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 (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }

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Delicate Boy
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MessageSujet: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Sam 30 Nov 2013 - 5:44

Il était une fois un beau matin ; il était une fois un Prince. Ce Prince n'avait en guise de royaume que des terres bien restreintes, entourées d'une protection magique qui jusqu'alors avait toujours su garder les dragons à l'extérieur – ou bien les moutons à l'intérieur, pour ce que ça lui importait. Il était donc une fois ce Prince et son royaume, perdus au milieu de nulle part, et un soleil d'automne resplendissant qui venait s'amuser à aveugler les quelques oiseaux pépiant aux fenêtres n'ayant pas encore été dévorés par un alter ego glouton. Il était une fois une foutue baraque. Il était une fois...
Brosse à dents coincées entre deux molaires, Emrys essuya la buée qui avait recouvert le miroir.
Il était une fois je me suis levé à quinze heures et j'ai mal à la tête.
Ou du moins pensait-il qu'il était quinze heures ; sa montre avait heurté assez violemment le rebord d'un meuble quelques jours plus tôt et, en toute bonne foi, il n'était plus tout à fait certain de pouvoir se fier à elle. Pas que ça ait une importance phénoménale, ceci dit. Quinze heures ou treize ou seize... La notion du temps, depuis qu'il avait l'éternité devant lui, était devenue aussi floue que le visage de ses colocataires après le verre de trop. Avoir un emploi du temps cadré lui avait évité de s'en rendre compte ; là, il accusait le coup. C'était dur de se lever à l'heure. Ou de manger à l'heure. De se coucher à l'heure. De tenir compte des heures. Ses tennis et ses pinceaux, abandonnés dans un coin de sa chambre, commençaient à sentir le moisi et les souvenirs désagréables. Tout prenait la poussière.
Agacé et bien décidé à ne plus jamais fournir le moindre effort intellectuel de sa vie, le jeune homme passa une main dans ses cheveux humides et cracha sa brosse à dents dans le lavabo. Son reflet, trop honnête à son goût, lui renvoya une tête à peine plus présentable que celle d'Antoine au quotidien – à savoir quelque part entre « pas terrible » et « à peine regardable ». Pas le stéréotype de l'adolescent en bonne santé. Pas un Prince, en tout cas, et certainement pas quelqu'un qu'il ait envie de regarder. Prenant tout juste la peine de laver et récupérer sa pauvre brosse à dents, il tourna les talons. Quelques gouttes d'eau glissèrent sur ses épaules, sur la moquette, et ses pieds nus faillirent bien s'empaler sur un bout d'il-ne-savait-trop-quoi lorsqu'il revint dans sa chambre ; comme si ça ne suffisait pas, il fut incapable de se souvenir où il avait rangé ses cigarettes. Les poches de son jean ne donnèrent rien, celles de son t-shirt n'existaient apparemment pas – et rien à faire, elles n'étaient nulle part. Disparues. Sûrement un coup de Bilboquet. Sale bête stupide.

« Tu vas te détruire les poumons. »

Dans un souffle, à peine un bruissement de tissu, son front vint s'appuyer contre les draps. C'était stupide. Même lui se trouvait stupide. La situation l'était, son attitude l'était, même celle d'Ayumi l'était – tout ça, c'était complètement et irrémédiablement stupide. Ce n'était pas comme si ça pouvait le tuer. Ou peut-être que si, mais ça ne pouvait pas être pire que cette absence. Ces non-dits et ces silences lui filaient des maux de têtes que même les douches glacées ne faisaient pas passer. Son drap allait être humide aussi, maintenant.
La tentation de s'enterrer sous ses couvertures pour se plaindre de sa vie atroce et profondément triste se fit plus forte ; et puis, non. Aussi simplement que ça, il se redressa : aussi simplement que ça, en quelques enjambées pressées et irréfléchies, sans prendre le temps d'enfiler une veste ou même des chaussures, il sortit de sa chambre. Pria dans le vide puisqu'il n'y avait que ça à faire – espéra ne pas tomber sur une des autres filles de la chambre quinze, comme la dernière fois qu'une poussée de courage avait réussi à le sortir de sa torpeur. Poussa la porte sans frapper, remercia le Ciel et la referma sans plus demander l'avis de qui que ce soit – quoi qu'on aurait pu lui dire, il ne partirait pas.
Pour s'éviter de filer à l'anglaise dans l'autre sens, il resta fermement adossé à la porte. Allez.

« Faut qu'on parle. »

Sa gorge se noua ; concrètement, il n'avait aucune idée de quoi dire après. L'idée qu'elle puisse en profiter pour mettre un point définitif à leur relation n'était pas exclue. Loin de là.
Mais avec ou sans explications, au moins ce serait clair.

« Maintenant. »



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« I'm in the basement, you're in the sky ;
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Jeu 19 Déc 2013 - 0:22

Hey, Jude
Don't make it bad...
feat Emrys Sulwyn.

♫♫♫


    Cela faisait combien de temps maintenant qu'elle ne s'était pas coupé les cheveux ? Dans le miroir, son reflet lui grimaçait quelque chose comme "trop longtemps". La jeune femme saisit un élastique abandonné là par une colocataire distraite et releva la masse rebelle de ses mèches roses au-dessus de sa nuque en un chignon un peu bancal. Elle observa le résultat un moment avec une grimace presque douloureuse avant de se résoudre à défaire cette structure de fortune. Ses cheveux amarante cascadèrent sur ses épaules nues le temps qu'elle réussisse à trouver dans la salle de bain d'autres élastiques et une pince à cheveux. Si se coiffer correctement n'était pas encore intégré dans ses habitudes, coiffer des cheveux longs l'était encore moins. Mais grâce aux conseils d'Heather, elle arrivait maintenant à ressembler à peu près à quelque chose.
    Depuis quand ne s'était-elle pas coupé les cheveux ?
    Ayumi lâcha les élastiques et détailla le résultat dans le miroir. Malheureusement, ce dernier n'eut pas de meilleure idée que de lui renvoyer son regard. La jeune femme se regarda dans les yeux, le cœur serré : elle voyait dans ces prunelles un puits obscur de réprobation.
    Avec quelque chose qui ressemblait à du dégoût, la guitariste tourna le dos à son reflet et sortit de la pièce en fermant la porte derrière elle. De retour dans sa chambre, elle alla directement à son lit sans un regard pour l'instrument qui, muet, l'attendait désespérément dans le coin opposé, et s'y laissa tomber. Elle croisa les mains derrière sa tête et ferma les yeux, en songeant que si elle s'était attaché les cheveux il devait bien y avoir une raison à la base, mais qu'elle ne s'en souvenait plus.
    Elle n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé lorsque, sans préavis, le bruit de la porte ouverte puis refermée claqua dans ses oreilles.
    Il y a des instants étranges où on sait, tout simplement. Calcul de probabilités ou intuition, lien indestructible, peu importe. Iwa se demanda si elle serait plus heureuse en gardant les yeux fermés, comme une belle au bois dormant dont le prince resterait à jamais figé contre la porte, interdisant tout retour en arrière.
    Et puis elle se rappela que ces derniers temps, elle était loin d'être heureuse. Et que ceux qui se laissent aller se noient. Se demanda si elle voulait se noyer.

      « Faut qu'on parle. »

    La phrase fatidique. Même elle qui n'avait pas vu beaucoup de films à l'eau de rose, elle connaissait ça. Annonciatrice de problèmes, hein ? Seulement les problèmes, ils étaient déjà là.
    Et c'était sa faute. Alors elle n'avait pas le droit de se mettre un oreiller sur la tête et de l'ignorer.
    Donc elle retira les mains de ses yeux et se redressa. S'assit au bord du lit. Le regarda dans les yeux.
    ... et détourna les siens.
    Non, elle ne pouvait pas décemment le regarder en face. Elle peinait déjà à soutenir sa propre vision dans le miroir, alors affronter Emrys après ce qu'elle avait fait, c'était juste... trop. Impossible, sachant que la honte et la répugnance lui compressait la gorge et la cage thoracique sans répit depuis des mois. Elle en avait la nausée et une envie folle de fondre en larmes. Fixant ses yeux pourpres sur les lattes du plancher, la jeune femme se prit les tempes entre les mains et inspira à fond.

      « ... D'accord... » Elle ne savait pas quoi ajouter. Ses mains se rejoignirent sur ses lèvres.
      « ... On... » Oui ? C'est rare pour toi de ne pas trouver tes mots.


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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Dim 29 Déc 2013 - 0:08

Lorsque son regard croisa celui d'Ayumi, Emrys sentit sa gorge nouée le ramener en haut des escaliers du Hall, un jour où la pluie battait fort contre les fenêtres et le toit. Iwasara, c'est ça ? Moi c'est Emrys. Depuis combien de temps ne lui avait-il pas parlé, exactement ? Son horloge interne, toujours brisée en mille morceaux, refusa de lui répondre – si bien que même en s'y écorchant les doigts, il ne parvint à tirer des débris qu'un 'longtemps' aussi flou et peu familier que la façon dont la jeune fille avait arrangé ses mèches amarantes. Ils ne s'étaient pas tant éloignés, pourtant. Juste séparés un moment. Quelques temps.
Trop longtemps.
La poitrine comprimée par des sentiments qu'il tenait à pouvoir décrypter, peu importe à quel point c'était désagréable, Emrys finit par baisser les yeux à son tour. Elle avait changé. Lui aussi, sûrement. Sa voix lui sembla plus éteinte, ses gestes plus lourds ; ou peut-être était-ce juste qu'il n'y était plus habitué. Le vernis dont il recouvrait ses souvenirs ne cessait de l'induire en erreur. Mais on était vraiment plus heureux ensembles, hein ? On... Suspendu à ses lèvres et au son de sa voix, le jeune homme se mordit langue. Il y avait vraiment de quoi se détester, dans cette histoire – de quoi se perdre en cherchant la solution à un problème qui n'en avait pas, aussi. Inutile d'aller beaucoup plus loin ; Iwa était muette et lui ne savait pas quoi dire. Aucune question ne lui semblait plus appropriée que l'autre.
Et, surtout, il ne voulait pas que cette pointe de colère plantée dans son estomac se décide à bouger lorsqu'il élèverait la voix.

« Hm... »

Nerveux, il passa une main dans ses cheveux pour écarter des mèches pourtant déjà rabattues en arrière ; bloqua sa respiration, soupira un peu abruptement. Souvent, il avait souhaité que l'un revienne vers l'autre et que tout soit arrangé : qu'elle décide que tout cela n'avait finalement aucune importance, aucune, et que les choses reprennent comme avant. Mieux qu'avant. Seulement d'autres fois, il l'avait détestée. Vraiment. D'y accorder de l'importance, de ne pas revenir s'expliquer, de l'abandonner sans même prendre la peine de lui dire pourquoi – d'être partie, alors qu'il avait tellement besoin d'elle.
A certains moments, il aurait aimé tout lui mettre sur le dos. Les lendemains, c'était lui qu'il détestait d'être si bêtement égoïste.
La plupart du temps, tout se mélangeait et il ne savait plus quoi penser.
Un frisson remonta de ses pieds nus à sa nuque.

« J'ai réfléchi, et... » Inconfortable, mal à l'aise, il croisa les bras. « Je crois que j'ai le droit à une explication, si tu... Enfin. »

Ne veux plus jamais me revoir, par exemple – mais comme un enfant ayant décidé de ne sauter que sur les carreaux blancs, par pure superstition inconsciente, il préféra s'arrêter là. Il ne voulait pas penser à ça. Pas avant qu'elle le lui ai dit clairement, les yeux dans les yeux, sans s'échapper ni détourner le regard. Il ne réussirait jamais à aller mieux tant que toute cette histoire n'aurait pas été mise à plat. Peu importe le pourquoi du comment, ou à quel point ses raisons d'avoir fui pouvaient faire mal à entendre : à ce stade, ne pas savoir risquait autant de le tuer que l'inverse. De son estomac ou de son moral, quelque chose finirait bien par le lâcher – et quoi que la présence de Soren avait tendance à le tirer vers le haut, il n'était pas sûr de pouvoir se sortir de la dépression une fois plongé dedans à perd-pied.
Il ne voulait pas se noyer. Ne voulait pas la perdre.

« Tu me manques. »

Pourtant, jamais la distance les séparant ne lui avait semblé si longue.




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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mer 15 Jan 2014 - 22:46

    Ayumi ferma les yeux. Ses doigts se croisèrent, se crispèrent sur ses lèvres qui tremblaient déjà, alors que quasiment aucune parole n'avait encore été prononcée. Touchées par des bribes de souvenirs, peut-être. Une lumière dorée comme celle-ci, le parquet qui craquait, quelques mots suppliants et de la pluie sur ses joues.
    Il lui semblait qu'il n'avait pas cessé de pleuvoir depuis ce jour. Même lorsqu'un soleil radieux venait l'éblouir, il lui semblait qu'il cascadait en averse d'or.
    C'était bête, vraiment.
    Combien de filles auraient tout simplement tourné la page ?
    En un sens, quelque chose au fond d'elle cherchait à lui faire admettre que son mouvement de recul aurait dû lui faire articuler des adieux définitifs. Qu'il était la marque la plus claire qu'Emrys et elle étaient mal appariés, que ça ne marcherait pas.

    Elle l'avait pensé, pendant un moment. Elle lui en avait voulu de lui avoir caché la vérité ; le sentiment de trahison, de duperie, la rancœur avaient traversé son horizon en même temps que l'incompréhension et l'incapacité à mettre des mots clairs sur ses propres sentiments.

      « J'ai réfléchi, et... Je crois que j'ai le droit à une explication, si tu... Enfin. »

    Parce qu'elle n'avait pas l'habitude de se confronter à ses émotions à elle. De ne pas vivre au jour le jour, oscillant entre rébellion et acceptation. Chez elle, avec l'existence misérable qu'on lui imposait ; au Pensionnat qui l'enfermait contre son gré. Le dilemme, voilà quelque chose que la vie ne lui avait pas appris.
    Alors quand, passé le premier temps de stupeur, le remord avait débarqué au pied de son lit un matin, elle n'était pas prête.
    Ça lui avait fait mal. Et ça ne l'avait pas laissée en paix depuis.
    Finies les nuits paisibles, bonsoir mauvais rêves, cernes sous le yeux et nœuds à l'estomac.
    C'est une blague, pas vrai ? Pris avec le recul, ces mots qu'elle aurait pu prononcer dans les premiers jours bercés d'incompréhension lui paraissaient d'une cruauté inouïe.
    Comme si c'était sa faute à lui. Celle qui avait jugé sur les apparences, celle qui avait fui à la première escarmouche, c'était elle, seulement elle. C'était sa faute à elle. Et la culpabilité, la honte qui étranglaient sa gorge, c'était elle qui les avait invoquées et qui les méritait.
    Mais elle n'avait pas voulu ça. Jamais.
    Iwa rouvrit les yeux et glissa un regard vers Emrys. Adossé à la porte, peinant lui aussi à articuler les mots que saignaient leurs deux cœurs, à des kilomètres l'un de l'autre, il était pourtant toujours là.

      « Tu me manques. »

    Et sa voix creusait des puits profonds dans le cœur de la jeune femme.
    Est-ce qu'il n'était pas en colère ? Est-ce qu'il ne la détestait pas, pour avoir agi comme la majorité des inconnus de ce monde l'auraient fait, alors qu'elle aurait dû être avec lui, rester, lui faire confiance, pardonner s'il en était même besoin ?
    Sans doute que si, quelque part. La guitariste l'aurait parfaitement compris, même si ça faisait mal.
    Et pourtant il était encore là.
    Je me déteste, si tu savais.

    Elle se sentait mal. Elle s'était rarement... Non, elle ne s'était jamais sentie aussi mal de toute sa vie.
    Si lâche. Incapable de trouver les mots.

      « Je suis une personne horrible, pas vrai. » Ses yeux cherchèrent timidement les iris d'un bleu à défaillir ; mais son sourire était triste. Fataliste. Presque dégoûté.

    Mais tu sais, je...
    Et pourtant, dire qu'Emrys lui avait manqué était un euphémisme monstrueux. Elle cherchait sa silhouette des yeux dans chaque pièce, alors même qu'elle le fuyait ; ses oreilles guettaient sa voix ; sa présence, inconsciemment comme dans un rêve, la nuit entre ses draps. Le vide lorsqu'elle percevait son absence était terrible.

      « Je pourrais te raconter, mais ce ne serait pas une excuse. Je n'ai pas d'excuse ; je... ne voulais pas. Tu sais. »

    Ses joues étaient chaudes, d'un seul coup. Ses yeux picotaient désagréablement.
    Pas maintenant.
    Elle se mordilla les lèvres, détourna les yeux et tapota les draps à côté d'elle d'une main. Ça n'était jamais arrivé jusqu'à présent ; mais elle avait peur que sa voix se brise. S'il te plaît. Ça fait si mal, quand tu n'es pas là.
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Sam 8 Fév 2014 - 1:15

Ça faisait mal. Au cœur, à l'estomac, à la tête, aux jambes ; partout où les sentiments trouvaient écho, comme une symphonie jouée à coups de marteau. Il ne savait même plus qui frappait qui. Qui risquait de faire mal à l'autre le premier, en essayant de parler. Peut-être aurait-il mieux fait de laisser la porte fermée.
Il se sentait tellement bête, maintenant, debout sa chambre à attendre il ne savait trop quoi. Un signe ; une ponctuation, n'importe laquelle. Une virgule, un point – alors qu'au fond, il n'en avait même pas envie. Juste besoin. Ses mains ne savaient pas où aller, ses mots non plus ; seul son regard, trop bêtement honnête pour chercher à se mentir, ne se posa pas mille questions inutiles avant de croiser celui d'Ayumi. Tu me manques. La colère était secondaire. L'envie de comprendre aussi. Il se fichait complètement des raisons qu'il lui demandait pourtant ; si elle voulait s'en aller, le résultat serait le même. Ça ferait peut-être même plus mal encore, d'entendre ce qu'il ne voulait surtout pas entendre de sa bouche. Tout ce qu'il voulait, c'était tirer un grand trait sur ce passage de leurs vie et ces fichus s qui l'empêchaient de dormir la nuit. Si elle s'était contentée de lever la main, il aurait aimé être sûr de vouloir la saisir.

Sortir de cette chambre où l'air était aussi lourd que du plomb. Aller marcher dans le parc, et en rire s'il se mettait à pleuvoir.

Que s'était-il passé de si grave, hein ?

« Je suis une personne horrible, pas vrai. »

Pour l'empêcher d'ouvrir des yeux horrifiés, s'exclamer que non, jamais ; le faire serrer les lèvres au lieu de les poser contre sa joue, le laisser dos au mur au lieu de la serrer contre lui et tout faire, tout pour chasser ces sentiments qu'il détestait savoir nichés au creux de sa poitrine. Ça ne pouvait pas être si grave. Une part de lui, quelque part, continuait d'espérer qu'ils exagéraient à n'en plus finir. Qu'ils s'en voulaient pour rien. Qu'ils n'étaient pas vraiment fâchés contre l'autre. Que le nœud avait l'air aussi compliqué qu'il était facile à défaire : que c'était une histoire de mauvaise volonté et de peurs stupides, rien d'autre. Rien de plus.
Parce que s'ils n'y pouvaient rien, si c'était eux et juste eux, alors ce n'était même pas la peine d'essayer.

Et ça, il ne voulait pas.

« Je pourrais te raconter, mais ce ne serait pas une excuse. Je n'ai pas d'excuse ; je... ne voulais pas. Tu sais. »

Ne voulait pas quoi ? S'en aller ? Le laisser, réagir comme ça, avoir des raisons de se sentir coupable, de se détester suffisamment pour se croire horrible, comme si c'était la chose la plus normale au monde –
Il n'en savait rien. Son esprit ne marchait plus tout à fait correctement ; il était fatigué, mal rangé. Mais son cœur, lui, fonctionnait parfaitement bien. Il le ressentait. Quoi que ce soit, et quoi qu'il en croit, la réponse venait d'elle-même.
Bien sûr, que je sais.
Son dos quitta doucement la porte. Il craignait encore qu'elle ne décide de partir si les choses tournaient mal. Qu'elle ne revienne plus. L'idée ne le quittait pas : il avait encore l'odeur de la peinture sèche collée au visage, comme ces rires mesquins dont on ne se débarrasse jamais vraiment. Il avait fui, lui aussi. Simplement pas cette fois. La peur de tout gâcher, comme un fin film plastique tendu entre eux, le fit grincer des dents en même temps que le matelas. Il ne pouvait pas y avoir de seconde fois. Ce serait la dernière. La toute dernière, d'accord ?
Si elle voulait partir, il ne la rattraperait pas. S'il partait, il ne se retournerait pas.
Il ne devait pas.

« Je sais. »

Yeux rivés sur ses mains, mains posées sur ses genoux, il ravala son soupir. Elle ne voulait pas, lui non plus ne voulait pas ; il n'avait jamais demandé à être comme ça et si ça l'insupportait, qu'il comprenne ou pas, elle n'y pouvait rien non plus. Pas la peine de se morfondre. Il en était déjà passé par là.
Le paysage ne valait même pas le coup d'être regardé. Allez. Avancez.
Inspire.

« Je suis désolé. » Les mots éraflaient sa gorge ; lèvres tordues tantôt à gauche, tantôt à droite, il l'éclaircit. « De t'avoir rien dit. J'avais juste peur que ça... Finisse comme ça. »

Regard voilé, dérobé, il fit glisser ses mains sur les draps.

« Ou que ça commence pas. »

Vu sa réaction, il n'arrivait pas à se persuader du contraire. Il ne parvenait pas à s'en vouloir autant qu'il l'aurait dû.

« Et, hm... Voilà. J'aimerais changer ça. Vraiment. Mais, je peux pas. Donc... »

Si encore ils avaient été dehors : mais là, enfermés et bloqués dans leurs corps d'adolescents à tout jamais, ça ne tenait plus qu'à elle. Ses yeux bleus, sans mèches foncées derrière lesquelles se cacher, cherchèrent de nouveau ceux de son amie.
Donc...

Dis moi oui :
 



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Dim 9 Fév 2014 - 20:46

    Jamais Iwa n'avait pensé qu'aimer quelqu'un puisse avoir quoi que ce soit de compliqué. Dans des suppositions troubles, elle avait pensé que tout se résumait à aimer ou ne pas aimer. Les regrets qui pesaient sur la poitrine, les contradictions dans la gorge, ces mains qui se tendaient quand la tête disait que tout n'était qu'une vaste erreur, impossible de les imaginer tant que son cœur n'en était pas venu à rougir et s'étouffer. Ce qui se produisait ce jour-là et n'en finissait pas de lui faire baisser les yeux.
    Lorsqu'il s'assit, le contact ténu des draps sur sa peau sembla l'écorcher comme des arêtes que le temps n'aurait pas eu l'occasion d'éroder.

      « Je sais. »

    La jeune femme ferma les yeux. Il n'avait pas dit non. Il n'avait pas insisté. Sans doute parce qu'au fond, cela n'avait pas d'importance. Parce qu'après tout, la seule chose qui les amenait tous les deux dans cette pièce c'était ce qui battait toujours dans leurs poitrines respectives.
    Presque à l'unisson, presque.

      « Je suis désolé. De t'avoir rien dit. J'avais juste peur que ça... Finisse comme ça. Ou que ça commence pas. »

    Paupières closes, Iwa savait qu'elle ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Elle se demanda si, ayant eu connaissance du secret de son ami, les choses se seraient déroulées de la même façon. Elle avait peur, ne serait-ce que d'imaginer, devoir s'avouer que non.
    Parce que c'était Emrys. Parce qu'elle ne supporterait pas qu'il parte, qu'il ne soit plus là - et que c'était la raison pour laquelle ils en étaient là.

      « Et, hm... Voilà. J'aimerais changer ça. Vraiment. Mais, je peux pas. Donc... »

    Lèvres serrées sur une voix qui n'avait jamais eu aussi peu envie de sortir, la jeune femme secoua la tête, les doigts crispés sur le drap. Si quelqu'un était à blâmer, c'était elle. Parce que c'était elle qui aurait dû accepter. Il n'avait pas à changer pour elle ; même pas à se sentir coupable.
    Elle avait eu peur. Elle avait fait une erreur qu'elle ne savait pas comment réparer. Il y avait ces émotions qu'elle n'arrivait pas à endiguer et qui prenait des formes de rejet.
    Oui, ça l'avait mise mal à l'aise. Oui, des réminiscences d'Ame l'avaient emplie d'une crainte superstitieuse. Et sous cette cascade, elle avait oublié le plus important.
    Il avait plus besoin de son soutien que de ses peurs. Définitivement. Et elle tenait plus à lui qu'elle n'avait peur. Ça aussi, c'était définitif.
    Alors si elle avait passé toute sa vie à tirer sur la laisse de son courage pour le garder entre ses côtes, elle n'allait pas le laisser filer maintenant. Surtout pas avec celui qu'elle aimait en plus.
    Iwa expira longuement, vidant ses poumons comme pour les purifier. Comme avant de monter sur scène et d'attraper le micro. Lorsque l'air l'emplit à nouveau, elle se leva. Vint se placer face à lui, plier un genou sur les siens et joindre ses mains dans ses cheveux noirs. Elle posa son front contre le sien, fermant les yeux une seconde. Juste une seconde.

      « Emrys Sulwyn. Je t'aime. »

    Juste les mots qu'il lui fallait pour se convaincre qu'elle le pouvait : redresser le regard et le regarder dans les yeux.
    S'y noyer, peut-être.
    Oui elle était stupide. Oui elle avait eu peur. Et ensuite. Elle pouvait s'améliorer. Elle pouvait grandir encore, petit à petit. En commençant par s'excuser et par se pardonner elle-même.
    Tant que lui le voulait aussi.
    Parce que fille, garçon, Emrys restait Emrys. Une note toute bleue vacillant au milieu d'un clavier noir et blanc.

      « Et je t'aime toi. J'aime ce que tu es. »

    Ne change rien. Emrys autrement ne serait plus Emrys. Il n'avait pas à vouloir changer parce qu'il n'y avait rien à changer. C'était elle qui s'était montrée trop bête pourle voir.

      « J'ai... été idiote. Pardon. Tu me pardonnes ? »

    Reste.

Spoiler:
 


Dernière édition par Ayumi Iwasara le Dim 23 Mar 2014 - 1:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Dim 6 Avr 2014 - 19:57

Il aurait tellement aimé que ça disparaisse. Les peurs, les doutes, l'anxiété ; les anomalies qui cisaillaient le cœur et le dos. Que la pluie noie la tristesse et lui redonne ses couleurs, puisque les larmes ne servaient à rien. Il ne voulait plus pleurer. Le goût de l'alcool et des nuits blanches lui collait au palais, à la trachée. C'était bête et méchant, rien que des placebos tout juste bons à faire du mal – et il en avait eu pour son argent, du mal. Il se l'était infligé tout seul. Nul besoin d'aide pour ça. Est-ce qu'il avait seulement pensé à discuter avec Soren, ces dernières semaines ?
Ce qu'il pouvait être...
Nul, par moments.
Il suffisait d'une personne en moins dans sa vie pour qu'il se sente aussi perdu et délaissé que s'il avait été complètement seul. La douleur et le ressentiment lui avaient refusé le droit d'être mature et responsable. Maintenant encore, figé sur place, il peinait à l'être. La théorie lui voilait la pratique. Ça ne marchait tout simplement pas ; et pourtant il aurait tellement, tellement aimé être quelqu'un de mieux que ça. Sinon pour elle, au moins pour lui. Lui attraper la main, agir de façon exemplaire. Dire ce qu'elle avait besoin d'entendre, quoi que ce soit. Dans la fiction, tous ces gestes et ces paroles venaient naturellement : ses romans, ses séries et ses films ne lui avaient jamais parus si loin de la réalité qu'en cet instant. Dieu ne se préoccupait pas de réparer ses erreurs et lui, doigts crispés sur les draps, avait terriblement peur.
Peu importe à quel point il voulait articuler « dis ce que tu veux, dis ce que tu penses », il ne parvenait pas à s'en persuader. « Dis ce que je veux entendre ; pense le » – ne t'en vas pas, pardonne moi, reste. L'air qu'elle expirait restait bloqué dans ses poumons. Incapable d'ouvrir les lèvres ou de détourner le regard. Si seulement il avait su où tout ça pouvait les mener, reprendre sa respiration ne lui aurait pas semblé si difficile. Tout pourvu de ne pas avoir mal.

Le cœur serré, plus inquiété que rassuré par le silence, Emrys suivit des yeux la silhouette d'Ayumi lorsqu'elle se redressa. La seule chose pire que ne pas savoir était de ne rien pouvoir faire ; même pas fuir, puisqu'ils étaient tous enfermés là. Un genou sur les siens, cerveau grippé, il oublia de s'en plaindre. S'il avait été chez lui, est-ce qu'il aurait seulement trouvé le courage de retourner la voir ? Pour un Prince, il avait une fichue tendances à vouloir s'enfermer dans sa tour et se plaindre à en oublier le pourquoi du comment. C'était plus facile comme ça.
Doucement, il inspira.

« Emrys Sulwyn. Je t'aime. »

Craignant que le moindre geste trop brusque ne la fasse fuir, le jeune homme n'osa pas bouger. Il avait bêtement envie de pleurer ; incapable de décider pourquoi, il refoula les larmes du mieux qu'il le put. Moi aussi, je t'aime. Quand avait-il dit ça pour la dernière fois, déjà ?
...Ah, oui.
Ses yeux, brillants, cherchèrent à se rassurer en évitant ceux de son amie. Il ne pouvait pas changer. Elle n'avait pas à se forcer. Je t'aime, mais ?

« Et je t'aime toi. J'aime ce que tu es. »

Regard relevé, il arqua les sourcils. Il avait trop de sentiments confus emmêlés au creux de la poitrine pour pouvoir distinguer ceux d'Iwa des siens – trop de confiance aveugle en elle pour vouloir chercher à remettre ses paroles en question, aussi. Il voulait la croire ; bien sûr, qu'il voulait la croire.
Et la serrer contre lui, ne plus la lâcher. Peu importe les raisons de son rejet ou ce qui pouvait l'avoir poussée à changer d'avis. Il voulait juste qu'elle soit là, juste là. Qu'elle reste là.

« J'ai... été idiote. Pardon. Tu me pardonnes ? »

Qu'elle ne s'en aille plus, qu'elle ne s'en veuille pas.
Malgré le poids qui alourdissait encore ses bras, il parvint à lever le droit ; glissa sa main sur son épaule, sa nuque, un sourire encore hésitant peint sur ses lèvres.

« T'en as, de ces questions stupides. »

S'il suffisait de la pardonner pour la garder, la question ne méritait même pas d'être posée. Il l'aimait et avait besoin d'elle ; évidemment, qu'il la pardonnait.
Il aurait été parfaitement incapable du contraire.
Yeux clos, Emrys combla la distance les séparant encore. T'en vas plus jamais, reste avec moi. Puisqu'elle savait, puisqu'elle l'aimait malgré tout, combien de raisons avaient-ils encore de se lâcher la main ? Doigts joints derrière sa taille, front appuyé contre son épaule, il n'en voulait plus. Qu'ils passent l'éternité ici, qu'ils sortent ou peu importe ce qui pourrait leur arriver entre temps – la vie n'était pas si cruelle, hein ?

Et si elle l'était, tant pis. Il n'aurait bougé pour rien au monde.

« Je t'aime. J'aime tes cheveux, aussi. » Un rire étranglé fila d'entre ses lèvres. « Eeet je vais pleurer. »



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mer 30 Avr 2014 - 23:34

    C'était stupide, de se sentir aussi désemparée qu'une fillette de neuf ans face à son premier chagrin d'amour, et ceci au moindre obstacle. Il lui fallait visiblement cette piqûre de rappel pour lui faire comprendre qu'elle était encore bien plus jeune qu'elle aurait pu le croire, et que des erreurs, elle n'en avait pas fait assez dans sa vie. Quant à affirmer qu'elle ne redoutait rien ni personne, elle n'oserait plus l'affirmer avant longtemps ; quoi que puisse dire Emrys à présent, qu'il s'agisse d'accusations ou de paroles de réconfort, ce ne serait pas demain qu'elle cesserait de se reprocher son attitude.
    Si personne n'est parfait, ses propres faiblesses devaient se manifester assez vigoureusement pour se faire entendre.
    Mais garçon ou fille, pour toutes les fois où on lui avait dit que c'était inacceptable, on lui avait aussi murmuré que ça n'avait pas d'importance. Des mots qu'elle avait perdu en chemin alors qu'elle s'était juré de ne jamais les oublier ; des notions qui ne la touchaient pas autant auparavant. C'était beau, sorti de la bouche d'une autre. On aurait pu en faire une superbe chanson.
    Entre ses lèvres à elle, elle s'était rendu compte du tranchant de l'incertitude face à la différence, traçant des sillons sanglants sur sa langue. A quoi bon l'hypocrisie, si c'était pour garder ce goût de fer en bouche ?

      « T'en as, de ces questions stupides. »

    Iwasara prit une inspiration angoissée lorsque le jeune homme lui rendit son étreinte, et pria un instant pour que tout ce qui pouvait se mettre entre eux et tous les doutes, tous les reproches qui lui remplissaient la tête, soient annihilés entre ses bras. Peut-être que c'était aussi simple que ça.

      « Je t'aime. » Reprit Emrys contre son pull, « J'aime tes cheveux, aussi. Eeet je vais pleurer. »

    Il n'était pas le seul. Iwa étrangla un sanglot dans un petit rire nerveux, passant les bras derrière la nuque du britannique avant de cacher son visage contre ses cheveux bruns. Son odeur, sa chaleur, c'était tout ce qu'elle voulait, tout ce qu'elle demandait - tout ce qu'elle avait failli perdre par stupidité.
    Idiote, idiote, idiote.

      « Tais-toi, ils sont horribles. » Répliqua-t-elle d'une voix étouffée. « Va falloir faire quelque chose. »

    Elle allait devoir les couper. Ou les teindre. Ou n'importe quoi qui ne lui fasse plus penser à un long fleuve gonflé de pluie, suintant éternellement sans savoir où aller.
    Ah, elle se sentait bête.

      « En tout cas, tu me facilites pas la tâche pour les enfants. » La phrase sortit de sa bouche si spontanément qu'elle faillit s'étrangler elle-même en l'entendant, ne pouvant empêcher un hoquet de rire de la secouer entre deux sanglots. « On va devoir trouver un meilleur ami gay. Ou un chaman calé dans le domaine. »

    Un nouveau hoquet, précurseur d'un fou rire ou d'une crise de larmes. Ses bras se resserraient autour des épaules d'Emrys comme pour rattraper les semaines de son absence ou s'assurer qu'elle ne rêvait pas.
    C'était incroyable mais pourtant vrai ; elle avait besoin de lui.
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mar 6 Mai 2014 - 0:30

Horribles ? Perdu entre le soulagement et la joie, de jolies larmes au bord des yeux, Emrys aurait voulu lui soupirer qu'ils ne le seraient jamais ; qu'elle était belle, peu importe comment, peu importe pourquoi, et que ça faisait partie de ces petites choses qui ne changerait pas. Jamais, jamais. Pourtant, ne serait-ce qu'une fois, il préféra le silence à des mots qui n'avaient vraiment aucune importance. Il leur préféra la sensation rassurante de son corps contre le sien, de son odeur, de ses vêtements sous ses doigts. C'était tout ce dont il avait besoin pour être heureux, ou presque ; à si peu de choses près. Elle lui était essentielle. Il se fichait bien de ce qu'on disait, de ce qui était vrai, de toutes ces choses stupides qui étaient censées aider à passer à autre chose – lui n'y serait pas arrivé. Il en était persuadé au plus profond de lui-même. Ayumi était Ayumi. C'était la bonne. C'était elle ou personne d'autre. Ça serait toujours elle, toujours.
Son visage caché contre sa nuque, c'était bien plus qu'il n'aurait pu en espérer en se levant ce matin-là. Le soleil s'était levé morose et lui sans horaires ni rien à faire ; il s'était dit qu'il allait juste errer sans but, fumer, boire un peu peut-être – tout pour faire n'importe quoi. Tout pourvu de ne pas penser. Maintenant aussi, il faisait tout pour ne pas penser. Ne pas s'imaginer le pire, ne pas se mettre en tête tous les problèmes qui pourraient encore se dresser sur le chemin. Parce qu'il y en aurait, évidemment. Ils étaient enfermés dans un pensionnat magique s'amusant à leur faire vivre les pires choses possibles sans leur laisser la moindre chance d'espérer une sortie – sortie qui les séparerait, de toute façon ; il n'avait pas la moindre idée d'à quel point Ayumi avait vraiment accepté l'idée, et quoi qu'il arrive... Alors non. Il ne voulait pas penser. Juste vivre l'instant avec elle. Rester collé à elle et respirer, rien que ça. Ce n'était pas beaucoup demander.

Il voulait se faire pardonner tout ce qui s'était passé en son absence. Rattraper le temps perdu. Oublier.

« En tout cas, tu me facilites pas la tâche pour les enfants. On va devoir trouver un meilleur ami gay. Ou un chaman calé dans le domaine. »

Un rire s'échappa et fit trembler ses lèvres ; les larmes coulèrent sur ses joues, bêtes et sans motif. Il était juste content qu'elle soit là, content de pouvoir la serrer contre lui. Content que ce soit fini. Et c'était tellement stupide, de se rendre compte d'à quel point ce qui les avait séparé était mince et sans importance, finalement – à peine plus épais qu'une glace sans teint. Avoir le courage de la briser était tout ce qui lui avait manqué. Est-ce que ça aurait marché avant ou après, il ne savait pas : et est-ce que ça avait la moindre sorte d'intérêt, maintenant qu'ils s'étaient retrouvés ?
Non.

« Parce que tu veux des enfants ? T'es pas un peu jeune pour ça ? »

Serré contre elle, il sentit la boule dans sa gorge se transformer de nouveau en sanglot de petites perles tièdes. Un peu jeune, hein. Mais ils auraient le temps de vieillir. Et de vieillir. Et de vieillir.
Ou alors ils seraient séparés avant et, quoi qu'il arrive, aucune solution ne lui plaisait plus que l'autre. Ils étaient piégés. Ensemble, c'était déjà un peu mieux ; ça ne changeait pourtant rien au problème.

Ne pas penser.

« Désolé. » Sa voix sonna un peu cassée ; il se mordit la lèvre et étouffa un rire. « Va pour le chaman. Si quelqu'un d'autre te touche, je devrais le tuer. »

Mon Dieu, je crois que je le ferais.
Il ne voulait pas la laisser partir où que ce soit s'il ne pouvait pas l'atteindre en tendant le bras.



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Dim 25 Mai 2014 - 20:33

    Ayumi ne savait pas ce qui lui avait pris de dire une chose pareille. La tension qui s'envolait ou le soulagement ? Elle avait toujours porté un regard si pessimiste sur le monde qui l'entourait que chaque fois que l'un de ses géniteurs franchissait le pas de la porte, elle en venait à songer qu'elle ne voulait jamais avoir d'enfant ; si c'était pour l'existence misérable qu'on lui proposait, elle s'y refusait. Elle n'avait rien à offrir ; elle n'aimait personne et personne ne l'aimait. Dans ce monde-là, elle n'aurait jamais rien pu tirer d'elle-même pour l'offrir à autrui.
    Quant à savoir si aujourd'hui c'était différent...
    Peut-être était-ce là tout simplement le genre de chose que l'on pense spontanément face à la personne qu'on aime.

      « Parce que tu veux des enfants ? T'es pas un peu jeune pour ça ? »

    Les larmes étouffées du jeune homme poussèrent Iwa à s'écarter légèrement, essuyant ses yeux humides de la manche de son sous-pull. Le rire, les plaisanteries, c'était pour évacuer, pour se dire que tout allait bien. Tout n'allait pas bien, mais tout s'arrangeait, et elle l'aimait, et c'était le principal. La jeune femme essuya les larmes d'Emrys des pouces en prenant son visage entre ses mains, ses yeux à elle brillaient aussi trop et elle ne pouvait pas l'empêcher.
    Comme si on ne pleurait jamais assez, pour tout, pour rien.
    J'étais forte, tu crois ?

      « Désolé. Va pour le chaman. Si quelqu'un d'autre te touche, je devrais le tuer. »

    Ce n'était pas comme si elle en avait envie. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, il avait un goût de mouillé et de pluie, de larmes qui s'évaporent, un peu comme l'herbe après un gros orage. Le front contre le sien, son visage entre ses mains, elle l'embrassa encore, glissa les doigts dans ses cheveux. Encore un baiser joignit leurs lèvres ; en se disant que c'était fini et qu'il n'avait pas de raison de repartir, Iwa se sentit sur le point d'éclater en sanglot. Mais son cœur allait exploser d'ivresse, de soulagement - c'est fini, fini, fini.

      « ... Tu m'as manqué. Tu m'as manqué. » Murmura sa voix tremblante.

    Et elle aurait voulu que ce soit pour toujours et qu'il n'y ait plus jamais rien pour se glisser entre eux, serrés comme ils l'étaient maintenant. Pas cette fichue porte, pas ces considérations stupides, ni les échos d'une voix cassée. Si elle voulait des enfants elle en aurait, si elle voulait vieillir avec lui elle le ferait, elle s'en fichait parce que c'était trop fort pour être cassé et qu'elle ne voulait même pas imaginer qu'on le lui enlève. C'était trop dur.
    Elle était à lui, à personne d'autre, c'était tout, la seule chose qui avait de l'importance.

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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mar 27 Mai 2014 - 2:35

La sensation de ses lèvres contre les siennes, c'était comme une bouffée d'oxygène alors qu'il était perdu en pleine mer ; entre les pleurs et les liqueurs, il n'était plus sûr de ce qui avait failli le noyer en premier. Toujours est-il que ça faisait un bien fou, fou, fou. Il était complètement ivre d'amour pour elle – ça l'en rendait tout léger et bizarre, de pouvoir de nouveau l'embrasser. Il aurait aimé rester comme ça toute sa vie. Elle contre lui et lui contre elle, ses mains sur son visage et ses cheveux contre sa joue. Il n'y avait rien qui lui ait tant manqué que le contact de sa peau sur la sienne, le son de sa voix et celui de sa guitare ; un instant, perdu entre ses sanglots et ses rires, il se demanda comment il avait fait pour vivre sans. Romantique, mélancolique. Il exagérait la joie comme la peine, sans se rendre compte qu'il sombrait vers le fond bien trop vite – aussi vite qu'il remontait la pente, tiré par des vents ascendants plus violents qu'une tempête en plein été.
Elle lui avait manqué. Mon Dieu, ce qu'elle lui avait manqué.
Il ne voulait plus jamais passer une semaine de sa vie sans voir ce visage sourire dans sa direction. Sourire à lui et rien qu'à lui, tenir sa main et rien que la sienne – Soren entre eux, tout simplement parce qu'il ne pouvait pas vivre ni sans l'un ni sans l'autre. Il avait perdu la première et négligé le second ; c'était impardonnable. Il allait devoir rattraper le temps perdu, maintenant que tout était rentré dans l'ordre. Les enlacer dix fois plus qu'il avait pu le faire par le passé. Les noyer de compliments et les faire rire au moindre prétexte. Il faudrait au moins ça. Au moins ça, mon Dieu, pour se faire pardonner.
Il avait tellement à se faire pardonner.

« ... Tu m'as manqué. Tu m'as manqué. »

Le cœur sur le point d'imploser, il la serra de nouveau contre lui. Fort fort fort, ses bras serrés autour de sa taille et de ses épaules, perdu dans ses mèches de cheveux et son odeur familière mélangée à celle de son propre gel douche. Il aurait aimé que ça ne s'arrête pas. Comme cette fois où, pour son anniversaire, il avait prié ne pas tout casser entre eux simplement parce qu'il l'aimait. Pour quelque chose d'aussi bête, d'aussi stupide et évident que les sentiments qui lui broyaient les os et les poumons à l'en faire suffoquer de bonheur.
Sans la lâcher, il étouffa un rire nerveux.

« Je te laisserai plus jamais repartir, hein. Je te garde cette fois. »

Euphorique plus qu'heureux, il s'éloigna légèrement d'elle ; sourit de plus bel et, aux anges, déposa un bref baiser sur ses lèvres.

« Il va falloir fêter ça ! Je veux des roses et des violons, et Soren, et tous nos amis, et un cheval blanc eeeeeeeeeeee – »

En voulant se redresser, entraînant la demoiselle avec lui, il marcha sur quelque chose de pas plus gros qu'une main serti de beaux motifs en spirale ; et avant que le concerné, aussi rose qu'il était indigné, ne trouve le moyen de pousser un cri au malotru qui venait de lui marcher sur la coquille, Emrys trébucha en avant. Fallait te sécher plus correctement avant de venir.
Le jeune homme sentit son corps basculer en même temps qu'un cri maladroit s'échappait de sa gorge et, sans même avoir le temps de vraiment réaliser ce qui se passait, les deux adolescents se retrouvèrent nez contre le plancher. Ou plutôt dos, dans le cas d'Iwasara ; et si la chute n'avait pas été plus violente que le sol n'était loin, il crut bien s'être cassé le nez malgré tout. Heureusement pour lui, rien ne semblait démis quand il se redressa à demi. Ce qui était définitivement mieux que rester affalé sur sa petite-amie – il ne comptait pas lui offrir un aller simple pour l'infirmerie en guise de cadeau de réconciliation.

Assis sur ses jambes, il laissa filer un rire.

« … Ça va ? Désolé, c'est Bilboquet, il est... » Son rire fut étouffé derrière sa main « Désolé. »

Hors RP:
 



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Jeu 29 Mai 2014 - 23:50

    La jeune femme se laissa aller contre Emrys, tout à l'étreinte de ses deux bras sur sa taille et de sa chaleur au creux de sa nuque. Un instant elle ferma les yeux, le visage enfoui dans son cou, elle songea à adresser une prière à quelqu'un, n'importe qui, ce quelqu'un qui l'observait de là-haut. Que ce soit un remerciement pour avoir permis ce dénouement, ou pour implorer à tâtons qu'on le lui laisse. S'il vous plaît ne nous laissez pas disparaître encore. S'il vous plaît laissez-le moi. S'il vous plaît, je ne veux pas connaître la fin de cette grande histoire, je veux rester ici si partir signifie partir sans lui, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît...

      « Je te laisserai plus jamais repartir, hein. Je te garde cette fois. »

    Leurs pensées étaient curieusement au diapason : en avait-il toujours été ainsi ou est-ce qu'avoir été privée de lui rendait la jeune femme plus sensible à ces connivences ? Peu importe au fond.
    Et qu'il l'attache, la prochaine fois alors, si ça pouvait l'empêcher de jouer les idiotes effarouchées. Qu'il n'y ait pas de prochaine fois, surtout : Iwa ne pouvait qu'espérer que cette expérience la grandisse, ne pouvait que faire en sorte que cela n'arrive plus, jamais. Des doutes, elle aimerait qu'à nouveau aucun n'ose s'approcher d'elle, qu'une aura de bonheur les repousse comme un insecticide trop sucré. Au final, elle n'aspirait à rien d'autre, et au diable les arguments trop sensés.
    Iwa goûta à ses lèvres et à ses mots, éclata de rire entre ses larmes. Larmes qui séchaient déjà - la pluie était si fragile.

      « Il va falloir fêter ça ! Je veux des roses et des violons, et Soren, et tous nos amis, et un cheval blanc eeeeeeeeeeee – »

    -eeeeeeeeet Iwa était absolument d'accord avec lui de bout en bout, même si trouver le cheval risquait d'être un tantinet compliqué, mais pas préparée à en rouler cul par-dessus tête pour autant. C'est pourtant ce qui arriva avant même qu'elle ait pu comprendre qu'Emrys avait bougé, trop vite ou au mauvais moment peu importe : Iwa lâcha un cri de surprise tout en manquant s'étouffer avec les quelques résidus de son joli rire, et se raccrocha d'instinct au jeune homme pour ne pas tomber - ce qui ne les empêcha pas de chuter tous les deux.
    Le choc dans ses épaules se répercuta dans tout son dos, mais elle réussit à préserver sa nuque avec une grimace. Ça ne faisait pas du bien, mais au moins ne pensait-elle pas écoper d'un lumbago à perpétuité pour ce coup-là, ce qui était plutôt une bonne chose : ça aurait sans doute jeté un léger froid.
    Lorsque sa chambre se remit à l'endroit, la jeune femme grimaça et se redressa sur les avant-bras, saisissant au vol les gloussements d'Emrys :

      « ... Aïe aïe aïe, oui, tu lui as pas fait mal au moins ? A Bilboquet ? »

    Il avait beau se faire parfois discret, parfois un peu trop collant, Ayumi aimait bien l'escargot et craignait pour sa coquille fragile. Mais Emrys ne se serait certainement pas esclaffé de la sorte s'il venait d'écrabouiller net son AEA sur le plancher. Et il n'aurait pas manqué de s'en apercevoir.
    Cette constatation faite, la jeune femme finit par accorder un peu d'attention à la position de son cher anglais qui faisait toujours peser son poids sur ses jambes : elle haussa les sourcils, puis ses pommettes passèrent par une fugace nuance rosée qui s'évapora lorsqu'elle exhala un sourire dans un soupir, l'air amusé ou attendri. Ses coudes protestèrent lorsqu'elle y poussa pour s'asseoir, appuyé sur un bras tendu dans son dos ; un instant, il n'y eut que le bruit de leurs souffles et d'un vent indiscret qui tapait au carreau, et les prunelles amarantes d'Iwa s'égarèrent sur le jeune homme. Indépendante voire désobéissante, sa main libre se dressa pour tracer une ligne légère du bout du doigt au centre de son t-shirt, dans toute sa longueur. On ne pouvait pas lui reprocher ça, les questions qui se pressaient sur ses lèvres dans une tentative presque dérisoire pour tenter de comprendre et de le connaître mieux encore ; des mots, rien de plus, mais qu'elle avait peur de modeler de peur qu'ils n'aillent se mettre en tête de le blesser comme des fers chauffés à blanc. Fragile.
    Et cela, elle ne le voulait pas.
    C'est pourquoi, alors que le bout de ses doigt allait pensivement jouer avec son col, un vague sourire tendre mouillé au coin des lèvres, Iwa mit un long moment à formuler sa phrase, choisir ses mots. Comme si une erreur pouvait briser un équilibre encore ténu - mais elle avait envie de comprendre. Pas forcément de savoir à fond pourquoi, à creuser à la pelle jusqu'au fond du trou, mais savoir les blessures à vif et celles déjà fermées, ce qui pouvait heurter ou reconstruire - les bases fondamentale qui faisaient qu'Emrys était Emrys. Connaître - pour ne pas une fois encore passer les yeux en riant sur une image qui n'était pas la sienne. Ou pas tout à fait. Ou imparfaitement.
    Et je veux te voir, t'entendre, sentir ton être.

    Contre toute attente, ce fut une question plus banale, quoi que non moins affectée, qui franchit ses lèvres.

      « ... ça ne te fait pas mal ? » Un tapotement éloquent du doigt souligna ces mots.

    Au final, peut-être qu'elle était incapable de lui demander simplement de lui expliquer, de peur de casser quelque chose, encore. Elle était maladroite quand il ne s'agissait pas de notes et de cordes ; attendre alors, serait la chose qu'elle ferait le mieux - mais si c'était un autre tort...
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Dim 8 Juin 2014 - 2:01

Aux mots de la jeune femme, comme plus conscient de la situation, Emrys serra les lèvres ; pencha la tête, baissa le regard. Bibloquet était là, recroquevillé dans sa coquille, toujours aussi rose et vraisemblablement traumatisé à vie – ou du moins était-ce que qu'il lui dirait dès qu'il aurait recouvré l'usage de la parole, qu'il mettait un peu trop à profit au goût du britannique. A première vue, rien ne semblait avoir abîmé son ami gastéropode. Il était drôlement solide et preste pour un escargot : lui marcher dessus n'étant pas la pire offense qu'il se soit permise à son égard, entre quelques lancés par la fenêtre et coups de pieds énervés, pas étonnant qu'il ne se soit pas inquiété. Pas qu'il y ait matière à le faire non plus. Ayumi ne le connaissait pas aussi bien que lui le connaissait. Rien au monde n'aurait été capable de fêler cette petite bestiole. C'était la chose la plus solide au monde : après tout, il avait été créé pour résister aux caprices d'une gamine qui avait le jeté de caillou facile et un tas d'endroit où maltraiter son petit machin fuchsia en cas de crise de colère dans le vide. S'il avait survécu à ça...
Vraisemblablement, il serait le dernier survivant en cas d'accident nucléaire.

« Non, penses-tu. »

Doucement, il tapota du doigt contre sa coquille ; le locataire, à priori mortellement vexé, se contenta d'un petit grognement aigu et d'un vague tremblement pour signifier qu'il voulait avoir la paix. Comme ça, au moins, c'était clair. Il finirait bien par arrêter de faire la tête, pas de quoi s'en faire. Ce n'était jamais qu'un sale gosse capricieux et avide d'attention. Se faire délaisser de nouveau pour Ayumi risquait de l'énerver autant que ne plus voir son maître déprimer le rassurerait. C'était compliqué.
Mais qu'est-ce qui ne l'était pas, avec lui. Il se le demandait.
Trop souvent, sûrement.
Un frisson remonta le long de sa nuque lorsque le doigt d'Ayumi remonta le long de son t-shirt ; crispé, gêné. Mal à l'aise. Ça ne lui allait pas, toujours pas, pas encore, pas pas pas – quelque chose clocherait indéfiniment, tant qu'ils seraient ici. Son mal-être n'était pas uniquement lié à l'extérieur. Aux autres. A elle. C'étaient des nœuds impossible à défaire au creux de son estomac et peut-être de son cœur, des courbes et des rondeurs qui le rendraient malade. Seul ou non. Pourtant, il ne bougea pas. Il resta là, le regard un peu voilé, à chercher quelque chose dans les yeux de son amie qui puisse le rassurer, lui murmurer que ça irait, que ça ne la dérangeait vraiment pas ; que le lien les unissant ne se romprait plus jamais par maladresse. Qu'ils ne seraient plus bêtes, l'un et l'autre. Mais malgré tout ses efforts, son envie d'arranger les choses, son besoin quasi physique d'être la personne la plus parfaite possible aux yeux d'Ayumi, le doute subsistait. Cette légère poussière refusait de s'enlever, comme une couche de malaise tant et si bien incrustée dans le tissu que ça ne s'en irait plus. Ça en faisait presque partie, maintenant. Ça resterait à tout jamais collé entre eux plus fixement que de la glue. Cette crainte que tout recommence à dégringoler comme un château de carte laissé au mauvais endroit, au mépris de courants d'air risquant de tout casser au moindre moment.
C'était effrayant. Il voulait que ça marche, pourtant. Malgré lui, malgré elle – grâce à lui, grâce à elle. Que tout s'arrange à la façon d'un joli puzzle. Que leurs mains ne se lâchent pas.
Il avait besoin d'y croire pour avancer. D'elle, aussi.

Elle lui avait tellement, tellement manqué.

« ... ça ne te fait pas mal ? »

Un sourire un peu maladroit vint se dessiner sur ses lèvres. Lui qui avait peiné à en parler avec son père – son héros, son confident – s'imaginait difficilement ne pas avoir quelques problèmes à expliquer à voix haute quoi que ce soit à Ayumi ; il allait le falloir, pourtant. Faire comme si ce n'était pas là ne l'avait guère aidé jusque là. Admettre qu'il était comme ça, qu'ils allaient devoir faire avec et que ça ne s'en irait pas pouvait faire des miracles.
Du moins l'espérait-il, la gorge serrée par des mots qui peinaient à faire leur chemin jusqu'à sa langue.

« Un peu, si. » Doucement, il réciproqua le geste et appuya sur le haut de son amie ; prenant bien garde à ce que son geste n'ait rien d'indécent en évitant de mettre son index où il ne fallait pas. « Ça serre. Ça fait surtout mal au dos, en fait. Et je meurs de chaud en été. »

Un bref rire se glissa entre ses lèvres.

« Mais ça m'évite d'y penser. »

Sa main revint devant lui pour saisir celle qu'Ayumi avait tenu près de son col ; ses doigts se crispèrent sur les siens, sans violence, serrés contre sa poitrine.

« Ça me dérange pas si tu veux faire pareil, tu sais. » Son sourire se fit plus franc. « T'as pas à accepter d'un seul coup. »



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Sam 21 Juin 2014 - 1:15

    Des questions maintenant, il y en avait trop. Pendant des mois, depuis qu'elle savait, elles l'avaient laissée en paix ; mais c'était parce que pendant des mois Ayumi s'était enfoncé la tête dans l'oreiller pour ne plus penser à rien et surtout pas à Emrys. Alors que maintenant, toutes les barrières avaient cédé, et ses interrogations laissées sans réponses s'accumulaient derrière ses dents tandis qu'elle s'efforçait de les retenir. D'entre elles, seule la plus importante - "pourquoi" - avait trouvé sa réponse. Toutes les autres, toutes celles apparues depuis ne paraissaient pas prêtes à disparaître. Comment. Depuis quand, comment est-ce que ça s'était produit. Est-ce qu'il en avait déjà souffert - sûrement - comment, où, pourquoi. Est-ce que...
    Est-ce que ça fait mal ?
    Entre les détails techniques - apparemment aussi dérisoires que "et dans les vestiaires tu faisais comment ?" ou d'autres situations un peu plus intimes - et les questions existentielles, il y avait largement de quoi la submerger. Les cop(a)ines d'avant, ce qu'elle devait faire ou pas, ou rien ou quelque chose, ce qu'elle aurait dû ou pas, les sujets sensibles qu'elle ne connaissait pas - et elle aurait eu du mal à les connaître après tout. Ce que ça apporte de tout retenir. Des relations amoureuses elle ne connaissait pas grand-chose, mais elle était au moins sûre de cela : c'était le genre de détails qu'elle aurait dû connaître pour cette relation-là. Sinon ça ne pouvait pas tenir et d'ailleurs, ça n'avait pas tenu.
    Alors peut-être qu'elle aurait dû desserrer ce nœud d'incertitude presque intimidé qu'elle avait dans la poitrine. Ravaler la vague culpabilité que provoquaient chez elle toutes ces questions, la gêne qu'elle ressentait en songeant qu'elle n'aurait pas dû se les poser.
    Et pourtant ils n'avaient jamais eu tant de mal à se parler. Peut-être qu'ils n'avaient jamais vraiment touché l'essentiel.

      « Un peu, si. - Iwa réprima un frisson au contact de sa main - Ça serre. Ça fait surtout mal au dos, en fait. Et je meurs de chaud en été. Mais ça m'évite d'y penser. »

    Une pensée de la jeune femme alla droit à ce fameux jour où quelques mots d'Emrys avaient tracé une ligne entre eux.
    Il faisait chaud, dehors. Aussi chaud qu'il faisait frais entre les arcades de pierre.
    Quoi qu'il en dise, imaginer ce que devait faire subir le compressif à son compagnon tira immédiatement une grimace à Iwasara ; il s'en fallait de peu pour qu'elle la ressente, cette douleur.
    Le pire étant qu'elle ne pouvait rien faire pour lui. S'il fallait qu'il se sente mieux avec, alors l'enlever ne devait pas être une option envisageable. Et elle ne savait simplement pas dans quel sens l'encourager.
    Sans doute que pour l'instant, elle n'avait qu'à s'occuper de comprendre et d'accepter l'idée. Pour commencer.
    Tu veux toujours aller trop vite, Ayu.

      « Ça me dérange pas si tu veux faire pareil, tu sais. » Ajouta le jeune homme en saisissant sa main. « T'as pas à accepter d'un seul coup. »

    Iwa sourit d'un air incertain. D'un côté elle pouvait comprendre qu'Emrys la préfère comme pensant à lui comme à un individu de sexe masculin uniquement. Après tout elle l'avait fait plusieurs années. Après tout c'était - visiblement, si quelques subtilités ne lui avaient pas échappé - ce qu'il voulait être aux yeux des autres.
    D'un autre côté, elle ne voulait pas faire comme si de rien n'était. Ce n'était pas... juste, ce n'était pas sincère. Vis-à-vis de lui.
    La jeune femme se redressa, toujours en appui sur sa main libre, et attira à elle celle qu'Emrys tenait toujours pour déposer un baiser sur les doigts, doucement. Puis une moue pensive s'accrocha à ses lèvres tandis qu'elle le considérait un moment, avant de l'attraper par la nuque et le tirer à elle pour l'embrasser plus longuement qu'auparavant.
    Après ce qui lui sembla une éternité, le cœur battant, elle le relâcha et fronça les sourcils d'un air exagérément évaluateur :

      « Hmmm. Je vois pas la différence. Je suis vraiment déçue. »

    Elle éclata de rire et retourna poser son front contre celui du jeune homme, chassant d'un souffle quelques mèches noires égarées.

      « Ça va aller. » Murmura-t-elle. « Je vais apprendre. Bien sûr tu n'as pas besoin de parler si tu n'as pas envie mais - elle fit la moue - il y a des choses que tu vas devoir me raconter. Quand même. »

    Moi aussi, s'il n'y a que ça. Et quand il voulait. Après tout du temps, ils en avaient plus que nécessaire. La jeune femme se mordilla la lèvre, une lueur taquine dans les yeux.

      « Enfin c'est vrai qu'il y a un tas de choses plus amusantes à faire que de parler. Aussi. »

    Mais ce sera nécessaire. Qu'importe que l'un des deux en vienne à le redouter, elle en était persuadée.
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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mer 25 Juin 2014 - 22:05

Ça faisait mal, dans sa poitrine. Comme une flamme trop vive risquant de tout embraser s'il n'y prenait pas garde, son cœur battait la chamade contre ses côtes fragiles ; et dire que quelques minutes auparavant, il aurait cru ne plus jamais avoir l'occasion de ressentir ça. C'était violent, agréable, perturbant, merveilleux – tous les adjectifs du monde réunis en un seul, parfait sentiment de bonheur. Il savait bien qu'il exagérait. Qu'il voyait des choses là où il n'y en avait pas, que son corps docile suivait simplement ce que son cerveau lui dictait ; mais quelle importance ? Les raisons pour lesquelles il avait le souffle court et une profonde envie de crier sa joie en la serrant contre lui n'en avaient aucune. C'était juste là. Ça lui suffisait comme ça.
Amusé, gêné, il fronça légèrement les sourcils lorsqu'elle embrassa ses doigts. Peut-être était-il définitivement accro à cette fille ; il y avait des moments, entre ceux de manque où il se demandait comment distinguer le haut du bas, où il avait l'impression qu'il n'aurait jamais assez d'elle. Qu'elle pourrait être à lui, toute entière, et que ce ne serait jamais assez – qu'elle aurait toujours, toujours quelque chose à lui apporter. Une touche de douceur, quelque chose comme de la candeur ; de la gentillesse, de la compassion, des couleurs. De l'amour. Il voulait que son cœur soit connecté au sien en toutes circonstances et, lèvres contre les siennes, il aurait pu jurer retrouver la foi rien qu'avec ce simple contact.
Comment la nature seule aurait-elle pu créer quelqu'un d'aussi parfait, hein ?
Son rire vint faire écho à celui d'Ayumi lorsqu'il s'échappa de ses lèvres, joueur et amusé. Il aurait pu la réprimander si la distance moindre entre eux n'avait pas annihilé chez lui toute forme de pensée logique ; en ce moment, hormis le prénom de la jeune fille qui repassait en boucle derrière ses pupilles, rien de bien intelligent ou cohérent ne parvenait à faire son chemin jusqu'à ses neurones. Tout était court-circuité par une masse élastique de chewing-gum rose goût euphorie : s'attendre à quoi que ce soit de lui dans ces moments-là aurait été une grave erreur – qu'Ayumi, lui semblait-il, ne se serait pas risquée à commettre. Il était juste comme ça. Incapable de faire passer l'intellect avant ses ressentis. Ce n'était pas pour rien qu'il avait hérité de ce pouvoir, n'est-ce pas ? Lui qui était si sensible, vivant par et pour les sentiments.
Par et pour les autres, en toutes circonstances.

« Je vais apprendre. Bien sûr tu n'as pas besoin de parler si tu n'as pas envie mais il y a des choses que tu vas devoir me raconter. Quand même. »

Quand même, eh. Vraiment ? Un sourire un peu maladroit étira les lèvres du garçon, épaules haussées sur une gêne palpable. Il ne savait pas ce qu'il devait dire, ce qu'elle pouvait entendre – ce qui était nécessaire et, au contraire, ce qui semblait superflu. Pour lui, rien ne l'était. Chaque cicatrice cachait autant de points de sutures et, aujourd'hui encore, il ne pouvait s'empêcher d'en gratter certaines lorsqu'il ne faisait pas attention. C'était difficile. De savoir, de vouloir. Il n'était pas certain d'avoir envie d'en parler ; voulait tourner la page, quoi que cela coûte. Il comprenait pourtant qu'Ayumi veuille savoir, le comprendre. Lui aussi aurait aimé connaître chaque parcelle, chaque petite partie la plus infime et insignifiante de ce qui avait pu la marquer, la blesser, laisser des marques sur sa jolie peau claire. Il voulait pouvoir embrasser chaque endroit ayant souffert et comprenait qu'elle veuille faire de même. C'était logique. C'était sain, naturel.
C'était aussi douloureux, quelque part, et il en avait parfaitement conscience.
Qu'il ne voudrait jamais accepter son passé tel qu'il était, ou du moins pas tout à fait. Il y avait certaines choses qu'il aurait préféré effacer. Son psy aurait hurlé de l'entendre dire ça, mais quelle importance – tout ce qui comptait était qu'à partir de maintenant, il allait devoir entretenir avec Iwa une relation plus honnête, basée sur ce que chacun pouvait donner et recevoir.
C'était important. Il voulait tellement que ça marche.

« Aaaah ? Comme quoi ? Regarder un film, marcher dans le parc... »

Dans un rire étouffé, main gauche dans son dos, il revint poser ses lèvres sur les siennes. Femme, homme, l'un ou l'autre ou même les deux, au fond il s'en foutait complètement. Tout ce qu'il savait était que cette personne était la bonne pour celle qu'il était en ce moment. Que s'il avait été quelqu'un d'autre, ils ne se seraient peut-être pas si bien trouvés.
Et ça, il ne voulait même pas y penser.

Doigts légèrement crispés sur sa taille, il reprit son souffle comme l'on remonte à la surface.

« Écouter de la musique, t'écouter jouer... »

Doucement, il la tira contre lui pour mieux l'enlacer.
Ça faisait trop longtemps qu'il n'avait rien pu faire de tout ça avec elle.

Tant de temps gâché, eh.



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mar 12 Aoû 2014 - 0:21

    Suspendue à une seconde entre les lèvres du jeune homme et ses yeux, Iwa tenta d'accepter l'irréel de la scène. Difficile de ne pas avoir le tournis en essayant de se souvenir que ce matin-là, elle s'était réveillée avec la sensation de se retourner dans sa tombe. Les yeux fixés sur le plafond, si vide entre les côtes.

      « Aaaah ? Comme quoi ? Regarder un film, marcher dans le parc... Écouter de la musique, t'écouter jouer... »

    Et chanter pour toi jusqu'à m'en briser la voix.
    La guitariste ferma les yeux, ressassant la cascade ininterrompue d'émotions bouillonnantes, mouvantes, transformant la lassitude en détresse en soulagement puis bonheur et
    Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
    Son cerveau se transformait en gelée, c'était fou. Mais penser n'était pas la chose qu'elle désirait le plus à l'heure actuelle : ce qu'elle voulait, c'était que plus jamais Emrys ne la lâche. Qu'il lui pardonne. Que tout aille bien. Que rien ne casse plus, plus jamais, que les coutures soient assez solides. Tant pis pour l'éthique, quoi qu'elle ait à savoir ou ignorer, à affronter ou à oublier pour qu'ils restent heureux. Parce que la seule chose qu'elle voulait c'était lui.
    Finalement, la japonaise finit par se rendre compte qu'elle avait un peu mal au dos et que la position dans laquelle elle se trouvait pesait sur son bras en appui. S'écartant à regret de son prince charmant, Iwa le bouscula un peu pour libérer ses jambes et les replier sous elle avec un soupir de soulagement. Puis une idée lui vint et elle sourit en intercalant ses doigts entre ceux d'Emrys :

      « Tu as manqué à ma guitare. Je t'assure. »

    Et pour cause, celle-ci prenait la poussière dans un coin de sa chambre depuis qu'ils s'étaient quittés. Elle ne pouvait pas se rappeler un moment dans sa vie où elle l'avait délaissée si longtemps.
    Dis, tu m'aimes comment ?
    Iwa contempla un moment leurs doigts entrelacés, puis soupira à nouveau d'un air amusé et passa ses bras autour du cou de l'anglais pour le serrer contre elle. Non elle n'en avait pas assez. Difficile de dire si ça serait jamais le cas.
    Et puis.

      « ... Tu sais quoi ? J'ai faim. »


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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Mar 11 Nov 2014 - 3:20

Lorsqu'Ayumi le repoussa un bref moment pour s'installer plus confortablement – il n'avait même pas pensé à ça, l'idiot – Emrys sentit son cœur lui faire un caprice d'enfant. Il ne voulait pas qu'elle s'éloigne, même pour un instant ; voulait rester avec elle maintenant, plus tard, tout le temps. Que leurs mains jointes s'entrelacent parfaitement, que leurs lèvres ne se quittent jamais vraiment. Il avait trop peur de la reperdre. La nuit, dans le noir, combien de fois s'était-il réveillé pour mieux se rendre compte qu'il n'y avait personne à ses côtés ? Qu'il n'y aurait sûrement personne pour le faire rire durant son petit-déjeuner, personne pour l'émouvoir, personne pour le faire vivre, tout simplement – tout ça parce que malgré tous ses amis, son monde tournait essentiellement autour d'une ou deux personnes ? Quand l'une manquait, rien n'allait. Rien, rien, rien. Il ne voulait plus que Soren s'inquiète pour lui, ne voulait plus pleurer, plus qu'elle lui manque, jamais.
Leurs doigts de nouveau intercalés en lien qui se voulait indestructible, le britannique accorda un sourire chaleureux à sa moitié. Il n'aurait pu imaginer en se levant ce matin-là à quel point il ressentirait une joie intense en posant son regard clair dans celui d'Ayumi ; à quel point ce serait magique d'aller se coucher en pensant tout simplement au lendemain. Il avait encore mal aux yeux, mal au foie, mal aux mains et mal au cœur. Ses poumons encrassés rejetaient par à-coups des nuages de poussière noirâtre et pourtant – pourtant, aussi douloureux que ce soit de l'avoir si c'était pour la perdre de nouveau plus tard, c'était un mal oh combien nécessaire. Il ne voulait plus regretter. S'il devait avoir une seconde, une troisième, une quatrième et une millième chance alors il les prendrait toutes sans y réfléchir à deux fois : n'importe quoi pourvu qu'il ne replonge pas au plus profond du gouffre sans fond de la dépression pure et simple.
L'amour était un trop beau sentiment pour qu'il s'y sacrifie.

« Tu as manqué à ma guitare. Je t'assure. »

Et toi à mes pinceaux. Etait-elle à ce point nécessaire à sa vie ? En croyant l'avoir perdue pour toujours il s'était tant et si bien enfermé dans sa peine qu'il en avait oublié tout le reste. Il aurait pu peindre son mal être mais non, ça ne marchait simplement pas comme ça. Il ne pouvait pas même tenir un pinceau dans ces moments-là. Il ne pouvait pas se regarder dans un miroir. Parler à ses autres amis. Dormir.
Il ne pouvait pas vivre, si on l'abandonnait. Il s'en serait voulu toute sa vie et aurait continué à enchaîner bêtise sur bêtise, bière sur vodka. C'était bête mais c'était comme ça ; il était encore jeune et après tout, à cet-âge-là, on exagère bien trop vite. Surtout quand on s'appelle Emrys Sulwyn et qu'en plus d'un pouvoir handicapant, on a un cœur gros comme ça.
Bras serrés contre la silhouette de la demoiselle, il inspira profondément.

Comme ça lui avait manqué, mon Dieu.

« ... Tu sais quoi ? J'ai faim. »

La remarque eut le mérite de le surprendre ; se défaisant de l'étreinte de son amie pour mieux la regarder dans les yeux, il lui adressa une moue remplie d'incompréhension. Elle avait faim ? Un bref instant, il alla jusqu'à se demander s'il était censé comprendre quelque chose d'obscur comme « ceci est un code pour 'j'ai envie de jouer de clarinette à l'envers' » ; puis, finalement, il décida de la prendre au mot. Si elle avait faim, après tout, elle avait faim – sans compter que ça faisait des lustres qu'ils n'avaient pas pu manger en face à face.
Sourire au coin des lèvres, il vint lui pincer les côtes.

« C'est vraiiii que tu pourrais prendre deux trois kilos en plus, lâcha-t-il d'un ton joueur. J'espère qu'en mon absence t'as pas pris exemple sur Heather niveau repas. Je voudrais pas que tu deviennes un petit squelette. »

Léger rire. Il riait, mais des deux il était sûrement celui qui s'était le plus laissé aller en l'absence de l'autre ; du moins l'espérait-il, confusément.

« Mais si mademoiselle a faim... » Se redressant prudemment, il lui tendit une main pour qu'elle fasse de même. « Oh ! Tu crois qu'on devrait récupérer Soren en passant ? Je l'ai un peu inquiété, je crois... Eh. »



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MessageSujet: Re: (n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }   Sam 3 Jan 2015 - 18:24

    L’incrédulité dans ses yeux la fit rire. Elle éprouvait une sorte de ravissement étonné à s’apercevoir combien chacune des expressions qui défilait sur le visage d’Emrys lui était agréable ; elle aurait pu s’arrêter sur chacune pendant des heures, lui paraissait-il. Tant que ce n’était pas l’ombre d’un sourire blessé qui étirait ses lèvres ou de la tristesse qui fermait ses yeux. Elle aurait pu passer sa vie à le regarder dans les yeux – et n’eusse été sa dernière affirmation quelque peu intempestive, nul doute que c’est ainsi que les deux tourtereaux auraient fini leur journée. Les yeux dans les yeux à fondre mutuellement de bonheur jusqu’à ce que mort s’ensuive.
    Mais ce n’était pas mentir que d’affirmer qu’Ayumi n’avait jamais eu l’impression d’avoir aussi faim de toute sa vie.
    Après plusieurs mois passés à lorgner toute nourriture d’un regard vide, alors que son estomac protestait à la moindre bouchée, ce n’était pas si étonnant. On venait de tourner dans son dos la petite clé qui ranime la danseuse dans sa jolie boîte. Tout semblait se remettre à sa place, et les rouages recommencer délicatement à cliqueter. Pas trop brutalement ou elle allait tomber.
    D’ailleurs, si elle se jetait sur la nourriture comme elle en avait envie à ce moment-là, elle allait sûrement se rendre malade.
    Tant pis. Se rendre malade de lui n’était définitivement pas la pire chose au monde.
    Chatouilleuse, les doigts sur ses côtes la firent se tortiller avec un couinement de protestation.

      « C'est vraiiii que tu pourrais prendre deux trois kilos en plus. J'espère qu'en mon absence t'as pas pris exemple sur Heather niveau repas. Je voudrais pas que tu deviennes un petit squelette. »

    Ayumi pinça les lèvres pour retenir un sourire et prit la main du jeune homme pour se relever. Ses reins protestèrent un peu, mais elle les ignora totalement. Un regain d’énergie lui donnait soudain l’envie irrépressible de courir dans tous les sens, de danser, de chanter, de faire n’importe quoi d’un peu bruyant qui puisse extérioriser sa joie.

      « Mais si mademoiselle a faim... » continuait Emrys, « Oh ! Tu crois qu'on devrait récupérer Soren en passant ? Je l'ai un peu inquiété, je crois... Eh. »

    A cette idée, le sourire d’Iwa s’agrandit… puis se figea un bref instant. Un souvenir fugace passa derrière ses yeux, et elle fronça les sourcils. En parlant de Soren…

      « … Je pense que ce serait une bonne idée. En fait… je ne l’ai pas trop vu dernièrement mais il avait l’air, hmmm… Enfin. Bizarre. »

    Elle échangea un regard prudent avec Emrys : en fait, elle ne pouvait pas vraiment s’avancer sur le sujet ; l’anglais était bien plus proche de Soren qu’elle, et peut-être ce dernier n’était en effet qu’inquiet pour son ami.
    Ça devait être ça.

      « Mais je me fais peut-être des idées. Tu devrais lui parler, pour voir. » Ajouta-t-elle néanmoins en enroulant une mèche rose autour de son index. « Quoi que, avec deux trois gâteaux ça ne devrait même pas être nécessaire. Allez, viens. »

    Dans un geste qui la fit frissonner de bonheur dans ce qu’il avait de simple et d’habituel, Iwa saisit la main du jeune homme et l’entraîna à sa suite dans le couloir.
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(n°15) Souffler la poussière des toiles { Chewing-gum }

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