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 « I want you to be concerned about your next door neighbor. »

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MessageSujet: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Mer 19 Aoû 2015 - 0:55

« I want you to be concerned about your next door neighbor »
Do you know your next door neighbor ?
Mother Teresa




Affalé sur la porte, Gabriel s'étonna encore de la sentir pivoter et de s'écrouler sur un sol contre lequel le bout de ses doigts gela. Sa joue, posée contre une moquette dont il distingua à peine le carmin à travers ses longs cils, se redressa en tremblotant tandis qu'une toux importune lui grippa la gorge et l'empêcha un court instant de respirer. Un nuage de poussière plus tard, il posait ses yeux rougis par l'alcool et les larmes sur un hall somptueux qui ne faisait pas parti de la décoration de sa maison – ciel, où était-il tombé ? Critique malgré tous les verres qui lui étaient passés entre les mains, sa pseudo-réflexion fut coupée nette par ses paumes moites qui glissèrent contre le parquet et le renvoyèrent aussi sec nez dans la moquette. L'envie de pleurer n'étant toujours pas passée, il roula sur le dos avec un hoquet plaintif.
Mais pourquoi j'arrive toujours à empirer les choses, hein ? Comme si c'était pas déjà assez compliqué comme ça...

Un lustre scintillait à quelques mètres au-dessus sa tête, et il crut le voir bouger avant de se rendre compte que sa propre vision devenait floue. Il tenta de se remémorer la soirée, puis la route, les maisons qui s'alignaient en ordre devant les pelouses parfaitement tondues et – c'était sa boîte aux lettres, non ? Sa maison, son jardin, les mêmes fenêtres devant lesquelles il passait depuis toujours. Même s'il ne faisait pas confiance à sa mémoire avec un verre en trop dans l'estomac, il y avait des images et des visages qu'il n'arrivait pas à chasser de sa mémoire ; même amnésique, il ne s'imaginait pas oublier les dalles blanches menant jusqu'au perron où, quelques fois, la factrice faisait la discussion à sa mère. Ses paupières lourdes chassèrent le picotement qui l'avait pris en traître aux yeux et fait couler une larme le long de sa tempe. Il devait être chez lui, s'il avait tapé à la bonne porte. Alors pourquoi...

A travers le tam-tam entêtant des battements de son cœur, Gabriel entendit une porte claquer, puis une autre, sans saisir pour autant le moindre éclat de voix. Comme si des fantômes silencieux se déplaçaient à travers les pièces, il ne vit aucun talon passer dans son champ de vision. Sans avoir la force ou l'envie de se redresser, il pencha un peu plus la tête pour distinguer l'ombre des deux imposants escaliers, lesquels rejoignaient une espèce de palier qu'il ne pouvait que deviner. C'est beau, songea-t-il sans s'inquiéter une seule seconde, c'est comme dans un vieux château.
L'alcool n'ayant pas terminé sa croisière à travers ses veines, la peur d'être pris en flagrant délit de violation de propriété privée ne l'incita pas à presser la clenche de la porte, depuis longtemps refermée. Il attendit là, étalé de tout de son long, qu'on vienne briser la tiède méditation qui s'était emparée de ses paupières mis-closes ; les gravures lui donnaient l'impression d'être retourné quinze ans en arrière, sur la table de chevet où reposaient les livres que sa mère lui lisait le soir. Des histoires fantasmées de princes, de dragons et de princesse, qui auraient facilement pu prendre vie entre ces murs.

S'il était tombé au Pays des Merveilles, pitié, qu'on ne le réveille plus jamais. Tu savais pourtant que la vie serait dure, Gabriel. Décidément, t'as pas de chance.
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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Ven 4 Sep 2015 - 20:08

Cyril n'était pas idiot. Du moins pas autant qu'il le prétendait souvent et, en tout cas, certainement pas autant qu'il aurait aimé l'être. Certes, il ne gagnerait jamais de prix Nobel ou de concours quel qu'il soit, n'aurait jamais les meilleures notes de n'importe quelle classe où il aurait pu vouloir s'inscrire ; il aurait toujours besoin qu'on lui répète plusieurs fois les trucs un peu compliqués et prendrait rarement le temps de les retenir. Mais il n'était pas bête. Il savait comme la vie fonctionnait, comment les autres fonctionnaient, aussi – il savait interpréter et déduire, aussi sûr qu'il ne comprendrait jamais que se jeter d'une fenêtre au premier étage n'était vraisemblablement pas prêt de le tuer pour quelques raisons obscures.
Ou pas si obscures, en fait. Il faisait juste en sorte de les coincer dans le noir vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Entre intelligence et bêtise, le jeune homme avait décidé de croire que son corps se régénérait comme le pire des crétins. Ce n'était pas suffisamment important pour qu'il cherche à faire des tests pour vérifier ça, alors il n'en serait jamais tout à fait sûr, sans doute. Mais quand il s'en rendait compte, parfois, après une coupure ou un choc un peu brutal –
Ça l'énervait tellement, tellement ; et il ne saisissait pas, et ça l'énervait encore plus, alors ça le rendait triste et il ne savait plus quoi faire.

Pas que ça change beaucoup de d'habitude. D'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais su quoi faire.

A demi-chaussé, cheveux encore humides d'une douche récente, le jeune homme avait déjà failli se prendre les pieds dans deux bestioles non-identifiées lorsqu'il arriva enfin à passer la porte menant au hall. De son inattention chronique à la vivacité de certains AEA, difficile de dire qui était le plus en tort ; mais vu le regard que lui lança Petit Prince quand il dut rouvrir le battant (qu'il venait de lui claquer au nez), pas besoin de deviner son avis sur la question.
Comme Cyril n'écoutait jamais son fourmilier, ça n'avait pas grande importance non plus.
Ça n'aurait pourtant pas été une mauvaise idée, loin de là. Il était toujours de bon conseil. Un vrai garde du corps rempli de qualités parentales qu'il passerait probablement toute son existence dans ce pensionnat à nier encore et encore et encore et encore. Ce n'était que de la méchanceté gratuite et de la jalousie, en plus. Il le savait. Il n'aimait juste pas se rendre compte de ce qu'aurait pu être sa vie autrement. S'il avait eu cette sale bête sur le dos nuits et jour, en plus de Justin, ça aurait peut-être pu le faire bouger.
Peut-être.
Mais il avait volontairement claqué la porte sur son ami et même s'il l'avait rouverte ensuite, il n'était pas prêt d'admettre quoi que ce soi.

Le lait avait tourné et Justin, il ne le reverrait pas.

Chaque marche défila sous ses pieds comme une insulte à ses grandes jambes. Son jean un peu déchiré balayait le sol comme il frottait contre ses genoux à chaque pas ; neutre et bizarrement plus en forme que les jours précédents, il hasarda même un regard vers son animal de compagnie pour vérifier qu'il le suivait. Descendre les escaliers n'était pas son activité préférée, mais dans la mesure où il était capable de le suivre dans les arbres quand il décidait de s'y percher, ce n'était pas ça qui risquait de le tue- woh woh woh.

Arrêté à un demi pas de la catastrophe, Cyril retrouva heureusement son équilibre sans trop de mal. Et donc sans s'étaler sur le... Type ? allongé là. Sourd aux grognements de Prince, qui était bien parti pour le sermonner sur le fait de marcher sans regarder devant soi, il posa ses yeux bleus sur le garçon.
Mince, il était pas mort, hein ?

« Ça va ? Eh, t'as besoin d'aide ? »

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« Allongé, le corps est mort ; pour des milliers, c'est un homme qui dort.
A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Sam 3 Oct 2015 - 0:58

...

Qu'on lui marche dessus et Gabriel n'aurait pas eu plus de réaction que le tapis qu'on foulait du pied de jour en jour ; pas un couinement ni une exclamation outrée ne passa la barrière de ses lèvres closes, et ses yeux noisettes peinèrent à trouver les pieds de la silhouette penchée sur lui. Champ de vision réduit, cohérence inexistante, il ne pensa pas tout de suite à aller chercher le visage qui allait avec le jean déchiré – histoire de savoir s'il était tombé sur un de ses voisins ou sur l'ange Michel, opportunément apparu pour l’accueillir au paradis. Parce que je suis mort, hein ? La lumière le rendit aveugle un court instant, laissant à ses oreilles le soin d'enregistrer ce que l'inconnu lui disait :

« Ça va ? Eh, t'as besoin d'aide ? »

Il battit des paupières, la pupille encore méfiante, forçant sa nuque à donner de ses dernières forces pour apercevoir le visage couronné de cheveux roux en bataille qui ne lui disait absolument rien, la peau trop laiteuse pour pouvoir vivre dans l'hémisphère sud. Ça devait faire un mal de chien en été, quand les températures explosaient le dernier record de canicule. Compatissant, emmêlé dans ses pensées (peut-être persuadé que ce garçon vivait près de chez lui, au final, et qu'il n'avait pas bougé de son petit quartier résidentiel), Gabriel lui tapota les chaussures, laissant filer d'une voix empâtée, comme mal réveillé ou tout juste éveillé :

« Je sais pas. On est où ? »

S'il était chez lui, pas de problème, il s'en sortirait. S'il était ailleurs, il voulait bien qu'on le ramène chez lui, qu'on appelle sa mère ; et s'il rêvait, il aurait aimé qu'on le réveille. Il était bien, allongé là, face à la lumière et sur ce tapis moelleux. Mais il avait des choses à faire, beaucoup de questions à régler, il ne pouvait pas rester dormir là. Peut-être que les priorités lui revinrent à ce moment-là en tête, puisqu'il tenta vainement de se redresser. Trouvant appui sur des coudes aussi stables qu'un navire en pleine tempête, il marmonna une insulte à l'égard de la migraine qui venait de lui transpercer le crâne et ses yeux qui refusaient d'y voir plus clair. Flou, flou, tout était flou.
Et son esprit dans un tel brouillard, il n'y voyait plus rien. Cecilia...

« Il faut que je sorte, j'ai... J'ai des gens à voir... »

Sortir d'où, et pour aller où ? Tout à coup, le joli vestibule ne lui semblait plus si accueillant et tous les portraits lui faisaient la grimace. Était-ce trop dur à deviner, pour les autres, qu'il se sentait coupable jusqu'à la moelle ? S'il n'osait pas le dire, il attendait qu'on le devine. Mais s'il racontait à l'autre des histoires de cache-cache qui s'éternisait parce que personne ne le trouvait, il n'y comprendrait rien. Il lui ferait peut-être même peur.
Avec bonne volonté (ou ce qui y ressemblait, d'assez près), Gabriel adressa un sourire à son interlocuteur – chez qui il était peut-être entré par effraction. Il n'avait l'air ni fâché, ni fou furieux, ni armé ; il allait l'aider à rentrer chez lui, hein ?

Et il lui offrirait un verre pour le remercier, s'il tenait encore debout. Le lendemain, ou le surlendemain, une fois que tout serai enfin terminé. Enfin.
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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Sam 28 Nov 2015 - 4:23

Le rouquin regarda une main bien plus hâlée que la sienne venir tapoter sa chaussure, pensif. Ouais. Bon. Ce mec était complètement défoncé. Ou ivre, hein – Cyril ne faisait plus la distinction entre l'alcool et les pilules depuis trop longtemps déjà. Les deux laissaient un drôle de goût sur la langue et le palais, les deux faisaient planer, quoi que différemment, et les deux étaient foutument mauvais pour la santé. Même business.
Comme il n'avait de toute façon aucune idée de comment s'occuper d'un type ayant ingéré l'un ou l'autre, pas la peine de chercher plus loin. Ça lui serait pas plus utile que ça de savoir s'il avait abusé de la vodka ou du lait de soja ; il était tout sauf pro niveau sauvetage des grands intoxiqués, malheureusement.
Alors il aurait bien passé son chemin sans plus s'inquiéter pour le bel inconnu, parce qu'après tout il ne s'amusait pas à ramener chez eux tout les gens qui tanguaient un peu trop dans les rues le week end, mais il savait très bien qu'il en aurait été incapable. Le manoir n'était pas sa maison, mais restait quand même plus proche d'une colonie de vacances ou d'une école bizarre que d'une avenue passante. Il y vivait.
S'il avait trouvé quelqu'un affalé sur son paillasson, il ne l'aurait pas laissé crever là.
Donc il ne le laisserait pas crever là.

Enfin. Sauf s'il voulait à tout prix rendre l'âme, parce que, voilà. Il n'était pas médecin.

« Euh... Ça va être compliqué à expliquer de façon genre claire et concise, tu vois » lâcha-t-il après un moment de silence, mordillant consciencieusement sa lèvre inférieure.

Pour être franc, lui-même n'était pas très sûr d'où ils étaient au juste. « Pas là où t'aimerais être », sûrement. Où qu'il pense avoir atterri, monsieur la serpillière n'y était pas. Voilà. A moins qu'il soit très fort et veuille être partout sauf quelque part – mais bref, ce n'était pas vraiment la question – il comptait se relever, là ?
Soucieux de la sécurité de tout le monde, Cyril jeta un regard indécis à Petit Prince, allongé quelques mètres en arrière. Si l'animal avait pu hausser les sourcils, il aurait pu jurer que c'est ce qu'il aurait fait. Pas beaucoup moins raide qu'un bâton, le français se retourna presque à contrecœur vers le nouvel arrivant.

Son sourire le mit bizarrement mal à l'aise. Désolé, vous avez un cancer.

Super génial.

« Bon, en fait, euh... commença-t-il, réfléchissant à toute allure ; l'instant d'après, il faisait un petit pas en arrière pour mieux plier les jambes, accroupi près du supposé mort en sursis. Okay, okay. Tu peux pas sortir tout de suite, parce que... Parce que – voilà. Enfin c'est ce qu'ils disent, j'ai pas tout essayé mais je vois pas tellement pourqu... »

Soudain perplexe, Cyril passa une main contre son visage. A priori, le brun n'était pas assez réveillé pour apprécier des détails superflus sur tout et n'importe quoi.
Faire simple.

« Tu peux pas sortir, répéta-t-il plus lentement, sourire désinvolte aux lèvres, cette fois sans ravaler les mots aussi vite qu'ils étaient sortis. De toute façon faut, hm. Te... Te remettre sur pieds, d'abord. Tu fais tapis là, mec ! Tes gens peuvent atteindre un peu, ouais ? »

Histoire de donner l'exemple, il tendit ses jambes sous lui pour se redresser.
Et s'il préférait larver dans le hall, eh bien, soit. Ce n'était pas les idées qui lui manquaient et des ressources, il en avait autant qu'il en fallait.
Bonnes, ça, c'était autre chose.



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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Lun 14 Mar 2016 - 20:51

...

Gabriel devait faire des efforts surhumains pour relier la conversation à la situation – ses yeux passaient parfois du rouquin aux murs et aux tapisseries vieillottes, et revenaient sur le garçon en se demandant ce qu'il faisait là. Migraine, migraine. Il n'eut pas le courage de lui demander ce qui allait être difficile à expliquer, et il laissa à son cœur le soin de s'en inquiéter pour son cerveau, d'ores et déjà hors service. D'ordinaire, Gabriel aimait que tout soit simple et dès que les équations comportaient trop de chiffres et trop de signes, il s'y perdait instantanément. Lorsqu'il commençait à tanguer sur ses jambes et à ne plus voir le monde qu'en dégradés de couleurs vives et agressives, la simplicité et la clarté devenaient primordiales. Hein, quoi, où ? Dis-moi juste que je suis entré chez toi sans faire exprès, et que tu vas me raccompagner jusqu'à ma chambre. Il ne demandait pas grand chose.
A force de ne plus savoir où se poser, ses yeux accrochèrent une forme sombre à l'écart, dont il peinait à distinguer les contours. Pas un homme affalé, ni un meuble biscornu – un animal ? C'était trop gros pour être un chat. Le jeune homme fit la grimace, pas rassuré pour un sou : il n'aimait pas les chiens.

Un de ses coudes le lâcha et il dut reposer tout son poids sur le second avec un grognement contrarié. Il détestait ne pas pouvoir se mouvoir comme il l'entendait et la lumière, quoi que diffuse, remplissait ses paupières d'images rémanentes qui l'empêchaient d'y voir clair.

« Bon, en fait, euh... Okay, okay. Tu peux pas sortir tout de suite, parce que... Parce que – voilà. Enfin c'est ce qu'ils disent, j'ai pas tout essayé mais je vois pas tellement pourqu... »

Le pauvre Gabriel, occupé à retrouver son équilibre, avait pris le train avec un wagon de retard et beaucoup de perplexité dans ses yeux noisettes. Tout ce qu'il avait retenu du charabia du rouquin, c'était qu'il ne pouvait pas sortir – pitié, non. Si la porte était coincée, qu'on la décoince, et si on le retenait en otage, il avait de l'argent à verser. Les scénarios catastrophes envahirent sa tête au point de lui piquer les yeux et lui donner l'impression d'avoir les poumons remplis d'eau. Il voulait juste s'allonger dans son lit, c'était tout.

Ah... Il était plus petit que tout à l'heure, là, non ?

« Tu peux pas sortir. De toute façon faut, hm. Te... Te remettre sur pieds, d'abord. Tu fais tapis là, mec ! Tes gens peuvent atteindre un peu, ouais ? »

C'est moi qui ne peut plus attendre.
Dans un effort pathétique pour imiter l'autre, Gabriel déplia le bras et tenta de se redresser. Toutes ses articulations le faisaient souffrir, et il avait comme un poids en ciment attaché aux deux jambes. Combien de temps était-il resté affalé là, face contre terre ? Les milliers de fourmis qui lui mordaient les mollets lui susurrèrent qu'il avait dû somnoler dans la poussière un petit moment. Eh. Quelle sale image il allait donner de lui à un type qui vivait peut-être dans sa rue...
Et qui voulait même pas le laisser sortir. Embrouillé, mais maintenant assis, Gabriel passa une main contre son front brûlant et ses tempes chauffées à blanc. Il n'aurait pas dû boire autant, et il se sentait encore plus triste qu'avant. Tu parles d'une solution. Sa vie n'était qu'un immense champ de mines sur lequel il avait trébuché trop de fois.

Sa main partit en avant pour trouver un appui mais ne rencontra que le vide.

Une chose à la fois.

« Je crois que je suis un peu saoul, dit-il finalement, sourcils froncés, comme si l'autre avait pu ne pas s'en rendre compte, tu veux bien... m'aider ? »

Sans ça, il n'allait pas aller très loin, au moins jusqu'à avoir décuvé le lendemain. Parlant de ça, il n'était même pas sûr de savoir l'heure.
A cette pensée, il regarda de nouveau le chien, comme s'il avait pu craindre qu'il ne lui saute dessus et ne l'égorge d'un coup de crocs.
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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Jeu 5 Mai 2016 - 20:01

Est-ce qu'il était censé se sentir cruel de le regarder patauger dans la semoule sans l'aider, ou génialement cool d'être aussi patient ? Super question à cent mille euros. Comme souvent, Cyril ne sut pas quoi y répondre – et comme souvent, il décida donc de la rouler en boule pour mieux l'envoyer aussi loin que possible en riant. Noooon, il ne se sentait définitivement pas coupable. Pas charitable non plus, mais bon. Il faisait ce qu'il pouvait avec son peu de connaissances en premiers secours. On lui avait appris à mettre des types en PLS, ok, sauf que là... A part le pousser vaguement sur le côté, il n'aurait pas été capable de refaire grand chose. Au pire il pouvait toujours lui réciter ses tables de multiplications, ouais ?
Non madame monsieur, l'école ça sert à rien.

Doigts tantôt coincés dans les passants de son jean tantôt occupés à essayer de se casser entre eux, le rouquin gardait sur le nouvel arrivant une attention aussi soutenue que la sienne pouvait l'être. Entrecoupée de regards dans tout les coins et de tics nerveux, comme toujours, mais au moins il le regardait, et il le voyait, et il faisait attention à ce qu'il ne se tue pas bêtement pendant qu'il était occupé à suivre n'importe quoi des yeux – autant que faire se peut, encore une fois. Cyril était speed et lui, là, il était presque mort.
Difficile de suivre son rythme vu son état ; il avait une putain d'excuse en béton armé, le beau gosse. Quelle chance.

« Je crois que je suis un peu saoul, tu veux bien... m'aider ? »

Nooooon, vraiment, il était saoul ? Quel choc. Quelle révélation inattendue.
Bon, c'était mignon de se moquer, mais s'il se rendait compte qu'il avait trop bu c'était déjà un pas en avant. Il avait plus de mal à croire le « un peu » que le reste, là, mais okay. Difficile de juger vraiment – il se baladait pas dans les rues avec un carnet et un éthylotest pour être capable après coup de reconnaître au bout de combien de verres on ressemble à quoi. Tant qu'il n'était pas mourant, sûrement qu'un peu de repos et de la flotte suffiraient à le remettre sur pieds. Du silence, aussi, parce qu'il allait morfler sévère au réveil si on venait lui hurler de se lever avec des trompettes.
Ding ding le Paradis vous appelle. Grosse fiesta chez les angelots. Pourquoi ils avaient toujours des machins comme ça, hein ? Ça devait même pas le faire niveau harmonie avec les harpes et les bidules.

« Ouaip, sûr que je peux, lâcha-t-il en pliant les jambes de nouveau, plus content qu'autre chose d'avoir une raison de les bouger. Mais tu tombes pas après parce que genre comment dire. Je pense pas que je te porte. Ou que je te rattrape. Ça ferait mal de tomber hein, j'ai pas trop envie. »

Sur quoi il se tut avant de lui détruire les oreilles. Le pire, c'était peut-être qu'il faisait pas loin de son mieux pour être calme et gentil. Les mots sortaient juste trop vite de sa bouche, pas le temps de les retenir ; c'était chiant, il savait bien.

Regard perdu en arrière un court instant, il offrit un sourire censé être rassurant au fêtard.

« Iiiil est gentil, t'inquiète. Je lui dirai de partir, au pire. T'aimes pas les bestioles ? »

Pas trop sûr de faire ne serait-ce qu'une béquille convenable avec son tas d'os vaguement fiables mais prêt à essayer quand même, le garçon préféra dans un merveilleux élan d'intelligence lui attraper le bras plutôt que la main. Amen pour les os qu'ils ne se casseraient pas. Ou qu'ils se casseraient plus tard. Qui vivra verra.



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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Dim 18 Déc 2016 - 16:29

...

Sa tête tournait toujours ; il se demanda si ses jambes accepteraient de le porter jusqu'en haut des escaliers.
S'il se servait de son épaule comme d'une béquille, peut-être...

« Ouaip, sûr que je peux. Mais tu tombes pas après parce que genre comment dire. Je pense pas que je te porte. Ou que je te rattrape. Ça ferait mal de tomber hein, j'ai pas trop envie. »

Gabriel grimaça, sans un regard pour les poignets trop fins de son voisin – un corps mort était toujours plus lourd qu'un corps qui se débattait, ironiquement. Il passa sa paume sur sa joue brûlante, et sa peau tangible et fiévreuse le rassura.
Il ne pèserait pas trop lourd, promis juré.

Il acquiesça doucement, réveillant les muscles douloureux de son cou. Ses doigts pliés contre sa nuque dans une vaine tentative pour faire taire les milliers de nerfs à vif, il entendit à peine ce que le rouquin lui racontait – quelque chose à propos de son chien, gentil et bien élevé. Est-ce qu'il aimait les chiens, lui ? La vision d'un labrador contre la pelouse nette et taillée du jardin lui tira un sentiment de pure détresse.
Un gémissement suivi, et ses yeux le piquèrent. Le contact inattendu de l'autre l'empêcha de fondre en larmes et son regard s'écarquilla le plus largement possible : il lui lança un regard de petit garçon hébété.

« Si, j'aime les chiens, ils sont gentils. »

Il n'avait jamais été mordu, et il aimait la sensation d'une truffe humide au creux de sa main. Puis les chiens ramenaient la balle ; contrairement à Monique, qui ne se déplaçait jamais que pour avaler sa pâté ou, quand l'effort n'était pas trop colossal, s'affaler de tout son long sur des genoux accueillants. Il regretta jusqu'aux longs poils qu'elle laissait sur tous les manteaux.
Avec une bonne volonté de héros de film d'action, Gabriel poussa sur ses jambes. Ses genoux menacèrent de se dérober sous lui et le second sembla tomber en morceaux ; bancal, il parvint tout de même à rester en équilibre et à ramener son corps à un degré idéal à la marche. Le tapis bruissa sous ses chaussures, et il fit de son mieux pour ne pas peser de tout son poids sur son sauveur.
Il était plus petit que lui, mais sûrement pas plus léger. Ses yeux noisettes remontèrent le long des marches jusqu'à la porte menant à l'étage. Il ferma les paupières pour ne plus voir la lumière.

S'ils avaient pu éteindre, même pour un instant...

« Ça va, maintenant... On va où ? »

Il tituba et s'accrocha plus fort à l'autre, au point de lui laisser des marques sur la peau. Il n'avait pas envie d'avoir plus de bleus qu'il n'en avait déjà ; sa tête le lançait assez comme ça. Il devait batailler pour que les mots ne se perdent pas dans le coton de ses oreilles ou ne se dissolvent dans son cerveau en bouilli. Réfléchir était trop difficile. Il avait besoin d'un lit, de sommeil, de toilettes peut-être...
A cette pensée malheureuse, il sentit son estomac faire un salto arrière. Sa bouche se figea sur une grimace de circonstance.

Il se sentit coupable d'embêter ce garçon qui avait sûrement autre chose à faire que ramasser les déchets sur lesquels il trébuchait...
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MessageSujet: Re: « I want you to be concerned about your next door neighbor. »   Mer 3 Mai 2017 - 18:04

... Les chiens. Ooookay. Par réflexe, comme s'il avait pu se tromper, il jeta un nouveau regard en arrière — juste histoire de, au cas où Petit Prince aurait changé de race entre temps. Mais non. Il avait une grosse queue touffue et le museau allongé, d'accord, mais aussi des jolies griffes de trente mètres de long (aucune exagération) et, bon, le museau trop allongé quoi. Il ne tenait pas à voir un chien avec une tête pareille. Bonjour les cauchemars.
Il alla pour lui préciser que ce n'était pas un chien, qu'il n'avait même pas grand chose à voir avec le genre canin, ni l'apparence ni l'attitude ni rien, mais se ravisa. Le pauvre n'avait pas l'air d'humeur à entendre quoi que ce soit et lui, il n'était pas d'humeur à briser les illusions que ses yeux voulaient bien lui imposer. S'il voyait un chien, okay. Ce serait un chien. Il doutait que Prince se vexe pour si peu et de toute manière, ce n'était pas le moment de se chamailler.
Une certaine détresse, de la tristesse peut-être — quelque chose de cet ordre, en tout cas, vint noyer ses poumons d'une bonne dose d'empathie et lui fit retenir tout commentaire stupide ou désobligeant quand, sans surprise, le poids du garçon fit grincer ses épaules et brûler ce qu'il avait de muscles dans les bras. Compassion, effet miroir, bêtise humaine — et peu importe, au fond.
Il avait envie de l'aider, alors voilà. Il ne se questionnerait pas.

« Ça va, maintenant... On va où ? »

Dormir. Ou boire. Dormir, décida-t-il en équilibrant tant bien que mal sa prise sur le latino. Il pourrait toujours lui amener de l'eau après, hein, il avait deux jambes et faire l'aller-retour entre la douche et la chambre, voire la cuisine et la chambre s'il n'y avait pas de verre dans le coin, ne risquait pas de lui faire trop de mal.
Si Soren n'avait pas été si cool et présent lorsqu'il s'était retrouvé coincé, le premier jour, il n'était pas trop sûr de ce qu'il aurait fait. Il avait même accepté de lui montrer où était le frigo.
Il devait bien ça au karma.

« Dans les chambres ! On va te trouver un lit, t'inquiète, lâcha-t-il d'une voix joviale, sans juger utile de préciser que ce serait sa chambre — il n'aurait pas compris, dans son état. Puis les toilettes sont pas très loin, et y'a des douches si t'as envie. Enfin quand t'auras décuvé un peu, hein, parce qu'on va éviter de te noyer, quand même. »

Ç’aurait été un chouïa embêtant.

« Moi c'est Cyril, d'ailleurs. Cyril. C'est français. »

Après une tentative de pas en avant, puis une autre, il fit la grimace aux escaliers.

« Va falloir monter ce vilain pas beau, par contre. Sinon y'a un salon, avec un canapé et tout, si tu le sens pas. Ce serait moins confortable maiiis j'ai pas trop envie de te casser un truc sans faire exprès. Du coup ça va aller, ou ? »

Se casser la figure ne l'aurait pas trop gêné, mais là il n'était pas tout seul.
Prudence est mère de sûreté, comme on dit — ou une autre connerie du genre.



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« Allongé, le corps est mort ; pour des milliers, c'est un homme qui dort.
A moitié pleine est l'amphore ; c'est à moitié vide qu'on la voit sans effort.
Voir la vie, son côté pile - oh philosophie, dis-moi des élégies.
Le bonheur, lui me fait peur -

D'avoir tant d'envies, et j'ai un souffle au cœur. »

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« I want you to be concerned about your next door neighbor. »

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