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 [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}

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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Jeu 5 Juin 2014 - 22:22

Pourquoi avoir fait ça, hein. Pour se prouver quelque chose ? Pour terroriser Nikoleta ? Lui-même n'en était pas certain. Il était simplement fatigué, agacé, énervé, ennuyé de chercher quelque chose dont il n'approuvait même pas la simple existence. Ce Rudy n'était peut-être que le fruit d'une imagination aussi malveillante que l'était leur naïveté ; et peut-être que, tout comme ces oursons, ils ne faisaient que rechercher le réconfort où ils pouvaient le trouver. C'était stupide. Il savait que les êtres humains, et apparemment beaucoup d'autres humanoïdes également, avaient tendance à rechercher la tendresse et les paroles rassurantes d'un proche en cas de problèmes ; que l'instinct du groupe primait sur celui de l'individu, dans des cas comme celui-là – pourtant ça ne changeait rien, c'était toujours aussi idiot. Il le savait parfaitement. L'un finirait par décevoir les autres. Des éléments dissidents feraient tout foirer et leurs belles illusions se mangeraient une fois de plus le plancher. C'était toujours pareil. Pas la peine d'en attendre beaucoup d'eux de ce côté-là. Ils se jetaient sous le bâton pour se faire battre et tout ça pour quoi ? Parce qu'il y avait des putains de bonbons en dessous. Ils n'avaient même pas faim. Ils voulaient juste manger. Se gaver d'espérances et de futiles croyances.
Dieu n'existait pas. L'espoir n'était qu'un concept sans intérêt. Seule la vérité et les faits importaient. Ces oursons devaient bien le savoir, non ?
Que blottis les uns contre les autres ou pas, il pouvait toujours lever la main et l'abattre sur l'un d'entre eux pour leur faire du mal. Aussi futile et inutile que ce soit s'ils se recousaient automatiquement, ça ne l'empêchait de rien. Était-il obligé d'agir de façon logique ? Rationnelle ? D'être gentil quand il fallait l'être et méchant quand on le lui permettait ? Non. Bien sûr que non. Il pouvait tout défier, tout envoyer valser, tout déchirer, tout casser, tout réduire en morceaux si petits que personne ne pourrait jamais plus les retrouver – il le pouvait, en était capable, en avait l'opportunité. C'était la même situation dans laquelle ils se retrouvaient en ce moment. Au-dessus de leur tête se balançait une épée de Damoclès si énorme que les fils leur tombaient parfois sur les épaules. Ne pas la voir tenait du miracle. Ou de la bêtise crasse. De la naïveté et de l'insouciance poussées à leurs extrêmes limites. Ça pouvait leur tomber dessus n'importe quand, sans raison ni jugement. Un jour, des têtes tomberaient. Et pendant que tout le monde se demanderait « pourquoi », lui chercherait « comment ». parce que c'était tout ce qui avait de l'intérêt. Ces gens pouvaient être fous.

Tout le monde n'a pas de raisons précises et claires pour faire le mal. Personne n'en a jamais eu besoin.

« Désolé. Je sais pas. »

Doucement, comme pour éviter de casser quelque chose qu'il pensait trop fragile, il passa un bras derrière le dos de Nikoleta. Il ne savait pas pourquoi il avait fait ça ; à part pour se faire peur et terroriser sa compagne en même temps, soit entendu. Il avait beau avoir l'air serein, il n'en menait pas large. Être abandonné au destin l'énervait. Il détestait ça. Il était prêt à mourir quand il devrait y passer, mais pas comme ça ; pas pour ça. C'était trop... Pathétique. Il voulait quelque chose qui lui corresponde, tout en se rendant compte que c'était beaucoup trop en demander à un mécanisme qui n'avait pas attendu sa venue au monde pour être injuste et maladroit. Ça ne changerait pas de sitôt. Nikoleta pouvait avoir peur, oui. Elle avait toutes les raisons du monde d'être effrayée. Ils pouvaient faire ce que bon semblaient d'eux, et rien ni personne dans ce monde ne savait ce qu'ils avaient comme plans à leur égard. Ça pouvait être...

Littéralement n'importe quoi.

« Ils sont peut-être fous. Ils ont peut-être leurs raisons. C'est peut-être une expérience géante sur nous. J'en sais rien. Et on en saura jamais rien, alors c'est pas la peine de s'en préoccuper. »

Sans brutalité, il la repoussa et déposa un bref baiser contre ses lèvres.

« Tout ce qui compte c'est de trouver comment sortir, pas de comprendre ce qu'on fait là. Okay ? »

Ennuyé, il fit mine de lui faire une pichenette sur le front pour l'éloigner.
Qui essayait de rassurer qui, hein, au fond... Il se le demandait.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mer 2 Juil 2014 - 18:37

...

Elle tremblait un peu, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Nikoleta n'était pas bonne oratrice, elle ne se faisait jamais l'avocat du diable ou de la foule parce qu'elle n'en avait ni la force ni la conviction nécessaires. Tout ce qu'elle réussissait à faire à peu près bien, c'était se plaindre et pleurer, craindre les ombres ou les menaces qui pouvaient s'abattre à tout instant sur sa tête. Elle aurait pu protester et critiquer le point de vue d'Aarne, lui dire qu'il était ridicule et lui démontrer par A plus B que les fondateurs ne pouvaient pas s'être glissés parmi eux juste pour le plaisir de les voir souffrir, que ça n'avait aucun sens et ne leur apporterait rien – mais sa pensée gangrenait la sienne, la rendant obsolète avant même qu'elle ait eu le temps d'arriver à maturité. Une fois le doute immiscé et explicité à voix haute, Nikoleta ne pouvait plus dormir sur ses deux oreilles. Et s'il avait raison ? Si demain un ami retournait sa veste et leur offrait la plus belle des trahisons en cadeau ? Non, elle ne voulait pas y penser.
Tout ça devait avoir un sens quelconque, il suffisait de le trouver. Il n'existait pas de question dont la réponse puisse être absurde à ce point...

« Désolé. Je sais pas. »

Mais personne ne savait. Lui ou elle, ils en étaient au même point, baignaient dans les mêmes interrogations. Parfois, Nikoleta désirait ardemment la solution miracle ou la science infuse, histoire d'être utile à quelqu'un au moins une fois dans sa vie. C'était bête, mais c'était comme ça. Aarne était dix fois plus intelligent qu'elle ne l'était et le serait un jour. Si lui ne trouvait pas, agrippait l'air sans pouvoir lui donner une forme, comment pouvait-elle espérer avoir raison ? Autant crier dans le vide, ça ne changerait rien.
Elle avait besoin de lui. Elle n'était pas certaine qu'il ait besoin d'elle, mais elle faisait de son mieux pour lui être indispensable, juste comme ça.

Ahaha. Nikoleta serra ses lèvres, amère. Encore un truc qu'elle devait réussir à merveille.

« Ils sont peut-être fous. Ils ont peut-être leurs raisons. C'est peut-être une expérience géante sur nous. J'en sais rien. Et on en saura jamais rien, alors c'est pas la peine de s'en préoccuper. »

Plus facile à dire qu'à faire ; l'idée de n'être qu'une « expérience » parmi tant d'autres la terrifiait plus que tout. Elle voulait savoir tout en redoutant la réponse et se bouchant les oreilles de peur de l'entendre, mais ça ne datait pas d'hier. Petite déjà, elle traçait le même schéma et la même comédie. Indécise, hésitante, toujours perdue et incapable de distinguer la fiction de la réalité. Les lèvres d'Aarne lui apportaient un peu de cette chaleur qui facilitait l'oubli. Elle ne voulait pas avoir à le lâcher.
La pichenette lui arracha un petit recul surpris, mais son sourire se détendit et se fit plus franc. L'insouciance avait beau ne jamais durer, quand elle était là, elle était plus forte que tout. La jeune femme frotta la poussière qui s'était accrochée à son pantalon, puis sans y penser quelques grains qui s'étaient installés sur l'épaule de son petit ami.

« Tu as raison. On devrait se concentrer sur les feuilles. »

Petit soupir soulagé, même si la pensée que causes et moyens de sortir étaient indissociables se profilait doucement à l'horizon de son esprit. Mets tout ça de côté, Nikoleta, tu n'en as pas besoin.
Elle fit taire la petite voix de la raison pour avoir la paix. Elle en avait assez des réprimandes, en avait eu son lot pour toute une vie.

« Tu crois qu'il y en a encore ici, ou est-ce qu'on devrait aller chercher ailleurs ? »

Elle préféra ne pas ramener le sujet de la feuille sur le tapis ; elle ne pensait pas parvenir à le faire fléchir ou changer d'avis. Et puis, juste au cas où...

C'était curieux comme le papier usé lui donnait l'impression de chauffer sa peau à blanc.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Jeu 11 Sep 2014 - 21:44


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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Lun 8 Déc 2014 - 2:59

...

« Sais pas. Mais vu le bordel que c'est, on aura de la chance si on trouve quoi que ce soit d'autre d'ici deux heures. »

Nikoleta jeta un œil au désordre qui jonchait encore le sol et n'avait malheureusement pas disparu le temps qu'elle lui tourne le dos ; lèvres pincées, elle fixa avec une insistance presque ridicule les monceaux d'objets épars, comme s'ils avaient pu lui amener la solution sur un plateau d'argent – même rouillé et poussiéreux, elle y croyait encore. Le sort et le hasard ne l'ayant jamais vraiment aimée (du moins s'en persuadait-elle un peu plus chaque jour), ses yeux n'accrochèrent ni feuille ni indice, rien qui puisse la décider à rester et vider tous les cartons et coffres de la pièce.
Pourtant, la voilà qui doutait de nouveau raisonnablement. Et si c'était fait exprès ? Et si Rudy avait caché la feuille de manière à ce qu'on ne la trouve pas, tout au fond d'un sac en toile usé, par exemple ? S'il l'avait pliée en quatre et glissée dans la mousse jaunâtre d'un ourson rapiécé ? Nikoleta savait qu'ils en auraient eu pour des jours à tout dégager, et que rien ne leur garantissait une nouvelle réussite. On en a déjà trouvé une, songea-t-elle avec une détermination qui enflait et dégonflait au gré de ses pensées, c'est déjà bien. Peut-être qu'il était temps de laisser là les vieux souvenirs et repartir à zéro, dans une autre pièce.

Tout bien réfléchi, elle ne savait même pas si une pièce pouvait contenir plus de deux feuilles. Sans doute que si, mais justement, dans le doute...

« On ferait aussi bien d'aller voir ailleurs. Quelque part où les crétins auront pas pensé à chercher correctement. »

Nikoleta reporta son attention sur Aarne, pensive. Et où ça pouvait bien être, ce quelque part en question ? A écouter ses amis parler, elle avait l'impression que le manoir entier avait été fouillé de fond en comble et qu'il n'y avait pas une commode au monde à ne pas avoir été passée au peigne fin. Le grenier avait toujours fait figure d'exception à ses yeux pour le désordre qui y régnait : mais les autres pièces ? Tout devait avoir été examiné avec minutie. Et si quelques mécanismes secrets se dissimulaient dans le bois sombre des armoires, avec sa poisse, elle ne risquait pas de le trouver.
Ooooh, ma fille, tu mériterais une gifle. La vie n'était pas exempte de surprise, le Pensionnat le lui avait gentiment prouvé à maintes reprises. Peut-être bien que pour une fois, elle pouvait s'autoriser la chance, hein ?

« D'accord, répondit-elle, à la fois assurée et perplexe, mais je ne sais pas trop où ils n'auront pas pensé à chercher, les... euh... »

Les crétins, oui. Aarne avait de doux surnoms en réserve pour l'ensemble du Pensionnat. Elle n'aurait pas dû s'en étonner mais persistait à le faire, histoire de.

« Les autres, conclut-elle finalement avec un soupir. Enfin, il faut d'abord qu'on sorte d'ici... »

Elle tourna la tête et vit l'ourson décapité près de la trappe. Elle l'avait presque oublié. Elle se promit de faire un crochet par l'infirmerie pour prendre du fil et des aiguilles – il devait bien y en avoir, entre deux bouteilles de désinfectant et drôles d'élixirs. Un pied en équilibre sur une montagne de désordre, tâchant de ne pas se fouler la cheville, elle tendit la main à Aarne.
Elle avait beau ne pas être tranquille et s'assurer discrètement que la feuille ne lui avait pas échappée par magie (elle savait qu'au Pensionnat, c'était loin d'être impossible), elle faisait confiance à Aarne. S'il lui disait qu'il valait mieux chercher ailleurs, elle lui obéissait, moins par manque de caractère que parce qu'elle ne savait plus où aller ni quoi faire. S'il pensait que déchirer la feuille et la garder était une meilleure solution que l'apporter au GGL, elle acquiesçait malgré ses doutes. Jusque là, il ne lui avait jamais donné de raison de douter de lui ou penser que ses actions n'étaient que le fruit de raisonnements impulsifs. Bien au contraire, elle le trouvait pensif.

Et même si on lui avait dit que c'était une très mauvaise idée, elle lui faisait confiance et n'aurait été nulle part sans lui.
Le cœur a ses raisons, parait-il ; Nikoleta était encore loin de savoir ce que le sien voulait exactement.
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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   Mer 24 Déc 2014 - 15:36

Aarne acquiesça à l'assentiment de la jeune femme sans trop y penser ; de son avis, il n'y avait rien de plus normal que de l'entendre dire « d'accord ». Si elle avait absolument tenu à rester, néanmoins, rien ne disait qu'il l'en aurait empêchée. Ce qu'il aurait fait sans hésiter, en revanche, aurait été de lui mettre sur le dos l'absence de résultats le cas échéant. Il lui aurait servi des « tu vois bien » ou autres « je te l'avais dit » sur lit de « t'avais qu'à m'écouter » en veux-tu en voilà : on ne lui aurait pas fait porter le chapeau de deux heures supplémentaire de recherches infructueuses, ça non. Il n'était clairement pas d'humeur à ça, quoi qu'il restait étonnamment calme comparé à d'habitude – ou même, plus simplement, à tout-à-l'heure. Dire de lui qu'il était une véritable cocotte-minute aurait été un peu exagéré, mais il n'en restait pas moins qu'il avait le sang chaud et qu'en règle générale, celui-ci ne faisait qu'un tour avant qu'il n'ait recours à la violence. En bon scientifique cela dit, il était aussi étonnamment capable de se maîtriser quand la situation l'exigeait. Comme quoi il n'y mettait clairement pas suffisamment du sien.

« Enfin, il faut d'abord qu'on sorte d'ici... »

Le jeune homme ne prit pas la remarque comme un défi, étant donné le peu de chemin qu'il y avait à faire d'ici à la sortie qui leur permettrait de voguer vers des horizons plus cléments. Ce n'était pas comme si un stupide grenier pouvait le retenir en otage, n'est-ce pas ? Et ce même si, quelque part, la mélancolie qui régnait dans les lieux le maintenait d'une certaine façon quelque peu prisonnier. De lui-même ou d'autre chose, ça, ce n'était pas la question : il ne voulait pas vraiment le savoir, de toute façon. Il y avait tout un travail sur lui-même qu'il n'était clairement pas prêt à faire, ni même à entamer. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour commencer quoi que ce soit d'autre qu'un départ, quoi qu'il en soit – et à en juger par la main tendue de Nikoleta, si possible un départ imminent. Il ne comptait pas la faire attendre mille ans tout ça parce qu'il y avait dans cette pièce un petit air d'il ne savait quoi qui lui rappelait vaguement des souvenirs d'enfance ; ce n'était pas suffisamment grave pour mériter qu'on s'y attarde, de son point de vue.
Et comme seul son point de vue comptait, hein.

« Ouais. Ça devrait pas être trop dur, commenta-t-il en saisissant sa main pour se dépêtrer les pieds et pouvoir se hisser vers elle, tant que tu te foules pas la cheville en chemin. »

Non pas qu'il sache la demoiselle atrocement maladroite ; mais à vouloir récupérer tel machin ou tel bidule ou faire ceci ou cela, on est jamais trop sûr de rien. Il jugeait les femmes fragiles par défaut. C'était un peu comme une marque de fabrique sur le genre féminin, qui ne se décidait à changer de nom qu'une fois preuve faite de la solidité de la dame. Il y en avait toujours pour mériter des coups plus qu'un homme : seulement sur cette portion bien large de la population, seule une toute petite partie était capable de les recevoir comme l'homme en question.
Il n'aurait jamais frappé Nikoleta. Le mur, pourquoi pas ; un seau, bien sûr ; le pied du lit s'il était dans les parages – mais frapper une fille, nan, ça ne lui disait trop rien.

« Gaffe à toi en descendant. »

Ce qui était, dans son langage bien à lui – pas si compliqué à décoder mais parfois terriblement frustrant de concision – ce qu'il y avait de plus proche du traditionnel « je t'aime ».
Et au fond, c'était déjà pas si mal que ça.



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MessageSujet: Re: [RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}   

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[RUDY] Aquarelles de poussière sur toiles grises {Aarne Kinnunen}

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