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 « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]

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Hadriel Delahaye
Hadriel Delahaye

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MessageSujet: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 22 Déc 2013 - 3:05

Ses idées avaient un passé plus douteux que des Lotophages, et ça de commun avec eux que ça n’avait pas l’air de franchement les inquiéter. Ta tête, mon pauvre, lui avait un jour dit un type un peu bizarre dans le miroir, c’est pire que l’espace Schengen : les actes, les intentions, tout ça, pas besoin de frontière, libre circulation pour tous, c’est plus sympa. Résultat, des douaniers laxistes ou pas de douaniers du tout, et une réalité qui se transformait en deux temps trois mouvements en un joyeux foutoir. Pas top, franchement. Mais allez révoquer une loi que votre tête et vos mains ont prise sans votre accord préalable, vous. C’était pas coton –ça lui aurait peut-être évité de se retrouver à six heures du matin à califourchon sur un pauvre gus occupé à finir sa nuit sans avoir la moindre idée du pourquoi du comment. Des trucs aussi tordus, on savait pas d’où ça sortait ; des trucs dont on savait pas d’où ça sortait, on les laissait pas entrer sur le territoire, c’était retour chez eux, au pays des songes, plié et bien plié. Chez Hadriel, le système fonctionnait un peu différemment.

Un coup d’œil à la fenêtre et au plancher que le soleil dorait de rayons ensommeillés lui souffla qu’il aurait été aussi bien dans son propre lit, à tremper une brioche dans un reste de café serré à la cuisine ou dieu seul savait quoi d’autre. La cuiller coincée entre les dents, il l’envoya proprement paître : il n’était pas du genre à se dégonfler et, d’ailleurs, pas non plus de ceux qui y allaient avec le dos de ladite cuiller. A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine, parce qu’il ne voyait pas vraiment quelle autre manière de faire il y avait. Sa mère tartinait finement au couteau, mais c’était avec de la confiture aux haricots, une sorte de gelée immonde et très liquide, pas loin d’être visqueuse, ce qui devait être en somme très différent de la consistance de la célèbre pâte –oh, et puis mince –pourquoi le faisait-il, déjà ? –c’était pas à une heure pareille qu’il pouvait être déchiré, ni même un tantinet bourré –ça devait lui avoir poussé pendant la nuit, sûr et certain –aussi certain qu’on pouvait être d’un truc qu’on savait pas –c’était un peu bizarre quand même –pourquoi diable pensait-il à l’espace Schengen, tiens ?

De la main droite, il dévissa le tout aussi célèbre bouchon large et blanc ; de la gauche, il tenait le pot. Cinq kilos de graisse pure et dure –pas si dure que ça, nota-t-il en plongeant la cuiller dedans. Il la leva au niveau de ses yeux, le fantôme d’un sourire planait, timide, sur ses lèvres. Un drôle de pincement lui barrait le cœur. Et, d’un mouvement d’une maladresse experte, il entreprit de couvrir le nez du dormeur de noisette. Il en a de la chance, Morphée, se surprit-il à penser. S’il avait pu être à sa place, le pauvre comateux se serait retrouvé assailli des lazzis d’une foule d’insomniaques laissés sur le carreau. Un autre coup, rapide. Cyril allait se réveiller. C’était criant, et il s’appliquait à ne pas y penser. Le transformer en homme de pâques, c'était plus marrant que se chercher une ribambelle d'excuses. Nul doute qu’elles lui reviendraient, les raisons. Quand il en aurait besoin. La joue droite, le front, le menton.

La joue gauche, une touche finale, un sourire à mi-chemin entre la perplexité, la gêne et un certain contentement. Pas sur le visage de Cyril, cette fois, mais sur le sien, tandis que les prunelles sombres le fixaient avec une insistance papillonnante. Delahaye un, Morphée zéro. Qui dit mieux, l’ami ?
Ah, il était dans une merde noire. Dieu qu’il aurait aimé ne pas s’en ficher autant. Il avait l’air d’un crétin. Ça devait être ce sourire qui refusait de faire place nette.
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Cyril Charrier
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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty0 / 1000 / 100« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeMar 31 Déc 2013 - 5:32

L'odeur du chocolat fit comme remonter des cauchemars à la surface.

Du moins Cyril, pour l'heure occupé à découper des pièces de puzzle au cutter dans une nappe fleurie, interpréta comme telle – un cauchemar – la disparition de ce relent cramé de pâtes carbonara auquel il s'était tellement habitué. Foutu chocolat. Il le poursuivait vraiment partout, ce truc marronnasse ou noir ou blanc, ou pâteux ou incassable ou carrément liquide mélangé avec tout ce que la Terre n'avait jamais voulu plonger dedans – et bon sang ça en faisait, des choses. Noisettes, oranges, caramel, lait, noix de coco, arsenic... Le jour où ils feraient du chocolat à la carotte ou aux haricots, tiens, peut-être qu'il s'y mettrait. Peut-être. En attendant, ce serait sans lui. Justin n'arrêtait pas d'en jeter dans son bol, en plus : des trucs moches enrobés de tout et n'importe quoi, en forme de pétale ou de bille ou même de cookie suivant l'humeur de son colocataire – ce qui malheureusement ne changeait rien au fait que c'était mauvais. Joli ou pas, ça ne valait pas ses céréales à lui.
Inconscient que l'odeur, bien réelle, était la raison pour laquelle ses yeux commençaient à papillonner sous ses paupières, le rouquin superposa l'image d'un autre garçon à celle de son ami. Colocataire, colocataire... Merde, c'était qui son colocataire déjà ? Blond sur blond mais pas tout à fait – et leurs yeux, hein, comment ça se fait ? Un frisson de désapprobation parcourut son corps. Les silhouettes ne se correspondaient pas ; puis ce furent les chambres qui à leur tour se mélangèrent, tantôt au premier tantôt au second, parfois au sixième étage d'un immeuble miteux sans ascenseur ni gardienne. Ça brûle bien, le vieux bois, tu sais. A la façon d'un tissu que l'on déchire à grands coups de ciseaux, le voile de ses rêves commença à tomber en lambeaux : la lumière, doucement, se chargea de dissiper les décors en papier-mâchés de ses cauchemars. Impossible de faire marche arrière, maintenant. Il allait falloir se lever.
Yeux encore hermétiquement clos, le jeune homme remplaça ce qui lui restait de somnolence par l'entêtement borné, presque désespéré des enfants qui ne veulent pas se lever. La seule chose dont il était persuadé, l'esprit encore embrumé et humide de rosée, c'était qu'il n'avait pas la plus petite envie de se réveiller ici. Pas là, pas comme ça, pas maintenant – pas dans ce lit, que ce soit le sien ou celui de Dieu le Père. Il ne voulait pas revoir ces rideaux, ce parc, cette fenêtre stupide trop près du sol pour constituer une sortie convenable : et s'il savait qu'elle finirait quand même par lui sembler suffisamment haute, après quelques verres, il n'avait pas la moindre once de courage ou d'estime de soi à mobiliser sur ce combat-là.
Me réveille pas, je préfère mes cauchemars. Sois un peu cool putain.

Dans un battement de cils déboussolé, la Belle au Manoir Dormant ouvrit les yeux.
Couché dans un coin de la pièce, discret malgré sa taille imposante, Petit Prince somnolait paisiblement.

« … Qu'estcetu'tain. »

Son grommellement, à peine audible, eut plus de sens pour la partie de lui qui dormait encore que pour l'autre. Chocolat. Noisettes. L'odeur, beaucoup trop nette à son goût, lui fit plisser le nez et les yeux : le poids anormal qui pesait sur lui, apparemment doté d'un visage et de tout ce qui allait avec, commença peu à peu à lui rappeler quelque chose. Tant mieux, hein – être réveillé par un inconnu n'avait franchement rien d'amusant, même s'il ne risquait plus de se faire sermonner ou casser les doigts. Les habitudes ont la vie dure, comme on dit, et comme celle-là la lui avait mené il n'était pas prêt de s'en débarrasser.
Après avoir intégré la présence d'Hadriel, il enregistra celle du Nutella : jugea que l'odeur devait venir de là puis, enfin, se demanda ce que le garçon pouvait bien foutre sur son lit. Ce n'était pas exactement le meilleur endroit pour prendre son petit-dej', à priori.

« … Salut. » Quelle politesse ; sa mère aurait eu de quoi être fière, sérieux. « Pourquoi t'es là ? Y'a l'feu ? »

D'un geste parfaitement naturel et automatique, Cyril voulut passer le dos de sa main sur ses yeux : étala sans le vouloir quelque chose à la consistance absolument immonde de sa joue gauche à l'arrête de son nez et, interdit mais néanmoins parfaitement réveillé, leva son avant-bras devant son visage.
Tout ça pour jeter un regard perplexe à son terroriste à la noix, le dos de sa main tournée vers lui comme pour lui demander ce qu'il avait foutu au juste. Ça et il ne savait pas quoi en faire ; de son débardeur, de son short, des draps, de l'oreiller ou d'Hadriel, restait à décider lequel méritait le plus d'être sali.



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« Allongé, le corps est mort ; pour des milliers, c'est un homme qui dort.
A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
Voir la vie, son côté pile - oh philosophie, dis-moi des élégies.
Le bonheur, lui, me fait peur -

D'avoir tant d'envies, et j'ai un souffle au cœur. »

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeLun 13 Jan 2014 - 20:27

Cyril allait le détester ; et d’ailleurs, il l’aurait bien cherché. Ce n’était certes pas ce qu’il avait voulu, et ce n’était pas non plus franchement ce à quoi il avait pensé. L’idée venait simplement de le frapper en pleine face, une bonne claque sur chaque joue, et un coup droit dans le nez. Elle ne le laissait pas indifférent, comme semblait en témoigner le sourire trop gros pour lui qu’il ne parvenait pas à ravaler complètement et qui dégoulinait à chaque coin de ses lèvres, droit vers ses oreilles, ignorant savamment toutes les lois de la gravité. Il aurait même pu faire croire que tout ça lui faisait vraiment, vraiment plaisir –à tort, parce qu’il n’avait vraiment, vraiment aucune envie d’entrer dans le collimateur de ce type –non, ben non, ça allait sans dire –juste de lui étaler un peu de nutella dessus de bon matin. C’était une sorte de réveil anticipé et douceâtre, sucré à en devenir écœurant. Il y en avait pour se lever tous les matins avec un petit capitaine de l’armée à la voix stridente, d’autres avec un drôle de rasta miniature, sorte de Bob Marley 2.0, ou plus commodément un vrombissement traître doublé d’un bip sonore capables de vous faire croire à la fin du monde –tout ça volontairement. D’eux-mêmes, comme des grands, juste histoire de s’extirper de ses draps d’encore plus mauvais poil.

Alors un peu de pâte à tartiner goût choco-noisettes, c’était pas pire. Pas beaucoup. C’était du moins la conclusion arrangeante à laquelle était parvenu Hadriel. C’était plus simple que de tergiverser des heures durant –car c’étaient bien des heures qui s’écoulaient entre chaque battement de cils de la belle au bois dormant, il en était convaincu. A moins que ce fut son cerveau qui carburait trop vite ; ça lui arrivait souvent, mine de rien, occasions parfaites de rater un tournant et de partir gambader gaiement dans les champs, battre la campagne avec une allégresse innocente pour atterrir, le plus souvent, complètement à côté de la plaque. Avec Cyril, qui n’en menait toujours pas large, ils auraient été deux.

Quoique le bel endormi remontait la pente assez vite pour laisser son imbécile d’agresseur loin derrière, avec son sourire stupide. Quelques paroles jetées dans l’air s’envolèrent comme autant d’oiseaux de mauvais augure. Qu’importe ! Delahaye les ignora avec maestria, trop occupé à ne plus songer à rien pour se soucier de si ridicules détails. La partie de son cerveau que trop d’excès n’avait pas encore rendue hermétique à la logique lui conseilla de descendre bien gentiment de ce lit et de partir comme si de rien n’était ; la fuite, c’était une stratégie valable quand on n’avait rien de mieux sous le coude. A défaut de vous sortir du pétrin, elle vous gagnait du temps et c’était déjà pas mal. De toute façon, c’était tout ce qu’il avait. Le gamin l’écouta, avant de décréter que c’était stupide, que du temps, il y en avait ici, en veux-tu en voilà, et qu’il comptait bien rester. Voyant sa décision accueillie d’un salut aussi bref qu’un salut pouvait l’être, il retint un éclat de rire qui se fraya malgré tout un chemin jusqu’à ses yeux. Voir la réaction de l’autre face au sombre méfait qu’il avait ourdi dans la nuit ? Trop beau pour être passé à l’as.

Que risquait-il d’autre, au fond, qu’une bonne trace de chocolat en plein sur la figure ?

« Y a pas le feu, infirma-t-il en tentant de garder son sérieux et se laissant aller à penser que, pour quelqu’un qui craignait de finir en petit tas de cendre, Cyril était plutôt calme. En fait y a juste… Enfin, tu vois… »

Et c’est reparti pour un tour, admonesta la voix chantante de l’ironie dans son crâne. Lui qui avait conquis de haute lutte le droit de reprendre les gens –lui qui haïssait, et d’une haine d’un genre plutôt féroce, les morceaux de phrase inutiles tout juste bons à s’élever comme de vulgaire saillies verbales dans le tryptique du langage –il racontait n’importe quoi. Le souci n’étant pas tant ce qu’il racontait, mais bien la façon dont il le disait. Plus concentré à présent, il haussa les épaules d’un air plutôt perdu. Il lui avait mis du Nutella dessus, ça, ils le savaient l’un comme l’autre. La question qui hantait les parois de sa pauvre tête était donc de savoir ce qu’il pouvait bien y avoir de plus à en dire.

« Je t’ai mis de ça dessus, asserta Hadriel en agitant l’énorme pot. Tu te demandes sûrement pourquoi. »

Un moment de réflexion qui, venu d’un autre, aurait aisément pu passer pour un pur effet de style –peut-être que c’en est un, du type inconscient, remarqua-t-il avant de laisser courir parce que, sincèrement, ça n’avait pas grand intérêt –bon, il y avait tout de même pensé, ce qui en disait long –tiens, d’ailleurs –

« En fait, moi aussi. Mais c’est fait, et bon… »

Nouvelle hésitation –cette fois, c’en était clairement une, comme sembla venir le confirmer le point d’interrogation qui se dessina presque dans l’air au bout de sa phrase :

« C’est drôle, hein ? »

Perplexe, il se mordit la lèvre. Moi, pauvre grelot vide où manque ce qui sonne, songea-t-il alors, le regard rivé sur le drap.
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« Y a pas le feu. En fait y a juste… Enfin, tu vois… »

Eh ben voilà, ils avançaient ; à défaut de mieux, Cyril pouvait maintenant se vanter de savoir qu'il n'y avait absolument aucune raison de chanter « au feu, les pompiers » ou de chercher les extincteurs – qui, pour ce qu'il en savait, n'existaient peut-être même pas. Merveilleux. S'il n'avait pas eu de la pâte chocolatée sur le visage et la main, il aurait presque pu en décréter la trêve levée et tirer violemment sur ses draps pour se rendormir. Pas de danger de mort, pas de réveil avec les oiseaux. Deal. D'ailleurs même s'il y avait eu danger de mort, ce n'était franchement pas une raison pour le tirer de son lit sans en avoir une autre sous la main – très bonne, si possible. Inutile de dire que « j'ai décidé de te tartiner parce que t'as une tête à ça » était exclu d'office. Délit de crétinerie. Il faudrait lui filer autre chose que du chocolat pour le persuader que son destin était d'être le support sacrificiel du divin Nutella et que, oui, le rituel sacré qui en découlait impliquait de se lever à des heures abominables. Du 'autre chose' en grande quantité, même. Format familial.
Malgré tout ça, le jeune homme ne comptait pas fermer les yeux avant d'avoir saisi le pourquoi du comment de son maquillage matinal. Hadriel s'était arrêté sur ce qui lui aurait valu un « mais encore ? » consterné de la part de tout professeur avec encore un peu de foi en l'humanité – les siens, las, se seraient contenté de décider qu'il n'en savait rien. Ça devait être plus facile à gérer. Puisqu'il était tout à fait pédagogue et désireux de ne pas mettre les innocents en prison, ou du moins les coupables dans la mauvaise cellule, Cyril garda donc les yeux plissés et la bouche close.
Qui sait. L'explication tiendrait peut-être du génie.

Ou non, hein.

Sa main, rattrapée par la gravité, retomba au ralenti contre les draps. Il s'agissait de l'installer de sorte à ne rien salir – il n'avait pas encore décidé qui punir avec sa sainte onction choco-noisette. Du moins pas tout à fait. Parce qu'en y réfléchissant rien qu'un tout petit peu, avec ses évidences oh combien pertinentes, son ami avait des airs de criminel idéal à l'en jeter direct derrière les barreaux. Mr Chapeau, chambre, pot de Nutella. J'accuse. Il ne voyait personne d'autre ici hormis Hadriel et peut-être quelques silhouettes endormies sans rapport avec l'affaire : si en plus d'avoir l'arme du crime dans les mains ce nigaud se mettait à tout avouer, c'était d'un putain d'avocat en béton armé dont il aurait besoin.

« En fait, moi aussi. Mais c’est fait, et bon… »

Ou d'un psy super qualifié. Bon, un peu comme tout le monde ici, c'est vrai – à commencer par lui-même, vu sa propension à vouloir se noyer dans les éviers. A la rigueur, tartineur compulsif, c'était vivable. A peu près.
Appuyé sur un coude, regard rivé sur le visage du jeune homme, pas plus gêné que s'ils avaient été en train de jouer à qui fixera l'autre le plus longtemps, Cyril se retint juste à temps de frotter à nouveau sa main contre ses yeux. S'il se fichait de cette merde dans l’œil, là, pour sûr, cette histoire virerait à l'attentat. S'il devenait borgne en plus d'être roux, il n'aurait plus qu'à investir dans un bandeau et se laisser pousser une belle barbe. Ha ha ha.

« C’est drôle, hein ? »

Tellement pas.
Pour être tout à fait honnête, en fait, il n'en savait rien. C'était assez obscur, comme sentiment ; une sorte de mélange bizarre façon pot-au-feu surprise dont on ne savait pas trop à quoi le goût était dû au final. C'était pas si fréquent, mais quand même. Des blagues qui... Faisaient rire sans rire, ou l'inverse. L'heure, la voix, le contexte – her, c'était important, tout ça. Impossible de dire ce qui allait sortir, ni sur quel ton.
Bon.

« C'est. » Sourcils froncés, bouche tordue sur le côté, il tendit sa main gauche pour tâcher la joue du scélérat ; comme ça, au moins, ce serait équitable. « Débile. »

Qu'on ose lui dire qu'il manquait de vocabulaire au réveil, tiens.
Bon, cela dit, être débile n'était pas un crime en soi, et il n'était pas vraiment fâché. Même si ce truc le chatouillait. Et que l'odeur l'offusquait. Carrément.

« ...Comment t'es possible, lâcha-t-il avec le plus grand sérieux du monde, visiblement sujet à des questionnements existentiels sur la réalité d'Hadriel – être capable de se lever à six heures du matin pour enduire ses amis de chocolat, le tout sans savoir pourquoi. T'es trop irrécupérable, et... »

Bizarrement, dit en baillant, c'était tout de suite moins crédible.

« Donne moi ça. T'es un danger public. »

Parce que son autre bras était occupé à le tenir en position pas-tout-à-fait-allongée, ce fut le gauche qui se chargea également de tenter une parfaitement tout-sauf-discrète subtilisation du pot de Nutella. Chacun son boulot.



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L’anxiété passée en coup de vent avait laissé place à un soleil bienvenu sous la tignasse sombre du gamin. Des rayons timides qui reprenaient peu à peu du poil de la bête pour inonder la pièce d’une atmosphère joviale et bon-enfant. Comme toute tempête qui se respecte, elle avait toutefois laissé derrière elle quelques traces un peu esseulées qui ne manquaient pas de faire tache dans le paysage. Le silence dans lequel il s’était replongé et qui, en de telles circonstances, n’avait rien de franchement habituel ou rassurant chez Delayahe ; ou encore la façon qu’il avait de jeter d’incessants coups d’œil autour de lui –le plafond, le sol, les draps, tout était bon tant que ça n’avait pas deux bras, une paire d’yeux bleus et du Nutella plein la figure. Faute de mieux, Hadriel riva donc son regard auxdits draps pour ne plus bouger d’un iota. C’était cool, un drap ; du moins le pensa-t-il jusqu’à ce que l’idée que les siens lui manquaient crevât la surface de son esprit en manque de sensations fortes et de gros chagrins. Une couette épaisse, douce, et dont ses pieds n’auraient pas dépassé –et puis pourquoi pas des croissants et un énorme bol de chocolat chaud. Du Nesquick, de la fleur d’oranger sur les croissants en question, et le tour était joué. Quel tour ? Il n’en avait pas la plus petite idée, mais il n’y en avait pas beaucoup qu’un petit déjeuner aussi succulent n’aurait pas réglé en trois coups de cuiller à pot.

Ou en trois coups de cuiller à Nutella, en l’occurrence. Arriver emmailloté dans ses couvertures telle la larve ou le cocon de papillon, et à peine plus élégamment, pour rafler un plateau dans la cuisine, et finalement se débrouiller pour s’installer là et tartiner Cyril –le pauvre Cyril qui n’avait rien demandé à personne, notez-le bien. Voilà qui aurait eu une certaine classe, quoique le mot ne collât pas exactement à l’image qui s’imposa à l’esprit du poète de gare ; de la gueule, en tout cas, ça en aurait eu. Et puis ça aurait été plus surprenant. Le genre de trucs auxquels il ne pensait jamais à temps. Le genre de choses qui auraient sincèrement surpris son ami.

Parce qu’évidemment, de la pâte à tartiner, ce n’était pas suffisant. Il en fallait plus pour impressionner Hadriel, plutôt calé question larcins innocents que personne, pas même lui, ne comprenait vraiment et dont l’utilité s’approchait du diamètre d’une tête d’épingle pour lilliputiens. Débile ? Assurément. Après coup néanmoins, Charrier pouvait s’estimer heureux que le génie de Gulliver ne fût pas franchement du matin –ni de l’après-midi, et pas beaucoup plus du soir d’ailleurs, mais ce n’était vraiment pas la question. Le fait était que la situation, quoiqu’on en dît, eût pu être bien plus cocasse. Ce dont le jeune homme n’avait pas l’air d’être fort au fait, à en juger par l’expression qui habitait ses traits. Un fantôme de sommeil les hantait encore ; qu’importait ! Hadriel aimait le lever du jour. Et il l’aimait encore mieux avec Cyril. Même s’il bâillait long, lui collait de la noisette sur la joue et qu’il l’insultait ; qu’il essayait du moins. Ne pas être possible, c’était plutôt mignon.

Et ça ressemblait plus ou moins à ce qu’on lui avait sorti quand il avait décidé de rédiger son devoir au marqueur sur du pain de mie. Son chien n’en avait pas plus su ses tables de multiplication, quand il y repensait –on saluait l’effort.

Une expression exagérément outrée s’étala alors sur les traits d’Hadriel qui, offusqué qu’on pût songer à lui retirer son jouet avant qu’il n’eût fignolé son œuvre d’art, le leva, ni une ni deux, à bout de bras au-dessus de sa tête. Correctement assis, il avait un avantage et il comptait l’utiliser comme il se devait ; ce n’était pas comme s’il n’était pas déjà bien haut à la base. Les miroirs le forçaient sans cesse à faire des flexions matinales et les couvertures à ne pas s’étouffer dans son lit. Ce n’était pas garder un pot de Nutella hors de portée d’une tartine récalcitrante qui allait lui faire peur. La boule au ventre n’avait pas encore disparu. Elle tenait bon, la gueuse, vaillamment : impossible de lui faire un sort. Un fond de tristesse un peu bête qui se laissait rapidement recouvrir et emporter.

« Pas touche, s’exclama-t-il en étalant un peu plus la peinture de guerre que Cyril lui avait dessinée sur la joue. Je suis le power ranger du Nutella, ou… Ou le Homère de la noisette, je lui écris une super croisade contre son ennemi juré, qui le méprise sans raison et que j'aime quand même, un Cyril sauvage au saut du lit –eh, même pas, d’ailleurs, t’es toujours dedans. »

Verbiage inutile, incessant, agaçant, lancé avec un glacis de décibels en trop sans grand égard pour les oreilles de qui que ce fut : il était débile, et franchement pas possible. Un point pour l’autre ; mais c’était Hadriel, et ce simple fait suffisait à pallier à son manque de tact et d’excuses. Les mots parfois, pourtant, restaient coincés dans sa gorge. Passés. Tout juste.
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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty0 / 1000 / 100« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeMer 26 Mar 2014 - 3:43

Plutôt que de redresser complètement le dos pour combler la distance entre sa main et ce fichu pot de Nutella, le rouquin préféra plutôt pincer les lèvres. Son visage tout entier, boudeur, criait « c'est pas du jeu » : et d'ailleurs, il le pensait. D'où est-ce qu'Hadriel refusait d'obtempérer, hein ? C'était carrément injuste ! Il aurait dû se rendre gentiment, sans faire d'histoires, ne serait-ce que pour se faire pardonner son acte de pure cruauté. Parce que oui, c'était cruel, et oui, lui rendre l'arme du crime était bien le moins que ce terroriste puisse faire. Cyril avait toutes les raisons du monde de vouloir récupérer ce truc maléfique étalées en lettres capitales sur les joues et le nez, et pas qu'un peu envie de lui faire subir le même sort. Si la cuiller ou la pâte à tartiner lui tombait entre les mains, son ami aussi en serait quitte pour un masque de beauté maison.
Eeet remarque, c'était peut-être pour ça qu'il ne voulait pas la lui donner. Le jeune homme se trouvait des air d'ange, mais, allez savoir – peut-être que ce crétin avait un don pour deviner les arrières-pensées. Ou juste un peu de bon sens. Peeeeut-être. Éventuellement. Même si franchement, pour venir faire des trucs sans la moindre logique à des heures intolérables, il ne devait quand même pas lui en rester beaucoup. Un fond, au mieux. Des restes. De quoi grignoter. Et encore. Hadriel, quoi. Il se suffisait presque à lui-même dans le genre explication foireuse.

« Pas touche. Je suis le power ranger du Nutella, ou… Ou le Homère de la noisette, je lui écris une super croisade contre son ennemi juré, qui le méprise sans raison et que j'aime quand même, un Cyril sauvage au saut du lit –eh, même pas, d’ailleurs, t’es toujours dedans. »

Cyril n'avait pas beaucoup de respect pour les power rangers – un peu plus pour Homère, déjà – et pas d'avis défini sur les Pokémons : tout dépendait de la génération. Quoi qu'il en soit et peu importe le nombre de titres qui pouvaient suivre le prénom du pseudo-poète, un ennemi juré restait un ennemi juré. Si on lui avait donné une épée et une armure pour lutter contre le monopole du Nutella sur les placards de France et de Navarre, il aurait été en ce moment-même bien trop occupé à casser des pots à grand coup de ferraille pour avoir le temps de dormir – et donc d'être réveillé par Hadriel, recouvert de la pâte en question.
Malheureusement, personne n'était venu l'adouber. Que faisait le monde, hein, sérieusement.
Soucieux d'avoir l'air au moins à moitié discret malgré ses intentions bien trop évidentes, le jeune homme fit retomber son bras pour se redresser du plat des mains. Assis, c'était déjà mieux.

« Hin. Et on appellera ça La Nutellade ou l'Hadrielique ? J'aurais bien dit Cyrillique maiiiiis... »

Pas de chance, le copyright était déjà déposé. Le voler aux slaves ne l'aurait pas rendu très populaire.

« … Bref, moi je suis dedans mais toi t'es dessus – allez, file le ! Sinon je te force à le faire, BAM. »

Oui, les cris et les onomatopées lancés au hasard étaient absolument nécessaires quand on lançait l'assaut. Sinon ça n'aurait plus tout à fait été une attaque en règle.
Redressé sur les genoux, il leva d'abord le bras pour tenter de récupérer le pot – très lourd, d'ailleurs, donc jouer avec n'avait rien de très inspiré ; seconde main appuyée sur l'épaule d'Hadriel, il changea finalement d'avis et, avec lui, de tactique. Très légèrement. Faire reculer son ami lui aurait risqué un crâne fracturé contre un bidule ou un machin, et puis il ne voulait pas non plus qu'il en renverse partout sur ses draps. Mauvais plan. Il avait beau savoir que la lessive était faite par une fausse maman complaisante et satisfaite de ne faire que ça de sa vie, le réflexe de ne rien vouloir salir excepté ses vêtements lui était resté. Grande réussite de l'éducation sur les sales gosses.
Au lieu de cela, donc, après un vaillant et profondément inutile quart de seconde d'hésitation qui n'aurait pas demandé mieux que de vivre plus longtemps, il pivota juste assez pour – le cas échéant – valoir une chute sur le sol plutôt que le rebord du lit à la pauvre nuque d'Hadriel. Et la sienne aussi, tant qu'à faire, vu qu'il s'appuyait sur lui de tout son poids pour tenter de lui arracher son arme des mains. Avec cinq doigts seulement, c'était mal barré.

Mais tant pis, hein. On ne rigole pas avec la lutte du bien contre le mal.

J'ai déjà dû le dire mais :
 



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A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
Voir la vie, son côté pile - oh philosophie, dis-moi des élégies.
Le bonheur, lui, me fait peur -

D'avoir tant d'envies, et j'ai un souffle au cœur. »

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeSam 24 Mai 2014 - 23:08

A défaut d’apporter à sa personne une touche de glamour, le rire d’Hadriel en disait long sur ce qui naviguait sans phare dans sa caboche. Il rigolait bêtement : ni vraiment un gloussement, ni à gorge déployée, ni une autruche ni franchement une poule, mais bel et bien le savant mélange de tout ça à la fois. Le pire était sans doute qu’il n’était pas sourd et que le son, fort peu élégant, avait l’air stupide à ses propres oreilles. Trop obnubilé par l’humour parfait de Cyril, il n’y pensa qu’un bref instant. Parce qu’évidemment, c’était très drôle –ou si ça ne l’était pas pour le monde, ça l’était au moins pour lui ; ce qui suffisait pour cette fois, puisque la pique avait été lancée spécialement à son attention. Et avait mis dans le mille, plutôt deux fois qu’une. Au vu de la taille du bonhomme, le mérite n’était qu’à moitié présent, d’autant qu’avec un cœur aussi grand, il était difficile de manquer sa cible. Donc, Hadriel riait tel le plus imbécile des demeurés, par à-coups, par éclats, cherchant presque une réponse avant de se rendre compte que le moindre petit mot en plus ou en moins aurait risqué de tout gâcher. On n’enlevait pas le e muet d’un poème de Verlaine, et on ne touchait pas aux traits d’esprit qui faisaient mouche. L’empennage gérait sa maman, pas de souci à se faire de ce côté-là. Le Cyrillique, fort spirituel.
Pas assez néanmoins pour lui faire lâcher son précieux trésor. Son vis-à-vis avait l’air tout à fait décidé à lui imposer une prompte reddition, en des termes qui n’auraient su apporter qu’un peu plus de frustration dans cet immense désert –pour l’amour de dieu, c’était hors de question. Eh quoi ! On avait vu ce que ça avait donné à Versailles. Ils s’étaient par la suite pris une sacrée déculottée, et n’avaient plus eu que leurs yeux pour pleurer : la négociation ou rien. Pas d’armistice en tout cas, pas même un simple cessez-le-feu pour lui. S’il rendait le pot maintenant, Delahaye le savait, il finirait par réitérer son larcin –pas le lendemain, ni le surlendemain, mais un jour assurément, un jour –bref, toute cette affaire aurait mal fini, ou justement n’aurait pas fini –jamais, ou à tout le moins pas avant qu’il ait obtenu sa revanche –bon, Cyril pouvait toujours courir pour le pot –c’était l’essentiel de l’idée, ça. Il pouvait toujours courir. Il l’aurait pu si un poids géant n’avait pas élu domicile sur lui.

Mais Hadriel se trouvait plutôt bien là où il était. Et s’il s’était attendu à ce que son infortuné matelas tende le bras pour se saisir de l’arme du crime, il ne lui était pas passé par la tête qu’il risquait de se ramasser par terre. Il se faisait parfois la remarque que c’était fou –avec tout ce qui lui passait par la tête, c’était quand même un comble qu’il ne tombe jamais sur ce qu’il fallait et qu’il trouve le moyen, toutefois, de tomber tout le temps.
Remarque qu’il n’eut pas le temps de se faire ce jour-là avant de basculer et que sa tête ne heurte le sol. Au temps pour lui, sous-estimer son adversaire était une grossière erreur. En plus du sourire qui tue, Cyril avait d’autres moyens de défense contre lesquels il était difficile de s’immuniser. Qui comprenaient bien sûr pas mal de choses, comme l’odorat-anti-nutella ou la réactivité-au-réveil-sans-café.
Conscient de l’inutilité crasse de son geste mais pas préoccupé pour un sou pour autant, Hadriel serra contre lui le pot de pâte choco-noisette et agita vigoureusement la tête. Il n’était pas mort. Et loin d’abandonner ce qui tournait à l’idée fixe, conserver son ami de toujours près de lui. Pauvre petite bête, la livrer à la fureur d’un –ah, non, il n’allait pas la changer en Jeanne d’Arc des temps modernes –certes, le Nutella n’entendait pas de voix mais –eh, peut-être même que si. Ils n’en savaient rien du tout. C’était un peu tiré par les cheveux, tout ça.

« Laisse, il entend pas de voix, plaida-t-il sans se rendre compte que tout le monde n’avait pas l’insigne privilège de suivre les pérégrinations de son cerveau. Mais on peut trouver un arrangement. »

Parce que clairement, il n’était pas en position de force.

« Comme –on en reste là et si tu me fais un bisou, je jure de pas recommencer. Avant que tu transformes en Mégazord anti-nutella. »
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeSam 31 Mai 2014 - 4:38

S'il crut bien qu'il allait se casser le front sur celui d'Hadriel en tombant, le jeune homme n'avait pas prévu que ce serait son poignet et son coude qui morfleraient ; raison pour laquelle, à moitié avachi sur ce qui lui servait d'ami – enfin, il lui semblait qu'ils l'étaient avant qu'il ne décide de faire une telle chose à sa pauvre personne ; pour l'instant il n'était plus trop sûr de la catégorie dans laquelle placer le brun – Cyril trouva fort élégant de pousser une petite exclamation étouffée à mi-chemin entre le geignement et le grognement bizarre. Her, il venait quand même de tomber ! Enfin, à moitié, mais quand même. C'était plus que pas du tout et en cela, c'était déjà trop. A demi redressé, assis sur les jambes d'Hadriel comme lui-même ne s'était pas privé de le faire avant ça, il darda sur lui un regard victorieux façon César devant la Gaule conquise. Il ne comptait pas avoir fait tout ça pour rien, qu'on se le dise. C'était lui le plus fort des deux, pour l'instant, et il n'allait pas laisser ce barbouilleur de pâte choco-noisettes s'en tirer comme ça. Oh, il pouvait bien le serrer contre lui tant qu'il voulait, ce pot de malheur ! Aussi vrai qu'il s’appelait Cyril Charrier, ce truc changerait de main avant que le soleil ne soit parfaitement levé. A moins qu'il le soit déjà ? Bha, il n'en savait rien. Son cerveau embrumé aurait été incapable de distinguer le haut du bas, les coups de cœur du mal des mers, le jour de la nuit. Tout ce qu'il savait était qu'on venait de le réveiller ; qu'avant ça, il dormait. En toute bonne logique, ils étaient donc le matin. A moins qu'il ait encore trop dormi ou décidé de faire une sieste réparatrice au milieu de tout. Après ses mésaventures des journées précédentes, et des précédentes, et des précédentes, ça n'aurait pas été plus bizarre que ça. Il se fatiguait beaucoup pour pas grand chose.
Les marques sur ses poignets se soignaient lentement mais sûrement. Il n'avait même pas pris la peine de les bander ; il était toujours couvert de coupures et de bleus, de toute façon. Son corps ne le laissait jamais faire ce qu'il voulait. Jamais.

« Comme –on en reste là et si tu me fais un bisou, je jure de pas recommencer. Avant que tu transformes en Mégazord anti-nutella. »

Intrigué, Cyril pencha sa tête sur le côté ; ses cheveux, en désordre, glissèrent contre ses clavicules. Un bisou contre la promesse de ne pas recommencer ? Eh ! Lui, il voulait le pot ! Le laisser entre les mains de ce sûrement multi-récidiviste aurait été trop dangereux. Mains posées sur l'arme du crime, tentant un bref instant et sans grande conviction de trouver une prise convenable pour lui tirer des mains avec ce qui lui restait de force dans les bras, il finit par abandonner. Ses joues gonflées ne trahirent que trop bien l'état de frustration dans lequel le dilemme qu'on venait de lui poser l'avait plongé ; bisou ou pas bisou ? D'ailleurs il y avait mille définitions à ce terme, et il n'était pas très sûr de ce que son ami entendait par là – principalement parce que c'était son ami, justement. Lui qui était si libre sur tout avait tendance à voir des invitations partout. Voyez-vous.
Pas qu'il ait franchement tort dans certains cas, mais...

« T'es sûr que c'est pas un piège ? C'est peuuu cher payé pour avoir la paix pour toujours et à jamais, Monsieur. »

Il fronça les sourcils, lèvres pincées, étudiant la proposition encore une fois. Puis, du dos de la main, il étala le nutella qui couvrait sa joue jusque sur ses lèvres en une longue traînée brunâtre ; se pencha et, le temps nécessaire pour laisser une jolie marque, posa ses lèvres juste au coin de celles d'Hadriel. Ni la joue ni autre chose ; voilà. Ça lui plaisait bien comme ça.
Non, pas sur les lèvres... Comme disait la chanson. Pas touche à son cœur, pitié.

Un grand sourire au visage, il redressa le dos.

« Voilà ~ Tu es marqué officiellement par... Ben, par moi, poursuivit-il, un peu confus. C'est dégeulasse putain. Va falloir laver tout ça. C'est ta faute, tu devrais faire la lessive toi-même – et tu crois que vaut mieux que je m'essuie sur les draps ou sur mon débardeur ? »

Question existentielle à se poser avant de se relever et de retourner rouler de douleur sur son lit. Il était plutôt bien installé, là, en fait.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeMer 4 Jan 2017 - 3:02

Hadriel sut immédiatement qu’il allait regretter ces quelques mots, jetés au hasard des convulsions hectiques de son cerveau -pauvre matière grise rendue d’un rose criard par la vue de Cyril, perché des kilomètres plus haut -ou alors pas si haut, vraiment ; il aurait mieux valu qu’il le fût. Il hésita à ouvrir le pot de Nutella pour s’en tartiner les yeux, aveuglé pour toujours par l’arme de son crime ridicule. Où avait-il donc la tête ? Juste à côté de celle de Cyril, chantonna une voix nasillarde à l’arrière de sa tête. Il tenta de la faire taire d’une pichenette mentale mais, en sus d’être nasillarde, cette ignoble petite voix était une irréductible insolente. Il aurait imaginé la voix de Cupidon fort différente -plus grave, plus belle. Celle-ci tenait plus du Gemini qu’autre chose, bien que son nez n’ait rien eu d’un Pinocchio. Il fallait certes s’accommoder de ce qui nous était donné -ça il le savait ; mais savoir, ce n’était pas faire et –
Oh,
Vraiment,
Il aurait dû la fermer.

Le seul piège qu’il était capable de tendre, c’était à son propre cœur essoufflé de battre trop vite pour un malheureux sourire. Mortel, d’ailleurs. Ses dents à lui avaient la teinte jaunâtre des grands cirrhosés, de la nicotine à outrance et d’un brossage que sa dentiste de mère aurait qualifié de superficiel dans ses bons jours, bactériogène dans ses mauvais et d’indigne dans les moins bons. Il s’était parfois demandé si elle ne le voyait que comme un tas de tartre ambulant ; si elle se sentait coupable de leur mauvaise implantation, ou si elle blâmait toujours Kathy du mauvais coup de poing qu’il lui avait mis au collège. Alors que, vraiment, elles avaient toujours été un peu dégueulasses. Ça faisait partie de sa figure et de son charme si particulier.
Ou alors, on lui avait menti. C’était joli, au Japon -les dents de traviole. Une fois de plus, ce n’était qu’une question de point de vue. Les mono-sourcils avaient eu un certain succès à l’époque romaine, et de bonnes poignées d’amour avaient témoigné de-

« … faire la lessive toi-même – et tu crois que vaut mieux que je m'essuie sur les draps ou sur mon débardeur ? »

La première question que se posa le gamin fut de savoir si, oui ou non, on pouvait tomber en hypothermie suite à un choc nerveux. La seconde fut de savoir si, oui ou non, on pouvait entendre un cœur battre à travers un sac de chair pétrifié et un t-shirt. La troisième fut de déterminer si, le cas échéant, un pull polaire aurait changé la donne. Quoiqu’il avait déjà très chaud, d’un seul coup -vraiment, un pull de plus et c’était la crise d’apoplexie -c’était un bisou, enfin, il avait connu pire.
Pas de quoi en faire toute une histoire.
Infichu d’articuler un son qui n’aurait pas oscillé entre le croassement d’une grenouille et le cri de la baleine, Delahaye opta pour un hochement de tête convaincu. Pas exactement sûr de ce avec quoi il était d’accord mais certain de son total engagement pour sa cause. Oublié, le pot de pâte à la noisette. Une armée d’écureuils énervés n’aurait qu’à passer le prendre. Zappées, ses qualités de Jeanne d’Arc. Il aurait bien aimé que la Voix de Dieu lui souffle la bonne réponse, à lui aussi. Quitte à finir brûlé par les Anglois, sauce barbecue.

« Oui, reprit-il pour appuyer ses paroles. La lessive. Tu savais qu’on avait utilisé la lessive pour donner des informations à des espions pendant la guerre ? Ils accrochaient des vêtements à sécher et, selon le… »

Il secoua la tête. Pourquoi parlait-il de lessive, déjà ?

« Enfin, il fallait les laver… Les astronautes, eux, ils les jettent dehors mais je crois pas qu’ils aient de draps dans l’espace, alors, euh, les t-shirt… »

Il aurait dû la fermer. Mais son cerveau avait grand besoin de s’occuper.
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Le hochement de tête d'Hadriel ne l'aidant en rien, Cyril lui décocha son regard spécial "tu viens de me dire oui mais c'était une question ouverte, alors dépêche toi d'argumenter si tu veux pas que je te remette la tête à l'endroit en deux-deux". Un classique.
Il détestait ne pas se sentir écouté.
Alors peut-être qu'il se contentait en réalité de plisser les paupières et de pincer les lèvres, oui, mais il ne s'inquiéta pas un seul instant de savoir si oui ou non le message passerait ; ses amis avaient tout intérêt à se fournir le décodeur qui allait avec, lorsqu'ils décidaient de se coltiner son humble personne plus de cinq minutes. Les non-dits étaient inclus dans le forfait.
Il n'était convaincu ni de l'intérêt ni des bienfaits de sa présence, mais peu importe. Ce n'était pas à lui de décider.
L'autre espèce de grand terroriste du Nutella était venu le chercher de lui-même, hein. Il n'aurait pas poussé le bouchon de l'estime de soi jusqu'à se demander si on ne l'y avait pas forcé — d'autant que ç'aurait été un terrible manque de respect au libre-arbitre et à l'honnêteté de ce pauvre garçon.

Il n'avait vraiment pas l'air d'un dangereux comploteur en voulant à sa vie, là.

« Oui. La lessive. Tu savais qu’on avait utilisé la lessive pour donner des informations à des espions pendant la guerre ? »

Cette fois, ce fut à lui de faire non de la tête. S'il avait su, alors il avait oublié. Il fallait dire que les informations avaient tendance à prendre son cerveau pour un hôtel plus qu'une maison ; elles rentraient, faisaient leurs affaires, ressortaient sans dire au-revoir. Il ne cherchait pas à les retenir plus que ça non plus.
Subjugué par les connaissances d'Hadriel en matière de lessive et d'astronautes, Cyril frotta machinalement un avant-bras contre ses lèvres. La pâte encore trop gluante lui glissa sur la peau sans s'enlever vraiment ; il pouvait encore sentir l'épaisse couche de chocolat sur ses lèvres lorsqu'il y passa la langue, tout sauf satisfait du goût que le sucre venait laisser contre son palais délicat.
Si son futur petit-déjeuner finissait gâché par tout ce cacao baigné d'huile, le grand dindon de service passerait un sale quart d'heure — parole de Cyril. La punition n'était pas arrêtée, mais il trouverait bien quelque chose ; et s'il venait à manquer d'imagination, il trouverait bien quelqu'un de plus sadique que lui pour inventer une horreur quelconque. Les sales gamins ne manquaient pas, dans ce pensionnat.
Tout l'art de la chose se trouverait dans le dosage, ensuite. Embêter Hadriel pouvait être marrant, pour sûr ; lui faire du mal, non. Aucune envie. Non merci. Pas cool.

C'était un mec gentil.

« Finis. Tes. Phrases, asséna le rouquin, pas moins sérieux qu'un sénateur, la classe en moins, en frappant un poing symbolique contre le torse du coupable en guise de ponctuation. Je sais même plus ce que j'ai demandé, avec tes astronautes et tes guerres de lessive, là. »

Son poing continua de tapoter pensivement son fauteuil improvisé le temps que ses pensées se remettent en ordre.

« Ah, si — m'essuyer. On va faire ça astronaute-style, du coup, grave. Décollage dans trente secondes, m'sieur, j'espère que t'es prêt. »

Il se fichait pas mal de perdre des vêtements, hein. Son armoire ne serait jamais vide, puisqu'un petit lutin magique persistait à la remplir contre son gré — de trucs sympas, certes, mais son sens du style impeccable n'excusait en rien son attitude déplorable. Il n'aimait pas trop qu'on matérialise ses fringues sans son consentement.
Redressé vaille que vaille sur ses deux jambes, Cyril ne prit pas le temps de tendre une main secourable et pleine de Nutella à Hadriel. Il l'enjamba, en revanche, histoire de lui laisser récupérer un minimum d'espace vital, avant de tirer sur l'arrière de son débardeur pour le glisser par-dessus sa tête et ses épaules. Soyons fous.
Le tissu fit un bel effort pour lui débarbouiller la figure, mais ça ne valait pas un grand bol d'eau et les serviettes-éponges de chez papa. La douche, il n'y échapperait pas.

Planté devant la fenêtre, il attendit d'être sûr que Nutella-Man serait en état d'assister à ce moment d'anthologie pour en tirer le battant.

« Eeeeet... VOLE ! »

Roulé en boule, son débardeur observa un décollage admirable avant d'aller s'écraser quelque part en bas.
Du grand art. Tout un spectacle.

Il aurait préféré jeter le pot de Nutella mais, comme il se le fit remarquer deux secondes plus tard, les morceaux de verre un peu partout dans le parc n'auraient pas fait plaisir à grand monde.

Ce RP n'a aucun sens :
 



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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] 150908032816966322
« Allongé, le corps est mort ; pour des milliers, c'est un homme qui dort.
A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
Voir la vie, son côté pile - oh philosophie, dis-moi des élégies.
Le bonheur, lui, me fait peur -

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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] _
MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 19 Mar 2017 - 20:15

Hadriel arrivait rarement au bout de sa pensée ; ses synapses capricieux manquaient des jonctions pour en improviser de nouvelles, tandis que sa langue peinait à suivre la course folle de son discours désarticulé. On le lui avait souvent reproché -tant et si bien qu’il s’était habitué aux yeux ronds comme des billes, aux sourcils tantôt froncés, tantôt arqués dans une moue désemparée. Il était rompu aux sourires d’excuses et aux haussements d’épaules. Il avait appris à faire de son mieux pour exécuter une parfaite marche arrière et revenir au fil rouge de la conversation. Un travail aussi titanesque qu’ennuyeux à la discipline trop stricte, certes -mais aussi un travail nécessaire pour des esprits moins prompts à de brusques envolées. L’échalas se forçait à appliquer ce principe avec la même rigueur auprès de Cyril.

Mais ses lèvres étaient étirées dans une grimace qui n’avait rien à envier aux tristes victimes de la rue Morgue, passablement effrayé. Et son visage figé dans l’expression affolée d’un pigeon trop gros pour s’envoler à tire-d’aile alors qu’un énorme 4X4 allait le réduire en chair à pâtée. Pas plus intelligent, d’ailleurs. Ses histoires de lessive lui étaient déjà sorties de la tête, supernovas à l’éclat aussi bref qu’intense. Il lui avait pourtant semblé tout à fait nécessaire et approprié de soulever la question -mais de là à se souvenir de quelle question il s’agissait, c’était une autre paire de manches. Il espéra que Cyril n’était pas fâché -il n’avait pas l’air -mais c’était toujours possible, après tout -qui était-il pour prétendre comprendre les autres -surtout cet autre-là, qui était tout de même sacrément compliqué -à moins que ce ne fût lui, rendu idiot par la proximité et le sourire qui -ou alors, c’était parce qu’il lui tapait dessus -mais les coups n’avaient pas la violence du ressentiment, et son cœur frappait sa poitrine plus fort que les poings de Cyril, alors il ne devait pas être fâché -pas tant que ça -et l’odeur de Nutella, enivrante, qui le prenait au nez -et la lessive, bon sang, qu’avait-il dit, déjà, à propos de la lessive ?
Il avait encore perdu le fil.

« Ah, si — m'essuyer. On va faire ça astronaute-style, du coup, grave. Décollage dans trente secondes, m'sieur, j'espère que t'es prêt. »

Hadriel n’était pas prêt. L’était-on jamais vraiment ? Delahaye improvisait toujours -et l’improvisation vous prenait de court, sans avoir à se demander si, oui ou non, on avait besoin ou envie de le faire. Il eut néanmoins le temps de se demander ce que son vis-à-vis voulait dire, puis de savourer le soulagement qui envahit ses veines et remonta jusqu’à son cœur essoufflé lorsque Cyril se releva. Le temps de se faire une remarque stupide dont il ne verrait jamais le bout avant de frôler la crise de tétanie.

Si ses yeux étaient d’ordinaire assez globuleux, ils atteignirent un tout nouveau palier à cet instant. Le poète raté suivit l’ellipse formée par le T-shirt couvert de chocolat jusqu’à ce qu’il se dérobe à sa vue. Merde, alors. Il fixa la fenêtre quelques secondes, bouche bée. Puis Cyril, rien qu’une seule, avant de détourner le regard vers -vers n’importe où qui ne fut pas lui, très honnêtement, il se fichait comme de son premier brocoli de ce qu’il regardait. Sa gorge était nouée et son visage, infâme sycophante, oscillait entre un traître incarnat et une pâleur de fantôme.

« Il s’est écrasé, énonça-t-il du ton monocorde des faits établis -il s’était écrasé, et on pouvait difficilement discuter cette évidence ; c’était rassurant. Comme Icare. Mais Icare… Il, euh, avait… Des ailes, et… Enfin non, mais avec de la cire, tu sais, aha, et tiens, c’est… Euh, comme le Nutella, je… Sauf si tu prends Pausanias, il disait que c’était de vols, euh, non, des voiles, et… »

Pour quelqu’un de son éloquence, Hadriel donnait une bien piètre performance, loin de rendre justice à Dédale et son fils. Il recula sur les fesses, se hissa sur ses longues jambes et se prit le pied dans sa propre cheville. Il se rattrapa in extremis au mur, auquel il s’adossa par mesure de prudence. Ses pieds aussi n’étaient que de sales félons : il garda donc les yeux rivés sur les traîtres, de peur qu’ils ne le renvoient embrasser le sol à la première occasion.
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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty0 / 1000 / 100« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 4 Juin 2017 - 16:50

Un courant d'air froid fit grimper quelques frissons le long de ses bras, de sa nuque, de sa colonne, profitant de le trouver à moitié déshabillé pour lui rappeler que le temps n'était pas au beau fixe de l'autre côté de la fenêtre ouverte. Pas grave. Peu importe. Il pouvait bien supporter un petit vent frais dans la figure, hein ; d'autant que le soleil était au rendez-vous, ce matin-là, sans nuages ni grisaille ni averse. Le jour parfait pour jouer aux astronautes. Est-ce qu'il faisait beau, dans la machinsphère, tout là-haut ?
Une main en visière, le garçon resta un instant de plus à contempler le ciel bleu et le soleil levant avant de se tourner vers Hadriel et son air d'abruti heureux pas-si-heureux-que-ça. C'était fou, quand même, comme ce type avait le don de lui donner l'impression d'avoir fait quelque chose de dramatique ou de vraiment étrange — il n'avait rien dit ou fait qui mérite une tête pareille, si ? Son ami regardait ailleurs, et pas son humble personne, alors il ne pouvait pas exactement affirmer être à l'origine des terribles troubles intérieurs de Sir Nutella ; mais quand même. Difficile de ne pas y penser. Après, le connaissant, peut-être que le plancher l'avait offensé. Peut-être que son cerveau venait de faire un détour dans un de ces pays imaginaires où il avait souvent l'air de se perdre, parti visiter deux trois trucs très précis mais revenu avec des souvenirs de n'importe où et aucune idée de ce qu'il était parti y faire au départ. Spécialité Hadriel, ça.
Mais comme il aimait bien l'entendre dire n'importe quoi et apprendre des trucs inutiles, il ne disait rien. C'était marrant.

Et comme apparemment il avait regardé son exploit astronautique du jour, en témoigne sa remarque d'une justesse extrême, Cyril jugea qu'il n'avait rien à lui reprocher de plus que cette foutue histoire de Nutella. Ca ne le pardonnait pas, hein, mais il valait toujours mieux éviter les circonstances aggravantes associés à d'autres crimes terribles commis au même moment au même endroit sur la même victime — à savoir lui.

« Si je me fiche des draps sur le dos et que je les colle avec du Nutella, commenta Cyril, rebondissant au hasard de ce qu'il avait saisit du discours décousu de l'autre poète incompris, tu peux être sûr que je m'écrase en bas, genre, ouch. Super cool et lyrique, par contre. Ce serait quand même plus sexy qu'un costume de Batman. »

Il n'avait jamais trop compris pourquoi l'idée de mourir de manière spéciale et symbolique lui plaisait autant. Céline avait dû l'influencer, avec ses roses et ses tocs et ses manies bizarres.
Comme si, hein. A bien y réfléchir, des deux, il avait peut-être toujours été le plus bizarre.

Yeux posés sur son ami, qui ne tenait pas plus debout qu'un épouvantail abandonné aux tempêtes et aux oiseaux, sans tige pour le maintenir debout, il appuya une main songeuse sur le battant et referma la fenêtre d'un coup sec.

« Tu fais bien de les surveiller, tiens. Tu fais gaffe à tes pieds, je fais gaffe à mes mains, comme ça on est raccord. »

Qu'il ait l'air de raconter n'importe quoi ne lui passa même pas par la tête, tant pour lui ça avait de sens. On lui avait trop souvent écrasé les doigts.

En attendant, il n'était pas plus avancé dans son histoire de Nutella. Son visage était encore couvert de pâte, sans parler de sa main, de son poignet et de son bras ; il se fichait pas mal d'être sale, mais sentir le chocolat et la noisette, c'était une autre histoire.
Se promener torse-nu, par contre, ça ne le gênait absolument pas.

« Faut que je me laaaave, geignit-il, la mine défaite, en adressant une moue boudeuse à la cause de cette terrible obligation. Toi, tu restes là. J'ai pas encore décidé ce que je ferais de toi et du Nutella des Enfers, là, alors tu bouges pas. Capiche ? »

Un doigt impérieux et terrifiant pointé dans sa direction vint appuyer ses propos tandis qu'il reculait lentement (et sans se prendre dans les pieds dans quoi que ce soit, par quelque miracle divin) vers la salle de bain. Il allait juste s'asperger de l'eau sur la figure façon Rambo pressé, de toute façon, pas prendre un bain de dix ans.
Hadriel survivrait. Probablement.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeSam 12 Aoû 2017 - 1:38

Des draps et du Nutella. Hadriel esquissa un sourire maladroit ; plus dégoulinant de gaucherie que Cyril de pâte à tartiner. La belle spontanéité d’Hadriel aurait pu déserter, détaler en courant, laissant derrière elle une fine couche de poudre d’escampette -mais au lieu de ça, elle s’efforçait de lui sauver la mise, encore et encore. Et encore. Et encore après ça. Peut-être qu’à placer des sorties pareilles au milieu d’une conversation déjà décousue, il ferait oublier à son ami le trouble qui venait sans cesse hanter ses traits : tordre ses lèvres, froncer ses sourcils, plisser son nez, colorer ses joues d’un incarnat qui aurait fait pâlir d’envie la plus glorieuse des tomates. Une tomate géante, mutante, boostée aux OGM. De la testostérone pour légumes.

Son activité cérébrale, en revanche, aurait sans doute fait mourir de rire jusqu’à ses plus ridicules pépins. Chacun son truc.

L’asperge sursauta lorsque Cyril ferma la fenêtre d’un coup sec. S’il y avait de la poésie à une mort pareille, c’était pas pour aujourd’hui. Delahaye adorait se donner des airs de tragédiens, et sauter à la suite d’un ange de literie sans même une pensée pour la dureté du sol, là en bas, ç’aurait été le pinacle de sa courte vie. Pas sûr qu’on lui aurait érigé de monument, ou chanté des odes épiques en son honneur -les plaisanteries au coin du feu sur l’idiot balbutiant qui été passé par-dessus le bord et sauvé la vie d’un Icare sans cire ni plumes aurait tout de même eu le mérite de le propulser dans la postérité -car il l’aurait sauvé, avec ses grandes jambes et sa silhouette dégingandée. Oui, oui. Bien sûr.

Le brun afficha une mine pétrie de perplexité -trop pour réellement s’insurger de ne pas comprendre. Lui, le Roi des Incompris, dont les voies étaient aussi embrumées qu’un fumoir et bien plus impénétrables que celles du Saint Père -il n’avait pas capté, et ça, c’était grave. Il espéra que Cyril ne lui en voudrait pas.

Ces pensées tourmentées s’égaillèrent tandis qu’il hochait la tête, louchant sur le doigt accusateur pointé vers lui. Depuis quand se tenait-il sur le banc des accusés ? Devait-il faire amende honorable ? Ce serait mieux, lui souffla une voix qui ressemblait à s’y méprendre à celle de le Raison. Tu t’excuses et tu te tires fissa avant qu’il te catalogue parmi les instables congénitaux et les causes désespérées. Hadriel la connaissait bien, et la reconnaissait pour ce qu’elle était : la Couardise déguisée, et rien de plus. Malgré ça, il crevait de l’écouter. Cyril était à côté -pour ce qu’il en savait, toujours torse nu, en train de le maudire jusqu’à une treizième génération qui ne pointerait peut-être jamais le bout de son nez -occupé à fomenter une vengeance qui pouvait impliquer… Eh bien, trancha-t-il, un tas de choses. Il s’était connu plus imaginatif, débordant de tant d’idées qu’il ne pouvait que les énumérer sans aucune logique ; cette fois, les mots lui faisaient défauts. Les concepts aussi. Il fixa ses chaussures derechef. Pas bouger, avait dit Sir Noisette. Pendant qu’il, eh bien, prenait une douche.

Ni une ni deux, Hadriel traîna sa carcasse jusqu’à la fenêtre qu’il rouvrit à la volée. Besoin d’air. Frais.

« C’est débile, lâcha-t-il à mi-voix, les yeux rivés au ciel interminable en dépit de l’horizon cruellement proche. Du Nutella ? T’as déjà été plus malin, Hadriel. Voilà ce qu’on écrira sur ta tombe : « a couvert son bien-aimé de Nutella sans aucune raison », ou alors « victime du Darwinisme social ». Ça lui en fera, des trucs à raconter, pour ton eulogie. »

Son esprit fonctionnait trop vite pour que ses synapses fatiguées prennent le temps de s’arrêter et de contempler la bizarrerie intrinsèque du capharnaüm qui lui faisait office de cerveau. Les éléments étaient là, éparpillés, hétéroclites, et personne ne semblait plus s’en étonner. Mais si chaque malheureux bout de matière grise le ramenait à la pièce d’à côté ou s’attardait sur la beauté d’un corps mouillé, alors il préférait de loin ne penser à rien du tout -le son de sa propre voix, voilà qui était plus rassurant.
C’est quand il ne pensait à rien, justement, qu’il se rendait compte qu’il pensait beaucoup trop.
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeSam 10 Fév 2018 - 18:12

Debout sous la douche, cerveau perdu en mode accéléré — comment il aurait fait s'il n'avait pas eu de jambes, comment les astronautes faisaient pour se doucher, comment tuer un Dieu grec, 1515 Marignan okay mais ça ramenait à quoi, déjà, et pourquoi les produits sans matière grasse coûtaient plus cher s'il y avait moins de trucs dedans — Cyril ne se rendit compte que trop tard qu'il avait totalement oublié une partie importante de "prendre sa douche". A savoir : des vêtements propres. Ou juste des vêtements, en tout cas. Il avait jeté son débardeur par la fenêtre et n'avait même pas de boxer sous la main.
Ça ne le frappa qu'une fois le jet d'eau coupé et toute sa tête revenue à la réalité, évidemment. Quand il fut trop tard pour ne pas avoir à choisir entre décence et je-m'en-foutisme complet. Pas que ça le dérange de sortir en tenue d'Adam, surtout que c'était Hadriel de l'autre côté, et qu'il n'avait pas l'air de quelqu'un que la nudité aurait horriblement offensé, mais Justin lui avait déjà jeté un truc à la figure pour moins que ça. Céline non, mais il sortait avec elle. Il ne sortait pas avec Hadriel, jusqu'à preuve du contraire.
Plus Justin que Céline, du coup, maugréa-t-il en se séchant à la va-vite, ne s'arrêtant devant la glace que pour vérifier qu'il avait bien viré toute trace de Nutella non-désirée. Il n'aimait pas trop les miroirs. Ou bien c'était son reflet. Peut-être les deux. Peut-être même le fait que les miroirs retournaient les reflets et ne rendaient pas la réalité tout à fait comme elle était censée l'être — mais bref.
Après de longues considérations philosophiques, Cyril noua la serviette autour de ses hanches, vérifia qu'elle tiendrait le choc et ouvrit la porte.

« Okay alors tu vas jamais me croire, mais j'avais déjà réussi à zapper que mon débardeur venait de faire un vol plané. Mon cerveau, quoi. »

En fait, ça semblait parfaitement crédible. C'était de lui qu'ils parlaient, pas de Barack Obama. Mais bon, on ne sait jamais ; peut-être qu'Hadriel avait foi en lui, contrairement à 90% de la population mondiale. Ça se pouvait.
Accroupi devant les tiroirs magiques puis debout devant sa magnifique penderie, il prit ce dont il avait besoin dans le plus parfait des hasards. Puis, après une étude minutieuse de la situation, il décida de retourner s'habiller dans la salle de bain. Pas qu'il le fasse d'habitude, ni qu'il s'inquiète de savoir que quelqu'un pouvait rentrer dans la chambre, mais ouais — tout le monde n'avait pas envie de le voir nu, tout le monde n'était pas à l'aise avec ça et Hadriel en particulier n'avait pas l'air très à l'aise depuis tout à l'heure. Pas la peine d'empirer les choses.

Une fois paré de sous-vêtements, d'un jean et d'un débardeur blanc, il ressortit de la salle de bain et en claqua la porte.

« BON. Maintenant. Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense qui pourrait me convaincre de pas te faire avaler tout le pot de Nutella à la cuiller ? »

Ce n'était pas encore à la mesure de son dégoût pour le chocolat et tout ce qui en avait l'odeur et la couleur, mais c'était un bon début. Il ne pouvait pas non plus le passer par la fenêtre ou le forcer à parler en rimes toute la journée. Sa cruauté comme sa colère avaient des limites. De toute façon, quand il était vraiment fâché, il se contentait de partir et d'ignorer l'autre ad vitam aeternam. Ou de casser des trucs. Ça dépendait.
Du regard, il aperçut Petit Prince ouvrir un œil paresseux puis le refermer. Ce traître allait se souvenir qu'il ne l'avait pas sauvé d'Hadriel quand il lui avait grimpé dessus, il en faisait le serment.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeLun 28 Jan 2019 - 20:59

Hadriel était resté batailler avec ses pensées ; les grands moulinets désespérés d'une lame en carton tenue par un bras fébrile ramaient à les tenir à distance, certes, mais l'important n'était jamais l'issue du combat. Il n'avait pas plus de chances de le remporter que de se voir soudainement pousser une paire d'antennes. Quoiqu'ici, il n'aurait juré de rien. Le gamin dégingandé aurait pu se réveiller un beau matin la peau couverte d'écailles arc-en-ciel sans autre chose que le large sourire de vainqueur de celui qui est parvenu à transcender l'humanité. C'était fichtrement cool, les écailles. Les antennes un peu moins -sa physionomie d'escargot à l'agonie et sa tendance à baver dans son sommeil le rapprochaient déjà assez des gastéropodes à coquille pour qu'il se sentît un réel désir de fignoler sa panoplie.

Il eut à peine le temps de se demander s'il aurait fini par se changer en dragon iridescent ou en carpe ventrue -léger crissement de la porte, un battement de cœur perdu dans les limbes, et la voix de Cyril qui coupait court à toute forme d'élaboration des mérites comparés des lézards à ailes et des poissons d'eau douce.
Le monde aussi bien que sa noble personne vivraient pour toujours dans l'ignorance des mots qui s'apprêtaient à sortir de sa bouche en réponse à une phrase qu'il avait à peine écoutée ; Delahaye mourut dans la seconde. Ses neurones sans cesse partis en vadrouille dans des coins inexplorés semblaient s'être brusquement rameutés pour se consulter dans un silence de cathédrale et lui asséner un grand coup du saint marteau de la Vérité : Cyril était sorti à une serviette de la tenue d'Adam. De toute évidence, les connexions en question mirent un moment à aboutir à cette brillante conclusion. Au vu du temps qu'il mit à brusquement détourner le regard, elles avaient dû écrire un putain de mémoire, avec en annexe un sacré paquet de peau et de désinvolture.

Venant du type qui se promenait dans son plus simple appareil pour des raisons dont il ne se souvenait que rarement, la vague gêne qu'il ressentit était d'un ridicule qui frisait le grotesque. Eh quoi ! Quel embarras y avait-il à tirer d'un corps nu -il se le demandait parce qu'au fond, si tout le monde était né ainsi et qu'ils étaient tous jusqu'à un certain point coulés dans le même moule quoique de subtiles différences-
Merde, interrompit une réflexion intempestive. Cyril était sorti plus qu'à moitié à poil.

S'il avait pu se pencher un peu plus sans passer par-dessus le bord, nul doute qu'il l'aurait fait.

Il inspira un grand coup, et de manière plutôt inélégante, quand la porte claqua derrière lui. Il n'osa pas se retourner -parce que merde, hein, qui lui disait qu'il n'avait pas juste rangé la serviette dans le tiroir ? C'aurait été un peu bizarre, puisqu'elle devait être mouillée, mais s'il n'y avait pas de bac pour le linge propre et humide, il pouvait bien les rouler en boule dans un tiroir, et personne n'aurait été en position de le juger et-

Il se retourna malgré tout, avec une lenteur proche de la peur panique. Prêt à entamer le mouvement inverse et comme monté sur ressort.

« BON. Maintenant. Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense qui pourrait me convaincre de pas te faire avaler tout le pot de Nutella à la cuiller ? »

La bouche d'Hadriel se tordit en une grimace peu inspirée. Avaler le pot de Nutella à la cuiller, il l'avait déjà fait. Dans le dos de sa mère, bien entendu, et pas du vrai Nutella. Elle aurait piqué une crise au moindre signe d'huile de palme dans la maison. Le sucre était rationné. Le sel était quasi-proscrit. Elle aurait pris un pot de l'infâme pâte à tartiner comme une offense personnelle et, avec les cris d'orfraie qu'elle poussait régulièrement en entendant le récit palpitant des goûters des amis de son fils, elle aurait sûrement eu raison. Tout de même, songea-t-il, ça ne ressemblait pas tellement à de la torture.

Rapport à la tournure de la phrase, peut-être ; Hadriel se sentit contraint à chercher une réponse fissa. Et une bonne, tant qu'à faire. En d'autres circonstances, il aurait pu invoquer quelque droit d'asile, quelque psaumes sur le pardon récités avec plus de conviction qu'un croisé, il ne savait quel slogan publicitaire ventant l'énergie qu'un peu de cette ambroisie divine vous collait pour la journée. Pas là.

Ses neurones, constant qu'il n'y avait plus rien à voir, étaient repartis battre une campagne qui ne leur avait strictement rien fait.

« Euh, entama-t-il, laissant la syllabe s'étirer dans une grandiose démonstration d'éloquence qui en aurait remontré à Cicéron. Je suis... Habillé ? »

Le grand crétin demeura interdit une poignée de secondes. Tu es habillé, oui. C'est très bien. Très pertinent. Qu'est-ce que tu voulais dire, déjà ?

« Ah, euh. Sympa, se reprit-il avec un froncement de sourcils suivi d'un sourire -il n'arrivait décidément pas à les départager. Je suis sympa, c'était une cure par l'exposition. Ça marche des fois. Pour les insectes, par exemple. »

Voilà. Bien mieux. Les insectes, c'était cool.
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« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty0 / 1000 / 100« A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Empty

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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeMer 20 Fév 2019 - 19:40

« Je suis... Habillé ? »

Hadriel resta interdit, Cyril resta interdit, les petits oiseaux s'arrêtèrent de chanter et le pensionnat tout entier décida de faire une petite pause le temps que les neurones de tout le monde se remettent en marche.
Habillé. Okay.
Oui, ben — oui ? Et quoi ? Être habillé le dédouanait d'approximativement rien du tout, décida Cyril, l'air plus confus que jamais. C'était lui, d'habitude, qui oubliait de raconter la moitié de l'histoire et se retrouvait avec un interlocuteur complètement paumé. Ça ne voulait pas dire qu'il comprenait mieux quand on lui faisait le coup.
En tout cas, s'il croyait que ses vêtements allaient l'empêcher de se venger, il se mettait le doigt dans l’œil jusqu'au tibia. Ses cures d'exposition aussi, d'ailleurs, il pouvait se les ranger dans le tibia ou le péroné ou le rein ou n'importe quelle poche de ses vêtements. Il avait violé le sanctuaire sacré de sa chambre (régulièrement violé par ses colocataires, mais bon — ils avaient une excuse, eux, au moins), l'avait tartiné de Nutella, et il ne se sentait pas du tout plus en phase qu'avant avec le chocolat.

Morale de l'histoire : Hadriel n'était pas sorti d'affaire. Loin de là. Justice serait rendue, il en faisait le serment.

« Bah tiens ouais, c'est ça, répondit-il, essayant d'avoir l'air aussi menaçant et sceptique que possible. T'as carrément dit que tu savais même pas pourquoi t'avais fait ça. Enfin je crois. Enfin bref — t'as aucune excuse, t'es juste un terroriste et on négocie pas avec les terroristes, par chez nous. On les fout en taule. »

Un bref moment de réflexion lui apprit que malheureusement, il ne devait pas y avoir de prison ici. Ou peut-être à la cave. Il n'y était allé qu'une ou deux fois, dont une complètement saoul ou défoncé ou les deux ; alors à part être persuadé que les murs parlaient et qu'il y avait rencontré un type chelou prénommé Bob ou Bernard, il aurait été incapable de dire ce qu'on pouvait trouver là-bas. Comme de toute façon enfermer Hadriel dans la cave aurait été beaucoup trop violent, il ne s'y attarda pas.

« Je pourrai me venger en te faisant une cure d'exposition machin chose, mais je sais pas trop de quoi, encore. Va falloir que je réfléchisse. T'as peur de quoi, toi ? A part des gens habillés. Ou déshabillés. »

Phobie très sérieuse, hein. Il n'aurait pas osé se moquer. Les gens nus et les vêtements, ça pouvait faire très peur. L'exposition aurait été facile, en plus. Lui faire enfiler trois pulls ou virer le sien n'avait rien de très compliqué. Ça aurait même pu être marrant.
Fatigué de tout cet exercice (il s'était douché, ça devait compter), il retourna s'assoir avec l'élégance d'un cadavre sur son lit défait. Il ne se souvenait pas l'avoir fait lui-même une seule fois de tout son séjour, tiens. Les rares fois où il avait été rangé, ça devait être qu'un de ses colocataires n'en pouvait plus. Ça ou la domestique fantôme du coin se promenait et les prenait en pitié de temps en temps. Ça lui était un petit peu égal, pour être honnête.
Pris d'un soudain éclair de génie, il claqua des doigts. Ou essaya, du moins. Ça ne fit pas beaucoup de bruit, avec sa peau humide, mais l'idée était là.

« Tu voulais juste me grimper dessus pendant que je dormais, en fait. Avoue. »

Parfaitement crédible. Lui aussi se cherchait souvent des excuses pour sauter dans le lit des gens sans avoir l'air du pire des prédateurs sexuels. Ses longues et très intenses recherches lui avaient entre autre appris que Justin le virerait en grognant quelle que soit l'excuse et que le reste du monde aurait soit hurlé, soit s'en serait fichu. Pas de demi-mesures. Soit c'était okay, soit ça ne l'était pas.
Le Nutella n'avait jamais dû sauver personne, sur ce coup-là. Si tant est que le Nutella ait sauvé qui que ce soit un jour. Pas certain.
Et pourquoi Hadriel aurait voulu lui grimper dessus ? Aucune idée. Ce serait bien le premier. Ou le deuxième. Ou le troisième. Enfin, bref — le premier des gens normaux, à supposer qu'il le soit.

Là encore, pas certain.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 3 Mar 2019 - 22:30

Hadriel se retrancha derrière une mine vaguement inquiète à la mention d'une quelconque prison. Les vieux murs recelaient leur lot de secrets et, entourée de salons anciens, de forêts sinistres et de temples inconnus, l'image de cachots humides tapissés de poussière d'os ne déparait pas assez pour qu'il se sentît complètement serein. Presque certain d'avoir exploré de fond en combles le bâtiment et ses environs, Delahaye ne parvenait pourtant pas à chasser de son esprit des couloirs mouvants, des portes dérobées , des mécanismes ancestraux derrière une nature morte un peu kitsch. De toutes les infractions qu'il pensait avoir commises, une attaque au Nutella lui semblait plutôt inoffensive, mais allez savoir. Un bref coup d’œil de pied en cap à son juge improvisé ne le renseigna pas plus que ça sur ses chances de s'en tirer par une fuite à l'anglaise. Grand et maladroit, Hadriel n'avait jamais été un champion en sprint. Regard à la dérobée vers la porte ; s'il devait tenter quelque chose, c'était maintenant ou jamais.

A cet instant donc, ce qui le terrorisait au plus haut point étaient les cellules de torture médiévales et les barreaux sur des fenêtres inatteignables. Chacun son truc. Ses peurs profondes changeaient au rythme erratique de ses pensées, aiguillées par les remarques et menaces ô combien crédibles à ses yeux de son interlocuteur. Il esquissa donc un sourire qui se voulait contrit mais n'était rien de plus qu'une grimace difficile à interpréter. Il décida qu'on n'aurait pas pu lui en vouloir : passer d'un gavage au Nutella à un torse nu pour finir sur des terroristes et des prisons aurait eu de quoi déstabiliser les plus illustres stoïciens. A tout le moins le pensait-il ; c'était quand même flippant.

Cyril décida de s'asseoir, sursoyant de toute évidence sa punition. Tant mieux. Hadriel se détendit sans pour autant l'imiter. Il était très bien debout, à danser d'un pied sur l'autre comme un petit automate trop remonté. Ou les aiguilles d'une horloge. Les rouages minuscules, les mécanismes infinitésimaux qui régissaient leur mouvement perpétuel étaient quand même fichtrement-

Le gamin sursauta quand Cyril claqua des doigts, en proie à une soudaine épiphanie. Qu'elle pût être pour lui l'éclair du jugement dernier ne lui traversa pas la tête avant que l'autre se fende d'une remarque profonde et spirituelle sur ses motivations inconscientes.

Lui grimper dessus.

Le cerveau d'Hadriel se remit en branle sans prévenir, avec force bafouillements ravalés. Ils auraient aggravé son cas et induit le pauvre Cyril en erreur -parce que non, il n'avait eu aucune envie de lui grimper dessus ou, en tout cas, il ne s'était pas agi là de la finalité de l'opération, mais bien seulement d'une étape intermédiaire sans conséquence aucune, il en était sûr, ou alors pratiquement, mais le doute n'étant venu qu'à la mention de ses prétendues intentions, eh bien il ne devait pas être si fondé que ça l'introspection ça le connaissait et il mettait un point d'honneur à-

« Non, finit-il par s'exclamer, priant pour que sa panique nouveau-née passe pour un élan d'outrage. C'était rien qu'une étape nécessaire à... A l'accomplissement de mon plan, voilà. Ce serait comme dire que les terroristes du onze septembre voulaient juste faire un tour d'avion. Bon, moi j'aime pas trop l'avion, mais peut-être que eux si, mais quand même, le but c'était pas ça. »

Il riva ses yeux aux draps froissés plutôt qu'à son vis-à-vis, persuadé de voir dans leurs plis quelque visage goguenard. C'était bien le moment pour les objets de se ficher ouvertement de lui.

« C'était... Un plus ? Ou un moins, c'est selon, réfléchit-il, un peu parti mais pas suffisamment pour ne pas se rendre compte que la métaphore commençait à lui échapper. Enfin c'est vraiment l'avion dont je parle hein, pas de grimper sur des gens. Mais j'aime pas ça non plus ! Enfin non mais. Tu vois l'idée, hein.  »

A moitié conscient qu'il plaidait sa cause comme un manche, il décida de la fermer une seconde ou deux, sourcils froncés. Il se décida finalement pour un haussement d'épaules, reconnaissant sa défaite et balançant ses armes figuratives au pied de son pseudo-adversaire. Au temps pour les avions et les terroristes. Il aurait peut-être dû se rabattre sur le nazisme. Ou se taire.

« Bref, ce sont de fausses accusations. Calomnies. Je suis... Un ange de pureté qui ne grimpe pas sur les gens sans raison dans leur sommeil. »
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 12 Mai 2019 - 22:20

Ahun. Ça sonnait pas très convainquant, tout ça. Super suspect. Carrément louche. Le côté "je me justifie en long en large et en travers au lieu d'aller à l'essentiel" l'était, en tout cas — non parce que le contenu, c'était autre chose. Un peu plus obscur.
Mais bon : se perdre en cours de route, c'était fréquent, avec Hadriel. Et avec lui. S'ils s'y mettaient tous les deux, du coup, même pas la peine d'espérer arriver à bon port. Pas sûr qu'il y ait encore un pilote dans l'avion. Ou un docteur. Ou qui que ce soit. Un raton laveur, à la rigueur. Il aurait peut-être pu piloter, avec ses petites mains pleines de poils, là. C'était loin d'être con, un raton laveur.
En tout cas c'était plutôt audacieux, comme choix, de ramener tout ça au onze septembre. Il n'aurait pas osé. Ou pas devant témoins, quoi. Les cruelles épreuves de la vie lui avaient appris que déballer des théories du complot sans reprendre sa respiration une seule fois ni mettre la moindre virgule avait vite fait de saouler ses interlocuteurs, quand ça ne les offensait pas carrément. Un petit air de camé, peut-être. Heureusement qu'Hadriel n'était pas mieux : s'ils en arrivaient là, il ne pourrait rien lui dire du tout (à part de se taire, à la rigueur). Puis il n'aimait pas l'avion non plus. Ils en avaient, des points communs, wow. Ce serait bien le moment de lui demander s'il avait peur de se faire casser les phalanges par des talons hauts, lui aussi. On ne sait jamais.

« Tu vois l'idée, hein. »

Sourire aux lèvres, Cyril resta le regarder ne pas le regarder. Il ne voyait mais alors pas du tout. Il fut presque déçu de l'entendre se taire, par contre — il aimait bien le regarder parler ; il bougeait beaucoup le visage et les mains, c'était marrant — et ne fut donc que totalement ravi de le voir reprendre. Même si c'était pour dire des conneries pas possible. On fait avec ce qu'on a, hein. Le pauvre Hadriel avait dû être gravement perturbé par le décollage d'astronaute de son débardeur sale, parce qu'il faisait encore moins sens que d'habitude. Pas que ce soit un défaut, mais il aurait bien aimé comprendre. C'était toujours cool, de comprendre.
Quelque chose lui disait que ce brave garçon n'était déjà pas tout à fait dans son assiette quand il avait décidé de lui étaler du Nutella dessus, mais il voulait bien lui laisser le bénéfice du doute. Pas sur le côté angélique, par contre. Fallait quand même pas abuser.

« Ah mais j'ai pas dit que t'avais pas de raisons de vouloir me grimper dessus, répondit-il, coudes sur les genoux, penché en avant pour mieux oublier qu'avoir le dos droit lui faisait un mal de chien — et la faute à qui, hein. Mais t'étais grave pas obligé de le faire pour me foutre ton horreur dessus. Donc t'avais envie de le faire. »

Et aucune idée d'où il comptait aller avec ça, mais. Voilà.

« 'fin de toute façon je m'en fous, reprit-il — et histoire de marquer le coup, il lui jeta un oreiller dessus (sans trop de conviction, mais il pourrait toujours blâmer l'heure pour ça). Tu m'as tartiné, c'est grave. Et les anges c'est dégueulasse. Y'en a qu'ont des yeux de partout. T'as deux yeux, toi, c'est déjà pas mal hein. Ils sont sympas. »

Pas le meilleur moment pour lui faire des compliments, d'accord, mais quand ça venait ça venait. Il ne le détestait pas vraiment, de toute façon. Hadriel était plutôt cool.
Juste, pas quand il lui étalait de la noisette dessus.

« Heeeer mais c'était moi, l'avion, dans l'histoire ! s'exclama-t-il d'un coup, très inspiré. Cool. T'aimes pas ça, donc je peux te faire une cure par expositruc. Bam. »

Il se retint de lui demander s'il voulait faire un tour. Au cas où ça aurait risqué de le tuer.
Il n'était pas complètement stupide non plus.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeJeu 16 Mai 2019 - 16:37

Hadriel ajouta à sa moue contemplative un froncement de sourcils fort à-propos. Quitte à s'abîmer dans les affres de réflexions qu'il n'avait aucune envie d'avoir, autant revêtir sa plus belle armure de perplexité. Certes, souffla la voix de la raison à l'arrière de son crâne. Il n'avait pas été techniquement contraint de lui grimper dessus. Se pencher sur le côté du lit aurait tout aussi bien fait l'affaire -et pourquoi pas s'armer d'une gigantesque spatule et commettre son larcin depuis l'entrée, ou aligner des noisettes pour invoquer le démon de l'huile de Palme et rire sous cape depuis sa couette -parce que si l'idée pouvait paraître saugrenue, retourner un crucifix et dessiner des étoiles renversées pour passer le bonjour à Lucifer n'avait rien de très rationnel non plus -et Dieu savait pourtant qu'il se passait parfois des choses bizarres -et, et.

Et il n'avait pas été obligé de lui grimper dessus, raccrocha la même voix lassée, implacable, toujours prête à rafistoler la logique d'un joli fil doré. Et à couper celui de ses pensées d'un grand coup de ciseaux vengeur. Ses dernières élucubrations vagabondes au sujet d'un probable démon des noisettes s'éparpillèrent lorsqu'un oreiller vint lâchement s'écraser sur lui. Il se le prit en pleine figure et lorgna la chose d'un œil outragé, comme si l'esprit de ces pauvres oiseaux qu'on avait déplumés pour le remplir avait pu magiquement le faire traverser la pièce. C'était pas sa faute ; Delahaye avait constamment l'air étonné. Alors qu'il ne l'était que la moitié du temps.

Il se baissa pour ramasser l'arme du crime, qu'il serra un moment contre lui -un maigre bouclier contre les armées d'angelots flippants à trois têtes que Cyril avait gentiment rappelées à sa mémoire, mais un bouclier quand même. La Bible regorgeait de trucs plus ou moins effrayants que les croyants d'aujourd'hui préféraient occulter. Lui préférait les Romains ; ils étaient un peu bizarres, mais ils avaient au moins la bonté de ne pas lui filer de cauchemars pour cinq cent ans. D'ailleurs, si les anges avaient plus d'yeux qu'une araignée mythologique, peut-être valait-il mieux rôtir en enfer. Pas que les démons à la langue fourchue fussent des masses plus sympas, cela dit. Hadriel en déduit donc que si on le lui demandait, il déclarerait qu'il préférait rester en vie. Son interlocuteur ne semblait pas être du même avis, et farouchement décidé à l'envoyer six pieds sous terre. Se taper de l’arythmie parce qu'on lui disait qu'il avait des yeux sympas -même pas jolis, pas un doux lac dans lequel perdre pieds -bon, un lac sacrément boueux, ça ne devait pas aider à l'inspiration -sympa c'était sympa, plutôt cool, surtout s'il venait réellement de comparer Cyril à un avion -il l'avait comparé à un avion ?

Un peu perdu, il décida de riposter en retard et de rejeter l'infâme oreiller sur son vis-à-vis. Manqua sa cible, et même le lit. Voilà qui ajoutait à la légende de sa tension de caillou et sa précision de taupe.

« J'aime bien les avions, répondit-il, désireux de corriger la méprise. Juste pas voler dedans. T'as vu les statistiques en cas de crash ? Si tout était ouvert au lieu d'avoir juste des petits hublots, ça vaudrait le coup, on verrait les... »

Il fronça les sourcils, repoussant l'idée de Cyril l'avion un peu plus loin dans son crâne. Non parce que si c'était un avion avec un fuselage transparent, forcément, ça-

« … Les oiseaux ? Les nuages, se reprit-il très vite avant de tomber sur une autre métaphore douteuse. Rah. »

Le gamin se laissa tomber au pied du lit, la tête reposée sur le matelas, et étala ses jambes trop grandes devant lui. Il en profita pour jeter un œil à Cyril, puis au plafond lorsqu'il se rendit compte qu'il était tout aussi merveilleux en contre-plongée, avant de revenir au jeune homme.

« J'avoue tout et j'accepte mon châtiment. Je suis un être vil et dépourvu de la moindre conscience, je brûlerai dans les Enfers loin des petits anges flippants avec plein d'yeux. Ou alors Ammout dévorera mon cœur. Je signe pour la cure d'exposition. Si ça me tue, tu l'auras sur la conscience par contre. Et du coup Ammout dévorera ton cœur aussi. »
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeMar 18 Juin 2019 - 17:46

Moui, bon. Si c'était toujours lui l'avion, dans l'histoire, Hadriel ne risquait trop rien à monter dedans. Ou presque. Pas de s'écraser entre deux jolis icebergs au milieu de l'Atlantique, en tout cas. Il ne garantissait rien niveau mal de mer. Ou haut-le-cœur. Il gérait moyen le décollage et ratait dix atterrissage sur dix ; au moins, on savait à quoi s'attendre en attachant sa ceinture. De grands moments plein de joie et d'aventure et d'adrénaline et il ne savait plus trop d'où il venait ni où il allait, avec ces conneries, mais voilà.
Les avions.
Mieux à regarder qu'à utiliser. Gotcha. Il valait sûrement mieux le regarder que le suivre, lui aussi.
Sa dernière copine avait brûlé vive. Quand même.
Pas sûr que ce soit de sa faute, pas sûr qu'il n'y soit pour rien du tout — et il n'aimait pas trop y penser, pour des raisons tellement claires qu'elles en retombaient dans l'ombre obscure des choses qu'il ne comprenait pas très bien. Il aurait dû aimer penser à elle. C'était bizarre, tout ça.
Pas beaucoup plus que de se demander si Ammout était bien un genre d'hippopotame égyptien en colère, pas beaucoup moins que de se rendre compte qu'il n'avait jamais dû voir Hadriel sous cet angle précis, mais bizarre quand même. Tout avait un petit côté bizarre, quand on y pensait suffisamment. Comme de répéter le mot bizarre jusqu'à ce qu'il ne ressemble plus à rien. Bizarre bizarre bizarre bizarre.

« Et si j'ai pas de conscience, hein ? T'y as pensé, à ça ? Parce que je suis pas sûr d'en avoir une. » Très important. Il fallait toujours y penser. « Nan puis si Mammouth dévore mon cœur au pire je suis mort, voilà. On s'en fout. »

Absolument tout sauf certain d'avoir fait sens, incapable de se rappeler ce qu'il avait dit exactement, il décida de passer à autre chose. La mort c'était bien mignon, mais ça avait tendance à sacrément déprimer les mères de famille. Hadriel ne ressemblait peut-être pas à une maman ou à qui que ce soit de sa famille, proche ou éloignée, mais quand même. Il ne méritait pas de se taper un monologue sur l'inutilité de son existence. Et de la sienne aussi, en passant.
Cyril aimait assez l'idée de pouvoir passer toute sa vie à être inutile avec quelqu'un (ou d'être inutile à quelqu'un, qui l'aimerait quand même). Il trouvait ça poétique. Il savait aussi que c'était un point de vue très complexe qu'il ne pouvait pas partager avec le premier venu, faute de quoi on le dévisageait en grimaçant à attendre qu'il ai fini de parler. Alors il se tut.
Ou alors c'était parce qu'il parlait trop vite et changeait de sujet trois fois par minute, qu'ils le regardaient comme ça. Hin.

« Bon ça marche comment, une cure Mammouth ? Je te colle nonstop jusqu'à ce que tu me jettes par la fenêtre façon astronaute ? Ou que tu me demandes en mariage ? Ou les deux. »

Histoire de bien commencer, il glissa sur le matelas pour se mettre tout à côté de la cible de sa future vengeance. Il se demanda quand même pourquoi l'autre ficello-spaghettio-phare-ours-brun avait décidé de s'affaler par terre, et pas à côté de lui, à l'abri des talons hauts. En conclut qu'il avait trop peur de ces bons vieux romains pour craindre le terrible courroux des escarpins en taille 36 et, parce qu'il était un dieu généreux, glissa finalement par terre pour se mettre à son niveau.
Le monde lui parut un peu plus grand. Il hocha la tête, songeur, et envoya son pied cogner le sien. S'il s'étalait un peu plus, peut-être que ses jambes auraient l'air plus grandes que celles de l'autre sequoia. A voir.

« C'est pas Mammouth, hein. »

Ça sonnait pas assez égyptien. Pas assez hippopotame. Il avait dû se tromper quelque part.
Et dit sur ce ton, difficile de croire que l'erreur n'avait rien de tragique.



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A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
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Hadriel Delahaye
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeVen 9 Aoû 2019 - 18:36

Spoiler:
 

La réponse de Cyril arracha à Hadriel un « oh » aux accents décontenancés. C'était pas tout à fait faux. Sans Jiminy Cricket pour se matérialiser à la demande, difficile de savoir si oui ou non on en avait une, de conscience. Delahaye aurait bien argué qu'il y avait cette petite voix à l'arrière de son crâne, agaçante et souvent agacée, qui sans cesse le rappelait à l'ordre. Mais ç'aurait tout aussi bien pu être celle d'un dieu, ou d'une fée, ou de son propre cerveau qui se parlait à lui-même. Merde, quoi. La question risquait de l'obséder pour un moment. Jusqu'à ce qu'il en trouve une autre, à tout le moins. Peut-être aurait-il dû demander leur avis à Kant, Platon ou Rousseau. Les philosophes avaient dû sacrément gratter sur le sujet. Il ne savait plus trop. Il se fit donc une note mentale, espérant trouver quelque chose là-dessus à la bibliothèque. Ne fût-ce qu'histoire de rassurer Cyril sur la non-existence de sa conscience et des implications de la chose.

Il avait oublié la seconde suivante, trop occupé à se demander si les psychopathes égyptiens avaient vu leur cœur être dévoré ou régnaient encore à ce jour sur le monde des morts.

« Bon ça marche comment, une cure Mammouth ? Je te colle nonstop jusqu'à ce que tu me jettes par la fenêtre façon astronaute ? Ou que tu me demandes en mariage ? Ou les deux. »

Son cœur s'emballa sur les chapeaux de roues avant même qu'il eût compris ce dont il retournait. A peine s'il nota l'animal préhistorique qui s'était glissé dans la conversation avec une grâce surprenante pour un éléphant poilu. Il ne se rappelait pas de ce qui lui était passé par la tête alors qu'il avait entrepris de barbouiller son vis-à-vis de Nutella. En revanche, il était presque certain que ça n'avait pas eu grand-chose à voir avec une demande en mariage. Pas plus qu'avec une carrière d'astronaute ou d'écureuil volant improvisé mais, bizarrement, cette partie de la phrase lui passa par-dessus la tête. Ou peut-être que ce n'était pas si bizarre ; une fusée, ça volait, alors qu'un mariage, ça -bon, ça pouvait s'écraser, ou porter à de grandes envolées lyriques et vous balancer au septième ciel, certes, mais l'expression restait somme toute bien plus figurative que pour ces fichus écureuils. Sauf dans le cas précis d'une ode à l'amour impliquant des rongeurs.

Le pied de Cyril le sortit de ses pensées sans qu'il parvienne pour autant à les rassembler dans un ordre cohérent. Il ébaucha un sourire, un peu bête aux entournures. Le court-circuit était là ; à la vérité, le garçon était étonné que son cerveau n'ait pas déconnecté plus tôt. Beau travail, cervelle, nous vous serons à jamais reconnaissants de vos bons et loyaux service, vous avez sacrifié votre vie à la cause, amen. Il ne savait pas quoi dire, ni quoi faire, et l'idée que cet état pût devenir permanent si Cyril mettait ses douces menaces à exécution lui fila une peur bleue. Il songea à se lever et faire les cent pas -ou les trois qui le séparaient de la porte, pourquoi pas. Il coula un regard au battant. Ça pouvait être une idée. Retraite stratégique.

« C'est pas Mammouth, hein. »

Froncement de sourcils. Une seconde de battement. Brusque réalisation. Il aurait pu le mettre sur le compte de ses nerfs, sur le sérieux de la remarque, sur la proximité de Cyril -ça n'avait pas grande importance, dans le fond. Delahaye partit d'un rire sonore à l'élégance douteuse sans chercher à le retenir. Un mammouth égyptien mangeur de cœur, ça aurait pu faire une grande épopée.

« Ben, répondit-il entre deux éclats de rire persistants, ça se trouve pendant tout ce temps, on a juste mal compris. Et c'est vraiment Mammouth. »

Il se laissa quelques secondes supplémentaires pour se calmer et ravaler les huit anecdotes sur les hiéroglyphes qu'il brûlait de conter. Il dû se contenter d'un succès mitigé et envoya un vague coup de coude dans les côtes de Cyril.

« Je peux quand même pas t'envoyer voler par la fenêtre. Ce serait pas cool. »

Il doutait que « pas cool » fut le terme désigné pour une défenestration en bonne et due forme, mais ç'allait devoir faire l'affaire pour cette fois. Nouveau rire nerveux.

« Dis, tu savais que les hiéroglyphes c'était super complexe ? Non parce qu'en fait un dessin de bouche c'est par forcément une bouche, une vipère à cornes, ça peut être un f aussi, même si des fois ça devait vraiment juste vouloir dire vipère à cornes -et ça explique plein de choses, parce que sinon pourquoi ils auraient eu un dessin de support de jarre -je dis pas, c'était peut-être un sujet super important -mais oui, donc, le flamand rose si c'est un logogramme ça voudra juste dire rou- »

Il était reparti. Hadriel s'entendait parler de la même manière qu'il aurait observé un raz-de-marée déferlant au loin, prêt à radier son humble demeure de la carte et charrier ses os quelques galaxies plus loin : il ne pouvait strictement rien y faire. On s'en fout, jura-t-il en son for intérieur, mais on s'en fout... S'il ajoutait un mot de plus sur les déterminants et les quadrats, Cyril le tuerait et il l'aurait bien cherché.

« D'ailleurs les quadrats, c'est... »

Delahaye s'interrompit brusquement, laissa fuser un soupir frustré à souhait, se pencha, et déposa un rapide baiser sur les lèvres de Cyril. Soufflé par sa propre audace, il trouva enfin la force de la fermer. Accomplissement personnel.
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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 1 Sep 2019 - 17:15

Le rire d'Hadriel fut tellement bête et spontané qu'il vira contagieux. S'empêcher de rigoler demanda beaucoup trop d'efforts à Cyril — et il était encore fatigué, un peu, alors il ne mit pas longtemps à abandonner. Pourtant c'était super sérieux ! S'il rigolait trop de son mammouth, cet abruti, ils allaient tous les deux finir foudroyés par la colère divine égyptienne. Bam, éclair de feu. Détruits par une tornade antique. Ou ancienne. Ou bref. Un truc vieux et qui fait mal, quoi.
Qu'Hadriel pose un doute très raisonnable sur le fait que ce soit peut-être Mammouth ne le rassura qu'à moitié sur ses lacunes. Non parce que. Imaginez. Si pendant tout ce temps ils avaient mal lu les petits sigles bizarres des égyptiens, si ça se trouve, tout ce qu'ils savaient d'eux reposait sur un gros tas de mensonges. Pas de pyramides. Pas de dieux chelous à tête d'aigle et de machins qui pèsent les âmes. Pas de momies. Ils avaient pu tout mal interpréter. Comment être sûr.
Puis c'était sans compter sur l'honnêteté franchement discutable des pharaons, hein, parce que s'il avait fallu croire tout ce que les gens écrivaient sur les murs et dans des bouquins...

... Ça faisait peur pour le futur, ça. Wow.

Sentir son coude cogner ses côtes le sortit de ses réflexions. Oui, quoi ? Ah — la fenêtre, ouais. Il l'avait presque oubliée, celle-là. Il nota quand même qu'Hadriel avait rejeté le jeté d'astronaute par la fenêtre mais pas le mariage ; ou bien ça lui paraissait tellement improbable qu'il n'avait pas jugé utile de mentionner que ça non plus, ce serait pas cool. Il comprenait.
Comme quoi Cyril écoutait et se souvenait drôlement bien, pour un type qui se perdait dans ses pensées toutes les trois secondes. Ouais ouais, chut, je fais semblant de ce que je veux.

« Dis, tu savais que les hiéroglyphes c'était super complexe ? »

Ça mentait, ouais. Il avait compris ça y'a dix secondes, quand il s'était rendu compte que les pharaons pouvaient s'amuser à marquer n'importe quoi sur leurs igloos en sable XXL. Et les bouches et les vipères à corne, ben...
Aussitôt qu'il se rendit compte qu'il ne comprenait mais alors rien à ce que son ami racontait, Cyril décida de juste écouter sans forcément chercher à en faire sens. Il aimait bien qu'on l'écoute, alors il fit l'effort de faire pareil — surtout que c'était Hadriel, et qu'Hadriel finissait toujours par sortir un truc marrant à un moment ou un autre. Pas sûr que des histoires de support de jarre lui servent dans la vie, ni qu'il s'en souvienne dans dix minutes, mais ça devait avoir son importance sur le moment. Il voulait bien le croire. Il lui faisait confiance à deux cent pour cent.
Support de jarre. Jar jar. Peut-être que les aliens avaient construit les pyramides. Ou les Illuminati. Peut-être que les Illu étaient des aliens. Il savait plus trop à quelle théorie il avait adhéré en dernier. Ça changeait tout le temps.
Faudra que je lui demande. Pas là tout de suite, parce qu'il avait plein de trucs à dire sur les logogrammes et les trucs-bidules, mais après. S'il n'oubliait pas. Support de Jar Jar, se répéta-t-il entre deux hochements de tête. Facile à retenir.

« D'ailleurs les quadrats, c'est... »

Jar Jar, compléta-t-il sans hésiter. Un quadrat alien. C'était quoi un quadrat, déjà ? Merde. Il avait pas tout suivi.
Et c'était tout sauf près de lui revenir, parce que le baiser lui vida la tête d'un coup. Pire que la tornade antique. Woosh ; tout le monde dehors.
Okay, wow. Il l'avait pas vu venir, celui-là. Enfin si — mais carrément trop tard. Pas le temps d'esquiver ou d'anticiper. Son cœur hurla en logogrammes et en flamands roses, deux secondes, et il se retrouva à rire bêtement pour éviter de paniquer.

L'honnêteté lui faisait ça. La tendresse aussi.
Il avait perdu l'habitude.

« Les quadrats c'est... sexy ? T'es bête » lâcha-t-il en riant.

Parce qu'il pouvait, et parce qu'il allait sûrement bloquer et littéralement hurler en latin dans deux secondes s'il ne le faisait pas maintenant, il passa la main contre sa nuque pour lui en voler un autre. De baiser, pas de quadrats — même si les deux risquaient d'être irrémédiablement liés dans sa tête, pour le meilleur et pour le pire. Amen.
Aussitôt qu'il le lâcha, il s'appliqua à le décoiffer énergiquement. Tension tension tension. Vade retro, sentiments.

« Débile. Je voulais parler de Jar Jar mais je sais plus pourquoi, maintenant. Il est pas sexy, lui. »

Question de point de vue. Lui le trouvait carrément moche. Et chiant. Mochiant.
Un peu comme moi.
Il aurait bien demandé à Hadriel pourquoi il l'avait embrassé au juste, mais il avait peur de la réponse. Alors il se tut.

Parler d'aliens et de triangles, c'était quand même beaucoup moins terrifiant.



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MessageSujet: Re: « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8]   « A part, bien entendu, s’il s’agissait d’étaler le Nutella sur sa tartine humaine. » [CYRIL, n°8] Icon_minitimeDim 13 Oct 2019 - 14:31

Spoiler:
 

Un rire qui sonnait creux, une esquisse de hochement de tête et pas un début de pensée. Il était bête ; l'information était pas encore trop difficile à intégrer. Il était au courant -son cerveau allait trop vite et revenait au point de départ sans avoir rien retenu, quand il ne coupait pas à travers champ ou ne se téléportait pas tout bonnement ailleurs. Il parlait de quadrats. Sans être intarissable sur le sujet des hiéroglyphes, Hadriel se savait capable de disserter sur les vipères à cornes et autres tombeaux perdus pendant un bon moment -fallait croire que sa passion pour les langues mortes n'avait pas suffi à le distraire assez pour qu'il ne fasse pas sa connerie.

Delahaye se rendit compte qu'il avait oublié de respirer quand il commença à manquer d'air ; voulu se tourner vers Cyril, répondre quelque chose -à ce stade, n'importe quoi aurait fait l'affaire, parce qu'il était quasi persuadé que c'était un gros nœud de mots stupides qui lui restait coincé dans la gorge. N'en fit strictement rien, trop occupé à écouter le bruit blanc dans sa tête quand Cyril passa la main derrière sa nuque. Pas comme s'il avait risqué de mal interpréter la chose et, malgré tout, Hadriel trouva le moyen de se retrouver parfaitement surpris quand il l'embrassa. Non, parce que quand même, il aurait pu lui éclater la tête au sol, ou, ou-

Ou que dalle. Chacun de ses muscles ayant décidé de faire grève sans préavis, il se contenta de rester immobile, les yeux écarquillés, dans une imitation fort réussie d'un poisson mort. Mort, voilà : il devait être mort. Son cœur se rappela brusquement qu'il était censé battre et commença à marteler la mesure d'un boxeur stakhanoviste contre ses côtes. Même la main de Cyril dans ses cheveux ne parvint pas à le ramener à la réalité.

« Débile. Je voulais parler de Jar Jar mais je sais plus pourquoi, maintenant. Il est pas sexy, lui. »

L'absence totale de logique de ses paroles ne vint pas non plus à son secours.

« Jar Jar. »

Le nom lui évoqua un drôle d'alien, et il lui fallut une poignée de secondes pour qu'il replace la référence. Star Wars. Dark Vador. La princesse Leïa, et de sombres histoires d'incestes. Yoda le petit bonhomme vert. Il avait jamais été super calé là-dedans, même s'il se souvenait avoir eu un magnifique sabre laser un Noël. Il avait cassé la petite bergère en porcelaine de sa mère en voulant pourfendre un chevalier-démon des limbes qui avait de toute évidence élu domicile sur l'étagère du salon et s'était pris le savon du siècle. Pour ce qu'il en savait, Jar Jar Binks aurait pu revenir sur le tapis pour un millier de raisons : peut-être qu'il ressemblait à un dieu égyptien, peut-être qu'il savait réveiller des momies, peut-être qu'il s'enfilait des pots entiers de Nutella.

« Euh. Je, enfin non, tu- »

Les sourcils froncés, la bouche tordue dans une grimace à mi-chemin entre perplexité et pure panique, Hadriel s'acharna à chercher des mots qui refusaient de lui venir. Les pronoms et onomatopées, ça, c'était dans la poche. Il allait falloir passer au stade supérieur. Un adjectif, peut-être.

« Je suis désolé, enfin non, pas en soi, ou si, pour le Nutella et le bibelot de maman, mais pas -enfin non, ça a rien à voir, ça, mais -enfin si, ça a à voir avec Jar Jar un peu et- »

Il se tut, un soupir frustré au bord des lèvres et infichu d'en venir au fait. Qu'il ne sût pas quel fait au juste n'arrangeait pas les choses. C'était quoi, sa question ?

« Ça se trouve c'est parce que je ressemble à Jar Jar, déclara-t-il, son sérieux mortel entaché des vestiges d'un rire nerveux. T'es peut-être Jar Jarophile. »

Delahaye se redressa et hésita à se relever. Une partie de son cerveau avait plutôt envie de s'étaler sur Cyril mais l'autre le pressait de prendre un peu de distance avant de frôler l'infarctus. Il s'appliquait à regarder partout où son interlocuteur n'était pas. Une table de nuit franchement sexy. Un lit super cool. Une latte de plancher vachement intéressante. C'était vrai, ça, on faisait jamais assez attention au mobilier avant d'en avoir besoin, alors qu'ici, le parquet était du tonnerre. Sa mère aurait hurlé qu'il avait pas été ciré depuis des lustres, mais si ça se trouve c'était du noyer, et ça, ça coûtait une blinde, ou alors du chêne -il reconnaissait les arbres quand ils étaient debout, pas coupés en lamelles -et la fenêtre, un putain de double vitrage, isolation géniale, vraiment, il le pensait-

Il se leva, encore plus gauche que de coutume, avant de décider que ses genoux étaient trop traîtres pour leur accorder la moindre confiance et se rasseoir sur le bord du lit. Là, c'était mieux.

« Ou pas, hein, précisa-t-il avec empressement. Je disais pas ça dans un sens -rah, eh merde. »
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« Jar Jar. »

Jar Jar.

Cyril resta un moment contemplatif face à la grandeur de ce brave homme, regard dans le vide, avant de revenir le faire glisser sur le visage d'Hadriel. Quiii avait l'air à deux doigts de mourir. Mince alors. On lui avait vanté les mérites des bisous magiques, hein, et jusqu'à preuve du contraire ces bâtards étaient censés guérir — pas envoyer l'autre sur Mars ou Pluton ou n'importe quelle lune de Jupiter, à asphyxier façon hareng coincé sur un palmier. Ça craignait, ça. Pas cool.
L'image était super précise, dans sa tête ; et dans celle de son pote ça nageait grave, à priori. Glou glou. Noyade imminente. Le bibelot de sa mère flottait quelque part dans l'espace avec leur alien mochiant et des astronautes torse-nu couverts de hiéroglyphes trop sexy.
Y'avait un sacré bordel, là-haut. Lui-même n'était plus trop sûr d'où ils venaient ni d'où ils espéraient aller, pour le coup.
Ce qu'il savait, par contre, c'était qu'il n'avait mais alors absolument aucune envie d'y penser. Et qu'à moins d'être poussé dans le vide tête la première, il allait rester sagement au bord à envoyer des signaux de fumée pas clairs du tout à l'autre crétin en bas.
On est un petit frileux, Cyril, hein ?

« Ça se trouve c'est parce que je ressemble à Jar Jar. T'es peut-être Jar Jarophile. »

Ses sourcils se haussèrent bien haut. Jar Jarophile. Wow. Okay. Alors déjà il avait dit qu'il le trouvait pas sexy, le mec, donc ça aurait été carrément gênant d'être attiré par un truc qui lui donnait pas du tout envie de se désaper — et est-ce que c'était juste possible, en fait ? De trouver un truc super moche mais d'avoir quand même envie de lui grimper dessus. Non parce que ça aurait été con, pour le coup. Tu parles d'une vie. Autant se castrer direct.
Le temps qu'il fronce les sourcils et se remette à questionner la vie, Hadriel s'était relevé. Il le laissa faire — il allait pas le retenir ; vive la démocratie et la Tour Eiffel — mais sentit quand même un petit pincement lui coincer les artères.
Le cri de la carotte. "T'en vas pas", le plus souvent.

« Naaaan, t'inquiète. J'ai compris. » Prévenant et plein de bonté, il tapota le genou d'Hadriel avant de laisser aller ses épaules et sa tête contre le matelas. « Je suis pas Jar Jarophile. Il est mochiant. Pas sexy. »

Il laissa filer deux secondes de silence, songeur ou juste perdu, avant de se dire que cette grande nouvelle méritait précision.

« Et tu lui ressembles grave pas. C'est tes putains de supports de Jar Jar qui l'ont invoqué, mec. Non parce que j'embrasse pas d'aliens ou de reptilien, nope. »

Et soudain : hésitation terrible. Doute fondamental.

« ... Ou genre pas lui, quoi. Et moi je suis le quadrat, embraya-t-il sans se soucier du sens et de la logique. Super sexy. Astronaute. Wow. J'aime bien. »

Her oh, il l'avait embrassé le premier. Il avait totalement le droit d'interpréter qu'il le trouvait beau à s'en jeter par la fenêtre et à en oublier comment parler. Même si ç'aurait bien été le premier, haha. Ha.
Super plafond, tiens.



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