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 Où mènent ces routes devant moi ? Où vont ces trains que je ne prends pas ?

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Tightly Wound Spring
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MessageSujet: Où mènent ces routes devant moi ? Où vont ces trains que je ne prends pas ?   Mer 28 Jan 2015 - 16:52

Assise au milieu de la pièce, mains serrées sur un outil de forme allongée taillé dans un métal inconnu de la race humaine, Pernille s'affairait à resserrer les différents composants de sa jambe droite – vérifiant au passage que tout était en place et ne rouillait pas malencontreusement. Dans la théorie, avec l'habitude, l'enfant aurait dû être capable de réparer ce qui avait besoin de l'être : dans les faits, malheureusement, elle aurait probablement manqué de technique et d'équipement pour ça. Elle n'était ni mécanicienne ni rien du tout, elle. On ne lui avait appris que le strict minimum, ce qu'elle devrait faire chaque jour de son propre chef pour entretenir ses petites gambettes froides comme la mort ; ce qui relevait de l'inhabituel, ce n'était pas – n'avait jamais été – à elle de s'en occuper. Elle n'avait jamais que douze ans. Mettre trop de pression sur ses frêles épaules aurait été catastrophique. Littéralement. Et si elle faisait une erreur, hein ? Non non, mieux valait laisser les adultes faire les réglages importants. C'était plus sage.
Seulement maintenant, la donne avait changé.
La technologie de son monde n'était à priori connue que d'elle seule ; si quelqu'un devait gérer les problèmes techniques, ça ne pourrait être qu'elle. Elle pourrait toujours demander conseil à ceux qui s'y connaissaient un minimum en prothèses et compagnie, mais de là à les laisser toucher ses précieuses jambes il y avait de la marge ; la petite fille, méfiante, préférait se faire confiance à elle-même que mettre sa vie entre les mains de qui que ce soit. Plus depuis l'épisode Elisa. C'était fini, tout ça. Elle ne laisserait plus jamais qui que ce soit la tromper de la sorte.
Enfin. Il suffisait de la voir réclamer les bras de toutes les grandes personnes pour se rendre compte qu'elle était encore loin d'avoir atteint son objectif. Très, très loin.

Dépendante jusqu'au bout des ongles, ma chérie.

Après avoir vérifié que tout était bien en place, l'enfant rangea ses outils dans une petite sacoche en cuir et se redressa prudemment. Elle s'appuya sur la jambe droite, sur la jambe gauche ; plia les genoux, tourna les chevilles. Tout avait l'air d'aller bien. Aucun bruit douteux ne s'échappait des rouages, aucun grincement désagréable ne lui vrillait les tympans. Elle se sentait stable et prête à faire ce que bon lui semblait.
C'est à dire, présentement, retourner observer les tableaux qu'elle avait abandonné le temps de réparer ses jambes.
Lorsqu'elle était entrée dans la pièce par inadvertance, l'ambiance lui avait immédiatement plu. Elle ne comprenait pas exactement en quoi consistaient ces tableaux mouvants mais en tout cas, les paysages qui défilaient actuellement devant ses yeux la ravissaient au plus haut point. Il y avait des collines ; des maisons ; des animaux étranges ; des rivières, des fleurs. Autant de choses que, prisonnière de son train doré, la fillette n'avait encore jamais eu l'occasion de pouvoir observer. Par les fenêtres, elle n'avait jamais vu que de la neige, du sable, de l'eau. Parfois, de temps à autres, des coins de verdure. Mais c'était rare. Son monde, on le lui avait bien expliqué, subissait les contre-coups des mauvais traitements que les humains lui avaient infligé : apparemment, ce n'était pas le cas partout. Nez quasiment collé à la toile magique, elle se surprit à espérer pouvoir visiter ces endroits merveilleux.
Aussi petite soit-elle, Pernille avait parfaitement compris que tous les pensionnaires ne venaient pas du même monde. Elle l'acceptait très bien et ne remettait rien de ce que ses aînés lui avaient dit en question : seulement de là à admettre qu'il n'y avait aucun lien entre tous ces endroits, c'était un peu trop lui en demander. Elle s'était mis en tête qu'une sorte de pont devait relier tous ces univers entre eux, qu'il suffisait juste de le trouver. D'ailleurs, s'ils réussissaient à ouvrir cette porte, elle espérait bien pouvoir emmener sa famille ailleurs. Quelque part où le fond de l'air serait meilleur ; dans un endroit sans désolation, où la sédentarité était encore possible et ne comportait pas le moindre danger.

Un soupir fila entre ses fines lèvres rosées. Elle aurait pu rester là des heures.

Peut-être même qu'elle allait le faire, tiens.


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Sale gosse
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MessageSujet: Re: Où mènent ces routes devant moi ? Où vont ces trains que je ne prends pas ?   Mar 28 Juil 2015 - 21:20

L'air était froid et les grelots joyeux entre ses os. Un peu de musique aurait pu se jouer contre le diapason de ses côtes, pour un tremblement magnifique ou possédé, voire un savant mélange des deux. Les résonnances internes avaient probablement un monde de bienfaits leur étant propre. Peut-être qu'en vérité on avait pensé chaque placement et déplacements, chaque fraction d'oxygène et de bois au centimètre cube près, que tout faisait sens et qu'eux, habiles bêtes ne s'acharnaient qu'à déconstruire cette perfection pré-établie. Avec des si, je pourrais mettre ce château en bouteille.

De l'autre côté de la chambre, le filet de lumière la narguait, un sourire grimé de jaune à faire pleurer les enfants, les ados, et les pratiquants de magie noire. Le danger contenu dans une larme d'énergie, déroulant sa trainée acide sans plus de souci. Hésitante aiguille, ne tricote pas trop, l'écharpe de grand-mère se porte mal ces temps-ci. Pour peu que les rideaux dansent et s'enroulent, elle finirait consumée vive.
Claris aurait au moins pu fermer la porte en sortant.

On sonna onze heure, des fêtes et des joies feintées, des envies pressantes et des balbutiements échevelés. Le carillon des crimes que l'on grime, des mots, maux, mets, messes. A se damner un peu de liberté. On devait arrêter de jouer poètes et risquer d'y vendre son âme, mais pour une paire de pantoufles séparées et un vieux peignoir aux couleurs passées, elle s'accorde bien une minute pour être Cendrillon. Faire le mur, lequel laisse déjà de sa splendeur traîner ses oreilles, il n'y a plus grand chose à perdre et tant qu'à faire ce serait un secret partagé. Ils étaient grands et leurs allées comme leurs venues, étaient millimétrées par une laisse bien large, et bien lâche. L'issue de l'affaire avait été élaborée à l'avance quoi qu'il en soit.

Les couloirs hurlaient un crissement entre les planches échardées et l'alphabet se déroulait sur les portes accompagné de chiffres étranges et incurvés, fussent-ils tous en échappade dans le dortoir du Royal Ballet qu'elle n'aurait eu aucune raison de s'étonner. Marmonnant une comptine atrophiée, Ice talonne les espacements des pluches grises, calcule l'angle, la rotation, l'empreinte des willis imaginaires - pour peu qu'on fantasme leur existence, qu'on donne consistance à leur croyance. Les yeux engourdis par la nuit, c'est la chaîne d'éternuements compulsifs qu'elle guette, la sienne et la prochaine. Son reflet sporadique lui renvoie un visage blanchâtre, au maquillage d'un rock déchaîné accordé à des yeux de billes rosées. Un deux trois soleil. Un deux trois soleil. Lune. Et chaque planète du système réécrit.
La paume contre le métal froid et son châle resserré sur les épaules, violente petite qui enfonce le battant d'un coup de pied. Pour entrer mon enfant, tire sur la chevillette.

*

La pièce était large, plongée dans une semi-pénombre aux lueurs de couleurs clignotantes. En de vastes mouvances, les murs bavardaient et semblaient s'abreuver des appliques allumées. Le plafond, à son affaire, distribuait gracieusement des torticolis, enlaçant ses visiteurs de ses arcs voûtés, des ogives gelées, ciselées, à surveiller pour éviter de se laisser happer. A tâtons de méfiance, se laissa tenter, une expérience. L'interrupteur qui se braque dans un clic pour que les spots entassés s'aspergent à la puissance de leurs rais; religieusement brisés, les tableaux sifflaient plus sournoisement encore leurs menaces.
Ce sont...

-... Des caméras ?

Un sursaut à son propre bruit prononcé du bout des lèvres comme volé ou arraché. Avec avidité, elle se pencha en avant, pyjama servant de tapis, de chaussettes, d'amortissant, avança les doigts, écarquilla, n'osa pas. La toile frémit, pleure, halète. Allaite. Vibre et tangue, se déverse. Il y avait un trop plein à évacuer, comme une mélodie martelant ses partitions autour d'une antre intime, envahissant et s'incrustant entre les corridors, les boudoirs de son corps.
Un pas en arrière, deux pas en avant,
trois pas sur l'côté, trois pas d'l'autre côté...


LES POMMES FAISAIENT ROULI ROULA
LES POMMES FAISAIT ROULI ROULA
STOP!


Avec inquiétude, et une petitesse qui lui était ordinairement étrangère, Ice bascula d'un pied sur l'autre, dans un déplacement de crabe précautionneux. Statuettes et autres breloques s'entassaient en un quinconce méthodique, leur cartel sagement aligné au dessus, en dessous ou à peine plus loin. Alimentés d'une batterie ou d'un câble invisible, ils grésillaient plus ou moins désagréablement, projetant des univers au charabia fantastique. En s'approchant, elle s'aventure et divague, s'auto-convainquant d'un déchiffrage possible, mais même en articulant les articles, certains demeurent obscurs, comme de s'appliquer à lire l'histoire d'un pays qu'on nous jure être une Odyssée mythique mais vraie.

Il y a avait là des paysages inconnus et d'autres qu'elle avait ou aurait pu observer, des arbres et des plantes étranges, des chemins indéfinissables. Quelque chose qu'elle ne pouvait nommer l'obnubilait sans qu'elle ne parvienne à s'en défaire et ce manque de contrôle sur elle-même la mettait inévitablement à cran. Une partie de son cerveau énumérait toutes les spéculations possibles tandis qu'une autre la rendait sous l'emprise d'une totale fascination et une autre encore la suppliait de se tenir à distance. Une série alambiquée d'ordres contradictoires dont le démêlage était un découragement par son idée seule; une latéralité aveugle pour la guider sans prêter attention. Au panneau. Normalement il aurait fallu un panneau, dans un monde idéal et parfait, bourré de signalisations, d'avertos scintillants.

Pas un carambolage unique, de tissus, de chair et d'os.

Elle semble minuscule, perdue ou absorbée, comme une vocation divine ou la révélation d'un enfant. Elle en goberait ses paroles, retiendrait sa respiration...
...En omettant de s'excuser ?

D'un tableau au sol à son regard, tout s'étouffe dans sa gorge.




Oui, c'est plus court que d'habitude et pas mis en page. Apprécie cet effort de... Vitesse?
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MessageSujet: Re: Où mènent ces routes devant moi ? Où vont ces trains que je ne prends pas ?   Mer 8 Juin 2016 - 17:25

Absorbée dans la contemplation du tableau, Pernille en avait oublié le monde extérieur. La curiosité est un vilain défaut : combien de fois le lui avait-on répété, tantôt agacé tantôt amusé, après une énième bêtise ou la pire des questions trop intrusives ? Au moins cent, sans doute mille – quelque chose comme ça. Elle n'était pas très douée avec les nombres, en plus d'avoir décrété un jour que « beaucoup » résolvait à peu près tout les problèmes du monde. Peu importe combien de punitions elle avait reçues exactement.
L'important, c'était que ça ne l'avait jamais empêché de recommencer.
Vive et énergique, l'enfant se redressait bien trop vite. La douleur d'une brûlure ne la tenait jamais suffisamment éloignée du feu et si se faire mordre l'aurait rendue méfiante des chiens, elle aurait oublié ses appréhensions au premier animal un peu câlin. Seules les marques indélébiles savaient lui rappeler d'être prudente. Le frottement de la peau contre le cuivre et le métal, la peur panique qui envoie des frissons jusque dans les yeux. Le sang. Beaucoup de sang.
Les douleurs fantômes la réveillaient encore la nuit, parfois.

Mais je suis une grande fille, maintenant. Je me débrouille.

Elle n'avait pas trop pleuré depuis sa chute dans le désert. Un peu, mais pas tant que ça. Pas trop.
Que personne ne soit là pour en être fier rendait la victoire bizarrement amère.

A présent qu'elle était vraiment seule, elle regrettait l'avoir pensé avant.

Le bout de ses doigts pâles osèrent à peine frôler le cadre. Curieuse, toujours, l'enfant songea à les faire glisser contre la toile ; la crainte superstitieuse de pouvoir y plonger réussit à peine à l'en tenir à distance. Ça n'aurait pas pu être si terrible de tomber au milieu de ces jolies collines, certainement. L'air devait sentir bon. Les fleurs aussi. L'herbe aurait chatouillé la plante de ses pieds, eurent-ils encore été à leur place – et puis elle avait toujours ses mains. Les arbres avaient l'air jolis et l'écorce craquante comme du chocolat. Elle voulait y grimper.
Mais il n'y avait personne, dans ce tableau-là.
Elle commençait à peine à connaître les gens ici. Elle ne voulait pas se retrouver seule et perdue encore une fois.

Tout mais pas ça.

« Ah – ! »

Le heurt inattendu ne lui fit pas tant perdre l'équilibre que son mouvement de recul apeuré – gauche derrière droite droite et où était-elle censée mettre l'autre pied, là ? Ses prothèses à nu firent tourner leurs rouages avec habileté et même là, elle faillit bien en tomber.
Le cœur emballé à cent à l'heure et le cerveau grippé, la petite fille posa les deux mains contre sa poitrine, froissant sa jolie chemise blanche sous des phalanges inquiètes. Évidemment que l'inconnue était arrivée par la porte ; évidemment qu'elle n'avait pas fait attention et qu'elle l'aurait vue, sinon. Ça n'aurait dû faire aucun doute. Elle était entrée, avait longé le mur et lui était rentrée dedans comme la pire des maladroites – rien d'anormal à ça, si ce n'était que cette fille aurait vraiment dû faire plus attention.
Regard figé sur le tableau au sol, Pernille plissa les yeux.

« Tu pourrais faire attention ! T'as failli me tuer, geignit-elle, précautionneuse tout de même ; elle ne voulait pas que mademoiselle-bizarre se décide à lui faire du mal pour de vrai. Comment t'es arrivée là sans faire de bruit ? T'es un fantôme ? »

Quoi qu'apparemment ils n'existaient que dans les livres, elle aimait à croire que des draps blancs se promenaient à travers les couloirs en agitant leurs chaînes.
.... Ah. Après inspection plus méticuleuse, ce fantôme-là n'avait pas de drap. Belle imposture.

Cette fois-ci, ce fut les sourcils qu'elle fronça.

« T'es sortie du tableau ? »

Déduction parfaitement logique – il était tombé, après tout. Elle avait dû s'en échapper.
Soucieuse d'avoir quelques réponses avant de la noyer sous d'autres questions tout aussi pertinentes, Pernille accepta à contrecœur d'attendre pour lui demander si elle savait comment rentrer chez soi.

Spoilerception :
 
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MessageSujet: Re: Où mènent ces routes devant moi ? Où vont ces trains que je ne prends pas ?   

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