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 Malencontreuse erreur.

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Masculin Pseudo Hors-RP : Blanck
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MessageSujet: Malencontreuse erreur.   Mer 3 Déc 2014 - 16:10




Malencontreuse Erreur



Solo


   Le jour était pluvieux, et il n'avait pas pensé à prendre un manteau.

C'était probablement sa première erreur de la journée, ou peut-être était-ce plutôt de choisir de sortir. Il aurait dû rester dans sa chambre, comme d'habitude. Ce sites d'expérimentations humaines qu'il suivait depuis quelques temps avait un nouvel article et il ne l'avait pas encore lu. Il avait laissé la page ouverte dans son navigateur avant de fermer son laptop et de le ranger dans son sac. Il se disait que si le temps restait bon, il pourrait traverser les bois jusqu'à la clairière où il passait habituellement et, peut-être, lire l'update là.

Le temps n'était pas resté bon.

Ce qui n'avait été que quelques nuages était devenu une pluie torrentielle alors qu'il approchait la clairière, et il avait fait demi-tour à travers les sapins pour rentrer chez lui. Il faisait sombre et la terre devenait boue. Ses bottes s'y enfonçaient.

C'était le premier automne qu'il passait à la maison depuis plusieurs années, et il avait oublié comme le temps pouvait être capricieux dès l'approche de novembre.

Un souvenir d'enfance lui revint. Il devait avoir eu sept ou huit ans, la première fois qu'il s'était perdu dans la forêt.

Juste avant dîner, une des créatures qui vivaient dans la maison, celles que son psychiatre appellaient en chuchotant des "hallucinations", l'avait appellé dans le jardin. Il avait descendu les escaliers et était sorti en silence. L'ombre parlante lui disait de venir dans la forêt, qu'elle avait quelque chose à lui montrer. Elle était glaciale quand elle prit sa main, son toucher à peine présent mais frigorifiant. Le soleil se couchait et le ciel était laid et gris de nuages. Il devait rester une demi-heure avant l'heure du dîner. Il acquiesa silencieusement et la suivit dans les arbres.

L'ombre disparut quand il commença à se plaindre de l'eau des flaques qui traversait la toile de ses chaussures. Il l'appella pendant quelques minutes, mais elle ne revint pas. Alors il fit demi-tour et tenta de retrouver son chemin tout seul.

Ils ne l'avaient pas trouvé avant midi le lendemain ; sa mère avait appellé tous les voisins pour chercher à travers les bois, mais personne n'avait voulu le faire durant la nuit - ils disaient qu'avec cette visibilité, ils pourraient bien lui marcher dessus et ne pas le voir. Sa mère avait pleuré toute la nuit sur un verre de martini ; la battue avait eu lieu dans la matinée.

Il s'était allongé sur les racines d'un arbre particulièrement grand pour essayer de ne pas mouiller ses vêtements, mais ils étaient quand même souillés de boue quand ils l'avaient trouvé. Il avait attrappé une mauvaise pneumonie, et en se débattant dans les ronces il s'était griffé le visage à plusieurs endroits - il restait quelques traces de sang séchées sur sa peau. Sa mère avait sali ses beaux vêtements en l'étreignant, pleurant toujours autant, son haleine sentant encore comme d'habitude l'alcool. "Et à quoi donc lui sert le psy qu'on lui paye?", avait marmonné le dos tourné de son père quand il expliqua pourquoi il s'était enfui.

Jester se demanda si peut-être sa peur des grands espaces venait d'ici, de ce souvenir, de la nuit passé dans la forêt silencieuse, sous la pluie, à la merci de tous les monstres qui la peuplait.

Un vent de panique lui vint quand il se rendit compte qu'il était perdu à nouveau.

C'était impossible, bien sûr, comme son esprit logique le lui disait. Un enfant effrayé dans la nuit avait pu se perdre ici, mais il était adulte maintenant, il faisait encore jour, et les bois étaient assez petits pour qu'il retrouve son chemin. Il avait à peine marché une demi-heure ; s'il prenait la bonne direction et marchait tout droit, il reviendrait chez lui dans le même temps. Et même dans le pire des cas, selon les dimensions de la forêt, peu importait la direction qu'il prendrait ; il serait sorti avant la nuit, et pourrait alors appeller un taxi pour le ramener s'il était trop loin. Il était absolument impossible d'être perdu ici.

Après deux heures de marche dans la pluie et la boue qui le ralentissait, l'eau glaciale coulant de ses cheveux et le longs de sa nuque, ses vêtements trempés et ses mains tremblantes dans le froid, il dut bien se rendre à l'évidence. Il était perdu, désésperement égaré, complètement paumé. La forêt n'était pourtant pas si grande, n'est-ce pas? Le ciel était devenu encore plus sombre et il trébuchait sur des branches ici et là. Il avait vu plusieurs saules pleureurs, ce qui l'inquiétait, car il était presque sûr qu'aucun saule pleureur ne poussait dans cette forêt... Ils poussaient près de l'eau, pas vrai? Là où il y a des lacs, des rivières. Mais c'était une forêt de sapins sans aucun cour d'eau.

Soudain, l'ombre d'un bâtiment, quelque chose de haut... Avait-il retrouvé le manoir ? Il n'y avait jamais eu de saules pleureurs près du manoir, mais il s'en fichait. Tout ce qui lui importait était de rentrer chez lui, de prendre un bain, de s'allonger dans son lit.

Ce n'était pas le manoir. C'était un château, ce qui acheva de le terrifier, car il n'y avait jamais eu de château aux alentours. Il n'était pas récent non plus : il était évidemment ancien, comme le manoir... Il ne comprenait plus rien. Mais il était trempé jusqu'aux os et il ne tenait pas à une nouvelle maladie, alors il s'approcha encore. Il y avait certainement quelqu'un à l'intérieur... N'importe qui. Quelqu'un qui pourrait le laisser rester jusqu'à ce que la pluie ne soit passée, et qu'il puisse retrouver son chemin.

Il atteint le bâtiment rapidement et gravit les quelques marches qui le séparait de la lourde porte d'entrée. Il eut du mal à l'ouvrir - il avait toujours du mal avec les portes lourdes - mais il y parvint au bout de quelques secondes.

Spoiler:
 

Un grand hall s'étendait devant lui. Assez baroque, assez beau, bien qu'il fut personellement habitué à ce genre d'endroit - il n'était pas si différent de sa maison, honnêtement. Il fit quelques pas et la porte se referma derrière lui avec un grinçement et un claquement sec.

Il n'aimait pas parler, mais il lui fallait le faire, alors il éleva la voix, à peine plus haut que son volume habituel.

"..Quelqu'un?"

Pas de réponse, mais l'endroit semblait grand, et il n'avait pas parlé fort. Il regarda autour de lui, se demandant où il irait pour chercher un occupant...

Il y avait un panneau d'affichage. D'habitude, il n'y avait pas de panneau d'affichage dans les lieux résidentiels. Il devait se trouver dans une quelconque sorte de lieu public... Il s'approcha du panneau pour lire ce qui y était épinglé.


Citation :
"Si vous lisez ces lignes déposées sur ce misérable bout de papier, c’est que vous venez de commettre une grossière erreur, certainement la plus grosse de votre vie.

Je vous souhaite la bienvenue, en tant que pensionnaire, dans votre nouvelle et éternelle demeure. Ceci n’est nullement une farce de mauvais goût, je n’ai aucunement le temps de plaisanter, ni l’envie de rire. Vous allez bientôt vous rendre compte que cet endroit maudit vous retient prisonnier. Est-ce de la magie ? La réponse à cette question est oui. Si vous ne me croyez pas, tentez d’ouvrir la porte. N’hésitez pas ! J’ai, comme vous, déjà désespérément tenté de sortir des centaines de fois... en vain.

Alors ? Convaincu(e) ? Bien…

Pour vous éviter une perte de temps colossale, je vais vous retracer les grandes lignes de votre nouvelle existence. Sachez que ce pensionnat étant magique, il va falloir vous résoudre à croire à tout, même aux faits les plus invraisemblables. Ne paniquez pas si jamais vous faites vous-même des choses inexplicables : en entrant dans ce pensionnat, vous vous verrez doté(e) d’un pouvoir qui vous sera propre. De plus, vous allez retrouver dans l’enceinte de cette prison un ami que vous aurez oublié depuis quelques temps déjà... N’ayez donc aucune crainte si un animal vient à vous parler. Cela ne sera que votre Alter Ego Astral.

Je vous souhaite de rester en vie et de toujours garder espoir.

Cordialement,
Periple Skye."



Le sang battait à ses tempes sans qu'il sache si c'était un effet d'une maladie qu'il soit en train de contracter, ou simplement le vertige terrifiant qui lui venait après la lecture du mot. Son esprit logique, encore, lui dit que c'était une blague. Il retourna vers la porte et tenta de l'ouvrir. Mais cette fois-ci, ce n'était pas sa faible constitution qui l'empêcha de l'ouvrir. La poignée ne tournait même pas ; il était enfermé.

Le vertige devenait pire à chaque seconde. Il ne pouvait pas rester ici. Sa mère l'attendait pour manger, il était en retard... Il fallait rentrer avant la nuit tombée, sinon il se perdrait dans le bois...

Il s'acharna sur la porte pendant encore vingt minutes à peu près avant que ses muscles faibles ne soient trop endolories, et sa toux devenu trop forte, pour qu'il persiste. Une crise d'asthme, réalisa-t-il alors qu'il s'appuyait contre le mur et glissait à son long jusqu'au sol lentement. Il faisait une crise d'asthme. Il n'arrivait plus à respirer ; ses inspirations sifflaient, et l'air ne semblait pas pénétrer ses poumons. Il laissait tomber au sol le sac à dos qu'il tenait à la main en rentrant. Dans la poche avant, il attrappa sa Ventoline et en prit deux grandes bouffées, plus deux autres, et puis encore une dizaine. Il n'avait pas besoin d'en prendre autant, mais quand il paniquait, il était toujours plus facile d'en prendre trop.

Il lui fallu cinq bonnes minutes pour réussir à se calmer, et il se rendit compte qu'il s'était mit à suer. A nouveau, il avait froid, mais en même temps, il avait trop chaud, ses vêtements étaient trop lourds. Il était définitivement malade. Il retira son sweatshirt qui lui paraissait trop pesant ; son t-shirt trempé collait à sa peau et soulignait ses côtes. Il soupira en rangeant le sweatshirt et l'inhalateur dans son sac. Il lui fallait trouver quelqu'un ici. Il se releva avec efforts et se dirigea vers les escaliers.
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