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 Myosotis [OneShot]

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Pensionnaire
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Masculin Pseudo Hors-RP : Yuko
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• Age : 34
• Pouvoir : Il est un monde parrallèle au notre, je l'appelle le pays des ombres
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• Petit(e) ami(e) : Plait-il?

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MessageSujet: Myosotis [OneShot]   Dim 14 Mai 2017 - 20:38

Assis dans un fauteuil, je contemple ces vestiges d'une ancienne vie.

Moi qui à l'époque me cachait des gens, je n'ai plus beaucoup d'efforts à faire : jamais je n'ai vu les couloirs de ce pensionnat aussi vides de monde. Les rares visages que j'ai croisé me sont inconnus, c'est comme si tout avait changé mais en même temps, tout me semble si familier.
Je joue avec ma canne du bout de mes doigts et en même temps, me demande si les autres n'auraient pas trouvé un moyen de finalement sortir de ce bâtiment. Personne n'aurait pensé à me prévenir alors ?
L'affirmation me ferait mal à entendre, je préfère penser qu'ils sont sans doute tous là, quelque part. Peut-être en train de m'observer en ce moment même.

En y repensant, où étais-je ces dernières années ? Aucune idée. Je n'en ai aucune idée et je ne pourrais pas l'expliquer. Je suis sûr d'avoir toujours été lié à ce bâtiment, mais en même temps, d'avoir été si loin. Si loin de ces couloirs, si loin des gens, si loin de vous.
J'ai l'impression de connaître par cœur ce pensionnat et en même temps, de ne rien en savoir. Je connais ces lieux de mes propres expériences, mais pour le gars que je viens de croiser, peut-être est-ce un pensionnat totalement différent qu'il connaît. Peut-être n'a t-il rien vécu de ce que j'ai vécu. Peut-être a-t-il tout vécu, et moi rien du tout.

Alors que j'essaye de me relever, l'attraction terrestre ne m'a jamais eu l'air aussi présente. C'est comme si j'avais tout oublié de comment faire pour se tenir debout, de comment faire pour marcher (ou plutôt boiter)… comment faire pour être moi ?
Pourtant, il suffit de remettre la machine en route : cette douleur dans ma jambe, cette fatigue qui fait chaque trajet pénible, ces « tic » que fait ma canne sur le carrelage du sol… ou est-ce du parquet ? Bref, encore une fois, c'est comme si ça ne m'avait jamais quitté, comme si j'avais chaque jour de ma vie, décrit cette démarche aléatoire, inquiétante… désespérante ?
Oui, tout me paraît si familier d'un coup, il me suffit de fermer les yeux pour me souvenir de tout.

Je me suis éloigné pensionnat, c'est vrai, je me suis éloigné de toi et de tes pensionnaires. Comme tant d'autres l'ont fait
Mais laisse-moi, aujourd'hui, comme on le faisait à l'époque, te raconter mes pensées.

J'en ai vécu des choses dans tes couloirs, tant d'histoires qui n'ont jamais été proprement clôturées, tant de gens de qui je me suis éloigné. Toute relation mériterait rupture, en amour comme en amitié, mais je crois bien que je n'ai jamais été bon là-dedans, nombre de personnes pourront en témoigner.

J'ai changé pendant ces années, pensionnat, je ne sais pas où j'étais mais je pense ne plus être tout à fait le même. Suis-je meilleur, suis-je pire ? Aucune idée. Mais ça me fait penser que toi tu m'as changé et que ça m'a fait du bien, alors merci.
En regardant ces tableaux sur tes murs, ces meubles que j'arrive à dépasser, je me dis que j'ai déjà repris l'habitude de te parcourir. Que je pourrais revenir, qu'on pourrait faire comme avant, qu'on pourrait faire semblant. En fermant les yeux, ça marcherait ! Non ?
Avec un peu de chance, si je recommence à me montrer dans tes couloirs, les autres reviendront peut-être aussi tu crois pas ? Dame Skye, miss Machiaviel, la pétillante Middleton, cette fameuse Alea ou même l'autre là, rouquine survoltée, insupportable… tu crois que je serais capable de leur reparler ?

Mais ne te méprends pas pensionnat, on sait bien que c'est faux, on sait bien que ce serait pas pareil, pas après autant de temps. J'aime cette ballade dans tes couloirs, dans nos souvenirs, et je continuerai de t'imaginer à ma façon, te donner vie dans mon imaginaire, dans mes créations, mais notre lien ne sera plus jamais le même, c'est la vie, c'est comme ça, ça n'est pas grave.

Je ne souhaite pas faire un musée des souvenirs que nous partageons. Je ne veux rien mettre sous cloche ou sous verre, je ne désire pas non plus te figer dans l'ambre, ce serait totalement égoïste de ma part. Je veux juste que mes souvenirs continuent de voler dans l'air de tes couloirs, pensionnat.

En regardant par la fenêtre, je me rends compte que la nuit est infiniment sombre… N'était-ce pas le jour il y a une minute ? Le temps est-t-il passé si rapidement pour que je ne sois plus éclairé que par ce chandelier ?

C'est sans doute signe qu'il est temps de s'arrêter, de rentrer. J'ai aimé te reparler, pensionnat, mais il faut que je retourne chez moi, imagine que je croise quelqu'un en restant ici, on me prendrait pour un fantôme ! Cependant, prenons quand même la peine de finir convenablement, cette fois-ci. Laisse-moi enlever pour une rare fois mon masque et ainsi t'adresser un sourire franc et sincère. Puis… parce qu'il le faut bien...


D'un coup de canne bien placé, le chandelier valse à travers le couloir, plongeant ce dernier dans l'obscurité de la nuit. Je fonds alors au milieu des ombres, repartant d'où je suis venu.
Un dernier coucou pour les curieux, et pouf. Plus rien.


Il ne reste au milieu du couloir que de la cire de bougie…
...et un bouquet de myosotis.
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Myosotis [OneShot]

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