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 L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]

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Wonderland's Obscene Psychopath
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• Pouvoir : Contrôler la température sanguine
• AEA : Une bestiole verte et visqueuse, vaguement inutile, quoique armée d'un poison fascinant !
• Petit(e) ami(e) : L'intemporalité stellaire. Cela te convient-il ?

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L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? | Émile Watson
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Tes croyances, j'en fais un autodafé | Antoine de Landerolt
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MessageSujet: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Ven 2 Déc 2011 - 20:59

L 'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ?
- C.Rogers.

-

Être ou ne pas être, là est la question. Cette interrogation introspective nous embobine, nous tourmente, car que sont les gens s’ils ne sont pas que des fourmis ouvrières esclaves de la société qui les domine ? I wonder. Que sont réellement ces visages regroupés dans une masse fade et incolore ? Rogers de la perspective humaniste a maintes fois répété que l’être humain venait au monde en tant qu’être pur, dénué de malice. Il a écrit, consigné, que l’humain choisirait instinctivement de faire le bien à l’opposé du mal, qu’il aiderait son prochain sans se poser de questions. Pourtant, lorsqu’on remarque les itinérants qui peuplent les rues de Montréal, lorsqu’on entend parler des haïtiens qui attendent encore et toujours l’aide financière promise pas l’état, on se demande sérieusement où toute cette soi-disant bonté s’est envolée. Ce cher Rogers a, bien évidemment, apporté des réponses à cette réfutation partielle en affirmant qu’il fallait blâmer le comportement dénaturé des gens sur la société et les valeurs qu’elle communiquait.

À écouter Rogers, les hommes ne sont qu’une bande d’écervelés innocents, incapable de nager contre le courant. Simplets et dégoutant. Qui a créé la société ? Qui a engendré les disparités sociales, la guerre et tous ces autres supposés fléau ravageant la planète Terre ? Qui d’autre que l’humanité serait apte à réaliser un schéma aussi complexe ? Tsk !

Rogers est un clown, un con intersidéral, idéaliste et niais. Les désirs de domination, de pouvoir, de plaisir surpassent les autres sens, car ils sont connectés aux principales émotions régissant le comportement humain. De plus, cet idiot d’humaniste a littéralement écarté le concept de perspective de son analyse de la race bipède que sont les femmes et les hommes. La bonté et son sens varient d’un individu à l’autre. Je me trouve particulièrement sympathique d’avoir mis fin aux jours de l’épave collant qu’était Samuel Gontrand. La seule chose que j’ai le dédain de regretter, c’est d’avoir condamné ma propre existence au travers de mon acte décadent. Du meurtre tel quel je n’ai que faire. Je n’ai jamais souhaité l’aider, je désirais simplement observer sa déchéance du premier rang. Faut croire que je me suis un peu trop incorporé au spectacle . . .

Soit. Rogers et ses copains humanistes, ont totalement tourné un œil aveugle en direction de l’atrocité mutante, vile et sombre qu’est l’esprit humain. On naît aliéné, on naît malade. Rien ne changera ça, il parait que nous le sommes tous un peu. Fous, je veux dire. Certains se voient simplement plus affligés que d’autres . . .

Je suis bien placé pour savoir que la société à elle seule ne peut définir un être. Je massacrais des animaux bien avant d’avoir posés les yeux sur Aliss et ses déboires, avant de comprendre que l’emploi de mes exécrables géniteurs compterait toujours davantage que leur propre progéniture. Mon aliénation est peut-être plus profonde, plus grave, mais j’ai la ferme certitude qu’une ébauche du même genre sommeille dans chaque être peuplant la Terre. La société, selon mon humble avis, sert de médiatrice, de laisse. Elle empêche son peuple de sombrer dans l’anarchie, établissant des limites et des normes étouffantes. Règles non-écrites qui se voient plus souvent qu’autrement contournées dans le noir.

Rationaliser mon existence me fait chier, mais cliniquement parlant, c’est un fait. Heureusement, la réalité ne relève pas uniquement de la stérilité de la science. La transcendance dominera toujours dans le cœur des damnés et c’est bien pour cela que je suis leur hilare tortionnaire, un démon souriant aux noms égarés. Je les domine par mes mœurs enivrantes, par mes opinions éclairées. Je suis supérieur, je flotte au-dessus d’eux. Les règlements ne réussiront jamais à me mettre à genoux. Au fond, mis à part l’enveloppe corporelle qui me compose, je n’ai rien d’un humain. Rien . . . sauf le sentiment de damnation imposé par les prunelles cobalts d’une âme sœur éplorée. Mon humanité, cette part vulnérable de ma personne, réside dans cette envie doucereuse qui me susurre de la combler.

Swan. . .

J’ai caché mes ailes de démon pour toi, j’ai fermé les yeux sur mes pulsions. Pour toi. Toujours pour toi. Tu es le seul détail suintant de normalité chez moi, le seul truc qui fait défaut, l’anicroche agaçante. Ta présence était si sucré, elle me donnait mal au ventre, me torturait l’œsophage. Sans toi, j’aurais pu être Dieu. J’aurais pu être Chess. . . bien avant aujourd’hui, bien avant mon arrivée en l’enceinte de cette prison perfide. Oh Lawrence . . .

Pourquoi ?

J’entends le vent qui siffle à l’extérieur, l’imagine distraitement marteler le marbre de l’endroit avec fureur. Le ciel que j’aperçois au travers des fenêtres dénudé du lieu saint est argenté, sombre et austère. Il s’agence avec merveille à la morosité qui m’aspire dans son trou noir. D’énormes nuages ombrageux n’ayant pas le luxe de sembler cotonneux décorent les limbes stellaires. L’annonce d’une tempête certaine. J’esquisse un sourire désabusé, plongé dans cette rêverie horripilante qui m’assaillit depuis ce matin. J’ai toujours bien aimé regarder la pluie tomber, contempler les éléments se déchaîner avec ferveur. Ces phénomènes resteront à jamais indomptables, parfaits dans leur état éphémère.

Je resserre l’étreinte de ma paume autour du Blackberry noir qui me sert de cellulaire. Mes yeux parcours la sépulture jusqu’à laquelle mes jambes m’ont porté. De larges colonnes évoquant la Grèce antique, une absence totale de signe religieux quelconque. Si on ne m’en avait pas touché un mot, je ne me serais jamais douté que ce lieu était un endroit saint, pur, béni. Béni par qui, par quoi ? Impossible à dire. Pas que cela m’importe particulièrement. Malgré le fait que la spiritualité, le mysticisme, demeurent des aspects de la vie titillant ma curiosité- d’où viennent-ils ? Comment ont-ils été créés ?-, ils relèvent tout de même de l’imaginaire. Des faussetés engendrées par un besoin de sens, de protection. Nul ne possède de preuves des mythes religieux qu’il avance, ne peut nullement supporter les théories à dormir debout qui composent la religion. C’est de la grosse bullshit, de la bouillabaisse rassurante. Amen. Halla. Mangeons cachère pour éviter le courroux destinés aux pêcheurs ! Balivernes contrôlantes, indisposantes.

Je préfère nettement jouer avec mes propres règles, voir le monde de mes propres yeux cerclés de lentilles aquamarines. Je ne me mens pas pour rendre le monde plus beau. Non. Je l’analyse, lui et ses habitants, de manière exhaustive de sorte à tout voir, de sorte à dominer avec la nonchalance du junkie hilare.

Mon téléphone laisse échapper un nouveau tintement sonore. Bruit lambda qui laisse s’échapper un juron purement québécois de mes lèvres claires. C’est le soixante-douzième message texte. Je me refuse de les lire, tourmenté par les possibles mots que pourraient contenir ces lettres pixélisées. Je n’ose pas contempler les paroles envoyées à mon adresse de peur de saisir le combiné plus vivement dans le but de composer le numéro de mon horrible compagnon de vie. Les yeux bleus ont toujours su m’envouter.

Pft.

J’ai quitté ma chambre, ce matin, après avoir constaté l’absence du binoclard torride me servant de colocataire, ainsi que celle de sa console chérie. Sans personne avec qui communiqué ( pas qu’Augustin soit particulièrement loquace ), je m’étais vu laissé à moi-même. Attraper mon téléphone cellulaire pour vérifier la présence de texto avait été un geste purement impulsif, résultant de ma mémoire sensorielle kinesthésique. Faux mouvement qui me valait cette humeur merdique dans laquelle je baignait. Pour l’instant. Je m’étais vite enragé à la vue du nom de Swanster, portant ma fureur sur l’oreiller du lit voisin au mien. Celui du chat, je crois bien. Il n’aura qu’à voler celui d’Iule, s’il tient tant à avoir un coussin.

Soit. En ces lieux ma colère est destructrice, maléfique, sanglante. Bien que je ne rechigne point devant la douleur, je préfère ne pas me dispenser d’un bras sans raison valable. L’infirmerie est crade. Vraiment. Ce faisant, dans un élan de maturité qui aurait surpris tous ceux me connaissant un minimum, j’avais choisi d’aller me promener, histoire de me calmer, histoire de me débarrasser définitivement de ce perturbant cellulaire.

Par conséquent me voici ici, là où je me suis rendu par curiosité, sans réellement réfléchir. Après tout, quant à prendre l’air, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups et explorer les lieux de surcroît ?

Un nouveau tintement, carillonnant et résonnant contre les murs du temple. L’écho me perturbe. Je ne peux m’empêcher de baisser la tête pour capturer l’écran tactile de mon téléphone portable du regard. Soixante-treizième message adressé à Kohaku Joshua Mitsumasa de la part de Lawrence Swanster. Je suis damné.

Les mots me percutent, bariolent mon esprit de désarroi, d’un besoin si oppressant que j’ai envie d’aller retrouver Jason pour une nouvelle joute férale. La tension, l’angoisse. Je suis en plein théorie Freudienne.

Dis moi que c’est pas toi Ku . . . Ou dis moi que tu l’as fait. J’m’en calisse ! Reviens criss, tes parents ont en masse de cash pour étouffer l’affaire ! T’fais parler les médias . . . ton visage est partout. Allez reviens. Je suis inquiet. Carter aussi. Répond au moins. Ne m’abandonne pas. Je vais continuer de te texter jusqu’à ce que tu répondes ! Je sais que tu me lis ! Allez, Kohaku, come on ! Répond ! :( ]

S’en est assez. Je ne pourrai pas supporter mon état de prisonnier si je dois me voir contraint de lire de telles âneries tous les jours, chaque heure, chaque minute. Je lève mon bras, contemple une dernière fois le fond d’écran de mon portable, le souvenir d’une soirée simplette passée à rigoler au DAILY DOSE, puis, d’un élan sauvage, fracasse mon téléphone au sol. Il va se taire ce machinchouette technologique.

« FERME TA GUEULE CRISS ! »

Je ne m’arrête pas là. Bien entendu. Je le piétine, martèle la coque couleur fer de mes bottes de cuirs sans ménagement. En miette ce réceptacle, à mort ce lien constant. Je ne regrette rien. J’ai toujours mes livres, j’ai toujours le contenu de mon ordinateur portable, ainsi que l’étrange connexion internet du pensionnat. Je n’oublierai pas. Jamais.

Le bruit de mes semelles qui percutent le sol est assourdissant, l’écho de chaque coup rebondissant sans cesse sur les parois composant le temple du manoir interdit. C’est violent. D’un point de vue extérieur je dois ressembler à une espèce de primate dégénéré. Je m’en contrefiche. Ça fait du bien de contredire Rogers, c’est jouissif de prouver que l’humain est dégueulasse. Swan en est la preuve. Des êtres purs ne peuvent manipuler les démons, ne pourraient détruire les soupirants de Chess.

Ce n’est que lorsque que mon cellulaire est réduis à néant, un amas de plastique, de métal et d’électronique suspect, que je me retourne vers l’entrée. Ma respiration est saccadée, l’intensité du moment m’ayant valu quelques degrés de chaleur de plus. Mon pouvoir s’éteint lentement, la sensation de brûlure disparaissant avec lui. La vision qui me percute est cette d’un jeune homme, probablement plus jeune que moi. Je ne l’ai pas senti, ni vu arrivé. J’ai la décence de figé, avant de me renfrogné, d’hérisser mon caractère.

Il n’avait pas le droit d’assister à ça !

« Qu’est-ce que tu calisse ici !? »



-



[ HS : Bon. . . j’ai pris quelques libertés au sujet d’Émile, si ça ne convient pas, dis le moi et je modifie xD ~ Je me disais simplement que Émile ne l’aborderait pas lui-même. ]



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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Ven 9 Déc 2011 - 5:40

« L 'être humain est bon…
… c'est la société qui le corrompt. »


12 Janvier, 1845.
Journal appartenant à -

« L’être humain, ce mammifère fourbe et rusé. Tantôt charmant, tantôt impitoyable. Jamais totalement sincère, que ce soit avec ses compères ou tout simplement avec lui-même. Il glisse lorsque le verglas vient ou fait tomber les autres. Peut importe son caractère, sa nationalité, sa langue, il est toujours aussi faible. Pathétique. Il y avait sûrement plus de manière de tuer un homme que le nombre d’être vivant sur Terre. Si fragile qu’une simple chute fermerait définitivement la porte de la vie devant ses yeux. Dieu seul sait le pourquoi de leur création en tant que tel. Pourquoi avoir passé tant de temps sur ses créations, si c’était au final pour bâcler tout cela bien grossièrement ?

L’homme naturel n’était pas totalement bon à sa naissance. Il n’était qu’un abject amas entrelacé se bataillant entre les deux grands règnes. Seul deux passions l’animent : la pitié et l’amour de soi.

La pitié, quel sentiment humain. Cette répugnance à voir son semblable souffrir. N’était-elle pas signe de grande faiblesse ? Qui sait. Elle a mené tant d’hommes à l’abattoir. Hommes que l’on considérait d’ailleurs étant bons. Or, combien de fois cette émotion avait-elle été exploitée à des fins peu louables ? Ils étaient naïfs. Tous. Ou presque. Il y avait ceux qui savaient jouer le grand jeu du prédateur laissant son prochain sur le banc de l’inconscience fatale. Ceux-là, ils n’étaient point plus forts que les autres. Non, ils n’étaient que vermines et bestioles énervantes. Si on les admirait quelques temps, on venait bien vite à les détester. S’ils avaient le sens de survie plus développé, on ne pouvait dire qu’ils vivaient plus longtemps. Il y avait toujours plus sournois que soi. Même l’homme qui s’était apitoyé sur le sort d’un camarade risquait de devenir son ennemi.

Ou allait donc le monde ? Comment serait-ce dans les années deux-milles ? L’être humain courait inexorablement à sa perte. C’était presqu’amusant ; le plus grand ennemi de l’homme ne serait pas la hache de son voisin ou son chien rageur, mais bel et bien lui-même. Lentement, à petit feu, il s’éteindrait dans l’ombre. La majorité en n’aura probablement pas conscience. Chacun voit ou entends la mort venir happer la vie d’inconnu. Personne ne réagit vraiment. Bien sûr, il y la potence. Mais est-ce que cela règle les problèmes ? Encore hier, mon cher frère parlait avec un bourgeois au sourire des plus hypocrites. On l’a exécuté vif, sous mes yeux.

Bref, personne ne me ferait avaler que l’homme est né bon. Celui qui s’y tenterait n’est point mieux que ceux cité plus haut.

Si l’homme était véritablement bon, pourquoi tant de gens se voyaient accablé d’immondes problèmes financiers et sociaux ? Si l’homme était véritablement bon, ses problèmes n’existeraient pas. ILS avaient le pouvoir entre les mains. ILS pouvaient aisément leur rendre un semblant de vie. Mais ils ne le feront pas. Je ne suis pas naïf, je sais qu’ils en n’ont rien à cirer. Ils ont leur priorité, tout comme j’ai les miennes.

En ce moment, je crois que je devrais être sous ma couette depuis déjà quelques heures. Mais je m’en fiche. Je me fiche bien des cernes qui prouveront mon pauvre jugement, de l’épuisement qui viendra s’abattre comme un rapace à mon réveil, de mes paupières qui se fermeront au milieu d’une lecture. Tout cela, c’est futile. Si je ne pouvais vivre ma vie pleinement, alors à quoi ça me servait des respirer l’air de cette terre ? Je vivais au jour le jour. Simplement.

Mon frère ne serait pas d’accord avec mes choix et je le comprends. Mais je ne l’écouterai pas. Comme d’habitude, il se heurtera à un mur solide, bien plus solide que ses paroles. C’est bien l’un de seul point où j’ose lui tenir tête ainsi.

Mais que serait l’homme sans son obstination ? Je crois que l’on pourrait l’inclure à la description du mot Humain. Obstiné, nous le sommes tous un peu. Certain plus que d’autre. Sur un sujet, ou l’autre. Il y a ceux qui s’obstinent sur une opinion d’un oui ou d’un non. Puis, il y a ceux qui s’en contre fou bien et qui ne s’obstine que lorsqu’il y a matière pour. Dans les deux cas, il n’y a rien à dire.

Maintenant que j’y repense… Si l’homme est né bon et que la société comprend tous ces hommes "nés bons", comment se fait-il qu’elle soit source de corruption ? Où est passé toute cette supposée bonté ? La bonté, ce n’est qu’un mot. Dans ce mot, il n’y a que vent. Comment croire en quelque chose que nous ne pouvons voir ? On en parle, on dit et repends l’idée de son existence, mais où est-elle ? Où est-elle lorsque les itinérants fuient leur village ? Où est-elle lorsque les cadavres s’entassent sous les yeux innocents d’un enfant ? Où est-elle lorsque la maladie vient emporter un père de famille, faute d’argent pour se payer des soins ? Si elle existait, si elle était là, qu’attendait-elle pour intervenir, elle qui en avait le pouvoir ?

Meurtres, sournoiserie, complots, racisme, homophobie… On se demandait bien où cet homme était allé pêcher une telle déclaration. Non, vraiment, cette phrase n’arriverait jamais à passer son esprit. S’il y avait une infime partie de vérité, c’était la corruption de la société. Or, même encore là, l’idée n’était pas la même. Oui, elle affaiblissait l’homme. Mais elle ne le dégradait pas plus qu’il ne l’était. Elle ne l’aidait pas, mais elle n’était pas la note qui le faisait tomber à un si bas niveau.

L’homme était le seul responsable de sa déchéance. Lui et ses compagnons. Combien de fois avais-je vue des hommes s’entretuer pour de vulgaires paroles s’oubliant la minute suivante ? La raison, elle dégringolait plus les années passaient. Elle s’affaiblissait et on ne faisait rien pour le retenir. Je me demande bien où on en était, niveau de conscience humaine. Probablement très bas, j’en ai peur.

Il se fait tard et toute les lumières sont éteintes. Alors, pourquoi vient-on frapper à ma porte ? C’est plutôt étrange ; je n’attendais pourtant personne. Cela ne se faisait pas, aussi, de venir aussi tardivement chez quelqu’un. Je »



---
La suite à été vraisemblablement déchiré. Et Émile savait parfaitement où était passé le reste de son cahier. Malheureusement –ou heureusement ?- il n’était pas près de revoir le papier jaunis de si tôt. S’il le reverrait. Là-bas, dans l’un des tiroirs de son bureau sous clé, chez lui, il était improbable que quelqu’un puisse découvrir la suite de ces mots, dont lui-même. Peut-être était-ce mieux ainsi. Parfois, il y a des mots et des souvenirs qu’il vaut mieux garder pour sois, dans un petit coin de son esprit. Là, au moins, ils seraient à l’abri des regards indiscrets. Enfin, même là, il en n’était pas si certain ; s’ils avaient tous un pouvoir, il était fort probable que l’un des pensionnaires d’ici ait la capacité de lire dans les esprits. Cela éclaircirait le mystère des dortoirs… Peut-être même plus, si on réfléchissait un peu plus loin… Bref.

Il releva le regard vers les immenses poutres de marbre. La structure générale lui rappelait étrangement l’image qu’il se faisait d’Athènes plusieurs siècles antérieurs. Un certain style grecque, s’il ne se méprenait pas.

Ce qui le frappa le plus fût probablement l’atmosphère sereine des lieux. Il était si rare, depuis qu’il était régressé au statut de prisonnier, d’avoir un moment de détente offerte sur un plateau d’argent. Il fallait en profiter, pour le peu de temps que ça pouvait durer.

En fait, il n’avait connu se sentiment, doux et fortifiant pour l’esprit, qu’avec une seule personne. Personne qu’il ne reverrait probablement jamais. Bizarrement, il n’arrivait toujours pas à pleurer ou, du moins, être choqué par le manque de sa présence. Il n’avait pas encore ressentit l’effet de son absence. Or, pendant combien de temps se fermera-t-il les yeux ? Il ne ressortirait pas, il devait définitivement faire une croix sur sa tête. Malgré cela, il n’arrivait tout simplement pas à assimiler les faits. C’était impensable ! Demain, il se réveillerait chez lui, dans ses draps, la tête enrobée d’un épais bandage blanc. Puis son frère viendrait lui dire qu’il s’était cogné et qu’il était resté plongé dans sommeil pendant plusieurs jours. Il lui sauterait dessus et il grognerait certainement; mais il finirait par se laisser faire.
Cela faisait désormais une semaine qu’il espérait ce tableau. Matin après matin, il avait souhaité ce réveiller deux ou trois siècles dans le passé. Le moindre détaille dans cet endroit le faisait rager. Que cela soit aussi infime que la position de son lit par rapport à la fenêtre ou aussi majeur que la quantité de personnes qu’il rencontrait invariablement dans les couloirs. Pour une énième fois ; il détestait ce sordide manoir.

Si au moins il avait quelque chose à quoi se raccrocher ! Un être, un objet, un espoir fou… Mais rien. La seule personne qui comptait réellement pour lui, en dehors de ses parents, se trouvait à des lieux et des siècles d’ici ! S’il était là, tout serait autre. S’il était là, il n’aurait plus à jouer un second rôle.

Si son frère avait été à ses côtés, il ne l’aurait jamais quitté d’une semelle. Lui, cet homme qui avait tant de pouvoirs sur sa personne. Le seul à connaître ces états d’âme véritables lorsqu’il restait impassible. Celui qui avait une carte-accès "câlin" illimitée –et qui ne se privait jamais de s’en servir plus d’une fois dans la journée. Il ne l’aurait jamais permit à un autre humain. Il avait l’exclusivité de son attention, son esprit et, d’une certaine façon, de son corps.

Ce temple lui rappelait, en un sens, le réconfort qu’il retrouvait habituellement dans l’un des sourires de son cher frérot. C’était si calme… S’en était presque effrayant. Souvent, une telle ambiance dissimulait d’horribles secrets. Or, en cette heure, il n’avait aucune envie de se consacrer à une telle possibilité.

Aussi, lorsqu’il entendit quelques bides de phrases colériques, il dû réviser son raisonnement. Il tourna machinalement son regard vers l’homme –ou était-ce un bœuf enragé ?- présent sur les lieux. Frappant et écrasant frénétiquement une masse estropiée au sol, il semblait en plein délire. Ou carrément hors de lui.

Il le regarda faire un moment, complètement sidéré par une réaction aussi peu civile. Il savait bien qu’il existait des personnes… comme ça… mais de là à ressembler à ÇA…

Lorsqu’il releva la tête vers lui, il choisit volontairement de soutenir avec nonchalance son regard furibond. Pendant les premières secondes, l’homme figea. Puis, comme s’il y avait eu une alarme de déclenchement, sa colère revint se lire dans ses yeux. Encore une fois, il se montra impassible devant tant d’émoi.

« Qu’est-ce que tu calisse ici !? »

Si ces paroles eurent un quelconque effet sur lui, il n’en montra point un indice. Il se contenta d’hausser un sourcil, ennuyé par tant de gestes bestiaux.

Il aurait très bien pu le laisser là, déraisonner dans son petit coin, rager comme un lion en cage. Il se fichait pas mal de l’homme devant ses yeux. Sûrement plus âgé qui plus est. De très peu, cependant.

Il hésitait un millième de seconde à donner une réponse ; fallait-il vraiment répondre à ça ? Si oui, quel ton appliqué ? Il semblait assez crinqué comme ça, il était futile de rajouter de l’huile sur le feu en répliquant une remarque acerbe. Or, il n’allait tout de même pas se laisser parler ainsi ! Que diable, il n’était pas une bête sauvage.

Il prit son carnet dans l’une de ses mains et inscrivit quelques mots avec sa plume rougeâtre. Lorsqu’il eut finit, il leva le petit cahier à hauteur de son interlocuteur. Il le laissa là un bref instant, le temps qu’il prenne connaissance de ses mots, puis le rangea dans son long veston, fixant l’étranger.

« Mes déplacements ne vous regardent strictement pas. »





[Ne t’inquiète pas, ça ne change pas grand-chose au final, ce n’est rien. Effectivement, Émile ne l’aurait pas abordé de sa propre initiative, alors c’est parfait. Désoler du retard et, j’ai bien peur d’avoir trop tourné en rond..T.T]
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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Jeu 22 Déc 2011 - 22:10



Le pensionnat corrompt-il ses habitants, détruit-il l’intégrité des gens se voyant forcé d’y vivre ? Les transforme-t-il en esclave, les jette-t-il à quatre patte de sa volonté immuable, que même moi, Chess incomplet, ne peut arriver à égaler ? Nous considère-t-il tous comme des pions malléables, des pièces d’échec destinées à prendre part à un dessein plus vaste, plus complexe ? Malgré ma forme brisée, incomplète, je lui prouverai que dans mon cas, ‘Chess’ ne rime aucunement avec ‘Échec’ et que mes atouts félins, hilares, lorsque j’aurai rompu toute connexion avec les attaches m’enchainant à mon humanité, me propulseront au-dessus de sa gouverne. La perfection, l’intangibilité. Je suis incontrôlable, jamais ne me laisserai-je abaissé au simple statut de jouet. Pour personne. Jamais. Swan me modérait. Par affection, je me taisais. Jamais qu’une simple poupée. Un jour, je l’atteindrai cet idéal lointain.
Mais pour l’instant . . .

Ma respiration saccadée perdure et persiste, créant une symphonie désaxée qui vient perturber la quiétude du temple, un brouhaha imprécis glissant des indices pouvant expliquer la situation aux âmes curieuses qui pourraient s’adonner de croiser notre chemin. L’intensité de ma perte, de mes monologues internes et externes me brûlent, accélèrent la chaleur, activent mon pouvoir et ses désastres fort contraignant. Un bouillonnement pour l’instant distant crépite à l’arrière de mon crâne. Le jeune écervelé me faisant face sent-il les flammes sanguines lui lécher graduellement l’intérieur, pour l’instant se contentant de répandre une chaleur presque agréable, inoffensives ? J’avise l’apparition de l’encre cramoisie d’un œil dépourvu de curiosité, cet homme n’aurait pas dû voir la scène intime, reflétant mon humanité plus que ma démence. Ma faiblesse se voit exposée au grand jour, sous l’œil d’un témoin qui ne parait pas chanceler devant ma colère, devant ma violence. Je lis en vitesse les quelques mots embaumant le papier, hautains, droits au but. La couleur de l’écriture me percute davantage que les mots en eux même, mon rapport avec le sang est si étroit, si particulier que la moindre mention posée à son égard me perturbe toujours quelques peu. Une brève hésitation, moment d’incertitude que je n’ose montrer.

Ses yeux violets, la douceur prédéfinie de la couleur contrastant avec l’intensité que cet être dégage, m’affrontent, impassibles, leur calme peser m’énervant, me présentant un défi dérangeant. Souhaite-t-il que je m’adonne à lui refaire le portrait ? Je ne suis pas d’humeur clémente, pas d’humeur à jouer. La tonalité sonore qu’émettait mon cellulaire pour m’avertir des messages que déposait Swan dans ma boîte électronique retentit encore, stridente et déplorable, à l’intérieur de ma boîte crânienne. Je me contenterais point de ficher quelques coups à la pelotte de laine, je tacherais de la réduite à néant.

Dès le moment où il s’est dressé dans la brillance de mon champ de vision, ses déplacements sont devenus mon plus grand problème. Habituellement j’aurais accueilli son arrivée avec la grâce espiègle d’un amuseur de foule, mais, en cet instant qui me voit sombrer dans un océan de nostalgie macabre, d’afflictions contraires, je préférerais me noyer dans ma solitude. Souvenirs d’un sourire facile, presque niais, d’un touché réconfortant, chaleureux et d’iris ciel permettant mon envol dans un monde lumineux, s’opposent avec violence, avec drame à mon désir, à mes rêves de connaissance, d’hilarité et d’immatérialité.

Je dois rendre cet être aveugle, faire en sorte qu’il ne puisse jamais voir quoique ce soit, qu’il ne puisse jamais pouvoir affirmer m’avoir vu me décomposer dans cet état désastreux. Plus qu’humain. Il n’avait point le droit d’assister à cette scène, il ne possède pas ce privilège magistral que très peu se sont vus accordé. Je tente de reconquérir mon calme, sentant la brûlure s’intensifier dans les confins de mes veines. Je tâcherai de le détruire avec l’air indéchiffrable d’un assassin, à défaut de pouvoir en rire. Me blesser moi-même ne me fait pas horreur, mais ce pouvoir à double tranchant pourrait très bien me mener tout droit à ma perte. Je refuse de périr, car ma mort s’opérera lorsque je quitterai mon humanité restreignante pour véritablement devenir Chess, lorsque non-seulement je pourrai réfuter les idéaux des humanistes emplis d’idioties, mais appliquer mes réfutations, les prouver. Mieux que tous ces dieux en lesquels ces gens s’égosillent à croire. Maître de tout, drogué aux âmes de ma populace.

J’ai tout donné pour Swan, craché mon venin sur un sol immaculé à défaut de l’injecter dans mes proies. Maintenant qu’il me glisse entre les doigts, que les reflets des ses mèches d’un blond nacré s’évanouissent dans le vide, je reprends possession de ce que j’aurais dû être. Mon amour deviendra mon plus grand secret, ma plus cuisante faiblesse. Cette humanité me permettant de comprendre mes cobayes, de véritablement intelliger leur acte.

Je transpercerai cet homme aux verres transparents, au regard mystérieux, d’une lame invisible qui scellera à jamais mon secret en son cœur. Ma respiration, durant notre joute d’observation exhaustive, s’est atténuée, menaçant de regrimper dans les hauteurs si je laissais la colère me muer. Je la sens cette émotion inflammable, elle me susurre de me donner à elle. J’adorerais, j’aimerais, mais. . .

« En voyant ce que tu viens de voir, tu as signé un pacte avec l’immatériel. Tes déplacements sont devenus miens dès l’instant où tu m’as vu. »

Mon visage n’arrive pas à adopter l’impassibilité arrogante du sien, se contorsionnant en une expression dure, digne d’un général de l’armée nazi. Sourcils froncés, lèvres pincées. Je tente de pousser mon point en sa direction, je ne souhaite pas jouer, ce n’est pas amusant. Désopilant, empoisonné. Mon énergie se voit en majeure partie consacrée à la conservation de mon calme vacillant, tremblotant. Calme est un bien grand mot, perfide et sale, qui ne s’appliquera jamais totalement à moi. Trop instable, trop sobre. Ennuyant. Un autre mot s’appliquerait mieux, ou une expression plus fortuite ; le calme avant la tempête assurée que je représente. Que ce soit un ouragan, un volcan, un cyclone ou un tremblement de terre, le phénomène naturel qui suit ma quiétude explose et efface toute trace de contenance. Ravageur. Sourire revient moi dès que cette altercation sordide aura pris fin.

Je m’approche de lui, longues jambes engendrant de larges pas, le toise avec un détachement dangereux l’espace d’une seconde. Je me tien devant lui, un animal inconnu, inobservé, scrutant sa proie, cherchant où l’attaquer. L’endroit le plus rapidement fatal. J’empoigne le col de son manteau, valsant dans des longueurs attrayantes, et le rapproche d’un mouvement brusque de ma personne. Il doit comprendre, me faire part de ses volontés.

Oserais-je vraiment le tuer ? D’un craquement dévastateur de mon don sanguin . . . La dernière fois que mes mains aliénées ont arraché la vie, je me suis retrouvé projeté dans un néant sombre et perplexant, un espace temps où j’avais tout perdu. Tuer allait à l’encontre de mes valeurs premières, pourtant l’acte prouvait être si enivrant, me plongeant dans une domination totale. Voluptueux, incompréhensible. Démence cristalline. Chess ne tuait-il pas en se procurant sa drogue, bien qui ne s’attaquait uniquement aux âmes déjà mourantes . . . ?

Me justifier ne sert à rien, ne changerait rien. Ma déchéance, ma décadence. Ces déboires m’appartiennent, je suis le seul responsable de leur tangibilité. Je ne regrette pas l’acte, jamais. Je m’éprends simplement de désarroi à l’égard des visages embaumant ma vue de gentillesse, d’humanité. Swan. . . Carter. . .

« Donne-moi une bonne raison de t’épargner !? »

Je resserre ma poigne conte son vêtement, lui crache littéralement ces mots au visage, déjà je sens mes émotions reprendre leur juste place, leur contrôle dû. Mon impulsivité marquée m’a toujours valu plus de problèmes que recommandé. Pourtant, je refuse de perdre face devant cet individu de glace, n’accepte pas qu’il s’en sorte facilement après m’avoir vu à mon plus bas. À la damnation mon pouvoir qui finira certainement par se réactiver, malédiction dangereuse synonyme de puissance corrosive. Mes yeux cherchent à l’exterminer de leur pression, tentent d’instaurer la panique chez cet être à deux doigts de la douleur.

« L’être humain est-il suffisamment bon pour épargner un insecte sans raison profitable ? Hein !? Ta vie devrait-elle avoir une quelconque importance pour moi !? »

Je le secoue, le brusque. Je désire ardemment une réponse, l’envie de tuer m’effrayant un brin, je souhaite qu’il me réfute. Le peut-il ? Commettre un meurtre, succombé à la tentation qu’exerce le halo carmin sur ma conscience, signifierait contredire mes bases, mes doctrines, devenir plus humain que je le suis réellement. Je ne m’abaisserai pas à cela sans raison valable. Ces yeux violets et insolents s’avèrent-ils être une raison suffisante de me laisser aller à l’anéantissement d’un cerveau, de cellule, de pensées. D’un homme à part entière qui relève peut-être davantage de la cognition qu’il ne le parait.

Ma colère, ma désorientation m’embrume l’esprit. Je ne reviendrai pas sur mes propos. Surprend-moi, enchante-moi. Montre-moi que ta vie à un sens, que l’homme n’est point bon, point innocent.

« Prouve moi ta valeur, donne-toi une utilité et tu vivras . . . »


-

HS- Plus court que mon précédent poste, je m’en excuse. Si cela ne te conviens pas, fais-moi signe et je modifierai.
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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Mer 1 Fév 2012 - 3:37

L'Homme. Les Hommes, avec un grand H. Ceux que nous fréquentons chaque jour, chaque heure, chaque minute. Ceux que l'on apprécie ou que l'on exècre. Ceux que nous comprenons qu'à moitié, dans le meilleur des cas. Surprenant. Attirant. Révulsant. Comment un être vivant pouvait être si monstrueux tout en semblant aussi fragile qu'un agneau? Hypocrisie. Hypocrisie, avec un grand H. Force ou faiblesse de savoir sourire lorsque l'on veut pleurer? Geste honorable ou, au contraire, lâche? Est-ce que le fait de persévérer dans un monde où le mensonge régnait en roi était considéré comme étant un acte courageux? Dans le cas inverse, fuir cette vie bien menteuse, serait-ce vu comme une fuite? Possible, voir probable.

Mais Émile ne fuirait pas. Jamais. Il n'était pas un lâche; il savait ce défendre, même contre l'invisible. Même contre l'imaginaire. Il ne laisserait jamais quelqu'un ou quelque chose l'atteindre au point de le détruire, en auquel cas ce serait possible. S'il se montrait impassible et froid, c'était qu'il l'était à l'intérieur. Ou il tentait de s'en convaincre. Rare était les fois ou il n'ignorait pas son entourage. À moins que cela soit profitable pour lui. Oui, dans ce cas, il était capable d'écouter. Ou du moins, laisser l'information poursuivre son chemin jusqu'à son cerveau. Si elle était suffisamment pertinente, bien sûr.

D'un œil morne, il laissa son regard glisser sur les murs. Les humains étaient si idiots. Si banales, aussi. Mais cela, il s'en plaindrait plus tard. Ce n'était pas très important en ce moment. Leur idiotie, par contre, elle, elle atteignait des hauteurs inimaginables. Comment quelqu'un pouvait avoir un niveau de débilité aussi élevé? Les exemples s'imposaient d'eux-mêmes. Même le mal, ils étaient incapables de le faire bien! Les pêchés ne se comptaient même plus par jour, mais à chaque seconde. Combien de femmes et d'hommes avaient trompés leur partenaire respectif par le simple geste d'enlever son alliance? D'ailleurs, il se le promettait avec ferveur, jamais il n'en porterait une. Petit bijoux, grand collier brimant la liberté.

Bien sûr… Il y aurait ceux qui, aveuglé par leur monde tarit, ne verrait aucunement tout cette trahison. Évidemment! Qui observait minutieusement les doigts de quelqu'un? Dans le cas de ceux qui le ferait involontairement, pousserait-il leur sens de la logique et de l'observation plus loin encore ? Verrait-il ce qu'Émile voyait chaque jour? Verrait-il la marque pâlotte laissé par l'emplacement vide de leur anneau d'union? Non. Il ne le verrait pas, pour la simple et bonne raison qu'il ne cherchait pas à la voir. Il se voilait le visage sur tout. Les hommes préféraient ce fermer les yeux, pensant fermement que demain, oui demain, serait mieux qu'hier. Mais ils avaient tort.

Si le bien était mauvais, alors qu'est-ce qui était bien? Est-ce que le mauvais était inversement bon? C'était impossible; en quoi se venger cruellement sur quelqu'un était bon? En rien… Non, en rien. Pouvait-il affirmer loin de tout doute que la bonté avait depuis de nombreuses lunes désertées ce monde? Il hésitait. Le mal était partout, mais de là à dire qu'il était seul, c'était poussé loin le cheminement de pensées. Pourtant…

Le visage fin de son grand frère s'imposa à lui. Non, tout n'était pas mauvais. Enfin, ne devrait pas. Leur amour fraternel n'était tout de même pas une source dégoût? Il plissa les yeux. L'homosexualité était toujours mal vue, pour ne pas dire condamnable. Elle était une évidente source d'horreur pour ceux exclus de ce cercle..

Mais pouvait-il affirmer être de ce côté-là? Non, il ne connaissait même pas ses véritablement sentiment, alors savoir de quel penchant il était…

Son frère… et lui… Tout les deux? Ensemble..Mais dans quel sens? L'aimait-il comme… comme eux? Il n'y avait jamais eu quelque chose de physique, aucune attirance. Bien sûr, dire que son frère ne l'éblouissait pas serait un mensonge. Or, jamais il n'avait rêvé de lui, aucun fantasme, aucun regard sous-entendant le contraire. Ces critères étaient, habituellement, impératif pour affirmer qu'il l'avait dans son cœur comme… les autres hommes, dans ce cercle, non? Et si… et si c'était trop tôt? S'il ne s'était simplement pas encore réveillé totalement? S'il l'aimait, mais se le cachait à lui-même?...

Il frappa la pointe du pied, rageant à l'intérieur. C'est maintenant qu'il l'avait perdu, probablement pour le temps qu'il lui restait à vivre, qu'il se rendait compte qu'il s'était mentit toutes ses années. Ce n'était pas pour rien qu'il évitait les sentiments comme la peste; une fois ceux-ci enclenchés, il ne réussissait guère à s'en débarrasser qu'à bout d'efforts magistraux.

Colère, envers lui-même. Envers eux, qui l'avait chassé de sa maison, de ses peintures, de sa vie, de lui. Il n'avait jamais été affecté par les menaces de cet audacieux vieil homme. Il ne les avait jamais prises au sérieux. Du bluff, tout au plus. Et pourtant… Et pourtant, aujourd'hui, il lui avait tout prit. Tout, il ne lui avait rien laissé. Rien. Ses pupilles semblèrent s'étrécirent en deux fentes dangereuses, gaspillant un magnifique regard noir sur le parquet du sol. S'il avait pu le détruire à la seule force de ses yeux, il serait déjà en miette. Ses poings se crispèrent dans les poches de son manteau. Si un jour il le revoyait, oh oui, s'ils venaient à se rencontrer… Il ne laisserait aucune chance s'échapper de lui refaire le portrait à la manière des plus tordus meurtriers. Tant qu'à devenir fou, autant que ce soit pour une bonne raison. Bien que, par la société, ce ne soit pas considéré comme une bienveillante raison… Mais qu'importe. Si le fait de suivre la volonté d'un être purement fictif était considéré comme louable, alors qu'est-ce qui était vraiment honorable?

Ses traits se tendirent. Une vague d'un sentiment qu'il ne connaissait pas. Pas encore. Quelque chose se serra en lui. C'était douloureux; il pinça les lèvres, ne voulant laisse aucun son sortir. Ses sourcils se froncèrent. Il détourna la tête, puis tout son corps. Il était désormais dos à l'autre homme. Homme dont il en n'avait rien à battre. Cette pensée dissipa ses émotions, lui redonnant sa contenance arrogante.

Il s'apitoierait sur son sort une autre fois.

Alors que l'intention de sortir de cette pièce et laissé l'autre abruti se défouler tout seul l'effleurait, tous ses sens se mirent en alerte. Il fit volte-face avec une souplesse qui ne lui était commune et son regard fût plongé dans celui de l'autre… homme? Animal? Ses pupilles semblaient le défier, le sonder. Mais il n'y avait rien à voir, rien à déduire. Rien, mise à part son regard violet défiant, lui aussi, son adversaire. Ses pensées étaient impénétrables se répétait-il, comme en une tentative de rendre cette phrase réelle.

« En voyant ce que tu viens de voir, tu as signé un pacte avec l’immatériel. Tes déplacements sont devenus miens dès l’instant où tu m’as vu. »

Tentait-il de répondre, avec nonchalance, à ce qu'il avait écrit? Eh bien, c'était raté pour l'apparence d'impassibilité. Par contre, ses traits s'étaient tendus. Son visage était dure, implacable. Mais pas très impressionnant en somme. Pour ne pas dire du tout. Comme le cobra se dressant devant; or, la pauvre bête avait déjà crachée son venin. Elle n'était plus tellement effrayante désormais.. Seulement une masse gesticulante sifflant en une vaine tentative de se croire encore… le prédateur. S'il ne s'était sentit aussi épier, il aurait probablement sourit moqueusement.

La situation n'avait rien d'effrayante… Peut-être était-ce pour cela que, lorsque le jeune homme s'approcha de lui, il ne tenta rien. Il l'observa, le jaugea, tentant de prévoir ses réaction. Prévoir l'imprévisible, il y avait de quoi rire. Enfin, c'était peu dire. Il semblait être face à une bête sauvage et non à un homme. Enfin, si la personne devant lui était bien humain…


Soudainement, il vit un éclair passé rapidement dans ses iris d'un marron envoutant. Un indice de danger imminent qu'il, hélas, ne comprit pas assez rapidement. Il tenta de reculer, éviter cette main brusque, trop raide, trop envahissante. Mais il ne réussit point, trop sonné pour avoir le réflexe adéquat. L’homme l’empoigna par son col de manteau, le tirant près de sa personne. Il l’observa, un peu dérouté par ce geste inattendu. Pourtant, il se força à garder son calme. Il serra la mâchoire, plissant les paupières, scrutant le visage près de lui. Trop près. Il allait lui faire regretter; on ne s’en prenait pas à lui sans qu’il ne réplique. Il posa une main ferme sur le poing enserrant toujours le matériau de son vêtement. Il ne tenta cependant pas de s’échapper; il préférait attendre la suite des évènements. Attaquer lorsque l’adversaire ne s’y attendait pas était encore plus jouissant que l’inverse.

Il entrevit un courant d’émotions dans les yeux froids de son interlocuteur sans pour autant s’en formaliser. Enfin, il grava tout de même cette émotion dans sa mémoire pour plus tard; il semblait plus sensible qui croyait ou voulait faire croire être. Il lui sera aisé d’exploiter cette information à ses propres fins. Peu louables, certes, mais le spectacle serait assurément fort divertissant. De plus, s’il se servait de ses dons de déductions et d’observation, il pouvait probablement appuyer sur une corde sensible. Comme, par simple exemple, son… bidule électronique. Il avait déjà vu d’autres pensionnaires avec ce minuscule engin; il servait de communication entre personnes intimes. Ainsi, qu’elle sorte de personne un homme de cette trempe pouvait bien entretenir une conversation avec lui? Quelqu’un de proche ou de tenace, bien sûr. La piste de parent était écartée sur le champ. Un cousin? Une cousine? Non, cela ne concordait pas, pas pour une rage comme celle là. Et puis, il était beaucoup trop entêté s’il se fiait à tous les tintements qu’il avait entendu. Donc, quelqu’un qui se faisait énormément du souci. Frère ou sœur? Possible. Mais encore là, quelque chose clochait toujours puisqu’une sœur ou un frère aurait préféré recourir à une aide plus efficace –selon eux- comme la gendarmerie ou autre chose dans le genre. Ainsi, le téléphone –c’était bien ça le nom?- aurait probablement été piraté pour retrouver sa trace. Ainsi, ils seraient restés à l’écart pour ne pas nuire aux investigations. Ou ils auraient arrêtés entre le cinquième et septième message. Ce n’était donc pas un frère ou une sœur. Il restait donc l’hypothèse d’un ami ou amie très proche. Peut-être même une petite amie… ou un petit ami. Là, il ne pouvait distinguer la différence. Mais, peu importe, son raisonnement lui suffisait et il était certain de sa fiabilité; après tout, il était Émile Watson. Fière descendant des Watson.

« Donne-moi une bonne raison de t’épargner !? »

À ces mots, sa poigne se resserra. Il sentit comme une légère gêne à reprendre son souffle, mais pas plus. Pas dangereux, ni blessant, simplement incommodant. D’ailleurs, il serra lui aussi un peu plus sa main. Il observa au fond de ce regard noir ce qu’il cherchait réellement. Il semblait vouloir le tuer sur place… S’en était comique. Mais il n’osa afficher un sourire moqueur. Il ne l’effrayait point, mais mieux valait ne pas tendre l’os devant le chien… Car il prendrait la main avec.

Pendant quelques secondes, il se demanda si l’homme attendait réellement une réponse de sa part. Réponse qu’il n’obtiendrait assurément pas. Pas parce qu’il ne voulait pas lui répondre, seulement parce qu’il ne l’avait pas. Il n’avait aucune raison d’être épargner. Même, d’un certain côté, mourir l’arrangeait bien. Mourir par meurtre… C’était déjà plus classe qu’étouffé avec une pomme.

« L’être humain est-il suffisamment bon pour épargner un insecte sans raison profitable ? Hein !? Ta vie devrait-elle avoir une quelconque importance pour moi !? »

Voilà le blablatage commun au fou. Il haussa un sourcil, ses iris violets brillant d’une arrogance toute nouvelle devant sa perte de sang froid. Un rictus s’afficha, malgré lui, sur ses lèvres. Or, lorsqu’il fût secoué rudement comme une poupée de chiffon, il perdit bien vite cette expression. D’ailleurs, il lui aurait bien décroché un direct du droit s’il ne se sentait pas d’humeur aussi joueuse aujourd’hui. Comme quoi, emmerder son prochain était la plus belle chose qu’il lui avait été donné de faire.

Il l’avait cherché, il le cherchait…


« Prouve moi ta valeur, donne-toi une utilité et tu vivras . . . »

You found me, Darling.

À nouveau, un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres graciles. Il laissa sa main glisser jusqu’au coude de l’autre homme, tel un vicieux serpent s’enroulant gracieusement autours de sa proie. Il força de ses pupilles étrangement amusées l’autre homme à supporter son regard. Il allait regretter de l’avoir ainsi emmerder. Et puis, il en avait marre de ses petites crises colériques. Il était temps d’aller secouer un peu tout ça. À sa manière, bien évidemment… Sinon…

Ce ne serait plus aussi divertissant.

Il se rapprocha un peu plus, réfléchissant aux souvenirs les plus amères qu’il n’eut vécu. La plus douce des nostalgies, le plus cruel sel des larmes. L’arme du cœur, faiblesse du cerveau humain. Alors que ses lèvres touchaient ceux de l’autre homme, il espéra, pendant une énième seconde, que son raisonnement soit véritable et que son soi-disant don fonctionne vraiment. Dans le cas contraire, il était foutu. Il se retira rapidement, n’étant resté qu’une ou deux secondes. Suffisamment pour savoir si les effets se feraient ressentir. Avant de s’écarter totalement, il prit son bras d’une main et, de l’autre, leva sa manche.

Tout en le fixant dans les yeux, il appuya lentement sur la peau. Puis, il glissa lentement ses doigts jusqu’à formé des lettres. Le H fût droit. Le U, en italique. Le M, un peu croche, mais claire. Le A avait probablement la barre un peu trop haute. Le N trop espacé, mais ferait l’affaire. Une nouvelle fois, il lui offrit un rictus amusé. S’il n’était pas déjà fou, il ne devait pas en être très loin désormais. Ou il le deviendrait.

Malgré ses actes, il ne regrettait rien. Cela avait été profondément… intéressant. Intriguant, même. Ce qui était un exploit; peu de chose réussissait vraiment à l’étonner habituellement. Il recula rapidement, savourant les derniers instants avec un plaisir non-feint. Si ce coup n’avait pas fonctionné… Eh bien, il trouverait bien autre chose. À son époque, les hommes détestaient se faire toucher par un autre homme. Ici, cela ne devait pas être très différent… non?

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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Ven 22 Juin 2012 - 20:16

La bonté versus la cupidité, la générosité versus l’avarice. Tangentes douteuses qui s’entrecroiseront toute leurs vies respectives, perdurant dans cet infini transcendant que n’intelligeait pas l’homme. Opposition disgracieuses se contredisant le firmament, s’affrontant avec une hargne indéfinissable de par la cognition de l’homme, de par les valeurs que ce dernier représente, de par les mœurs qui l’habitent. Les actes désintéressés renferment toujours une certaine part d’intérêt, qu’elle se manifeste par l’intermédiaire de la curiosité ou par biais d’un but plus profond et dissimulé. En s’octroyant le droit de disposer de leur corps pour s’éparpiller en de supposées bonnes actions, les êtres humains cherchent simplement à se filer une bonne conscience, à impressionner, à bien paraître, à poursuivre des relations. Vautré dans la douceur de son hypocrisie flagrante, mon très cher Lawrence ne se dissociait pas à cette règle. Je jette un œil à la carcasse de mon cellulaire, bref, le temps de sentir la main du voyeur ramper le long de mon coude. Swan n’était pas intérieurement bon, même si la facette altruiste de sa personne avait de quoi charmer. Que voulait-il la nuit où il m’a trouvé, les mains ensanglantées par les fluides corporels de cette prostituée blonde et masochiste ? Souhaitait-il entendre une histoire intéressante ? Désirait-il s’écarter de la vermine qui évoluait dans ce quartier de la ville ? Certainement. Mon cygne et ses plumes opalines ne pouvait réellement être aussi pur qu’il ne le semblait. Personne ne peut l’être. Cela va à l’encontre de toute forme de cohérence et d’ordre. Rien, absolument rien, n’est foncièrement bon. Pourtant . . . j’aurais presque espéré, l’instant d’un Noël en duo, ou d’une nuit étoilée passée au Japon, me retrouver dans un sordide conte de fée. Autre qu’Alice in Wonderland, s’agençant davantage aux teintes pastel de The Beauty and the Beast. Juste de vagues et courts instants maintenant perdus dans le temps. Toutes ces envies secrètes murmurées dans le creux du coup d’un partenaire sexuel quelconque, homme ou femme, pour ne jamais être entendus par ceux importants, n’existaient plus maintenant. Mortes lorsque le sang de Samuel Gontrand avait giclé sur mes murs, décédées lorsque ce pensionnat m’avait avalé. Pour ne laisser derrière que l’infâme coquille d’un Chess en devenir, papillon roulé en fœtus dans son cocon de soie macabre. Je ne regrette rien, absolument, strictement, rien. Rien de l’acte, rien des souhaits honteux. J’aurais simplement préféré qu’on ne m’arrache pas cette infime parcelle d’humanité qui tournoyait en moi, qui me permettait de me moquer en puissance de mes humains adorés, qui me permettait de les comprendre à un certain extant. Voile facial de clous rouillés. Valentine m’avait un jour traité de pion, esclave de mes impulsions, voulant trop ardemment contourner les normes. Maintenant encore, je prouverais le contraire. Je définis les règles, personne d’autre ne me contrôle, et nul ne tentera jamais la chose sans mon consentement.

Je ne suis rien de ce que je subis et je détruirai tous ceux qui oseront prétendre le contraire.

Comme ce clown au silence grinçant. Rictus moqueur, sourcils haussés, portrait d’une nonchalance contenue et maniérée. Il me fait valser dans les limbes de l’impulsivité, m’empêche de me calmer, de me recueillir. Il n’avait pas à voir cela, par à regarder les portes de cet organe pompant le sang dans tout le corps se claquer, se clore sur le tintement d’un téléphone portable qui résonne et résonnerait sans cesse. Elle ne veut pas arrêter de retentir, cette sonnerie. 74 messages, 75 messages. Je les compte dans mon crâne, sur le bord de la déraison. La Bête tirant sur ses chaînes, désirant retrouver Belle, mais ne pouvait quitter son château aux pignons acérés de lames d’onyx.

J’aurais presque ris de l’ironie du fil de mes pensées, perdues, perdues, détachées de ce gringalet au joli manteau, mais il me regarde. Ses yeux, espèces d’améthyste mauves, trop hautains pour être doux, m’envoutent. Ils paraissent communiquer tout son amusement, m’enrage à leur simple vue. Qu’est-ce qui le rend assez spéciale pour sourire face à la violence, pour sourire face à une menace évoquant la mort ? Peut-être désire-t-ii ardemment mettre fins à ses jours tristes, séquestrés dans un pensionnat que seuls les démons et les aliénés sauront apprécier sans pour autant l’aimer. Je veux le tuer, je veux le laisser vivre, je veux qu’il n’ait jamais croisé mon chemin. Les murmures de paroles imprononcés s’immiscent dans le silence ayant succédé à mes mots. Je tente de rester calme, chaleur apparaissant et s’estompant aléatoirement, manifestation embêtante de mon pouvoir. Il le ressent certainement lui aussi, ce bouillonnement qui anime momentanément, aléatoirement, ses veines, son sang.

Il approche son visage du mien, relève la tête en direction de son agresseur. J’ai envie d’écraser cette moquerie qu’il m’a volé contre l’une de colonne aux intonations grecques du temple. Mais en même temps, je veux entendre l’ébauche de sa réponse, goûter à ses explications. Entrevoir sa valeur . . . Quoique, par-dessus tout, si j’écoute mes instincts habituels, si j’ignore le désarroi, l’absence d’envie de jouer avec cet idiot, ce que j’espère plus que tout s’avère être une surprise. Plus tard, pas maintenant. Maintenant je veux bercer le plastique explosé entre mes paumes, me perdre dans la nostalgie humaine qui me lie à Lawrence Swanster. Mais . . . mais . . . peut-être cet inconnu peut-il . . .

Je contiens l’envie de retrousser mes lèvres dans un grognement mauvais, il est tout près, trop près. Je suis apte à définir les pores de son visage, à départager ses cils, cherchant dans l’intensité de son regard des détails expliquant ses actions, ses gestes.

Puis.

Puis une, puis deux, lèvres souples, fraîches, l’expiration d’un souffle glacial et malsain. Mon sang se fige dans un hiver lacérant, se portant certainement aussi dans les veines de l’inconnu. Je nous glace tout les deux, nous fait basculer dans une hypothermie dangereuse. Quoique, je n’en ai rien à foutre à l’instant, le froid, parmi les souvenirs, parmi toutes ses images et ces poignards qui défilent en mon sein, me parait presqu’hospitalier, presque rassurant. Je m’accroche à sa réalité, me force à prendre conscience de la silhouette de l’homme aux iris violets qui s’écarte lentement de moi. Je me concentre sur le tracé qui se glisse sur mon bras, je mets quelques secondes à reconnaître des lettres. Je frissonne, les images, des lames, des couteux, des criss de bazookas qui martèlent ma matière grise de leur munition. C’est le cerveau qui ressent, pas le cœur. Jamais le cœur. Les deux dernières du mot tracer en esquisse viennent me rappeler Swan. Celui que j’ai perdu, celui que j’ai laissé me filer entre les doigts, je tremble.

Il s’agit de tout ce que j’ai toujours voulu nier, de tout ce que je détesterais être et de ce que je ne deviendrai jamais complètement. Hybride, bête de foire qui ne s’agence dans aucune des catégories prédéfinies.


H-U-M-A-N.

Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Mes genoux percutent la pierre dure du sol, et je ne sens pas le magicien au mutisme lancinant s’écarter complètement de ma forme parcourue de spasme chevrotant.

« Je . . . Je . . . »

Et il y a un petit garçon tempêtant contre une vitre, larmoyant pendant un orage intérieur, alors qu’il regarde ses géniteurs l’abandonner encore une fois, partir vers de nouveaux horizons, sans lui, le sourire aux lèvres. Il revoit la vieillesse gravée dans le visage de sa nounou, vieille harpie à l’humour difficilement compréhensible par sa jeune cognition. Quel âge a cet enfant ? Six ans ? Huit ans ? Même s’il ne comprend pas ce qui la fait rire, il comprend les lignes creuses et sans pitiés des rides, renifle la pestilence de la mort jusque dans son centre. Il entrevoit celle qui l’a enfanté lui arracher son livre des mains, Aliss se glisser hors de son étreinte. Pourquoi lui arracher ce havre sans chercher à le combler ? Mais ça va . . . ça va . . . il s’y est habitué, maintenant. L’enfant se dissocie de l’adolescent et ne devient qu’un distant souvenir, tout va bien, tout va bien. Même si rien ne va. Il entend les commentaires de ses cobayes qui s’approprient les termes de la folie, se rappelle à quel point sa jeune figure les a emmerdés, les a amochés. Toutes ces fois. Il se remémore, contre son gré, le visage sévère de Beaudoin, homme sec aux sourcils épais, lors de leurs nombreuses séances en tête à tête, lors du diagnostique final ayant placardé l’affiche de ‘Malade Mental’ sur son front. Il ressent la déception, le souffle court, alors que le métro qui le voyageait sur la ligne verte entre Berri Uqam et Honoré-Beaugrand ne réussissait pas à l’emmener dans la station secrète menant vers Daresbury. Il voit son rêve d’enfance, tordu et infâme, se dissoudre sous ses yeux noirs. Les larmes n’ayant pas coulé depuis si longtemps se libèrent. Il réceptionne les reproches de son paternel, homme bourru, riche et visiblement en proie à de la honte. Il faut éloigner son fils du Québec avant qu’il ne jette la honte sur le visage de la compagnie. Les aurevoirs forcés. Sa nounou est trop vieille, a les joints trop raides, pour l’accompagner. Et puis, il n’y a pas de place pour une telle figure de soutient dans une école. Virulent et désolant, le voyage en avion qui le porte au Japon lui file la nausée. Puis il y a le ciel bleu vu au travers des yeux d’un rônin tout aussi désireux d’impossibilité que lui, ces souhaits inatteignables en lesquels on s’efforce bêtement de croire. Des damnés absolument pathétiques. Il revoit le sang tâchant ses mains, une prostituée jouissant de bien, puis toute cette peur s’accumulant et le laissant fuir sur le trottoir. Puis il y a cet homme et ses mots frigorifiant, faisons des tests pour contourner les normes, redéfinissons les règles des pions. Mais je ne suis pas un pion, jamais je ne serai qu’un vulgaire pion sur un plaque d’échec dévastée. Pourtant . . . Pourtant . . .

« Tu . . . »

Le souvenir de la lettre apposant un refus face à ma demande de rejoindre la confrérie des psychologues m’explose au visage. Et d’autres le suivent, tanguent dans le bateau fantôme de mon passé, de mes douleurs ensemble, elles chantonnent ridiculement, s’éblouissent mutuellement par leur intensité. Pourtant, je suis certain qu’il y a plus de bons souvenirs que de mauvais, plus de sourires et de rires que de froncements et de moues. C’est déguelasse, comme de la bile qu’on m’aurait forcé à avaler encore et encore, plus acide et amère, plus nauséabonde, à chaque nouvelle fois. Les larmes harcèlent mes joues, s’accrochent à mes cils et descendent mes pommettes. J’ai presqu’envie de crever, de prendre la place de ce bon à rien de Samuel. Puis, il fait si froid, si froid . . .

Je relève la tête, qui s’était pointé vers le sol dans mon désarroi. Je presse mes paumes contre la pierre, yeux vitreux et embués, débris de téléphone juste à côté. Swan n’est pas là, et si je ne fous pas le camp de cet endroit, il ne sera jamais là. Je n’assisterai pas aux funérailles de Harpie Carter et je . . .

Association des émotions négatives qu’il vient de m’insuffler, m’imposant l’idée que je suis comme lui. Humain.

Je tente de me relever, tente de ravaler l’amertume qui me picore la colonne vertébrale, qui laisse mes yeux fondre en une cascade. Mes jambes flageolantes me donnent l’air faible. Le suis-je ? Faible ? Assez faible pour me faire coincer ici, assez stupide pour tout foutre en l’air. . . . Mes monologues internes ne m’ont jamais fais aussi mal, ne m’ont jamais paru aussi douloureux. Éventrant ma confiance et mon hilarité habituelle. Pourtant ce sont les mêmes monologues, mais une barrière m’empêche de me convaincre du positif de mes actions. Souffrance. J’esquisse quelque pas frémissant vers l’autre, avisant son regard au travers de mes larmes. Parce que, parce que.

L’agitation atteint son apogée, il fait si froid. Je me passe une main dans le visage pour constater que mes larmes ont commencé à givrer. Ça fait mal. Mal, mal, mal, mal, mal. Mais la douleur physique ne veut rien dire, alors pourquoi est-ce que ça fait si mal ? Je déglutis péniblement, traçant la givre d’une phalange engourdie. Froid. Froid. Je force un sourire, pour me jouer des apparences, un sourire mouillé et faible, mais tout de même.

« J’ai encore réussi à réfuter Rogers. L’être humain n’est pas bon. La bonté et désintérêt ne sont que des voiles opaques et sordides . . . you see. Human . . . Humanity. »

Mes paroles sont entrecoupées de hoquets, d’inspirations rauques. Mon corps est parcouru de tremblement, engelures pointant le bout de leur nez de part l’intérieur de ma personne. Un foie glacé, un intestin gelé, un cœur frigorifié et des vaisseaux sanguins givrés.

« Tu vas crever ici, gelé comme un chien, si tu n’inverse pas ton truc. »

J’étouffe un sanglot, les images, les associations, les émotions. Elles rongent les âmes consumées, jonglent avec la sensibilité. Rire dépourvu d’humour, car il faut se marrer pour garder la tête hors de l’eau. Je ne suis rien de ce que je subis. Je ne suis rien de ce que je subis.

« T’es juste un criss d’humain . . . C’ça ta réponse . . . Ta valeur c’est d’être humain ? C’est d’être une poupée dans les mains de Chess. Et ton utilité, c’est de les briser. . . B-Bravo . . . »

Je le fixe, noir intense, violet intense. Jeu de couleurs sombres et mystérieuses.

Oh, dear, be mine, be mine.
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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Sam 21 Juil 2012 - 20:51

Ressentir. Vivre. Démontrer. Exploiter. Est-ce à cela que ce résumait la pathétique vie humaine? Subir les contres-coups d’un poids trop longtemps traîné par l’humanité? À subsister par tous les moyens possibles, à tout prix, envers et contre tous? À marcher sur les autres pour éviter de frôler un sol zébré de mesquinerie et de fausse vérité? C'est comme ça que les anciens du village vivent? Est-ce là leur secret, utiliser les autres pour survenir à leurs besoins? Hmm. Hypothèse grotesque ou vérité dévoilée? Peu importe réellement: les faits sont les faits. Il voit, il démontre, il appui. Appuyer. Appuyer d'arguments, d'exemple, de souvenirs, d'histoires du passé et du présent… De vérité. Cette vérité aussi claire que le diamant, mais encore plus rare qu'une jadéite. Même lui, il devait se l’avouer, ne s’était pas toujours dit les vraies choses. Lui aussi, comme ces insectes d’humain, se voilait parfois le regard devant l’improbable ou l’inimaginable. Homme de raison avant tout, il chassait tout ce qui n’avait pas de fondements bien encrés. Pourtant, il n'avait pas besoin d'avoir une descente devant ses yeux pour constater à quel point l'être humain est cruel. Non, ça, il le voyait dans leurs yeux. Chaque jour, chaque heure, chaque… seconde. Ce n'est pas peu dire: tout ce qu'ils touchent finissent irrévocablement par se brisés. Humain comme objet. Parfois, ça se répare… pour être mieux détruit ensuite. C'est d'ailleurs plutôt fascinant de voir que l'on ruine plus facilement ceux que l'on aime. Souvent, ce n'est pas dans un grand coup théâtral, mais par petit pas de souris, progressivement. C'est aussi simple que l'absence d'un sourire le matin, un mot de trop placé dans une conversation entre amant sur une troisième personne, un lit trop grand et trop vide…

En passant par le chemin de la destruction, prenons le raccourci menant au délit. Il se souvenait beaucoup plus des gros titres sur le meurtre d’un voisin que ceux demandant l’avis de la population sur la maison nouvellement à vendre dans le quartier est. En même temps, comment pouvait-on oublier le fait que quelqu’un est été tué par une autre personne? On pouvait aisément faire avec, ramener le sujet comme banalité lors d’une conversation entre ami, l’utiliser comme exemple dans un exposé… mais on ne pouvait l’oublier. Que l’on ait un cœur ou pas, que l’on soit un psychopathe insensible ou pas, que l’on porte le nom d’Émile Watson ou non, lorsque l’on voyait un assassinat devant nos yeux, on ne pouvait que le garder en mémoire. Le sang, les blessures, les lacérations, les témoins gênants vivants et ceux abattus, les larmes, les esprits traumatisés à jamais, les cris, la noirceur de la nuit comme seule couverture pour ces hommes endormis à jamais… et le petit garçon se tenant dans un coin de la ruelle, à l’abri des regards. Il a tout vu, tout entendu, mais personne ne l’a vu, lui, lorsque son cœur s’est mit à tambouriné dangereusement contre sa poitrine, les yeux exorbités de terreur et d’effrois. Personne n’est venu le prendre dans ses bras pour le déposer sur un lit blanc. Personne ne l’a amené faire un tour dans une voiturette. Personne n’a tenu sa main. Et pourtant, il était vivant, lui.

Il n’avait jamais réellement comprit pourquoi les humains tentaient toujours de se faire du mal entre eux, il était juste conscient qu’ils le faisaient. N’importe quand pour n’importe quoi. Pour un petit détaille qui n’a pas lieu d’être considéré et qui, pourtant, est prit en compte comme une pièce à conviction dans une enquête criminelle. Un petit grain de sable ne pouvant blesser personne, mit sur la route par hasard et maladresse, qui pourtant sert pour poignard pour achever ou blesser l’autre. L’humain est-il aussi superficiel pour vouloir autant la perfection de ses compères alors que lui-même ne démontre que défauts ?

Colère, rage, vengeance… la plupart du temps dans cet ordre. Parfois s’ajoute à l’équation l’amour et la passion. Oh, passion, violente passion, combien d’hommes à tu conduis à l’irréparable? Pour combien d’hommes as-tu fait ressortir leurs instincts bestiaux? L’amour est un activeur dans le domaine meurtrier, mais la peur, un paralysant. Ainsi, après avoir commit, la première action d’un criminel débutant est de détalé, nier ou même rester là, sous le choc. De plus, il n’est que très rarement satisfait de sa besogne… et ça continu.

More… I want more, always more…

La société ne corrompt pas un homme, les philosophes ne savent plus se qu’ils disent. La société restreint son champ d’activité, clôture son parc de jeux, mais ne l’aide pas à fait mumuse avec ses jouets. Elle transforme certaine âme plus sensible, plus effacée, en de parfait petit aristocrate et, avec les plus réticents et dérangés d’esprit, elle les traîne dans la boue jusqu’à ce qu’ils se relèvent d’eux-mêmes, salis à jamais. Elle prend, pile, détruit… mais ne tue pas. Non, ça, l’être humain n’a besoin de personne pour le faire. Il le fait très bien par lui-même.

Elle dicte des règles, crée des chemins, écrit des morales, tout se qui peut être utilisé à des fins autres que celles légalisées et mises en application. Elle met les outils en place… mais interdit de les utiliser. Passion, voici ton ami, tentation. Vous vous connaissez, n’est-ce pas? Oui, évidemment. Vous êtes si proches, toutes les deux. C’est se qu’elle fait de mieux, la société : tenté sa population à l’acte irréversible. Elle ne corrompt pas… elle ne fait que mettre la carotte sous leur nez. La limite entre les deux est très mince, mais présente. Pour les esprits les plus ouverts, elle se voit aisément si on prend le temps de la chercher. Pour les autres… je vous dis bonsoir.

La tentation… Est-ce se qu’a ressentit Pandore lorsqu’elle a ouvert la boîte des maux de l’humanité? Était-elle tentée par le malin, à ce moment? Et le serpent d’Adam et Ève, n’était-il pas le symbole idéique de la tentation? Le mal. Le bien. Deux côtés opposés, vraiment? Comment distinguer le bon du mauvais sans chances d’erreurs commises? Après tout, ce qui est bon emmène le mauvais. L’amour emporte la tentation, la passion, le vice corporel, la sodomie, la folie affective, la possessivité excessive et bien d’autres péchés. Or, n’est-ce pas une émotion que les chrétiens désignent comme pure et digne? Comment un élément aussi pur peut être ainsi souillé?

Defiled…inside.

Si on tenait pour compte que la citation est tout ce qui a de plus vraie pour plaisir de se creuser la tête, alors cela voudrait dire qu'il faut impérativement vivre loin de la civilisation pour être un homme bon? Se couper du monde et vivre dans la nature aiderait-il vraiment un homme à rester dans le chemin du bien? Sans connaissance des autres, logique ou philosophie, est qu'on pouvait réellement être un gentil petit ourson? Non. Tout simplement non. Faire un bond dans le temps n'aiderait sûrement pas. Le contact serait plus sauvage, plus brusque, mais ne serait pas meilleur. Simple exemple: un enfant laissé à soi-même ne grandira jamais heureux comme les autres.

Émile n'a jamais suivit le courant de pensées du peuple et ceux le gouvernant. Il n'avait jamais adhéré à la société, s'y excluant délibérément. Il repoussait tous êtres voulant l'approcher et réfutait toutes idées du bien voulant s'introduire dans son crâne. Pourtant, le fait de ne pas côtoyer la société ne faisait pas de lui quelqu'un de bien. Au contraire, il adorait énerver et faire plier sous lui les autres humains. Il avait développé sa propre conscience, sa propre logique. Il faisait ce qu'il avait envie lorsqu'il le voulait, détruisant toute limite. Il avait depuis longtemps sauté la barrière installé autours de son terrain de jeu.

Mais… Il n'a jamais tué. Ce n'est pas un criminel. Il n'a jamais abusé sexuellement des autres. Ce n'est pas un violeur. Il n'a jamais violé l'intimité de ses camarades. Ce n'est pas un voleur. Quels sont donc les bons mots pour le décrire? Pour décrire un être aussi infâme que lui? Pour parler d'une personne qui s'amuse de la souffrance des autres? Un monstre. Oui, monster. C'est ce qu'il est.

Émile l'observa en silence, un sourire suffisant sur ses lèvres rouges. Il ressent sa propre emprise sur le gamin, comme s’il jouait avec une poupée de chiffon. Une poupée tremblotante et enragée qui verse des larmes sacrées. Une poupée humaine.

Avait-il comprit à quel point, malgré son obstination à ne pas le voir, il faisait partit de cette race soi-disant évoluée? Toutes les émotions qu’Émile avait réussi à lui faire passer devaient pourtant être une preuve bien concrète. Le gamin semblait si vulnérable, si faible… s’en était révoltant. Son pouvoir avait fonctionné, super. Maintenant, comme le désactivé? Hm… Aucune idée.

Il avait ressentit quelques effluves de sa faculté fantastique s’infiltrer en lui, mais il n’avait pas bronché. Pour la simple et unique raison qu’il y avait déjà pensé et réfléchis jusqu’à ce que le sujet en devienne ennuyeux. Il n’avait rien à culpabiliser dans son passé. Oh, il regrettait tristement l’absence de son frère, seul être ayant compté pour lui, mais il n’allait s’éterniser sur lui. Pas ici, dans tout les cas. Il ne penserait pas à la chaleur derrière ses sourires, ni à la douceur dans ses yeux, encore moins à la tendresse de ses étreintes. Non, il n’y penserait pas. Par contre, il ne l’avait pas oublié et ne l’oublierai jamais.

En se déconnectant ainsi de ce qui se passait entre les poutres grecques, il ne perçut pas immédiatement l’abaissement de température. Ce n’est seulement lorsque son corps finement ciselé se mit à trembler qu’il sût que quelque chose clochait. Il se savait suffisamment fort pour ne pas se laisser envahir par ses émotions, ni les laisser le contrôler de la sorte. Il tenta de se reculer, mais ses muscles engourdis par le froid lui sommèrent ne rien en faire. Il faisait froid, tellement froid que ça le brûlait de l’intérieur. Le rideau macabre et glacial tombait doucement sur les acteurs qu’ils avaient été. Bientôt, ce serait eux qui tomberaient sur le sol d’une mauvaise pièce. Mauvais scénario, mauvais acteurs. Trop tard pour fuir, il fallait assumer.

Le petit insecte se lève et l’approche avec quelques difficultés, aussi tremblant et lamentable qu’une feuille d’automne. Devant lui, il n’est rien. Rien d’important, rien qui ne vaut son attention. Pourtant, il le regarde dans les yeux, attendant la suite. Il le voit sourire et il vient à détester ce sourire. Fausseté, masque. Masque contre la douleur, simple jeu entre humain. Caché la faiblesse, caché l’amertume d’un cœur, ne jamais se dévoiler. Démontrer un état, une émotion qu’on n’a pas. C’est ridicule… et écoeurant. Il n’a jamais pu supporter l’hypocrisie, ce n’est pas aujourd’hui qu’il le fera.

Il l’entend parlé, le menacer, lui dire qu’il n’est qu’un humain, interprété sa réponse… Mais il ne l’écoute plus. Il le voit tenter d’être nonchalant, blasé, mais il le voit aussi lamentablement échouer. C’est pathétique de se cacher ainsi derrière des paroles. Pourtant…

Émile observa le jeune homme, s’attardant à le fixer dans les yeux, un peu moins amusé qu’avant. Il serra ses bras autours de son torse, tremblant un peu plus. Étrange sensation que de sentir chaque cellule de son corps, chaque petites veinules se glacées en lui. Son corps devenait glace, son esprit s’embrouillait. Il cligna frénétiquement les yeux, tentatives de ne pas se laisser aller. Son cœur, malgré qu’il soit déjà un bloc de glace, semblait se frigorifié.
Puis, soudainement, les cordes le reliant à l’autre homme se brisèrent. Il perdit toute son emprise, se prenant en pleine face toutes les mauvaises émotions qu’il lui avait insufflées. Malgré tout, il laissa son regard dans celui de l’autre jeune homme, le défiant du regard, lui montrant à quel point il était fort et déterminé.

Il faufila sa main dans son manteau, en ressortant son petit carnet. Il ne lâcha pas une seule seconde le visage de l’autre, malgré les grelottements de son corps et ses mains instables. Il écrivit maladroitement quelques lignes, plus ou moins concentré sur ce qu’il faisait. Il ne remarqua même pas le fait qu’il ne le vouvoyait plus.

«T’es qu’une enfant… un putain d’enfant abandonné qui n’est pas capable de passer outre… Tu te crois plus fort que tu ne l’es réellement. En fait, tu es faible. Faible et vulnérable. »

Il se redressa pour former une ligne droite, ses muscles crispés. Il chercha dans tout son sang-froid la force de prendre son air le plus arrogant, le plus méprisant. Jamais il ne tomberait face à l’ennemi. Il ferma momentanément les yeux, puis les rouvrit une fois plus calme. Son sourire, mesquin et supérieur, revint se placer sur ses lèvres, s’enroulant jusqu’à remonter à ses yeux. Il se recula, se sentant nauséeux, mal, sans le laisser paraître. S’il ne sortait pas d’ici bientôt… il ne donnait pas chère de sa peau.

«Crois-moi… si j’étais toi, je n’aurais pas peur pour mes mains. Si je voulais te briser, t’anéantir, je ne me suffirais pas que de tes mains… je détruirais tout. Tout. »

Il déglutit avec difficulté, la respiration devenue difficile par l’atmosphère lourde. Il garda tout de même contenance, droit et fière comme l’être du démon qu’il était.

«À partir d’aujourd’hui, méfis-toi. De les ombres qui te suivent, des hommes qui s’esquivent, des formes qui s’esquissent… »

Il en n’écrit pas plus, se disant que c’était futile. Maintenant qu’il se l’avait mit à dos, il ne le lâcherait pas. Ah, ça non. Enfin quelque chose d’intéressant dans ce foutu pensionnat, quelque chose pour le divertir…

Oh, my new toy… will you play with me?

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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Dim 28 Oct 2012 - 3:01

Désintégration d’une pensée portée sur un auriculaire balayant l’air de son insouciance. J’hume l’atmosphère rendue glacée par l’avènement de mes larmes, porte mon regard liquide dans les abîmes violettes de celui de mon bourreau. Je dois avouer ne jamais avoir eu de bourreau qui ne fut pas ma propre personne et que ce sentiment d’impuissance aigu qui m’envahi, s’immisçant dans mes os sans la moindre hésitation, m’est complètement alien, inconnu. Je l’analyse, hagard personnage en pleine agonie qui remonte à contre courant une rue bondée de visages ; mes souvenirs. Je vacille, indisputablement égaré quelques part dans les confins de ma tête, alternant entre la réalité et l’irréel, valsant entre les échanges électriques ralentis se produisant entre mes synapses. Approche biologique; les dédalles du cerveau dépendent du corps et sont immuablement reliés au fonctionnement et états de ce dernier. Il s’agit de l’une des approches psychologique cherchant à expliquer la cognition humaine de manière détaillée. Là où elle m’horripile moins que l’humaniste éhonté de Rogers, elle s’oppose tout de même à tous ces buts immatériels que je souhaite atteindre, dissocier ma personne de la tangibilité humaine, planer plus haut que le ciel et toute ces divinités imaginaires que mes cobayes vénèrent. Alors, je la réfute en majeure partie, ne me laissant bercer par son courant que dans les moments de doutes, dans ces instants de fatigues qui viennent ronger toute créature vivante. Je sommeille dans le froid hivernal s’extirpant de mon corps, observant distraitement le gercement posé des lèvres de mon interlocuteur, les imaginant avec enchantement adopter des teintes froides, mariant le mauve au bleu et le blanc au noir. Ma main, mon petit doigt, continue de virevolter tout près de lui, de ce gamin à l’écriture sanglante, tentant d’épouser ses contours. Un petit doigt pour étrangler et sucer toute la vitalité rampant dans ses veines, jaillissant de ce regard de braises mystiques. Dans ma tête, un bûcher de glace se profile sur une colline enneigée, dépeignant le portrait indiscret d’un Rogers brûler par sa naïveté, à jamais refroidi par ces théories à la noix. La société qui corrompt l’homme, la société qui corrompt l’homme. Balivernes ! Balivernes ! Le monde est composés de maux irréfutable que sa populace s’est octroyée d’elle-même, l’influence des uns se marquent par celle des autres, peut-être, dans la finesse de l’actualité. Mais parlé ainsi signifierait renier toute forme de créativité et ne résumer les cobayes, la race, que je m’égosille à étudier depuis mon adolescence, depuis mon enfance, à des bribes déconfites de similitudes arriérées. Tout part d’un humain, au final, la théorie de Rogers ne sert qu’à rejeter le blâme sur des créations terminologiques humaines, sur des conditions sociales, sur tout un tas de trucs qui ne prouvent et ne changent strictement rien. Égarement de ma matière grise, mon auriculaire se pose sur sa joue, remonte l’os de son nez, alors que le tracé des mots cramoisis qu’il note dans son cahier prend rapidement forme. Un toucher froid, sans la moindre sensation, juste pour la certitude de savoir le contact en progression. J’aimerais lui attraper une mèche de cheveux, comme je l’ai souvent fait avec mes amuse-gueules, surtout durant mes années passées à l’Académie au Japon. Je soutiens ses yeux étranges avec les miens, l’amertume ayant accompagnée son contact se dissipant posément, je l’étudies avec curiosité. Il n’y a plus aucune trace de ce sourire goguenard, supérieur, plus la moindre présence d’amusement dans ses prunelles. Ses paupières papillonnent avec frénésie, je pourrais presque voir son regard s’embuer. La rage ayant enflammée mon attitude lors de son apparition impromptue n’a plus vraiment lieu d’être, après tout, il a vu bien pire que des éclats de plastique, ayant rongé ma faiblesse de son touché, ayant palpé l’existence de Kohaku de trop près. Kohaku . . . que je tente de réprimer depuis mon arrivée, car il n’a point lieu d’être dans ce lieu de distorsion temporelle, car, ici, loin des lois de la nature je peux réellement devenir Chess. Pourtant . . . les messages de Lawrence sur mon portable m’ont réduit à mon état basique, à celui de l’homme virevoltant entre les cognitions, brusquant les normes et rapatriant des âmes pour pouvoir devenir celui qu’il est. Baissant les yeux durant les secondes nécessaires à ma lecture, je réceptionne les écrits avec un intérêt mordant. Oui, son don a cessé d’exercer la moindre emprise sur moi, mais le mien perdure dans l’air, laissant s’étendre la dernière note de son orchestre. Puis, bien que disparue quelques instants, la moquerie de l’autre se ramène avec ses mimiques de vautours, ses iris clignotent de cette émotion malsaine et j’y aperçois un instant mon reflet. Ça me donne envie de sourire . . . , mais pas maintenant, pas tout de suite. Il se redresse et je limite, cherchant à me fondre dans ses mouvements, à m’incorporer à son rythme. ( Ce même rythme que Zakuro m’avait souvent dit chercher chez ses adversaires, sans jamais le trouver en ma compagnie. ).

« Un enfant ? », et je jette un regard désabusé dans la direction des restes de mon téléphone portable, réceptionnant la sonnerie d’une manière bien plus détachée qu’auparavant. Bien qu’horrible sur le coup du moment, le pouvoir qu’il affiche, c’est certainement son pouvoir, alors que moi je contrôle le froid et la chaleur répandue dans les êtres, lui il peut les faire sombrer dans une douloureuse démence, est au final presque bénéfique. Les larmes qui n’auraient jamais coulées sans son intervention se manifestent de par leurs résidus aqueux givrés sur mes pommettes, mes joues et mon menton. Je me sens mis à niveau, rétabli dans mon contrôle personnel, prêt à redevenir celui que j’ai toujours voulu être, celui que je peux devenir en ces lieux. Mais . . . pourquoi cet autre moi, Kohaku Joshua, n’aurait-il pas droit à une échappatoire. Écarteler ma personne en deux n’est peut-être pas une si brillante idée, après tout. Kohaku était sensée devenir Chess, pas s’en dissocier et c’aurait pu être le cas si ce n’avait été de Lawrence Evelynn Swanster. . . Une issue, une échappatoire. Ne m’a-t-il pas déjà habillé d’humanité, se gourant à demi dans ses idées croissantes. Une échappatoire. Mes doigts rigides viennent tapoter le front du garçon, lui retirant gauchement ses lunettes, tout doucement, en susurrant d’une voix rendue tremblante par le froid.

« Il s’agit d’une question de perception et généralement les gens n’ont pas . . . la possibilité de percevoir les choses de la même manière que toi, t’vois ? Même chose pour la vulnérabilité. Après tout, n’importe qu’elle créature douée de penser est vulnérable face à quelque chose un jour ou l’autre. Ce n’est pas pour autant qu’elle est faible. »

Si de m’être attachée à Lawrence et Carter me rend si faible, si de réfuter la supposée folie que Beaudoin m’a placardé dans le front, fait de moi un être faible . . . je ne donne pas cher de la peau de quiconque au-delà de ses murs. And that is so sad since I could love all their minds. Je vois mon tout récent tortionnaire déglutir durement, sombrant dans les contraintes corporelles qu’infligent mon pouvoir, contraintes qui cessent d’abord d’affecter ma personne, me libérant tout gentiment de leur malédiction. Je le regarde, brebis gelée, animal blessé, et je me perds dans un sourire, celui-ci dénué de toute l’oppression m’ayant assailli jusque là, adoptant les contours familiers de mon hilarité coutumière. Un vrai sourire, une vraie source d’intérêt. Ce jeune homme n’est pas qu’une simple souris que mes pattes de chat cherchent à pourfendre, car il me rend mes coups avec adresse. Une adresse que je n’au pu observer, par le passé, que chez mon cher pseudo-psychologue à l’Académie. La givre sur mon visage se perd en une foule de gouttelettes et je lance un regard rieur au congelé avant de lire le reste de ses messages. Rouges. Rouge. La couleur de la Reine. Je m’égare en un rire léger, aérien, à la pensée que ce gamin pourrait être Michelle. Il me fait davantage penser à Andromaque avec ses grands airs. Sa calligraphie me professe la destruction de ma personne et je me sens très distant des propos que j’ai prononcé alors que je me trouvais sous la transe infligée par son pouvoir, alors que le désarroi me déchirait de l’intérieur. Je me sens vidé, beaucoup plus calme, presqu’illuminé. Et il tressaille sous le froid, la circulation qui me picotent les extrémités me permet de sentir le satin de son épiderme contre la mienne, de manière plus distincte à chaque seconde qui passent.

Je ricane, m’approche effleure son nez avec le mien, souffle sur sa peau, posant ses lunettes sur mon crâne de sorte à ce qu’elles ne me gênent pas.

« Détruire ? », la question m’échappe en un automatisme et la demande qui la poursuit est une vile contradiction des faits. Je ne suis pas étranger à la destruction, à la cacophonie que sème le grabuge engendré par une foule d’entités dont moi-même. Non. S’il détruit mes mains, s’il lacère mon corps, jamais je ne laisserai écraser complètement les tenants immatériels de ma personne. Alors que je veux tout posséder, il réclame dans un élan d’antagonisme, une annihilation totale. Théâtrale, je serpente de nouveau sur un miroir, passant une main dans ses mèches, glissant sur le col de son manteau. La peau se réchauffe, il reprend des couleurs. N’est-ce pas charmant ? . . . Mais qu’importe qu’il me balai d’un revers de membre, je reviens dans la contemplation curieuse de l’effet que des touchés inconnus auront sur lui. Là où je ne suis pas tout à fait d’humeur à jouer, je sais apprécier une opportunité digne d’intérêt. Et ne lui aie-je pas délégué, qu’il le veuille ou non, le rôle de mon échappatoire. Pas de Chess pour ce clébard, juste Kohaku le minet désorienté, la créature déréglée. Pianotement rythmique de mes phalanges, je murmure, inutile de parler de pleine voix, alors que je suis tout près, le sommant presque d’utiliser à nouveau son pouvoir sur ma personne. Le ferait-il ? J’ose presque en douter . . .

« Montre-moi comment on fait . . . si je sais comment on détruit, je saurai aussi comment ne pas le faire. »

Dans les faits, je sais parfaitement comment on détruit, la meilleure manière de projeter des viscères, d’abattre une conscience solide avec mes mots, de fendre un cœur en deux, mais lorsque les occasions se présentent sournoisement, il m’est parfois impossible de m’y soustraire, les intonations de Chess trop présentes en moi pour que je me refuse au jeu. Seuls mes talons d’achilles ont échappé à cette règle jusqu’à maintenant. Trop souvent un bourreau, alors que je voulais simplement me déguster des âmes . . . Mauvaise voix, mauvais chemin et Rogers, saleté de théoricien de psychologie à la con, saleté de nom qui apparait dans les manuels, dirait sûrement que ces de la faute de mes géniteurs, de la faute des messages communiqué par mon bouquin chéri ‘Aliss.’ Je réfute . . .

Sourire diffus, délectation des réactions, présence de l’identité. Les débris de mon téléphone me narguent toujours et je lâche l’autre habitant du pensionnat le temps d’un revers de main en leur direction. Impossible de ne pas entrevoir les yeux bleus de Swan dans cette coque sombre et éclatée, mais . . .

« Je ne suis pas comme toi, pas comme vous tous . . . si tu me détruis, il n’y aura que renaissance. »

À la manière d’un papillon, en plus dantesque et imprévisible. S’il y a humanité en moi, elle me sert à comprendre ceux que je cherche à étudier, à pouvoir adroitement analyser leurs états d’âme et en trouver tant bien que mal les causes. S’il y a humanité en moi, elle me sert à me trouver des faiblesses pour mieux exploiter mes forces et n’est-ce pas la connaissance de soi qui détermine la force. Je peux mentir au monde, mentir aux étoiles, à tous ces gens qui croisent mon chemin, mais il est nettement plus ardu de se berner soi-même. Je réfute ma folie, pas par déni, mais pas certitude totale de ne pas être ce qu’on me prétend être. Je refuse les limites que la Terre m’impose et présage de m’envoler plus haut que le voilactée, dégustant les esprits des créatures qui croiseront mon chemin, avec tout l’entrain et l’hilarité de l’illustre Chess. L’être humain naît en tant que monstre et je ne m’attends pas à de la compassion de la part de cet être moqueur, rudement difforme dans sa contenance solide. Non. Mais je m’attends à quelques choses . . . quelques choses sans trop savoir. Et je souris cette libération imprévue, cette sérénité imprécise.

« Je ne vois aucune raison de me méfier de quoique ce soit, car j’n’ai absolument rien à craindre. Les ombres qui me suivent sont mes méandres, les hommes qui s’esquivent sont mon repas et les formes qui s’esquissent représentent d’innombrables possibilités. »

Et la curiosité me pousse à lui donner mon nom, sans menace particulière, sans rancune ou artifice austère, juste parce que en pénétrant dans ce temple, en assistant à cette scène, il a signé un pacte avec l’immatériel et s’est octroyé un rôle qu’il n’a pas choisi. Une chance ou un malheur, je n’en ai trop que faire, détaillant ces améthystes sombres qui lui servent d’iris dans un tango explicite. Sourire suave, moqueur, tout aussi doux qu’inquiétant, rire de vent, onomatopée indirecte. J’observe son expression, langue venant humecter mes lèvres dans la définition physique de ma contemplation de sa personne.

« En te pointant ici, tu t’es foutu dans un truc . . . et je ne te laisserai pas retourner en arrière. Et, de toute manière, le voudrais-tu ? »

Rire. Je me sens de nouveau moi-même. Ses lunettes toujours sur mon crâne, je m’éloigne de lui, démarche féline, un peu gauche par la faute des possibles engelures, pour aller ramasser les débris de mon téléphone avant de me redresser vivement.

« Je suis Kohaku Joshua. Alias Chess. C’est dans ta nature d’être aussi antagoniste ou est-ce moi qui t’indispose, darling ? »


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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Mar 25 Déc 2012 - 7:07

Le temps, le temps… Toujours ce satané temps ! Qu’est-ce le temps? Des jours, des heures, des minutes, des secondes… On ne peut pas le tenir, le temps. On ne peut pas le retenir. On ne peut pas l’insulter ou le remercier, on ne peut pas le modifier ou le ralentir. Ni l’accéléré, ni l’arrêté. Le temps passe, passe et repasse… que nous le remarquions ou non. On voudrait parfois revenir à l’arrière, mais impossible : le temps ne revient jamais sur ses pas. Il ne se préoccupe pas des idées, des sentiments ou des actions des autres. Il se fiche de tout, n’a aucun goût ou préférence. Cependant, certain le dise capricieux et arrogant : si on le veut lent, il accélère. Si on le veut rapide, vous devinez la suite? Bien sûr. Vous êtes intelligent, n’est-ce pas? Oh… l’intelligence… un autre sujet for-mi-da-ble.

L’intelligence. Être intelligent. Qu’est-ce l’intelligence? C’est savoir placer plus deux phrases pas trop mal construites? Savoir que deux fois deux font quatre ? Est-ce simplement le savoir, les connaissances? Ou bien la logique et la rapidité d’esprit? Le don de placer les bons mots dans une conversation? Parler seulement lorsque nécessaire, dire les vraies choses? Ou bien… répéter encore et encore ce que d’autres ont maintes fois dit, mais d’une autre manière?

Le temps passe, passe et repasse… que nous le voulions ou non. Parfois, on voudrait vivre toujours dans le même temps. Même moment. Même personne, même situation. Ne pas quitter ses sentiments, ses émotions. Mais le temps… Ce temps est comme cette femme que vous rencontrez un jour au bar du coin : vous lui offrez votre corps, elle repart avec votre cœur. Vous lui offrez votre lit, elle repart avec la maison. Vous vous donnez à ce temps, vous vous laissez aller quelques instants aux bonheurs subtils et discrets de la vie, et vous vous perdez. Le lendemain, vous n’êtes plus le même. Votre cœur s’est gelé dans la glace du destin, votre sang s’est glacé et coule désormais dans vos veines avec cette froideur que l’on connaît aux ruisseaux d’hiver. Votre tête, votre conscience. Qu’en reste-il ? Que vous reste-il, maintenant? Vous voyez. Vous voyez désormais ce que le plaisir et le bonheur vous aveuglait. Vous voyez la douleur, vous sentez le mépris et la haine. La trahison vous est désormais aussi perceptible que les sans-abris le long de votre chemin. L’hypocrisie se voit dans les yeux des passants, remplaçant cette tendresse masquée.

Que vous reste-il? Où se trouve votre sourire? Dans quel coffre est-il enfermé, où a-t-il été jeté? Peut-on le retrouver? Est-il seulement retrouvable? Le temps passe, passe et repasse… Personne ne peut le retenir. Personne n’essais plus. La musique s’est tut. Le monde s’écroule. Vous vous rendez enfin compte que, finalement, vous ne voyez rien. Tout comme eux. Mais personne ne le dira. Personne ne tentera de se mettre des lunettes. Le monde est beaucoup trop joli ainsi floué. On ne voit pas les grains gonflés. On ne les voit pas. Non… Il en doute… Ils ne veulent pas les voir. Beaucoup mieux.

Un enfant, il fait ? Émile ne change pas sa position. Il n’y a qu’un gamin pour faire de telles crises. Vous lui brisez son jouet et il pleure. S’il venait à briser son jouet, est-ce que l’autre pleurerait aussi ? Ses perles salées avaient déjà étés versées. Pouvaient-elles l’être de nouveau ? Utiliser deux fois le même outil serait idiot. Et puis, tout d’abord, contre quoi il se bat ? Un «enfant» ? Que veut-il en tirer de cette discussion ? Discussion… Quel joli mot pour parler de leur échange. Échange plus que verbal. Est-ce vraiment un échanger ? Oh, l’atmosphère l’étouffait… C’était beaucoup trop…

Puis, attaque aérienne : on le détroussa sournoisement de sa vue. Lui qui ne voyait strictement rien sans ses lunettes… Il l’aveuglait volontairement. L’aveugler de quoi ? De quoi a-t-il peur ? Qu’est-ce qu’il ne doit pas voir ? Qu’est-ce qui pourrait lui nuire ? Il ne faisait jamais rien au hasard, il en était certain. Rien, mise à part cette rencontre. Il n’aurait jamais pu prédire leur confrontation. Tout comme lui-même ne se serait jamais attendu à utiliser un jour son pouvoir…

Orgueil oblige, il garda la tête haute malgré le froid et sa vue brouillée. Il ne plissa même pas les paupières : il ne lui donnerait pas ce plaisir malsain. Il avait déjà suffisamment d’emprise sur lui, il n’allait tout de même pas lui en donner plus. Jamais. Il ne baisserait jamais la tête ! Pas devant cet homme, si homme dont il était question.

Une perception… De différente manière de penser et de voir les choses. Choses qui changent d’un individu à l’autre. Perception : source de guerre puérile et inutile. C’est parce que les Amérindiens n’avaient pas la même ‘’perception’’ de la vie qu’ils s’étaient fait envahir. C’était parce que les riches n’avaient pas la même perception de l’argent qu’ils finissaient toujours par sombrer.

Vulnérabilité. Faiblesse. Être vulnérable n’égalerait pas toujours la faiblesse ? Il tenta de réfléchir à ses paroles, mais c’était chose extrêmement complexe par pareil temps. Son cerveau gelait, son sang se glaçait… il ne donnait plus cher de sa peau. Il allait mourir ici ? Dans un temple ? Ça ne faisait pas un peu trop théâtrale tout ça ? Mourir dans un temple… Entre les murs d’un pensionnat maudit… Entre les murs de sa prison éternelle…Sans avoir revu celui qui n’avait cessé de faire battre son cœur entre ses mains habiles. Ce n’était pas juste… Le monde n’est pas juste. Il le sait. Il le savait. M-mais…

Son sourire l’étourdit. Les piliers dansent autours de lui Quel magnifique requiem pour son dernier souffle… il entend un lugubre chant au loin. Ou peut-être est-ce simplement sa respiration qui ralentie ? Il ne ressent plus rien. Il n’arrive même pas à être mécontent de cet état. Il n’a pas mal. Pour la première fois de sa vie, il n’a pas mal. Ni physiquement, ni psychologiquement. Et c’est bon. Diantre que c’est bon ! Plus de pensées droites, seulement le froid envoûtant qui lui susurre de le laisser aller dans ses bras glacial. Devait-il résister ? À quoi ça lui servirait ? Il a déjà tout perdu. Il ne lui reste que sa raison et sa vie. Sa raison commence lentement à tomber en lambeaux. Sa vie suivra le même chemin s’il n’y prête pas attention. Quel dommage.

Son rire est le plus fou des airs qu’il n’est pu entendre jusqu’à présent. La cadence a doublé. Il n’arrive plus à suivre le rythme. La folie, était-ce ça la folie ? Il aurait voulu crier. Il aurait voulu reculé. Ne me touche pas… Éloignes-toi de moi ! Restes loin ! Garde tes lèvres damnées loin des miennes !

Il est désormais près de lui. Trop près. Beaucoup trop près. Son regard doit aller d’un œil à l’autre pour éviter de loucher tant la proximité est grande. Son souffle le fait frémir, le contact, sursauté.

Puis, sa main glissa dans ses cheveux. Il ne bouge pas, entrouvrant seulement la bouche en sentant les mains du jeune homme le réchauffer. C’est à la fois si bon et si effroyable…. Être touché ainsi devrait être quelque chose d’honteux pour lui, mais il n’y arrive pas. C’est chaud. C’est doux. Il profite simplement. Il ne connait pas ses caresses, pas comme ça. Mais il s’en fiche. Il le laisse le toucher, n’imaginant même pas ce que serait les mains d’un autre. Il aurait dû gifler sa main. Il aurait dû. Mais s’il l’aurait fait, il savait que le froid n’aurait tardé à revenir prendre possession de son corps.

Alors que sa respiration redevint normale, il entend sa requête. Était-ce seulement une requête ? Il ne comprend pas. Pourquoi ne pas vouloir détruire ? Pourquoi ? Il lui semblait pourtant être la destruction incarnée. Un vague regard au débris derrière lui confirma sa pensée. Alors pourquoi ? Ne pas détruire… S’il le savait. Est-ce qu’il sait comment détruire lui-même ? Il ne sait pas. Peut-être. Peut-être pas. Mais il était le plus souvent celui que l’on détruisait, non l’inverse.

Pas comme lui ? Pas comme les autres ? Il l’avait déjà remarqué. Renaissance après la destruction ? Il ne sut pourquoi, mais il frissonna faiblement, son épiderme lui faisant remarquer que ce ne serait pas l’élégant phénix qui renaîtrait de ses cendres, mais plutôt ce vampire qu’un coup d’épée n’a pas suffit à éliminer.

Il entend sans vraiment comprendre, il voit sans vraiment remarquer. Le bleu à fait place au rouge. Ses sens sont en ébullition. Sa tête tourne. Il chancelle. Tous ses principes valsent avec lui. Qu’est-ce qui est faux ? Qu’est-ce qui est vrai ? Il ne sait plus… Il est perdu… Il a réussi à le faire douter de lui-même. Douter de ce qu’on lui a raconté, de ce qu’il a empilé comme information depuis sa naissance. Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est mal ? Comment savoir… ?

Il voit ses yeux posés sur lui mais il n’arrive pas à se sentir troublé. Comme si c’était naturel. Normal. Il écoute sa présentation et sa question sans broncher. Il ne voit toujours pas. Il devine. Et c’est suffisant. Suffisant pour comprendre que celui qu’il a vu plutôt, il ne le reverrait plus.

Et malgré lui, malgré tout ce qui s’est passé, malgré ses mots, il sourit. Pas un rictus. Par la courbure démoniaque ou cruelle comme auparavant, une vrai sourire. Sincère. Calme. Doux. Réel.

Il reprend son cahier.

"Je ne veux pas retourner en arrière."

Il lui montre, puis réécris :

"Oh my dear… Peu importe où tu iras, je te suivrai. Tu as signé un contrat dont tu n’as même pas lit les conditions… Quelle insouciance."

Après lui avoir montré, il range le petit cahier. Il n’avait plus besoin de mot à ce stade. Il savait très bien usé de gestes pour se faire comprendre. Ses pas se suivirent, les uns après les autres. Le claquement de ses semelles résonna dans tout le temple, écho dans un silence serein. Il ne s’arrêta qu’une fois en face de lui. Peu importe qui était ce lui. Ses améthystes brillent, lui lançant une image de sérénité singulière.

Sa main passe sur sa tête, puis vient taquiner sa pommette. Il se permet même de tester sa douceur du bout des doigts avant de venir lui prendre le menton. Ses lèvres d’elles-mêmes le chemin jusqu’à son oreille où son souffle chaud se répercute. Il revient délicatement poser ses lèvres sur son front, puis s’empare de son bien précieux, là-haut sur sa tête. Comme une récompense, un trophée, un objet de quête, reposant sur une vaste et fière montagne. Il les repose sur sa propre tête, n’ayant pas besoin de voir. Sa vision était parfaite ainsi.

Sans se préoccuper des éventuelles conséquences que cela pourrait emporter, il reposait pour la deuxième fois de la journée ses lèvres sur celles de l’autre homme. Le contact était bref, chaste et léger.

Rappels-toi. Rappels-toi, même après.

Il ne savait quelles émotions il allait laisser derrière lui, mais ça n’avait plus d’importance. Est-ce que ça en avait déjà eu ? Il glissa sa main sur son bras, puis posa sa main sur la peau nue.

Émile Watson.

Ses iris profondément violets rencontrèrent les siens.

Celui que tu veux qu’il soit.

Il se fichait comment il le voyait. Ça n’importait pas. Ça n’importait plus. Il recula lentement, puis remit son outil de vue sur son nez.

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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   Mer 3 Avr 2013 - 1:52

Litanie brisée qui contemple la déchéance et l’être humain qui spirale dans le ciel en attendant son ultime jugement. Vêtus de noir et de blanc pour faciliter la sentence, les purs au ciel et les absurdes au centre, là où la lave fera fondre tous leurs sens. Que vous soyez bon ou mauvais, vous finirez tous au même endroit, quoique vous disiez ou faisiez, la mort vous prendra. Humaniste, behavioriste, psychanalyste, Rogers, Piaget ou Erikson, la finalité de l’équation demeure la même, des pluies diluviennes de cadavres imbibés de conséquences qui auront vécu leurs existences en tant qu’humains. La société n’est qu’une boîte qui modifie soit en bien ou en mal, qui transforme les perceptions de par la dégoutante présence des normes et des pressions sociales. L’être humain n’est pas bon, l’être humain n’est qu’instinct, instincts qui profitent sa propre cause aux dépends de celle des autres. Mais c’est tout naturel de vouloir vivre et laisser les charges défectueuses derrière. Les hommes veulent survivre, les gens veulent se perpétuer. Et moi, je veux arpenter les cieux orageux, innommable et hilare, pour l’éternité. Si tu me détruis, il n’y aura que renaissance, car dans mes ailes de rires éthérés réside l’entièreté de l’existence humaine. Aussi longtemps que vous vous acharnerez, aussi longtemps que vous vivrez, aussi longtemps qu’il y aura des âmes à dévorer, je serai. Ce que je suis, ce que je veux être et ce que je deviendrai.

Le cahier est repris par des extrémités gelées de froid et d’asphyxie émotionnelle. La douceur a remplacé l’arrogance et des craquelures invisibles se sont dessinées sur le masque de porcelaine suffisant, il déverse son encre carmine avec une sérénité particulière, une sérénité qui pointille le moment de ses rebords émoussés. Je glisse mon regard sur ses doigts, plus blancs qui pourraient aisément être givrés, avant de lécher les lettres rougissantes de mes iris sombres, des lettres aux contours adroits et rebondissant. À l’envers, les termes composant la phrase qu’il rédige, semblant épris d’une douce léthargie presque maladive, m’apparaissent mutés, difformes, des reflets opposés à ce qu’ils devraient être et ce n’est que lorsqu’il retourne le calepin, portant ses pages rougies sous mon œil dans un sens approprié, que les mots viennent fendre mon ouïe. Oui, mon ouïe, car dans les parois définissant ma matière grise résonnent les esquisses d’une voix tirée de l’imaginaire, au timbre éteint et un brin condescendant que la vie n’arrive pas à animer entièrement. Sa vie se trouve dans ses iris et non dans sa voix, portant les pensées qu’il ne prononce pas à l’air libre, expliquant ce sourire, un si joli sourire lorsqu’il n’est pas rendu informe par la malice d’un rictus blasé. Les sens échoués jettent leur dévolu dans leurs confrères, intensifiant leur présence, les habillant de singularité éthérée.

Ce garçon, cet élément perturbateur venu jeter ma colère à néant, me rend l’une de mes premières phrases au visage de manière reformulée sans que j’y sente l’ironie habitant préalablement ses discours écrits, il communique le concept du contrat, le concept de séquestration à ce dit contrait de la même façon dont je l’avais fait, d’un virement de doigt soucieux des réactions que provoqueront les paroles dépourvus de son. Et ce n’est pas un souci empathique qui fait papillonner ces intentions de communication, mais plutôt un souci égoïste, plus vrai, plus humain que n’importe quel autre. Il devient celui qu’il veut que je sois, perd les ailes de démons qu’il tentait de s’octroyer au profit de membres humains et éhontés. Il repousse l’instinct de survis qui se voit surpasser par l’obnubilation, par la curiosité. Ou peut-être est-ce même l’instinct de survie lui-même qui le pousse à se rattacher à ma personne en dépit du froid, en dépit du feu d’azur qui a bien failli figer nos veines, le redressant sur ses jambes vacillantes et le portant à quelques centimètres de moi. L’ennui peut tuer, parait-il et les murs de ce pensionnat prouveront certainement être redondant à un moment ou à un autre, qui sait depuis combien de temps ce binoclard envoutant arpente cette enceinte de son mutisme impérieux.

Deviens humain pour moi, deviens inhumain en l’honneur de mon nom, appartiens-moi, be mine, be mine. Nous ne retournerons pas en arrière, for you are perfect enough to know my name. L’insouciance marquera nos dédalles, imprimera nos paumes en son centre diffus de sorte à ce que l’impression laissé par nos actes perdure dans les souvenirs de ces lieux. Nous sommes insouciants de nous être laissé avaler, insouciant de nous être damné pour l’éternité. Ici, rien n’a lieu d’être, comment les approches de la psychologie auraient-elles pu prévoir ce grandiose chef-d’œuvre mettant sur scène des loubards prisonniers de chaînes fictives. Nous sommes enfermés, rien ne s’applique. Être bon ou mauvais, dans cette microsociété grandissante n’est qu’un adjectif de plus à la suite d’une appellation . . . Peser le pour ou le contre de ce que nous étions avant ne mène à rien si nous ne pouvons sortir de cet endroit figé dans le temps, de cette version vieillotte de Daresbury, l’instinct prédomine. . .

Le cahier a disparu, la posture du gamin se fait digne et le monde tangue dans une valse de fraicheur et d’articulations engourdies. Son souffle vient côtoyer ma peau et les morceaux de métaux et de plastique contenus dans mes mains se voient distraitement enfoncés dans l’une de mes poches. Je ne veux pas perdre ce truc, pour une raison tout aussi obscure qu’ironique, je ne veux pas perdre l’écho d’une voix brillante d’azure et d’or, une voix me suppliant, m’implorant. You were always such a fool Lawrence.

Ses doigts dans l’opale de mes mèches, ses phalanges sur la courbe de ma pommette qui chatouillent et observent par l’intermédiaire d’un sens intensifié par la mort d’un autre. Reste muet à jamais, love, you are so much more fascinating this way. Il me tire de ma rêverie, rompt le bref contact nostalgique qu’entraine indubitablement la fresque vocale que peint mon téléphone portable, m’éloigne du soleil, m’éloigne de Swan. Une course folle qui m’amène à l’identifier comme une lune, une éclipse qui cache le soleil avec des améthyste et qui assombri le ciel avec des rideaux capillaires clairs. Une échappatoire. L’air chaud annonçant l’approche de ses lèvres percute les pans de l’un de mes lobes, laissant mes cheveux danser au rythme des respirations, m’arrachant un discret rire tintant. J’humecte mes lèvres, discerne les siennes alors qu’elles se faufilent sous ma frange, apposant le pouvoir de leur sens sur mon front. Je cligne des yeux, cils heurtant sa peau d’une manière que j’imagine semblable à des jambes de fées se balançant.

Les contacts se suivent sans opposition de ma part, sans anicroches pour venir les perturber et je le laisse explorer ce qu’il veut de moi, curieux de la provenance de cet intérêt semblant maintenant nager dans une réciprocité malsaine. Il me subtilise l’objet de vision que je lui ai moi-même chipé, réclamant cet autre sens que je lui ai volé. Cela n’intensifiait-il pas ta perception des touchers, boy ? Il les repose sur son propre crâne et je comprends que d’une manière tortueuse, il doit certainement ressentir cette situation comme moi; émotivité homologue, léthargie sereine marquée d’interrogations incertaines de pouvoir s’octroyer le droit d’exister. Elles rampent, frébriles, et embaument l’atmosphère d’épices. Que ce passe-t-il, entre les hautes colonnes d’un abade religieux sans nom ? Que ce passe-t-il entre les synapses de deux inconnus se vautrant dans les facéties de l’humanité ?

Je ne redoute pas le passé, je ne redoute pas l’agonie et ses lèvres sont plus froides que de la neige, glissant contre les miennes avec une candeur puritaine qui s’agence d’office avec l’emblème que l’on pourrait attribuer aux lieux que nous profanons certainement. Aucune brûlure ne les accompagne, aucune douleur salvatrice ne vient succéder à leur brève présence et je m’en trouve presque déçu, certainement pantois. J’inspire, sourire éclaté titillant la commissure de mes lèvres, bousculant ma moue surprise, et fiche mes paumes dans les pans de son manteau de sorte à ce qu’il ne recule pas trop loin. Onyx contre améthyste, soie contre velours et un silence vertébré apposant les fondements d’une situation saugrenue.

« Je ne lis jamais les conditions, ce serait bien trop ennuyant. »

Conformément à celui que je suis, celui que je serai probablement à jamais, j’éclate de rire, laissant mon hilarité ricocher comme une reine contre les colonnes et les dalles du lieu saint, crachant presque sur cette église de tous les dieux et de toutes les pratiques, crispant mes paumes en poings dans le textile de son vêtements. Sporadiques et effrénés, mes ricanements secouent le froid qui perdure un brin, qui s’accroche comme une sangsue, et je glisse la tête de mon interlocuteur sans phrases plus près de mon propre crane. Proximité diluvienne.

Il n’y a que les dents pour adroitement exprimer la possession, pour expressément apposer un fondement théâtral à une relation et les miennes viennent s’emparer de sa lèvre inférieure. Elles titillent de salive et de tranchant le morceau de chair qui se voit tirer vers l’arrière sans douceur. Bouche difforme et sourire tétanisant, je brise des limites et m’engage à une refonte de l’univers de la même manière que je le faisais durant mon adolescence. Je réfute sans vraiment chercher à comprendre ce que je réfute.

« Si on ne retourne pas en arrière, il faut donc aller de l’avant. »

Un pacte avec l’immatériel, une raison de l’épargner . . .

Une raison de me sauver ? Mon plus grand ennemi se profile dans le reflet d’un miroir, jours après jour, sifflant et gloussant de la même manière dont je persiste à le faire. Il m’a vu humain avant de me voir hilare, il m’a agenouillé devant moi-même l’instant de quelques minutes et . . . c’est suffisant pour réfuter le trouble de personnalité, c’est suffisant pour clamer l’égoïsme humain. J’ai réussi à m’extirper de ma coquille, mes yeux papillonnent, mes mains arachnéennes sont métaphoricalement brisées, mais se reconstituent déjà en mieux. Toujours en mieux.

« Quelle sera la direction de notre ‘avant’ ? »

La tempête est passée.

And the rainbow is beautiful.
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MessageSujet: Re: L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]   

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L'être humain est bon, c'est la société qui le corrompt ? [ PV : Émile Watson ]

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