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 Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}

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• Pouvoir : Elle peut marcher sur les plafonds, les murs, vivre entièrement à l'envers si l'envie lui en prend. Et ça lui prend souvent.
• AEA : Il y a des risques que cette sale bête te saute dessus pour t'effrayer.
• Petit(e) ami(e) : Oh, elle fait passer des auditions.

RP en cours : Marie-Colombe donne un spectacle par là.


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MessageSujet: Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}   Ven 31 Jan 2014 - 10:17

« Pour descendre de ma belle balançoire »
Et au final en choir




C'était stupide, avait-elle songé en lorgnant la vieille pierre grise veinée de blanc, à demi pensive seulement. Heureusement que le ridicule ne tuait personne ; sans ça, elle serait morte depuis longtemps. Sans plus d'arrières-pensées promptes à vous faire tourner les talons, elle posa un pied sur la façade verticale, puis un autre : et débuta sa drôle d’ascension.
Le ciel se faisait en cela le parfait miroir de la tour qui semblait le percer quand on la regardait depuis la terre ferme. L'embrasser plutôt, offrant une vision insolite au paysage régulier du pensionnat, frôlant ce parc où elle avait coutume de se promener et que bordait la forêt et ses teintes sapins. Il était arrivé à Marie-Colombe de s'asseoir dans l'herbe sèche ou humide selon les jours et d'observer sa massive silhouette, la langue brûlante de questions qui ne trouvaient jamais de réponses. A quoi pouvait-elle bien servir, si ce n'était à inciter quelques pensionnaires malheureux à gravir son sein pour aller se jeter dans le vide ? D'une hauteur qui, elle avait fait le calcul un jour de pluie, tuait à coup sûr, suffisante à tout le moins pour briser tous les os du squelette et éclater un ou deux organes vitaux au passage. Pas férue d'anatomie, elle s'était ensuite inquiétée de ce que les enfants turbulents puissent par malice s'y balancer et glisser des créneaux avec un faux pas. Les frissons allaient et venaient au gré de ses réflexions, peu nombreuses au demeurant en trois ans d'enfermement : puis un jour, après tout ce temps et alors qu'elle n'y avait jamais mis un pied, encore moins songé à le faire, elle s'était décidée à gravir cette fameuse tour.

De façon peu conventionnelle, certes, mais elle avait entendu dire que personne ne se mettait d'accord sur le nombre de marches menant au sommet. Marie-Colombe n'avait pas envie de se sentir obligée de toutes les compter à s'en donner mal à la tête, retournant à la case départ dès que les chiffres s'emmêleraient dans son pauvre cerveau en compote. Elle y serait encore le lendemain, et peut-être même le jour d'après. Il y avait bien de ça, et peut-être une minuscule, toute petite envie de vérifier si son pouvoir pouvait la porter aussi haut. Mais chut ; c'était un secret.

Les muscles de ses jambes la tiraillaient douloureusement, cognant jusque dans son dos pour la persuader qu'elle allait finir par se le casser en deux et arriver bossue à vingt-cinq ans à peine. Elle avait un temps cessé son ascension pour fusiller ses mains du regard, lesquelles n'avaient pas la bonne grâce d'être aussi adhésives que ses pieds. Qu'à cela ne tienne ! La gravité et les lois de la physique n'allaient pas la retenir au sol, ne l'avaient jamais fait. De l'air plein les poumons, elle avait fermé les yeux et tracé une ligne brillante sur son sillage, y posant un pied devant l'autre comme s'il s'était agit d'une corde raide. L'exercice marchait bien, mieux qu'escompté et elle atteignit au final le haut de la tour en peu de temps : elle finit par s'y hisser à la force de ses bras, passant une jambe de part et d'autre de la large rambarde. Les lieux étaient déserts et très communs, au final. Elle zieuta, toujours assise à demi dans le vide, les pierres qui tapissaient le sol et les murs. L'idée funeste lui vint qu'un imbécile avait pu y finir ses jours. Elle s'en serait giflée tant l'idée lui parut soudain insultante. Il ne fallait pas être imbécile pour se dire que cette prison n'avait pas la moindre serrure – et que par conséquent partir à la recherche d'une quelconque clé était plus que vain.

Elle déporta son regard azur sur l'herbe en contrebas, sur la forêt et le parc, sur l'ombre de la bâtisse principale qui se dressait au centre de cet univers clos comme une menace indicible. Et les champs qui déchiraient l'horizon, comment les atteindre ? N'étaient-ils pas juste un mirage, une peinture en trompe l’œil destinée à nourrir leurs rêves d'évasion ? Avant d'exister et de voyager, ce pensionnat devait posséder un sol stable, un but. On allait pas lui faire croire que les propriétaires avaient assemblé des pierres sur le ciment sans raison, juste pour faire mal. Elle se prit à y rêver, le nez au ciel qui menaçait de laisser éclater un orage, sans faire attention aux pas qui se rapprochaient.

Perdu dans ses chimère, on ne faisait que rarement attention à celles des autres.

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RP en cours : "Mais le plus souvent, il restait prostré, accompagné d'un rire stupide"| H. Hackermann
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MessageSujet: Re: Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}   Jeu 13 Fév 2014 - 15:56


Ice aurait pu jurer, aurait pu tempêter, aurait pu perdre patience, aurait pu maudire son imprudence, son enfantillage, ses défis ridicules. Elle aurait pu tracer un NON énorme, gigantesque, rouge, pimpant, crayeux, barbare sur les murs, décider que nah, sûrement pas, les chiens ne font pas les chats, les ratons-laveurs pas des chiroptères assoiffés de sang ou le contraire, le résultat revient au même ou plutôt aboutit à une somme identiquement différente. Enfin, quoi, vous avez saisi, tout le monde a compris, ou on fait semblant et c’est très bien aussi. C’est ce que vous chuchotent les torches qui se tordent, les flammes qui flemment, les femmes infâmes, les dames, mon dam.
C’était une partie de cache-cache, le furet du bois-joli, c’était un colin-maillard un peu masochiste, un peu fou, un peu déplacé. C’était encore une journée passée à s’ennuyer, avec des pièces flippantes, ou des pièces connues, et puis des pièces d’échec barbantes, ou des pièces de monnaie sans intérêt. Ca rappelait les patchworks, ça rappelait les histoires, les contes, De l’Autre côté du Miroir, du Lewis Carroll à peine abusé, des chutes de tissus, sa chute dans l’eau, la chute des sources dans la montagne. Pour escalader, se niquer les doigts, s’écorcher les pieds. Un même dessin aux couleurs un peu fanées qui iront sans doute mieux demain, quand on aura installé un médecin. Sanitairement, c’est essentiel, voire important, comme les tournesols qui déboulent vers leur rayon de soleil, le Roi, la Cour, le parc, Versailles. Un jour il y aurait un fleuriste, pas un jardinier, un jour on ferait de l’argent, on aurait des projets, on se cassera la figure, on vivra vraiment. Ici c’est bien, on sent un goût qui n’a rien à voir avec les gâteaux, ou les épinards, ou les cahiers neufs, au fond, ici, il y a de l’innovation. Mais on ne peut pas tout réduire, il faut corrompre un peu, sinon on retombe dans la société alors que la société est une prison. Les enfants font-ils la société ? Un jeu pervers compte-il dans la même forme définie de satiété ? Il faudrait des horloges, comme dans Harry Potter, qui ne vous donne pas l’heure, qui fait mieux, plus drôle, plus loufoque, plus serre-boulon.

Foutu maze, foutu Cluedo, foutu Monopoly, foutu Bonne Paye. Foutu Jeu de l’oie. Tu crois quoi ?

Elle, était partie, avait fusé, fusée de feu ou de tissus, vulgaire torchon qui mérite les coups de cisaille. Elle a disparu, teigne en furie, pourquoi tu cries, tu peux geindre, teindre, moindre.
Ceindre.
Perdre le sens, perdre le fil. Perde… Quoi déjà ? Perdre la boule, bon débarras. Elle, joue.
Ou quand vos monstres personnels, vos compagnons-pas-choisis font mine de ne plus vouloir vous tomber dessus à bras raccourcis. Suintent les épaules.

Les marches s’enchaînent, fer, pierre. Le point de départ ne voit pas de point d’arrivée. Petite neige, glace égarée qui fait des efforts pour ne pas glisser. Déraper. Repartir et remonter. Aurore se sent. Belle au bois dormant. Ou Raiponce. Un fuseau l’attendra, peut-être. A moins que ce ne soit une poêle qu’on lui promette. Un repas, tout à prendre, à espérer, à dessiner. Dans la poussière soufflée au chalumeau.
Un stop.
Une halte.
Pas de porte.
Pas d’ascenseur.

Qui est l’architecte de pacotille ? On croirait escalader le mont Golgotha. Et ici, ça veut dire « crâne » aussi ?

Le temps passe, file, se trémousse, a des ratés, comme les fusibles qui pètent.
Faille faille faille.
    Fail.

Petite fille

Capricieuse.

On dirait du tue-mouche. Un long ruban à dérouler.
Identique. A s’en enivrer. A faire partir les têtes. Feu la migraine.

Et puis un peu de rayons gris se faufilent. Souris. Et ceux qui sont morts cliniquement-que-en-fait-plutôt-juste-cérébralement, ils font comme ça aussi ? La lumière au bout du tunnel. Ou penser à installer un escalator.

Au lit les I.

C’est semblable à lorsque l’on soulève un rideau de fumée, ou un voile, blanc, diaphane, vaporeux. Celui qui sépare Harry de son parrain, de toutes ces choses qu’on a égarées. Et des âmes, lost and found ?

Les pas cèdent. Giving in. Genoux d’abord. Ignorer. Expirer.
La date limite, oui, aussi.
A travers le tissu de flanelle, la peau frétille dans les fissures des dalles. Je veux dormir ici. Mmmh, mmh, tirez les volets. Rotonde, pivot. Prends le temps de délaisser les clefs. De voûte. Les fenêtres, le monde, la peinture et Alberti.
Le dos droit, à plat, rouler comme un chat. Flan. A « c ». Alberti.

Il y a d’abord une pelote rose, un fil, long, soyeux, celui en filigrane entre et sur l’édifice, qui court la vieille roche, qui court le vieux ciel. Perchée à mi-chemin du vide et d’un siège obélisque d’ivoire sali, passé, usé, granité, qui s’est réveillé trop tôt ? Elle se jetterait au loin. Sur la mousse, Morgane. Descendue des nuées, on s’étonnerait, maximalisée fée ? Les fées ça volent. Et celle-là, ne risque-t-elle pas de…

-… Tomber ?




    Pardooooon.... C'est court, et et et... Et pas terrible. Ruuuh. Tu mérites mieux. Je me rattraperai sur la suite. Parce que sinon je risque de le réécrire, encore et encore et tu l'auras jamais /meurt/
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MessageSujet: Re: Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}   Lun 21 Avr 2014 - 15:33

...

Elle se pensait seule avec la roche et ses pensées, peut-être aussi avec le ciel et les gouttes d'eau qui s'y rassemblaient doucement ; l'instant d'après, le destin lui donnait tort en lui balançant une brune inconnue dans les bras, qui laissa filtrer – à voix haute – un mot qui lui fit hausser les sourcils. Hésitant toujours entre terre et mer, vide et sol, ce sol qui ne cessait de leur rappeler à tous que rien de tout ça n'était un rêve, Marie-Colombe se retrouva en équilibre sur sa conscience et sa surprise. Oh, ça commençait bien, dis donc. Pour une ascension en solitaire, on ne pouvait pas espérer mieux.
Aurait-elle grommelé si elle avait été misanthrope ou quoi que ce soit du genre. Plutôt contente d'avoir de la compagnie, même inopinée, elle passa ses longues jambes de l'autre côté de la pierre – le bon, celui qui n'allait pas la faire basculer vers une mort certaine. Quoique, tout ça restait à voir. Elle remit une mèche de cheveux roses derrière son oreille, d'où pendait de grosses boucles brillantes comme des diamants. La fée tape à l’œil, vêtue à outrance de couleurs primaires, fixa son regard rieur sur la petite inconnue.

« Je fais attention, dit-elle pour la rassurer, comme si son sort avait pu sincèrement l'inquiéter, je ne compte pas tomber. »

Pas aujourd'hui. Ni demain, ni après-demain, songea-t-elle avec un bref regard à la distance à combler entre terre et pierre. Puis elle leva le nez au ciel, qui n'y resta pas longtemps. Toujours le même tableau d'apocalypse, avec ses gros nuages noirs qui s'entassaient les uns sur les autres. Vite distraite par le paysage, Marie-Colombe se désola de ne pas se rappeler de leur nom. Elle avait lu, dans un livre, qu'on leur donnait des noms ici-bas. Chez elle, ils n'en avaient pas.
Ah, oui. Elle n'était plus seule, maintenant. Le menton chuta jusqu'à lui permettre de lui sourire à nouveau. Il lui vint une question bête à l'esprit ; mais évidemment qu'elle était passée par les escaliers. Elle n'était pas descendue des nuages. Et la jeune femme connaissait peu de personnes qui puissent se vanter de pouvoir escalader la façade juste pour prendre l'air. La brise fraîche fila à travers ses lèvres entrouvertes comme un soupir bienvenu. Rien ne l'embêtait jamais plus que ça, sinon peut-être le fait de s'être arraché les ailes contre le grillage de sa cage.

Marie-Colombe aimait voler. Et le tonnerre, mille roulements de tambours et mains, lui manquait atrocement.
Vite, des mots pour le combler et ne plus y penser.

« Tu sais que beaucoup disent qu'il est impossible de compter le nombre exact des marches de la tour ? »

Peut-être que débuter la conversation par une rumeur maintes fois tirée des couloirs n'était pas la meilleure idée au monde. Peut-être que la jeune femme, toujours assise sur les remparts livrés aux caprices du temps, n'avait pas d'autre idée, peut-être que l'intruse n'avait pas envie de parler. Elle ne put s'empêcher de jeter un regard admiratif aux mèches sombres qui lui faisaient face ; cette couleur, tellement loin des nuances pimpantes qui avaient des années durant dansées devant sa rétine, la faisait chaque fois se retourner. Tout avait beau être plus terne entre ces quatre murs, Marie-Colombe ne trouvait pas ça forcément mal. Ni laid, à vrai dire. Le blanc avait, dans un tourbillon de noir et de gris, un éclat particulier et rehaussé.

Une goutte s'écrasa contre une épaule blanche et dénudée. Le contact liquide la fit frissonner et sursauter. Ah, ça alors ! Elle en foudroya les cieux du regard. Ne pouvaient-ils jamais se tenir tranquilles ? Une ribambelle de sœurs cristallines suivirent, rideau mince de pluie légère, ne laissant dans les cheveux de la belle qu'une couronne brillante et éphémère. Avec un sourire, elle regarda ses bras se consteller d'eau.

Si ce n'était qu'une petite averse, elle pouvait bien le supporter. Le temps, dans toute sa splendeur, avait ses faveurs quand il ne ruinait pas les promenades en amoureux au bord du ruisseau.

Quelques gouttes montèrent bêtement à ses yeux. Voilà à quoi ça menait, d'avoir les réflexions d'un vieux livre romantique. Voilà à quoi elle en était rendue. Elle les ravala comme elle le faisait souvent, car cette pensée stupide revenait souvent la hanter, tout bien songé. Elle s'accrochait à ses artères comme de la glu, collant en son sein tous les regrets que le sang charriait quotidiennement. Ils avaient été cruels. Un peu.

Et l'amoureuse éplorée de songer, chagrinée comme la veuve aux funérailles, que tout cela était bel et bien terminé.
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MessageSujet: Re: Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}   Ven 11 Juil 2014 - 1:06


-Je fais attention. Je ne compte pas tomber.

…Paroles, les paroles, les paroles…
一 Chantait Dalida.

C’est dans le miroir joueur des pupilles et des iris, qu’un reflet un peu plus que féérique qui pirouette, pirouette. Une sylphide aux couleurs acidulées, une fleur aux goûts punkement opposés. Diamétralement punkement opposés. Et la bobine de courir ou de voler. Un visage doux qui se découpe dans le contre-jour assombri. Elle pourrait presque graver cette phrase dans un livre lyrique chantant poésies et amours de jeunesse. Que s’en lèvent les sourcils. Que s’accommodent les mèches. Des détails et de la situation, la position adoptée contre le revêtement de pierre cirée, tant et tant qu’on l’aurait dit polie, n’avait rien d’un matelas à la dérive et opportun. Mais maintenant installée contre le granit gris, la chaleur corporelle agissait comme à son habitude, comme on chauffe un siège par ses fesses, comme on chauffe une place dans le lit par sa respiration, par la seule indication d’un être vivant tapi sous la couette. A trente-sept degrés, tout se partage, tout s’éparpille. Se dissout ou se disperse. En attendant, c’est le crâne qui roule comme une balle pour convenir à tout le monde, et pour se convenir à lui-même – aussi, peut-être, en quelque sorte.

Fixer est certainement classifié par quelque tacite règle que ce soit, d’action rangée dans l’impolitesse et le désagrément que peut occasionner un regard aussi distant soit-il sur votre peau, est comme une plume incongrue et déplacée qui vous troublerait. Fi de cela néanmoins, Ice escaladait des yeux et des cils, la créature juchée sur les blocs de roc passés, dressés par le temps et par les mains des gens. Sérieusement. Sérieusement sérieuse ? Après tout, la solitude n’est pas pesante, juste ennuyante. Et peut devenir agaçante. Irritante. Impatiente. Repassera-t-on pour s’y adonner, donc. Ici était une possible opportunité qu’elle n’avait pas précédemment calculée. Elle en avait assez, de toute manière, d’établir des algorithmes de hasards qui la reniaient elle-même et ses propres choix de dogmes en diction. Tirer des plans sur la comète, c’était bon à d’autres rêveurs, pas les rêveurs qui se laissent envahir par le caractère morne déjà de l’essence de la constitution des rêves.

De blanc divisé en deux, il ne reste pas grand-chose, pas assez de minutes ou de secondes pour qu’il en devienne notable.

-Tu sais que beaucoup disent qu'il est impossible de compter le nombre exact des marches de la tour ?

Hum ?

Mademoiselle tire la joue et esquisse un sourire. De convenance ou de réflexion. Le pas n’est pas loin. Pas à pas. Passe.
Inconsciemment ou comme si, fillette capricieuse a saisi une boucle, rose comme une friandise, comme une barbe à papa pas trop cotonneuse, où les doigts s’improvisent acrobates ou trapézistes. Les cheveux longs sont de si bons terrains à délires. Tournicoti, autour de l’index, elle observe ce spaghetti de sucre capillaire et se moustache la bouche, s’imagine une poussée de barbe. La douceur du moment semblait peinte dans un livre d’histoire quelconque pour une classe de primaire.

Ont-ils des teintures, dans ce manoir de Pétaouchnock ?

-Je m’y suis risquée.

A son plus grand manque de jugement…

-Même les moutons avant de dormir sont plus dociles à se laisser énumérer.

Non pas qu’elle y eût jamais trouvé une grande utilité… En général, l’effet inverse se produisait avant de s’accompagner d’une frustration à vous fiche les nerfs en boule dans un creux de l’estomac où aucune digestion ne peut ensuite être en vue. Mais ces états d’âmes ne se partagent pas dans la magnifique question du respect des personnes, de l’autre, et d’encore les autres personnes. Ou l’art de bâtir des montagnes. Peut-être qu’elle aimait ça au final.

Une bourrasque vint l’enrober de ses limbes avec bien peu de sympathie, annonciatrice d’un temps qui vire aux boulettes qui décongèlent. Son interlocutrice ne semblait pas s’en souciait outre mesure, l’étonnement une fois évanoui. Contrairement à Ice qui tenta vainement de retenir l’irrépressible bouffée d’air et de postillon en les expulsant plutôt par le nez. Bel appendice de secours, comme un canot de sauvetage dans un navire à la dérive. Le résultat si étouffe puisse-t-il être, a le mérite d’être ridicule. Ca ne se réécrit pourtant pas. Tant pis.
Dans un mouvement d’échappée folle au froid qui perce peut-être et dans un instinct de survie quant à échapper à toute forme de médecine provenant des entrailles (propres ou figuré, à d’autres le choix) de cette bicoque, la position de la tortue culbuto est propicement salvatrice.

Objectif : se poser à la version d’un fœtus contre l’abri sûr des pierres constituant les murs de la tourelle devrait se révéler bonhomme.
Sans relâcher ni genoux ni coudes, bien entendu. Qui oserait laisser s’infiltrer un courant de fraîcheur malvenu, hein ?

Mais de tête brûlée à tête perdue, on ne se refait pas et à vivre trop souvent cloîtrée sur soi-même, on en oublie les interactions sociales.

Lâcher la mèche qu’elle tenait et la rendre d’abord à sa propriétaire auraient bien pu être moins préjudiciable que de la garder emberlificotant cinq frères d’une pauvre main, et tirant sur la cloison de peau crânienne.

-Eeerrf. Je… N’ai pas fait attention…

Ben voyons, splendide excuse que voilà, cela vaut un beau trois sur vingt.

-Ahem. Désolée.

Au moins ça de fait. La bêtise était décidément une terrible invention. Qui avait eu pour idée de la programmer dans ses gènes ?

-Chiotte.Tu ne veux pas descendre ? J’ai l’impression d’attraper la crève rien qu’à te regarder…

Qui prend la flotte. Elle enchaînait de différents points à différents autres, comme de sujet, comme d’attention. Souhaitait-elle faire illusion que le spectacle ne ferait que s’avérer piètre.

-Et surtout j’aimerais autant réussir à désemmêler cheveux et doigts, sans te rendre chauve. La calvitie ça n’a rien d’esthétique, et je ne pense pas que ça serait du plus bel effet sur toi. Vous. Toi. Bref. Um.

Tu tends la patte comme un chien ou comme un bébé, franchement ? Princesse, si tu n’écoutais que toi, sacrée lurette que t’y serais allée avec les dents, chacal.
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Pour descendre de ma belle balançoire {Ice Cromwell}

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