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 Ces soirées-là la la lalala[Cyril Charrier]

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MessageSujet: Ces soirées-là la la lalala[Cyril Charrier]   Lun 15 Avr 2013 - 22:25

[ Oui, je suis en retard. Et théoriquement je devrais l'être encore plus, mais tant pis. Désolée, donc. Et c'est court. Et pas terrible vu que je cherche encore Merle. Désolée. ]

La la lala.
Il faisait beau, il faisait doux. Le premier jour de beau temps que Merle vivait depuis cette nuit glaciale, venteuse, pluvieuse qui l'avait vue arriver au manoir. Cela faisait tant de bien, un petit rayon de soleil ! L'optimisme revenait sur le champ, à entendre les oiseaux chanter, à voir le soleil se faufiler par les fenêtres en même temps que l'air frais dans les chambres aux odeurs de renfermé et aux draps moisis. Qui pouvait s'empêcher de sourire quand les beaux jours revenaient, quand les AEA émerveillés se mettaient à jouer dans le parc, courir après les papillons et éternuer d'un air ébahi quand ils tombaient d'un air ébahi ? Qui ne voyait pas sa démarche devenir plus légère et dansante, son visage s'éclairer sans même le vouloir, qui ne riait pas sans raison ? Dans la chambre de Merle, la poussière dansait dans un rayon de soleil, vision féerique qui ne pouvait qu'émerveiller petits et grands. Une bonne odeur de parquet fraîchement ciré montait du sol, les draps étaient presque propres - le pensionnat semblait s'être de lui-même imposé un nettoyage de printemps bien mérité. Décidément, par une matinée si douce, on ne pouvait qu'être sautillant et guilleret.

C'était précisément ce qui exaspérait Merle et empirait encore son état. Ah, il faisait doux, oui - bien trop chaud pour elle qui peinait déjà à supporter une chemise quand il gelait. Ah, il faisait beau, oui - et le soleil tapant sur les volets transformait sa chambre en fournaise et envoyait en éclaireurs des rayons douloureusement lumineux pour torturer ses pauvres yeux fatigués. Ah, les oiseaux et les pensionnaires s'étaient mis à chanter ! Quelle horreur. Des musiques niaises de toutes les époques résonnaient dans tout le pensionnat. Des romances du XIVe siècle, des succès des années quatre-vingts, des comptines pour enfants. Et l'Autre semblait trouver très drôle de jouer en boucle dans la tête de Merle les voix de crécelles des Claudettes. À moins que ce ne soient des voix de jeunes dans le couloir ? Cela y ressemblait bien, en effet. Elle grogna et referma les yeux, espérant que son mal de tête se calmerait. Essaye encore. Et ces crétins qui chantaient toujours... Alors oui, malgré le beau printemps tout neuf, Merle était très loin d'être de bonne humeur. D'autant plus qu'elle crachait ses poumons depuis près d'une heure sans interruption - elle avait dû attraper la crève à marcher si longtemps dans le froid qu'elle ne sentait pas avant d'arriver au manoir. À peine reprenait-elle sa respiration que les quintes de toux interminables recommençaient. Décidément... Sans parler du fait qu'elle avait une migraine carabinée, que son corbeau tapageur n'arrangeait pas en planant au dessus de sa pauvre pauvre tête si douloureuse.

- Je déteste, que dis-je, je hais, j'abomine, j'exècre le beau temps et les gazouillis d'oiseaux marmonna-t-elle en se retournant dans son lit, s'enfouissant la tête sous l'oreiller en espérant étouffer les croassements du corbeau. Peine perdue.

Elle tint presque trois secondes sous son oreiller avant que sa toux ne reprenne. Bon. Si des étoiles commençaient à danser sur sa rétine en plus... Elle poussa un grand soupir, se releva sur les avant-bras et jeta un œil au radio-réveil. Quinze heures. Et elle était toujours là à attendre que ça passe - évidemment. Il allait bien falloir qu'elle fasse quelque chose, tout de même. Elle se leva prudemment, du pied gauche comme d'habitude. Soit. Enfila vaguement un jean trop large pour elle qui traînait à côté de son lit et un débardeur quelconque qu'on eût dit découpé dans un sac de pommes de terre. S'observa dans le miroir d'un œil critique. Avait-elle encore maigri ? Probable, puisque cela faisait deux jours qu'elle était allongée dans ce lit à tousser. Ça va passer, mon œil ! Enfin, elle était presque assez rétablie pour partir en quête de l'infirmerie, chancelant sur ses pieds nus. Curieusement, elle ne sentait pas le contact frais du parquet sur la plante de ses pieds. Bah, fièvre sans doute.

Et il était dix huit heures et elle se trouvait allongée sur une tombe dans le cimetière. Que s'était-il passé, déjà ? Elle avait quitté sa chambre, donc. Marché dans les couloirs en se tenant la tête. Heureusement, les fauteurs de bruit s'étaient éloignés. Elle avait erré comme une âme en peine à travers tout le deuxième étage, pénétré dans plusieurs salles étranges. Puis, dans une pièce blanche et sale, elle avait fini par trouver une bouteille de sirop pour la toux en se guidant au bruit des mouches attirées par le sucre. Elle l'avait regardé d'un air suspicieux. Périmé depuis quelques années, sans doute. Certes, elle n'était pas à un virus près, mais elle préférait dans l'idéal que son état n'empire plus. Enfin, toujours mieux que les tisanes au tilleul et au miel de sa mère... Oh, elle pouvait quand même essayer la cuisine, avant de s'empoisonner. Elle avait tout de même pris le sirop et une plaquette de doliprane, au cas où. Puis elle s'était dirigée vers la cuisine, toujours d'une allure mi-traînante mi-trébuchante. Elle était vraiment mal en point, donc. Et l'Autre qui lui susurrait de sortir prendre l'air pour se requinquer n'arrangeait rien. Pas de soleil, non, surtout pas de soleil. Rien qu'à l'idée d'une lumière naturelle, son crâne devenait une enclume. Elle avait trouvé la cuisine avec moins de difficultés - et il y avait même des sachets d'infusion et de la ciboulette séchée, victoire ! (Merle avait quelques remèdes bien à elle contre les maux de tête). Elle gratta la substance brunâtre qui avait attaché au fond d'une casserole - le Pensionnat seul savait si ça avait été comestible à l'origine - et se prépara sa fameuse tisane. Un peu de miel, et ce serait parfait... C'est à ce moment qu'elle posa les yeux sur ses pieds, ayant cru apercevoir un pot roulant par terre à son arrivée. Le pot était effectivement du miel, bonne nouvelle. Elle se baissa pour le ramasser. Et ne parvint pas à poser la main sur le sol. Que ses pieds ne touchaient pas non plus, réalisa-t-elle soudain. Et, de surprise, elle tomba dans un placard empli de poêles et se réveilla allongée sur cette tombe. Voilà, c'était comme ça qu'elle s'était retrouvée ici.

Elle tenta de poser une main sur le sol pour se redresser. Mais comme dans la cuisine, pas moyen - elle flottait à deux centimètres du sol, dans le vide. Et pourtant elle avait un appui qu'elle ne sentait pas. Curieux, tout ça. Couverte d'herbe, de terre, avec un oiseau noir qui chantait du Claude François au-dessus de sa tête, elle avait un peu de mal à rassembler ses idées. Ah, si. Sirop pour la toux. La bouteille qui avait roulé quelques mètres plus loin. Elle esquissa un geste, puis s'arrêta net. Il y avait une tennis de toile à côté de son sirop. Et un rouquin dessus. Et elle devait avoir l'air d'une sorcière hystérique - enfin, ça ne changeait pas beaucoup - ou d'une droguée. Et elle n'était pas du tout apte à affronter une conversation sensée, avec ce maudit corbeau qui chantait à côté.
Elle s'assit lentement - flottant au-dessus du sol - en se tenant la tête. Et lâcha une quinte de toux, comme si cela ne suffisait pas. Pauvre petite chose fragile et malade. Elle goba deux doliprane.

- Dis, tu veux bien me passer ce sirop ?

Peut-être que si les tambours dans sa tête cessaient, elle parviendrait à réfléchir. Et à fausser compagnie à ce type avant que l'Autre ne veuille en faire son quatre heures, accessoirement. Non, elle n'était pas du tout paranoïaque, voyons.
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MessageSujet: Re: Ces soirées-là la la lalala[Cyril Charrier]   Ven 19 Avr 2013 - 20:43

Cyril s'était levé, ce matin-là ; il s'était levé et son cœur battait, sa poitrine se soulevait docilement au rythme que lui imposaient ses poumons. Il s'était levé, avait constaté qu'il était en vie – toujours – et n'avait su décider si oui ou non c'était une bonne chose. Il avait levé sa main droite vers le plafond, puis la gauche. Ses yeux bleus avaient détaillé avec lenteur chacune de ses phalanges, s'attardant particulièrement sur les deux qui, à gauche, étaient de nouveau rougies et un peu raides. Ça lui apprendrait à taper sur des portes sans chercher à utiliser ce qui lui servait de cerveau. Décrétant que ce n'était qu'un moindre mal, du genre facile à oublier, il l'avait de fait mis de côté ; une seconde plus tard, Cyril roulait hors du lit. Pas son lit, non : malgré le nom familier gravé sur la porte, ce n'était pas son lit. Pas tout à fait, pas complètement, pas suffisamment – ce n'était pas son lit et, vraiment, il ne pouvait se résoudre à l’appeler comme ça. Ce n'était ni ses draps, ni son armoire, ni sa chambre. Même les vêtements qu'il avait enfilé machinalement, un débardeur noir et un jean délavé, n'étaient pas tout à fait à lui. Il lui semblait bien les avoir porté par le passé, pourtant : seulement il n'était pas venu ici avec. Ils s'étaient retrouvé dans l'armoire comme ça, par magie, et le jeune homme les avait mis à défaut d'avoir autre chose sous la main. C'était un emprunt. Un emprunt familier et pile à sa taille, mais un emprunt malgré tout.
Comme tout les jours qui avaient précédé, après s'être levé, Cyril était parti en quête de la cuisine ; l'avait trouvé sans trop de mal et, aussi silencieux que discret, était reparti de la pièce d'une propreté discutable avec en tout et pour tout un petit-déjeuner composé majoritairement de lait. Puisque c'était à cause de ce foutu truc qu'il en était là, le rouquin s'était solennellement juré d'épuiser les réserves en lactose de cet endroit. Jusque là l'entreprise était un franc fiasco, mais il ne se décourageait pas pour autant. Ils finiraient par être à court. Bol de lait en main, donc, il était revenu le boire dans sa chambre. Ce n'était pas qu'il préfère rester seul, pas tout à fait : les autres ne lui semblaient pas tous antipathique. Pas tous. Il était revenu s’asseoir sur son lit malgré tout, avec la démarche rapide et gênée des invités qui ne savent pas trop ce qu'ils ont le droit de faire, ce qui est interdit ; avait mangé, était retourné poser le bol dans l'évier, près d'une pile de vaisselle sale qu'il ne se sentait pas de nettoyer. Puis, comme la veille et l'avant-veille, il était retourner s'étaler sur ses couvertures pour dormir.
C'était vraisemblablement l'activité la plus sensée qu'il ait eu envie de faire depuis son entrée ici : dormir. Se reposer, se cacher sous ses draps, chasser la lumière de ses yeux embrumés et replonger au royaume de Morphée dès que possible. Ses cauchemars étaient moins inquiétants que la réalité, pour une fois. Dans ses rêves tout était crédible, au moins, tout avait un sens. Ce qui n'était pas le cas de ce foutu manoir. A chaque personne qu'il croisait, il avait l'impression d'être en pleine rencontre du Troisième type ; chaque cri était une mise à mort et chaque rire une torture. Ses nerfs étaient encore à vif, il peinait à s'habituer.

Le fait qu'un énorme fourmilier persiste à le suivre comme son ombre n'aidait pas spécialement non plus.

Dormir avec une bestiole de cette taille allongé près du lit, ça avait tendance à le stresser plus qu'autre chose. Entendre ses pas derrière lui en toute circonstances, le surprendre du coin de l’œil dans l’entrebâillement de la porte, l'écouter parler – parce que ce foutu truc parlait, tant qu'à faire ; il avait bien cru s'évanouir de peur en l'entendant lui adresser la parole la première fois – … C'était à croire que le but de cette chose était de le tuer. Même si la chose en question affirmait le contraire en lui tirant une langue courroucée dès qu'il lui demandait de décamper. Chasser un petit chien, d'accord, mais chasser un fourmilier ? Vu qu'il n'osait pas l'approcher et craignait de le contredire, l'entreprise était un peu compromise. Un peu.
Pour sa défense, il ne pensait pas être de taille face à des griffes aussi longues.
Après avoir longuement sommeillé, parcouru quelques couloirs sans trop oser s'aventurer par-delà les portes closes et adressé un signe de la main à quelques-unes de ses connaissances toutes neuves, le jeune homme avait fini par se retrouver à l'extérieur. Et c'est fou comme le temps passe vite, quand on se lève passé midi ; il avait presque oublié à quel point on a vite fait de se décaler. Justin lui aurait crié dessus s'il avait su que ses horaires avaient encore viré au n'importe quoi général. « C'est important de se lever tôt », qu'il disait, « Il faut garder un rythme de vie stable », qu'il disait. Le pire étant qu'il avait certainement raison. Trébuchant régulièrement, Petit Prince sur les talons, il avait fait le tour du parc sans trop savoir où il était ; avait fini dans le cimetière, en était reparti pour éviter d'être morose, avait arrêté sa promenade près de la forêt. Ses cheveux étaient plus ou moins arrangés, son débardeur plus ou moins froissé. Il ne savait pas faire le repassage et se demanda comment une seule personne pouvait bien s'occuper d'autant de linge. Cette question le préoccupa un long moment ; jusqu'à ce qu'il revienne au cimetière, en fait. Jusqu'à ce qu'il ne repose ses pieds sur le sol meuble où s'étendaient les tombes d'anonymes plus ou moins décomposés, qu'il ne marche sur un flacon. Et, enfin, ne pose les yeux sur la silhouette d'un cadavre drôlement frais.
Du genre un peu trop frais pour être enterré. Même si un corbeau faisait le guet à côté et que, exception faite de son drôle de chant, il ressemblait drôlement à l'image que Cyril se faisait des vautours encerclant leurs proies mourantes.
En désespoir de cause, il jeta un regard intrigué à son propre animal bizarre. Prince, peu enclin à parler et toujours vexer de se faire constamment ignorer, se contenta de s'allonger quelques mètres plus loin. Ben tiens, merci. Super utile comme garde du corps.
Il poussa le sirop du bout de sa tennis, mains dans les poches, trop abruti visiblement pour tapoter l'épaule de la morte-endormie pour lui demander si elle allait bien ; dans l'état actuel des choses, il s'attendait plus à la voir se redresser pour l'agresser qu'autre chose. Mieux valait rester à distance. Et puis pour s'endormir sur une tombe, il fallait pas être très...

… Net. Et la voilà qui se réveillait.

Il la regarda sortir de son sommeil, compatissant intérieurement pour les pauvres os de la demoiselle. Lui qui se faisait mal à finir ses nuits par terre une fois sur deux imaginait difficilement aller s'étaler sur une pierre tombale de son plein gré. Ceci dit, il imaginait mal qui que ce soit jeter quelqu'un d'autre dans un cimetière. Quelqu'un de vivant, c'est à dire.
Pendant qu'elle se redressait vaille que vaille, ignorant allègrement le fait qu'elle n'avait pas l'air de toucher le sol – non, je n'ai rien vu du tout – Cyril se baissa pour récupérer le flacon. Ça avait pas l'air franchement recommandable ; plutôt périmé ou douteux, à priori. Comme tout les médicaments de ce monde, en fait. Il n'aimait pas trop l'idée d'ingérer des trucs douteux à l'allure de gentilles pilules. L'épisode Céline l'avait vacciné.
Avisant qu'elle avalait des pilules, justement, il esquissa une grimace embêtée.

-Dis, tu veux bien me passer ce sirop ?

« Ce » sirop ? faillit-il répondre – mais bien sûr, ce sirop, il n'y en avait pas trente-six dans le coin non plus. Il passa nerveusement d'un pied sur l'autre. A demi-chaussé, comme d'habitude, pour bien risquer de paumer ses chaussures n'importe où.

« Ça a pas l'air super net, répondit-il en observant la jeune fille d'un œil critique. T'es sûre que t'en veux ? T'as peut-être fini sur une tombe à cause de ça, ou genre, ouais. »

Malgré tout, il le reposa au sol et le fit rouler jusqu'à elle d'un léger coup de pied. Parce qu'il n'était pas très sûr qu'elle soit en état de le rattraper s'il lui lançait, vu sa tête de déterrée.

« C'est paaas super sain de dormir là-dessus, se risqua-t-il malgré tout. A mon avis. »

Hors-RP:
 



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« Allongé, le corps est mort ; pour des milliers, c'est un homme qui dort.
A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
Voir la vie, son côté pile - oh philosophie, dis-moi des élégies.
Le bonheur, lui me fait peur -

D'avoir tant d'envies, et j'ai un souffle au cœur. »

Go ahead and play dead - I know that you can hear this :
 

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