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 Squirrel Fray.

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(sauce BBQ ouais)
Ralph
Ralph

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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeJeu 19 Sep 2013 - 18:45

    Il sentait les oppositions s'évanouir l'une après l'autre. L'instant précédent il y avait accumulation d'hostilité, hostilité partout, ennemi, danger, danger. Les flammes agressaient ses sens, la chaleur lui montait à la tête et toutes ses fonctions cognitives éteintes, il ne savait plus que plonger, frapper, chercher au plus proche tout ce qui pouvait contenir un semblant de chair palpitante, brûlante, gorgée de sang et assassinable. Il y avait eu l'éclair, la sensation du métal dans une chair vivante, traversant la peau, les tissus, écartant les veines. Ralph avait abandonné sa raison : la lame taillait dans le vide, l'odeur ferreuse de l'hémoglobine aveuglait ses oreilles, assourdissait sa vue, elle lui grillait les synapses et il souriait, comme un malade, comme un dément, comme quelqu'un qui n'a rien à perdre ou bien qui a trouvé. Trouvé. Ou rien n'a d'importance. L'autre en face n'avait pas poussé une plainte.
    Il n'était plus là.
    Tout s'enchaînait trop vite.
    A peine les silhouettes sombres échappaient-elles à sa vue que d'autres apparaissaient. Multitudes de sensations, odeur humaine, odeur de soufre, remous du lac et crépitement.
    Un éclair de douleur jaillit de l'obscurité et Ralph recula avec un grognement, une main sur le visage, l'écho du cri résonnant encore dans les oreilles. Il ne le comprenait pas. Ni les mots, ni les odeurs, ni le visage de celui qu'il avait en face, une fois que ses yeux se furent rouverts.
    Il ne comprenait rien que la douleur. La fureur. Cette volonté écrasante de destruction, d'annihilation, pas seulement la chasse mais réduire en cendres ce qui peut l'être.
    T'es pas un animal, Ralph. L'animal n'est pas comme ça.
    Le jeune homme avait un goût de sang dans la bouche, de sang et de cendres. Soudain, tout sembla s'arrêter, comme si quelqu'un quelque part avait appuyé sur un interrupteur. Il sentit la pression dans ses oreilles diminuer et une sensation froide lui glisser dans le cou, sur des muscles tendus à se rompre. Le son de la pluie emplit sa tête peu à eu en musique de fond, et par-dessus il n'y eut plus que le battement sourd du sang contre ses tempes. Badam, badam.
    Il avait froid. Son souffle expira un nuage de buée lorsqu'il se redressa, essuyant le sang qui coulait de ses lèvres d'un revers de manche. La douleur revint, aiguë dans sa chair, il ne savait pas d'où. L'obscurité se dissipait. Sa respiration haletante s'éteignait avec son coeur. Badam, badam, badam.
    Face à lui, il y avait un garçon qu'il connaissait. Mais il ne s'en souvenait plus. Il l'avait peut-être aimé ou détesté. Mais il s'en moquait. Il avait aussi le sang qui cognait dans sa tête, il avait aussi l'envie de le voir disparaître. Badam, badam.
    Tue-le.
    Badam, badam.
    Ralph prit une grande inspiration. Et puis il plongea sur le jeune homme. Directement, de front, mais sans prendre la peine de le regarder dans les yeux. Sa lame dans sa gorge, du corps contre cette vie qui bouillonnait et qui allait s'éteindre, le brasier détruit par une pluie glaciale, c'était tout.



Spoiler:
 


Dernière édition par Ralph le Jeu 19 Sep 2013 - 18:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeJeu 19 Sep 2013 - 18:45

Le membre 'Ralph' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
Squirrel Fray. - Page 3 78426507

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#2 'Dé Dégâts' :
Squirrel Fray. - Page 3 26545564

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#3 'Dé Dérobé' :
Squirrel Fray. - Page 3 70728842
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Wang Huan Yue
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeSam 21 Sep 2013 - 21:27

BANZAI !
Wangchoupi fut heureux d'avoir foutu la misère à son grand rival et s'en va avec honneur. Contrairement à d'autres, AHAHA. Morituri te salutant.n8DDD

EDIT : Amen.


Dernière édition par Wang Huan Yue le Sam 21 Sep 2013 - 21:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeSam 21 Sep 2013 - 21:27

Le membre 'Wang Huan Yue' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
Squirrel Fray. - Page 3 58768097

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#2 'Dé Dégâts' :
Squirrel Fray. - Page 3 26545564

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#3 'Dé Dérobé' :
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Slow Motion Suicide
Kélian Ael
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeDim 22 Sep 2013 - 16:42

• { Asphyxie }

Vingt, vingt-et-un, vingt-deux...
Pas à un seul instant ses yeux ne s'étaient détachés de la terre qui défilait sous ses pieds. Il fixait le sol, le sol et juste le sol – écoutait les battements de son cœur, juste eux et rien que ça. A la première inattention, ses jambes fatiguées ne se priveraient pas pour le faire trébucher. Ses épaules douloureusement tendues ne demandaient que ça. De sa respiration sifflante au rythme saccadé de ses pas, tout son corps le suppliait de s'allonger et d'en rester là : alors non, il ne pouvait pas s'amuser à regarder le ciel. Non, il ne pouvait pas se permettre de penser à quoi que ce soit d'autre. Non.
Il ne savait même pas où il allait. Ici, là, quelque part ; six pieds sous terre, quoi qu'il en soit. Ça n'allait pas durer, cette belle motivation à aller droit devant, le plus loin possible. Il avait commencé à tirer sur la corde avant même qu'Heather ne passe par-dessus bord. Le sang continuait de filer entre ses doigts et, malgré la violente douleur qui lui déchirait le cou, il peinait à se sentir vivant. Ça glissait sur sa peau en pluie glaciale, ça se faufilait entre ses lèvres – ça se tirait le plus vite possible, et de préférence les pieds devant. Il ne savait même pas de quoi il parlait. Ses pensées refusaient de s'aligner correctement.
Trente quelque-chose, trente quelque-chose-et-un...
Noyé sous la douleur, Kélian serra les dents aussi fort qu'il le put. Il s'était promis de ne pas s'arrêter avant d'être à bout de forces et comptait bien s'y tenir. Tant qu'il marchait, il était en vie. Tant qu'il tenait debout, il n'était pas mort. Il devait avancer, avancer, avancer, avancer. Avancer. Avancer. Un pied devant l'autre, deux, six, vingt, cinquante, peu importe, on s'en fout – tout ce qui comptait, c'était qu'il avance. Qu'il trouve quelqu'un. Qu'il reste debout. Son cœur était un foutu menteur ; il avait beau lui hurler de se taire et de s'allonger, il n'en pensait rien. Qui voudrait mourir, hein ? Sûrement pas ceux qu'il avait laissé derrière lui. Pas Claris, qui s'était sauvée pour échapper au danger. Pas Selenda, qui n'avait pas tiré. Pas Heather, qui s'était débattue jusqu'au bout. Pas lui, qui luttait désespérément contre le sommeil.
Et pourtant, combien d'entre eux étaient encore...
Sa gorge se serra sur une violente quinte de toux ocre qui faillit bien lui faire plier les genoux. Combien de mètres encore avant d'avoir le courage d'abandonner ? Il se le demandait. Ses yeux, qui peinaient à distinguer clairement le paysage, chassèrent quelques gouttes d'eau d'un battement de paupière perplexe. Il ne s'arrêta pas ; son corps, comme sorti d'un bref sommeil, enregistra enfin le changement d'atmosphère. Il pleuvait. La chaleur des flammes, nettement perceptible, s'était atténuée. Le feu, probablement éteint. Ses pas ralentirent et son visage, tourné vers le lac, se tordit sur une grimace peinée. Heather était encore là-dessous. Personne ne pourrait aller la chercher.
Et personne ne viendrait les aider.

… Ce qu'il pouvait avoir froid, tout-à-coup.

Un violent frisson agita le corps du jeune homme. Ce n'était même plus une question de force, à ce stade ; sa vie ne tenait plus qu'à un unique fil de volonté qui le forçait coûte que coûte à garder la tête hors de l'eau. S'il ne s'y était pas tenu si fermement, il se serait écroulé des mètres et des mètres auparavant. Il était bien au-delà de ses limites. Même le meilleur des hôpital n'aurait pas réussi à le sauver, tant il avait perdu de sang. C'était ridicule. Ça ne servait à rien. Alors peut-être qu'il avait cru entendre des voix, mais elles devaient être encore loin : et à supposer qu'il ne les imagine pas, rien ne lui disait que ce seraient des amis. Ils pouvaient très bien le laisser mourir. Et qu'auraient-ils pu faire d'autre, quoi qu'il en soit...
Ses yeux se posèrent sur la silhouette familière qui se dirigeait vers lui. Il ne savait plus ce qu'il espérait, au juste.
Retourner en arrière, peut-être ? Un semblant de sourire étira ses lèvres. Il allait y rester, de toute façon. C'était tellement cruel.

Soudain, sans prévenir, le sol se déroba sous ses pas. Le ciel tangua ; la terre bascula. Son corps heurta l'herbe humide presque sans un bruit, étouffé par le clapotis de la pluie et le bruissement de ses vêtements.

« Merde... »

Quelle façon nulle de mourir. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas ; il ne mourrait pas.
Borné jusqu'à la fin. Ne me laissez pas.



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

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« Trees will speak before you listen ; oh my God - no one knows that
We can barely stand each other ; it's not right, no it's not fair.
Cause I'd wait anywhere for you.
Would you wait for me ?
Bleeding tears is the least of our problems here ;
We can moan our family's gone, blistered feelings -
All we have's diseased organs.
And I'd die anytime for you.
Would you die for me ? »

Girl, I should have told you :
 

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Wang Huan Yue
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeSam 28 Sep 2013 - 18:25

C’aurait été agréable de ne rien sentir. Le gamin, pourtant, savait qu’il n’y avait aucune chance que ça arrive : on ne partait pas comme ça, dans un souffle léger qui nous enveloppait d’une douce torpeur. Les actions s’enchaînèrent trop rapidement pour que son corps pût les suivre : une douleur à la main d’abord, puis un bruit sourd et une douleur ailleurs –il n’aurait pas su dire où. Il n’aurait pas su dire grand-chose, si ce n’était peut-être qu’il avait mal, et qu’il allait mourir. C’était comme ça : il sentit son genou céder au moment de l’impact, ses yeux s’arrondir et sa tête heurter le sol détrempé. Il avait envie de hurler, mais sa langue pâteuse et ses poumons ne l’entendaient pas de cette oreille. Il avait envie de pleurer. Il avait envie que tout ça finisse. Il avait envie que tout ça se termine autrement. Il avait envie de manger quelque chose, il avait trop chaud, il avait trop froid, il allait mourir. Vraiment, siffla la garce dans son esprit, combien de fois l’as-tu juré depuis tout à l’heure ? Ça n’a plus aucun sens désormais. Bouge, lève-toi, espèce de larve. Il pleut. Le ciel pleure tellement il rit. Wang s’en fichait ; il ne la sentait qu’à peine et devinait dans l’air cette odeur qu’avait la terre mouillée les jours de pluie. Il ne pouvait pas la respirer –mais il l’avait fait assez souvent, accoudé à la fenêtre de sa chambre, pour savoir qu’elle était là. L’eau devait dessiner des rigoles claires sur sa peau noircie de cendres trempées, laver le sang qui maculait les cheveux collés à son front. Elle devait être agréable.

D’épais panaches de fumée s’élevaient dans le ciel constellé de gigantesques points noirs où ne brillait aucune étoile. Ils étaient là, au-dessus de sa tête, à portée de main : il lui aurait suffi de les attraper pour se relever, il en était sûr. Il aurait suffi d’une main tendue, peut-être, mais rien ne vint et il ne bougea pas d’un pouce. Il ne pouvait même pas pleurer. C’est triste, non ? reprit le gamin effrayé, qui avait dû retrouver son chemin dans les bois. Ah, qu’importe, au fond ; toi, tu n’es même pas triste ou en colère. C’est quand même triste, de mourir tout seul sous la pluie. C’est quand même triste.

« C’est… »

Il chercha frénétiquement des yeux un autre regard à rencontrer, sans se rendre compte qu’il n’y voyait déjà plus rien. Je vais mourir. Je vais mourir tout seul. Là où la douleur ne le rendait pas malade, le froid l’étouffait. C’étaient de longues griffes de givre qui avaient coupé ses membres et une chape de glace qui écrasait son torse –il n’y avait plus que son genou et ses yeux, qui brûlaient toujours, et sa gorge, toujours aussi sèche. J’ai bien fait de les couvrir, sourit-il quelque part dans le noir. Sous la pluie, ils doivent avoir froid. Mais ils sont deux, et si je les ai couverts… Si je les ai couverts, et qu’ils ne sont pas sous cette terre trop froide, alors peut-être que tout ça aura servi à quelque chose… Mon Dieu, qu’il fait froid.

Une seconde passa, puis deux, puis trois ; mais à quoi bon les compter ? N’importe qui vous l’aurait dit, il était mort avant même de toucher terre. Ses prunelles fixes contemplaient un ciel d’airain lourd de nuages et de vapeur, ses lèvres figées sur un mot –lequel ?– tandis que ses mains écorchées, couvertes de cloques, d’un rose pâle, de noir et de blanc d’os étaient serrées, inutiles, autour des doigts imaginaires de quelqu’un qu’il avait sans doute aimé.

Mon dieu, mon dieu. Qu’il fait froid.

Spoiler:
 
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Explosion d'étoiles
Nova Svanadóttir
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeVen 4 Oct 2013 - 20:40

Frissonnante sous la pluie, les mains tremblotantes à cause du manque, entre autres, de nicotine, Nova plissa ses yeux de colère. Elle serra la mâchoire, les traits tirés et le visage crispé. Suivre l’autre idiot qui rampait dans la boue ? Et pourquoi pas suivre l’autre fou quand il tenterai de s’enfuir, tiens ?

« Non »
lâcha-t-elle simplement, croisant les bras.

Elle se coula derrière Clarence, toutefois – les combats, ce n’étaient définitivement pas son truc. Son truc à elle, c’était plutôt la magouille, la finesse. Ce n’était pas pour rien qu’elle avait attaqué le fou furieux de dos, elle préférait être sournoise qu’honnête. Sauf que là, il fallait l’avouer, elle était à demi-morte. Le sang collé dans ses cheveux et la douleur diffuse dans son abdomen masquaient à peine le besoin viscéral qu’elle ressentait d’allumer une putain de cigarette. Chaque goutte qui lui tombait sur la nuque semblait se moquer d’elle, comme si ce n’était pas suffisant qu’elle sente l’eau mêlée de sang s’infiltrer jusqu’à ses sous-vêtements. Soupirant, elle releva les yeux, chassant l’eau qui lui dégoulinait sur le visage, lui masquant la vue – attendez. Il est VRAIMENT en train de courir après quelqu’un ?!


« Putain de merrrrrde ! »
siffla-t-elle. Elle commençait à en avoir sacrément marre de courir.

Elle s’élança à la poursuite de Clarence, ses pieds glissant dans la boue, tentant de retrouver un équilibre précaire. Elle n’avait fait que quelques pas avant de s’arrêter brutalement, manquant de s’étaler par terre ; le fou furieux était en face d’un garçon. Mais ce garçon était en train de s’écrouler.
Elle eut l’impression que son cœur s’arrêta une seconde, et qu’elle s’était vidée de tout son air. Hagarde, avec ses yeux bleus grand ouverts et ses cheveux bruns emmêlés qui lui ruisselaient le long du dos, elle avait l’air d’une noyée – sans doute parce que c’était ce qu’elle était. Une noyée. Elle resta figée quelques secondes, mais elle se retourna juste à temps pour voir le garçon vers qui Clarence avait couru disparaître dans un affaissement. Elle sursauta et fit une nouvelle fois volte-face, la pulsation du sang lui martelant une nouvelle fois le crâne tant ses mouvements étaient brusques. Pendant quelques instants, il lui sembla qu’elle flottait, qu’elle était inaccessible, et surtout, que la réalité ne pouvait pas l’effleurer. Que ce n’était qu’un rêve. Un putain de cauchemar.

Mais cette sensation s’évanouit tellement vite qu’elle douta de l’avoir ressentie, électrisée par une unique volonté. Elle était à moitié morte, tenant à peine debout, affolée, en manque, douloureuse, ralentie. Oui. Mais elle sentait ce besoin irrationnel lui bruler le sang, elle sentait une chaleur désagréable dans ses joues, sur ses joues, partout. Elle voulait qu’il
souffre. Elle voulait le regarder si violemment qu’il ne s’en relèverait jamais. Elle voulait voir la douleur sur son visage, sentir à travers lui le martyre qu’elle lui ferait subir – voir la douleur annihiler les moindres parcelles d’envie de vivre. Et puis l’achever.
Pas par miséricorde.
Parce qu’elle ne voulait pas qu’il meure.
Elle voulait que ça soit
pire.

Elle se retourna une dernière fois vers Clarence, le regard brillant, les dents serrées.


« J’te suis, quoi que tu dises. Donc si tu veux aller le fracasser, on y va. Sinon, on se barre. C’est toi qui vois. »


Elle voulait qu’il souffre.
Mais elle ne voulait pas mourir. Du moins, pas pour rien. Mais il paraît que tout le monde meure – alors quitte à mourir, autant être sûre que le fou la suive. Sinon, ça n'en valait pas la peine.




Nova, la seule malpolie de ce topic...
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« century old rock wow  »
Clarence
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• Pouvoir : Te foutre en bikini en claquant des doigts. (si seulement)
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• Petit(e) ami(e) : Qui veut tant qu'on lui argumente la proposition.

RP en cours : Clarence joue à la belote par là.


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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeDim 13 Oct 2013 - 15:42

...

C'était trop dur de sauver la vie des autres tout en sauvant la sienne ; est-ce qu'il y avait un choix à faire dans ce désordre glacial et ruisselant ? Il n'aurait pas laissé Nova derrière lui, quand bien même la livrer bras entravés lui aurait permis la fuite, à lui et Kélian. Il répugnait à l'idée de laisser les autres s'éparpiller comme une volée d'oiseaux, à qui courrait le plus vite et aurait la chance de ne pas attirer l'œil fauve du prédateur. C'était un lancer de dés qui n'avait rien d'inégal : il en ressentait pourtant l'injustice cuisante, là où le couteau de l'autre avait frappé et taillé sans pitié la chair encore trop tendre. Il saignait. Et il avait pitié.
Il était toujours humain, quelque part. Boum, boum.
Le sol détrempé et boueux ne le fit pas glisser, l'habitude des terrains accidentés avait depuis longtemps remplacé les maladresses des premiers jours. La peur, ou tout autre sentiment acide, lui rongeait la gorge, bloquant momentanément les sons et les exclamations. Le brasier s'était tu, la pluie amenant avec elle l'odeur entêtante des braises mouillées et le relent plus discret mais écœurant des organes passés à la broche. Clarence aurait aimé ne pas pouvoir le sentir. Tous ses sens, décuplés et en éveil, lui apparaissaient sous ce ciel sombre comme autant de désavantages et de vérités cruelles. Il le sut, au moment où sa main partait pour rattraper le corps chancelant et abîmé d'un ami à qui il devait trop.

Il n'y avait pas de place pour l'ignorance, dans son monde.

La panique ne l'empêcha pas de jeter un œil à Nova, qui piétinait et renâclait. Il ne pouvait rien lui reprocher. Ce que la prudence dictait, il le jetait pour porter secours à un homme déjà presque mort. Un genou dans la terre meuble, Clarence le releva pourtant. Si lui était ici, qui d'autre pouvait se trouver piégé par les arbres calcinés ou les tombes craquelées du cimetière ? Des visages connus, jamais contents ou trop maquillés. Des visages auxquels il s'était accoutumé et auxquels il tenait. Quelque chose de semblable à de la peur mouchetée de dégoût se glissa dans ses veines qui remorquèrent le sentiment jusqu'à un cœur qui battait une cadence bien trop lente pour appartenir à un être humain. Alors que... on ne pouvait qu'enterrer le vrai, pas l'annihiler. Il aurait dû le savoir. Peut-être l'avait-il masqué jusque là.
Il se croyait courageux. Il n'avait aucun mérite, aucun.

« Kélian ! »

Lui aussi, il était presque mort.
Les mots, essentiels et superflus, moururent collés à son palais avant qu'il ait pu les formuler. Réveille-toi, ouvre les yeux, parle-moi ? Dis quelque chose. Il ne sentait plus le sang couler le long de sa peau et les blessures se tendre sois le joug de ses mouvements vifs, dénués de précautions. L'exclamation de Nova se mêla à quelques voix fantômes, certaines si vieilles qu'il n'en restait qu'un faible écho ponctué de tendresse. Deux visages qu'il ne reverrait plus. Kélian ? Eh ? Ne pars pas, s'il te plaît.

Le danger guettait toujours, tapi dans l'ombre que les flammes avaient cessé d'éclairer.

« Ne va pas près de lui, Nova. »

On s'en va.

Alors pourquoi est-ce que tu restes immobile comme ça ?
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(sauce BBQ ouais)
Ralph
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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeSam 26 Oct 2013 - 0:16

    Impact.
    C'était surprenant, à quel point la chair coriace qui hurlait, tempêtait, crachait, feintait, comme invincible, pour blesser et s'abattre encore - à quel point cette chair était tendre et molle une fois la peau crevée. Ralph entendit presque le bruit de déchirure lorsque le hachoir pénétra entre les côtes du jeune homme et se fraya un chemin dans ses entrailles avec une jouissance féroce. Descendre la lame d'un coup sec lui aurait donné le sentiment d'ouvrir une fermeture éclair.
    Badam. Badam.
    Tue-le, tue-le.
    Boum.
    Le cœur de l'autre pensionnaire émit un son de gong désespéré avant de chuter dans sa poitrine comme une pierre jetée dans un puits. Ralph le sentit contre sa peau, la main enfoncée dans le t-shirt du jeune homme alors qu'ils plongeaient tous deux vers le sol comme pour ne plus jamais s'en relever. Il ne voyait pas ses yeux ; n'entendait pas ce que ses lèvres voulaient dire. Il n'y avait que la cadence d'un cœur qui s'emballe et d'un autre qui s'éteint. Justification de la lutte. Du rouge partout, sur le blanc, sur le bleu, Du rouge dans des artères qui battaient la cadence, sa vision obscurcie et le monde entier qui ne voulait plus rien dire. Partout, partout, il y avait le rythme cardiaque du lapin pris au piège la nuque entre les crocs, le rythme de tambour qui fait jaillir son sang de partout - partout.
    Un craquement sinistre se fit entendre quand la lame de la machette remonta brutalement sous la cage thoracique. C'est ce bruit sourd qui fit prendre conscience à Ralph de la pression invraisemblable qu'il imposait au manche, alors que sa victime avait déjà les yeux perdus au fond du ciel. Il avait les doigts maculés de terre, un filet d'eau glaciale coulait dans son cou et ses mèches trempées se balançaient devant deux yeux hagards de couleur différente. Il voyait flou. Il avait un goût salé dans la bouche.
    Ses muscles criaient de douleur. Juste sous son nez, il y avait un garçon avec une chemise trempée et bizarrement noire comme la surface d'une plaie coagulée, et il battait vaguement des cils en se demandant où il avait déjà vu ce visage congestionné avant. Ça ne lui revenait pas, vraiment. Il ne connaissait personne avec un vide pareil dans la gorge ; quelque chose avec un trou noir suintant entre deux parcelles de peau blême, c'était pas quelqu'un, d'ailleurs. Il aurait pu le mettre dans son congel'. Tu sais un peu ce qui se passe, Ralph, ou tu as sommeil ?
    Le jeune homme se releva en s'appuyant sur l'une des épaules inertes qui remua mollement lorsqu'il la relâcha, comme dans un geste indifférence. Il se redressa sans manifester la moindre intention de secouer sa tignasse trempée et s'essuya la bouche sur sa manche.
    Les autres lapereaux avaient filé.
    Le regard vide de toute réflexion, Ralph pivota vers les arbres sans accorder un seul regard au duo qui survivait, sur deux jambes près du lac aux eaux grises. Il les avait déjà oubliés. Ses articulations se remirent en route comme si elles n'attendaient que ça et il se remit en route, inconscient de tout ce rouge partout, les oreilles bourdonnantes.
    Traque.



Ralph → { Scalded bones }
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Slow Motion Suicide
Kélian Ael
Kélian Ael

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MessageSujet: Re: Squirrel Fray.   Squirrel Fray. - Page 3 Icon_minitimeLun 28 Oct 2013 - 15:08

Allongé à même le sol, hébété et comme inconscient, Kélian battit lentement des paupières. Il avait peur. Mal. Les larmes noyaient ses poumons sans atteindre ses yeux ; chaque inspiration lui brûlait les lèvres, la voix. Il ne voulait pas mourir. Pas maintenant, pas comme ça – pas avec autant de trucs coincés dans la gorge, il ne voulait pas. Des années de silence à en dire trop ou pas assez défilèrent devant ses yeux, reflétées dans chacune des gouttes de pluie qui frôlait ses cils foncés. J'ai quand même pas tout foiré, si ? La vivacité de ses regrets, plus violente encore que la fatigue engourdissant son corps, le maintint tant bien que mal à la surface. Il ne pouvait pas partir. Il ne voulait pas. J'ai mal, j'ai peur – me laissez pas tout seul, me laissez pas. Il faisait trop noir, ici, et il n'avait pas toujours aimé l'obscurité. Me laissez pas ; sa main gauche, mue par un profond sentiment d'urgence, parvint à se refermer faiblement sur le tissu d'un vêtement qu'il ne connaissait que trop bien.
Il ne voulait pas trop lui en demander, encore moins se reposer sur lui ou le tirer vers le fond. Mais pour cette fois, juste pour cette fois, il allait devoir l'aider à se relever.
Une toute dernière fois.
Pupilles dilatées et souffle erratique, Kélian se raccrocha tant bien que mal au bruit de cette respiration si différente de la sienne. Clarence ne l'aurait jamais laissé tomber, jamais. Cette certitude lui fit l'effet du plus joli placebo ; doucement, bercé par le clapotis serein de la pluie, il sentit ses craintes s'apaiser. S'il n'était plus seul, ce n'était plus si grave. On finirait bien par le sauver. On le sortirait de là. On ne l'oublierait pas. Yeux à demi clos, le jeune homme fit de son mieux pour ignorer les blessures de son ami. Impossible de savoir comment les choses auraient pu être en d'autres circonstances ; et puis, qui sait ? peut-être avait-il toujours été destiné à mourir ici, sous la pluie, sans rien d'autre à dire pour sa défense qu'un pathétique « je sais pas comment c'est arrivé ».
Heather était morte, et Clarence n'avait pas besoin de savoir. Ses lèvres s'ouvrirent sur un douloureux silence.

Her – y'a plus que toi, tu sais. Je suis désolé.

« … Heather, et, Selenda... Elles... »

Sa voix se brisa d'elle-même en mille morceaux de rien. Son corps le lâchait ; sans la pression que sa présence exerçait contre sa peau, il n'aurait même pas pu jurer que Clarence était encore là. Ses yeux ne lui servaient plus à rien. Son cœur peinait à battre. Il était trop fatigué, trop malade – trop épuisé d'attendre des secours qui ne viendraient pas. Tant pis si personne ne venait déposer une couverture sur ses épaules pour le réchauffer, tant pis s'il devait s'allonger.
Il était tellement, tellement fatigué...

« Désolé, je suis trop crevé... » Ses murmures parvinrent à peine à ses propres oreilles. « Ça te dérange si j'attends là ? »

Il était juste un peu fatigué, juste un peu perdu ; il ne pourrait pas aller jusqu'au bout, pas dans cet état. Impossible. Il avait besoin d'un peu de temps, de quelques minutes pour reprendre son souffle et ses esprits – alors lui, en attendant, n'avait qu'à partir devant. Ce serait sans doute mieux pour tout le monde ; il ne ferait que le ralentir, de toute façon. Autant se séparer pour le moment. Juste le temps de se reposer, rien qu'une poignée de secondes : ce n'était pas un adieu, ce n'était même pas un au-revoir. Vas-y, pars devant – je te rejoins, t'en fais pas. Il allait rester là, juste là. Il n'irait nulle part. Et juste au cas où on se perde en chemin, tu sais, je suis content de t'avoir connu. Ses doigts, comme se défait un nœud trop peu serré, lâchèrent doucement prise.
Parfaitement immobile, il semblait déjà ne plus être là. Mais où aurait-il pu aller, hein ?

La seule personne près de qui il veuille encore rentrer était juste là.

Juste quelques minutes, d'accord ?



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« Trees will speak before you listen ; oh my God - no one knows that
We can barely stand each other ; it's not right, no it's not fair.
Cause I'd wait anywhere for you.
Would you wait for me ?
Bleeding tears is the least of our problems here ;
We can moan our family's gone, blistered feelings -
All we have's diseased organs.
And I'd die anytime for you.
Would you die for me ? »

Girl, I should have told you :
 

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