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 #YOLO {Alejandro Alavés L.}

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MessageSujet: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Lun 30 Déc 2013 - 22:15

« #YOLO »
#YOLO




Il y avait un cochon sur son lit.
Avait. Soren ne s'en était rendu compte qu'en tirant un peu trop violemment les draps, envoyant valser le petit porc sur le parquet récemment ciré. Ses mains avaient aussitôt laissé échapper le tissu immaculé pour consoler le goret plus outré qu'éploré ; et depuis, occupé à faire la conversation à l'alter ego délaissé, le jeune homme n'avait plus touché ni à son lit ni à aucun autre meuble de la pièce, encore moins à la poignée de la porte. Le visage à demi-enfoncé dans ses bras, il n'avait réussi qu'à esquisser un sourire pâle aux ennuis de Gil, qui s'était aussitôt perdu dans les replis du tissu noir de sa veste, débordant d'angoisse comme un vase trop rempli.
Soren avait les yeux qui piquaient puisqu’il dormait très mal depuis plusieurs jours. La sourde inquiétude de ne pas savoir distinguer songes et réalité s'était ancrée insidieusement en lui, le laissant contempler le plafond plongé dans le noir pendant des heures, bercé par le repos apparemment calme de ses colocataires. A chaque secousse du vent, il fixait la fenêtre et croyait y voir des ombres griffer les carreaux ; à chaque porte qui claquait, il lui semblait qu'on poussait la sienne pour entrer. Les bruits, les hululements, toute la cacophonie de la nuit le crispait de haut en bas et il avait beau tourner et se retourner dans son lit, le sommeil ne daignait jamais venir jusqu'à lui. Las d'attendre un danger ou un châtiment imaginaire qui ne venaient pas, il s'était répété devant la glace plusieurs fois par jour qu'il ne craignait rien et qu'il avait rêvé. Ça aurait presque pu marcher, s'il n'avait pas été persuadé de n'avoir rien imaginé.

Cette pensée le fit tressaillir violemment ; il caressa Gil qui s'était roulé sur le dos après avoir terminé son babillage, puis le prit dans ses bras, décidé à ne pas rester assis sur le sol de la chambre plus longtemps. Ce n'était pas en se morfondant dans sa solitude qu'il allait aller mieux. Il prit une grande inspiration, un pas décidé et hésita avant que sa main ne rencontre le loquet. Sortir, oui, et pour faire quoi ? Son propre ami imaginaire l'évitait, occupé à se pavaner avec Rhylaa quelque part. Il n'avait pas le courage d'affronter les grands yeux rieurs de Claris et culpabilisait de ne pas réussir à sortir Emrys de sa léthargie. Il dansa sur ses pieds quelques minutes, martyrisant sa lèvre et ses pauvres pensées. Au final, se dit-il en baissant les yeux vers Gil qui se lovait avec délice dans ses bras, il aurait tout aussi bien fait de ramener son AEA fugueur à Alejandro : ça lui donnerait un prétexte pour entamer la conversation, et l'espagnol n'était jamais de mauvaise compagnie. Le soupir fébrile qui s'échappa de ses lèvres démentait tout ; il se prit à l'ignorer quand il poussa la porte et jeta un coup d’œil à droite et à gauche. Personne dans le couloir, excepté une silhouette anonyme qui s'éclipsa aussi vite qu'elle était apparue. Le bruit de ses pas étouffé par le velours rouge et infatigable qui serpentait le long des couloirs, Soren trouva facilement l'issue qui menait au parc. La force de l'habitude le terrassa d'une énième vague de nostalgie morbide. Même le ciel clair et l'air doux ne l'aidèrent pas à se tirer de ses tristes contemplations. Il foula l'herbe avec l'impression d'être suivi, se retournant vers le manoir tous les deux pas sans que ses yeux puissent s''accrocher à autre chose que la bâtisse noire et le paysage paisible.

Il s'en voulut.

A cette heure-ci et puisque le temps n'était pas froid, il avait pensé qu'Alejandro se trouverait dans le parc ; et il l'espérait même, puisqu'à l'intérieur, il avait des risques de le trouver en compagnie de personnes avec lesquelles il n'avait pas envie de discuter. Il avisa l'arbre sous lequel il l'avait vu plusieurs fois, posant Gil à terre : il déduit de l'empressement du cochon à rejoindre l’écorce que son maître s'y trouvait sûrement. Il hésita encore quelques secondes, sentant ses jambes prêtes à fléchir. Par un effort de volonté qui ne lui était (hélas) pas si commun, il emprunta le même chemin que l'ami imaginaire.

Ah, trouvé.

« Alejo ? »

Inutile d'agiter la main devant un aveugle, hein ? Soren avait parlé assez fort et clairement pour qu'il l'entende. Il se mit devant lui, histoire qu'il puisse replacer plus aisément le son de sa voix. Ses lèvres s'ouvrirent sans savoir quoi dire et le fait qu'il n'avait peut-être rien à dire le frappa plus durement qu'il n'aurait pensé : il enchaîna à ce silence ce qui lui passa par la tête, presque machinalement.

« J'ai trouvé Gil dans ma chambre ; j'ai pensé que tu t'inquiétais peut-être pour lui, alors je l'ai ramené. »

Son sourire retomba comme une pierre dans son estomac. Ça, Alejo ne pouvait pas le voir.
Mais il pouvait sûrement entendre son inflexion qui avait fané elle aussi alors qu'il ajoutait :

« … Je peux rester avec toi, un peu ? »
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Sam 18 Jan 2014 - 0:55

Yeux clos, adossé contre un arbre au large tronc brun, Alejandro laissa ses doigts distraits retracer les éraflures de son jean, resserrer son gilet contre ses épaules. Il ne faisait pas excessivement froid ; certains se promenaient même bras nus, à l'intérieur du manoir. Question d'habitude, sûrement. Lui se sentait plus à l'aise en été, ou à la rigueur pendant certains mois de printemps : les températures ressemblaient alors bien plus à celles sous lesquelles il avait vécu presque toute sa vie, loin de ce froid bizarre et humide qui l'avait forcé à reléguer ses shorts au placard. A côté de certains, il se donnait des airs de frileux. Tant pis. Sa peau avait dû pâlir un peu, depuis le temps – et s'il n'en était pas tout à fait certain, c'était juste qu'il se voyait mal demander confirmation à qui que ce soit. Ses hypothèses étaient trop souvent faites pour en rester.
D'un mouvement aussi lent que précautionneux, le jeune homme étira ses bras engourdis devant son visage. La baisse des températures n'avait malheureusement pas emporté ses craintes avec les feuilles mortes ; les silhouettes fantômes qu'il replaçait systématiquement derrière chaque silence, dans chaque espace vide, semblaient décidées plus que jamais à ne pas le lâcher. Pour cette raison, le calme du parc ne lui plaisait qu'à moitié. Difficile de se sentir en sécurité lorsque la moindre branche cassée venait briser la tranquillité des lieux en mille éclats aux reflets trompeurs. La nuit, tous les sons sont amplifiés. C'était bien pour cela que beaucoup d'enfants et même d'adultes persistaient à avoir peur du noir ; le problème était le même. La musique que diffusait son mp3 dans ses oreilles, toujours réglée à un volume raisonnable, avait une fois de plus fini par ne devenir qu'un murmure délicat conjugué au bruit du vent – car s'il ne pouvait pas voir les problèmes arriver, il tenait au moins à les entendre. Décourager quiconque de s'adresser à lui n'était pas non plus dans ses intentions. Alejandro savait bien, à force d'expérience, que hormis Miguel ou ses parents, ses frères, peu osaient lui tirer le casque des oreilles lorsqu'il restait à dodeliner de la tête sans rien répondre. Lorsqu'il poussait le son à fond, de fait, c'était bien plus pour crier aux autres de ne pas l'ennuyer que pour se rendre sourd.
C'était la façon la plus efficace qu'il avait de s'isoler. En général, ça marchait.
Un bras le long de son corps, l'autre appuyé contre ses genoux pliés, le garçon vint reposer son front contre son avant-bras. Quelques mèches de ses cheveux auburn glissèrent contre le tissu chaud et doux ; seule l'odeur de la lessive, différente de la sienne, l'empêcha de pousser un soupir rassuré. Tout va très bien, Madame la Marquise. Ses lèvres esquissèrent les mots sans avoir à se forcer. C'était vrai, de toute façon. Il n'avait même pas de quoi se plaindre. C'était peut-être ça le problème, au fond. Ça n'aurait pas dû aller bien, vu la situation.

Quelques secondes après avoir relevé la tête, une exclamation étranglée s'échappa de sa gorge. Un juron coloré suivit bientôt ; mains refermés sur son petit compagnon à quatre pattes, sourd à ce qu'il pouvait bien avoir d'intéressant à lui raconter, l'espagnol le secoua d'avant en arrière avec une douceur discutable. Ça lui apprendrait à se tirer comme ça sans rien dire, cet espèce de –
...Ah.
Si les pas ne l'avaient pas alertés, la voix elle le fit. Laissant Gil retomber sur son estomac, il tira d'une main sur son casque pour le faire retomber derrière son cou, et éteignit de l'autre l'appareil auquel il était relié. Il ne lui fallut pas longtemps pour replacer la voix sur la personne à qui elle appartenait ; tête levée pour signifier qu'il écoutait, il redressa machinalement le dos.

« J'ai trouvé Gil dans ma chambre ; j'ai pensé que tu t'inquiétais peut-être pour lui, alors je l'ai ramené. »

Quoi qu'il aurait été en d'autres circonstances tenté de répondre « ramène ce truc inutile d'où il vient, merci », les intonations de Soren réussirent à lui faire échanger son amertume contre un sourire. Ce n'était pas la faute de l'allemand si ce porc était un parfait ahuri.
Tiquant sur l'accent difficilement joyeux de son ami lorsqu'il reprit, Alejandro s'empressa de hocher la tête.

« Bien sûr ! Je commençais à m'ennuyer, de toute façon. Hm, attends... »

D'un geste habitué, il se décala sur la droite et tapota l'espace libre à sa gauche. Il avait étalé une couverture par terre pour éviter de trop se salir ; c'était tout de même plus confortable.

« Désolé si Gil t'a embêté, il sait vraiment pas se tenir. » Pour appuyer ses propos, il tira l'oreille du petit animal allongé sur son estomac, sourd à ses couinements. « Tout va comme tu veux ? »




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« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Ven 14 Fév 2014 - 20:47

...

La voix d'Alejandro ramena un sourire sur les lèvres de Soren ; son humeur, qui jouait au yoyo, remontait pour mieux redescendre plus tard. Il fit semblant de l'ignorer le temps de s'asseoir à côté de son ami. Son regard accrocha la soie noire de Gil, qui couinait, pour lui préférer presque automatiquement les brins d'herbe que la couverture couchait sous eux. Il en arracha un qu'il fit tourner entre son pouce et son index, pensif. Que devait-il lui répondre ? Que non, rien n'allait ? Qu'il sursautait chaque fois qu'il avait le malheur de croiser son reflet, qu'il avait l'impression qu'on grattait à sa porte chaque nuit ? Il n'aurait plus manqué que le monstre aux yeux rouges sous son lit pour achever de rendre le tableau crédible. Il soupira intérieurement, se refusant à laisser la mélancolie le reprendre ; pari raté, comme tout ce qu'il entreprenait. Elle n'était pas restée longtemps, la bonne humeur. Le baromètre indiquait des températures désespérément basses. Moins dix degrés Celsius, quelque chose dans ce goût là. Il força son sourire à ne pas jouer les déserteurs pour la forme et dans l'espoir que cette courbure, aussi fine et mensongère soit-elle, donne le ton à ses mots. Parce que c'était ce qu'il allait dire.

Un petit mensonge de rien du tout.

« Oui, bien sûr, tout va bien... »

Une fois qu'il eut martyrisé le brin d'herbe au point de le rendre méconnaissable, il le laissa choir sur la couverture. Il effleura sa jambe, l'air de rien, avant que le vent ne le fasse tressauter comme un beau diable sur le tissu. Soren passa des doigts mal assurés sur ses yeux brouillés de sommeil manqué. Il se sentait mal, maintenant. Il enchaîna un peu trop rapidement pour rééquilibrer son mensonge :

« Enfin, pas tant que ça mais un peu quand même, donc ça va. Et toi, ça va ? »

Il s'en voulut par réflexe de l'avoir dérangé alors qu'il n'avait rien à lui dire et qu'il était loin d'être de très bonne compagnie, ces temps-ci. Il souffla sur une mèche de cheveux dorés qu'il avait récemment pensé à tendre en noir ; comme réconforter les autres n'était pas son fort, aucune surprise à ce que se réconforter lui-même lui semble aussi difficile que gravir une montagne à mains nues. C'était si dur que ça de positiver un peu ? Dès qu'il passait près de la porte de la cave, tout son corps était pris de tremblements irrépressibles et il voulait courir pour échapper à cette main qui menaçait de lui broyer la trachée. Et si ça n'avait été qu'à la vue de cette porte... Il passa une main affectueuse sur la tête de Gil, qui apprécia la caresse plus que les taquineries de son propriétaire. Ses yeux bleus se reposèrent sur Alejandro. Il aurait préféré parler de lui, lui demander comment ça allait avec Leia, s'il avait vu Claris récemment, si Heather avait de nouveau fait des siennes... Toutes les questions possibles et imaginables se dissolvaient sur sa langue avant d'avoir pu trébucher sur ses lèvres.

Et à chaque seconde passée dans le silence il se détestait un peu plus. Soren n'était pas celui qu'il aurait aimé être. Ne le serait jamais. Il l'avait confusément réaliser et tout lui explosait en couleurs vives à la figure. Il ne voulait plus passer ses journées à pleurer ou à avoir honte.
Il aurait tellement aimé être quelqu'un d'autre.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Sam 15 Mar 2014 - 6:21

Sourire poli aux lèvres, Alejandro hocha la tête sans réfléchir. La rectification rapide de Soren ne l'étonna qu'à moitié ; son « tout va bien » n'était pas vraiment crédible. Pouvoir reconnaître plus facilement le faux du vrai était bien un des rares avantages que lui avait offert sa cécité. Étirer ses lèvres sur un joli sourire en carton était bien plus simple que forcer les intonations de sa voix et, à force d'écouter encore et encore à longueur de temps, il y était devenu sensible. Ce n'était pas infaillible, mais ça marchait plutôt bien. Les mauvais menteurs n'y coupaient pas.
Cela dit, ce n'était pas un super-pouvoir très utile. Il ne pouvait forcer personne à avouer que quelque chose n'allait pas, qu'il soit sûr que ce soit le cas ou non. Chacun sa vie privée.

« Oui, ça va. »

Tapotant du bout des doigts le tissu du jean par-dessus ses mollets, regard abandonné au vide devant lui, il se mordit doucement l'intérieur des joues. Meubler les silences n'était pas exactement son point fort : s'il avait été parfaitement à l'aise avec Soren, ç'aurait déjà été plus facile. Le savoir d'humeur au mieux maussade le rendait un peu nerveux. Ce n'était pas le moment de dire une bêtise – et Dieu savait que s'il devait dire quelque chose d'affreux, ce serait forcément au pire moment. Forcément. C'était une sorte de malédiction universelle à laquelle n’échappaient que de rares élus. La loi de Murphy. Plus communément : la poisse. Il lui semblait l'attirer comme un aimant, à essayer à tout prix de l'éviter. Une vraie malédiction digne des plus grands récits latins, grecs ou même inca pour ce qu'il en savait – les langues mortes se passionnaient toutes de grandes histoires très connues avec des morales apparemment magnifiquement intéressantes, de toute façon.
Soucieux de ne pas laisser au bruit du vent le soin de faire la conversation pour eux, il esquissa un nouveau sourire. Une fois l'échange entamé, en général, il n'avait aucun problème. Il fallait juste trouver quoi dire et comment.

Super facile.

« Il fait beau, quand même. » Incapable de rester tout à fait immobile, il fit glisser ses pieds pour rapprocher ses genoux de son torse. « Enfin, c'est encore un peu froid pour moi, mais... Ça va, je suppose. »

Après s'être applaudit mentalement pour avoir donné un sens et une raison d'être à l'expression « parler de la pluie et du beau temps », Alejandro retint un soupir qu'il aurait jugé malvenu. Ça aurait donné la mauvais impression ; ce n'était pas tellement Soren qui l'ennuyait, sinon sa propre incapacité à être le plus sociable et extraverti des types sur terre – ça aurait arrangé les affaires de beaucoup de monde, lui y compris. Écouter était une chose, parler en était une autre. Il se voyait mal lui tapoter l'épaule et lui dire « vas-y, parle, je t'écoute et je ne te jugerai point » ; ça aurait été incroyablement flippant. Sans compter qu'il n'imaginait pas le jeune allemand se mettre à lui raconter ses états d'âmes aussi simplement que s'il avait appuyé sur le bon bouton. Au mieux, il l'aurait sûrement regardé de travers. Ou serait parti.
L'envie de savoir réussirait à se taire sans trop de problèmes, vu le sujet du débat.

« Ça veut dire quoi, pas tant que ça mais un peu quand même ? »

La question lui échappa presque. Soit il fallait essayer de le faire parler, soit il fallait essayer de lui remonter le moral : dans le doute, l'option A s'était improvisée leader et s'était élancée dans la bataille comme une grande. Résultat, il se sentit bête et indiscret à peine sa voix éteinte. Ça ne le regardait pas, ce n'était pas ses affaires et il aurait mieux fait de se taire. L'idée que de deux choix il ferait toujours le mauvais lui collait au corps comme un mauvais rhume. Le genre qui se laissait oublier mais ne s'en allait jamais vraiment.
Du coup, sans pouvoir ni chercher à réprimer la grimace qui avait courbé ses lèvres, il revint appuyer son dos contre l'arbre dans l'espoir avoué de se fondre avec l'écorce.

« Enfin, te sens pas obligé de répondre. C'est cool. Si tu vas bien. Sinon c'est moins cool. »

Nouvelle salve d'applaudissements pour son don en élocution. Il n'aurait pas fait pire en anglais.
Are you dog ? Cool.



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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Jeu 3 Avr 2014 - 21:58

...

« Oui, ça va. »

Tant mieux. Soren aurait aimé ouvrir la bouche et repartir sur des banalités, mais elles s'obstinaient à refouler comme une lame de fond pressée jusqu'à son estomac. Et s'embrouiller pour aller bégayer deux trois imbécillités sur le ton le plus intelligent qui soit, c'était quelque chose qu'il préférait éviter. Il y avait de quoi revenir au tableau noir de son enfance et la vingtaine d'yeux posés sur lui – ah, il ne voulait même plus y penser, c'était loin tout ça. Et c'était bête, songea-t-il en tournant la tête vers Alejo, parce que l'espagnol ne pouvait pas le voir. Il ne savait même pas s'il aurait été capable de tourner la tête vers lui sans se tromper de quelques centimètres ; lui, il y était tout le temps, dans le noir. Soren, qui avait toujours été impressionné par ce handicap en particulier, se trouva soudain horrible de considérer ses petits déboires comme désespérés et dépourvus de la moindre porte de sortie. A côté de ça, et de ce que certains avaient vécu, ce n'était pas grand chose. Il n'aimait pas donner trop de dimension à la notion de malheur personnel : ça lui paraissait trop égoïste, et dieu savait que s'il y avait bien une chose dont il s'était défendu toute sa vie, c'était d'être égoïste.

Alors pourquoi est-ce qu'il s'était senti obligé de venir lui parler ? Facilement tiraillé par des bricoles, il pensa à lui soumettre cette question avant celle, plus essentielle, qui l'empêchait de dormir la nuit. Il avait besoin de quelqu'un à qui donner cette fameuse balance du bien et du mal. Il n'était plus certain de savoir les distinguer. Il voulait qu'on pèse et qu'on juge pour lui, afin d'être sûr.
De la porte ou des escaliers, qui était le plus fautif ?

« Il fait beau, quand même. Enfin, c'est encore un peu froid pour moi, mais... Ça va, je suppose. »

Le ciel n'était pas de ce bleu qu'il affectionnait tant, hésitant plutôt entre un gris de Mars et un blanc de Janvier. Incapable de se souvenir quel jour il était, ou même si le Pensionnat suivait les saisons comme le calendrier accroché au mur de sa chambre à Berlin, il emmitoufla la remarque d'un silence réflexif au lieu de rebondir dessus et engager la conversation. Habitué à n'avoir aucune spontanéité sous peine de sortir la bêtise du siècle à chaque intervention, Soren s'était muré dans cette attitude effacée qui le hantait depuis son enfance. Alejo faisait un peu la même chose, lui semblait-il, mais lui avait des raisons de préférer le silence : méfiance et bouche cousue, Soren n’aurait jamais prétendu marcher autrement à sa place. Pensant cela, il l'admira un instant et contempla l'idée de se lever pour ne pas le déranger plus. Oui, j'ai mes problèmes, mais toi aussi.
Qui était-il pour décider de l'importance à accorder aux choses ? Ses mains tremblantes lui soufflèrent, discrètes, que « ça » méritait au moins d'être catalogué comme tel.

Ça fait quoi d'être aveugle ? Il aurait aimé savoir mais, par amitié, ne lui poserait jamais la question. N'aurait-il pas dû se faire violence et tout garder pour lui ? Soren ne savait pas si on pouvait parler de ce genre de choses. Il lui semblait bien que non.
Il s'en voulut sincèrement.

« Ça veut dire quoi, pas tant que ça mais un peu quand même ? »

Comme s'il s'était attendu à ce que le silence s'éternise, l'allemand sursauta, écarquilla les yeux et perdit un souffle qui lui manquait à la base. Il se souvint juste à temps que respirer était vital et expira un demi-soupir qui ne passa pas inaperçu. Il s'empressa de rassurer Alejo qui s'était remis à parler d'un signe négatif de la tête, pour grimacer puisqu'il ne pouvait pas le voir. Ça allait, vraiment. A part une petite chose, deux peut-être, et le reste qui n'était que broutilles conscientes, tout allait pour le mieux. Il sourit même de ces propos maladroits qui lui donnaient chaud au cœur.

« Ça veut dire que... »

Avec lui, tout sortait ou ne sortait qu'à moitié, comme si « se taire » n'était jamais en option et que se mettre dans les situations les plus embarrassantes était sa meilleure qualité. Il allait falloir parler, maintenant. Les « non, rien » lancés aux quatre vents ne servaient guère qu'à inquiéter un peu plus l'ami qui venait aux nouvelles.

Il fronça les sourcils, repoussa ses cheveux trop longs en arrière, et opta pour la technique du lâche, qui ne flouait personne mais rassurait un tant soit peu l'idiot qui l'utilisait.

« Comment est-ce que tu ferais pour déterminer si quelque chose que tu as... fait, est mal ou non ? »

Comment savoir ? Il se sentit stupide et rougit jusqu'aux oreilles. Et heureusement qu'il ne pouvait pas le voir.
Il y avait bien assez de sa voix pour le trahir, aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Sam 26 Avr 2014 - 22:45

Ouch. Un petit rire nerveux s'échappa maladroitement d'entre les lèvres de l'espagnol, déjà persuadé – à raison – qu'il allait galérer pour répondre à cette question. C'était un peu plus subtile que « je devrais manger ce chocolat maintenant ou vaut mieux le garder pour plus tard ? » ; et pourtant, même une question aussi bête et stupide que celle-là aurait réussi à le faire retourner son cerveau une bonne dizaine de fois pour être sûr et certain de ne pas dire de bêtises, de ne pas induire qui que ce soit en erreur en influençant sa pensée de la mauvaise façon. En bref, il craignait de l'influence qu'il pourrait avoir sur les décisions des autres – donc de Soren, présentement – s'il se trompait ou se mettait purement et simplement à dire du grand n'importe quoi. Il n'était ni moraliste ni fervent chrétien : tout ce qu'il savait tenait du bon sens et de croyances personnelles, ce genre de choses. Il n'était vraiment pas certain de pouvoir le conseiller comme il faut.
Le jeune homme prit donc le temps de réfléchir, agrémentant sa réflexion d'un petit « hmmmm » censé affirmer que oui, il avait entendu, mais avait besoin d'un peu de temps pour se décider sur que dire et quoi taire. S'il posait la question, ce n'était pas pour rien. Alejandro n'était pas complètement stupide non plus. A priori, Soren devait avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal ; un truc comme ça. C'était assez flou dans l'esprit du garçon, et il voyait vraiment très, très, très mal ce que Soren pouvait avoir fait qui le tourmente autant. A ses yeux, l'allemand était une des personnes les plus intègres et gentilles de cet endroit. Il disait ça en comptant des amis plus proches, pourtant ; mais vraiment, il lui donnait une stricte impression de bonté et de douceur à chaque fois qu'il lui parlait. A quoi ça tenait, ça, il n'en savait rien. Tout ce qui comptait était de le rassurer, sans pour autant lui faire croire que tout était bien. Et ne sachant pas où était le problème... Il allait devoir taper à l'aveuglette. Sans jeu de mot stupide.

« Hm... C'est un peu compliqué, je sais pas trop. Enfin, j'imagine que... Si moi je me posais la question... »

Appuyé contre le tronc d'arbre, Alejo ferma les yeux pour mieux se concentrer. Pas que ça change grand chose, du reste ; mais il préférait le faire. Ça l'aidait. Sûrement un truc psychologique douteux. Quoi qu'il en soit, le tout était de faire dans le général – sans trop se mouiller, comme il savait si bien le faire. Tout compte fait, il suffisait de se mettre à sa place. Se demander comment il ferait, lui, en cas de doute, pour décider si oui non ce qu'il avait fait était une bonne chose. Et surtout, ne rien lui dire qu'il ne veuille entendre lui-même. Ça éliminait beaucoup de choses mais c'était mieux, vraiment. Pour tout le monde. Si Soren faisait quelque chose de stupide à cause de lui, que ce soit grave ou une broutille, il s'en voudrait sincèrement et toute sa vie. C'était trop de responsabilité pour ses petites épaules d'adolescent.

« Je me demanderais d'abord si j'aurais aimé qu'on me fasse ce que j'ai fait... Et, si ça a blessé quelqu'un, c'est mal, je dirais. Sauf si c'était quelqu'un qui t'avait fait du mal avant... Enfin, tu vois ? rit-il en passant une main gênée sur sa nuque. Je me demanderais si hm... Ce que ça m'inspire, quoi. Si je trouverais ça mal venant de quelqu'un d'autre. C'est plus facile de juger quand on s'éloigne. »

Songeur, il tapota des doigts sur ses jambes. La question lui brûlait trop les lèvres pour rester bien sagement sur sa langue.

« Pourquoi ? Tu as fait quelque chose... ? »



• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mar 3 Juin 2014 - 17:55

...

Soren voulut se rétracter sur le champ. Il s'en voulait déjà d'avoir importuné Alejandro avec ses questions existentielles sans queue ni tête – et tant qu'à faire, se fondre avec la terre et l'herbe du parc n'aurait pas été une si mauvaise idée. Peut-être que s'il retenait son souffle et ne bougeait plus le moindre membre, l'espagnol finirait par croire qu'il s'était éclipsé aussi discrètement qu'il était arrivé. Peut-être que s'il avait été assez léger pour ça, le vent l'aurait emporté ailleurs, comme une feuille morte en automne. Malheureusement, le seul pouvoir que Soren possédait s'activait à lui gâcher la vie au moins autant que ses propres décisions, et impossible de ravaler des mots qui avaient déjà résonné dans l'air et jusqu'aux oreilles d'un autre. Il allait devoir faire avec.
Lèvre inférieure rendue douloureuse par ses multiples hésitations, Soren laissa passer le temps avec la quiétude d'un condamné à mort comptant les grains du sablier ou les secondes de l'horloge, tic tac persistant. Si ça continuait, il allait vraiment se lever, faute de pouvoir faire face. La fuite n'était qu'un repli stratégique, n'est-ce pas ? Aucune raison de s'en vouloir, tourner les talons était un plan comme un autre, pas plus mauvais qu'un autre.
Sauf que, quand on avait passé sa vie à fermer les yeux comme le jeune allemand, ça devenait vite une habitude néfaste et qui n'aboutissait à rien.

En parlant d'yeux, il ferma d'ailleurs les siens, qui cessèrent de renvoyer le gris bleuté des jours lunatiques.

« Hm... C'est un peu compliqué, je sais pas trop. Enfin, j'imagine que... Si moi je me posais la question... »

Les doigts enlacés, crispés sur ses genoux se tendirent encore plus. Rien à faire, la boule dans sa gorge refusait de se dissoudre, coulée au ciment, et la peur d'avoir imposé quelque chose de désagréable à un ami revint le hanter. Qu'aurait-il fait à sa place ? Soren se voyait bien, embêté, cherchant désespérément les mots qui ne risquaient ni de faire pleurer, ni de blesser, quitte à être hypocrite et un peu menteur.
Il s'en savait capable.
Mais s'il avait décalqué cette attitude contre toutes les silhouettes qu'il rencontrait, ça faisait longtemps qu'il n'aurait plus eu confiance en personne.

Comme il avait besoin de quelque chose à quoi se raccrocher, il refusa de remettre cette évidence en question.

« Je me demanderais d'abord si j'aurais aimé qu'on me fasse ce que j'ai fait... Et, si ça a blessé quelqu'un, c'est mal, je dirais. Sauf si c'était quelqu'un qui t'avait fait du mal avant... Enfin, tu vois ? Je me demanderais si hm... Ce que ça m'inspire, quoi. Si je trouverais ça mal venant de quelqu'un d'autre. C'est plus facile de juger quand on s'éloigne. »

Bien sûr qu'il aurait trouvé ça mal. Le petit garçon aux yeux toujours écarquillés avait une notion trop définie du bien et du mal, atrocement subjective, qui pointait le doigt vers un reflet qui ne lui ressemblait pas. Il n'était plus sûr duquel il fallait détester dans toute cette histoire : celui qui s'approchait ou celui qui refusait de dire non, le cou bloqué ?
Il aurait pu.

Il aurait dû.

« Pourquoi ? Tu as fait quelque chose... ? »

Son cœur rata un battement ou deux, et le garçon s'étouffa bêtement sur son souffle. Aussitôt, il s'écria, bien trop fort avoir l'air honnête :

« Non ! »

Et c'était le plus bel aveu qui ait jamais quitté ses lèvres, le mensonge le plus transparent et le moins crédible. Il en fut lui-même surpris ; pourquoi demander s'il pensait que ce qu'il avait fait ne méritait aucun châtiment ? Cette fameuse notion du bien et du mal ne s'appliquait déjà plus à l'autre, qui passait au dessus de toute logique mortelle. Il lui avait filé entre les doigts, et il était resté entre les siens. Oh, pensa Soren, les larmes aux yeux, ce n'est vraiment pas juste.

« Non, je veux dire... je ne sais pas, fit-il, et le dire à voix haute lui arracha la gorge, je n'arrive pas à savoir si c'est mal (il savait très bien que c'était sa faute) et... »

Sa voix se brisa sur un soupir qu'il camoufla entre ses mains. Il aurait pu mieux faire. Alejandro acceptait de lui répondre, se paraît d'une curiosité légitime, et il lui criait au visage.
Tu parles d'un ami.

« Tu me détesterais, si tu savais. »

Tout semblait bien plus simple dans la bouche des autres.
Peut-être que la sienne aurait mieux fait de se mourir plutôt que sortir d'énormes bêtises et des mauvais choix à tout va.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Dim 15 Juin 2014 - 4:07

L'exclamation de Soren laissa comme un sentiment amer à l'arrière de la gorge d'Alejandro. Comme une mauvaise impression, un quelconque déjà-vu qui lui brûlait la langue ; quelque chose comme du charbon sur la peau et dans les yeux. Non, hein ? Ça criait oui, plutôt. Son imagination s'occupa aisément du reste. Il ne savait pas – ne voyait pas, au sens le plus imagé possible du terme – ce qu'avait pu faire, dire son ami pour engendrer une détresse telle qu'il se sente obliger de demander à quelqu'un d'autre ce qu'il ferait à sa place. Et à lui, tant qu'à faire. Il se serait imaginé qu'il aurait été voir quelqu'un dont il était plus proche ; son meilleur ami, Claris, quelqu'un, n'importe qui. Mais lui ? Lui-même n'aurait pas été raconter ses plus sombres secrets à Soren, à priori, comme ça. Du moins c'était ce qu'il pensa sur le coup, sans réfléchir plus amplement à la question. Parce qu'à regarder ça sous tous les angles possibles, la crédibilité de la situation prenait peu à peu tout son sens. Après tout, à qui aurait-il été le moins raconter ses problèmes, Miguel mis à part ? Ses amis proches. Sa famille. Il aurait préféré le dire à un psychologue que devoir s’asseoir à table devant ses parents et ouvrir son cœur sur quelque chose dont il avait honte. C'était trop difficile, de décevoir.
Peut-être que Soren n'avait pas ce problème en lui parlant à lui. Peut-être qu'il lui faisait tout simplement confiance et qu'il extrapolait, aussi. Ça n'aurait pas été la première fois. Pas la dernière non plus, sûrement. Il voulait autant connaître le fin mot de cette histoire qu'éviter de trop s'impliquer dedans. C'était effrayant. Si le jeune allemand était dans les problèmes jusqu'au cou, il n'avait que moyennement envie de se retrouver entraîné dans une histoire à laquelle il n'aurait rien demandé. C'était compréhensible, non ? Qu'il veuille protéger ses intérêts tout en aidant un ami.
Il voulait bien aider à enterrer le corps, mais pas courir devant les voitures de police et les chiens. Toute amitié, aussi solide soit-elle, avait ses limites. Les siennes étaient là. Aussi simple que ça.

« Non, je veux dire... je ne sais pas, je n'arrive pas à savoir si c'est mal et... »

La détresse dans la voix de son ami tira en plein dans le cœur d'Alejandro. Ça faisait mal de le voir autant embourbé dans ses propres problèmes ; il aurait aimé pouvoir lui tirer cette épine du pied, alléger le poids qu'il avait sur les épaules – que ce soit en parlant ou en faisant quelque chose, au sens propre comme au sens figuré. Il voulait vraiment l'aider. Ce n'était pas normal de voir quelqu'un d'ordinaire si réservé sur ses problèmes s'ouvrir de cette façon. C'était même plutôt inquiétant. Ça devait être plutôt grave, pour qu'il en arrive là. Il avait pu trahir quelqu'un, blesser un ami, faire quelque chose de mal... Mais pour qu'il se pose la question ? Il ne voyait pas grand chose. Enfin, en général, quand on faisait quelque chose de particulièrement mauvais ou bon, on se rendait vite compte de la nature de nos actes. Voler était mal, blesser était mal, aider était bien, aimer était bien. Dans la plupart des cas. Ce n'était pas compliqué, si ?
Alors qu'est-ce qui pouvait bien lui poser problème ?

« Tu me détesterais, si tu savais. »

Le cœur du jeune homme rata un battement. Ça faisait tellement peur. De s'imaginer qu'il avait pu faire quelque chose de dramatique – dramatique au point où il serait venu à l'en détester, rien que ça. Ce n'était pas rien. C'était quelque chose de très important, même. Il ne haïssait pas les autres sans raison.
Doucement, il chercha l'épaule de Soren et vint la presser entre ses doigts, les yeux dans le vague.

« Je te détesterai pas, quoi que t'ai fait. Sérieusement, ajouta-t-il en fronçant les sourcils, persuadé qu'il était de ses propres mensonges. Ça peut pas être si grave. »

N'est-ce pas ?

« A part si t'as tué quelqu'un. Mais là tu te demanderais pas si c'est bien ou pas, lâcha-t-il en riant, un peu nerveux malgré tout. Donc je pense pas que ce soit ça. Her, te laisse pas aller comme ça. On est amis, non ? Les amis ça se lâche pas pour des trucs débiles. »

Pour faire montre de sa bonne volonté, il rit légèrement et poussa sans méchanceté sur l'épaule de l'allemand pour alléger ses tourments.



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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mer 9 Juil 2014 - 23:27

...

Soren faillit repousser la main qui ne cherchait qu'à apporter du réconfort, ce même réconfort qu'il était certain de ne pas trouver ; s'il ne fermait plus les yeux la nuit, ce n'était ni par plaisir ni par goût. Les lèvres tremblantes et le cœur au bord de ces dernières, il se demanda à quel point on pouvait mentir et se persuader du contraire – d'avoir raison, d'être quelqu'un de bien... D'être heureux. Il sentait, plus le temps passait, qu'il n'avait pas l'éloquence et la délicatesse nécessaires pour ne pas fâcher ou peiner Alejandro. Il allait finir par l'entraîner dans un imbroglio de pensées et de théories sans le moindre sens. Difficile de penser que le jeune homme puisse apprécier que l'on décharge toutes ses frustrations sur lui : dans quoi s'était-il encore emmêlé ?
On oublie tout, d'accord ? Inutile de s'inquiéter ou de mépriser qui que ce soit. Je vais bien.

Je vais bien.

« Je te détesterai pas, quoi que t'ai fait. Sérieusement. Ça peut pas être si grave. »

Ses épaules furent prises d'un sursaut si violent qu'il en fut lui-même stupéfait. Un quart de seconde de vide, sans oxygène : puis la respiration d'un noyé lui emplit les poumons, emportant avec elle mille couteaux aiguisés. Pas si grave ? Il avait tout fait pour se sentir à l'aise au Pensionnat, presque inconsciemment. Lorsqu'il avait arrêté de taper les murs à la recherche d'une sortie imaginaire, il s'était accroché à son petit monde et ses petites habitudes, au gré des arrivées et des départs, des nouvelles voix et des nouveaux visages. Ils allaient et venaient ou restaient ; Alejandro avait été l'un d'eux. Un peu effacé et pas très sûr de lui, sûrement parce qu'il ne pouvait rien y voir. Soren avait été horrifié avant de l'admirer.
On lui avait toujours dit qu'il était gentil et de confiance. Le Pensionnat n'était jamais venu mettre à mal ces compliments – jusqu'à maintenant. Et face au mur, Soren ne savait plus comment réagir. Il avait peur de tout perdre, amis et sol, mais il avait aussi peur de se perdre.

C'était le discours imagé d'un petit garçon qui n'avait jamais pu se trouver. Répression, normalité, baisse la tête. Quel manque flagrant de volonté et de personnalité.
Je suis désolé, papa.

« A part si t'as tué quelqu'un. Mais là tu te demanderais pas si c'est bien ou pas. Donc je pense pas que ce soit ça. Her, te laisse pas aller comme ça. On est amis, non ? Les amis ça se lâche pas pour des trucs débiles. »

Il lui offrit un sourire tendu (inutile) et un souffle à mi-chemin entre le rire et le sanglot. Tout ça, est-ce qu'Alejandro le pensait vraiment, ou est-ce qu'il avait peur de ce qui pouvait suivre ? Tentait-il de le rassurer, quoi qu'il puisse en penser ? Le négatif revenait au galop. S'il devait jouer à pile ou face pour se décider, ça n'en valait pas la peine.

Si seulement il avait pu se persuader que tout n'était pas perdu d'avance.

« En fait... (il devait s'arracher les mots de la bouche pour continuer) si jamais c'était le cas et que je n'arrivais pas à savoir si c'était bien ou mal... »

Il en arrivait à se demander lequel redoutait le plus de prononcer l'irréparable.

« Tu penses que ça ferait de moi quelqu'un de mauvais ? »

Il se souvenait parfaitement avoir voulu lui encercler le cou – l'empêcher de respirer, le rendre à l'ombre dont il s'échappait comme un fantôme charbonneux. Et si l'on ne regrettait pas à bout portant, de quel côté de la ligne se situait-on ?

Il se sentit tout à coup coupable d’appesantir autant l'atmosphère.

« Tu sais, si tu n'as pas envie de répondre, tu n'es pas obligé. »

Demi-lune perplexe pour camoufler la gêne et l'angoisse. Chacun son tour.
Ce n'était pas encore ça.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Ven 25 Juil 2014 - 21:55

Ça n'allait pas. Ça n'allait définitivement pas ; quelque chose s'était passé et quoi que ce soit, c'était grave. Il ne serait pas allé jusqu'à dire très grave – pas encore – mais ça ne se jouait vraiment pas à grand chose. Il y avait quelque chose dans la façon dont Soren se mouvait, dans ses soupirs et les nœuds de sa voix qui allumaient mille sonnettes d'alarmes dans la tête de l'espagnol. S'il n'avait pas cru si bien le connaître, il aurait véritablement commencé à se demander s'il n'avait pas fait quelque chose de grave. Mais connaît-on vraiment les autres, hein ? Cette simple pensée suffit à assombrir le sourire gentil qui s'évertuait à peindre de la douceur sur ses lèvres. Dans un monde où l'on ne sait pas même de quoi on serait capable, savoir ce que les autres pouvaient faire ou non était d'une complexité à s'en arracher tous les cheveux un par un pour mieux les brûler ensuite. Il n'avait aucune idée, au fond, de ce que Soren pouvait bien avoir pu faire de mal. S'il en était seulement capable. Si parfois il en avait l'envie. Il ne pouvait pas avoir que des qualités, même si à première vue c'était l'impression qu'il donnait ; sa timidité ou son manque de courage, peut-être, ne paraissaient pas si grave à Alejandro qui passait volontiers l'éponge sur un tableau qu'il jugeait personnel et familier.
Alors oui ; que s'était-il passé ?

Les mots de l'allemand, à mesure qu'ils s'égrenaient – difficilement – hors de sa bouche, glaçaient le sang de son ami. Si jamais, si jamais – non ! Il ne voulait pas de ça ! Il était pire que tout quand il s'agissait de se représenter les choses, incapable de s'imaginer ou de voir plus loin que le bout de son nez. Il ne voulait pas devoir jouer à ce jeu-là. C'était trop difficile, trop injuste et pourtant voilà qu'il était là, à se détester d'en vouloir à Soren pour quelque chose qu'il ne contrôlait vraisemblablement pas. C'était vraiment trop immonde, de lui reprocher de se confier à lui. Il ne voulait pas être ce genre de personnes. Il voulait l'aider. Tenait à être une épaule secourable, comme l'avait été Miguel pour lui toutes les fois où il avait douté, cru tomber au fond du trou, détesté le monde entier ; s'il pouvait rendre un quart de ce qu'on lui avait offert en matière de soutien, il supposait qu'il en serait heureux.
Du moins l'avait-il toujours pensé jusqu'alors.
Son sourire définitivement perdu, il passa une main dans ses cheveux et tenta de faire le tri dans ses pensées. Il avait beau ne pas se considérer comme quelqu'un de bête, voire légèrement au-dessus de la moyenne, il n'était pas un génie d'une quelconque sorte pour autant : ce n'était pas facile pour lui de porter des jugements moraux sans avoir l'impression de se tromper, d'induire les autres en erreur, de dire des atrocités. Il avait ses idées bien à lui sur certains sujets, évidemment, comme tout le monde penchait en faveur ou en défaveur de la peine de mort, de certaines guerres, des droits de l'homme, ce genre de grandes choses-là ; mais de là à aller plus loin...
Il était tellement, tellement influençable. Donner son avis n'était pas son point fort. Il préférait de loin suivre que mener : c'était beaucoup plus simple à vivre pour sa pauvre conscience.

« Non, c'est... Uhhh. »

Doucement, il déplaça ses deux mains jusqu'à son visage et les fit glisser jusqu'à ramener les mèches de sa frange en arrière sur sa tête. Doigts croisés dans sa chevelure brun-roux, il poussa un bref soupir et tenta de se concentrer.

« Tu sais, ça dépend vraiment de la situation. C'est comme... Tuer pour se défendre ou par plaisir. Faire un pacte avec le diable pour sauver sa mère ou juste pour devenir riche. C'est normal de se demander si c'est bien ou mal. Alors euh, je peux pas te dire que ça ferait de toi quelqu'un de bien, c'est sûr... »

Il mordilla pensivement sa lèvre inférieur, faisant attention à être le plus précautionneux possible.

« … Mais ça ferait pas obligatoirement de toi un type mauvais. Ça dépend vraiment trop, répéta-t-il en secouant sa tête de gauche à droite, ramenant ses mains sur ses genoux. Parfois on a l'impression de faire des choses horribles, et puis en fait... Ça ne fait de mal à personne, alors tout va bien. »

Inspire, expire. Il ne se mouillait pas. Tout allait bien.

« Mais Soren. Qu'est-ce que t'aurais pu faire de si grave, hein ? T'es pas un mec méchant. »



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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mer 3 Sep 2014 - 23:15

...

Soren voulait se lever ; se lever et partir le plus vite possible pour ne plus déranger Alejandro. Son cœur battait la chamade sans raison et la mine pensive de son ami ne l'aidait pas à calmer le jeu. Il suivait les courbes que ses mains hésitantes traçaient, à la fois dans l'air et sur sa peau. Il n'aurait jamais dû prendre un ton aussi sérieux et angoissé, mais pouvait-on poser cette question en invoquant une simple curiosité détachée ? Il n'était pas bon menteur et aurait fini par se trahir et l'inquiéter au bout du compte. A qui d'autre demander conseil ? Il ne voulait s'ouvrir ni aux inconnus, ni à Claris. Le choix restreint s'était porté sur Alejandro après plusieurs nuits sans sommeil et une visite impromptue de son AEA.
Il voulait s'excuser ; heureusement, l'aveugle le coupa dans son hypothétique série de justifications sans queue ni tête. Il était temps qu'il apprenne à avoir confiance en lui et, surtout, à ne plus regretter la moindre de ses initiatives. Il devait y avoir du bon dans ce qu'il décidait et faisait, quelque part, même caché sous des mètres et des mètres de doute. Comment le trouver, dans une inquiétude vaste et profonde comme l'océan ?

« Tu sais, ça dépend vraiment de la situation. C'est comme... Tuer pour se défendre ou par plaisir. Faire un pacte avec le diable pour sauver sa mère ou juste pour devenir riche. C'est normal de se demander si c'est bien ou mal. Alors euh, je peux pas te dire que ça ferait de toi quelqu'un de bien, c'est sûr... »

Tout en nuances et compromis – Soren ferma les yeux pour essayer de deviner, à l'ombre rassurante de ses paupières, laquelle pouvait s'appliquer à lui. Était-il coupable de son geste, et son geste avait-il quelque chose de répréhensible ? Certains se seraient sûrement dit qu'il se faisait du mal pour rien, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, et si ce n'était pas clair pour lui, qu'y pouvait-il ? Il regrettait et détestait à la fois Berlin pour ça ; Berlin lui avait dit comment se tenir et comment agir, comment être « quelqu'un de bien ». Berlin avait fait sa propagande mais au Pensionnat, personne ne lui disait plus comment poser un pied devant l'autre. À force de côtoyer tous ces gens venus d'époques et de réalités différentes, il avait remis en question les principes et doctrines de son enfance. Il n'était plus que paradoxes et fausse gentillesse pour masquer ses doutes et ses douleurs.
Il aurait aimé y retourner. Il savait que la guerre se serait arrêtée. Pour autant, y aurait-il survécu ? À l'après. Soren n'était ni volontaire ni indépendant.

Peut-être qu'il en serait mort et que ça n'aurait pas été plus mal.

Alors tout va bien. Il aurait aimé terminer son raisonnement comme Alejandro, se lever, le remercier et lui dire qu'il l'avait aidé. Mais ça ne partait pas. Il caressa distraitement Gil, les yeux posés sur tout sauf Alejandro. Il s'en voulait, pour la énième fois. Mais il lui avait demandé son avis et allait faire en sorte que ça serve à quelque chose.
Et si ça n'a fait de mal qu'à moi ?

« Mais Soren. Qu'est-ce que t'aurais pu faire de si grave, hein ? T'es pas un mec méchant. »

Il pinça les lèvres, plongé dans un abîme de réflexions et de débuts de réponses. Pas méchant... Ahaha, oui, il aurait être méchant et le laisser dans le noir. Ne pas s'en préoccuper, le laisser se retourner, et remonter seul. Rien de tout ça ne serait arrivé. Il ne savait plus s'il l'avait fait pour lui ou Claris, au final, ou même pour Yoan – un peu des trois, peut-être.
Il aurait aimé un cœur sensible et chaud comme la pierre, que même la pluie torrentielle n'ébrèche qu'au bout d'années et d'années d'érosion. Un cœur dur et sans faille qui sait ce qui est bon pour lui et ce qu'il lui faut éviter afin de ne pas se faire empoisonner.

Ce qu'il avait fait était mal, pour lui au moins – comment connaître la version de l'autre ? Si ça se trouve, il avait oublié, ou il n'avait jamais existé.

« Sûrement. Je pense que je me suis surtout fait mal tout seul, dit-il avec un haussement d'épaule, presque ironique, et que ça concerne pas grand monde à part moi. »

Au mieux, il n'était un monstre que pour sa propre personne et les questions qu'il se renvoyait devant son miroir. Soren ne s'aimait pas, alors au fond, la logique était là.
Mais s'il avait su, il l'aurait quand même...

« Je suis désolé de t'avoir embêté, je pense que je voulais surtout parler. Je perds vite le moral, ici. »

Là-bas, c'était différent, mais l'entourage et les enjeux n'étaient pas les mêmes. Tout le monde avait envie de revoir ses rues et sa famille, combler l'absence. Tout le monde avait ses hauts et ses bas.
Allez savoir pourquoi, malgré toutes ces paroles rassurantes, la bille restait obstinément coincée au milieu de sa gorge, attendant qu'il avale pour l’étouffer un peu plus.


Dernière édition par Soren Mülher le Mar 30 Déc 2014 - 1:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Lun 13 Oct 2014 - 18:05

Évidemment ; ça ne concernait rarement qui que ce soit d'autre que soi-même, ce genre de problèmes. Qu'ils soient graves ou non, du « j'ai faim » au « j'ai tué quelqu'un », ce n'était pas quelque chose qui avait réellement besoin d'être dit ; il fallait agir par soi-même pour tout régler, de là à aller chercher quelque chose à manger ou se mettre à creuser. Alejandro n'était pas trop sûr de quoi répondre à ça. Il aurait aimé pouvoir lui dire que lui en parler aiderait, mais il n'était pas sûr de ce qu'il avançait : et puis très honnêtement, il commençait à avoir un peu peur de ne pas être capable de porter cette information sur ses pauvres épaules. Il était de confiance, à priori, sans doute, mais de là à tout garder pour lui sans en être hanté... Il y avait une différence très nette qu'il n'avait pas trop envie d'expliquer à voix haute. Il se serait senti bête et méchant. « Désolé mais j'ai pas envie de m'ennuyer avec toi. » Sacré ami, franchement, hein. Il démolissait tout les records de gentillesse avec ce genre de pensées, y'avait pas à dire. Alejandro, le plus cool des mecs cools. Et voilà. Il se détestait cordialement. Amen.
Entre insister et laisser tomber existait un monde de doutes et de « pourquoi ? » que le jeune homme, encore trop immatures sur bien des points sans doute, peinait à déchiffrer. S'il disait à Soren que « mais si, vas-y, dis moi, je le répéterai pas », il se donnerait des airs d'adolescente débile qui attend l'info du siècle pour glousser bêtement ; s'il disait « okay, vis ta vie », ça faisait d'un autre côté terriblement je-m'en-foutiste. Il fallait trouver autre chose. Seulement là, il ne voyait vraiment pas. Ça devait pourtant exister. La solution miracle, le truc qui règle tous les problèmes et dessine des sourires instantanés sur tous les visages. Ouais, sans doute. Encore fallait-il être capable de le trouver, dans cet abîme noirâtre de questions et de craintes. Sur ses genoux, ses mains se remirent doucement à se martyriser l'une l'autre. Il allait trouver. Il ferait bien. Il se débrouillerait. Il l'aiderait. Allez, il pouvait au moins faire ça ! On passait son temps à lui remonter le moral, il pouvait bien rendre la pareille ne serait-ce qu'une fois dans sa vie.

Juste une fois. Ce serait le moment.

« Je suis désolé de t'avoir embêté, je pense que je voulais surtout parler. Je perds vite le moral, ici. »

Alejandro hocha la tête, un peu ennuyé. Il voyait bien que son ami refermait petit à petit le sujet, se cachant doucement mais sûrement derrière des formulations génériques pour ne plus rien avoir à dire sur la question. C'était embêtant. Il ne voulait pas qu'il garde tout sur ses épaules qu'il devinait un minimum fragile ; c'était peut-être trop à porter pour une seule personne. S'il avait besoin de conseils, il voulait être là un peu mieux que ça. S'il avait dit une bêtise, il aurait aimé le savoir aussi. Tant de doutes et pas la moindre réponse, même pas un début ; de quoi le terroriser en temps normal. Là, il était un brin trop concentré sur quoi dire et quoi faire pour s'en rendre compte. Un bon point pour eux deux. S'il s'était mis à balbutier pour mieux se murer dans un silence obstiné, c'était Soren qui aurait dû le rassurer – et là, franchement, ça aurait vraiment viré pathétique de son côté. Il ne voulait pas en arriver là. Tout sauf ça.

« Ouais. Ben... Tu sais, c'est un peu pareil pour tout le monde. Être enfermé c'est dur. T'imagines pas le nombre de fois où les autres sont obligés de me rassurer, haha. »

Haha, oui. C'était pas spécialement drôle mais si ça pouvait aider Soren à se rendre compte qu'il n'était pas seul dans ses malheurs, ce serait déjà ça de pris.

« Et puis tu m'embêtes pas ! assura-t-il avec une certaine véhémence. Si je peux t'aider, ça me fait plaisir. D'habitude, en fait, c'est plutôt moi qui ait besoin d'aide... Alors bon. »

Il laissa filer un rire sans joie ni peine ; juste un rire comme ça. Pour meubler. Pour ne pas rien faire.

« On est un peu pareils, tu vois. »



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mar 30 Déc 2014 - 2:27

...

Il ne pouvait rien lui dire sans passer par subterfuges et métaphores plus ou moins réussies ; pas uniquement parce qu'il avait honte (ah, non!), mais aussi parce qu'il ne savait pas par où saisir le problème. Comment distinguer la queue de la tête, comment amener le sujet sur le tapis ? Et quel sujet ? La question était d'autant plus délicate qu'elle risquait de faire virer Alejo de bord, de le faire passer pour un monstre ou un détraqué à ses yeux. Qu'ils ne voient rien ne changeait pas la donne. Soren se détestait pour s'être empêtré dans cette situation dont il ne savait plus quoi faire : dans la cave et dans le parc, c'était la même chose. Il se sentait tel le monstre en carton-pâte d'une mauvaise pièce de théâtre, aux membres tirés de ficelles par tous les côtés. Assumer ses actions, ça ne lui ressemblait pas. Pour se défense, prendre des décisions ne lui ressemblait pas tant non plus – pas étonnant que, avec un chemin tout tracé, il soit effrayé de s'en écarter ne serait-ce qu'un peu.
Si tu savais, mon dieu, tu me détesterais. Alejo pouvait le rassurer autant qu'il le voulait, il en était certain. Il ne l'accusait pas d'être un garçon méchant ou étroit d'esprit, bien au contraire : mais c'était l'opinion générale, oui, l'opinion générale...
Elle le torturait depuis trop longtemps déjà.

« Ouais. Ben... Tu sais, c'est un peu pareil pour tout le monde. Être enfermé c'est dur. T'imagines pas le nombre de fois où les autres sont obligés de me rassurer, haha. »

Il lui offrit un maigre sourire, accompagné d'un mince filet de rire. Ses lèvres semblaient faites de plomb et avaient du mal à remuer en cadence, comme s'il avait oublié en l'espace de quelques secondes l'art et la manière de formuler les mots. De parler, de rassurer, d'exposer, d'argumenter. Et cette fois-ci, être bon élève ne le sauverait pas du trac. Parler pour être rassuré était essentiel, mais voilà, Soren ne parlait pas. Il patinait et glissait.
Plus la conversation avançait, plus il s'en voulait. Il avait presque envie de changer de sujet et embrayer sur Alejo, ou sur la pluie et le beau temps. N'importe quoi, tant qu'il n'était pas en ligne de mire. Allez, un peu de courage...

Lui aussi, il doit faire des efforts, tu sais.

« Et puis tu m'embêtes pas ! Si je peux t'aider, ça me fait plaisir. D'habitude, en fait, c'est plutôt moi qui ait besoin d'aide... Alors bon. »

Allez savoir pourquoi ça le répugnait de s'avouer qu'au fond...

« On est un peu pareils, tu vois. »

… ils se ressemblaient.
Cela lui fit chaud au cœur, mais le fit aussi se sentir coupable – un peu plus ou un peu moins, au point où il en était, ledit cœur ne le sentait même plus. Il inspira discrètement pour se donner du courage et la force d'en rire et d'en plaisanter. Ils n'étaient vraiment pas aidés, hein ! Un peu maladroits, toujours à regretter, pas du genre à se démarquer ni à imposer leur avis. Un peu discrets, un peu ordinaires, un peu rien. Il n'aurait pas dû avoir peur de se confier ; seulement, les circonstances étaient telles que...
Et si tout ça revient aux oreilles de Claris ? Oh non, il ne laisserait jamais faire ça. Jamais.

Alejandro aussi avait ses problèmes, de quel droit lui imposait-il les siens ? Mais s'il ne l'embêtait pas...
Un faux pas, ça arrive à tout le monde. Ah, il aurait préféré l'aider.

« Je te trouve très courageux, quand même, tu sais (plus que moi). Et si vraiment ça ne te dérange pas... »

Ce n'était ni le moment de se dégonfler, ni le moment de s'évanouir. S'il le ne disait pas maintenant, il ne le dirait jamais.

« Je peux te poser une question assez personnelle ? »

Plus encore qu'avant, il eut envie de s'enfoncer dans la terre meuble et de ne plus jamais en ressortir.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Lun 19 Jan 2015 - 17:33

Courageux ? Pour le coup, Alejo ne put retenir un bref rire de gorge. Il ne se pensait pas courageux ; pas plus qu'un autre, pas plus que la majorité, pas plus que Soren. Il se trouvait commun sous tout les angles, ni trop quoi que ce soit ni pas assez grand chose, avec ses défauts et ses qualités que personne ne remarquait jamais vraiment. Transparent. Il y avait beaucoup de choses que le jeune homme avait perdu avec son accident, et son peu de confiance en lui en faisait définitivement parti. Il aurait aimé pouvoir être plus utile, plus fort, plus courageux, justement ; ne pas avoir peur de ce qu'on pourrait bien lui avouer parce qu'au fond, il se connaissait. Il savait qu'il ne répéterait rien, qu'il n'en penserait peut-être pas moins mais qu'il ne jugerait pas à voix haute, jamais : parce que ça ne se faisait pas, parce qu'il ne voulait pas perdre d'amis, parce qu'il avait peur de se tromper, de ne pas avoir la bonne réponse, de ne pas avoir le bon avis sur la question. Il était rare qu'il s'impose sur quoi que ce soit, alors de là à dire « euh excuse moi mais t'es complètement grave/fou/fichu/dans la merde », c'était au-dessus de ses forces.
D'autant plus que, encore et toujours, il restait persuadé que Soren – Soren, mince ! – ne pouvait rien avoir fait qui le fasse sauter sur place ou perdre momentanément l'usage de la parole.
S'il avait été un peu plus malin, un peu plus prévoyant, il aurait tout de même décidé d'une attitude à adopter au cas où. Seulement il ne l'était pas ; ne le serait probablement jamais plus que ça. Alors il se contenta de rester là, à l'écouter parler, sans sourire ni grimace au visage. Aussi attentif qu'on pouvait se permettre de l'être sans s'oublier soi-même. Il en aurait ri d'être ainsi suspendu aux paroles du blond ; il ne lui avait jamais semblé, avant ça, qu'ils seraient du genre à se confier des secrets. Peut-être parce que, l'un comme l'autre, ils ne donnaient pas vraiment l'impression d'en être capable. Rien qu'à voir les difficultés qu'avaient l'allemand à se livrer... Et il n'aurait sans doute pas été mieux à sa place. Occupé à se torturer l'esprit et les doigts, au bord des larmes, prêt à imploser et tout laisser sortir à tout moment.

« Je peux te poser une question assez personnelle ? »

Alejandro déglutit.
Ça, ça faisait relativement peur ; il craignait qu'il ne lui demande quelque chose auquel il ne voudrait pas répondre, quelque chose de difficile, quelque chose de douloureux. Alejandro ne voulait pas se retrouver sans voix ni rien à dire face aux problèmes de son ami – or pourtant, si ça devenait personnel des deux côtés, il y avait de grandes chances que ce soit le cas. Malgré tout, histoire de faire honneur au courage dont on l'avait affublé pour quelques heures (minutes ?) seulement, il acquiesça. Visage tourné vers Soren, avec plus ou moins de justesse, il tenta un sourire légèrement inquiet.

« Bien sûr. Je vois pas trop ce qui pourrait me déranger, mentit-il, donc... Vas-y, t'en fais pas. »

Il prit une brève respiration avant de se traiter d'imbécile en toutes les langues qu'il connaissait – à savoir une seule ; l'espagnol. Étonnamment, il parvint tout de même à garder un visage souriant et composé. Le seul hic avec son affirmation de grand garçon, c'était qu'il allait être obligé de répondre pour ne pas avoir l'air d'un menteur stupide.
Mais quelle importance, au fond ? Il s'était déjà résolu à faire de son mieux pour trouver des réponses à ses questions.

« Ah, hm, et, je répéterai rien. Hein. Promis. »

C'était peut-être important à préciser. On ne sait jamais.
Tu me détesterais, si tu savais.
Bam bam. Peureux, va.



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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Dim 24 Mai 2015 - 20:34

...

Soren prit la meilleure décision de sa vie en posant ses mains sur ses genoux avant de se casser un doigt ou deux. Son souffle, précipité, semblait vouloir l'étrangler chaque fois qu'il inspirait pour se donner du courage. La scène devait être belle depuis l'esprit d'Alejandro ! Il était incapable d'avoir l'air calme ou de donner à sa voix le ton de la nonchalance dont il rêvait depuis le début de la conversation. Avec ses intonations plaidant coupables sans même avoir formulé la moindre accusation, il avait perdu l'espoir de faire passer ses questions pour une simple curiosité mal placée. Il préférait qu'on le pense indiscret qu'abominable. Soren était malheureusement de ces gens qui, avec un poids sur la conscience, ne parvenaient plus à dormir la nuit. La culpabilité le rongeait – et s'y ajoutait le remord d'y entraîner son ami alors que ce dernier n'avait rien demandé. Du calme, Soren, c'est juste une question. Il ne te dira rien.
Bien sûr, juste une question, lui rétorqua méchamment sa conscience ; c'est tout à fait ce qu'il va penser, avec le cirque que tu lui as servi ! Résistant à l'envie de se rouler par terre pour évacuer la tension ou tout simplement filer sans demander son reste, il arrêta sa paume à deux centimètres de sa joue. Il aurait eu besoin d'une bonne claque pour se réveiller.

« Bien sûr. Je vois pas trop ce qui pourrait me déranger, donc... Vas-y, t'en fais pas. »

Ahahaha, tu ne vois pas... Soren inspira pour la 350 ème fois en dix minutes et laissa ses doigts pianoter sur ses genoux un court instant. Il n'avait pas le droit de se plaindre, personne ne l'avait forcé à se confier et enterrer Alejandro sous les remarques sans queue ni tête dont il n'était pas prêt de s'extirper. La précision, bienvenue, ne fit que très légèrement sourire Soren, et ne fut pas suffisante pour dissoudre la boule qu'il avait à la gorge et qui l'étouffait sans vergogne. Quand le jeune homme se plaignait de faire des montagnes d'un tout petit problème, il n'exagérait pas. Quand il prétendait s'attirer seul des ennuis, il ne plaisantait pas non plus.
Seulement il avait peur, et il avait besoin de savoir si...

« En fait, hum... »

Et quitte à se montrer courageux, autant ne pas freiner juste avant le mur et allégrement foncer dedans. Il était fichu, de toute façon, alors à quoi bon hésiter ? Soren ne savait pas si se mettre en situation de mort imminente pouvait l'inciter à prendre une décision et ne pas la regretter, mais cela faisait battre son cœur un rien trop vite. A seize ans, il était persuadé de pouvoir mourir d'une attaque cardiaque sur la seconde.
S'il avait fait preuve de plus de discernement dans la cave, il n'en aurait pas été là. Pouvoir faire la part des choses, ne surtout pas s'égarer dans l'ombre en attendant le prochain cauchemar ; il craignait plus la nuit qu'il ne craignait les fondateurs du Pensionnat Interdit. Il aurait aimé rentrer chez lui, retrouver sa chambre, son bureau, ses livres, ses parents. Tout ce qui l'avait entouré dès sa naissance et qu'on lui avait brutalement arraché un soir d'automne.
Sans repères, il laissait le silence durer. Un battement de cils et de cœur plus tard, il se rendit compte qu'il devait angoisser Alejandro. Malgré l'envie qui le prenait au ventre de garder la bouche cousue, il se décida enfin à reprendre :

« Qu'est-ce que tu penses des homosexuels ? »

Il allait le mettre sur le compte de son vécu – il allait le faire, n'est-ce pas ? Peter l'aurait détesté, mais Soren n'aimait pas devoir se chercher, ni devoir réfléchir à plus que ce qu'on lui mettait sous le nez. Une existence cloisonnée lui convenait. Il n'en avait jamais demandé plus. Chez lui, on leur mettait le canon sous le nez, mais pas juste à eux. Alors, où est le faux, où est le vrai, qu'est-ce qui est bien et qu'est-ce qui est mal ?

Dis-moi Alejandro.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Jeu 25 Juin 2015 - 0:37

La nervosité de Soren lui tordit l'estomac. Il avait beau essayer de se convaincre que ça ne pouvait pas être si grave, sa réticence à en venir aux faits arrivait doucement mais sûrement à teinter ses certitudes fragiles d'un doute terrifiant. Alors que, vraiment, les adolescents faisaient toujours des montagnes de tout petits riens ; histoires de cœur, trahisons et autre soucis des plus banals pouvaient prendre des proportions immenses pour celui qui les vivait. Il n'aurait pas été étonné qu'au final, le problème de son ami ne lui semble complètement dérisoire. Pas idiot, non – juste bien plus bénin qu'un meurtre ou autre crime tout aussi terrible. Ce n'était pas non plus comme si le jeune homme était... Disons, un dur à cuir habitué à hurler dans les couloirs dès que l'occasion se présentait. Les personnes réservées et émotives devaient plus facilement se sentir dépassées par les événements. Qu'il se torture pour des bêtises ne lui paraissait pas impossible, loin de là. La seule chose qui le gênait vraiment, en fait, était que Soren n'avait pas l'air d'être le genre de personne à ennuyer tout le monde et n'importe qui au premier petit soucis venu. Plutôt à... Attendre que la cocotte-minute ne soit sur le point d'exploser. Qu'il n'y ait plus d'autre solution que celle-là.
Un dernier recours, quoi.
Et puis même ; en admettant qu'il n'ait pas réussi à se débrouiller tout seul et ait besoin d'un avis extérieur, pourquoi lui ? Pas qu'il se pense indigne de confiance, mais ils n'étaient pas non plus les meilleurs amis du monde. Logiquement, il aurait du aller voir les personnes dont il était le plus proche en premier. A moins que ça ne les concerne, qu'ils n'aient refusé de l'écouter ou que... Ou qu'il n'ait pas envie que ce soient elles, pour d'obscures raisons qu'il ne parvenait pas à imaginer. De toute façon, Alejandro restait persuadé d'être plus une option par défaut qu'un choix évident : ça faisait nettement plus sens, à ses yeux. Que cette conclusion vienne de la logique ou de son opinion parfois triste de lui-même importait peu.

« En fait, hum... »

Concentré sur la voix de l'allemand comme l'on s'accrocherait à un fil risquant à tout moment de se briser, le garçon crispa inconsciemment ses doigts autour de ses genoux. Plus le silence traînait, plus il avait envie de trépigner ; d'y mettre fin, d'une façon ou d'une autre. C'était beaucoup trop éprouvant pour ses pauvres nerfs. C'était terrible, tout de même, de se donner l'impression d'attendre que la hache vienne heurter sa nuque pour mieux le décapiter net. Ce n'était qu'un. Tout. Petit. Problème. Quelconque. Il paniquait pour rien. Soren faisait durer le suspense pour rien. Ils étaient tous les deux stupides et maladroits et voilà.

Franchement, s'il avait tué quelqu'un et avait besoin de son aide pour l'enterrer dans la forêt, il n'aurait pas –

« Qu'est-ce que tu penses des homosexuels ? »

… Quoi ?

Interrompu dans ses pensées sur l'expression de surprise la plus parfaite qui soit, Alejandro sentit son cerveau se gripper. Ceeee n'était pas exactement ce à quoi il s'était attendu. Enfin, pas qu'il ait vraiment essayé d'imaginer quelque chose de crédible non plus – il n'avait jamais été doué pour ça ; mais là, n'empêche, il en restait coi. Bête. Silencieux.
Mince, il fallait dire un truc, là.
A peine conscient que sa surprise avait viré à la perplexité presque offensée, il tenta de reprendre une expression plus ou moins neutre. L'étonnement persistait, mais tant qu'il n'avait pas l'air profondément choqué ça devrait faire l'affaire. Ce n'était pas non plus comme s'il avait parlé d'un truc affreux ou dégoûtant, hein, il pouvait tout à fait gérer ça sans avoir l'air d'un connard de première.
Il espérait vraiment pouvoir le faire.

« Euhh. Ce que j'en pense... se risqua-t-il prudemment, clairement mal à l'aise. Ben je... Rien de spécial ? J'existe, et ils existent, et euh... Ils font ce qu'ils veulent, je m'en fiche quoi. Haha. »

Hahaha.
Sauf qu'il devait bien y avoir une raison à sa question. Et qu'à moins que Soren ne se soit pris d'amour pour un livre contant les histoires passionnantes d'un couple homosexuel, ça concernait forcément quelqu'un.
Vu ce qu'il avait dit avant, il imaginait que soit le garçon avait découvert que quelqu'un était gay et l'avait mal pris pour mieux le regretter ensuite, soit il...

Avait un autre genre de problème sur la conscience.

Gêné, il inspira doucement. Ça devait être le premier.

« Enfin. Je vais pas les taper... Je vais pas les féliciter non plus, admit-il en revenant appuyer son dos contre l'arbre, se détournant de son ami. Pourquoi ? »

Alejo est un peu timide:
 



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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Jeu 13 Aoû 2015 - 21:21

...

Soren grimaça, à la différence près qu'Alejo ne pouvait pas le voir – tenter de décrypter les émotions qui passaient sur son visage et ce qui pouvait traverser son esprit le rendait malade. Et s'il regrettait d'avoir posé la question ? Si Alejandro s'offensait, s'il lui disait sur le ton de la conversation qu'on brûlait ces gens-là pour mieux les oublier ? Son ami n'était pas cruel, mais l'opinion publique ne se privait pas pour l'être, parfois à l'excès. Soren avait connu des gens très biens, aux valeurs sûres et droites, répéter ce qu'on leur disait, persuadés d'avoir le bon raisonnement entre les doigts. Les gens sont influençables, regarde-toi ; lequel frissonne de dégoût, entre vous deux ?
Si on pendait haut et court les hérétiques chez lui, il n'aurait pas à se plaindre de la réponse. Mon dieu, il étouffait d'angoisse ; il aurait mieux fait de ne pas demander et recommencer à parler de tout et de rien. Il se débrouillait bien en badinages lorsqu'il le voulait, quoiqu'il exécrait les conversations creuses et futiles. Avec Alejandro, ça ne pouvait qu'être agréable. Et s'il lui faisait du mal, ce ne serait jamais de son propre chef (Soren en était plus qu'intimement persuadé). Qu'est-ce qui m'a pris de...

« Euhh. Ce que j'en pense... Ben je... Rien de spécial ? J'existe, et ils existent, et euh... Ils font ce qu'ils veulent, je m'en fiche quoi. Haha. »

Son rire sonnait au moins aussi faux que son sourire. Le cœur instantanément repartit au galop, il espéra n'être pas né si perspicace : s'il avait été idiot et incapable de deviner avec plus ou moins de justesse ce que les autres tentaient désespérément de masquer, il n'aurait pas été si malheureux – et il ne parlait pas seulement de sa situation actuelle. Beaucoup de souffrance pour bien peu d'avantages, au final : s'il était né idiot et insensible, il n'aurait eu qu'à croire Alejandro sur parole et ne plus s'en faire. Il n'aurait pas accusé Alejandro de lui mentir, mais le sujet ne le mettait pas à l'aise.
S'ils te dégoûtent, tu peux me le dire, faillit-il lâcher avec une certaine amertume. Il ne le fit pas. Et c'était stupide et réducteur, au final, car il savait qu'il n'était pas...

« Enfin. Je vais pas les taper... Je vais pas les féliciter non plus. Pourquoi ? »

Les féliciter d'exister ? Soren avait préparé son excuse à l'avance et ne laissa filer aucun silence gênait ou hésitant. Il attendit néanmoins, pour ne pas avoir l'air trop empressé de se justifier :

« Parce que chez moi, ils étaient plutôt très mal vus. (il se fit rire tant l'euphémisme lui semblait exagéré) Je voulais simplement savoir si c'était toujours le cas à ton époque. »

Et en soi, cette excuse n'était pas plus irréaliste qu'une autre, elle tenait même fort bien la route. Et de plus, pensa-t-il au souvenir des rues désertes, des vitres brisées et des cris, elle ne concerne pas que moi. L'empathie était un défaut terrible dont il aurait aimé se défaire. Ce n'était pas amusant, de ressentir toute la rancune et toute la tristesse dans des voix à l'intonation étrangère. Il eut une pensée émue pour Emrys.
Il était bien plus fort que lui.

« Parce que... c'est mal de penser comme les autres veulent que l'on pense, n'est-ce pas ? On devrait être capable de se faire sa propre opinion, même si on a grandit dans un monde où on nous a toujours dit de penser ci, de penser ça... Réduire un individu à un seul mot, c'est... »

C'est tellement atroce. Et lui n'était pas capable de croire en ses propres mots, il cherchait constamment l'approbation, sans chercher à briser le carcan d'une société malade. Il était lâche.
Et aujourd'hui, tout ce qu'on lui avait appris se retournait contre lui.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Sam 29 Aoû 2015 - 0:33

Parfaitement conscient qu'il venait de passer en terrain glissant et dangereux, Alejandro essaya de calmer les pointes de stress qui lui transperçaient les côtes. D'habitude, il était de l'autre côté du miroir ; d'habitude, on ne lui demandait rien parce que c'était toujours lui qui avait besoin d'aide. Lui qui ennuyait le monde entier avec ses questions existentielles et ses machins super importants dont personne n'avait rien à faire – lui qui les faisait marcher sur des œufs parce qu'à chaque mot, chaque petite hésitation de trop, il risquait de se fâcher, de se renfermer sur lui-même et de se replonger dans des pensées aussi noires que son paysage. Et ils ne voulaient pas le voir faire ça. Même s'il les fatiguait tellement, tellement, ils ne voulaient pas.
Il commençait tout juste à comprendre ce que ça faisait.
Ce n'était pas drôle du tout.
On ne lui avait pas demandé d'être complètement honnête, hein ? Parce que s'il devoir choisir entre ça ou être gentil, il préférait encore être gentil.
C'était toujours une question de limiter les dégâts. Et puis il n'avait rien de spécial contre ces gens, vraiment. Juste l'envie ferme et décidée de ne pas être associé à eux. Ce n'était pas un crime, hein ? Ça ne pouvait pas en être un.

« Parce que chez moi, ils étaient plutôt très mal vus. Je voulais simplement savoir si c'était toujours le cas à ton époque. »

Alejandro accepta cette raison comme il aurait accepté n'importe quelle réponse à peu près crédible : sans y réfléchir, sans creuser, sans rien. C'était pas trop personnel, c'était neutre. C'était bien. Quoi que toujours mal à l'aise, l'espagnol lâcha un « ah » poli, histoire de dire que c'était okay et, aussi, qu'il l'avait entendu. Il ne voulait pas sembler inattentif.
Tentant de se rasséréner peu à peu, il sentit Gil glisser contre sa jambe et venir s'allonger près de Soren. Il avait quasiment oublié que cette sale bête était là. Ça lui apprendrait à frôler l'arrêt cardiaque pour rien. Il ne jouait pas sa vie, là – aucune raison de se mettre autant la pression ; c'était juste ridicule.
Mais l'allemand continuait et, déjà, sa paix intérieure commençait à se dissoudre.

« Réduire un individu à un seul mot, c'est... »

Mal. Sûrement.
L'adolescent ne se posait jamais ce genre de questions. Trop égocentriste pour ça. Il y avait lui et ses problèmes, sa famille, ses proches – basta. La politique, les problèmes sociaux, les injustices... Ça ne le touchait pas assez pour qu'il s'en préoccupe. Alors il ne savait pas quoi dire à part les généralités ; n'avait pas d'avis propre.
Là, pourtant, ça l'aurait bien aidé.

« Ben, ouais, lâcha-t-il en arrachant des brins d'herbe, au bord de la couverture. C'est mieux de se faire sa propre idée, non ? Mes parents et les profs aiment bien répéter ça, je sais pas. »

Ce n'était pourtant pas toujours si simple. Mais il n'avait pas été habitué à vivre dans un monde où l'on peut vous tuer pour votre opinion : même si ça arrivait encore, il n'y pensait pas. Ça paraissait si loin.

« Enfin tu sais, en plus, les temps changent ! s'exclama-t-il d'un ton qui se voulait déterminé. Je veux dire, chez moi, en Espagne, ils peuvent se marier et tout. Et y'a des lois pour empêcher les gens de les embêter, ou de pas vouloir leur donner du travail, et euh... C'est pas encore génial partout, mais c'est déjà bien ? Donc ils sont pas... »

Des pestiférés, des malades, des anormaux.

« Mal vus » finit-il en appuyant ses pieds l'un sur l'autre, jambes pliées.

Ils avaient commencé à entrer dans la norme. Que ça lui plaise ou non.

QUOI QUOI QUOI :
 



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« Sueño cuando era pequeño sin preocupación en el corazón.
Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Sam 9 Avr 2016 - 23:09

...

Soren tendit la main pour caresser le porcelet qui s'était allongé près de lui ; il avait ce réflexe malheureux de souhaiter être n'importe qui sauf lui, et si être un animal permettait de passer au-dessus de tous les ennuis et les questions qui l'assaillaient, alors oui, il était jaloux du petit AEA. Même en relativisant énormément (ce qui était un effort colossal en soi tant ce n'était pas dans ses habitudes d'écolier stressé), il n'arrivait pas à se dire que tout allait bien et que demain ne serait pas un enfer digne de la veille. Que même si ce qui s'était passé était atroce, ce n'était qu'un point noir sur le grand calendrier de sa vie, comme tant d'autres avant lui. Tu t'en es remis, n'est-ce pas, Soren ? Dès que la donne devenait personnelle, il voulait plonger sa tête dans le sol comme une autruche. Régler ses problèmes tout seul comme un grand ? Non merci. Les ignorer ? Merci bien. Il n'était pas et ne serait jamais un adulte, le Pensionnat lui avait au moins donné l'excuse de pouvoir fermer les yeux.
La scène de la cave se rejouait sans cesse devant ses paupières closes – pas tant le reste de la nuit mais plutôt le début, quand les marches s'étaient ouvertes sous lui et qu'il s'y était abîmé la cheville. Sans cette maudite blessure, remonter l'escalier et échapper à Yoan aurait été un jeu d'enfance. Soren oubliait commodément qu'il avait eu à plusieurs reprises l'occasion de s'échapper ; qu'il l'avait retenu sans savoir pourquoi.

Pour Claris, peut-être. Il ne savait pas. Et maintenant, il attendait en tremblant le prochain coup et embêtait Alejo avec ses tergiversations sans queue ni tête.
Qu'on le gifle, va, il ne faisait pas plus qu'un piètre ami.

« Ben, ouais. C'est mieux de se faire sa propre idée, non ? Mes parents et les profs aiment bien répéter ça, je sais pas. »

Et moi aussi, songea le jeune homme, un peu amer, il faut croire que j'ai trop écouté les adultes... il se souvint ensuite qu'il avait l'âge d'être le grand-père de son ami, au bas mot, et qu'il avait peut-être simplement du mal à faire la liaison. Réciter des choses qu'on appliquait à tout sauf à soi-même, c'était un leitmotiv de génération d'avant-guerre.
Tous des lâches.

« Enfin tu sais, en plus, les temps changent ! Je veux dire, chez moi, en Espagne, ils peuvent se marier et tout. Et y'a des lois pour empêcher les gens de les embêter, ou de pas vouloir leur donner du travail, et euh... C'est pas encore génial partout, mais c'est déjà bien ? Donc ils sont pas... »

Alejo conclut sur un « mal vus » qui sonna faux aux oreilles de Soren ; qu'on ne les considère plus comme des erreurs de la nature ou des aberrations ne voulait pas systématiquement dire que l'opinion avait changé – peut-être une majorité, mais jamais l’entièreté. Et quand différence ne rimait pas unanimité, Soren ne voulait pas en entendre parler.
A ce titre, il ressemblait à bien du monde, mais n'appliquait pas ce que ses parents lui avaient appris. Leurs leçons pleines de tolérance auraient pourtant dû trouver un écho plus favorable à ses oreilles que celles d'une société qui l'avait considéré comme mort alors qu'il n'avait pas soufflé les bougies de ses dix ans. Ce qui s'était passé avait fait remonter de vieux cris de rage à son cœur et il craignait les pavés et les hurlements, le coup de règle qui suit un défaut d'apprentissage. Mauvais garçon, mauvaise graine, mauvais citoyen. Et il était si loin de Berlin, pourtant.

Qu'Alejo ait visiblement du mal avec le sujet jeta un nouveau voile de malaise sur ses traits tendus. Gil couina pour attirer son attention, en vain. Il avait le regard planté dans le décor et le cerveau en ébullition.

Et la vérité, qu'il connaissait depuis longtemps, c'était qu'il se détestait, qu'il n'estimait pas être quelqu'un de bien.

« C'est bien, se contenta-t-il de dire, une petite amertume sur la langue, c'est bien que les choses aient évoluées. Je n'aurais pas cru ça possible, avant... »

Et il était sincère.

« Mais je parle de choses qui ne sont pas très joyeuses... Comment ça va, avec Leia ? »

Gil bondit en travers de ses jambes et Soren poussa un cri surpris. Il aurait dû être habitué à l'affection musclée de certains AEA, et pourtant la moindre caresse lui tirait toujours un sursaut malvenu. Ses parents n'avaient jamais aimé les animaux.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mar 14 Juin 2016 - 18:27

Dans ces moment-là, Alejandro aurait tué pour se savoir attentif et perspicace. C'était facile de dire « oui mais je vois pas, comment je pourrais remarquer quoi que ce soit ? » ; il ne comptait plus le nombre de fois où il avait pu sortir cette excuse depuis l'accident. Les voix ne mentaient ni plus ni moins que les visages, honnêtement. Il entendait les sourires assez clairement, était sensible aux changements d'humeur et d'ambiance comme n'importe qui. Soren n'allait pas super bien, par exemple. Ça, c'était certain – pas besoin d'être un génie pour se rendre compte que le garçon avait une baisse de morale. Il n'avait juste aucune idée du pourquoi, aucun indice d'à quel point, et pas le plus petit début de solution pour arranger les choses.
Mais c'était sûrement s'accorder trop d'importance, hein. Il n'avait pas le pouvoir de faire disparaître les soucis des gens en claquant des doigts. S'il avait lâché à n'importe qui que sa famille lui manquait, qu'il voulait voir Miguel, qu'il n'en pouvait plus, personne n'aurait rien pu faire. Ça devait être la même chose pour Soren, à tout les coups. Un problème qu'il ne pouvait pas régler peu importe ses bonnes intentions.
Il avait sa compagnie à offrir, pas grand chose d'autre. Restait à espérer que ce soit suffisant.
Parce que ses conseils et son opinion, jusque là, n'avaient pas dû servir à grand chose.

La catastrophe, sérieux.

« Mais je parle de choses qui ne sont pas très joyeuses... Comment ça va, avec Leia ? »

Ah.

Le cri de Soren le fit sursauter par réflexe et s'il pivota les épaules et la nuque dans sa direction, ce fut pour la même raison. Aucune information supplémentaire n'allait lui sauter à la figure en se tournant vers lui ; l'habitude était juste difficile à perdre.
Au moins, songea-t-il en revenant s'appuyer contre le tronc, vaguement détendu, il ne s'était pas étalé dans l'autre sens en criant aussi. Ça avait déjà dû arriver. Peut-être. Il préférait ne pas se souvenir.
Les bruits de contentement stupides de Gil l'insultaient tellement fort.

« Euh... Bien ? »


Langue mordue sur un « je crois » trop indécis, Alejandro prit quelques secondes pour trouver quoi ajouter. Ça allait bien, non ? Pour autant qu'il sache. Leia ne lui avait pas encore sorti le terrible « faut qu'on parle » annonciateur des meilleures nouvelles et lui non plus ne s'était pas mis à la détester sans raison. Il n'aurait pas fait ça. Il n'était pas comme ça. Seulement c'était sa première petite-amie, il était maladroit, le contexte était particulier, leurs handicaps respectifs ne rendaient pas les choses plus simples et...
Ah, et il doutait de tout ce qui pouvait réfléchir et communiquer.

Bien sûr.

Ses bras, de nouveau, vinrent s'enrouler autour de ses jambes.

« J'ai du mal à la comprendre, des fois... C'est une fille, quoi, lâcha-t-il en riant un peu. Non, ça va. On est cool. C'est juste... »

Personne ne lui ferait croire que les demoiselles n'étaient pas dix fois moins directes et au moins cent fois plus prises de têtes que les garçons. Il en avait fait l'expérience suffisamment souvent.
Ce serait presque plus simple de sortir avec un garçon, du coup ?

Okay, mon Dieu. Les deux conversations n'allaient clairement pas ensemble.
Non non non. Demi-tour, droite.

« J'ai du mal à faire confiance aux gens, c'est tout, poursuivit-il un peu trop vite, mal à l'aise. Ce serait bien d'avoir un truc pour savoir ce que l'autre pense, hein. »

Sauf que ça n'existait pas. S'il préférait surinterpréter l'attitude d'une bestiole imaginaire débile plutôt que croire sa copine, comment il pourrait vivre un jour avec qui que ce soit ?
La réponse, évidente, lui fit se mordiller la lèvre.

« T'es déjà sorti avec quelqu'un, toi ? »

Ah. Est-ce qu'on faisait seulement ça, à son époque ?

« Ou, eh, été amoureux. Pareil. »

Gêné, il se retint de justesse de poser son front contre ses genoux. C'est ça, aie l'air encore plus heureux de vivre maintenant qu'on parle d'un truc joyeux.
Un jour il arrêterait d'être le pire interlocuteur au monde. Bientôt.
Juste, pas aujourd'hui.



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Sigo viendo aquel momento - se desvaneció, desapareció.
Ya no te creo, ya no te deseo ; solo te dejo, solo te deseo.

Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Mar 29 Nov 2016 - 20:30

...

« Euh... Bien ? »

Le point d'interrogation qu'il devinait à son inflexion le contraria bizarrement. Il savait qu'il ne devait pas s'attendre à ce que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais quand il s'agissait de gens qu'il appréciait, il aurait aimé qu'il en soit ainsi. Il suivit attentivement de ses yeux inquiets les mouvements d'Alejandro, comme s'il avait pu y percevoir ce que sa voix lui cachait. S'il avait été né à une autre époque, il n'aurait vu là qu'un adolescent qui ne savait pas quoi penser, perdu, qui doutait – et il se serait rendu compte que c'était normal. Qu'à cet âge...
Il n'y avait pas que l'âge à blâmer, mais Soren trouvait l'excuse correcte. Il n'aimait pas s'avouer qu'il avait eu des problèmes différents, qu'il n'avait pas trouvé le temps d'être complètement un adolescent. Et que, maintenant qu'il en avait l'occasion, il ne savait pas quoi faire de cette liberté qui lui brûlait les doigts comme l'aurait fait une corde.

« J'ai du mal à la comprendre, des fois... (Soren lui sourit, indulgent) C'est une fille, quoi. Non, ça va. On est cool. C'est juste... »

Vrai, les filles avaient toujours été une espèce un peu à part ; elles avaient des silences bien à elles qui lui échappaient. Mais, songea Soren, en se revoyant au fond de sa classe, le nez dans ses livres, il n'y avait pas grand monde qu'il ait compris de l'autre côté. Une poignée de personnes, guère plus. Avait-il eu besoin de plus ? La foule lui nouait la gorge.
La solitude lui seyait au contraire à merveille, comme à bien des timides qui n'ont de cesse de penser en boucle.

« J'ai du mal à faire confiance aux gens, c'est tout. Ce serait bien d'avoir un truc pour savoir ce que l'autre pense, hein. »

Le jeune homme acquiesça bêtement, sans savoir quoi rétorquer. Lui aussi aurait aimé, il n'arrivait jamais à penser qu'on ne lui adressait pas la parole sans un minimum d'arrières-pensées. Et lui avait encore ses yeux pour y voir ; pas forcément clair, mais un peu plus qu'Alejo. Comment tendre la main sans sursaut si même le sourire de l'autre vous est invisible ? Il y avait tant à apprendre des regards en coin et d'une moue qu'il ne savait pas s'il s'en serait sorti dans l'obscurité. C'était une expérience à vous rendre paranoïaque. Dans un accès de pitié, Soren se promit de ne jamais trahir sa confiance. Il avait besoin de gens comme ça à ses côtés. Et même s'il ne lui disait pas tout...
Certaines choses gardaient à être voilées de mystère.
Alejo l'aurait compris. Il le savait.

« T'es déjà sorti avec quelqu'un, toi ? »

Il ne s'attendait pas à ce que la conversation revienne sur lui et il tourna la tête vers Alejandro, les yeux écarquillés. Il arrêta de caresser Gil, qui pour une fois ne protesta pas. L'ajout le rendit plus mal à l'aise encore et il laissa filer un silence trop long pour être naturel.

Vite. Dis quelque chose.

« Jeee... je ne sais pas, préféra-t-il avouer, plutôt que s'inventer une muse imaginaire, parfois je l'ai pensé, mais c'est étrange, non ? On devrait le savoir, si on l'est... »

Une aiguille toute fine se ficha dans son cœur. Il déglutit difficilement.
On devrait le savoir, forcément – non ? Notre cœur, notre corps. Nos sentiments.

« Enfin, mon père me le disait, alors je l'ai toujours cru », fit-il, se raccrochant à la plus belle histoire d'amour qu'il ait entendue de sa vie. Les sentiments simples et décidés de son père l'avaient toujours ému.
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MessageSujet: Re: #YOLO {Alejandro Alavés L.}   Lun 6 Mar 2017 - 14:21

Alejandro n'était pas trop sûr de ce à quoi il s'attendait en posant la question à Soren, encore moins ce qu'il aurait aimé l'entendre répondre, mais "je ne sais pas" n'en faisait définitivement pas partie. Et c'était stupide, hein ; ce n'était pas comme si l'entendre dire "oh mon Dieu ne m'en parle pas, je tombe amoureux tout les jours" risquait de le rassurer — pas plus que le contraire, d'ailleurs. C'était juste comme ça, pour savoir. Histoire de. Un sujet de conversation comme un autre. Parfaitement au hasard. Sans rapport avec quoi que ce soit.
...Ouais. Bon.
Peut-être qu'il aurait aimé être rassuré à propos de ceci ou cela, mais ce n'était pas à Soren de gérer ses doutes. Il avait beau passer sa vie à s'étaler sur ses amis en quête de soutien, ses plaintes n'étaient jamais le fruit d'un mécanisme conscient : dès qu'il s'en rendait compte, il s'enroulait dans une couette et étranglait le malaise en silence. Peser sur les autres sans penser à leurs propres problèmes, c'était pas cool. On le lui avait répété suffisamment souvent.

La bonne volonté persistait pourtant à lui manquer. L'habitude, bien ancrée, refusait de passer.

« Ton père ? »

L'idée que Soren puisse avoir un père lui fit tout drôle. Même au collège, il s'imaginait rarement ses amis autrement que comme des camarades ; ici, où ils étaient coupés de tout, c'était d'autant plus vrai. Il arrivait à peine à concevoir que les autres pensionnaires puissent avoir vécu ailleurs avant de venir ici. Avoir eu des parents. Des amis. Une famille.
Il n'aimait pas trop penser à la sienne, non plus. Lorsqu'une parole ou une situation le ramenait en Espagne, il sentait les souvenirs se couvrir de poussière, les visages se faire un peu flous. Il craignait que dans quelques temps, ça n'ait même plus l'air réel. Il ne serait plus certain que Miguel avait vraiment existé, ou que ça c'était vraiment produit.
Les visages se faufilaient déjà entre ses doigts. Il ne voulait pas perdre leurs voix.

« Ben, je l'ai pas souvent pensé, mais... Enfin. Quand je l'ai pensé, j'ai jamais été sûr de vraiment être amoureux, rectifia-t-il sans se laisser le temps de réfléchir plus que nécessaire, soucieux de rester honnête. Mais à mon époque on euuhhh fait un peu n'importe quoi, aussi. Tu tombes amoureux de ta copine après. En gros. »

Il n'était un professionnel ni des relations amoureuses ni de l'Histoire et encore moins de l'évolution desdites relations au cours des siècles, mais il imaginait que ça devait être un peu plus sérieux avant. Il imaginait mal ses grands-parents "sortir avec quelqu'un" et "casser" deux semaines après.
Ça avait un peu perdu de son sens. D'un autre côté, maintenant, ils étaient libres d'essayer plus de choses ; chaque avantage avait ses inconvénients. Le revers de la médaille.

« Je sais pas comment les autres font, mais si tout le monde avait le coup de foudre, ce serait beaucoup plus simple, lâcha-t-il avec emphase, l'air très concerné par le problème. Ça ferait "bam, c'est ton âme-sœur", problème réglé. Moi j'ai aucune idée de comment ça marche. C'est trop compliqué. »

Sur quoi il poussa un soupir fataliste.

« Je préfère le foot. »



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Mira, Sofia ; sin tu mirada, sigo, sin tu mirada, sigo.
Dime Sofia : cómo te mira, dime cómo te mira, dime -
Sé que no, sé que no. Sé que solo, sé que ya no soy oy oy oy -

Mira, Sofia. »

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