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 « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]

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MessageSujet: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Sam 11 Mai 2013 - 2:57

Hey Cherry pie, je suis paumé, ça swingue ici, swing swing swing, allons danseeeer ! :)

Le bonhomme lui lança un regard perçant par-dessus son épaule. Une foule d’yeux bruns rivés sur lui, Hadriel ne savait plus vraiment où se mettre. Impossible de leur échapper : pas de coin sauf, pas de cachette secrète à exploiter. Le gamin appuya ses mains contre la glace froide et souffla un nuage de buée qui obscurcit un instant le reflet de ses traits assez irréguliers. D’un coup de doigt pressé, il y traça un rond, deux points en guise d’yeux foutrement expressifs. Un arc-de-cercle vint apporter une touche de légèreté à l’ensemble avant que celui-ci ne s’efface –les bords en premier, rapidement suivis de l’intérieur du disque d’une excessive bonne humeur. Sans s’attarder plus sur son étonnante création ou sa disparition soudaine, il esquissa un pas à droite, se retourna au bout d’un mètre et décida qu’en fin de compte, la gauche n’était pas si mal.

Il devait y avoir une centaine de raisons derrière ce choix pour le faire marcher d’une allure si décidée, aucune du moins que son cerveau désirât lui communiquer. Le brun ne tenait pas en place : ici, là, là-bas, guilleret ou mortellement préoccupé. Au vu de ce qu’il avait dans le nez, ce pouvait tout aussi bien être les deux à la fois. Il y tenait, tout de même, ce n’était pas un verre de trop. On était sobre ou on l’était pas ; il n’avait bu que le crépuscule d’une bière. Ses lèvres à peine humectées par la mousse, il ne l’avait plus senti du tout. Un remontant, trois cafés très noirs, et les secondes ne passaient plus assez vite pour suivre le rythme effréné des errances de Delahaye.

C’est plein de miroirs. Tu sais où je suis ? Où je suis dans le sens normal, pas comme où je suis avec ma tête, où je suis où je suis quoi. Pauvre légume va. Légume légume pataaaate

La première remarque qu’il se fit fut que l’opérateur, ici, n’avait rien d’exigeant : il couvrait à peu près l’intégralité du manoir sans aucun fil, poteau électrique ou tour. La cave, remplissant à merveille son rôle de cave, était seule hors-limites. La seconde fut qu’il n’avait souscrit à aucun forfait mais que les messages à destination de l’intérieur avaient des allures illimitées et que les conséquences sur l’intelligence desdits messages se faisaient sacrément sentir. Les appels vers l’extérieur en revanche ne passaient pas –et à quoi bon ? « T’es où ? », « Je suis pas vraiment en colère », « T’as des emmerdes ? », racontait Domino avec une constance qui forçait le respect. « Rappelle-moi », « Papa rentre ce week-end », « Tu vas bien ? », s’enquérait sa mère avec une absence de saut ligne qui, là encore, forçait l’admiration. Les accusés de réception faisaient leur affaire ; s’il recevait, c’est qu’il n’était pas mort et très honnêtement, ç’aurait été la meilleure réponse qu’il eût pu leur donner de son côté. Lui traitait Louise de légume. Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. Tarte. Tourte.

Le nez en l’air, Hadriel émit un cri strident bientôt étouffé en un gémissement plaintif. Main droite sur son nez, il leva la gauche devant lui et fut surpris d’y découvrir la surface plane d’un énième miroir. Son reflet lui jeta un regard mauvais surplombé d'une marque rouge sur le bas de son front et il pianota une nouvelle fois sur l’écran de son portable.

Si je me vide de mon sang par le nez je serais une patate aussi… Mais rouge comme la terre en Afrique. Patate africaine. Bouh

Une armada d’SMS s’envola d’autant de tablettes aux pixels colorés, pressés d’autant de doigts un peu jaunis aux ongles un peu rongés depuis qu’il était arrivé dans cet endroit trop étrange où personne ne lui faisait la remarque, leur trajectoire invisible suivie par autant de têtes coiffées d’un bonnet Kaporal noir levées au plafond dans un bel élan. Il se laissa glisser contre une des glaces pour se relever au bout de dix secondes. Il avait envie d’une pizza.
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Mer 22 Mai 2013 - 17:33

Les écouteurs enfoncés dans ses oreilles laissaient s'échapper des notes que, à l'occasion, ses pieds tentaient de suive ; Louise n'avait jamais eu le sens du rythme. Retenir des répliques, bouger d'ici à là, pleurer et rire aux éclats, voilà ce qu'elle savait faire – pas danser, Messieurs Dames, rien que bouger. De droite à gauche, comme l'on tourne sur soi-même et qu'on est persuadé d'être la personne la plus sexy qui soit, le pyjama et le miroir à pied en guise de témoins. En boite, on se déhanche juste comme de parfaits imbéciles. Pas besoin de maîtriser le tango ou la salsa. Une jolie robe, le bon maquillage et hop, le tour est joué. Allons danser, Cherry Pie, Cherry Bomb, et pourquoi des cerises d'ailleurs – mais elle ne savait ni où ni en quelle occasion, alors elle se contenta de pianoter sur les touches de son portable en une suite de gestes experts. Ses doigts dansaient mieux que ses jambes, tiens. Peut-être qu'elle tenait quelque chose d'intéressant. Une future carrière, avec ses doigts comme outil principal. Dans le dessin par exemple. Bientôt, tout le monde lui envierait ses bonshommes bâtons et ses chats tortues téléphones qui ressemblaient à tout et rien à la fois : ce serait une sacré revanche sur la vie, tiens.
On est enfermés à vie, pas besoin d'argent.
Juchée sur ses talons noirs, vêtue d'un slim blanc et d'un haut rose des plus simples, un peu décolleté, la jeune fille arpentait les couloirs en quête d'elle ne savait trop quoi ; de crampes ou d'ampoules, vraisemblablement. Ses yeux joliment maquillés de rose ne quittaient que rarement l'écran de son portable. Peut-être qu'elle allait finir par tomber : l'idée de rencontrer un mur n'était pas particulièrement plaisante, mais elle n'était pas non plus assez effrayante pour réussir à la rendre raisonnable. Regarder devant elle ? Et puis quoi encore ! Ses messages requéraient toute son attention. Difficile à croire vu le peu d'efforts que la belle idiote semblait mettre dans ses exclamations enjouées ponctuées de « mdr » et de « lol », mais, malgré tout, réfléchir à ce qu'elle allait écrire demandait un minimum de concentration.
Sa bonne humeur avait ce matin-là était domptée par une bonne dose de laque, mais impossible de doucher suffisamment son entrain pour faire cesser tout à fait les picotements qui couraient parfois le long de ses bras nus. Foutue électricité. Elle venait de se faire traiter de légume par un caddie, de légume patate même, et était donc occupée à se demander en quoi une patate était, eh bien, un légume, quand son épaule droite faillit heurter une statue. Non, une armure, se corrigea-t-elle en jetant un regard torve à l'ensemble de pièces métalliques. Elle lâcha malgré tout un « pardon » automatique à son adresse, histoire de ne pas s'attirer d'ennuis : elle avait déjà cru voir une armure marcher, alors sait-on jamais. Peut-être qu'elles pouvaient prendre vie.

Ce n'était pas elle que ça aurait dû étonner, haha. Elle était littéralement électrique.

patate patate pataaaate toi mm cadie

Au moins, les miroirs, elle savait où ils étaient. On va voir qui c'est la patate, grande asperge.
Parmi les messages qui s'affichaient régulièrement sur l'écran, en réponse aux idioties sans grand intérêt qu'elle s'appliquait à envoyer, Louise ignorait méticuleusement ceux de ses proches. Ce dossier-là, elle le lirait le soir, ou peut-être la nuit, peut-être le matin – n'importe quand pourvu que ce soit un moment où elle soit seule et tranquille. Se dire qu'elle ne pouvait rien faire, que la porte était bloquée, que c'était sûrement une super télé-réalité, que ce n'était pas si grave et qu'elle s'en fichait d'eux, ça marchait drôlement moins bien quand elle les lisait s'inquiéter pour elle. Le plus dur étant de ne pas pouvoir les rassurer. Elle se demanda brièvement ce que pouvait en penser Gaël. Elle n'était pas très sûre de lui manquer. Pas très sûre de le mériter non plus, quoi que ce ne soit pas sa préoccupation première. Elle se fichait bien d'être digne de l'affection des autres, pourvu qu'ils l'apprécient.
Une patate africaine brisa ses questions en mille morceaux sans importance ; un rire idiot fila dans l'air. Patate africaine. Il avait de drôles d'idées, tiens.
Ses mains gantées – on se protège comme on peut, hein – se refermèrent sur la poignée d'une porte, qu'elle ouvrit avec un bel enthousiasme.

« Haddie caddiiie, où tu es ? »

Un caddie, à côté d'une patate, c'était encore un compliment. La jeune fille referma la porte derrière elle et, après quelques pas, tourna sur elle-même pour observer ses reflets faire de même. L'effet miroir n'était pas quelque chose auquel elle pourrait un jour s'habituer.
Plantée devant une des glaces, elle posa ses deux index à la commissure des lèvres de Louise. Souriiiiis.

« Je faisais la guerre au simili-cuir ! s'exclama-t-elle brusquement, sans même chercher à vérifier qu'on l'écoutait. Et puis tu m'as donné faim avec tes patates, patates, pataaates. Monstre. »

Abandonnant ce reflet-ci, elle avança au hasard entre les glaces. Vu sa taille, il ne passerait pas inaperçu bien longtemps.



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Dim 2 Juin 2013 - 15:47

Hadriel plissa son nez endolori et fronça les sourcils : un écœurement pareil ne pouvait plonger ses racines que dans une seule source, pestilentielle et nauséabonde. De sa vie jamais spectacle plus affligeant ne s’était offert à ses yeux. Atterré tant par son nonsense crasse que par l’absence de pathétique qui s’en dégageait, un soupir de dédain se pressa de déformer ses lèvres épaisses. Louise ça vais et crie re –ah, il eût prié pour qu’elle ne le sût pas ! Mais le massacre était volontaire, bâtard d’une inconscience à en faire frémir d’Hannibal à Messala et d’un manque de respect plus crispant qu’une trotteuse s’éternisant avant le douze après cinquante-quatre interminables minutes d’un cours de mathématiques avancées. Pourquoi t’as envoyé un message à cette… Oh, cette, conclut le gamin avec laconisme, à bout. La patience n’avait jamais été son truc, au contraire de l’orthographe. Il leva le bras, prêt à infliger un magnifique vol plané à son portable et son armée de pixels criminels –puis finalement, non ; rien. Il resté vissé à sa main.

Delahaye lui jeta un regard dédaigneux : la machine, tombée en disgrâce, ne risquait pas de revenir en odeur de sainteté dans un avenir proche. Il se souvenait du visage déconfit de sa mère, des années plus tôt, lorsque ses yeux s’étaient posés sur la batterie d’un BlackBerry éventré. Il le rangea dans la poche de son jean d’un geste rageur, mimé par une centaine de clones. Ces crétins étaient infichus de se trouver leur propre genre et le copiaient, plagiat éhonté de son génie mal reconnu. La coke l’avait toujours rendu aussi speed qu’irritable, autant que les soirées joints pizzas l’endormaient. Arpente à droite, à gauche, tourne ici, tourne par-là, écrase encore un peu plus ton bonnet qui te tombe déjà largement sur les sourcils et bordel, j’ai mal au nez, misère, misérable moi, ô rage, ô désespoir, ô reflet ennemi. Une voix résonna et fit sursauter une armée de bruns agités. L’un d’eux crut que c’était un autre qui venait de lui adresser la parole.

Quelque chose ne tourne pas rond ici, jurait-il de temps en temps. Si eux devenaient lui, et que lui se retrouvait piégé dans ces miroirs –y fallait sortir fissa. Une boule d’angoisse fila dans son ventre avant de se diluer en remontée acide. Du poing, il frappa une des vitres. Et ne sut plus franchement où il était.

Ah, bien sûr ! Bien sûr, il était en compagnie du général victorieux en guerre contre le similicuir !

Ce que ce dernier avait bien pu faire pour mériter qu’on partît en croisade afin d’exterminer de la surface de la terre toute trace de son infâme présence, il n’en avait pas la plus petite idée. Vrai que Domino faisait souvent la grimace devant une imitation ratée sur des chaussures qu’il ne mettrait de toute façon pas deux fois de l’an. Vrai aussi que sa mère avait toujours été un poil trop tatillonne sur la qualité de ses canapés. Vrai que son père avait plus d’une fois eu l’air aussi perdu que lui –ces deux-là auraient dû s’entendre et plus encore s’entendre avec la petite blonde qui débarquait soudainement dans la salle en Dieu seul savait combien d’exemplaires enthousiastes, fraîchement parfumés, maquillés du matin et, négatif complet de son compagnon autant de fois réfractés et aux cheveux réfractaires, coiffés.

Un peu paumé, il tendit les bras devant lui et passa ses doigts sur la surface lisse d’un miroir ; hors de question de s’en manger un autre et, diable, hors de question de se manger quoi que ce fut d’autre qu’une pizza géante poulet fromage. Un pas rapide sur le côté, il voulut poser ses mains sur les épaules de la blondinette. Ne rencontra qu’un vide qui, par miracle sans doute, ne le fit pas tomber brutalement face contre le plancher. Les sourcils froncés, vaguement agacé par cette pièce qui tenait mordicus à le voir par terre, il éleva la voix en écho à celle qui avait résonné à peine plus tôt :

« Au moins ce sont de vraies patates, avec un t, pas de h et un e à la fin ! Des patates… Bien écrites, sorcière ! L’orthographe est de respect, et si t’avais lu Alain tu… »

Hadriel s’interrompit au beau milieu de sa phrase : quoique fervent défenseur de la langue française, il n’était pas dupe. Britney Spears devait faire meilleure figure d’autorité que Valéry. Il se retourna, toujours à la recherche de la véritable Louise. Le brun ne se retourna que lorsqu’il sentit une paire d’orteils aplatis sous ses talons. Il recula précipitamment, une moue plutôt désolée peinte sur le visage –mais le karma vous revenait toujours dans la figure :

« Ouuuuups. Là, je suis là, devant toi. A… Eh, à ne plus t’écraser les pieds. Pardon ? »

Il sourit une seconde, mine contrite vite remplacée par une comparse pensive :

« Je sais plus du tout ce que je voulais te dire. Ça devait être important ? Ou pas. On s’en fiche ? Il a fait quoi de mal le similicuir ? Putain, pauvre truc ! »
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Mar 11 Juin 2013 - 2:43

Au ballet de ses talons, portable et écouteurs avaient quitté la danse ; rangés dans la poche droite de son slim, ils profitaient depuis son entrée dans la pièce d'un repos bien mérité. Ce n'était sûrement pas ses correspondants qui aillaient s'en plaindre : sitôt qu'elle eut cessé de les harceler comme si sa vie en dépendait, aucun d'eux ne jugea utile d'insister. La leur, de vie, tenait peut-être à ces quelques mots sacrifiés, massacrés, terrorisés qu'elle ne leur enverrait jamais ; loin de s'en douter, elle se dit qu'ils allaient être tristes de se retrouver soudain sans personne au bout de la ligne. Tant pis pour eux, soupira-t-elle en exécutant un pas de danse hasardeux. Elle avait des choses à faire, elle aussi, une vie sociale à entretenir – quelque chose comme ça. Courir après Hadriel dans une salle remplie de miroir n'était pas exactement le truc le plus « in » qu'elle ait fait de sa vie mais, en l'absence de témoins, on ne pourrait rien lui reprocher. Être chic et à la mode était tout un art.
Art dont, ongles parfaitement vernis et cils courbés, la jeune fille possédait à tout le moins les bases. Il y avait juste quelques moments de perdition et d'oubli, de décadence, un peu – rien de bien méchant mais suffisamment honteux pour que, en bonne adolescente de son époque, elle ne juge important de faire attention à comment agir en présence de qui. Être naturelle fonctionnait parfaitement pour qui avait le naturel idéal. Ce n'était pas son cas. Un peu de travail était nécessaire pour briller en société – tout le monde le savait, elle n'était pas idiote.
Ou juste un peu.
Quoi qu'il en soit, Hadriel n'était sûrement pas le top du top de la société, donc ses pas dansants ne devraient – à priori – pas lui coûter beaucoup de points en moins dans l'estime de qui que ce soit. La voix du soit-disant artiste résonna jusque dans ses oreilles, critique honteuse de ses talents tout simplement sublimissiminaux d'ortographienne ; elle tira la langue à un de ses reflets. Chaque fois qu'elle les voyait réciproquer, moqueurs et en tout points semblables à elle, si ce n'était cette drôle d'inversion qui lui mettait la tête dans tout les sens, ses yeux verts s'agrandissaient sous une surprise sincère. Elle touchait alors la glace du bout des doigts, un peu perdue, et replaçait distraitement une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille. Quand elle s'observait dans un miroir pour refaire son maquillage ou se coiffer, le malaise se dissipait sur le champ ; seuls les regards sans but qu'elle jetait à ces pâles copies rendaient leurs visages...
Désagréable. Elle frissonna de dégoût.

Un pas puis un autre et, enfin, la silhouette dégingandée de cette asperge patate africaine se dessina à la surface des miroirs. Restait juste à le trouver : dans un élan d'intelligence à en faire pâlir une pâquerette, la jeune fille leva le nez vers le plafond. Et elle aurait sûrement mordillé son doigt pour ensuite chercher d'où venait le vent si, dans un geste à la cruauté tout simplement intolérable, cet abruti d'idiot stupide n'avait pas jugé bon d'appuyer tout son poids de légume géant sur ses orteils.
Comme toute Louise se respectant, elle poussa un piaillement à la hauteur de la douleur atroce qu'elle ressentait – équivalent d'une amputation chez une personne normale, à en juger par ses aigus. Il eut beau reculer rapidement, elle n'en resta pas moins le visage coincé sur une expression mourante et assez peu élégante, crispée dans une tentative vaine pour faire remarcher son pied. Il était cassé, ça ne faisait aucun doute. Et ses jolies chaussures – il n'y avait pas idée, vraiment !
A défaut de l'incendier, elle plia le genoux et tâta doucement la zone blessée à travers ses souliers. Ça ne devait même pas saigner.

« Ouuuuups. Là, je suis là, devant toi. A… Eh, à ne plus t’écraser les pieds. Pardon ? »

Pour bien lui faire comprendre qu'un pardon ne suffirait pas à réparer ses pauvres cellules de peau toutes abîmées et desséchées par son acte terroriste, elle darda sur un lui un regard torve ; par en-dessous, à défaut de pouvoir faire autrement. Son talon claqua finalement à nouveau contre le sol. Ça piquait encore un peu.

« Je sais plus du tout ce que je voulais te dire. Ça devait être important ? Ou pas. On s’en fiche ? Il a fait quoi de mal le similicuir ? Putain, pauvre truc ! »

Quelle cervelle de moineau, songea-t-elle en lui adressant une moue sceptique. Légume meurtrier. Sale asperge cruelle.
Boudeuse mais pas rancunière pour un sou, la demoiselle leva les yeux au ciel.

« Parce que c'est dé-mo-dé, énonça-t-elle avec un mouvement de poignet raffiné. Tu vois, c'est pas beau, c'est pas bien – totalement nul. On m'a dit que c'était carrément à éviter, donc j'évite, parce que je le sais de source sûre, tu vois. Genre ! Tout le monde sait ça. »

Satisfaite de son exposé, elle hocha la tête avec conviction. Heather était à peu de choses près sa Sainte Bible de la Mode : si elle disait non au similicuir, Louise se faisait donc une mission de partir en croisade pour répandre la bonne parole. Sa mère lui avait dit que c'était important de se battre pour ses croyances, ses convictions, ce genre de choses – et puisque ça amenait des grèves et des cours sautés, oui, ça lui semblait être un mode de fonctionnement cohérent.
Penchée en avant, elle leva les bras pour tirer le bonnet du garçon encore plus bas sur son front.

« Tu vois rien, Batman ! » Incapable de comprendre elle-même le sens de sa comparaison, elle lui attrapa le bras et partit en avant. Oublié, l'orteil endolori. « Allez, je suis sûre que y'a du similicuir et des trucs intelligents par là. C'est un pote à toi, Alain ? »



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Jeu 4 Juil 2013 - 17:52

L’absolution n’enjolivait pas les traits agités de tics d’Hadriel : une tête d’enterrement semblait de circonstances. Pourquoi ? Quelle question ! Il n’en savait rien, rien de rien, et n’y accordait qu’une importance toute relative à peine suffisante pour qu’il soulevât le problème, problème de malheur dont il ne connaissait pas seulement le nom ni la nature. L’orthographe de Loulou ? Peut-être, mais il était temps de se faire une raison. Il avait été mis en bière dès sa naissance, et encore, et encore, il aurait été plus avisé de causer avortement au vu de l’aspect déformé du pauvre fœtus mort sans avoir posé les yeux sur un dictionnaire. Le cri strident de la jolie blonde lui avait entre autre massacré les oreilles, mais sa part de responsabilité dans l’affaire rendait la sentence plus ou moins acceptable. Son bonnet, ultime protection de ses tympans malmenés, avait aussi son rôle à jouer dans cette résignation polie.

Politesse toujours, il écouta attentivement les explications qui lui étaient données –et il fallait reconnaître que ce mystère avait beau être sacrément superficiel, il l’intéressait. Qu’avait-il fait de si mal, le similicuir ? Le grand brun ne portait que ce qui lui plaisait, sans chercher à se donner un genre particulier ; Dame Nature, ou ce que d’autres eussent nommé la Loi De La Génétique, avaient eu la bonne idée de ne lui donner en la matière que des goûts au mieux convenables, au pire passables. Pas beau, pas bien, totalement nul, à éviter, de source sûre. Il imprima mais il y avait fort à parier que dans les deux heures suivantes il eût tout oublié, de A à Z. La mode, il n’avait jamais vraiment franchement complètement sincèrement tout très bien compris. Pas vexé le moins du monde d’être mis de côté par son interlocutrice, il haussa les épaules, dubitatif. Si « tout le monde » le savait, autant le pointer du doigt de suite parce que lui n’en avait pas la moindre idée et ne captait strictement rien à ce qui paraissait si évident à la fashionista. A croire qu’ils ne naviguaient pas sur la même longueur d’onde, ces deux-là.

« Tu vois rien, Batman ! », lança-t-elle alors qu’un voile noir vint décapiter tout ce qui se trouvait en haut de ses yeux.
C’était tout de même un comble, ça : il n’y voyait plus grand-chose. Pour un prophète des dieux anciens, c’était tout de même un comble, oui. Un comble. Il sourit tout seul de ses propres pensées désorganisées et songea qu’un café eût donné un vrai, bon coup de balais là-dedans. L’asperge ne chercha pas à remonter son couvre-chef à une hauteur plus acceptable et se laissa entraîner à la suite de Louise à travers les couloirs réfléchissant. Batman, le héros chauve-souris ; Christian Dale, quoi, conclut-il un peu rapidement. C’était peut-être un compliment ; cela dit il ne pensait premièrement pas lui ressembler, et ne l’avait deuxièmement jamais trouvé très intelligent. Se balader dans une caisse pareille, porter un masque noir en cuir avec de petites oreilles de Nospherati et une cape de trois mètres de long, il fallait le faire. Il saluait la performance mais ne voyait pas ce qu’on pouvait lui trouver.

C’était sans doute là que résidait leur point commun aux yeux sombre du gamin : à lui non plus, on ne pouvait pas trouver beaucoup de trucs.

« C'est un pote à toi, Alain ? »

Sifflement agacé et moue de désespoir : c’était la fin de la fin, fini de chez fini, la fin des carottes et les haricots étaient cuits. Brûlés, même. Un petit tas de cendre à ce stade, jura Delahaye avec une fausse solennité.

« Bien sûr que non, s’insurgea-t-il avant de se raviser, railleur mais pas méchant. Non, Alain, c’est le pote de mon meilleur ami, Raymond Aron. Enfin, depuis qu’Erostrate, son frère, a brûlé la maison de la grand-mère d’Alain, je sais pas s’ils s’entendent encore très bien, mais il dit de ces trucs, je peux pas m’empêcher de le citer de temps en temps. »

Il leva les yeux au ciel : oups, il faisait tout noir là-dessous.

« Toi, un de ces quatre, la prévint-il, tu vas me faire mourir de rire. Oh, bordel, Louise ! »

Il pila, s’arrêta net, ouvrit la bouche, attendit une seconde, puis deux, l’air foutrement concentré avant d’hausser les épaules et d’ajouter :

« En fait non, j’ai encore oublié ce que je voulais dire. Merde. C’est bizarre hein ? Loulou s’en va-t’en guerre… »

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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Dim 14 Juil 2013 - 5:14

Après avoir décrété qu'Hadriel n'y voyait pas suffisamment pour les guider, Louise s’autoproclama guide provisoire de cette galerie des glaces miniature. Elle ne l'avait jamais explorée que depuis la porte, debout dans l'entrée, mais bon peu importe – ce n'était pas Versailles, non plus, elle ne risquait pas de les perdre. Et puis si elle les perdait, ça ferait un bon thème de chanson ou de poème, non ? Sûrement que si. La demoiselle avait comme dans l'idée que les artistes trouvaient l'inspiration partout, les yeux fermés et un bras tendu en avant pour attraper le flux, ou... Ou le truc quelconque qui leur permettait, contrairement à elle, de faire autre chose que des bonshommes bâtons et des rime qui ne rimaient pas. Alors si Hadriel s'était arrêté en clamant que les mots venaient à lui, elle aurait sérieusement acquiescé et attendu, toute excitée, que le poème du siècle lui tombe dessus.
Seulement voilà, elle n'avait pas encore réussi à les perdre et déjà, les explication du jeune homme la plongaiient dans des réflexion sûrement trop profondes pour le commun des mortels. Sans oublier de ponctuer son écoute de « ah » et de « oh » perplexes ou intéressés, la blondinette goba tout sans rien questionner. Niveau ragots et arbres de famille, elle était trop forte. Pas besoin de lui redire les choses deux fois. Alors. Concentration. Alain était donc le pote de son meilleur ami Raymond, dont le frère Eroschose avait brûlé la maison de la grand-mère d'Alain qui était donc l'ami d'un ami, du coup – et pourquoi brûler la maison d'une vieille dame, hein ? Ce qu'il avait des amis bizarres, franchement ! Il fallait être au moins triplement psychopathe pour vouloir mettre le feu à une personne âgée fripée et sans défense. Elle n'aurait pas fait ça à ses grands-parents, elle, en tout cas.
Sans penser un seul instant qu'il pouvait parler d'autre chose que de ses amis, elle opina du chef avec ferveur. S'il le 'citait', lui aussi devait être un peu poète, ou quelque chose dans ce goût-là ; les artistes avec les artistes, comme les intellos restaient ensembles et les pom-pom girls sortaient avec les joueurs de football américain dans toute bonne série se respectant. Rien de plus logique.

« Toi, un de ces quatre, tu vas me faire mourir de rire. Oh, bordel, Louise ! »

Elle voulut lui demander si c'était un compliment ou une insulte, histoire de savoir comment réagir, mais son arrêt brutal l'en empêcha : plus exactement, l'idée fut éjectée de ses pensées en même temps que son corps, bien parti sur sa lancée, penchait en avant dans une vaine tentative pour continuer d'avancer. Sa main, bien accrochée au bras de la patate africaine mutante, refusa quant-à-elle tout net de bouger d'un seul centimètre.
Résultat, elle redressa le dos et jeta un regard intrigué à Hadriel – de biais, vu qu'il n'avait pas décidé de perdre dix centimètres entre temps.

« En fait non, j’ai encore oublié ce que je voulais dire. Merde. C’est bizarre hein ? Loulou s’en va-t’en guerre… »

Un « haaaan » frustré filtra d'entre ses lèvres closes sur une moue boudeuse ; abandonnant son ami à son triste sort de poisson rouge, elle lâcha son bras et fit quelques pas en avant. Postée face à lui, mains dans son dos, elle exécuta un magnifique pas-à-reculons-sur-talons. Aussi connu comme je-veux-tomber-donc-j'optimise-mes-chances, ou bien encore à-force-de-regarder-la-télé-j'ai-fini-par-penser-que-marcher-comme-ça-donnait-un-côté-mignon.
A moins qu'elle n'ait vu ça dans un manga ou une BD quelconque. En tout cas, c'était stupide.

« Contre le similicuir, oui ! rappella-t-elle gentiment, toujours prête à aider son prochain. Tu devrais faire attention, ceux qui en portent sont limite presque des criminels. Her, regarde, je suis sûre que le pote de ta grand-mère qui aimait bien Aron et Nitrate, là, eh ben il en portait pas ! »

D'un demi-tour élégant, elle repassa dans le bon sens de la marche. Ce qui impliquait aussi de tourner le dos à Batman, mais comme il allait sûrement la rattraper, ça n'avait pas grande importance.

« OHMONDIEU, Caddie. » Elle se tourna de nouveau et, cette fois, n'attendit pas qu'il l'ait rejointe pour kidnapper son bras et le tirer vers l'avant. Marcher en parlant, c'était vital. « Je t'ai pas dit. Il faut trop que je te dise. J'ai croisé un garçon dans les cuisines, hier, et genre il était beau – enfin pas beau « beau », tu vois, mais bon, beau quand même, et il avait des yeux. Bleus. Mais bleus. J'ai cru que j'allais mourir. »

Vu la façon dont elle le racontait, en effet, c'était plausible. Elle reprit sa respiration.

« Mais il a pris de la salade, conclut-elle d'un air morose. Tu peux pas faire confiance à un garçon qui prend de la salade. »



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Lun 22 Juil 2013 - 23:26

Impossible de se mettre à la place de son amie ; Hadriel ne pensait pourtant pas manquer d’empathie. Il se souvenait même avoir un jour refusé d’ingurgiter quoi que ce fut par respect envers les enfants du Kenya qui, eux, n’avaient jamais rien à se mettre sous la dent –et sa petite disette avait duré une bonne semaine avant que ses parents eussent raison de sa détermination à deux francs six sous. Non, vraiment, le problème ne venait pas de lui, ce qui mena logiquement le garçon à conclure que sa source ne devait être autre que la jolie blonde. Incompréhensible. Comment pouvait-elle écouter avec une attention sérieuse ces propos que lui-même avait du mal à déblatérer sans partir d’un rire tonitruant ? Il y avait du grec là-dedans, et des noms connus comme le loup blanc. A la réflexion, ça devait être marrant d’être dans les baskets de Louise. Ou ses escarpins, ou Dieu seul savait ce qu’elle avait aux pieds mais qui, soyons honnêtes, ne devaient pas être de bons représentants des souliers top-confort qui avaient toujours fait du charme à Delahaye.

Peut-être qu’en mettant ce genre de chaussures, les raisonnements de cette fille lui eurent-ils parus un peu plus clairs. Ou juste vaguement moins troubles. Pas certain. Après tout, la relation entre les pieds et la tête lui avait de tout temps semblé assez inexistante, ce qui l’un dans l’autre… Eh bien, ne devait pas avoir la moindre espèce d’importance. Pas plus du moins que le similicuir, quoi que ce put être d’ailleurs ; rien de plus qu’un nouveau concept par trop abstrait pour la grande courge un peu idiote et son million de reflets fatigués.

« Tu devrais faire attention, ceux qui en portent sont limite presque des criminels. Her, regarde, je suis sûre que le pote de ta grand-mère qui aimait bien Aron et Nitrate, là, eh ben il en portait pas ! »

D’abord impressionné par sa capacité à citer avec ce qui devait être une belle exactitude des liens tordus qu’il avait de son côté déjà oubliés autant que par le pied-de-nez qu’elle faisait à la gravité avec sa marche-rituelle-à-haut-risque, le brun haussa les épaules, indécis. Oui, non ? Eh bien, et puis, et quoi, et alors ? L’incroyable aventure d’un caillou le long d’une abrupte chaussée lui paraissait mille fois plus intéressante que les délits présumés de ces fringues. Sûrement parce que je comprends pas, se tint-il en guise de réponse. La mode, tout ça. C’était tragique –surtout qu’il se souvenait des fibules, des ceintures et des toges, ce qui peut-être, ou peut-être pas, mais peut-être malgré tout eût dû l’inquiéter un peu plus que ça. Sans trop savoir pourquoi, il jura intérieurement que Kathie aurait adoré le similicuir. C’était bien son genre.

Louise reprit sa marche, apparemment peu convaincue des bénéfices d’avancer à reculons ; dans une pièce tapissée de miroirs à peine moins nombreux que dans la galerie des Glaces, pas moyen de lui en tenir rigueur. Elle ne savait pas, la pauvre, que–

« OHMONDIEU, Caddie. Je t'ai pas dit. Il faut trop que je te dise. J'ai croisé un garçon dans les cuisines, hier, et genre il était beau – enfin pas beau « beau », tu vois, mais bon, beau quand même, et il avait des yeux. Bleus. Mais bleus. J'ai cru que j'allais mourir. »

Hadriel se laissa entraîner, acquiesçant à qui mieux-mieux aux syllabes précipitées qui s’écrasaient, non sans élégance mais dans un désordre complet contre ses tympans. Il ne fallait pas croire : quelque part, il était intéressé ; après l’exclamation si énergique de leur auteur, et la passion farouche de son discours mal fichu, il ne pouvait en aller autrement. Louise était décidément de ces êtres qui, trop heureux de vivre, se sentaient dans l’obligation de communiquer leur joie désuète au reste du monde. Pas qu’il vît franchement vraiment sincèrement dans quelle mesure l’info de première importance le concernait, mais il ne s’en souciait guère. C’était accessoire ; tout à fait, secondaire. Tant pis. Le monde tournait, mais pas autour de sa personne. Ils étaient au moins d’accord sur un point : le mot « beau » manquait cruellement de nuances pour exprimer correctement ce que leurs rétines imprimaient et leur laissait une si forte impression.

Et puis c’était joli, le bleu ; c’était la couleur du ciel et des bleuets, de l’océan par endroit, et de la nostalgie. De la royauté, de la richesse. Bref, c’était bleu, résuma-t-il immédiatement sans s’en rendre compte. La suite, en revanche, le laissa sur sa faim :

« Bah pourquoi ? Enfin je suis d’accord que la salade, concéda-t-il en gage de bonne volonté, à part dans les sandwiches… »

Venant d’un garçon qui depuis son plus jeune page ne jurait que par la pizza et les chips, l’aveu n’avait rien d’exceptionnel. Les calories s’envolaient vers des horizons inconnus qui en laissaient plus d’un pantois.

« Remarque, peut-être qu’il prenait de la salade parce qu’il ne dit que ça, des salades. Son inconscient et tout, tu vois ? Mouais, en fait t’as pas complètement tort, ça se tient. »

Nul besoin de préciser que « ça ne se tenait pas du tout », quoiqu’Hadriel pût en penser.

« T’aurais dû lui parler quand même, c’était peut-être l’homme de ta vie. »

Lui-même, parlant sans réfléchir, n’aurait su dire s’il charriait ou s’il faisait preuve d’une honnêteté exemplaire.
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Dim 28 Juil 2013 - 16:42

Comme un enfant attendant que l'on note son exposé, Louise jeta un regard impatient à Hadriel. A peine avait-elle fini de parler qu'elle s'attendait à l'entendre répondre ; elle surestimait un peu la capacité de réaction des autres, souvent – et se plaignait d'avoir été interrompue quand au contraire ils réagissaient trop vite pour elle. Jamais contente. Cependant, comme avoir l'avis d'un garçon sur la question était vital, elle s'abstint de trépigner sur place à la moindre seconde perdue. La salade, c'était franchement suspect non ? Il lui semblait bien que si, quoi qu'elle aurait été incapable de retrouver maintenant ce qui lui avait fait penser ça sur le moment. D'autant plus qu'elle n'avait même pas adressé la parole au garçon en question. Trop risqué. Et pas qu'à cause de la salade : parler à un beau garçon ou à une jolie fille, souvent, la laissait les genoux et le sourire tremblant. Comme en attente d'un jugement. Elle ne le faisait pas exprès ; certaines habitudes étaient juste... Difficiles à perdre. Elle n'était pas exactement le genre de personnes que tout le mode idolâtrait. Forcément, à côté de quelqu'un de potentiellement parfait, impossible de ne pas être un tout petit peu intimidée.
Certains pensionnaires ressemblaient pour elle à des stars. Elle en avait de la chance, quand même, de pouvoir leur parler ! Ça n'aurait jamais été possible dans son petit lycée.

La jolie blonde leva les yeux au ciel en entendant son ami parler de sandwiches. D'accord, la salade, ce n'était pas exactement l'aliment le plus succulent de la création, mais c'était très sain pour le corps ! Au contraire d'un sandwich. Enfin, Hadriel n'avait pas selon elle besoin de prêter excessivement attention à son régime alimentaire. Les mannequins et les sportifs, oui, parce qu'ils n'avaient pas vraiment le choix s'ils voulaient rester au top – mais les autres ? Elle avait tendance à penser qu'un garçon « normal » au régime, ce n'était pas... Normal, justement. C'était même très bizarre. Elle n'était pas certaine d'en avoir connu un seul. A part ceux qui étaient trop ronds et voulaient mincir, bien sûr. Mais c'était encore autre chose.
Picorer de la salade en rêvant de glaces, c'était un privilège féminin. Tout à fait.

« Remarque, peut-être qu’il prenait de la salade parce qu’il ne dit que ça, des salades. Son inconscient et tout, tu vois ? Mouais, en fait t’as pas complètement tort, ça se tient. »

Ohhhh. Un bref instant, Louise hésita entre trouver ça complètement stupide ou lui donner raison ; finalement, elle acquiesça avec vigueur. L'inconscient, c'était quand même un argument de poids. Tout un tas de trucs complètement fous se passaient là-dedans. Un peu comme ces tics qui trahissaient les menteurs, ou les gestes que l'on faisait sans s'en rendre compte pour telle ou telle raison : elle aimait beaucoup lire ce genre d'articles sur internet. De là à dire que manger de la salade relevait d'autre chose qu'une histoire de goûts ou de régimes, il n'y avait qu'un pas.
Quoi qu'à la base, il lui semblait bien qu'elle s'était dit que deux personnes très préoccupées par leur apparence dans un couple seraient de trop... Il faudrait vraiment qu'elle note ses réflexions pour pouvoir les répéter.

« T’aurais dû lui parler quand même, c’était peut-être l’homme de ta vie. »

Sa bouche esquissa un sourire amusé. Hahahaha – lol, mdr, ptdr et compagnie. Ça ne risquait pas. Et puis elle n'y croyait pas. Et puis cette place était déjà prise et, agrippée à son bras comme si elle avait craint que ses talons ne décident de la lâcher, elle décida que le lui expliquer serait la meilleure chose à faire :

« Pas possible. L'homme de ma vie, c'est déjà mon père ! Il est quand même mieux qu'un type qui raconte des salades au régime. »

Totalement. Bien mieux. Mille fois mieux. Bon, ce n'était pas tout à fait la même chose, mais il comptait quand même plus que des garçons qui ne resteraient probablement pas pour élever des enfants avec elle. Ils étaient un peu jeunes pour penser à ça. Trop heureuse de vivre pour son propre bien, trop proche du Caddie africain aussi, elle ne put retenir un cri étouffé quand un frisson électrique remonta le long de son bras. D'un pas sur le côté, bras légèrement écarté, elle pinça les lèvres en signe de désapprobation. Fichu truc.

« De toute façon il était trop beau pour que je lui parle, ajouta-t-elle en croisant prudemment les bras. Je veux dire, j'ai déjà plein de prétendants, ça vaut pas le coup de risquer un vent. Non, crois-moi, je me contente très bien de ce que j'ai. »

Elle avait beau sembler sérieuse, elle l'était autant qu'une comédienne : des prétendants ? Ben tiens. Cela dit, clamer qu'elle se contentait de ce qu'elle avait lui donnait un air totalement classe dont elle ne se lasserait jamais. A ses yeux, du moins.

« Ohhhh mais toi, t'as rien d'intéressant à me raconter ? Hmmm ? Je suis sûre que si. Tu peux tout me dire. Je suis super discrète. »

Comme si.



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Jeu 8 Aoû 2013 - 4:03

C’est mignon, racontait le sourire d’Hadriel en réponse aux paroles de son amie. Lui savait qu’il voyait plus là-dedans qu’une petite phrase bien tournée agréable à ses oreilles ; prompt à s’emporter, Delahaye, et cible principale des envolées lyriques que semblait receler l’air vieillot du manoir. Ce n’était presque pas de sa faute si les mots se précipitaient à sa tête et ses lèvres –pas forcément dans cet ordre d’ailleurs. Un tel amour ne pouvait qu’être ravissant ! La piété filiale des grands hommes, voilà ce qu’il lui évoquait : des décisions difficiles, un sens aigu du devoir, des héros capables de traverser le monde et de descendre jusqu’en enfer pour recueillir les paroles de leur défunt père, drapés d’un lourd manteau de responsabilités. Pour un romantique de sa trempe, leur constance à préférer deux mots d’un roi à une douce vie d’amour et de plaisir auprès de leur âme sœur était discutable. Mais l’amour de leurs parents, ah ! jamais. Il y avait dans tous bras fidèles de quoi soulever des montagnes –d’une certaine manière. Une seconde, il songea à son propre père. Mais cela faisait si longtemps ! A son âge, jurait-il, rien de plus normal.

Ce ne devait pas être le cas de la pauvre Louise qu’une partie de lui ne pouvait s’empêcher d’envier. La vie passait son temps à lui jouer de sales tours. Déjà les premières notes de la complainte de l’éternel insatisfait résonnaient derrière ses yeux, aussi grinçante qu’artificielle. Un frisson remonta le long de son bras et coupa court à toute forme de songes pour le laisser, un peu bête, écouter les paroles de Louise sans piper mot de ses grands sentiments :

« De toute façon il était trop beau pour que je lui parle, continua-t-elle après avoir rendu la liberté à son otage. Je veux dire, j'ai déjà plein de prétendants, ça vaut pas le coup de risquer un vent. Non, crois-moi, je me contente très bien de ce que j'ai. »

C’était une impression qu’il pouvait comprendre ; la première, soit entendu ! Il y avait, trainant les pieds dans ces couloirs, de ces êtres qui ne dépareillaient pas avec la magnificence des lieux. Ils étaient grands, leurs traits étaient fins, leur timbre mélodieux, leurs cheveux étaient soyeux et leur silhouette les changeaient en Penseurs ou en splendides Vénus. Des reines de beauté et des monarques d’élégance, se disait parfois Hadriel sans une pointe d’envie. Sa compagne ne jugeait apparemment pas avoir de véritable motif de se lancer dans une longue diatribe à leur égard. Qu’une armée de prétendants se jetât à ses pieds parut suspect au mauvais poète, pas tout à fait dupe. Quant à risquer un vent… Eh, on n’avait qu’une vie, pas vrai ?
Hadriel hésitait à formuler ses sérieux doutes quand sa compagne, ventant sa discrétion à toute épreuve, lui enjoignit de participer à cette superbe émission qu’était radio-potins et qui, malheureusement, avait une fichue tendance à se rapprocher d’un peu trop près du téléphone arabe. La mine songeuse, le tubercule africain se mordit la lèvre dans un effort de concentration intense : que pouvait-il lui révéler ? Et avant cela, peut-être, qu’avait-il de beau à dire ? Si l’on prenait en considération que des histoires de salades passaient crème, il devait bien y avoir quelque chose. Tant qu’à la vérité, il ne sut que choisir.

« Je réfléchis, précisa-t-il pour expliciter son silence déjà éloquent. Les ragots, c’est pas trop mon truc… »

Ça ne l’était vraiment pas. Retenir les noms était une épreuve qui déjà avait bien souvent raison de son attention fragile.

« J’ai entendu dire qu’y avait un monstre dans le dortoir des filles, mais je sais plus dans quelle chambre. Ça fait peur, statua-t-il, tout sauf effrayé, avant de lever son index en plus de son pouce. Ça, et euh… J’ai aussi entendu dire qu’une fille était enceinte, mais je sais plus laquelle. Et en fait… »

Une nouvelle fois, Hadriel s’arrêta brusquement. Comme à leur habitude lorsqu’il respirait trop de farine –c’est ce qu’aurait dit un pote, ah, songea-t-il– les pensées fusaient et s’entrechoquaient sans grand souci de logique entre les parois de son crâne. Et soudainement, la grande nouvelle qu’il voulait annoncer à la jolie blonde lui était revenue :

« Je me souviens ! En fait tout à l’heure j’allais boire un café. Ou non, une bière. Ou un jus, enfin on s’en fiche, je sais plus, et là j’ai pensé, et je me suis dit : je suis presque sûr qu’Antoine est dingue de Louise. Alors, je sais plus comment je suis arrivé là, enfin exactement, mais tu sais j’en étais tellement sûr. Que c’est sûrement vrai, hein ? Et un monstre. Merde, ça fait peur. »

Les euphémismes fleurissaient dans son discours et côtoyaient des exagérations et des raccourcis plus aberrants les uns que les autres qui laissaient leur orateur, à la fois excité et tranquille, de marbre.
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Mer 28 Aoû 2013 - 16:48

Louise ne s'inquiéta pas franchement du silence de son ami ; il allait forcément trouver quelque chose. Ce n'était pas comme si elle était difficile, en plus. S'il avait dû trouver des ragots concernant telle ou telle légende urbaine, tel sujet ultra-précis ou telle personne dont il ne se rappelait pas même le visage, d'accord, il aurait pu lui rétorquer un haussement d'épaule perdu et indifférent – mais là ! C'était tellement large, « quelque chose d'intéressant ». Ça pouvait aller d'une tenue défiant tout bon goût à un accident ayant emmené quelqu'un à l'infirmerie, sans oublier les éternelles histoires de couples et autres tromperies dignes des meilleures séries du genre. Dans un endroit comme celui-là, fermé à clef et rempli d'adolescents, il y en avait à tous les coins de couloirs. Louise le savait parfaitement, et comptait sur ses amis plus ou moins proches pour échanger leurs informations avec les siennes lorsqu'ils se croisaient. Ça ne faisait de mal à personne, après tout. Ou plutôt ça en faisait à tout le monde – tant et si bien qu'au final, ça en devenait tout-à-fait équitable.
Et puis c'était trop amusant de répéter des rumeurs et des secrets. Il fallait bien s'occuper.

« J’ai entendu dire qu’y avait un monstre dans le dortoir des filles, mais je sais plus dans quelle chambre. Ça fait peur. Ça, et euh… J’ai aussi entendu dire qu’une fille était enceinte, mais je sais plus laquelle. Et en fait… »

… Eh ben ! Il rigolait pas, Hadriel, quand on lui demandait de raconter deux-trois trucs. Elle qui se serait parfaitement contentée d'un « Machine a renversé son vernis sur sa jupe préférée » ne put qu'ouvrir de grands yeux éberlués en entendant parler de monstres et de grossesse. C'était quand même un niveau au-dessus, tout ça. Plus rapide et efficace pour réfléchir à ce genre de choses qu'à ses règles de grammaire, la jeune fille passa rapidement en revue ce qu'elle pouvait potentiellement avoir entendu sur la question. Des histoires de bestioles et de monstres, elle en avait intercepté plusieurs : de là à y croire, franchement, elle n'était pas sûre. Se trimbaler un champ éléctromagnétique et voir des aliens traverser les couloirs ne lui avait toujours pas enlevé de la tête l'idée qu'ils étaient peut-être tous dans une sorte de grosse télé-réalité – alors, de temps en temps, ses habitudes terre-à-terre reprenaient le dessus. Par réflexe, presque comme un moyen de défense, elle niait automatiquement toute existence possible de trucs et de machins bizarres. Sauf que.... Sauf qu'ici, ce n'était plus tout-à-fait bizarre. Alors un monstre dans une chambre, pourquoi pas ? Elle pourrait toujours se renseigner.
Mais quand même, il aurait pu faire un effort pour le nom de la fille. Ce genre de choses se savaient très vite, d'accord ; mais raison de plus pour avoir la primeur de la nouvelle. C'était toujours plus drôle de savoir avant les autres. Avant de se mettre à demander partout qui est était enceinte, elle se promit malgré tout de faire un bref tour d'horizon de ses amies. Si c'était pour mettre quelqu'un qu'elle adorait dans l'embarras, non merci. D'autant plus que connaissant Hadriel, il se pouvait très bien qu'il ait mal entendu/interprété/compris. C'était d'ailleurs là tout l'intérêt des ragots. Vrai ou pas, c'était la possibilité de qui rendait tout si amusant.

« Je me souviens ! En fait tout à l’heure j’allais boire un café. Ou non, une bière. Ou un jus, enfin on s’en fiche, je sais plus, et là j’ai pensé, et je me suis dit : je suis presque sûr qu’Antoine est dingue de Louise. »

Sur le coup, la jolie blonde voulut se suicider de ne pas avoir un chewing-gum ou une canette de soda en main. Tout cracher aurait ajouté à la scène un dramatique que son sourire-grimace et ses sourcils courbés ne parvinrent qu'à restituer de façon franchement pitoyable. S'étouffer sur sa salive, à la limite... Mais, non, ça allait faire trop décalé. Il avait fini de parler.
Peu inquiétée par cette histoire de monstre horrible, Louise laissa s'échapper un rire incrédule et franchement pas sexy. Heureusement qu'elle n'était pas avec Mister Monde, parce qu'elle aurait perdu au moins dix points rien qu'avec ça.

« Nnnnnnnnan. Nan nan nan, répéta-t-elle en remettant sa mèche en place, roulant des yeux vers le plafond pour souligner l'évidence – et malgré tout, elle était gênée. Enfin il doit être amoureux de mon orthographe, ça, je veux bien te croire. Mais naaan. »

Ça ne risquait pas. De toute façon elle ne voulait pas de lui. Bon, il était quand même très beau, d'accord. Et super classe, rien qu'à cause de ses tenues, et de ses cheveux, et de son allure – et en fait il était beau tout court, voilà, mais ça ne changeait rien au fait qu'il ne l'intéressait pas et puis elle savait faire la part des choses et, haha. Peu importe, en fait. Ça n'aurait pas pu coller. Question de caractères. Tiens, est-ce qu'il était avec quelqu'un, lui, d'ailleurs ? Ça l'aurait quand même étonnée qu'il ne trouve personne.
Enfin, elle-même était célibataire malgré son sex-appeal sans pareil et son corps de rêve, donc...

« Mais il est célibataire, non ? Je crois... Oh, je sais pas en fait, se rattrapa-t-elle en pinçant les lèvres. Mais enceiiiiiinte, mince. Comment tu peux savoir des trucs comme ça ? Tu écoutes aux portes, c'est ça ? Tu te caches dans un coin et tu te déguises en porte-manteau ? »

Pensive, elle lui jeta un regard intrigué.

« Et puis c'est pas un monstre méchant, au moins ? Non parce que je dors chez les filles, je te signale. »



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Jeu 24 Oct 2013 - 0:52

La jolie blonde pouvait bien dire ce qu’elle voulait, Hadriel était presque sûr de ce qu’il avançait –presque seulement car en toute chose modération était bonne, exactement, trop point n’en faut, précisa-t-il avec un hochement de tête entendu pour lui-même et un sourire satisfait –on n’était jamais trop d’accord avec soi-même, c’était une évidence qui méritait d’être soulignée –comme beaucoup d’autres mais celle-ci, à juste titre d’ailleurs, lui paraissait beaucoup plus importante –eh, de quoi était-il certain, déjà ? Un peu perdu, mais pour une fois prompt à se ressaisir, le grand gamin ne tarda pas à retrouver le fil de ses pensées décousues et fronça les sourcils, déterminé. Les raisons avaient beau lui échapper à présent, elles s’étaient imposées avec tant de clarté à son esprit devant cette tasse de café –ou ce verre de bière, pour ce qu’il en savait ! Comment eût-elle pu être fausse ? C’était n’importe quoi. La nouvelle était peut-être très originale, aux frontières du possible et limite incroyable, il fallait s’accrocher et lui était prêt à batailler ferme pour défendre ses positions. Bon, réfléchit-il avec une fantastique sagacité, je ne sais plus du tout comment j’en suis arrivé là, alors ça va sûrement être un peu difficile, mais il faut ce qu’il faut.

Et c’était vrai qu’en essayant de se rappeler de la manière dont le Français agissait près de sa petite compatriote, il y avait de quoi se méprendre ou, de son point de vue, de quoi comprendre. Il y avait baleine sous gravillons, ou une colonie d’anguilles sous une petite roche de rien du tout qui aurait mieux fait de sortir danser une joyeuse sarabande dans le fleuve. Il n’avait de cesse de la reprendre et, même si lui aussi le faisait souvent, c’était un signe qui ne trompait pas : il ne manquait pas une occasion, le bougre, et puis il était célibataire –si, non ?– et plutôt pas mal –dans son genre. Donc, pour ça et une foule d’autres raisons qu’il avait complètement zappées mais qui avaient laissé derrière elles quelques paillettes de certitude, Antoine était amoureux de Louise. Point à la ligne.

Ce qui ne voulait pas dire qu’il n’y aurait pas de retour à la ligne, alinéa et nouveau paragraphe. S’il s’ouvrait sur un rire très-drôle-mais-non-trop-pas, ainsi soit-il, lâcha un Delahaye sentencieux. Le « Je sais pas » de Louise lui allait comme un gant : si ce n’était pas une forme comme une autre d’acceptation, ça, il voulait bien manger son chapeau. Qu’il ne portait pas ce jour-là. Qui devait être perdu. Où était-il, tiens ? Peut-être dans un coin du salon, ou pendu sur un candélabre, ou encore perché sur le lustre depuis l’autre fois où il –bon, il voulait bien manger son bonnet, alors. C’était déjà pas mal.

« Mais enceiiiiiinte, mince. Comment tu peux savoir des trucs comme ça ? Tu écoutes aux portes, c'est ça ? Tu te caches dans un coin et tu te déguises en porte-manteau ? »

Le brun sourit, l’air parfaitement intelligent. Grand, efflanqué, couvert d’une veste et parfois d’un autre manteau avec des styles qui se battaient en duel, il n’aurait pas eu à faire de si gros efforts pour y arriver. Mais non, non pourtant, ce n’était pas son secret. Il lui arrivait, certes, de s’écrouler dans un coin sous une bonne dizaine de coussins derrière une causeuse quelconque ; ses intentions, assez obscures pour le commun des mortels et souvent pour lui-même, n’avaient rien de mauvais, il y mettait un point d’honneur. S’il laissait trainer une oreille, ce n’était pas délibéré –pour une raison X ou Y, il avait fallu à ce moment-là qu’il se cache le plus vite possible, ni plus ni moins. Il haussa les épaules, dubitatif : au final, il n’en savait rien. Il savait juste qu’il le savait et puisqu’elle le lui demandait, il voulait bien lui dire. Ça s’arrêtait là.

« Et puis c'est pas un monstre méchant, au moins ? Non parce que je dors chez les filles, je te signale. »

Il se mordit la lèvre, une grimace fort élégante collée au visage. Bonne question que celle-là. Un monstre méchant ou un genre de Casper, un E.T gentil comme tout victime de sa différence ? Pas qu’il pensât que son amie était en danger. Elle en aurait déjà eu plein les oreilles, si ç’avait été le cas, et pas que de sa part à lui. Le dortoir des filles ne manquait pas de pipelettes très lucides quant à leur confort et leur espérance de vie –ce qu’il pouvait comprendre, il ne fallait pas le prendre mal –enfin aucune fille ne risquait de s’offusquer de bêtes pensées –quoique si elles l’avaient pu, sûrement… -et ci, on ne savait jamais ce que les gens pouvaient faire.

Enfin, il ne devait pas être si machiavélique, ce monstre. Pas trop contraignant, a priori, et c’était déjà ça.

« Ben je sais pas, je suis là, tu me demandes, et d’un coup je me rends compte que je sais, résuma-t-il d’un ton peu convaincu que l’habitude des années faisait ressembler à un discours convenu. Enfin bon, je pense pas qu’il soit méchant, ça m’aurait marqué. »

Quelques pas puis, comme subitement pris d’un doute :

« Ou pas, en fait, je suis pas franchement certain-certain. Mince, reprit-il en souriant avec un vague coup de coude à Louise, tu devrais aller dormir avec Antoine, hein ? »

Remarque inconvenante ? Peut-être, mais il la trouvait amusante et la petite bête d’un mètre soixante ne lui faisait pas assez peur pour tuer son sens de l’humour.

« Peut-être que tu devrais lui laisser des gâteaux, voir s’il les mange. Il te ficherait la paix, un chien mord pas la main qui le nourrit. »

Quelques pas puis, comme subitement pris d’un doute :

« Le monstre hein, pas Antoine. »
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Sam 23 Nov 2013 - 0:48

Ben tiens, « je sais pas » – c'était facile ça, je sais pas, je pense pas et tout le tralala. Et puis qu'est-ce qui lui assurait que ça l'aurait marqué, au juste ? Hadriel avait la tête et l'attitude de ces personnes qui oublient le plus important au profit des détails, alors ça ne la rassurait pas tellement. Elle était tout à fait persuadée qu'il aurait pu zapper la nouvelle du siècle mais quand même se rappeler de l'araignée marrante qui squattait un coin de sa chambre – exactement comme... eh ben, elle, en fait. Ils devaient avoir ce fichu gène en commun. Enfin bref, peu importe ; ça ne changeait rien au problème, et le problème était de taille. Ce monstre n'avait pas intérêt à poser ses vilaines pattes griffues dans sa chambre, sinon elle pouvait jurer qu'elle le chasserait avec autant de détermination qu'elle virait la saleté de serpent qui venait lui faire coucou de temps en temps. Avec une Solaine et une Louise dans la chambre, il aurait quand même fallu être sacrément culotté pour oser venir chercher les ennuis ! Même Grace devait pouvoir faire peur à l'ennemi. D'une certaine façon. Qu'elle n'avait pas encore déterminé, mais... Mais elles avaient Solaine, voilà – et de son avis, même un monstre aurait réfléchi à deux fois avant de venir l'ennuyer. C'était un peu la Terminator des handicapés. Solainator, krsshhh – annihilation des ennemis en cours.
La classe intégrale.

« Ou pas, en fait, je suis pas franchement certain-certain. » Ben tiens. Quelle grande courgette inutile ce type. «  Mince, tu devrais aller dormir avec Antoine, hein ? »

...Bordel de saleté de courgette-patate même pas bonne à cuisiner.
Après un vif « arrêêêête » à mi-chemin entre la gène et l'agacement, Louise abattit son poing contre le bras du fautif avec une force que lui auraient probablement envié les écureuils. Histoire de bien appuyer le fait qu'elle était mortellement ennuyée par ses insinuation infondées et très injustes, la demoiselle en profita pour croiser les bras et gonfler les joues. Et, puisque rien n'était suffisant pour transmettre toute sa vexation, elle décida d'aussi se détourner à demi de lui – pour arrêter deux pas plus tard, quand elle se rendit compte qu'avancer en crabe n'était pas aussi simple qu'ils essayaient de le faire croire dans les dessins animés.
A défaut de sa super démarche en biais, elle se contenta donc de baisser la tête. En l'absence de gros livre de psychologie, c'était le meilleur moyen qu'elle avait de crier « je boude » : ça avait aussi le mérite de cacher les couleurs que prenaient ses jolies joues chaque fois qu'il était question de dormir avec qui que ce soit. Pour une fille soit-disant super sexuée, ça le faisait pas trop. Pas qu'Hadriel soit « le » type à convaincre de ça, mais quand même. Question de cohérence.

« Peut-être que tu devrais lui laisser des gâteaux, voir s’il les mange. Il te ficherait la paix, un chien mord pas la main qui le nourrit. »

… Heh –
Malgré tous ses efforts pour rester vexée et indifférente, Louise eut tout le mal du monde à réprimer le rire qui lui courbait les lèvres. Celui qui avait rédigé le parfait petit manuel des filles rancunières avait intérêt d'avoir pensé aux légumes patates qui vous disent n'importe quoi ; c'était trop difficile de ne pas oublier sa colère, dans ces moments-là.

« Le monstre hein, pas Antoine. »

Le regard un peu humide qu'elle jeta à Hadriel parla pour elle ; trop tard, capitaine. Maintenant qu'elle s'était imaginé laisser des gâteaux au pas de la porte d'Antoine, en plus de ces foutues accusations qui ne manqueraient pas de lui revenir en mémoire la prochaine fois qu'elle le verrait, il allait définitivement falloir qu'elle l'évite pour le reste de la journée. Question de survie.
Sa toux sonna un peu tremblante mais, par un miracle inexplicable, elle parvint à sortir son portable de la poche de son slim sans mourir de rire entre temps.

« Au fond c'est un peu pareil, le monstre, Antoine, tout ça, répondit-elle en réprimant maladroitement ce qui restait de son fou rire. Mais bon je vais pas laisser des trucs devant sa porte, quoi, y'a le mexicain de Leia dans la même chambre. Il y voit rien, ce serait trop méchant de le faire tomber. »

Mexicain, ou espagnol... ? Bha, peu importe. Elle était à peu près sûre que l'un des deux était bon et que l'autre venait d'Heather. Dans les deux cas, c'était plus ou moins juste et tout à fait acceptable.
Planchant un bref instant sur les touches de son téléphone, elle envoya un 'hé t ens1te ? sa explikeré pk t gronion mdr' parfaitement de circonstances à Hugo. Ça lui apprendrait à avoir de plus beaux cheveux qu'elle.

« Her, ça se trouve c'est un AEA ta bestiole ! s'exclama-t-elle en rangeant son outil de torture, de nouveau accrochée au bras de son otage. Ou un garçon. D'ailleurs tiens, t'as vu ? C'est fou combien y'a de célibataires ici ! Où est Cupidoooooooon... »

Le tout sans se soucier d'un quelconque fil à suivre dans la conversation, parce qu'ils étaient clairement au-dessus de ça.

« Parle d'Antoine et je te fais manger ton bonnet », précisa-t-elle tout de même. Juste au cas où.



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Dim 22 Déc 2013 - 4:08

Mince, siffla Hadriel, Antoine, c’est quand même pas le père Noël… Y avait une sacrée différence. On l’appâtait sûrement pas avec quelques gâteaux secs et un verre de lait, ça, c’était une quasi-certitude que venait seulement tempérer la tendance du jour qui, de toute évidence, était à la non-prononciation. Une sorte d’horoscope instinctif lui avait conseillé de pas trop s’avancer, et il entendait suivre scrupuleusement cette petite règle –sauf exception, et l’amour de Sa Dignité Aristocratiquement Française pour la petite blonde en était une, et sacrément poilante dans son genre. Un petit sacrifice immolé à la gloire d’il ne savait trop quoi au juste. Ça pouvait être un humour fumeux, une brusque envie d’aider son prochain ou la subite découverte de sa vocation de Cupidon ou un savant mélange d’un peu tout ça, de sucre, d’épices et d’un tas de bonnes choses. Avec Louise, pas besoin d’agent chimique verdâtre, ça ne manquait jamais d’exploser.

A tous les coups, c’était la faute à son cruel manque de délicatesse, un vrai gorille, pour une fille aussi mince et petite qu’elle. Un genre de furet enragé. Coup d’œil à la sale bête : impossible qu’il ait tout à fait tort, hein. Mais elle cachait drôlement bien son jeu. Selon son élégance coutumière, elle jeta sur le tapis une remarque racisto-tolérante que Delahaye accueillit d’un froncement de sourcil. Un pli pensif lui barrait le front. Le Mexicain de Leia ? Qui était mexicain, d’abord ? Il eut beau chercher, rien ne vint –à tout le moins jusqu’au moment fatidique où l’évidence le frappa de plein fouet comme un ancien ami lourdaud qu’on aurait préféré oublier frappait à votre porte : Louise n’était pas un furet, c’était une fichue buse. Au minimum en géographie. Massacrer lalangue française et ses ancêtres latins ne lui suffisait pas, il fallait à tout prix qu’elle refasse une beauté à leur belle planète terre, et si pour ça les Amériques devaient venir se coller aux Pyrénées, qu’à cela ne tint. Le Mexicain de Leia, c’était l’Espagnol de Miguel. Le malentendu éclairci, et prouvée l’extrême gentillesse de la gamine qui refusait, allons bon, de proposer une course d’obstacle à un aveugle sympathique, tout allait pour le mieux. L’idée d’accorder un petit lifting à la mappemonde intérieure de Moisan restait une idée d’enfer pour le rendre encore meilleur, mais son ambition n’avait pas d’ailes aussi grandes. C’était ce que c’était, et il y avait un semblant de bonne idée là-dedans. Fallait juste chercher. Il avait pas le temps, déjà, elle enchaînait : un AEA. Verdict ? Possible. Mais il fallait être sérieusement tordu. Ses petits ronds de fumée, éphémères, avaient un côté amusant, une flopée de chatons, de chiens, de bêtes bizarres, mais enfin…

Ou un garçon. Assez indépendamment de son cerveau, les muscles de son visage dessinèrent le « Hein ? » que sa gorge traînait à lâcher. Il n’en fit pas grand cas. « D’ailleurs », dans leur langue à eux, c’était grosso modo l’équivalent de « je viens de penser à un truc qui n’a rien à voir, utilisons donc à tort et à travers, de la manière la plus inexacte et abusive qui soit, ce petit connecteur pratique et mignon histoire de donner à la conversation un semblant de cohésion dans les formes, qu’elle ressemble à un truc que des gens à la pensée moins inductive pourraient comprendre ». Mais c’était plus court.

« C'est fou combien y'a de célibataires ici ! Où est Cupidoooooooon... »

C’était une fichue bonne question. Cupidon avait pris des vacances, il fallait aller lui sonner les cloches –et ça sans la moindre touche d’irrespect. On ne savait jamais, avec les divinités, furent-elles mineures. Elles restaient… Eh bien, des dieux quoi, supposa-t-il. C’était très fort, des dieux, et s’il pouvait éviter de trop les embêter, il n’allait pas s’en priver. Un haussement d’épaules, une pensée pour l’embryon de relation qu’il sentait naître entre les deux blonds, très vite coupée par Louise qui semblait l’avoir devinée avant même d’ouvrir la bouche. Bah ; elle pouvait bien dire ce qu’elle voulait, il pensait ce qu’il pensait et il en pensait pas moins sous prétexte qu’elle faisait la sainte nitouche. C’était trop facile. Son bonnet devait avoir un sale goût, dur à dire : la lessive d’ici, il avait encore jamais essayé de la boire et il ne l’avait même pas sentie. A se demander où ils rangeaient leurs produits ménagers… Si c’était pas une incitation à la paresse, ça !

« Bah… Moi j’ai vu des petits couples partout, je sais pas. Ou je les ai imaginés, c’eeeeest possible, concéda-t-il. Envisageable, quoi. Mais tu peux tomber amoureuse, y a plein de types cools ici ! Le cœur a ses raisons, comme on dit… »

Il ravala un sourire ; peine perdue, c’était un trop gros morceau pour lui. La patate avait eu les yeux plus gros que le ventre, en essayant de ne pas ramener Antoine sur le tapis :

« Et le tien pense quoi d’Antoine, alors ? Allez, sérieux, Cupidon balance pas ses flèches à la one again, il prend son temps pour réfléchir ! Arrête de mater les mannequins et tu trouveras quelqu’un avec une beauté intérieure supérieure à celle d’un escargot. Comme Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom –non mais je tiens encore à mon bonnet… Hey, c’est peut-être ma mère qui me l’a pris ? »
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Sam 4 Jan 2014 - 17:10

Louise, sceptique, accueillit la réponse d'Hadriel par un haussement de sourcils dubitatif. La suite lui plut déjà mieux : qu'il ai imaginé ses petits couples, tiens, ça lui paraissait nettement plus crédible qu'une invasion d'amoureux dans son dos. Enfin, d'amoureux ayant réussi à déclarer leur flamme – elle était à peu près certaine que beaucoup des gentils ados du coin en pinçaient pour quelqu'un sans trop oser tenter une approche. Ça tenait plus de la supposition que de l'observation, pour être honnête ; la demoiselle s’imaginait mal qu'à leur âge, enfermés 24/24 avec les mêmes charmantes personnes, ils puissent ne se préoccuper que de leur soit-disant sortie ou des fleurs dans le parc. Non non non. Pas possible. C'était bien pour ça que ça l'étonnait autant, d'ailleurs – et aussi pour ça que le « envisageable » de son brave caddie de compagnie sonna dans sa petite tête trop vide comme un magnifique « ben sûr que je les ai imaginés ; c'est pas comme si j'étais pas du genre à imaginer des couples là où y'en a pas, hein, je viens de te le prouver y'a deux minutes avec Antoine. »
A l'évocation de la tonne de types cools dans elle pourrait tomber amoureuse, la demoiselle ne put réprimer une moue ennuyée. Elle n'avait de mémoire jamais été amoureuse à proprement parler, exception faite de son prof de théâtre – et ça faisait tellement, tellement longtemps que ça aurait presque pu se passer dans une autre vie. Alors, eh. Et puis même si elle n'avait jamais vraiment réussi à cesser de considérer Matthieu comme un super pote plutôt qu'un petit-copain, ils étaient sortis ensemble malgré tout. Et n’avaient pas trop eu le temps de rompre correctement, avec tout ça. C'était un peu le bordel. Imaginez que des vidéos d'eux enfermés ici parviennent à leurs proches ?
Elle n'aurait pas du tout l’air sans cœur, hein, la fille-soeur-copine-meilleure-amie indigne au-delà de tout. Même pas une larme.
Ça ne la préoccupa pas bien longtemps.

« Et le tien pense quoi d’Antoine, alors ? »

Mimant l'outragée avec un sérieux convaincant, exception faite de ce léger tressautement dans la ligne droite de ses lèvres qui ne demandait qu'à les courber, Louise lâcha Hadriel pour mieux croiser les bras – encore une fois. Bouder était un exercice dont elle ne se lasserait jamais. Ça lui éviterait aussi d’électrocuter ce brave garçon si sa jauge de bonne humeur remontait trop brutalement en flèche, tant qu'à faire. Ce n'était pas lui qui pourrait s'en plaindre, Cupidon était un beau crétin avec moins trois de QI et aucun sens du business et, non, non non non, elle n'aimait pas Antoine. De toute façon il avait les cheveux longs.
Fière de cet argument sans queue ni tête, la belle idiote jeta un coup d’œil indéfinissable à un miroir. Louise, toujours si complaisante, le lui rendit depuis la glace.

« Arrête de mater les mannequins et tu trouveras quelqu’un avec une beauté intérieure supérieure à celle d’un escargot. Comme Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom –non mais je tiens encore à mon bonnet… Hey, c’est peut-être ma mère qui me l’a pris ? »

Abhlbhl – c'était à peu près ce à quoi ressemblaient les pensées de la jeune fille en ce moment. Qui que quoi dont où ? Portés disparus. Même Ornicar s'était envolé droit pour le Pays Imaginaire avec ses sept nains – et vu la vitesse à laquelle il allait, pas la peine d'espérer le rattraper. C'était couru d'avance. Enfin volé d'avance. Et d'où les mannequins avaient la beauté intérieure d'un escargot, d'abord ?
Un rire frais et spontané s'échappa de sa gorge, envoyant fourmiller un million de frissons électriques le long de sa peau. A force, on oubliait d'en être dérangé.

« Qu'est-ce qu'elle t'a pris, ta mère ? Ton cerveau, ton cœur, ton couraaage ? »

Tenant à mettre ses menaces à exécution malgré tout, la jeune fille ralentit la cadence d'un pas et, dans un petit rire stupide, leva le bras bien haut pour tirer sur son bonnet – dans le but avoué de partir avec, évidemment. Ce qu'elle fit. Après l'avoir enfoncé oh combien délicatement sur sa propre tête, du moins : inutile de préciser qu'elle n'y voyait plus grand chose.

« Je suis Batman, gronda-t-elle de la voix la plus grave qu'elle put, à peut-être deux mètres derrière Hadriel – juste au cas où il veuille récupérer son truc. Je m'habille qu'en vrai cuir et j'en pince grave pour les shorts de Robin. »

Brève hésitation ; faux mouvement de cape.

« Et je vais transformer cette salle en discothèque pour le bien public, mwa ha ha. »

Son rire machiavélique au ralenti semblait vouloir contredire le bien-fondé de ses intentions ; cela dit, elle n'était pas du genre à tenir compte de si petits détails. Si Batman portait des talons et des lentilles, il pouvait bien être un peu maléfique aussi.



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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Ven 7 Mar 2014 - 1:23

Hadriel, selon sa louable coutume de génie en devenir, ne comprit d’abord pas un traître mot de ce que lui racontait la petite blonde –et pour cause, ces histoires de cerveaux pouvaient mettre un sacré bout de temps à vous remonter à la tête quand celle-ci n’était habitée que de lessive Ariel, de détachant Vanish contre le transfert des couleurs, de mamans trop zélées et de chapeaux disparus. Sa mère ne l’avait jamais cru stupide, ça non –ou peut-être que si, au fond ; il lui semblait parfois avoir mal interprété son regard admiratif et ses louanges au ton acerbes, du haut de sa chaise rouge devant le bureau du principal ou depuis celle qui faisait face à son assiette de soupe. Et peut-être ne lui avait-il pas offert suffisamment de diplômes et de bons bulletins pour exhiber sa matière grise sur les murs –et peut-être que de temps en temps, l’idée de remplacer un figuré qui se faisait un peu trop désirer par du bon vieux concret lui avait traversé l’esprit. Peut-être, concédait-il presque de bon cœur. Mais enfin, elle ne l’avait jamais collé devant une mauvaise télé-réalité, et si lui mettre un pikachu parlant dans les bras pour le tenir tranquille pouvait être considéré comme l’immolation criminelle d’un cerveau en plein développement dont la croissance était un peu bruyante, alors lui ne savait plus –eh, il parlait de Louise. Elle n’était pas non plus du genre à partir si loin.

Donc, la seule conclusion qui s’imposât fut qu’il un y avait de la friture sur la ligne. Et du cœur, et du courage, et elle ne tarderait pas à lui citer don Diègue et lui se changerait en valeureux Rodrigue. Parce qu’il avait du cœur, pour sûr. Assez pour mettre la misère à l’homme chauve-souris et défendre Gotham tout seul comme un grand si celui-ci lui piquait son bonnet : c’était un bonnet sacré, ou si proche, si peu si peu, n’est-ce pas, de différence, ça n’en faisait justement plus aucune tout en étant présent et –et merde, elle lui avait volé son bonnet et ça, c’était criminel. La première réaction de Delahaye, aussi lente que stupide, fut d’aplatir ses mains sur son crâne comme pour vérifier que le couvre-chef de Louise était bien le sien et pas une pâle quoique conforme copie. Il riva un regard scandalisé à l’atroce preneuse d’otage, notant au passage que ça ne lui allait pas si mal et incapable encore de songer à le récupérer. Sa seigneurie était encore bien trop médusée pour esquisser le plus petit pas vers la souris qui, de toute évidence, avait besoin de quelque chose pour cacher sa calvitie naissante.

« Je m'habille qu'en vrai cuir et j'en pince grave pour les shorts de Robin. »

Ce qui, à tout le moins, était dit et bien dit ; ça avait le mérite d’être clair. Le brun se souvint s’être vaguement interrogé à ce sujet un jour, suite à de trop aventureuses pérégrinations en hors-piste sur Google et son puissant cousin Youtube. Profaner à haute-voix le sacrosaint sanctuaire des héros de son enfance lui parut néanmoins constituer une atteinte impardonnable –les préférences sexuelles de Bruce Wayne relevaient d’un domaine strictement privé dans lequel, franchement, personne n’avait à s’aventurer –sauf Robin, apparemment –et puis réflexion faite il ne voulait pas y penser, zut et mince et merde et flûte, et là, c’était le raz-de-marée qui remplissait la flaque.

« Et je vais transformer cette salle en discothèque pour le bien public, mwa ha ha. »

Le lien ténu qui pouvait lier discothèque et bien public laissait Hadriel de marbre ; il n’allait tout de même pas protester quand la vie de son bonnet était en jeu. Il en avait d’autres, et combien, et lesquels ! Mais il y tenait, tant par empathie réelle à l’égard de ce bout de tissu que par esprit de contradiction. Autant de bonnes raisons de ne pas lâcher l’affaire. Le rire méphistophélique de l’imposteur court sur pattes se répercuta sur la surface lisse des miroirs et soudain, l’éternel gamin se retrouvait face à une armée de mini-blondes décidées à répandre ses décibels ravageurs sur la Terre. Lui aussi avait une armée à ses côtés, et s’il ne remettait guère leur volonté en cause, ces asperges mal rasées ne lui inspiraient malgré tout qu’une confiance toute relative.

« Mon bonnet ! »

Cri du cœur pour le moins désespéré –désespérance, ah, pauvre petit chapeau et pauvre tête toute nue, sans parler de ses cheveux coiffés tels l’as de pique.

« Alors là, tu vas le payer. Je suis l’infâme… L’infâme Joker –ou non, As De Pique, ça me convient vachement mieux ! Donc, Batman, Robin ne te viendra pas en aide, et tu pourras même pas te rincer l’œil. »

Pointant sur elle un index vengeur, il s’agitait dans le vide et déclamait son discours à deux francs six sous à son nouvel ennemi juré :

« Je veux mon bonnet ! On va me reconnaître, sans ça, et je pourrais même plus séduire la cruelle dame de cœur ! »

Un superhéros sans masque et sans bonnet.

« Il te fait une toute petite tête. T’es pas Batman, t’es… Micrè kephalè. Mini-Loulou. Mon bonneeeeet ! »

Et j’ai fait une rime, se félicita-t-il chaudement –et il était de notoriété publique qu’on pouvait bien sacrifier à l’amour de la rime quelques déclinaisons grecques jamais bien apprises.
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MessageSujet: Re: « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]   Mar 1 Avr 2014 - 17:39

Fière de son horrible crime et de son nouveau but dans la vie – à savoir transformer cette salle en boîte de nuit, puisque bien sûr elle était parfaitement sérieuse en disant ça – ou au moins un peu – Louise rabattit sa fausse cape contre son épaule avec prestance et classe. Évidemment, c'était plus facile quand elle ne risquait pas de s'emmêler bêtement à l'intérieur façon bâton de berger 0% de matière grasse. Voir l'expression d'Hadriel et de tous ses reflets lui arracha un rire amusé ; elle était contente et personne ne l'empêcherait de l'être, voilà. Toutes ces petites Louises parées d'un très beau chapeau, elles aussi, souriaient devant les caméras avec une sincérité juste touchante  : c'était stupide, mais ça la rendait heureuse. Tant mieux, tant pis – non, tant mieux, vraiment. Ce n'était pas une bonne action, mais elle avait l'impression d'en faire une. Définitivement mieux rien. Quels gentils gentils miroirs.

« Je suis l’infâme… L’infâme Joker – ou non, As De Pique, ça me convient vachement mieux ! Donc, Batman, Robin ne te viendra pas en aide, et tu pourras même pas te rincer l’œil. »

Lèvres pincées, la demoiselle se laissa entraîner dans le jeu sans plus chercher à se rappeler qui l'avait commencé ; elle était Batman, il était son cruel ennemi, et elle n'avait même pas de beau jeune homme en short moulant pour lui venir en aide. Si ça ce n'était pas une vie de chien, elle ne savait pas ce que c'était. Bon, d'un autre côté, avoir un mannequin séduisant à s'en damner juste à côté d'elle aurait pu la déconcentrer – et donc lui faire perdre la bataille, surtout s'il était en tenue serrée et assez courte pour pouvoir faire office de sous-vêtements. Ça n'aurait pas été correct du tout.
Ceeeeela dit, ça aurait peut-être aussi déconcentré Hadriel. D'ailleurs c'était sûrement à ça que servait Robin, au fond – déconcentrer les méchants avec sa tenue ultra sexy.
Bien décidée à tirer le meilleur de cette histoire, Louise nota dans un coin de sa tête d'écrire un super one-shot sur Robin et Batman quand elle aurait un moment. Quelque chose du genre « Robin, j'aimerais te faire découvrir mes Batmenottes » – et, bien entendu, elle y apposerait un titre parfaitement normal avant de le faire lire à Alex pour avoir son avis inestimable concernant son génie littéraire. C'était bien à ça que servaient les amis, après tout.
Main gauche sur sa hanche, main droite occupée à faire tourner une arme imaginaire probablement nommée Batquelquechose, Louise rit en silence et des épaules quand son plus terrible ennemi évoqua tous les problèmes qu'il pourrait rencontrer si elle n'acceptait pas de lui rendre son truc bidule sur le champ ; elle n'était pas née de la dernière pluie, her ! Elle n'allait pas se laisser avoir comme ça. Il ne suffisait pas de jouer sur ses sentiments et de parler... Une langue bizarre pour l'impressionner – c'était quand même une super-héroïne, hein. Enfin un super-héros. Avec de la poitrine.
Et un bonnet, s'il vous plaît.

« C'est le mien maintenant ! Et puis mens pas, Haddie caddie dou, je sais que c'est après Robin que t'en as. Mais je le prête paaaaas ~ »

Satisfaite de sa répartie digne des plus grands films, la jeune fille lui tira la langue et partit en courant. C'est à dire à vitesse raisonnable, quand même, parce qu'elle avait des talons et aucune envie de se casser quoi que ce soit – ce qui, évidemment, incluait ses magnifiques chaussures. Ils n'étaient pas enfermés dans un centre commercial, qu'elle sache. Devoir se promener en baskets lui aurait fichu un sacré coup au moral.

« Je vois rieeeeeeeen ! Comment tu peux porter ce truc – »

Son rire résonna trop fort et elle se dit qu'elle aurait aussi bien pu avoir bu ; arrêtée à deux centimètres d'un miroir, elle releva légèrement le dessus du fameux bonnet et poussa un sifflement admiratif. C'était pas le moment de se casser le nez, à supposer qu'il y ait un moment pour ça.
Tête baissée, elle fit la moue. Uh-oh, comme on dit. Il y avait un os dans le poulet. Ou, plus exactement, pas de poulet sur l'os.

« Uwah, mince. HADRIEEEEEL– enfin, non, AS DE PIQUE ? HALTE TOUTE, J'AI PERDU MON BRACELET. SI TU L’ÉCRASES JE BATLATTE TON BONNET. »

Elle faillit préciser qu'il ne lui irait pas de toute façon et qu'il n'avait donc aucune raison de le voler, puis se retint. C'était un peu évident. Elle l'imaginait mal porter des perles roses.



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I look after you in your sleep.
And I bring my heart, as a sacrifice for you ;
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« Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]

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