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 [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.

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MessageSujet: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Lun 8 Avr 2013 - 21:34

Oblivion
Ne me laisse pas verser des larmes de crocodile.
feat Solaine Rozak.


    Une rangée entière de bocaux dégringolade son étagère et alla s'écraser avec fracas sur les dalles crasseuses en contrebas ; les récipients de verre éclatèrent dans un bel ensemble en répandant alentours force liquides gluants et aliments, séchés jusqu'à tomber en poussière, depuis les temps immémoriaux où ils avaient été installés là. Le responsable de ce carnage était, sans grande surprise, l'esprit frappeur qui hantait le Pensionnat interdit depuis un bon moment maintenant, et qui avait profité de l'état désert de la cuisine pour s'y introduire. Ou avait tout simplement quelque chose à y faire, étant donné qu'il mettait à sac la plupart des pièces du pensionnat depuis le début de la matinée, et n'entendait visiblement pas s'arrêter là. Et les cris des autres pensionnaires n'y avaient strictement rien changé, au contraire : certains s'étaient vite retrouvés avec des objets divers enfoncés dans le nez, la gorge ou les oreilles. Ce jour-là, en effet, le poltergeist n'avait rien de patient.
    Les deux manches énormes bariolées d’orange fouillaient rangée après rangée, écartait le contenu des placards, faisaient rouler bocaux et ustensiles en tous sens avec une fébrilité maladive. Halloween fouillait, renversait, mettait la cuisine entière sens-dessus-dessous ; les instruments volaient par-dessus ses épaules tremblantes, les paquets de nourriture sèche rencontraient des meubles qui de toute façon n’avaient pas vu l’ombre d’un plumeau depuis une longue semaine. L’esprit frappeur se faufilait à l’intérieur des placards avec la souplesse d’un serpent sinueux en lévitation, tel une ombre glissante qui se serait soudain mise à bouger.
    Mais il ne trouvait pas. Il ne trouvait pas, il ne trouvait pas, il ne trouvait pas. Etait-ce ici ? Ou là ? Les bocaux étaient vides, les recoins des meubles déserts, et la créature aux airs d’enfant s’embrouillait dans le marasme de ses vaines recherches, gluant comme la vieille confiture de cerises noires qui s’était étalée, collante, sur le bord de l’évier. Non, non, non. Le désespoir serrait sa cage thoracique toute vide à mesure que la pendule égrenait les secondes, et que ses doigts ressortaient des cachettes toujours aussi vides.
    Il l’avait perdu, perdu, perdu. Perdu, perdu, égaré ; Octobre allait le tuer. La gorge nouée, Halloween ouvrit la porte du frigo à la volée et s’enferma à l’intérieur, le temps d’en inspecter le contenu, tournoyant comme une tempête d’angoisse. Il fut recraché par l’objet que cette farce n’amusait guère, et sa tête heurta malencontreusement le coin d’une table ; sonné, l’enfant glissa au sol comme une poupée de chiffon. Il tira sa profonde capuche sur son visage de deux mains blêmes et secoua la tête en tous sens, poussant des lamentations aigues et dissonantes qui rebondirent lugubrement contre les murs au carrelage noirci. L’esprit frappeur gémit ainsi pendant de longues minutes, recroquevillé au pied de la table.
    Octobre allait le tuer, le tuer, le tuer. Il avait été très méchant – il l’avait perdu, perdu, il ne pourrait pas se cacher et Octobre le punirait. Quand, où, pourquoi ? Quand l’avait-il eu entre les mains pour la dernière fois ? Elle s’était enfuie, c’était sûr, elle avait sauté hors de sa poche pour le faire punir, parce qu’elle ne l’aimait pas non, non, tout ce qu’elle voulait c’était qu’il soit enfermé dans le noir et que tout le monde l’oublie pour toujours. Halloween laissa échapper un sanglot qui sonna étrangement humain dans l’espace renfermé. Il ne pourrait pas se cacher, Novembre le trouverait. Novembre serait en colère, très en colère. Et Halloween ne pourrait même pas se cacher sous sa capuche comme ça, non, Novembre était dans le noir, dans sa tête, il était partout avec ses aiguilles de glace et ses doigts de métal. Il avait été un très vilain garçon. Un très vilain, vilain, vilain petit garçon.
    Le fleuve, Halloween, le fleuve.
    Et surtout, ne la perds pas.

    De minuscules parcelles de cadavres s’effritaient entre ses doigts. Le gamin en orange les frottait les uns contre les autres, sa petite main blanche surgissant d’une manche dont la couleur violente était la seule touche visible dans toute la cuisine. La chair morte du morceau du pain rassis sur ses genoux, alors qu’il se tenait en équilibre sur ses talons invisibles, s’égrenait comme une horloge rudimentaire et pourrissante décompterait les secondes. A peine pouvaient-elles trouver le repos au sol, qu’une foule disparate de pattes effilées greffées sur des carapaces huileuses se ruaient sur leurs tristes restes avec voracité. Halloween les aurait trouvés amusants en temps normal. Ou les aurait écrasés avec une joie malsaine. Là, il se contentait de les fixer comme un enfant désœuvré, alors que les petites bêtes, finalement plus affectueuses que de coutume - ou tout simplement plus intéressées - se lançaient allègrement à l'assaut des longues manches qui traînaient pas terre. Halloween ne s'en préoccupait pas le moins du monde et continuait à émietter son croûton de pain. Mais ses lèvres formulaient des mots sans le son, comme une mélopée répétitive.
    Octobre va me tuer. Octobre va me tuer. Octobre va me tuer…


Dernière édition par Halloween le Lun 8 Avr 2013 - 22:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Lun 8 Avr 2013 - 22:06





Halloween nourrit de délicates créatures, et trouve :

« Les cafards semblent beaucoup apprécier l'attention et, pour montrer leur affection, montent sur Halloween à la recherche de plus de nourriture, sans pour autant se montrer hostiles. »


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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mer 10 Avr 2013 - 8:52

...

On était jamais tranquille au pensionnat, songeait Solaine avec une grimace tandis qu'elle tournait et tournait à chaque embranchement, sans un regard pour la jolie tapisserie et les beaux tableaux qui défilaient sur les murs et ornaient gracieusement son voyage solitaire. Pour une fois que, décidée à s'adonner à un activité plus calme qu'essayer de faire cracher autre chose à son fusil que des rubans ou crapahuter de droite à gauche à la recherche des feuilles de Rudy, elle s'était posée dans sa chambre avec du tissu dans les mains pour faire de la couture, on avait toqué à sa porte pire que si elle avait été le bureau des réclamations. Solaine vous écoute, bonjour; problème du jour, le garçon tout d'orange vêtu qui passait de pièces en pièces pour faire la peau à tous les meubles et leur contenu. Elle n'avait tout d'abord rien vu d'extraordinaire au fait qu'Halloween maltraite le mobilier, c'était courant chez lui, une manie dont tout le monde se serait bien passé mais à laquelle on s'habituait. Rien de bizarre non plus au fait que les pensionnaires présents s'étaient pris divers objets au coin de la tête, c'était un peu la raison de vivre du poltergeist, de ce qu'elle en avait compris. Bon, peut-être qu'il avait été un petit peu trop violent cette fois-ci, mais pas de quoi s'affoler, hein ?
Quand on avait secoué la tête et lui avait rétorqué que c'était 'plus agaçant que d'habitude en tout cas', elle avait chassé les victimes indignées et posé son travail à peine commencé sur la table de nuit. De soupirs en soupirs, la jeune fille avait finit par sortir de la chambre pour trouver l'esprit frappeur et tirer au clair cette soudaine saute d'humeur.

Halloween riait grand et fort, d'ordinaire; il n'était pas du genre à être préoccupé, du moins ne l'avait-elle jamais vu froncer les sourcils autrement que pour marquer un désaccord ou une colère purement enfantins. Halloween boudait, oui, il jouait à cache-cache avec la patience des autres, mais pas à 'éborgne moi pour de bon que j'ai l'air de sortir d'un roman d'aventure'. Quelques portes ouvertes à la hâte avaient confirmé les dires des autres et révélé des tornades d'affaires gisant ici et là dans le désordre le plus complet. Visiblement, l'esprit était à la recherche de quelque chose qu'il ne trouvait pas, ça ou bien il s'était dit que ce serait génial de faire prendre l'air à toutes ces vieilleries, ce dont Solaine doutait curieusement. Les roues du fauteuil avançaient au gré des caprices des couloirs, la perdant et la faisant tourner en rond à la moindre inattention. Finalement, après plusieurs batailles contre son sens de l'orientation, la demoiselle arriva près des cuisines, qui étaient la prochaine victime sur sa liste. A force d'ouvrir toutes les portes qu'elle croisait, elle allait bien finir par le trouver, ce fantôme de malheur.

Priant pour ne pas avoir à faire le tour du manoir pour le retrouver à son point de départ, la paraplégique saisit la clenche et poussa la porte avec un effort coutumier. Celle-ci pivota sans faire de trop caprices, et Solaine éleva la voix sitôt le seuil passé.

« Halloween, t'es là ? Tu... Ah, saleté de... »

Le temps de quelques jurons bien sentis à l'égard de ses roues qui étaient tombées amoureuses de la chambranle et ne voulaient plus la lâcher, elle avait réussi à se dépêtrer de ce piège quotidien et à avancer dans la pièce. Ses yeux bleus accrochèrent sur le champ une silhouette fluette, tache de couleur inattendue dans ce décor sombre. Contente d'avoir trouvé l'objet de ses recherches restées vaines jusque là, Solaine ouvrit la bouche pour manifester son mécontentement; mais son exclamation joyeuse se mua en une plainte dégoûtée quand elle aperçut le public affectueux qui se pressait autour de l'esprit frappeur.

« T'as des cafards qui te montent dessus ! (merci Solaine de citer une évidence. Comme pour se faire pardonner cette interjection remplie de philosophie, elle se tourna pour fouiller des yeux ce qui se trouvait à terre) Attends, je vais t'en débarrasser, bouge pas. »

On trouvait rarement de l'insecticide dans une cuisine, mais soit. On ne pouvait au moins pas lui reprocher sa bonne volonté alors qu'elle scrutait avec attention les reliefs du carnage, à la recherche de quelque outil utile à l'annihilation des blattes et de tout ce qui s'en rapprochait de près ou de loin.



J'ai fait de mon mieux mais mon poste est toujours nul. Mea-culpa.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mer 17 Avr 2013 - 20:38

    Hallowen entretenait une conversation intérieure passionnante avec ses amis les cafards. Est-ce qu'à leur avis Octobre se calmerait s'il lui donnait un rouleau de réglisse ? Octobre adorait le réglisse, peut-être que ça lui suffirait, non ? Est-ce que s'il se cachait dans le fond d'une marmite bouillonnante Novembre répugnerait à venir l'y chercher ? Dans son égarement, l'esprit frappeur en oubliait à quel point il était loin de la maison. D'autant plus que ces bestioles inutiles, trop intéressées par leur repas, n'avaient aucune réponse satisfaisante à lui offrir. Ou alors elles étaient juste trop stupides pour lui répondre. Halloween leur lança un regard noir. Levant une main gantée d'une mitaine noire, il enroula une mèche couleur de châtaigne mûre libérée par sa capuche ôtée et tira dessus. Mais rien d'utile ne lui vint à l'esprit. Les seules choses qu'il voyait, c'étaient ces stupides cafards inutiles aller et venir sur le orange de des vêtements. Pauvres bêtes. Les reflets luisants de leur carapace lui renvoyaient l'image d'un clown un peu cabossé, comme un pantin qu'un enfant capricieux aurait jeté par terre. Un œil était surligné d'une encre qui ressemblait aux marques dispersées habituellement sur sa peau blanche sans l'être et un coin des lèvres blêmes était rendu. Il avait un bleu sur la mâchoire.
    Le garçon fronça les sourcils et frotta d'une main dont deux doigts avaient pris une teinte violacée proche de celle de la mitaine une bosse qui s'éternisait dans ses cheveux. Ça faisait mal. Un peu. Si Novembre se fâchait maintenant, ce serait bien pire.
    Un soudain claquement métallique tira Halloween de sa rêverie avec un sursaut. Le poltergeist redressa la tête en entendant jurer et cligna des yeux ; mais ne bougea pas comme l'aurait voulu l'habitude : il resta sur place, guettant le coin de la table près de la porte.
    S'il avait reconnu Solaine, il aurait pu aller l'aider. Pourtant, le bruit de ses roues était facile à identifier.
    Cela dit, le cri qu'elle poussa en le voyant ne laissa guère de place au doute. Halloween retint une grimace, se doutant qu'elle n'apprécierait pas - et il n'avait aucune intention de la mécontenter en quoi que ce soit - et se secoua intégralement par réflexe, se débarrassant de la plus grande partie des insectes. Saisissant un retardataire dans ses cheveux, le gamin faillit bien croquer dedans. Mais il se dit que Solaine n'apprécierait sûrement pas non plus.
    Alors il reposa sagement le cafard par terre, et celui-ci fila sous un meuble sans demander son reste.
    Ceci fait, l'esprit frappeur s'éleva dans les airs sans s'embêter à remettre sa capuche et voleta jusqu'à la jeune fille aux cheveux gris. Intenable comme à son habitude, il tourna un peu autour du fauteuil avant de s'immobiliser devant elle, demandant :

      « Good morning Solaine ~ Qu'est-ce que tu fais là ? »

    Parce que non, Halloween ne se rendait absolument pas compte qu'étant la seule personne - ou presque - au pensionnat à avoir un minimum d'autorité sur lui, Solaine était aussi la tactique la plus efficace pour lui faire cesser ses bêtises.
    Après tout, aller de plaindre, c'était vraiment de la triche. Ce manoir était rempli de mauvais joueurs, et Halloween n'aimait pas être puni.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mer 24 Avr 2013 - 22:55

...

Il n'y avait rien dans cette fichue cuisine qui soit utile, jura intérieurement Solaine en passant une main agitée sur divers ustensiles qu'elle écarta sans la moindre délicatesse; quitte à mettre un peu plus de bazar dans tout ce fourbi, elle n'était plus à ça près. La pièce ressemblait déjà à un chantier, jonchée d'éclats et d'objets en tout genre. Quelqu'un allait devoir ranger tout ça, et si la soubrette ne s'y mettait pas avant la fin de la journée, ça ne dérangeait pas la jeune fille en fauteuil roulant de s'y coller. Le ménage et le rangement, ça la connaissait: elle avait longtemps pensé (et continuait d'ailleurs de le faire) qu'il n'y avait pas endroit plus organisé que sa maison près de la forêt, loin derrière cette porte qui refusait de s'ouvrir. Cette cuisine aurait bien eu besoin de ses services, histoire de ressembler à quelque chose au quotidien. Maudissant la notion plus que relative du rangement et de l'hygiène du trois quart des pensionnaires, elle attrapa en désespoir de cause un torchon à première vue propre qui gisait là et le secoua pour en chasser tout résidu indésirable.
Si même les cafards venaient faire la fête ici, il y avait de quoi s'inquiéter ! C'est à cette pensée qu'Halloween imita un carrousel autour de son fauteuil avant de s'arrêter devant elle; elle cligna des yeux une ou deux fois avant qu'un semblant de concentration ne lui fasse baisser la tête vers les manches du poltergeist.
Les cafards.

« Good morning Solaine ~ Qu'est-ce que tu fais là ? »

La jeune fille ne répondit pas immédiatement, préférant s'emparer d'une des manches de son ami au drôles d'yeux oranges pour la frotter énergiquement avec le torchon. Elle se félicita de son initiative quand un indésirable vint rouler sur le plancher, et sûrement l'aurait-elle écrasé sans la moindre empathie si elle avait eu des jambes. Heureusement pour l'hideuse bête noire qui alla cavaler avec enthousiasme un peu plus loin, les roues de Solaine n'étaient pas dotées d'une volonté propre et ses jambes inertes. Une vie de sauvée, rien que ça. Merci qui ?

« Je te cherchais, figure toi, parce que... »

La deuxième manche subit le même sort que sa jumelle. Avec application, Solaine en élimina la moindre nuisance et inspecta attentivement le tissu une fois qu'elle eut terminé: plus rien, plus la moindre bête dégoutante. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire satisfait, et elle posa momentanément le chiffon sur son accoudoir. Brièvement et sans se fatiguer à avoir l'air discrète, elle détailla Halloween pour s'assurer que rien d'autre ne lui rampait dessus. Bon, c'était déjà ça, il n'avait pas l'air d'héberger toute une faune sur ses vêtements.
Son souci premier lui revint en tête à cette constatation rassurante. Dans l'optique de terminer sa phrase, restée inachevée au profit de son nettoyage de printemps, elle ajouta:

« On est venu se plaindre, comme quoi tu saccagerais toutes les pièces. Et, hum... »

Un vague regard aux bocaux brisés et aux placards éventrés la conforta dans l'idée qu'on ne s'était pas moqué d'elle. Un ouragan aurait pu entrer par la porte et y ressortir tranquillement que le résultat n'aurait pas été moins apocalyptique. Enfin, apocalyptique... Elle exagérait peut-être un peu: mais le désordre, ça lui restait toujours en travers de la gorge. Propreté, propreté, se répétait la petite fille qui passait sur ses roues en chassant la poussière des meubles, parce que c'était tout ce qu'elle pouvait faire pour aider son père.

Même si, en l'occurrence, elle s'en faisait plus pour l'esprit frappeur que pour l'état du sol. Quitte à ce qu'il se sente mal, autant que ce soit l'odeur des fleurs, hein. Pas quelque chose de plus grave. Enfin,elle doutait malheureusement du fait qu'il cherche un placard à sa convenance pour passer le temps jusqu'à l'automne.

« Apparemment, c'est vrai. Quelque chose ne va pas ? Tu cherches un truc ? »

Ou tu as simplement décidé de faire la guerre au mobilier ? Avec toutes les fois où elle se prenait les roues dedans, il l'aurait mérité. Leia n'aurait pas dit le contraire non plus.
Le chiffon atterri sur une table dans un bruissement à peine perceptible. Si elle pouvait, elle l'aiderait.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Sam 4 Mai 2013 - 14:11

    Tiens, elle avait attrapé un chiffon. Halloween regarda Solaine le brandir sous son nez et lui trouva presque un air agressif, mais se contenta de faire pendouiller ses deux bras qui paraissaient immense sans réagir. La jeune fille en fauteuil roulant lui faisait un peu toujours cet effet, en fait : sachant pertinemment qu'un tiers des actions apportées par sa façon d'être risquait fort de lui déplaire, le gamin en orange s'efforçait de se comporter correctement - parce qu'il ne tenait pas à déplaire à Solaine.
    Sauf que se comporter bien n'entrait pas vraiment dans le champ de ses capacités. Donc il cherchait une solution et faisait tourner ses méninges fantasmagoriques dans le vide ; et régulièrement, il ne trouvait pas. Et donc il restait statique, mou comme un pantin coupé de ses fils, à attendre qu'une idée lumineuse se présente.
    Solaine en profita pour effectuer son nettoyage de printemps sur ses manches : c’était donc aux cafards et à la poussière qu’elle en voulait, et pas au malheureux esprit frappeur. Il en fut soulagé, sentiment qui se traduisit par un imperceptible mouvement de tête qui passa complètement inaperçu tant les coups de torchons énergiques de la jeune fille le secouaient en tous sens. D’ailleurs, la scène aurait pu paraître comique à un éventuel passant compte tenu du sérieux que Solaine mettait à la tâche et au fait que le poltergeist se laissât ballotter ainsi comme un ressort fou auquel on aurait donné une pichenette. Mais au fond, Halloween ne trouvait pas ça très drôle. Il préféra se concentrer sur ce que la fillette en fauteuil roulant était en train de dire, tâche rendue d’un seul coup plus aisée par la disparition des coups de torchon sur son manteau, la demoiselle étant visiblement satisfaite de son ouvrage.

      « On est venu se plaindre, comme quoi tu saccagerais toutes les pièces.»

    Aussitôt, Halloween sentit une poussée d'antipathie contre ce fameux « on » qui avait osé aller le cafter à l’autorité. Après tout, ça ne la regardait pas – ou plutôt dans le cas de Solaine, ce n’était pas la peine d’aller la déranger pour cela. A son avis et avec une docilité débordante.
    Et puis il faisait ça tout le temps, pas vrai - enfin, il ne saccageait pas, il rangeait dans un ordre plus amusant ou alors il se servait des choses pour faire des blagues aux pensionnaires. Rien de grave. Ce n’était vraiment pas la peine d’aller pleurer comme un bébé dans les jupes de maman.
    Quels mauvais joueurs. Mauvais joueurs, mauvais perdant.
    Halloween afficha une mine à la fois contrariée et boudeuse, mais se remit bien vite à voleter de haut en bas : il ne bougeait pas beaucoup, s’appliquant à rester en face de Solaine – ‘regarde-moi quand je te parle, sale gosse’ – mais de petits déplacements par à-coups, bien distincts de ses grands tournoiements habituels, trahissaient une certaine nervosité. C’était bizarre, il avait la même impression que la fois où il avait mangé trop de pommes d’amour à la fête des morts mexicaine. Un gros poids sur l’estomac – sauf que ça remontait dans la gorge. C’était bizarre. Désagréable.

      « Apparemment, c'est vrai. Quelque chose ne va pas ? Tu cherches un truc ? »

    Octobre. Octobre qui allait lui en vouloir. C’était ça, le poids, comme s’il lui avait fait avaler une pierre – Octobre ne ferait jamais ça, pas vrai ? Il était gentil, quand même, il était gentil, et Halloween voulait bien être sage.
    L’angoisse revint au grand galop lui seriner la même rengaine. L’esprit frappeur laissa échapper un glapissement et s’échappa par une galipette arrière pour bondir sur l’étagère où s’alignaient encore des bocaux en tous genres. Un ou deux tombèrent à terre dans un grand fracas, pendant qu’il les débouchait un à un en marmonnant des mots incompréhensibles, y jetant un coup d’œil avant de les balayer sur le côté. De cette litanie entrecoupée de quelques gémissements, seuls quelques phrases se distinguaient des autres :

      « … perdu… il va être en colère, très en colère, il va me tuer, me tuer, je l’ai perdu, perdu, perdu… »

    Stressé - pour autant qu'il puisse l'être - Halloween avait tendance à perdre un peu les pédales. En soi il était parfois difficile de distinguer son état normal d'un état angoissé parfaitement impossible en théorie de par le fait qu'il n'agissait pour ainsi dire jamais de façon "normale". Mais il savait tout de même préserver son intégrité physique, en général.
    Par exemple, en ne fourrant pas sa tête dans un pot de confiture au contenu non-identifié (et non-identifiable) pour en avaler la moitié sans se poser de questions.
    En plus c'était mauvais, ce truc. Le gamin décoiffé prit le temps de faire une pause pour grimacer d'un air écœuré. Le pot alla rejoindre ses confrères sur le carrelage. C'était même pas sucré.
    Pas étonnant qu'il se sente mal, après.


Dernière édition par Halloween le Sam 4 Mai 2013 - 15:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Sam 4 Mai 2013 - 14:47





Halloween fouille les bocaux, et trouve :

« Une bonne indigestion. En effet, il ne peut s'empêcher de manger l'intérieur d'un bocal très étrange ... »


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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Dim 5 Mai 2013 - 2:51

...

Solaine regardait Halloween aller de bas en haut, les yeux vissés à son visage qui exprimait de la contrariété; le temps qu'elle se demande ce qui pouvait bien embêter ainsi l'esprit frappeur (il n'était pas vexé qu'on l'ait dénoncé, si ?), celui-ci avait exécuté une belle pirouette arrière qui fit sursauter la jeune fille, lui arrachant un cri surpris qui se perdit avec celui d'Halloween. Pendant qu'il tempêtait le long de l'étagère, Solaine regarda quelques pots en dégringoler dans un bruit de verre cassé, les mains encore crispées par la peur. Ce fut au dégoût de lui arracher une grimace tandis qu'elle observait les diverses mixtures qui tapissaient le sol, fronçant le nez devant l'odeur peu avenante qui se dégageait de ce mélange hasardeux. Et Halloween, peu soucieux du désordre qu'il mettait, marmonnait quelques suites de phrase sans sens. Son attitude finit par inquiéter Solaine,qui manœuvra avec précaution pour s'approcher de lui. Elle dut maudire une de ses roues qui s'était empêtrée dans une mélasse brune et immonde, mais le gémissement de l'enfant aux yeux oranges lui vola toute son attention. Elle replaça nerveusement une mèche de cheveux gris derrière son oreille, la tête levée vers le poltergeist qui fouillait frénétiquement tous les bocaux.

« … perdu… il va être en colère, très en colère, il va me tuer, me tuer, je l’ai perdu, perdu, perdu… »

Euh... Quoi ? Ce comportement inhabituel et ces répétitions la convainquirent que quelque chose n'allait définitivement pas. Solaine avait le soucis de bien faire; après tout, elle appréciait Halloween, surtout quand il arrivait à se tenir tranquille et correctement. Qu'il fasse des efforts à ce sujet était déjà suffisant en soi et elle lui en demandait rarement plus parce qu'elle savait que le niveau au dessus était inatteignable ou n'existait tout simplement pas. Pour autant, la situation la laissait complètement perdue et perplexe. Démunie, Solaine se mordit la lèvre inférieure en quête d'inspiration pour nourrir ses réflexions stériles. Pendant ce temps, l'esprit continuait de déboucher les bocaux en verre et de les jeter à terre dans une suite bruyante d'éclats de verre. La pièce était devenue une vraie porcherie: elle qui n'était déjà pas un modèle de propreté d'ordinaire...
Elle se pinça l'arrête du nez pour s'empêcher de penser aux chiffons et au ménage. Ce n'était pas le moment. Malheureusement, quand elle reposa ses yeux sur Halloween et ouvrit la bouche pour l'interpeller et le questionner sur ses plaintes, ce fut pour le voir engloutir sans arrières pensée le contenu d'un des pots. Son visage prit une expression à la fois horrifiée et paniquée. Elle chercha à rattraper le bocal dans lequel il avait mangé quand il le balança pour voir de quoi il s'agissait, mais il s'écrasa à terre avant qu'elle ait eu le temps de faire un mouvement dans direction. Et m...

Malgré tout, elle s'avança et se pencha pour ramasser les restes du couvercle. Pas d'étiquette, pas de date de péremption, rien qui puisse lui indiquer ce que c'était et si c'était encore mangeable. Elle poussa un soupir, se retourna vers la silhouette fluette qui avait réussi à mettre la pièce sans dessus dessous. Il n'allait pas s'esquiver, cette fois. Elle avait besoin de savoir ce qui se tramait dans sa petite tête.

« Oh, Halloween, c'est quoi le problème ? Qui va te tuer, et qu'est-ce que tu as perdu, au juste ? »

Elle, en tout cas, il l'avait bel et bien perdue. Elle cligna des yeux avant de reposer les reste du bocal assassin à terre, prudente et méfiante. Il n'aurait plus manqué qu'elle se coupe avec ça, tiens ! Et dire qu'il avait mangé ce qu'il y avait dans ce truc ! Peut-être que les, euh... gens de sa race avaient un estomac différent du leur et qui résistait à tout. Le doute persistait néanmoins, et elle dut se retenir de faire de grands gestes des bras de peur de heurter quelque chose.
On aurait pu se couper à n'importe quoi, ici. Et tous ces débris à terre...

« Tu n'aurais pas dû manger ce truc. Ça va te rendre malade. »

C'était évident à ses yeux, vu comme les mixtures qui baignaient dans ces pots avaient l'air ragoutantes. Enfin, certaines devaient être convenables, mais elle se voyait mal prendre une cuillerées de chaque bocal pour voir lesquelles. Elle eut un haut le cœur à cette pensée.
Drôle de journée.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Lun 10 Juin 2013 - 0:27

    Halloween s’essuya la bouche d’un large coup de manche et grimaça. L’écho d’éclats de verres éparpillés en éventail parvint à ses oreilles nues comme déformé, étant donné qu’il n’y attacha pas d’importance sur le moment. L’enfant roula des yeux et serra les lèvres, alors qu’une vague de nausée glissait dans son corps fantomatique comme la lame d’un couperet qui l’aurait traversé de part en part.
    Tout comme la douleur, le poltergeist n’était pas habitué à ressentir un quelconque malaise physique. Et surtout pas quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à des haut-le-cœur et des maux de ventre.
    Parce qu’il en avait avalées, dans sa vie, des choses immondes. Recrachées, aussi. Tout ce qui d’ordinaire donnait plutôt la nausée aux humains normaux, ou même à ses camarades esprits plus timorés que lui : mais c’étaient toujours les autres qui avaient à en pâtir.
    Pas cette fois, et c’était vraiment très désagréable. Halloween détestait déjà la suite.
    Dans son dos, Solaine articulait des mots qu’il ne comprenait pas – il ne leur accordait à l’heure actuelle pas assez d’attention pour cela, occupé qu’il était à ne pas céder à la panique devant la sensation généralisée, inconnue et désagréable, qui emplissait son petit corps maigre.

      « Tu n'aurais pas dû manger ce truc. Ça va te rendre malade. »

    Comme pour mieux donner raison à Solaine, l’esprit frappeur choisit cet instant pour se laisser tomber face contre terre comme un tas de chiffons. Même si c’était une de ses mauvaises habitudes, cela pouvait évidemment paraître un peu brutal à un observateur peu coutumier de ses facéties. Surtout qu’avec ce corps tangible, il faisait un sacré « boum » en tombant. En l’occurrence, il en profita pour s’écorcher une joue déjà bleuie sur un éclat de verre, et faillit avaler quelques paillettes transparentes. Avec un râle, l’esprit frappeur roula sur le côté en recrachant des miettes coupantes, puis se retrouva à nouveau aplati sur le ventre, et redressa la tête pour regarder Solaine avec difficulté – vu la hauteur à laquelle elle se trouvait par rapport à lui. Son visage avait changé de couleur de façon notable.

      « Dis… Solaine, tu as un – sa langue buta sur le dernier mot – dad ? »

    Peut-être que la douleur avait fini de mettre à l’envers son esprit embrouillé. Il pensait à Octobre, il pensait à la punition, il avait mal, il pensait trop. La gorge, serrée, aussi. Père, il lui semblait que c’était comme ça qu’on appelait le responsable d’une famille chez les humains.

      « Tu as déjà égaré quelque chose d’important ? »

    Bizarrement, sa langue semblait s’emmêler sur les mots. Le grand vide où aurait dû en théorie se situer un estomac l’élançait comme si quelque chose à l’intérieur s’obstinait à lui donner de grands coups énergiques. Halloween laissa échapper un grognement de douleur et se roula en boule, tas de tissu colorés informe, les bras serrés sur le ventre et des mèches rousses plein les yeux.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mar 11 Juin 2013 - 18:20

...

Pas habituée à voir des gens flotter ou martyriser leur corps comme quantité négligeable, Solaine recula dans son fauteuil avec une exclamation angoissée quand Halloween se laissa tomber sur le sol de tout son poids, parmi les marmelades infectes et les éclats de verre. Elle avait beau se persuader qu'il était différent, qu'il n'était pas humain et qu'une lame en travers de sa poitrine ne l'aurait pas tué, c'était trop difficile à avaler quand la peau et les os étaient tangibles comme les siens. Qu'il roule sur le côté avec le bruit d'un homme à l'agonie ne l'aida pas à voir la situation sous un meilleur angle; et elle remarqua qu'il s'était coupé en embrassant le sol quelques instants plus tôt. Rien ne parvenait à laver du visage de la jeune fille cette expression à mi-chemin entre la peur et l'agacement, ses doigts pianotant nerveusement sur ses cuisses. Halloween lui lança un regard orange et terne depuis ses mèches poisseuses, son visage plus blanc que blanc. Évidemment que ça l'avait rendu malade, songea-t-elle avec un regard oblique pour les restes des bocaux éparpillés à terre. Ce truc aurait rendu n'importe qui malade, faune de l'autre monde comprise.

« Dis… Solaine, tu as un... dad ? »

La voix chancelante d'Halloween empêcha Solaine de se concentrer sur un possible linge frais à passer sur son visage. Elle ouvrit grand ses yeux bleus et pinça les lèvres, faisant tourbillonner le dernier mot dans son esprit pour y déceler un sens. Dad ? A force de côtoyer tant de nationalités différentes, elle avait fini par intégrer quelques mots, quelques sons, qui rejoignaient la plupart du temps ses mots à elle. Dad. Père ? Un reflet nostalgique brilla dans ses yeux, mais la petite fille avait promis d'aller de l'avant et de ne rien regretter. Elle sortirait d'ici, un jour, et elle retrouverait son père. Forte de ses convictions, Solaine avait réprimé les larmes avant même qu'elles ne lui montent aux yeux. Un énième regard à Halloween fit naître une nouvelle question dans sa petite tête.
Il avait un père, lui aussi ? Le concept d'esprit lui semblait trop flou pour qu'elle puisse encore trouver ça logique – ou illogique. Mais elle était curieuse malgré tout, et malgré la situation.

« Tu as déjà égaré quelque chose d’important ? »

Bon. Vu la manière dont il s'était roulé en boule avec un gémissement de douleur, elle avait beau ne pas savoir si les familles marchaient comme chez elle, elle savait qu'il pouvait tomber malade. Ça n'avait pas l'air d'être son jour, à l'esprit frappeur. L'infirmerie était trop éloignée pour qu'elle aille y chercher un comprimé – en plus de ça, elle ne savait pas si ça aurait fait effet et aurait bien été capable de se tromper de boite ou de flacon – et ne voyait rien qui puisse soulager ses maux de ventre ici. Elle secoua la tête avec un soupir dépité, se concentrant sur la question qu'il lui avait posé en désespoir de cause.
Ses mains voyagèrent de ses genoux aux accoudoirs, hésitantes, avant de pousser sur ses roues et chercher un balais dans tout ce fouillis.

« Ça dépend... Quelque chose d'important dans le sens où tu en as besoin, ou important sentimentalement ? (elle avait déjà perdu le premier, mais pas le deuxième, Dieu merci) Parce que... J'ai déjà perdu les outils de mon oncle, mais je sais pas si... »

Elle grimaça un peu au souvenir de la belle réprimande qu'on lui avait assénée. Ne joue pas avec ça, ce n'est pas pour les enfants, c'est important pour son travail, tout ça, et tout ça... Elle n'en avait retenu que la moitié. Ça faisait longtemps. Elle extirpa finalement un balais d'un coin, coupant court à ses réminiscences. Elle reprit le chiffon avec lequel elle avait essuyé Halloween, jugeant qu'il ferait l'affaire et qu'il finirait de toute façon par être nettoyé. Il y avait de l'eau, bon... Un petit coup de serpillière ne pouvait pas faire de mal au sol. Encore moins à celui qui se vautrait dessus.
Solaine se rapprocha de son ami aux vêtements colorés.

« Ne t'allonge pas là, c'est rempli de morceaux de verre, tu vas encore te couper. »

Que ça puisse entrainer une infection mortelle ou pas, ce n'était pas son problème. Il pourrait revenir quand elle aurait débarrassé le sol des éclats, s'il voulait...
Elle reprit la parole tout en secouant son chiffon.

« Tu as perdu quoi ? »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Jeu 13 Juin 2013 - 0:47

    Waha, il arrivait plus à réfléchir. Ou plus à penser. Il avait du sucre plein le crâne et un surplus de réglisse derrière les yeux. Sa tête allait exploser, il allait vomir des limaces noires et des gâteaux moisis - songeait l'esprit en plein tourbillon de couleurs et de formes incompréhensibles, se recroquevillant sur lui-même jusqu'à disparaître comme sous un tas de vêtements jetés pèle-mêle sur un cadavre frais.
    A vrai dire, seule la conscience encore vague de la présence d'une Solaine à ménager empêcha le poltergeist d'apporter sa contribution personnelle à l'état déplorable du sol.
    A vue d'oreille, ou quelle que soit l'expression humaine appropriée à la situation, la jeune fille n'avait absolument pas envisagé la possibilité. Elle était plus préoccupée par l'idée de le voir se rouler dans les débris de verre, apparemment. C'est vrai qu'il aurait bien fait quelques roulades, histoire de bien souligner à quel point il souffrait.

      « Ne t'allonge pas là, c'est rempli de morceaux de verre, tu vas encore te couper. »

    Halloween abandonna bien vite l'idée. Les ondulations de son estomac n'avaient pas besoin d'impulsion supplémentaire. Cependant, histoire d'obéir - puisque de toute façon ce qui lui servait de cerveau était définitivement parti en vacances - l'esprit frappeur s'éleva dans les airs sans daigner quitter la position horizontale, membres pendants, et se déplaça jusqu'à la table, comme suspendu par le dos à une grue mécanique. L'effort étant visiblement conséquent, il se laissa tomber sur la surface de bois tel une poupée de chiffon et resta là, le visage contre la table et les bras et jambes dépassant mollement du carré supérieur. Un hoquet entre le rire frénétique et l'expression d'une souffrance profonde souleva ses épaules un bref instant, puis Halloween redevint loque inerte.
    En tout cas, elle allait pouvoir nettoyer tout ce qu'elle voulait, maintenant.

      « Tu as perdu quoi ? »

    Un réflexe agita la manche droit d'Halloween, qui resta immobile un moment après la question. Seul le léger grincement des roues réussit à attirer son attention : derrière un rideau inégal de mèches rousses, Halloween ouvrit péniblement un œil cerné de noir. L'autre, plutôt violacé, le lançait désagréablement. Tout autant qu'une bonne moitié de son corps rachitique, d'ailleurs.
    La prunelle orange un peu terne se promena sur la scène - qu'il trouva légèrement floue, d'ailleurs - s'arrêtant sur le chiffon que Solaine tenait à la main. Sa manche droit effectua un geste incompréhensible, qui avait peut-être une signification à la base mais avait perdu toute cohérence dans l'exercice de sa force musculaire engourdie par la nausée.

      « ... petit et rond et étalé comme une plaquette de caramel et rose comme un cube de nougat aux astic... »

    La tête d'Halloween retomba contre la table avec un bruit mat accompagné d'un petit gémissement étouffé. Apparemment, à l'heure actuelle, on pouvait encore moins lui en demander que d'habitude.
    Il n'arriverait jamais à retrouver quoi que ce soit dans cet état, murmurait une petite voix quelque part en lui dévorant les entrailles.
    L'oeil orange terni se rouvrit péniblement :

      « ... tufaisquoi... ? »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mar 18 Juin 2013 - 23:04

...

Solaine regarda le poltergeist flotter jusqu'à la table et s'y laisser tomber avec autant de délicatesse qu'un sac de pommes de terre; elle resta perplexe quelques secondes, les yeux fixés sur le pauvre bougre qui semblait souffrir à n'en plus finir. Elle aurait pu le sermonner mais n'en vit pas l'utilité, et s'il avait été un ami banal (à savoir qui ne flottait pas dans les airs et ne représentait pas une fête sur le calendrier), elle lui aurait préparé une quelconque infusion de sa connaissance pour le remettre d'aplomb – à défaut de pouvoir le droguer avec quelques cachets de l'infirmerie. Seulement voilà, Halloween était Halloween et ça posait un petit soucis d'éthique à son cerveau guère habitué à côtoyer des personnes qui n'étaient pas humaines. Déjà qu'il avait l'air sur le point de redécorer les murs... Elle finit par avancer vers l'évier et passer tant bien que mal le chiffon sous l'eau. Le tissu alourdi atterrit ensuite à terre avec un 'sploch' on ne peut plus gracieux tandis qu'elle fermait le robinet d'un geste ferme. Pratique, l'eau courante, il n'y avait plus besoin d'aller en chercher jusqu'au puits. Sur cette pensée qui lui était agréable, elle posa le balais sur le chiffon captif et entreprit de nettoyer marmelades et débris de verre avec énergie.
Un mouvement d'Halloween attira son attention et elle tourna sa tête vers lui, le balais au repos. Que lever le bras semble lui demander autant de forces la laissa une fois de plus perplexe et inquiète. Mais à quoi il pensait en avalant ce truc immonde et loin d'être inodore ? C'était comme engloutir le plat qui croupissait au fond du placard depuis deux mois; définitivement pas une bonne idée.
Sauf si on voulait se tordre de douleur dans la semaine qui suivait, évidemment.

« ... petit et rond et étalé comme une plaquette de caramel et rose comme un cube de nougat aux astic... »

Suite à quoi le fantôme laissa retomber sa tête sur le bois avec un gémissement. Solaine fit la grimace et recommença à balayer, l'esprit ailleurs. Si elle avait bien compris – et elle espérait avoir bien compris, Halloween avait perdu quelque chose de petit, rond, mince et rose. Mettant de côté les comparaisons qui ne lui étaient pas vraiment utiles (surtout la dernière, qui sonnait très obscure à ses oreilles), elle fit un effort de mémoire, petite gymnastique mentale dans le but de se souvenir si elle avait vu quelque chose collant à la description trainer par terre avant de pousser la porte. Ses pensées, rythmées par les bouts de verre qui raclaient régulièrement le carrelage, ne trouvèrent aucun écho favorable. Ennuyée par le peu d'attention qu'elle portait à ce qui l'entourait quand elle roulait, elle entreprit de passer le balais un peu plus efficacement. Qui sait; peut-être que ce qu'il cherchait était juste enfoui sous des tonnes de débris et qu'ils le retrouveraient en faisant le ménage.

La bonne excuse. Elle voulait sincèrement l'aider, cela dit.

« ... tufaisquoi... ? »

Solaine poussa les derniers morceaux dans un coin, jaugeant du regard la surface lisse et relativement propre qu'elle avait dégagé. Bon, il y avait encore beaucoup à faire, mais... le reste pouvait attendre.
Le balais heurta un meuble, manquant de faire tomber une louche dans le processus. La jeune fille se retourna vers l'esprit frappeur, haussant négligemment les épaules. Ce qu'elle faisait ?

« Un brin de ménage. Parce que retrouver ton truc dans tout ce fouillis... »

Ça ne va pas être du gâteau, compléta-t-elle mentalement en passant son regard sur le désordre qui les entourait. On disait souvent qu'on retrouvait ce qu'on cherchait quand on y pensait plus; c'était bien beau, mais quand ce qu'on avait perdu était important, on avait pas forcément tout le temps du monde devant soi.
Même en étant condamné à vivre pour l'éternité.

« Mais euh... Il était où la dernière fois que tu l'as vu ? »

Peut-être qu'il aurait dû s'allonger autre part. Mais dans la cuisine, il n'y avait ni fauteuil ni canapé, alors à moins de lui faire un nid de chiffons sur le sol... Il en portait déjà assez sur lui. Avisant un bout d'antenne sous un meuble, Solaine fronça ses sourcils et comme par magie, la sale bête noire disparue dans l'interstice sans demander son reste.
Cet endroit était sale, en désordre, et s'il devait chercher son objet – quel qu'il soit, ils devaient commencer par ranger pour y voir clair.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Jeu 25 Juil 2013 - 0:16

    A présent, le poltergeist peinait beaucoup à émettre autre chose que des borborygmes incompréhensibles ; et ce pour la simple et bonne raison que, loin de s'atténuer au fur et à mesure, ses maux de ventre ne faisaient qu'empirer. Réaction presque logique dans un cas de ce genre, il tenta donc de se concentrer sur autre chose. Et d'éviter de baver, aussi, parce que ça risquait de salir le sol que Solaine était en train de nettoyer.
    Se concentrer sur le sol. Des dalles blanches, noires, blanches, noires, un peu comme le damier d'Arlequin - à ceci près qu'Arlequin était propre, lui. Ce sol-là était nettement plus encroûté, d'épaisse couche brunâtre et beige, quelques chose qui collait nettement plus avec les tendances halloweenesques. Bye bye, dear puppet. C'était peut-être des vomissures après tout. Ou de la pulpe de citrouille écrasée.
    La voix de Solaine agressa les tympans bourdonnants de l'esprit frappeur :

      « Un brin de ménage. Parce que retrouver ton truc dans tout ce fouillis... Mais euh... Il était où la dernière fois que tu l'as vu ? »

    Halloween se demanda quoi. Qui, quoi. Une partie de dominos - il essaya de roule sur le côté avec ses grands mouvements habituels mais ne parvint qu'à retomber sur le bois, tel une lourde nappe orange et noire. Déçu, il réussit uniquement à lever une main pour se gratter la tête en fixant le sol.
    On ne faisait pas le ménage, chez lui. Peut-être que le ménage se faisait tout seul. Peut-être que les meubles, à force de bouger dans tous les sens, jetaient la poussière par la fenêtre, ou peut-être juste que la poussière et les cendres et les araignées faisaient partie de la maison. Ménage, ménage, un chaos pas possible, tout était en désordre. Et donc on ne retrouvait rien.
    On perdait tout.
    On se faisait gronder. On se faisait jeter dehors. Et puis Octobre sortait jeter des bonbons sur la tête des enfants pas sages, et puis, et puis...
    Et puis il l'avait perdu quand même. C'était important, très important. Qu'est-ce que c'était déjà ?

      « Je sais plus. » Gémit l'esprit frappeur en laissant retomber son front sur la table. « Il est parti. Il veut me faire punir. Pourquoi tu nettoies, dis, Solaine ? »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mer 21 Aoû 2013 - 15:34

...

« Je sais plus. Il est parti. Il veut me faire punir. Pourquoi tu nettoies, dis, Solaine ? »

Parce que le désordre, c'est sale. La jeune fille afficha une moue perplexe, louche et spatule dans une main. Il lui faisait peur, à se laisser tomber et retomber comme s'il voulait absolument s'assommer contre le bois de la table. Elle n'osait pas imaginer ce que ça pouvait donner s'il décidait d'embrasser un peu trop brusquement le sol ! Habituée aux instruments de cuisine, à tous les placards et aliments qu'on pouvait y trouver, Solaine eut vite fait de les remettre à leur place. Ceux qui étaient trop sales pour servir sur le champ firent un vol plané dont la délicatesse laissait à désirer vers l'évier encombré ; le reste fut reposé avec un petit coup de chiffon propre. Le visage déformé et retourné que lui renvoya une cuillère accompagna des réflexions qui avaient toujours tendance à lui faire froncer les sourcils. Concentration.

Pourquoi, en effet...

« Parce que je sais pas pour toi, mais je vois pas à travers les objets. Donc quand tout est en désordre comme ça... »

Inutile d'essayer de s'y retrouver. Elle ficha la cuillère dans un tiroir dont elle claqua bruyamment la poignée. C'était son truc, de laisser les phrases en suspend. Il allait falloir qu'elle y remédie. Et pour chasser les cafards, qu'est-ce qu'elle pouvait utiliser ? Non, sérieusement, ça la dépassait qu'on puisse vouloir manger dans ces conditions. La preuve que ce qu'il y avait ici n'était pas comestible se roulait en gémissant sur la table, à même pas un mètre d'elle. On voulait les empoisonner, ou quoi ?
Sur cette réflexion qu'elle jugea tout à fait appropriée à la situation, elle entreprit d'aligner des conserves à l'allure honnête sur un des buffets. Halloween, qui volait de pièces en pièces à la recherche d'ennuis et de victimes, semblait avoir été pris à son propre jeu. La faute à sa maladresse, à priori, ce qui n'empêchait pas son amie de se poser mille et une questions. Qu'est-ce qu'il fallait, pour faire peur à un esprit frappeur ? Une sacrée dose d'autorité, faire des trucs encore plus flippants que lui, avoir des pouvoirs incommensurables ? Pouvoir le tuer ? Non, se corrigea-t-elle en singeant son ridicule, c'était un peu trop exagéré. Il ressemblait plus à un enfant qui tremblait de la punition qu'allaient lui infliger ses parents, pas d'un condamné à mort qui contemplait son gibet.

Le chiffon fit voler la poussière qui restait et avait le culot de la narguer.

« Enfin, tu sais, je sais pas de quoi ou de qui tu as peur, mais... personne peut entrer, ici. Alors à priori, t'es tranquille de ce côté là. »

Il devait toujours retrouver son truc, mais au moins, personne ne pouvait le punir en attendant. Personne ne le saurait, probablement. C'était plutôt bien, non ? Au lieu de se morfondre, il pouvait recommencer à chercher – de préférence en remettant en place tout ce qu'il avait dérangé durant sa crise d'angoisse. Enfin, si son indigestion carabinée passait un jour.
Oh, tiens...

« Eh, si ça se trouve quelqu'un l'a ramassé. »

Et elle ne savait pas combien de pies il pouvait y avoir au pensionnat. Ou d'adeptes du « si c'est par terre et que je le trouve, c'est à moi ». Ça valait le coup d'essayer.

Il avait pas pu s'échapper par la fenêtre et vers d'autres horizons, songea-t-elle en continuant son tri. Il finirait forcément par le retrouver. Ils avaient l'éternité pour ça.


Dernière édition par Solaine Rozak le Sam 19 Oct 2013 - 23:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mer 21 Aoû 2013 - 16:12





Solaine nettoie la pièce, et trouve :

« Rien du tout, mais ça fait du bien aux yeux. »


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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Ven 20 Sep 2013 - 20:20

    S'il y avait une chose qu'Halloween détestait encore plus que les coups de latte dans la figure et les maux de ventres carabinés, c'était bien de devoir se traîner sur le sol comme une loque puante. Ce n'était pas tant le sol lui-même qui lui posait problème cela dit - après tout il lui arrivait bien pire lorsqu'il était parti pour terrifier les humains, qu'un peu de saleté sur ses habits. Plutôt le fait que, dans un état pareil, il lui était absolument impossible de voleter en tous sens de manière quasi-hystérique et de harceler les pensionnaires comme il en avait l'habitude. Du moins pas sans être opportunément transformé en paillasson par des adolescents qui n'auraient pas de plus grand plaisir que celui de s'essuyer les pieds sur son cadavre.
    Impuissant, donc, il ne pouvait que remâcher péniblement son désespoir et son mal à l'estomac ; et éventuellement rrrramper - ce qui de toute façon ne l'aurait pas mené très loin.
    En un sens, l'activité frénétique de Solaine le fatiguait. Ses yeux ternis de nausée la suivaient lentement avec un léger décalage, et ces allers-retours finissaient par lui donner le tournis.

      « Parce que je sais pas pour toi, mais je vois pas à travers les objets. Donc quand tout est en désordre comme ça... »

    A ces mots, Halloween fronça les sourcils. Évidemment qu'il ne pouvait pas voir à travers les choses. Personne ne pouvait faire ça ; et d'ailleurs, il n'en voyait pas l'intérêt. Le lien avec le ménage, d'ailleurs, lui échappait : comme souvent lorsqu'il était question de raisons pragmatiques.

      « Enfin, tu sais, je sais pas de quoi ou de qui tu as peur, mais... personne peut entrer, ici. Alors à priori, t'es tranquille de ce côté là. »

    Et l'allusion frappa l'esprit frappeur alors qu'il entreprenait de descendre de la table le long d'un pied, à la manière d'un escargot solidement arrimé grâce à sa bave et sa constitution caoutchouteuse. Son impact fut cependant atténué lorsqu'il lâcha prise et s'écrasa mollement sur la tête avec un choc étouffé. Le reste de son corps suivant comme un bout de chiffon, Halloween rata la phrase suivante sur le coup.
    En revanche, lorsqu'elle monta à son cerveau, elle eut l'effet d'un électrochoc.

      « Eh, si ça se trouve quelqu'un l'a ramassé. »

    Le corps du poltergeist se dressa d'un seul coup, presque en convulsion; selon un angle droit parfait qui lui donna l'air d'un pantin de bois tracté par des fils d'acier. Son visage se déforma sur une grimace épouvantée, et ce fut comme si ses yeux déjà ronds comme ceux d'une chouette s'apprêtaient à jaillir de leurs orbites ou à dévorer l'ensemble de son visage blafard.

      « NON ! »

    Les membres d'Halloween tressautèrent, comme parcourus par un courant électrique : puis soudain, il se mit à rouler sur le côté dans toute la pièce, hybride grotesque entre une toupie folle et un tas de chiffons destructeur. Une sorte de plainte aiguë venue de nulle part se mit à résonner entre les murs, vibrante et désagréable : l'esprit rebondit contre plusieurs meubles, faisant tomber un bocal ou deux qui se fracassèrent à terre en répandant leur contenu sur les dalles, et voler dans toutes la pièce les objets léger qui n'avaient pas le privilège d'être accrochés à un support solide.
    Enfin, la tornade Halloweenesque se calma d'un coup, en allant tout bonnement se fourrer dans un placard obscur dont la porte se rabattit sur son corps orange avec un claquement sec.
    Le silence retomba. Recroquevillé dans le noir, Halloween écouta la plainte qu'expiraient ses poumons haletants et les dizaines de mots qui se superposaient dans sa tête comme un cortège funèbre en pleine lamentations. Octobre allait le tuer. Novembre l'emporterait loin, loin, dans une nuit glaciale qui ne s'arrêterait jamais. Ils seraient en colère, très en colère, si quelqu'un l'avait pris, personne ne pouvait l'avoir pris, personne ne savait ce que c'était, on ne pouvait pas le ramasser, ce n'était pas ramassable, personne n'avait le droit de voir, de toucher, de sentir, de partir avec non, personne ne pouvait le faire punir comme ça c'était injuste et d'abord qu'est-ce que c'était déjà qu'est-ce que c'était pourquoi il était là et pourquoi il l'avait perdu perdu perdu perdu perdu...

    Au bout de quelques minutes de calme plat, la porte du placard se rouvrit lentement, avec un grincement presque timide. Le garçon en orange sortir sa tête ébouriffée, capuche rabattue en arrière, de l'obscurité : le maquillage étalé sur ses joues lui donnait l'air d'avoir pleuré, ses yeux écarquillé une expression fatiguée et l'allure d'un fantôme en guenilles de saltimbanque. Silencieux, il s'extirpa de son réduit et vola à ras du sol, les genoux frottant contre les dalles, jusqu'aux bocaux qu'il avait fait tomber. Dont il entreprit de ramasser le contenu et les bris de verre avec une maladresse consternante, en raison de ses manches encombrantes. De toute façon Halloween n'avait jamais vraiment l'air de savoir se servir de ses mains ; il aurait mieux fait d'abandonner tout de suite, d'ailleurs. Mais il s'obstinait à rassembler les éclats éparpillés en balayant le sol de ses manches oranges. Une main gantée comme engourdie pouvait quand même saisir les épices séchées, quand une fois sur deux ses tressautements nerveux ne les laissaient pas échapper d'entre ses doigts. L'esprit frappeur avait le regard fuyant, la tête rentrée dans les épaules et l'air presque penaud. Les doigts tremblants comme des araignées. Où c'était, où c'était...

      « Te fâche pas, Solaine, te fâche pas. Je fais des bêtises. Je fais des bêtises, pardon. » Murmurait-il comme si les muscles de ses mâchoires étaient rouillés et sa langue figée dans la pierre.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Dim 20 Oct 2013 - 0:41

...

Le cri d'Halloween surpris tellement Solaine que ses mains en laissèrent tomber le chiffon qu'elles tenaient. Une seconde plus tard, elles se collaient à ses oreilles dans l'espoir d'épargner à leur propriétaire un mal de tête que le cri vrillant de l'esprit frappeur menaçait de créer. Il sembla à la jeune fille qu'une tornade vive et miniature remuait la pièce en tout sens, mettant tous ses efforts à bas et faisant voler tous les objets qu'elle avait pris la peine de ramasser. Pas le temps de s'agacer du désordre : une fois le calme revenu, la gorge nouée et le souffle coupé, Solaine promena ses yeux bleus le long du décor à la recherche d'Halloween. Elle ne le trouva pas dans le pandémonium de la pièce, donnant à son cœur une nouvelle raison de s'agiter. Ça n'allait vraiment pas, là ! Qu'est-ce qui lui était passé par la tête, qu'est-ce qu'elle avait pu dire qui l'ait autant choqué ? Ses doigts, parcourus de petits tremblements, laissèrent derrière eux un sourd bourdonnement.

Elle aurait pu le chercher longtemps, l'ami du 31 Octobre ; après quelques minutes à croiser les bras et se pencher pour voir le dessous des tables, la porte d'un des placards s'ouvrit dans un grincement. Solaine en vit le poltergeist sortir, barbouillé de noir, et cette vision si inhabituelle ne laissait pas de la perturber. Difficile d'aider un personnage qui s'exprimait par cris et borborygmes quand il ne répondait pas à côté de la plaque. Elle ne savait même pas ce qu'il avait perdu précisément.
Des secrets d'esprit ? Les manches et les genoux à ras du sol, comme un enfant, il entreprit de ramasser (ou essayer du moins) les bocaux qui avaient eu la chance de survivre à sa première investigation et avaient péri à la deuxième.
Il lui sembla qu'il murmurait quelques piètres excuses, plus maussade que jamais. Solaine n'avait ni le profil d'une mère affectueuse ni celui d'une tendre confidente. Cette attitude l'agaça soudain et elle fronça les sourcils sans parvenir à se décider pour autant. Elle n'allait quand même pas le frapper, ça n'aurait eu aucun sens ! On ne dirait pas d'elle qu'elle matraquait tout ce qui passait à sa portée. Non, ce n'était pas le cas. Elle ne voulait pas aggraver la situation, en plus de ça.

Ses roues gémirent sous la pression quand elle se déplaça jusqu'au poltergeist. Elle le prit comme elle le put par les épaules, sans chercher à atténuer la brusquerie naturelle de ses gestes. Il ressemblait un peu à ses cousins, par certains points ; la comparaison n'était pas si ridicule, quand on y pensait. Les enfants étaient tous les mêmes. Qu'aurait-elle fait si Benoît et Timothée étaient venus se réfugier en pleurant dans ses jupes parce qu'ils avaient perdu leur lance-pierre ?
Solaine savait que nettoyer une pièce ne faisait pas parti des réponses possibles. Elle abandonna chiffons et louches pour gronder, la voix un rien menaçante :

« C'est bon, on arrête les ouragans maintenant, d'accord ? Si tu veux pas te faire punir, il faut retrouver ton truc, un point c'est tout. Pas te cacher dans un placard. »

Mine de rien, ses accès d'angoisse faisaient peur en plus de tout mettre sans dessus dessous. Il allait falloir chercher sans passer tous les meubles par la fenêtre.

« Donc tu vas te concentrer et me dire où tu penses l'avoir vu pour la dernière fois. »

Solaine Rozak, meilleure encore que Sherlock Holmes. Même si le fond laissait – peut-être – à désirer, l'intention était bonne. Et maintenant qu'elle avait décidé de prendre cette affaire en mains, à moins de l'assommer et l'attacher dans un coin, on ne l'arrêterait pas. Solaine est têtue.
Et elle espérait qu'Halloween aussi.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Jeu 7 Nov 2013 - 19:57

    En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Halloween se retrouva secoué comme un prunier entre les mains d'une Solaine pas très contente. Ou en tout cas, c'est l'impression qu'il en retint ; le passage entre la position au sol et la poigne de la jeune fille lui échappa complètement. Il se retrouva à la fixer sans piper mot, les yeux écarquillés et la tête ballottant au rythme des gestes délicats qui déplaçaient son anatomie.
    Evidemment, puisqu'il n'avait pas l'habitude d'être tangible, il n'avait pas l'habitude d'être touché, et encore moins celle d'être réprimandé physiquement par une damoiselle peu soucieuse de prendre des gants. D'où son air légèrement hagard et son manque de réaction, attestant que pour une fois il ne savait plus du tout quoi faire.
    Sachant que l'option "hurler et casser tout' avait déjà été utilisée une ou deux fois, et que la redondance, c'est le mal.

      « C'est bon,» S'exclama la geôlière en portant sur sa personne un regard de fer, « on arrête les ouragans maintenant, d'accord ? Si tu veux pas te faire punir, il faut retrouver ton truc, un point c'est tout. Pas te cacher dans un placard. »

    Impossible de nier ce qu'il y avait d'implacable dans cette logique. Quand on cherche on trouve, il faut chercher pour trouver ou ça marche pas, et si tu trouves tu te fais pas gronder et ça sent bon la citrouille. Happy End. Et tout ça grâce aux merveilles du nettoyage et à l'efficacité d'un esprit bien rationnel.

      « Donc tu vas te concentrer et me dire où tu penses l'avoir vu pour la dernière fois. »

    Oui, sauf qu'Halloween est tout sauf rationnel. Ce qui fausse un peu les calculs.
    Le poltergeist dévisagea Solaine un instant en clignant des yeux, ruinant un peu la potentielle scène saturée de motivation et d'enthousiasme dans laquelle il aurait bondi sur ses éventuels pieds en effectuant un garde-à-vous réglementaire avant d'aboyer une liste de lieux claire et précise.
    Encore un rêve qui tombe à l'eau.
    Au lieu de ça, un sourire découpé au couteau se colla sur son visage et il appuya un doigt glacé sur le front de la jeune fille.
    Et puis ses deux mains se collèrent sur ses yeux, comme s'il s'apprêtait à jouer à colin-maillard. A ceci près qu'alors qu'il ne les avait pas retirés, d'autres mains aux doigts froids vinrent saisir celles de l'adolescente pour les ouvrir, déposer un bonbon au papier métallisé à l'intérieur, et les refermer.
    Et puis, par un revirement tout aussi peu justifié que les précédents, l'esprit frappeur relâcha son amie et se remit à voleter tranquillement dans la pièce en fourrant son nez un peu partout.

      « J'me souviens pas je te dis. Il était pas sous le lit d'Alizée tu sais. Je me demande pourquoi. »

    Il aurait mieux fait de demander à Shlagvu. Il lui fit part de cette réflexion à voix haute, tout en ouvrant tout grand le réfrigérateur. Sans la moindre précaution, il plongea la main dans le premier pot qui s'offrait à lui et et tira un bout de papier maculé de crasse.
    C'est drôle, il lui semblait avoir déjà vécu cette scène.


Dernière édition par Halloween le Jeu 7 Nov 2013 - 22:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Jeu 7 Nov 2013 - 21:53





Halloween fouille le réfrigérateur, et trouve :

« Une feuille cachée dans un pot de moutarde périmée depuis au moins 5 ans. »


[ACTION 4/4]

13


Je porte fièrement la jolie montre gousset qu'elle m'a offert, et la petite gourmette artisanale faite par Nelly. Il faut avouer que je suis plutôt gâté, et que les autres garçons semblaient un peu jaloux, il m'ont même balancé toutes les guirlandes du sapin sur la figure, à la fin ! Une fête comme il en faut, quoi, même si la fin des vacances arrivent. J'ai déjà commencé à loucher sur mes livres de cours, mais en me voyant les feuilleter, Nelly les a pris et les a cachés je ne sais où. Si on a même plus le droit de se cultiver un peu…

--------------------------------------

Le XX/YY,

Maintenant que Noël est passé, j’ai enfin pu reprendre mes livres qui avaient été lâchement pris en otage par Nelly. Mais quelque chose de plus intéressant encore s’est produit, et c’est un euphémisme ; je ne suis habituellement pas porté sur les cancans, ragots et autres rumeurs, mais celle-ci est du premier intérêt, je pense.

Depuis le début du cours de ce matin, Christian faisait de légères piques, innocentes au début, qui pouvaient être qualifiées d’ironie sympathique, jusqu’à ce qu’il déborde et finisse par à peine voiler ses sous entendus vers la fin du cours. J’ignore ce qu’il s’est passé entre lui et Ombeline, mais il semble qu’une cassure se soit effectuée entre eux deux ; je ne l’avais jamais entendu parler d’elle avec ce ton et cet irrespect. C’était tellement peu subtil que je suis sûr que toute la classe a compris : il a insinué qu’elle ne savait plus écrire son véritable prénom depuis qu’elle en avait usurpé un autre… Personnellement, je l'ai toujours appelée Mme. Irvine, ne faisant pas particulièrement partie de ses proches (elle semble préférer mes pairs masculins mieux bâtis, sans arrière pensée aucune...), mais je rappelle maintenant avoir déjà noté qu'il fallait parfois plusieurs fois à Ludivine pour qu'elle se retourne à l'énonciation de son nom. Sur le coup, je m'étais juste dit qu'elle avait peut-être une légère surdité, mais il faut dire avouer que si "Ombeline" n'est pas son véritable prénom, tout cela parait plausible.

Je me demande bien ce qu’il y a là-dessous, vu que cela semblait assez grave. Mais l’histoire a déjà fait le tour de l’école, et tout le monde a sa version. Personnellement, je pense qu’au moins Perrin, Ombeline voire Ludivine également, étaient au courant et qu’ils l’ont soigneusement caché. Peut-être que Christian ne l’était pas, et que lorsqu’il l’a découvert, il a propagé la rumeur pour se venger… ?


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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Jeu 12 Déc 2013 - 11:54

...

C'était un peu une chasse au trésor impossible, mais le problème c'était que Solaine n'avait pas ce mot dans son vocabulaire ; et que quoi qu'Halloween dise ou fasse, elle trouverait toujours quelque chose pour justifier ses exclamations et ses gesticulations. Chercher un truc dont elle n'avait aucune idée de la forme, sinon de vagues comparaisons sorties tout droit d'un drôle de tableau un peu absurde, le tout en compagnie d'un poltergeist à qui il manquait deux ou trois cases quand il s'agissait de réagir comme tout un chacun, c'était pas simple. Mais c'était pas impo – non, elle avait déjà dit qu'elle ne voulait même pas le prononcer, ce mot. Il avait un goût trop amer dans la bouche : interdiction d'abandonner. Une philosophie qui prenait des accents un peu trop simplets une fois sortie de sa bouche mais qui bouillonnait de principes derrière son front, sur lequel Halloween venait d'appuyer un doigt glacé. Solaine n'eut pas le temps de hausser des sourcils surpris que la cuisine et la silhouette colorée d'Halloween s'étaient estompées pour faire laisser place à une obscurité artificielle que teintait encore une lumière blafarde. Qu'est-ce qu'il était en train de faire, là ? C'était pas le moment de jouer ! Elle s'apprêtait à les retirer, pas paniquée mais agacées par ces sursauts qu'elle ne comprenait pas toujours (le bel euphémisme), quand deux autres poignes tout aussi gelées la forcèrent à ouvrir les mains. Cette fois, il lui sembla bien que sa circulation sanguine venait de s’arrêter sans prévenir. Quoi...

Et l'angoisse, le bref battement de cœur plus rapide que les autres s'était évanoui avec le retour du visage souriant d'Halloween sur un fond de carrelage encore poisseux. Elle papillonna des yeux, interdite, avant de baisser la tête vers le bonbon qui contrastait avec la peau blanche de ses paumes. Elle croyait pas vraiment à la magie avant d'entrer au pensionnat, Solaine ; les choses inexpicables finissaient toujours par trouver un sens. Les lutins des comptes d'enfants, les légendes des plaines et même les monstres aux yeux fauves de la forêt. Il lui semblait s'être surtout montrée sceptique par vanité et pour se démarquer des autres. L'esprit se remit à flotter et à fureter dans la pièce, sans rien renverser sur son passage, ce dont Solaine se félicita confusément. Les pots allaient finir par se plaindre d'être martyrisés comme ça. Eh.

« J'me souviens pas je te dis. Il était pas sous le lit d'Alizée tu sais. Je me demande pourquoi. »

Solaine lui aurait plutôt demandé, à l'affût d'un indice, pourquoi il aurait été sous le lit d'Alizée en premier lieu (c'était pas vraiment la meilleure cachette au monde, si ?), mais le nom aux consonances barbares jeté dans une réflexion vagabonde la fit stopper nette. Qui ça ? Shla... Hein ? La pauvrette passa en revue ses connaissances et les noms affichés sur les portes des dortoirs, autant que sa mémoire parfois pas très coopérative le lui permit, sans résultat concluant, vous vous en doutez bien. La personne concernée ne dormait pas sur un des lits après tout, mais dessous. Intriguée sans oser l'avouer, elle fit mine d'avoir compris, histoire de ne pas passer pour une idiote. Déjà, se dit-elle, repartant dans ses réflexions entrecoupées des bruits parasites d'Halloween, son machin devait pas être dans la cuisine : il avait crée un véritable cataclysme à deux reprises, sans que rien ne sorte de cette tempête de chiffons et OH MON DIEU.

« BOUGE PLUS HALLOWEEN. »

Pour donner plus de poids à l'ordre qu'elle venait de beugler délicatement, Solaine tendit la main, paume ouverte, devant elle. Si le bonbon qu'elle tenait serré dans l'autre avait été vivant, il aurait pu se plaindre de la pression qu'elle lui imposait.
Là. Une. Feuille. Une putain de feuille de Rudy, elle en était certaine. Juste dans la main d'Halloween, qui venait de la retirer du réfrigérateur comme on sort un yaourt le matin.

D'où l'urgence de son interjection, même si ça ressemblait plus à un « bouge plus t'as une énorme araignée sur l'épaule » qu'à un « bouge plus je crois qu'on vient de découvrir l'emplacement de l'Eldorado ».
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Ven 13 Déc 2013 - 17:44

    C'est pas vraiiiii. Encore un bout de papier inutile ? Il allait pouvoir en faire une collection ! Si encore c'étaient des feuilles maudites ou décomptant le temps qui restait à vivre de leur possesseur, pourquoi pas, mais là c'était juste des trucs sales couverts de mots sans intérêt. Halloween se demandait bien qui pouvait faire des blagues aussi nulles, en supposant qu'il s'agisse bien de blagues. Même lui ça ne le faisait pas rire.

      « BOUGE PLUS HALLOWEEN. »

    Saisi par la puissance du cri, le poltergeist se cadavérisa instantanément, ce qui eut pour effet de le faire tomber comme une masse. Après seulement, une fois au sol, il eut l'idée de regarder autour de lui ce qui justifiait ce hurlement : pas de monstre ou de chaise volante, pas d'explosifs, pas de...
    Halloween fronça les sourcils et regarda Solaine comme si elle était folle. 

      « What ? »

    Et puis il songea que c'était peut-être le bout de papier moisi qu'elle voulait. Ses souvenirs remontant enfin à la surface, il se rappela combien de gens lui avaient envoyé divers objets contondants à la figure pour récupérer ce qu'il tenait dans les mains à cet instant même. Certaines traces violacées encore présentes  sur son visage venaient de là, d'ailleurs. 
    L'esprit frappeur entreprit avec mauvaise humeur de faire le décompte de tous les bouts de papier moisis qui lui étaient tombés entre les mains jusqu'à présent. Coups de tringle dans la salle à manger, coups de livres dans la bibliothèque, et re-déchiquetage sans que la bibliothécaire fasse rien... L'enfant se surprit à loucher sur Solaine avec méfiance en se demandant si le moment était venu de se faire rouler dessus jusqu'à ressembler à une tache orange incrustée dans les interstices du carrelage. 
    Par conséquent, la feuille qu'il tenait entre le pouce et l'index s'éloigna progressivement de son visage comme si elle risquait de le mordre ; cependant le poltergeist ne la lâcha pas, son visage grimaçant trahissant une claire hésitation entre deux conduites à suivre. A savoir, réduire ce facteur de coups et blessures en cendres sur-le-champ (ou l'avaler tout rond, ça marchait aussi) ou le jeter sur Solaine et s'éloigner très vite de sa machine roulante potentiellement dangereuse. Choix cornélien s'il en est. 
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Mar 17 Déc 2013 - 10:33

...

L'heure était grave. Très grave. Solaine ne faisait plus le décompte des jours passés au Pensionnat depuis longtemps, mais le temps restait présent à travers les mois qui fuyaient sans qu'elle puisse rien y faire : il marquait son corps sans daigner s'arrêter comme il le faisait chez certains. Alors oui, les feuilles du journal de Rudy, pour peu qu'elle permettent une solution et une potentielle évasion, c'était une affaire on ne pouvait plus sérieuse. Solaine craignait l'esprit joueur et parfois contradictoire du poltergesit ; elle l'aimait bien mais ne savait jamais quand il allait se comporter comme un enfant et quand il allait se mettre à hurler et mettre toutes les pièces du manoir dans un désordre morbide. Elle n'était peut-être pas la plus fine ici, mais elle se rendait compte que toutes les attitudes et toutes les personnalités se déclinaient en nuances complexes (sauf pour ce protozoaire de Nick, mais ce n'était pas la question). On ne pouvait pas tout prendre à la légère ou prétendre tout connaître. Le bras tendu à s'en faire mal, elle soutint le regard d'Halloween, les yeux durs comme le silex.

S'il osait brûler le bout de papier, aussi ragoûtant qu'il paraisse ainsi enduit de... mayonnaise ou de moutarde, elle n'aurait su dire, elle ferait subir le même sort à Halloween. Enfin, non, elle ne le ferait pas, elle se contenterait de le penser très fort en espérant que ça laisse des marques par la seule force de sa persuasion : mais Solaine avait besoin d'y croire, sur la seconde. Elle voulait rentrer chez elle, comme le trois quart des pensionnaires. L'idée que la disparition de cette feuille puisse tout gâcher amènerait les larmes de frustration à ses yeux et les cris de rage à sa bouche. Surtout, ça ne rendrait pas l'esprit frappeur plus populaire, elle pouvait en jurer. Mine de rien, elle aurait détesté qu'il finisse par se faire lyncher – et qu'il ne puisse pas en mourir n'y changeait rien, hein.

Ça mis à part, d'accord, elle l'avouait, elle était plutôt égoïste. Les fourmis dans son bras et le ridicule de sa position la firent replier ce dernier contre sa poitrine, les lèvres pincées. Elle n'allait quand même pas prier ! Peut-être qu'un simple mot suffirait.

« Écoute, Halloween, cette feuille doit être aussi importante pour moi que l'objet que tu as perdu l'est pour toi. Ce serait vraiment pas gentil de la déchirer. »

Ou de la brûler, ou de l'éparpiller, ou – il avait dû saisir l'idée. Si elle était incapable d'en trouver une par elle-même, elle pouvait au moins préserver celles que des mains inquisitrices tiraient des quatre coins du Pensionnat. Dans sa petite tête fixement tournée vers son objectif, elle avait énormément de mal à admettre qu'on puisse vouloir les détruire pour fermer toute porte de sortie. Elle aurait fait pareil si elle avait voulu rester ici à tout prix, pourtant.

Qu'il organise une chasse au trésor s'il le voulait, mais qu'il la laisse intacte. S'il avait été philanthrope, elle lui aurait parlé du bien et du bonheur communs – mais bizarrement, elle doutait d'y trouver une oreille plus attentive et compréhensive que ça.
En plus, elle n'aurait sûrement pas pensé le quart de ce qu'elle aurait débité dans l'urgence. Ça faisait du bien de se souvenir, de temps à autre, qu'on agissait surtout pour soi.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Sam 21 Déc 2013 - 1:38

    La feuille restait suspendue entre les doigts de l'esprit frappeur comme dans la serre d'un crochet se balançant au plafond d'une cave obscure, prête à être soumise aux pires tortures qui puissent sortir de l'imagination fébrile d'un esprit dérangé élevé dans l'humidité et la moisissure du monde souterrain. Halloween, lui, fixait toujours qui Solaine, qui le bout de papier, de l’œil hésitant du poulet qui contemple boucher et billot en se demandant si le résultat pourrait en être un poulailler neuf.
    Ou un séjour dans la casserole. Et Halloween n'avait pas vraiment envie de finir dans l'assiette. Parce qu'outre le fait que le plat en découlant soit très certainement indigeste, être dissout dans des sucs gastriques humains n'était pas ce qu'il avait imaginé comme fin de vie. En fait il n'y avait pour ainsi dire jamais pensé du tout puisqu'un esprit ça ne meurt pas et que maintenant qu'on en parle si une mésaventure pareille lui arrivait il passerait certainement le restant de l'éternité sous forme de protéines fantomatiques exsangues ou de toute autre matière nettement moins ragoûtante que celle-là.
    Mais de toute façon, Solaine n'avait pas l'intention de le manger, n'est-ce pas ?
    Il avait lu quelque part que les humains ne mangeait pas les autres créatures humanoïdes, et avaient surtout peur d'être mangés par tout ce qui avait des dents pas trop plates, raison pour laquelle ils étaient assidus à la chasse au loup et ne consommaient globalement que des vaches. Ou peut-être que ça datait de quelques siècles, ça. Parce qu'il y avait les poulets aussi, maintenant.
    Solaine, elle, avait l'air de royalement s'en foutre et Halloween se demanda si elle n'allait pas finir par enflammer la feuille à force de la fixer. Ou faire un trou dedans. Tant qu'à faire, il préférait être assez loin de la zone d'impact si ces prédictions venaient à se réaliser, hein...

      « Écoute, Halloween, cette feuille doit être aussi importante pour moi que l'objet que tu as perdu l'est pour toi. Ce serait vraiment pas gentil de la déchirer. »

    Le poltergeist cligna des yeux ; puis grimaça, parce que c'était vraiment ce qu'il avait envie de faire. Ça le démangeait ; ça lui en brûlait presque les doigts. Il exécrait cette feuille immonde, marronnasse et pleine d'une substance jaunâtre qu'il ne trouvait sale que parce qu'elle se trouvait dessus. Il aurait voulu la réduire en cendres, l'annihiler, faire disparaître tout ce qui y touchait et tout ce qui un jour avait eu l'audace d'y penser ou de poser les yeux dessus. Le plafonnier commença à clignoter, réagissant de manière très classique à l'inquiétude de l'esprit frappeur et à la tempête qui se déchaînait sous son crâne de fantôme. Parce qu'outre la colère contre ce maudit bout de papier qui voulait absolument lui faire se fracasser le crâne contre un quelconque objet de préférence dur ou pointu, il y avait toujours, tournoyant dans sa petite tête, la crainte irrationnelle que la jeune fille se lève soudain de son fauteuil pour se transformer en monstre baveux à longue dents et l'étale par terre pour l'aplatir soigneusement grâce aux roues dentelées de son fauteuil démoniaque.
    Assez ironique, pour un démon.
    Quoiqu'il en soit, après un long moment de panique montante durant lequel ses yeux affolés allèrent successivement de l'expression crispée de Solaine à la feuille de papier maléfique en un aller-retour fébrile tel le roulis mortel d'un manège maléfique qui ne s'arrêterait de tourner qu'une fois descendu dans les profondeurs de l'enfer Halloween lâcha un couinement étranglé et fila dans l'encadrement de la porte avec un étrange bruit de succion. Le poltergeist disparut en ne laissant derrière lui que l'écho d'un caquètement affolé et de chocs contre les murs d'un vol désordonné.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.   Sam 21 Déc 2013 - 3:59

...

Il n'allait pas oser, hein ? C'était dans ces moments-là que Solaine maudissait encore plus son pouvoir que de coutume, désirant presque au désespoir un quelconque don de télékinésie qui lui aurait permis de déplacer les objets sans les toucher ; n'importe quel truc du genre, pourvu qu'elle puisse récupérer cette feuille avant que son ami tout d'orange vêtu ne décide d'en faire un sandwich au salami. Et vu les œillades méfiantes qu'il lui lançait, elle n'était pas sûre d'avoir le dessus, même armée de ses plus beaux regards noirs. La fillette allait repartir dans l'argumentation pour tenter une dernière percée ; jouer sur le registre sentimental à son grand dégoût, sans savoir si Halloween pouvait en avoir quelque chose à faire de ses plaintes édulcorées. A vrai dire, elle ne savait pas s'il pouvait seulement y être sensible. Il le ressentait pourtant bien, l'angoisse qui s'était emparé de lui quand il avait remarqué la perte de son objet. La moitié des pièces du pensionnat y étaient passées.

Solaine se mit à espérer vivement un nouveau mal de ventre qui le terrasserait pour une bonne petite heure. Le temps de s'emparer de la feuille, de la laver, la mettre en lieu sûr et revenir soigner le pauvre poltergeist sur les lieux du crime. Malheureusement pour elle, le gamin nerveux au corps tendu ne fit que faire vaciller la lumière du plafonnier, arrachant à son interlocutrice un frisson. Pas la peine de se mettre dans cet état quand tout ce qu'il avait à faire, c'était la lui donner bien gentiment ! Misère.
Évidemment, Halloween ne cocha pas la réponse que Solaine aurait aimé le voir choisir. Au lieu de laisser flotter la feuille jusqu'à elle, il poussa quelques couinements qui se perdirent dans l'écho qu'il laissa derrière lui après s'être précipité par la porte : les yeux grands ouverts, béate d'étonnement, la colère vint bien vite chasser la surprise du visage de la paraplégique. Jamais à court de jurons, celle-ci déversa complaisamment toute sa réserve sans la moindre retenue. Elle en avait, des comparaisons peu flatteuses à faire. Pourtant, tout ce qui s'échappa de sa bouche et lui brûla les lèvres au passage fut une exclamation bête à pleurer :

« AH ! HALLOWEEN, NON ! »

Et puisque les grandes douleurs sont muettes, elle se remit à crier en frappant les accoudoirs de son fauteuil, pire que s'ils avaient été complices du voleur fantôme qui venait de prendre la poudre d'escampette. Le sale, le sale... Le sale lui ! Minable esprit frappeur qui allait se prendre un coup dans la tête dès qu'elle l'aurait rattrapé par le col de son vêtement trop grand ! Elle allait tout fouiller du sous-sol jusqu'au toit et retrouver ce bout de papier et Halloween. Solaine avait un égo qui faisait tout le tour du manoir ; et sa détermination avait à peu près la même taille. Surtout quand la récompense à la clé était un aller-retour potentiel jusqu'à la petite maison de bois de son enfance. Les roues du fauteuil crissèrent sur le carrelage sale, éparpillant quelques morceaux de verre négligés. Il allait voir combien elle était forte à la course, la petite dame en fauteuil roulant. A son tour, plus lentement, et sans voler (hélas !), Solaine passa la porte et déboucha dans le couloir, lançant à la ronde et à qui voulait l'entendre :

« JE TE RENDRAI PAS TON TRUC SI JE LE TROUVE JE TE PREVIENS ! TU VAS SOUFFRIR ! »

Et cette menace était d'une assurance égale aux décibels qu'elle avait employé pour la proférer. Sans réfléchir, elle lança son bolide à toute allure, pas découragée pour un sou par le fait qu'Halloween était plus rapide qu'elle et sans doute loin de là maintenant. Elle allait le retrouver, le dépecer et lui reprendre la feuille, point final. En priant pour qu'il ne l'ait pas déchiré ou brûlé d'ici là.

Course-poursuite lancée.
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[RUDY] Des fleurs séchées remontent à la surface. { Solaine Rozak.

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