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 [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}

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« but cakes tho »
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MessageSujet: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Ven 3 Mai 2013 - 21:38

« Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons »
Ca te transformera peut-être en prince charmant




Se changer les idées.
Ce n'était pas bon d'avoir le cerveau encombré, et encore moins de pensées négatives. C'était ce que Courtney avait pensé en se relevant dans son lit pour bouder la sieste, jetant ses draps en travers avec énergie. Son réveil, qui indiquait quinze heures cinquante trois, l'avait encouragé à enfiler des vêtements décents avant de se lancer à l'assaut des couloirs, par soucis des personnes qu'elle allait assurément croiser lors de sa promenade surprise. Pour bien faire et se mettre dans le bain, elle s'était même brossé les dents et avait soigneusement épinglé une jolie barrette en forme de fraise dans ses cheveux. Aujourd'hui, elle avait décidé de s'habiller tout en rouge et avait poussé quelques protestations sonores (ses colocataires étaient absentes, elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait !) quand sa stupide armoire avait décidé de ne lui donner que des hauts blancs en guise de remerciement pour tous ces coups de chiffon passés sur sa jolie surface polie. Bon, peut-être qu'elle le méritait, en fait. Depuis quelques temps, elle l'avait négligé au point de jeter ses vêtements en désordre sur le sol quand elle allait se coucher. Mais ce n'était pas sa faute, elle avait été trop préoccupée pour se soucier du ménage. Après avoir tout mis sans dessus dessous avec moult grognements et mordu son pouce, elle avait opté pour du blanc et passé sur ses épaules une veste rouge pour narguer le meuble. Avec un coup d'œil suspicieux aux quatre lits au cas où le bout de la queue de Schlagvu en aurait dépassé, elle se glissa dans le couloir en claquant distraitement la porte derrière elle. Le tapis rouge étouffa le bruit de ses bottines noires le long du couloir qui menait aux dortoirs féminins.

Ce n'était pas dans les habitudes de Courtney de faire la sieste, ni de tenir autant à porter telle ou telle couleur. Seulement, les cauchemars qui hantaient ses nuits depuis qu'elle s'était redressée avec un cri d'entre les morts ne lui laissaient pas le choix; soit elle s'accordait quelques heures de sommeil en journée, soit elle tombait de fatigue dans son repas. Comme Aphrodite avait déjà eu à lui enlever le nez de ses pâtes à la bolognaise et qu'elle ne comptait pas réitérer l'expérience (pas très agréable d'ailleurs, berk), le choix avait été vite fait. Du moins jusqu'à ce qu'elle en ait assez de larver, enroulée dans ses draps comme la dernière des impotentes: elle n'allait pas laisser le traumatisme avoir le dessus ! Jamais ! Et à défaut d'aller parler à Emrys, ce dont elle était encore incapable pour l'heure, elle apposait autre chose à cette couleur qui lui évoquait trop facilement le sang et lui donnait la nausée. Les fraises et les jolis vêtements, c'était rouge aussi. C'était beau, c'était cool. Je suis en vie et je respire, tout ça n'était qu'un cauchemar. Un horrible cauchemar.
Parfois, elle passait sans s'en rendre compte sa main derrière sa nuque. Trop de témoignages et de cris de détresse l'empêchaient de considérer cette boucherie comme un simple rêve éveillé. Elle n'arrivait pas à s'en persuader. Et les appels à l'aide tournaient encore et encore dans sa tête, menaçant de le faire s'écrouler sous un poids trop lourd à porter pour ses petites épaules.

Malgré tout, il fallait faire taire la douleur à tout prix, l'étouffer pour ne plus la laisser lui fondre le verre d'une bouteille brisée sur les mains.
Rudy serait sa première cible; cet abruti d'ancien pensionnaire qui osait parler depuis un journal éparpillé aux quatre vents de sortie ou elle ne savait trop quoi. Elle avait ignoré la rumeur les premiers temps, mais là, c'en était trop. Associée à son envie d'éjecter le jeu macabre des I. de son esprit, elle s'était juré en ouvrant en grand la porte des cuisines de trouver ces feuilles et de les balancer dans la cheminée pour en faire de la cendre.
Bon. A défaut d'en avoir trouvé une en maltraitant la porte, elle avait trouvé Wang. D'ordinaire, elle aurait fuit le chinois comme la peste pour ses remarques insultantes sur sa silhouette de sirène, mais les choses avaient changées. Quelque peu. Elle ne l'avait qu'entraperçu dans la forêt lors du jeu, et n'y aurait pas prêté attention s'il n'avait pas été si choqué par sa mort. C'était en tout cas ce qu'elle avait déduit de sa façon de se comporter avec elle, et elle avait beau ne pas être fine, elle n'était pas complètement idiote. Elle ne tenait pas à savoir ce qui s'était passé une fois ses yeux clos, ne le voudrait jamais.

Mais Wang était sincère dans sa peine. Alors elle l'avait attrapé d'une main, pris un paquet de gâteau de l'autre, et direction le premier étage pour une destination inconnue. Notons que sa détermination ne laissait pas de place à un quelconque refus de la part du jeune homme.

Elle ouvrit à la volée la première porte qui attira son attention, avec toute la grâce dont elle faisait régulièrement montre au pensionnat. Des lits, des flacons, le tout dans une atmosphère calme et silencieuse; bonjour, SOS malades, j'écoute.

L'infirmerie n'était pas l'endroit du pensionnat qu'elle jugeait le plus accueillant, mais ça ferait l'affaire. Une fois qu'ils furent rentrés, elle referma la porte d'un coup de talon. Le son de sa voix couvrit bientôt l'écho:

« Si on doit renverser les lits et tout foutre à terre pour trouver ces trucs, on le fera. Et tu verras, Aphrodite sera fière de nous. »

Pour elle, c'était important. Il y avait plein de sourires à redonner, ces temps-ci.
Pour illustrer ses propos, l'Étasunienne arracha sans pitié le drap d'un des lits, le laissant nu et défait. En tant que chef de mission, elle se devait de donner l'exemple.

« Regarde partout, elles sont vicieuses, elles peuvent même se cacher dans les coins ! »

Parce que oui, ces feuilles avaient sûrement une volonté propre. Journal de... Tout en secouant le drap, elle se promit de faire un effort pour rester polie, ça ne lui ferait pas de mal.



ON TERMINE CE RUDY, BITCHES.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Sam 4 Mai 2013 - 16:22

Wang avait trainé, Wang avait grommelé, Wang avait mollement protesté et, comme c’était trop souvent le cas face Courtney, Wang avait cédé de mauvaise grâce. A sa décharge, l’insistance décidée de cette fille était teintée d’un enthousiasme indécrottable à en faire pâlir les plus téméraires –or le Mandchou reconnaissait avec dépit ne pas en faire partie. C’est un compagnon bougon qui marchait dans son sillage, tantôt à quelques pas de distance, tantôt pressé par un tiraillement désagréable sur sa manche. Les murs du pensionnat n’avaient rien de passionnant, rien de changé depuis son arrivée grandiloquente sur le seuil de la large porte close du hall. Il s’était habitué à leur présence oppressante et aux regards entendus que semblaient se lancer les personnages souriants des tableaux qui les ornaient et leur donnaient l’air de savoir quelque chose –ils se fichaient d’eux depuis leur cadre, ces dandys de peinture et de papier. Tant habitué que désormais il n’y prêtait plus guère attention, quoiqu’il lui arrivât encore de les lorgner d’un drôle d’air. Si quelqu’un avait pu leur dire où trouver toutes ces feuilles éparpillées, c’était bien eux.

Dommage qu’ils ne parlassent pas, remarqua-t-il.

Le plafond non plus n’avait pas changé, moins encore le sol dont les tapis paraissaient tout juste un peu plus élimés. Décidé à ne pas regarder devant lui, le brun se fût intéressé à la moindre plante en pot sur son passage, de sa façon arrogante de dresser ses feuilles et de se tenir sur sa tige verdâtre à l’allure que lui donnaient les motifs sur le jade –la porcelaine ? Huan Yue éprouvait peut-être toutes les difficultés du monde à plier une feuille de papier, mais il n’avait pas son pareil pour laisser sa conscience vagabonder dans de plus verts pâturages lorsque le chemin balisé pour lui le forçait à se retourner ou menait à une issue trop incertaine. Champion invaincu, il ne s’en sortait pas si mal. Mieux que Courtney, de toute évidence ; eût-ce été n’importe qui d’autre, le Chinois aurait ignoré sans mal les cernes noirs qui cerclaient ses yeux. Il allongea le pas jusqu’à revenir à son niveau et se força à sourire. Qu’importe au fond, lança-t-il avec un fatalisme qui ne manquait pas cette fois d’optimisme. On réapprend à dormir la nuit, avec le temps. Les cauchemars perdaient de leur substance, ils se lassaient, venaient moins souvent.

Ce n’était techniquement pas vrai, pas exactement, pas tout à fait. Remarque qu’il se garda bien de se tenir. Tirer la bonne humeur par le col, d’une façon largement similaire à celle dont lui-même se faisait happer à la chasse au journal de Rudy, était un moyen comme un autre de s’occuper. Utilement, qui plus était ; on n’exigeait pas de lui de savoir si oui ou non il voulait sortir. Son avis hésitant s’était clarifié pour retrouver la teinte trouble du départ. Il suffisait d’attendre et de voir la tournure que prendraient les choses. Probablement si quelqu’un lui avait demandé de chercher ces fichus bouts de papier pour en faire une étude minutieuse, il n’aurait pas émis plus de protestations qu’il ne l’avait fait là. C’était confortable, d’autant plus que Lener lui avait demandé de venir –surprise ?

Bonne humeur qui avait une fichue tendance à se carapater plus vite que son ombre se cacher sous un lit dès lors que s’élevaient dans l’air des volutes d’antibiotiques. Lorsque Courtney poussa avec la grâce qui la caractérisait toujours la porte de l’infirmerie, Wang sentit son estomac s’improviser à la fois marin et bourreau, serrer des nœuds désagréables dans son ventre et son cœur remonter au bout de ses lèvres. Ces odeurs –

Tout allait parfaitement bien. Bloqué sur le seuil, il regarda la petite américaine s’exciter et faire de ses yeux un sort à la pièce ; dès qu’il fut entré, elle claqua la porte. Il serra les dents.

« Si on doit renverser les lits et tout foutre à terre pour trouver ces trucs, on le fera. Et tu verras, Aphrodite sera fière de nous. »

Difficile d’en douter ; Aphrodite eût été fière de Courtney pour avoir mangé un yaourt, cuisiné un poisson et basiquement, mis un pied devant l’autre. Détruire l’infirmerie avait un côté séduisant. Les draps que fit voler Courtney le confortèrent dans cette idée. Toutefois, tendu, il paraissait un peu figé et mit à un moment à réagir.

« Regarde partout, elles sont vicieuses, elles peuvent même se cacher dans les coins ! »

Vicieuses ? Un bout de papier pouvait-il être à ce point maléfique ? Bien sûr, il ne savait pas grand-chose de leur auteur si ce n’était qu’il se nommait Rudy, que ce nom sonnait américain, ou anglais ou il ne savait trop quoi et que son frère lui avait un jour confié que ces gens étaient encore plus mauvais qu’ils étaient stupides, et pourtant ils étaient bêtes comme leurs pieds, ce qui se voyait particulièrement à leurs yeux de poisson périmé –information douteuse au vu des habitants du manoir, quoique Hiro eût sûrement avancé le contraire. Alors, que les feuilles « se cachent »… Voilà qui lui tira un froncement de sourcils franchement perplexe.

« Ça se trouve, y en a même pas ici. Tu crois que Rudy était américain ? », dit-il sans animosité en s’appuyant sur le mur. Lorsque son dos heurta le bouton de la lumière, Huan Yue sursauta, se tourna, recula, buta contre Courtney et ravala un cri. Le soleil déversait une lumière bien assez vive et chaleureuse par les larges fenêtres pour y voir clair malgré la lumière éteinte. Cet endroit allait lui valoir un ulcère.

Wang-choupi éteint l’éclairage.
Et je jure qu’à ma prochaine action, Nevy, il boit les flacons. JE LE JURE. Mais comme je doute qu'il continue tranquillement à chercher après ça, je le garde pour plus tard. Ho ho ho.8D
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Sam 4 Mai 2013 - 16:52





Wang éteint l'éclairage, et trouve :

« Un rayon de soleil filtrant par la fente formée par la fenêtre et les rideaux, qui éclaire une feuille, cachée dans un coin des étagères. »


[ACTION 1/4]

15


Le XX/YY,

Ce billet contrastera un peu par rapport aux précédents vu qu'il ne concerne pas les rumeurs sur Ombeline, mais je reste encore ébloui et époustouflé par la prestation d'une de mes camarades.

C'est une petite japonaise appelée Sachiko Sachimi - tout le monde l'appelle Sachi, mais je ne me permettrait pas de telles familiarités, ne lui ayant adressé la parole qu'une dizaine de fois au maximum depuis le temps où je suis entré dans le pensionnat - et elle a passé il y a une semaine son examen de maîtrise maximum. Il s'agissait de réaliser un sortilège de son choix, le plus puissant possible.

Sachiko a choisi s'ensorceler une pièce, la vieille réserve du deuxième étage dont personne ne se servait. Et c'est incroyable ! Elle en a fait une véritable merveille ! En y entrant, il est désormais possible d'accéder à des mondes totalement incroyables et inimaginables, puisant parfois dans les souvenirs de celui qui pénètre la pièce, ou matérialisant ses désirs. Visiblement, elle peut stabiliser la pièce grâce à des mots de passe ; et - chose impressionnante - le sortilège perdure même maintenant que son auteure est partie du pensionnat, diplôme en poche, et se renouvelle sans cesse puisqu'il s'adapte à son "public". La salle de Sachiko - rebaptisée "Salle Yume" qui signifie "rêve" en japonais, honorant les origines de la fantastique créatrice de cette merveille - est devenue la nouvelle attraction du pensionnat : tout le monde s'y précipite dès qu'il a un temps libre pour gouter là les plaisir d'un monde nouveau et extraordinaire... Pour ma part, je m'amuse à trouver les mots de passe qu'elle a défini pour certains de ses mondes : j'en ai trouvé cinq, tous des citations de Shakespeare qu'elle semble particulièrement affectionner... En tout cas, j'espère la revoir une fois dehors : comme elle était bien plus âgée que moi je n'ai jamais vraiment pensé à l'aborder, mais devant une telle œuvre je tiens absolument à lui parler quand je sortirai d'ici. Une telle poésie et un amour pour la littérature se dégagent de la création de cette pièce, et font d'elle une personne qui me parait définitivement charmante !


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« but cakes tho »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Lun 13 Mai 2013 - 23:36

...

Le drap ne révéla rien d'intéressant, sinon une odeur agréable qui lui indiqua qu'il avait été lavé il avait peu; déçue qu'un papier n'en soit pas tombé pour lui faire plaisir, elle le remit en désordre sur le lit, bien incapable de penser à le refaire. Son regard chocolat parcourut rapidement la pièce, s'arrêtant un instant de plus sur les flacons qui encombraient les étagères. Elle suivit les courbes des récipients comme s'ils avaient pu dissimuler un secret quelconque derrière ce verre parfois opaque, parfois transparent, avant de se retourner complètement vers Wang, dont le silence l'intriguait. La voix du chinois résonna alors presque aussitôt dans la pièce, lui tirant une jolie grimace de mécontentement:

« Ça se trouve, y en a même pas ici. Tu crois que Rudy était américain ? »

La jeune fille vêtue de rouge secoua vivement la tête, prise par un sentiment de patriotisme qu'elle n'avait au final jamais ressenti qu'entre ces quatre murs. Américain, sûrement pas, semblait crier l'expression quasi indignée peinte sur ses traits; il n'aurait plus manqué que ça ! Certes, elle avait bien connu quelques Rudy tout au long de sa vie, mais ça n'avait rien à voir. Ce n'était pas parce qu'on utilisait ce prénom chez elle qu'il venait forcément de là, hein. Puisqu'elle avait tendance à tout diaboliser, comme lorsqu'elle était haute comme trois pommes et trop jeune pour comprendre autre chose que le concept manichéen des gentils et des méchants, elle le pensa immédiatement Soviétique. Super Soviétique. Il devait venir de Moscou, ou quelque chose comme ça. Si on lui avait laissé le temps de déblatérer à voix haute ses pensées, elle n'aurait sans doute pas eu grand chose à ajouter à son argumentation déjà bancale pour une presque adulte de dix-huit ans: elle aurait paru butée et stupide, Courtney Lener dans toute sa splendeur. Heureusement pour elle, Wang s'était décidé à se reposer sur l'interrupteur et une fois qu'il eut éteint les lumières sans le faire exprès, sursauta et lui rentra gentiment dedans.
Arrachée à ses pensées et ses discours intérieurs contre le bloc Soviétique qui lui avait pourri la vie toutes ces années, elle laissa fuser une exclamation agacée. Puis ses yeux captèrent un rayon de lumière solitaire qui traversait la pièce pour aller frapper un objet blanc au coin d'une des étagères. Perplexe et sourcils froncés, Courtney n'attendit pas Wang pour se diriger à grandes enjambées vers le curieux bout de papier qui, une fois extirpé, s'avéra être une feuille du journal. Au moment où l'information remonta à son petit cerveau étonné, Courtney poussa un cri de victoire aiguë qui n'avait rien à envier à la sirène d'alarme de son ancien lycée.

Elle sautilla jusqu'à Wang, qu'elle étouffa dans une étreinte enthousiaste. Puis elle recula et agita le morceau de journal devant ses yeux, un peu trop près pour qu'il puisse vraiment en prendre connaissance et s'exclama, très visiblement ravie:

« Regarde, c'est un morceau de feuille ! Si j'avais su que t'étais aussi efficace en recherches, ça fait longtemps que je t'aurais emmené ! Olàlà, c'est trop cool ! »

Un observateur extérieur aurait pu confondre la joie extatique de l'Étasunienne pour un ravissement à l'idée de reconstituer le fameux journal dont les pensionnaires parlaient depuis des mois. Il n'en était malheureusement rien: pour sa part, sa maison était ici, et pas ailleurs. Hors de question qu'elle laisse un imbécile tout gâcher avec quelques notes inutiles.
La mine soudain sérieuse, elle la prit entre ses mains et fixa Wang.

« Il faut la détruire, maintenant. Tu crois que la déchirer et jeter les morceaux dans le feu, ça suffira ? »

Histoire d'être sûr qu'elle soit vraiment, mais vraiment inutilisable. Qui irait penser qu'elle grillait une feuille si elle jetait quelques déchets au feu ? Personne, à moins d'avoir un don particulier. Comme elle ne connaissait personne qui possède un tel pouvoir (et elle en avait vu défiler, des pensionnaires), elle ne se faisait pas d'inquiétudes. Au final, ses peurs ne la hantaient plus tandis qu'elle pensait aux montagnes de feuilles à brûler pour murer définitivement la sortie. Ils avaient des drôles de lubies, les autres, quand même, se dit-elle en jetant un regard de côté à la fenêtre et au ciel bleu.

Il faisait beau, il faisait doux; ceux qui désiraient repartir s'abîmer sous la pluie auraient mérité un petit séjour sur un de ces lits aux draps immaculés.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Mer 15 Mai 2013 - 21:16

Les évènements s’enchainèrent à une vitesse qui ne laissa pas à Wang le temps de reprendre son souffle : le diaphragme boqué dans l’expectative de dieu seul savait quoi, ses yeux fins scrutèrent en une seconde l’intégralité de la salle. Ils couvrirent de leur méfiance affolée les étagères, les flacons à l’aspect douteusement innocent et aux effluves aux airs si coupables, les lits tirés aux quatre épingles, les draps sans plis et sans taches, le sol froid, les carreaux invisibles des fenêtres, la silhouette brune et musclée qui lui rendit sans plus de sympathie son regard. Cet endroit va me valoir un ulcère, répéta-t-il intérieurement tandis qu’il tentait de maîtriser les battements de son cœur. Un sourire convenu hésita à agiter les commissures de ses lèvres et s’y figea avec le naturel d’une statue de cire. Le Mandchou sut immédiatement que rien entre ces murs ne justifiait une telle appréhension, tout autant qu’il sut qu’aucun argument n’eût été capable de faire flancher la panique. Les bras de Courtney autour de son cou semblèrent resserrer les nœuds coulants dans son estomac qui remonta en une boule compacte à sa gorge.

Il s’était réveillé en sueur dans son lit un beau matin ; le soleil soufflait une chaleur arctique au milieu du ciel d’un bleu blanchâtre. Des fourmis couraient sur la paume moite de ses mains. A travers l’interstice entre ses doigts fermement plaqués devant ses yeux, il avait reconnu trois choses : la première était qu’il ne voulait pas mourir. La deuxième, qu’il aimait beaucoup cette idiote d’Américaine. La troisième, qu’elle ne l’aimerait sûrement jamais. De ces considérations, ce fut la deuxième qui fit se plisser le nez de Wang et tirailla ses traits en une expression maladroite, nouvelle définition de l’incrédulité. Il recula d’un pas, les oreilles pleines d’un bruissement de papier à moitié couvert par les exclamations enthousiastes que lui martela son amie :

« Regarde, c'est un morceau de feuille ! Si j'avais su que t'étais aussi efficace en recherches, ça fait longtemps que je t'aurais emmené ! Olàlà, c'est trop cool ! »

Le Chinois enregistra plus ou moins l’information et promena son regard sur le morceau de feuille jauni qu’agitait Courtney. Remettre son efficacité en question ne lui passa pas vraiment par la tête, quoique son rôle dans cette « magique découverte » lui parut franchement obscur. Sans la lumière crue des plafonniers, le blanc était moins aveuglant. Rabat-joie de nature, il manqua de ramener brutalement la gamine sur terre –et de le regretter amèrement– lorsque le souci se peignit en une armée de clair-obscur navrants sur son visage :

« Il faut la détruire, maintenant. Tu crois que la déchirer et jeter les morceaux dans le feu, ça suffira ? »

Sa gorge se serra un peu plus. Brûler ça ? Leur ultime espoir de sortie, celui après lequel couraient tant de pensionnaires ? Le Saint Graal de ces désespérés ? Le Chinois hésita, pris entre deux feux : il allait falloir se décider, et vite. Qu’est-ce que tu veux, susurra la Raison dans son crâne. Rester ou t’en aller ? Sauver ta peau ou ton honneur ? Ton père t’attend. La sommation était sans appel. Le garçon protesta mollement que personne ne l’attendait plus là-bas, argua sans conviction qu’il eût aussi bien pu être mort. Qu’il avait obéi et lavé son nom. Ses paupières papillonnèrent un instant. Sans brusquerie, il saisit le papier corné des mains de sa compagne et parcourut les lignes étalées là. Sa dette envers les propriétaires de l’immense bâtisse ne cessait de s’élargir ; au vu des dimensions gargantuesques qu’elle prenait, Huan Yue commençait à croire que même ces estomacs ambulants qui l’avaient accueilli n’auraient pu l’avaler.

Sachiko Sachimi, mots de passe, la salle Yume, un certain Shakespeare –encore un Américain, à tous les coups. Un sourire blasé se posa gentiment sur ses lèvres. Les Japonais avaient toujours été d’une engeance supérieure aux autres, une nouvelle preuve le jurait à la barre si elle était encore nécessaire. Wang n’avait rien de curieux, un garçon passif difficilement intéressé par ce qu’on avait à lui raconter. Il en allait autrement pour les I.

« Te précipite pas, Courtney ! C’est pas comme si on pouvait faire beaucoup mieux que ça, de toute façon, maugréa-t-il. Mais ça ne t’intéresse pas ? Savoir où on est, et puis surtout savoir comment… »

Il leva ses paumes devant lui dans un geste à la fois apaisant et réprobateur avant de reprendre, la feuille à moitié froissée dans le dos, penché sur l’armada de flacons aux étiquettes effacées qui lui donnaient la nausée :

« Pas sortir. Mais en apprendre plus, sur nos pouvoirs, sur –c’est quoi, ces flacons ? Si toi et Rudy êtes tous les deux américains, réfléchit-il à voix haute, tu devrais deviner où sont ces feuilles. »

Les pots de verre et leur contenu colorés avaient happé son attention craintive. Il maudit le manque d’assurance dans sa voix d’ordinaire plus railleuse, et Lener au passage pour l’avoir emmené ici.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Mar 28 Mai 2013 - 14:41

...

Privée du bien qu'elle comptait déchirer, brûler, puis passer dans une machine à laver au cas où, Courtney croisa les bras et attendit que Wang ait terminé d'inspecter ce feuillet du diable. Pour sa part, elle ne se sentait pas l'envie de s'abîmer les yeux sur les lignes manuscrites; tout ça devait être du blabla pas franchement intéressant et inutile. Du genre à raconter le quotidien d'un ancien pensionnaire – du style réveil, petit-déjeuner, papotage entre amis et autres trucs d'adolescents – et elle avait beau se creuser la tête pour comprendre en quoi ça pouvait les aider à sortir, elle ne voyait pas. Enfin, mieux valait prévenir que guérir, et Rudy aurait pu présenter sa garde-robe dans la feuille qu'ils avaient trouvé qu'elle l'aurait quand même fichue dans l'âtre.
Fallait pas exagérer, hein. Si ce truc était magique ou quoi, il valait mieux être prudent. Courtney se sentait d'humeur à prendre quelques préventions gargantuesques contre une potentielle sortie, et la cheminée du salon était en tête de liste.

« Te précipite pas, Courtney ! C’est pas comme si on pouvait faire beaucoup mieux que ça, de toute façon. Mais ça ne t’intéresse pas ? Savoir où on est, et puis surtout savoir comment… »

La moue de l'Étasunienne se fit pensive. Où ? Ils étaient dans un pensionnat magique, de toute évidence parce qu'ils avaient poussé 'la bonne porte'. Elle, ça lui suffisait et elle n'en demandait pas plus. Comme si, en son for intérieur, elle craignait qu'une information de trop ne lui fasse détester cet endroit qu'elle appréciait pourtant de tout son être, qu'un mot de travers ne fasse voler la magie des lieux en éclats. Elle ne voulait pas sortir, elle. Jamais.
Elle suivit des yeux la main du chinois qui tenait la feuille tandis qu'il les levait devant lui. Comment … ?

« Pas sortir. Mais en apprendre plus, sur nos pouvoirs, sur –c’est quoi, ces flacons ? Si toi et Rudy êtes tous les deux américains, tu devrais deviner où sont ces feuilles. »

Bleh. Comme elle ne pouvait pas deviner où étaient les dites feuilles, ça signifiait juste à ses yeux qui simplifiaient le monde que Rudy était Soviétique et non Étasunien comme Wang semblait le penser. La jeune fille haussa les épaules et attrapa un flacon entre ses mains, en inspectant le contenu orange avec sérieux.
En apprendre plus sur son pouvoir, c'était carrément en option. Elle était trop occupée à s'en servir et à le maîtriser pour vouloir savoir d'où il venait. Une horrible sorcière avec une verrue sur le nez pouvait l'en avoir affublée que ça ne l'aurait pas dérangée, tiens. Elle se souvenait avec trop de plaisir toutes les petites farces qu'elle avait pu faire à Luna pour détester ce don, eût-il été originaire du plus profond des Enfers.

Même si elle ne se rappelait pas exactement ce que c'était, l'Enfer. Dans l'urgence d'y coller une définition, elle décida que ce devait être là où tous les méchants résidaient. Les sorcières avec, donc. Satisfaite, la jeune fille posa le flacon qu'elle triturait depuis quelques secondes déjà et en saisit un autre, donc la couleur verdâtre ne lui disait rien qui vaille. Pas d'étiquette, pas d'indications: pas malin dans une infirmerie, se dit-elle avec scepticisme. Comment les pensionnaires étaient censés deviner à quoi ça servait ? Elle doutait du fait qu'ils les buvaient ou se les collaient sur la peau pour le plaisir de temps en temps. Si la santé n'avait pas été une affaire sérieuse, Courtney aurait fabriqué des étiquettes toute seule, avec des noms marrants pour chaque bocal.

Mais bon. Bizarrement, elle était sûre que personne n'aurait aimé.

« Beeeeen comme tu vois, Rudy doit être super Soviétique pour que je sache pas où sont les feuilles. (elle admira le flacon d'un œil à l'aide du mince filet de lumière qui filtrait dans la pièce avant de continuer) Et puis non, ça m'intéresse pas tant que ça. Quant aux flacons, hmm... »

Il fallait vérifier.
Elle ouvrit celui qu'elle tenait, non sans quelques difficultés, persuadée au passage que c'était la meilleure chose à faire pour savoir de quoi il s'agissait. Puis comme c'était définitivement la meilleure chose à faire, elle se décida à en ouvrir un deuxième, puis un troisième. Tant qu'à faire, hein...
L'odeur qui la prit à la gorge lui fit porter ses mains à son visage. Pouah, mais c'était atroce ! Sûrement un truc périmé... Ses yeux vagabondèrent entre les trois flacons, incapables de savoir lequel dégageait cette merveilleuse odeur. Dans le doute, et parce que Courtney était définitivement une femme d'action, elle se saisit des trois, se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit, et les y balança sans plus de cérémonie.
En espérant que personne ne passait dessous à ce moment là.

« Y'en a un qui devait être un peu périmé... Fit-elle en se retournant vers Wang avec un froncement de sourcils. C'était vraiment la seule solut-... »

Elle s'arrêta brusquement et se retourna vers la fenêtre avec horreur.

« Oh mince ! Si ça se trouve c'était un moyen de défense et y'avait un truc intéressant dedans ! »

Pétrifiée par sa propre bêtise, elle s'autorisa à lâcher quelques jurons.


Dernière édition par Courtney Lener le Mar 28 Mai 2013 - 14:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Mar 28 Mai 2013 - 14:46





Courtney ouvre les flacons, et trouve :

« Une odeur nauséabonde qui gène tout le monde. »


[ACTION 2/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Ven 21 Juin 2013 - 8:43

Entre une haine pas franchement intériorisée des Soviétiques et des idées un brin trop arrêtées sur un américanisme du diable, Wang songea que lui et Courtney risquaient fort de ne jamais trouver de terrain d'entente, eussent-ils passé le restant de leur jours -qui menaçaient d'ailleurs de s'étendre sur une longue période d'éternité à en croire les dires abracadabrantesques de certains pensionnaires- à en chercher le moindre. A la différence près sans doute que lui ne se sentit ni le cœur ni le besoin de remettre en question ses propres préceptes : incapable de se reconnaître seulement obstiné, faute de l'avouer, cela ne l'empêchait pas de rejeter la faute dans sa belle entièreté sur la petite brune. S'ils ne s'entendaient pas, c'était à cause d'elle ; s'ils ne comprenaient rien aux lignes gribouillées avec soin sur la feuille, c'était à cause d'elle ; s'il ne savait pas quoi penser de sa condition c'était à cause d'elle, s'ils ne trouvaient pas d'autre feuille ça l'était encore et pour un peu, s'il se prenait les pieds dans un tapis le matin la faute lui eût presque incombé encore une fois pour d'obscures raisons que ses impressions seules sembleraient suffire à justifier. Qu'elle se servît des Russes, encore et encore et toujours, pour blâmer ce fichu journal, l'agaça prodigieusement.

Un peu moins qu'il le prétendait, peut-être. S'emporter et donner trop d'importance à de menus détails avait toutefois le criant avantage de le garder d'en noter d'autres bien plus dérangeant, dont ces flacons faisaient indubitablement partie. Loin de déclarer forfait, les bouteilles de verre et leur maudit liquide paraissaient redoubler d'effort pour s'accaparer son attention. Elle, repliait comme la dernière des déserteuses -pardon, battait stratégiquement en retraite pour mieux se déclarer victorieuse. Peine perdue : comme pour le consoler, l’étasunienne s'approcha des flacons et, après les avoir jaugés d'un œil dubitatif, les déboucha sans plus de cérémonie.

Grossière erreur. L'odeur qui s'en dégagea à l'instant même où leur bouchon sauta avait de quoi retourner un estomac aguerri. Pour celui du Mandchou, déjà suffisamment noué depuis qu'il avait passé le pas de la porte et posé les yeux sur le blanc beaucoup trop blanc à son goût de la pièce, ce fut un coup difficile à accuser. Immédiatement, il plaqua la main sur son nez et sa bouche, retint son souffle, jura de plutôt se laisser suffoquer que respirer une nouvelle fois la moindre goulée de cet air empuanti. Il ne parvenait pas à mettre de nom sur cette fragrance immonde. C'était capiteux comme un mauvais parfum, prégnant comme de la viande pourrie sans vraiment en être, humide comme de la moisissure et absolument abject. Du genre à imprégner jusqu'à la dernière fibre de vos vêtements et traumatiser la plus insignifiante des cellules de vos pauvres narines pour aller faire la guerre à vos poumons. Dégoûté, il jeta un regard noir à Lener, de ceux qu'il réservait d'ordinaire aux loques vicieuses et apathiques qui peuplaient le bâtiment -à tout le moins au nombre cruel de un, en tout cas. Un vif soulagement lui arracha un soupir d'aise lorsque les criminels volèrent par la fenêtre pour s'écraser en contrebas. Bien fait, pensa-t-il avec une puérilité aussi crasse que le commentaire était sincère.

Il écouta Courtney, une mine septique plaquée sur le visage. Il respirait par toutes petites bouffées ridicules pour ne pas sentir les remugles qu'il imaginait encore dans la pièce. Pourri, périmé, c'était le cas de le dire ! D'un autre côté pourtant il préférait presque cette odeur à celle, aseptisée et reconnaissable entre mille, que les médicaments avaient d'ordinaire. Ce qui ne changea strictement rien à son expression renfrognée et la mauvaise humeur grandissante qui se peignait à grand coups der pinceaux furibards sur son faciès. Il s'apprêtait à s'écarter de la fenêtre lorsque l'américaine s'interrompit brusquement, à mi-chemin entre la surprise et une frustration qui, à n'en pas douter, n'eût pas tardé à prendre le pas sur elle :

« Oh mince ! Si ça se trouve c'était un moyen de défense et y'avait un truc intéressant dedans ! »

Sourcils arqués, feuille à moitié chiffonnée, Huan Yue leva les yeux au ciel : par dieux, ce n'était tout de même pas ce qui la marquait tant ? Qu'y aurait-il pu y avoir d'intéressant dans de drôles de fioles, et pleines par-dessus le marché ? Un bout de papier roulé en boule, indéchiffrable parce que son encre délavée n'aurait jamais, ô grand jamais résisté à un pareil traitement ? S'il ne s'était pas tout bonnement désagrégé il y avait un bout de temps déjà, ce dont il n'eût pas juré. Et là encore, encore eût-il fallu qu'il y eût en effet quelque chose dedans à la base. Pour lui, ce n'étaient que de simples remèdes artisanaux restés posés-là trop longtemps faute d'étiquette ; et qui savait, peut-être l'auteur de ces infâmes décoctions était-il tout simplement mort avant de leur en coller une. Simplement ça ; et c'était déjà fichtrement plus probable qu'un moyen de défense aussi ridicule.

« Si tu comptes sur moi pour les récupérer, l'avertit-il avec aplomb, oublie. Je ne compte pas sauter, ni faire le moindre pas qui me rapprocherait d'un truc aussi dégoûtant, d'ailleurs. »

Bras croisés, campé sur ses jambes, la tête tournée pour mieux marquer son désintérêt total de la chose, il reprit, volontairement trop désinvolte :

« Peut-être que c'était un truc qui t'aurait rendue intelligente. T'aurais dû le boire, on sait jamais. Tout espoir n'est pas perdu. »

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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Mar 25 Juin 2013 - 21:57

...

Courtney s'invectivait à voix haute, furieuse d'avoir négligé les fantaisies du pensionnat; tel qu'elle connaissait les lieux, ça ne l'aurait pas étonnée que Rudy ait planqué une feuille dans un des flacons – ou n'importe qui d'autre d'ailleurs. Voir que le manoir ait décidé de la répartition de ces fichues feuilles: il était littéralement vivant, on allait pas lui faire croire que les vieux murs n'avaient pas d'oreilles. Regrettant déjà son geste impulsif, elle lança un regard désolé à la fenêtre par laquelle avaient volé les récipients coupables. L'odeur était trop horrible, elle avait agit par instinct ! Instinct dont elle se maudissait tout en s'éventant d'une main pour chasser la puanteur qui s'accrochait aux murs. Wang avait beau lever les yeux au ciel, elle trouvait toujours cette hypothèse crédible ! Ça se voyait qu'il n'avait pas entendu où les pensionnaires avaient trouvé certains feuilles. Ou bien peut-être regrettait-il lui aussi de ne pas avoir pu inspecter ces flacons de plus près.
Songeuse, elle posa son regard marron sur les bouteilles restantes, qui encombraient les armoires et les étagères. S'il fallait tout vider pour vérifier, elle le ferait. Déterminée à avoir le dernier mot, elle se tourna à peine vers Wang quand il éleva la voix.

« Si tu comptes sur moi pour les récupérer, oublie. Je ne compte pas sauter, ni faire le moindre pas qui me rapprocherait d'un truc aussi dégoûtant, d'ailleurs. »

Courtney fit la moue, se rapprochant d'une étagère pour en tirer un flacon à la drôle de couleur ambrée, un nom obscur écrit sur une étiquette jaunie par le temps. Elle gratta le verre transparent, un peu moqueuse. Elle ne doutait pas un seul instant du fait qu'il n'aurait pas été chercher les médicaments, même si elle l'avait supplié à genoux (ce qu'elle n'aurait jamais fait, hein, elle avait sa fierté quand même). Il était bien trop... Couard et Soviétique pour ça. Elle s'amusait de ses qualificatifs quand le chinois décida de déterrer la hache de guerre et lui balancer une gentillesse dont il avait le secret.
Si Courtney avait pu relativiser, elle aurait pu dire que cette fois au moins, il n'avait pas fait allusion à son poids ou sa silhouette.

« Peut-être que c'était un truc qui t'aurait rendue intelligente. T'aurais dû le boire, on sait jamais. Tout espoir n'est pas perdu. »

Piquée au vif (elle arrivait rarement à ignorer les insultes qu'on lui destinait), elle fronça les sourcils et se retourna vers son ami, la mine sombre. Il voulait se battre, c'était ça ? Parce qu'elle était tout à fait d'humeur à l'envoyer rejoindre les bouteilles qu'elle avait balancé plus tôt. Pour appuyer son indignation, l'Étasunienne secoua les poings, sans se soucier du liquide qu'elle agitait et tenait toujours dans sa main droite. Ses colères étaient plus impressionnantes qu'autre chose; elle avait simplement tendance à envoyer valser le décor quand quelque chose lui déplaisait.

« Oh ça va hein, je suis aussi intelligente que toi, d'abord ! (notons qu'elle y croyait fermement, elle ne voyait pas comment ce primate qui ne comprenait rien au génie des milkshakes pouvait l'être plus qu'elle) Et si t'es pas content, t'as qu'à les boire toi-même, ces flacons. Peut-être que ton génie m'irradiera. »

Elle brandit la fiole qu'elle tenait dans sa main, les sourcils froncés et sa main libre sur sa hanche. Il aurait au moins pu être agréable envers elle, elle l'avait sauvé d'un arrêt respiratoire ou d'un cancer des poumons. Fronçant le nez parce que l'odeur ne s'était pas entièrement dissipée, elle dut se retenir d'ouvrir un autre médicament pour faire passer la nausée qui risquait de la prendre si elle respirait trop. Ce n'était pas parce que les trois derniers avaient dégagé une odeur d'œuf pourri que tous les autres étaient comme ça. Il devait y en avoir des utilisables, pour commencer, et qui ne devaient pas sentir mauvais. Peut-être qu'il y avait même quelques parfums... Décidée néanmoins à bousculer Wang, elle répliqua, l'air hautaine:

« A moins que tu aies peur, bien sûr. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Jeu 11 Juil 2013 - 15:08

Ce genre de commentaires n’avait rien d’aimable. Wang, en dépit de l’expression butée qui figeait son visage et eût volontiers poussé à croire le contraire, en était parfaitement au fait. Au fil du temps, il avait appris à ne plus s’étonner de tant de choses, moins encore des réactions souvent excessives de la petite brune ; ses colères violentes et passagères, ses soudaines poussées de bonne humeur et ses pics d’enthousiasme faisaient partie du quotidien étrange qu’était devenu le sien au manoir. Ils n’avaient pour lui plus vraiment de secrets et rien n’était plus facile que de manipuler les bonnes ficelles aux yeux du Chinois. Pourtant, c’était plus fort que lui : chaque fois il fallait qu’il lance une remarque acerbe, qu’un adjectif fleuri vînt décorer la fin de sa phrase, qu’une insulte quelconque la saturât de railleries. Pourquoi chercher à s’en garder ? Après tout, il pouvait toujours prétendre avoir raison, plutôt deux fois qu’une. Courtney Lener, stupide, enrobée, disgracieuse, imprudente, américaine, caricature aux traits grossis tant au plan littéral que figuré, empotée, emportée, bavarde, vive et colorée méritait amplement jusqu’au dernier de ces épithètes peu flatteurs. Un coup d’œil en biais apprit à Huan Yue qu’il avait visé juste et que déjà, elle s’acharnait à chercher pour réponse quelque riposte au rabais.

Il n’avait pas peur –peur d’une femme, son père se fût bien moqué de lui et avec quelle justesse ! En rien il n’était bon d’exagérer et en toute chose modération était bonne, récita-t-il en son for intérieur. Les embardées sentimentales ne convainquaient personne et blessaient à leurs heures. Réfugié bien au chaud en haut de sa tour d’ivoire, les bras croisés sur son torse, le Mandchou attendait tranquille que la rafale passât. Blablabla, t’es nul, t’es bête, soviétique, blablabla, je sais pas pourquoi je te parle, blablabla, où sont ces fichues feuilles ? Schéma narratif épuisant s’il en était, mais auquel il semblait rompu. Ce n’était pas nécessairement une mauvaise chose.

La provocation que lui balança son amie en revanche, il ne s’y attendait pas. Lui avait-il confié à quel point les médicaments lui faisaient horreur ? Il pensait bien avoir refusé toute espèce de traitement lors d’une ou deux affreuses migraines et balayé d’un revers de la main tout semblant de somnifères lorsqu’au lendemain d’une nuit d’insomnie de lourds cercles noirs pochaient ses yeux, mais c’était guère tout. Il ne remettait pas un instant sa propre intelligence en cause, certain de se trouver quelque part entre le génie et l’imbécile tandis que sa compagne, de son côté, coulait en-dessous de cette barre significative. Peut-être était-ce la raison pour laquelle cette idée lui apparut d’emblée complètement stupide. Dangereuse de surcroît. Les remugles nauséabonds des flacons empuantissaient encore la pièce, s’accrochaient aux rideaux, aux draps et aux étagères tel un funeste présage. La prémonition eût difficilement pu être plus claire : attention, l’avertissait cette voix familière. Tu es en train de prendre la pire décision de ta vie, et souviens-toi qu’elle pourrait bien être la dernière. Tu veux qu’on se souvienne de toi comme de l’abruti qui a bu une décoction infecte ? Quelle belle réputation, voilà qui mériterait un titre posthume !

Wang secoua imperceptiblement la tête, mal à l’aise avec ces références morbides qui, depuis quelque temps, avaient revêtu un manteau de réalité concret –affreux. Machinalement, il frotta la paume de ses mains sur son pantalon, grimace aux lèvres.

Il détestait Courtney. Il détestait cette pièce. D’un geste du poignet, il rafla la bouteille de verre des mains de son acolyte. Son visage, empreint d’une morgue convenue, semblait plus congestionné qu’autre chose. Le brun crevait de peur, une peur bleue et presque blasée d’elle-même. Il dévissa le bouchon, huma le liquide ambré à la surface lisse, prêt à le jeter par la fenêtre. L’odeur ne lui évoquait rien de connu –par extension rien de mauvais, se félicita-t-il. C’était sucré, du genre à rappeler vaguement les bonbons acidulés aux agrumes qu’il avait un jour découverts dans la cuisine. Défiant Lener d’un regard sombre, il sourit –jaune– et se força à plaisanter :

« Si je meurs, lâcha-t-il, tu l’auras sur la conscience. Je t’ai déjà dit à quel point je te détestais ? Histoire de ne pas partir sans l’avoir correctement fait comprendre. Je n’ai jamais aimé ces… Endroits non plus. »

La tête légèrement rejetée en arrière, son estomac et tout ce qu’il possédait d’instinct lui criait de ne pas le faire –et sérieusement. Vraiment. Lorsqu’il sentit le liquide glisser dans sa gorge, plus amer qu’il ne l’aurait cru, il jura sa dernière heure venue.

Pour l’amour de dieu, et pour l’amour de tout ce qui pouvait être beau ou sacré ou laid en ce monde, il sut qu’il eût mieux valu pour lui ne plus fréquenter Courtney Lener. Quel dommage que ce soit aussi compliqué, se lamenta-t-il bêtement ; autant parler à un aimant des dangers du fer. Quel dommage… Sans cette pauvre idiote, jamais Wang n'eût remis un pied dans cette pièce aseptisée qui lui avait retourné l'estomac, prémonition pétrie d'ironie. Le liquide coula le long de sa gorge et il se força à déglutir la substance infecte. Pas qu'elle fût mauvaise en elle-même ; elle était simplement brûlante. D'un geste précipité, le Chinois jeta la flasque sur le sol plus qu'il ne la laissa tomber et porta sa main devant sa bouche.

Une seconde, de drôles de visions dansèrent devant ses yeux. Il cilla, se tourna vers son amie, la main appuyée sur son bras et balbutia deux ou trois paroles sans queue ni tête :

« Dis, c'était pas... J'ai pas, enfin pas très bien... »

Le ventre en feu, Huan Yue sentit le liquide remonter le long de son oesophage et, plus tard, rien ne lui semblerat une plus juste rétribution que d'avoir rendu à Lener ce qu'elle l'avait peu ou prou forcé à avaler.


Dernière édition par Wang Huan Yue le Jeu 18 Juil 2013 - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Jeu 11 Juil 2013 - 16:38





Huan Yue boit les flacons, et trouve :

« Il tombe très malade et devient orange vif. »


[ACTION 3/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Dim 28 Juil 2013 - 15:23

...

Courtney laissa fleurir un sourire sur ses lèvres quand Wang lui prit le flacon des mains, contente que sa petite provocation ait fonctionné. La jeune fille ne pensait pas un seul instant que la potion puisse être nocive ou empoisonnée d'une quelconque façon que ce soit ; elle ne l'aurait pas laissé boire, dans le cas contraire, elle était taquine et parfois méchante mais jamais sciemment cruelle ! Ce tas de médicaments devait simplement être périmé pour la bonne moitié, et elle voulait faire ravaler son orgueil stupide à Wang. Quoi de mieux qu'un bon mal de ventre et un goût persistant dans la bouche pour ça ? L'Étasunienne se jugeait dans son bon droit, et balaya les paroles de son ami d'un vague haussement d'épaules – qui se voulait le plus indifférent possible. Mais oui, elle aurait la mort sur sa conscience et ne s'en remettrait probablement jamais ; oui, il la détestait ; et oui, il n'aimait pas ces endroits. Courtney stoppa à cette dernière pensée, une vague incompréhension au fond de ses yeux bruns. De quels endroits il parlait, au juste ?

Elle lui aurait bien demandé d'être plus précis quand il rédigeait son testament oral, mais le garçon avait déjà renversé la tête pour avaler le produit. Jusque là, rien n'avait l'air de clocher, personne ne convulsait et personne ne bavait de la mousse à profusion. Un bref cri s'échappa de ses lèvres quand le chinois jeta le récipient au sol, accompagné d'un froncement de sourcils courroucé censé montrer à ce malpoli à quel point il avait tout du danger public. Et si quelqu'un s'empalait le pied sur les débris après ça, hein ?
Un détail pas si insignifiant que ça l'empêcha de prononcer le moindre mot. Coite et yeux grands ouverts, Courtney fixa Wang avec l'intelligence d'un poisson clown. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas l'air d'aller très bien, et la demoiselle n'eut pas la présence d'esprit de reculer lorsqu'il s'appuya sur son bras. La protestation sonore, qui dut aller résonner même dans les couloirs les plus lointains et abandonnés du pensionnat, sortit trop tard et une fois la catastrophe arrivée. Aussi preste qu'une gazelle (quelques secondes en retard, hélas !), la jeune fille fit un bond en arrière afin de s'éloigner de Wang. Les yeux baissés vers ses vêtements souillés, elle grogna une suite inintelligible d'insultes et de malédictions toutes plus terribles les unes que les autres. Ah, cet espèce de... de...

« WANG BORDEL SALE SOVIÉTIQUE IMMONDE ET DÉGUEULASSE... »

On avait rarement fait plus violent. Incapable de faire autre chose que battre des bras en continuant de l'insulter, elle aurait pu le gifler si la faute ne lui avait pas incombé en premier lieu. Oui bon, d'accord, elle plaidait coupable : lui faire boire cette saloperie, c'était une putain de mauvaise idée ! Mais avait-on idée de tout rendre sur les gens ? Quand on voulait vomir, on tournait la tête ! Ah merci ! Il lui vint finalement à l'idée de prendre l'accident avec dignité, et Courtney arrêta de s'agiter comme un oiseau pris au piège. Question d'honneur, un truc comme ça. Son visage se fit le plus impassible possible (donc pas trop quand même, il fallait pas exagérer), et elle darda un regard meurtrier sur Wang. Il allait l'entendre.

Ses yeux se posèrent sur la couleur particulière de sa peau et elle laissa immédiatement tomber l'idée de lui foutre la tête sous le robinet pour le calmer. Ah oui, ce léger détail...

Elle prit un air paniqué.

« Euh, je suis désolée, c'était une mauvaise idée, okay ? (elle baissa une nouvelle fois le regard sur son haut, dépitée, puis le quitta des yeux pour ne pas se rendre malade) Mais je t'assure que tu vas pas mourir. Hmm, c'est... sûrement pas grave. SURTOUT ne te regarde pas dans un miroir, j'ai la situation en mains. »

Ou pas.
Elle tourna frénétiquement la tête de gauche à droite, et tenta de se rassurer en se disant que c'était peut-être l'éclairage qui faisait ce drôle d'effet. Elle appuya sur l'interrupteur, plusieurs fois de suite, mais il refusa de répondre à ses injonctions désespérées. Il était cassé ? Ce n'était pas le moment ! Mademoiselle lorgna le plafonnier avec un soupir à fendre l'âme.

« Ça marche pas, je vais regarder ça... Tu meurs pas entre temps, hein ? (elle fit une pause et ajouta, pensive) Je vais devoir enlever ce T-shirt. »

Puis, en bonne femme d'action, elle joignit le geste à la parole, ôta habilement et jeta négligemment veste et T-shirt sur le côté, puis tira une chaise qui se trouvait dans le coin pour les besoins de la narration. Elle se hissa dessus pour jeter un œil à la lumière qui refusait de fonctionner correctement.

Elle tripota l'ampoule et la lampe un moment, voulu tirer dessus sous le coup de l'agacement, et le plafonnier martyrisé protesta en demandant poliment à la chaise de se casser une jambe. Chose qu'elle fit avec enthousiasme, envoyant son occupante embrasser le sol avec une exclamation sonore de surprise.
Assise sur le carrelage, yeux papillonnant, Courtney mit un moment à comprendre ce qui lui était arrivé et tapa du poing comme une enfant.

« Saleté de lampe ! »


Dernière édition par Courtney Lener le Dim 4 Aoû 2013 - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Dim 28 Juil 2013 - 15:35





Courtney vérifie l'éclairage, et trouve :

« Rien du tout. »


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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Mar 6 Aoû 2013 - 3:49

Il y avait des limites au manque de courtoisie et, l’espace d’un instant, le garçon s’en voulut de les avoir si largement outrepassées. Un instant, et un instant seulement, ce fut le temps qu’il fallut à son esprit, ingénieux lorsque le besoin s’en faisait sentir, pour trouver dans la situation de quoi se dédouaner de toute responsabilité : était-ce lui qui avait voulu boire ce jus infecte ? Etait-ce seulement lui qui avait voulu mettre les pieds dans l’antre du monstre ? Ah, et était-ce lui encore qui avait dévissé le bouchon de ces flacons périmés depuis belle lurette ? A tous ces chefs d’accusation il plaidait non-coupable. Diable, la petite Américaine n’avait que ce qu’elle méritait. Le revers de sa fichue médaille en papier gribouillée de pattes de mouches sur sa Sachiko, ni plus ni moins. Wang regretta amèrement de devoir payer les pots cassés ; si sa conscience avait les mains prises et s’en sortait à merveille, c’était une autre affaire pour sa gorge encore brûlante et son estomac. Il se tordait dans son ventre et formait des nœuds plus intriqués, plus serrés, plus acides que ce que ses doigts eussent jamais su réaliser. Le cri perçant de Courtney lacéra ses tympans. Il n’avait vraiment pas besoin de cela en plus.

D’un bras tremblant, il essuya ses lèvres sur sa manche. Le blanc de la pièce lui avait paru bien trop blanc dès son arrivée, mais à présent son éclat n’était ni plus ni moins qu’une géhenne. Il se fichait pas mal d’être un soviétique immonde et dégueulasse, si son interlocutrice ne tenait pas de plus que d’une vulgaire tortionnaire. Ses paupières closes peinaient à soulager ses rétines. Si pour couronner le tout il devait s’occuper des foudres de son amie, il jura mieux aimer mourir sans plus attendre. Il entrouvrit les yeux, minces fentes noires dans un visage congestionné. Il aurait voulu s’expliquer, il aurait surtout voulu qu’elle se tût. Prêt à encaisser une nouvelle salve d’insultes qui ne manqueraient pas de passer loin au-dessus de la tête du Mandchou –rien d’un exploit de stoïcisme dans cette affaire, il se trouvait simplement au trente-sixième dessous–, il s’appuya au barreau supérieur d’un des lits et grimaça. Le métal était froid. Ce contact le maintenait solidement arrimé à la réalité que détruisaient les paroles de Lener : il avait perdu l’esprit. Il était fini.

Et peut-être même déjà mort. Le couvrir d’injures était ce que Courtney faisait de mieux. Un trop brusque revirement de situation fit tanguer les murs, à moins que ce ne fut que sa tête percluse de courbatures –possible ou non, cracha-t-il, qu’elles aillent au diable. La bouche ouverte, perché sur ses jambes mal assurées, il esquissa un pas en arrière. Ce devait être grave. Ce devait être fichtrement grave. De drôles de vision s’imposèrent à lui, dessinant des courbes cauchemardesques sur la toile blanche de l’infirmerie : familières, et immondes.

« SURTOUT ne te regarde pas dans un miroir, j'ai la situation en mains. »

Désemparé, Huan Yue ne caressa même pas l’idée de ralentir les battements affolés du tambour dans sa poitrine et eut la seule réaction appropriée dans ce genre de circonstances : les mains levées au niveau des yeux, il ravala un cri. Sa voix s’envola pour ne plus revenir et la mâchoire tremblante, il se laissa tomber sur le matelas un peu dur. Merde, murmura-t-il sans bouger les lèvres. Merde, merde, merde et merde.

« Ça marche pas, je vais regarder ça... Tu meurs pas entre temps, hein ? Je vais devoir enlever ce T-shirt. »

Je dois avoir une sale tête, rit-il –mais un humour jaune qui virait à l’orange. De la douleur ou de la panique, il ne savait ce qui lui serait fatal. C’était de deux choses l’une. Aligner plus d’une pensée représentait pour Huan Yue un exploit qui ne cessait de l’étonner, et ses prétentions s’arrêtaient là : les articuler et les joindre de cohérence était loin au-delà, quelque part dans le domaine miraculeux des songes. Courtney se déshabillait ? Courtney se déshabillait. Wang ne cherchait pas à comprendre. La seconde s’après, elle se retrouvait sur le sol, les quatre ers en l’air.

L’occasion était trop belle.

« C’était sûr qu’elle allait casser, croassa-t-il. Peut-être que je préfèrerais mourir que, de voir ça, c'est... Ah, tu devrais te voir… »

Il partit d’un grand éclat de rire qu’il regretta aussitôt, la main plaquée sur le bas du visage pour réprimer une nouvelle nausée. Les plaisanteries morbides, toujours elles, fleurissaient agréablement leur mal.

« Rien de cassé ? On va mourir... »

Il se garda bien de se relever, de lui tendre une main secourable ou d’ajouter d’un ton railleur que la graisse faisait un admirable amortisseur.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Dim 25 Aoû 2013 - 4:27

...

Courtney avait connu pire en matière de moqueries et de situations cocasses, ce qui ne l'empêcha pas de foudroyer Wang pour son commentaire et son éclat de rire. Elle l'autopsia de ses prunelles chocolats, logeant un méchant sourire sur ses lèvres lorsqu'il fut pris de nausée et mis ses main sur sa bouche pour prévenir une nouvelle catastrophe. Elle se redressa, une douleur cuisante à l'arrière-train, puis décocha sa plus belle grimace à l'ampoule récalcitrante. Elle voulait plus marcher, c'était ça ? Elle voulait déclarer la guerre, peut-être ? Parce que Courtney était très forte, à ce jeu là. Enfin, pensa la jeune fille en se retournant vers Wang – toujours aussi orange et mal en point, elle allait devoir attendre un peu.
Parce que là, il allait falloir reconduire le malade à sa chambre. A moins que le laisser dans l'infirmerie soit une meilleure idée ; c'était là qu'on casait les mourants et tout, habituellement. Le relent des flacons débouchés puis défenestrés la dissuada néanmoins de lui ordonner de prendre place dans un des lits qui s'alignaient le long du mur. Une pièce ou une autre, au fond, quelle différence ? Le plus important, c'était que l'air soit respirable. Pour la forme, elle mit malgré tout un coup de pied à la chaise agonisante, histoire de montrer qu'elle ne pardonnait pas au mobilier sa traîtrise.

« Rien de cassé ? On va mourir... »

L'Étasunienne roula des yeux exaspérés, sans chercher à masquer son agacement croissant. Dès qu'elle s'énervait, ses bras partaient dans tous les sens, son visage trahissait la colère et ses mots se faisaient plus violents. Crachés plutôt que prononcés. Et en l'occurrence, mademoiselle se sentait en droit de lui faire la morale, à ce Soviétique chinois qui n'écoutait jamais ce qu'on lui disait. Pour une fois qu'elle lui avait sorti un conseil... Elle ne lui avait pas demandé de se tenir à cloche-pied comme un Flamand rose, non plus ! Ce qu'il pouvait être mal luné en permanence, celui-là.
Courtney joua donc complaisamment les moulins, inconsciente ou peu soucieuse du fait que ça n'allait sûrement pas aider Wang à se sentir mieux.

« Mais non, on va pas mourir ! Et je t'avais dit de pas regarder, en plus. Espèce d'imbécile. »

Et encore, elle se trouvait gentille. Elle hésita même à rajouter une couche d'insultes soigneusement choisies par dessus cet adjectif trop faiblard. Mais finalement, la part (presque) mature et responsable de son cerveau lui enjoignit d'aider son compagnon avant qu'il ne répande tripes et estomac à terre. Le couvrir de reproches n'allait pas lui rendre son teint de pêche, n'est-ce pas ?
Courtney zieuta discrètement la porte, puis son manque de tenue, et de nouveau la porte. Si elle sortait comme ça dans les couloirs, bonjour les regards de travers ! On allait la prendre pour une de ces débauchées qui faisaient la navette entre les dortoirs masculins et féminins, et inutile de dire que ça ne l'aurait pas vraiment enchanté d'être cataloguée comme telle. Pour résoudre son problème, elle grogna et battit des bras.

La réponse à tout.

« Faut bien que je te raccompagne, histoire que tu meurs pas dans un couloir, mais je suis pas trop présentable, là. »

A la prochaine remarque sur ses formes de Déesse Olympienne, elle jurait qu'elle le taillait en tranches fines.
Courtney trouva son remède dans un drap immaculé qui couvrait précédemment l'étroit matelas d'un des lits en fer. Elle l'enroula autour d'elle, grotesque robe de mariée, et s'assura que son nœud de fortune tenait la route avant de tendre une main décidée vers Wang.

« Bon, voilà, on a pas la nuit alors dépêche. Et je t'interdis de me vomir encore dessus, sinon je te tue pour de bon. »

Ce que le flacon n'avait pas fait, elle le ferait sans la moindre pitié. Ses jolis vêtements, gâchés pour si peu... Au moins, ils avaient trouvé une feuille, le sacrifice n'était pas vain. Cette pensée la fit sourire.
Ils allaient en faire une tête, les autres, en s'apercevant qu'il manquait une page à leur joli bouquin !
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Ven 25 Oct 2013 - 14:11

Les insultes revenaient à la charge, appuyées de larges gestes qui manquèrent plus d’une fois d’éborgner le Mandchou. Sa seule consolation, s’il pouvait le considérer comme tel, restait qu’elles avaient nettement perdu de leur panache : aux grandes vulgarités servies d’un ton braillard couvertes de leur coulis d’images peu flatteuses s’était substitué un simple « imbécile » qui lui sembla presque trop fade –presque– quoique tout aussi injustifié. S’il allait regarder ? Evidemment, qu’il allait regarder ! Cette gourde avait-elle de la semoule en guise de cerveau ou refusait-elle juste de le faire fonctionner ? Qui plus est, argua-t-il sans conviction, elle m’a dit de ne pas jeter un œil à un miroir et jusqu’à preuve du contraire, je ne l’ai pas fait. Qu’il le voulût ou non, l’orange criard de sa peau aurait fini par lui sauter aux yeux. Ce n’était pas le genre de détail qu’on pouvait rater. C’était trop fort –trop inquiétant aussi, et son cœur continuait à tambouriner dans sa poitrine en dépit du sourire à la fois faiblard et bravache que Wang maintenait bon gré mal gré accroché à ses lèvres. Il se résigna à affronter le tangage des murs flamboyants et battit des paupières : une fois, deux fois, riva ses prunelles sombres sur Courtney puis directement au sol. Quelle idée de se laisser entraîner dans un lieu pareil ; les hôpitaux n’avaient vu que des morts et n’entendaient que des plaintes, ils s’abreuvaient de malédictions et lui y était entré, comme si de rien n’était, la fleur au fusil –et mince, tout était de la faute de cette stupide vache.

Nouveau rappel à l’ordre de ses entrailles malmenées, nouvelle salve de paroles pour l’accompagner. Huan Yue tenta de comprendre ce que pouvait lui raconter son amie, sans grand succès : elle le raccompagnait, avait-il cru, et au fond c’était tout ce qu’il avait besoin de savoir. Tomber malade dans une infirmerie avait cela de bon qu’en principe, il ne restait au malade qu’à s’allonger et ramener jusqu’au menton un drap blanc de flanelle ; pas cette fois. Une inclination naturelle à haïr du plus profond de son être ces endroits abjects, les remugles putrides qui s’y attardaient aussi bien dans son souvenir que dans le monde bien tangible qui l’entourait, le passage qu’il risquait malgré tout d’y avoir –c’était après tout, contrairement aux chambres, une pièce commune ; pour toutes ces raisons et d’autres auxquelles il n’avait pas le courage de réfléchir, Wang devait tourner les talons. Une petite promenade à travers les couloirs sans fin de ce manoir de malheur n’avait pas grand-chose d’alléchant, moins encore avec une sirène obèse aux allures d’exhibitionniste. Bougon, décidé à ne pas y mettre du sien, le brun n’esquissa pas un mouvement et força plus qu’il ne se permit un sourire moqueur pétri d’ironie. Drap ou pas, elle avait toujours l’air d’une harpie mal léchée. Il tenait à ce qu’elle le sût. Un sac poubelle opaque ne l’eût pas rendue présentable.

« Bon, voilà, on a pas la nuit alors dépêche. Et je t'interdis de me vomir encore dessus, sinon je te tue pour de bon. »

Hésitant, Wang attrapa malgré tout la main tendue de Lener et ne put réprimer une nouvelle vague de panique qui s’écrasa sur son visage à la vue de la couleur de sa peau. Ce ne serait pas permanent, rien de tel ne saurait être permanent, se répétait-il. Une teinture qui va partir sans laisser de traces –et si c’était plus grave ? La désinvolture de son amie lui semblait de mauvais alois. Il était toutefois difficile de déterminer si ce comportement idiot ne le rassurait pas plus qu’il ne l’énervait. Ça, ou elle se fichait proprement de lui –impossible d’écarter cette option, et puis, il n’en avait pas envie.

« Tu crois vraiment que je l’ai fait exprès, croassa Huan Yue, un « pauvre cruche » inscrit dans les yeux. Mince, Courtney, elle est orange, orange ! Orange, mince… »

Après les insultes semblait venir la sacrosainte fixation. Debout, un peu gondolant sur ses jambes, il ne pouvait plus lâcher sa main des yeux. Elle était tout de même orange. « Mince », aurait-il dit. Mince, en effet.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}   Sam 23 Nov 2013 - 0:12

...

Courtney réprima un frisson quand le orange de la peau de Wang se superposa à la sienne, créant un contraste artificiel et alarmant ; le doute l'envahit à nouveau, assez furtif néanmoins pour vite disparaître dans un coin de son esprit. Avoir la peau orange n'avait jamais tué personne, ça devait juste être une espèce de réaction allergique carabinée et voilà. Pas de quoi s'inquiéter ou s'égosiller inutilement. Ce qui embêtait plus l'Étasunienne, c'était les vomissements capables de remonter et de ruiner le drap qu'elle avait autour d'elle : elle en avait pas grand chose à faire de la moquette du pensionnat, mais quand même. C'était jamais bon signe de vomir, le médecin le lui avait dit quand elle avait eu l'appendicite et son intoxication alimentaire. Enfin elle croyait, ça faisait quelques années déjà et sa mémoire jouait un peu trop souvent au yoyo. Au pire, elle filerait une aspirine à Wang et il se tiendrait tranquille. Pour faire montre de sa bonne volonté (elle sortait quand même vêtue uniquement d'un drap pour lui, il avait intérêt de la remercier plus tard), elle tira sur le bras du chinois pour se rapprocher de la porte. Les chambres, elle savait où elles étaient, mais dans laquelle il dormait, l'autre idiot ?

« Tu crois vraiment que je l’ai fait exprès ? Mince, Courtney, elle est orange, orange ! Orange, mince… »

Rah, mais ça virait à l'idée fixe ! Orange, orange, orange ; oui, elle savait, et elle avait aussi vu. Un soupir agacé qu'elle ne put réprimer s'échappa de ses lèvres crispées, et elle jeta un œil furibond à son ami aux yeux plissés. Sûrement que si elle avait été dans son cas, elle aurait eu tout aussi peur. Mais Courtney était championne quand il s'agissait d'occulter ce qui ne lui plaisait pas : en résultait un manque d'empathie dans certaines situations et une tendance non négligeable à la pire des mauvaises foi. Wang exagérait, Wang était orange et vomissait mais Wang était vivant et c'était tout ce qui importait. Elle allait le raccompagner jusqu'à sa chambre (quelle qu'elle soit), et il irait se plaindre à ses colocataires s'il en avait. Elle, elle devait se changer.

« Oui, t'es orange, mais je suis sûre que c'est pas grave ! Demain tu seras redevenu normal, j'en suis sûre, alors arrête de flipper pour rien. »

« Pour rien », oui. La jeune fille pressa la clenche qui s'abaissa sous ses doigts. Dans un grincement, la porte offrit aux deux protagonistes l'air saturé d'une odeur entêtante de vieux livres, bien meilleure que celle qui régnait dans l'infirmerie. Après avoir regardé à droite et à gauche pour vérifier qu'il n'y avait personne dans les parages, Courtney passa vivement le seuil, trainant Wang à sa suite. La porte claqua tout doucement dans leur dos. Il n'aurait plus manqué que quelqu'un les aperçoive et pense qu'ils... L'idée même lui envoya une foule de frissons désagréable au ventre. Et puis quoi encore !

Le drôle de Schtroumpf fut de nouveau poussé sans délicatesse dans le couloir par une Courtney décidée à en finir au plus vite. Direction les chambres, et sans croiser personne si possible. Elle n'avait pas besoin du regard des autres, celui de Wang l'embêtait déjà assez. Une, deux, une, deux : à une cadence militaire digne d'Aphrodite.

« Allez, plus vite ! »

Comme si ça ne suffisait pas de lui arracher la moitié du bras. Courtney avait encore beaucoup à apprendre de la façon dont on traitait les malades. Piètre infirmière, vraiment.
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[RUDY] Je fous le feu aux draps et toi tu bois les flacons {Wang Huan Yue}

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