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 Denial is fine.

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« ITS NOT SAFE I TELL YOU »
Nikoleta Papadakis
Nikoleta Papadakis

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• Pouvoir : Tout ce que tu as laissé derrière toi tient dans une boule à neige.
• AEA : Un monstre qui se roule dans le boue et squatte votre lit pour se sécher.
• Petit(e) ami(e) : Aarne Kinnunen, le terrible Finlandais.

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MessageSujet: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeLun 21 Jan 2019 - 23:36

« Denial is fine »
If you say so



Nikoleta trempait le bout des doigts dans l’eau, nerveuse ; malgré la chaleur relative de l’après-midi, elle avait passé un pull sur ses épaules – c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour cacher son ventre rebondi, et le dernier rempart contre une explication qui n’allait plaire à personne. Elle se sentait plus vulnérable qu’un mongole face à la grande muraille de chine. Et encore, il lui manquait le courage. Un mongole frappe la pierre avec son épée ; elle, elle se contente de se cacher en priant pour que le tremblement de terre ne l’éjecte pas de son placard. Elle avait toujours été comme ça, trop lâche, trop inquiète de tout, trop peureuse, jamais assez forte. Elle poussa un petit gémissement, laissant sa frange trop longue lui retomber devant les yeux. En nuance de bleu et de vert, elle avait vraiment une sale mine.

Elle avait encore eu des nausées, ce matin, et avait encore mis ça sur le compte d’une quelconque maladie qui ne passait pas. Nike et Rachel s’étaient inquiétées, mais elle les avait gentiment repoussées. Elle n’aimait pas la nonchalance adolescente de Leia, mais c’était encore ce qui lui convenait le mieux en ce moment : qu’on lui fiche la paix et se mêle de ses propres affaires. Elle ne voulait pas être méchante, mais ses sautes d’humeur n’étaient agréables pour personne. Il valait mieux qu’elle reste seule à ronger son frein, en se demandant chaque jour : est-ce qu’il va le remarquer ?

Elle écarta ses ongles de sa bouche dans un sursaut. Elle avait recommencé à se faire saigner. Elle revit son père les lui plonger dans la sauce piquante en lui disant : voilà, avec ça, tu ne te feras plus mal, ou juste à la langue. Sa famille lui manquait horriblement, surtout en cet instant, et chaque détail la ramenait vers eux. Personne n’aurait dû vivre ce genre de chose loin de ses proches. Au-delà de la tristesse, Nikoleta avait aussi honte de s’être fait prendre comme ça au piège de la vie – elle n’avait pas pensé que ce soit possible ici ! Alors oui, ils n’avaient pas toujours pensé à… Parce qu’ils pensaient que…
Elle plaqua ses mains contre son visage avec un gémissement sourd. Il y avait de quoi se mettre des claques. Personne n’allait la pointer du doigt parce qu’elle couchait avec son petit-ami, mais le reste, c’était sa faute. Elle écarta les doigts afin de jeter un œil à l’onde stagnante, le cœur serré et le souffle coincé dans sa gorge. Un doute affreux la glaça.

Et s’ils se moquaient quand même ? Et s’ils la traitaient de traînée ? Et si –

Son nom retentit dans son dos, et elle croisa les mains sur son cœur à l’agonie. Elle n’avait pas eu le courage de prendre le bras d’Aarne pour l’emmener dans le parc ; non, non, elle avait trop peur de ses questions. Elle lui avait laissé un mot lui demandant de la rejoindre près du lac. Elle tira sur le bas de son pull pour cacher au maximum son ventre, et expulsa tout l’air de ses poumons. Tu peux le faire, se dit-elle en adressant un sourire à Aarne, tu peux le lui dire, le ménager assez pour qu’il ne se fâche pas, et rentrer bras-dessus bras-dessous avec lui dans la plus grande joie.

Nikoleta avait un scénario plus crédible en tête, mais elle avait besoin d’y croire pour tout lui dire. Sans ça, elle allait bredouiller, se mettre à pleurer, et l’inquiéter jusqu’à l’énerver.

Elle ne voulait pas qu’il la déteste.
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Aarne Kinnunen
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeMer 20 Fév 2019 - 18:47

A peine le papier en main, Aarne sentit le poids familier des mauvaises nouvelles lui tordre l'estomac. La journée avait trop bien commencé, hein ; ç'aurait été bête que ça continue. Pas moyen d'avoir deux jours de paix à la suite, dans ce foutu manoir à la con.
Sa conscience, quoi qu'à moitié endormie, ne mit pas deux secondes à sauter dans le wagon. Pour lui laisser un petit mot au lieu de lui dire ce qu'elle avait à lui dire en face, Nikoleta ne devait pas se sentir très à l'aise. Ça ou elle avait un truc précis à lui montrer près du lac — mais allez savoir pourquoi, il avait comme dans l'idée que la première impression serait la bonne. Rien ne l'empêchait de l'y emmener, sinon. Elle n'avait qu'à venir le chercher.

Sans aucune délicatesse, il enfonça le papier et le poing dans la poche de son jean.

« Putain. »

La porte claqua dans son dos ; histoire de bien faire, il y mit un coup de pied. Il avait beau ne pas être du genre à s'imaginer trente-six scénarios catastrophe, il ne pouvait pas empêcher les plus probables de le faire grincer des dents.
Se dire que Nikoleta était Nikoleta, qu'elle avait tendance à paniquer pour un rien et ne réagissait pas toujours de la manière la plus cohérente qui soit, d'autant plus sachant qu'il avait un sale foutu caractère et tendance à cogner le mobilier quand le vase débordait, ne le rassura qu'à demi. Elle voulait quoi ? Rompre ? Lui parler d'un truc secret sans que personne ne soit au courant ? Il aurait pensé à une rupture d'office, par réflexe, mais vu le contexte tout était possible. Ils étaient dans un pensionnat magique, hein. Le vieil adage "les murs ont des oreilles" aurait presque pu être pris au sens littéral. On ne sait jamais.

Ignorant quiconque croisa sa route, Aarne traversa les couloirs jusqu'à ouvrir la porte d'entrée. Le soleil le força à plisser les yeux ; au moins, ils n'auraient pas à discuter sous la pluie. Main en visière le temps de s'habituer à la différence de luminosité, il repéra le lac et reprit la marche d'un pas décidé.
Foutu lac. Il espérait franchement qu'elle avait un truc top-secret à lui dire, et pas juste très peur de lui annoncer qu'elle avait décidé de le quitter pour Alex, parce que sinon son choix de destination avait un petit côté suicidaire. Il aurait pu la tuer n'importe où, d'accord. Pas besoin de mobilier spécifique pour ça. Mais elle se mettait quand même juste à côté d'un point d'eau, là.

Quoi que — il ne savait pas nager. S'il la saoulait, elle n'aurait qu'à le pousser un peu et voilà.
Super tactique.

« Nikoleta ! »

Sachant que sa copine était du genre vite paniquée, il rangea sagement la frustration dans un coin de sa tête. S'il commençait par l'agresser ou lui aboyer dessus, bon courage pour la suite. D'autant qu'à part se la jouer jeu de piste, elle ne lui avait rien fait du tout.
Nikoleta, quoi. Il la voyait mal sortir quoi que ce soit d'atroce. Le pire qu'il ait pu imaginer, jusque -là, c'était quand même "je veux plus de toi". Question tragique, il avait connu pire.

Une fois arrivé à sa hauteur, il sortit les mains de ses poches et agita le papier entre deux doigts.

« Y'a un problème ? »



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Nikoleta Papadakis
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeLun 17 Juin 2019 - 19:31

...

Nikoleta serra un peu trop fort les dents, les yeux rivés au petit papier. Inspire, expire, parce que si tu t’évanouis là tout de suite, tu vas vraiment avoir l’air d’une cloche. L’explosion imminente lui mettait le feu aux joues et compressait sa pauvre petite poitrine. Aarne allait lui trouver une sale mine, elle passait du rouge au vert en un temps record ; elle n’y pouvait rien, les nausées ne s’accommodaient pas au stress. Elle lui offrit un sourire qui tenait de la grimace, et tapota l’herbe à côté d’elle.

S’il était déjà assis, il n’en tomberait pas. Peut-être moins. Peut-être que si elle le lui avait dit en face, au lieu de faire passer un mot comme une collégienne, il aurait été moins inquiet. Les mèches de son chignon s’affaissaient lentement le long de sa nuque, la chatouillaient chaque fois que le vent soufflait un peu. C’était fou de se croire condamné par une si belle journée ; il n’allait pas la tuer. Crier, fermer les poings, la faire pleurer, sans doute. Mais la tuer ? Il était cruel, mais elle avait confiance en lui.

Sans ça, elle ne l’aurait pas embrassé la première fois.

« C’est, euh… On peut dire ça. »

Elle se félicita pour cette entrée en matière qui ne dévoilait rien du menu. « on peut dire ça », ça pouvait être n’importe quoi et ça n’allait pas les avancer. Trop visiblement misérable, elle se débattit un instant avec ses 4000 démons intérieurs pour trouver un compromis. Un qui ne la fasse pas imploser, sans pour autant user la patience quasi inexistante de son petit-ami. C’était une chimère, celle-là. Nikoleta se broya consciencieusement les phalanges, à la recherche de la solution miracle. Elle dut se faire violence pour ne pas croiser les mains sur son ventre et se trahir.
Se trahir quelques minutes à l’avance, mais elle avait besoin de respirer pour ne pas mourir sur place. La combustion spontanée ne lui avait jamais semblé aussi crédible – elle avait tellement chaud.

Elle soupira, prit son courage à quatre mains, et ajouta :

« C’est à propos de nous. Je ne veux pas te quitter, hein ! C’est… simplement que… »

Les larmes lui piquèrent les yeux. Un mot de plus, et elle éclatait en sanglots. Elle se mordit la lèvre ; elle se détestait. Incapable d’aligner trois mots sans le fer de la culpabilité sur le cœur, incapable d’offrir à Aarne une explication claire et honnête. Il le méritait, pourtant, et elle restait là comme une imbécile à balbutier et… urgh.
Ses sautes d’humeur l’épuisaient. Passer du rire aux larmes, des larmes à la colère, s’en vouloir et se remettre à pleurer… Rien n’allait. Comme une enfant, elle chercha sa main.

« Tu m’aimes ? »

Qu’elle déclenche au moins un drame avec cette certitude. Elle en avait besoin pour avoir le courage de tout raccommoder par la suite. La couture n’était pas son fort, mais pour Aarne, elle aurait essayé.
Elle aurait aussi pu essayer d’être plus forte que sa peur.
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Aarne Kinnunen
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeJeu 27 Juin 2019 - 2:18

Sourcils froncés, tous sens en alerte, Aarne hésita une seconde avant de plier les jambes et de s'asseoir près de Nikoleta. Elle n'avait pas l'air à l'aise ; lui non plus, maintenant. Être à deux pas de la noyade n'aidait pas.
Il essaya de se répéter qu'elle risquait juste de lui sortir une connerie du genre "je voudrais faire une pause", ou "je sais plus où on en est", ou n'importe quel autre truc de fille timide qui hésite entre rompre ou pas, mais rien à faire. Il avait un mauvais pressentiment. A croire que la paranoïa était contagieuse, hein — il commençait à se faire des films, lui aussi.
Qu'elle confirme que oui, il y avait un problème, n'arrangea pas les choses.
Bon, okay. Elle voulait rompre. Super. Il n'avait jamais eu beaucoup d'imagination et là, il ne voyait vraiment pas ce qu'elle aurait pu vouloir lui dire d'autre. Qu'elle ait peur de sa réaction au point de devoir tourner autour du pot pendant une heure était presque aussi flatteur que débile, mais soit. Il avait le coup de poing facile et jamais grand chose de gentil à dire ; tout ça, elle le savait mieux que personne. Elle le connaissait mieux que quiconque dans cette baraque stupide.
A se demander pourquoi elle restait. Ou était restée jusque-là.
Mais ça, à la rigueur, c'était son problème à elle.

Elle soupira. Il crispa sa mâchoire, silencieux.

« C’est à propos de nous. Je ne veux pas te quitter, hein ! C’est… simplement que… »

Le soulagement qui lui courut dans les épaules et la nuque fut de courte durée. Il était ravi qu'elle ne veuille pas rompre — (vraiment) — mais à part virer des théories, ça ne lui donnait pas grand chose de plus. Pour ce qu'il en savait, elle essayait peut-être juste d'en venir à la fameuse pause. Les filles fichaient toujours des nuances là où lui n'en voyait pas.
Entre deux tentatives de se calmer les nerfs, il se demanda si elle avait pu le tromper.
Il n'y avait même pas pensé.
Sa tête de lapine prête à se faire passer au broyeur lui fit ravaler un ordre et un grognement pas très poli. S'il la faisait pleurer, elle n'allait jamais réussir à s'expliquer. Il n'était pas très doué pour ressentir les choses, encore moins celles des autres, mais il voyait bien qu'elle avait peur. Il n'était pas complètement stupide.
La dernière fois qu'une fille l'avait regardé comme ça, chez lui, ç'avait été Eve. Soit parce qu'il hurlait trop, soit parce qu'elle avait peur qu'il la quitte pour de vrai ; il ne se souvenait pas.

Sauf que ça ne l'aidait pas. Nikoleta était vite flippée et lui, il avait le revers de main facile. Elle aurait pu avoir peur de sa réaction pour à peu près n'importe quoi.

« Tu m’aimes ? »

Sentir le bout de ses doigts toucher sa main fit remonter des frissons le long de son bras.
Il n'aimait pas dire ces choses-là. Pas parce qu'il en avait honte, mais parce qu'il était rarement sûr de le penser. C'était fort, l'amour. Il aimait son frère, il aimait sa sœur, il aimait tous ses parents. Il n'avait jamais été certain d'aimer Eve. Elle était surtout pratique.
Pour que Nikoleta en soit rendue à lui demander ça, ils ne devaient pas être très loin de la crise. Rupture ou pas.
Sa main se referma sur la sienne. Il n'était même pas sûr de savoir ce qu'elle espérait entendre.

« T'es la seule personne que j'ai pas envie de jeter dans le lac. Donc oui. »

Très romantique, d'accord — mais au moins, c'était honnête. Est-ce qu'il serait mort pour elle ? Non. Est-ce qu'il était prêt à faire des efforts ou des concessions pour lui faire plaisir et la rassurer ?
Bien sûr.

« Et je le ferai pas, même si tu me racontes des horreurs. C'est quoi, le problème ? »

Il faillit lui demander si elle avait couché avec Alex. Quitte à dire des conneries, autant y aller carrément. Ça aurait peut-être détendu l'atmosphère.



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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeDim 30 Juin 2019 - 21:53

...

Les doigts de Aarne la firent sursauter, et l’étreinte la brûla. Il l’aimait. Pas comme n’importe quelle fille amoureuse aurait aimé qu’il le dise, mais pour elle c’était le paradis. Les longs discours, les fleurs, la passion, ce n’était pas lui – ça ne lui ressemblait pas, et elle aurait eu peur d’une déclaration enflammée comme d’un revolver sur la tempe. Le quotidien avait poli les angles saillants, n’avait laissé à son cœur qu’un ou deux sursauts chaque fois qu’il se mettait à crier. Elle était bien, elle avait trouvé un rythme de croisière avec lui et elle n’avait pas envie de devoir le briser. L’harmonie était trop importante pour elle.
Elle avait passé des nuits entières à ronger les manches de ses pulls, cachée sous sa couette à attendre que le soleil se lève. Quand les nausées ne la tiraient pas du lit, les ombres chinoises qu’elle s’imaginait sans cesse s’en chargeaient très bien. Ce qu’elle devait avoir mauvaise mine…

Mais là, impossible de reculer – à part pour mieux sauter. Elle l’avait fait venir jusque-là, lui avait dit qu’il fallait « parler », et il ne la laisserait pas s’enfuir avec ses secrets. Elle crispa le poing sur quelques brins d’herbes, un souffle asthmatique à la gorge.

Elle avait connu pire. Elle avait vécu le passage à l’an 2000, avait failli se noyer, avait perdu sa tante, avait trébuché tant de fois sur ses propres maladresses… Une grossesse, ce n’était rien du tout, à côté de funérailles. Elle aurait dû être heureuse, au moins un peu. Y trouver un semblant de bonheur, positiver.

Positiver, ahaha. C’était le truc de ses parents et d’Elias, ça. Elle, elle arrivait juste à voir la vie en noire, en gris dans ses meilleurs jours.

« Et je le ferai pas, même si tu me racontes des horreurs. C'est quoi, le problème ? »

Elle se mordit les lèvres, le regard fuyant. Il aurait pu lui en faire le serment, elle aurait toujours eu peur qu’il ne parjure. Il ne devait pas s’attendre à ce qu’elle allait lui dire : elle ne savait pas à quoi il pouvait s’attendre, au juste. S’il lui avait donné rendez-vous pour « parler », à quoi se serait-elle attendue ?

A se faire quitter, à ce qu’il avoue l’avoir trompée, à ce qu’il… Son cœur chercha à s’échapper de sa poitrine, son estomac sur les talons. Oh non, non, pas maintenant…

Ses doigts serrèrent plus fort ceux de Aarne, et elle prit une grande inspiration qui ne servit à rien, à part la rendre plus malade encore.

« J’ai juste… j’ai simplement l’impression que… »

Allez, petite, encore un effort.

« Ça va te paraître bizarre, mais… »

Ses lèvres laissèrent filer un rire idiot et nerveux qu’elle détesta. Le son de sa propre voix l’agaçait. Pas étonnant qu’elle use la patience de tout le monde, Aarne en premier : elle était incapable de s’expliquer d’une traite, de parler clairement. Ce n’était pourtant pas si compliqué, tout le monde y arrivait.

Tout le monde sauf moi. Nikoleta refoula les larmes, et avoua finalement dans un murmure :

« Je crois que je suis enceinte. »

Sa main libre vint se poser sur son ventre, comme un rempart dérisoire à la colère céleste.
Il allait la détester. Les détester.

Elle se mordit trop fort la langue, mais sans bouger, comme un animal aux abois.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeMar 30 Juil 2019 - 0:54

Sentir les petits doigts fragiles de Nikoleta serrer les siens plus fort faillit lui faire froncer les sourcils. Il avait l'habitude de faire peur aux autres. Rien de plus normal. Il criait et il frappait et il disait des horreurs six fois sur dix, alors ouais — les regards fuyants et les soupirs étranglés, il avait l'habitude. On n'osait pas toujours lui dire les choses. Ses réactions étaient prévisibles et n'envoyaient pas du rêve. Loin de là. Il comprenait qu'elle préfère y aller à reculons.
Sauf que d'habitude, il savait d'avance. Au moins à peu près. Il n'était pas stupide, loin de là ; à défaut d'empathie, il avait un bon sens de la perception et de l'observation. Il s'en serait rendu compte, si Nikoleta l'avait trompé. Il l'aurait senti venir, si elle avait voulu rompre. Ça ne pouvait quand même pas sortir du néant. Des signes annonciateurs, il y en avait toujours.
C'était sûrement son ego qui hurlait dans le fond, là, mais il n'en avait pas grand chose à foutre. Je le saurais. Elle panique juste pour rien. C'est Nikoleta. Elle en fait tout le temps des tonnes pour rien.

La paranoïa avait bon dos. Et si elle ne se dépêchait pas, ils seraient deux à exploser — pour des raisons carrément différentes, mais le résultat serait le même. Aarne n'avait pas de patience. C'était déjà un petit miracle qu'il ait réussi à ne pas lui crier dessus. Si ç'avait été quelqu'un d'autre, il aurait déjà commencé à se relever.
Allez. Je suis encore là. Raconte.
Il était prêt à entendre les trucs les plus bizarres, si ça pouvait laisser ses nerfs reposer deux secondes. Elle était nulle pour aller droit au but, Nikoleta. Elle ne faisait qu'empirer les choses — exprès ou pas.
Mais sûrement qu'elle le savait.

Et vu ce qu'elle lui sortit, ouais.

Un peu, qu'elle le savait.

Aarne resta immobile. Sa main ne bougea pas ; il ne dit pas un mot. Coupure de courant générale. Il resta la fixer, complètement absent, avant de ne laisser ses yeux descendre sur la main qu'elle avait posé sur son ventre. S'il y avait encore de la lumière, là-haut (et il y en avait — ça tournait à mille à l'heure, dans sa tête), ça ne se voyait pas. Il aurait tout aussi bien pu être mort sur le coup. Ç'aurait peut-être été mieux pour tout le monde.
Ça lui en vira tout l'air des poumons. Pire qu'un coup dans l'estomac. Pire qu'une claque. Il ne sut pas quoi dire.

Il avait pensé à tout sauf à ça.

« ... Tu crois quoi ? »

L'incrédulité chassa la colère. Il aurait aimé se dire qu'elle plaisantait, mais c'était Nikoleta. Essayer de croire qu'elle avait pu oser lui dire ça sans en être totalement sûre, c'était déjà beaucoup s'en demander.
Parce qu'il n'était pas à une contradiction près, lui aussi serra sa main plus fort autour de la sienne. Ça ne devait pas encore faire mal, mais pas loin.

« T'es sérieuse, là ? »

Question rhétorique. Il n'avait juste vraiment pas envie qu'elle le soit — et tant pis si ça se voyait. Elle aurait sûrement préféré qu'il soit content. Lui aussi aurait préféré l'être, hein. Pas de chance.
Incapable de se souvenir pourquoi au juste ça lui paraissait si improbable, il détourna la tête et jura entre ses dents. Aucun panneau ne garantissait l'infertilité, à l'entrée. Il ne pouvait pas promettre avoir toujours fait attention. A l'extérieur oui, mais au pensionnat ? Non.
Ça lui était passé au-dessus de la tête. La faute au contexte. Au lieu. A eux. A tout.

Putain.

Doucement mais sûrement, la frustration et la panique remontèrent à la surface. Il lui lâcha la main pour mieux se les passer sur le visage.

« C'est une blague. C'est une putain de blague. »

Non. Toujours pas.
Mais là il avait besoin de hausser le ton, alors c'était ce qu'il allait faire — et avec un peu de chance, ça le calmerait assez pour l'empêcher de dire des horreurs.
Les pires horreurs, en tout cas. Pas toutes. Certaines allaient passer ; il ne savait pas faire autrement.

La panique le rendait méchant.

Et là il en avait, des raisons, de paniquer.



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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeSam 3 Aoû 2019 - 15:53

...

« ... Tu crois quoi ? »

Le son de sa voix lui fit plus mal qu’un hurlement de cloche. Elle rentra la tête dans les épaules, comme si se replier sur elle-même allait altérer la réalité et faire en sorte que – non, je me suis trompée, je ne crois plus rien du tout. Ahah, c’est marrant, hein ?
Super marrant, oui. Quelle blague. Aarne avait l’air de beaucoup apprécier.

Après avoir entraperçu son visage ébahi par-dessous sa frange trop longue, Nikoleta avait baissé les yeux en se promettant de ne plus jamais les relever. Ses doigts étaient crispés à lui en faire mal, et ceux de son petit-ami la tenaient comme des serres. Elle était prisonnière. Elle ne se serait pas enfuie, mais ce contact auparavant rassurant l’angoissait. Il ne l’aurait pas frappée ; lui faire mal sans faire exprès, ça…
Elle n’avait pas envie qu’il se fâche contre elle. Son estomac fit un nœud, puis un deuxième, au point de lui faire frôler la nausée.

« T'es sérieuse, là ? »

Elle ne lui dit ni oui, ni non. Elle se contenta de pincer ses lèvres tremblantes, les yeux toujours rivés au sol. Nikoleta se savait aussi confiante qu’un chat sauvage, aussi assurée qu’un lapin tête dans les crocs du renard. Elle n’osait plus bouger, n’osait rien dire – et Aarne savait pertinemment que si elle n’en avait pas été certaine, alors elle se serait tue. Serait passée sous le radar, aurait évité les prédateurs. Elle ne voulait pas lui tirer des cris pour rien. Elle évitait compulsivement le conflit et elle ne pouvait pas s’imaginer qu’il la pense en train de plaisanter, ou monter au front sans une très bonne raison.

Un petit soupir s’échappa de sa gorge en feu quand les doigts de son petit-ami glissèrent entre les siens. Puisqu’elle n’était pas à une contradiction près, elle les regretta immédiatement.

« C'est une blague. C'est une putain de blague. »

Rompre sa promesse et jeter un œil à Aarne lui donna envie de pleurer. Elle aurait aimé lui dire qu’elle était désolée, que ce n’était pas sa faute à lui, que tout allait bien se passer, qu’elle pouvait s’en aller s’il le voulait, que s’il la quittait, elle… ne lui en voudrait pas.
L’éventualité la gela sur place. Des histoires comme ça, elle en avait entendu beaucoup dans sa vie. « il n’en voulait pas, alors il m’a quittée ». C’était logique, et s’il faisait la même chose, elle n’aurait pas le courage de lui crier dessus – même pas de lui murmurer un reproche. Elle encaisserait. Mal, mais elle encaisserait.

Elle arracha un morceau d’herbe qu’elle se mit à martyriser pour calmer ses nerfs. Elle ne se souvenait pas les avoir autant sollicités depuis son entrée au Pensionnat, et c’était dire.

Cet endroit leur tapait dessus en permanence.

« Je suis désolée, fit-elle dans un filet de voix ridicule, je ne pensais pas que… je suis désolée. »

Lui non plus ne pensait pas, personne ne pensait. Elle avait laissé ces choses-là à l’extérieur, comme si plus rien de logique ne s’appliquait ici. Ah ! Maintenant, ça leur retombait dessus aussi violemment qu’un morceau de ciel.
Puisqu’elle s’était jurée de ne pas pleurer, elle batailla vaillamment avec les larmes qui voulait coloniser ses joues. Ça n’allait pas durer, mais elle ne voulait pas ajouter une couche supplémentaire à la colère de Aarne.

Sangloter comme une imbécile, c’était la dernière de ses envies.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeSam 31 Aoû 2019 - 19:45

La colère lui remonta de l'estomac à la mâchoire en un flash — et une fois dans sa bouche, elle n'eut aucun mal à se faufiler derrière ses yeux et entre ses tempes. Pire qu'une morsure de serpent. Il la sentait, l'angoisse. Physiquement. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti à ce point, si fort, dans tout le corps. Il étouffait.
Ça faisait mal à vouloir s'en jeter dans le lac. Pire qu'avoir des fourmis dans toutes les articulations, partout sous la peau. Il avait besoin de taper un truc, de crier, de mordre, de faire quelque chose, n'importe quoi pourvu que ça se barre, que ça lui fiche la paix, qu'il ait moins l'impression d'être une bombe à deux doigts d'imploser sous trop de pression — et si ça continuait de grimper comme ça, c'était ce qui allait arriver. Une explosion.
Évidemment que tu pensais pas, putain. Moi non plus.
Sa petite voix désolée, prête à se recroqueviller en boule au premier coup de feu, n'aida personne. Ni elle, ni lui. Surtout pas lui.
Si au moins il avait pu la taper ou tout lui mettre sur le dos, ça l'aurait soulagé. Mais c'était plus compliqué que ça. Trop compliqué pour ça. Même à deux doigts de la crise de nerfs, il n'aurait pas pu lui dire de juste dégager et ne plus jamais lui parler. Et elle qui lui demandait s'il l'aimait, merde —

« ... Merde. »

Putain de merde.
Son talon claqua contre l'herbe. Il leva la tête — fusilla le ciel du regard — repassa ses mains sur son visage. Étouffa un hurlement entre ses doigts serrés.

Il savait qu'il allait lui faire peur mais là, il fallait bien qu'il évacue. C'était ça ou vraiment la terroriser.

« Putain de — »

Quand l'envie de lui en mettre une commença à lui faire peur, il laissa filer une nouvelle flopée de jurons et se redressa d'un coup. Il préférait encore faire les cents pas.
Pas plus de trois secondes après être allé taper dans une pauvre motte de terre, mains nouées dans ses mèches blondes, il revint près de Nikoleta et plia les jambes pour se mettre à sa hauteur.
Il réussit à contrôler le volume de sa voix, mais pas l'intention. Elle sonna angoissée au mieux, agressive au pire. Sûrement un peu des deux.

« Et t'en es où, hein ? » Il leva la main comme pour la secouer, puis la crispa et la ramena sur son genou. « Tu sais ça depuis quand ? »

Il s'en foutait. Qu'elle lui dise que ça faisait deux semaines ou deux mois, peu importe — c'était l'autre date, qui l'intéressait. Parce que si elle lui sortait que ça faisait six mois et qu'il leur en restait trois pour gérer la situation, nom de dieu.
Pas comme s'ils pouvaient avorter, en plus. Pas d'hôpital dans cette foutue baraque. Pas sûre qu'elle aurait voulu, non plus. Il ne comptait pas lui demander.
A ce stade, la vraie question, c'était pas "qu'est-ce qu'on fait ?". Elle était coincée avec, contente ou pas.

... Lui, pas.

Et il n'était sûrement pas le seul à y avoir pensé.
« Tu m’aimes ? » La bonne blague.

Il allait tuer quelqu'un.



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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeLun 2 Sep 2019 - 16:38

...

Sa colère, loin d’être une surprise, lui mit tout de même une claque ; et comme un anomal effrayé, elle se recroquevilla un peu plus. Elle allait finir par disparaitre, et sur le coup, elle aurait bien aimé. Ne plus le voir, ne plus l’entendre, s’emmurer jusqu’à oublier et… et quoi ? Elle ne pouvait pas faire semblant de ne pas être enceinte. Ça ne marchait pas. Elle ne pouvait pas non plus accoucher et abandonner le bébé – elle n’aurait pas pu, s’en serait voulu toute une vie. Et puis l’abandonner où ? Malgré ses couloirs qui s’étendaient à l’infini, le Pensionnat n’était pas immense.
La complexité de la situation la laissa muette tandis que son petit-ami continuait de se fâcher. Elle aurait presque préféré qu’il lui mette une gifle et lui crie dessus, au moins ça aurait été clair et net. Limpide. Il n’était pas heureux et elle ne l’était pas non plus – si seulement elle avait pu revenir en arrière.

Moi, maman ? Je sais à peine m’occuper de moi !

Seule la conscience que se mettre à paniquer aurait exacerbé la colère de Aarne empêcha la crise d’angoisse de lui tétaniser les muscles. Elle avait répété les mots devant son miroir, pourtant, s’était préparée à tout, pourquoi est-ce que ça venait pas pourquoi pourquoi pourquoi –

« Et t'en es où, hein ? Tu sais ça depuis quand ? »

Il la sortit de sa transe à coups de marteau. La glace en éclats, elle papillonna des yeux comme si elle venait de s’apercevoir de sa présence. Ses lèvres s’entrouvrirent sur un silence. Vite, parle, sinon…

« Je ne… »

Elle se débattit avec des liens invisibles, une main toujours crispée sur son ventre à peine rond. Ça fait un moment, mais j’avais trop peur de te le dire ? Pourquoi ? Tu sais très bien pourquoi.
Non, non, elle ne pouvait pas lui dire ça. Elle n’avait pas envie de lui dire ça ; pour une fois, la limite était tracée au fer barbelé.

« Je… je ne sais pas depuis longtemps, je… je ne sais pas ? »

Elle avait croisé si peu de femmes enceintes, dans sa vie. Elle ne s’en était rendue compte qu’une fois les symptômes trop évidents pour les ignorer. Les nausées, les douleurs, les pleurs plus fréquents…
Wow, eh, t’es enceinte ou quoi ?

Nikoleta ne put empêcher son ventre de se tordre, et son cœur de suivre juste après. Ce traître, il suivait toujours les autres.
Exactement comme elle. Un chien ne fait pas de chats – et inversement.

« Peut-être quatre mois ? » ajouta-t-elle, perdue, avant d’éclater en gros sanglots.

Elle voulut rajouter quelque chose, mais ses pleurs lui bloquèrent la respiration et toutes ses angoisses descendirent de son cerveau à sa poitrine. Brutalement, sa tête toute vide lui donna le tournis et elle s’écarta un peu de Aarne, par réflexe. Idée grandiose, il allait être ravi qu’elle fonde en larmes au lieu de lui expliquer le comment du pourquoi. Parle au lieu de chialer, merde, ça arrange rien !

Et elle savait ; elle savait pertinemment qu’elle n’allait pas régler les choses en laissant les larmes couler, mais elle avait besoin de se défouler, elle aussi, et le bébé prenait pour deux. Un peu comme s’il entendait la colère dans sa voix et voulait réagir, lui aussi.

Ou elle ? Ah, non, elle ne voulait pas y penser.
Mais trop tard.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeMer 25 Sep 2019 - 19:36

Je sais pas, je, je ne, je sais pas — mais articule, putain ! Elle croyait quoi, qu'il allait attendre deux cent ans ? Il était à deux millimètres de lui en foutre une, là. Deux secondes. Deux hésitations. C'était rien. Il l'avait à portée de main. Le problème en visuel.
Son cerveau chauffé à blanc allait claquer d'un instant à l'autre — et une fois dans le noir, bon courage. La pousser dans les escaliers, il y aurait pensé. Allait y penser. Et c'était pas la plus méchante de ses idées, clairement. Ça voulait dire qu'il restait. Qu'il voulait dégager l'intrus, pas elle.
Il ne pouvait pas garantir que ça allait durer. Et ça, c'était un putain de problème.

« Peut-être quatre mois ? »

Bordel de merde.

Ses larmes lui filèrent de l'urticaire. C'était pas pleurer qui allait régler quoi que ce soit ; ils avaient besoin de discuter, là. De trouver une solution. Un truc. Un compromis. N'importe quoi.
Et il était le dernier à parler ou à essayer d'arranger les choses, là, mais la voir s'écarter lui fit quand même l'effet d'une claque.
Tu mériterais carrément qu'elle se barre, Aarne.
La partie de son cerveau qui rigola que ça aurait été juste parfait fut assommée et jetée dans un coin. Nerfs hérissés, poings serrés, il jura et détendit les jambes pour mieux retourner insulter la terre et le ciel et tout ce qui lui passait sous le pied.
Qu'est-ce qu'il était censé faire ? Lui dire "cool, merci de m'avoir prévenu" ? Sortir un cintre et lui expliquer que "bon, un peu tard mais on peut toujours essayer de régler ça à l'ancienne" ? Ha fucking ha. Nikoleta était fragile. Nikoleta était toute petite, toute menue. Ce serait son premier enfant. Même en mettant de côté le fait qu'il allait falloir gérer le bébé s'il arrivait à terme, comment ils allaient faire pour suivre sa santé ? Vérifier que les deux allaient bien ? Y'avait pas de vrai médecin, ici. Ou aucun en qui il ait confiance. Pas de sage-femme. Pas de salle d'opération. Il avait des bases en médecines, mais pas de qualifications pour ces trucs-là.
La faire accoucher sans péridurale ? Putain de merde.
Mains sur le visage, dos à elle, il jura de plus belle.

Okay. Du calme. Ça craignait, ça faisait chier, ça lui donnait envie de tout démonter, mais on se calme.
Il avait besoin de réfléchir.

« Tu peux pas avorter. On peut pas le refiler. »

Il ne pouvait pas la pousser dans les escaliers non plus. Encore moins la frapper. Elle avait dépassé le plus gros des risques de fausse-couche, de toute façon.
Mains nouées derrière sa nuque, il inspira entre ses dents et se retourna dans sa direction.

« Super. Génial. J'espère que ça te fait plaisir. »

Parce que moi pas.
Son estomac se résorba en chas d'aiguille. Son cœur aussi.
Il en avait marre de cogner dans la terre et les cailloux, alors il refit le chemin inverse et se laissa tomber assis à côté d'elle. Genoux pliés, il y appuya ses coudes et se prit la tête dans les mains.

« Je ferais un putain de mauvais père, marmonna-t-il, gorge serrée. Tu sais ça. »

Tout le monde le savait. Lui le premier. On confie pas des enfants à un type violent et égoïste. Alors avec elle qui paniquait pour un oui pour un non, en plus...
Pire blague de l'univers.



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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeSam 28 Sep 2019 - 1:52

...

Nikoleta chercha à arrêter les larmes sans y parvenir, et plutôt que se calmer, s’étouffa sur quelques gémissements abstraits qui n’arrangèrent rien. Elle se détestait et avait envie de disparaitre, s’enfoncer sous terre, se jeter dans le lac peut-être ; elle savait nager mais dans la panique, elle allait oublier comment faire la brasse et boire la tasse. Aarne n’avait pas souhaité sa mort, mais elle prenait chaque insulte pour elle et c’était elle qui finissait par la souhaiter, sa mort. Trop nulle, pas assez de jugeote, pourquoi tu me l’as pas dit nom de – et elle recommençait avec ses pensées parasites, elle n’allait nulle part.
Ses jambes étaient comme prises dans du ciment.

Elle ravala sa tristesse dans un reniflement quand il parla d’avortement ; son corps se recroquevilla à l’idée, malade de lui-même. Elle aurait accepté, si elle avait pu, c’était ça le pire : pour lui, elle l’aurait fait. Elle en aurait fait des cauchemars mais avec le recul, tout lui aurait semblé limpide. Un enfant, ici, avec vous deux comme parents ? Pire idée au monde.

Ses épaules, secouées par ses sanglots, semblaient vouloir la casser en deux.

« Super. Génial. J'espère que ça te fait plaisir. »

La jeune femme s’étouffa à nouveau, mais d’indignation cette fois. Plaisir ? Où est-ce qu’il voyait que tout ça lui faisait plaisir ? Elle ne laissa partir qu’un éclat vite avorté (ah) et noyé par ses larmes qui refusaient d’arrêter de couler. Il était injuste. Elle allait mal, elle tremblait de peur, et tout ce qu’il trouvait à lui dire, c’était que ça lui faisait plaisir ?
Mais la colère ne durait jamais avec Nikoleta, et elle était assez lucide pour savoir que crier sur lui n’arrangerait rien. Ça lui donnerait peut-être même une bonne raison de hausser la voix, et elle n’en avait pas besoin ; autant faire profil bas.

Elle laissa ses sourcils froncés parler pour elle.

« Je ferais un putain de mauvais père. Tu sais ça. »

Son cœur rétrécit jusqu’à être douloureux, un petit pois dans une poitrine qui commençait tout juste à arrêter de tanguer à tous les vents. Elle n’osa pas le toucher, parce qu’elle se méfiait, mais son visage reprit une expression mélancolique. Tu sais ça ; oui, elle le savait, mais non, elle ne le pensait pas. Elle l’aimait trop pour ça.
Ses amis auraient été les premiers à lui rire au nez, mais elle n’en démordait pas. Avec le temps…

« Et moi, alors. Je ne sais rien faire de bien.:B »

On lui disait souvent qu’elle s’apitoyait sur son sort, mais elle pensait toutes les méchancetés qu’elle se lançait – malheureusement. Inutile, un peu bête, pas capable de faire les choses biens, même pas capable d’éviter de tomber enceinte. Tu parles d’une super maman.

« Et ça me fait pas plaisir. Si je pouvais, je. »

Je ne sais pas. Je reviendrais en arrière, je m’en débarrasserais, n’importe quoi. Tant que ça te fous pas en rage.
Elle passa le dos de sa main sur ses joues avec un ultime soubresaut.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeDim 20 Oct 2019 - 0:00

Rien faire de bien. Ha. Caché derrière ses paumes, il étouffa un soupir frustré. Il n'avait même pas envie de la contredire. C'était faux — evidemment, qu'elle faisait des trucs bien ; elle arrivait à le supporter, non ? — mais à quoi ça aurait servi de le lui dire maintenant ? Il aurait donné l'impression de vouloir la consoler, et il ne comptait pas le faire. Dans son état, c'était hors de question. Même pas la peine d'y penser.
Ça aurait fini en dispute. En insultes. Il se connaissait assez pour ne pas vouloir se faire confiance. Pas foutu de changer, mais pour s'analyser, ça, pas de soucis. Il se comprenait par cœur. De A à Z.
Sans ça, il lui aurait déjà hurlé dessus dix fois d'aller se faire foutre. Elle en avait, de la chance.
Super, Aarne, t’arrive à t'empêcher d'être le pire connard possible. Tu veux une médaille, avec ton putain d'autocollant ?

« Et ça me fait pas plaisir. Si je pouvais, je. »

Ses mains glissèrent le long de son visage. Il les crispa sur le bras opposé, regard fixé sur un point au hasard, près de l'eau.
Il détestait l'entendre pleurer. Être impuissant. Incapable de faire quoi que ce soit. "Si je pouvais", ouais — c'était bien le problème, hein ? Plein d'idées, et aucune de possible. Ils se retrouvaient coincé dans le pire scénario catastrophe possible, sans issue de secours ni sonnette d'alarme à tirer. Pas moyen d'arrêter le train. Lever le pouce mettrait pas le jeu en pause. Ils pouvaient rien faire. Rien. Que dalle.

Bienvenue dans le monde des adultes et des putains de responsabilités qui te donnent envie de te jeter par la fenêtre. Oublie pas de te marrer, entre deux crises de nerfs.
Hahaha.

Des injures, il en pensa mille autres. Alors il cogna son front contre ses bras ; les ravala tant bien que mal. Il pouvait passer tout l'après-midi à insulter Nikoleta. Attendre qu'elle n'en puisse plus et parte en pleurant. Il pouvait se barrer, aussi. La laisser se débrouiller. Ne même pas lui dire ce qu'il comptait faire au juste.
Et oui, okay — elle ne lui avait rien demandé. Pas de question, pas de réponse. Simple.
Sauf qu'il était intelligent. Encore une qualité dont il se serait bien passée, par moments, mais c'était comme ça. La question, il l'entendait. Il ne pouvait pas faire semblant.

Il l'avait foutu dans cette situation autant que l'inverse. A défaut d'être capable de compassion, il pouvait au moins essayer de faire preuve de respect.
Essayer.

« Putain. »

Il se laissa encore une minute pour souffler. Empêcher ses doigts de se mettre à trembler. Relativiser. Réfléchir.
Une minute, pas plus. Ensuite, il releva la tête.

« Tu veux que je te dise quoi, grommela-t-il, une main de retour contre ses yeux. Je vais pas te balancer dans les escaliers. »

Et ce serait pas faute d'en avoir eu envie, pourtant. C'était plié d'avance. Ça allait le démanger, quand elle allait se mettre à trop enfler. Quand le machin allait commencer à taper du pied, là-dedans. Il allait cogner les meubles et les murs et hurler et à un moment ou à un autre, Nikoleta serait dans le coin, et il aurait envie de la passer par la fenêtre.
Plus de fille, plus de bébé. Problème réglé.
L'idée lui fit crisper les poings dans l'herbe. Elle commençait bien, leur vie de famille.

« Et je vais pas laisser un autre connard s'occuper de — » Du bras, il fit un geste vague vers elle. Toi. Ça. « Mais PUTAIN — »

A défaut d'autre chose, il tapa du talon contre la terre et l'herbe froissée. La douleur remonta jusqu'à sa hanche.
Putain, ouais.

Il avait juste envie de retourner se coucher.



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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeSam 26 Oct 2019 - 22:16

...

Lies sanglots se calmaient petit à petit, mais pas son cœur affolé qui battait toujours la chamade. Elle lançait des regards discrets à Aarne, sans oser s’attarder, comme s’il avait pu le sentir et s’énerver encore plus. Tu crois vraiment qu’il peut s’énerver plus ? Regarde-le fulminer.
Nikoleta aurait pu hurler, elle aussi – si les cris lui étaient venus plus facilement que les larmes. La détresse, la colère, le désespoir, tout la laissait muette mais brisait une à une les digues. Elle se trouvait stupide à sangloter pour un rien, mais elle n’y pouvait pas grand-chose ; surtout que là, ce n’était pas rien.

Les main sur les genoux, elle poussa un gros soupir qui lui fit mal à la poitrine. Elle se promit de ne plus pleurer, tout en sachant que s’il élevait trop la voix, les larmes allaient se remettre à couler sans son autorisation. Essaye de rester calme, de l’apaiser, de te faire toute petite.

Comme si c’était entièrement ta faute, et pas la vôtre. Comme si tu avais percé la coque toi-même.


Ah – elle l’aurait imité, si elle avait aimé la vulgarité. Le cœur n’y était pas. Rien n’y était.

« Tu veux que je te dise quoi. Je vais pas te balancer dans les escaliers. »

Elle grimaça derrière une mèche de cheveux, qu’elle entortilla dans son chignon défait. Elle retomba le long de sa nuque la seconde d’après, y laissa un frisson glacé.
La précision l’effraya ; elle ne voulait pas qu’il pense à cette éventualité, même si c’était pour se dire qu’il n’oserait jamais. Elle ne voulait pas se briser les os, elle ne voulait pas mourir, et elle ne voulait même pas perdre son bébé. Pas comme ça. Il l’embêtait à exister, il gâchait sa vie (leur vie), mais elle ne se serait pas remise d’un tel accident. Ahah, tant mieux, hein ? T’en voulais pas, de toute façon.

Elle aurait aimé qu’il lui dise que tout allait bien se passer. Que même si ça allait être dur, ils allaient s’en sortir.
Qu’il l’aimait quand même.

« Et je vais pas laisser un autre connard s'occuper de… Mais PUTAIN — »

Elle se recroquevilla encore, jusqu’à ressembler à une petite huître et sa perle. Elle aurait aimé le toucher, mais elle n’osait pas. Pas quand il criait, c’était trop risqué. Bien malgré elle, elle avait pris le pli. Elle évitait les secousses, tout ce qui aurait pu faire du mal à l’enfant. S’il la frappait…
Il ne me frapperait pas. Ou peut-être. Mais pas au ventre. Il ne me pousserait pas dans les escaliers.

Sa famille aurait hurlé à l’entendre penser ça comme si c’était rassurant et une garantie de la gentillesse de son petit-ami. Wow, il va t’aider sans te balancer par la fenêtre, quel homme.
Nikoleta n’aimait pas les remises en question, encore moins quand ses doigts tremblaient et qu’elle avait besoin de quelqu’un à ses côtés.

« On peut pas faire autrement, renifla-t-elle avec un regard éploré pour l’eau stagnante, alors… alors je veux juste que ça se passe bien. »

Parce qu’elle avait peur. Elle était morte de trouille, et pas seulement à cause du côté pratique de la chose. Elle n’en était pas rendue à se dire qu’accoucher sans anesthésie allait être une torture, qu’il n’y avait peut-être personne de qualifié pour les aider ; elle pensait au bébé, au fait qu’il n’y avait pas de précédent (à sa connaissance), à ce qui allait lui arriver. C’était un paradoxe ambulant. Et si jamais les propriétaires l’enlevaient ? Le tuaient ? Et s’ils avaient commis un crime contre leur gré ?

Aarne lui aurait reproché d’être trop fantasque, de ne pas se poser les bonnes questions, mais…

Mais elle n’avait jamais été rationnelle. Et il le savait.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeMer 11 Déc 2019 - 14:38

La douleur dans sa hanche et sa cheville ne lui donna pas plus envie de pleurer que le reste. Juste de crier. De frapper. De hurler plus fort. D'injurier, de se débattre, de faire mal à quelqu'un — lui, elle, un autre, peu importe.
Ça n'aurait aidé personne. Même pas lui. Mais ça lui aurait fait du bien, sur le moment, et il n'était pas sûr de pouvoir faire mieux que ça. On fait avec ce qu'on a. On fait comme on peut.
Sa respiration s'écorcha tout le long de sa gorge. Son soupir fut soufflé de travers. Ses poings tremblaient et il avait juste envie de partir, de disparaître, mais les larmes restèrent bloquées dans sa poitrine. Pas foutu de respirer et de faire la part des choses ; encore moins de craquer. C'était trop difficile. Elle en avait, de la chance, Nikoleta. En plus d'être enceinte et le meilleur petit-ami sur Terre, elle se fendait en deux au premier problème un peu grave.
Et ils l'étaient tous, pour elle. Graves. Effrayants. Dangereux.
Il aurait préféré la rassurer. Faire comme d'habitude. Sauf que pour une fois, elle avait raison.

C'était terrifiant.

« On peut pas faire autrement, alors… alors je veux juste que ça se passe bien. »

Un drôle de soupir étranglé lui fila encore entre les dents, visage détourné dans l'autre sens. Bien, ha — elle en demandait beaucoup, mademoiselle. Il n'allait pas bien la gérer, la situation. Il allait passer cinq mois (moins ?) à vouloir tuer tout le monde dans cette putain de baraque. Il aurait du mal à être aussi affectueux qu'avant, aussi, et c'était déjà franchement limite. Les câlins, il allait devoir se les arracher.
Alors que s'il y avait bien un moment dans sa putain de vie où il aurait dû se mettre en pause et l'attraper par les épaules pour l'enlacer sans rien dire, ç'aurait été là. Un "je suis là, je reste, on se calme, ça va" silencieux, au lieu de nourrir ses angoisses comme si ça avait été son putain de job.
Ses mères auraient été tellement fières. La honte de la famille, Aarne. On traite pas une fille comme ça.
Mais si elles avaient été là, il n'aurait pas eu à gérer ça tout seul avec Nikoleta. Il se serait mieux débrouillé. Il aurait eu moins peur. Plus de choix.
Les circonstances empiraient tout.

Aarne serra la mâchoire. Laissa le silence se prolonger encore un peu. Inspira.
Quand il expira, son regard revint se poser sur le lac.

« Ça va bien se passer. » Le ton fut catégorique. Définitif. « Le machin va sortir. Il aura un nom. Il ira putain de bien. »

Ou la machine. Ils allaient devoir trouver deux noms.
Génial.
Il ne pouvait vraiment pas lui promettre que le fœtus n'allait pas s'amuser à s'auto-digérer, qu'il serait en bonne santé, qu'il... quoi que ce soit, en fait — dans un pensionnat magique, pas moyen de rationaliser. Il ne pouvait pas non plus lui garantir que l'accouchement n'allait pas la tuer ou presque, parce que personne ici n'était sage-femme. Pas de péridurale. Pas de matériel adapté.
Mais s'il pensait à tout ça il allait se mettre à hurler deux fois plus, et elle à hyperventiler en rythme.
Ça pouvait attendre.

« On va plus pouvoir dormir pendant deux ans et je vais défoncer des murs, ajouta-t-il entre ses dents, mais ça ira super bien. »

Question projection, c'était le mieux qu'il puisse faire sans se mettre lui à hyperventiler. Ça lui donnait le tournis, ces conneries.
Maintenant que la colère commençait à se diluer d'un milliard d'autres choses, toute la situation reprenait des airs de blague. Elle perdait en réel.
Et lui, il flottait.

« ... Quelqu'un d'autre est au courant ? »

Il l'imaginait presque mal venir le voir lui en premier. Qui de sensé aurait fait ça ?
Les filles parlaient toujours entre elles, en cas de problème.



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To put it through the wall ;
You gotta wanna break the hearts
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You gotta wanna be the drummer in the band,
You gotta wanna be a battering ram ;
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RP en cours : Nikoleta s'enferme dans les placards par là.


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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeSam 14 Déc 2019 - 22:14

...

Les doigts entrelacés à se les briser, Nikoleta buvait le silence comme un verre d’arsenic. Elle détestait se sentir en tort, se sentir mal à ce point – c’est ma faute, pardon, mais est-ce qu’on peut remettre le compteur à zéro ? Est-ce que tu peux me pardonner ? Elle savait qu’il ne la serrerait pas dans ses bras et ne la rassurerait pas (pas comme elle aurait aimé, pas comme elle en aurait eu besoin), elle voulait juste qu’il se calme. Lui dise que tout allait bien se passer, et…
Et elle n’en demandait pas plus. Elle voulait simplement savoir qu’il serait à ses côtés, parce que la peur lui tordait le ventre.

Un truc aussi débile, franchement, Nikoleta. Ça arrive aux autres filles, pas à toi, parce que tu es sage et que tu fais attention et que tu n’es pas stupide. Hein ?
Elle pensait ça, avant. Plus maintenant.

Stupide jusqu’au bout des ongles. Pardon.

« Ça va bien se passer. Le machin va sortir. Il aura un nom. Il ira putain de bien. »

Elle se mordit les lèvres, partagée entre soulagement et angoisse – les aiguilles dans sa voix lui piquaient toujours le cœur, mais elle allait devoir s’y habituer. Il allait lui falloir du temps pour accepter ce bébé, ce n’était pas lui qui le portait, et il… il avait peut-être peur au fond, lui aussi. Elle ne savait pas. Elle savait en revanche qu’elle allait devoir passer sous le radar ces prochains mois.
Je ne veux pas l’énerver plus.
Elle en aurait presque souhaité disparaître.

Nikoleta dessina des arabesques sur le tissu de son pantalon, plongée dans une contemplation muette. Un nom.

Elle n’avait aucune idée de nom. Ça ne lui avait jamais traversé l’esprit.
Les murs défoncés la firent grimacer et percèrent son début de bulle sans pitié. Elle se fichait bien de ne plus dormir, c’était juste…

Tu peux le dire, à ce stade, que c’est surtout lui qui t’angoisse. Il le pendra très bien, j’en suis persuadée.

Elle dut se faire violence pour éviter l’hyperventilation – ça, ça n’allait aider personne. Calme, paix et sérénité. Aarne allait forcément finir par se faire à l’idée, et qui sait, une fois le bébé né…

Ce n’était pas parce que ça n’arrivait que dans les contes de fées qu’elle n’avait pas le droit d’y croire. N’importe quoi pour la clouer au sol et l’empêcher de se perdre en spéculations. Son pauvre cœur avait besoin de repos.

Et puis ça ne pouvait pas être bon pour le bébé. Elle n’était pas experte, mais…
Ahaha. Elle avait encore envie de pleurer.

« ... Quelqu'un d'autre est au courant ? »

Elle le prit comme un reproche malgré elle et eut un petit mouvement de recul. Ses doigts frôlèrent l’herbe, en arrachèrent à nouveau quelques brins. Comme bloquée, il lui fallut trente secondes pour rétorquer :

« Non. Je voulais que tu le saches en premier. »

Parce que qui d’autre que le père ? Elle n’aurait jamais osé en parler aux autres, même pas à Nike. Elle aurait eu peur que tout se répande comme une trainée de poudre, qu’il l’apprenne de la bouche d’un autre, et ça… ça, elle ne s’en serait pas remise. Dans tous les sens du terme.

Elle avait déjà assez de mal à avaler les mots durs, comme autant de bleus sur sa peau. Elle voulait faire les choses bien, à défaut de pouvoir tout arranger d’un claquement de doigts.

« Je te jure. »

Et elle n’aurait pas parjuré.
Pas son genre.
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MessageSujet: Re: Denial is fine.   Denial is fine. Icon_minitimeDim 12 Jan 2020 - 1:24

Le silence de Nikoleta fut interprété comme un "oui" coupable et lui, il ne réussit même pas à le prendre mal. A s'énerver. Aussi nul soit-il pour se mettre à la place des autres, il comprenait l'essentiel. Comprendre qu'on ne veuille rien lui dire, surtout rien d'important, rien qui puisse le fâcher, il avait l'habitude.
Il détestait ça. Vraiment. Qu'on le laisse à l'écart ou qu'on lui mente, parce que "tu sais comment t'es, hein, t'as vu comment tu réagis, je préfère encore me débrouiller sans toi". Qu'on ne l'appelle pas. Qu'on le ménage, pour une raison X ou Y. Mais il comprenait, et il savait pourquoi, et de toute façon c'était comme ça. Il n'y pouvait rien.
Comme pour tout.

« Non. Je voulais que tu le saches en premier. »

La surprise dans ses yeux clairs passa de l'eau à Nikoleta en un glissement méfiant. Vu son hésitation et juste — lui, sa façon de réagir, ses réactions à elle — tout, en fait — il avait du mal à croire qu'elle n'ait pas été à se confier à au moins une personne avant de venir lui balancer la joyeuse nouvelle à la tête. Assurance. Filet de sécurité. S'il le prenait mal et lui hurlait d'aller se faire voir dans un fossé, elle avait quelqu'un sur qui aller pleurer. Ça lui semblait logique.
Pas que Nikoleta soit logique. Mais bon.
Il préférait être le dernier au courant à un mensonge. Même si les deux réactions, pour le coup, auraient été causées par le même facteur.

Moi-même, monsieur le juge.

« Je te jure. »

Il reposa le regard devant lui.
Ben si elle jurait, hein. Comment ne pas la croire.

Renfrogné, il soupira un peu plus de frustration vers le lac.

Elle devait le connaître assez pour savoir qu'il n'aurait pas aimé apprendre plus tard qu'elle avait menti — et pas assez confiance en elle ou le monde pour être sûre que ça n'arriverait jamais. Elle ne prenait pas de risques.
C'était d'autant plus triste, tout ça. Elle savait l'anticiper.
Alors pourquoi tu restes, on se le demande.

« Tu peux en parler, lâcha-t-il platement, regard perdu sur les rides de l'eau et lui dans ses réflexions. Si tu veux. »

Ses amies, il leur faisait un minimum confiance à défaut de les apprécier. Et c'était pas non plus Alex ou un autre débile du genre qui allait lui faire du mal ou lui mettre des trucs bizarres en tête. Ceux qui auraient pu vouloir aller lui tapoter le ventre parce que "wow, je savais pas que c'était possible", elle ne devait pas les fréquenter.
A priori.
Concentré sur le côté technique pour essayer de chasser encore un peu de colère, il se mordit l'intérieur des joues.

« Fais juste... gaffe. Je veux pas avoir à défoncer quinze tarés parce que t'as une gueule d'exception ou je sais pas quoi. Et... »

Il crispa les poings. Bon, si. Il aurait adoré devoir les défoncer. Mais savoir qu'elle se faisait harceler, non merci. Ça allait déjà être un putain de miracle si elle arrivait à terme sans problèmes, à stresser pire qu'une cocotte-minute. Un peu tard pour faire une fausse-couche. Le plus dur était passé.
Si on veut, ouais. Il aurait préféré qu'elle s'en rende compte en en faisant une, qu'il fasse gaffe ensuite, mais trop tard pour ça.

Toujours tendu de bas en haut, il se tourna vers elle.

« ... Si t'as le moindre. Problème. T'as intérêt d'en parler. Je suis sérieux, Nikoleta, gronda-t-il entre ses dents. T'attends pas quatre mois pour te rendre compte que y'a un truc qui va pas, parce que je te. »

Rien. Je te rien. Mais putain — si elle geignait dans son coin sur un "petit truc c'est pas important je veux pas l'embêter il va se fâcher" et que c'était grave, et qu'ils s'en rendaient compte trop tard parce que pas de médecin à l'horizon, il allait hurler dix fois plus. Il avait des bases de médecine. Sûrement plus qu'elle, en tout cas.
Pas la peine d'empirer les choses. C'était assez horrible comme ça.



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