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 La marionette de Dieu

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Rock And Roll Queen
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MessageSujet: La marionette de Dieu   Dim 19 Juil 2015 - 18:55

Des jours, des semaines, des mois, des années...
Le temps filait entre mes doigts, si fluide et rapide si bien que toute unité me paraissait dépourvue de sens. A quoi bon compter les minutes et les heures ? Que nous attend-il ? Rien. Enfermé entre ces murs le quotidien en est devenue morbide. Il n'y a rien dans les recoins d'un couloir, rien de nouveau dans le parc, rien de nouveau dans la salle de bal. Il ne reste qu'un silence placide et cette affreuse odeur de corps en décomposition. Nous nous mourrons tous et il me semble être la seule à le voir : cette fin fataliste. Pourtant j'étais heureuse, le sourire aux lèvres toute la journée. Plus notre déchéance avancer plus j'étais heureuse. J'attendais la Mort les bras grands ouverts comme un enfant attend son présent de Noël. Je l’accueillerais le temps venu et je me remettrais à elle. Je ne suis qu'un être cynique et sardonique. Ma beauté s'est fané, mon cœur s'est asséché et durci comme un puits en plein désert et mon cerveau est aussi pourri qu'un corps en décomposition.
J'ai craché du sang ce matin au réveil et le soleil ne m'a jamais paru aussi beau, le ciel ne m'a jamais paru aussi bleu. J'étais donc sortie dans le parc durant toute la journée. J'étais heureuse et j'allais l'attendre aujourd'hui comme tout les autres jours. Je ne suis pas un être suicidaire, je ne me tuerais pas mais j'accepte cette douce fatalité. Je me dis que le jour où la mort arrivera la seule chose qu'on pourra lire sur mes yeux c'est la délivrance d'un être enfermé dans un tas de viande. Quelle cruauté de procréer, de nous jeter dans ce broyeur qu'est le monde et, toute notre vie, avoir ce goût amer d'impuissance dans la bouche. La vie, monstre abject, m'a frappé, scarifié, brûlé vivante. Que puis-je attendre d'elle ? Alors je crois en la mort comme un échappatoire, le seul possible.

Savez-vous qu'ici personne ne regarde les informations de l'extérieur ? Pourtant c'est l'une des rares choses permises et tout le monde s'en désintéresse pour la seule raison que personne ne croit réellement sortir. Il n'y a pas longtemps je m'y suis attardé et quelle joie. Nous nous enfoncions dans les retranchements de la cruauté humaine, des guerres, du racisme, des ghettos... Heureux qu'il est de ne plus être là, j'aurais aimé tomber avec lui. Nous sommes si puérils. Je ne dis pas que courons vers une mort certaine, les générations à venir ont peut-être une chance, derrière cette invasion d'adolescent à la quête de gloire sur Internet se cache peut-être certains intellectuels, le destin est hasardeux et plein de surprise. Sauf une, la sortie de ce pensionnat maudit, de cette cage à rats.
La chaleur caressait ma peau pâle, une pluie d'or s’immisçait entre les arbres. J'admirais mon corps, mes courbes, mes cheveux. Ne sommes nous pas des œuvres d'arts ? L'être humain est une machine si complexe... Je n'ai pas pris de pilule depuis dorénavant une semaine et mon corps ne cesse de me le signaler. Tout mes membres étaient endoloris, des courbatures. Ah et n'oublions pas des douleurs atroces et aléatoires puis oui, la dépression. Je n'en dors plus, je m'allonge dans mon lit, les yeux grands ouverts et je pense, je réfléchis. C'est ainsi que j'en suis venue à toutes ces conclusions, tout ces choix. Je pense à lui et je pense au pensionnat. Il m'arrive aussi de voir des choses, rien que la nuit derrière j'étais seule dans la cave ( sans raisons valable ) et j'ai vu un ras de marée de rats affreux aux yeux rouges et perçants. J'ai hurlé d'un cri assourdissant et j'ai fermé les yeux. Une fois rouvert il n'y avait rien, rien que moi et cette terreur qui m'emplissait les côtes.

La nuit tombait doucement et l'air frais s'était levé. La douce chaleur d'été faisait place à l'air revigorant nocturne. On m'avait déjà prévenue qu'il ne fallait pas s'aventurer près de la forêt la nuit. Je m'éloignais donc et marchait machinalement, les pensées ailleurs quand une pluie soudaine s'abattu. Je fis volte-face et m’enfonçais dans le parc en direction du temple. J'ouvris les grandes portes en entra dans l'enceinte. Ne m'acceuilla qu'un silence calme et reposant. Le néant. Aucune présence humaine. Je m’avançais à pas de loups, par peur de déranger quoi que ce soit. Dans ma jeunesse je suis allée à l'église. C'est étrange comme souvenir, ma mémoire est si sélective. Des choses s'effacent et d'autre futiles ou non restent là comme gravées dans la pierre. C'était ma mère, dont le visage floué est méconnaissable, qui me tenait la main dans l'enceinte, j'observais les grands vitraux colorés et j'adorais le bruit résonant de mes ballerines contre le parquet. Nous nous étions assise sur un banc, toutes vêtues de noir. Je ne sais pas qui était dans le cercueil ce jour là mais ce fut la seule fois où je suis partie à une église.
Je n'ai jamais vraiment cru en Dieu et me retrouvais dans un temple me mettait étrangement mal à l'aise, ici il n'y avait aucun vitraux colorées et aucune main pour tenir la mienne. Il n'y avait que de grandes colonnes érigées vers le ciel, des dorures un peu partout et aucun Dieu significatif. Pourquoi croire en un Dieu ici ? Nous sommes enfermés, séparés du monde et doté d'un étrange pouvoir. Je ne vois pas ce qui, de plus surréel, permettrait de dénier l'existence d'une entité supérieure. Enfin bref, plus je m’avançais plus je me plaisais à me dire que la seule chose en laquelle je croyais c'était la vie et la mort. Quelle autre entité me serait-utile ? Ma robe blanche me faisait passer pour une sainte et ma chevelure rousse contrastait avec celle-ci. Je m'assis à genoux, fixant le plafond de mes yeux cernées. Je n'avais jamais été aussi fragile que ce jour-là, j'étais au bord du gouffre mais j'étais heureuse et il fallait bien en remercier quelqu'un. Alors je remercierais le tout et le rien. Je remerciais ce qui existe et ce qui n'existe pas. Je leur demandais avec toute ma volonté de bien vouloir m’accueillir où qu'il soit et de prendre soin de lui. Je leur demandais leur miséricorde, je leur avouais avoir dénié toute existence d'un être supérieur. Je faisais paix avec moi-même puis dans un chuchotement soupirée je les remerciais.

« Merci. »
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MessageSujet: Re: La marionette de Dieu   Lun 20 Juil 2015 - 15:38

Si, un jour, l’être humain était né de poussières ; si, un jour, l’être humain avait renié les règles ; si, un jour, l’être humain avait avancé pour survivre, aujourd’hui, il naît d’une mère, il crée ses lois et il avance pour découvrir. Tant de générations passèrent sous le nez de nos ancêtres et, tandis que, représentés par des petites lumières étouffées dans la nuit, ils chassent dans les cieux les mauvais souvenirs de leurs vies, nous nous tenons là, vêtus de soi ou de laine, en les observant, en les reliant, en les nommant par groupe et par forme jusqu’à aboutir à plus d’une centaine de constellations - en se disant qu’autrefois, il craignaient les lions et que maintenant, ils sont fiers de voir ces lions dans des cages, seuls, affamés, vide d’envie, d’amour, de détermination […] pendant que nous nous amusons à prendre en photo leurs têtes de prisonniers, leurs crinières devenues jouets, leur instinct parti en fumée.

Ensuite, que croire, qui croire, pourquoi croire lorsqu’on a tout entre nos mains, autant la vie de plusieurs êtres vivants que la vie de la Terre entière ? Sommes-nous sûrs que nos ancêtres sont si différents de ce qu’ils sont devenus ? Pourrait-il y avoir le moindre lien qui, intact, ait réussi à traverser le temps pour nous le prouver ?
Car, justement, croire est une déviance de la psychologie humaine qui prétend avoir besoin de preuves ; non, croire, c’est être le seul à voir une force. Car Dieu est une force qui fait la bonté et la justice ; car Satan serait celle qui fait la cruauté et la soumission. Car le Big-bang est une force qui a créé l’univers ; car le Big-Crunch serait celle qui le détruira. Et pendant ce temps, personne ne sait, personne n’a montré, que quoi que ce soit de tout cela est vrai. Pourquoi ?
Parce que chacun croit.

Endless croyait en ce rêve étourdi ; il croyait en sa présence dans ce bâtiment comme il croyait en son ami imaginaire qu’il croyait perdu.

C’était lugubre. Une sensation aussi repoussante que charismatique avait envahi ses entrailles et plus il avançait, plus il voulait se retourner et s’acharner sur la porte, la taper, lui arracher le poignet, quitte à se blesser ou mourir contre elle - et le premier qui passerait verrait son corps comme il verrait un lion en cage, il verrait dans ses yeux le courage détruit par le langage de l’âme, piétiné par la peur de pourrir sur place, dérangé par les pensées d’un prisonnier exécuté par ses propres actions car il se trouvait entre la rébellion et l’acceptation […] sans qu’il n’eût réussi à choisir ; puis ce premier s’enfuirait, de peur que cette folie ne s’empare de lui, car une maladie qui a tué n’est jamais partie bien loin si elle n’a pas été éradiquée.

C’était horrible. Plus il visitait, plus le désespoir transformé en habile singe grimpait sur son arbre. Une fois au sommet, il crierait, il hurlerait devant ce vaste monde inconnu avec l’horizon en tant que seule limite alors qu’il n’y ressemble point.

Et que c’était triste d’avancer là où il aurait dû se délaisser, de se faire avaler tout cru par chaque couloir sombre qu’il pénétrait, de continuer à espérer de voir Sherkan quelque part, de voir sa petite touffe rousse apporter de la couleur au beau milieu de ce malheureux décor – et sans doute qu’au fond il maintenait son rythme afin de garder cet espoir, cet espoir étant sa seule raison de ne pas s’arrêter : si cette ronde venait à se déformer, Endless serait réellement devenu fou.
Déjà que les notes qu’il avait remarquées au Hall n’inspirait point confiance.

Mais, pour l’instant, tout allait pour le mieux ; il ne se rendait pas vraiment compte de sa situation, simplement perdu dans un étrange bâtiment, simplement seul avec son ami imaginaire, simplement quelque part en attendant quelque chose – un petit oiseau qui tarde à réaliser son douloureux sort maussade, tout simplement ; il tentera de prendre son envol et s’écrasera cruellement sur un rocher, son sang étalé sur le gris attirera les prédateur ; les vautours les plus noirs et hypocrites quant à son odeur fraîche et cadavérique. Pour un intrépide aventurier, cette boucherie serait une délectation morose alors que pour un peintre chevronné au goût excentrique, ce serait un sublime délice.
Pour une fois que la foi n’y est pour rien, comme quoi la conception joue bien son rôle.

Il finit par se retourner en détournant le regard de ce noir qui faisait office de continuation. Par où était-il passé déjà ? Ah, comme si ces derniers évènements ne lui suffisaient pas, voici que la fatigue s’emparait de ses jambes et de son souffle – et puis ! Ces couloirs se ressemblaient tous de toute façon. Alors il ouvrit une porte au hasard ; avec un peu de chance, il tournait en rond. Quel espoir pathétique. Au moins ses prunelles d’ambre se retrouvèrent frappées par un soleil dont il avait oublié la saveur de ses rayons : il était à l’extérieur, restait à savoir où.

Il voyait, par-delà sa vision floue et désintéressée, son tigre le regarder, une mine inquiète collée sur sa bouille de gros félin.

- Either... je suis fatigué.

Endless vit ses oreilles s’agiter à l’entente de son nom. Il le vit s’approcher, s’allonger devant lui et l’inciter du regard à monter sur son dos.
Either est là pour t’aider. Fais-lui confiance, tu auras sans doute besoin de lui… S’il est encore là, c’est que tu es loin d’être véritablement sorti.
Chose qu’il fit, levant la première jambe pour s’installer à califourchon sur son dos avant de se baisser jusqu’à sa tête, attrapant délicatement la fourrure de sa nuque. Endless sentit la chaleur et la douceur d’Either ; il sentit sa fatigue davantage peser, ses tourments le hanter. Soudain, des souvenirs chaleureux lui venaient en mémoire – les seuls qu’il ait pu garder de son tigre quand, autrefois, il jouait et parlait avec lui.
Et il se rendit compte qu’Either lui avait manqué.

Quand Either se mit à marcher, Endless dormait. Son visage sembla cette fois paisible ; rien ne représentait mieux la paix qu’une personne endormie si ce n’était la mort. Voir des traits naturels et des yeux fermés sur les problèmes menait à croire qu’il n’en avait jamais eu. Le sommeil est probablement le point principal qui lie un enfant à un adulte : quel que soit l’âge, il rajeunit et rend mûr, il façonne, répare, protège.

Ce fut une pluie qui le réveilla bien plus tard accompagnée d’un lourd frisson et de tremblements de froid, mais il ne bougea pas pour autant. Seule la pluie parvenait à son ouïe ; ni ses pensées meurtries, ni les folies du bâtiment ne le dérangeaient désormais. Même qu’un temple les attendait, portes grandes ouvertes et, foulant son sol en descendant de sa monture, encore à moitié endormi, Endless remarqua les décorations muettes. Un temple neutre, ou peut-être mixte, avec, plus loin, une jeune femme qui faisait ses prières sur un paysage réparateur - une ambiance mélancolique et, pourtant, magnifique.
Les notes du hall n’ont donc pas été écrites par un fou... mais par d’autres prisonniers ?

- Merci, disait-elle.

Et Endless s’approcha, ses chaussures claquant sur le sol à chacun de ses pas. Il s’arrêta derrière elle, fixant un point devant lui d’un air absent. Oublions donc ces futiles exclamations de terreur. Un moment de répit.
Either s’était assis à ses côtés pour observer de plus près la jeune inconnue de ses yeux ambrés.

- Sur la gloire du passé, dit-il doucement, puis il ajouta normalement : Que la révolte puisse un jour nous mener à la mort digne d’un chevalier si nous ne méritons pas la liberté de notre corps.

Sur quoi il resta dressé, immobile dans sa chemise et son pantalon noir à peine trempés par l’averse.
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MessageSujet: Re: La marionette de Dieu   Dim 9 Aoû 2015 - 20:30

C'était Nana dans le cercueil, c'était Nana le corps froid et rude contre le bois.
Ma vie n'est qu'un terrain de jeu pour une existence  en laquelle je ne crois pas. Ce n'est qu'une plaisanterie dont il choit le destin. Ce n'est qu'un être abominable insensible aux plaintes de ces propres créatures. C'est un destructeur, un tueur en série. Il a commis un crime contre l'humanité, il l'a créé. Ce n'est pas comme dans les livres, comme dans le grand recueil cuivré qui trônait sur l'étagère pleine de poussière de Nana. Je me rappelle encore Non ce n'est pas un roman Haïder, c'est la Bible et tu dois y croire c'est arrivé. Elle me regardait avec ses yeux plein de vie mais dont la lumière s'éteignait peu à peu, la pupille pâle comme l'eau translucide et des rides porteuses d'histoire. Je n'y ai pas prêté attention à ses paroles, je me suis dit que ce n'était qu'une histoire pour garder les enfants sages, leur faire peur et j'ai compris plus tard que cela marchait aussi avec les adultes. Combien de temps a-t il gardé le silence ? Combien de fois nous a-t il ignoré ? Je lui ai demandé de garder Nana vivante encore une année, elle qui allait toutes les semaines à l'église. Je lui ai dit de garder Dylan en vie, lui qui priait chaque soir. J'ai les genoux encore écorchés par toutes ces prières, j'ai les joues encore creusés par les larmes et j'ai toujours ces deux robes noires dans ma penderie, ces robes noires porteuse de mort que la lumière ne saurait atteindre. Il m'a trompé, parjure qu'il est à nous faire croire , nous tous, qu'il est bon et sensible. Je ne peux le pardonner, je ne peux omettre ces péchés. Mes genoux me font trop mal, la douleur persiste et ne saurait disparaître : elle me tourmente, cauchemar d'une vie qui n'est plus la mienne mais celle d'une autre dorénavant dont le sein n'était pas aussi malade. Elle avait un cœur. Le mien est sec, arride. Cruel qu'il est de m'avoir jeté dans ce morceaux de viande, une âme candide et innocente.


Je ne crois qu'en la Vie et la Mort, deux seules choses qu'on ne peut omettre. On se soumet à elle, on les attends la peur au ventre, le cœur serré, la langue pâteuse. Elles nous étreignent d'une force dont on ne peut s'échapper qui y a-t-il de plus puissant que ça ? J'en suis venue à une conclusion, nous ne sommes que des offrandes. La Vie nous façonne, nous modèle avec la joie et le malheur, avec l'affection et la solitude puis elle nous offre à la Mort en tant que présent de son amour. La Mort si heureuse de ses cadeaux ne les relâche jamais. Dylan m'attend dans ses bras, il m'attend avec Nana et je serais heureuse de les rejoindre. C'est la seule solution car coincé entre une existence qui ne mène à rien que la mort ou bien un dieu qui ne pardonnera pas mes péchés et ma foi inexistance. Sinon pourquoi vivre si ce n'est pour être que ce corps froid dans une boîte et dont la seule trace est une pierre érigée vers le ciel où parfois ose s'y attarder quelques fleurs, quelques oiseaux mais au final si seule et désolée.
J'ai ce goût amère dans la bouche, la sensation de fatalité. Je ferme les paupières délicatement et je réalise au son de son existence qu'un homme est là. La sensation d'un souffle, d'une chaleur corporelle. Puis ses pas, ses souliers claquant contre le sol et au loin, plus loin un bruit animal qui m'était méconnu. Je croisais les doigts pour que ce ne soit pas une vrai bête mais plutôt nos "bêtes étranges" de compagnie.


-    Sur la gloire du passé, dit-il doucement, puis il ajouta normalement : Que la révolte puisse un jour nous mener à la mort digne d’un chevalier si nous ne méritons pas la liberté de notre corps.


Je détournais le regard vers lui il était là debout, derrière moi à peine mouillé par la pluie torrentielle. Lui aussi était venu chercher un abri entre ces murs, mais qu'est ce qui nous protège de la vie ? De la nature ? Ce ne sera pas ces murs, ce ne sera pas notre gloire ni notre liberté. Oh que non, il n'y aura rien que nous même. Nous nous basons sur des ressentiments afin de fonder notre idéal d'un monde, d'une vie mais qu'est-ce au final ? Ce sont des noms que donnent les hommes pour se satisfaire, se réconforter dans l'odeur suinte de leur ignominie. Ce ne sont que des labels mais pourquoi nommer l'inconnu ? Pourquoi essayer de comprendre la logique humaine ? Je préfèrerais être candide, naïve mais heureuse  sauf que je suis un homme aussi putride que tout les autres et j'ai cherché à être digne. Combien d'années ais-je perdu ainsi ? Seule et abandonnée, désolée de toute affection voilà ce que j'ai récolté.


- Les chevaliers n'ont rien de digne. Combien ont protéger le faible et l'innocent ? Moindre. Combien de chevalier  ont défendu un dieu souillé, muet et sourd face aux prières de ces même ? Beaucoup. Les innocents et les faibles sont les seuls à avoir péri sous l'épée d'un chevalier. Il n'y a rien de digne à mourir ainsi.


Je regardais droit devant moi et ma voix était si neutre et placide qu'il fût impossible d'y trouver une once même de compassion. Soudainement je vis une lumière blanche au loin qui se baladait tranquillement entre des colonnes. Puis elle se rapprocha et je reconnus à sa forme Shavraska. Elle se posa sur mes cuisses frêles et émis un bruit de satisfaction ainsi installée. Un sourire innocent se dessina alors sur mon visage comme si sa place fût toujours là, à l'attendre. Je m'essuyais le nez puis carressait le pelage nuageux et angélique de Shavraska machinalement. J'étais si heureuse de la voir, rare étaient ses occasions. Elle n'était pas comme les autres, affectueuses et collantes. Loin de là elle ne me cherchait pas dans les couloirs, elle eût connue l'affection mais ses blessures n'étaient pas cicatrisé. Elle aussi ne savait pas aimer.
Je vis une ligne pourpre contrastant la blancheur de son pelage, juste là ou j'avais passé mes doigts. Je les regardais alors et remarquait le sang sur mes ongles, sur ma main. Je retouchais en dessous de mon nez délicatement. Je saignais du nez, deux traînés carmines sur la pâleur de mon visage et Shavraska était tachée. Je n'avais pas de mouchoir et je n'allais tout de même pas m'essuyer avec ma robe blanche. Je me suis rappelé que ce matin par peur d'être enrhumé j'avais prévu de prendre des mouchoirs. Je sortis donc de mon soutien-gorge un mouchoir préalablement installé et je m'essuyais puis j'essuyais Shavraska mais il restait encore quelques traces sur son pelage innocent.
Puis je me suis rappelé de l'homme et me suis relevé, Shavraska collée contre ma poitrine. Je m'apprêtais à faire demi-tour et sortir d'ici. Cet endroit me rapellait la mort et la désolation de tout mes êtres chères. Quand soudainement je croisais son regard ambrée et cette silhouette que je ne connaissais pas... Un nouveau. Cela faisait longtemps que le pensionnat n'avait pas joué de ses facétieux tours pour nous ramener de quoi jouer.  Partir si tôt serait du gachis, je n'allais tout de même pas offusquer le destin de me l'avoir amené ici. De plus la pluie torrentielle fait toujours rage et Shavraska n'aurait pas grandement  apprécié la pluie. Je soupirais doucement avant de déposer Shavraska à mes pieds.


- Tu sais, disais-je doucement en me relevant, les individus avec la foi prient pour un monde meilleur et plus égaux où les pauvres, l'injustice, le malheur n'existeraient plus pendant que les intellectuels œuvrent afin de réaliser ce projet. Le monde est naïf.


Puis je m'approchais de lui j'ai posé ma poitrine contre la sienne, ma main passant dans sa nuque et j'approchais mes lèvres de ses oreilles. Je sentais son souffle, sa poitrine qui se relève, son coeur qui bat puis je lui sussurais à l'oreille :


- À ton avis lequel a raison ?


J'ecartais alors mon visage et j'emis un petit rire délicat pas comme celui avec Valmont. La situation n'était pas la même, premièrement je ne suis pas sous l'effet des stupéfiants et deuxièmement je ne cherche rien de lui, ni le séduire ni le rabaisser. La seule chose que je souhaite c'est m'amuser. Mes doigts glissent délicatement contre sa nuque et quittent leur emplacement,ma poitrine s'éloigne de la sienne et je recule de quelques pas, le sourire aux lèvres comme un enfant qui vient de jouer un mauvais tour.


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MessageSujet: Re: La marionette de Dieu   Jeu 13 Aoû 2015 - 21:30

La paix, et c’est ainsi que l’on nomme ces courts moments où le monde s’éloigne un peu, nous laissant souffler sur notre conception des mots que l’on prendrait pour un vent ni chaud ni froid, qui ne ferait que passer par là car c’est son chemin – car ce champ de blés dorés, pourtant couchés sur son passage, est sur son chemin. Simplement de quoi se reposer un peu et revoir notre jugement, ou plutôt de quoi occuper son esprit que l’on croirait trop calme pour vivre. La paix n’est qu’une illusion ; elle ne sert qu’à aider les plus calculateurs pour donner quelque chose à protéger aux plus enthousiastes, ceci ne trouvant plus rien à faire. Mais, regardez ; la fin d’une guerre n’a jamais apporté la paix ! Et probablement que la paix n’est que le nom que l’on donne à l’absence du temps, quand rien ne se passe – au pire des cas, on n’entendrait qu’une mouche voler sur un jardin baigné d’eau pure tandis que tout avance […] bien loin de nous. Endless se surprit à y croire plusieurs fois sans pour autant s’en étonner. La nature humaine, se disait-il. Elle a fait de nous des prisonniers d’une mentalité locale. C’est comme lorsqu’on dit que la normalité d’un fou est anormale pour un habitant extérieur de l’asile. Et, au fond, ce n’était qu’une excuse pour ne pas se sentir paradoxale.

Mais encadré par ces murs, par cette faible lumière du mauvais temps, par cette lueur nostalgique imprégnée d’un triste gris, Endless ne trouvait aucune autre expression, alors il se disait qu’il était en paix. Des prunelles ambrées fermées intérieurement – et temporairement – sur tout trouble, les deux oreilles qui n’écoutaient que le clapotis de la pluie, le toucher bercé par ses vêtements, l’odorat probablement éteint. Des pensées virevoltantes sans buts précis dans un lieu dont il ne connaissait aucun recoin. Des souvenirs flous enfouis dans le sol de son envie ; il ne devait pas s’en rappeler, il ne voulait pas briser cet instant si désirable qu’il n’avait découvert qu’en franchissant les portes de ce temple, là où le temps semblait n’avoir aucun effet sur sa propre-conscience. Il n’avait plus à se soucier de qui le regardait, de qui le soupçonnait d’avoir tué la joie à cause de sa richesse et de son air flegmatique. Il se disait qu’il s’était forcément endormi et que, dans sa chambre, Sherkan veillait sur lui en observant ce visage enfantin dans lequel chaque adulte aimerait se voir : ce visage peu soucieux aux expressions sans anesthésie, sans failles, sans mensonges.

Rien ne représente mieux la paix qu’une personne endormie.
Je ne dors pas, je ne suis pas en paix.

Et, bien vite, la paix s’en alla à battement d’ailes blanches. Endless se revit légèrement mouillé dans ses vêtements, les paupières légèrement lourdes à cause du somme qu’il s’était permis, preuve qu’il ne dormait pas, preuve qu’il vivait bel et bien. Il se rappela du sourire de Sherkan qui manquait à cette pièce, de la musique berçante d’un piano, de la composition d’un musicien qui transmettait sa douleur à travers de simples notes.
C’était un torse bien fait qu’il avait là ; un torse avec des poumons remplis d’air mélancolique et d’un cœur qui battait uniquement grâce à un espoir aussi futile qu’utile.

L’inconnue répondit à son énonciation.

- Les chevaliers n'ont rien de digne. Combien ont protégé le faible et l'innocent ? Moindre. Combien de chevalier ont défendu un dieu souillé, muet et sourd face aux prières de ces même ? Beaucoup. Les innocents et les faibles sont les seuls à avoir péri sous l'épée d'un chevalier. Il n'y a rien de digne à mourir ainsi.

Alors soyons ces chevaliers qui protègeront le faible et l’innocent.
Endless posa un regard sur elle. Ses paroles laissèrent croire qu’elle avait déjà perdu toute trace d’espoir – qu’elle était cette étoile morte que l’on voit encore grâce à ses rayons et à la distance qui nous sépare d’elle. Avait-elle, un jour, été cette belle étrangère que l’on croisait au détour d’un chemin de terre ? Sa voix pouvait-elle crier sa joie, autrefois ? Etait-elle de ceux qui avaient transformé cet endroit en routine ? Oh, ma pauvre, ton esprit aurait-il décidé de faire d’ici ta maison ? Là où tu n’es pas seule, avec ton ami qui vient d’arriver ? Là où tu entends tes différentes réflexions n’importe où tu vas ? Là où tu te vois où tu es, en partie car tu l’as mérité ? Jusqu’à ce que cet endroit te transforme, t’arrachant à tout ce qui différenciait cette prison de l’air libre de la veille ?
Ah, demoiselle, voilà que tu saignes.

Endless ne bougea plus, l’observant se nettoyer comme elle essaya de nettoyer son ami le lapin. Des tâches de rouge sur du blanc. Ce sang sur de l’innocence. Ah, comment pouvait-on se dire en regardant cette femme qu’elle aurait fait du mal ? Elle, vêtue de blanc, se débarrassant de ce qui pouvait la tâcher ; elle qui, de son mouchoir, nettoyait son ami de son sang.

Elle finit par se lever. Endless croyait qu’elle comptait partir jusqu’à ce qu’il plonge son regard dans le sien, un contraste étrange qu’il n’arrivait pas à cerner. Elle émit un souffle que l’on adresse à la fatigue – de soi, du corps, de la perte ? – et donna une nouvelle fois des mots sans qu’on en sente les sentiments :

- Tu sais, les individus avec la foi prient pour un monde meilleur et plus égaux où les pauvres, l'injustice, le malheur n'existeraient plus pendant que les intellectuels œuvrent afin de réaliser ce projet. Le monde est naïf.

Puis elle posa son lapin à ses pieds et s’approcha de lui d’un air naturel, le prenant contre elle. Endless sentit l’air qui circulait à ses narines chatouiller ses oreilles avant qu’il ne vienne d’autre part – de sa bouche, sans doute.

- A ton avis, lequel a raison ?

Après quoi elle se retira, un tout autre visage affiché. Un sourire. Des yeux plissés par un sourire, plutôt un rire. Ca ne correspondait pas à ce qu’elle disait. Différentes facettes, pensa Endless pendant que ses doigts quittaient sa nuque. Différentes facettes. Je me demande si tu sais qui tu es. Mais il était bien, ce sourire. Il était bien, ce rire.

- J’aurais aimé savoir si tu étais en colère… ou déçue, dit-il sans lui répondre, encore. Ton rire me perturbe, il contraste avec tes paroles qui, elles-mêmes, se nouent.

Et alors qu’Either se décida à s’approcher, son attention revint sur ce point invisible qu’elle semblait contempler plus tôt.

Lequel a raison ? De qui parlait-elle ? Entre la force auquel certains croient et ceux qui croient ? Entre ceux qui ne font qu’espérer et ceux qui déchaînent leur haine, prétendant être conscients que ça ne sert à rien ? Entre la lumière, sans quoi l’obscurité n’existerait pas, et l’obscurité, sans quoi la lumière n’éblouirait pas ? Ou bien était-ce entre elle et ce monde naïf dont elle parlait assurément, de sa voix plate tel qu’un avocat se doit de l’avoir pour défendre une cause.

- Lequel a raison… (Either vint s’asseoir derrière lui, observant de ses yeux ambrés l’inconnue.) Entre espérer et agir ? De là où je considère que les chevaliers auraient mérité leur nom par leur dévouement… c’est à se demander s’ils espéraient, eux aussi.

Ce n’étaient que des pensées énoncées à voix haute par étourderie. Un signe qu’il réfléchissait encore lorsque ses prunelles d’ambre se reposèrent sur l’inconnue, lorsqu’il eut envie de faire disparaître ce sang – et que son nez se serait peut-être mis à couler, lui aussi, si ça n’avait pas coagulé.
Et, au final, il ne répondit pas, ne se rendit pas compte qu’il n’y pensait déjà plus. Son regard s’était perdu, un poème prenait sa forme - Le chevalier espérait-il ? et telle était la question. Le chevalier croyait-il ? et le reste tournait en rond.

- Entre un monde naïf et une prisonnière de cet étrange endroit ? Si ça ne tenait qu’à moi, la question n’aurait sa réponse qu’une fois plusieurs pensées notées. Une petite fille, bien que naïve, espérerait sauver sa mère en éradiquant la maladie, ce qui paraît stupide quand on est plus âgé et restreint, et que l’on connaît bien plus de choses qu’une petite fille. (Et il rit en détournant le regard :) Excuse-moi, ça n’a aucun sens, je me perds tout seul. C’est la fatigue.
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MessageSujet: Re: La marionette de Dieu   Lun 23 Nov 2015 - 17:31

[size=37]-[/size][size=37]    [/size][size=37]J’aurais aimé savoir si tu étais en colère… ou déçue, dit-il sans lui répondre, encore. Ton rire me perturbe, il contraste avec tes paroles qui, elles-mêmes, se nouent.[/size]

[size=37]Qui es-tu ? [/size][size=37]Un murmure dans le vent, rêveuse me nommait-on mais est-ce ma faute si je préfère la compagnie des étoiles plutôt que celle ici-bas ? Est-ce ma faute si la liberté m'attire plus que ces portes fermés ? J'aspire à autre chose, j'aspire à ce que les yeux ne peuvent voir, à ce que les oreilles ne peuvent entendre. Un monde sans matière, un monde sans limite où il faut voir avec le cœur et entendre avec l'âme. Mes rêves sont doux et chaud comme une pâtisserie au miel qui fond sur la langue tandis que la réalité c'est comme cette pluie qui s'abat, bref et fataliste. J'ai le sourire d'un enfant rêveur et les yeux d'une femme aigrie par la réalité. Mon visage ment, ma langue pointue et longue de serpent ne prononce que perfidie mais mon rire trahit cette lumière sous les décombres. Une antithèse en personne de quoi ravir les poètes en manque de muse...[/size]
[size=37]Quand est-ce que mon innocence est morte ? J'aurais du me battre mais cette chose horrible et terrifiante, cette.... réalité. J'en ai oublié l'espérance, l'innocence. Je ne me rappelle plus du jour où le monde était à ma portée illuminé d'une lumière pâle et douce. Dorénavant je suis aveugle dans un monde obscure et tout me semble si loin, si bas dans les entrailles de la terre. L'odeur des fleurs n'est plus candide mais suinte, le bonheur ne s'attarde plus dans mon cœur. Comment ? J'en ai mal à la poitrine et mes poumons sont vides, à quoi bon faire vivre une morte ? Je n'en sais plus rien et ce sourire d'enfant ne disparaît pas, comme une cicatrice de ce que j'étais avant toi, avant vous, avant tout.[/size]
[size=37]J'aurais aimé murmurer au vent. Il serait passé par delà ces murs et m'aurait raconté les histoire de par delà le monde, il m'aurait décrit le désert brûlant, il m'aurait parlé des étendues blanche d’Alaska et des peuples en Amazonie. J'aurais voyagé au doux son de son murmure et un jour alors que le soleil embrassera la terre et que j'aurais abandonné l'espoir de m'enfuir il viendra m'emporter avec lui pour me montrer ce monde qu'il me décrivait.  Je serais aux côtés des oiseaux et je toucherais les nuages des doigts.. Mais je ne parle pas au vent et les nuages sont bien loin de ma portée. Chaque brise est plus nostalgique que la dernière, elle me remémore ce désir ardent d'une vie par delà ces cloisons. J'essaye de m'envoler mais le fardeau de mes regrets m'en empêche. J'ai tellement de poids sur les épaules que je m'enfonce dans le sol. Un jour il m'avalera et le vent que j'aimais tant ne m'atteindra plus et cette chimère d'une vie meilleure dans les cieux s'éteindra. En attendant je ne saurais lui répondre, suis-je ce rire lumineux ou ces paroles que la lumière ne saurait atteindre ? Mon regard se perd et une douce mélancolie me prend. [/size][size=37]Qui suis-je ?[/size]

[size=37]Il parlait et ses mots semblaient si léger, si candide. Il avait cette voix qui ne prononçait que de belles choses, cette voix d'enfant de chœur dont les mots pures volent dans le vent. Il est cette chose que j’étais mais dorénavant détruite par la réalité, cet enfant dans mon cœur qui se meurt au fur et à mesure des jours, cette lumière imperceptible par mes yeux d’aveugles. Sa voix me déchire les tympans, à sa vue mes yeux pleurent du sang. Je souffre de son souvenir, lui l’âme pure et moi l’ange aux ailes brûlés par le désir. Mon regard se perd dans ce temple et je sens une faille en moi, mon âme caresse l’Éden et mon cœur se trouve damné. Je suis bipolaire des sentiments, maladroits et incongrues. Entre mal et bien, entre raison et anarchie je balance mais à quoi bon choisir ? Je n’ai pas choisi de choisir. J’ai toujours voulu être l’entre deux : une fille sans en être une, aimer la vie et la haïr, être gentille mais assez haïssable…  [/size]
[size=37]Je veux être tout, je veux être rien.[/size]

[size=37]Je regardais les traces pourpres sur mes doigts et il me semblait être loin, si loin… Était-ce à cause de la douleur permanente ? Des retombées de la drogue ? Je ne savais pas. J’ai relevé mon regard et ses yeux ambrées se sont détournés, il avait conclu ses pensées par un rire si naïf et candide. J’en souffrais, une douleur lancinante survint dans ma poitrine. Sa vue me remplissait d’une jalousie atroce et inconditionnée. Je ne devais pas et pourtant… La haine s’installait dans mon bas ventre de manière sinueuse et délicate. Mon cœur battait cependant pour cet être candide, pour sa pureté, il battait au rythme de ma nostalgie. [/size][size=37]Encore une fois qui suis-je ? En quoi je crois ?[/size]


[size=37]Je jetais un regard en arrière observant le temple vide… Puis je me retournais et il me semblait loin, trop loin. Toutes ces questions m’éloignaient de plus en plus. J’étais loin de tout, loin du pensionnat, loin du monde, loin de la réalité. Ma perception se mouvait à la manière d’une flamme dansant dans le vent. Il aurait suffit d’un soupir, d’un murmure et je serais  partie aussi loin que je le puisse. Cependant la réalité s’aggripe à ma cheville comme un nourrisson s’aggripe a sa mère. Enchevêtrée entre ses liens je ne peux m’échapper. Finalement à quoi bon rêver ? Toutes ses chimères… Elle me rattrapera toujours. Elle est le sol qui m’engloutit, le vent qui ne m’atteint pas, les chaînes qui m’empêchent d’avancer. [/size][size=37]Cependant on ne peux pas rien attraper… Entre rêve et réalité. Entre toi et le monde.[/size]


  • [size=35][size=35]On ne peut pas savoir qui a raison, après tout nous n’avons pas le droit de juger. Qui sommes-nous pour nous le permettre ? Tu ne peux pas savoir qui je suis par un simple regard comme je ne peux pas savoir qui tu es. Suis-je heureuse, triste, gentille ou méchante ?[/size][/size]


[size=37]J’haussais les épaules, je n’étais pas désinvolte mais… Enfin je soupirais :[/size]


  • [size=35][size=35]Qui suis-je ? Même moi je ne le sais pas.[/size][/size]
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La marionette de Dieu

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