veste. Bien qu’elle la porte tout le temps en combat, elle n’en avait guère besoin pour s’échauffer.
Etirant ses muscles au maximum pour en éprouvé sa résistance à la douleur, allongeant ses tendons pour que sa frappe soit la plus nette possible, Iris commençait lentement à se muer en celle qu’elle était réellement.
Le bras armé de la justice. La femme sans âme. La purificatrice, l’envoyée du purgatoire. Le diable aux cheveux d’anges. Tant de surnoms don on l’avait affublée. Aussi bien ses ennemis que ses alliées. Certains étaient justifiés. D’autres, non. Tout du moins pas à ses yeux.

Soupirant, elle s’allongea sur le dos. Le ciel était encore légèrement endormi. Mais bientôt il s’éveillerait au son de sa lame. Abdominaux, fessiers… Encore un effort pour que les muscles ne deviennent inutilisables. Que deviendrait-elle, si jamais elle perdait son corps ? N’avait-elle pas juste pour but de se battre ?

Iris se releva et tira sa lame. Dans une flaque d’eau non loin, elle put se voir. Son image la troubla. Son visage et la finesse de son corps ne trompait personne. Dieu que cela aurait été plus facile si sa mère lui avait légué de la laideur au lieu d’un peu de beauté. Même sa cicatrice, portant si rouge hier, semblait déjà être un souvenir d’un temps passé où elle était confronté à ses semblables…

Des voix, cinq au total. Ils sortent Iris de la douce torpeur de songe qu’elle s’était créer. Son épée fend l’air une dernière fois avant qu’elle ne se retourne vers le petit groupe. Le regard dur comme l’acier qui compose son épée, la gorge sèche par les mouvements qu’elle effectue depuis une heure, c’est sûre d’elle, qu’Iris toise cette bande de rufians mal fagotés. Détournant la tête légèrement, elle en remarque un sixième, cependant, il n’a pas l’air belliqueux, contrairement à la meute qui, visiblement avait crue choisir une proie facile.


« Hey poupée ! Tu fais quoi toute seule là ? On peut t’aider ? » La voix s’éleva semblable à un coassement puérile.
« Allez ma biche, prends pas cet air pincé ! »
« Viens on va rigoler ! »
…Silence méprisant. Iris lève un sourcil comme pour leur rappeler leur propre condition ridicule. Souple, elle se retourne.
On lui attrape le poignet. Avec divers nom d’oiseaux. Ah. Bien… Charmant, songea-t-elle à chaque nouvelle insulte qui lui tombe dessus. Une pluie glacée, à vrai dire, lui aurait fait plus d’effet. Car, Iris ne répond pas. Sa bouche est close en un train. Non, rien ne la perturbera. Sauf…. Ceci : un homme sort un couteau. Il essayera en vain de l’atteindre.
Décochant une droite à celui qui la maintient, elle s’approche de l’agresseur au couteau, serpentine, elle le frappe avec le fourreau de sa lame, atteignant un point particulièrement douloureux près de l’estomac.
Un de ses « potes » vient à la rescousse. Dégageant le type au couteau d’un coup de pied bien sentit, Iris attrape avec rage, au travers la peau, la rate du « type »… Son regard est froid. Dur. Et d’une pression, elle lui indique qu’il peut mourir. Qu’il n’est rien.
Les deux autres qui les accompagnaient ont déjà fuit. Elle relâche celui qu’elle a dans les mains. Il tombe au sol. Grandiose.

Soupirant, le lieutenant ramasse son manteau alors par terre, pour le mettre sur une moitié d’épaule. L’observateur est en haut de la petite colline. Intrigué, il l’est sans doute. Mais, elle aussi : pourquoi n’a-t-il pas bougé, alors que lui aussi semble être un guerrier ? Les traits de son visage sont pures et ses yeux, d’un bleu exquis. Mais il n’en reste pas moins une créature qui lui est étrangère. Une source de menace potentielle. En guise d’avertissement, elle ne fait glisser la lame dans son fourreau qu’une fois presque en face de lui, décochant un signe de tête, lui laissant le loisir d’observer l’inconnu.
Il est grand, mais elle aussi, alors il est difficile d’estimer sa taille. Ses habits sont… surprenants, mais cela ne l’étonne pas plus que cela : depuis le temps qu’elle est arrivée, rien ne pourrait guère plus la surprendre.

Puis, il parle. Une voix douce, mystérieuse. Une expression étrange. De la beauté… Un petit rire étouffé sort de la bouche d’Iris. Si il y’avait de la beauté en elle, ce n’était surtout pas comme cela qu’elle a voyait. C’en était presque trop comique pour être vrai. Cependant, elle garda son visage de glace, le regardant en coin lorsqu’elle fut arrivée à son niveau.


« S’il y eut Beauté en ma personne, je pense que cette dernière ressemble à Ezraël, archange de mort. » Dit-elle de sa voix à la fois forte et grave.
« Il n’y pas point de beauté dans la lutte. L’abnégation seule est belle dans le fait qu’elle est délivrance » lança-t-elle doucement en faisant quelque pas en avant.

« Cependant, je te remercie de ce compliment. Bien qu’il me semble vague, étrange et pas très bien approprié. » Ajouta-t-elle après quelques instant de silence, en le regardant par-dessus son épaule. Ses yeux vairons mis en avant par le blond platine de ses cheveux, découvrant sans pudeur la cicatrice qui lui barrait la joue.
Belle, non, elle ne l’était pas. Venimeuse, oui. Combative, sans aucun doute. Mortelle, plus que jamais.


« Je suis Iris Evelynn Oxalys. Puis-je m'enquérir de qui ais-je l’honneur ? »
La jeune femme se retourna. Mains sur les hanches. Le regard sévère.
« Pourquoi ne m’as-tu pas aidé ? N’est-ce pas le rôle d’un mâle que de secourir la chose de sexe inférieur ? » Pause. « Quoi qu’il en soit, ne t’en formalise pas. Les rossé m’a divertit et m’a fait du bien. » Un sourire en coin ponctua cette phrase. Comme pour lui démontrer, à cet étrange garçon, qu'elle n'était pas une poupée fragile qui aurait eut de la chance, cette fois-ci.

Iris, décidément, ne peux-tu pas, être juste douce et délicate pour un instant ? Oh, non. Surtout pas lorsqu’elle décèle sans peine le potentiel camarade d’entrainement qui se trouve en face d’elle…
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Dim 7 Avr 2013 - 19:02

    8:57 – La demoiselle de fer.

    Dans la menace de son silence, la lame ne glissa qu'au dernier instant dans son fourreau. Mes yeux avaient suivis le mouvement, sans s'en inquiéter. Elle était forte, mais n'était pas dangereuse. Elle ne représentait pas de menace, pour le vent. Le vent, qui souffle archaïque et insaisissable, glissait dans ses boucles, pour s'envoler et ne jamais s'arrêter. Elle était belle, elle était forte, mais le danger qu'elle représentait n'était une violence et la mort que pour ceux qui étaient ces gens qui maintenant rampaient au sol. Moi, je ne pouvais pas m'inquiéter. L'épée qu'elle avait à sa ceinture était une arme, mais la violence ne pouvait venir que du bras. Dans son silence et son calme, elle n'était pas une illuminée hystérique à écarter. Elle savait dominer, elle savait tuer. Mais jamais elle ne saurait troubler ma voie. Parce que nous n'appartenions pas au même univers. Parce que je respirais dans le vent, et qu'elle vibrais sous le soleil. Si proches, nos existences, et pourtant radicalement différentes. Ce n'était pas le rapprochement de nos lames qui comblerait le vide de l'inconnu entre nous. Ce ne seraient pas nos lames qui créeairaient le pont entre nous deux. Bien au contraire. Mes sabres et son épées déchireraient un peu plus ce que nous étions l'un et l'autre. Il n'empêche …
    Je la trouvais belle.

    « S’il y eut Beauté en ma personne, je pense que cette dernière ressemble à Ezraël, archange de mort. »

    Elle se damne ? Le vent glissa sur mon visage, dans une caresse satisfaisante, dans un soutien aléatoire à mes pensées. Je réfutais l'idée qu'une femme ne puisse se trouver belle. Se considérer comme la mort ? Elle me faisait penser à cette idéologie qu'avait Kami. Cette idéologie que j'accordais à cette femme au corps vierge, mais au dos recouvert de l'énorme araignée de sa cognition. Kami, qui dans les dojo, frappait sur mon corps, plongeant ses poings refermés dans ma poitrine, dans chaque reprise de souffle, pour m'apprendre que la force et la puissance s'apprennent en prenant conscience de notre propre faiblesse. Cette femme au manteau jeté en travers de l'épaule ne se trouvait pas belle. Et s'identifiait à un archange. Les limbaux de mes souvenirs catholiques remontèrent lentement, agités par le frisson du passé. Ezraël ne résonnait pas dans ma tête. Je ne me souvenais plus de ce qu'il avait pu être, si un jour on m'en avait parlé. Gonflant ma poitrine, étirant un peu plus mon ventre, je redressais doucement mon dos ; et dans le roulement de mes vertèbres, les vingt quatre tatouages offerts aux yeux de la nuit et de l'ombre de mon promontoire, caressés par les mèches de cheveux et par le vent, s'étirèrent un peu plus, comme pour me rappeler que je ne m'écarterais pas de mes désirs. Que je marchais correctement. Que j'avançais là où je voulais aller. Que la liberté hurlait.

    « Il n’y pas point de beauté dans la lutte. L’abnégation seule est belle dans le fait qu’elle est délivrance »

    Il y avait dans sa voix une douceur que je n'avais pas reconnue jusque là. Mes yeux bleus s'illuminèrent d'un sourire invisible, d'un éclat amusé. Voilà qui devenait drôle. Insensé, inhumain, incompréhensible pour moi, mais drôle. Drôle, parce qu'elle parlait de quelque chose qu'elle seule pouvait comprendre. Qu'elle avait son univers, et qu'elle venait de me le prouver. Un peu comme Chess, six ans plus tôt. Chess et le métro, Chess et le silence de sa violence ; de ses lèvres explosées, et du sang sur ma poitrine. L'abnégation... voilà un mot qui ne me parlait pas. Un mot qui pourtant était au centre de la vie du samouraï. Mais il ne me parlait. Il n'existait pas dans son essence tel qu'il aurait peut-être du résonner dans ma tête. Je penchais légèrement la tête, en la regardant faire quelques pas.

    « Cependant, je te remercie de ce compliment. Bien qu’il me semble vague, étrange et pas très bien approprié. »

    Je remarquais la cicatrice qu'elle avait sur la joue. Comme moi. Une forme de sympathie pour cette fille soleil m'apparut, et je laissais un sourire tendre étirer mes lèvres. Les humains créaient des liens entre eux pour ce qui les rapprochaient. Nos lames ne seraient pas les liens. Je ne voulais pas que ce soit une cicatrice qui en soit les prémices. Mes doigts se crispèrent doucement, rompant pour la première fois depuis l'entretien entre elle et moi la posture parfaite du burmese. Je me sus alors incapable de tenir plus longtemps le zen, et mes doigts se délièrent entre eux. Sa voix fusa, brusque, implacable, dominante.

    « Je suis Iris Evelynn Oxalys. Puis-je m'enquérir de qui ais-je l’honneur ? »

    Dans ma politesse japonaise, il est de convenance que l'autre se présente s'il veut connaître votre nom. Qu'elle respecte cette dogme nippone m'assure que lui décliner mon identité ne sera pas une mauvaise chose, et comme pour appuyer mes pensées, le vent vint claquer ses cheveux blonds, et son manteau. Elle a un charisme. Un véritable charisme, que peu d'hommes peuvent prétendre posséder. Je ne considère pas l'idée dans une comparaison sexiste, mais avec les yeux d'une enfance qui a toujours vu les hommes disparaître sous le passé, dévorés par les tsunami d'une Histoire qui s'efface, tandis que les femmes s'élevaient vers les cieux. De plus, l'entité à laquelle il me plaît de croire lorsque je n'ai rien d'autre vers qui me tourner est une femme ; maitresse d'un passé égaré. Amaterasu, déesse du soleil. Un sourire courut sur mes lèvres, et lentement, je me redresse. Sans jamais que mes mains ne touche le sol ou mon hakama, je me redressais, pour lui faire face. Le vent , flamme éteinte, pour venir glisser sur mon ventre, dans mon dos, et secouer mes cheveux. Pensif, je la fixais. Mon nom, mon prénom. Oh, c'était facile. Facile, mais dans le silence de mes yeux, je laissais défiler les eaux japonaises, pour comprendre quelle âme elle possédait.
    O-ojuvalys. Iris Evelynn Ojuvalys. Quel nom imprononçable.

    « Pourquoi ne m’as-tu pas aidé ? N’est-ce pas le rôle d’un mâle que de secourir la chose de sexe inférieur ? Quoi qu’il en soit, ne t’en formalise pas. Les rossé m’a divertit et m’a fait du bien. »

    Je me détournais. L'ignorant quelques secondes, je me dressais au dessus de mon haori plié dans l'herbe. La lumière avait atteint le promontoire, désormais, et la lumière courait sur l'herbe pour venir éclairer le bleu de ma veste japonaise. Du pied, sans me pencher, mes mains survolant mes hanches sans jamais toucher le tissus de mon hakama, je dépliais la veste, avec lenteur. Mouvements après mouvements, avec douceur et respect, jusqu'à ce que le haori soit totalement déplié. Alors, je glissais mon pied dessus, pour créer une butée à partir du col, et dans un mouvement souple de la jambe, soulevait avec violence le vêtement traditionnel. Mon poing refermé fusa, et le dos de ma main s'écrasa dans le lin tissu du tissu ; mon bras se tordit, et dans un claquement, mon bras plongea dans la manche. Maintenant, le vêtement était contre mon corps, mon bras droit habillé. D'un mouvement d'épaule, j'apportais le reste du tissu sur mon autre articulation, sans jamais que mes doigts ne le touche, et quand l'haori reposa sur mon épaule gauche, j'ouvrais finalement mes mains. Le vent s'infiltra contre mes hanches, comme un chat pernicieux, et le tissus vint battre contre mes reins, tandis que je passais à côté d'Iris, sans que mes yeux ne se posent sur elle. J'allais jusqu'au sommet exact de la petite colline, et détournant le visage, je laissais le vent et le soleil couler sur ma peau, plissant mes yeux sous la clarté du ciel. Je n'avais pas vu la lumière arriver. Pas à ce point, songeais-je.
    Mes doigts se tendirent, et dans un sourire brusquement moqueur, je désignais le cadavre, loin dessous nous. J'attendais qu'elle le regarde ; lui et la fleur de sang qu'il avait fait naitre dans son décès.

    « Ils étaient morts dès l'instant où ils se sont approchés de toi. Je l'ai senti. Eux pas. S'ils avaient choisis de s'approcher de moi, ils se seraient simplement cassés les mains contre un rocher. Ils ne seraient pas morts. C'est ce qui fait toute la différence. C'est aussi la raison du pourquoi je ne t'ai pas aidé. On n'aide pas la neige à tomber. »

    J'amenais les mains à mes cheveux, pour venir masser mes tempes. Tu te souviens, Chess ? Le blanc. L'immatérialité. Ça n'a pas de rythme, c'est enivrant ...

    « Je ne me suis pas éduqué en m'apprenant que la Femme était inférieure à l'Homme. C'est triste, si c'est ce que tu penses. »

    Mes paupières s'abaissèrent légèrement, sans pour autant filtrer le regard aux nues orageuses.

    « Zakuro Fea. Je suis enchanté de te rencontrer, Iris Evelynn Ojuvalys-san. »

    Dans un sourire, je me détournais, pour, à pas nus et silencieux, aller jusqu'au cerisier. Le vent gonflait ses branches, exaltant les odeurs japonaises de l'arbre.



Dernière édition par Zack Fea le Jeu 25 Avr 2013 - 23:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Lun 22 Avr 2013 - 21:57

Les yeux bleus d’Iris suivirent ses mouvements. Etrange jeune homme… A la plastique néanmoins plaisante. Diantre, pourquoi fallait-il que tout mâle dans ce fichu pensionnat soit flanqué d’un physique à faire pâlir le crépuscule. Elle remarqua aussi les tatouages sur ses vertèbres. Intriguée, elle se demanda qu’elle fût la nature véritable du motif. Iris ignore tout des coutumes et de l’encrage dans la peau : ce n’est ni de son rang, ni de son sexe de faire ce genre de choses. Pourtant, sur le corps musculeux de son interlocuteur, elle aime ça, le jalousant alors : sans nul doute ceci était la marque d’un guerrier aguerrit.
Elle. Elle n’avait qu’une cicatrice hideuse barrant sa peau pour lui rappeler combien elle est forte. Elle n’a que ce corps laid et massacré de femme qui ne lui sied guère. Ah Dieu, s’il te plaît, peux-tu la destitué de cette apparence et insufflé son âme amazone dans le corps d’un homme ? Non. Bien sûr que non, sinon tu l’aurais fais depuis bien longtemps.

« Belle » ce qualificatif lui déchirait le cœur. Elle n’avait pas été faite pour la beauté. Tout du moins pas une forme courante. Iris était une fleur gorgée de sang. Mortelle à l’apparence de loin séduisante. Et pourtant… Ses épines et son parfum n’évoquait rien de plus que la décomposition, la putréfaction. Un sourire fendit néanmoins son visage. Ici, elle pouvait étendre son venin sans la moindre crainte. La mort délivrerait les pauvres âmes bannies de terre. Et peut-être qu’un jour elle pourrait rentrer. Sentir à nouveau sur sa peau la crasse et le sang. Une sensation délicieusement délectable, que seul le meilleur des bains peut supplanter.

Puis le regard de la jeune femme suivit la main du jeune asiatique aux yeux… bleus ? Tiens, étrange. Le petit chinois qu’elle avait croisé la dernière fois avait les yeux aussi noirs que la nuit. Comment pouvait-il avoir les yeux presque aussi céruléen que les siens alors qu’il n’était pas censé venir d’un endroit ou cela était courant. Il avait passé son costume. Elle le trouvait resplendissant. Une aura étrange l’entourait, presque mystique et résolument sereine. Peut-être qu’elle aussi, après avoir appris plus sur ce monde et elle-même, arriverait à cette perfection.
La fleur de sang que son sabre avait laissé en tout cas, elle, était parfaite. Mortellement parfaite. Perforant, le coup avait eut la bonté de transpercé net le cœur. Cela n’était que pure défense. Mais un mort de plus venait de s’ajouter à son fardeau. Un de plus. Une âme de plus à rendre plus sombre son passé, sa lame et son cœur.
Iris ne cillait pas. Elle regardait ce visage. Pour le gravé dans sa mémoire. Pour que si Dieu l’interroge un jour, elle puisse lui répondre.

Puis, l’inconnu prit enfin la parole. Sa voix résonna en Iris comme un coup de canon sur un champ de bataille. Meurtrissant ses certitudes. Comment un être pouvait-il autant la perturbée elle ? Elle, la femme d’acier. Si froide et fière. Droite comme toujours… Et pourtant si perturbée par un filet de mots, qui la firent frissonner. Essayant de garder une expression la plus neutre possible, Iris détourna le regard assez rapidement lorsqu’elle sentit ses joues rosirent.
Il compara ses mouvements et son être à la neige. Fière, libre et indépendante… Oui, froide aussi. Pourtant, le blanc n’allait pas du tout à la jeune femme. Non, Iris était flamboyante, comme le soleil, comme le sang, comme la mort.
Puis, il déclara qu’il était triste qu’elle se pensa inférieur à un homme. Ou que toute femelle fut inférieure à un mâle. Et pourtant c’était le cas. Regardant le sol, elle pensait à son être meurtrie de cicatrices. A ces pectoraux qui avaient prit une place à la place de ses seins. A ces muscles saillant qui ornait finement ses bras. Il était sûr qu’avec la guerre et son arrivé ici, elle avait fondue et petit à petit de véritables seins commençaient à pousser là où ils auraient dû être… mais… Non. Elle était plus petite que lui. Plus fine que lui. Moins puissante. Donc inférieur. Et c’était ainsi. On ne pouvait pas faire autrement.
L’art des femmes est celui de séduire, de minauder afin d’obtenir ce qu’elle souhaitait… Et non pas de répandre le sang publiquement comme elle le faisait. Sa gorge se serra doucement en pensant à son ami d’enfance… Que faisait-il maintenant ? Elle savait bien qu’il avait été amoureux d’elle. Et maintenant ? Une péronnelle devait avoir prit sa place. Une femme est faite pour enfanter. Pour donner la vie. Pas pour donner la mort.


« Là d’où je viens... »Dit-elle doucement juste après qu’il se soit exprimé sur le sujet. Il fermait ses yeux délicatement à cause de l’aube.
« Une femme est une chose frêle. Juste bonne à écarter les jambes pour pondre des marmots » cracha-t-elle, amère.
« Alors, permets-moi d’avoir des aprioris quant à la culture et la vision de ce que les hommes de mon temps appel le « sexe faible »… »

Silence.
Il se présenta. Et prononça son nom. Elle émit un petit rire – bien caché, lorsqu’il n’arriva pas à dire « Oxalys ». Mais l’accent de Zakuro était charmant, exotique. Le jeune guerrier, était comme une étoile dans le ciel : les ténèbres ne pouvaient pas l’atteindre. Puis sans un mot il s’en alla. Il marchait pied nu. Et s’arrêta devant un arbre en fleur.
Après une moue étonnée, Iris se permit de lui suivre. Les boucles de son manteau résonnaient dans l’air. Le parfum de ses cheveux se mélangeait à celui des fleurs du cerisier. Le vent enivrait le monde de sa présence et d’un parfum exaltant de liberté.


« Tu peux m’appeler « Iris » si tu le souhaites, Zakuro Fea. » lâcha-t-elle quand elle fut proche de lui, lui lançant un regard, presque complice.
Laissant son manteau glisser au sol, le tissu trop large de sa chemise se soulevait gracieusement. Laissant une ou deux grandes cicatrices sur son ventre visible aux yeux de tous. Qu’importe. Zack était comme elle d’une certaine manière, alors que son corps fut exposé… Iris n’en avait guère cure. Trop convaincue de sa
masculinité pour que la vision de son ventre et du bandage de se seins, puisse déranger quiconque à ses yeux.

« Les marques dans ton dos. Cela m’intrigue. Peux-tu m’en dire plus ? » Demanda-t-elle doucement en posant une main sur le tronc de l’arbre, sentant les ramifications du tronc de ce dernier au travers de l’épais cuir de ses gants.
« Tes yeux aussi… ils m’intriguent. Tu sembles venir d’Asie et pourtant ils sont bleus comme le ciel… » Souffla-t-elle, la mine basse, pour caché une nouvelle fois, ces joues bien trop rosies à son goût.
Être faible pour Iris, passait aussi par le fait d’être une « vraie » femme.

La jeune femme suspendit son fourreau à une branche basse de l’arbre. Puis elle regarda ceux de Zack. Ces yeux pétillaient de curiosité.

« Tes armes. Puis-je ? » S’enquit-elle en tendant la main.
Pour un guerrier, il était impensable de laisser son arme dans les mains d’un autre sans consentement. Mais elle voulait voir et découvrir cette forme de sabre qu’elle ne connaissait pas. Peut-être était-il plus performant que sa rapière européenne.

Puis doucement, Iris reposa son corps contre l’arbre. Sa morphologie embrassa le végétal sans le moindre souci. Sa carrure mince lui permettait. Un ou deux pétales virent se poser dans ses cheveux, apportant une touche vivante à leur platine naturelle.
Soupirant d’aise, Iris ferma les yeux. Profitant simplement de la brise et de l’odeur apaisante du cerisier… et de cette compagnie pour le moins… agréable.
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Ven 3 Mai 2013 - 14:43

    9:03 – La fleur frêle. Se casse t-elle ?

    « Tu peux m’appeler « Iris » si tu le souhaites, Zakuro Fea. »

    Elle avait dans le voix tous les échos à ses dires, et pendant une seconde, je posais mes yeux sur elle. Silence. Disparues de son visage, toutes traces de morgue et de haine à l'égard du genre féminin. Disparue de ses yeux, cette colère à l'égard de ces femmes qui enfantaient. Mais pour un superficiel qui ne passait pas. Par contre, il y avait cet éclat complice, et inconnues dans ses prunelles claires, que je remarquais à l'entente de mon prénom. Mes yeux suivirent le vent, étudiant les plaies cicatrisées qui déchiraient et ciselaient tout à la fois la peau tendue de son ventre. D'où elle venait, l'homme imposait une volonté phallique. Je détournais les yeux, imprimant dans ma mémoire ce souvenir de cicatrices. Là d'où elle venait, je n'aurais pas été heureux de vivre. Je n'en doutais pas un seul instant. Là d'où elles venaient, les hommes n'avaient certainement pas le droit de penser comme pensaient les hommes de … mes époques. J'eus un sourire, et le vent souleva les branches, pour gonfler les arômes, sacraliser les odeurs roses. « Là d’où je viens... Une femme est une chose frêle. Juste bonne à écarter les jambes pour pondre des marmots. Alors, permets-moi d’avoir des a priori quant à la culture et la vision de ce que les hommes de mon temps appel le « sexe faible »… » C'étaient ses mots, c'était la délivrance verbale de sa pensée. Et cela me rendait triste qu'ici, alors même qu'elle était libérée des exorcismes douteux de son époque masculine, elle soit encore enchainée à ces mœurs dominants. Elle était libre, mais avait emmené avec elle ses chaînes. Pourquoi ? Je m'asseyais contre l'arbre, en récupérant les gants de cuir, que j'avais déposé sous les sabres. Elle s'assit aussi, dans le mariage des formes de son corps et de celles de l'arbre. Admirable beauté occidentale, songeais-je, qui ne cassait pas mon univers japonais. Je lui souris. Il y avait tellement de choses à envisager avec mes armes dans ses mains. Je glissais mes doigts dans les gants de cuir, en constatant que les siens devaient être de la même coupe. Mais elle, est-ce que son danger se cachait sous le cuir ? Ou ailleurs ? Mes yeux effleurèrent son corps, à la recherche de ce don qui se pouvait cruel ou tendre. Voulais-je vraiment le savoir ? Après tout, elle représentait un intérêt tout entier à elle-même, car elle était un danger de son être, de son corps, de ses pensées. Elle était une arme. Et les armes avaient la dangereuses manies de m'intéresser. Surtout lorsqu'elles tranchaient et découpaient. J'abaissais mes doigts. Gants enfilés. Protection pour le monde, protection pour moi-même. Mes armes ? Je ne pourrais jamais toutes les lui donner. Tout comme mes yeux, qu'elle m'avait demandé. Tout comme les tatouages. Je ne souriais plus, cette fois, mais pensif, je détournais les yeux, pour me concentrer sur le katana et le wakizashi.
    On avait voulu me faire croire plusieurs choses, à propos du samouraï. J'avais décidé de choisir ce que je voulais être. Dans mon honneur, comme dans mon orgueil. Si mon ennemi me demandait mes armes, je lui offrirais. S'il les explosaient contre le rocher, en réclamant que je me rende puisque sans arme, le samouraï n'avait plus d'arme, je n'obéirais pas. Je récupérais les éclats de lame, et je lui enfoncerais dans la gorge. Ou je m'emparerai d'un chandelier pour le tuer. À mes yeux, les lames restaient des objets. Si l'on s'attachait trop à un objet, on perdait. Et on mourrait. Et je ne voulais pas mourir pour ce qui se confondait dans l'honneur et la bêtise. J'avais mon orgueil, et j'avais mes peurs. J'étais rônin.
    Alors je tendais mes mains, et récupérais le katana que je lui présentais, paumes ouvertes.

    « Je viens du Japon. Je suis né à Nara, une ville au nord. L'ancienne capitale de mon pays. Quant à mes yeux, ils sont l'héritage de l'union de mes parents, qui se sont rencontrés en dehors du Japon, en Angleterre. Mon père était anglais, et avait les yeux bleus. »

    Je souriais. Cela faisait plusieurs années que je n'avais pas évoqué l'existence de cet homme. Un plaisir équivoque gonfla avec douceur mon cœur, faisant palpiter les anciens souvenirs, ceux de mon enfance, durant lesquels je pouvais courir pour me jeter dans les bras musclés de cet homme aux yeux bleus. Ces yeux bleus que j'avais vu s'assombrir, avec l'âge. Mais jamais, pas un seul instant, l'éclat de ses prunelles ne s'était éteint. Mais j'avais oublié l'Angleterre... J'avais tellement oublié, pour ne plus me détourner de la Voie. Mes lèvres s'étirèrent doucement, et je récupérais le wakizashi, que je dénudais de son fourreau. Mes doigts glissèrent sur la lame, et je courbais mon poignet, pour écrire les trois kanjis dans le sol. Vingt cinq fois répétés, finalement ?

    « Lame. Ce mot signifie « lame » dans ma langue. »

    Peut-être parce que je suis une lame. Parce que mes phalanges, mes doigts, mes paumes, mes sabres revendiquaient cet état d'être. Parce que mon Satori guerrier m'avait porté jusqu'à une exhaustive vérité du Bushido, et qu'il n'y avait que cela qui me gouvernait. Dans chaque fibre de mon être, deux vérités. Trancher, et frapper. Si je refermais mes mains, je frappais pour briser, si j'ouvrais mes mains, je découpais. Assembler ces deux gestes ; refermer et ouvrir correspondait à mes mains sur mes sabres. Correspondait à la tenue des lames, au fait de frapper et découper à la fois.

    « Le wakizashi est plus petit que le katakana. J'aime le tenir dans ma main droite. Selon les écoles, je devrais le tenir à gauche, pour parer, parce qu'il est plus petit, et plus léger. Selon les écoles, je devrais tuer avec le katakana. »

    Je tenais deux doigts, pour venir effleurer ma lame, toujours dans les mains d'Iris. Une caresse presque comparable à celle d'un homme sur le corps de son amante. Presque. Car le sabre était un objet, et l'homme devait compter sur ses bras pour vivre et se battre, et par sur ses objets. Je relevais mes doigts, détachant ma peau du métal clair, du métal froid.

    « Je ne tiens pas compte de ce que disent les écoles. Si je suis dans un couloir étroit, et que mon katana, à droite, est bloqué contre le mur par la petitesse des lieux, je suis en danger de mort face à mon adversaire uniquement parce que je me suis enchaîné à des codes et à une rigueur qui n'a pas lieu d'être. Si je veux vivre, je tiendrais mon wakizashi dans la main gauche. Tout ne dépend pas des règles, mais de l'instant. Le corps et le souffle doivent s'unir et s'harmoniser pour être aussi assemblés que les deux parties du sabre. Le tranchant et le dos. Découper, ou briser. »

    Je soulevais mon wakizashi avait la main gauche, pour d'un claquement du poignet, découper. Perdition de l'instant, lucidité adjacente de l'esprit qui contemple, et retour de la lame dans son axe. Une fleur de sakura tomba devant nous, et je tendais la main droite pour la récupérer. Douceur. La tige tranchée perlait sa sève, et je l'offrais à Iris.

    « Les hommes que tu as tué, et ceux qui décéderont de leurs blessures. Je ne les aurais pas tué. Ils ne représentaient pas un danger pour moi, parce que je suis homme, et que leurs intentions à ton égard étaient purement machistes. Vraiment animales. S'ils avaient été animés par la rivalité masculine, en s'acharnant contre moi, crois-tu que j'aurais découpé ou brisé ? »

    C'était triste, la mort. C'était triste, et j'irais prier pour les âmes des défunts.

    « Je ne sais pas, personnellement. J'aurais aimé leur faire comprendre que je n'appartenais pas à leur univers, et qu'ils étaient idiots à essayer de m'atteindre. »

    Je posais mes yeux sur sa lame.

    « Ta lame m'effraie. Elle ne me donne pas l'impression de savoir briser. Pourtant, je la connais, plus que tu ne connais mes armes. Est-ce que tu sais de quel alliage elle est faite ? On dirait une aiguille. Qui pointe. Qui pique. Qui épingle. Qui perfore... »

    J'aurais pu continuer longtemps une énumération. Mais je souriais. Je souriais parce que je me perdais dans la contemplation des souvenirs d'une époque durant laquelle il y avait eu cette journée d'orage, cette journée durant laquelle sa lèvre s'était explosé, j'avais ri, et il avait dit qu'il démantibulerait mon jeu. Cette journée où j'avais tué dans le métro, en plongeant deux wakizashi dans le corps d'un homme qui s'était élevé comme mon adversaire. Cette journée si nôtre, durant laquelle il avait dit s'appeler Chess. Quatre ans. C'était long et tellement court à la fois, que je commençais à comprendre ces clichés bateaux des films dans lesquels lesdits héros habillés de noirs, taciturnes, et revenant de loin, expliquaient avec gravité à un petite figure illuminée par l'admiration que « c'était si long et si court, le temps ». Je souriais parce que tant que je ne mourrai pas, je continuerai à garder la main tendue, pour l'accrocher, cette âme, et pour ne jamais la lâcher. Parce que son regard me l'avait ordonné, parce qu'il m'avait dit de le suivre, et parce que j'avais décidé de me relever en tenant son poignet. Parce qu'il avait posé sa main sur ma joue, et que tant que je serais en vie, je frapperai, découperai, briserai... mais je n'arrêterai jamais de le suivre. Quand bien même je ne le verrait pas. Dans le noir, je ne l'avais pas vraiment vu, non plus. Je l'avais deviné. Et je pensais avec assurance que le noir s'achève toujours à un moment, parce qu'il n'est pas capable d'enfermer le blanc.

    « Mais elle est certainement plus solide que mes armes. Pas plus puissante, mais plus solide. »

    Ces armes, ces armes par milliers qui défilaient dans ma cognition. Dans leurs tranchants, leurs courbes ou leurs droites, elles étaient belles ou laides en fonction des mouvements qu'elles effectuaient, des objectifs à atteindre, des motivations qu'elles défendaient ou des rêves qu'elles massacraient. C'était beau et laid, uniquement parce que c'était des objets, et que la société, si elle était corrompue, défendait dans son sein la position des hommes qui en possédaient. En les étouffant ou non. Quoique. Ici, dans ce pensionnat, il y avait un certain avantage. Je pouvais porter un jeans, des Doc Martens, un veste, et poser autour de ma taille un obi dans lequel je glisserais mes deux ou trois sabres. Et on ne me disait rien. Parce que je venais du Japon féodal, voyez-vous ? Si on me posait la question, il n'y avait pas grand chose à espérer tirer de la vérité. D'une de mes vérités. Il n'y avait qu'une personne qui pourrait réellement comprendre cette vérité de ma féodalité. Et j'imaginais cette personne à Daresbury plutôt qu'ici. M'enfin. Mes yeux se reportèrent sur la demoiselle de fer, sur les boucles de son manteau, sur ses seins qu'elle comprimait avec ses bandages pratiques, sur ses gants de cuir, sur sa lame.

    Silence et vent. Vent, et sourire.

    « Lève toi, Iris. »

    Je m'effectuais moi-même, en refermant mes doigts sur mon wakizashi, en m'emparant de mon katana, que je rangeais à mon obi, en claquant la lame dans son fourreau, en conservant sa jumelle dans ma main droite. Je m'écartais de l'arbre, en projetant mon regard sur la portée du soleil, de sa lumière, et refermant ma veste sur ma poitrine d'un claquement, posais mes pouce contre les tsuba du wakizashi. J'observais les blondeurs des cheveux de la femme soldat se délier dans le vent, pour apprécier la beauté d'un geste qu'on ne voit pas assez. Que je ne vois pas assez.

    « Est-ce que tu sais te battre sans tuer ? »

    C'était on ne peut plus sérieux, faillis-je rajouter. Mais au pire, j'enfoncerai ma lame dans son ventre, si elle essayait de me faire disparaître. Le vent, ronronnant, vint se glisser sur mes épaules, caresser ma gorge et ma nuque. Je repoussais de deux millimètres, d'une caresse des phalanges contre la garde, la lame du wakizashi en dehors de son fourreau.

    « Montre moi, tu veux ? »

    Je relevais la main, pour désigner le ciel qui se découpait dans sa lumière et ses nues, avec un défilement du temps qui s'estimerait au déplacement du soleil. Amaterasu aurait l'oeil porté sur nous, et je ne doutais pas que cela puisse être violent. Dangereux ? Je l'ignorais. Je n'avais pas vu son style.

    « C'est un jeu, d'accord ? Si tu réussis à me toucher avant qu'il ne soit midi, tu auras gagné. »



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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Sam 4 Mai 2013 - 12:10

Parfois, il faut savoir faire attention. Se mettre en garde. Mais en cette matinée, baignée de lumière et avec Zakuro à ses côtés, Iris n’avait pas envie de ressentir cette tension familière dans ses muscles. Reposer son âme aux grés des sons doux de la voix de son interlocuteur, lui semblait être un bien meilleur optique. Retirant ses gants, ses phalanges fines se découvrirent, tordues par l’épée. Iris n’a pas encore vingt ans et elle était déjà plus que meurtrie. Ses côtes maintes fois brisées. Sa joue gauche réduite à être un infâme pan de chaire mutilé… Et ses doigts, qui ne sauraient jamais faire autre chose que de tenir une épée.

La main de la jeune femme approcha, et elle la posa sur le katana, doucement. Le poids de ce contact était infime, comme celui d’un moineau sur une branche. Eblouie par l’ouvrage, elle se sentit déçue lorsqu’il lui retira cette beauté des mains. Tranché. Voilà le but d’un katana. Tranché net. Tranché la peau, les os, l’homme. Cela, était sans doute pourquoi, son nom signifie « trancheuse d’homme ». Mais, cela Iris n’en sait rien. Elle observe juste la curve de la lame, son acier trempé et les décorations du fourreau… Sa bonne vieille rapière faisait peine à voir à côté… D’autant plus que déjà à son époque, elle était désuète.
La rapière perd toute forme d’utilisation militaire bien avant la naissance d’Iris, en 1650. Bien moins meurtrière qu’un sabre, destiné à des combats entre gentleman, elle ne faisait plus le poids face à l’attrait d’un sabre. A sa connaissance, il n’y avait qu’Iris qui en utilisait encore une. Enfin, si l’on pouvait considérer son arme comme telle. Façonnée par le forgeron de son domaine, l’épée qu’elle maniait était une parfaite hybridation entre un sabre européen et une rapière, pouvant ainsi tranché et frapper d’estoc. Un secret bien gardé, qui lorsqu’elle faisait des démonstrations, lui était bien utile. Une rapière ne peut trancher nettement. Un sabre le peut. Alors, lorsqu’elle arrivait à faire mieux que certain avec sa « banale » rapière, tous était impressionnés par sa force et sa précision… qui n’était que de la poudre aux yeux.

Souriant à cette pensée, elle écoute néanmoins Zakuro parler de son lieu de naissance « Nara », au Japon. Iris sait que le japon est une petite île près d’un pays appelé « Chine » mais elle en ignore la géographie, les coutumes… Alors, elle ne répond rien par politesse. Mais une chose l’intéresse bien plus : Zakuro est à moitié anglais. Ce qui expliquait certains de ses traits de caractères. Les anglais, elle en avait tranché un bon nombre, pas autant que des français, mais tout de même… Ces hommes là avaient une pugnacité particulière et un savoir-vivre excellent.
L’alliance de l’Asie et de l’Europe donnait donc ces gens comme Zakuro. Intéressant. Peut-être que lorsqu’elle s’en irait de ce maudit pensionnat, elle pourrait aller visiter ce fameux « Japon » et y découvrir des jeunes hommes comme lui, aux cheveux noirs, au sourire fugace et à la langue aussi acéré que leurs lames.

« Lame » dit-il. Cela avait du sens. Mais toujours était-il que cela la dérangeait.


« Pourquoi ce mot ? Parce que tu es un guerrier ? Tous ont-ils ceci ? » Demanda-t-elle dans une douce curiosité en remettant en place ses cheveux derrières les oreilles.
Mais, sa question fut vite occultée par une explication sur la tenue des deux sabres. En effet, il y’en avait un plus court que l’autre… Etrange. Iris avait toujours connu la seule utilité d’une épée. Ou bien d’une dague bien dissimulée si jamais on était désarmé… Mais deux sabres faits pour tuer, dans chaque main, jamais. Sa gorge se serra.
Elle était excitée. Brûlante de le voir à l’œuvre, de le voir se battre. Sa respiration hiératique, faisait battre son cœur bien plus vite que d’ordinaire. Elle aimait ça. Cette sensation, ce sentiment d’avoir trouvé son égale, voir plus fort que soi… Zakuro, pourras-tu te défaire de la démone ? L’ange de la mort en personne ? Nous verrons cela, car lorsqu’il lui offre cette fleur coupée en deux… Iris n’a qu’une idée : le combattre. Voir si sa danse des lames serait plus forte qu’elle.
Car s’il y avait une chose qui était certaine : beaucoup d’hommes avaient pensé la supplanté, sans jamais y arriver. Si la majorité des guerriers de son époque était rigoureux et fort, comme des rocks ; Iris elle, était de l’eau. Vive, sinueuse et impitoyable lorsque sa furie se déclenchait.
Son seul nom, faisait trembler la terre et le ciel sur un champ de bataille.


« Ces hommes, tu les auras brisés » dit-elle en réponse à la question.
« Brisés pour que plus jamais il ne déshonore leurs armes. » Iris laissa filer un léger silence. Pour qu’il puisse sentir la puissance des mots qu’elle employait. L’honneur, au dessus de tout. De la vie. De la mort.
« Tu aurais été les rochers. Eux la mer. Ils se seraient brisés sur toi, sans comprendre. » [i]Lui affirma-t-elle dans un sourire presque carnaire. Elle aimait ça. Cette violence immobile qu’elle pouvait ressentir en Zakuro. Parce que c’était la même qui l’habitait.[/i]


« Tu serais surpris… par ma lame » lui répondit-elle ensuite.
« Le forgeron qui la fabriquer la pensé pour moi. Et uniquement moi. Je la connais par cœur, puisqu’elle est moi. » Elle lui lança un regard, mêlant sa douceur trompeuse, avec un sourire mordant. Il fallait toujours se méfier des apparences… Oui, il l’avait vu « combattre », mais cela ne montrait rien de sa lame ni de son style.
« Te parler de l’alliage… Je ne pourrais, c’est un secret gardé par le forgeron de ma famille. Sa forme est basée que une rapière. » Dit-elle en reprenant le fourreau qu’elle avait perché sur une branche.
« La garde, est de type Pappenheim… Si jamais quelqu’un venait à faire glisser sa lame sur le long de la mienne, ma main est protégée. » Plongeant ses yeux bleus dans ceux de Zakuro, elle lui adressa un sourire.

Un sourire, qui lui promettait maintes surprises. Dans le fourreau, uniquement décoré par des planques d’argent pour en maintenir le cuir, reposait le double d’Iris. Et tout comme la jeune femme, la lame ne se dévoilait que lorsqu’elle l’avait décidé. Cachée dans cette gangue, personne ne pouvait voir sa réelle personnalité. Sa beauté. Ni la douceur avec laquelle elle apportait la mort. Iris ressemblait à cette épée. Sa nature avait été déviée, parjurée… et néanmoins elle était parfaite pour ce qu’elle faisait.
La puissance d’une épée fait écho à la volonté de son propriétaire, songea Iris, lorsque Zakuro affirma que son épée était sans doute plus solide. Peut-être. Elle était plus lourde, c’était certain.
Mais chaque épée est comme un homme : elle a un point faible. Si ce dernier est atteint, quel que soit la solidité de la lame ou la volonté de son porteur, l’épée se briserait comme un arbre sous un violent orage.
A l’invitation de Zakuro, Iris se leva. Ses cheveux balayés par le vent. Sa chemise d’homme bouffant lorsqu’un courant d’air s’emparait de la ligne de son ventre. En guise de réponses à ces questions, Zakuro ne reçut que le silence. Un silence remplit de tension, presque glaciale pour cette fille solaire. Lui tournant le dos, Iris fit quelque pas pour aller chercher dans son manteau deux rubans. Le premier, elle le glissa dans ses cheveux pour les dresser dans un chignon simple, mais efficace. Se battre avec les cheveux détachés, était une erreur de débutant.
Aussi belle fut-elle, la chevelure de la jeune femme pouvait lui être fatale. Parce qu’elle pouvait lui obstrué la vision, mais aussi parce qu’avec une longueur pareille, il était aisé de l’attraper à pleine main…
L’autre ruban, termina sa gorge contre sa gorge.
Le vent fit claquer sa chemise et tinter les boucles de son manteau toujours accroché à l’arbre. Il y eut un bruit. Qu’aussi bien lui qu’elle connaissait. Iris frissonna. Ce son… Une extase, plutôt, alors qu’elle venait de tirer au clair son arme. Hors de la vue de Zakuro, bien sûr. C’était un duel, certes… Mais elle voulait gagner. Ne pas lui montrer la nature hybride de la lame était une certaine façon de conserver un avantage. Iris se retourna, doucement.
Plaçant sa main à l’envers sur l’épée, la lame remontait dans son dos. Le pommeau suivant la ligne de l’épée, cachée par sa chemise. Fine comme une aiguille vue de côté, quand bien même elle dépassait de son épaule.
Son regard avait changé. Elle s’amusait. Une lueur pétillante s’agitait dans les yeux de la jeune femme.


« Si je te touches… je gagne. Et si je gagne, je m’autorise à te demander n’importe quoi » déclara-t-elle doucement en s’approchant de lui d’un pas félin.
« Si tu arrives à arracher le ruban autour de ma gorge. Tu gagnes. Si tu gagnes, tu pourras me demander tout ce que tu veux. » Ses lèvres tracèrent un sourire de défis.

Seras-tu capable de plonger tes mains dans l’eau dormante, Zakuro ? Pourras-tu en garder dans tes mains ?
Puis, il y eut le silence. Et un peu de vent. Il caressa avec langueur la joue d’Iris. S’attardant sur sa nuque. Puis la tension. Celle du combat, qui petit à petit se mettait en place…
Iris fit un pas sur le côté. Puis deux. Evaluant la distance, le cercle de défense de Zakuro. Un grand, à cause de son katana. Puis un plus petit. Le sien était toujours égal. Sa lame faisait 90cm. En comptant la garde, l’épée faisait plus d’un mètre… Elle n’était pas la plus aisée à manier face aux armes du jeune homme… Mais, si elle était plus vive que lui, elle pourrait réussir.
Bien. Mais il n’était pas un lourdaud. Etre vive lui demanderait beaucoup d’astuce… Non. De puissance, mais pas dans la lame. Dans son corps…

Inspirant. C’est dans un mouvement serpentin, basé sur les appuies et la dynamique qu’Iris fondit sur lui. L’épée toujours à son côté, mais dans sa main. Mais étrangement elle ne dégaina pas. Non, elle l’évaluait. Evitant un coup de justesse, la jeune femme avait ployé son corps comme un roseau sous le vent.
Il était fort. Très fort. Et doué.
Le round d’observation dura une bonne heure, sans que l’arme d’Iris fasse ses preuves. Non, elle ne désirait prendre aucun risque. Midi ne serait que dans deux heures. Cela serait amplement suffisant pour le défaire. Elle ne voulait pas perdre.

Une course. Une feinte. Un saut sur le côté et Iris dégaina. Allongeant le bras dans un mouvement circulaire pour éviter un coup à la taille. Dévoilant enfin la nature de la « Brise-Vent ». Arquant son corps et ses bras, la jeune femme parait le coup dans une position peu naturelle, utilisant ses muscles pour opposer une résistance par derrière la lame de Zakuro. Un sourire sur les lèvres, elle le regarda. Elle était entre ses deux cercles de défense. Parfait.
Relâchant la pression sur sa propre épée, la jeune femme se dégagea en se baissant puis en effectuant une roulade en avant.
Elle avait pénétré son deuxième cercle.
Il fallait faire vite. Déployant sa personne et son bras pour un coup transversal, si elle était assez rapide, elle pourrait arriver à ses fins.
La lame manqua sa cible. De quelques centimètres sans doute. Il avait juste à bouger le haut de son corps pour que cela ne fonctionne plus.
Furieuse, elle lui donna un coup de pied, pour ensuite enchaîné les échanges de politesse entre son katana et Brise-Vent.

Le son de cette rencontre ressemblait au tonnerre. Furieuse comme le vent, Grondant comme la pluie de Mars… Une violence maitrisée et orchestrée par les deux protagonistes de l’échange. Et Iris souriait. Ses yeux souriaient. Son corps transpirait le bonheur du combat. Elle ne risquait pas sa vie, mais c’était tout aussi plaisant.

Repoussée en arrière par un élan plus virulent, ses bottes glissèrent dans la poussière. Cependant, Iris y vit une ouverture. Bottant le sol avec force dans la direction de Zakuro, elle projeta une nuée de poussière, saisissant l’occasion pour lui fondre dessus en un clin d’œil.
Elle frappa d’estoc. Mais n’y mit aucune force. Elle toucha le sternum du jeune homme. Il devait être environ onze heures et demie. Haletante, elle leva les yeux vert lui. Il souriait.*
Entre quelques doigts posés sur la gorge de la jeune femme, le ruban. La lame du petit katana frôlait sa gorge.
Sur le torse de Zakuro, la pointe de la lame de la jeune femme, visait pile entre les côtes.
Iris se mit à rire.
Un match nul. En voilà une belle affaire…
Abaissant son arme, elle ne recula pas néanmoins. Recherchant un regard, une réponse dans les yeux de son partenaire de combat. Relâchant ses cheveux dans un geste négligé, ses dernières tombèrent sur les avant bras du jeune homme qui n’avait toujours pas bougé


« Alors, que veux-tu ? A toi l’honneur ! » Lui lança-t-elle en passant sa main dans les cheveux. Sa chemise lui collait à la peau. Son dos était trempé de sueur à cause de l’effort et du soleil. Mais elle aimait ça et son sourire était plus que radieux…
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Ven 17 Mai 2013 - 17:36

    Et dans mon corps, toute l'essence d'une jouissance du combat.
    Mes pieds nus, libérés des tensions du poids du corps, pour appuyer sur toute l'énergie d'un développement de mouvement, d'une terre pliée sous la pesanteur, d'un vent qui hurlait pour me raccrocher au sol. Mes pieds nus qui étaient la continuité de mes chevilles, qui assuraient les axes de mon bassin, de mes rotules, pour que je ne me torde pas, pour que je ne tombe pas. Toujours, toujours, oui, il y aurait déséquilibre. L'avancement de certains pas étaient des glissés ; ce fil maigre jeté entre l'équilibre et la chute. Les déséquilibres seraient toujours présents, toujours, mais jamais je ne les craindrais tant que je serai en mesure de calculer ma chute ; pour ne jamais la faire. Mes chevilles, qui forçaient mes pieds à récupérer toute la puissance d'un mollet qui se durcit, et mon talon qui s'enfonçait dans le sol, pour encrer, précédant le mouvement de positionnement de la plante et des orteils, pour un ressort. Un ressort. Le corps ne devait jamais rester figé : en mouvement, il était à l'action ce qu'était l'esprit au calme. Au calme, le corps était ce que l'esprit était à l'action. Le Zanshin ; l'eau vibrante.

    « Ces hommes, tu les aurais brisés. Brisés pour que plus jamais ils ne déshonornte leurs armes. Tu aurais été les rochers. Eux la mer. Ils se seraient brisés sur toi, sans comprendre. »

    Elle avait peut-être raison. Mes coudes se plièrent, bloquant une attaque, violant les centimètres d'écart d'un Mei franchi par une demie distance. Immobile, j'aurais été l'esprit en mouvement et le corps calme. En mouvement, j'étais l'esprit tranquille et le corps en action. Le Zanshin dans toute son apologie violente, dans toute son essence. Le dilemme crucial, le dénouement fulgurant du corps qui s'arrache à la tranquillité in-utérine, pour se plonger dans un monde de mouvement et de déplacements. Ces essences, qui vibrent ; qui partent du sol et qui remontent les jambes pour exploser dans le ventre, pour onduler dans la poitrine, pour brûler dans la tête. Ces essences du combat, connus, reconnus, milles fois interprétées par mes doigts, par les caresses de mes phalanges sur les gardes de mes sabres. Milles fois, dix milles fois ; ça n'importait pas, ça n'importerait jamais dans autre chose que l'expérience, et la capacité de s'en détacher, pour mieux réitérer. Toujours, et à jamais. Comme faire l'amour, au final. Prendre de l'expérience, de l'aisance : mieux utiliser le contact pour mieux appréhender le mouvement. L'acte sexuel et l'acte du combat. Le rapprochement était certain. Subtil, et de belles caméras auraient pu en filmer les ressemblances raffinées. Ces souffles qui se mêlaient entre eux, ces doigts qui se touchaient, ces corps qui se frôlaient ou se heurtaient. Le bruit, l'impact, la chaleur ; du ventre et de la gorge. L'amour, et puis la mort. Dans le claquement de nos lames, dans mes bras qui pliaient et repliaient, dans mes yeux qui ne voyaient plus le monde mais son corps et son visage, il y avait cette liaison des deux actes. Ç'aurait été si facile de s'oublier. De perdre, une seconde, le fil du temps. D'oublier ce qu'on faisait vraiment.

    « La garde, est de type Pappenheim… Si jamais quelqu’un venait à faire glisser sa lame sur le long de la mienne, ma main est protégée. »

    J'élançais mon corps. Pour vérifier. J'élançais mon corps, car Miyamoto Musashi n'avait jamais écouté les vanités. Il avait écouté les conseils de ses adversaires, il avait étudié leurs lames. Ils avaient étudiés, en trichant, en bernant, en énervant, en usant. Jusqu'à la dernière goutte. Et toujours, il avait vaincu. Je m'élançais, glissant sur le fil de sa lame, le katana dans un tracé gauche, le wakizashi dans un croissant abaissé, droit. Une garde qui ne se passait pas. Une main protégée. La seconde enflammée me projeta contre un rempart métallique, contre un écho des lames qui se claquent, et mon wazisashi qui darde sur ses doigts. Les armes occidentales étaient frabriquées dans un objectif de défense aux armes occidentales. Un allemand devait certainement se battre contre un Européen. Une épée allemande devait être forgée dans un but de combat contre une autre arme occidentale. Aussi, la garde Papenheim protégeaient les doigts. La lame glisse contre le fil ; oui. La lame heurte la garde, glisse contre l'ouvrage d'un métal protecteur. Le poignet est protégé. Les doigts sont protégés. Par cette coque métallique qui prévient des mouvements abbatus par la lame qui plonge. La main est protégée. Je bondissais en arrière, mon hakama claquant dans le vent.
    La main est protégée. Un sourire étira doucement mes lèvres. Ramenant mes poignets, je levais une seconde les mains, pour un temps-mort bref. Le temps que je lâche les armes, que j'abandonne la posture du combat, une seconde. Mes lames se plantèrent dans le sol ; je laissais mes doigts courir sur le obi que je détachais, et je laissais tomber mon haori au sol. Entre mes doigts, le obi, que je dépliais lentement, pour en dévoiler toute la largeur de soie sombre. Dans sa largeur, quinze centimètres me suffiraient à protéger mes flancs. Mes yeux effleurèrent la rapière, encore dans les mains d'Iris. Type Pappenheim, allemande, pour une garde de section triangulaire. Je glissais l'obi sur mon ventre, enroulant le tissus autour de mes reins, sous mes côtes. Avec une longueur de cent soixante centimètre, j'atteignais une défense de cinq ou six centimètres. Le six m'arrangeait, le cinq me défavorisait dans mon calcul. Je pinçais mes lèvres, en récupérant mes lames. Cinq centimètres, c'était faisable, néanmoins. J'inspirais, et plongeais.

    « Tu serais surpris… par ma lame »

    Esquiver, feinter, reculer, encore, pour avancer, petit à petit, observer et dévorer de ma cognition ce style. Un style occidental, tout dans la précision et la perforation. Bien loin de mes deux lames. Bien loin de mon univers. Mais cette garde ciselée par le Pappenheim avait accroché toute mon attention. Comme un signal lumineux, dans les ténèbres excitées du combat, je savais que j'avais dans cette accroche quelque chose à arracher du jeu ; une épingle à tirer. Une carte à jouer, qui hurlait son existence. Comment, comment ? Les coups cinglaient l'air, et je fusais sur sa droite. Elle plongea en vrillant, son corps assurant un mouvement sur la gauche, ma conscience partant sur la droite. Feinte. Bloquée. Je reculais violemment, un sourire nerveux sur les lèvres. Elle n'avait pas lu mon objectif, car je n'avais encore rien tenté, mais je commençais à craindre sa garde, dans son style plus que dans sa matérialité. Elle avait une posture moyenne-basse, qui défiait la hauteur de mon katana, et troublait le cap de mon wakizashi. Je repliais les coudes, pointant mes lames vers le sol. Le combat enchaina sur un échange de coups auxiliaires. Je pouvais modifier ma trajectoire et osciller entre un mi-hait, mi-bas, mais sa rapière avait l'avantage de la légèrement. Pas de la puissance. Je poussais un feulement. Trop me concentrer sur les lames était mauvais. Je devais conserver l'idée du corps ; qui destituait le mouvement, arrachait son âme à l'épée. Dans un glissement d'épaule, je fondais sur la droite, plongeant sur son épaule, mes lames fusant sur ses côtes. Elle balaya, dans une décapitation certaine. Je coupais les fils de l'équilibre, jeté au sol, roulé au sol, les épaules supportant le poids des sabres et du corps, et mon katana balaya. Déchira le vide, découpa le vent. Je me relevais en frappant le sol, esquivant un estoc trop audacieux.
    Le premier coup avait été un balaiement. Elle avait pliée, sans même paraître attachée à l'importance du coup. Elle avait la souplesse. Mais je ne pouvais pas me permettre de lui laisser cet avantage pour X raisons. Pas parce qu'elle était femme. Pas parce qu'elle était fine. La souplesse était obligatoire. La souplesse, la force, la vitesse et la musculature faisait un combattant. On ne pouvait pas ignorer le moindre de ces termes. Je portais le poids sur la hanche, virevoltant entre ses lames, bloquant, pour pénétrer. Esquiver ne faisait pas tout. Il fallait violer. Et les croissants démesurés de l'épée bâtarde aux limites envoilées m'empêchaient une nouvelle infiltration dans son ouverture.

    « Si je te touches… je gagne. Et si je gagne, je m’autorise à te demander n’importe quoi. »

    Le défi était purement entendu, purement relevé. Mes doigts se replièrent sur la garde mon wakizashi. Et là, cette prise de conscience. Elle venait de faire son erreur, par un imperceptiblement mouvement de bassin, qui contraignit ses hanches à modifier l'axe de son dos. Elle venait de perdre une défense sur son ouverture, et je plongeais, accompagnant le poignet par le coude et l'épaule. Pour être interrompu par le nuage de poussière qui explosa devant mes yeux. Un grondement animal fusa de mon ventre jusqu'à ma gorge, et je fermais les yeux. Une seconde. Une seconde de fol émoi, dans une cécité subie. Perdre. Perdre ? Je connaissais.
    Mille fois, je connaissais.
    Et je n'avais pas perdu. Pas encore. Mes doigts lâchèrent mon wakizashi. Une demie seconde ? Une éternité ? Le temps suspendu dans cette particule de poussière, qui vole jusqu'à mon œil, perdue au milieu de centaines de milliards d'autres. L'éclat de la lame courte qui se suspend dans cette chute à l'horizontale ; cette larme d'argent qui plonge sur le sol, cette jambe d'Iris qui balaie le mouvement de sa victoire. Ma main gauche qui abandonne le katana, le katana qui glisse, ma main droite qui se referme sur le katana. Mes yeux fermés, mon corps qui cherche, ma conscience qui trouve. Le wakizashi tombe, mes doigts gauches qui plongent, le wakizashi que je récupère, ma garde inversée sur la katana à droite, ma hanche qui s'ouvre et mes doigts. Mes doigts à l'envers, mes doigts ouverts sur la peau, sur le ruban tendu.
    Et la lame de la rapière, posée sur mon sternum. Finalement, ç'avait été cinq centimètre.
    Sa lame s'abaissa. Je baissais mes mains. Ignorais la question sur ce que je voulais. Le katana dans la main droite, le wakizashi dans la main gauche. Sous un certain angle, l'oeil ne savait plus distinguer ce qui était trop près de l'orbite. Mais mon katana dans la main droite. Définitivement. J'inspirai, et baissais les yeux sur mon obi. Déchiré sur tout mon flanc gauche, le tissu avait été découpé par la lame. Mes prunelles se fendirent sous un éclat violent, et je relevais les yeux sur Iris. Cinq centimètres et pas six. Cinq, c'était plus court encore. C'était plus proche, encore. Alors... j'avais réussi. Ma poitrine se souleva dans une inspiration profonde, et fermant les yeux, je respirais profondément, pour récupérer mon souffle. Les joues gonflés, les yeux fermés, je tendais mon visage vers le ciel, pour ouvrir les yeux et contempler le ciel bleu de midi. Je me tournais vers Iris, et relevais mon katana, dans la main droite. Cherchant des yeux ce que je finis par trouver à ses pieds. Les talons. Les talons de bottines militaires. Un sourire incrédule illumina mon visage.

    « Hey. … Je peux recommencer quelque chose ? Peux-tu reprendre ta garde ? »

    Je me plaçais face à elle, de profil, comme le demandait la garde de l'escrime occidentale. Mon katana dans la main droite, toujours. Je m'avançais vers elle, et de profil, glissais ma lame droite sur sa rapière. Le katana glissa le long du fil, heurtant la garde Pappenheim. Ses doigts étaient protégés. Je reculais de plusieurs pas.

    « Premier mouvement. Comme si j'étais un adversaire occidental. Maintenant, second mouvement. Déplacement de chambara, déplacement japonais. »

    Je tendais mes deux lames. Le wakizashi glissa sur le fil de sa lame, jusqu'à la garde, et je me rapprochais. Ma main droite se souleva, et j'amenais le katana dans un croissant qui me plaqua presque contre la lame de la rapière. Le tissu de l'obi vint trouver le fil de l'épée, comme le témoin de ce qui venait de se passer, à vitesse réelle. L'entaille qui courait sur le tissu aurait certainement joliment décorée ma peau, sans le port de la soie. Je souriais, et d'un revers du poignet, à droite, pénétrais la garde Poppenheim, par le katana à droite. Coincé contre la lame, bloqué par mes deux sabres, mais emprisonnant son épée par les miennes, je souriais. Iris, son visage proche du mien, avait été de ces adversaires qui font progresser. J'entrouvrais mes lèvres, près des siennes, dans un sourire.

    « ''La garde, est de type Pappenheim… Si jamais quelqu’un venait à faire glisser sa lame sur le long de la mienne, ma main est protégée.'' Contre une seule arme. Pas contre deux. Et, dis moi. Avais-tu pris en compte un déplacement de face ? Les escrimeurs occidentaux, il me semble, bougent de profil, lorsqu'ils frappent d'estoc. Avec tes quelques centimètres de talons, ces quelques centimètres, ta lame aurait fait bien pire que déchirer mon obi. Crois-tu que si tu n'avais pas porté de talons, si tu n'avais pas été femme, tu aurais pu me toucher comme cela ? »

    Je soulevais le poignet. Mon katana chuinta sur la peau de son articulation à découvert, pour ma main droite. Serait t-elle coupée ? Ou aucune trace sur sa peau de ma lame ? Je me penchais en avant, encore.

    « Merci pour ce combat. »

    Les lames toujours bloquées dans leurs étreintes de métal, je déposais mes lèvres sur les commissures d'Iris, pour un baiser bref, caresse, avant que je ne recule, retirant mes sabres de sa garde Pappenheim. Une garde Pappenheim. Comme un signal lumineux, comme une alarme dans la nuit, qui était resté mon obsession de ce combat. Je ramassais mes fourreaux, mon haori, et rangeais mes sabres dans leur dispensaires décorés, qui trouvèrent leur place contre mes flancs. Je me retournais vers Iris, finalement, pensif.

    « Ce que je veux … est-ce que je peux mettre un bonus dessus ? Et attendre de voir ce qui me plairait réellement, ou bien est-ce que je dois choisir maintenant ? J'aimerai réserver cela pour plus tard. Pour m'assurer d'une nouvelle rencontre entre nous. »

    Je récupérais le haori sur mes épaules, croisant mes bras sur ma poitrine, me souvenant soudain des règles du jeu.

    « Ah. Et tu m'as touché, aussi. Donc toi aussi. Tu as le droit de demander ce que tu veux ! Ça me fait penser à ces jeux d'enfants.»
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MessageSujet: Re: La caresse du ciel sur la terre, et la violence de leurs ébats.   Mar 21 Mai 2013 - 12:19


Soudainement, son cœur gronda comme le tonnerre. Immobile, alors que dans un furtif baiser, Zakuro venait de ponctué leur bataille. Il ne dura qu’un cours instant, aussi fugace que le vie d’une phalène près d’un feu, mais… Pour Iris, cela sembler durer une éternité. Un espace temps si long, mais cours. Son cœur pulsa plus vite, ses joues se tintèrent d’un pourpre sanguin. Les dents serrées, l’agréable sentiment de plénitude laissa ensuite place à la colère, lorsqu’il se détourna d’elle.

En voulait-elle plus ? OU simplement, lui en voulait-t-elle d’avoir bravé ce sanctuaire ? Ces lèvres pures de tout contacts avec les autres, à l’image de son corps encore pur de tout homme. Iris, était une vierge martiale, sans cœur, sans âme, sans reproche… Sans homme dans sa vie. Sans personne à aimer… Déglutissant avec lourdeur et laissant rouler son épée dans sa main molle… Cette dernière tomba au sol, dans un bruit métallique. Ce bruit pareil à la colère qui était en elle, on, cette rancœur. Il avait prit la Reine de l’échiquier, lui, était un tout sauf un roi…
Une larme perla à ses yeux. Et lorsque Zakuro se retourna il put l’observer faire les cents pas, comme un fauve. Ses cheveux volants autour d’elle, comme la crinière furieuse d’un lion. Si elle avait été animal, il aurait put entendre les rugissements et les mugissements de cette fureur…

La gorge sèche. Sous ce soleil. Puis elle se stoppa net. Ses yeux de fer ciblaient sans la moindre douceur et gentillesse Zakuro. Les poings fermement serré, elle s’avança à grande enjambées vers lui. Au dernier moment, elle délia son bras droit, ses muscles fin se gonflant, bandé à l’extrême… Près à s’abattre sur lui, sur ce joli visage aux yeux bleus qui avait un je-ne-sais-quoi, qui la faisait étrangement chavirer…
Mais Iris regarda ses yeux. Et son poing retomba mollement à son côté. Elle était si près de lui. Elle pouvait sentir son odeur, délicatement poivrée de sueur à cause du combat. Il avait replacé ses sabres à ses flancs, son haori trônait à sa place usuelle… Mais elle… Elle était encore folle. Folle de ce combat qu’elle avait manqué de peu de perdre. Folle de ses yeux bleus qui répondaient aux siens sans sourciller.
Finalement, un coup partit. Mou, il atteint le poitrail du jeune homme, tandis qu’Iris baissait la tête pour qu’il ne voit pas son visage défigurer par les pleurs. Ni cette lèvre inférieure qui se faisait perforé sans pitié par des dents rageuse et vengeance. Ses épaules tressautèrent. Sa tête était lourde. Trop lourde, alors, elle la déposa sur ce torse.

Ce torse qu’elle aussi aurait avoir. Sur cette ligne de clavicules hautes et fières. Le haut du crane pile juste sous cette pomme d’Adam, qu’elle enviait tant…


« Pourquoi…. As-tu fais ça… » Dit-elle en détachant ses mots. Si seulement il pouvait y avoir une explication comme « Je ressens quelque chose pour toi… » Ou autre… Cela aurait été tellement plus plaisant… Mais, il avait tant de mépris dans ce simple « ça »… Un baiser. Elle ne pensait jamais en vivre un. Et elle avait adoré et détesté le rythme cardiaque qu’elle avait eut. Elle avait adoré sentir les lèvres douce et moelleuses de Zakuro se poser sur les siennes… Sans doute si rêches et menaçantes…
Elle leva ses yeux céruléens vers lui. Le bout de son nez était à peine rouge malgré les pleurs. Et son regard était bien plus intense à cause des larmes qu’elle avait versées.


« Je suis un soldat. Je suis un homme. Je ne… … Alors pourquoi ? » demanda-t-elle, les dents serrés, les sourcils pliés dans une question suppliciaire. Baissant les yeux, un trémolo froid s’installa dans sa poitrine… Elle s’éloigna doucement de lui. Laissant glisser ses doigts contre le vêtement de son haut, doux comme la mort.

Ramassant son arme, Iris fit quelque pas pour retourner là, où elle avait laissé le fourreau de sa lame. Rengainant avec la tête baisse et en se traitant d’idiote pour sa faiblesse… Après qui pourrait lui en vouloir ? Ce baiser aussi court fut-il était le premier de sa vie. Elle se pensait intouchable et imprenable… Tout là-haut avec son style, ses jambes, sa force… Et c’était là, sa beauté. La beauté de bien faire, d’exécuté, d’être l’ange mortuaire des âmes en perdition de ce monde…

Balayant d’une main distraite, elle s’aperçut que son haut était devenu de la charpie. Elle n’avait pas assez fait attention. Ou elle n’en avait pas assez fait. Ce combat, elle n’avait peut-être pas envie de le gagner… Alors, elle n’avait pas déployé tous ses talents. Elle avait même laissé entrevoir des choses durant la bataille… Mais si on l’appelait la « Purgatrice » ce n’était pas pour rien… Respectant la mémoire de ses ancêtres, elle était couverte du sang. Celui de ses ennemis. Presque jamais le sien…
Mais, elle n’avait pas été vigilente cette fois-ci, c’est tout.
Passant par-dessus sa tête le tissus, elle le réduisit en loque avant de l’entouré autour du fourreau de son épée. Les lèvres closes, les yeux perdus… Que faire maintenant…. Ah ? si, ramasser son manteau. Faisant tinter les boucles, elle le remit comme avant, seulement sur une épaule. Puis, racclant sa gorge, elle se retourna et avança vers lui.

So ventre fin et musculeux ondulait avec grâce au moindre de ses mouvements, découvrant sans honte des abdominaux dessinées en dessous d’une poitrine bandée. Barrant sa peau fine, une cicatrice et diverses entailles profondes, toutes d’une teinte rouge passée témoignaient de la violence des combats passés… Elle le fixa droit dans les yeux. Un regard triste mais aussi paisible que le ciel après l’orage… Iris… Iris était la fille de la Tempête, que pouvait-elle faire contre cela ?


« Quel genre de Bonus ? » l’interrogea-t-elle rapidement en remettant en place sa lame à son côté, nouait l’épais ceinturon de cuir sombre à sa hanche.
« Tu peux attendre, si tu le souhaites » poursuivit-elle d’une voix égale, sans la moindre ombre.
« Mais j’aimerais au moins un indice s’il y’a une idée qui te trotte dans la tête. »

Puis le silence, après sa dernière phrase… Ce qu’elle voulait, c’était une des marques dans son dos. C’était un mot à lui. Un mot une gravure sur son corps… Quelque chose qui lui rappellerait cette journée où la tempête avait ployée sous le baiser de la terre…

« Jeux d’enfants… » Répétât-elle songeuse, néanmoins… Elle ignorait le sens de ce genre de choses. Elle n’avait pas été éduquée dans cette optique. Peut-être si elle avait été femme… Une Vraie femme… Il ne l’aurait pas touché de cette manière. Le combat aurait peut-être été galant. Ou sexuel. Qu’importe. Droite et fière, Iris ne sourcilla pas.
Puis elle sortit une dague. Très petite, cachée entre ses deux seins. La lame était enroulée dans un tissu blanc. Elle lui tendit. Le regard presque sévère.


« Je veux que tu me donne un mot de ta langue. » dit-elle doucement, en détachant son manteau, puis la gangue de tissue qui recouvrait ses seins.
Aussi étrange que cela puisse paraître, la nudité devant un homme ne l’avait jamais dérangée… Tout simplement, car elle se voyait homme. Ces seins ronds et doux au touchés, aussi blanc que neige n’était que des pectoraux d’une autre forme. Ses hanches abritait un vit et non pas un organe féminin… Dans son esprit, elle était homme. Son corps lui était inconnu. Elle ne le connaissait pas. Pire, elle l’ignorait.


« N’importe où sur moi. » ajouta-t-elle après quelques instants.
« Depuis que j’ai vu tes marques dans le dos, j’en suis jalouse. Alors… C’est cela que j’aimerais. Que tu écrives, que tu graves en moi quelque chose symbole de cette journée. »

S’il était troublé, il ne laissa rien paraître. Iris, elle détourna juste la tête, pour ne pas affronter un regard trop inquisiteur sans doute. Ou simplement pour ignorer les réactions au froid de l’anatomie féminine de son corps.

« Si tu refuses, je comprendrais cela dit » lâcha-t-elle en baissant la tête vers le sol.
Le soleil indiquait qu’il était midi passé. Mais entre ces deux là, on aurait dit qu’une simple demi-heure c’était écoulé.
Les cheveux d’Iris venaient bouclés contre son dos, s’enroulant avec douceur à ses hanches et sa poitrine. Dame de fer à l’apparence de verre…
Brisée.
Brisable.
Avec un seul souhait… Être, ce qu’elle devrait.

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