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 Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]

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MessageSujet: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Mar 20 Mai 2014 - 16:37

Un sursaut au beau milieu de la nuit, j'ai le coeur battant, je suis trempée de sueur et j'ai l'impression de suffoquer. Portant ma main à ma poitrine, j'essaie de me calmer mais rien n'y fait, je serais bien incapable de dire s'il s'agit d'un cauchemar ou de quelque chose d'extérieur, il m'a semblé percevoir un cri, le cri d'un enfant... La chambre me semble plus obscure que jamais, mon oeil pourtant félin ne semble discerner qu'une opaque obscurité qui s'étire de sous mon lit jusque la porte que je remarque entrouverte et qui laisse s'échapper un mince filet de lumière qui devrait pourtant légèrement éclairer la pièce. Je perçois des souffles, des respirations... Celles des autres personnes qui logent ici ou s'agit-il d'autre chose ? Je devrais refermer les yeux, me retourner et m'endormir sagement mais j'en suis simplement incapable, du haut du lit superposé sur lequel je me suis installée j'ai l'impression d'être observée. La chaleur est étouffante, ces respirations oppressantes, j'ai besoin de sortir d'ici, besoin d'air. Le monde semble tourner autour de moi, je glisse mes jambes jusqu'à l'échelle du lit et suis saisie d'un vertige tandis que je regarde en bas, comme un pauvre chat coincé sur la branche d'un arbre qu'il s'est cru assez malin d'escalader. Je devrais pourtant voir le sol de là où je me trouve, je devrais au moins voir le lit inférieur, mais j'ai cette douloureuse impression que l'échelle plonge au coeur même d'un néant infini. Je ne peux pas le supporter, je préfère fermer les yeux et me laisser tomber sur le sol, il doit être là, même si je ne le vois pas, il ne peut qu'être là, comme au moment où je me suis assoupie.

Mes pieds percutent souplement le sol et j'ai le sentiment d'entendre les respirations plus proches que jamais de mon visage, comme un souffle glacial qui viendrait me caresser la gorge. Je tâche d'inspirer profondément, il est ridicule pour un chat de se surprendre à avoir peur du noir, l'obscurité est la douce couverture où je me réfugie pour me protéger des regards, pas ce manteau de flamme qui semble me lécher la peau douloureusement. Rouvrant les yeux, je tente de regarder autour de moi mais les ténèbres semblent m'avoir engloutie, je ne parviens pas même à distinguer le lit qui est pourtant juste derrière moi. Il me suffirait de tendre la main pour le toucher, mais je suis soudain distraite par une ombre qui semble traverser le couloir juste devant la porte de la chambre. Une ombre... Celle d'un enfant ? Sans savoir pourquoi, je me sens irrémédiablement attirée vers l'extérieur, et une étrange sensation semble naître au creux de mon ventre. M'approchant de la porte d'entrée, je la franchis bientôt et regarde le couloir qui semble s'étendre indéfiniment de chaque côté dans une lumière rougeâtre et inquiétante. Les oreilles tendues, je recherche le moindre bruit qui pourrait m'indiquer où peut bien se cacher cet enfant qui me nargue mais le silence seul répond à mes interrogations, jusqu'à ce que mes yeux se posent sur une silhouette lointaine qui semble se diriger vers les escaliers. Un sourire malsain se dessine sur mon visage, je t'ai vu petite créature, tu ne pourras pas m'échapper bien longtemps.

Avançant à pas feutrés dans le couloir, je délaisse la porte entrouverte de ma chambre jusqu'à arriver devant cet escalier sur lequel je pose des yeux amusés. De fines gouttelettes de sang semblent s'être récemment écrasées sur les marches, m'offrant une charmante piste carmin à suivre pour retrouver ma proie. Prenant soin de ne pas abîmer mes indices en les évitant de mes pieds nus, je monte peu à peu l'escalier qui craque à peine sous mon poids jusqu'à arriver au deuxième étage où les petites flaques s'élargissent et sont de plus en plus proches les unes des autres, preuve que mon pauvre petit bonhomme est ralenti par sa douloureuse blessure. Mes oreilles félines fièrement dressée, je monte encore une marche, deux marches, trois marches, me penche en avant pour poser mes mains sur le sol et continuer lentement mon ascension dans la position d'un chasseur qui s'apprête à bondir sur sa proie, toujours plus lentement, ma queue blanche se balançant ponctuellement à gauche, à droite, ondulant au rythme des marches qui m'amène jusqu'à un pallier ou je peux enfin poser les yeux sur ce charmant visage poupin qui se fixe soudain sur moi avec une terreur indicible qui me fait frissonner de plaisir. Presque allongée sur le haut des marches qui précède le palier, je le fixe avec les yeux d'un prédateur, avec déjà ce goût métallique qui caresse ma langue que je passe doucement sur mes lèvres.

Le temps semble s'arrêter une seconde, deux secondes, je perçois les tremblements de la peau rosée du garçon, l'odeur du sang qui s'écoule de son ventre jusqu'au sol sur lequel il est pitoyablement assis vient se glisser jusqu'à mon nez et pénètre avec délice mes voies respiratoires d'une odeur acre et puissante. Le bas de mon corps se redresse tandis que mes épaules frôlent toujours le sol, dans quelques secondes je plaquerai ce maudit gamin contre le bois du palier, je planterai mes crocs dans sa gorge et resterai ainsi quelques instants, juste assez de temps pour qu'il ressente la douleur avant d'emporter violemment une part de sa gorge entre mes dents, dévoilant sa pauvre jugulaire, fontaine de sang qui recouvrira mes mains et mon visage tandis que je pourrai dévorer sa chair de petit humain égocentrique et prétentieux. Trois secondes, je vois distinctement mon corps se jeter sur celui du pauvre enfant qui semble pousser un cri muet au moment où le dangereux félin s'écrase sur son petit corps fragile, je vois sa peur, je ressens l'excitation de la chasse, du sang, le plaisir de lui ôter la vie au moment où sa gorge s'ouvre sous les crocs de mon sosie avide de vengeance et de sang. Le liquide carmin vient s'écouler jusque sous mes mains toujours posées sur la dernière marche sans que je ne parvienne à ressentir son aspect poisseux et chaud. Je baisse les yeux pour les poser sur mes mains, rien. Pas la moindre goutte de sang, il n'y a que mes pauvres mains blanches et toujours agrippées à cette marche.

Je relève doucement la tête, le félin à la chevelure blanche qui déchiquetait le pauvre gamin n'est plus là, pas plus que sa victime. Je ressens toujours une euphorie et une excitation presque douloureuse, mais il n'y a plus rien, plus rien d'autre que cet escalier vide, ce pensionnat étrange et silencieux, rien de plus que moi, dans ma nuisette légère et noire, dans une position typiquement féline, seule. Doucement, l'adrénaline redescend, je peine à comprendre ce qu'il se passe jusqu'à ce qu'une révélation semble frapper mon esprit. Ma main se porte alors jusqu'à mon oeil redevenu aveugle sans que rien ne le cache. Où est-il ?! Ma respiration devient haletante, je ne m'étais pas même rendue compte de la perte de mon cache noir, probablement retiré dans mon sommeil à cause de la souffrance atroce qui m'a réveillée en sursaut. Mon corps se détend, je me retrouve agenouillée sur une marche et mon corps entier se prend à trembler. Quand est ce que ça va s'arrêter ? Je ne suis pas même capable de différencier la réalité de mes hallucinations, comme perdue dans un rêve qui fait de moins un monstre cruel et réjoui par le sang qu'il peut verser. Un petit garçon... C'est à un petit garçon que j'ai voulu faire du mal cette fois, et cette fois encore j'ai reproduis chaque geste sans le moindre questionnement. Et si quelqu'un s'était trouvé sur mon passage ? Et si j'avais planté mes dents pointues dans la gorge de cette personne réelle et pas seulement dans le fruit de mon imagination ?

J'aimerais pouvoir retourner dans ma chambre, récupérer mon cache pour empêcher que ça recommence et me blottir dans ma couverture pour oublier tout ce qu'il vient de se passer, faire comme si tout ça n'avait été qu'un mauvais rêve. J'aimerais, mais je ne peux pas. Et si ça recommençait ? Et si en entrant dans la chambre il me prenait la pulsion de m'en prendre à l'une des personnes qui y loge ? Non, ce serait trop dangereux, il faut que je trouve un endroit où je ne pourrai faire de mal à personne, un endroit où je pourrai attendre que le jour se lève, que tout le monde ait quitté la chambre pour aller récupérer mon cache. Tremblante, je me relève et regarde au dessus de moi... Le dernier étage, je n'y ai jamais mis les pieds mais il doit bien y avoir là quelque part une pièce qui ne serait pas fréquentée et où personne ne pourra me trouver ? Il le faut, je ne peux pas rester là au risque de croiser quelqu'un, aussi j'inspire profondément et reprend la montée des marches pour trouver cet endroit magique qui me protégera du mal. Un placard, une vieille pièce abandonnée, n'importe quoi ferait l'affaire... Et pourquoi pas un grenier ?

La pièce est poussiéreuse, remplie de vieux bibelots qui semblent n'avoir pas été utilisés depuis des siècles. N'est-ce pas là la preuve que personne n'y met jamais les pieds ? Au premier pas que j'y fais, mon pied nu soulève une couche de poussière qui me fait légèrement tousser. Inquiète à l'idée même de fermer les yeux et de les rouvrir à nouveau, je cherche du regard quelque chose, n'importe quoi qui pourrait couvrir mon oeil et éventuellement prendre le rôle du cache que je porte habituellement. Quelque part, un vieux draps semble cacher quelque chose qui est un peu plus grand que moi. Un morceau de ce drap devrait faire l'affaire ? Il suffirait que je l'attache à mon visage pour recouvrir mon oeil et je ne prendrais plus aucun risque. Aussi, je m'avance vers l'objet de ma convoitise et le saisi entre mes mains toujours tremblantes pour tenter de le déchirer. Hélas, si mon agilité est exacerbée par ma part féline, ce n'est pas le cas de ma force de petite gosse d'un mètre cinquante-cinq à peine capable d'ouvrir un bocal de cornichons. J'ai beau tirer de toutes mes forces, le drap me résiste, j'en ai pourtant vitalement besoin... Mes nerfs semblent lâcher, une larme commence à s'écouler sur ma joue tandis que je tire de toutes mes forces de deux côtés du draps pour le découper. Rien n'y fait. Ma voix brisée par un sanglot et tremblante de frustration et de l'effort que je fais, je tente de parler au tissu pour qu'il m'obéisse, comme si ça allait changer quelque chose.

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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 22 Mai 2014 - 21:32

Tap, tap, tap. Le corps qui se balance, les pieds qui touchent puis quittent le sol, volent, frappent, glissent, tapent. Aarne avait dansé ; dans sa tête, il dansait encore. C'était à son corps blessé comme une mélodie-calmant, un placebo aux airs de poison qui se diluait dans son sang au rythme des battements tranquilles de son cœur. Ici, on ne dormait jamais vraiment. Pas dans sa chambre, du moins. Il y avait toujours une fille pour rire bêtement et sniffer quelque chose ; de l'alcool qui traînait en tas éparses, des flacons, des bouteilles. Des aiguilles, peut-être même. Des trucs et des machins de fille d'un bout à l'autre de la chambre plongée dans une odeur étrange entre la vodka et le parfum cheap. Il ne voulait pas y rester. Alors vers neuf heures et des poussières, un sac rempli de ses affaires sur l'épaule, il avait adressé une grimace désintéressée à ces parfaites crétines de bas-étage et s'était tiré plus loin dans le manoir. Ç’avait d'abord été le salon ; puis, après une brève inspection, le finlandais avait fini par partir en direction de la bibliothèque. La pièce était suffisamment grande pour lui laisser le temps de chercher un long moment ce qu'il voulait. Il y avait des livres sur tout et rien, ici. De la science, de la littérature, des trucs humains et des trucs un peu moins, des manuels en veux-tu en voilà sur tout et n'importe quoi... C'était un peu un débarras pour toutes les espèces représentées dans le coin. Le genre humain semblait malgré tout rester le plus représenté. Allez savoir. Ça devait vouloir dire que les propriétaires l'étaient, humains – ou du moins était-ce la conclusion à laquelle Aarne, concentré sur les livres qu'il fourrait dans son vieux sac, avait fini par parvenir.
Ce n'était pas facile d'arriver à quoi que ce soit de certain, dans cet endroit. Il avait plutôt l'habitude de traîner ses doutes et incertitudes, de grogner sur les inconnues de ses équations et de foutre des coups de pieds et de poings dans les coffres qui refusaient de s'ouvrir. Les feuilles de Rudy ne l'avait pas aidé. La moitié de feuillet qu'il avait volé, toujours dans un coin de ses affaires, avait été soigneusement pliée et cachée au milieu d'autres feuilles sans importance : pour autant, il doutait qu'elle lui apporte grand chose. Il savait certes que la donner aurait été préférable, cependant il s'y refusait. Il saurait et personne d'autre. A part Nikoleta, il était contre le principe même de partager ses données avec des gens qu'il connaissait à peine. Qui trouve garde, premier arrivé premier servi – et aussi puéril puisse sembler cette démarche, elle était parfaitement réfléchie. Comme tout ce que faisait le jeune homme. Il ne lui était encore jamais arrivé de faire quelque chose qu'il soit amené à regretter par la suite. Pas dans ce Pensionnat, du moins. Il vivait au jour le jour. En réfléchissant, en pensant, en calculant. Son esprit analytique mémorisait et disséquait ce qui se passait autour de lui, les différents scénarios possibles, les éléments en sa possession pour l'aider à comprendre ce qu'ils faisaient ici et donc comment en sortir.

C'était le but. Sortir. S'en aller. Se barrer. Peu importe le terme, le résultat serait le même : lui, dans son pays d'origine, à vivre sa vie merdique mais parfaitement sienne. Il ne mourrait pas en étant un pantin.

Ses pas légers l'avaient conduit jusqu'au grenier. Depuis sa recherche avec sa petite-amie, c'était devenu un lieu qu'il affectionnait particulièrement : sans trop comprendre pourquoi, il s'était mis en tête que cet endroit devait forcément cacher plus qu'il n'en laissait voir. Il était définitivement différent du reste de la bâtisse et, en soi, c'était déjà un fait suffisant pour lui donner envie d'étudier plus en profondeur le pourquoi du comment. En comparant les ouvrages relégués au grenier à ceux exposés dans la bibliothèque, par exemple. Le fait que certains vieux grimoires soient encore en bas tandis que des œuvres semblant dater de la même époque avaient atterris ici le titillait plus qu'il n'aurait bien voulu l'admettre. Les détails l'attiraient toujours plus que l'ensemble. Il avait l’œil pour repérer ce qui ne collait pas. Les tableaux qui faisaient tâche avec l'ensemble de la collection. Les tâches de peinture semblant ne pas coller avec l'harmonie générale. Les fautes de goût. Les faux-pas. Il n'était pas scientifique dans l'âme pour rien, sûrement.
Il lisait dans l'ombre de l'armoire depuis quelques temps, caché à l'intérieur de ses portes ouvertes, quand des bruits de pas attirèrent son attention. A peine penché de sorte à ce qu'on ne le voit pas depuis l'entrée, il plissa les yeux pour tenter de voir l’intrus malgré la pénombre poussiéreuse dans laquelle étaient plongés les lieux. A première vue, il semblait s'agir d'une fille. Ses yeux clairs s'arrêtèrent sur ses oreilles et sa queue ; définitivement pas une fille comme les autres. Pour ce que ça changeait, hein. Une fille chat ou une fille droguée, il avait vite fait de décider laquelle était la plus supportable et « normale ». Entre guillemets. Si elle était à moitié animale, le risque qu'elle ait de mauvais réflexes était tout de même présent. Il avait déjà été griffé par plus d'un chat en voulant l’attraper dans ses bras. Les animaux ne l'aimaient pas. Ils préféraient son frère ; allez savoir pourquoi.

Voyant qu'elle semblait paniquée, il leva les yeux au ciel. Comme on dit, « ma bonté me perdra ». Il était assez d'humeur à jouer.

« T'as besoin d'aide, chaton ? »

Redressé, appuyé contre le bois de l'armoire, il lui jeta un regard en biais sans s'approcher. Avant de voir si elle risquait de le trancher en deux, il préférait se tenir à distance. Au pire, une vitre entre eux ferait l'affaire pour le protéger. Elle ne pourrait pas la briser à mains nues et lui serait en sécurité. Le plan semblait parfait.

« Tu sais, je doute que ce bidule t'entende. Mais c'est sympa de lui demander son avis avant de le bousiller. »



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 22 Mai 2014 - 22:25

Pourquoi ne te déchires-tu pas ? Je ne te demande pourtant pas grand-chose, maudit morceau de tissu ! Peu à peu, je sens les battements de mon coeur qui s'accélèrent, ma respiration se saccade légèrement, je ne veux pas que ça recommence, je ne peux pas rester comme ça. Plus que tout, je ne peux m'empêcher de penser à la jeunesse de la créature que j'ai chassée dans ma vision, le plaisir de goûter la saveur métallique de son sang entre mes lèvres, sur ma langue,... Encore maintenant je ne peux m'empêcher de ressentir une excitation toute particulière au simple souvenir de cette saveur qui n'était pourtant que le pur fruit de mon imagination. Non, je ne peux pas ressentir ce genre de choses, c'est simplement immonde, atroce. Une colère froide semble à nouveau se glisser au creux de mon ventre, je peux sentir la morsure glacée de l'animosité qui dévore mes entrailles, au point que je sens presque le tissu céder imperceptiblement, s'élargissant de quelques millimètres sans me céder pour autant. C'est à ce moment-là qu'une voix se fait entendre. La voix d'un homme, une voix qui aurait dû provenir de l'extérieur et non de l'intérieur de ce grenier où je suis supposée m'isoler pour ne pas prendre le risque de faire de mal à quiconque. Encore sous l'influence de la hargne, mes oreilles se dressent naturellement sur les côtés tandis que ma queue se balance ponctuellement de gauche à droite dans un mouvement gracieux et pourtant symbolique de mon énervement.

Chaton ? A-t-il vraiment osé m'affubler d'un surnom aussi idiot ? J'aimerais lui laisser entendre que je me passerai volontiers de ton humour comme de sa présence, mais tandis qu'il ajoute une seconde remarque humoristique sur ce qu'il a pu entendre, je pose sur lui un regard courroucé. Dès lors, je prends conscience de cette hargne déraisonnée qui m'amène à presque montrer les petits crocs qui se cachent derrière mes lèvres. Il faut que ça s'arrête ! Effrayée par ma propre violence, par ce que je m'apprêtais à lui faire, lui qui n'a que fait montre de sa présence plutôt que de rester cacher dans l'obscurité, je me recule de quelques pas et pose ma main devant mon oeil aveugle. Je ne sais pas à quel point ça changera quelque chose à mes visions, mais le simple fait de ne pas le voir de mes deux yeux me rassure, me donne plus de force. Au fond, peut-être que pour garder le contrôle de mon corps, il me suffit de me persuader que j'en suis capable ? J'aimerais que ce soit si simple, j'aimerais comprendre comment cette malédiction fonctionne, parvenir à m'en débarrasser, à juste oublier les cauchemars éveillés, oublier le danger que je représente et qui semble plus intense chaque jour qui passe. Reculant encore doucement, par peur d'être assez proche de ce garçon que pour lui faire du mal, je trébuche sur ce traître de drap qui m'a donné tant de fil à retorde et m'écrase lourdement sur le sol, me retrouvant assise contre un mur de ce grenier poussiéreux, toussant à cause du nuage de poussière soulevé par ma chute.

Inquiète, je garde la main gauchement devant mon oeil et évite à tout prix de poser les yeux sur le garçon qui se trouve dans la pièce. Est-il seulement vraiment là ? Peut-être encore ne s'agit-il que d'une hallucination, peut-être mon sosie va-t-il débarquer d'une seconde à l'autre pour lui faire la peau. Je ne veux pas voir ça, je ne veux pas le voir torturé, le voir mourir... Je n'en peux plus d'être entourée de cadavre, de ne récupérer entièrement la vue que pour voir mes mains couvertes du sang de mes songes. Si seulement je pouvais au moins culpabiliser, si seulement je pouvais détourner le regard de ces images atroces. J'aimerais ne pas être extatique lorsque mon double torture les gens qui m'entourent, qu'ils soient réels ou de simples créations de mon imaginaire. J'aimerais ne pas reproduire ses gestes, ne pas y trouver du plaisir... Plus que tout, j'aimerais ne pas être certaine que je ne suis rien de plus qu'un monstre abominable.

- S'il te plait, ne meurs pas... Je ne veux pas qu'elle te fasse de mal, je ne veux pas qu'elle revienne je veux juste...

Je sens les larmes couler sur mes joues, celles de gauches s'écrasant contre ma main qui appuie presque douloureusement sur mon oeil invalide. Rapprochant mes jambes de mon corps, je me recroqueville et sens mon corps entier qui se met à trembler. Soudain, l'impression d'être agrippée par une main glacée au niveau de la gorge, je suffoque à nouveau, plus encore que dans la chambre, je suis transie de froid, je ne parviens plus à retrouver mon souffle, ma respiration se fait bruyante, difficile, ma main libre se porte à ma gorge à la recherche de cette main qui semble m'empêcher de respirer mais il n'y a rien, rien de plus que mon angoisse, rien de plus que ma peur douloureuse qui semble m'attirer inexorablement vers le néant qui flottait dans ma chambre plus tôt. Est-ce ainsi que je vais mourir ? Dans un grenier poussiéreux, d'une crise d'asthme, sans même savoir si je suis seule ou accompagnée d'une énième hallucination que mon double rêverait d'étriper pour avoir seulement prononcé le mot "chaton" en parlant de moi ? Au fond, peut-être que ce sera mieux pour tout le monde, peut-être que je suis même déjà morte depuis mon arrivée ici, qu'il s'agit juste de l'instant où mon âme ou je ne sais quel entité qui resterait de moi disparaîtrait pour de bon. La douleur est insoutenable au niveau de ma gorge, les larmes coulent plus abondamment encore, je veux juste que ça se termine, par pitié.
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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Dim 25 Mai 2014 - 3:22

Her. T'es sûre que tu veux jouer à ça ? Chaton.
La colère, les muscles tendus, les sourcils froncés – que du par cœur, de jolis mensonges. Il connaissait tout ça comme il connaissait son reflet dans le miroir. De A à Z. Des blessures les plus bénignes aux plaies les plus profondes ; et dire qu'il avait encore des bandages aux mains, aux bras. Il n'arrêtait pas de se faire mal. Parfois ça devenait tellement insupportable qu'il était tenté de passer à la vitesse supérieure. Pas juste cogner les meubles, frapper les autres, se heurter violemment la tête contre un mur. Non, plus que ça. Se faire mal. Vraiment mal.
Mais ça ne venait jamais, l'occasion passait et lui, comme maintenant, fixait quelque chose qui lui ressemblait sans avoir ni forme ni intérêt. Bha alors, chaton ? Elle semblait embêtée, ennuyée, affolée – quelque chose n'allait pas. Appuyé contre le bois, ses doigts abîmés serrés sur le rebord comme l'on s'accroche à une planche pendant un naufrage, il la fixa sans savoir ce qu'il était censé y voir au juste. Une fille bizarre et complètement déglinguée ? Une personne à problèmes ? Quelqu'un dans le besoin, qui s'éloignait à défaut de crier à l'aide ? Comment aurait-il pu savoir. Tout ce qu'il savait était ce qu'il voyait, stricto sensu. Ce qu'elle lui montrait. Or à part une crainte évidente rendue diffuse par la pénombre, il aurait été bien incapable de dire ce qui pouvait se passer dans sa petite tête. Est-ce qu'elle avait peur de lui ? D'autre chose ? Machinalement, il tourna la tête pour vérifier que rien dans son dos ne pouvait causer ce mouvement de recul tout à fait exagéré et inapproprié ; il avait beau ne pas avoir l'air aimable, avec sa tête de détenu et les bandages qui entouraient ses doigts, il n'avait pas strictement parlant une tête à faire peur. A inquiéter, peut-être. Mais pas de là à paniquer et opérer un repli stratégique à peine la voix levée.
Rien derrière. A peine Aarne eut-il le temps de tourner la tête de nouveau qu'un bruit sourd le fit sursauter. La fille était tombée. Pris les pieds dans le drap, apparemment – est-ce qu'il y avait idée d'être aussi maladroite, vraiment ? Un soupir se glissa entre ses lèvres, triste écho aux aléas dont la vie aimait parsemer le chemin des pensionnaires. Une fille avec des oreilles de chat irrémédiablement attirée par le sol et adorant marcher en arrière... Il avait vu pire, hein. D'un pas, il se rapprocha sensiblement de la demoiselle. Il craignait encore de l'approcher ; il ne tenait pas à ce qu'elle se tue en reculant, empalée sur un quelconque objet pointu laissé là. La dernière fois qu'il était venu, lui-même avait contribué à laisser plus de morceaux pointus de-ci de-là. Ce n'était pas un endroit sûr où l'on pouvait marcher pieds nus. Alors tomber ?

Mieux valait éviter.

La voix du chaton résonna dans la quiétude de la nuit, créant un nouvel écho douloureux dans les côtes du garçon. A qui elle parlait, là ? Ce n'était sûrement pas à lui qu'elle risquait de faire du mal – la différence de taille et de stature le laissait suffisamment confiant pour, à présent qu'elle semblait plus mal en point qu'en bonne santé, oser faire un nouveau pas en avant. Il ne sous-estimait pas la jeune fille. Un chat, ça avait des griffes ; il ne savait pas à quel point elle tenait de ces animaux, mais mieux valait se méfier. Il ne tenait pas à se retrouver poignardé puis tué par une gamine d'un mètre cinquante et des poussières. Son honneur s'accordait quelques conditions à une mort honorable. Ce scénario n'en faisait pas partie. Clairement pas.

« C'est toi qui risque de mourir, abrutie, grogna-t-il en arrivant près d'elle. Respire. Doucement. »

Habitué aux gestes d'urgences en cas de crises de toutes sortes, le jeune homme s'accroupit et se contenta de la regarder ; le tout était de la calmer. Une fois que ça irait mieux, elle pourrait respirer de nouveau et recommencer à agir normalement. Avisant l’œil qu'elle s'évertuait à cacher, il haussa un sourcil inquisiteur. Il avait beau n'avoir aucune affinité avec qui que ce soit, il ne tenait pas à ce que quelqu'un crève devant lui alors que pour une fois, il n'y était strictement pour rien. On avait beau dire, il n'était pas tout à fait sans cœur.

« C'est ton œil qui te fait mal ? »

D'un geste précis et mécanique, il attrapa le drap sur lequel elle avait trébuché et en déchira une large bande, comme il put. Ce n'était pas simple, même pour quelqu'un de sa taille habitué à se battre et donner des coups de poings ; le tissu mit un temps avant de céder en une plainte chuintante.

Sans un mot, il le posa sur sa tête. Il ne savait pas ce qu'elle comptait en faire mais comme apparemment c'était vital à sa survie au point où elle supplie le drap de se casser de lui-même, hein. On ne sait jamais. Ça pouvait aider.




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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Lun 26 Mai 2014 - 11:32

Pourquoi l'oxygène semble de plus en plus rare de glacé ? Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à retirer cet étau qui semble tenailler ma gorge pour m'empêcher de reprendre mon souffle ? J'ai la tête qui tourne, mais peut-être est-ce pour le mieux. Si je meurs ici, je ne pourrai plus faire de mal à quiconque, je ne devrai plus supporter ces visions terrifiantes, je serai sûre de n'avoir jamais été ce monstre qui semble vivre dans l'ombre de mon regard aveugle. Les larmes continuent à couler mais je commence à me résoudre à mon sort, s'il faut que je meurs ici, pourquoi me débattre ? Que peut-il bien y avoir de si effrayant dans la mort ? J'ai déjà entendu parler de l'enfer et du paradis, de la réincarnation ou juste d'un point final que seul le néant poursuit mais qu'importe quelle croyance poursuivre puisqu'aucune ne peut être plus difficile à supporter que ce que mon regard atrophié m'impose. Les yeux fermés, je peine malgré tout à retrouver mon calme, j'ai beau être prête à accepter de plonger dans les eaux troubles d'une mort pitoyable dans un grenier poussiéreux, mon corps ne semble pas vouloir trouver la paix, mes poumons continuent désespérément à se débattre pour retrouver cet air dont ils ont tant besoin.

Le garçon s'approche, j'aimerais lui dire de reculer, lui dire de me laisser là et d'espérer que mon corps inanimé ne se laissera pas incarner par le démon qui semble habiter mon esprit, mais à quoi bon essayer ? Incapable de reprendre mon souffle je ne parviendrais pas à articuler un mot, et je continue à penser qu'il n'est probablement qu'une apparition de mon esprit complètement détraqué. En tout cas, apparition ou non, il se place en face de moi et m'intime de me calmer, de respirer doucement. Allez savoir pourquoi je l'écoute, je devrais au contraire le repousser, lui faire comprendre que je veux qu'il parte, que je veux qu'il me laisse là, mais mon oeil valide se plonge dans son regard et sa voix m'apaise légèrement. Docile, peut-être trop habituée à l'être après toutes ces années, je tâche de me concentrer pour respirer plus lentement, plutôt que de vouloir prendre une grosse bouffée d'oxygène je cherche à l'inspirer dans un maigre filet, celui que ma gorge pourra supporter. Ma respiration est encore bruyante mais la main qui semble m'étrangler se desserre doucement, et bientôt je me retrouve avec un morceau de tissu sur le visage. Il m'a demandé si mon oeil me faisait mal, s'est retourné pour déchirer ce drap sur lequel je m'acharnait sans résultat depuis un moment, et maintenant que mon oeil est recouvert tant par ma main que par le tissu qui ne tient que par la force de la gravité, j'ai l'impression de prendre conscience de la réalité.

Peu à peu, ma respiration semble retourner à la normale, encore légèrement haletante mais moins douloureuse. Ma tête tourne encore légèrement mais c'est redevenu supportable. Aussi, prenant la bande de drap déchirée entre mes mains en veillant à ne pas le laisser tomber, je m'arrange pour la passer autour de ma tête pour la nouer à l'arrière de celle-ci, la plaçant fixement devant mon oeil ainsi définitivement caché. Le garçon est toujours là... Les larmes ont cessés de couler, je le regarde avec crainte, toujours effrayée à l'idée qu'il ne s'agisse que d'un produit de mon imagination et que je sois incapable de m'en rendre compte. Effrayée, je tends lentement la main droite vers son visage, mon coeur bat la chamade mais il faut que je sache, il faut que je sois sûre. Fermant mon oeil valide au moment où ma main va entrer en contact avec la peau du garçon, j'attends cet instant où ma peau ne rencontrera que le vide et retombera mollement devant moi, me prouvant que j'ai toujours été seule dans cette pièce. Mais la chaleur de ma main rencontre celle d'une autre peau, et mon oeil se rouvre sur le visage toujours bel et bien présent de ce garçon. Je le touche... Il est réel.

Je je devrais probablement pas faire ça, réel ou non il peut très bien être mal intentionné et vouloir profiter de ma vulnérabilité, peut-être a-t-il fait semblant de m'aider pour pouvoir mieux me faire du mal ensuite, mais peut m'importe au moment où cette vague de soulagement parcours mon corps. Comme une enfant qui se réveille d'un cauchemar, je me blottit contre lui à la recherche du réconfort dont j'ai besoin, d'un calin et de paroles rassurantes qui me prouveront que cette fois c'est bel et bien fini. Reste à voir s'il ne va pas simplement me repousser en criant haut et fort que je suis complètement tarée, ça pourrait se comprendre après tout.
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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 29 Mai 2014 - 17:37

Elle n'allait pas bien. Ça crevait les yeux – et pas que les yeux, d'ailleurs, songea-t-il en écoutant sa respiration sifflante, laborieuse. Elle n'était certainement pas en danger de mort. Pas à ce point-là. Pourtant, son état semblait suffisamment inquiétant pour qu'Aarne, la mine concentrée, ne se sente un minimum concerné par le bien-être de ce pauvre chaton. Évidemment qu'il n'aurait laissé crever personne dans un couloir. Est-ce qu'on l'en aurait cru capable ? Sûrement. Est-ce qu'il s'en croyait capable ? Peut-être. Pourtant, c'était faux – aussi faux que de dire qu'il aurait été réellement attristé par la mort d'une inconnue, bien sûr. La voir souffrir provoquait juste ce foutu sentiment de détresse dans son cœur, comme un instinct naturel qui le poussait à ne pas laisser quelqu'un se vider de son sang sur le bas-côté du moment que ça ne risque pas de le mettre en danger lui-même. Typiquement humain. Faible et stupide. Il s'en voulait de ne pas être capable de juste faire demi-tour et de la laisser là, quitte à ramasser son cadavre ensuite, mais c'était comme ça. Il n'y pouvait rien. Lui aussi, il avait eu peur, et lui aussi, il aurait aimé avoir quelqu'un à serrer contre lui, ou juste une présence rassurante appuyant sa main sur son épaule pour lui dire que tout irait bien. Mais il n'y avait guère qu'une personne dans tout ce pensionnat capable de faire ça – voulant bien faire ça. Et cette personne avait encore plus peur que lui, alors à quoi bon.
Elle semblait se calmer. Bien. Mieux. Le tissu déchiré glissa entre ses doigts, maladroitement noué autour de son œil. Donc c'était bel et bien à ce niveau que résidait le problème. Curieux mais conscient que lui poser la moindre question pour l'instant n'amènerait probablement à rien, il resta silencieux. Immobile. Son regard glissa de l'oeil de la demoiselle à sa bouche, puis à son cou, à ses joues rougies par les larmes qu'elle avait versées quelques secondes à peine auparavant. Elle n'avait pas l'air bien vieille, chaton. Pas bien grande non plus. Calme et contrôlé, attentif et patient, il la laissa approcher sa main sans effectuer le moindre mouvement de recul. Il n'avait pas peur. N'avait aucune raison d'être effrayé, non plus. Ce n'était qu'une gamine perdue et terrorisée ; c'était elle, qui aurait dû faire attention à ce dont il aurait pu être capable. Combien de force pour la pousser en arrière ou la frapper ? Trois fois rien, jugea-t-il quand sa petite main effleura la peau de son visage. Elle n'était pas en position de force. Il n'avait aucune envie d'en profiter, pourtant. Ce n'était pas comme avec ces crétins qui le regardaient passer en jouant les petits coqs de basse-coure ; eux, il avait envie de leur frapper la tête contre un mur pour leur apprendre le respect, parce qu'il n'aimait pas la couleur de leurs cheveux ou simplement parce qu'il en avait envie, qu'ils étaient là au mauvais moment au mauvais endroit. Avec les filles, c'était déjà différent. Et celle-là était juste... Pas en état de l'inspirer à être violent, pour faire clair. Taper sur plus fragile que soi n'était amusant qu'à un certain degré. Il y avait des limites à tout. Même lui en avait.
Ça aurait pu être sa petite sœur dans quelques années. Comme il n'aimait pas qu'on tape sur William, il jugea prudemment qu'il n'aurait pas aimé qu'on tabasse cette petite chose qui vint se blottir dans ses bras. Ben tiens. Quelle inconscience, sérieusement. Elle aurait mérité qu'il lui veuille du mal.

Maladroitement, il tapota sa tête du plat de la main. Il ne savait pas trop quoi faire dans ce genre de cas ; on cherchait rarement du réconfort auprès de lui. C'était plutôt le contraire, même. On ne venait pas le voir pour lui demander conseil ou être rassuré – ou si peu. Il était du genre à empirer les choses, volontairement ou pas. Même avec les gens qu'il aimait, c'était toujours pareil. Ce ne serait pas différent cette fois. Ça ne l'était jamais, jamais.
Parce que rien ne changeait. C'était comme ça. Il fallait savoir l'accepter.

« Her. C'est bon, là. » Pas plus gêné qu'il n'était à l'aise, il fronça les sourcils. « Je suis pas ta mère, non plus. »

Ou son père, plutôt – la différence importait peu pour le message qu'il tentait de faire passer. Il se fichait qu'elle décide de se servir de lui comme d'un ours en peluche, mais il n'était clairement pas le mieux placé pour endosser ce rôle. Soit elle aurait tôt fait de s'en rendre compte, soit elle était complètement allumée, la miss. Il n'avait rien d'une bonne influence ou de quelqu'un avec qui on voudrait volontairement devenir ami. Rares étaient ceux qui l'appréciaient, ici. La plupart n'auraient sûrement pas été mécontents qu'il tombe dans un trou menant tout droit aux Enfers.

« C'est quoi ton problème, marmonna-t-il en passant une main sur son propre visage. T'as fait un cauchemar, c'est ça ? T'es pas bien de monter au grenier à cette heure-ci. Tu sais pas sur qui tu pourrais tomber. »

Sur qui tu es tombé, renchérit une petite voix dans sa tête. Bien sûr. Elle ne savait pas.
Tant mieux, hein.



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Sam 31 Mai 2014 - 23:45

Il ne me repousse pas plus qu'il ne disparaît, et c'est tout ce que j'espérais, mêmes i ça ne doit pas durer, même si ce n'est que pour quelques secondes, pour une petite minute. En tant qu'hybride, je ne suis pas habituée aux enlaçades, après tout contre qui aurais-je bien pu me blottir durant toutes ces années que j'ai passé à être éduquée pour devenir la petite esclave parfaite, et plus tard le maître n'a pas cherché à perdre de temps en tendresse lorsqu’il avait besoin d'un contact rapproché avec moi pour assouvir ses besoins. En fait, je serais bien incapable de dire d'où me vient ce réflexe de m'être blottie contre ce garçon, ça ne fait absolument pas partie de ce qu'on m'a appris, que du contraire il s'agirait même plutôt d'un affront qu'un hybride pourrait faire à un humain, au même titre que prendre la parole sans y être invité. Depuis que je suis ici, il m'est difficile de ne pas trouver certains actes, certains gestes ou même certains mots déplacés, le moindre objet qu'on me prête, le moindre compliment qu'on pourrait me faire ou le moindre choix qu'on me propose m'apparaît comme une montagne alors qu'il s'agit de quelque chose de parfaitement naturel pour un humain.

Aujourd'hui, je suis ici au même titre qu'une humaine, toujours avec des attributs félins et probablement toujours mal considérées par certains, mais néanmoins plus libre que je ne l'ai jamais été auparavant. Pour autant, me serais-je à cet instant découvert un instinct que je ne me connaissais pas ? Que ce soit le cas ou non, le garçon ne tarde pas à me laisser entendre qu'il ne tolère que moyennement ce rapprochement, chose que je peux comprendre. Je m'étonne déjà qu'il ait ainsi accepté d'être aussi intime avec une parfaite inconnue, de ce que j'en sais très peu de personnes acceptent qu'on les touche avant d'atteindre une proximité relationnelle assez élevée. Je crois que j'ai eu de la chance, à devenir trop peu méfiante je pourrais bien risquer d'être abusée à nouveau, que ce soit physiquement ou mentalement, ce qu'il ne manque pas d'ailleurs d'approuver sans le savoir en reprenant la parole pour m'annoncer que j'ai pris des risques en venant jusqu'ici sans savoir qui je pourrais rencontrer. Y a-t-il des personnes tellement dangereuses dans cet endroit ? Je dois dire que je n'ai pas encore eu l'occasion de faire face à un réel danger, si ce n'est en croisant la route de mes hallucinations. Baissant les yeux en instaurant à nouveau une distance raisonnable entre nous, je ne peux m'empêcher d'hésiter un instant à l'idée de lui répondre. Je ne suis pas même sûre qu'il veuille vraiment le savoir, il ne s'agit peut-être que d'une question de rhétorique.

- J'aurais préféré que ce soit un cauchemar... Si je suis venue me cacher ici c'est... pour lui échapper.

Je relève les yeux vers le garçon et le regarde vraiment pour la première fois. Je me sens rougir légèrement, je n'ai pas encore l'habitude de fréquenter des garçons en n'étant pas considérée comme une esclave à leur service et je ne peux m'empêcher de me sentir gênée à l'idée de m'être ainsi blottie contre lui quelques instants plus tôt. Il faut bien avoué qu'il est assez joli-garçon, et il a quelque chose dans le regard qui m'intimide un peu, tout en me donnant envie en quelque sorte de ne pas lui faire mauvaise impression. De fait, je ne peux que m'empresser d'ajouter un pseudo-mensonge pour éviter de passer pour folle. Si étrange que ça puisse paraître, la magie semble être un concept parfaitement accepté par la plupart des personnes qui vivent ici, mais l'idée que je puisse me voir en train de les éventrer et y trouver un plaisir tout particulier ne devrait pas faire l'unanimité. Mieux vaux éviter de le crier sur les toits, même si je l'ai plus ou moins laissé entendre un peu plus tôt, avant de me retrouver sur le sol de la pièce.

- Je veux dire... Il y a une fille que je cherche à éviter à tout prix, et j'espérais qu'ici... Elle ne me suivrait pas.

Je ne mens pas totalement, ce sosie que je vois dans mes hallucinations est effectivement une fille, et je donnerais n'importe quoi pour lui échapper. Pour finir, c'est bel et bien en espérant ne plus croiser sa route que j'ai choisi de venir me terrer ici plutôt que de rejoindre ma chambre. Bien sûr, il serait plus honnête de préciser que cette fille n'est pas réelle, que je la fuis parce que je ne peux m'empêcher d'éprouver une réelle extase lorsque je me vois égorger un pauvre gamin qui n'est pas plus réel que mon double, et que d'une certaine façon il est impossible que je lui échappe peu importe où je me cacherai puisqu'elle fait partie de moi-même, mais je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure façon d'avoir l'air saine d'esprit, et s'il me croyait folle, il risquerait de réagir de deux façons : soit me jeter dehors pour être débarrassé de moi et pouvoir être tranquille, soit partir de son côté en me laissant là. Dans les deux cas, je n'ose pas imaginer les insultes qu'il risque fort de proférer avant de me laisser tomber. Et pourtant, n'était-ce pas exactement pour cette raison que je suis venue ici ? Pour pouvoir me retrouver seule ? J'ai bien peur désormais d'être plus effrayée à l'idée de me retrouver en tête à tête avec moi-même qu'à l'idée de faire du mal à ce garçon qui devrait pouvoir me résister sans trop de problème si mon cache-œil improvisé s'avérait inefficace.
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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Ven 6 Juin 2014 - 1:52

Elle avait l'air tellement... Comment dire. Fragile ? Sûrement, oui. Petite, frêle, jeune, sans défenses. C'était la première impression qu'elle donnait d'elle quand, collée contre lui, elle s'accrochait sans savoir pourquoi à la façon d'une enfant effrayée. Qu'était-il censé faire, hein. Il n'allait pas la rejeter et l'envoyer promener dans les morceaux de tissu et de trucs coupants : il était cruel, d'accord, mais pas à ce point et pas dans ces conditions. La compagnie n'y changeait rien. C'était simplement l'autre qui décidait de l'attitude qu'il adopterait – et face à une fille tremblante de peur, du moment qu'il ne soit pas d'une humeur massacrante, il se voyait mal enfoncer le clou jusqu'à ce qu'il ait entièrement pénétré sa peau et sa chaire. Ça n'aurait servi à rien. Ça ne lui aurait rien apporté et il n'en avait pas envie, alors à quoi bon se forcer. Il ne ferait pas l'effort d'être méchant s'il ne le voulait pas. Il ne ferait pas semblant d'être gentil pour respecter de quelconques lois sociales. Aarne avait toujours été lui-même, pour le meilleur et surtout pour le pire – et qu'on l'insulte ou le traite de sans cœur, ça ne changeait rien au fait qu'il agissait exactement comme il l'entendait.
Plus à l'aise maintenant que la demoiselle s'était éloignée, le finlandais fronça les sourcils. Son regard ne pouvait s'empêcher de revenir par moments à ses oreilles félines ; ce détail de son anatomie, sans surprise, l'intriguait bien plus qu'il n'aurait pu l'admettre. C'était une fille-chat. Une sorte d'hybride d'une quelconque sorte – une expérience, pour lui. Quelque chose de totalement inimaginable, un être tout droit sorti d'un manga ou d'un autre livre du genre pour adolescents adorant fantasmer sur des filles déguisées en chatons. Pas qu'il juge, n'est-ce pas. Quoi qu'il en soit ça n'avait rien de crédible à ses yeux scientifiques : il disait ça en connaissance de cause. Il aurait pu expliquer tous les comment des pourquoi ça semblait totalement impossible, mais ç'aurait été trop long et trop pointu et personne dans ce sombre pensionnat n'aurait pris le temps de l'écouter pour lui renvoyer la balle ou l'aider à réfléchir. Il doutait que demander à cette fille d'où venait sa race mène où que ce soit – quant aux autres personnes à qui il faisait confiance, elles n'étaient malheureusement pas assez calées en biologie, zoologie ou génétique pour lui être d'une quelconque aide. C'était parfois à se demander quel âge ils avaient et quel genre d'études ils auraient pu envisager avec un QI pareil.

« Une fille ? »

Ben tiens. Une fille la poursuivait pour lui faire du mal ? De mieux en mieux. Cette image avait quelque chose de franchement hilarant pour peu qu'on soit Aarne et qu'on connaisse les filles qu'il connaissait. Aucune n'aurait été capable de faire beaucoup plus de mal à cette inconnue qu'une mouche d'irriter une vache, pour être honnête. Elles étaient soit empotées, soit débiles, soit trop occupées à se faire les ongles, soit pestes mais pas dangereuses, non... Les garçons, encore, il ne disait pas. Il avait croisé quelques types capables de bien l'abîmer et de lui faire craindre les récidives. Mais encore, ce n'était pas la majorité. Il y avait quelques psychopathes dans le coin, du genre deux ou trois cas psychiatrique sérieux – mais c'était bien tout, à moins qu'il n'y en ait d'autres cachés dans les recoins de la cave ou du grenier dans lequel, justement, ils étaient en train de discuter paisiblement.
Si un malade mental avait élu domicile ici et jeté des planches et des ressorts sur quiconque serait entré, il aurait été au courant. Pour être déjà monté plusieurs fois ici, il pensait quand même avoir un minimum de connaissance sur la population qui traînait dans les parages. A savoir : ceux qui cherchaient des feuilles ou des indices, les drogués et les mélancoliques à la recherche de solitude.

« Pourquoi ? Tu crois que ta fille aura peur de se casser un ongle ou de se manger de la poussière sur ses cheveux super laqués ? »

Un rire mesquin s'échappa de ses lèvres à cette idée. Il exagérait mais franchement... Il avait du mal à concevoir qu'une fille avec probablement des griffes et des aptitudes félines puisse avoir grand chose à craindre de quelqu'un qui aurait peur d'aller au grenier seule à une heure pareille. Il n'était pas spécialiste, mais il ne lui semblait pas entendre qui que ce soit piétiner en-dessous en attendant que sa cible descende ; aucun bruit ne provenait d'en bas, en vérité. Et qu'est-ce que son œil avait à voir là-dedans, alors ? Et son « ne meurs pas », « je ne veux pas qu'elle revienne » ? A qui avait-elle pu parler, à ce moment-là...
Peut-être avait-elle un léger trouble de dissociation de la personnalité. Allez savoir.

« Enfin, tu peux rester là. Bienvenue dans le grenier, déclara-t-il en se redressant, bras écartés. L'endroit parfait pour échapper aux détraqués. Ou emprisonner ses victimes, c'est toi qui vois. »



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Dim 8 Juin 2014 - 10:46










Je ne parviens pas vraiment à déterminer s'il est juste surpris, s'il pense que je lui mens ou si sa remarque est juste légèrement ironique. Pourquoi pas une fille, après tout ? De la part d'un garçon, je pourrais comprendre que la remarque soit prise à la légère, il est vrai qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de garçons qui sont du genre à avouer facilement qu'ils peuvent être plus faibles qu'une fille. En attendant, je ne suis pas un garçon et je ne vois pas en quoi le fait qu'une fille me poursuive puisse être risible, ce n'est pas comme s'il n'y avait que des gosses dans cet endroit, et on peut tomber sur des gens assez tarés pour ce que j'en sais. Certes, je n'ai pas encore eu l'occasion de croiser quelqu'un de bien dangereux, mais je ne doute pas un instant qu'il doit y avoir quelques personnes dans cet endroit qui ont pas mal de sang sur les mains, et pas seulement dans des hallucinations. Après un instant de réflexion, il semble décidé à me donner une petite explication sur son interrogation, et j'en déduis qu'il ne doit pas avoir une haute estime de la gent féminine, même si je ne peux m'empêcher un sourire amusé. Solidarité me dira-t-on ? Eventuellement, mais avant d'être une fille, je suis une hybride, et ça ne me vaux pas spécialement la solidarité de quelque humain que ce soit, que je sache.

L'ambiance s'est allégée, l'humour du garçon et le drap qui cache désormais mon oeil invalide me rassure, et je fini par me dire qu'il n'est pas plus mal qu'il se soit trouvé ici. Seule, je n'aurais pas été capable de penser à autre chose qu'à elle, à ce qu'elle pourrait faire. Là, elle me semble déjà bien loin, même si je ne dois pas oublier que ça pourrait recommencer à tout moment. D'un autre côté... Je ne pense pas avoir le dessus sur lui, il est tout de même plus grand et plus costaud que moi, en fait j'ai simplement l'air d'une gosse à côté de lui, alors il sera capable de me maîtriser, contrairement à ces filles dans ma chambre qui, endormies, me semblent beaucoup trop vulnérables pour prendre le moindre risque. Bientôt, il commence à se redresser en prenant la parole, me souhaitant la bienvenue dans le grenier. Je sourie, dévoilant légèrement les petits crocs qui se cachent derrière la barrière de mes lèvres. J'ai rarement été la bienvenue ou que ce soit, et je suis assez contente qu'il m'accepte malgré mon apparence semi-féline. C'est bête, bien sûr, je sais maintenant qu'on ne me reconnait pas comme une esclave dans cet endroit, mais ça reste plaisant d'être acceptée par un humain, autrement que pour le servir.

- Et toi... Tu fais partie de quelle catégorie ?

Référence à ce qu'il vient de me dire, je ne peux m'empêcher de me demander s'il chercher à échapper à quelqu'un ou s'il se classe plutôt dans la catégorie qui cherche à emprisonner des gens. Pour autant, aussi étrange que ça puisse paraître, ce n'est pas avec crainte que je lui pose la question, plutôt avec un amusement mêlé d'une légère admiration. Pourquoi l'admirer ? Parce qu'il a l'air fort, parce que, même si ce n'est pas forcément vrai, je me persuade qu'il est capable de la faire fuir, capable de m'empêcher de devenir ce monstre que je crains. D'un autre côté, il n'a rien fait pour m'enfermer ici, alors même en admettant qu'il soit du genre à ramener ses proies ici, je n'ai pas l'impression de pouvoir me considérer comme telle, puisque rien ne me prouve qu'il m'empêche de ressortir si je le souhaite. D'ailleurs, lorsque je pense à des proies... J'avoue que j'ai plutôt tendance à penser à des partenaires intimes, si on peut dire, et je suis d'autant moins inquiète à ce sujet que je n'ai pas vraiment le genre de physique de magasine qui permet d'attiser de genre de désirs chez un homme.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Ven 20 Juin 2014 - 2:50

Quelle catégorie ? Aarne haussa un sourcil, l'air de réfléchir à la question. Lui-même n'en était pas certain ; allez savoir. Il pouvait très bien être l'agneau cherchant à échapper aux loups hors de la bergerie tout comme il pouvait être le prédateur en question. L'un lui allait mieux que l'autre, peut-être. Éventuellement. Il se trouvait pourtant parfait dans le rôle de victime poursuivie par des harpies droguées l’empêchant de dormir : en plus d'être crédible, ça avait le mérite de sortir des clichés et d'être un minimum amusant. Il se voyait mal lui dire qu'il était un pauvre hère en quête de solitude et de douceur dans ce monde de brute, certes, mais ça ne l'empêchait pas de dire ce qu'il voulait – absolument tout ce qu'il voulait. Pas plus menteur qu'un autre, Aarne allait là où étaient ses avantages et ne comptait pas se priver juste parce qu'elle avait une tête de mignon petit chaton et que ça rendait la torture conséquemment plus difficile.
Quoi qu'il en soit... D'un haussement d'épaule, Aarne signifia qu'il n'avait aucune idée de quoi que ce soit. D'ailleurs c'était à peu près le cas ; il avait beau avoir catégorisé les visiteurs du grenier en deux factions bien distinctes, il ne faisait à proprement parler partie d'aucune d'elles. Jusqu'à preuve du contraire, que sa petite-amie en témoigne, il n'était jamais venu ici pour enfermer qui que ce soit dans une armoire – et ce même si parfois ce n'était pas passé loin : et que Dieu le garde, le jour où il aurait besoin de se cacher plutôt que de riposter n'était pas prêt d'arriver. Le finlandais ne se croyait pas immortel, mais de là à mettre sa fierté dans un sac pour éviter des coups trop durs... Non. Non, non – certainement pas. Il refusait clair et net de ne serait-ce que fuir un affrontement. C'était beaucoup en demander à quelqu'un qui, comme lui, recherchait avant tout à frapper et se faire frapper. Le plaisir qui en découlait, les sensations que ça lui procurait et le vide intense qui prenait place dans sa tête lorsqu'il se battait étaient autant de raisons suffisantes pour rechercher la bagarre autant qu'il le pouvait.
Masochiste ? Oui, un peu.

« A toi de voir. Je pense que la plupart des gens te diront que je suis un dangereux criminel qui tabasse les gens dans les couloirs. Bouh ouh. »

Disant cela, il tourna le dos à la demoiselle pour mieux embrasser la pièce du regard. Quoi qu'il fasse et peu importe l'angle sous lequel il le regardait, cet endroit persistait à lui filer de mauvaises ondes. Rien à faire, ça ne passait pas ; il aurait aimé comprendre pourquoi, mais... Ça devait faire partie de ces choses qui marchaient à l'instinct, comme une sorte d'impression impossible à dégager qui lui donnait la chair de poule ou la nausée. Ça arrivait, parfois. Comme pour tout le monde sans doute. Des sales pressentiments... S'il ne finissait pas par crever sous toute cette poussière, cette pièce aurait raison de lui d'une manière ou d'une autre : quoi qu'il arrive, il se sentait attiré par le grenier. Ça sortait trop du lot. Ce n'était pas assez normal, pas assez... Comment dire. Il manquait quelque chose à ce lieu dont les autres aux étages du dessous regorgeaient ; un semblant d'inhumanité, du vide, de la propreté, quelque chose, n'importe quoi.
Et il comptait bien découvrir le pourquoi du comment un jour. Ne serait-ce que pour sa paix intérieure. Il faisait vraiment un foin de n'importe quoi.

« Dis moi. Chaton, ajouta-t-il d'une voix légèrement chantante, visiblement amusé par ce surnom qui risquait de lui coller à la peau un bon moment. Ça t'est jamais passé par la tête que l'attaque est la meilleure des défenses ? Du genre... Si on te cherche, un bon coup de poing, ça a vite fait de calmer. »

Disant cela, il se baissa pour fouiller dans le bordel immense qui s'étendait sous ses pieds. Il était déjà venu ici récemment avec Nikoleta ; retrouver ce qu'il cherchait n'était pas bien difficile, vu que peu de personnes s'amusaient à grimper ici pour tout déranger comme eux l'avaient fait en cherchant les feuilles de Rudy. S'il se souvenait bien, donc...
Curieux, il releva la tête vers elle.

« Tu sais te battre, hm ? »



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 26 Juin 2014 - 12:48










Le garçon n'a pas l'air d'être certain lui-même de la catégorie à laquelle il appartient. Devrais-je m'en inquiéter ? Je n'en sais trop rien mais je n'en ai pas l'impression, de toute façon s'il avait dû me faire du mal ne l'aurait-il pas déjà fait ? Et s'il était poursuivi par quelqu'un qui lui voudrait du mal, encore que j'ai du mal à imaginer qui pourrait bien lui en faire, il aurait réagi directement. Son haussement d'épaule confirme ce que j'ai tendance à penser, aussi je ne peux m'empêcher malgré tout de me demander ce qu'il peut bien faire ici plutôt que d'être dans sa chambre. Au fond, peut-être qu'il fuit bel et bien quelqu'un, quelque chose, ou qu'il avait juste envie de s'isoler sans empêcher les autres de dormir ? En tout cas, lorsque finalement il reprend la parole pour me demander de me faire ma propre opinion là dessus, je ne peux m'empêcher d'afficher un sourire légèrement amusé, je pourrais avoir peur de ce qu'il ajoute, après tout je n'ai pas forcément la carrure pour affronter l'homme colérique et violent qu'il semble décrire, mais encore une fois, à moins qu'il n'ait des problèmes de dédoublement de la personnalité, et je suis mal placée pour l'en accuser d'une certaine façon, je ne vois pas comment il pourrait passer du garçon accueillant qu'il semble être pour le moment à un dangereux psychopathe décidé à me faire la peau. Il me tourne le dos, pour clôturer le sujet je suppose, et je choisi de garder le silence, observant tranquillement la pièce que je n'ai pas encore vraiment eu le loisir de détailler depuis mon arrivée ici.

De la poussière, de vieux meubles dont certains recouverts par des draps, celui déchiré qui recouvre en partie mon oeil,... Je perçois à nouveau la voix du garçon qui m'affuble d'un surnom qui me déstabilise un peu. Se moque-t-il de moi où est-ce juste un petit nom qu'il me donne à défaut de connaître le vrai ? En tout cas, ça m'a tout l'air de l'amusé, et tant qu'à faire je ne vois pas pourquoi je m'en vexerais. C'est bien ce que je suis, après tout, et même s'il m'est encore difficile de l'admettre je n'ai pas à rougir de ce que je suis, que du contraire je devrais être fière de ma nature féline. Après tout, j'ai une meilleure vue dans l'obscurité, mais sens sont plus développés,... Que pourrais-je envier à un humain ? Dans mon monde, j'aurais dit la liberté, tout simplement, avoir le droit de se promener dans les rues sans porter un collier autour du cou, marquant son appartenance à une personne, avoir le droit de faire des choix, de décider de sa vie. Tout ça, c'était avant, c'était dans mon monde, ici rien ne fait de moi ce que j'ai longtemps été, et personne même ne peut savoir que je suis née objet avant de devenir une personne en franchissant la porte de cet endroit. Chaton, j'aime bien, et plus encore lorsque ça sort de sa bouche, ça me donne peut-être l'impression de capter au moins un minimum son attention. Pourquoi je la veux ? Je n'en sais trop rien, peu importe après tout.

L'attaque est la meilleure défense, mes sourcils se soulèvent doucement devant l'ironie de cette question. Il ne peut pas le savoir mais cette simple idée me semble assez difficile à envisager. Je suis elle, elle est moi, comment pourrais-je l'attaquer ? A part en me faisant du mal peut-être ? Mais je ne suis pas vraiment adepte de l'automutilation, même si ce serait peut-être la solution à mon problème. Après tout, cette solution le serait au même titre qu'un suicide, si je mourrais, il serait dès lors impossible que je devienne le monstre que je crains, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de mettre fin à mes jours. Me battre contre elle... Je ne vois pas comment ça pourrait être possible, et pourtant ça reste peut-être envisageable ? Après tout, peut-être que si j'étais un peu plus forte, psychologiquement et physiquement, je parviendrais à lutter contre elle, à l'empêcher de s'échapper, à m'empêcher de ressentir cette euphorie lorsqu'elle est là, ce besoin de déchaîner quelque chose qui semble se tapir au fond de moi, attendant le moment où je pourrai briser mes chaînes pour la laisser s'échapper. Parfois, il m'est arrivé de penser qu'elle n'était là que pour me protéger, n'apparaissant que lorsque je me sens menacée. Mais aujourd'hui ? Peut--être un cauchemar, peut-être le souvenir de cet homme ? Est-ce de celà qu'elle voulait me protéger ?

Perdue dans mes pensées, je ne remarque que distraitement qu'il semble chercher quelque chose, jusqu'à ce qu'il relève la tête pour me poser une seconde question qui cette fois me sort de ma perplexité pour laisser place à une certaine gêne. Moi, savoir me battre ? M'a-t-il bien regardée ? Je suis toute petite, toute frêle, j'ai peut-être des crocs dans la bouche mais à part lorsqu'elle prend le dessus j'ai juste l'impression qu'ils ne me servent à rien. Que pourrais-je faire après tout ? Contre un enfant, j'aurais certainement le dessus, mais même contre une fille de mon âge je ne ferais pas le poids. Je n'ai pas la force de mettre quelqu'un par terre, j'ai trop peur de moi-même pour avoir suffisamment de hargne pour faire du mal à quelqu'un, alors comment pourrais-je me défendre ? Si au moins j'avais un minimum de technique, je pense savoir qu'il est possible avec un peu d'entraînement de savoir se défendre même lorsqu'on est un poids plume, mais on m'a plutôt appris à faire le ménage et à satisfaire les besoins de mon maître qu'à me défendre. Après tout, c'est bien la dernière chose qu'une personne comme moi devrait faire, se rebeller. Baissant légèrement les yeux, je sens ma peau rougir tandis que je réponds, légèrement bredouillante.

- Pas vraiment. Pas... du tout... en fait.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 10 Juil 2014 - 18:27

Pas du genre à présumer des forces de quelqu'un avant même de l'avoir vu en action – ce qui revenait à un suicide en règle, n'est-ce pas, sous-estimer étant la pire des erreurs à ne pas faire – Aarne ne s'amusa pas à jouer au loto avec la réponse de mademoiselle ; qu'elle sache se battre ou non, c'était pas lui qui risquait de le savoir. Elle pouvait tout aussi bien être le pire des manches à balais que la meilleure des combattantes au corps à corps. Tout était possible, vu son allure. Elle dégageait à la fois une espèce de fragilité et de force mesurée, comme toute bestiole de ce genre. Il avait vu suffisamment de chats dans sa vie pour savoir que s'ils avaient fait un mètre cinquante, mignons ou pas, ils auraient été aussi dangereux que des tigres. Cette fille ne devait pas avoir autant de muscles et de griffes qu'une lionne, mais elle restait partiellement animale malgré tout : donc à ne pas prendre à la légère. En bon scientifique, Aarne aurait aimé savoir jusqu'où ses ressemblances avec les félins allaient : si ce n'était que décoratif, si elle en avait hérité des traits ou des instincts... Il n'en avait pour l'instant pas la plus petite idée, et lui demander semblait en être une mauvaise. Elle-même ne savait probablement pas. Comment voulez-vous décrire quelque chose que vous ressentez ou non depuis votre naissance ? Le domaine était complexe et presque miné. Il allait devoir l'observer bien sagement pour se rendre compte par lui-même.
Ça promettait d'être intéressant.
Sa réponse, un peu maladroite, un peu bredouillante, tira un sourire presque narquois au jeune homme. Accroupi au milieu des débris de tout et n'importe quoi, visage contre sa main et coude contre son genou, il n'avait pas l'air de moins s'amuser qu'un enfant dans un parc d'attraction. Le fait était là : le jeune homme s'y retrouvait, dans ce grenier. C'était un peu son second chez lui à l'intérieur du pensionnat. Son lieu jugé de prédilection. Là où il allait quand justement ça n'allait pas. Question de feeling. Il le sentait comme ça. Les endroits plein de bazar et de souvenirs lui faisaient cet effet-là, sans qu'il cherche plus loin le pourquoi du comment. Sans doute cela lui rappelait-il plein de choses très intéressantes, et sûrement cela avait-il un sens ; comme tout, au final, il devait y avoir une raison et des motifs complexes à déchiffrer pour mieux se comprendre. Sauf que ça ne l'intéressait pas. Pas le moins du monde, même.
Il ne se trouvait que peu d'intérêt, contrairement aux autres.
Or là, il y avait quelqu'un d'autre. Et ce quelqu'un d'autre ne savait pas se battre ; n'avait probablement jamais essayé. Ça ne lui paraissait pas plus bizarre que déplacé. Après tout, combien de personnes de son âge avaient pu se retrouver dans autant de bagarres que lui sans le vouloir un minimum ? Ce n'était pas bien compliqué d'éviter les situations de ce genre, pour peu qu'on ne soit pas stupide ou né au mauvais endroit au mauvais moment. Il savait que certaines époques pardonnaient moins que d'autres. Certains revenus sociaux n'aidaient pas non plus – la loi des quartiers pauvres. La malchance, la guigne, ce que vous voulez. Certains tombaient juste là où il ne fallait pas. D'autres s'y retrouvaient entraînés par une vague d'influence toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il n'avait pas connu ça, lui. Peut-être qu'elle non plus.
Ça ne l'avait jamais empêché de revenir chez lui couvert de bleus et de tâches rouge sang. La fatalité n'aidait qu'à demi à se justifier : il était comme ça, voilà tout. Il aurait fini par se blesser quoi qu'il arrive, aurait aimé ça quoi qu'il advienne et – à priori – aurait atterri dans ce foutu pensionnat qu'il sache se battre ou non. Le fait était que dans cette vie et cette réalité précise, il était du genre bagarreur et avait un mal fou à ne pas vouloir accrocher au porte-manteau quiconque lui tapait trop fortement sur le système – ou avait le malheur de croiser son regard un jour où il était en colère, au choix.
Et c'était très bien comme ça.

« Je t'explique. Dans ce monde, y'a... Disons, quatre catégories de personnes. Les deux premières, c'est facile. Les gens bêtes... »

D'un geste souple, un pied de chaise brisé en main, il se redressa sur ses deux jambes ; posa sur elle un regard froid, égal.

« … Et les gens intelligents. Tu choisis pas vraiment où t'es, donc estimes-toi heureuse si t'es dans la seconde. »

On ne remerciera jamais assez le Tout Puissant, le Ciel, le Hasard ou ses parents pour un don pareil. Lui-même considérait que c'était la plus grande qualité que l'on puisse avoir, la chose la plus utile pour réussir dans la vie : soyez bêtes et vous ne vivrez jamais tout à fait, jamais vraiment. C'était bien pour ça qu'il avait rêvé par plusieurs fois de ne pas savoir compter jusqu'à dix. Peut-être qu'au fond, il espérait qu'un jour quelqu'un le cognerait suffisamment fort pour le faire arrêter de penser. Ça lui aurait fait des vacances, pour changer.
Mais quoi qu'il en soit...

« Ensuite, t'as ceux qui veulent vivre et le reste du monde. Pour vivre, t'as intérêt à savoir te défendre. Avoir un putain d'instinct de survie. » Sourcils froncés, il frappa le pied de chaise contre la paume de sa main gauche. « Parce que sinon, y'a plus d'une façon de crever et personne se gênera pour te les apprendre. Pas que physiquement, sinon c'est moins drôle. »

L'air absolument calme et sûr de lui, il fit un pas en direction de la demoiselle.

« Ce qui nous ramène à... Imaginons que je t'agresse, là. Tu fais quoi ? »

Sourire aux lèvres, il passa son bâton improvisé contre son épaule droite.
Alors ?



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 17 Juil 2014 - 17:50










Mes yeux, ou plutôt celui valide, se relève tout naturellement face à son sourire, il se moque de moi ? Ca me met un peu mal à l'aise mais ce n'est pas comme si c'était une première, après tout il a peut-être raison de trouver ça drôle, ce doit être tellement ridicule pour quelqu'un qui sait se battre de se retrouver face à une créature aussi vulnérable. En tout cas, il finit par reprendre la parole, sans que je ne comprenne vraiment où il veut en venir. Naturellement, ma tête se penche sur le côté et mes oreilles s'orientent vers lui, attentive à ce qu'il essaie de m'expliquer, pourtant je ne tarde pas à réviser mon attitude d'élève attentive lorsqu'il se redresse, un morceau de bois dans la main, me regardant d'une étrange façon. Son sourire est parti, j'ai l'impression de croiser à nouveau les yeux du maître lorsqu'il s'apprêtait à me frapper, je me renfrogne un peu et mes oreilles se baissent imperceptiblement bien que je continue à écouter ce qu'il me dit sans rien répondre. Sa remarque m'intrigue, une part de moi-même se sens flattée d'être supposée intelligente mais sa stature n'augure rien de bon, aussi je n'arrive pas à lui être reconnaissante de ce sous-entendu, qu'il soit volontaire ou non.

L'instinct de survie, voilà où il veut en venir. Mes oreilles tressaillent et se baissent un peu plus lorsque le morceau de bois s'écrase contre sa paume dans un geste qui me semble purement menaçant, sans que je ne m'en aperçoive vraiment ma lèvre supérieure se relève légèrement pour dévoiler mes petits crocs, pas assez pour laisser vraiment paraître la moindre menace de ma part, éventuellement juste ce qu'il faut pour comprendre qu'il commence à m'inquiéter un peu. Mais au fond, je me demande si ce n'est pas exactement ce qu'il veut, à me parler d'instinct de survie, et pour m'avoir demandé plus tôt si je savais me battre. Reste à savoir si son point de vue est purement éducatif ou s'il a quelque chose de plus "amusant" derrière la tête. A-t-il réellement l'intention de me frapper ? Veut-il m'apprendre quelque chose ou a-t-il décidé à quel groupe il appartient et a-t-il décidé de faire de moi la victime d'une soudaine lubie violente ? Son calme me déstabilise, je pense qu'il essaie de me faire comprendre que je n'ai d'autre choix que de me reposer sur mon instinct de survie, mais sa façon de faire me met particulièrement mal à l'aise. Lorsqu'il fait un pas vers moi, je me retrouve souplement sur mes pieds, accroupie et les oreilles aplaties, effrayée à l'idée de ce que va être son prochain geste.

La brulure... Au son de sa voix, je la sens revenir vers moi, discrète pour le moment mais probablement insoutenable d'ici peu. Non, elle ne doit pas revenir, pas maintenant, je ne veux pas m'abaisser à ça, ce n'est pas ça qu'il veut. Mon instinct de survie... Je ne veux pas croire que c'est elle, je ne veux pas accepter qu'elle soit la seule façon que j'ai de me défendre contre le monde. Je suis sûre qu'il existe un autre moyen. La peur transparait dans mon regard, je croise celui du garçon et j'y puise quelque chose que j'ai l'impression de ne pas connaître, comme une force qui viendrait de l'intérieur de mon ventre et qui chercherait à sortir. Pas elle, quelque chose d'autre, quelque chose de sourd et de rauque... Rauque comme l'étrange grognement qui m'échappe lorsque j'entrouvre les lèvres pour laisser clairement apparaître mes crocs, mes oreilles définitivement plaquées contre mon crane. La douleur est toujours là au niveau de mon oeil, elle semble dans une sorte de stase, figée par l'adrénaline qui s'éprend de mon corps. Pour la première fois, je ne me cache pas, je ne me relie pas en pleurant, je ne supplie pas... Toujours en position accroupie, j'arrondis le dos pour me rendre plus menaçante, une attitude purement instinctive dont je ne me rends même pas forcément compte.

Je suis en attente, je ne bondis pas sur lui ni sur le côté pour parer le moindre coup, le temps semble s'être arrêté, je ne sais s'il va chercher à me frapper et si je devrai me battre ou si l'avertissement que mon corps semble lui jeter à la figure suffit, mais au moins je n'ai pas l'impression d'être juste impuissante face à lui. Non, pas face à lui, lui ne me fait pas peur, même avec son bout de bois, je sais qu'il devrait m'impressionner, que je devrais le craindre, mais ce n'est pas le cas. Non, ce qui me fait vraiment peur, c'est la douleur qui se cache derrière le morceau de tissu qu'il a arraché pour moi, sa présence là quelque part, et l'impression que j'ai de chercher à tenir un tigre en laisse. Je ne sais pas si ça va durer, c'est la première fois que la douleur n'est pas exponentielle, la première fois qu'elle reste en suspend, mes muscles sont contractés au possible, plus pour elle que pour lui, j'attends, cette-fois ci, je ne me cacherai pas, ni de lui, ni d'elle.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 14 Aoû 2014 - 1:05

Oh little Missy, how far did you go ?
Such a waste, my little Missy-o...


Dans son esprit, ce n'était pas toujours joyeux. Généralement, c'était même loin de l'être. Il y évoluait des équations et des observations, critiques et autres citations – « tu sais, maman aurait dit non ». Sans cesse balayées par des revers de mains égoïstes, elles ne vivaient que pour mieux y mourir ; noyaient ce réseau arachnéen déjà complexe sous des mètres et des mètres de poussière d'oubli, de regrets. Alors il fallait tout bien séparer. Tout mettre dans des cases. Une boîte pour elle, une boîte pour lui, une boîte pour ça, celle-là ici. Chaque parcelle de doute se devait d'être rangée à sa place, entre ses frères et sœurs pas moins mesquins et tout autant sujets de mépris. Chaque niveau était plus compliqué que le suivant. Lui-même, parfois, peinait à suivre le fil de ses pensées et réflexions ; tout allait trop vite, dans tous les sens, avec l'efficacité d'un maître d’œuvre connaissant parfaitement son chantier. Humain aux commandes, tu parles. Il ne comprenait que ce qu'on voulait bien lui laisser comprendre : n'entrevoyait que ce que la lumière acceptait de refléter dans ses yeux plissés par la colère. Tout ça faisait un mal de chien et, à gérer, c'était d'un ennui mortel. Être intelligent avait ses nombreux défauts et lui les connaissait uniquement parce qu'il l'était – le serpent se mord la queue, comme on dit, et si plus on a mal plus on mord fort alors il était relativement mal barré.
Peut-être était-il légèrement fatigué. Peut-être qu'un rouage ou deux commençaient doucement mais sûrement à rouiller, abîmés par le temps et cette perspective d'éternité à laquelle il n'avait jamais aspirée ; l'habitude lui rongeait les neurones et le perdait sous des tonnes de réflexions stagnantes où ne manquaient jamais de se former les pires des saletés. C'était le risque, avec ce genre d'endroits. Trop de contradictions, aucune solution. Faites vos jeux, rien ne va plus. Il songeait du moins que c'était ici que se trouvait la source du problème – si problème il y avait, parce que même là ça restait plutôt vague. Il ne savait pas. Peinait à aligner ses pensées correctement. Ding ding dong, où est passé le sonneur de cloches ? C'est le moment de me dire de me tirer. Je veux pas lui faire de mal, eh.
C'était bien là le problème. Le vrai, le fondamental. Il n'avait aucune envie de faire du mal à une fille qui s'amusait à jouer les petits chats. Et donc, voilà, puisqu'il était le grand méchant loup sans pitié ni aucun sens moral, la question méritait d'être posée ;

Pourquoi ?

« … Pfff. »

Such a waste, to have you go.

« Sérieux. »

Trop c'était trop ; ses propres limites avaient vite fait d'être atteintes. Bâton en main, il sentit ses lèvres se tordre sur un sourire – qui, dans un souffle, se mua en rire clair. Encore un pas en avant. Sans la moindre crainte de rien du tout. Même s'il avait voulu se méfier d'elle – et il la savait potentiellement dangereuse, attention ; il n'était pas idiot, juste inconsidéré et très nettement maso – il en aurait été bien incapable. My, my, little Missy-o. Such big eyes so full of awe.

« Et tu vas faire quoi, me sauter dessus ? »

Il s'amusait autant qu'il en avait l'air. Suffisamment rare pour être noté ; ce serait donc oublié. Il n'avait que faire de ce que les autres pensaient. Cette fille lui rappelait peut-être un peu quelqu'un. Peut-être. Que des gens qui se portaient aussi bien sans lui. Mais que voulez-vous ?
On a beau savoir que son influence est néfaste, on a besoin des autres.
Lui, qui le niait en grinçant des dents, peut-être plus que n'importe qui.
Sans réelle violence ni intention de faire mal autre que celle toute naturelle qui faisait toujours battre son cœur abîmé, il leva le bâton au-dessus de sa tête pour mieux l'abattre sur elle.

Évite, évite pas, saute moi à la gorge... Quelle importance, hein. Il n'avait ni but ni attentes. Rien que l'envie récurrente de tout casser, couplée à un désir presque impérieux de tout risquer. Chaque fois qu'il frappait quelqu'un, une part de lui espérait le retour de flamme ; si son corps se crispait, ce n'était pas d'appréhension mais d'une forme bâtarde et diluée de plaisir. Un vrai monstre. T'aimes faire mal, t'aimes avoir mal, et puis quoi encore ? Allez, petit chat. Frappe moi.
Pas de sentiments, pas de problèmes. Il ne le regretterait pas.


Hors RP:
 



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 4 Sep 2014 - 20:06









J'ai l'impression d'entendre chaque battement de mon coeur comme un tambour qui résonne au ralenti, chaque coup est assourdissant, presque douloureux et le clignement régulier de mon regard félin semble marquer le tempo de cette cacophonie bercée d'adrénaline. Il soupire, je me questionne tandis qu'au fond de moi elle s'insurge, comment peut-il ainsi nous manquer de respect ? Il se met à rire, ce rire me le rend désagréable, il n'est plus ce garçon contre lequel je me blottissait un peu plus tôt, il est quelqu'un d'autre, quelqu'un qui m'agace, dont chaque respiration m'est de moins en moins supportable. Est-ce encore moi qui pense ? Ou parvint-elle peu à peu à glisser son venin dans mon esprit ?

Il se moque ouvertement de moi, de ma nature, je suis vêxée tout autant que ne l'est cet écho dans mon crâne qui semble supplier pour que je le libère de mon étreinte. Je tiens encore, pour la première fois les images ne parviennent pas à venir à bout de mes résistances, mais est-ce que ça signifie pour autant qu'elles ne m'influencent pas ? Serais-je moi même à ce point en colère de sa façon d'être ? Allez savoir, je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'éprouver de la colère envers un humain, je n'en avais pas le droit, c'eut été une véritable hérésie pour une créature de ma condition... Mais maintenant, tout est différent, maintenant je suis énervée au point d'avoir envie d'effacer ce sourire idiot de son visage.

Le baton se lève et s'abat, mon coeur s'arrête, je lâche prise, terrassée par ce goût de trahison qui ne devrait pourtant pas trouver sa place en cet instant. Cherche-t-il juste à m'apprendre à me battre ou veut-il réellement profiter de la situation ? Je ne parviens pas à trouver le temps de me poser la question, chaque parcelle de mon corps se laisse emporter par l'urgence, le besoin de protéger le peu qu'il me reste, le peu que mon maître m'a laissé, ce demi-monde qui m'entoure et que j'ai encore du mal à comprendre malgré les jours qui me séparent de ma vie d'esclave. Ais-je détaché le morceau de drap avant ou après m'être écartée de la trajectoire du baton ? Et ce sourire carnassier, celui d'un prédateur on ne peut plus heureux de voir sa proie faire exactement ce qu'il attend d'elle, était-il déjà là ? A-t-il seulement pu le voir ?

J'ai l'impression de n'être encore que spectatrice de mon propre corps qui a esquivé le coup et s'est jeté sur cette même chaise brisée pour combattre à arme égale. Des crocs, à quoi cela pourrait bien servir face à une arme d'une pareille allonge ? Au mieux aurais-je pu me jeter dans ses jambes et lui mordre le molet comme un roquet en espérant que la surprise lui fasse lâcher prise. Elle sait qu'il ne sert à rien de s'armer d'un couteau pour vaincre une arme à feu, elle n'a pas hésité un instant, n'a pas cherché à tirer parti de notre nature féline... Elle se laisse guider par un instinct plus humain, probablement ce qui nous sépare de simple animaux.

Ma posture a changé, moins hésitante et mieux équilibrée pour savoir me jeter directement où il le faudra. Mon regard aussi, plus féroce et pourtant emprunt d'un amusement que mon sourire ne parvient pas à cacher. A vrai dire, je suis quelqu'un d'autre, comme si la pauvre petit Chrissy, cette frêle créature pleurnicheuses qui est apparue soudain dans ce grenier avait laissé place à quelque chose de bien plus dangereux, de plus hostile et de parfaitement capable d'assurer sa propre protection.

Un instant en retrait pour aviser la prochaine réaction du garçon, elle lève le bâton derrière son épaule droite, prête à user de toute sa force et de l'agilité dont elle dispose pour frapper exactement là où il faut, là où il laissera une ouverture. Pas besoin d'avoir appris à se battre pour ça, un félin sait lorsqu'il peut mordre à la gorge, ou lorsque planter ses crocs dans le flanc de son adversaire lui sera plus évident pour prendre l'avantage. Je me laisse emporter par son euphorie et m'étonne de ce sentiment nouveau, comme si j'avais sous les yeux un adversaire enfin à ma taille. Pour la première fois, l'adversaire est réel, il ne s'agit pas que de pauvres songes perdus dans le brouillard entre fiction et réalité. Il est bel et bien là, et il va bel et bien souffrir si elle décide de faire couler son sang.

Est-ce que c'est ce que je désire ? Allez savoir, je ne suis plus capable à ce stade de reconnaître mes propres pensées des siennes, mes propres sentiments. J'ai envie de jouer, je ne sais pas encore si je lui laisserai la vie, mais je suis sûre d'une chose je ne le laisserai pas ressortir indemne pour avoir oser se moquer de mot et avoir abattu ce bâton sur mon pauvre corps déjà meurtri de bien trop de blessures.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Dim 26 Oct 2014 - 17:52

Le coup qui fend l'air ravit les muscles tendus de celui qui l'a porté ; et si l'on poussait la réflexion plus loin, sans doute pourrait-on admettre qu'il y a plus que du ravissement derrière ce sourire un peu tordu, un peu cassé. Il s'amuse sans crainte de représailles, joue sans penser aux conséquences pourtant plus qu'évidentes que pourrait avoir le bois contre le squelette sans doute fragile de sa petite victime. Tout ça n'a aucune importance au moment où il lève le bâton, tout cela est sans intérêt au moment où il l'abat – et ça n'en a pas plus quand, ivre de cette violence qui ne le quitte jamais vraiment, il frappe le sol de tout son poids. La jeune fille est rapide ; la demoiselle est brillante. Il n'en attendait pas moins d'elle de toute façon – la voir se recroqueviller et attendre la douleur l'aurait quelque peu déçu, il se doit de l'admettre. Il n'y a rien de pire que de taper sur un innocent qui vous pleure dessus en n'essayant pas même de s'enfuir, il le sait parfaitement. C'est lâche, pathétique, bête et méchant. Or il ne l'est pas. Bête, bien sûr – il n'oserait jamais prétendre ne pas avoir une légère, très légère once de méchanceté ancrée dans son code génétique. Ce serait hypocrite. Profondément hypocrite, même, sachant qu'il vient sans le moindre regret d'envoyer son arme improvisée en direction d'une personne qui ne lui a strictement rien fait. Si ce n'est pas de la méchanceté, ça, il ne sait pas ce que c'est. Or Aarne sait ce qu'il fait – il le sait même trop bien. Oublier n'est pas son genre et se dédouaner de ses responsabilités n'est pas son hobby préféré.

« Haha. Tu vois, quand tu veux. »

Où est-elle passée, la petite demoiselle tremblotante qui murmurait au grand méchant loup de ne pas s'approcher ? Cette fille à la posture plus assurée n'a rien à voir avec elle, si ce n'est une parcelle de présence qui lui rappelle – encore et toujours – des bribes d'un passé auquel il aimerait tellement revenir. C'est peut-être ça qui restreint la force qu'il aimerait mettre dans ses coups. C'est peut-être ça la cause et les conséquences ; le fantôme de personnes qu'il préférerait oublier pour un temps et qui, bien contre sa volonté, s'amusent à revenir le hanter sous formes aussi diverses que variées.
Chrissy, Chrissy, Chrissy. Où tu vas comme ça ? Reviens, eh.

Reviens.

Je voulais pas ?

« Allez. Danse, danse ~ »

Le bâton s'abat une fois de plus vers la jeune fille, conscient du pas en avant qu'il vient de faire – et peu importe que ses côtés soient démunis, fragiles, que son cou et ses bras soient à portée de dents. Il se moque de ce qui peut lui arriver et c'est bien là sa force ; quand il tape, il le fait sans penser. Quand il frappe, c'est uniquement pour frapper. Il n'y a aucun après, aucun avant. Juste la sensation prenante et envahissante de l'adrénaline qui coule dans ses veines, la douceur incroyable qui lui prend la tête et lui mord les épaules, les hanches, les pieds. Tous ses muscles se bandent, tous ses neurones se taisent. Il n'y a rien de plus beau que ça – la mélodie du combat, de la lutte, de la survie. Il se fiche de savoir qui va gagner, se moque bien de la douleur que ça va engendrer. Il veut juste se dire que ouais, là, il a quelque chose à prouver ; qu'elle peut y arriver, si elle veut, et que cette fille n'a rien à craindre de personne pourvu qu'elle soit capable de se gérer, de se commander, de se dire « la ferme, c'est moi qui commande ; tu fais que me prêter ce dont j'ai besoin. »
Parce que si elle se la jouait comme ça, si elle domptait ses peurs et ne gardait que l'adrénaline et ce qu'il fallait de colère, ça marcherait forcément. Et il veut que ça marche. Il veut qu'elle soit capable de casser les jambes de ceux qui l'ennuient, qu'elle puisse mordre cette fille qui l'ennuie et cracher le sang par terre.

Il ne faut pas être seul. Il ne faut pas être démuni. Il faut savoir se battre pour ne pas perdre, ne pas se faire soumettre. Pour être maitre de soi-même, il faut commencer par être maître de ce que les autres veulent faire de soi. Savoir détruire les colliers. Les chaînes.

Alors danse, danse, danse. Frappe moi si tu veux mais putain, danse.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Sam 8 Nov 2014 - 16:05









Il a l'air heureux, j'ai l'impression de jouer au jeu du chat et de la souris... Sauf que nous n'avons pas encore décidé lequel d'entre nous détient quel rôle. Je réponds à son sourire avec un visage arrogant, il me provoque, m'invite à danser, comment pourrais-je refuser une invitation si galamment formulée ? Il est vrai que notre étrange ballet pourrait être vu comme une forme d'art assez conceptuelle, un art très moderne et sauvage, le bâton s'abat à nouveau sur moi mais cette fois elle ne se contente pas d'esquiver, elle se jette en avant, exposant un instant ma jambe qui subit un léger impact mais pas assez pour être vraiment déstabilisée dans son mouvement, tu voulais que je danse chéri ? Et bien dansons, elle frappe sur un côté un peu trop exposé en espérant le faire plier. Il est plus grand et plus fort, c'est là tout le danger qu'il représente, si elle parvient à le faire tomber au sol, nous aurons gagné, nous mènerons la danse et nous serons le chat...

Pauvre petite souris, si tu savais à quelle point ça l'amuse de jouer avec toi. Pour dire vrai, elle aurait pu frapper plus fort, elle aurait pu surtout frapper à nouveau une fois l'adversaire dépassé, frapper dans son dos pour le pousser à plier plus vite, ou à l'arrière du genou avant de frapper encore, mais elle joue, elle ne cherche pas encore à faire vraiment mal, elle veut lui prouver quelque chose, elle veut me prouver quelque chose. Que j'ai besoin d'elle, que nous ne sommes pas ennemies... Et qu'on peut beaucoup s'amuser si je la laisse vagabonder comme elle l'entend. J'avoue ne m'être jamais autant amuser auparavant. Pour une fois je n'ai pas peur, je ne cherche pas à retenir ce qui se déroule sous mes yeux, aucune parcelle de mon être ne cherche à me rappeler à la réalité, je n'ai pas besoin d'être raisonnable et c'est tellement bon que j'aimerais que cet instant puisse durer toujours. Ma jambe est douloureuse, caressée par l'euphorie je parvient à peine à le sentir, du sang s'écoule pourtant sur le plancher, une tâche qui s'ajoutera sans doute à celles qui se sont déjà écrasées sur le sol de cette pièce étrange.

- Je ne t'ai pas fait mal j'espère...

Sa voix... C'est la première fois que je l'entend s'exprimer à travers moi. Est-ce moi qui ai voulu prononcer ces mots ou a-t-elle plein pouvoir ? Ma voix m'a semblé plus rauque qu'à l'habitude, plus arrogante surtout, je n'ai jamais eu pareille intonation, elle se moque, elle provoque, elle veut encore jouer, elle ne veut surtout pas que ça s'arrête, elle joue la carte de la fausse innocence pour qu'il donne tout ce qu'il a. Elle a besoin de ça, moi aussi, je crois. C'est étrange, j'ai toujours ressenti ce qu'elle ressentait, mais pas de cette façon là. C'est comme si ça venait vraiment de moi, comme si j'avais toujours attendu ce moment où je pourrais faire face à un humain et me moquer ouvertement de lui. Lui faire sentir que je n'ai rien de la petite esclave qui rampe devant son maître dans l'espoir qu'il lui donne un ordre, qu'il la frappe encore. Un instant, j'ai le sentiment de voir l'ombre de mon maître passer derrière lui.

Je lève à nouveau le bâton, cette fois je ne le laisserai pas frapper le premier, cette fois ce n'est pas elle qui frappe, ou peut-être frappons-nous ensemble ? Je cherche à le frapper directement dans l'estomac, ce n'est pas forcément malin, je m'expose, je n'ai pas une bonne prise sur le bâton mais je me laisse emporter par cette adrénaline qui me donne envie de lui arracher un gémissement de douleur, de le voir suffoquer. Maintenant, ce n'est pas seulement elle, maintenant, nous sourions ensemble.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Mar 11 Nov 2014 - 19:30

La douleur l'envahit depuis le côté, le faisant tanguer un instant qui sembla durer une éternité – doucement, doucement, comme une valse solitaire. Il ne cherche pas à attraper ce bâton qui lui a coupé la souffle ; ne tente pas immédiatement de réciproquer, recule simplement, prêt à se défendre si elle décide de recommencer. Bien sûr, que ça fait mal – et ça fait du bien, mon Dieu, ça fait un putain de bien. Il se sent vivant, vivant comme jamais il ne l'est quand tout va pour le mieux ; vivant comme quand il se poste devant le vide et se dit qu'il pourrait sauter s'il le voulait, tout arrêter au moindre instant. Si on peut arrêter, c'est que quelque chose est en route. Et ce quelque chose, bam bam bam, il cognait en ce moment dans sa poitrine avec la force d'une armée en marche. BAM BAM BAM. Allez, viens, danse danse danse, montre moi comment tu glisse et avance.
Je veux te voir tourner, tourner. Allez, fais moi tourner.

« Si tu crois que c'est ça qui va m'arrêter. »

Son sourire est empreint d'une certaine forme de douleur et de joie mêlée ; il s'amuse, le chat, la souris, et peu importe qui est qui – tout ce qui compte est de voir lequel arrivera à tenir l'autre en laisse au bout de compte. Le passé et le présent s'embrouillent ; il ne sait, savait, plus très bien qui il était. Qui il est maintenant. Il a mal mais ça ne fait rien – elle a mal mais ça ne fait rien. Il ne veut que voir jusqu'où elle peut aller, lui montrer qu'elle n'a rien à envier à qui que ce soit. Il ne cherche qu'à l'aider ; ou peut-être qu'à s'aider lui-même, et au fond quelle importance. Rien n'en a, tout en a, choisissez ce que vous voulez et c'est parti pour le deuxième round.

Doucement, Aarne repositionna ses pieds de façon à ne pas exposer le côté déjà blessé de sa personne plus que nécessaire. Il avait beau taper comme un abruti, il n'en était pas un. Les réflexes avaient la vie dure – et quand on s'était battu plus que nécessaire dans sa vie, ils ne s'en allaient jamais vraiment. Ne pas montrer ses points faibles, ne jamais crier de douleur, ne pas grimacer, se contenter de cracher le sang et essuyer d'un revers de manche avant d'en sourire. Avoir l'air d'un dur à cuir. Mains serrées sur le bâton, conscient des avantages et des inconvénients de chacun. Étudiant avec précision chaque mouvement, levant les bras avec la lenteur justifiée de celui qui sait ce qui va se passer.
Parce qu'il sait ce qui va se passer.

Et il ne fait rien pour l'empêcher.

Elle ne lui laissa pas le temps de commencer, s'élançant déjà vers lui pour lui asséner un nouveau coup. Plutôt que de chercher à le contrer, il se contenta d'encaisser ; de grincer des dents et, d'un mouvement brusque, de tendre le bras pour lui agripper l'épaule. D'un autre mouvement tout aussi violent, il la tira vers lui ; pivota légèrement et, sans chercher à éviter une chute aussi évidente que prévisible, laissa le dos de la demoiselle heurter le sol.
Le choc se répercuta à travers ses bras tendus avec plus de violence sans doute que la demoiselle ne l'avait elle-même ressenti ; c'était idiot, mais il s'en était douté. Se rattraper sur des membres tendus était aussi idiot que de chercher à se broyer une main volontairement. Tant pis, tant pis.

« Rappelle moi de quoi t'as peur, déjà ? »

Il ne tenait que ses épaules, pas ses bras. Elle pouvait le frapper à la mâchoire ou au visage ; lui asséner un coup de genoux, de pied, le griffer, le mordre. Elle pouvait appuyer sur la blessure qu'elle lui avait infligée au flanc, qui devait déjà bleuir et salir son pull du sang coulant de l'éraflure. Elle n'était pas en position de faiblesse et lui le savait parfaitement.
Et alors ?
C'était plus amusant comme ça, non ?




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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 25 Déc 2014 - 16:47









Mes mains tremblent sur cette arme improvisée que je serre à m'en faire blanchir les phalanges. Pourquoi ces tremblement ? Est-ce l'excitation de n'être plus la petite créature sans défense que j'ai toujours été ? La peur de ce qui va suivre ? Un curieux mélange de ces deux sensations ? Je n'ai pas le temps d'y penser, pas le temps de réfléchir, le temps semble s'être figé et pourtant il se passe très peu de temps entre l'instant de l'impact entre cette arme de fortune et l'estomac de mon compagnon de jeu et celui où je me retrouve allongée sur le sol, une douleur traversant mon corps entier depuis mes omoplates qui sont les premières à percuter le sol jusqu'à mon estomac semblerait-il. J'ai un instant le souffle coupé par l'impact, mais est-ce seulement l'impact qui me fait cet effet ? Oui, la douleur est bien réelle, mais le regard du garçon l'est bien plus encore. Cette proximité... Jusqu'à présent notre ballet nous amenait à nous frôler l'un l'autre l'espace d'un instant, d'une courte seconde, et maintenant qu'il est là, cette sensation de n'être plus démunie face à lui semble partir en fumée. Je déglutis tandis que mon regard se perd dans le siens, mon corps immobile sous ses mains fermes et dont la chaleur traverse le fin tissu de ma chemise de nuit.

Il me pose une question et moi-même j'en viens à me questionner vaguement. N'avais-je pas peur en entrant ici de lui faire du mal ? N'est-ce pas la raison pour laquelle je me suis refusé de retourner dans ma chambre, par crainte de faire du mal autour de moi, à mes voisines de chambres, à n'importe quelle personne que je pourrais croiser dans cet étrange pensionnat qui me garde prisonnière ? Alors pourquoi ais-je trouvé tant de plaisir à le frapper ? Pourquoi la seule idée de cette tâche de sang sur le vêtement du garçon, s'élargissant peu à peu par ma seule faute, par notre faute me rend encore extatique ? J'aimerais savoir quoi lui répondre, j'aimerais savoir quoi me répondre également d'ailleurs. Me suis-je laissée transformer en ce monstre que je craignais tant au creux de mon corps ? Ou lui ais-je juste trouvé la place qu'il devait prendre ? Je me sens un peu perdue et, par dessus tout, je ressens quelque chose qui me met relativement mal à l'aise. Serais-je en train de rougir ? Mon regard se détourne malgré moi du siens et vient se poser sur l'endroit où sa blessure est cachée par son vêtement. Est-ce une malsaine curiosité qui me pousse à tendre lentement la main ?

J'éloigne légèrement le tissu pour découvrir la blessure, ce n'est rien de vraiment impressionnant, un peu plus qu'une égratignure mais pas au point de devoir courir après un médecin au milieu de la nuit. Y a-t-il seulement un médecin dans cet endroit ? Jusqu'à aujourd'hui je ne m'étais même jamais posé la question. En tout cas, le sang qui s'écoule doucement de cette plaie et qui maintenant s'écrase sur le bas de mon ventre, marquant la différence de taille entre nos deux corps, ce sang a quelque chose d'attirant, si bien que j'en viens à poser mes doigts sur son flanc, à quelques centimètres seulement de la plaie, pour les laisser glisser doucement vers la blessure. Je ne cherche pas vraiment à lui faire mal, même si je doute que l'expérience soit réellement agréable pour lui, je me laisse juste porter par une sorte de fascination assez glauque qui me donne envie de découvrir un peu mieux ce que mon pauvre corps chétif à pu lui faire. Je pense que la fatigue doit beaucoup jouer dans cette histoire, je ne sais pas même si nous sommes plus proche du crépuscule ou de l'aurore, et cette petite séance de danse bien que pas bien longue m'a relativement épuisée. On ne peut pas dire que je sois des créatures les plus sportives qui soient, plus que mon endurance mon maître s'est plutôt acharné à travailler ma souplesse...

- Est-ce que ça fait de moi... un monstre ?

Ma voix est à peine plus qu'un murmure, je regarde mes doigts que j'éloigne de la plaie, ils sont ensanglantés et j'ai cette fâcheuse envie de porter mes doigts à mes lèvres pour connaître le goût métallique qu'il me semblait percevoir dans mon rêve éveillé un peu plus tôt. Est-ce que ça fait de moi un monstre ? Quoi donc ? De trouver jubilatoire la simple idée d'avoir été capable de le faire saigner ? D'être poussée par une sorte d'envie animale de goûter à la chaleur de ce sang sur ma langue ? De laisser quelques étranges pulsions qui m'étaient jusqu'alors inconnues se glisser dans le bas de mon ventre, là où les gouttes de sang continuent à s'écraser à un rythme de moins en moins rapide et régulier, preuve que la plaie n'est pas si profonde que ça. Je relève doucement les yeux vers lui, est-ce que j'attends qu'il me réponde ou était-ce une pure question de rhétorique ? Ais-je vraiment envie de savoir ce qu'il en pense ? Et si mon seul but était d'entendre ce que j'ai envie d'entendre... Quelle serait cette réponse ? Depuis que je suis ici, j'ai peur d'être un monstre, une créature dangereuse et cruelle et je tâche de me persuader du contraire, mais au fond, peut-être que je devrais juste me résoudre à l'idée de trouver un plaisir doucereux à l'idée de sentir ces perles de rubis s'écraser sur mon corps.

Non, je ne me débattrai pas, j'aurais pu frapper un grand coup sur la plaie pour qu'il lâche prise, le mordre, faire le nécessaire pour le faire basculer, faire n'importe quoi qui marquerait un nouveau départ dans notre danse, mais je ne fais rien. Il va probablement être déçu, mais après tout pourquoi devrais-je lui rendre des comptes ? Je ne devrais pas chercher à lui plaire, pas plus que je n'aurais dû le faire lorsqu'il s'agissait de mon maître.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 15 Jan 2015 - 19:19

Et soudain, l'accalmie.
Aarne gardait ses yeux rivés sur ceux de la demoiselle. Composé, calme, calculateur. Il n'avait rien à lui envier, elle n'avait rien à lui envier ; ils étaient égaux pour quelques minutes seulement, le temps que l'un ou l'autre ne décide de reprendre le dessus. Il ne tenait pas à le faire. Ne s'attendait pas spécialement à ce qu'elle le fasse non plus. Elle semblait fatigué, la tigresse, et un brin perturbée par des pensées dont il ne pouvait que s'imaginer l'ampleur. Comment savoir ce qui se passait derrière ces grands yeux qu'elle détourna, gênée, pour mieux éviter son regard ? Il pouvait y avoir du sang, des doutes, de la colère, de la tristesse, de l'incompréhension. Il pouvait y avoir tout ce dont un esprit comme le sien, vif et perturbé, était capable ; tout ce qu'un cœur comme le sien, encore fragile et vibrant d'émotions, était capable. Chrissy n'était pas faible. Chrissy n'était pas forte. Chrissy était au milieu des deux et quelque part, il fallait bien que ça réciproque – que la balance penche, enfin, d'un côté ou de l'autre. Ça ne tenait qu'à elle. Ce serait son choix. Se laisser faire ou résister, ce n'était jamais qu'une des nombreuses autres possibilités. Le monde était tellement, tellement mal fait.
Pour un peu, le finlandais ce serait senti mal pour elle. D'être encore si jeune et déjà si fatiguée. D'avoir vécu plus qu'elle n'avait dû vouloir en endurer. Il pouvait sentir ces choses-là dans la façon dont les gens dansaient – danse de salon ou danse macabre, peu lui importait. Elle n'avait certainement pas eu la vie facile ; pour venir se cacher dans un grenier en pleine nuit, il fallait avoir quelques problèmes au compteur quoi qu'il en soit. Lui-même n'était pas tout à fait sain d'esprit. Ou peut-être l'était-il trop, justement ? Il n'y a rien de pire que l'intelligence, après tout. Rien de plus douloureux que de comprendre, se rendre compte, être obligé de voir et d'accepter le monde.

Si elle pouvait encore fermer les yeux, qu'elle les garde clos au lieu de les détourner comme ça.
Ce serait mieux pour elle. Pour tout le monde.

Ferme la ou parle plus fort. Couds toi les paupières ou regarde moi, moi, moi, moi.
Regarde toi.

La douleur, les picotements, il n'en avait que faire. L'habitude aidant, il parvint même à en ressentir une certaine forme de chaleur, de plaisir quelconque.
Aussi loin qu'il s'en souvienne, Aarne avait toujours aimé avoir mal. Il était un peu détraqué, un peu bizarre, un peu dangereux quelque part. Mais pour l'instant, aujourd'hui, ce n'était pas important. Tout ce qu'il voulait était lui apprendre à danser ; pas lui faire mal, pas lui faire peur. Il voulait qu'elle comprenne la leçon importante qu'il avait cherché à lui inculquer. Il avait besoin de sentir qu'il avait été utile à quelque chose, au moins une fois dans sa vie. Qu'il avait réussi à sauver quelqu'un, à défaut de faire taire les cris.

La dernière fois qu'il l'avait fait, ç'avait été au mépris de sa vie.

Plus jamais, plus jamais ça.

« Un monstre ? » Un sourire faussement amusé tordit ses lèvres. « Désolée de te le dire, mais le poste est déjà occupé. Par moi. »

Le monstre du pensionnat. Pas au sens strict, non – il y avait des créatures spectrales et fantomatiques bien plus inquiétantes que ses poings serrés. Mais question réputation, il ne pouvait pas dire qu'on l'avait loupé. Certains le prenaient même pour un dingue hors de contrôle prêt à tabasser quiconque l'ennuyait. A le voir tout regarder d'un air aussi froid que calme, difficile de dire d'où leur était venu cette idée. Il s'énervait vite mais pas comme un crétin.
Il y avait de la retenue dans ses gestes, encore.
Personne ne le voyait. Tant pis.

« C'est qu'une question de contrôle. On t'ennuie ? Tu te défends. On te marche sur les pieds ? Tu mords. C'est à force de tout garder pour soi qu'on en devient un, de monstre. »

Un poisson savant.
Poison diamant.

« Tu peux me croire. Le monstre, faut pas l'enfermer. Faut le tenir en laisse. Je t'ai donné la laisse, maintenant, t'en fais ce que tu veux. A toi de voir. »

D'un geste rendu difficile par la douleur qui irradiait de son flanc, il redressa le dos, lâcha ses épaules. Puis ce fut au tour de ses jambes de se remettre bien droites, le laissant chanceler un bref instant avant de le stabiliser sur le sol jonché de bazar du grenier.

Il se sentait tellement las, d'un coup.
Si seulement on m'avait dit ça à moi, putain.

Si seulement.

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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Jeu 22 Jan 2015 - 11:02









Lui, un monstre ? Je le regarde sans trop comprendre, il est vrai qu'il est peut-être étrange, il n'a pas même esquissé le moindre mouvement de recul lorsque je caressais du bout des doigts la chair déchirée de son corps, mais comment peut-il penser qu'il est un monstre lorsqu'il me regarde ? Je déglutis, j'ai envie de baisser les yeux mais je continue à le fixer, de mon oeil vivant comme de mon oeil mort, cet oeil dont la couleur est d'une accablante tristesse, une couleur qui n'en est pas une, un oeil vide, un oeil qui était pourtant si brillant par le passé,... Cet oeil mort, ces oreilles félines qui trônent au dessus de mon pauvre crâne fatigué, cette queue féline désagréablement coincée sous mon corps meurtri, les quenottes pointues qui se dissimulent derrière la barrière de mes lèvres... Comment peut-il penser qu'il est le monstre ici ? Il est tellement beau, tellement humain et tellement normal. Bien sûr, on ne parle pas ici d'apparence, on a dépassé ce stade depuis longtemps déjà, mais je ne parviens pas pour autant à comprendre comment il peut à ce point les laisser derrière lui. Je ressemble à une pauvre poupée abîmée, mutilée et réarrangé avec une peluche en forme de chat...

A force de garder pour soi, garder pour soi quoi, garder pour soi elle ? Mais il me semble tellement plus dangereux de la laisser vaquer à ses envies, à ses pulsions. Elle ne se contente pas de nous défendre, elle veut tellement plus que ça, elle est comme un lion en cage qui attend qu'on lui serve à dîner, et ce dîner pourrait être n'importe qui autour de moi. Et pourtant, je le regarde, elle est là et ne fait rien, ou peut-être est-elle déjà partie ? Ennuyée par une banale discussion dont elle n'a que faire ? Au fond, il doit avoir raison, pour la première fois je n'ai pas cherché à tout prix à l'empêcher d'agir, et pour la première fois je n'ai pas vraiment eu mal, pour une fois aucune image irréelle n'est venue troubler mes sens. Me défendre, est-ce ce que j'aurais dû faire depuis le début ? J'aurais dû lâcher la bride à cette créature au creux de mon ventre lorsque j'étais encore dans le monde réel, lorsque j'étais encore auprès de mon maître. Est-ce pour ça qu'elle m’apparaît si réelle ici ? Parce que ce besoin de ne plus être un pauvre paillasson résonnait à tel point dans chaque fibre de mon corps que ça m'a rendue folle lorsque j'ai franchi la porte de ce pensionnat ?

- Et si elle brise la laisse et que je perds le contrôle ?

Il s'est relevé et c'est un tout autre problème que je soulève à cet instant. Je ne voulais jusqu'à présent pas admettre devant lui que c'est bel et bien de quelque chose qui se cache au fond de moi-même que j'ai peur, admettre que cette chose est belle et bien vivante et dotée d'une volonté qui lui est propre. Ou peut-être est-ce la folie qui me donne cette impression ? Je ne sais plus quoi en penser mais je refuse de croire que j'ai perdu la raison, je refuse de croire que je suis seule à l'intérieur de ce corps, je refuse de croire qu'elle n'a pas été créée par l'étrange magie de cet endroit, qu'elle est autre chose que le fruit de mon imagination. Mes pulsions se sont incarnée quelque part en moi, elle n'est pas moi, je n'ai jamais pu la voir mais j'en suis sûre, et je suis toute aussi sûre qu'elle n'acceptera pas d'être tenue en laisse bien longtemps, elle s'est peut-être laissé contrôler pour cette fois, parce que j'acceptais pour la première fois de la laisser jour, de la laisser prendre le contrôle, mais elle ne s'en contentera pas, je sens au creux de mon estomac qu'il lui en faut plus, beaucoup plus, et que ce n'est pas une pauvre laisse qui parviendra à l'arrêter, qu'elle soit métaphorique ou non.

Je me suis redressée mais je reste assise sur le sol, de toute façon pour quelle raison devrais-je me lever ? Je n'ai pas envie de quitter cet endroit, je m'y sens bien, aussi poussiéreux et inquiétant soit-il, et même si le lit qui se trouve dans ma chambre est bien plus confortable, ici j'ai l'impression d'être vraiment à ma place. J'aurai beau prétendre ce que je veux, je ne supporte pas la compagnie des humains, ces humaines qui vivent dans la même chambre que moi me dérangent, qu'elles fassent ou non des réflexions sur ce que je suis, qu'elles m'aient accepté ou non. Je crois que je les hais, je crois que c'est pour cette raison qu'elle m'a fait sortir de cet endroit et chasser un personnage imaginaire. Elle ne les aime pas non plus, elle a été trop longtemps considérée comme la pauvre esclave des humains, et maintenant elle ne veut plus rien savoir d'eux. Et pourtant, pourtant lui ne me dérange pas, pourtant lui j'aimerais qu'il reste... N'est-il pas pourtant un humain comme un autre ? Ce n'est pas comme s'il était le premier à ne pas chercher à me prouver que je ne suis pas une esclave, que mon passé est derrière moi... D'ailleurs, non, c'est peut-être bien ça. Il est le premier à le faire, il est le premier à ne pas vouloir à tout prix renier le fait que je suis différente, il m'a appelé chaton et il a voulu que j'apprenne à me défendre. Il ne cherche pas à me faire rentrer dans les rangs, ne cherche pas à prouver que je suis comme une humaine, il ne se contente pas de faire semblant de ne pas voir cet oeil mort qui enlaidit mon visage, il s'est ouvertement moqué de mes attitudes félines au lieu de juste les ignorer comme les autres le font si bien. Je crois qu'elle l'aime bien.


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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Sam 18 Avr 2015 - 3:58

Viens plus près, plus près ; un tout petit peu plus près.

Trop près.

Aarne était autant un monstre que Chrissy était un chat – l'une n'en avait que l'air, l'autre n'en avait que la voix. Mais quelle importance ? Qu'ils soient pourris jusqu'à la moelle ou que le cancer en soit encore à son stade le moins avancé, les réactions seraient les mêmes. Doute, méfiance, rejet, haine. Si ça sent comme un cadavre ça doit en être un, n'est-ce pas ? Si ça parle comme un connard, c'en est sûrement un – n'est-ce pas ? Et puis quitte à se tromper, hein, mieux vaut avoir enfermé le mouton dehors qu'avoir laissé entrer le loup dans la bergerie. Inutile de prendre des risques. De tenter le diable. De tendre la main à un lépreux. De retenter sa chance après avoir gagné le gros lot. Il fallait bien qu'il y ait des inadaptés de toutes sortes, et puis, tant que ce n'était pas de soi qu'il s'agissait, c'était relativement simple à gérer. Même pas besoin de s'acheter une nouvelle conscience ou de vendre la sienne pour de bon ; si ces gens étaient mis à l'écart, c'était clairement parce qu'ils ne faisaient rien pour rentrer dans le moule. Parce qu'ils étaient mauvais de nature, parce qu'ils voulaient rester seuls, parce qu'ils étaient hypocrites, méchants, violents, stupides, laids –
Inadéquats, s'il vous plaît.
En cela, ils étaient aussi semblables qu'ils étaient différents. Aarne sentait bien que son problème n'avait pas grand chose à voir avec celui de la demoiselle. Cela ne l'empêchait pas de se retrouver quelque peu en elle, pourtant. Tout un monde de contraintes et de sentiments refoulés, d'envies irrépressibles qui finissaient par éclater, briser les vitres, noyer les digues. Il aurait aimé être capable de lui donner de meilleurs conseils. Trouver les mots les plus adaptés, les solutions les plus efficaces. Seulement le jeune homme n'était ni un Démon ni un Dieu ; il n'avait que ses deux mains bandées, son cerveau asphyxié et assez de tension pour étrangler le monde entier. Une montagne de fierté. De peurs inavouées.
Que voulez-vous faire avec ça, hein ? Il risquait de lui faire du mal plus que de l'aider. C'était plus ou moins le sort réservé à tout ce qu'il touchait, malheureusement – se faner, souffrir, périr. Il n'y avait guère que les fleurs appréciant de grandir à l'ombre qui pouvaient trouver une quelconque forme d'épanouissement en sa compagnie.
Il le savait pertinemment.

Regard perdu dans l'immensité du bazar jonchant le sol du grenier, bras ballants, Aarne se répéta la question de Chrissy en silence. Sans doute était-il là, le cœur du problème. Par crainte de ne mal faire, on préférait bien souvent ne rien tenter du tout ; par peur de ne pas pouvoir gérer quelque chose, on s'en tenait soigneusement éloigné. Mieux valait tuer que tenir enfermé. Mieux valait enfermer que tenir en laisse. Mieux valait tenir en laisse que libérer. Du moins était-ce le plan de la plupart, il le supposait – ajouter des verrous plutôt que régler le problème ou tenter de discuter.
Si « elle » brisait la laisse ? Advienne que pourra.
Mais vraiment, ça valait mieux comme ça.
Elle pouvait en douter mais devait le croire sur parole. Il connaissait bien ces choses-là.
Dompter l'animal. Il fallait dompter l'animal.

Pas le tuer, surtout pas.

Vivre avec un cadavre dans sa tête était moyennement drôle, vraiment.

Comme pour chasser cette idée, le finlandais secoua doucement la sienne de gauche à droite ; plic plic. Y'a tellement d'eau là-dedans, mayday, mayday. Je sais pas nager.

« Eh. Si tu la sors de temps en temps, c'est sûr qu'elle sera moins chiante que si tu l'enfermes toute la journée. Si tu peux pas régler un problème faut au moins voir ce qui pourra le rendre plus vivable. »

Yeux baissés vers la jeune fille, il croisa les bras.
Et elle qui, au juste, hm ?

« Je dis pas que tu dois t'habituer à tout. Mais si le combat est perdu d'avance, ce serait sérieusement débile de s'acharner. Et des fois... »

Il faut savoir s'estimer heureux d'avoir pleuré.

« … Faut juste abandonner. »

Pauvre cœur.

« T'essayais pas d'échapper à une autre fille, hein ? » 

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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Dim 3 Mai 2015 - 2:00









Assise sur le sol, je me laisse fasciner par le moindre de ses gestes, maintenant que je ne suis plus sous l’emprise de la peur, maintenant que je sais qu’elle l’aime bien et ne lui fera pas de mal, je ressens les choses différement. Je peux observer cette petite veine sur son front qui bouge imperceptiblement tandis qu’il pense, le battement irrégulier de ses paupières, ressentir sa poitrine qui se soulève à chacune de ces inspirations et deviner la légère irradiation de la plaie lorsque le vêtement la caresse comme je l’ai fait plus tôt. Est-il réellement humain ? Je n’ai jamais trouvé de beauté aux humains, j’avais pour eux le plus grand respect mais je ne les trouvais pas moins dénués de toute grâce, de toute cette poésie qui semble habiter chaque mouvement des félins. Ce n’est pas cette grâce que je retrouve en lui, c’est quelque chose de différent, quelque chose qui lui semble propre et qui accapare toute mon attention. Mes oreilles félines sont dressées et ouvertes vers lui pour percevoir la moindre esquisse de son qui pourrait émaner de sa personne, jusqu’au battement de son cœur qu’il me semble percevoir. Mais sans doute n’est-ce que mon imagination ? Mon ouïe est-elle à ce point dévelopée ? J’aime le penser, j’aime imaginer que je peux percevoir le sang qui coule doucement dans chacune de ses veines et alimente son corps, me laisser griser par le bruit des décharges qui parcourent son cerveau pour donner vie à ses muscles tendus, pour permettre à ses pupilles de se rétracter, de se dilater, encore et encore, si légèrement que la différence devrait être invisible à l’œil nu… Tu es la créature la plus étrange et la plus fascinant qu’il m’ait été donné de rencontrer…

Il secoue la tête, gauche, droite, la lumière fait légèrement varier la prédominance de ses iris dans son regard, ses lèvres se détachent et il prend la parole. Sa voix me semble infiniment bruyante au point que mes oreilles se rabattent légèrement, perturbées par cette profusion soudaine de sons là où je ne cherchais que leurs pauvres et discrètes esquisses jusqu’à présent. Mon regard pour autant ne se détache pas de lui, mes yeux restent grand ouverts, le vivant comme le mort, je le regarde sans me cacher, sans me détourner de lui, puisque je ne le dégoute pas pourquoi me dégouterais-je encore ? Ce qu’il dit me semble intéressant et d’une évidence qui m’amenerait presque à culpabiliser de n’y avoir pas pensé. Si elle est une entité vivante au creux de moi, elle devrait effectivement être moins dangereuse si elle ne doit pas lutter à chaque instant pour se libérer de ce petit coin d’ombre dans lequel je la retiens. Je suppose que ça ne coûte rien d’essayer, et si elle devait aller trop loin…

Qu’importe après tout ? Je me fiche bien de ce qu’il peut advenir de ces humains qui m’entourent, ils ne sont que des lambeaux de chairs sans aucune poésie, et puisqu’[i[elle[/i] l’aime bien, lui, puisqu’il ne risque rien, probablement sait-elle différencier les humains qui sortent du lot de ceux qui ne seraient, au pire des cas, pas une bien grande perte. Ne noie-t-on pas les chatons lorsqu’il y en a trop ? La barbarie n’est qu’une question de point de vue, jamais je ne ferais de mal à Gally, le petit rongeur qui accompagne mes journées depuis que je suis ici, alors je ne suis pas barbare… Ecraser un cafard sur mon chemin n’est pas si monstreux, alors pourquoi le serait-ce pour un humain ? Et là encore, je ne parle que de dernière limite, si la laisse devait casser, advienne que pourra, en attendant, ce serait plus facile pour moi de ne pas juste faire semblant de n’être que ce chaton sans défense que j’ai toujours été. Un sourire se dessine sur mon visage, léger, tandis qu’il baisse les yeux vers moi et que ses bras croisés font saillir ses muscles. J’aimerais parcourir du bout des doigts chaque muscle qui compose son corps, savoir exactement jusqu’où elle serait prête à aller.

Ses mots sonnent plus juste que tout ce que j’ai pu entendre depuis que je me trouve en cet endroit, peut-on seulement gagner un combat contre soi-même ? N’est-on pas amené à perdre peu importe l’issue de la bataille ? Après tout, lorsqu’on est son propre adversaire, on ne peut qu’être le perdant, et la victoire prend dès lors le goût amer d’un pauvre match nul qui n’apporte ni mérite ni gloire. Abandonner, m’abonner à elle, m’abandonner à lui, c’est si reposant de n’avoir pas à concentrer chaque partie de mon corps pour la garder enfermée, je la sens en moi, elle se promène tranquillement dans chaque fibre de mon être, découvre ce corps que je lui offre pour la toute première fois, je ne souffre plus, je n’ai plus à mentir, je n’ai plus à faire semblant… Cette force que je gardais pour elle me donne une étrange sensation de toute-puissance et chacun de mes muscles se détend pour n’être que mieux ressenti. Il me pose une question, la question, la question que j’ai redoutée depuis son arrivée et que je trouve maintenant… Amusante… Je sourie, ou est-ce elle ? Ce sourire est étrange, légèrement malsaint, le sourire d’une enfant qui arrache les ailes d’une mouche et se délecte de la voir ramper sur le sol.

- Quel mal une fille pourrait-elle nous faire ?

Mon sourire laisse apparaître mes crocs comme pour mieux souligner la signification de ce « nous » que je ne suis même pas vraiment consciente d’avoir prononcé. Mais était-ce seulement moi qui parlait ? Je ne pense pas, en fait, mais quelle importance au fond ? Et puis n’est-ce pas exactement ce qu’il avançait lorsque je lui ai parlé de cette autre fille que je cherchais à fuir ? Je ne suis pas assez stupide pour imaginer que je suis hors d’atteinte, mes petits crocs ne me protègent pas des coups de poings, de la lame d’un couteau, de l’acide versé goutte à goutte dans mon œil et des hurlements de mon corps déchiré par la douleur…

- J’aurais aimé m’en rendre compte avant d’entrer ici… Crois-tu qu’il est possible de repartir ?

Je n’aurais pas dû fuir cette nuit là, j’aurais dû profiter de la profondeur de son sommeil pour prendre un couteau dans la cuisine et venir le poser contre sa gorge, lui faire subir exactement ce qu’il m’a fait subir, bruler son regard jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’un œil pour observer sa perte, déchirer son corps de l’intérieur encore et encore, arracher chaque cri qu’il soit capable de pousser jusqu’à ce que la folie l’amène à en demander encore, à réclamer que mon attention n’appartienne qu’à lui, choisir ce moment pour l’abandonner, le délaisser pour un autre, le laisser dépérir jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui qu’une pauvre marionnette vide… Je veux sortir d’ici, je veux le retrouver, je veux rattraper tout le temps que j’ai perdu à le craindre, tout le temps que j’ai passé à le fuir, rattraper ce dernier geste qui m’a poussé à réfugier mon corps meutri dans cet endroit plutôt que de lui faire face.



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   Mer 24 Juin 2015 - 20:22

Quel mal, hein ? Il se le demandait. Fille, garçon – aucune différence, ce n'était pas ça l'important. Il avait connu des demoiselles bien plus capables de détruire rien qu'en élevant la voix que leurs camarades masculins n'en auraient jamais été capable avec leurs poings seuls. Et si les pires personnes dont il puisse citer le nom étaient en effet des hommes, ce n'était rien de plus qu'une bête coïncidence. Un pur hasard de génétique. Le fait qu'il fasse une distinction si nette entre les sexes, les genres, ne tenait vraiment qu'à lui. C'était une règle qu'il appliquait sans vouloir la dispenser. Elle ne valait probablement rien du tout. Ses expériences et ses croyances n'avaient rien de lois ; très loin de là.
Cela dit, il doutait que le problème soit là. N'importe qui aurait pu faire n'importe quoi à cette fille, et ce à n'importe quel niveau : qu'elle se sente invincible ne serait-ce qu'un bref instant ne prouvait rien. Ce n'était pas une question d'avoir peur de l'autre ou pas. Ce n'était pas non plus une question d'être capable de se défendre ou non.
Cette fille n'existait juste pas. Aussi simple que ça.
Est-ce que n'avoir qu'un contrôle partiel sur son corps et son esprit faisait d'elle une démente ? Une folle ? Une dérangée ? Peut-être. Selon une définition strictement médicale, difficile de prétendre que ce soit tout à fait normal. La possibilité, ni exclue ni confirmée, ne l'inquiétait pourtant pas plus que ça. Après tout elle avait eu l'occasion de lui faire mal – vraiment mal – sans juger bon de la saisir ; c'aurait été le moment idéal pour le blesser, pourtant. Il ne prétendait pas se sentir tout à fait en sécurité, bien sûr. Il y avait une différence très nette entre se tenir face à une fille inoffensive et être proche de quelqu'un possédant les armes nécessaires pour vous entailler la peau, quelle que soit sa carrure et sa maîtrise des armes en question.
Seulement la possibilité d'être tué par l'autre, c'était une chose. La certitude que l'autre voulait nous éliminer en était une autre.
Parler à un type de deux mètres capable de lui briser la nuque d'une seule main et sans le moindre effort n'avait jamais spécifiquement inquiété le finlandais. Devoir s'asseoir près d'une fille d'un mètre cinquante qui rêvait nuit et jour de lui faire la peau l'aurait bien plus tendu. Cela n'empêchait pas d'être moins à l'aise en présence d'un éléphant que d'un chat, évidemment – ou, en l'occurrence, de se méfier plus volontiers de Chaton que d'une autre personne moins apte à sortir les crocs. Tout était question de nuances, de mesures. Il ne comptait pas se tenir sur ses gardes et se méfier d'elle sans raison.

Peut-être aurait-il dû, au fond.

« J’aurais aimé m’en rendre compte avant d’entrer ici… Crois-tu qu’il est possible de repartir ? »

Les yeux pâles du jeune homme revinrent se poser sur le visage de l'adolescente. Ahhh. La fameuse question. Elle aurait pu lui demander quel était son nom, lui expliquer ce qui se passait au juste avec son foutu œil – lui raconter sa vie, au moins en partie ; mais non, évidemment. Les gens ici passaient leur temps à effleurer ce qu'il y avait d'intéressant pour les autres sans jamais s'y attarder. Peut-être attendaient-ils qu'une question de sa part ne vienne justifier une prise de parole jugée autrement trop égocentrique ; peut-être, au contraire, espéraient-ils qu'il ne relèverait pas et resterait loin de leurs petite sphère privée. Ce que ça pouvait être stupide. Soit on se la ferme carrément, soit on s'épanche. Pas de demi-mesures.
Il haïssait ça.

« En général, si y'a une entrée, y'a une sortie. Donc on peut sûrement, lâcha-t-il sans dérober son regard. Par contre je suis pas certain que ça finira vraiment par arriver, nan. »

Que la clef existe ne signifiait en aucun cas qu'ils la trouveraient un jour. Le problème était entièrement différent.

« Donc même si tu meurs d'envie de retourner voir... Je sais pas qui je sais pas où, tu ferais mieux de te faire à l'idée. Tu vas rester là un moment. »

Sa respiration laborieuse souleva difficilement son torse derrière ses bras croisés. Comprime, comprime.
Ce n'était pas tant la sensation de manque qui le gênait. Celle d'avoir abandonné ses mères, son père, son frère et même Eve le blessait bien plus que tout le reste. Parce qu'on allait croire qu'il s'était barré, qu'il s'était fourré dans une histoire pas possible, qu'il s'était fait tuer ou n'importe quelle autre connerie dans le même genre ; parce qu'ils allaient s'inquiéter pour rien et qu'il ne pouvait rien faire, rien contre ça.

L'impuissance l'étouffait sans avoir la décence de le tuer.

hytgf:
 



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MessageSujet: Re: Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]   

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Ferme les yeux, tout ira bien [PV Aarne]

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