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 [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]

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MessageSujet: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 4 Aoû 2013 - 16:02


Noiraud courait à en perdre haleine, son petit singe blanc au creux des bras.

- Viens là, petit salopard !

Il se retourna sans cesser de déguerpir, tâchant de distinguer la distance qui le séparait du garçon furibond qui le poursuivait. Il avait été bien bête de songer qu’il pourrait échapper à la colère de celui qu’il avait dépouillé. Ce n’était pas qu’il manquait d’entrainement, ça non. Rares sont les orphelins des rues, ramoneurs ou pas, qui ne commettent pas de larcins peu honnêtes, et ils excellent tous dans l’art du vol et du cambriolage.

Cette fois-ci, c’était une feuille qu’il avait tâché de dérober à un gaillard bien plus grand et plus robuste que lui. Sa dextérité n’était blâmable en rien, c’était son assurance qui avait tout fait capoter. Noiraud n’était pas dans son environnement ici. Il ne parvenait pas à faire preuve d’autant d’habileté que lorsqu’il se trouvait dans le vrai monde. Ainsi le jeune homme n’avait pas tardé à repérer son forfait, et entendait bien reprendre son dû.

Les feuilles Rudy étaient devenues l’obsession permanente du petit garçon lunaire. De même que s’échapper était à présent son unique raison de vivre, son objectif ultime, son vœu le plus cher. Il est vrai qu’ici, il ne manquait de rien. C’était une vie plutôt confortable en comparaison de celle qu’il avait pu connaitre au bagne ou dans la troupe. Oui, il ne manquait de rien, en dehors d’un peu d’amour. Noiraud ne connaissait pas l’amour. Il connaissait vaguement les concepts de camaraderie, de loyauté, d’amitié peut-être… Une pointe d’affection de la part de la demoiselle douce et exubérante qui l’avait recueilli. Un souvenir embrumé d’une mère qui l’avait quitté trop tôt.

Et puis le rêve. Le rêve de sa première mère. La Lune. A présent il était prêt à tout pour la rejoindre. Car à peine avait-il découvert l’amour auquel il était destiné, qu’on lui avait arraché cette promesse d’éternité. Il s’était retrouvé en cet endroit maudit, séparé du monde et séparé surtout de sa mère céleste. Cela sonnait comme une malédiction. Heureusement que Noiraud n’était pas de ceux qui se laissent abattre et accabler. Il sortirait. Il y arriverait.

Cependant, il n’était guère le seul à poursuivre de telles espérances. Le Pensionnait grouillait d’activité et d’une fébrilité fiévreuse, tandis que tous les pensionnaires – ou presque – entreprenaient de découvrir le secret que dissimulait les feuilles de Rudy. Noiraud était certainement le seul à souhaiter retrouver l’astre lunaire, le seul pour qui cette perspective était une promesse de bonheur et de sécurité. Mais il n’était pas le seul à éprouver un si puissant désir de s’évader.


Alors qu’ils parcouraient le couloir, ses vieux godillots trébuchant sur le tapis qui le recouvrait, il entendait les insultes rageuses, suivies de menaces effroyables, de son poursuivant. Aussi terrifié que lui, ce fut Singe qui finit par se saisir de la feuille et de l’envoyer dans les airs. Noiraud s’arrêta d’un coup, poussant un grand « NON ! », se retourna et fixa la feuille qui venait de toucher le sol.

- Espèce d’imbécile, cracha l’autre garçon d’une voix sifflante en venant s’emparer de la feuille chiffonnée. Tu ne sais pas qu’on ne peut pas les garder pour soi ? Tu comptais trouver des indices avec une seule feuille et t’en sortir comme ça ? Tu es vraiment trop bête. Moi, je vais les remettre, comme tout le monde.

Noiraud, qui tâchait de digérer sa déception, continuait de fixer la feuille. Il releva les yeux et dit sourdement :

- Tant mieux pour toi.

Il tourna les talons, tandis que M. Singe enroulait sa longue queue rayée autour de son bras.

- Tu crois que je vais te laisser t’en tirer comme ça ?

Avant qu’il eût eu le temps de se retourner, le garçon s’était jeté sur lui, le plaquant au sol. Noiraud étouffa un cri et tâcha de se débattre malgré sa position fort désavantageuse. Il parvint à mordre la main de son agresseur, qui émit une exclamation de douleur avant de lui donner un violent coup de poing en pleine figure. Noiraud fut assommé sous le choc. L’autre aurait pu l’amocher pour de bon, mais c’était sans compter sur la hargne du petit lémurien qui bondit sur le crâne de l’assaillant, arrachant ses cheveux et tirant ses oreilles.

Ce déchainement eut pour effet de repousser le garçon, qui s’éloigna à grand peine, délaissant la silhouette amorphe de Noiraud. Celui-ci, encore un peu étourdi, réussit à se relever et, se fiant à son compagnon dont les facultés de combat n’étaient plus à démontrer, il tâcha de s’éclipser en titubant légèrement, s’appuyant sur les murs.

L’autre finit tout de même par se débarrasser de son parasite, l’envoyant valser contre un meuble. Il écumait de rage.

- REVIENS ICI ! beugla-t-il.

Noiraud ouvrit la première porte qui se trouvait sur le mur et s’engouffra dedans. Grâce à sa vitesse foudroyante, le singe parvint à le rejoindre avant qu’il eût refermé la porte. Sans même prendre le temps de comprendre où il était, Noiraud s’enfuit devant lui sans se retourner.


Au bout d’un temps, endolori et à bout de souffle, le jeune garçon stoppa sa course et balaya le paysage du regard. Une forêt. Une luxuriante forêt des plus fantaisistes, baignée dans une atmosphère obscure, comme si la nuit n’allait pas tarder à tomber. Noiraud, à la fois subjugué et effrayé par ce spectacle, continua de progresser parmi les arbres dont les branches se balançaient, comme bercées par le vent. Ce ne fut qu’au bout d’un petit temps qu’il s’aperçut qu’il saignait. Son nez avait reçu un sacré coup, et un liquide bleuâtre s’en écoulait. Car Noiraud, du fait de son appartenance lunaire, avait le sang bleu. Il aurait probablement un œil au beurre noir aussi.

La douleur ajoutée à la pression retombée et à l’aspect impressionnant du lieu, tout cela était trop d’un coup… Epuisé, esseulé et mortifié, Noiraud s’assit sous une fougère. Singe était toujours niché sur son épaule. Noiraud replia ses jambes contre lui et enfouit son visage dans ses genoux. Puis il se mit à pleurer.

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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Lun 5 Aoû 2013 - 1:51

Eve pousse la porte et sa bouche s’ouvre. Le battant s’est écarté et la lumière a balayait le paysage, elle s’est répandu sur la verdure, dessinant une végétation riche comme si elle se trouvait en pleine jungle (elle ne respire plus). Elle se trouve en pleine jungle. Eve ouvre des portes et se retrouve dans un bois. Ça doit être une histoire d’étage et de porte, ou quelque chose dans le genre parce que visiblement ce ne sont pas les toilettes (non). Elle avance lentement en écartant les fougères, ses poumons se remplissent de l’air naturel (ça lui manquait), peut-être qu’elle devrait visiter cette pièce.

Sa curiosité fait patienter sa vessie, elle ne peut pas repartir sans jeter un petit coup d’œil. Ici tout lui est agréable, la chaleur réchauffe sa peau, le paysage fait briller ses yeux et l’espace aussi vaste lui donne des airs de liberté. Elle s’émerveille de plus en plus et ose même retirer sa veste pour se mettre à l’aise. Son attention uniquement concentrée sur le paysage chasse ses inquiétudes incessantes, Eve se moque bien en ce moment de savoir si oui ou non une personne la suit (elle se retourne quand même).

Elle cherchait les toilettes et elle se retrouve dans la forêt. Peut-être qu’elle a seulement atteint le stade maximum de la folie, qui la croirait ? La nature à la place des cabinets. Elle voit presque les plantes pousser sous ses yeux. Les cris d’animaux ne l’effraient pas, Eve ne connait pas assez d’animaux pour en avoir peur (les plantes grandissent encore). Maintenant c’est un salon de thé qui se présente à elle, bien trop classique pour un décor aussi sauvage, Eve caresse la table, ça lui rappelle une histoire. Que fait un salon de thé ici ? Les fougères lui semblent encore plus hautes mais alors qu’elle commence à s’en inquiéter quelque chose attire son attention.

Ce n’est pas à cause d’une branche secouée, ni le service à thé ou même l’aspect bien trop vivant de ce bois, non. Si sa main s’est arrêtée sur la cuillère, si elle s’est arrêtée brusquement en un sursaut c’est à cause du gouffre intérieur soudainement apparut qui l’a fait trembler. De la peine. C’est de la peine. Une peine toute proche, un bouleversement qui ne lui appartient pas bien qu’elle le ressente (de la peine). Elle ne s’y attendait pas puis la tristesse est venue la secouer. Cette forêt peut-elle être triste ? Les évènements biens curieux retirent petit à petit la confiance qu’avait prise Eve, sa main se rabat sur elle et ses yeux scrutent les alentours avec inquiétude (les fougères sont plus grandes). Soit quelqu’un qu’elle ne voit pas est triste soit c’est la forêt qui l’est. Eve se trouve bête à suspecter de la magie partout, depuis qu’elle est arrivée ici elle voit des faits surnaturels à chaque coin de la maison. En réalité elle est persuadée d’être complètement fêlée.

Eve décide de faire demi-tour, sortir d’ici devient une nécessité, plus rien ne la met en confiance, même l’odeur dont elle prenait plaisir à respirer quelques minutes plus tôt. Elle tourne deux fois sur elle-même. Son regard cherche des traces de pas à terre. Eve ne sait plus par quel côté elle est arrivée. Elle fait un pas vers la gauche puis revient près du salon de thé pour partir à droite (chaud, froid, chaud, froid, bouillant). Sans s’en rendre compte Eve cherche la source de la peine (du problème). C’est à croire qu’elle passe son temps à se perdre.

Elle allait abandonner lorsqu’elle aperçoit sous une fougère une petite boule aux cheveux argentés. Son dos tressaute à cause de ses pleurs alors elle avance, voilà enfin celui qui était triste (sa peine devient plus grande au fur et à mesure qu’elle s’approche). C’est une toute petite chose, si petite qu’elle avait failli la louper. Elle s’accroupie. « Que t’arrive-t-il ? » Peut-être a-t-il besoin d’aide. Oh cette situation lui rappelle bien des choses, c’est comme si les rôles étaient inversés, ce n’est plus elle qui pleure et à qui on propose de l’aide. Mais est-ce qu’elle peut vraiment faire quelque chose ? Coby aurait dû être là, il aurait su l’aider lui. Son visage caché entre ses bras l’empêche de déterminer si c’est une fille ou un garçon, pourtant ses cheveux lui donnent envie d’y passer sa main. Elle se retient pour ne pas l’effrayer. « Est-ce que je peux faire quelque chose ? Je suis Eve. »
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Mer 14 Aoû 2013 - 15:31


Noiraud sursauta brusquement, levant la tête d’un coup sec afin d’apercevoir le visage de la personne qui venait de l’interpeler. Sous la surprise, il recula soudainement et se cogna la tête contre la base de la fougère. Il plaqua ses paumes contre son crâne blanc, les traits crispés. Il se sentait faible et il avait froid. Il ne faisait pas frais pourtant, le climat était à l’image de l’environnement, tropical. Il avait froid en dedans.

Il s’attarda enfin sur la silhouette filiforme qui lui faisait face. C’était une fille, une fille qui n’était pas laide mais qui semblait comme étriquée. On aurait dit que son corps était trop grand pour elle, qu’elle ne savait pas quoi en faire. Noiraud n’eut pas aussi peur d’elle que des autres pensionnaires, car il crut voir en elle une sorte d’air lunaire. Son teint pâle, ses cheveux si clairs, cette expression à la fois triste et rêveuse… Elle donnait une impression d’ailleurs. Que faisait-elle là, elle aussi ? Depuis combien de temps était-elle piégée ? Tentait-elle de s’enfuir ? Pourquoi ses yeux paraissaient tristes, tristes comme ceux de son pantin Pierrot.

Noiraud abaissa ses bras et détendit légèrement ses traits.

– Eve… répéta-il dans un souffle.

Il trouva immédiatement que ce nom lui allait bien, car il était doux et léger, à la manière d’une plume.

S’extrayant de son état songeur, il cligna des yeux plusieurs fois et dit d’une voix qu’il voulait assurée, mais qui paraissait plutôt fébrile :

– Je suis Noiraud. Juste Noiraud. Je sais que ça ne me va pas très bien.

Noiraud se leva et, repoussant l’immense feuille qui lui barrait le chemin, il émergea de la grande fougère. La fille avait l’air encore plus mince lorsqu’elle était debout. Il s’examina un moment, baissant les yeux sur sa tenue débraillée. Une de ses chaussettes était baissée, la poche de sa culotte courte était déchirée, et un bout de chemise sortait de son pull-over. Son genou gauche était écorché, il avait pris une vague teinte indigo. Noiraud essuya le filet bleu qui coulait de son nez d’un revers de la main, puis les larmes rebelles qui s’étaient déversées sur ses joues. Il n’avait pas fière allure.

– Je vais bien, c’est juste… Enfin, ce n’est pas grave.

– Il s’est battu !

– Tais-toi, Singe !

Noiraud tenta de donner une tape à son compagnon mais celui-ci avait déjà bondi sur une branche. Il se tourna précipitamment vers la jeune fille et ajouta :

– Ne l’écoute pas. Je me suis juste défendu. Monsieur Singe est un imbécile, il est très assommant. Il est où, ton AEA ?

Il fixa de son regard d’azur le visage diaphane d’Eve, espérant que la remarque du lémurien ne l’eût pas repoussée. Noiraud n’avait pas envie de faire face à un nouvel affront.


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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Lun 2 Sep 2013 - 23:23

Eve ne sait pas ce qu’elle doit faire (elle voudrait partir). Sans qu’elle comprenne il panique soudainement, alors tout le monde panique : sa veste rouge se détache de sa taille, ses jambes s’emmêlent, ses fesses touchent le sol, ses yeux se ferment et lui se cogne. Eve ne se rend pas souvent compte de l’impression qu’elle renvoie mais actuellement elle se trouve bien débile. C’était une panique un peu surdimensionnée par rapport à la situation.

Incapable de sortir un mot ses lèvres abimées sont closes, elle ne peut rien faire. Il faudrait un médecin ou quelqu’un pour aider l’enfant, elle ne peut pas l’aider, elle est convaincu, c’est impossible. L’évidence se présente à ses yeux, la solution pour résoudre le problème serait d’abandonner (elle le fait souvent). Eve soupire, sa main glisse dans ses cheveux. « Eve… » Mais peut-elle abandonner un enfant ? Ses jambes veulent faire demi-tour et chercher les toilettes , elle ne peut pas les écouter (l’enfant serait seul). « Je suis Noiraud. Juste Noiraud. Je sais que ça ne me va pas très bien. » Ses paupières s’élèvent, comme si elle ne pouvait pas fixer ses pieds éternellement. A travers la végétation leurs regards se croisent (pincement au creux de la poitrine). « C’est jolie Noiraud. » Ça sonne comme un nom de pierre précieuse.

Elle se relève et il sort des fougères. La faible constitution de Noiraud ravive son inquiétude, il faut le nourrir, sa peau est trop pale, ses vêtements sont débraillés, il a le genou bleu. Eve soupire, c’est beaucoup trop de choses à gérer (il lui en faut peu). Son pantalon glisse de sa taille, elle savait bien qu’il était trop grand (elle le remonte). La voix de Noiraud détend ses traits (elle a les joues moins creuses). Les enfants ont toujours intrigués Eve.

Mais l’arrivé du singe la surprend, deux pas en arrière, c’est la première fois qu’elle voit un singe. En réalité elle ignore que ces animaux ne parlent pas. Noiraud s’est battu, les enfants ne devraient pas être mêlés à la violence (ils sont fragiles). « Ne l’écoute pas. Je me suis juste défendu. Monsieur Singe est un imbécile, il est très assommant. Il est où, ton AEA ? » Ses yeux bleus s’écarquillent, si son animal l’assomme il devrait chasser cette bête (elle n’a pas compris). Des souvenirs lui reviennent, AEA, c’était écrit sur le panneau à l’entrée. Elle avait oublié. Alors où est le sien ? Comment peut-elle le savoir ? Est-il aussi étrange que ce chat noir qui la suit partout ? (la réponse se trouve dans ses questions, n’est-ce pas ?). « Je ne sais pas. » Elle n’est peut-être pas prête à le reconnaitre. Elle n’a pas compris. « Mais si ce singe t’assommes ne t’approche pas de lui. » Eve ne comprends pas grand-chose de toute manière.

Le bleu sur la jambe de Noiraud coule, tout comme les larmes qu’il a effacé maladroitement de ses joues. Eve soupire, tout devient de plus en plus compliqué. « Pourquoi tu t’es battu ? Regarde, tu… tu, saignes ? Enfin… tu saignes bleu… C’est un problème d’alimentation ? » C’est très perturbant. Un singe, du sang bleu, ça lui fait un peu peur en vérité. « Attend j’ai des mouchoirs. » Elle s’accroupie et sort de son jean un paquet de kleenex. Doucement Eve approche sa main à sa jambe et tapote légèrement. « J’espère que ça ne fait pas trop mal. » Elle donne un deuxième mouchoir à Noiraud. « Pour te moucher si tu veux, faut pas pleurer Noiraud. » Alors qu’elle passe son temps à le faire (silence).

Eve change d’avis. Peu importe la couleur étrange de son sang, de ses cheveux et de sa peau au final. Lui n’avait pas fui en la voyant, et on ne peut pas dire que son apparence soit tout à fait banale. Ou qu’il n’y ait rien d’effrayant chez elle. « T’as froid ? » Elle le sent sur sa peau.
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Sam 14 Sep 2013 - 17:12


Noiraud ne pouvait s’empêcher de fixer le visage pâle, le regard éteint de la jeune fille. Elle avait un air si aérien, si désincarné, qu’il associait sans même le vouloir cet air à celui de sa mère. Sa mère originelle, la Lune. Eve était Lunaire. Même sa voix semblait se disperser dans l’air, un souffle léger qui parvenait à sa conscience sans même qu’il eût besoin de l’entendre.
Oh ces sensations étaient toutes diffuses dans l’esprit de Noiraud. Il ne pouvait que constater que son interlocutrice, à défaut d’être impressionnante – elle devait peser approximativement cinq cent grammes – lui faisait grand effet.

Noiraud devina vite qu’Eve n’avait aucune idée de ce qu’était un AEA. Lui-même l’avait appris assez brutalement, et il n’avait bénéficié d’une explication que parce qu’il avait eu le privilège que M. Singe fût d’un naturel extrêmement éloquent. Il faillit lui expliquer ce que signifiait ce terme, mais avant même de commencer, l’idée lui parut totalement superflue et il se ravisa. Eve l’apprendrait mieux seule. Eve semblait hermétique à la logique des Hommes. Elle était ailleurs
Ce fut pourtant sa remarque – celle sur sa curieuse hémoglobine – qui rappela à Noiraud que, lui aussi, il était ailleurs. Ou plutôt d’ailleurs. Car ailleurs, il voudrait bien y être. Ailleurs qu’ici. A cette pensée, une nouvelle morsure du froid vint l’assaillir et il replia ses bras contre son buste maigre. Noiraud était comme ça. Il ressentait les sensations physiques en fonction de celles, plus abstraites, qui s’imposaient à son cœur. Il avait froid dans l’âme donc froid dans le corps.

Noiraud suivit le regard d’Eve, fixé sur le filet bleu qui s’écoulait de son genou. Il craignait un peu moins le regard de la jeune fille toute mince, car elle avait l’air de poser un regard tendre sur le monde. Sur lui. Mais il décela tout de même, au creux de ses pupilles pâles, l’ombre d’un effroi qu’elle dissimulait encore. Oui, du sang bleu, ce n’est pas normal. C’est effrayant.
Etrangement, l’enfant sauvage qu’était Noiraud se laissa faire lorsque Eve appliqua délicatement le mouchoir contre sa peau écorchée. Ça piquait, mais quand elle lui demanda s’il avait mal, Noiraud secoua doucement la tête en signe de négation. Il était tout silencieux, tout éteint, il se laissait faire. Il se laissa faire. Les dernières larmes coulaient encore sur ses joues rondes.

– T’as froid ?

– Oui.

Ce fut sa seule réponse. Il n’eut pas le courage d’être fier jusqu’au bout. Oui, il avait froid, froid de partout, et mal, et même peur tiens. Est-ce qu’elle était assez ailleurs pour ne pas avoir peur, elle ?
Noiraud prit le mouchoir et essuya son visage sans ménagement. Il se sentait faiblard.

– Merci.

Un silence suivit ce court échange. Noiraud n’avait pas envie de bouger. Il aurait voulu prendre racine, lui qui pourtant supportait si mal la Terre et son attraction. Il aurait voulu rester ici, sans personne d’autre qu’Eve, sans autre univers que ses yeux clairs et sans autre couverture que sa chevelure trop longue, trop lisse. Ou qu’elle l’emmène dans son ailleurs.

– Merci. répéta-t-il sans raison. Il reprit, comme pour faire durer l’instant. Je ne me suis pas battu. Je ne voulais pas. Il y avait ce type… Il m’a couru après. Enfin… C’est vrai que je lui ai volé la feuille. Tu sais, celles de Rudy. C’était bête. Je le sais bien. Je le savais. Je voulais juste sortir. Je voudrais vraiment sortir.

Sentant les bordures de ses yeux prêtes à être immergées à nouveau, il appuya brusquement le mouchoir sur ses yeux. Faut pas pleurer, Noiraud.

– Tu en as trouvé, toi, des feuilles ? Tu penses qu’on va pouvoir partir ? Il parait qu’il y en a ici…

Et puis, comme si parmi tous ces tourments, c’était cette question qui le troublait par-dessus les autres, il ajouta timidement :

– Il te fait peur, mon sang bleu ?



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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 15 Sep 2013 - 1:02

Sa main sur sa petite jambe, son mouchoir sur son sang bleu, l’impression de comprendre chacune de ses sensations, la peur. La peur qui remonte silencieusement le long de ses doigts tremblants, la peur qui fait frémir sa peau, elle qui continue sans s’arrêter, celle qui court sur son dos et s’enroule autour de son ventre, achevant son invasion en tourmentant son esprit (déjà assez perturbé). Absorbée par la crainte grandissante, Eve s’est figée alors que des millions de questions l’assassinent. Y’a-t-il quelqu’un derrière ? Qui les observe ? Le singe est-il dangereux ? Pourquoi les plantes sont si grandes ? Elle n’entend plus rien, hermétique aux paroles de Noiraud ses yeux se jettent sur chaque feuille frémissante, en direction de tout bruit suspect, vers la moindre couleur trop vive. Quelqu’un les regarde-t-il ? Sa main quitte le genou de l’enfant et tombe au sol, elle se retourne à l’affut (qui est là ?). Pourtant une fois le contact rompu avec Noiraud la crainte s’allège d’un seul coup.

« Je ne me suis pas battu. Je ne voulais pas. Il y avait ce type… Il m’a couru après. Enfin… C’est vrai que je lui ai volé la feuille. Tu sais, celles de Rudy. C’était bête. Je le sais bien. Je le savais. Je voulais juste sortir. Je voudrais vraiment sortir. » Encore secouée par ses émotions bondissantes Eve met un certain temps à se souvenir qui parle. Ses yeux redécouvrant le visage de l’enfant perdu elle se détend (il a dit qu’il avait froid). « Rudy. » Oh Rudy. Eve ne comprend pas grand-chose mais Rudy elle en a bien saisie le sens global, et sortir, c’est la dernière chose qu’elle souhaiterait. Eve brulerait toutes ces pages si elle le pouvait, pour sa propre sécurité, pour ne jamais qu’il la retrouve. Mais Noiraud voudrait vraiment partir, d’ailleurs il n’est peut-être pas le seul enfant à vouloir rentrer chez lui. Son cœur se serre. (Il a dit qu’il avait froid.) Elle devrait l’aider à trouver les pages mais devant cette histoire elle se sent de plus en plus désemparée.

Eve soupir. La panique remonte, il saigne, il a froid, il a peur, il est perdu, il est triste, il veut trouver des feuilles, rentrer chez lui, la liste est trop longue et Eve a déjà du mal avec seulement la blessure au genou (il a dit qu’il avait froid). Sa tête tourne et sa poitrine n’arrête pas de se compresser à chaque fois qu’elle approche sa main de lui. « Ne t’inquiète pas. » Elle s’inquiète largement assez pour deux. « Tu ne voulais pas ce n’est pas grave, c’est pour sortir c’est normal. Maintenant tout va mieux personne ne viendra te faire de mal. Peut-être qu’on trouvera une feuille. C’est un peu compliqué. » Eve résume la situation à haute voix comme à son habitude avant d’ajouter son avis, le tout en ressort décousu mais sa sincérité ne laisse pas de place au doute (il a dit qu’il avait froid).

L’inquiétude anime la voix de Noiraud, posant la question qui semble lui bruler les lèvres depuis un moment, son sang bleu sur le mouchoir. Eve essuie une dernière fois son genou et fourre le tissu au fond de sa poche. « Tu sais, bleu c’est joli comme couleur, tu vois la couleur du ciel une fois le soleil disparu ? Ça y ressemble, la nuit ça fait un peu peur au début mais une fois habitué c’est joli. » Eve soupir, il y a quelque chose qu’elle oublie (il a dit qu’il avait froid). « Mais bon comme c’est du sang il faut quand même l’empêcher de trop tomber. » Oui, après on ne se sent pas très bien… Voilà ce qu’elle a oublié ! « Tu as dit que tu avais froid ? » Elle décroche sa veste rouge de sa taille et vient la poser sur les épaules de Noiraud, avec beaucoup de prudence (comme si la veste pouvait l’écraser). « Tu devrais passer tes bras dans les manches sinon la veste va glisser, elle est trop grande. » Sur son dos elle lui semble trois fois plus grande même.

Eve se relève, elle vient de résoudre deux problèmes, le genou et le froid. C’est déjà une grande victoire. « Ton signe est parti ? » Elle fait quelque pas en sentant ses jambes engourdies et regarde le balancement des arbres.

Et ce balancement.
Les branches ondulent, les arbres tanguent, les feuilles dansent, les branches ondulent, les arbres tanguent, les feuilles dansent, la nature se balance et Eve regarde. Droite, gauche, droite, gauche, le mouvement l’hypnotise. « Ça tourne… » Le sol accompagne le balai des arbres, ses jambes ne suivent pas et elle commence à perdre l’équilibre (elle est prise de vertige). « Oh… ça fait mal à la tête… » Ses sourcils se froncent, sa main vient couvrir son visage, elle fait deux, trois pas en arrière. Et ce balancement continu (elle se sent mal).



Dernière édition par Eve Clément le Lun 16 Sep 2013 - 21:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 15 Sep 2013 - 2:01




Eve regarde le balancement des arbres, et trouve :

« Le mouvement l'hypnotise, elle est prise de vertige. »

[ACTION 1/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Mar 17 Sep 2013 - 17:37


L’herbe – oui, il y avait bien de l’herbe dans cette salle – crissait sous les semelles de Noiraud. La veste écarlate d’Eve créait un contraste saisissant avec sa propre peau terne et blafarde. La silhouette frêle du garçon semblait se noyer dans les plis du tissu tandis qu’il progressait parmi les arbres à la recherche de… d’il ne savait très bien quoi d’ailleurs.
L’endroit n’était pas rassurant. Ils n’auraient certes pu y dormir, s’y établir et s’y épanouir tel des robinsons improvisés. Noiraud avait toujours été un gamin des villes, ne connaissant que les toitures des ruelles et les murs des établissements de correction. Il avait quitté un foyer pour un hospice, un hospice pour une troupe de ramoneurs, une troupe de ramoneurs pour un bagne. Un bagne pour un pensionnat-cage, dont les façades étaient encore plus hautes et redoutables que toutes celles qui l’avaient retenu jusqu’alors. Que des murs et des plafonds. Pas d'arbres, pas de nature. A peine quelques chants d'oiseau.

Alors certes, il serait bien incapable de se réinventer explorateur téméraire capable de fabriquer un abri et transformer des racines sèches en diner frugal. Il ne le voulait même pas vraiment. Ce qu’il voulait, c’est ne plus être là-bas. Ne plus parcourir ses longs couloirs grinçants, ne plus passer ces successions de portes absurdes, ne plus voir et revoir les mêmes visages fermés, absents, déments ou résignés qui peuplaient, tel des âmes errantes, cette école maudite. Il ne supportait vraiment pas d’être là. Il avait peur des autres. Il était trop petit. Et moche en plus, avec son sang indigo et ses cheveux de grand-père. Il resserra un peu plus la veste rouge autour de lui.
Mais soudain, « BOUM ». Noiraud se retourna vivement et fronça les sourcils en constatant l’absence de sa nouvelle amie. Il s’apprêtait à l’appeler lorsque, baissant les yeux, il l’aperçut qui gisait dans l’herbe.

– Eve !

Il se précipita auprès de son corps inerte, s’agenouillant tout près d’elle. Repoussant quelques mèches qui lui barraient le visage, il la secoua avec vigueur. Noiraud n’était pas un enfant très délicat, on ne le lui avait jamais enseigné de tels égards. Même pas chez une jeune fille !

– Oh non, elle est morte ! s’exclama-t-il avec déchirement.

– Mais non, pauvre idiot. Elle est dans le gaz, intervint M. Singe, se laissant gracieusement glisser d’une liane.

– C’est quoi ça, « dans le gaz » ?

– Dans le coltard, dans les choux, dans les pommes ! Elle s’est évanouie, sombre crétin !

Noiraud, ne prêtant guère attention – d’une part parce qu’il y était accoutumé, d’autre part car il avait d’autres inquiétudes plus pressantes – aux sobriquets irritants que lui adressait son compagnon au passage, observa le visage éteint d’Eve. Elle ressemblait à une très grande et très maigre poupée. Il mit sa main juste devant sa bouche, effleurant ses lèvres pâles.

– Oui, elle respire…

– Bien sûr ! Elle s’est mise à regarder les arbres, et m’est avis qu’ils se sont chargés de lui tourner la tê… Mais ne les regarde pas, misérable imbécile !

Noiraud sursauta et un frisson lui parcourut le corps. Il fallait agir. Qui sait quelle créature rôdait dans cette salle-forêt. Et même s’il n’y avait guère de quoi se régaler avec la composition gracile de la jeune fille, Noiraud ne tenait pas à ce qu’elle serve même d’apéritif.
Rassemblant ses forces, il rejeta les manches ultra-longues de la veste afin de dégager ses bras et entreprit de trainer Eve jusqu’au prochain endroit le plus abrité – si tant est qu’il y en eût un. Les mains recroquevillées contre les chevilles de la pauvre inconsciente, il tâchait de la faire glisser avec le plus de soin possible, mais je ne saurais garantir qu’il n’y eut pas de petits dégâts. Ses longs cheveux couraient derrière elle comme une traine.

Ce ne fut qu’au terme de plusieurs minutes, durant lesquelles Noiraud tentait de tout son cœur de ne pas faiblir – Eve n’était certes pas lourde, mais lui-même n’était pas bien consistant – ils débouchèrent avec soulagement – pour lui en tous cas, car elle ne bougeait toujours pas, elle devait être plutôt fragile dans le genre – sur une sorte de… salon. Oui, après plusieurs clignements de paupières consécutifs, Noiraud ne put que constater l’évidence. Il y avait un élégant petit salon au beau milieu de la jungle.
Y compris de ravissants fauteuils. Mais avant de se reposer, il fallait avant tout extraire Eve de sa torpeur. Elle semblait pourtant si paisible. Mais Noiraud se souvint de sa propre inconscience lorsque, quelques temps plus tôt – il n’aurait su dire combien, le temps était arrêté en ces lieux – Nick l’avait secouru. Qui sait ce qui serait advenu de lui sans la présence de Nick Eastwood ? Un hamac soporifique, des arbres hypnotisants… Si ça continuait comme ça, ils se retrouveraient bientôt dans le château de la Belle au Bois Dormant.

Noiraud eut finalement une idée pour réveiller Eve avec assez de force pour que ce fût efficace et assez de douceur pour qu’elle ne risquât pas d’y perdre une dent. Il ne savait d’où lui venait cette idée. Car jamais encore Noiraud n’avait usé de son pouvoir. Il ignorait même qu’il en avait un. Il sentait quelque chose grouiller dans son ventre.
Il se mit à souffler. Comme l’on souffle sur les machines à bulles de savon afin que les sphères enveloppées d’eau s’évadassent dans les airs. Son souffle prit une sorte de teinte vaporeuse, entre le blanc et le bleu, et il devint plus puissant et plus dense qu’un souffle commun. Il agita les cheveux raides d’Eve comme un soleil fulminant. Noiraud l’avait adossée contre le bord du fauteuil. Enfin, elle ouvrit les yeux. Elle avait l’air un peu déboussolé, comme encore habitée par un songe, mais Noiraud se souvint qu’elle avait toujours cet air-là.

Soulagé, souriant, il se releva – il se trouvait présentement penché sur elle – et se laissa lourdement tomber dans le fauteuil. Il avait sauvé Eve. Il n’était plus seul. Tout irait bien, maintenant. N’est-ce pas ?


Et pour cause ! A l'instant où son petit fessier se fut enfoncé moelleusement dans le fauteuil, une tarte apparut comme par magie sur la table. Noiraud écarquilla les yeux, un sourire stupéfait au bord des lèvres. Un petit rire fusa de sa bouche et résonna parmi les arbres. Oh, cela faisait longtemps, si longtemps qu'il n'avait pas ri... Noiraud aimait la fantaisie, même lorsqu'elle était inexplicable. Elle était capable d'égayer son coeur même dans les pires moments. C'était peut-être cela qui démontrait que finalement, il était toujours un enfant.

– Tu en veux, Eve ?

A la réflexion, elle avait l'air plutôt mal nourrie...





Dernière édition par Noiraud le Mar 17 Sep 2013 - 20:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Mar 17 Sep 2013 - 19:49




Noiraud s’assoit dans le fauteuil, et trouve :

« Une tarte au citron meringuée apparaît mystérieusement sur la table. »

[ACTION 2/4]
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Lun 30 Sep 2013 - 15:42

Le ciel tourne, le sol se retourne et sa tête frappe l’herbe de plein fouet. Le problème chez Eve c’est qu’elle n’a pas les réflexes que tous les humains ont. Ses mains ne tentent pas d’amortir sa chute, elle s’écrase comme un livre qui tombe d’une étagère. Elle était seulement prise de vertige mais la chute est trop forte ; ou alors elle est trop faible pour la chute. La suite est floue, en même temps ses yeux sont fermés et elle oublie de respirer à plusieurs reprises (des petits bras veulent l’aider). A mi-chemin entre le rêve et la conscience la douleur contracte son visage, le marteau qui frappe dans sa tête rythmé par une batterie et peut-être même une guitare électrique l’empêchent de se réveiller (papapapam). Au fur et à mesure le mal s’étend à son corps entier, le dos qui résonne, la nuque qui cri, les jambes qui reprennent le refrain. Un concert de hard rock dans le crane et le publique déchainé sur ses os. Elle se fait balloter, elle glisse (des petits bras l’aident).

Eve sait que tout va se calmer, l’habitude laisse un gout amer de déjà-ressenti, les souvenirs qui compressent sa poitrine (des coups sur sa tête). Au bout de quelques minutes le sol arrête de fuir sous son dos, ses poumons se souviennent comment respirer correctement (des petits bras l’ont aidée). Un vent froid embrasse son visage, elle ouvre les yeux. Elle reconnait l’endroit, le curieux salon de thé derrière les fougères, tout aussi curieux que cette forêt. Le rire de Noiraud résonne dans ses oreilles, à vrai dire elle n’est pas sûre que ça soit son rire mais il est aussi franc que celui des enfants.

« Tu en veux, Eve ? » Elle se lève sur ses genoux pour voir Noiraud et la table, table sur laquelle une sorte de galette crémeuse et jaune semble charmer les yeux de l’enfant. Ça ne surprend même plus personne qu’Eve ne sache pas ce qu’est une tarte au citron meringuée, l’inverse aurait été pour dire étonnant. « Mais qu’est-ce que j’en ferais ? » Eve soupire, quelque chose lui échappe (le sens). « Tu devrais plutôt la manger. » Prudemment ses doigts effleurent une de ses mèches argentées, ce garçon a des couleurs surprenantes et des cheveux incroyablement doux. Les siens sont beaucoup trop emmêlés pour l’être (jalousie).

HRP: Plus court tu meurs o/
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Sam 5 Oct 2013 - 15:00


Spoiler:
 

Noiraud s’écarta au contact des doigts graciles d’Eve qui s’approchaient lentement de sa chevelure. Eve rétracta sa main d’un geste vif. Noiraud tâcha de séparer la tarte en plusieurs parts à l’aide de ses ongles et, se faisant, il déclara avec gêne :

– Excuse-moi. Des fois, quand on me touche, ça me fait peur. Je veux dire, ça me fait pas peur, mais j’aime pas. C’est mécanique.

Nous l’avons dit, la tendresse était un ingrédient méconnu, un corps étranger dans l’esprit échaudé du petit Noiraud. Eve paraissait vaguement embarrassé et le garçon se blâma intérieurement d’avoir eu ce « mécanisme ». Il supportait de moins en moins ses réactions. Le Pensionnat ne changeait pas non plus sa logique ou sa vision de la réalité, il déformait la vision qu’il avait de lui-même. Et le fait est qu’en ces lieux, Noiraud ne supportait pas l’enfant peureux et confus qu’il était devenu.
Il n’avait aucun repère, aucun moyen de profiter des maigres avantages, physiques notamment, dont il disposait. Sa mésaventure avec Nick Eastwood n’en était que la preuve manifeste. Et ce n’était pas tant les efforts corporels dont il avait usés qui l’avaient vidé de ses forces. C’était l’espoir sans cesse déchu. Noiraud peinait à retrouver la force de l’espérance. Il n’en avait plus le courage.

De peur de se montrer intrusif ou blessant, il n’osa pas relever la remarque d’Eve qui, pourtant, était source de perplexité. Et qu’est-ce que j’en ferais. Mais la loufoquerie tranquille de la longue fille ne l’effrayait pas, elle l’intriguait tout au plus. Divisant les parts effritées, il en attrapa une en se rapprochant de la table pour mieux s’en saisir. Sa gourmandise infantile avait annihilé toute trace de méfiance, diluant l’angoisse qui avait élu domicile dans son estomac depuis trop longtemps. La saveur délicate et sucrée de la tarte fut d’un délice sans nom, tant il contrastait avec le goût âpre de la crainte perpétuelle. De petites étincelles pétillèrent dans les yeux d’azur de Noiraud.

Lorsqu’il eut fini cette première part, passant un coup de langue sur ses lèvres laiteuses en frottant ses doigts, il éprouva immédiatement le désir d’en engloutir une seconde. Mais avant qu’il eût pu s’en emparer, le visage terne et placide d’Eve le coupa dans son élan. Elle le regardait d’une expression égale, vaguement curieuse mais d’une impassibilité saisissante. Noiraud fut incapable de décrypter une telle combinaison. Il arracha une autre part biscornue du plat et, la tendant timidement vers sa compagne, il dit :

– Tu es sûre que tu n’en veux pas. C’est bon. Tu… Tu ne manges jamais ? Est-ce que c’est pour cela que tu es si maigre ?



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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 13 Oct 2013 - 18:37

Sa peau effleure à peine ses cheveux argent qu’ils s’écartent, Noiraud a éloigné sa tête. Geste répulsif, dégout pour sa main brulée à certains endroits et ses doigts entaillés aux ongles rongés, Eve rétracte son bras (pincement au cœur). On entend des petits grésillements. Il découpe le curieux gâteau et elle cache ses mains dans ses poches (honte). Se faire des idées trop vite ce n’est pas son genre et pourtant elle est persuadée que c’est de sa faute. Puis il lui explique la vraie raison. La vraie raison c’est qu’il a peur mais qu’il n’a pas peur. Son expression hébétée enroulé dans ses cheveux blonds ne laisse aucun doute, elle n’a pas compris. Elle passe quand même à autre chose, si elle devait s’arrêter à chaque fois qu’elle ne saisit pas le sens ça n’en finirait plus. Les grésillements la gênent.

Ce gâteau étrange l’inquiète, peut-être que Noiraud ne devrait pas manger quelque chose comme ça, ce n’est pas forcement bon. « Ce n’est peut-être pas une bonne idée de manger… ça. » C’est peut-être une plante carnivore, la couleur jaune ressemble à l’intérieur d’un œuf mais le nuage posé dessus l’inquiète, on ne mange pas souvent de nuage surtout qu’il est un peu brunis (idée folle). Il pourrait s’empoisonner. Cette idée la fait pâlir alors que le gamin semble savourer son repas comme si c’était le dernier. C’est sa faute, elle lui a dit de le manger, il est un peu trop tard pour s’en inquiéter (panique). Ses yeux le dévisagent, attendant la moindre alerte, elle essaye de masquer ses soucis mais sa nuque est raide. Y’a comme un petit bourdonnement près de son oreille.

« Tu es sûre que tu n’en veux pas. C’est bon. Tu… Tu ne manges jamais ? Est-ce que c’est pour cela que tu es si maigre ? » Eve secoue la tête, scrutant toujours le visage de l’enfant. « Tu n’aurais pas dû en manger, c’est peut-être dangereux… Est-ce que tu te sens bien ? » Il faudrait seulement lui expliquer ce qu’est une tarte au citron meringuée. Le petit bruit s’arrête enfin, elle soupire. Elle revient sur les paroles de Noiraud. « Oh et, si, si je mange. » Quand elle y pense, quand elle arrive à trouver la cuisine, quand elle comprend qu’elle a mal parce qu’elle a faim, quand elle ne soupçonne pas la nourriture d’être une plante carnivore. Eve soupire, elle n’a jamais fait attention à son poids, c’est même une notion assez abstraite pour elle. « Aie ! » Son corps sursaute (elle ne sait pas pourquoi). Un moustique l’a piquée.

Tout pourrait s'arrêter là, un bouton, une démangeaison, fin. Mais ici, entre ces murs, rien ne s'arrête, et se faire piquer par un moustique prend visiblement une proportion démesurée lorsqu'un nuage entier de moustique se jette soudainement sur elle. C'est complètement hallucinant, elle est recouverte de moustiques. Un peu comme si le premier avait goûté son sang, qu'il l'avait trouvé délicieux et qu'il avait fait circuler l'adresse à tous ses potes. Quoi qu'il en soit aucun ne la pique et ils semblent même lui indiquer un endroit. Elle se lève et accepte l'idée d'avoir explosé les records de folies. « Dis-moi Noiraud, suis-je en plein rêve où bien le monde est devenu fou ?» Paroles toujours aussi rassurante, elle fait quelque pas et se baisse, ramassant derrière une feuille derrière un arbre (une feuille importante). « On dirait une vieille page, avec une écriture bizarre...» (Elle n'a pas comprit que cette page est importante.)


HRP: restons dans le bref alors o/
EDIT : Non mais c'est quoi cette actiooon ??? Je pensais qu'elle aller juste développer une maladie bizarre et en fait elle se retrouve déesse des moustiques XDD


Dernière édition par Eve Clément le Dim 20 Oct 2013 - 22:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Ven 18 Oct 2013 - 17:48




Eve se fait piquer par un moustique, et trouve :

« Les moustiques se collent à elle, ne laissant aucun morceau de peau dépasser. Eve est à présent leur Dieu et en cadeau ils la dirigent jusqu'à une feuille. Ils resteront sur elle jusqu'à ce qu'elle sorte de la salle. »

[ACTION 3/4]

16


Le XX/YY,

Aujourd’hui l’école a été sur les nerfs, du début à la fin, et il y en a même certains qui ont pleuré.

Une maladie inconnue a fait son apparition et a tué l’un des pensionnaires. Je ne le connaissais pas plus que ça, mais Nelly-qui-connait-tout-le-monde avait l’air assez retournée et m’a dit qu’il était très apprécié, bien qu’il ait déclenché quelques bagarres. Les I sont sous le choc aussi, ils ne semblent pas comprendre ce qu’il s’est passé. J’en ai discuté avec Ludivine en passant, elle m’a brièvement expliqué que sa famille ignorait d’où venait la maladie et surtout comment la traiter, mais elle m’a fait jurer de garder le silence pour ne pas inquiéter les autres. Elle semblait assez paniquée, car c’était la première fois qu’elle voyait Perrin sortir de son calme habituel. Lorsque la nouvelle était parvenue, il était brusquement sorti du salon et avait entraîné sa femme avec lui. Elle avait du attendre plus d’une heure avant qu’ils ne reviennent et lui expliquent rapidement ce qu’il s’était passé…

On n’en sait pas plus que ça, les I n’ont pas voulu ni nous montrer le corps ni nous expliquer autre chose d’autre que « il est mort de maladie ». On ne sait même pas si elle est contagieuse…

D'ailleurs, l'école est mise en quarantaine pour le moment. Les cours ont été suspendus et les professeurs sont rentrés chez eux. Les grilles du pensionnat ont été symboliquement fermées, et je me sens tout à coup vraiment oppressé...

Ajout dans la soirée :
Les I ont crée une infirmerie, pour d’éventuels autres cas. Auparavant, personne n’était jamais tombé malade et les blessures étaient souvent superficielles et donc soignables rapidement par la magie, donc un tel lieu n’avait jamais eu d’utilité. Je ne l’ai pas visitée, ils sont passés rapidement nous faire l’annonce dans le réfectoire, puis sont partis.




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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Jeu 28 Nov 2013 - 16:43


– Eve ! EVE !

Noiraud hurlait à s’en décrocher la mâchoire. Son timbre s’éraillait sous la force de ses cris, tandis qu’une armée de moustiques grésillants recouvrait méticuleusement le corps filiforme de la jeune fille. Pétrifié et impuissant, Noiraud se tenait à l’écart, repoussant par des gestes vagues et affolés les insectes échauffés qui tournoyaient autour d’eux. Mais les moustiques ne le voyaient pas. Ils devaient être un millier, un million peut-être, mais aucun ne s’intéressait à sa frêle personne. Son sang bleu n’était peut-être pas de leur goût. Mais pourtant… Oui, malgré l’effervescence effrénée à laquelle assistait, effaré, Noiraud, ce dernier avait l’impression qu’aucune des bestioles ne s’en prenait véritablement à Eve. Ils la recouvraient entièrement à présent, mais se contentaient de déposer leurs corps graciles contre sa peau sans la percer de leurs trompes avides.

Noiraud cessa de s’égosiller. D’une part parce que c’était inutile, le bourdonnement intense provoqué par l’armada de moustiques couvrant tout autre son, d’autre part parce qu’il constatait, aussi incongrue cette idée fût-elle, que les insectes n’attaquaient pas.
Eve elle-même ne paraissait pas paniquée. Les yeux d’azur de Noiraud fixaient ce spectacle, à la fois angoissant et captivant, incapable du moindre mouvement.

– Dis-moi Noiraud, suis-je en plein rêve ou bien le monde est devenu fou ?

L’enfant lunaire fit mine de répondre, puis il s’aperçut qu’il n’avait même pas de réponse. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Tout cela n’avait aucun sens. C’était presque pire que son expérience dans la Véranda.
Toujours aussi tranquille, presque paisible, malgré les circonstances, Eve se dirigea vers une destination qu’elle semblait connaitre. Comme si son instinct la guidait avec une précision mystique. A moins que… Non. Ce ne pouvait tout de même pas être les moustiques qui… ?

L’apparition de la feuille, entre les mains vibrantes d’Eve, agrandit les yeux de Noiraud qui se précipita pour la rejoindre, oubliant brusquement le manteau effroyable dont la jeune fille était drapée. Il lui arracha le précieux papier des mains, remarquant à peine le contraste entre la sérénité indifférente d’Eve et sa propre fébrilité. Une feuille. Elle avait trouvé une feuille.

Crispant ses doigts blancs contre le parchemin, Noiraud parcourut le texte des yeux. Ses sourcils – tout aussi blancs – se fronçaient de plus en plus à mesure qu’il progressait dans sa lecture. Noiraud ne savait pas tellement lire, cela représentait pour lui un effort laborieux et pénible. Mais le contenu de la lettre était bien plus perturbant encore.
Une fois la feuille parcourue – et deux fois en tout – l’enfant lunaire releva la tête vers Eve. Elle semblait attendre, une réaction, une explication, n’importe quoi qui pût l’éclairer sur cette situation que, manifestement, elle ne saisissait pas.

– C’est une feuille, Eve ! lança-t-il d’une voix forte, tâchant de couvrir le bruit assourdissant des moustiques déchainés. Tu comprends ? Et c’est nous qui l’avons trouvé ! Nous allons la remettre, celle-là. Ils nous regarderont autrement. Tu verras. Nous aussi on peut être utiles ! Tu vois ?

L’émotion lui brûlait la gorge. Il sentait sa bouche ardente et sèche.

– J’ai soif. Tu veux bien m’aider à trouver de l’eau ? Ensuite, on pourra sortir d’ici. Tu verras, ça va aller.

Il avait presque envie de pleurer. Pourtant, ce n’était presque rien. Une feuille, une simple feuille parmi d’autres. Mais il l’avait dans les mains. Il ne l'avait ni volé ni aperçu de loin ; il la possédait. Oh certes, ce n’était pas vraiment lui qui l’avait dénichée. Peu importe. Eve ne semblait pas se soucier qu’il la conservât dans sa poche à lui. En fait, elle ne semblait pas beaucoup se soucier de cette feuille et des conséquences que sa trouvaille impliquerait.

Intrigué par ce détachement, Noiraud observait du coin de l’œil son amie envahie, tandis qu’ils parcouraient à nouveau la jungle intérieure qui occupait la salle Yume. Pourquoi était-elle si apaisée ? Si désintéressée ? N’avait-elle pas envie de sortir, elle aussi ?

– Eve… Tu sais comme c’est important qu’on ait trouvé la feuille ? Tu t’en rends compte ? C’est en les rassemblant qu’on pourra s’en aller d’ici. Et retrouver… Tu sais, nos mères. Tout ça.

Il toussa faiblement, comme si ses propres paroles l’embarrassaient.

– Tu peux être fière. Nous allons la rapporter tous les deux. On ne sera plus juste les bizarres, on sera des héros !

Il exagérait, bien sûr. Noiraud exagérait toujours un peu. C’était sa manière à lui de rendre à cette réalité funeste un éclat perdu. N’était-ce pas là sa mission, en tant que fils de Lune ?



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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 8 Déc 2013 - 20:04

L’apparition de la mystérieuse page entre les mains d’Eve ranime la vivacité de Noiraud en quelques battements de cils, il s’empresse d’attraper l’élément comme s’il avait bien plus de valeur qu’elle ne pouvait l’imaginer (bien plus que la tarte au citron en tout cas). Les grands gestes de l’enfant mêlés à ses cris l’aident à réaliser ce qu’elle tient vraiment entre ses doigts, mais il faut bien l’avouer, ça n’a quand même pas autant de valeur pour elle que pour le petit (les yeux brillants). Plus Eve y pense et plus elle voudrait brûler toutes ces pages. Elle tremble à l’idée que ces portes s’ouvrent à nouveau. « Ils nous regarderont autrement. Tu verras. »

Eve secoue la tête, son cœur bondit, il n’en n’est pas question. « Non ! Tu n’auras qu’à donner ça seul ! » Eve ne veut pas être regardée (soupir). Ça serait irresponsable de le laisser s’aventurer tout seul pour rendre le papier au prix d’or.
Pourtant si elle pouvait elle s’enterrerait dans un coin avec sa peur collée à la peau (intouchable). Le danger est là où on l’attend le moins, ce n’est certainement pas elle qui contredira ceci. Eve souhaite crever au plus vite possible, à l’abri des regards si possible. Du moins, c’est ce qu’elle pensait (avant). A présent les moustiques ne la dérangent plus, une fois tous posés sur sa peau leur bourdonnement s’arrête et elle s’habitue à cette situation surnaturelle rapidement (puisque le monde est fou). « J’ai soif. Tu veux bien m’aider à trouver de l’eau ? Ensuite, on pourra sortir d’ici. Tu verras, ça va aller.» Un nouveau soupir. Ça n’ira plus s’il donne cette feuille. « Jette cette feuille Noiraud… » Oublie-là, avec l’idée d’ouvrir ces portes.

Mais l’enfant revient à la charge, sa voix chargée d’émotions tente de lui faire entendre raison, Eve faiblit lorsqu’il évoque les mères. Elle pense maintenant à cette femme qui attend surement son enfant à quelque part dans le monde, dans un monde, ses yeux caressent tendrement le visage de Noiraud, si seulement elle pouvait envoyer un message à sa génitrice pour lui dire qu’il est vivant… « Ta mère doit être inquiète… » Peut-être pourrait-on ouvrir l’entrée et laisser Noiraud sortir puis ensuite les refermer ?

Un visage traverse fugitivement sa mémoire.

« On ne peut pas ouvrir ces portes Noiraud, celui qui a dit que ces pages permettraient d’y arriver est un menteur. Cherchons donc de l’eau. » Son ton tremblant laisse clairement entendre qu’elle essaie plus de se convaincre elle-même que lui (qui est le menteur ?). Encore plus perturbée qu’à son habitude elle se met en route, à la recherche d’une source d’eau pour Noiraud (elle retient ses larmes).
On ne sera plus juste les bizarres.
C’est quoi être bizarre Noiraud ?
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Mar 24 Déc 2013 - 12:31


La jubilation soudaine de Noiraud s'était éteinte, presque aussi brusquement qu'elle était apparue. Il demeurait à présent raide et silencieux, l'esprit rendu confus par l'attitude singulière d'Eve. Elle avait semblé si ferme, si fermée. Même les traits de son visage avaient paru prendre d'autres contours, l'espace d'un instant, d'une phrase. La feuille avait un effet opposée sur Eve. Elle la perturbait, l'angoissait. Une amertume nouvelle suintait de sa voix. Noiraud ne disait plus rien. Seul le grésillement incessant des moustiques, toujours scotchés à l'épiderme de la jeune fille, brisait le silence.

La main dans la poche, inlassablement crispée contre la surface lisse du papier plié comme s'il eût peur que la feuille disparût, l'enfant lunaire avançait tête baissée. Il ne faisait même pas attention aux feuilles basses, épineuses parfois, qui lui barraient les jambes de temps en temps.
Un ruisseau clair et clapotant apparut dans son champ de vision, alors qu'ils dégageaient de larges feuilles de bananier. Il donnait sur une sorte de lac minuscule, semblable à une marre profonde. Noiraud s'élança vers le point d'eau. Oubliant toute prudence malgré leurs mésaventures passés, il plongea ses mains diaphanes dans l'eau et les porta à sa bouche. Eve, de son pas tranquille et singulier, le rejoignait.

Le silence, installé à présent, ne les quitta pas immédiatement. Noiraud, accroupi comme une grenouille sur la rive, regardait son reflet tremblotant dans l'eau sombre. Il s'interrogeait tant sur Eve qu'il peinait à formuler correctement ses questions. Il finit par lâcher, un peu abruptement :

– C'est toi qui mens. Si c'était un menteur, personne ne prendrait le temps de chercher les feuilles... Pourquoi qu'il mentirait, hein, pourquoi ? Même les grands le croient.

La remarque d'Eve l'avait contrarié. Il n'avait jamais envisagé que les indices pussent être de fausses pistes, des faux espoirs qui ne feraient qu'entretenir la folie desespérée qui accablait tous les pensionnaires. Il ne l'avait jamais songé. Il ne voulait pas y croire, il n'y croyait pas, mais il en voulait à Eve d'oser émettre de telles idées alors que la recherche des feuilles demeurait son unique raison de vivre. Sans elles, il ne se battrait plus, et la mélancolie aurait tôt fait de le ronger jusqu'à l'âme.
Il se tourna vers la jeune fille. La vision des insectes recouvrant son corps ne le troublait plus.

– Pourquoi tu ne cherches pas les feuilles ?

Il se releva.

– Tu n'as pas envie de partir ? Tu ne veux pas quitter le Pensionnat ? Tu ne veux pas retrouver ta maman ?

Une éventualité bourgeonna dans l'esprit perplexe de Noiraud. Il sentait que, comme lui, Eve était un genre d'incubateur à effroi.

– Est-ce que... Est-ce que par hasard, une chose te fait peur dehors ? Est-ce que c'est le bagne ? Ou quelqu'un qui veut te toucher là où il ne faut pas ?

S'approchant plus près, il ajouta d'une voix légèrement brisée :

– Est-ce que tu n'as pas une maman, toi, pour te protéger ?




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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Ven 27 Déc 2013 - 4:17

Noiraud a abandonné la conversation, laissant Eve se battre intérieurement avec ses souvenirs, désespérant à les chasser. Elle n’oublie rien mais elle tente de penser chaque fois à autre chose. Alors elle se focalise sur Noiraud, ses cheveux d’argents juste devant elle, son petit corps tout frêle qui l’inquiète à chaque fois qu’une herbe le frôle et sa tête baissée (il est contrarié). C’est un peu de sa faute (complètement). Sa mère ne serait pas contente qu’il traine dans un endroit pareil, tout est tellement dangereux. A-t-elle le droit de le priver de sa mère ? De brûler ces pages, de celer ces portes à jamais pour son propre bonheur ? Et quel bonheur, Eve est condamnée, qu’elle soit d’un côté ou de l’autre de ces murs elle se fait autant de mal qu’il lui en a fait. Pourtant ça serait si simple d’être égoïste.

Noiraud à la vue de la source d’eau s’y précipite, coupant le souffle d’Eve qui tente de l’attraper par l’épaule. Soit elle est paranoïaque soit il est trop imprudent (les deux), il plonge ses mains pour boire et elle pâlit, n’arrivant plus à détacher l’idée que sa mère se ronge les ongles jusqu’au sang pendant que son fils boit une eau douteuse. Sa bouche s’ouvre, elle veut lui dire de faire attention mais l’enfant la coupe brusquement. « C'est toi qui mens. Si c'était un menteur, personne ne prendrait le temps de chercher les feuilles... Pourquoi qu'il mentirait, hein, pourquoi ? Même les grands le croient. » Elle le dévisage, surprise par tant de conviction, par le décalage entre l’innocence de son visage et la tristesse de ses yeux. Elle serait bien horrible de creuser un peu plus la peine dans son regard en détruisant cette page. « Je mens… » On ne saura qu’à la fin de cette histoire qui mentait après tout, pourquoi serait-ce vrai ? Eve se tait, les yeux de Noiraud l’inspectent comme tout le monde à l’habitude de le faire, en se demandant pourquoi autant de choses clochent chez elle. Ses ongles voudraient gratter sa peau, s’enfoncer, la déchirer mais les moustiques l’en empêchent ; elle se contente de mordiller ses lèvres jusqu’au sang.

D’un seul coup l’enfant se lève, jetant chaque question qui lui dévore l’esprit à l’air libre. Eve accroupie est pétrifiée par chaque souvenir qu’il fait naitre. « Tu n'as pas envie de partir ? Tu ne veux pas quitter le Pensionnat ? Tu ne veux pas retrouver ta maman ? » Elle ne s’est jamais demandée, qui est sa maman, parce qu’elle n’a jamais pensé qu’elle pouvait en avoir une. Eve se souvient de tout. De tout à partir de cette cave sombre (c’est le problème). Il n’y a rien avant, il lui a vidé l’esprit, il a fait disparaitre de sa mémoire les gens qu’elle aimait, ce qu’elle était. Ses yeux sont luisants. Elle n’a aucun repère, aucun nom, aucun visage. Est-elle vraiment Eve Clément ? « Tais-toi… » Chaque mots est une torture, mais Noiraud ne s’en rend pas compte, sa curiosité le démange trop. « Ou quelqu'un qui veut te toucher là où il ne faut pas ? » Les larmes d’Eve coulent, elle cri une fois. « Chut Noiraud ! » Ses bras s’enroulent autour de son corps (bouclier). C’est où là où il ne faut pas ? Ça ne veut rien dire. Ses paupières se ferment.

Il la tire par les cheveux et d’une main arrive à la maintenir contre le mur. Eve se débat. Sa chemise vole, le froid glace ses jambes mais elle continue à se débattre. La rage l’anime, la peur la paralyse, elle mord, elle griffe, donne des coups, cris. Mais rien n’y fait, et rien n’y fera jamais. Elle pourra donner le meilleur d’elle-même pour s’en sortir, ça ne changera rien. Il est maitre de son destin. Elle ne saurait dire combien de temps elle a passée dans cet endroit froid et sombre (quatre ans). Elle se souvient seulement de ce jour où elle a abandonné, où elle a tout oublié, d’où elle venait, ceux qu’elle aimait, à quoi elle ressemblait ; absolument toute son existence. Ce jour où elle n’était plus que de la chair à la merci de son possesseur.

« Est-ce que tu n'as pas une maman, toi, pour te protéger ? » Eve sursaute, ouvre grand les yeux et, la respiration affolée, hurle. « La ferme Noiraud ! » Son cri n’est pas violant, ni même empli de colère, il est simplement désespéré. Eve n’est plus rien, elle n’est plus forte pour être en colère, plus forte pour se battre, elle n’est absolument plus rien depuis le début de ses souvenirs les plus sombres. Pourtant, à ce moment même, le regard de Noiraud la révolte. « Qu’est-ce que tu veux que je te réponde ? Dis- moi ! Qu’est-ce qu’il m’a fait ? Tout ce qu’il y a de plus mauvais. » Elle tend ses bras et éloigne les moustiques quelques secondes, laissant l’espace d’un court instant sa peau saccagées apparaitre avant d’être à nouveau recouverte par les insectes. Lors d’une demie seconde il peut voir chaque brulure, chaque cicatrice, chaque marque (ce ne sont que ses bras). Elle n’est pas capable de dire qui de lui ou elle l’a fait, sûrement les deux. Eve ne s’arrête pas. « Est-ce qu’une mère m’attend ? Je ne sais pas. Est-ce qu’elle me protège ? Certainement pas ! Qu’est-ce que tu veux entendre d’autre maintenant Noiraud ? Est-ce que ça te suffit ? T’en faut-il plus ? Dis-moi ! » Quelques moustiques peinent à s’accrocher à son visage tant elle pleure. Brusquement elle lui tourne le dos. Putain devait-elle dire ça à un gosse ?

HRP : joyeuses fêtes, repose toi bien ! :)
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Sam 11 Jan 2014 - 14:43

Spoiler:
 


« La ferme Noiraud ! »
L'ordre cingla l'air, les oreilles de Noiraud aussi, et fit s'abattre le silence. Même les moustiques excités paraissaient moins bruyants.
Noiraud, secoué d'un léger frisson, cligna des yeux plusieurs fois tandis qu'il fixait le visage crispé de la jeune fille. Il baissa la tête, mordillant ses lèvres blèmes. La voix d'Eve avait changé. Assez subitement. Même son regard, l'éclat de son regard, avait changé. Noiraud rejeta un cailloux du pied, n'osant plus lever les yeux en direction de sa compagne de fortune.

Mais Eve poursuivit. Sa voix broyée fendit l'atmosphère une fois encore, plus longtemps, avec plus de détresse et même de la colère. Une colère qui remontait de très loin, comme s'il avait fallu l'extraire d'un puits. Noiraud sentait ses membres vibrer sous l'effet de ce timbre sonore, furieux et tellement triste.
Percevant malgré la fuite de son regard les mouvements secs d'Eve, l'enfant lunaire lança un regard fugace en direction de ses bras qu'elle tâchait de décharger. La vision qui s'imposa à lui le pétrifia davantage. Trop choqué et contrit pour oser dire quoique ce fût, il tenta maladroitement de dissimuler son trouble. Mais de toutes façons, Eve était en prise à ses propres tourments, ses effluves de souvenir qui la submergeaient comme une marée montante à laquelle on n'a pas su prendre garde. Ses prunelles étaient dardées sur lui mais ne semblaient pas le voir.

Etrangement, à la mention du "il", Noiraud pensa au directeur du bagne. Une conviction infantile et absurde s'installait en lui-même : Eve avait été piégée par le même ogre que lui. A la différence qu'elle, n'avait pas pu s'échapper. Noiraud n'imaginait même pas qu'il pût exister plusieurs monstres, plusieurs ogres, plusieurs hommes dégueulasses.
La phrase « Tout ce qu’il y a de plus mauvais » sonna comme un trop gros mystère. Noiraud tenta une seconde de se représenter ce fameux tout qu'il ne savait deviner, jusqu'à ce qu'Eve rompît une nouvelle fois le cours de sa pensée. Sa voix était devenue douloureuse, glacée, elle s'infiltrait dans les vaisseaux de Noiraud pour lui givrer les os. Elle lui faisait mal.

Eve pleurait tellement que les moustiques se noyaient.
Noiraud avait l'impression de se faire engueuler, pourtant il savait que ce n'était pas complètement ça. Certainement du fait que ce n'était pas lui qui avait le plus mal.
Après un court instant durant lequel il se contenta de balancer des coups d'oeils furtifs à l'adresse du dos d'Eve, il finit par se rapprocher à très petits pas. Son genoux ne saignait plus et avait formé une petite plaie séchée de couleur indigo. L'enfant lunaire fit mine de poser sa main diaphane sur l'épaule de la jeune fille, mais il n'osa pas à cause des moustiques.

– Pardon, Eve.

Sa voix à lui n'était plus qu'un souffle.

– Je ne sais pas ce qu'il t'a fait, parce que moi j'ai eu le temps de m'évader. Mais je sais que ça devait être...

Il pensa à plein de mots pour exprimer sa pensée, mais aucun ne paraissait assez juste. Le silence revint, comme une fatalité.
Noiraud coutourna la silhouette efflanquée de son amie pour venir s'accroupir devant elle. Eve lui sembla très belle, même avec tous ces moustiques virevoltant autour d'elle. Même avec les larmes qui lui creusaient les joues.

– Pardon, Eve, pardon. Je n'avais pas compris. Eve.

Noiraud cherchait son regard, ses propres yeux brillaient plus qu'à l'accoutumée, fiévreux, intenses. Il cherchait son regard mais Eve était encore trop loin.

– Eve. Moi, j'ai deux mamans. Si tu veux, on peut partager.

Les épaules d'Eve tressautaient sous le coup des sanglots qu'elle réprimait. Noiraud ajouta, éclatant la fatalité :

– Si on sort d'ici, tu ne seras pas toute seule. Tu seras avec moi. Avec mes mères. Tu seras avec moi. Viens, Eve. Il faut donner la feuille. On ne peut pas rester là. S'il te plait, lève-toi Eve. Je ne parlerai plus des choses qui font mal.


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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 19 Jan 2014 - 22:34

Ça déchire sa poitrine, c’est atroce, insoutenable. Eve ferme les yeux, elle peut entendre son cœur trébucher, elle peut l’entendre frapper sa poitrine jusqu’à s’en faire mal ; elle l’entend, son cris de douleur qui perce le gouffre de sa mémoire, il est lamentable. Elle se noie toute entière sous ses larmes, alors que Noiraud regarde son dos. A ce moment précis elle lui en veut atrocement, pourtant c’est le genre de fille qui se fait marcher sur les pieds sans même s’en rendre compte, pas du genre rancunière. Mais Noiraud a fait une erreur en pointant un doigt là où ça fait mal, à cet endroit qu’elle ignorait de toute ses forces, à chaque instant, jusqu’à en devenir folle. Alors à ce moment précis elle lui en veut (un sentiment primitif de rancune). « Pardon, Eve. » Elle soupire. « Non… »

Eve tremble, perdue entre des souvenirs et la réalité, elle sent des mains sur son corps. Noiraud dit qu’il a réussi à s’évader (fuir). Pourtant elle s’est jetée sur les murs, a hurlé jusqu’à n’avoir plus de voix, elle a brisé son épaule contre la porte (elle voulait fuir). Quand il a ouvert la porte pour la première fois elle s’y est précipitée, il l’a retenue par les cheveux, il l’a trainé au sol. Comment a fait Noiraud pour s’échapper ? Elle a l’horrible impression d’être nue.

Pourtant si elle est là c’est que cette porte s’est ouverte. Sans qu’elle s’en approche, alors qu’elle avait abandonné toute idée de la franchir. Elle se souvient avoir regardé la lumière qui s’en échappait pendant de longues minutes sans même penser à s’en aller. « Pardon, Eve, pardon. Je n'avais pas compris. Eve. ». Noiraud s’approche d’elle, et même debout il est tout petit. Elle regarde ses yeux d’enfants et désolés. Eve soupire. Sa rancune est déjà bien loin.
Puis quelqu’un est venue agiter une main devant ses yeux, a tiré son bras, lui a dit de fuir. C’était sa mission, on lui a ordonné de courir le plus loin possible, de ne jamais se retourner. « Eve. Moi, j'ai deux mamans. Si tu veux, on peut partager. » L’idée d’avoir deux mamans perturbe profondément Eve, elle reste un moment perplexe. « Deux mamans ? » Au final ce n’est pas très important… Une, deux ou trois, il faut juste quelqu’un pour aimer Noiraud (le protéger). « Il faut que tu rentres chez toi Noiraud, elles sont surement très inquiètes. »

C’est ce qu’elle a fait, elle a couru même la nuit, jusqu’à oublier qui elle fuyait. L’air frais lui a fait du bien mais elle a eu du mal à avancer, depuis combien de temps est-ce qu’elle n’avait pas couru ? « Tu seras avec moi. Viens, Eve. Il faut donner la feuille. » Elle a 21 ans, bien qu’elle n’en soit plus entièrement sûre, surtout depuis qu’elle s’est rendue compte de son problème avec le temps, a 21 ans on n’emprunte pas la maman d’un enfant, on ne va pas vivre chez ses parents non plus. Même si elle ne sait pas cuisiner.

C’est sous la pluie qu’elle est rentrée ici, et faire demi-tour est bien la dernière de ses idées les plus folles (son pire cauchemar). « D’accord, apportons cette page, allons-y. » La porte s’ouvrira peut-être, à ce moment elle ne sortira pas, pas question, mais elle pourra peut-être voir les mamans de Noiraud de l’autre côté. Peut-être qu’il y aura sa maman à elle aussi, et qu’elle la reconnaitra. « Ton genou ça va ? »
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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    Dim 9 Fév 2014 - 18:02


– Oui, ça va.

Le genoux, ça allait. L'esprit, fallait voir.
Noiraud était complètement ébranlé par l'état d'Eve, bien que celle-ci parût un peu plus tranquille. Il ne comprenait pas lui-même pourquoi cela le perturait tant. Il y avait quelque chose de touchant, de brut aussi, chez la jeune fille. Elle ressemblait à une fleur gelée.

Ils rebroussaient chemin, écartant les fougères, les branches et autres obstacles qui leur barraient la route. Une bonne partie du trajet se fit dans le silence, uniquement foré par les bruissements émis par la jungle intérieure qui composait cette drôle de salle. Ils croisèrent l'espèce de salon loufoque où ils avaient dégusté – enfin, où il avait dégusté – la tarte. Ils ne s'y attardèrent pas. Ni l'un ni l'autre n'était particulièrement désireux de demeurer plus longtemps dans cet endroit. Trop d'évènements, trop de bizarreries, et surtout trop d'émotions en avaient jaillis, comme des feux d'artifice. Les corps frêles et pâles des deux enfants n'en supporteraient pas davantage.

– En vérité, reprit Noiraud tout en enjambant une énorme racine noueuse, je les ai jamais vu, mes mamans. Elles... Elles sont loin. La première, celle qui n'est pas magique, j'ai son visage dans mon bidule.

S'arrêtant brusquement, Noiraud enfouit sa main dans sa poche et en sortit le médaillon rouillé qu'il gardait toujours auprès de lui, comme le faisaient beaucoup d'enfants abandonnés qu'il avait connu au bagne. Avec une délicatesse peu coutumière de sa personne, il l'ouvrit et le présenta doucement au regard d'Eve.

– Je crois qu'elle ne me ressemble pas beaucoup, avec ses cheveux noirs. Mais elle a des jolis yeux. Tu trouves pas ? Des yeux un peu comme toi. Beaux mais tristes.

Il se rendit compte trop tard de la portée de ses mots. Cela ne se faisait certainement pas, de déclarer à quelqu'un que ses yeux étaient tristes. Mais enfin, Eve avait déjà vu son reflet dans un miroir, ou dans un rêve, elle ne devait pas ignorer la tristesse de ses yeux. Surtout vu comme son corps était presque invisible. On ne voyait quasiment que ses yeux, avec le rideau de cheveux sans couleur qui les recouvrait. Comme un voile. Eve était une allégorie de son propre mal. Noiraud le ressentait très fort, sans le penser vraiment. Fleur gelée.

Un peu précipitamment, il referma le médaillon et le replongea dans sa poche. Il eut envie de parler de sa seconde mère, mais craignant qu'Eve ne le crût pas, il se résigna. Il était attaché à elle, mais attaché par un lien si sensible qu'il redoutait chaque secousse. C'était son premier vrai lien, sa première rencontre fragile. Avec Nick, il n'avait pas eu à sonder quelque mystère douloureux, il n'avait pas eu à comprendre, il n'avait pas eu à prendre soin. Eve était à la fois une grande et une toute petite fille, une créature hybride et détraquée qui n'arrivait plus à marcher normalement. Et tout ça, ça lui parlait. Même les yeux tristes.

Au bout d'un certain temps, ils débouchèrent sur la porte d'entrée. Comme saisis à l'unission de la même sensation, les deux êtres stoppèrent leur élan et fixèrent la porte. Noiraud eut envie de tenir la main d'Eve, mais elle était toujours remplie de moustiques, et pour la première fois ce fait irrita profondément l'enfant lunaire. M. Singe, disparu jusqu'alors, refit subitement son apparition en se posant sur l'épaule de Noiraud. Même lui, avec son caractère intrusif et chiant, n'avait pas eu l'audace de briser leur intimité. Car oui, il s'agissait bien d'intimité, d'un moment furieusement privé et dangereusement nu. Le genre de trucs qui n'arrive pas des masses, ici.

– Je suppose que nous devons partir.

Voilà que Noiraud regretterait presque d'avoir trouvé la sortie. Il avait la curieuse et désagréable impression que son lien avec Eve serait mis en danger une fois dehors. Cette pièce surnaturelle était devenue leur abri, leur repaire, leur havre. Eve était si discrète, si repliée, si inaudible... Une fois dehors, saurait-il la retrouver dans cette masse grouillante et bariolée ? Il le fallait pourtant. Il fallait que le lien dure, que le lien résiste, que le lien leur sauve la vie.

– Je vais porter la feuille, poursuivit Noiraud en s'approchant, posant sa main sur la poignée de la porte. Il perçut l'étranglement de sa voix. J'espère qu'on se recroisera, Eve. J'espère...

Il se coupa, incapable de deviner la suite de sa phrase. Pourquoi ne pouvait-il pas devenir fourmi et vivre éternellement dans la poche d'Eve ! Pourquoi étaient-ils contraints de franchir cette foutue porte et de retrouver la violence et la solitude ! Merde.

– Tu sais, dit-il, la main fixé contre la poignée, les yeux aussi. J'ai beau être petit, je sais des choses. Je sais que dans les contes, les ogres finissent par être punis. Et que l'enfant sort de la cage et redevient libre. C'est sûr que ça t'arrivera. C'est toujours comme ça. Je le sais, j'ai lu presque tous les contes. Je le sais.

Se tournant vers le visage de la jeune fille, toujours englouti des bestioles vrombissantes, Noiraud se mit à souffler une légère brise. Une vapeur blanchâtre vint s'extraire de sa bouche et se déposa sur la figure d'Eve, dispersant les moustiques qui le couvraient. Il aperçut ainsi ses traits, des vrais traits de fleur gelée, alors que ses yeux lui piquaient déjà les paupières.

– Merci.

La porte s'ouvrit, se referma. Les pas de Noiraud frappèrent le tapis qui recouvrait les couloirs. Tout avait l'air différent, maintenant.



Spoiler:
 





FIN





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MessageSujet: Re: [RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]    

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[RUDY] " Je me souviens des jours anciens et je pleure " [Noiraud & Eve Clément]

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