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 [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess

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MessageSujet: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 7 Avr 2013 - 0:12

China
Scattered Brightness.
feat Chess.


    La poupée était là, jetée sans ménagement dans une vulgaire caisse de bois mangée aux mites. C’était un vulgaire pantin de chiffon, sans doute d’un blanc légèrement crème à l’origine, que les ans avaient jauni et bruni par un maléfice inconnu. Ses cheveux de laine blonde en désordre, elle souriait bêtement, et un point défait semblait lui faire les dents du bonheur. Les deux boutons noirs figurant ses yeux surplombaient un corps tout mou revêtu d’une vieille robe à carreaux rouges et blanc. Les bras autour des genoux, Leia était accroupie devant la caisse comme devant un carton de chatons dans une rue de son village, et regardait la poupée sans rien dire.
    Le soleil laissait entrer quelques rayons par l’étroite lucarne couverte de crasse, lui permettant tout juste d’y voir assez pour distinguer les colonnes de poussière étinceler entre les rais d’or. C’était beau ; mais cette poupée gisant abandonnée dans sa caisse de bois, elle la dérangeait. La jeune fille tendit la main et attrapa l’épaule du jouet de chiffon, s’attendant presque à la voir bouger et se débarrasser de sa poigne avec humeur ; mais elle resta inerte, ce même sourire idiot étalé sur un visage de tissu abîmé par le temps.
    Leia se redressa, défroissant sa jupe d’un geste négligent de la main, lissant du regard son legging blanc. Elle rajusta son chemisier en bénissant la chaleur qui régnait à l’intérieur du pensionnat et lui permettait de se promener sans manteau : l’adolescente gardait de mauvais souvenirs de certains journées d’hiver où, pour une raison inconnue, le chauffage avait semblé tomber en panne, et où elle avait passé des jours entiers emmitouflée dans une couverture au coin d’un feu. Non pas que le froid lui soit inhabituel, non plus, mais cela restait assez désagréable, en intérieur.
    Heureusement que le soleil revenait.
    Pensive, Leia fit passer la poupée de l’une à l’autre de ses mains, avant de se décider pour la garder dans la gauche. Elle aurait pu la laisser là, mais se sentait curieusement coupable à cette idée. Si sentimental et ridicule que cela puisse paraître, elle aurait eu l’impression de l’abandonner une seconde fois en la laissant là. La jeune fille se gratta la tête : Ca ne lui ressemblait pas, ce genre de scrupules. Qu’à cela ne tienne, ce n’était pas une poupée de chiffon qui allait la retarder.
    La tenant au creux du coude, Leia recommença à fureter dans un peu tous les coins – ce qu’elle faisait depuis quelques minutes avant de rencontrer le jouet aux cheveux laineux. En fait, elle faisait ce que la plupart des pensionnaires s’échinaient à faire depuis de longs mois maintenant : chercher de fichues feuilles contenant une potentielle indication sur la sortie. Elle, n’en avait pour l’instant trouvé aucune. Elle avait entendu Solaine râler sur ses propres échecs, et Antoine parler d’un esprit frappeur ou elle ne savait trop quoi. Apparemment, il se passait des choses étranges dans les pièces du manoir depuis l’apparition de ces feuilles… ou alors, peut-être avaient-elles toujours été bizarres, mais maintenant que des hordes d’adolescents se mettaient à fouiller partout, tous les monstres et pièges louches installés par les I refaisaient surface avec enthousiasme.
    C’était réjouissant, comme perspective. Leia se demandait si elle n’aurait pas dû venir accompagnée, histoire de ne pas se retrouver coincée dans une armoire pour le restant de ses jours. Elle avait bien vu passer un type avec une main trois fois plus grosse que la normale, et ne pensait pas qu’il était né comme ça ; alors il y avait de quoi se méfier…
    Au gré de ses pérégrinations, la jeune fille parvint à côté du grand meuble supportant des restes de poupées, dont beaucoup étaient en partie cassées. Cette vision lui tira un imperceptible frisson, et elle bénit le ciel de se trouver là en plein jour. Puis elle se pencha sur le coffre qui se tenait à côté et tenta de l’ouvrir, la poupée toujours sous son bras.


Dernière édition par Leia Sørensen le Dim 7 Avr 2013 - 1:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 7 Avr 2013 - 0:31



Leia ouvre le coffret, et trouve :

« Rien... vous êtes bête ou quoi ? C'est déjà la qu'on a trouvé le premier message de Rudy. »


[ACTION 1/4]

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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Mer 10 Avr 2013 - 23:06

PENDUS DANS LE VIDE
Nos corps valsent au rythme des ballants d’une corde tissée d’or.


Le silence et une foulée de pensées contemplatives perlant comme des dents à l’orée d’une bouche entrouverte, il l’observait. Tapis près de l’embrasure menant à l’intérieur du lieu, royaume de la poussière, dans lequel il venait tout juste de pénétré, il la regardait. Un voleur de corps se dissimulant dans son silence, un pourfendeur de cognition se terrant dans l’absence de connaissance de sa présence. Sa main posée contre un mur de bois vieilli, il patientait en arpentant des yeux la forme longiligne de la jeune femme.

Son but premier avait été de venir enquêter sur l’état de la Véranda, se rappelant trop bien les flammes qui avaient lécher la floraison vénéneuse, mordu ces horribles roses bleues, entendant avec trop d’aise le crépitement des flammes contre les murs, le chantonnement nauséeux de ses mains difformes, bleues, elles aussi. Mains qu’Aliss avait entreprit guérir, scandant ses chants bénéfiques contre sa peau, contre la proéminence de ses os. Ces encombrants appendices ne pendaient maintenant plus au bout de ses poignets, abominations musicales qui ne connaissaient pas le silence. Disparues parmi la magie du manoir.

Il s’était aventuré dans le grenier pour constater les dégâts subits par les plantes hystériques, ces mêmes fleurs qui s’étaient chargées de lui rappeler son statut de damné, uniquement pour se laisser distraire par une forme de rouge qu’on ne pouvait associer à la braise. La lucarne filtrait un brin la luminosité de l’extérieur et perçait des diamants de poussières, semblant faire danser l’atmosphère du grenier autour d’elle. Délaissant le désir de voir le résultat de sa vengeance sur la végétation poussant à quelques pas d’où il se tenait, se résolvant à y retourner plus tard, lorsque personne ne rôderait suffisamment près pour le surprendre, il esquissa quelques pas discrets en direction de la petite dame. Toute la couleur qu’elle pourrait porté n’arriverait jamais à la cheville du rouge qui animait ses mèches, plus vibrant que le feu d’Ethel, dans les toilettes, dans les couloirs, dans sa tête.

Chess retînt un ricanement. Poupée coincée au niveau du coude, mèches laineuses flirtant avec des parcelles de son bras, Leia farfouillait parmi les débris du grenier, ses mains glissant entre les peluches, arpentant de manière obtuse les recoins des tiroirs, de sorte à ce qu’il eut du mal à identifier ce qu’elle fichait là, toute seule dans la pénombre striée de soleil. À vrai dire, il mit plusieurs minutes, suivant les mouvements de l’autre pensionnaire de sorte à être toujours positionné derrière son dos, avant de réaliser qu’elle faisait ce que tout le monde faisait, ce que lui-même avait fait le jour où il s’était aventuré dans la Véranda. Un sourire se déroula, naissant au centre de sa bouche pour en atteindre les coins,

Elle cherchait quelque chose, comme la plupart d’entre eux le faisaient. Elle cherchait les paroles de Rudy à la source, n’étais-ce pas dans le coffre vers le quel elle se dirigeait lentement, qu’on en avait découvert le premier bout ? Les poupées, sœurs de celle qu’elle tenait contre elle, guettait le moindre de ses mouvements avec leur moues tordues, immobile, mais pleine de vie sous-entendue. Joshua les soutint du regard quelques secondes, avant de s’approcher de Leia tout en douceur, remerciant ses chaussette arc-en-ciel de lui conférer le don du silence. Il regarde par-dessus l’épaule de la fausse rouquine, alors que celle-ci usait de ses menus doigts pour ouvrir l’imposant coffre, lorgnant les rebords du conteneur avec une curiosité lancinante.

Ils se heurtèrent tous deux à du vide et il soupira, un tantinet désappointé, annonçant de manière définitive sa présence, se détournant à demi de la jeune femme pour mieux examiner les autres représentations en laine de la femme, de l’enfant.

« Il y en a peut-être une dans sa tête. Une feuille, I mean. », déclara-t-il, attrapant sa propre poupée et l’écrasant contre son torse recouvert d’une camisole blanche sur laquelle était dessiné un crâne d’oiseau. Blanc sur blanc, peau sur tissus. Il désigna la peluche qu’elle tenait d’un des doigts de sa main libre, expliquant la portée de sa déclaration d’une voix simplette, nonchalante, comme s’il venait de se contenter de lui dire bonjour. Et c’est un peu ce qu’il venait de faire, all things considered. Bonjour, veux-tu bien défoncer la tête de ce jouet rabougri pour moi, Leia ?

Il imaginait le coup d’ongle percer feuille qui se terrait sous le coton, imaginait l’air dévasté de ceux qui se droguaient à l’espoir avec un petit rire gloussé qui eut vite fait d’aller danser parmi les grains de poussière qui voltigeaient tout autour. Attrapant son reflet dans le miroir, il se détailla un moment, cheveux désordonnés jetés dans tous les sens, lentilles d’un orange vif brouillant son humour et tenue banale se résumant à des skinny jeans noirs, une multitude de bracelets roses et son haut préalablement décrit. Il toisa son sourire d’un œil critique, se perdant dans le son laconique de sa voix, dans le mouvement souple de son rictus arrogant.

« Ou dans une de leurs têtes. Elles sont plusieurs après tout. »


 Chess se regarde dans le miroir.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Jeu 11 Avr 2013 - 8:28



Chess se regarde dans le miroir, et trouve :

« Votre reflet vous fait un petit coucou et vous désigne le drap blanc ... »


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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Mer 17 Avr 2013 - 20:25

    Le coffre était vide. Vide, vide, archi-vide. Évidemment, songea la jeune fille en jetant néanmoins un regard dépité au bois sombre qui en tapissait le fond. Elle s'était mise aux recherches effrénées de ses camarades tout récemment et n'avait pour le moment pas vu l'ombre d'un coin de rectangle en papier. Et même si elle hésitait parfois dans l'empressement qu'il convenait de mettre à la tâche, elle commençait cependant à comprendre l'agacement de Solain... un bruit dans son dos fit soudain prendre conscience à Leia d'une présence tout prés d'elle. L'adolescente sursauta violemment et un cri s'étouffa dans sa gorge sans atteindre ses lèvres ouvertes. Mais lorsqu'elle se retourna, serrant à la mort la poupée entre ses doigts blêmes, ce n'était que Chess qui se trouvait là, lui et son éternel sourire aux lèvres. Le cœur battant, Leia le maudit cent fois. Son visage, lui, se recomposa bien vite pour rendre compte d'un faible étonnement tout à fait en désaccord avec la brutalité de sa première réaction.

      « Il y en a peut-être une dans sa tête. Une feuille, I mean. »

    Leia ramena la poupée sur sa poitrine et la serra imperceptiblement, tout en fronçant les sourcils avec désapprobation. Elle avait beau ne pas craindre de cauchemardesques représailles de la part des poupées qui les fixaient de leurs yeux vides, ou n'avoir que peu de compassion pour les tas de laine, l'idée d'éventrer sans raison un jouet de petite fille lui répugnait. D'autant plus que Chess avait plutôt l'air de trouver cela amusant, de son côté - cela dit cela ne différait pas vraiment de d'habitude. D'ailleurs, qu'il n'ait pas remarqué son expression ou qu'il s'en moquât totalement, le jeune homme renchérit :

      « Ou dans une de leurs têtes. Elles sont plusieurs après tout. »

    Leia réprima un frisson. Finalement, elles étaient peut-être un peu angoissantes quand même, ces princesse de porcelaine. Un regard cuivré vers leurs orbites vides lui donna la sensation d'un perceptible mécontentement. La jeune fille fit la grimace et détourna les yeux. Ridicule. Elle n'était pas l'héroïne d'un film d'horreur non plus.
    Plutôt que de s'attarder sur le mobilier, Leia reporta son attention sur Chess, qui admirait sa magnifique et détonnante tenue dans un miroir providentiellement échoué là. L'adolescente haussa les épaules : elle s'attendait presque à voir l'entendre complimenter son reflet. Cela dit, c'était bien là leur principal point commun, constata-t-elle en jetant un bref coup d'œil à ses chaussettes, qui n'avaient rien à envier à celles de son vis-à-vis. Si ce n'est qu'elle je s'en servait pas pour s'approcher des gens dans leur dos pour leur flanquer une peur bleue, elle.
    Leia fourra une main dans sa poche. Chess était le colocataire d'Antoine et Alejo ; c'était de là qu'elle le connaissait et, bien que prompte à froncer des sourcils perplexes devant ses bizarreries - enfin un qui était pire qu'elle, tiens. D'un autre côté la faune n'était pas aussi diversifiée sur Terre - elle l'aimait bien. Il était pittoresque et intéressant, même si parfois sa fantaisie touchait à l'inquiétant. Cependant, pas assez pour qu'elle fasse la sourde oreille à ses phrases alambiquées.
    Bon, elle était nulle en anglais. Mais quand même.
    L'équilibre précaire accordé à son attirail lui tira un juron muet lorsque, la poupée sous le bras et un carnet en main, elle s'efforça de tracer quelques mots assez lisiblement :

    Salut ~ Qu'est-ce que tu fais là ?

    Et sans fautes s'il vous plaît. Langage SMS prohibé à l'écrit si tu veux te faire comprendre - lui avait dit son frère en collant une araignée morte sur l'écran.
    L'adolescente tendit le carnet à son interlocuteur d'une seule main, d'un geste habitué.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Mer 1 Mai 2013 - 19:10

C’était adorable, Leia la poupée qui s’empêtrait dans sa surprise, cri stupéfait tranchant le silence tranquille du grenier pour venir apposer le commencement de leur interlocution. La poupée se vit ramener jusqu'à son torse, alors qu’elle le fixait d’un visage qui avait vite abandonné la terreur pour venir miroiter une vague surprise. Cette série de réactions, sans incidence réelle, n’avait fait que contribuer à l’élargissement du sourire de Kohaku. Kohaku qui s’était contenté de poursuivre sa suite d’idées, dans l’ébauche d’un presque-monologue forcé, souriant tout au long sans vraiment commenter, se contentant simplement de saluer.

Et maintenant, alors que son reflet, lui aussi pourvu de ce sourire goguenard qui le suivait partout, venait de lui désigner, mine de rien, après un bref battement de main, une étendue recouverte d’un drap blanc et poussiéreux, Joshua avisait la suite d’une nouvelle idée. Lorgnant d’un œil critique surmonté d’orangé l’étendue réflective, tiraillant l’un des cheveux laineux de la poupée qu’il tenait, il s’approcha de Leia et saisi le cahier qu’elle lui tendait. Il ne le regarda pas immédiatement, persistant à glisser son regard dans les confins du miroir, laissant son sourire tressaillir et disparaitre quelques secondes avant de le contraindre à renaître. Ses prunelles balayèrent la direction indiquée par le double qui vivait dans le reflet jusqu’au drap élimé. Était-ce un être provenant d’une dimension alternée, ou un simple chef-d’œuvre illusoire qui servait à berner ? Kohaku préférait nettement croire en sa seconde hypothèse, l’idée qu’une autre version de lui-même puisse exister au-delà des mailles du temps le déstabilisait profondément. Mieux valait affronter le danger hypothétique de mensonges magiques plutôt que d’accepter le fait de ne pas être unique, seul, l’éternel hilare arpentant les cieux en quête d’âmes à dévorer. Il la réfuterait jusqu’au bout du temps, cette ignoble perspective. Ou il arpenterait les espaces temps pour tuer ses doubles, doppleganger redoutable, uniquement pour retourner de là où il venait une fois la besogne meurtrière achevé. Que lui, personne d’autre. L’univers entier lui appartenait. Absolument.

Baissant les yeux sur le message inscrit sur la surface du carnet et se disant que la courbe des lettres en dirait probablement beaucoup sur l’état émotionnel de l’auteur si analyser, oubliant presque les pensées ayant traverses son esprit quelques secondes auparavant, il en réceptionna le contenu. Comme Émile, elle griffonnait des mots rougis sur le papier, une phrase courte, simple et efficace, dépourvue de toutes les ambigüités qu’affectionnait tant le chat de Cheshire reconfiguré. Dans un claquement sourd de sa langue contre son palet qui communiquait de manière incertaine une forme d’émotion désabusée, il avisa la question simplette en se demandant pourquoi certain priorisait la simplicité. Parle-moi en dessins, calligraphie-moi de longues et jolies suites de mots, allez Leia. Fait de tes paroles de l’art.

Étrangement, il doutait fort que de tels propos puissent amener un quelconque changement et préféra sauvegarder sa remarque dans un coin de sa tête, au cas où la jeune femme récidiverait. Pour l’instant, il se contenterait de répondre à son interrogation, dépourvue de reproches surpris, ou de remarques concernant ses commentaires à l’égard des jouets. Juste une question, trop banale pour être intéressante, une salutation morne. La dérangeait-il ?

Pfft, qu’importait. Il souleva sa poupée, objet de tissus vieilli, et l’agita sous le nez de la rouquine, ponctua ses mots d’un rythme enfantin, un peu comme s’il récitait une comptine à voix haute, hachant ses syllabes comme le ferait un fastidieux lutin ou un enfant un peu trop espiègle.

« Je devine où se trouvent les gens que je veux trouver, donc je suis venu. »

La machination vocale ne dura que le temps d’une phrase, avant qu’il ne se lasse et laisse la poupée glisser hors de sa poigne pour atterrir mollement sur le plancher, enchainant, avec le retour de son ton laconique empreint d’arrogance, avec une seconde phrase, une moquerie, peut-être même. Un dard pointé vers la langue de vipère de Leia. Charmante langue de vipère, qui plus était, le détail principale qui faisait d’elle un individu digne d’intérêt. Cette vilaine, vilaine bouche débordante de prétentions. Il sourit, dévoilant quelques dents.

« Ou peut-être que c’est un mensonge et que je suis tombé sur toi par hasard. »

Il ferait comme elle, après tout, elle n’avait pas besoin de savoir qu’il venait, avant de la voir farfouiller dans les traineries de l’étage, rendre des comptes à cette saleté de Véranda. Faiblesse lancinante, hystérie rongeante, non, elle n’avait certainement pas besoin de le savoir.

Il lui tendit son cahier, histoire qu’elle le reprenne et ait la possibilité de communiquer, avant d’orienter son menton en direction du bout de tissu préalablement indiqué par son reflet.

« Ah, au fait, tu veux bien regarder sous ce drap ? Le blanc. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Sam 4 Mai 2013 - 14:29

    Leia crut bien apercevoir une moue sur les lèvres de son interlocuteur avant que, d'un claquement de langue, il ne reprenne la parole. Elle faillit hausser les épaules - seule l'incertitude l'en retint. Mais après tout, elle n'était pas là pour satisfaire les lubies excentriques du jeune homme. Ou quel que soit le sujet de son éventuel mécontentement - si ça se trouve il s'était juste mordu la langue, et ce n'était pas sa faute non plus. 
    Enfin ça ne l'empêchait pas de parler, apparemment. Ni de jouer les gosses peinturlurés en serrant entre ses doigts d'araignée la poupée molle et blanche. 

      « Je devine où se trouvent les gens que je veux trouver, donc je suis venu. »

    Un geste vague de la main sembla balayer ses propos : soit que la rousse ne croyait pas qu'il lui accordât assez d'intérêt pour cela, soit qu'elle trouvât cette démarche futile, au choix. Sur le coup, elle faillit tout de même lui demander pourquoi il la cherchait, ce qui aurait tout de même été plus adulte que le bouder parce qu'il avait osé la surprendre.
    Mais en fait, adultes, ils ne l'étaient ni l'un ni l'autre. Elle avait failli oublier ce détail. 

      « Ou peut-être que c’est un mensonge et que je suis tombé sur toi par hasard. »

    Leia sourit. Elle n'aimait pas qu'on aborde un tel sujet avec elle, c'était une certitude. Parce que le jeu perdait tout son sens alors, ou parce qu'il y avait un fond de culpabilité à faire remonter ? Bonne question. Quoi qu'il en soit, s'il voulait jouer aux devinettes, elle n'allait pas perdre de l'encre à essayer de rester sur les sentiers battus. Avec Chess, ça ne prenait pas - au revoir la discrétion et la subtilité. 
    Bonjour les cartes marquées et les dés pipés. Décidément, on était tranquille nulle part, ici. Leia resserra sa prise sur sa poupée et récupéra son carnet. Merci bien, monsieur clown. 

      « Ah, au fait, tu veux bien regarder sous ce drap ? Le blanc. »

    Interpellée, Leia se tourna vers le drap en question et haussa les sourcils. Ben voyons. Il la prenait pour quoi, un pigeon ? Son stylo gribouilla en ratures à cause de la précipitation, sur le papier blanc. 

    Déjà regardé. Ce sont juste des tableaux ; tu n'y trouveras rien d'intéressant. 

    Histoire d'indiquer qu'elle n'avait pas l'intention de se plier à ses désirs et qu'il n'avait qu'à se faire étrangler par le drap lui-même, l'adolescente tourna les talons et se rapprocha de l'entassement hétéroclite qui occupait le centre de la pièce. Elle poussa du bout d'une ballerine sombre une corbeille de bois déjà fouillée, et effleura du regard les vieilleries abandonnées là. Quelques peluches miteuses attirer et son attention : sa poupée ballant entre ses bras, Leia s'accroupit face à un gros lapin renversé sur le côté qui avait dû connaître pas mal de conflits d'enfants au vu de la bourre qui lui sortait des oreilles, et tendit un doigt pour pousser doucement l'ours en peluche violet assis sur sa tête ronde. 
    Un claquement de langue sonore fut son "eh" indicateur pour chercher à capter l'attention de Chess. Sans prendre la peine de le regarder, elle tendit son carnet à bout de bras :

    Tiens, tu veux pas un ours en peluche pendant que tu y es ? Je suis sûre que vous auriez une conversation passionnante tous les deux. 

    Elle imaginait assez Chess jouer à la poupée, à vrai dire. C'était dérangeant mais plausible, dans sa tête. Dérangeant mais plausible. Leia posa la poupée sur ses genoux et tira sur les oreilles de l'ours violet. Sous cet angle il lui ressemblait, en plus. 
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 22 Sep 2013 - 8:07

Un refus. Chess fronça les sourcils en lisant l’écriture sèche consignée dans le carnet, des lettres stressées écrites avec urgence, empressement qui dénotait un désir d’envoyer paitre. Il claqua sa langue contre son palet dans un mouvement habitué, exprimant de manière silencieuse sa désapprobation de l’attitude de Leia à son égard. Après tout, pourquoi refuser, alors qu’elle s’adonnait déjà à une recherche des lieux ? Bien sûr, elle disait avoir déjà regardé, le drap servant supposément à masquer des tableaux sans incidence ou importance, toutefois . . .

Un reflet, hein ?

La magie du bord ne cessait de trouver des moyens de l’amuser et Cheshire reconfiguré devait rendre au roi sa couronne. La magie avait tendance à se montrer plus clémente ou utile lorsqu’on l’acceptait. Il rendit son cahier à la rouquine synthétique et s’approcha d’elle, alors qu’elle farfouillait parmi les nombreuses peluches effilochées qui recouvraient une trop grande partie du grenier décrépi. Des visages de tissu dodelinant, myriades colorés d’enfances défraichies. Il ricana lorsque la jeune femme, sans trop le regarder, concentrée et désintéressée, lui tendit de nouveau le cahier, encore une fois couvert de la même calligraphie hâtive. Hm. Là où, tout comme Émile, elle usait d’encre rouge, la forme de ses lettres n’avait rien avoir avec les courbes élégantes de celles de l’autre muet.

Une fois le message lu, un ‘si tu savais, darling’ illuminant le bout de ses lèvres, il laissa tomber le cahier près de sa détentrice, acclamant mentalement le claquement du papier contre le sol poussiéreux. Des cristaux de poussière s’élevèrent en bourrasque, trop peu d’entre eux réussissant à attraper la lumière qui émanait de la lucarne.

« Je peux converser avec toi. C’est quand même un peu mieux, Leia. »

Les humains valaient beaucoup mieux des objets inanimés, après tout. Des mœurs à dévorer, des idéaux à se délecter. Quand bien même les peluches seraient-elles possédées de pensées qu’elles n’arriveraient pas à le stimuler de la même manière que la notion ‘d’humanité’ le faisait. Quoique le terme humanité lui-même était large, s’il s’adonnait à s’attarder sur des êtres comme Selenda ou William, mais mieux valait ne pas brouiller les zones de clarté comme il s’adonnait si souvent à le faire. Ce n’était le moment propice pour s’adonner à des alambiques cognitives. Ni l’endroit surtout.

Il jeta un nouveau coup d’œil au miroir où son reflet se permis de réapparaître de manière erronée une seconde fois, souriant au large et pointant obstinément le drap. Bien sûr, il souriait aussi, mais il ne s’agissait pas de ce sourire là, l’étirement secret des lèvres, le même genre qu’il adressait parfois à Marv back in the days. Son sourire présent relevait davantage d’un rire jauni sur les coins qu’on s’amusait à retourner dans tous les sens, saupoudré d’une pointe de moquerie constante.

« Hm. Mon reflet vient de me le pointer, pourtant. Je regarderais une seconde fois, si j’étais toi. Ou je regarderais dans la direction opposée, après tout, les reflets déforment la réalité. »

Oh puis, après tout, si quelque chose tourne mal, il pourra toujours se précipiter dans l’antre de la sorcière avec un Aliss regarde comme la monstruosité rejaillit, débarrasse m’en, débarrasse m’en et vient là que je te dise merci. Aucune inquiétude à avoir. Il attrapa donc l’ourson violet qui trainait non loin de Leia, oh Leia, d’une main, s’imaginant effriter le tissu poreux d’un revers de sa poigne. De la poudre de chimères pré pubères, qu’en dirais-tu ? Vu la manière dont tu protégeais cette poupée, je suis certain que tu pourrais me passer un bon commentaire !

Mais l’ourson ne se dissoudrait pas et Chess serpentait jusqu’au drap blanc, presque lascif, élevant sa main munie de l’ours à quelques centimètres de la surface blanche.

« S’il n’y a rien, je regarde à l’emplacement de ton choix, pour toi. S’il y a quelque chose- », et il insistait lourdement sur ces deux mots.

« Ce sera toi qui fouillera là où je le déciderai. »

Et il arracha le drap d’un coup de peluche.



 Chess soulève le drap blanc.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 29 Sep 2013 - 11:47



Chess soulève le drap blanc, et trouve :

« Celui-ci saute sur lui et fait office de déguisement un peu cheap d'Halloween. Vous trouvez quand même une feuille. »


[ACTION 2/4]



3


Le déjeuner a été l'occasion de rencontrer les propriétaires du Pensionnat Irvine (c'est le nom de l'établissement), que tout le monde appelle familièrement "les I.", de par l'initiale de leur nom de famille. J'ai eu l'honneur de pouvoir déjeuner avec M. Irvine, en qualité d'invité. Très sympathique, lorsque je lui ai raconté pourquoi je suis parti de chez moi, il m'a proposé de rester ici quelques mois. Cela me gêne beaucoup d'abuser ainsi de leur hospitalité... Mais ils m'ont appris qu'ils vivaient de la fortune familiale et de dons, ce qui rend le cout de l'hébergement par leurs pensionnaires tout à fait nul. Un endroit aussi utopique m'intrigue, et je suis également irrésistiblement attiré par les cours qu'ils dispensent. Ils m'ont demandé d'y réfléchir à tête reposé, mais demain j'irai les voir (lui et sa femme) pour accepter leur aimable proposition. Cet endroit ne pourra me faire que du bien, j'en suis persuadé. Je suis impatient de devenir un de leurs élèves officiels.

-------------

Le XX/YY,

Depuis quelques jours, je déjeune avec le même groupe qui m'a accueilli la première fois que j'ai posé le pied dans le Hall. Leur leader est d'ailleurs mon colocataire : il s'appelle Fred, a 18 ans et est un peu bourru, mais très sympathique. De nombreuses filles nous tiennent compagnie, et je les suspecte de trouver Fred assez séduisant... Il y en a une qui s'appelle Allysa, une autre Frederica et la dernière Luisa. Ces filles-là n'ont pas l'air méchantes, mais elles ne m'intéressent pas : leurs centres d'intérêts sont bien trop superficiels, et elle ne semblent pas capables de suivre une conversation portant sur autre chose que le maquillage, les vêtements et les hommes. Leurs piaillements pendant les repas m'insupportent un peu, mais Fred a l'air de les apprécier et je ne voudrais pas froisser mon premier camarade ici...

En revanche, une personne a attiré mon attention ces derniers temps. Elle se prénomme Nelly, et c'est une fille vraiment intelligente. Je veux dire qu'elle ne fait pas que répondre aux questions des profs et se satisfaire de connaitre tout le programme ; elle peut vraiment avoir une réflexion approfondie sur tous les sujets, et... Je ne sais pas, cela transparait dans son regard. Nous avons pu discuter un peu un après-midi : elle m'a demandé en plaisantant si j'étais venu suivre les cours ici juste pour pouvoir la détrôner de sa place de première de la classe. Elle a relevé que j'avais eu la note maximale au dernier examen du cours de Miss Jones, et je pense qu'elle s'intéresse autant qu'à moi que je m'intéresse à elle, intellectuellement parlant. J'espère que nous pourrons devenir amis ; elle a plutôt la vision d'une rivalité je crois.


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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Jeu 7 Nov 2013 - 19:47

    Le regard du jeune homme dans son dos la mettait mal à l’aise. Presque. Elle n’avait jamais aimé ces gens qui cherchaient à aller jusqu’au fond, Leia. Elle n’aimait pas les scientifiques, elle n’aimait pas les scalpels ; elle tombait amoureuse de poètes et des agents de la circulation. Rien que du très rêveur dans des caboches vides. De ceux qui n’iraient pas gratter trop loin dans sa tête. Chess était un peu effrayant, un peu lugubre, certainement divertissant ; mais des scalpels, il en avait plein. Trop. Leia lui jeta un regard agacé en coin et laissa aller la peluche violette pour récupérer son carnet. Elle se redressa d’une pression sur ses jambes fluettes et l’épousseta d’un air pensif. Elle lui aurait su gré d’en prendre davantage soin. Est-ce qu’elle jetait sa voix par terre, elle ?
    En manque d’inspiration Leia parcourut les environs du regard, et le capharnaüm monstrueux de la pièce lui tomba comme une pierre sur le moral. Seule la lumière dorée qui entrait encore par les carreaux ternis et empoussiérés par le temps lui aiguisait un peu les sens et l’empêchaient de sombrer dans un pessimisme apathique. Et les fantaisies de Chess, aussi.
    Lorsqu’il le mentionna, elle avait beau chercher à l’éconduire le plus proprement possible depuis qu’il en était arrivé à la titiller, Leia ne put s’empêcher de couler un regard vers le miroir. Comment ça, son reflet lui avait montré le drap ? La partie rationnelle de son cerveau se cabra à cette idée. Impossible fut le mot catégorique qui lui vint à l’idée en premier, et puis d’autres évènements anormaux lui revinrent en tête. Les monstres dans les placards, les craquements sinistres de la vieille bâtisse et les hurlements sans buts dignes d’un film d’horreur qui retentissaient sans prévenir. Les surfaces qui s’effaçaient sous ses doigts.
    La rouquine secoua la tête plus par esprit de contradiction qu’autre chose.
    Mais l’épouvantail blanc s’était déjà approché du drap, agissant sur la foi d’une hallucination provoquée par un vieux reflet. Leia ne put s’empêcher de ressentir un pincement d’inquiétude : ce genre de chose ne lui disait rien qui vaille. Mais Chess ne lui laissa pas le temps de protester :

      « S’il n’y a rien, je regarde à l’emplacement de ton choix, pour toi. S’il y a quelque chose… Ce sera toi qui fouillera là où je le déciderai.»

    Ne serait-ce que par principe, elle aurait détesté qu’il ait raison.
    Le drap vola, poussé par les mauvais traitements que le jeune homme infligeait visiblement à tous les objets qui l’entouraient. Leia fronça les sourcils et étouffa une exclamation : un instant, il lui avait semblé que son mouvement n’avait rien de naturel. Et puis son regard s’écarta de Chess.
    Et merde.
    Il y avait bien une feuille sous le drap blanc. La jeune fille déglutit, n’osant en croire ses yeux et ce que cette découverte impliquait. Avant qu’il ne puisse s’en saisir, elle fila jusqu’au tas hétéroclite qui soutenait l’objet de leur quête et empoigna ce dernier pour le parcourir d’un coup d’œil brun. Mais si les mots imprégnèrent son esprit, ce ne fut pas le cas de leur signification. Autre chose la préoccupait plus, et sa fébrilité à cette pensée la poussa à se détacher très vite du feuillet.
    La norvégienne fronça les sourcils et laissa tomber la feuille, passant devant le clown recouvert d’un drap typé Halloween pour mioches turbulents sans lui accorder plus d’attention que nécessaire, pour s’approcher du miroir et reluquer son reflet sous le nez.
    L’autre Leia dans le miroir lui rendit exactement le même regard. Elle lui fit la grimace, qui lui fut aussitôt rendue. C’était impossible. Elle n’aurait pas su dire pourquoi cette idée la préoccupait autant, puisque visiblement le sort qui émanait de ce miroir n’avait fait qu’aider Chess et pas l’inverse. Peut-être l’idée que des choses incompréhensibles rodent tout autour d’elle sans qu’elle en ait connaissance la terrifiait tout simplement. Elle signa machinalement son agacement, oubliant que le jeune homme ne pouvait la comprendre, puis entreprit de détailler les gravures dans le cadre. Comme si ça allait lui apporter quoi que ce soit ; ce n’était pas le miroir d’Harry Potter non plus.
    Du moins c'était ce dont elle s'efforçait de se convaincre jusqu'à ce que brutalement, dans un grand bruit de verre brisé, une énorme fissure cisailla la surface réfléchissant en deux parties qui se ramifièrent de multiples toiles d'araignées. La rouquine lâche un cri effarouché et fit un bond en arrière, les mains striées de coupures superficielles. Elle porta les doigts à sa bouche et, réflexe automatique, se tourna vers Chess pour le fusiller du regard comme si c'était sa faute - ce qui dans sa tête, n'était pas loin d'être le cas.


Dernière édition par Leia Sørensen le Jeu 7 Nov 2013 - 22:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Jeu 7 Nov 2013 - 22:14



Leia examine le miroir, et trouve :

« Il se brise. »


[ACTION 3/4]

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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Jeu 5 Juin 2014 - 21:09

Le monde se voila un instant de poussière et de blanc, un blanc rendu sombre par l’éclairage diffus émanant de la lucarne qui servait de lampe au grenier, mais un blanc quand même. Il y eu une inspiration lente, de la part de Chess, comme si l’homme aux alambiques avait choisi le fait d’être pseudo-attaqué par un drap pour se mettre sur pause. Il cessa tous mouvements, les yeux grands ouverts sous le tissu le recouvrant et observa consciencieusement l’étendue de convergence colorée s’offrant à ses prunelles. Il entendit vaguement les mouvements de Leia s’approcher, le crissement d’une feuille sous les empruntes digitales de la jeune femme et ces sons furent suffisant pour l’arracher au blanc. Au blanc de Chess, au blanc de l’humanité.

Il cligna des yeux, la voracité de son sourire pointant de nouveau sur ses lèvres et retira son couvre-chef e sa tête de mouvement ample, presque théâtral, le genre de mouvement qui aurait dû envoyer valser l’étendard de textile dans les hauteurs poussiérieuses du grenier, mais qui se contenta, comme mû par une magie affective, de retomber docilement sur les épaules du Cheshire reconfiguré. Le métis jeta un regard interloqué par-dessus l’une de ses épaules, lorgnant l’entité de coton qui avait élu domicile sur son corps. Son sourire s’élargit, une pointe de violence venant le titiller, et il médita dans cette hargne fascinée des comportements du vaste pensionnat, qu’un drap de compagnie se montrerait certainement plus tolérable que des mains dont le plus grand rêve était de chanter de l’opéra en conservatoire.

Rire. Ricanement. Gloussement.

« Tu vois, j’avais raison. »

Il se pencha, ramassa la feuille que Leia avait abandonnée derrière elle pour s’approcher et détailler le miroir délateur de secret du regard. Il ne jeta qu’un vague regard sur la surface du papier, préférant le plier précautionneusement en quatre avant de le fourrer dans sa poche arrière. Il comptait le lire, au frais, plus tard, pour posséder tout le loisir d’annoter les paroles de Rudy dans son propre journal avant de regarder le précieux manuscrit lui filer entre les doigts. Difficile de dire ce qui arriverait aux feuilles une fois que celles-ci se verraient toutes réunis. Explosion. Métamorphose de masse en porc. Décès du dernier pensionnaire à avoir contribué à la chasse. Les possibilités étaient sans fin et cette simple précaution relevait de la mise en jeu d’un nouveau pion aux yeux de Kohaku. Un pion qu’il garderait paisiblement dans sa poche jusqu’à ce qu’il devienne utile.

Leia détaillait toujours le miroir, ayant opté, après les grimaces et les mimiques, pour une observation plus exhaustive de sa surface. Une surface d’une limpidité bafouée qui avait repris son usage initial, celui de renvoyer des reflets. Il ne souriait plus, ne gesticulait, plus de sa propre initiative, se contentant de renvoyer les images telles qu’elles l’étaient. Joshua avait longtemps haï les miroirs à s’en damner, les avait craint à en pleurer, maintenant, il arrivait à en rire. Leia lui facilitait notamment la tâche. Que croyait-elle trouver, là, un mode d’emploi ?

Il la lorgna, se tenant à une distance respectable, sourire goguenard en place et attendit. Quelque chose. Il misait, vraisemblablement, sur la défaite. Aussitôt abandonnerait-elle ses vaines tentatives, qu’il la rappellerait au jeu. Toujours au jeu.

Puis le miroir se fissura en l’apposition d’un lourd sursaut qui vint tordre l’échine de Chess et Leia se rompit dans un son qui l’étonna tout autant. Il l’observa s’éloigner vivement du miroir si soudainement fracassé, stries rougies apparaissant comme des boutons sur ses paumes. Le drap autour de ses épaules lui semblant se tendre et ce ne fut que lorsque le regard mi-effaré, mi-accusateur de Leia se posa sur lui qu’il laissa de côté sa surprise. Sourires et rires lui allaient bien mieux. Ses sourcils s’affaissèrent et ses dents se dévoilèrent.

« Well, well, le miroir semble préférer ma tête à la tienne, Leia. »

Il se pencha pour récupérer la peluche qu’il avait échappé dans la cohue des événements –quand l’avait-il laissé s’écrasé au sol, d’ailleurs ?– et l’agita pour mieux rythmé ses mots, s’exhibant sous le couvert d’un bien piètre et pathétique ventriloque. Il sifflota et la peluche agita les bras.

« Maintenant, tu te dois de regarder où je le désire. Sinon, ce n’est pas drôle. Et tout ce doit toujours être drôle, bien entendu. »

La voix enfantine qu’il adoptait faisait légèreté de la situation, des débris coupant qui salissait le sol déjà flétrir du grenier un tantinet davantage. Il ne comptait point répondre aux accusations muettes que les yeux de la rouquine semblaient lui lancer, préférant nettement s’amuser de son agacement, de sa peur, comme tout bon chat se devait de le faire. Laisser gigoter sa proie, jouer avec, puis la manger.
Même si, initialement, il n’était pas venu pour jouer, était venu affronter, voir brûler, la véranda des damnés d’un coup de briquet, Leia avait changé ses plans. Jouons à un jeu, ma jolie, devine si je mens, dis-moi pourquoi je mens et comprend quelles sont mes intentions.

Il désigna d’un revers de peluche qui laissa le draps de blanc grisé se hisser plus haut sur son cou un meuble malencontreusement abandonné dans les profondeurs hypothétiques du grenier. L’animal de coton dansait sous la puissance des fils de ses doigts, captant l’attention et le marionnettiste peu crédible lorgnait la dépouille du miroir d’un œil désolé, attrapant, dans les plus gros morceaux de verres, des images déformées de la pièce.

De l’hésitation voletante, puis un sourire.

« Regarde dans l’armoire au fond, là. Aller. Tu sais que j’ai raison. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 29 Juin 2014 - 23:45

    D'un dernier regard au miroir fendu par le milieu en une terrible crevasse, à laquelle les multiples ramifications tout autour conférait une allure de système sanguin gris et inerte, Leia tenta de se persuader que rien de ce qui venait de se produire n'était réel.
    Entreprise bien évidemment vouée à l'échec, et qui ne rencontra en effet pas le moindre succès. Il lui suffisait, une fois sa répulsion surmontée, d'effleurer le miroir du bout de ses doigts tailladés pour rendre compte de la réalité des fissures.
    Adressé par le clown hilare, le sourire qu'elle reçut en récompense n'avait rien de réjouissant. Il valut à ce dernier un nouveau regard peu aimable.
    Ce n'était pas comme s'il risquait d'en faire une indigestion, étant donné le peu d'intérêt qu'il semblait manifestement leur vouer.

      « Maintenant, tu te dois de regarder où je le désire. Sinon, ce n’est pas drôle. Et tout doit toujours être drôle, bien entendu. »

    Raide, les mains serrées autour de sa taille ne portant que son carnet du bout des doigts, Leia darda sur Chess un regard aussi granitique que la surface du miroir. Le clown s'amusait. Et, plus inquiétant, il s'amusait d'elle. Il se jouait d'elle depuis le début, mais ce n'était qu'à présent qu'il venait de prendre la main. Et tout cela à cause d'une stupide blague à propos d'un bête drap.
    D'ailleurs, elle n'avait pas le souvenir d'avoir topé pour un quelconque pari et songea à le lui rappeler, avant d'y renoncer au bout d'une ou deux secondes d'un mystérieux raisonnement interne.
    C'est que quoi qu'elle en dise, elle avait déjà joué à des jeux plus dangereux que cela après tout. Et cela pouvait pimenter son après-midi, aussi. C'était ce qu'elle se disait.
    Sans doute pour se rassurer.

      « Regarde dans l’armoire au fond, là. Allez. Tu sais que j’ai raison. »

    Malgré tout ce qu'elle pouvait se raconter, la rouquine ne pouvait chasser le léger soupçon de malaise qui l’aiguillonnait de son dard depuis le début de leur échange. Chess était comme ça : il vous faisait vous sentir sur la corde raide.
    Bien, ils pouvaient jouer à ça tous les deux. Où le pensait-elle ; la question était de savoir si elle était aussi bonne que lui. Ou s'il s'agissait seulement d'un problème de talent, ou si la chance y jouait une part plus importante que le reste.
    Parce que si tel était le cas, elle était fichue.
    Enfin, se répéta-t-elle en pivotant sur les pointes, une fois qu'elle eût fixé un instant le jeune homme, les deux poings sur les hanches. Elle ne risquait pas grand-chose non plus : ses blagues à lui n'avait rien du gras des adolescents pétris d'hormones qui constituaient la propre classe d'âge de la norvégienne.
    Peut-être était-il juste un peu plus glauque.
    Mais ouvrir une armoire servait juste à lui éviter de se salir les mains. Au pire s'en sortirait-elle avec les cheveux violets.
    Le reste mieux valait ne pas y penser.
    Peut-être que les cheveux violets plaisaient aux garçons cette année, comment savoir ? De toute façon elle n'allait pas se dégonfler devant une stupide armoire.
    La jeune fille eut tout de même un instant d'hésitation en posant la main sur la poignée de cuivre. Puis après une brève inspiration censée lui donner du courage sans l'avouer, elle ouvrit le meuble et posa un genou sur son rebord pour entreprendre, d'une seule main, de farfouiller entre les lourds manteaux et les boîtes poussiéreuses entassées depuis des années.
    Elle se sentit vite envahie d'un profond sentiment d'inutilité.
    Sentiment exacerbé lorsque sa main dérangea un objet volumineux qui chuta sur le plancher de l'armoire avec un son creux, la faisant largement sursauter sur son support. Le geste lui meurtrit le genou.
    Il s'avéra que l'objet en question n'était autre qu'un antique et parfaitement glauque mannequin comme ceux qui traînent leurs organes à l'air dans les salles de TP de biologie, à la différence près que celui-ci était en bois et légèrement troué sur les surfaces planes. L'oeuvre du temps et des insectes était plus puissante que celle des hommes visiblement.
    Laissant de côté ces pensées ô combien profondes, Leia empoigna la chose par son cou écorché et présenta l'ensemble à Chess assorti d'un haussement de sourcils éloquent.
    Puis, parce que signer d'une main n'était d'une part pas pratique et de l'autre pas à la portée de la compréhension du jeune homme, elle laissa purement et simplement tomber le mannequin et gribouilla sur son carnet en-dessous des écritures précédentes :

    Tu es la personne la plus intelligente que j'aie jamais connue. A part ça on s'amuse tellement. Tu as d'autres idées comme celle-là ou c'est à moi de décider à quoi on joue maintenant ? 


    Un demi-sourire qui pouvait signifier n'importe quoi.

    Attention je commence à m'ennuyer.



Dernière édition par Leia Sørensen le Lun 30 Juin 2014 - 0:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   Dim 29 Juin 2014 - 23:54



Leia fouille l'amoire du fond, et trouve :

« Un cadavre... de biologie en plastique. »


[ACTION 4/4]



[Dernière petite touche glauque pour clore les actions de ce topic.]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Lions des fils dorés. { Chess   

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[RUDY] Lions des fils dorés. { Chess

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