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 La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)

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Le déviergeur de PI
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Féminin Pseudo Hors-RP : Mooney
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• Petit(e) ami(e) : Tout le monde il est beau.

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MessageSujet: La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)   Lun 22 Avr 2013 - 0:06

MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


MIDNIGHT : IT'S RAPING TIME


Anry il é pas kontant paske Rachel elle veu ps de luii paskelle est viarge kelle dit c pas cool mais euruzmt ce soir chui édée de Never trololol. Et là c'est midnight donc c'est raping time. Hentwan et Anry y font allianz pr apprendr la life à Rachel et luhi fér comprandr kel dt écarter les jemb kom Miss France et pô fer sa prud' pa kool. Et puis lol quoi c'esst midnight donc c'est raping time tu peux pas test. Hentwan normalement il apport la kord et la margarine, Anry sokup du kloroform, paske sans kloroform les fiy sont ps tjrs consentantes lolilol. Et on va bientôt faire six lignes complètes, Never, victoire ! Nii pliera sous le poids de la démocratie ! Anry a mis sé plus bô véteumants, à savwar un string latéral en dentelle blanche, un pantalon nwar et une chemise blench kom le string tr0 bien assorti le cas à nova.

PS : Vinny voolé venyrr mé hil été tro OQP ac Shlagvu trololol


Dernière édition par Henry Valmont le Lun 22 Avr 2013 - 0:24, édité 1 fois
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Short Burning Fuse
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MessageSujet: Re: La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)   Lun 22 Avr 2013 - 0:23

Rachel n'est pas consentante Rachel est trop gentille pour vous Rachel refuse de se faire violer Rachel est trop gentille pour mériter un RP aussi cruel et méchamment écrit Rachel ne connait ni Hantwan ni Anry Rachel préfère broder des couvertures de l'amour Mooney et Never sont complètement folles Rachel est douce comme le miel Rachel est certes violable mais ce n'est pas une raison Rachel répond uniquement parce que la démoratie a parlé Si Mooney veut que ce RP compte elle devra le rédiger convenablement String latéral WTF Mooney ça craint complètement Je ne sais même plus quoi dire Et dans la chambre de Rachel en plus BANDE DE MALADES Rachel vous déteste Elle veut rester prude et douce Je suis incapable d'écrire ça en SMS même pour fer kom M00ney lol C'est trop atroce.

Bande de psychopathes. What a Face



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« My heart is racing as you're moving closer ;
You take me higher with every breath I take.
Would it be wrong to stay ?
One look at you and I know what you're thinking :
Time's a bitch, and my heart is sinking down -
You turn me inside out.

TAKE ME ON THE FLOOR
DADADA DA DADADADA »

I CAN'T TAKE IT ANYMO R E :
 

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Le déviergeur de PI
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MessageSujet: Re: La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)   Lun 22 Avr 2013 - 0:41

On ose m'accuser de mal écrire. Je réfute !


IV

Quand l'abbé Mouret ne sentit plus la Teuse derrière lui, il s'arrêta, heureux d'être enfin seul. L'église était bâtie sur un tertre un peu élevé, qui descendait en pente douce jusqu'au village ; elle s'allongeait, pareille à une bergerie abandonnée, percée de larges fenêtres, égayée par des tuiles rouges. Le prêtre se retourna, jetant un coup d'oeil sur le presbytère, une masure grisâtre, collée au flanc même de la nef. Puis, comme s'il eût craint d'être repris par l'intarissable bavardage bourdonnant à ses oreilles depuis le matin, il remonta à droite ; il ne se crut en sûreté que devant le grand portail, où l'on ne pouvait l'apercevoir de la cure. La façade de l'église, toute nue, rongée par les soleils et les pluies, était surmontée d'une étroite cage en maçonnerie, au milieu de laquelle une petite cloche mettait son profil noir ; on voyait le bout de la corde entrant dans les tuiles. Six marches rompues, à demi enterrées par un bout, menaient à la haute porte ronde, crevassée, mangée de poussière, de rouille, de toiles d'araignée, si lamentable sur ses gonds arrachés que les coups de vent semblaient devoir entrer au premier souffle. L'abbé Mouret, qui avait des tendresses pour cette ruine, alla s'adosser contre un des vantaux, sur le perron. De là, il embrassait d'un coup d'oeil tout le pays.
Les mains aux yeux, il regarda, il chercha à l'horizon.
En mai, une végétation formidable crevait ce sol de cailloux.
Des lavandes colossales, des buissons de genévriers, des nappes d'herbes rudes, montaient sur le perron, plantaient des bouquets de verdure sombre jusque sur les tuiles. La première poussée de la sève menaçait d'emporter l'église dans le dur taillis des plantes noueuses.
A cette heure matinale, en plein travail de croissance, c'était un bourdonnement de chaleur, un long effort silencieux soulevant les roches d'un frisson. Mais l'abbé ne sentait pas l'ardeur de ces couches laborieuses ; il crut que la marche basculait et s'adossa contre l'autre battant de la porte.
Le pays s'étendait à deux lieues, fermé par un mur de collines jaunes que des bois de pins tachaient de noir ; pays terrible aux landes séchées, aux arêtes rocheuses déchirant le sol. Les quelques coins de terre labourable étalaient des mares saignantes, des champs rouges où s'alignaient des files d'amandiers maigres, des têtes grises d'olivier, des traînées de vignes, rayant la campagne de leurs souches brunes. On aurait dit qu'un immense incendie avait passé là, semant sur les hauteurs les cendres des forêts, brûlant les prairies, laissant son éclat et sa chaleur de fournaise dans les creux. A peine, de loin en loin, le vert pâle d'un carré de blé mettait-il une note tendre.
L'horizon restait farouche, sans un filet d'eau, mourant de soif, s'envolant par grandes poussières aux moindres haleines.
Et, tout au bout, par un coin écroulé des collines de l'horizon, on apercevait un lointain de verdures humides, une échappée de la vallée voisine, que fécondait la Viorne, une rivière descendue des gorges de la Seille.
Le prêtre, les yeux éblouis, abaissa les regards sur le village, dont les quelques maisons s'en allaient à la débandade, au bas de l'église. Misérables maisons, faites de pierres sèches et de planches maçonnées, jetées le long d'un étroit chemin, sans rues indiquées. Elles étaient au nombre d'une trentaine, les unes tassées dans le fumier, noires de misère, les autres plus vastes, plus gaies, avec leurs tuiles roses. Les bouts de jardin, conquis sur le roc, étalaient des carrés de légumes coupés de haies vives. A cette heure, les Artaud étaient vides : pas une femme aux fenêtres, pas un enfant vautré dans la poussière ; seules, des bandes de poules allaient et venaient, fouillant la paille, quêtant jusqu'au seuil des maisons, dont les portes laissées ouvertes bâillaient complaisamment au soleil. Un grand chien noir, assis sur son derrière, à l'entrée du village, semblait le garder.
Une paresse engourdissait peu à peu l'abbé Mouret. Le soleil montant le baignait d'une telle tiédeur qu'il se laissait aller contre la porte de l'église, envahi par une paix heureuse. il songeait à ce village des Artaud, poussé là, dans les pierres, ainsi qu'une des végétations noueuses de la vallée. Tous les habitants étaient parents, tous portaient le même nom, si bien qu'ils prenaient des surnoms dès le berceau, pour se distinguer entre eux.
Un ancêtre, un Artaud, était venu, qui s'était fixé dans cette lande, comme un paria ; puis sa famille avait grandi, avec la vitalité farouche des herbes suçant la vie des rochers ; sa famille avait fini par être une tribu, une commune, dont les cousinages se perdaient, remontaient à des siècles. ils se mariaient entre eux, dans une promiscuité éhontée ; on ne citait pas un exemple d'un Artaud ayant amené une femme d'un village voisin ; les filles seules s'en allaient parfois. lls naissaient, ils mouraient, attachés à ce coin de terre, pullulant sur leur fumier, lentement, avec une simplicité d'arbres qui repoussaient de leur semence, sans avoir une idée nette du vaste monde, au-delà de ces roches jaunes entre lesquelles ils végétaient. Et pourtant déjà, parmi eux, se trouvaient des pauvres et des riches.
Des poules ayant disparu, les poulaillers, la nuit, étaient fermés par de gros cadenas ; un Artaud avait tué un Artaud, un soir, derrière le moulin. C'était, au fond de cette ceinture désolée de collines, un peuple à part, une race née du sol, une humanité de trois cents têtes qui recommençaient le temps, Lui, gardait toute l'ombre morte du séminaire. Pendant des années, il n'avait pas connu le soleil. il l'ignorait même encore, les yeux fermés, fixés sur l'âme, n'ayant que du mépris pour la nature damnée. Longtemps, aux heures de recueillement, lorsque la méditation le prosternait, il avait rêvé un désert d'ermite, quelque trou dans une montagne, où rien de la vie, ni être, ni plante, ni eau, ne le viendrait distraire de la contemplation de Dieu. C'était un élan d'amour pur, une horreur de la sensation physique. Là, mourant à lui-même, le dos tourné à la lumière, il aurait attendu de n'être plus, de se perdre dans la souveraine blancheur des âmes. Le ciel lui apparaissait tout blanc, d'un blanc de lumière, comme s'il neigeait des lis, comme si toutes les puretés, toutes les innocences, toutes les chastetés flambaient. Mais son confesseur le grondait, quand il lui racontait ses désirs de solitude, ses besoins de candeur divine ; il le rappelait aux luttes de l'Église, aux nécessités du sacerdoce. Plus tard, après son ordination, le jeune prêtre était venu aux Artaud, sur sa propre demande, avec l'espoir de réaliser son rêve d'anéantissement humain. Au milieu de cette misère, sur ce sol stérile, il pourrait se boucher les oreilles aux bruits du monde, il vivrait dans le sommeil des saints. Et, depuis plusieurs mois, en effet, il demeurait souriant ; à peine un frisson du village le troublait-il de loin en loin ; à peine une morsure plus chaude du soleil le prenait-elle à la nuque, lorsqu'il suivait les sentiers, tout au ciel, sans entendre l'enfantement continu au milieu duquel il marchait.
Le grand chien noir qui gardait les Artaud venait de se décider à monter auprès de l'abbé Mouret. il s'était assis de nouveau sur son derrière, à ses pieds. Mais le prêtre restait perdu dans la douceur du matin. La veille, il avait commencé les exercices du Rosaire de Marie ; il attribuait la grande joie qui descendait en lui à l'intercession de la Vierge auprès de son divin Fils. Et que les biens de la terre lui semblaient méprisables ! Avec quelle reconnaissance il se sentait pauvre ! En entrant dans les ordres, ayant perdu son père et sa mère le même jour, à la suite d'un drame dont il ignorait encore les épouvantes, il avait laissé à un frère aîné toute la fortune. il ne tenait plus au monde que par sa soeur. il s'était chargé d'elle, pris d'une sorte de tendresse religieuse pour sa tête faible. La chère innocente était si puérile, si petite fille qu'elle lui apparaissait avec la pureté de ces pauvres d'esprit auxquels l'Évangile accorde le royaume des cieux. Cependant, elle l'inquiétait depuis quelque temps : elle devenait trop forte, trop saine ; elle sentait trop la vie. Mais c'était à peine un malaise. il passait ses journées dans l'existence intérieure qu'il s'était faite, ayant tout quitté pour se donner entier.
Il fermait la porte de ses sens, cherchait à s'affranchir des nécessités du corps, n'était plus qu'une âme ravie par la contemplation. La nature ne lui présentait que pièges, qu'ordures ; il mettait sa gloire à lui faire violence, à la mépriser, à se dégager de sa boue humaine. Le juste doit être insensé selon le monde. Aussi se regardait-il comme un exilé sur la terre ; il n'envisageait que les biens célestes, ne pouvant comprendre qu'on mît en balance une éternité de félicité avec quelques heures d'une joie périssable. Sa raison le trompait, ses désirs mentaient. Et, s'il avançait dans la vertu, c'était surtout par son humilité et son obéissance. Il voulait être le dernier de tous, soumis à tous, pour que la rosée divine tombât sur son coeur comme sur un sable aride ; il se disait couvert d'opprobre et de confusion, indigne à jamais d'être sauvé du péché. Être humble, c'est croire, c'est aimer. Il ne dépendait même plus de lui-même, aveugle, sourd, chair morte. Il était la chose de Dieu. Alors, de cette abjection où il s'enfonçait, un hosanna l'emportait au-dessus des heureux et des puissants, dans le resplendissement d'un bonheur sans fin.
Aux Artaud, l'abbé Mouret avait ainsi trouvé les ravissements du cloître, si ardemment souhaités jadis, à chacune de ses lectures de l'imitation. Rien en lui n'avait encore combattu. il était parfait, dès le premier agenouillement, sans lutte, sans secousse, comme foudroyé par la grâce, dans l'oubli absolu de sa chair. Extase de l'approche de Dieu que connaissent quelques jeunes, prêtres ; heure bienheureuse où tout se tait, où les désirs ne sont qu'un immense besoin de pureté. Il n'avait mis sa consolation chez aucune créature. Lorsqu'on croit qu'une chose est tout, on ne saurait être ébranlé, et il croyait que Dieu était tout, que son humilité, son obéissance, sa chasteté, étaient tout. Il se souvenait d'avoir entendu parler de la tentation comme d'une torture abominable qui éprouve les plus saints. Lui, souriait. Dieu ne l'avait jamais abandonné. Il marchait dans sa foi ainsi que dans une cuirasse qui le protégeait contre les moindres souffles mauvais.
Il se rappelait qu'à huit ans il pleurait d'amour dans les coins ; il ne savait pas qui il aimait ; il pleurait parce qu'il aimait quelqu'un, bien loin. Toujours il était resté attendri. Plus tard, il avait voulu être prêtre pour satisfaire ce besoin d'affection surhumaine qui faisait son seul tourment. il ne voyait pas où aimer davantage. il contentait là son être, ses prédispositions de race, ses rêves d'adolescent, ses premiers désirs d'homme. Si la tentation devait venir, il l'attendait avec sa sérénité de séminariste ignorant. On avait tué l'homme en lui, il le sentait, il était heureux de se savoir à part, créature châtrée, déviée, marquée de la tonsure ainsi qu'une brebis du Seigneur.


V

Cependant, le soleil chauffait la grande porte de l'église ; des mouchés dorées bourdonnaient autour d'une grande fleur qui poussait entre deux des marches du perron.
L'abbé Mouret, un peu étourdi, se décidait à s'éloigner, lorsque le grand chien noir s'élança, en aboyant violemment, vers la grille du petit cimetière, qui se trouvait à gauche de l'église. En même temps, une voix âpre cria : “Ah ! vaurien, tu manques l'école, et c'est dans le cimetière qu'on te trouve !... Ne dis pas non ! il y a un quart d'heure que je te surveille.” Le prêtre s'avança. il reconnut Vincent, qu'un Frère des écoles chrétiennes tenait rudement par une oreille.
L'enfant se trouvait comme suspendu au-dessus d'un gouffre qui longeait le cimetière et au fond duquel coulait le Mascle, un torrent dont les eaux blanches allaient, à deux lieues de là, se jeter dans la Viorne.
“Frère Archangias !” dit doucement l'abbé, pour inviter le terrible homme à l'indulgence.
Mais le Frère ne lâchait pas l'oreille.
“Ah ! c'est vous, monsieur le Curé, gronda-t-il. imaginez-vous que ce gredin est toujours fourré dans le cimetière. Je ne sais pas quel mauvais coup il peut faire ici...
Je devrais le lâcher pour qu'il allât se casser la tête là-bas, au fond. Ce serait bien fait.” L'enfant ne soufflait mot, cramponné aux broussailles, les yeux sournoisement fermés. “Prenez garde, Frère Archangias, reprit le prêtre ; il pourrait glisser.” Et il aida lui-même Vincent à remonter.
“Voyons, mon petit ami, que faisais-tu là ? On ne doit pas jouer dans les cimetières.” Le galopin avait ouvert les yeux, s'écartant peureusement du Frère, se mettant sous la protection de l'abbé Mouret.
“Je vais vous dire, murmura-t-il en levant sa tête futée vers celui-ci. il y a un nid de fauvettes dans les ronces, dessous cette roche. Voici plus de dix jours que je le guette... Alors, comme les petits sont éclos, je suis venu, ce matin, après avoir servi votre messe...
- Un nid de fauvettes ! dit Frère Archangias. Attends, attends !” il s'écarta, chercha sur une tombe une motte de terre, qu'il revint jeter dans les ronces. Mais il manqua le nid.
Une seconde motte, lancée plus adroitement, bouscula le frêle berceau, jetant les petits au torrent.
“De cette façon, continua-t-il en se tapant les mains pour les essuyer, tu ne viendras peut-être plus rôder ici comme un païen... Les morts iront te tirer les pieds, la nuit, si tu marches encore sur eux.” Vincent, qui avait ri de voir le nid faire le plongeon, regarda autour de lui, avec le haussement d'épaules d'un esprit fort.
“Oh ! je n'ai pas peur, dit-il. Les morts, ça ne bouge plus.” Le cimetière, en effet, n'avait rien d'effrayant.
C'était un terrain nu, où d'étroites allées se perdaient sous l'envahissement des herbes. Des renflements bossuaient la terre, de place en place. Une seule pierre debout, toute neuve, la pierre de l'abbé Caffin, mettait sa découpure blanche, au milieu. Rien autre que des bras de croix arrachés, des buis séchés, de vieilles dalles fendues, mangées de mousse. On n'enterrait pas deux fois l'an. La mort ne semblait point habiter ce sol vague où la Teuse venait, chaque soir, emplir son tablier d'herbe pour les lapins de Désirée. Un cyprès gigantesque, planté à la porte, promenait seul son ombre sur le champ désert. Ce cyprès, qu'on voyait de trois lieues à la ronde, était connu de toute la contrée sous le nom du Solitaire.
“C'est plein de lézards, ajouta Vincent, qui regardait le mur crevassé de l'église. On s'amuserait joliment...” Mais il sortit d'un bond en voyant le Frère allonger le pied. Celui-ci fit remarquer au curé le mauvais état de la grille. Elle était toute rongée de rouille, un gond descellé, la serrure brisée. “On devrait réparer tout cela”, dit-il.
L'abbé Mouret sourit, sans répondre. Et, s'adressant à Vincent, qui se battait avec le chien :
“Dis, petit ? demanda-t-il, sais-tu où travaille le père Bambousse, ce matin ?” L'enfant jeta un coup d'oeil sur l'horizon.
“Il doit être à son champ des Olivettes, répondit-il, la main tendue vers la gauche... D'ailleurs, Voriau va vous conduire, monsieur le Curé. Il sait sûrement où est son maître, lui.” Alors, il tapa dans ses mains, criant :
“Eh ! Voriau ! eh !” Le grand chien noir hésita un instant, la queue battante, cherchant à lire dans les jeux du gamin. Puis, aboyant de joie, il descendit vers le village. L'abbé Mouret et Frère Archangias le suivirent, en causant. Cent pas plus loin, Vincent les quittait sournoisement, remontant vers l'église, les surveillant, prêt à se jeter derrière un buisson s'ils tournaient la tête. Avec une souplesse de couleuvre, il se glissa de nouveau dans le cimetière, ce paradis où il y avait des nids, des lézards, des fleurs.
Cependant, tandis que Voriau les devançait sur la route poudreuse, Frère Archangias disait au prêtre, de sa voix irritée :
“Laissez donc ! monsieur le Curé, de la graine de damnés, ces crapauds-là ! On devrait leur casser les reins, pour les rendre agréables à Dieu. ils poussent dans l'irréligion, comme leurs pères. il y a quinze ans que je suis ici et je n'ai pas encore pu faire un chrétien. Dès qu'ils sortent de mes mains, bonsoir ! ils sont tout à la terre, à leurs vignes, à leurs oliviers. Pas un qui mette les pieds à l'église. Des brutes qui se battent avec leurs champs de cailloux !...
Menez-moi ça à coups de bâton, monsieur le Curé, à coups de bâton !” Puis, reprenant haleine, il ajouta, avec un geste terrible :
“Voyez-vous, ces Artaud, c'est comme ces ronces qui mangent les rocs, ici. il a suffi d'une souche pour que le pays fût empoisonné ! Ça se cramponne, ça se multiplie, ça vit quand même. il faudra le feu du ciel, comme à Gomorrhe, pour nettoyer ça.
- On ne doit jamais désespérer des pécheurs, dit l'abbé Mouret, qui marchait à petits pas, dans sa paix intérieure.
- Non, ceux-là sont au diable, reprit plus violemment le Frère. J'ai été paysan, comme eux. Jusqu'à dix-huit ans, j'ai pioché la terre. Et plus tard, à l'Institution, j'ai balayé, épluché des légumes, fait les plus gros travaux. Ce n'est pas leur rude besogne que je leur reproche. Au contraire, Dieu préfère ceux qui vivent dans la bassesse...
Mais les Artaud se conduisent en bêtes, voyez-vous ! ils sont comme leurs chiens qui n'assistent pas à la messe, qui se moquent des commandements de Dieu et de l'Eglise. ils forniqueraient avec leurs pièces de terre, tant ils les aiment !” Voriau, la queue au vent, s'arrêtait, reprenait son trot, après s'être assuré que les deux hommes le suivaient toujours.
“Il y a des abus déplorables, en effet, dit l'abbé Mouret. Mon prédécesseur, l'abbé Caffin...
- Un pauvre homme, interrompit le Frère. il nous est arrivé de Normandie, à la suite d'une vilaine histoire. ici, il n'a songé qu'à bien vivre ; il a tout laissé aller à la débandade.
- Non, l'abbé Caffin a certainement fait ce qu'il a pu ; mais il faut avouer que ses efforts sont restés à peu près stériles. Les miens eux-mêmes demeurent le plus souvent sans résultat.”. Frère Archangias haussa les épaules. il marcha un instant en silence, déhanchant son grand corps maigre taillé à coups de hache. Le soleil tapait sur sa nuque, au cuir tanné, mettant dans l'ombre sa dure face de paysan, en lame de sabre.
“Écoutez, monsieur le Curé, reprit-il enfin, je suis trop bas pour vous adresser des observations ; seulement, j'ai presque le double de votre âge, je connais le pays, ce qui m'autorise à vous dire que vous n'arriverez à rien par la douceur... Entendez-vous, le catéchisme suffit.
Dieu n'a pas de miséricorde pour les impies. il les brûle. Tenez-vous-en à cela.” Et comme l'abbé Mouret, la tête penchée, n'ouvrait point la bouche, il continua :
“La religion s'en va dans les campagnes parce qu'on la fait trop bonne femme. Elle a été respectée tant qu'elle a parlé en maîtresse, sans pardon... Je ne sais ce qu'on vous apprend dans les séminaires. Les nouveaux curés pleurent comme des enfants avec leurs paroissiens.
Dieu semble tout changé... Je jurerais, monsieur le Curé, que vous ne savez même plus votre catéchisme par coeur.” Le prêtre, blessé de cette volonté qui cherchait à s'imposer si rudement, leva la tête, disant avec quelque sécheresse :
“C'est bien, votre zèle est louable... Mais n'avez-vous rien à me dire ? Vous êtes venu ce matin à la cure, n'est-ce pas ?” Frère Archangias répondit brutalement :
“J'avais à vous dire ce que je vous ai dit... Les Artaud vivent comme leurs cochons. J'ai encore appris hier que Rosalie, l'aînée du père Bambousse, est grosse. Toutes attendent ça pour se marier. Depuis quinze ans, je n'en ai pas connu une qui ne soit allée dans les blés avant de passer à l'église... Et elles prétendent en riant que c'est la coutume du pays !
- Oui, murmura l'abbé Mouret, c'est un grand scandale... Je cherche justement le père Bambousse pour lui parler de cette affaire. il serait désirable, maintenant, que le mariage eût lieu au plus tôt... Le père de l'enfant, paraît-il, est Fortuné, le grand fils des Brichet. Malheureusement les Brichet sont pauvres.
- Cette Rosalie ! poursuivit le Frère, elle a juste dix-huit ans. Ça se perd sur les bancs de l'école. il n'y a pas quatre ans, je l'avais encore. Elle était déjà vicieuse... J'ai maintenant sa soeur Catherine, une gamine de onze ans, qui promet d'être plus éhontée que son aînée. On la rencontre dans tous les trous avec ce petit misérable de Vincent... Allez, on a beau leur tirer les oreilles jusqu'au sang, la femme pousse toujours en elles. Elles ont la damnation dans leurs jupes. Des créatures bonnes à jeter au fumier, avec leurs saletés qui empoisonnent ! Ça serait un fameux débarras si l'on étranglait toutes les filles à leur naissance. ” Le dégoût, la haine de la femme, le firent jurer comme un charretier. L'abbé Mouret, après l'avoir écouté, la face calme, finit par sourire de sa Virulence. il appela Voriau, qui s'était écarté dans un champ voisin.
“Et, tenez ! cria Frère Archangias, en montrant un groupe d'enfants jouant au fond d'une ravine, voilà mes garnements qui manquent l'école, sous prétexte d'aller aider leurs parents dans les vignes !... Soyez sûr que cette gueuse de Catherine est au milieu. Elle s'amuse à glisser.
Vous allez voir ses jupes par-dessus sa tête. Là, qu'est-ce que je vous disais !... A ce soir, monsieur le Curé... Attendez, attendez, gredins !” Et il partit en courant, son rabat sale volant sur l'épaule, sa grande soutane graisseuse arrachant les chardons. L'abbé Mouret le regarda tomber au milieu de la bande des enfants, qui se sauvèrent comme un vol de moineaux effarouchés. Mais il avait réussi à saisir par les oreilles Catherine et un autre gamin. il les ramena du côté du village, les tenant ferme de ses gros doigts velus, les accablant d'injures.
Le prêtre reprit sa marche. Frère Archangias lui causait parfois d'étranges scrupules ; il lui apparaissait dans sa vulgarité, dans sa crudité, comme le véritable homme de Dieu, sans attache terrestre, tout à la volonté du Ciel, humble, rude, l'ordure à la bouche contre le péché : Et il se désespérait de ne pouvoir se dépouiller davantage de son corps, de ne pas être laid, immonde, puant la vermine des saints. Lorsque le Frère l'avait révolté par des paroles trop crues, par quelque brutalité trop prompte, il s'accusait ensuite de ses délicatesses, de ses fiertés de nature, comme de véritables fautes. Ne devait-il pas être mort à toutes les faiblesses de ce monde ? Cette fois encore, il sourit tristement, en songeant qu'il avait failli se fâcher de la leçon emportée du Frère. C'était l'orgueil, pensait-il, qui cherchait à le perdre, en lui faisant prendre les simples en mépris. Mais, malgré lui, il se sentait soulagé d'être seul, de s'en aller à petits pas, lisant son bréviaire, délivré de cette voix âpre qui troublait son rêve de tendresse pure.


VI

La route tournait entre des écroulements de rocs, au milieu desquels les paysans avaient, de loin en loin, conquis quatre ou cinq mètres de terre crayeuse, plantée de vieux oliviers. Sous les pieds de l'abbé, la poussière des ornières profondes avait de légers craquements de neige.
Parfois, en recevant à la face un souffle plus chaud, il levait les yeux de son livre, cherchant d'où lui venait cette caresse ; mais son regard restait vague, perdu, sans le voir sur l'horizon enflammé, sur les lignes tordues de cette campagne de passion, séchée, pâmée au soleil, dans un vautrement de femme ardente et stérile. il rabattait son chapeau sur son front pour échapper aux haleines tièdes ; il reprenait sa lecture, paisiblement, tandis que sa soutane, derrière lui, soulevait une petite fumée qui roulait au ras du chemin.
“Bonjour, monsieur le Curé”, lui dit un paysan qui passa.
Ces bruits de bêche, le long des pièces de terre, le sortaient encore de son recueillement. il tournait la tête, apercevait au milieu des vignes de grands vieillards noueux qui le saluaient. Les Artaud, en plein soleil, forniquaient avec la terre, selon le mot de Frère Archangias. C'étaient des fronts suants apparaissant derrière les buissons, des poitrines haletantes se redressant lentement, un effort ardent de fécondation, au milieu duquel il marchait de son pas si calme d'ignorance.
Rien de troublant ne venait jusqu'à sa chair du grand labeur d'amour dont la splendide matinée s'emplissait.
“Eh ! Voriau, on ne mange pas le monde !” cria gaiement une voix forte, faisant taire le chien qui aboyait violemment.
L'abbé Mouret leva la tête.
“C'est vous, Fortuné, dit-il, en s'avançant au bord du champ dans lequel le jeune paysan travaillait. Je voulais justement vous parler.” Fortuné avait le même âge que le prêtre. C'était un grand garçon, l'air hardi, la peau dure déjà. il défrichait un coin de lande pierreuse.
“Par rapport, monsieur le Curé ? demanda-t-il.
- Par rapport à ce qui s'est passé entre Rosalie et vous”, répondit le prêtre.
Fortuné se mit à rire. il devait trouver drôle qu'un curé s'occupât d'une pareille chose.
“Dame, murmura-t-il, c'est qu'elle a bien voulu. Je ne l'ai pas forcée... Tant pis si le père Bambousse refuse de me la donner ! Vous avez bien vu que son chien cherchait à me mordre tout à l'heure. il le lance contre moi.” L'abbé Mouret allait continuer, lorsque le vieil Artaud, dit Brichet, qu'il n'avait pas vu tout d'abord, sortit de l'ombre d'un buisson derrière lequel il mangeait avec sa femme. il était petit, séché par l'âge, la mine humble.
“On vous aura conté des menteries, monsieur le Curé, s'écria-t-il. L'enfant est tout prêt à épouser la Rosalie...
Ces jeunesses sont allées ensemble. Ce n'est la faute de personne. il y en a d'autres qui ont fait comme eux et qui n'en ont pas moins bien vécu pour cela, L'affaire ne dépend pas de nous. il faut parler à Bambousse. C'est lui qui nous méprise, à cause de son argent.
- Oui, nous sommes trop pauvres, gémit la mère Brichet, une grande femme pleurnicheuse, qui se leva à son tour. Nous n'avons que ce bout de champ, où le diable fait grêler des cailloux, bien sûr. il ne nous donne pas du pain... Sans vous, monsieur le Curé, la vie ne serait pas possible.” La mère Brichet était la seule dévote du village. Quand elle avait communié, elle rôdait autour de la cure, sachant que la Teuse lui gardait toujours une paire de pains de la dernière cuisson. Parfois même, elle emportait un lapin ou une poule, que lui donnait Désirée.
“Ce sont de continuels scandales, reprit le prêtre. il faut que ce mariage ait lieu au plus tôt.
- Mais tout de suite, quand les autres voudront, dit la vieille femme, très inquiète sur les cadeaux qu'elle recevait. N'est-ce pas, Brichet, ce n'est pas nous qui serons assez mauvais chrétiens pour contrarier M. le Curé ?” Fortuné ricanait.
“Moi, je suis tout prêt, déclara-t-il, et la Rosalie aussi...
Je l'ai vue hier, derrière le moulin. Nous ne sommes pas fâchés, au contraire. Nous sommes restés ensemble à rire...” L'abbé Mouret l'interrompit :
“C'est bien. Je vais parler à Bambousse. il est là, aux Olivettes, je crois.”
Le prêtre s'éloignait, lorsque la mère Brichet lui demanda ce qu'était devenu son cadet Vincent, parti depuis le matin pour aller servir la messe. C'était un galopin qui avait bien besoin des conseils de M. le Curé. Et elle accompagna le prêtre pendant une centaine de pas, se plaignant de sa misère, des pommes de terre qui manquaient, du froid qui avait gelé les oliviers, des chaleurs qui menaçaient de brûler les maigres récoltes. Elle le quitta, en lui affirmant que son fils Fortuné récitait ses prières, matin et soir.
Voriau, maintenant, devançait l'abbé Mouret. Brusquement, à un tournant de la route, il se lança dans les terres. L'abbé dut prendre un petit sentier qui montait sur un coteau. il était aux Olivettes, le quartier le plus fertile du pays, où le maire de la commune, Artaud, dit Bambousse, possédait plusieurs champs de blé, des oliviers et des vignes.
Cependant, le chien s'était jeté dans les jupes d'une grande fille brune, qui eut un beau rire en apercevant le prêtre.
“Est-ce que votre père est là, Rosalie ? lui demanda ce dernier.
- Là, tout contre”, dit-elle, étendant la main, sans cesser de sourire.
Puis, quittant le coin du champ qu'elle sarclait, elle marcha devant lui. Sa grossesse, peu avancée, s'indiquait seulement dans un léger renflement des hanches. Elle avait le dandinement puissant des fortes travailleuses, nu tête au soleil, la nuque roussie, avec des cheveux noirs plantés comme des crins.
Ses mains, verdies, sentaient les herbes qu'elle arrachait.
“Père, cria-t-elle, voici M. le Curé qui vous demande.” Et elle ne s'en retourna pas, effrontée, gardant son rire sournois de bête impudique. Bambousse, gras, suant, la face ronde, lâcha sa besogne pour venir gaiement à la rencontre de l'abbé.
“Je jurerais que vous voulez me parler des réparations de l'église, dit-il, en tapant ses mains pleines de terre.
Eh bien ! non, monsieur le Curé, ce n'est pas possible.
La commune n'a pas le sou.., Si le bon Dieu fournit le plâtre et les tuiles, nous fournissons les maçons.” Cette plaisanterie de paysan incrédule le fit éclater d'un rire énorme. il se frappa sur les cuisses, toussa, faillit étrangler.
“Ce n'est pas pour l'église que je suis venu, répondit l'abbé Mouret. Je voulais vous parler de votre fille Rosalie...
- Rosalie ? qu'est-ce qu'elle vous a donc fait ?” demanda Bambousse, en clignant des yeux.
La paysanne regardait le jeune prêtre avec hardiesse, allant de ses mains blanches à son cou de fille, jouissant, cherchant à le faire devenir tout rose. Mais lui, crûment, la face paisible, comme parlant d'une chose qu'il ne sentait point :
“Vous savez ce que je veux dire, père Bambousse, Elle est grosse. il faut la marier.
- Ah ! c'est pour ça, murmura, le vieux de son air goguenard. Merci de la commission, monsieur le Curé.
Ce sont les Brichet qui vous envoient, n'est-ce pas ?
La mère Brichet va à la messe, et vous lui donnez un coup de main pour caser son fils ; ça se comprend... Mais moi, je n'entre pas là-dedans. L'affaire ne me va pas, voilà tout.” Le prêtre, surpris, lui expliqua qu'il fallait couper court au scandale, qu'il devait pardonner à Fortuné, puisque celui-ci voulait bien réparer sa faute, enfin que l'honneur de sa fille exigeait un prompt mariage.
“Ta, ta, ta, reprit Bambousse en branlant la tête, que de paroles ! Je garde ma fille, entendez-vous. Tout ça ne me regarde pas... Un gueux, ce Fortuné. Pas deux liards.
Ce serait commode, si, pour épouser une jeune fille, il suffisait d'aller avec elle. Dame ! entre jeunesses, on verrait des noces matin et soir, Dieu merci ! je ne suis pas en peine de Rosalie. On sait ce qui lui est arrivé ; ça ne la rend ni bancale, ni bossue, et elle se mariera avec qui elle voudra dans le pays.
- Mais son enfant ? interrompit le prêtre.
- L'enfant ? il n'est pas là, n'est-ce pas ? il n'y sera peut-être jamais... Si elle fait le petit, nous verrons.” Rosalie, voyant comment tournait la démarche du curé, crut devoir s'enfoncer les poings dans les yeux en geignant. Elle se laissa même tomber par terre, montrant ses bas bleus qui lui montaient au-dessus des genoux.
“Tu vas te taire, chienne !” cria le père devenu furieux.
Et il la traita ignoblement, avec des mots crus, qui la faisaient rire en dessous, sous ses poings fermés.
“Si je te trouve avec ton mâle, je vous attache ensemble, je vous amène comme ça devant le monde... Tu ne veux pas te taire ? Attends, coquine !” il ramassa une motte de terre, qu'il lui jeta violemment, à quatre pas. La motte s'écrasa sur son chignon, glissant dans son cou, la couvrant de poussière. Étourdie, elle se leva d'un bond, se sauva, la tête entre les mains pour se garantir, Mais Rambousse eut le temps de l'atteindre encore avec deux autres mottes : l'une ne fit que lui effleurer l'épaule gauche ; l'autre lui arriva en pleine échine, si rudement, qu'elle tomba sur les genoux.
“Bambousse ! s'écria le prêtre, en lui arrachant une poignée de cailloux qu'il venait de prendre.
- Laissez donc ! monsieur le Curé, dit le paysan.
C'était de la terre molle. J'aurais dû lui jeter ces cailloux...
On voit bien que vous ne connaissez pas les filles. Elles sont joliment dures. Je tremperais celle-là au fond de notre puits, je lui casserais les os à coups de trique, qu'elle n'en irait pas moins à ses saletés ! Mais je la guette, et si je la surprends !... Enfin, elles sont toutes comme cela.” il se consolait. il but un coup de vin à une grande bouteille plate, garnie de sparterie, qui chauffait sur la terre ardente. Et, retrouvant son gros rire :
“Si j'avais un verre, monsieur le Curé, je vous en offrirais de bon coeur.
-Alors, demanda de nouveau le prêtre, ce mariage ?...
- Non, ça ne peut pas se faire, on rirait de moi...
Rosalie est gaillarde. Elle vaut un homme, voyez-vous. Je serai obligé de louer un garçon, le jour où elle s'en ira...
On reparlera de la chose après la vendange. Et puis, je ne veux pas être volé. Donnant, donnant, n'est-ce pas ?” Le prêtre resta encore là une grande demi-heure à prêcher Bambousse, à lui parler de Dieu, à lui donner toutes les raisons que la situation comportait. Le vieux s'était remis à la besogne ; il haussait les épaules, plaisantait, s'arrêtant davantage. il finit par crier :
“Enfin, si vous me demandiez un sac de blé, vous me donneriez de l'argent... Pourquoi voulez-vous que je laisse aller ma fille contre rien ?” L'abbé Mouret, découragé, s'en alla. Comme il descendait le sentier, il aperçut Rosalie se roulant sous un olivier avec Voriau qui lui léchait la figure, ce qui la faisait rire.
Elle disait au chien, les jupes volantes, les bras battant la terre :
“Tu me chatouilles, grande bête. Finis donc !” Puis, quand elle vit le prêtre, elle fit mine de rougir, elle ramena ses vêtements, les poings de nouveau dans les yeux. Lui, chercha à la consoler, en lui promettant de tenter de nouveaux efforts auprès de son père. Et il ajouta qu'en attendant, elle devait obéir, cesser tout rapport avec Fortuné, ne pas aggraver son péché davantage.
“Oh ! maintenant, murmura-t-elle, en souriant de son air effronté, il n'y a plus de risque, puisque ça y est.” il ne comprit pas. il lui peignit l'enfer, où brûlent les vilaines femmes. Puis il la quitta, ayant fait son devoir, repris par cette sérénité qui lui permettait de passer sans un trouble au milieu des ordures de la chair.




Dernière édition par Henry Valmont le Lun 22 Avr 2013 - 0:52, édité 3 fois
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RP en cours : Vinny donne une messe par là.


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MessageSujet: Re: La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)   Lun 22 Avr 2013 - 0:43

Ce poste ne fait pas le nombre de lignes requises sciemment puisque Vinny est un rebelle en couple avec une peluche multicolore (et de toute évidence mâle, quoique... Schlagvu est un grand mystère), mais il sera utile pour préciser qu'Antoine n'est pas un vrai violeur mais veut bien fermer les yeux sur une tentative de viol (j'ai rien vuuu). Ah puis Vinny quitte Schlagvu pour Claris (ou son livre de prières, il hésite encore), il n'était pas assez religieux pour lui (pauvre bête).

JE SOUTIENS L'HENRACHEL et le Kélenda et j'invite tout le monde à faire de même. ♥
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MessageSujet: Re: La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)   

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La démocratie a parlé Nii [PV Rachel et ki voeux] (N°24)

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