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 Turn me up to fuck me right. | Aarne

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MessageSujet: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Jeu 18 Avr 2013 - 0:10

Turn me up to fuck me right.

« Le confort est la meilleure manière d’engendrer l’idiotie, ne crois-tu pas ?
Je vais donc détruire ton confort pour que tu ne deviennes pas stupide. »

.

-

Il y avait, dans la manière dont ce corps pesait sur mon épaule, un souci dantesque du détail. Tête dodelinante, brusquée par un coup portée à son arrière, un coup violent, presque sanglant, imageait les traits d’un blondinet au tempérament capricieux. Inertie fatidique, quant à elle, se remarquant dans ses doigts pendant dépourvus de mouvements, présageait l’utilisation que j’allais faire de la barque qui trainait à mes pieds. Bois creux et dégageant l’odeur abstraite de la moisissure, elle ne semblait pas très solide, mais c’était la seule sur laquelle j’avais pu mettre la main. À ce qu’on disait, il n’était pas coutume d’aller nager dans ce lac, car un monstre y résidait.

Un monstre. Il y avait déjà tant de ‘monstres’ à l’intérieur des murs du manoir, le nombre croissait de jour en jour, faisant d’eux des ombres si nombreuses qu’un ajout de plus à leur rang passerait inaperçu. J’étais certain que mon pote inconscient, insérez ci-là un rire soufflé, serait de mon avis. N’est-ce pas Aarne ?

Son corps heurta le fond du récipient flottant dans un bruit sourd et je cru un instant que j’avais porté le coup de grâce à ce véhicule maritime en piteuse état. Mais non, après vérification, je dus convaincre, sourire indulgent animant brièvement mes traits, qu’il ne s’agissait probablement qu’un des os de ma victime blonde qui s’était fracassé contre l’une des parois du navire. Autant pour lui, autant pour moi. Me saisissant d’une paire de rames que j’avais préalablement laissé trainer sur le rivage boueux, je pris moi-même place, de façon beaucoup moins cacophonique, à l’intérieur de la barque. Voilà, nous étions, aux abords des frontières qui séparaient le confort de l’inconfort, goût du risque chatouillant mon œsophage comme un plat soigneusement épicé. Comment allait-réagir le gamin, lorsque ses yeux papillonneraient leur ouverture, délaissant les limbes de l’inconscience pour rejoindre la réalité. Des coups ? Des cris ?

Tant de savoureuses perspectives. Coincé comme un rat, non, nonon, comme un appât, au beau milieu d’une étendue connue pour être prétendument inviolable, il serait forcé de me confronter. Il ne pourrait fuir, il ne pourrait s’échapper. Une cage aqueuse. J’agitai les rames jusqu’à ce qu’elles nous portent vers ce que je jugeais être le centre du lac, observant distraitement les confins noirs de l’eau tout au long, à la recherche du démon qui les habitait. To no avail. Peut-être que si j’utilisais véritablement Ann-Sue comme appât et que je le jetais à la mer . . .

Je ricanai. Bien sûr que non. Son cerveau valait nettement plus à mes yeux qu’une foulée de tentacules visqueuses, tout aussi impressionnantes soient-elles. J’avais bien hâte de voir comment il nous tirerait d’affaire, comment il quitterait le lac, comment il choisirait d’interpréter mes actions, comment il réagirait. On en apprenait souvent davantage les gens lorsqu’on les regardait se confronter à des situations désespérées, on voyait des choses qu’ils ne disaient pas à voix hautes. Tasty, tasty, often pretty.

J’eu vite fait de balancer les rames par-dessus bord, les fixant gagner en transparence à mesure qu’elles s’enfonçaient dans les profondeurs du monde marin. J’avais presqu’espéré qu’elles flottent. Haha. Maintenant, nous étions plus ou moins coincés sur cette barque et, à moins de vouloir rentrer à la nage, il allait falloir être créatifs pour s’extirper de mon joli foutoir.

But it’s fun isn’t it ? Doesn’t it make you feel alive ?

Redondance, perpétuité, continuité, lorsqu’on se vautrait dans ces dédalles avec trop de complaisance on assistait à la naissance d’une terrible gangrène. L’abrutissement, l’acquis, le silence cervical. Terrible, terrible. C’était bien joli de se prélasser dans les pages des bouquins de la bibliothèque, d’écouter les Pro-I et les Anti-I s’affronter comme des politiciens autour des tables du GGL, mais . . . ça manquait parfois un peu de piment. Fort. Le nombre des pages du journal de Rudy s’amenuisait posément et avec elles disparaissaient les étranges phénomènes qui avaient pullulé avec effervescence dans le pensionnat. Ou tout cela était peut-être simplement le prétexte que je choisissais pour justifier mon amusement.

Ha. Comme si j’avais besoin d’une raison, d’une logique. Il n’y avait pas de logique ici. Tout défiait tout, la réalité se fragmentait en mille déviances cognitives. Et le confort, l’inconfort . . .

Meh.

Il ne me restait plus qu’à attendre que mon copilote daigne reprendre conscience. Glissant mes phalanges dans l’eau trouble qui s’étendait au-dessous de nous, profitant de la quiétude qu’apportant le doux ballant de l’exigu bateau, je fermai un instant les yeux.
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MessageSujet: Re: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Ven 26 Avr 2013 - 21:41

C'est peut-être agréable ; peut-être, peut-être pas. Encore faudrait-il qu'il s'en rende compte pour le savoir. Plongé dans le noir, inconscient, il se fiche bien de la façon dont on le transporte, de l'endroit où on l'emmène et de la douleur qui devrait irradier à l'arrière de son crâne : il dort, ne dort pas, ne se rend compte de rien. C'est aussi bien comme ça. Parce que là, derrière lui – encore plus près à présent – quelqu'un a allègrement dépassé les limites. C'est pour ça qu'il est aussi mou qu'une poupée de chiffon, n'est-ce pas ? Que ses bras suivent le mouvement de la marche, qu'il ne proteste pas. Parce qu'il protesterait, évidemment. Où on va, je vais où je veux, personne me dit quoi faire – surtout pas toi, surtout pas eux. Personne.
Il y a de quoi protester, en soit. Aarne ne se serait pas laissé entraîner où que ce soit, ne l'aurait suivi qu'avec réticence pour tromper l'ennui ; se serait braqué, formel et entêté, en voyant la surface du lac se profiler à l'horizon. L'aurait-il insulté ? Probablement. Il aurait clamé trouver l'idée d'une stupidité crasse, aurait tapé du pied et grincé des dents. L'autre aurait été pêcher seul, l'évidence était là – mais ce n'était pas une raison pour l’assommer sans prévenir, vraiment pas. Le noir et l'oubli l'empêchent de s'en insurger, de se débattre. Le noir est si pratique dans bien des cas. Sommeil forcé plus efficace qu'une boîte de pilules, jeune homme – et c'est rien que pour toi. Tu devrais dire merci.
Et en profiter, Aarne. L'indifférence ne durera pas.
Un remous dans l'eau, au sens strict du terme ; puis un, plus douloureux, au creux de son estomac. Ça fait mal, bordel. Un grognement hébété s'échappe d'entre ses lèvres closes tandis que l'arrière de sa tête se rappelle à ses sens. Mal, mal, mal ; un peu trop mal, même. Cette nausée qui le prend à la gorge, ces relents amers et son dos, son bras douloureux – trop, trop. Il ouvre les yeux, voit Chess, sent la nausée le reprendre. Saleté. Ce n'est pas une sensation qui lui est familière et, pourtant, son corps l'assimile sans mal. Le léger mouvement du ciel et des nuages, droite, gauche, lent et insupportable ; l'odeur, le bruit – les bruits. Ce ne sont pas tant ses muscles ou son squelette abîmé qui le gênent, puisque ça il y est habitué. Ce n'est pas non plus la façon fort peu cavalière dont on a décidé de l'emmener en balade, puisqu'il aurait été tenté de faire pareil. Non. Mais qu'on lui fasse perdre connaissance, pour commencer, ne passe pas du tout. Quel intérêt, s'il ne ressent plus rien ?
Ensuite, le second problème...

Aarne se redresse un peu brutalement ; la barque tangue, trop exiguë et peu sûre à son goût, lorsque son dos en heurte l'arrière.

De l'eau ; de l'eau partout.

Un juron paniqué tranche l'air tandis que, parfaitement immobile, il s'agrippe au bois.

« Bordel de – » S'il n'avait pas si peur que le moindre mouvement ne le noie, il le frapperait ; mais pas tout de suite, du calme, reprends toi. « Tu... »

Ses yeux clairs cherchent des rames, un moteur, quelque chose, n'importe quoi : mais rien, rien. Il n'y a rien du tout dans cette barque, si ce n'est un type qui veut en tuer un autre. A se demander, vu la situation, qui est qui. Il l'a assommé, amené au beau milieu du lac et a – volontairement – viré leur seul moyen de regagner la rive ? Alors là, bravo. Dès qu'il aura réussi à calmer les battements frénétiques de son cœur, il lui fera manger son foutu morceau de bois flottant jusqu'à la dernière planche.
Un dîner d'écharde, s'il ne tombe pas dans l'eau avant.

« T'es complètement abruti ! On part comment, maintenant ?! » Il grimace, souffle. « Je vais te noyer. »

Foutue tête qui lui fait voir des étoiles. Penché sur le côté, à peine, juste assez pour se sentir en sécurité, il aperçoit son reflet. Un bref mouvement de la barque le noie de vagues délicates.
Heureusement qu'il a jeté les rames, tout compte fait. Il aurait été tenté de le tuer avec.
Ou peut-être de s’assommer ; qui sait. Quand ne ne voit pas, qu'on ne sait pas, qu'on ne ressent pas, tout est tellement plus simple. L'eau lui répondra peut-être, s'il se montre poli envers elle.

Alors qu'en penses-tu, joli miroir liquide ? Noiera, noiera pas ?

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MessageSujet: Re: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Jeu 13 Juin 2013 - 7:24

Il s’avérait particulièrement dantesque d’admirer la manière dont la vie reprenait lentement son cours dans le corps du jeune homme. Corps meurtri sur lequel on remarquait plusieurs égratignures, ainsi qu’une plaque de sang séché à l’arrière du crane, corps enveloppé d’une inertie forcée qui ballottait au rythme des clapotis de l’eau contre la barque. L’animation revenait à pas feutrés, se glissait tel un serpent dans l’épiderme, présageant l’éveil mouvementé d’Aarne Kinnunen.

M’étant vite lassé des eaux troubles, intensément profondes du lac, et du ciel gris que seuls quelques nuages lambdas étaient venus troubler, m’étant rapidement ennuyé de l’absence de réactivité de l’environnement, que des ballants soporifiques à perte de vue, je m’attardais maintenant sur a composante la plus réactive des environs ; Ann-Sue. Les palpitations des paupières, les frétillements dans les doigts, les tressaillements des lèvres et la rigidité douce qui laissait onduler sa silhouette au rythme du tango de la barque. Le calme avant la tempête, en quelque sorte. Car nul doute que lorsqu’il se réveillerait, son humeur ne serait pas très propice à ses bougonneries habituelles.

En effet, les muscles se tendirent et le souffle piqua du nez un bref instant avant de remonter en force. Le redressement dans la surface dansante de la barque, la reconnexion avec le monde tangible se fit brusque, impitoyable, les jurons grognés du blond se chargeant de communiquer son ressenti. Quelque chose que je me délectai à interpréter comme de la surprise, comme une très nette et très désagréable surprise qui aurait tôt fait de lui faire perdre les pédales. Pour le meilleur ou pour le pire. On s’amuserait dans les deux cas, n’est-ce pas ? Rien ne pouvait être pire qu’une paire de paumes chantantes, après tout. Ou pire que de se faire trainer comme une poupée de chiffon à travers tout le pensionnat.

« Bien dormi, Ann-Sue ? », les mots filtrèrent hors de l’écrin de mes lèvres avec une candeur à peine simulée, le ton employé empruntant les atouts d’une innocence faussée et dissonant avec l’hérésie du sourire qui prenait vie sur mon visage. Un sourire crade, suintant d’arrogance et d’hilarité mal fourrée.

Il y avait de la peur dans ce regard, une pointe d’incertitude. Une parole paniquée, plus distincte que les autres jurons, malgré l’état interminé dans lequel elle s’était perdue. Bordel de merde, bordel de con, bordel de n’importe quoi, indeed. Je ne pouvais lui en vouloir de réagir si intensément, de m’injurier et de s’exclamer, mauvais, possiblement rancunier. Après tout, m’aurait-on infligé un traitement similaire que j’aurais entrepris de répliquer au centuple, de tout déchiqueter. Exagération, hyperbole, métaphore, toutes douteuses ou peut-être un tantinet trop poussées pour rester réalistes. Déchiqueter avec mes dents nues, avec mes ongles translucides. Ha. Non. Je pouvais trouver mieux.


« Je vais te noyer. »

Et lui aussi pouvait trouver mieux. Du moins, j’osais l’espérer.

S’en suivit tout de même à cette déclaration acide, un éclat de rire, entendu. Parce qu’il était amusant de le constater si vivant, malgré la nausée qui devait assurément tenter de remonter le long de sa trachée pour atteindre l’air, malgré la panique qui raidissait sa contenance et le moindre de ses nerfs. ( Était-ce l’eau, l’inconnu, le sang derrière ta tête ? Qu’est-ce qui engendrait cette peur, Aarne ? Si je te demandais tout en douceur, est-ce que tu tâcherais de me répondre ? ) Évidemment qu’il voulait me jeter à l’eau et peut-être qu’il le ferait, peut-être aussi que je me mettrais en colère et que je m’échinerais à renverser le bateau, l’emportant ainsi, avec moi, dans les eaux troubles. Ou peut-être que je me contenterais d’apprécier la baignade en espérant que le monstre légendaire vienne frétiller contre mes orteils. Oh, tant de possibilités . . .

« Bien sûr que tu vas me noyer. Et après, le monstre marin, stimulé par ma carcasse, viendra te manger. »

Et d’absences de tact pimentées d’un brin d’imagination. Je plongeai la moitié de ma main dans l’eau, ne le quittant pas des yeux, toisant, amusé, sa tête qui trottinait vers le côté, son regard qui se perdait dans le miroir du lac. Un geste vif, un revers de main subit, envoya quelques perles d’eau grise ricocher sur sa peau et je gardai mes doigts suspendus dans les airs plus longtemps que nécessaire pour qu’il comprenne bien que j’étais celui qui l’importunait, encore, faisant de l’eau mon alliée.

« Tu devrais me remercier de tuer ta routine. »

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MessageSujet: Re: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Ven 5 Juil 2013 - 22:50

Le noyer suffira ; Aarne en est convaincu. Le passer par-dessus bord d'une façon ou d'une autre, maintenir cet insupportable sourire sous la surface liquide – appuyer, appuyer encore et encore jusqu'à ce que ses avant-bras soient trempés et que les bulles se fassent rares, que le souffle s'éteigne, que le corps plonge et coule à en toucher le fond. L'idée le rend malade sans qu'il puisse dire pourquoi – et après tout, il s'en moque. Tout ce qui lui importe est de faire regretter à Chess d'avoir osé l'emmener ici. Lui tordre les doigts. Lui crever les yeux. Le pousser à se jeter lui-même dans l'eau, le découper en morceaux ; lui faire subir ce qu'il s'amuse à lui faire subir au centuple, sans barrières ni restrictions. Le détruire au point d'en annihiler la plus infime trace de son existence. Est-ce que ça lui plairait, ça ? Est-ce qu'il trouverait le concept assez original, assez intéressant ? Foutu crétin.
Il lui en veut à peu près autant qu'il se déteste d'être là, entouré de toute cette eau prête à l'engloutir sans le moindre remord. Il ne devrait pas être ici. Aucun d'eux ne devrait être ici.
La seule vue de son reflet brouillé lui donne la nausée. L'impuissance le prend à la gorge ; ça brûle, ça érafle, ça déchire son assurance et son indifférence en fins lambeaux de chaire écarlate. La sensation, désagréable et familière, fait remonter un goût métallique dans sa bouche, derrière ses dents serrées. Ni l'intelligence ni l'esprit pratique ne peuvent le sortir de cette situation. L'envie de vomir se fait plus forte. C'est exactement comme avoir le corps couvert d'araignées : sa phobie refuse de céder le moindre pouce de terrain à la raison et la logique. Eut-il été plus jeune, encore différent, de simples mots auraient suffit à transmettre son ressenti : « Ramène moi sur la berge », une voix affolée et le regard qui avec – un refus d'écouter pur et simple, un mutisme total, une peur panique dont on ne voit pas le fond. Un minimum de sincérité, tout simplement. La colère serait venue après, si elle était seulement venue. Être en vie lui aurait peut-être suffit.
Peut-être.
Sauf qu'il a grandi. Ses peurs aussi. Une masse compacte de sentiments se bousculent en même temps derrière ses côtes, prêts à exploser sitôt qu'il acceptera d'ouvrir la bouche : par peur que la barque ne tangue plus qu'elle ne le fait déjà, il ravale toutes ses protestations en bile amère et corrosive. Mourir, il s'en moque. Peu importe. S'il doit y rester, il y restera.
Mais se noyer ? Plus jamais. Jamais, jamais, jamais. Jamais.

« Bien sûr que tu vas me noyer. Et après, le monstre marin, stimulé par ma carcasse, viendra te manger. »

Ses lèvres se tordent sur une colère à peine contenue. S'il y a un monstre là-dedans, ce n'est sûrement pas le cadavre d'un incapable pareil qui saura l'attirer : il ne doit même pas être mangeable. Aucun poisson n'en voudrait. Sa colère s'amplifie à chaque mouvement de l'étroite embarcation sur l'eau – et plus ses doigts se crispent sur le bois, plus l'envie de réduire Chess au silence se fait nécessaire, présente. Il veut se venger, se prouver que le contexte ne change rien : qu'eau ou pas, il ne se noiera pas. Aarne ne subit pas. Jamais. C'est lui qui frappe, lui qui se fait mal, lui qui décide que mettre son propre corps en morceaux est une façon agréable de passer l'éternité : lui et personne d'autre.
Quelques gouttes d'eau glissent sur sa peau claire dans un bref frisson.
Qu'on puisse décider de lui faire peur est inacceptable. Littéralement.

« Tu devrais me remercier de tuer ta routine. »

Effrayé ou pas, c'est la même chose. Ce type veut jouer ? Lui pas. Il veut l'ennuyer ? Parfait. Le mettre dans une position inconfortable ? Bravo, il a réussi – et maintenant quoi ? S'il croit qu'il va se plier à ses caprices et lui donner de quoi rire, de quoi s'occuper, il rêve éveillé.
Sans oublier de fusiller son vis-à-vis du regard, le jeune homme passe son poignet contre sa peau pour la sécher.

« J'ai pas besoin de toi pour ça, crache-t-il dans sa direction. Mais merci, vraiment – j'apprécie tellement l'initiative, t'es un putain de mec adorable. Qu'est-ce que je ferais sans toi, hein ? »

La crainte de tomber empêchant tout mouvement trop ample, il se contente de se caler le plus loin possible de Chess. En plus de devoir gérer son violent besoin de tabasser cet idiot jusqu'à ce que mort s'ensuive, il doit se débrouiller pour ne pas tomber à l'eau durant le procédé et, tant qu'à faire, trouver un moyen de retourner à la terre ferme en vie. Ça fait beaucoup. Trop. Son cerveau peine à suivre les mouvements erratiques que son cœur lui impose ; la barque tangue et lui avec. S'il ne finit pas par être malade, ce sera un miracle.
Plus tendu qu'un ressort, Aarne décide finalement d'envoyer un coup de pied dans la direction de Chess. A ce stade, il n'est de toute façon pas complètement sûr de pouvoir s'en tirer sans finir la tête sous l'eau.

« Tu nous sors de là ou tu crèves. »



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MessageSujet: Re: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Dim 22 Sep 2013 - 8:14

La barque tanguait doucement, percuté par les secousses que la vie sous-marine portait contre sa coque et Aarne, blondinet acide qu’il était, me fixait avec une hargne à la palpabilité divine. Nul doute que si la peur ne l’avait pas tétanisé, réduit à l’état de chérubin impuissant, qu’il aurait essayé de m’enfoncer une aiguille dans l’œil tout en cultivant l’espoir de la voir ressortir de l’autre côté de mon crâne. L’idée m’amusait, véritablement, comme une pousse malsaine qui résonnait de concert avec les remerciements suintant de sarcasme  qu’il me lançait et qui m’arrachait un élargissement de sourire, dantesque, goguenard. De l’arrogance moqueuse perlant jusque sur mes dents.

J’exécutai un nouveau moulinet de mes bras, renvoyant de l’eau s’écraser sur sa silhouette misérable, détruisant sa tentative de se sécher et ricanant bêtement devant ce petit spectacle. Tant de frustration dans tes jolis doigts, Aarne, c’est l’occasion de t’en débarrasser, non ? Come on, show me. Ma lancée d’eau se termina sur mon pouce s’enfonçant contre le centre de ma lèvre inférieure, titillant une vieille blessure de guerre maintenant devenue invisible, que j’associais avec un titanesque rônin d’intemporalité. J’avais déjà songé mourir noyé. Avec toute les couleurs du monde.

Ma langue claqua contre mon palet, avala un nouveau gloussement.

« Tu serais pas dans une barque . . . visiblement. »

Bien sûr, cela tombait sous le sens sans que je n’aie besoin de le dire, mais, bon, mes paroles seraient à la hauteur de celles d’Ann-Sue, qui, pour le moment, semblait incapable de prononcer des phrases intelligentes ou de voir plus loin que son univers rouge de rage et glacé de peur.

Aller, motive-toi, je t’ai emmené ici pour que tu ne t’atrophie pas, ingénu bidule. Pas pour que tu boudes comme une huitre et que tu refuse de sortir de ta coquille.

J’haussai un sourcil, examinant mon cobaye du jour, la terre dans ses cheveux, le sang aussi, et les tâches d’herbes sur ses vêtements. En fait, il pouvait très bien continuer à se vautrer dans sa rage si ça lui chantait, tant qu’il faisait quelque chose, qu’il interagissait et vivait un peu. Le pensionnat se montrait parfois très ennuyant, spécialement lorsque ces habitants se mettaient à osciller dans une routine abrutissante. Je levai une jambe, sentant la barque bouger sous mon mouvement et m’avançai juste assez, d’un centimètre ou deux donc, pour pouvoir frôler le visage de mon interlocuteur du bout de ma chaussure.

« Si tu veux ramer avec tes mains, fais-toi plaisir, Ann-Sue. »

Je rétractai ma jambe de sorte à ce que ma cuisse percute mon torse et m’allongeai dessus, appréciant les ballants que chacun de mes mouvements créaient à l’endroit de la barque. Je détachai mon regard d’Aarne et amenuisai mon sourire, glissant sur la surface ferreuse de l’eau, imaginant l’ombre immense qui devait passer sous nous de temps à autre, mais que nous ne pouvions voir, faute d’altitude. Sommes toute, le lieu, si l’on ignorait les lames émanant du regard de ma victime, ainsi que l’aura étrange imprégné dans chacune des cellules du territoire appartenant au manoir, était paisible, calme. J’y reviendrais probablement, plus tard, seul ou accompagné, pour simplement profiter du fait que personne ne viendrait me déranger ici si bon me semblait.

Eh ouais, Aarne, personne ne va venir te sauver. Ricanements.

« Je trouve que c’est bien, ici, paisible et changeant. Je compte y rester un petit moment. »

Là où je répétais le fil de mes pensées à voix haute, persistait dans ma voix une moquerie lancinante. Lui qui me menaçait de mort, un peu comme s’il me disait bonjour en fait, se heurtait à une absence totale d’inquiétude de ma part. Oui, bonjour Ann-sue, je vais bien, et toi ? À vrai dire, je songeais à aller ramer un peu, ça te dis ? Ahaha, sauf qu’oopsie, j’ai laissé tomber la rame. Hahaha.

J’éloignai mon torse de ma jambe replié, l’envoyant valsé jusque sur la cloison s’étendant derrière moi. Je pliai l’échine à l’envers, mes épaules venant tanguer au-dessus de l’eau et mon regard se perdant dans le ciel terne avec une pointe de nostalgie. Nostalgie que je ne laisserais point ternir mon sourire. Ça restait tout de même embêtant que mes pensées, lorsque confrontée à la couleur bleue ou au ciel se heurte à un cercle vicieux, une motion circulaire.

« Et . . . je doute vraiment que tu puisses arriver à me tuer. »

Je forçai un rire, balançant mon bassin à droite, puis à gauche, pour que la barque suive le mouvement et qu’elle danse avec moi. Aarne n’apprécierait pas. La pensée m’arrache un sourire mesquin et j’augmentai l’amplitude du mouvement, donc de la valse de la barque qui dodelinait d’un côté, puis d’un autre.

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MessageSujet: Re: Turn me up to fuck me right. | Aarne   Sam 26 Oct 2013 - 14:49

Crispé, tendu, Aarne laisse filer air et colère par saccade entre ses dents serrées. Putain d'abruti, putain d'eau – putain. Le mouvement de la barque, lent et répétitif, le rend malade. Il serre les lèvres. Les doigts. Ça fait mal ; à la longue, ses phalanges blanchies commencent à peiner sous la pression qu'il les force à exercer. Peut-être qu'elles vont craquer. Peut-être qu'il s'en fiche, aussi. La sensation familière, presque plaisante qui émane de ses os amochés ravive ses sens et l'empêche de sombrer plus profondément dans le noir : tant bien que mal, il tente de s'y raccrocher. Il doit à tout prix garder la tête hors de l'eau. Il n'a pas le choix. S'il se noie maintenant il se noiera tout court, et ça non – non. Hors de question. Il ne va pas se noyer. Il ne peut pas se noyer. Il ne peut pas.
L'eau reflète sa peur sans la voir et la panique, une fois de plus, menace de le jeter par-dessus bord. Ses poumons s'emplissent de plomb. Son cœur brûlé vif bat à lui en briser les côtes. S'il ne réussit pas à se calmer, ce sera échec et mat avant même d'avoir commencé ; les enjeux sont trop importants, trop nombreux pour qu'il puisse se permettre une défaite. Il faut qu'il réfléchisse. Qu'il se calme et réfléchisse. Sans faire de vagues. Sans rien renverser. Calmement. Doucement. Sans. Rien.
Casser.

« Si tu veux ramer avec tes mains, fais-toi plaisir, Ann-Sue. »

D'un mouvement sec de la main, il vire le pied de l'autre incapable. Merde. Évidemment. Il l'avait presque oublié, celui-là. Ses yeux, emplis d'un agacement sourd et glacial, envoient des éclairs en direction de son ravisseur. Je t'emmerde, Guignol. Y'a pas d'Ann-Sue, ici – encore moins de Chess, ou peu importe quel surnom stupide il pourrait avoir envie de se donner ce jour-là. Y'a juste « toi » et « moi », et une impossibilité presque physique de retrouver l'équation dans le même état une fois le problème résolu. Ce sera un putain de foutu miracle s'il ne décide pas de soustraire cet emmerdeur à sa vue dans la minute. Une envie de meurtre, ça se contrôle pas. Et puis quel ahuri irait acculer une bête féroce, hein ? Ses mains se blessent de nouveau contre le bois de l'embarcation. Ce type a intérêt d'avoir pris un peu plus que des gants pour se protéger. Parce que lui, il a un peu plus que ses dents pour lui arracher la peau.
Rira bien qui rira le dernier.
Tâchant de faire abstraction du décor, le jeune homme s'efforce de réprimer l'énervement qui noue en nœuds serrés le fil de ses pensées. La colère ne disparaît pas mais se comprime sagement, comme un ressort trop tendu prêt à briser le mécanisme dans lequel on le retient prisonnier : sourd aux plaintes de ses phalanges crispées, il continue patiemment de remonter l'horloge. Centimètre par centimètre, seconde par seconde, le noyé s'emploie à confiner son trop plein d'émotions dans un minuscule recoin de son esprit. Ce sera loin d'être agréable à la sortie, mais il n'a pas vraiment le choix. Tant pis.

La clef grince dans la serrure.

Concentré quoi que réticent, il pose sa main gauche contre la surface du lac. Tout en acquiesçant silencieusement aux divagations de l'autre – un petit moment du genre permanent, ce serait parfait – il s'applique à créer un rectangle de six centimètres par six sous ses doigts. L'épaisseur n'important pas, il se contente d'une lamelle fine mais solide. Les limites et conditions de son pouvoir lui sont parfaitement connues ; il sait ce qu'il fait. S'il y met la concentration et l'effort nécessaire, il peut parfaitement créer une surface sur laquelle marcher. C'est faisable. Dangereux, peut-être – mais est-ce que rester dans une barque avec un imbécile prêt à la renverser à tout moment vaut beaucoup mieux ?
Ses lèvres s'étirent sur une indéfinissable ligne droite. Aussi confiant soit-il en ses capacités, la berge est loin. Se glisser dans l'eau et se servir de la paroi comme fil d’Ariane réduirait l'épaisseur minimum, mais cela voudrait aussi dire que la casser d'un coup de pied ne serait plus impossible. Et ça, c'est un risque qu'il ne peut pas prendre. Si c'est pour se retrouver sans support dans plus de trois mètres d'eau, autant crever tout de suite : pas la peine de se prendre la tête pour un truc aussi simple que mourir.
Le finlandais, irrité, regarde le balancement du bois recouvrir d'une eau claire et indifférente son joli carré d'espoir. Ses mains se crispent sur les rebords. Il ferme les yeux, inspire – réfléchit, s'isole, repense à ce qu'on vient de lui dire.
Pour lui, hein ?
Un rire sonore s'échappe d'entre ses lèvres sèches. La nausée empire.

« J'en ai rien à foutre. »

De toi, de moi, de ça – et qu'est-ce qu'il a dit avant, déjà ? Qu'il faut le remercier de tuer sa routine ? Pour un peu, il s'en étranglerait. C'est à en crever de rire, tout ces conneries qu'il peut sortir à la minute. Parce qu'il n'a aucune influence sur lui. Aucune.
Il n'a pas à lui obéir. Ni à l'écouter. Son existence l'indiffère aussi profondément que sa mort prochaine, et ses envies de meurtre le concernant n'y changent rien : bien au contraire. Qu'il soit là, pas là – puisqu'il s'en moque, où est le problème s'il veut lui exploser la tête contre un rocher ? Nulle part. Je m'en fiche de tes réactions, je m'en fiche de ton avis. Il ne se préoccupe que des conséquences, et de tout ce qui le touche lui.
Lui, lui, lui.

« Tes doutes, tu peux te les garder. Tu sais quoi ?  »

Son pied s'abat maladroitement entre eux ; une main contre ses lèvres, il s'efforce de laisser son déjeuner où il est.
Y'a que lui compte. Ses envies, ses convictions, ses certitudes, ses peurs. L'autre, c'est...
...'Rien de plus qu'un outil' ?

« … Merde. »

Sa voix se brise sur un murmure.
Tu vois, je te l'avais dit.
Le visage maintenant tout à fait blanc, il adresse une moue méprisante à son vis-à-vis.

« Je crois que je vais rester là et attendre, tout compte fait. T'as qu'à parler aux poissons. »

Même eux ne voudront pas lui parler, mais il s'en moque. Si Chess ne peut pas le ramener, il n'a rien à lui dire et aucune envie de calculer son existence. Il n'est pas là pour jouer à son jeu. S'il doit finir dans l'eau, il y finira – rien n'y changera et c'est comme ça.
Point final.



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« That I may hurt you, and I may want to.
I'm gonna make you cry ; yes, I will.
I'm barely breathing, but you just don't see it ;
I'd show you my tears and bye,
If only I could cry. »
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Turn me up to fuck me right. | Aarne

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