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 C'est la faute à Andrej.

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MessageSujet: C'est la faute à Andrej.   Ven 14 Fév 2014 - 21:09

« C'est la faute à Andrej »
La tête la première dans la Vltava




Antoine balança son pied contre la tapisserie tandis qu'un soupir agacé filait par ses dents serrées. Le plat qu'il tenait à une main, l'autre enrubannée n'offrant qu'une prise précaire et mal assurée, pencha dangereusement sur le côté ; il le rétablit avec une brusquerie qui eut l'effet inverse et fit dégringoler quelques carrés de fromage sur le tapis carmin. Partagé entre l'envie d'insulter de la nourriture et celle de se laisser tomber à terre pour hiberner et oublier le monde, il poussa un long soupir et ferma les yeux. Juste une seconde en tête à tête avec sa conscience, pas plus. Rien que ça.

Il n'allait pas faire un résumé de sa situation, qui lui donnait vaguement envie de se jeter par la fenêtre la plus proche. Ni expliquer comment il avait réussi à se brûler la main, ni pourquoi il n'arrivait pas à saisir plus que quelques heures de sommeil en une nuit ni pourquoi il donnait des coups dans chaque mur qu'il croisait. Il se sentait tellement plus stupide à chaque seconde qu'il passait debout dans ce couloir que c'était un miracle qu'il n'ait pas déjà abandonné la chasse ; un clou bien invisible, planté quelque part entre deux artères, le faisait souffrir chaque fois qu'il faisait un pas en arrière et l'empêchait de laisser cette assiette de fromage en plan sur la première commode qu'il croiserait. Là sous les fleurs séchées où elle aurait eu sa place, mieux que dans ses mains impatientes. Il allait finir par la laisser tomber à forcer de s'énerver, en plus. C'était un bien beau sacrifice qu'il faisait là, pensa-t-il avec l'envie persistante de faire de la purée de rongeur : au bout du compte, il n'allait plus lui rester beaucoup de neurones ni de crédibilité.

Et parce que martyriser les murs occupait et avait le mérite de laisser s'exprimer cette insupportable frustration, il donna un nouveau coup de botte contre celui qui lui faisait face. Il n'y avait personne mais il était encore réticent à l'idée de hausser la voix et passer pour un fou, plus à ses yeux qu'à ceux de quelques pensionnaires attardés. Il avait toujours un minimum d'estime pour sa personne, les murs blancs de l'infirmerie ne lui avaient pas tout ravi. Pas à ce niveau. Il tourna sur lui-même, vexé, hésitant, ouvrit la bouche et la ferma plusieurs fois de suite. Silence radio. Personne au bout du fil. On ne le forçait pas à le faire, loin de là ; c'était lui qui jouait tout seul aux détectives. L'idée s'était imposée à lui lorsqu'il s'était rendu compte un matin que la mélancolie l'avait emporté sur la colère – et qu'elle ne méritait pas sa tristesse, ou sinon trop, à vrai dire, et qu'il devait au moins faire honneur à cette conscience nouvellement acquise. Il voulait savoir.

« ... »

La prochaine fois, il allait le faire. Vraiment. Autant s'éclater la tête contre le mur s'il renonçait au dernier moment. Mais ce qui l'avait fait buter à l'instant, pensée fugace et bien trop réaliste, était qu'il ne connaissait pas son nom ; et comment était-il censé l’appeler s'il ne se souvenait plus de son nom ? Il l'avait à peine entrevue à de rares occasions, Leia s'arrangeant toujours pour la faire disparaître. Il n'avait pas la plus petite idée de ce qu'elle pouvait avoir à lui dire : mais qui pouvait connaître mieux Leia qu'une souris sortie de son imagination ?
J'espère qu'elle ne ment pas, elle.

Il asséna un troisième coup au mur, yeux fixés sur la plinthe ébréchée qui servait d'ordinaire de refuge à la vermine de ce genre.

« S'il y a une souris norvégienne ici, j'ai vraiment besoin de lui parler. »

Tout juste ne s'était-il pas étouffé sur ses mots. Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il racontait ? Tout ça pour... une fille. Il voulut passer une main sur son front, oublia qu'il tenait une assiette, fit tout tomber. Jura pour de bon. La totale.

Et il n'était que sept heures quinze ; la journée s'annonçait splendide.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Mar 18 Fév 2014 - 23:08

You, caught in a mousetrap
Tel est pris qui croyait prendre.


    Hedvig était une souris casanière. Une souris norvégienne, frileuse ET casanière.
    Lorsque les amis/ennemis/détracteurs de sa maîtresse ou quoi qu'ils puissent être ne requerraient pas ses formidables capacités en traduction Leiaiennes, et que la principale intéressée n'était pas d'une bonne humeur assez ravageuse pour tolérer sa présence, Hedvig vivait dans un trou dans un mur. Ce n'était pas un trou comme les autres, car c'était un trou de souris norvégienne, et par conséquent c'était un trou des plus confortables. Une large cavité spacieuse et douillette aménagé au milieu d'un des murs des nombreux couloirs du 1er étage, si nombreux d'ailleurs que personne ne risquait de la trouver. Par ailleurs, l'ouverture de ce trou était parfaitement discrète et judicieusement aménagée derrière une commode qui prenait fièrement la poussière à un angle de mur.
    Là vivait Hedvig, la souris norvégienne, à l'abri des tempêtes, des hyperactifs en culottes courtes et des multiples individus félins qui peuplaient le Pensionnat Interdit. Et lorsqu'elle se trouvait là, nul ne venait jamais la déranger.
    Du moins, en théorie.

    Ce matin-là, Hedvig se demandait qui était le mal luné qui avait eu la mauvaise idée de pousser la commode sur le côté.
    Parce que vu le tapage qu’on faisait à sa porte depuis que cela s’était produit, elle s’en serait franchement passé.
    Non pas que le rongeur n’aimât pas recevoir de la visite – ce qui n’arrivait par ailleurs jamais – ou ait quelque chose contre une petite discussion - vu son débit de parole assez hallucinant pour sa race, ce serait un comble - mais la poussière qui dégringolait dans son trou à chaque tremblement des murs avait tendance à la faire vilainement tousser. Sans parler du nettoyage qu'elle allait avoir à faire. Quel impoli je vous demande un peu ! Où cet importun avait-il appris à cogner ainsi à la porte des gens sans se soucier des dégâts qu'il pouvait causer ? Il n'aurait plus manqué qu'une brique dégringolât sur la tête de l'AEA pour que ce soit le pompom.
    Tout cela n'était pas pour mettre Hedvig dans les meilleures dispositions, à vrai dire.
    Oui parce qu'elle supposait, en bestiole de laboratoire intelligente qu'elle était, qu'aussi surprenant que cela puisse paraître, si un humain tapait avec obstination contre le mur à cet endroit précis, cela serait un hasard parfaitement hallucinant si cela n'était pas en lien avec sa propre présence. Après peut-être s'agissait-il d'un dératiseur, comment savoir.
    C'était aussi à cause de cette idée qu'Hedvig n'était toujours pas sortie de sa cachette. Mais elle n'allait pas tarder à constater qu'elle n'avait pas à s'inquiéter sur ce point car une voie maugréante finit par annoncer la raison de la présence du goujat bipède.

      « S'il y a une souris norvégienne ici, j'ai vraiment besoin de lui parler. »

    Eh bien en voilà un qui ne manquait pas de culot, songea le rongeur en nettoyant ses oreilles couvertes de plâtre, la queue frémissante d'indignation. Sans daigner mettre le museau à la porte de son antre, la souris lança haut et fort de sa voix criarde :

      « Jeune homme, vos manière laissent à désirer. Si vous n'avez rien d'autre à faire de bon matin que vous en prendre aux murs pour tenter d'ensevelir d'innocents rongeurs sous des tonnes de briques, vous feriez mieux de trouver quelque chose d'utile pour occuper vos journées. »

    Oui parce que, livrée à elle-même, Hedvig se sentait des velléités de matriarche cancanneuse rongée par les ans et l'arthrite. D'où le vocabulaire et la tournure ampoulée assez dérangeante de ses phrases, qui n'avaient cependant pas perdu en nombre de mots.
    L'animal lissa ses longues moustaches blanches avec application.


Dernière édition par Leia Sørensen le Dim 23 Mar 2014 - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Dim 23 Fév 2014 - 17:58

...

Antoine se baissait pour ramasser le désordre quand la petite voix partit de derrière le mur, désagréable et aigre. Le jeune homme suspendit son geste, assez surpris en premier lieu pour ne pas s'indigner de se faire sermonner par une souris qui parlait comme aurait pu le faire sa grand-mère ; ça ne dura malheureusement pas. Un soupir de protestation se bloqua dans sa gorge, que seule la raison l'empêcha d'expirer en remontrances peu sympathiques à l'égard du rongeur. Sa conscience l'obligeait à lui concéder que, certes, si on avait frappé à sa porte comme une brute le matin, il n'aurait pas non plus très bien réagi, que l'autre ait tout les problèmes du monde sur le dos ou non. Ce n'était même pas son cas : quoique pour sa défense, il ne savait jamais s'il fallait traiter les AEA comme des hommes ou des animaux (ah, il sentait la question d'humanité cogner à la porte) et avait plutôt tendance, hormis Bilboquet qu'il menaçait régulièrement de servir de plat principal, à ne pas leur parler tout court. Il fronça les sourcils, embêté. Il ne pouvait pas menacer la souris de la balancer fissa dans de l'eau bouillante.

La tuer ou la fâcher n'était pas l'effet recherché. Aurait-il dû lui dire qu'il avait essayé vingt fois avant de tomber sur elle ? Non. Il allait se calmer et répondre en jeune homme poli et civilisé et s'excuser auprès de cette souris. Parfaitement. Auprès d'une. Souris. Qui parlait et pensait à priori comme un homme, c'était donc un moindre mal.
Antoine essayait désespérément de chasser l'image d'un piège à rats de sa tête tandis qu'il mâchait et remâchait ses mots pour ne pas vexer mortellement l'alter ego par accident. On était jamais assez prudent. Qu'elle refuse de lui répondre, il l'acceptait, mais qu'elle lui tourne le dos sans avoir daigné l'entendre, il ne l'aurait pas supporté.

« Je m'excuse, lâcha-t-il le plus naturellement possible, loin de moi l'idée d'avoir voulu t'enterrer vivante, mais tu n'es pas vraiment facile à trouver, et... j'ai besoin de ton aide. »

Tout en parlant, il alignait les cubes de fromages en rangées ordonnées comme le plus parfait des autistes, s'énervant quand le nombre ne tombait pas juste. Puis ajouta, avec quelques réminiscences d'enfant forcé d'être poli et souriant pour obtenir ce qu'il voulait des adultes :

« S'il te plaît. »

Ce qui était ridicule, ça faisait longtemps qu'il n'était plus un enfant. Ça faisait aussi longtemps qu'Antoine n'en avait pas été réduit à demander quelque chose de la sorte – il s'était toujours retenu, même lorsqu'il l'avait souhaité très fort. Ça faisait moins mal quand personne ne nous écoutait, ça laissait la fierté et tout ce qu'il y a autour bien à l'abri.
Et il n'avait jamais supplié une souris mince. Cette idée l'obsédait tant qu'il doutait de pouvoir en faire abstraction tout du long. Il aurait dû s’entraîner au préalable, aller parler à des abrutis et imaginer un animal à la place. Ça aurait peut-être eu des répercussions positives, qui sait !

Aucune chance.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Dim 23 Mar 2014 - 1:15

    Stoïquement plantée devant l'entrée de son trou, telle une statue gardienne de 10 cm de haut, Hedvig attendait le torrent d'excuses qui ne manquerait pas de venir flageller la fierté l'importun.
    Bien qu'elle ne soit pas assez naïve pour croire que le jeune homme allait s'abaisser à ramper devant son trou pour se faire pardonner, elle se surprenait tout de même à penser que la chose serait assez intéressante. Et à se demander si le faire languir était une bonne idée : au moins pourrait-elle déterminer à quel point le problème qui motivait sa présence lui tenait à cœur. Sans compter l'aspect distrayant de la scène qui en résulterait.
    Tandis que le rongeur pesait le pour et le contre de se livrer à pareilles baguenauderies, le bipède au-dehors retrouvait la notion de politesse :

      « Je m'excuse, » Parvint-il à articuler, « loin de moi l'idée d'avoir voulu t'enterrer vivante, mais tu n'es pas vraiment facile à trouver, et... j'ai besoin de ton aide. »

    En voilà une nouvelle. Et pas des moindres.
    Hedvig lissa à nouveau ses moustaches : elle avait parfaitement reconnu la voix d'Antoine, et le fait que ce dernier vienne demander de l'aide, à fortiori celle d'un animal, ne manquait pas d'exotisme. En tant que souris, elle n'était pas vraiment stupéfiée par cet état des faits : elle se contentait de remarquer que le jeune homme devait se trouver dans une situation des plus déplaisantes pour jeter ainsi aux ordures sa prestance méprisante habituelle. A moins qu'il n'ait pris un sérieux coup sur la tête.
    Les trois syllabes qui suivirent sa déclaration confortèrent Hedvig dans cette dernière hypothèse. La souris hésita à se nettoyer les oreilles une fois de plus et à lui demander de répéter, mais finit par consentir de bonne grâce à sortir de sa demeure.
    D'autant plus que le fumet de ce qu'il était en train de disposer devant sa porte lui chatouillait agréablement le museau.

      « N'est-ce pas ce qu'on appelle de la corruption chez les humains ? » Se renseigna-t-elle poliment en s'approchant des morceaux de fromage.

    Heureusement que son honneur d'animal se moquait éperdument de cette notion. Heureusement pour Antoine, évidemment. La souris tira l'un des cubes à elle du bout des griffes et en grignota un morceau.
    Divin. Si seulement sa maîtresse la traitait aussi bien, le monde serait parfait.

      « Excuses acceptées. » L'informa-t-elle royalement. Avant de remettre le museau dans le fromage. « Que puis-je faire pour toi ? »

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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Jeu 3 Avr 2014 - 22:15

...

Maintenant qu'elle était devant lui, il allait devoir faire un effort pour arrêter de la considérer comme un vecteur de la peste ; et si son commentaire – tout à fait dans le propos – tira un petit sourire à Antoine, il se demandait activement si se fondre dans le sol n'était pas une meilleure alternative. Oh, il exagérait, bien sûr : il lui était arrivé d'être moins sûr de lui et plus angoissé qu'il ne l'était présentement, mais il ne se souvenait pas être allé au jusqu'au bout dans ces cas-là. Parce qu'un nœud au ventre indiquait dans son esprit, comme un message laissé là au fer brûlant : demi-tour, mauvaise idée en vue. Tu vas te casser la figure, et inutile de préciser que ça risque de faire mal.
L'impression de jouer à saute-moutons avec tous les obstacles tout en se fichant royalement du résultat n'était pas la sensation la plus agréable au monde. Il la mit de côté de peur d'en rater une parole de la souris, laquelle prévoyait de toute évidence de vider l'assiette – et autant pour lui, qu'il ne l'ait pas amenée pour rien. Et il était à peu près certain qu'elle ne s’appelait pas Éveline.

La souris, non pas l'assiette. Conscient de ne plus être très clair dans sa réflexion, il fit un effort de concentration et riva ses yeux bruns au pelage blanc du rongeur, soucieux à présent de ce qu'il allait lui demander. Il n'en avait pas la moindre idée, et Dieu n'était guère complaisant quand on lui demandait l'inspiration sur le champ.

« Excuses acceptées. Que puis-je faire pour toi ? »

Lui faire remarquer que sa pseudo-suffisance lui déplaisait aurait été déplacé, sans compter qu'il n'avait trop rien à dire de ce côté là. Privé d'attaches et de sol connu, et comme monsieur ne savait pas nager, la chose s'avérait plus difficile que prévu. S'il comptait obtenir quelque chose, la carte de la provocation n'était pas la bonne, il se trompait de jeu. Antoine marqua une pause par obligation, le temps de réfléchir à une formulation qui ne puisse pas égarer la souris sur ses intentions et ne sonne pas stupide. Il se voyait mal lui demander d'emblée « En fait, je pense que ta maîtresse aurait besoin de voir un psychologue ou deux, pourrais-tu m'éclairer sur le sujet ? ». Il se fit la grimace tant il sonnait insultant. Le but n'était pas non plus de s'enquérir de détails pour rabaisser Leia. Si ça n'avait tenu qu'à ça, il n'aurait prit aucun gant, le jeu n'en aurait pas valu la chandelle.
Drôle de chandelle qu'il se voyait tenir fermement sans vouloir la lâcher. Antoine n'était jamais partisan du simple comme un bref résumé des chemins tortueux sur lesquels il ne cessait de s'engager l'aurait démontré. Ce qui était clair en revanche, c'était que quelque chose lui collait à la peau et que cette évidence l'amenait à rendre le tout obscur plutôt que l'avouer sans préambule.

« Je ne sais pas si tu peux faire quelque chose pour moi, répondit-il car le doute subsistait bel et bien dans un coin de son esprit, mais je ne vois personne d'autre. »

Personne qui soit à portée de main. L'alter ego était la seule qui puisse, dans une certaine mesure, savoir quelque chose non pas qu'il ignorait (il n'en savait pas beaucoup) mais qui pourrait lui être utile.

« Pourquoi une petite fille crée-t-elle une souris qui n'est pas réelle ? »

C'était le plus proche de ce qu'il voulait sans avoir à prononcer quatre lettres qui lui laissaient cette drôle de sensation sur la langue. Alambiqué comme toujours.
Être franc ne l'avait jamais desservi.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Sam 19 Avr 2014 - 23:34

    Grignotant son fromage du bout des incisives, Hedvig eut la bonne grâce de laisser le jeune homme choisir ses mots Cela l'étonnait qu'il ait à réfléchir, puisqu'il était venu la chercher jusque dans son trou : son idée, il devait bien l'avoir en tête pour être allé jusque là, pourtant. Mais bon, les humains avaient le don de se faire des nœuds au cerveau, parfois.
    Peu lui importait de savoir pourquoi Antoine avait tant de difficultés à s'exprimer, par ailleurs : le fromage était bien assez goûteux pour la faire patienter. Et puis, ce n'était pas comme si elle avait un emploi du temps très chargé, depuis que sa maîtresse la chassait en criant intérieurement et s'enfonçait la tête dans ses oreillers comme si elle cherchait à s'étouffer avec.
    Elle plaignait Alejandro et les humains qui partageaient la chambre de la jeune fille, en ce moment. Même en tant que rongeur.

      « Pourquoi une petite fille crée-t-elle une souris qui n'est pas réelle ? » Finit par demander Antoine, étant finalement parvenu à ordonner les morceaux de camembert qu'il avait dans la tête pour former une question cohérente.

    Hedvig avait parfois tendance à tout ramener au fromage.
    Comté vieilli fruité. La souris se redressa un instant et remua les moustaches, tant la question lui paraissait enfantine.

      « Et ton pigeon à dentelles, il vient d'où à ton avis ? »

    Ce singulier manque de courtoisie ressemblait à la souris à peu près autant qu'à Antoine l'humilité, mais il fallait dire que Leopold lui avait fondu dessus toutes serres dehors - dans l'intention manifeste d'en faire son dîner - plusieurs fois de trop.
    Etant rongeur, elle ne pouvait hausser les épaules, mais son froncement de museau était presque aussi révélateur. Fallait-il toujours à un enfant une raison de s'inventer un ami imaginaire ? Sans doute pas, sinon le pensionnat ne serait pas rempli d'AEA à en craquer.
    Hedvig était quasiment certaine d'avoir entendu un mille-patte parler quelque part dans son mur, récemment.
    Mais puisqu'elle avait déclaré qu'elle acceptait de l'aider, elle répondit tout de même plus précisément aux interrogations d'Antoine ; sans prendre le moins du monde la peine de dissimuler qu'elle savait parfaitement de qui ils parlaient sans pour autant prononcer son nom.
    Après tout si ce n'était Leia, il aurait été parler à un AEA plus facile à contacter. Le pensionnat ne manquait pas de chats stupides occupés à se frotter à tous les canapés qui traînent.

      « C'est une très bonne question à vrai dire. Tu sais qu'à 10 ans elle m'a balancé un livre pour me faire disparaître ? Devant tant d'ingratitude on se demande vraiment à quoi on sert, franchement. »

    Ce n'était peut-être pas la réponse qui lui serait le plus utile, mais elle jugeait tout de même que cet acte inconvenant méritait d'être signalé.
    Et puis quelle que soit la réponse de toute façon, Hedvig ne voyait pas ce qu'elle aurait d'utile.

      « Et je ne me souviens plus pourquoi. C'était comme ça, c'est tout. Elle devait se sentir seule ce jour-là. Ça arrive à tous les enfants un jour ou l'autre après tout. »

    Dégommer son ami imaginaire à coups de dictionnaire en revanche, nettement moins souvent.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Jeu 29 Mai 2014 - 23:47

...

Pour une fois la spontanéité ne lui aurait pas fait défaut, ni grand mal ; prendre cette maudite souris entre quatre yeux et lui expliquer le pourquoi du comment sans formules alambiquées – ça aurait été rudement pratique, oh ça oui, s'il avait su exactement ce qu'il voulait entendre. Le pigeon à dentelles lui fit hausser un sourcil avant que la réalité ne revienne lui coller au train avec une insistance presque désespérée. Ahah, lui. D'où au juste, en effet ? S'il avait pu l'oublier et arrêter de garder en mémoire les détails les plus insignifiants (de l'herbe tendre, de grands yeux bleus, deux ou trois nuages en forme de dentelles), sans doute aurait-il réussi à faire de la place pour l'essentiel, lequel lui échappait drôlement ces temps-ci. Il posa l'arrière de son crâne contre le mur, fixa le plafond à la recherche de quelque chose qu'il n'arrivait pas à nommer.
Quelque rancune sourde et dont il n'aurait pas entendu parler, peut-être ?

Pas que ça le préoccupait franchement, il avait plus grave à régler, encore et toujours.
Et des sentiments d'animaux, à ne pas comprendre les siens pour commencer, qu'aurait-il pu en faire ? Il y a quelques temps, il n'aurait pas même songé qu'ils puissent avoir de l'importance.

« C'est une très bonne question à vrai dire. Tu sais qu'à 10 ans elle m'a balancé un livre pour me faire disparaître ? Devant tant d'ingratitude on se demande vraiment à quoi on sert, franchement. »

« À rien ». Il ravala la réplique honnête qui faillit passer le seuil de ses lèvres et qui n'était sans doute pas la meilleure à servir à la souris. Allez savoir ; Leopold ne lui avait pas servi à grand chose sinon à remplacer deux pauvres oiseaux morts trop tôt. Mais les autres ? Souvent Antoine se demandait à quoi rimait cette ménagerie et pourquoi les propriétaires du manoir avaient voulu réunir l'adulte et le souvenir d'enfance, si vague dans la mémoire de la plupart des pensionnaires. Vite crées, mûrement réfléchis, trop vite oubliés ? Quand on savait ce que ces face-à-face avaient apporté, on était en droit de se poser la question.
Moi, je ne me suis jamais senti seul. Et puis elle est partie.

Mince, pourquoi est-ce qu'il n'arrivait jamais à retenir les vivants ? A croire que ce qu'il savait faire de mieux, c'était pleurer les morts. Il aurait dû la laisser s'entailler jusqu'à l'os et verser quelques regrets sur un fantôme bien plus heureux que quand, fait de chair et de sang, il s'amusait à s'abîmer jusqu'à l'ivresse. Un de plus, un de moins. Il ne faisait plus la différence. Et si c'était pour des menteurs qui lui lâchaient la main en pleine danse, il jetait à l'eau ses condoléances.

Faux. S'il s'en était vraiment moqué, il ne serait pas là à se mordre bêtement la langue.

« Et seule, elle l'est toujours ? Elle te lance encore des livres à la figure, peut-être ? »

Tu es heureuse de l'avoir retrouvée, ta gentille petite-fille aux cheveux pastels ?

« Je crois que je l'ai blessée. A défaut de pouvoir l'aider, j'aurais au moins aimé savoir pourquoi. »

Je n'en suis pas certain, et si je lui demandais, elle me mentirait sûrement. Antoine ne pensait pas lui refaire face un jour : dans toute sa modestie, à part l'écorcher un peu plus, il ne voyait pas ce que sa présence pouvait lui apporter. Mais elle avait mis son cœur en morceaux et avant de la détester et vouloir lui planter ces éclats dans la gorge, il voulait comprendre.

Son honnêteté dégouttait de mensonges et de mauvaise foi, et c'était la raison pour laquelle les mots qui dansaient sur sa langue sonnaient toujours aussi faux, quoi qu'il y fasse. L'aider ? Comme s'il en était capable.

Tu me l'as bien fait comprendre.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Sam 21 Juin 2014 - 2:35

    Tout en s'attaquant à la deuxième moitié des cubes de fromage trônant sur l'assiette de son client du jour, Hedvig nota sa propre grossièreté, en cela qu'elle aurait tout de même pu aider un peu plus Antoine au lieu de le laisser en plan avec quelques constatation creuses. Lesquelles n'allaient, vraisemblablement, pas lui servir à grand-chose.
    C'est-à-dire qu'elle avait du fromage sous le nez et qu'il ne posait pas les bonnes questions : cela n'aidait pas non plus.

      « Je crois que je l'ai blessée. A défaut de pouvoir l'aider, j'aurais au moins aimé savoir pourquoi. »

    Hedvig ne manqua pas de signaler d'un tressaillement de moustache qu'elle trouvait le début de cette réplique assez cocasse, dans l'absolu. Etant donné que c'était plutôt Leia qui passait sa vie à se promener dans celle des autres en leur infligeant des sévices psychologiques souvent non négligeables.
    C'était qu'on ne voyait pas les bleus qui marbraient sa peau à elle. C'étaient des hématomes étranges, invisibles, qui venaient d'on-ne-savait où et apparaissaient lorsqu'on n'y croyait pas. Des bleus qui venaient aussi de l'intérieur.
    Hedvig grignota l'ultime morceau de cheddar en songeant qu'au fond elle appréciait que quelqu'un s'en soucie à nouveau. Que ce soit Antoine avait de quoi surprendre tout le public, mais cela n'empêchait rien.

      « Sa solitude, c'est elle qui la crée. » Entama la souris en se nettoyant le museau d'un mouvement presque épileptique des pattes. « Elle est stupide c'est tout. »

    Ça au moins, elle le pensait vraiment. Si l'AEA avait tendance à trouver tous les humains trop compliqués, elle devait s'avouer que sa maîtresse était en passe de gagner le trophée haut la main.
    En tant qu'animal, Hedvig avait beau la percevoir, elle était rigoureusement incapable de comprendre cet acharnement qu'avait Leia envers la vie, envers les autres, envers elle-même. Cette pulsion incompréhensible qui la poussait à se faire du mal au final - pour quoi, pour se punir ? Pour faire semblant de ne rien redouter ? Parfois ses actes n'avaient rigoureusement aucun sens, que l'on suive la ligne de conduite selon laquelle elle voulait uniquement blesser les autres et les utiliser à son avantage, ou celle qui disait qu'elle cherchait à tout retourner contre elle-même.
    Selon le rongeur, l'explication tenait tout simplement au fait que Leia avait trop dans sa tête pour faire la part des choses. Mensonges, rancœurs, disparitions, mensonges encore et faiblesses incurables, tout se mélangeait et elle perdait pied.
    Ça devait être ça. Ou alors.

      « Vois-tu, aussi invraisemblable que cela puisse paraître... Je pense qu'elle ne croit pas te mériter. Ni personne, d'ailleurs. »

    Ou alors elle allait devenir complètement folle. Mais Hedvig ne pensait pas que la jeune fille soit engagée sur cette pente-là.
    Elle était juste seule, terriblement seule. Et d'autant plus seule qu'elle s'enfermait elle-même dans la solitude et rejetait tout ce qui l'approchait.
    Moins honnêtement qu'un misanthrope certes. Elle prenait des détours plus compliqués, mais au final la raison était simple. Elle tenait en quelques noms, ceux des gens qui avaient disparu corps et âmes dans son sillage.
    Il en fallait parfois peu. Quoi que "peu" ne soit pas exactement le terme adéquat.

      « Après tout, c'est elle qui se met dans des situations impossibles tout le temps. Ce n'est pas que ça lui fasse plaisir, mais quant à savoir pourquoi... je ne pense pas qu'elle le comprenne elle-même. »

    Mais elle a essayé de changer.
    Hedvig l'avait bien vue. Plusieurs fois. A essayer de retenir des mots qui venaient quand même, fondant en larmes après coup une fois enfermée dans les toilettes au fond de la cour de récréation.
    Tout ça pour rien ; et pourtant elle s'acharnait, essayant à nouveau de temps à autre. Se débattant, s'enlisant, retournant se recroqueviller dans son coin pour se barder d'indifférence et faire croire que tout allait bien. Que les autres, elle n'en avait pas besoin.

      « Et pour ce qui est de l'avoir blessée... Je pense surtout qu'elle ne fait confiance à personne. »

    Le cas de le dire. Déjà qu'on ne pouvait pas lui faire confiance à elle.
    Hedvig se frotta pensivement le nez, remua les moustaches, puis écarta l'assiette désormais propre comme un sou neuf pour grimper sur la chaussure la plus proche d'elle et se dresser vers Antoine.

      « Cela répond-t-il à tes questions jeune homme ? Evidemment la fiabilité de ces renseignements est ce qu'elle est. J'ai beau être en l'état un prodigieux spécimen de rongeur parlant, je ne suis pas non plus dans sa tête. »

    Je ne sais pas ce qu'elle veut. Mais ce n'était pas son travail à elle, ça.
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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Mer 3 Sep 2014 - 23:28

...

Antoine entama le début d'un demi-sourire, de ceux qui ne restaient jamais longtemps et se tendaient vite d'un côté ou de l'autre, moqueurs ou peut-être désolés. Analyser les autres pour savoir quoi en tirer, mais jamais en profondeur, et jamais pour redresser quoi que ce soit d'échoué – s'il avait pu tenir sa propre tête avant tout, il aurait déjà pu s'en féliciter. Il avait trop à faire avec ses propres problèmes et ses propres désillusion, mais pour une fois, celles-ci s'attachaient à d'autres avec une fermeté qu'il aurait aimé pouvoir combattre. Ne nous leurrons pas. Il pardonnait très mal, comme un enfant. Sa fierté à fleur de peau et son déni de l'échec faisaient de lui un homme renfermé et angoissé. Et si même lui se perdait parfois en jonglant avec les causes et les conséquences, celles d'un autre...
Il fallait commencer par accepter et assumer ses choix, ce qui n'était déjà pas rien. Stupide, il voulait bien le croire. Elle faisait à peine semblant. A croire qu'il l'avait saisie sans la toucher.

La suite le laissa plus perplexe – peut-être parce qu'il visualisait très bien toutes les raisons pour lesquelles on pouvait le mépriser, et qu'il n'avait jamais pensé qu'elle puisse avoir une telle opinion de sa personne. Il connaissait le réflexe automatique qui consistait à pousser les autres hors de sa bulle personnelle (par crainte, par dégoût, par une estime de soi précaire), mais c'était un peu tard pour le tenir à bout de bras. Compliquée, paradoxale. N'avait-il pourtant pas fait la même erreur ? A penser que rien ne pouvait l'atteindre alors qu'à la vérité, il était tout aussi faillible qu'un autre. Il s'en était débarrassé, et s'était persuadé d'avoir bien fait. Impossible de se mettre à la place de ses yeux brillants, quelque peu résignés. Antoine se demanda s'il n'aurait pas dû faire la même chose et s'y tenir.
Alors qu'au fond...

Si leur mental et leurs désirs avaient pu se résumer à quelques équations sur une feuille, ils n'en auraient pas été là. Il ne se serait pas senti coupable. La pitié était toute humaine, pourtant.
Ce qu'il pouvait détester être humain.

A part essayer et se ramasser en beauté, qu'est-ce qu'ils pouvaient faire d'autre ? Tsss. Il le lui avait dit, pourtant, mais si elle ne lui faisait pas confiance, est-ce qu'insister aurait amélioré les choses ? Un premier mot lui avait déjà lacéré la gorge, il n'aurait pas pu le redire. Peut-être qu'il se serait remit à mentir pour se justifier, à marcher à reculons, histoire d'avoir une bonne justification. – même pleine de savon.
Il se sentit blessé comme la première fois. Il s'en fichait qu'elle le chasse, mais elle avait intérêt à le croire.

Antoine sembla se souvenir de l'existence de la souris lorsqu'elle se dressa vers lui, et si l'entendre parler comme n'importe quel homme titillait encore son bon sens (tiens, il lui en restait), il arrivait à ne plus s'en étonner. Inutile de faire un blocage à ce niveau. Il hocha poliment la tête et comme si ce geste avait déclenché une cascade de sons et d'images, il tressaillit au souvenir de ciseaux et d'une bande blanche tachetée de carmin. Il doutait de pouvoir lui agripper le poignet de si tôt.

« Je ne t'en demande pas tant. Et je sais que tu ne pourras peut-être pas répondre, mais... »

Il mima, à contrecœur, le reflet d'une lame contre le creux de son poignet. C'était bête, et elle ne pouvait même pas savoir ; mais ce qu'il lui en voulait.
Je ne peux pas t'aider, mais ne fais pas ça, par pitié, pas si je ne peux pas t'aider.

« Est-ce qu'elle pourrait sérieusement aller jusqu'à se blesser à ce point là ? »

Tu ne parles jamais clairement, Antoine.
Mais s'il y avait bien un sujet sur lequel il ne voulait pas buter contre des consonnes brutes et impersonnelles, c'était celui-là.
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• Petit(e) ami(e) : En voilà une question judicieuse.

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MessageSujet: Re: C'est la faute à Andrej.   Ven 5 Sep 2014 - 18:03

    Maintenant que toute tentation d’ordre culinaire était écartée, il ne restait plus guère à Hedvig d’autre distraction que celle de se nettoyer les moustaches. Tâche qui l’occupait par ailleurs plusieurs heures par jour, ce qui devait suffire à couvrir le temps employé par Antoine pour parcourir ses pensées de long en large. Les humains avaient un gros cerveau après tout, il devait être long et pénible d’en fouiller les moindres recoins.
    Cela dit, Hedvig était très fière de ses moustaches.
    La petite bête entreprit donc, toujours assise sur la chaussure du jeune homme, ses travaux ménagers par des mouvements circulaires des pattes. Cela lui prit quelques minutes, puis faut de réaction révélatrice de son confortable fauteuil de cuir, elle s’attaqua alors au duvet soyeux de ses grandes oreilles de manière consciencieuse. Le fait que cela ne dérangeât pas Antoine le moins du monde lui révéla que ses pensées s’avéraient sans doute plus glissantes que prévu.
    Mais depuis le début de cet entretien, la souris avait largement adhéré à son postulat de base comme quoi elle était face à un duo d’humains au crâne particulièrement dur et dotés de la tendance addictive à penser beaucoup trop. Un individu plus massif qu’elle-même aurait dû cogner leurs deux têtes l’une contre l’autre et les abandonner dans un coin le temps que leurs idées se remettent en place. La perte de quelques neurones n’aurait porté préjudice ni à l’un ni à l’autre.
    Le rongeur s’apprêtait à s’attaquer à la question du reste de son pelage lorsqu’Antoine émergea du magma glougloutant de ses problèmes pour lui poser une dernière question.

    Hedvig remua les moustaches à la réception. Puis elle se dressa sur son séant et posa une petite patte blanche sur le pantalon du jeune humain.

      « Elle va bien parce que tu étais là, non ? »

    Un remerciement ou quoi que ce soit qui s’en rapproche était un peu trop à extorquer à l’alter ego, qui n’était même pas en mesure d’affirmer qu’il serait mieux pour sa maîtresse qu’elle vive ou pas. Cependant les faits étaient les faits, et les faits disaient eh Antoine, sauve-moi.
    Peut-être que c’était ça, exactement, le pire auquel Leia ait dû se confronter ce jour-là.
    Bref, tout cela était idiot. Mais les humains étaient idiots.
    Hedvig agita la queue :

      « Sur ce jeune homme. Je pense t’avoir donné bien assez de substance à te torturer les méninges pour aujourd’hui. Merci pour le fromage ; n’hésite pas à repasser. Et bonne soirée. »

    Et sur une inclinaison rapide de la tête, la souris sauta de la chaussure d’Antoine et fila dans son trou. Sa queue s’agita un instant hors de l’ombre puis s’y rétracta comme un petit serpent, et l’animal disparut.
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