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 [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}

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MessageSujet: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Lun 10 Juin 2013 - 22:26

« Aquarelles de poussière sur toiles grises »
Des larmes sur la porcelaine




La trappe s'entrouvrit avec un cri de protestation; déterminée à ne pas demander d'aide (parce qu'elle était capable de le faire toute seule, elle le savait), Nikoleta poussa de toutes ses forces et ses bras fluets finirent par avoir raison de la lourde planche de bois. Avec un grincement, elle se déplia sur le sol du grenier, envoyant beaucoup de poussière voler au passage. La jeune femme plissa le nez sans éternuer, et se hissa agilement sur le bois branlant et les jouets éparses, qui craquèrent légèrement sous ses ballerines brunes. Elle esquissa un pas hésitant, balayant du regard le désordre qui l'entourait; puis elle attendit que Aarne monte à son tour, les bras croisés, frissonnante malgré la chaleur ambiante.
Juin toquait gentiment à la porte et le temps se réchauffait. Les quelques averses qui frappaient le parc et martelaient le toit du manoir ne suffisaient pas à entamer la bonne humeur de certains pensionnaires, qui se réjouissaient à l'idée de l'été à venir. Nikoleta ne faisait pas la grimace devant un peu de soleil, mais l'idée d'avoir quasiment passé un an enfermée entre ses murs lui était amère. Elle qui avait pensé, en entrant, n'y passer que quelques semaines tout au plus... La ligne entre réalité et plaisanterie s'était clairement dessinée avec les mois, amenuisant l'espoir. Arrivée en pleine frénésie du journal de Rudy, elle n'avait prêté qu'une oreille très distraite aux trouvailles de ses compagnons, préférant le calme de sa chambre et des pièces peu fréquentées. On avait jamais assez de temps pour se faire à un nouvel environnement – surtout s'il était aussi particulier que le pensionnat interdit. Maintenant que la tempête des premiers mois avait laissé derrière elle un sillon de doutes et de questions, Nikoleta commençait à vouloir bouger et aider à trouver une sortie. Pour retrouver sa vie, pour s'occuper la tête et les mains... Elle ne se sentait pas à l'aise seule entre ces quatre murs. Il y avait comme une ombre collée à chacun de ses pas, et c'était tellement, tellement...

Si Aarne n'avait pas accepté de l'aider à chercher au grenier, elle aurait renoncé et se serait attaqué à une pièce plus commune, comme le salon par exemple. La lumière diffuse qui caressait les carreaux sales de la lucarne ne la rassurait pas, et ses yeux verts clairs passaient des ombres des poupées cassées aux tapis usés et aux matelas éventrés, incapables de s'attarder très longtemps sur l'un ou l'autre de peur que quelque chose ne lui saute à la figure. C'était ridicule mais c'était comme ça. Nikoleta avait toujours été un peu peureuse, en particulier dans un lieu qui sentait le moisi et les souvenirs. Ça la rendait nostalgique, et un peu triste aussi.
Elle haussa les épaules dans le vide. Exécutant un demi tour sur elle-même, elle passa ses mains moites sur son pantalon beige, sa queue de cheval s'agitant doucement dans son dos.

« On va avoir beaucoup de travail si on doit soulever tout ça... » murmura-t-elle en tendant la main vers un livre d'enfant qui était tombé d'une des étagères et gisait au sol, la couverture rendue illisible par la moisissure. Elle l'ouvrit mais les phrases n'étaient plus lisibles depuis longtemps. Elle passa des yeux interrogatifs sur les images délavées, curieuse de la nature exact de cet endroit. Il y avait tellement de choses, tellement d'objets hétéroclites en pagaille... Comme si des centaine et des centaines de personnes, de familles, avaient vécu ici comme partout ailleurs.
Elle laissa retomber le livre avec un soupir.

Ce grenier était un peu comme le sien, rempli de souvenirs. Sauf qu'ici, personne ne savait à qui appartenait quoi, qui avait joué avec ces poupées, qui avait lu ce livre en dernier, qui avait fabriqué les couvertures qui trainaient et qui avait marché sur les tapis qui s'entassaient dans un coin. Tous ces objets n'avaient pas d'identité, et ça rendait le grenier tellement personnel et impersonnel à la fois...

Un couinement et un bruit léger de cavalcade fit sursauter Nikoleta, qui recula vers Aarne.
Elle n'aimait pas les souris et les rats.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 16 Juin 2013 - 17:44

Yeux rivés sur la trappe de bois, le regard parfois imperceptiblement attiré par les ondulations souples de cheveux châtains, Aarne observait un calme qui pour une fois ne précédait en rien la tempête. Ses dents ne claquèrent pas de frustration, ses doigts abîmés ne se crispèrent pas sur l'échelle à en briser le bois ou les os ; aucune parole mesquine ou volontairement méchante ne s'échappa d'entre ses lèvres. Il se contenta d'attendre, parfaitement absent de lui-même, que la trappe ne finisse par céder aux poussées de bras trop fins pour faire peur à qui que ce soit. Il n'était encore jamais monté là-haut. Juste passé devant à plusieurs reprises, comme tout le monde, parce que des couloirs il n'y en avait pas cent et que, en définitive, on avait assez rapidement fait le tour du propriétaire quand on veillait à ne pas se perdre. Y monter ne lui était que rarement passé par la tête. Les greniers ne l'intéressaient pas. Il n'en avait jamais vu l'intérêt, jamais.
Le regard terne et aussi pâle que les eaux arctiques, le jeune homme se hissa malgré tout sans mal sur les barreaux pour monter dans cette pièce soit-disant sans intérêt ; ses poumons en furent quitte pour un brutal changement d'atmosphère. Plus gêné par l'odeur de renfermé que par la poussière, il n'attendit malgré tout pas d'avoir posé les deux pieds sur le plancher pour étouffer une brève quinte de toux contre son bras. Il fallait vraiment grimper ici pour apprécier la propreté des étages inférieurs. Cure de bien-être. Évitant de respirer trop brutalement, le temps de s'habituer à l'air stagnant et saturé de poussières virevoltant à la lueur de la lucarne, Aarne fit un bref état des lieux. C'était une habitude dont il n'aurait su décrire l'origine. Il le faisait inconsciemment, plus ou moins sérieusement, plus ou moins précisément – plus ou moins ouvertement, mais il le faisait toujours. Un court inventaire, une liste d'impressions et de notes de bas des pages, quelques coups de fluo sur des détails qui sortaient de l'ordinaire. A grand coups de « on ne sait jamais », ça pouvait s'avérer utile.
Surtout s'ils devaient trouver un bout de papier dans tout ce foutoir.
Il y avait des poupées, des peluches, des tableaux, des draps, des meubles, des trucs et des machins : rien à voir avec le seul grenier qu'il ait un jour dû visiter – à savoir le sien. Sa mère était tant et si bien axée sur la propreté que, en plus de leur avoir transmis la maladie du rangement automatique, elle n'aurait jamais supporté d'avoir une pièce dans un tel désordre. Les meubles étaient couverts de draps, rangés les uns à côté des autres. Vieux souvenirs dans des cartons, vêtements dans des piles au fond à droite, peluches devenues inutiles entassées dans un coffre fermé. Rien à voir avec cet endroit. Ça tenait plus de la décharge, pour lui. De quoi tuer les asthmatique sur le champ et filer des syncopes en intraveineuse aux maniaques de toutes sortes. Les sentimentaux, aussi. Pas lui, en somme – ces souvenirs ne lui évoquaient rien. Ce n'étaient pas ses affaires. Tout juste bonnes à jeter.

« On va avoir beaucoup de travail si on doit soulever tout ça... »

Tout à son inventaire silencieux, Aarne se contenta d'un « ahun » franchement sceptique. Le problème était le sol : s'il avait été parfaitement dégagé, procéder de façon méthodique de l'arrière vers l'avant, voire chacun d'un côté puis revenir doucement jusqu'à l'autre, aurait sans conteste été la meilleure façon de procéder. Mais il y avait tellement de choses, de trucs, de machins, de bidules en bois ou en ferraille et peut-être même des débris de verre, des clous, ou quoi que ce soit d'autre qui puisse être dangereux pour leurs pieds, que la tâche risquait d'être tout simplement impossible à réaliser correctement. Pas question de faire demi-tour pour autant. En colère ou non, le jeune homme ne supportait pas qu'on vienne le contredire. Ce n'était sûrement pas ce grenier moisi qui allait commencer à lui gâcher la vie.
Et puisque trouver ou non une feuille ne lui tenait pas particulièrement à cœur, un échec ne le laisserait pas blessé. C'était bien Nikoleta qui avait voulu venir ici, après tout.
Le bruit de pas de la concerné, justement, attira son attention. Pensif, cherchant par où il serait le plus judicieux de commencer, il regarda distraitement par-dessus l'épaule de la jeune femme : en conclut qu'il n'y avait rien dont il fallait avoir peur, aucun endroit non plus meilleur qu'un autre pour chercher ces foutus bouts de papiers. Les probabilités n'étaient pas de leur côté.

« Doit y avoir deux trois rats là-dedans, lâcha-t-il avec indifférence – ces bestioles-là ne l'effrayaient pas, au contraire de possibles oiseaux entrés par la lucarne. Ou une dizaine. File leur des coups de pieds, au pire. »

Heureux d'avoir contribué au bonheur de sa compagne, Aarne fit quelques pas sur sa gauche ; posa le pied sur un truc mou et vraisemblablement inanimé et, agacé de se faire interrompre par un jouet, le ramassa d'un geste brusque. Ce n'était qu'un ours en peluche.
Perplexe, l'air absent, il lui jeta un regard torve. Ses petits yeux noirs le fixaient avec une indifférence qu'il jugea insolente. Saleté de jouet.
Calme et méthodique, il en saisit la tête et le corps et entreprit de le décapiter. Le tissu, vieilli et abîmé, ne mit pas longtemps avant de céder dans une plainte justifiée ; un peu de mousse tomba sur ses chaussures noires.

« Je me demande à qui c'était. »

Sa question lui parut aussitôt sans intérêt. Après avoir vérifié qu'il n'y avait rien dans la tête brune à part un tas de mousse blanche, il la jeta en direction de Nikoleta. Cadeau.

« Ce sera un miracle si on trouve une feuille dans tout ce bordel, tu sais. »



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mar 25 Juin 2013 - 17:37

...

« Doit y avoir deux trois rats là-dedans. Ou une dizaine. File leur des coups de pieds, au pire. »

Nikoleta eut un haut le cœur et porta ses mains à sa poitrine, aussi dégoûtée qu'effrayée. L'idée qu'il puisse y avoir des rats sous les matelas éventrés était déjà assez horrible sans qu'elle doive en plus les toucher: même du bout du pied, elle ne l'aurait pas supporté. Elle qui ne les aimait pas domestiqués, il n'y avait aucune chance pour qu'elle laisse s'échapper autre chose qu'un long cri aiguë s'ils décidaient de passer sous leurs jambes. Faisant passer son regard des débris à Aarne, qui avait ramassé un vieil ours en peluche, elle détourna ses yeux verts du jeune homme pour les poser sur les horloges qui cliquetaient doucement dans le silence poussiéreux. Elle les fixa un instant avant de comprendre que le tic-tac régulier ne venait que d'une seule, et que les aiguilles des autres pointaient fixement des heures différentes. Elle fit un pas pour s'en approcher mais les lattes grondèrent sous son poids et elle eut peur. Elle avait beau être légère et savoir que les grincements provenaient de l'âge du plancher, elle avait toujours peur de passer au travers.
On ne savait jamais.

« Je me demande à qui c'était. »

Occupée par le temps qui ne passait plus sur les étagères, Nikoleta tourna la tête à temps pour recevoir une boule brune dans les mains. Elle haussa des sourcils surpris et retourna l'objet entre ses doigts, le laissant tomber avec un sursaut quand elle s'aperçut qu'il s'agissait de la tête de l'ours. Elle lança un regard interloqué à Aarne, incapable d'être vraiment scandalisée ou de se mettre en colère. Pour toute réponse, elle ramassa ce qu'elle avait fait tomber sous le coup de la stupeur et le serra machinalement contre elle avec un frisson. La seule chose qui la retenait de reprocher son geste à Aarne, c'était l'habitude. Elle savait qu'il n'était pas gentil et se battait souvent; et la peluche n'était jamais qu'un jouet défraichi et sans importance. Nikoleta ne savait même pas pourquoi ça la rendait triste. Comme si la petite fille à laquelle il avait appartenu pouvait revenir le chercher et pleurer en le découvrant décousu de la sorte.
Avec un soupir, elle se promit de recoudre l'ours une fois sortie du grenier.

« Ce sera un miracle si on trouve une feuille dans tout ce bordel, tu sais. »

Nikoleta releva la tête et acquiesça timidement. Elle en était consciente, et ça même avant de pénétrer dans le grenier. Des jouets et des meubles en vrac, de la poussière et de la moisissure, du bois qui sentait l'abandon. Néanmoins, s'il fallait chercher, elle devait chercher – ils devaient chercher. Nikoleta avait envie de retourner chez elle, pouvoir serrer son père et sa mère dans ses bras et souhaiter un bon anniversaire à son frère. Il allait avoir vingt-deux ans, maintenant.
La jeune femme retint un reniflement, perdue dans une nostalgie qui la prenait régulièrement. Pour s'aérer l'esprit, elle fit un pas en avant, ignorant tant bien que mal le grincement du sol sous elle. Elle vint se planter devant les étagères qui retenaient les livres et les horloges, faisant passer ses doigts sur la tranche des ouvrages et sur les cadrans illisibles. Une fine couche de poussière les recouvrait, parfois moins épaisse à certains endroits: d'autres avaient déjà dû avoir son réflexe par le passé. Une feuille n'allait pas lui tomber dessus en secouant de vieux objets, c'était sûr; mais ils l'intriguaient.
La tête de l'ours sous le bras, elle se saisit d'une horloge ronde comme une assiette, aux délicieuses arabesques et aux aiguilles finement taillées. Elle indiquait midi et demi et ne semblait pas avoir bougé depuis des décennies. Préoccupée par cette immobilité et par les dessins que révélaient peu à peu ses doigts inquisiteurs, elle oublia les rats et le silence, rassurée inconsciemment par la présence de Aarne.

Elle avait peur des fantômes qui pouvaient trainer là où les souvenirs s'entassaient.

► Nikoleta examine les pendules.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mar 25 Juin 2013 - 18:00




Nikoleta examine les pendules, et trouve :

« Tic tac, tic tac... Une perte de temps. »

[ACTION 1/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 30 Juin 2013 - 18:09

Le hochement de tête de Nikoleta lui arracha un soupir ; maintenant qu'ils étaient là, de toute façon, autant chercher ces saletés. Pas qu'il ait mieux à faire de sa journée. L'idée de rester enfermé ici à vie ne l'enchantait pas, et s'il n'en était pas encore rendu à tabasser la porte d'entrée, à se défenestrer ou à croire que ces feuillets les mèneraient ou que ce soit, un début de piste valait toujours mieux que rien. Or, aussi frustrant que ce soit à admettre, il n'avait rien d'autre. Que dalle. Nada. Pas de brèche, pas d'idée, pas d'hypothèse : juste ce stupide journal écrit par un illuminé notoire prétendant pouvoir les faire sortir en leur apprenant à lire et à jouer à la chasse aux trésors. Pour ce qu'il en savait, il se pouvait même que ce soit une manigance des propriétaires ; personne n'avait l'air de s'en inquiéter, tiens – mais puisque ce manoir était un ramassis d'attardés bêtes à en pleurer, ça n'avait rien de très étonnant. Lui se méfiait. Si ces tarés avaient été capables de les enfermer hors du temps et de l'espace en un claquement de doigts, comment détruire des feuilles gênantes aurait pu leur poser problème ? Ça ne tenait pas debout. Quelque chose clochait. S'ils avaient réellement voulu les empêcher de chercher, ils auraient trouvé un moyen de le faire. Brûler les pages, se dissimuler parmi eux pour les chercher ou les voler au fur et à mesure ... Les solutions ne manquaient pas.
L'esprit empli d'équations et de possibilités aux résultats incertains, Aarne écarta la mousse dont était rempli l'ourson pour vérifier qu'aucune page n'y était dissimulée. Sans déception ni surprise, l'exploration de ses entrailles ne révéla rien d'intéressant. Juste de la mousse, encore et toujours de la mousse ; s'astreindre au calme fut à peine suffisant pour lui éviter de jeter la peluche à travers la pièce. D'un geste brusque et peu aimable, le jeune homme le posa néanmoins près de la trappe, là où il ne gênerait pas et serait facile à retrouver. S'ils devaient fouiller tout ça, inutile de se rajouter du boulot en mélangeant ce qui avait été vérifié de ce qui était encore à faire – sa rigidité scientifique le lui interdisait. Avant toute chose, rester méthodique.
D'un bref coup d’œil, le finlandais situa Nikoleta au niveau des livres et des horloges. Jugeant qu'ils n'avaient pas besoin d'être à deux au même endroit, il jeta son dévolu sur le fond de la pièce. Puisqu'il fallait bien commencer quelque part, ça ferait très bien l'affaire.
En quelques pas et autant de grincement plaintifs du plancher, il eut enjambé des morceaux de lampes cassées et plusieurs bougies ; l'une d'elle craqua sous son talon. Ce que ça pouvait être encombré... Pourquoi les accros au ménage ne venaient pas mettre de l'ordre ici, hein ? Ça les aurait rendu utile et ça leur aurait sûrement fait très plaisir, grinça-t-il entre ses dents tout en sautant souplement par-dessus un matelas abandonné de travers contre une table. Comment cet imbécile de rouquin trépané avait-il pu vouloir cacher quelque chose ici ? A supposer que l'endroit n'avait pas tant changé malgré le désordre – et c'était déjà une supposition franchement hasardeuse – la feuille avait pu atterrir n'importe où, voler quelque part, être déchirée par les pas d'un malade en quête d'araignées à manger...
Étonnant que personne ne soit pendu dans un coin, tiens.
D'un geste machinal, il frotta ses mains l'une contre l'autre pour en enlever la poussière. L'armoire qui lui faisait face étant à priori un point de départ raisonnable, il décida de s'en approcher ; passa doucement ses doigts bandés sur le bois foncé.

« Non, trop évident. » Lèvres courbées sur une moue sceptique, il se baissa pour ramasser les débris d'une lampe, à terre. « Qui voudrait cacher un truc là-dedans ? Putain, tu me saoules. »

Plus énervé sans doute plus par l'absence totale d'indices que par le meuble en lui-même, le jeune homme ne se priva pourtant pas d'agrémenter ses murmures d'un coup de pied au bas de l'armoire. Ses mains s'affairèrent à démanteler ce qui restait du pied de la lampe. Peut-être confondait-il « chercher dans le grenier » avec « démonter tout ce qui s'y trouve », en fait. La question eut été légitime. Face à un refus de plier de la part du métal et profondément ennuyé par cette foutue manie qu'avaient les objets de ne pas lui obéir, il reposa un regard haineux sur le bois vieilli et les portes closes.

« Ça pourrait être n'importe où, marmonna-t-il en haussant sans s'en rendre compte la voix. Où il les a mises, hein ? Ton copain qui a le même QI que toi. »

Nouveau coup de pied. Foutu arriéré de Rudy.

Dans un claquement que l'on aurait pu qualifier de joyeux, les deux battants de l'armoire s'ouvrirent en grand. Surpris par ce brusque changement de ton de la part du meuble, Aarne fit un pas en arrière – tendit son bras gauche devant lui, pris au dépourvu, juste avant de ne sentir son pied glisser sur le bout de lampe qu'il avait tenté de démonter. Merde.
Son dos heurta les lattes et les débris dans un vacarme assourdissant.
Un peu sonné, il fallut quelques secondes au jeune homme avant de ne parvenir à s'asseoir. Au son des insultes à peine compréhensibles qui s'échappaient d'entre ses dents serrées, il chercha un signal quelconque de douleur. Sa tête n'avait rien ; ses jambes non plus. Aucune blessure à l'horizon. Son corps, persuadé que quelque chose de dangereux allait sortir de là pour lui faire regretter son insolence, avait eu le réflexe de chercher à se protéger : d'où le pas en arrière, son dos engourdi et la paroi transparente qui, déjà couverte d'une fine couche de poussière, formait comme un mur solide entre les portes grandes ouvertes de l'armoire. Quoi que cette saleté ait voulu lui jeter à la figure, c'était sous scellé jusqu'à nouvel ordre.

Que ce soit une feuille ou la mère Michelle, pour l'instant, il n'en avait strictement rien à faire.



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Dernière édition par Aarne Kinnunen le Dim 30 Juin 2013 - 21:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 30 Juin 2013 - 18:35




Aarne parle à l'armoire du fond, et trouve :

« Elle est contente d'avoir de la compagnie et recrache une feuille. »

[ACTION 2/4]



19


Le XX/YY,

C'est une Nora apeurée qui est venue me voir ce matin. Apparemment, cela fait plusieurs jours qu'elle se demande quoi faire, n'osant pas en parlant à son frère, trop immature pour comprendre sa détresse et la protéger. Étant habituellement celle qui devait veiller sur son aîné, elle ne savait pas à qui se confier et s'était finalement tournée vers moi. J'ai eu de la peine pour elle - de l'admiration, aussi - pour avoir tenu toute seule avec un tel poids sur les épaules.

C'est amusant comme je parlais de Miss Jones qui aurait "disparu" l'autre jour. Ce n'était qu'une façon de parler, et la réalité était bien pire : elle s'était faite tuer. Nora l'avait vu de ses propres yeux. Elle n'a que huit ans - non, neuf maintenant - aussi n'a-t-elle pas réussi à saisir toute la conversation précédent le... le meurtre - ce mot est dur à écrire... - mais d'après elle, ils se seraient justement disputé sur la liberté des pensionnaires. Visiblement, Perrin avait du mal à admettre qu'ils grandissent et "doivent quitter le nid", et Jones le menaçait de révéler l'emplacement de l'établissement à l’État, qui se ferait un plaisir de faire fermer le pensionnat. C'est là que Christian serait arrivé dans son dos et l'aurait poignardée. Perrin avait paru "moins calme que d'habitude mais calme quand même" à Nora (j'imagine que c'est comme cela qu'elle décrivait un état de panique intérieure majestueusement retenue et raisonnée), et avec Christian, ils avaient fini par cacher le corps dans une armoire. Le lendemain, elle était venue avec Fred pour lui demander d'ouvrir l'armoire, mais celle-ci était déjà vide. Jones - ou du moins son corps - avait disparu. Ils s'en étaient sans doute débarrassés dans la nuit...

Maintenant, au moins, une chose est sûre : les Irvine sont des fous et ils ne sont pas décidés à nous laisser partir. Soit ; une fois sur pied, je jure que je trouverai un moyen de libérer tout le monde. En attendant, il faut que je me comporte comme d'habitude...


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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Lun 1 Juil 2013 - 14:44

...

Bercée par le tic-tac rassurant de la seule survivante de la rangée, Nikoleta continuait d'inspecter la pendule dont elle s'était emparé, sourde aux craquements réguliers qui parcouraient les murs et le plancher comme de brefs frissons. Il n'y avait que de vieux objets, ici; la plupart, comme ces jumelles suspendues, étaient brisés ou éventrés, relégués sous le toit par un manque d'utilité ou d'esthétique flagrant. La jeune femme leur trouvait cependant une certaine beauté, que conféraient les années passées à l'ombre et sous la poussière. C'était comme ressortir de vieilles photos et de vieux souvenirs, ou mettre son nez entre les pages d'un livre aux couleurs délavées. L'odeur et l'ambiance particulières du grenier, en plein jour et accompagnée, l'apaisaient et lui donnaient la nostalgie des beaux jours. Malheureusement, ce n'était pas pour rêvasser devant de vieux bibelots qu'elle avait poussé la trappe du grenier, mais bien pour chercher les feuilles de ce fameux journal. Presque à contrecœur, Nikoleta remit l'horloge à sa place, admirant une dernière fois les magnifiques ciselures qui la parcouraient. Elle s'accorda quelques secondes supplémentaires pour regarder les autres, ses yeux glissant de motifs en motifs avec un ravissement certain. Mais à part une perte de temps qui s'était d'ores et déjà dissoute dans le silence, les aiguilles immobiles ne lui avaient rien appris et elle se retrouvait au point de départ.

La demoiselle recula, ses cheveux se balançant dans son dos au rythme de ses pas maladroits. Surtout ne trébucher sur rien; elle aurait eu l'air fine, s'ils avaient dû se rendre à l'infirmerie pour soigner une plaie causée par une chute stupide. Les vieilles lattes gémirent en chœur mais tinrent bon, et elle avisa Aarne au fond du grenier, près d'une grande armoire. Rassurée, elle tourna la tête de droite à gauche et finit par apercevoir le corps de l'ourson à côté de la trappe, que son petit-ami avait dû poser là avant de commencer les recherches. Elle s'en approcha pour placer délicatement la tête à ses côtés; autant pour ne pas la perdre que pour ne pas s'encombrer si elle devait soulever des objets un peu trop lourds. Elle se redressa une fois que ce fut chose faite, lançant à ce qui l'entourait un regard circulaire attentif. Mieux valait ne pas déranger Aarne, qui avait l'air assez énervé comme ça: mais désireuse de se rendre utile, Nikoleta s'arma de courage et se dirigea vers des tableaux entassés les uns contre les autres sur le mur d'en face. Là où certains décoraient les cloisons, poussiéreux ou déchirés, d'autres attendaient à leurs pieds d'étaler leurs merveilles à un monde aveugle et déjà abandonné. Ses mains aux doigts effilés et naturellement tremblants les firent défiler, cherchant le moindre éclat de blanc entre ces portraits et ces paysages passés. Il y en avait des tas et elle aurait pu continuer longtemps si un grand fracas ne lui avait pas arraché un sursaut et un cris surpris; affolée, elle se retourna vers le fond de la pièce.

Elle fit de son mieux pour combler le plus rapidement possible la distance qui la séparait de Aarne, prenant garde à ne pas trébucher sur un jouet abandonné au passage. Une cheville en moins, elle ne serait pas allée bien loin.
Une fois qu'elle fut arrivée à sa hauteur, elle ne trouva rien de plus utile à faire que s'agenouiller près de lui, posant une main inquiète sur son épaule et se penchant à droite et à gauche pour vérifier qu'il n'avait rien.

Il avait fait un sacré bruit en tombant, on était jamais trop sûr !

« Ça va, tu ne t'es pas fait mal, tu ne t'es rien cassé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Trop préoccupée qu'elle était par les potentielles fractures (oui, fractures) du blond, la jeune femme ne pensa pas à jeter un œil à l'armoire aux battants grand ouverts. Qu'elle ait pu recracher une feuille parce qu'elle avait eu de la compagnie après tant d'années de solitude ne lui était effectivement pas passé par la tête; déjà parce qu'ils avaient beau être au pensionnat interdit, les armoires n'avaient pas de volonté propre. C'était un coup à la faire s'évanouir.
Ensuite, le bien être de Aarne passait avant les monstres qui pouvaient leur sauter dessus. Quand même.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mer 10 Juil 2013 - 4:21

Encore vaguement étourdi, Aarne tenta de mettre un semblant d'ordre dans ses idées. Les portes s'étaient brusquement ouvertes – en grand, pas à la façon d'un courant d'air – et quelque chose avait voulu lui sauter à la figure, à l'image d'un pantin éjecté de sa boîte à ressorts. Jusque là, rien d'anormal pour le Pensionnat. Ce ne serait pas la première fois qu'un objet déciderait de les agresser ; la mort dans l'âme, il se dit qu'il allait vraiment falloir s'habituer aux imprévus incohérents de ce genre. Adieu logique, science et valeurs sûres, certitudes établies aux résultats invariables. Cet endroit était insupportable. Enfin – au moins, le plancher vieilli avait tenu le coup malgré le choc, et il ne s'était à priori rien cassé lors de sa chute. A la façon dont son dos et ses jambes lui envoyaient des signaux de douleurs, il pouvait même l'affirmer. Reconnaître fractures ou entorses était devenu facile à force d'y être confronté. Tant qu'il ne tirait pas trop sur son dos pour les prochaines minutes, il jugea pouvoir s'en sortir sans rien d'autre qu'un, deux bleus au maximum : pas la peine de s'en faire.
Ses jurons cessèrent lorsque la silhouette de Nikoleta, visiblement plus inquiète à son sujet que lui ne l'était, s'agenouilla à ses côtés.

« Ça va, tu ne t'es pas fait mal, tu ne t'es rien cassé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Yeux baissés sur ses chevilles, il se pencha de quelques degrés vers l'avant pour s'assurer qu'il tiendrait debout, que tout était en place et qu'aucun morceau de son squelette ne déciderait de se déloger sans sa permission. Assuré que tout allait parfaitement bien, le jeune homme laissa s'échapper un grognement agacé puis se releva souplement sur ses deux jambes. Ce n'était pas une chute de plus ou de moins qui allait enrailler le système ; aussi oublieux et violent soit-il envers son propre corps, il en prenait malgré un soin presque pénible. S'il s'était fait mal à s'en insensibilisé, ça n'aurait plus eu grand intérêt.
D'un geste machinal, il tendit sa main à sa petite-amie pour la tirer vers le haut.

« Rien de cassé, répondit-il d'une voix égale. Juste cette foutue armoire qui... »

Sentant sa haine envers ce tas de bois se raviver, il se tourna dans sa direction et amorça un coup de pied – pour finalement s'arrêter net. Taper dans une armoire était presque drôle, mais se faire mal en frappant ce satané panneau transparent le serait beaucoup moins. Pour en avoir déjà fait l'expérience, essayer d’ébrécher ou de détruire ces trucs était nettement moins agréable que se prendre une écharde ou une poignée de châtaignes. Le seul problème étant que, aussi doué soit-il pour en faire apparaître à tout bout de champ, il gérait beaucoup moins leurs disparitions. Pour être honnête, il n'avait même aucune idée du procédé pour les faire volontairement s'évaporer.
Généralement, ce n'était pas gênant. Il laissait faire le temps et la distance.
Seulement...

« Y'a un truc qui m'a sauté dessus. » Sa voix se fit critique tandis qu'il s’accroupissait, une main contre le pseudo-verre pour mieux voir la feuille piégée de l'autre côté. « J'arrive pas à voir. »

Il ne faisait pas preuve d'une grande concentration non plus. Ce n'était sûrement qu'un vieux bout de papier, entre autre saletés encore calés dans l'armoire en bois : sauf que ça ressemblait à une feuille. Ce n'était peut-être rien, mais c'était déjà trop. Quitte à faire des efforts pour rien, autant tenter quelque chose qui en vaille potentiellement la peine ; de là à démonter les portes de l'armoire ou briser cette vitre à coups de lampe, il n'y avait qu'un pas.

« T'as trouvé quelque chose là-bas ? »



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Sam 13 Juil 2013 - 18:01

...

Nikoleta n'était qu'à demi rassurée mais avait pris la main que lui tendait Aarne sans oser en rajouter. De nouveau sur ses jambes, ses yeux verts avaient fait le voyage de son petit-ami aux objets qui masquaient le sol plusieurs fois avant de s'arrêter sur l'armoire coupable. Perplexe, elle détailla autant que possible ce qu'elle pouvait voir du meuble, à la recherche de la moindre anomalie. Mais cette armoire avait tout d'une armoire classique; seuls les battants, ouverts dans une étreinte avortée, lui indiquaient que quelque chose s'était passé. Ça et la vitre qui en bloquait l'entrée, mur de pierre invisible contre laquelle Aarne passa sa main, lâchant quelque chose qui la fit tressauter d'effroi. Comme en panne d'équilibre, la jeune femme se pencha sur le côté, la gorge nouée par une appréhension qu'elle ne connaissait que trop bien. Pour un peu, elle en aurait tiré Aarne par le col pour qu'il s'éloigne de ce qui pouvait se terrer dans l'ombre de ce meuble maléfique. Elle connaissait bien les tours de passe-passe de ce maudit pensionnat; depuis sa rencontre avec la terrible boîte de haricots mangeuse d'homme, avoir peur du mobilier ne lui semblait plus si absurde.

On avait peur des animaux sauvages parce qu'ils nous attaquaient. Alors si une armoire décidait de les charger, Nikoleta se sentait en droit de toutes les craindre. Qui savait ce qui pouvait se cacher derrière le blanc rassurant d'un placard de cuisine. Tout était fait pour tromper leur vigilance, elle en était sûre et certaine. Préoccupée par l'idée que n'importe quoi pouvait sauter à sa gorge dans le but avoué de lui tordre le cou, elle poussa du pied un chien à l'oreille coupée qui perdait sa mousse tout près d'elle. On ne savait jamais, mieux valait être prudent... Ça n'avait jamais tué personne d'être trop prudent, n'est-ce pas ?
La question opportune de Aarne l'empêcha de déceler des doigts crochus dans les quelques ombres qui flanquaient les murs décrépis.

« T'as trouvé quelque chose là-bas ? »

Nikoleta écarquilla les yeux et se retourna vers les horloges et les tableaux, comme pour s'assurer qu'aucune feuille n'était apparue entre temps. Il n'y avait aucune touche de blanc dans les ombres au repos qu'elle distinguait, et elle hocha la tête de gauche à droite, visiblement déçue. Elle savait bien que ça ne pouvait pas toujours marcher du premier coup – et sous des couches et des couches de vieilleries, ça aurait vraiment été un miracle de mettre la main dessus par le plus grand des hasards, mais l'échec lui pesait malgré tout. Elle avait beau essayer de se rendre utile, elle avait juste l'impression de stagner encore plus. Si d'autres y arrivaient, pourquoi pas elle ? Ça ne devait pas être si dur que ça.
Ou alors le monde lui en voulait bel et bien. Ça ne l'aurait pas vraiment étonnée.

« Non, rien. »

Ça sonnait presque comme une excuse. Elle se tordit un instant les doigts avant de penser que s'intéresser à la vitre et l'armoire serait sans doute un peu plus concret. Nikoleta s'en approcha malgré sa peur, ravalant les scénarios déplaisants qui lui passaient par la tête. Ce n'était pas le moment de penser à tous les monstres qui pouvaient sortir des coins...
Rassurée par la vitre qui en bouchait l'entrée, elle fixa l'intérieur avec attention.

« C'était pas un truc vivant, au moins ? Et... et ça, c'est quoi ? »

Elle fronça les sourcils, désignant le rectangle blanc qui reposait sagement dans l'armoire à moitié vide. C'était peut-être une feuille. Cette simple pensée lui fit regretter cette barrière qui l'avait soulagée quelques secondes à peine plus tôt. Elle se tourna vers Aarne, curieuse.

Il pouvait la faire disparaître, puisque c'était son pouvoir. Non ?


Dernière édition par Nikoleta Papadakis le Dim 18 Aoû 2013 - 15:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mar 23 Juil 2013 - 0:57

D'un bref mouvement de tête, Nikoleta lui confirma qu'elle revenait bredouille ; derrière ses dents serrées, Aarne étouffa sa frustration grandissante. Quelle putain de galère. S'il fallait parler aux armoires et leur mettre des coups de pieds pour leur faire cracher ce qu'elles avaient dans le ventre, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Foutues recherches complètement aléatoires. Le hasard n'était pas une donnée avec laquelle il aimait composer ; avancer en tâtonnant ne menait nulle part, ou du moins pas assez vite. Il y avait forcément un schéma à appliquer, des solutions plus plausibles que d'autres à souligner – des lignes à tracer pour que le terrain soit mieux quadrillé. A supposer que le Pensionnat tienne un raisonnement inverse au leur, par exemple, alors chercher dans les endroits les plus improbables, ainsi que les plus évidents, serait la démarche la plus intelligente à suivre. Confier ses affaires à des objets magiques, dans ce contexte, paraissait presque logique. Prudent, sûr. Il en allait de même pour les endroits où s'entassaient les livres, puisqu'une feuille passerait forcément inaperçue au milieu d'autres pages ; restaient ensuite tout les interstices dans lesquels cet abruti congénital de Rudy avait pu vouloir planquer son foutu journal, et les endroits où ça avait pu tomber, et...
Et fais chier, il aurait mieux fait de ne jamais accepter.
Eut-il été plus jeune, le finlandais aurait été atterré de constater à quel point il perdait vite calme et patience : c'était ridicule, ça ne menait à rien, et blah blah blah. Essayer de serrer les poings et de faire le vide, ne pas y arriver, se frustrer, s'énerver encore plus, ne pas réussir à retenir sa colère, recommencer... C'était un cycle sans fin dont il s'était sorti tout seul, comme un grand, la tête la première – assez littéralement. Résultat, il s'était habitué à ses propres réactions. N'y prêtait plus qu'une vague attention. La lassitude lui évita entre autre de s'énerver encore plus ou de démolir n'importe quel objet à proximité ; la présence d'un tiers plus posé, également – en l'occurrence Nikoleta – eut comme souvent un effet catalyseur sur sa colère. Il comptait là-dessus pour se pousser à privilégier la réflexion. Ce n'était pas le moment de tout déchirer. Ils avaient une feuille à trouver.
Alors on se calme, on respire, on fait le point, on casse rien.

« C'était pas un truc vivant, au moins ? Et... et ça, c'est quoi ? »

De nouveau debout, Aarne suivit du regard la direction qu'indiquait son amante. Ses yeux pâles tombèrent sans surprise sur ce satané bout de papier qui lui avait sauté dessus : et là, sur l'instant, dans cette seconde précise où il fronça les sourcils et plissa le nez, cette histoire devint personnelle. Si elle voulait se la jouer comme ça, cette foutue page inutile, eh bien ils allaient se la jouer comme ça. Entre un humain et une feuille de papier, vu leurs différences de taille et d'intellect, l'affaire serait vite pliée.
Enfin, si l'humain réussissait à vaincre l'armoire et la vitre avant, bien sûr. Parce qu'évidemment, s'il y avait bien une personne sur Terre pour l'empêcher d’attraper ce truc, ça devait être lui-même. Évidemment. Question empêcheur de tourner en rond il se surprenait, parfois – et pas dans le bon sens du terme. Loin de là.

« Le truc qui m'a sauté dessus, répondit-il avec une rancœur évidente. Y'a intérêt à ce que ce soit une feuille de ce mec débile, sinon je... »

Fais du petit bois avec tout les meubles du grenier, à priori ; c'est du moins ce qu'une oreille attentive aurait pu saisir dans ses grommellements énervés. Du petit bois ou des copeaux, ça restait à voir. Pressé et agacé, le jeune homme s'appliqua tout de même à utiliser sa tête avant ses poings – ne serait-ce que pour pouvoir dire qu'il avait laissé une chance à cette vitre idiote avant de la casser en mille morceaux. Paumes des mains contre la surface lisse et transparente, il se concentra. Alla même jusqu'à fermer les yeux, une, deux, trois secondes : récita toutes les formules auxquelles il put penser dans le silence de son esprit, essaya de faire le vide, de se l'imaginer disparue, de se la représenter cassée... Mais rien à faire. Il ne tint pas plus de vingt secondes à ne rien faire avant de ne décider qu'ils avaient assez perdu de temps comme ça. S'il n'y arrivait pas, il n'y arrivait pas : inutile d'insister bêtement.
D'autant plus que, Nikoleta ou pas, tenter de faire de la magie lui semblait à un tel point ridicule qu'il aurait presque pu en être gêné.

« Okay. J'y arrive pas. » L'admettre ne lui arracha pas la gorge, mais pas loin. « C'est pas trop épais, on a qu'à la casser. »

Ce ne serait pas forcément agréable, mais peu importe. Il en avait déjà brisé volontairement, pour tester, et en avait conclu que hormis la douleur et la fatigue, ça ne risquait pas de le tuer. Aucune raison de s'en faire, donc. Ça ne pouvait pas être pire qu'une épaule démise : or l'armoire avait l'air sacrément solide, et ils n'avaient ni hache ni pied de biche.
Appuyé d'une main contre la paroi, il jeta un regard circulaire à la pièce.

« Regarde si tu trouves un truc... Lourd. Ou tranchant. Bref, conclut-il d'un mouvement de main, n'importe quoi qui ait l'air dangereux. Ça doit bien se trouver. »



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 18 Aoû 2013 - 16:27

...

« Le truc qui m'a sauté dessus. Y'a intérêt à ce que ce soit une feuille de ce mec débile, sinon je... »

Effrayée à l'idée que Aarne puisse casser un meuble ou deux (crainte injustifiée puisque tout était déjà plus ou moins en miettes dans cette pièce), Nikoleta ne songea même pas à lui demander comment une feuille avait pu lui sauter dessus. Si ça se trouvait, c'était comme les boîtes de haricots et les armoires ; ça avait une vie propre. Impressionnée par son raisonnement hâtif, elle fixa un moment le papier à travers la vitre, qu'elle hésita à toucher du bout du doigt. Un regard oblique à Aarne lui apprit qu'a priori, plaquer ses mains sur ce mur invisible n'allait pas l'électrocuter : elle redouta par contre qu'à force de se concentrer – sans résultats apparents, il ne recommence à tempêter. En adulte mature et responsable, la jeune femme déglutit puis se tourna vers la partie délaissée du grenier.
Toujours rien en vue, mis à part l'ourson décapité qui montait la garde auprès de la trappe poussiéreuse. C'était une drôle de vision que tous ces débris figés dans le temps, attendant qu'une main inquisitrice les déloge de leur long sommeil. En vain elle avait cherché une feuille derrière les pendules et les tableaux. Résultat zéro. Elle pensa en désespoir de cause s'y être mal prise, ce n'était pas absurde. Le pensionnat était un tel nid à originalités que c'étaient peut-être les feuilles qui devaient trouver les pensionnaires, et non le contraire.

« Okay. J'y arrive pas. C'est pas trop épais, on a qu'à la casser. »

Si Nikoleta avait été un peu plus affirmée (enfin, affirmée tout court), elle aurait pu offrir une dénégation à son petit-ami et lui conseiller de reprendre ce qu'il avait interrompu. Si la grimace perplexe qui imposa sa loi à ses lèvres et ses prunelles était visible, aucun son ne daigna s'échapper de sa gorge, trop souvent scellée. Fervente adepte du leitmotiv « la violence ne résout rien », elle fut proprement incapable de le signifier à Aarne d'une quelconque façon que ce soit. Pas sûr qu'il l'aurait écoutée, dans tous les cas.
La vitre allait donc prendre un sacré coup et Aarne se faire mal, tout ça parce que mademoiselle avait oublié sa personnalité dans le ventre de sa mère.

« Regarde si tu trouves un truc... Lourd. Ou tranchant. Bref, n'importe quoi qui ait l'air dangereux. Ça doit bien se trouver. »

De lourd, tranchant ou dangereux ? Un frisson remonta le long du dos de Nikoleta tandis qu'elle se tournait, nonobstant ce qu'elle pensait de cette idée, vers les débris qui jonchaient le sol et pouvaient servir de bélier de fortune. Elle esquissa un pas ou deux en arrière, jusqu'à ce que ses yeux verts ne s'arrêtent sur un amoncellement de chaises auxquels ils manquaient un pied ou un dossier. Elle s'en approcha, glissant sa main sur la paille qui sortait des ventres ouverts, soupesant les jambes branlantes qu'elle pouvait arracher à mains nues. Est-ce que ça pouvait faire l'affaire ? Elle secoua la tête pour elle-même. Non, pas assez lourd...

Voulant se rattraper pour ne pas glisser (on avait laissé trainer des billes ici !), ses doigts effleurèrent une planche lisse posée en équilibre contre le mur. Nikoleta cligna des yeux, le temps de se demander à quoi ça avait pu appartenir. Lorsqu'elle jugea que ça leur importait peu, au final, elle voulut la soulever. Grand mal lui en prit : ses bras la tirèrent douloureusement pour lui ordonner de reposer ce titan à sa place.

Heureusement, Aarne avait plus de force qu'elle.

« Euh, et ça, ça peut aller ? »

Elle agita la planche en question tout en prenant garde à ne pas s'éborgner. Ça aurait été dommage de perdre un œil bêtement et d'atterrir à l'infirmerie pour rien.
Est-ce qu'il était trop tard pour lui servir un discours sur l'inutilité de la violence dans la vie de tous les jours ?
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Jeu 5 Sep 2013 - 20:08

Nikoleta n'eut pas l'air d'apprécier son plan – qui se limitait concrètement à « trouver un truc solide pour démonter cette saleté de vitre, quitte à tout démolir au passage » – mais eut au moins la décence de ne rien rétorquer. De toute façon, même si elle s'était décidée à lui expliquer qu'il avait tout intérêt à trouver une idée plus diplomatique, il ne l'aurait pas écoutée. Ses bonnes habitudes n'étaient pas prêtes de le quitter ; il comptait sur la jeune femme pour faire de même avec les siennes. Les personnes prévisibles étaient beaucoup moins casse-pieds que ces foutus lunatiques qui traînaient à toute heure dans les couloirs du Pensionnat. De vrais emmerdeurs. C'était à en croire qu'agir de façon irrationnelle ou crier à tout bout de champ était à la mode, ici. Songeant que c'était peut-être le cas, tout compte fait, Aarne laissa sa chère et tendre partir de son côté pour se mettre lui-même en quête d'un objet pouvant convenir à ses critères. Il n'avait pas d'idée spécifique en tête : ça pouvait être un truc en bois, un pied de porte-manteau, une vieille arme abandonnée là... En somme, tout et n'importe quoi. Ça ne facilitait pas les recherches, mais puisqu'ils avaient besoin de quelque chose de plutôt long ou large, ça devait aussi être voyant. Fort de cette conviction, mains dans les poches, le finlandais donna des coups de pieds impatients dans le tas de bordel hétéroclite qui l'empêchait par endroits de voir le sol. Sous le bordel, encore du bordel ; oh combien étonnant. Il devait y avoir des choses intéressantes au milieu de ce foutoir, mais il n'était pas encore d'humeur à enfiler des gants pour trier tout ça en jolis tas. Dans un endroit fréquenté par un maximum d'adolescents, ça n'aurait de toute façon servi à rien.
Du bout du pied, il écarta une plaque en bois. Voyons... Cette vitre n'était pas la plus épaisse qu'il ait pu faire, loin de là ; cependant, comme toute barrière de protection, elle était suffisamment souple pour réussir à lui déboîter l'épaule s'il ne s'y prenait pas correctement. Heureusement pour lui, casser était un peu sa spécialité – danse et insultes mises à part, en tout cas. Ce n'était rien de plus que de la science. Genoux pliés, le jeune homme attrapa et jeta plus loin ce qui lui passait sous le nez, passablement énervé. La force, les vecteurs, les angles par lesquels attaquer pour être sûr de briser ce qu'il voulait de la façon dont il le voulait, il connaissait. Ce qui ne voulait pas dire qu'il ait toujours envie d'appliquer. C'était énervant, de réfléchir sans arrêt. Et puis rien ne correspondait. Il n'allait quand même pas casser ça avec des peluches ou des pages moisies...

« Euh, et ça, ça peut aller ? »

Occupé à maudire tout les abrutis venus jeter leurs vieilles affaires inutiles dans les parages, Aarne mit un temps avant de ne se redresser et de ne plisser les yeux en direction de Nikoleta. A première vue, de loin, ça avait l'air correct : ce fut suffisant pour le faire rejoindre la jeune femme en quelques enjambées habituées. Dubitatif, il referma ses doigts bandés par endroits sur le bois lisse. Soupesa ; frappa une des extrémités contre le plancher pour vérifier que rien ne partait en morceaux. Ça n'était pas aussi maniable qu'une batte ou un club de golf, mais ce serait nettement plus solide à priori. Suffisamment pour casser sa fichue vitre, en tout cas, ou du moins l'espérait-il.
Il hocha la tête, aussi satisfait qu'un connaisseur devant un bon vin.

« Nickel. Reste pas trop près, conseilla-t-il avant de se retourner vers l'armoire. Tu risquerais de te prendre un coup. »

Or il avait moyennement envie de la défigurer. Un coup de planche dans la figure, ça aurait fait sacrément mal. Pas sûr qu'elle ait envie de porter un dentier à son âge.
Son arme de fortune en main, il fit le chemin inverse et revint se placer devant l'armoire. A la rigueur, calcula-t-il en tapant machinalement le bout de la planche contre la paroi, il risquait de casser le bois au lieu de la vitre et de se retrouver avec des échardes dans les doigts ; rien de bien méchant. Solidement campé sur ses deux pieds, placé de côté, il banda ses muscles et leva les bras. Ce serait un home-run ou rien du tout.
Sa première tentative se solda par une plainte chuintante de la vitre, qui trembla sans se briser. La répercussion du coup remonta de ses mains jusqu'à ses épaules ; agacé, il donna un coup de pied dans l'objet de tout ses tourments. Histoire d'uniformiser la douleur. La tétraplégie le tentait beaucoup plus que la paraplégie, apparemment.
Lorsqu'il frappa pour la seconde fois, la vitre céda dans un bruit aigu de verre brisé. La douleur se répandit instantanément dans son corps, coupant sa respiration et crispant sa mâchoire – relâchant même la tension dans ses doigts, qui laissèrent filer leur arme de fortune. Ça ressemblait plus à un coup sur la tempe qu'à un coup de feu : la douleur était brève, le malaise passager. Ça n'avait aucune répercussion durable et, rien que pour ça, il se moquait totalement du reste.

Prudent, il esquissa un pas en arrière. Il n'y avait plus de trace de la vitre, mais il n'avait aucune envie d'en créer une autre par mégarde.

« … Voilà, lâcha-t-il platement en passant une main sur son visage. Tu peux récupérer le truc ? »

A savoir la feuille. Et si le truc en question était vierge, il descendrait chercher des allumettes pour mettre le feu au grenier. Ça réglerait le problème.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Ven 4 Oct 2013 - 23:23

...

Nikoleta laissa partir la planche avec regret, attardant son regard sur les bandages qui recouvraient les mains de Aarne. Elle résistait tant bien que mal à l'envie douloureuse de lui reprendre, le choc qu'il envoya à travers le plancher ne la rassurant qu'à moitié. Génial, ce truc était solide et pouvait de toute évidence détruire la vitre ; et après ? S'il ne s'enfonçait pas des échardes dans ses mains déjà abimées, il pouvait se casser un poignet – ou peut-être les deux. La grande hantise de la jeune femme était de voir son ami revenir couvert de bleus d'une promenade, ou qu'il la salue le matin avec un œil au beurre noir. Inutile de préciser que ses cauchemars devenaient régulièrement réalité. Si seulement il avait pu user de la manière douce, chercher à se concentrer pour faire disparaître la protection opportune ! Apprendre à maîtriser son pouvoir, tout simplement : mais la Grecque n'arrivait pas à lui faire ce genre de reproches sans se noyer sous une suite d'imprécations personnelles. Qui était censé le raisonner et lui tenir le bras, bien que cette entreprise semblât irrémédiablement vouée à l'échec ? C'était elle. Qui le ferait si elle ne s'y attelait pas ? Et la voilà qui prêtait une oreille attentive à ses complots et lui fournissait l'arme du crime sans broncher. Oui, vraiment, elle faisait une piètre coéquipière et la bonne poire toute désignée. Elle hésita à lui lancer un regard suppliant.

Non, elle savait qu'il resterait sans réponse. Alors, alors...

« Nickel. Reste pas trop près. Tu risquerais de te prendre un coup. »

Nikoleta savait que le jour où elle lui courrait après en le suppliant de ne rien en faire, il pleuvrait des grenouilles. Elle laissa la part couarde se charger de la part raisonnable, qui se fit assommer sans autre forme de procès. La jeune femme recula le plus possible, conformément aux injonctions du Finlandais, lequel faisait de nouveau face à la vitre récalcitrante. Collée contre un pilier de bois qui ressortait du toit et du mur, la peureuse couvrait la scène d'un œil vert et apeuré. Le premier coup arracha un cri au mur invisible et Nikoleta ferma les yeux, surprise ; le second fut le bon. Elle fut soulagée que deux n'aille pas avec trois, pour cette fois. Les ballerines légères et hésitantes sur le parquet vermoulu, elle s'écarta de son abri providentiel pour mieux voir les résultats du massacre. Il n'y en avait aucune trace, les éclats imaginaires s'étant évaporés dans l'air. Aarne, à un pas de l'armoire, ne semblait pas blessé. La jeune femme en soupira de soulagement, passant une main absente dans sa queue de cheval.

Et s'il avait eu quelque chose, ça aurait été la faute à qui ? Fifty-fifty. Tu le sais.

« … Voilà. Tu peux récupérer le truc ? »

Nikoleta écarquilla les yeux, étonnée qu'on l'appelle. Elle s'exécuta pourtant sans protester, comblant prudemment la distance et tendant une main tremblante vers la feuille. Elle la saisit sans mal, et une fois le carré translucide en mains, elle le porta à hauteur de son visage. La magie du pensionnat laissait deviner des phrases dont la signification lui venait tout naturellement, alors même qu'elle était persuadée que l'écriture sur le papier n'était pas la sienne. Ni celle de Aarne, à priori.

Le texte manuscrit faisait indubitablement parti du journal tant recherché. Nikoleta en eut un haut le cœur qui porta un petit sourire à ses lèvres. Nora, Christian, Jones... Tous ces noms ne lui disaient rien, mais les protagonistes lui importaient peu. Sans doute quelqu'un saurait-il déchiffrer cet imbroglio d'informations qui leur arrivait de part et d'autre du manoir.
Complaisante, elle tendit à Aarne l'objet de tous leurs émois. Cette découverte avait ranimé sa volonté calcinée.

« C'est une feuille du journal, je crois ! (un accent joyeux perçait sa voix timide) Peut-être qu'il y en a d'autres encore. »

Restait que le choix des cachettes était toujours aussi varié – et que cette découverte tenait de la chance pure et dure. Nikoleta ne s'en préoccupa pas. Il devait bien y en avoir une deuxième sous tout ce fouillis qui leur arrivait aux chevilles...
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Sam 26 Oct 2013 - 14:49

La douleur qui ondulait de ses tempes à ses jambes perdit vite en intensité ; le léger malaise qui lui tordait l'estomac se dissipa ; le picotement derrière ses yeux cessa tout à fait – et, bientôt, seule une raideur douloureuse subsista dans ses articulations abîmées. Comme à chaque fois. Satisfait de constater qu'il savait où il en était avec son pouvoir, ou du moins qu'il avait appris à en connaître les limites et les effets, le jeune homme fit bruyamment craquer ses phalanges. C'était un foutu miracle qu'il arrive encore à être aussi précis avec des doigts constamment bandés. Pensif, il plia et déplia ses mains le plus doucement possible. Jusque là, ils n'avaient eu à gérer qu'une armoire boulimique et une feuille agressive ; rien ne disait que la situation n'allait pas empirer dans la minute. Si cette saleté de meuble décidait de capturer le bras de Nikoleta, il allait devoir en faire du petit bois pour la cheminée du salon – et inutile de préciser que pour ça, il aurait besoin de ses dix doigts. Pas de bâtons raides et à moitié cassés. Il avait beau dire et faire, ses phalanges lui tenaient un minimum à cœur.
Yeux rivés sur les épaules de la jeune femme, Aarne attendit qu'elle lui donne une bonne raison de mettre le feu au grenier – ou, à l'inverse, de vouloir le ranger avec plus d'entrain. Si c'était une page de Rudy, ça pouvait vouloir dire qu'il y en avait d'autres. Ou que c'était la dernière. Si ce n'était qu'une feuille vierge, c'était peut-être parce qu'ils avaient mal cherché. Ou qu'il n'y en avait plus ici. Tout était possible et tout se valait. Moralité, ils allaient devoir rester là encore un petit moment. Pas question de partir avant d'avoir fait quelques trous dans le toit ou le plancher : sa fierté s'y serait refusée. Hors de question. Il allait donner des coups de pieds dans deux trois trucs vieux et abandonnés, y dénicherait ou non quelque chose d'intéressant et partirait ou non les mains vides, mais en tout cas il démolirait quelques vieilleries. Personne n'irait s'en plaindre.
A part les oursons décapités, à la limite. Ou Nikoleta. Intérieurement.

« C'est une feuille du journal, je crois ! Peut-être qu'il y en a d'autres encore. »

Aussi enthousiaste qu'à l'accoutumée, le finlandais parcourut des yeux la feuille que son amie lui avait donné. Les noms ne lui disaient rien, mais les mots eux faisaient parfaitement sens : sourcils froncés, il s'appliqua à graver chaque phrase importante dans sa mémoire. Nora a vu Miss Jones se faire tuer, Miss Jones s'est faite tuer parce qu'elle voulait dénoncer l'emplacement du Pensionnat, Perrin ne veut pas que les pensionnaires s'en aillent – Christian tue l'autre abrutie et la gamine stupide va répéter ça à l'attardé de rouquin. D'accord. D'accord ; perdu dans ses pensées, il jeta un regard peu amène à l'armoire qui avait craché le feuillet.
Apparemment, l'époque Rudy était au centre même de leur problème de porte close. Avec ces papiers, on pouvait définitivement en déduire que cet « établissement » n'avait pas toujours été fermé : ce n'était pas rien. Si ç'avait été ouvert un jour, ça pourrait l'être de nouveau. Forcément. Maintenant, il ne restait plus qu'à trouver ces putains d'Irvin et à leur éclater la tête contre la serrure jusqu'à ce qu'ils acceptent de la déverrouiller. Ils ne pouvaient pas éternellement jouer avec leurs vies sans en payer les conséquences.
A cette idée, ses doigts se crispèrent sur le papier vieilli. Il voulait rentrer. Il rentrerai. Luukas était infoutu de se débrouiller tout seul ; sa mère devait être inconsolable. Aljona aussi, son père aussi – et le premier qui le croirait mort avant qu'il ait pu être enterré se ferait sérieusement tabasser à son retour. On se console comme on peut.

« Tss. » Sa bouche se tordit sur une grimace méprisante. « Au moins on sera pas venu pour rien. »

A chaque chose malheur est bon, comme on dit. La feuille, pliée soigneusement malgré l'agacement nettement perceptible dans ses gestes, fut rangée dans la poche de son pantalon. Ils pourraient l'amener au café chose s'ils avaient le temps. S'il n'oubliait pas. Et s'il en avait envie, surtout – ce qui, selon son humeur, n'avait malheureusement rien d'une certitude.
Ses yeux pâles balayèrent la pièce.

« On a qu'à chercher encore un peu. Fais attention, ajouta-t-il en posant son regard sur elle, y'a encore des tas de trucs qui traînent. Genre... Des lampes en morceaux. »

Sur lequel ce serait très drôle de s'empaler. Retenant d'ajouter qu'il avait contribué à rendre l'endroit encore plus dangereux en cassant des trucs ici ou là, il poussa le battant de l'armoire d'un coup de pied agacé. Qu'elle reste fermée, celle-là. Il n'était pas près de lui reparler.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Ven 22 Nov 2013 - 23:49

...

Nikoleta lança ses yeux curieux à l'assaut de la pièce, le moral gonflé par leur découverte miracle. Même le commentaire de Aarne lui tira un sourire et elle serra les poings, parodie ridicule du courage et de la détermination. Là où il y avait auparavant un amas gris et hétéroclite d'objets épars, cassés et rapiécés de toutes parts, elle voyait maintenant une montagne de trésors qui n'attendaient que leurs mains inquisitrices pour leur dévoiler leurs surprises. Même les rats et les souris qui cavalaient allégrement sur le plancher ne la faisaient plus frissonner (disons que sur l'instant, elle n'y pensait plus et n'en avait donc plus rien à faire). Éclairés par la lumière du soleil qui peinait à rendre la pièce agréable, les vieux jouets retrouvaient presque leur éclat d'antan. Nikoleta eut une pensée pour l'ours qu'Aarne avait décapité et qu'elle avait pris par pitié sous son aile : hors de question de casser des poupées ou des peluches pour trouver une autre feuille. Si une armoire avait réussi à cracher un des papiers, pourquoi les tapis et les commodes branlantes sur leurs pieds meurtris n'en feraient-ils pas autant ? Bougeant un peu, saisie d'excitation, les paroles de Aarne trouvèrent un écho favorable dans un crissement soudain, juste sous sa fine semelle. Oh oh.

« On a qu'à chercher encore un peu. Fais attention, y'a encore des tas de trucs qui traînent. Genre... Des lampes en morceaux. »

Plus prudente mais nullement refroidie, Nikoleta hocha la tête et se retourna vers la partie du grenier qu'elle avait entrepris d'inspecter avant l'incident de l'armoire et de la paroi de verre. Évitant de justesse quelques toiles d'araignées qui pendaient des poutres de bois maculées d'une poussière grisâtre, elle se baissa vers des cadres brisés aux images passées. Pas de photo, seulement des peintures, et beaucoup de morceaux de verre éparpillés aux quatre vents. Nikoleta souffla dessus, manqua de se prendre une vilaine toux, et se dirigea plutôt vers une des commodes qu'elle avait aperçu plus tôt. Le tiroir du haut lui résista, les deux autres n'attendirent pas ses maigres forces pour se déboîter ; quelques vêtements déteints et un nécessaire à couture vinrent s'écraser au sol, ajoutant au désordre qui le tapissait. Un dé à coudre peint roula jusqu'à ses pieds. Elle s'en saisit, curieuse ; d'où pouvait-il bien venir ? Les motifs étaient ravissants. Aiguilles, fils aux couleurs indéfinies, morceaux de tissu, rubans, élastiques : sa mère en possédait autant chez eux. Histoire de chasser la mélancolie qui risquait de s'installer, posant le dé sur le meuble, elle tira à elle une des robes qui dépassaient du dernier tiroir. Elle la déplia dans un défilé de poussière et de minuscules araignées.
Le tissu avait dû être magnifique et comparable aux robes des princesses, il en allait de même pour les dentelles rongées par le temps. Cette parure déchue lui amena aux yeux quelques picotements de regret. Est-ce qu'elle avait appartenu à un habitant du manoir ? Ou bien peut-être à... Non. En tout cas, elle n'imaginait pas la femme qui avait pu la porter autrement que belle comme le jour.

Une araignée noire profita de cette contemplation maladroite pour filer et frôler sa main dans le processus. Nikoleta étouffa un hoquet horrifié, lâcha la vieille harde et cogna la commode d'un coup de coude qui envoya de l'électricité à travers tout son bras. Le dé roula et arrêta sa course précaire entre deux lattes, près de vieilles corbeilles. Nikoleta le ramassa avant de contempler les paniers, perplexe. Et si... ? Sans aucune autre pensée, elle plongea la main dedans et entrepris de les vider des oursons aux yeux noirs de bille qui les habitaient. Au cas où, ça valait bien de déranger toute une armée de grosses araignées semblables à celle qui l'avait fait sursauter.

Du moins, c'était toujours ce qu'on se disait avant que ça nous arrive.


Dernière édition par Nikoleta Papadakis le Dim 29 Déc 2013 - 16:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Sam 23 Nov 2013 - 1:03




Nikoleta regarde dans les corbeilles, et trouve :

« Rien que des déchets. Et des chewing-gums qui collent aux doigts. »

[ACTION 3/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 22 Déc 2013 - 16:17

Suivant un bref instant la progression de Nikoleta, juste le temps de vérifier que tout allait bien dans le meilleur des mondes – sans pied empalé, par exemple – le jeune homme eut tôt fait de se détourner vers ce qui restait encore à vérifier de la pièce. Ça risquait d'être long ; inutile d'être diplômé pour deviner que sa patience, aléatoire, risquait de s'épuiser avant ses jambes et ses bras. Ce n'était pas une petite pièce. Pas un endroit facile à fouiller non plus.
Lorsqu'il s'éloigna de l'armoire, la nuque et l'épaule encore un peu raidis par la douleur, quelques lattes soufflèrent leur désapprobation en un concerto de grincements sinistres. Ces vieux machins pourris auraient mieux fait d'être rangés. Éloignant une toile d'araignée de son chemin d'un geste indifférent du poignet, yeux rivés sur le sol, le jeune homme laissa ses pensées frôler les objets qu'il piétinait sans compassion. Cet endroit sortait définitivement du lot, comparé aux autres pièces du Manoir. Un salon, une bibliothèque, une cave, des dortoirs ou encore un lac – tout semblait prêt à les accueillir à la façon d'un institut quelconque, comme une sorte de vieux Poudlard poussiéreux. Le grenier, en revanche, n'avait rien à faire dans un lieu de vie et d'apprentissage pour étrangers. C'était le genre d'endroit où personne n'aurait dû monter s'il y avait une quelconque forme d'autorité dans cet endroit ; lui, du moins, n'aurait pas fourni d'espace dépotoir à ses élèves ou autres adolescents en crise. Quel intérêt ? Ce n'était pas comme s'ils auraient eu grand chose à y faire, quoi que ce soit à y mettre.
Avisant un matelas vieilli, jauni et usé par l'abandon et le manque d'entretien, Aarne s'accroupit souplement. Est-ce que cet endroit avait servi de débarras après le départ des anciens pensionnaires, histoire de mettre leurs affaires quelque part sans pour autant tout brûler ? D'un geste chirurgical, un bout de lampe brisée en main, il fit une profonde entaille dans le tissu tendre. Il se pouvait également que ces choses en désordre aient appartenu aux propriétaires : en ce cas, d'une façon ou d'une autre, les observer dans le détail pouvait forcément leur apporter des morceaux – même abstraits – de réponse. Ses yeux pâles, étonnamment froids et méticuleux malgré la brusquerie dont il fit preuve pour déchirer le reste en deux, cherchèrent en vain un quelconque indice sous le tissu du matelas. Comme si, hein. Ça ne servait qu'à lui calmer les nerfs, de tout mettre en pièce. Méthodiquement et sous prétexte de bien faire, peut-être, mais ça revenait au même : ses dents serrées grincèrent de frustration. Lâche cette lampe, tu vas te blesser.
Après une autre entaille parfaitement gratuite dans son punching-ball improvisé, le finlandais jeta l'arme du crime et se redressa. Le bruit d'un meuble qu'on heurte fit pivoter ses épaules avant qu'il n'ait eu le temps d'avancer vers une des étagères de livre : Nikoleta, visiblement, avait décidé de laisser quelques os aux meubles de cet endroit. Puisque ça avait l'air d'aller, il ne jugea pas utile de lui demander confirmation. Elle était bien assez grande pour se débrouiller toute seule.

D'un pas que l'agacement commençait à rendre plus lourd, le jeune homme alla tirer quelques ouvrages au hasard d'une étagère que même le pire architecte du monde aurait pu faire moins bancale. La poussière passa sans cérémonie des couvertures à ses doigts ; une moue dégoûtée au visage, il finit par passer la manche de sa chemise contre les titres illisibles. Cet endroit devait être un foutu nid à bactérie. Peut-être aurait-il mieux fait d'enfiler une blouse et des gants avant de venir là, tout compte fait – ça lui aurait évité les potentielles infections et autres morsures d'insectes tapis dans les plus petits recoins.
Les trois livres, inintéressants, finirent leur course auprès de quelques uns de leurs confrères déjà au sol. Pourquoi étaient-ils ici au lieu d'être dans la bibliothèque, hein ? Sur quel critère ces personnes avaient pu se baser pour juger ces titres obsolètes ? Il y avait des trucs sacrément vieux et stupides dans la bibliothèque, pourtant. C'était stupide. Intriguant. Les pièces des autres étages étaient toutes rangées par l'autre automate d'un mètre cinquante, à raison d'à peu près une fois par semaine pour la plupart – sans compter les efforts conjugués de certains pensionnaires sensés – mais le grenier, lui, semblait épargné. Est-ce qu'après l'avoir rangé, il serait revenu dans son état originel ? D'autres livres finirent au sol. Ce truc lui filait des maux de crâne.

« Nikoleta. » Un livre, déséquilibré, faillit lui tomber sur le pied. « Merde. Tu trouves pas ça bizarre... »

Derrière ses yeux bleus, pour l'heure occupés à déchiffrer un manuscrit délavé par le temps, la mécanique ne cessait jamais de marcher. La feuille dans sa poche pesait le poids des secrets ; combien on gagne à la garder, tu crois ?

« Que des types capables de buter ou d'enfermer qui bon leur semble s'amusent à nous laisser trouver le plan top secret qui nous fera sortir d'ici ? »

Peu de personnes ici lui inspiraient confiance ; et si Nikoleta en faisait partie, Rudy pas. Ça ne l'aurait pas étonné qu'ils soient en train de tout récupérer à leur place. Voire que ce soit un piège cruel. Une mascarade. Un jeu.
Pas question d'être un putain de pantin.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 29 Déc 2013 - 17:18

...

Nikoleta retira sa main de la corbeille et la secoua ; un vieux chewing-gum en tomba et alla roula dans la poussière au sol, étrangement humide pour un truc qui n'avait pas dû être touché depuis des années. La jeune femme grimaça, n'osant penser qu'un idiot y avait plongé la pâte molle et sans goût récemment. Elle se saisit d'un ourson brun et blanc, en décollant le plus délicatement possible les morceaux verts et durs, prenant garde à ne pas lui arracher trop de poils. Elle s'insurgea tout bas de ce que personne n'avait de respect pour les jouets des enfants ; qu'ils soient vieux n'y changeait rien, leurs yeux noirs et rayés qui la contemplaient, placides, lui soufflaient mille souvenirs fabriqués de toutes pièces – mais assez attendrissants pour qu'elle s'y laisse prendre. Plus loin, Aarne éventrait un matelas. Les mains fines de la jeune femme alignèrent les anciens résidents de la vieille corbeille, remirent les déchets dans la boite et frottèrent les résidus restés collés à sa peau. Dans le silence de la charpente, elle se redressa et laissa là les robes fantômes et la farandole des oursons sans sourire.
Le froid la saisit comme une plaisanterie incongrue. Elle referma les bras autour d'elle, se moquant de voir des fantômes derrière chaque siège, et se dirigea vers un secrétaire à qui il manquait un pied. Le doigt qu'elle passa sur la surface empoussiérée laissa un profond sillon, découvrant un bois qui avait perdu son brillant depuis longtemps. Il n'y avait plus rien dans les tiroirs qu'elle tira, à la recherche du papier si caractéristique des feuilles du journal de Rudy. Quelques araignées, quelques miettes, quelques morceaux de crayons, même une plume brisée en deux ; mais rien d'autre. Déçue, un peu nostalgique, elle délaissa le meuble orné pour des morceaux de bois qui avaient pu être n'importe quoi dans une vie antérieure. Elle hésita à les pousser car elle craignait les morsures des grosses araignées noires. Un soupir plus tard, la voix de Aarne résonnait, l'arrachant à ses recherches superficielles. Son prénom la fit bêtement sursauter, et elle attendit, anxieuse, la suite de la phrase.

Bizarre ?

« Que des types capables de buter ou d'enfermer qui bon leur semble s'amusent à nous laisser trouver le plan top secret qui nous fera sortir d'ici ? »

Le faible sourire de Nikoleta se mua en grimace. Sa main se posa sur un des panneaux de bois sans vraiment sentir le bois rugueux sous ses doigts. Elle le serra pourtant un peu trop fort. Elle y avait pensé, évidemment ; n'était sans doute pas la seule à avoir jeté les petits détails de côté pour se concentrer sur les recherches, aveuglée par la récompense qu'on lui faisait miroiter au bout du chemin. A présent, elle triturait le collier qui pendait à son cou, pensive. Elle avait trop d'espoir pour vouloir penser que tout ça rimait avec « piège » et non avec « sortie ». Histoire de s'occuper l'esprit, elle prit un vase fêlé et mit vaguement le nez à l'intérieur. Pas de feuille, pas d'araignée, juste le noir et son absence de nuances.

« Si, mais... je préfère ne pas trop y penser. On ne sait jamais, peut-être qu'ils ne l'ont pas remarqué, ou qu'ils ne savent pas... »

Nikoleta posa le bibelot sur le secrétaire, désespérée de n'arriver à créer qu'une parodie de nature morte. Pas même le plus minable des peintres n'en aurait voulu. Les objets à ses pieds protestèrent contre sa progression nerveuse, cherchant à l'enrayer en s'enroulant autour de ses chevilles. Elle les repoussa, quelques fois du talon et quelque fois de la main quand ça ne suffisait pas, et jeta un œil au plafond mansardé.

« D'ailleurs, personne ne les a jamais vus. »

Du moins le croyait-elle : depuis son arrivée, pas l'ombre d'un propriétaire dans ce grand manoir. Pas même au détour d'un couloir, ni sous la forme d'une ombre furtive au salon ou dans la bibliothèque. Il n'y avait qu'eux et les drôles d'automates qui allaient et venaient, disparaissant sans qu'on puisse se l'expliquer. Comme si mille et une trappes gisaient, inertes et inconnues, sous l’incarnat des couloirs. Nikoleta cligna des yeux, l'incompréhension ancrée dans la peau.

On expliquait jamais rien, ici. On marchait dans les couloirs sans savoir où aller, pris dans une brume dont les contours polis ne donnaient qu'un trop bref aperçu de la réalité.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Jeu 9 Jan 2014 - 15:45

Putain de pantin, putain de pantin – ce que ça pouvait être drôle, bordel. Pantin de putain. Plus il y réfléchissait, plus cette histoire lui semblait d'un bancal douteux. Pas du genre « ça va se casser la gueule dans trois secondes si je continue de réfléchir », non, même pas ; c'était bien ça, le problème. Ça avait beau pencher pire que la tour de Pise, ce foutu journal et tout ce qui s'ensuit, pas moyen de faire tomber la structure à coups de pieds. Ce serait pas faute d'avoir essayé, pourtant. De un, rien ne leur certifiait que Rudy était de leur côté. Voire qu'il ait seulement existé. De deux, rien ni personne ne pouvait valider le contenu de ces feuilles. Ça pouvait très bien être un conglomérat d'informations construit de toutes pièces, pour ce qu'ils en savaient – ou, si ces types étaient un minimum intelligents, un beau tissu de mensonge sur fond de vérité. Rien de tel pour embrouiller tout le monde. De trois, comment justifier le fait que des personnes censément si intelligentes et puissantes et malignes et tutti quanti les laissent faire leur marché sans réagir ? Ça tenait pas la route. De quatre, Aarne ne comptait pas faire confiance à un type qui, en plus d'être roux et myope, s'amusait à écrire un journal intime. Pitié. Sa sœur de dix ans écrivait un journal intime. Ce mec était clairement un attardé de première.
Le livre qu'il tenait finit au sol à son tour, soulevant un nuage de poussière et de résidus divers dans sa chute. Il aurait pu continuer longtemps comme ça ; peu importe l'angle sous lequel il regardait leur petite chasse au trésor façon classe de primaire, il manquait quelques vis et pas mal de coups de marteaux pour la rendre crédible. Ne pas pouvoir tout démonter en était d'autant plus frustrant. Trop de questions sans réponse, trop de points flous ou juste invisibles – trop de coïncidences et de jolis appâts trop mal cachés donnaient à ce Manoir des airs d'immense attrape-nigaud. Alors peut-être que Rudy avait vraiment existé, oui. Peut-être que même si c'était un pauvre abruti avec deux de Q.I, en effet, il avait réellement voulu aider les générations suivantes ; allez savoir, il avait pu avoir un moment de grâce dans sa misérable vie. C'était possible. Les pourcentages parlaient d'eux-même, quoi que ça ne lui plaisait qu'à moitié.

Mais est-ce que ça les ferait sortir ?

Aucune chance.

« Si, mais... je préfère ne pas trop y penser. On ne sait jamais, peut-être qu'ils ne l'ont pas remarqué, ou qu'ils ne savent pas... »

Le finlandais, blasé devant l’Éternel, leva les yeux au plafond. C'est ça, chérie. Avec ou sans sucre, tes belles illusions ?
Bien sûr que si, on sait. Et si on sait, ils savent. Il y avait quand même des espèce de... D'il ne savait même pas quoi – Dieu ne devait pas avoir inventé de mot suffisamment insultant pour qualifier ces espèces d'erreurs de la nature – qui couraient partout en hurlant. Hurlant. Sans exagération. Qu'ils avaient trouvé une feuille dans le troisième tiroir de la grosse commode posée contre un des murs du salon. Alors oui, évidemment, en supposant que leurs bourreaux soient des vieillards gâteux, sourds et tout juste capable de remettre et enlever leur dentier, il restait encore une toute petite, infime, minuscule chance qu'ils n'aient pas remarqué.
Et encore. Il n'y aurait pas eu assez d'arbres dans la forêt pour pendre tous les crétins qui avaient pu crier un truc du genre. Foutu fichu.

« D'ailleurs, personne ne les a jamais vus. »

A ces mots, Aarne se rendit compte qu'il était en train de lisser les pages d'un livre dont il n'avait strictement rien à faire depuis trop longtemps déjà : à nouveau, le pauvre ouvrage finit sa course parmi les débris. Jugeant que démolir l'ordre déjà précaire des étagères ne lui apporterait rien de concluant, le jeune homme fit un pas sur le côté. Puis deux, trois. Jusqu'à se pencher au-dessus d'un tas de planches et de morceaux de tissus couverts de vieux livre, intrigué par l'éclat métallique que ses yeux avaient perçus en dessous.

« Non. Rien que leurs putains de pantins. » Et là, il ne parlait plus de lui ; la petite femme de ménage, entre autre, avant l'air aussi vivante qu'une mauvaise poupée gonflable. « Quoi que. »

Après avoir écarté tout le bazar qui le recouvrait, il extirpa de sa tombe de fortune un télescope moyenne gamme ; son trépied avait fichu le camp et il était rayé de partout, mais le vieil objet eut le mérite de suffisamment piquer sa curiosité pour lui éviter un destin funeste. Sans brusquerie, accroupi pour mieux le manier, il le cala sur ses genoux.

« Si t'es un minimum malin et que t'as un livre à planquer, tu le mets dans une bibliothèque. Si c'est un corps, tu le fous dans un cimetière, ajouta-t-il en essuyant les lentilles avec sa manche. On les croise peut-être tous les jours, pour ce qu'on en sait. »

Posant un œil prudent contre l'appareil, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire cynique.

« Je dirais même qu'on leur donne peut-être les feuilles, pour ce qu'on en sait. »



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Dim 16 Fév 2014 - 23:58

...

Elle ne voulait pas y penser. Sincèrement, vraiment, elle ne voulait pas imaginer que les propriétaires puissent savoir et les attendent au prochain tournant, désillusions à la main. L'idée de pouvoir rentrer et serrer ses parents contre elle l'aurait poussée à croire des choses bien plus absurdes, à avaler les mensonges les plus évidents. Ses doigts enserrèrent un pan de tissu, dégagèrent quelques débris de jouets en bois sous lesquels gisaient encore d'autres livres en miettes. Les coups d’œil fréquents qu'elle lançait à Aarne la trahissaient, presque suppliants, tandis qu'elle martyrisait sa lèvre. Elle savait bien qu'il avait raison et qu'il aurait mieux valu y réfléchir à deux fois avant de se lancer à la recherche de feuilles dont on ne connaissait rien – et surtout pas leur auteur. Elle balança un morceau de bois pourri, le cœur lourd. Rudy pouvait mentir, il pouvait les mener en bateau, ça ne pouvait qu'être une plaisanterie cruelle de la part de leurs geôliers ; peut-être même tout à la fois. L'envie de retrouver un sol et des paysages connus avait entamé bien des méfiances et des volontés.

La sienne en premier. Pourtant, ça ne faisait pas si longtemps, comparé à d'autres, qu'elle était coincée entre ces quatre murs. Nikoleta se reprocha ces méditations négatives et se concentra sur les éclats blanc cassé qu'elle avait envie de distinguer sous toute cette pagaille.

« Si t'es un minimum malin et que t'as un livre à planquer, tu le mets dans une bibliothèque. Si c'est un corps, tu le fous dans un cimetière. On les croise peut-être tous les jours, pour ce qu'on en sait. »

Aarne essuyait un vieux télescope ; Nikoleta le regarda faire, n'appréciant que moyennement ce qu'il était en train d'insinuer. Elle était sans doute trop ingénue, et elle ne lui aurait pas posé la question : il aurait dit oui, elle le savait. Stupide, débile, naïve, idiote. A quoi elle pensait, hein ? Que ramasser les feuilles d'un journal intime et les rassembler allait créer une brèche dans le mur et leur permettre de regagner leur réalité respective ? Une petite carte postale du Pensionnat et puis plus rien ? Non, même elle savait que c'était impossible. Elle enfonça ses ongles courts dans ses paumes, réussit à se faire saigner. S'en étonna et y porta les lèvres, soucieuse.
Si ça se trouve, tu dors à côté d'eux, et tu n'en sais rien. Depuis le début tu leur raconte tout ce que tu ressens ici, la peur, l’oppression, les doutes ; et tu n'en sais rien.

« Je dirais même qu'on leur donne peut-être les feuilles, pour ce qu'on en sait. »

Et Aarne ?
La jeune femme se redressa brusquement, laissant tomber le coffret qu'elle avait ramassé. Le bois brisé laissa s'échapper colliers en teintes vert-de-gris et boucles d'oreilles ébréchées. Elle vit même une émeraude pâlotte lui faire un clin d’œil à travers toutes ces parures sans éclat. Elle en eut un haut le cœur qui lui remua l'estomac et cogna violemment contre ses poumons. Bien sûr qu'elle voulait sortir, bien sûr que sa famille lui manquait et qu'elle voulait la revoir ; elle avait même raté les Jeux Olympiques. Ils étaient à Athènes, cet été.
Ils n'avaient pas le droit de leur faire ça.

« Non, on s'en serait aperçu... (elle y croyait à peine, elle n'y croyait pas, elle n'arrivait pas à sourire) Ce n'est pas comme s'ils pouvaient se promener comme ça, sans qu'on les remarque, hein ? On s'en rendrait forcément compte. »

Forcément. Un défilé de visages, de scènes et de décors quotidiens traversa sa mémoire comme un éclair lumineux, un flash douloureux. Où était censé se trouver l'intrus, s'il avait jamais existé ? Nikoleta le voyait partout, insidieux, prêt à se moquer d'eux et fendre son visage banal d'un affreux sourire. Qui devait-elle croire ? Pas elle-même ; elle allait s'angoisser et se perdre si elle le faisait. Elle devait arrêter de penser.
Tout de suite. Elle se laissa retomber à terre, remit les bijoux dans leur boîte qui ne fermait plus depuis longtemps.

« … On va quand même leur donner la feuille ? »

Juste pour être sûre. Je t'écouterai toi.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Ven 21 Mar 2014 - 18:04

Le bruit du bois heurtant le sol, à quelques pas de là, attira un instant l'attention et le regard d'Aarne – trop désintéressé, comme souvent. Il se doutait bien que ce n'était pas le genre de remarques qui allaient aider Nikoleta à dormir. Pas besoin d'avoir passé dix ans avec elle pour comprendre quelque chose d'aussi simple. Ou le remarquer, au moins. Il ne savait pas exactement à quel point ce qu'il disait pouvait l'énerver, l'inquiéter ou même lui enrailler le cerveau : pour ça il aurait fallu lui poser la question et espérer une réponse entièrement sincère que, pleine de bonne volonté ou pas, elle n'aurait de toute façon pas pu lui donner. A moins qu'elle soit très douée niveau introspection. Et ait une confiance totale en lui, au passage – il ne pouvait pas jurer que ce soit le cas.
Alors tant pis. Œil gauche de nouveau appuyé contre l'embout du télescope, occupé à tenter de régler ce truc idiot, le jeune homme abandonna là ses scrupules et le peu de doutes qui lui tapaient sur le système. Il savait ce qu'il faisait, où il allait. A peu près. Suffisamment. Son amie n'était pas exactement la mieux placée pour lui renvoyer la balle quand il décidait de lancer ses pensées et théories dans le vide mais, pour être tout à fait honnête, il voyait mal qui solliciter sinon elle. Avec Nikoleta, au moins, il était sûr que rien ne serait répété. Le risque était infime. Qu'elle soit Einstein ou bête comme un balais, après, lui importait assez peu. Il avait juste besoin de s'entendre parler.
Par expérience, la connerie transparaissait beaucoup mieux à voix haute. Sûrement un truc dans l'air.

« Non, on s'en serait aperçu. »

Le noir devant ses yeux s'était fait galaxie ; les particule de poussières, affolées, y dansaient en pluie disparate. Pour un peu, il aurait pu trouver ça presque joli.
Presque.
Déjà lassé, vraisemblablement ennuyé, il posa son jouet au sol. Ce genre d'affirmation était franchement utopique. Comment démarquer une personne d'une autre, hein ? Il ne se pensait pas stupide, très loin de là, et pourtant même lui n'avait aucune solution miracle pour faire sortir les intrus de leur cachette – si intrus il y avait. Accuser sans preuves n'avait aucun intérêt. C'était même dangereux. Le proche cousin de crier au loup. Her, franchement. Quelle aurait été la réaction de la moitié du monde en apprenant que quelqu'un comptait révéler son plus horrible et inavouable secret ? Lui n'aurait vraiment, mais alors vraiment pas apprécié.
Tuer le type qui venait de crier « c'est toi depuis le début » aurait été irrémédiablement débile, bien sûr, mais ça aurait quand même fini par arriver. Tôt ou tard. D'une façon ou d'une autre. La dure loi de la vie.

« … On va quand même leur donner la feuille ? »

Dos redressé, plongé dans ses réflexions, le finlandais remit machinalement une mèche blonde en place. La question se valait. Contrairement aux apparences, il ne s'était pas juste bêtement mis en tête de la garder avec lui pour ennuyer son monde et la protéger de personnes en qui il n'avait aucune confiance. C'était complexe. Il y avait des avantages à la donner comme à la rendre : le tout était de peser le pour et le contre, de décider de ses priorités.
Ses yeux clairs, sous ses sourcils froncés, suivirent le manège des bijoux passant du sol à la boite.

« … Nan. Si on en trouve une autre, on verra. »

D'un geste méticuleux, il sortit la feuille en question ; avec plus encore de précautions, il la plia ensuite en son parfait milieu. Si certaines lignes n'y survivaient pas, aucune importance. Il avait tout mémorisé quoi qu'il en soit, et aucune intention de vendre ou abîmer sa mémoire dans les prochaines semaines.
Dans une plainte presque inaudible, le papier se déchira en deux morceaux.

Le bazar amoncelé au sol ne l'empêcha pas de rejoindre la jeune femme : moyennant un truc informe balancé hors de son chemin d'un joli coup de pied, il fut bientôt suffisamment proche pour pouvoir lui toucher l'épaule en tendant le bras. Admettant qu'elle n'était ni sourde ni aveugle, il se contenta de plier la première partie de la feuille en quatre et de la lui tendre. Comme il s'en était fait la remarque, l'état de ce machin lui importait peu ; il aurait pu la brûler que ça n'aurait rien changé à ce qu'elle lui avait appris.
A savoir, dans les grandes lignes, que Rudy était particulièrement chiant.

« Tiens. Garde ça. »

Ils n'étaient pas dans un manga débile. Ce n'était pas les réunir au même endroit qui ferait subitement apparaître une arme magique venue tout droit d'il-ne-savait quel endroit à la con.

« T'évites de la montrer à tes... » Sa main fit un mouvement vague dans l'air. « Copines. Enfin ce serait pas gravissime non plus. »

La vie sociale de Nikoleta appartenant à Nikoleta, il voyait très mal (à part ses colocataires) à qui elle aurait pu spontanément aller se confier. Vu l'avis que les gens avaient de lui, en général, c'était beaucoup mieux pour tout le monde.

« Pas besoin de ce mec pour trouver comment sortir, de toute façon. »

Son grommellement agacé fut suivi du bruit, à peine perceptible, de sa moitié de feuille pliée puis de nouveau rangée dans sa poche.
Celui d'objets dans lesquels il donna un magnifique coup de pied, un pas plus loin, le fut nettement plus. Quel endroit débile. Ce serait un miracle s'il ne finissait pas par faire tomber une montagne de trucs et enterrer quelqu'un.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mar 1 Avr 2014 - 21:32

...

« … Nan. Si on en trouve une autre, on verra. »

L'envie de protester ne dura pas et se perdit très vite entre une boucle d'oreille orpheline et un collier à la pierre ébréchée. Ses doigts joutant contre le mécanisme de fermeture irrémédiablement cassé, Nikoleta ne regarda pas Aarne sur le champ, trop effrayée à l'idée de ce qu'elle pourrait imaginer dans ses yeux. Elle ne pensait pas être particulièrement douée pour saisir les nuances de l'âme, mais pour se faire des films, elle était championne. Couronne de laurier sur la tête et tout le bataclan. Elle soupira pour la énième fois – ne savait-elle faire que ça ? – et se résigna à laisser les parures pendre de chaque côté de la boîte comme autant de cous cassés. Songeant à ça, yeux rivés à une particule de poussière qui tournoyait dans un raie de lumière, elle se demanda pourquoi les premières comparaisons qui lui passaient par la tête étaient aussi morbides. Elle n'aimait pas les films d'horreur, pourtant. Le réflexe de tourner la clé dans la serrure tenait autant de la peur de voir un assassin se faufiler dans la chambre qu'un monstre ramper de dessous le lit.
C'était stupide, mais c'était comme ça. Quand enfin elle ouvrit la bouche pour répondre une idiotie, elle vit qu'Aarne était près d'elle et lui tendait un carré jaunâtre.

« Tiens. Garde ça. »

Un sourcil levé en guise d'interrogation, à laquelle elle savait que le finlandais ne répondrait pas, Nikoleta déplia doucement la feuille et vit qu'il s'agissait du morceau du journal de Rudy – ou plutôt du morceau d'un morceau du journal de Rudy. Ses yeux s'écarquillèrent et ses lèvres tremblèrent d'appréhension. Elle hésita à laisser filer un couinement indigné pour illustrer ses sentiments. Et si à cause de ça la magie du papier était rompue ? Si à cause de ça le secret du journal était à jamais perdu ? Elle replia la moitié de feuille très lentement, en proie aux pires démons et hypothèses.
Un bout de verre lui rentrait dans le genou, sans qu'elle songe pour l'instant à l'enlever ou à se redresser.

« T'évites de la montrer à tes... copines. Enfin ce serait pas gravissime non plus. »

Et si c'était ce qu'il venait de faire, qui était gravissime ? Elle abandonna l'idée de lui faire remarquer quand, après une insulte bien sentie à Rudy, il envoya bouler avec humeur un tas hétéroclite d'objets pourris et cassés. Comme si le bruit l'avait enfin sortie de sa transe contemplative, la Grecque fit jouer ses mains et ses jambes, fit craquer le parquet sur lequel elle se tenait. Elle remarqua enfin le pincement à son genou, qui la fit grimacer, et l'éclat de lampe qui en était fautif. Un peu plus ou un peu moins... songea-t-elle en frottant une main que les échardes n'avaient pas épargné.
Elle fut tentée de se replonger corps et âme dans une fouille qui s'était déjà avérée fructueuse. Pourquoi ne pas continuer sur leur lancée ? Dans le même temps, le doute lui compressait si violemment l'estomac que faire un pas en avant tenait du miracle. Elle jeta un regard singulier à une poupée qui la fixait depuis l'autre bout de la pièce et sur laquelle tombait, luminaire opportun, un rayon blafard.

Sinistre. Donner ou pas donner ? Maintenant qu'Aarne avait planté les épines du doute dans son esprit, inutile d'essayer de lui tirer la moindre affirmation. Elle faisait confiance à ses amis et aux anciens pensionnaires ; mais plus encore à Aarne, qui devait posséder à lui seul la moitié de sa confiance abîmée. S'il lui arrivait de remettre en doute ses actions, elle finissait par y adhérer avec une assurance presque butée.

Consciencieuse, elle retira un morceau d'étagère d'un coin pour examiner les cartons qu'il cachait.

« Et pourquoi tu crois qu'ils refusent de nous laisser sortir ? Ce n'est pas comme si on leur était d'une quelconque utilité ou qu'ils nous exploitaient... »

La question, lancée l'air de rien, la torturait de temps en temps, quand elle prenait le temps d'y penser. Juste pour ouvrir le débat, d'accord ? A croire qu'elle lui demandait encore de lui faire peur.

Vas-y chéri, fais-moi peur.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Ven 25 Avr 2014 - 1:40

« A ton avis ? »

L'esprit d'Aarne, critique, renvoya la question à l'envoyeur sans se faire prier. A ton avis, pourquoi ? La vérité, c'était qu'il n'en avait pas la moindre certitude. Uniquement des idées, des fragments de possibilités, des réponses avortées, des points d'interrogations à la chaîne et des points de suspension à n'en plus finir. Il ne savait pas. Nikoleta non plus ne savait pas. Comment aurait-elle pu, hein. Si critique, si acide. Elle n'était pas plus bête qu'une autre, au fond ; elle pouvait très bien être quelqu'un d'autre. Au fond. Comme il s'en était fait la remarque un peu plus tôt, sceptique de tout et de tout le monde – surtout des anciens, un peu trop bien installés à son goût. Mais non. Allez savoir. Son cerveau lui disait qu'elle était clean, alors il se croyait : la moitié de feuille entre ses petits doigts un peu tremblant, il la croyait.
Il ne voulait pas avoir le choix.
Ses pas le ramenèrent près des oursons. Foutus jouets. Ils avaient pas appartenu à des gamins, si ? Même à lui, ça lui filait des frissons. Ça ressemblait au grenier abandonné d'un vieux manoir où on aurait fait des putains d'expériences douteuses sur des enfants abandonnés, par certains aspects. Il détestait ça. Ça le rendait quasiment malade – physiquement malade. Ces joujous stupides, il s'en fichait éperdument. Ce que ça sous-entendait, caché entre l'herbe et le marbre, c'était tout autre chose. Ils étaient tous jeunes, ici. Alors, mon grand, à ton avis ?
Ça pouvait être n'importe quoi. N'importe quelles raisons foireuses, n'importe quel plan tordu – et pour une fois, l'honnêteté lui serra la gorge. Il avait froid.

« Je sais pas, Nikoleta. Sérieusement. »

C'était comme s'avouer vaincu. Ça se sentait. A sa voix plus calme, presque plus douce ; à ses gestes précis et minutieux quand il s'accroupit, puis s'assit sur un coffre pour sortir plusieurs oursons de leur corbeille. Tous un peu abîmés, déchirés, cassés. Ça aurait fait mal au cœur de leur propriétaire de les voir dans cet état. Sans doute. Indifférent, il en plaça quatre devant lui. Face à face, contents, avec leurs yeux parfois déglingués et leurs sourires presque flippants. C'était juste morbide. Toute cette baraque l'était. Des fondations aux combles, rien n'y échappait – de la blancheur de l'infirmerie à la noirceur de la cave, rien n'allait.
Question. Pourquoi ?
Parce que c'était comme sur Terre. Une version miniature de leur Terre pourrie, en un tout petit peu mieux. Parce que le Dieu de cet endroit s'en occupait sans se montrer, caché derrière des tours de magie qu'ils ne comprenaient qu'à peine. Parce qu'ils étaient livrés à eux-même. Parce qu'ils avaient peur. Parce qu'ils étaient seuls et voulaient sortir. Parce que quelqu'un était derrière tout ça et s'appliquait à ce que l'ambiance reste glauque.
Ce n'était pas l'attitude de quelqu'un voulant le bien de ses pensionnaires, si ?

Non.

« Heeeey. Salut. »

De la main droite, il fit bouger un ourson ; celui qu'il tenait dans la gauche répondit d'un même mouvement.

« Salut.

-T'as vu le dernier truc qu'ils ont inventé, ici ?

-Non, c'est quoi ?

-Une piscine a apparu. Et tu sais quoi ? »


Lâchant le premier ourson, il atrappa un de ceux qui jusque là était resté assis au sol ; parfaitement neutre, il lui arracha les yeux.

« Non, quoi ?

-Elle était remplie de poison. »


Il laissa filer un rire. Ha ha ha. Ce qu'on rigole avec ces oursons, hein ?

« La nourriture est peut-être empoisonnée aussi.

-Elle l'était. »


Il creva le ventre du quatrième ourson ; un morceau de verre fit l'affaire.

« Bha. J'en ai marre. »

Tchak, tchak. Décapités, les deux restants.

« Guillotine. »

En français, s'il vous plaît.
Blasé, il jeta un regard en biais à la grecque. Pas sûr qu'elle veuille jouer aux marionnettes avec lui après ça ; pas que ce soit une grosse perte non plus, très honnêtement.

« Tu vois ce que je veux dire ? Y'en a que ça amuse. Et quand ça les saoule, ils peuvent te virer. C'est peut-être juste aussi simple que ça. En admettant qu'on serve pas pour des tests chelous, évidem... »

Oh. Super. Yeux rivés sur les peluches, il retint un soupir frustré. C'était. Sérieusement. Malsain. Et réconfortant, d'un côté - il ne doutait pas que la plupart auraient été heureux de voir ces oursons se réparer d'eux-même, pour ensuite chercher du réconfort auprès des autres.
Agacé, il attrapa celui qui s'était retrouvé décapité au début, posé à l'abri par Nikoleta ; sans grande douceur, le finlandais le posa au milieu des autres.

« Truc débile. »

▬ Aarne joue avec les oursons.



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Dernière édition par Aarne Kinnunen le Ven 25 Avr 2014 - 14:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Ven 25 Avr 2014 - 13:53




Aarne joue avec les oursons, et trouve :

« De petits fils sortent timidement des peluches pour leur faire revenir à leur état d'origine et ils roulent doucement afin de se blottir les uns contre les autres. »

[ACTION 4/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mer 28 Mai 2014 - 22:07

...

Le renvoi trop brusque la fit sursauter et la main qui voyageait d'un bout à l'autre du carton s’écorcha contre la couverture d'un livre. Elle l'en retira pour la secouer sans oser l'y remettre ; qu'est-ce qu'Aarne voulait entendre par là ?
Nikoleta avait mis un moment à accepter cette histoire de magie, et de tours de passe-passe qui les empêchaient de rentrer chez eux. Longtemps, elle avait gardé le secret espoir dans un coin de son esprit que tout ça n'était qu'une vaste plaisanterie, et qu'un jour on sortirait les caméras des coins pour leur annoncer que tout avait été filmé et qu'ils avaient été piégés. La bonne blague ! A côté du soulagement de retrouver ses proches et sa famille, la jeune femme se serait royalement fichue de passer à la télévision – du moins dans les premiers temps. Mais ça faisait trop longtemps, et elle avait beau scruter les plafonds, rien n'indiquait un canular quelconque. De tapis volants en extraterrestres, elle avait fini par perdre la foi et accepter l'inimaginable.

Mais pourquoi ? Quel était le but, pourquoi les empêcher de partir quand ils auraient seulement pu retenir ceux qui désiraient rester ? Ses ongles courts grattèrent une ancienne étiquette, tandis que ses yeux perdus dans le vide dessinaient machinalement les contours d'une tête de lit brisée. Ils avaient eu leur lot de cris, de pleurs et de supplications pour toute une vie : si c'était ça qu'ils cherchaient, n'était-ce déjà pas largement suffisant ?
Non, elle n'en avait aucune idée. Si ce n'était pas par méchanceté ou sadisme, elle ne voyait pas ce qui pouvait les motiver à les clouer entre quatre murs comme des adolescents privés de sortie.

Curieusement, la comparaison lui fit mal. Elle qui n'avait jamais rien fait de mal de sa vie et n'avait ô grand jamais mérité la prison, voilà qu'on l'y collait sans raison ni sommation.
Elle désirait simplement qu'Aarne lui donne une excuse plausible à laquelle elle pourrait se raccrocher.

« Je sais pas, Nikoleta. Sérieusement. »

Il rendait les choses tellement, tellement plus compliquées. Avec un soupir à peine perceptible, parcouru de mille tremblements, elle passa au carton suivant. Garder le rythme, garder l'esprit occupé.

Ne pas jouer à la poupée.

La poussière lui piquait les yeux et le nez. Les objets qu'elle saisissait entre ses doigts blancs n'avaient plus ni forme ni couleur d'origine, et parfois elle peinait à deviner ce à quoi ils avaient pu servir dans une vie antérieure. Pots ébréchés, colliers cassés, livres écornés... Les cadavres s’amoncelaient comme au cimetière, sans une seule tombe décente. Prise de vertige, elle se redressa et détourna le regard. Trop stupide, trop sensible. Les grincements, à l'autre bout de la pièce, n'attirèrent pas son attention.
La voix de son petit ami, en revanche, lui fit pivoter la tête, surprise. Aucune chance qu'il parle à un fantôme ou que quelqu'un soit entré sans qu'elle l'ait remarqué, hein ?

Une armée d'oursons rapiécés pour tout auditoire. Elle n'était sûre de vouloir entendre la suite, mais ses jambes coulées dans le ciment ne lui laissaient guère le choix.

« T'as vu le dernier truc qu'ils ont inventé, ici ? »

Ahaha. Quand les billes furent arrachées de l'étreinte des fils qui les embrassaient, les mots s'entassèrent dans sa bouche sans daigner sortir. Arrête, s'il te plaît, arrête.

« La nourriture est peut-être empoisonnée aussi. »

Elle posa les mains sur ses lèvres, comme prise d'un malaise. Peut-être que c'était le petit-déjeuner qui ne passait pas ? Hilarant.
Ces jeux morbides ne l'amusaient pas du tout. Guillotine. Aarne dut le voir à ses yeux brillants comme des diamants, sans s'en soucier, et elle ne lui demandait pas de prendre ses états d'âme en compte. Ce n'était pas comme si elle attendait quoi que ce soit de lui de ce côté là.

Mais s'il avait pu simplement arrêter de remuer les éclats d'angoisse qui s'agitaient au fond de son estomac...
Idiote, murmura la voix à son oreille, c'est toi qui a ramené le sujet sur le tapis. Se plaignait-elle qu'il lui réponde sincèrement ? Il aurait pu l'envoyer balader et elle s'en serait sentie tout aussi mal. Les lattes craquèrent, même sous son poids plume ; elle jeta à peine un regard aux oursons qui s'étaient blottis les uns contre les autres, à la recherche d'un réconfort que plus personne ne leur donnait depuis longtemps. Elle passa les bras autour des épaules d'Aarne et serra de sa force dérisoire.

Avec des bras aussi fins, elle était incapable d'empêcher qui que ce soit de partir. Incapable.

« Tu me fais peur. »

La jeune femme ne se préoccupait pas des paradoxes – qu'il lui fasse peur mais s'accroche, qu'elle lui pose une question et se bouche les oreilles pour ne pas entendre la réponse. Elle avait juste besoin d'être rassurée, tant pis si ça faisait mal. De temps en temps, elle pouvait encaisser les chocs et les déceptions.

Elle n'en voulait pas à la chaîne. Elle voulait sortir mais se foulait constamment la cheville sur les petits détails. Pas moyen de tenir debout quand la réalité s'accrochait aussi fort à ses chevilles.

Et souvent, elle se demandait si elle en verrait le bout ou finirait comme tous ces objets à l'abandon, poupée cassée, rafistolée, laissée dans un coin à la merci du soleil et de la poussière.

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[RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}

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