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 Verbatim.

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Delicate Boy
Emrys Sulwyn
Emrys Sulwyn

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• Age : 26
• Pouvoir : Ressentir les émotions des autres.
• AEA : Bilboquet. L'escargot. Le meilleur. Le plus rose.
• Petit(e) ami(e) : Iwa coeur coeur love ♥ (Mais il n'oublie pas Soren.)

RP en cours : Dysphorie en Euphorie.

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MessageSujet: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeDim 17 Mar 2013 - 15:25

Gravity <= { Courtney et Emrys }

Une main serrée sur le manche de sa poêle, l'autre fermée sur son bras droit dans une vaine tentative pour se réchauffer et se rassurer, Emrys se retourna à plusieurs reprises pour vérifier qu'ils étaient seuls. L'image d'une silhouette se précipitant vers eux pour les égorger ne le quittait plus, à présent. C'était toujours les même sons étrangers, les même mouvements en périphérie de ses yeux bleus ; à la moindre crainte, c'était tout son corps qui menaçait de s'écrouler au sol dans un bruit mat. Il était habitué à courir, n'avait pas plus mal aux muscles qu'après n'importe quelle course un peu épuisante. Pourtant, ses jambes tremblaient comme des feuilles sous le poids de son corps tendu. A deux reprises, il faillit trébucher et se rattrapa de justesse ; à deux reprises, il s'efforça de reprendre confiance en lui et de ne pas se laisser aller au désespoir.
Jamais l'expression « marche ou crève » ne lui avait paru si adaptée.
Ce qui ne tue pas rend plus fort, aurait dit son père ; c'était le moment ou jamais de lui prouver qu'il avait appris la leçon. Tant qu'il pouvait se relever et courir, rien n'était perdu. Or il marchait encore, non ? Il avait failli se faire tuer par ce malade, mais il était en vie. Il était en vie et libre de ses mouvements. Pour l'instant.
Au fond, ce jeu macabre n'était pas plus compliqué qu'une course de vitesse. Il lui suffisait de courir sans relâche jusqu'à la ligne d'arrivée, sans se préoccuper du temps ou de l'état de la piste. Juste courir. Rien de plus facile, hein ? Courir.
Crispé et nerveux, Emrys rejoua la scène de la forêt derrière ses yeux écarquillés. L'acier qui frôle la peau, le rejet brutal, l'ordre de fuir. Le sourire. Un frisson incontrôlé agita son corps ; s'il ne les avait pas tué, c'était uniquement parce qu'il connaissait la petite brune. Uniquement pour ça. Ça paraissait évident, c'était – la seule explication possible. Ils se connaissaient. Elle connaissait ce malade. Elle l'aurait protégé. Et pendant qu'ils fuyaient bêtement vers le cimetière, tandis qu'ils quittaient le couvert des arbres en quête d'un lieu plus sûr, d'autres personnes étaient peut-être en train de se faire égorger par ce même psychopathe qui leur avait si gentiment indiqué les lieux à éviter.
Le regard fixe, Emrys ralentit la cadence.
Cimetière en vue.
Son monde en noir et blanc menaçait de s'écrouler, et plus il tentait de maintenir les séparations droites et nettes qui lui permettaient de croire encore, plus elles menaçaient de s'ébrécher. Sa vision naïve et optimiste des choses peinait à suivre le rythme effréné que son cœur lui imposait. Au milieu des tombes, main gauche appuyée contre la dernière demeure d'un parfait étranger, il sentit les restes de sa foi tomber en poussière.

« Y'a personne... » Il regarda autour de lui, hébété. « C'est bizarre. »

Sa remarque s'acheva sur une note tordue. Gorge serrée, il ne savait plus quoi penser.
Peut-être aurait-il mieux fait de ne plus penser du tout.



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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 21 Mar 2013 - 8:41

Le cimetière était désert et froid; les joues rouges, Courtney reprenait son souffle, appuyée contre une pierre grise au nom a demi effacé par les ravages du temps. Il ne faisait plus si clair qu'à leur sortie du temple, et bientôt l'obscurité s'emparerait jalousement des lieux, gommerait les contours des paysages et égarerait les pauvres ères dans une nuit d'encre sans lune. Mais pour l'instant, le soleil brillait toujours, quoique faiblement. Courtney lui jeta un œil perdu comme pour s'en assurer, avant de laisser passer un souffle court qui se perdit dans le silence qui les étreignait. Dans un sursaut de courage, elle se redressa et fit bravement face aux morts et leur dernière demeure. Il n'y avait pas plus effrayant, dans un jeu tel que celui-ci, de prendre appui sur des restes qui avaient peut-être péris de la même manière dont le destin les menaçait. Songeant que celui qu'effleurait encore sa main libre avait pu avoir, il y avait des années de cela mais sous un ciel pareillement triste, les mêmes pensées, elle ramena son bras contre sa poitrine. Elle tremblait.
Tout près d'elle, Emrys reprenait son souffle. Il avait l'air aussi désorienté qu'elle, aussi effrayé.

Qui ne l'aurait pas été ?

« Y'a personne... C'est bizarre. »

Courtney n'était pas aussi suspicieuse, trop heureuse d'avoir trouvé un endroit dans lequel prendre un repos qui ne serait, en apparence, pas dérangé sur le champ. Elle se souvenait pourtant du contact du métal, inattendu, sur sa gorge; toutes les silhouettes que dissimulait l'ombre croissante. Elle voulait juste cesser de hoqueter bêtement, sécher ses larmes et retrouver une contenance. Ces précieuses minutes de répit lui en donnait l'occasion bienvenue.
Elle n'était pas simplette: par moment, elle aurait pourtant préféré l'être. N'osant plus lâcher sa bouteille depuis qu'elle avait cru qu'elle ne pourrait plus jamais la reprendre, elle fit, sa voix encore essoufflée et esseulée:

« Tant mieux. Ça veut dire qu'on est à l'abri, pour le moment. »

A l'abri ? Oui, elle rêvait tout haut, la jeune fille aux cheveux bruns. C'était coutumier chez elle, cette manie à partir dans divers songes et à négliger la part réelle des choses. Il fallait dire que chez elle, c'était le seul moyen qu'elle avait pour ne plus sentir la pollution au fond de sa gorge. Même si, en l'occurrence, c'était plutôt une prise désespérée sur un mur qui menaçait de s'effriter à chaque instant. Elle ne voulait pas tomber, ni s'écorcher les genoux, et encore moins se rompre le cou.
Ils n'avaient que les morts pour auditoire, et c'était tout aussi dangereux. Advienne que pourra, comme on disait.
Comme on disait.
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Emrys Sulwyn
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeSam 23 Mar 2013 - 1:42

Emrys crispa un peu plus sa main gauche sur la pierre froide, le souffle coupé. Il avait besoin d'un support, d'une main à laquelle s'accrocher ; il ne voulait pas être seul. Ça faisait trop mal, ça lui en lacérait les jambes et les poumons à chaque pas, chaque inspiration douloureuse qui réussissait à passer le cap de ses lèvres serrées et tremblantes. Cette tombe était la seule chose à laquelle il pouvait encore se rattraper pour ne pas tomber. Un cadavre, à quelques pas de ses propre pieds, devait le regarder en souriant. Il fut incapable de s'en inquiéter. Parce qu'à présent, maintenant que le métal avait failli sectionner les veines, ce n'était pas des morts qu'il avait le plus peur.
Non, les vivants étaient bien plus effrayants.
Près de lui, la jeune fille reprenait elle aussi son souffle. Il ne put empêcher ses yeux bleus de descendre jusqu'à la bouteille, jusqu'au poignet où devait être inscrite la marque dont leur vie était sensée dépendre. Si ç'avait été Ayumi, songea-t-il avec une pointe d'amertume, si ç'avait été Soren, ce type les aurait tué. L'étrange lueur dans ses yeux, les battements affolés de son cœur où les sentiments de tous se croisaient sans cesse et son sourire, son sourire carnassier – tout ces détails hurlaient la vérité à gorge déployée. Il les aurait tués, exécutés sans même hésiter. Et lui, il aurait fui. Il l'avait senti à ses jambes prêtes à s'effondrer sous lui : il n'aurait rien fait pour les aider, rien.
Et c'était injuste. Injuste, injuste, injuste.
Au creux de son estomac malmené, une boule noire de colère et de peur menaçait d'exploser à tout instant.

« Tant mieux. Ça veut dire qu'on est à l'abri, pour le moment. »

Un rire, faible et épuisé, s'échappa de sa bouche tremblante. Il ne chercha même pas à le retenir ; main gauche masquant son visage, jambes appuyées contre une tombe anonyme, il se contenta de le laisser filer. Il avait mal, mal à en crever. Jamais il n'avait eu peur à ce point. Jamais il n'aurait cru pouvoir trembler autant.
Une profonde inspiration l'aida à se reprendre. Sa main glissa le long de son corps. Et dans le regard qu'il lança à la jeune fille, toujours empreint de doute et de crainte, se déclinait une nouvelle teinte rouge obscure.
La colère fit vibrer sa voix.

« Tant mieux ? Ce taré a dû partir tuer d'autres personnes un peu plus loin ! s'exclama-t-il en désignant la forêt du bout de son ustensile. Je vois pas comment ça pourrait être... »

Il serra les dents, tenta de calmer les battements frénétiques de son cœur. Y'avait Allen, là-bas, y'avait...

« Au lieu de nous ça va être eux, bravo, beaucoup mieux ! »

Emrys faillit laisser s'échapper un sanglot étouffé ; dans un soupir tremblant, toute son amertume retomba au creux de son estomac. Il en avait assez, assez, assez.
Ils auraient dû le tuer.



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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 8:50

« Tant mieux ? Ce taré a dû partir tuer d'autres personnes un peu plus loin ! Je vois pas comment ça pourrait être... »

Le rire brisé d'Emrys avait fait se contracter le cœur de Courtney quelques secondes plus tôt; maintenant, c'était à l'indignation de prendre le contrôle et de le faire battre plus rapidement. La colère aussi sans doute, bien cachée derrière le masque mortuaire. Elle suivit par réflexe des yeux la direction qu'Emrys indiquait: mais là où il voyait des massacres et des morts, une odeur de sang à s'en étouffer, elle ne voyait que le visage de Ralph et aussi celui d'Aphrodite – qui savait où pouvait se trouver son amie si elle avait elle aussi été larguée dans le jeu ? Elle n'aurait pas dû le laisser tout seul, à la merci des pensionnaires qui suivaient les règles à la lettre. Mais elle, elle... Il avait promis qu'il les rejoindrait, et...

L'Étasunienne serra les poings. Pour une fois, il lui semblait bien que c'était la fureur à l'état pur qui donnait à sa bouche un goût désagréable de fer. C'était injuste, injuste ! Il n'avait pas le droit de parler de Ralph comme ça. Pas le droit. C'était son ami, et elle savait qu'il ne ferait rien de tel. Il se défendrait si on l'attaquait, tout au plus. Il n'avait jamais fait de mal à personne.
A personne.

« Au lieu de nous ça va être eux, bravo, beaucoup mieux ! »

Et ça crevait les yeux qu'il n'en pouvait plus, qu'il était au bout du rouleau. Elle aussi menaçait d'éclater en sanglots ou de se frapper le front contre la stèle grise dans un élan désespéré pour s'échapper de ce cauchemar. Rien que le contact du verre de la bouteille contre sa paume suffisait à la rendre malade; elle avait envie de vomir. Ne lui en tiens pas rigueur, Courtney, il ne sait plus ce qu'il dit. Il a besoin de se défouler, il a besoin de parler. Après tout, vous êtes passés à 'ça' de la mort dans cette clairière.
Elle secouait vainement la tête pour nier l'évidence. Ça marchait, pour l'instant. Ça continuerait de marcher jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Oui, il y avait eu la lame sur sa peau, mais à aucun moment elle n'avait pensé qu'elle puisse irrémédiablement s'y enfoncer, l'entailler comme on entaille le cou des animaux. Parce que c'était Ralph.

Si ça avait été un de ses amis à lui, alors il n'aurait... il n'aurait pas dit ça.
Courtney fit la grimace, énervée, triste, à bout. Elle se retourna brusquement vers Emrys. Ses mots se montaient dessus et trébuchaient sur les larmes qu'elle retenait vaillamment. Bientôt, elle ne le pourrait plus. Ce serait la fin.

« C'est n'importe quoi ! Je connais Ralph, et Ralph n'est pas comme ça ! Il ne ferait jamais de mal à personne ! »

Les derniers mots, criés, étaient une véritable aberration. Mais Courtney ne savait pas, elle ne voulait pas savoir. C'était comme ça, point.
Ça l'aurait forcée à remettre trop de choses en question, elle n'en avait pas envie. Se voiler la face, c'était bien aussi, hein ?
Qui a besoin de la vérité, ici-bas ?

« Il va revenir, enchaina-t-elle, comme à bout de souffle, et il n'aura tué personne... Il n'est pas comme ça, c'est mon ami... »

La bouteille vide tremblait entre ses doigts. Et à l'intérieur, c'était son cœur – il ne battait plus, il tremblait. Trop vite, bien trop vite...
Il allait finir par exploser.
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Delicate Boy
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeLun 1 Avr 2013 - 5:18

« C'est n'importe quoi ! Je connais Ralph, et Ralph n'est pas comme ça ! Il ne ferait jamais de mal à personne ! »

Les yeux d'Emrys s'ouvrirent aussi grand qu'ils le purent, écarquillés d'incompréhension et de surprise mêlés. Ralph, Ralph, Ralph... Son estomac se rétracta, vide et douloureux, perdu au centre même de cette boule opaque retenant colère et peur sous une fine couche d'apathie glaciale. Ça ne tiendrait pas longtemps. Il put le sentir, le deviner aux craquelures qui fissuraient ses lèvres et ses nerfs : s'il continuait comme ça, s'il ne se calmait pas sur le champ, ses sentiments prendraient définitivement le pas sur la raison. Ce serait l'éclipse, le navire chavirant dans la tempête.
Toute la fureur et l'indignation que pouvait contenir le cœur de cette fille se précipitèrent dans le sien en quête de reconnaissance. Ses émotions rouges et ocres filèrent à tout allure dans ses veines, se précipitant jusqu'à son cerveau pour brouiller sa perception, noyer son bon-sens. Colère, colère – bon sang, ils risquaient tous de crever à cause de ce psychopathe ! Est-ce qu'ils ont une famille, non, des proches, non, des gens qui tiennent à eux, sûrement pas ; ce sont des tarés, c'est un malade, on le tue et tout est bien qui finit bien, Happy End, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Les méchants sont antipathiques, les méchants personne ne les aime. Les méchants sont méchants. Blanc et noir. Pas de demi-mesures, pas d'ambiguïté ni de remises en cause.
Papa, ma tête va exploser.

« Il va revenir, et il n'aura tué personne... Il n'est pas comme ça, c'est mon ami... »

Emrys tendit son bras un peu brutalement, un peu trop loin, et faillit bien heurter Courtney avec sa poêle dans le procédé. Il n'y fit même pas attention ; ne remarqua rien. Peu importe combien il priait, aucun ange ne descendrait l'aider. Peu importe son envie de vivre, ses convictions, ses projets. Le Destin ne tient pas compte de ce genre de détails futiles. Tout le monde meurt sans exception. Gentil ou méchant, quelle importance ? Tout le monde meurt, c'est tout. Parce qu'il n'y a pas
de justice
et qu'il n'était rien d'autre qu'un petit garçon terrorisé sans placard dans lequel se cacher.

« N'IMPORTE QUOI ! » Sa voix porta plus loin que la fois précédente, forte et tremblotante. « Il te tuera pas toi, parce qu'il te connaît, mais moi, il m'aurait... »

Il n'osa pas le dire. Croyance futile que le silence peut-être pourrait le sauver ; crainte dérisoire du Diable qui accoure quand on l'appelle. Emrys n'était plus qu'une boule d'émotions trop fortes pour être gérées par un corps si fragile. Quelques années plus tôt, il serait tombé en morceaux. Aurait prié le Ciel de le réparer. Mais pas cette fois, non.
Il voulait trop vivre. Beaucoup trop.

« Je l'ai senti, il est fou, marmonna-t-il comme pour lui-même. On aurait dû le tuer, voilà ce qu'on aurait dû faire ! »

Il la regarda droit dans les yeux.
Les méchants n'ont pas d'amis, pas de famille, rien de tout ça. Quand ils meurent personne ne les pleure, ce serait trop difficile autrement.
Alors non, elle n'avait pas le droit de le protéger. Elle n'avait pas le droit.



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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 4 Avr 2013 - 8:46

Courtney recula d'un pas; la poêle ne l'aurait pas atteinte dans tous les cas, mais ses yeux restèrent vissés sur l'arme d'Emrys, s'y accrochèrent avec une peur et une fascination morbides. Là, dans sa main, la bouteille supportait un étau de plus en plus fort et de plus en plus douloureux plus les secondes s'égrenaient, emportant avec elles l'espoir incertain de sortir d'ici intact. A l'intérieur comme à l'extérieur. Dedans et dehors, il fallait maintenir la cohésion, ne pas se laisser aller. Tout le sang qu'on perdait, c'était un coup en plus donné à nos nerfs éplorés. Si la poêle d'Emrys l'avait effleurée, Courtney lui aurait lancé sa bouteille en travers de la figure en guise de représailles paniquées: le soubresaut qui avait fait frissonner sa main ne mentait pas.

Le corps ne ment jamais. Au secours, qu'est-ce que la peur va faire de moi...

« N'IMPORTE QUOI ! Il te tuera pas toi, parce qu'il te connaît, mais moi, il m'aurait... »

Les lèvres tremblantes de Courtney mimèrent une réponse hésitante pour tous les sourds de ce monde. Elle voulait parler, rétorquer, le contredire, mais la vérité était trop lourde pour qu'elle puisse supporter son poids. Évidemment qu'il ne lui avait rien fait parce qu'il la connaissait; ils étaient amis, comment aurait-il pu lui planter un couteau dans la gorge ? En souvenir de toutes leurs discussions et de tous ces moments passés ensemble, la jeune fille refusait de croire que le bras de Ralph aurait pu se lever pour lui ôter sciemment ce souffle qui lui était si précieux. De toute façon, elle lui aurait donné s'il lui avait demandé: pas besoin de le voler, hein ? Ralph n'était ni un voleur ni un assassin. C'était Ralph. Souvent à la ramasse mais jamais méchant.
Et face à un inconnu, dans un jeu parsemé de sentences de mises à mort, il n'aurait...



Elle dut se retenir pour ne pas crier et trépigner. Elle perdait pieds. Je veux rentrer, s'il vous plaît, je veux rentrer à la maison !

« Je l'ai senti, il est fou. On aurait dû le tuer, voilà ce qu'on aurait dû faire ! »

La boule qui lui bloquait la gorge descendit comme une pierre jusqu'à son cœur. Elle s'y écrasa avec un bruit mou et écœurant. Pas d'éclats de verre, pas de bruit déchirant: juste cet atterrissage raté et douloureux.
On aurait dû le tuer. Le tuer. Tuer.
Tuer Ralph ? Les doigts glacés qui lui collaient les lèvres s'écartèrent pour lui permettre de laisser fuser une exclamation de désespoir.

« Non ! »

Son cri résonna dans le cimetière vide. Il faisait froid, il faisait sombre, elle était fatiguée et tout ce qu'elle voulait, c'était qu'on la laisse se glisser à l'abri de ses couvertures chaudes et rassurantes.

« Ralph est aussi fou que toi ! S'il n'est pas venu c'est parce qu'il a vu que tu doutais de lui ! Maintenant, s'il se fait tuer, ce sera ta faute... »

Un sanglot brisé noya la fin de sa phrase, l'empêchant de continuer ses remontrances injustifiées. C'était la faute à personne, c'était la faute à tout le monde: il n'y avait qu'Emrys dans ce cimetière avec elle, alors c'était sa faute. Pour l'instant. Pour une minute, pour une seconde, le temps de pleurer et de crier, de pouvoir maudire quelqu'un. Si on le retrouve jamais, ce sera de ta faute et je te haïrait pour ça parce qu'il me faut quelqu'un à blâmer pour ce tour tordu du destin.
On est tous humains. On vaut pas un clou.
Et les autres non plus.
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMar 9 Avr 2013 - 9:32

Au moment même où il vit l'expression de la jeune fille changer, Emrys voulut faire marche arrière. Revenir dans le passé, refaire les choses mieux, choisir les bonnes réponses, ne pas se tromper dans le scénario ; il le souhaita de tout son cœur, vraiment, tandis qu'un « non ! » empli de désespoir déchirait l'atmosphère. Il voulut revoir la scène d'un point de vue extérieur, effacer ses erreurs, marcher plus droit et gommer ces stupides larmes au profit d'une détermination sans faille. C'était injuste, injuste, comme était-il censé savoir – comment, quand, que devait-il faire et de quelle façon ? Qui devait-il aider, qui devait-il tuer, allait-il mourir, est-ce que ça en valait seulement la peine –
Et pourquoi personne ne lui répondait, hein ?
Il n'arrêtait pas de prier, pourtant !

« Ralph est aussi fou que toi ! S'il n'est pas venu c'est parce qu'il a vu que tu doutais de lui ! Maintenant, s'il se fait tuer, ce sera ta faute... »

Aussi fou que toi ? Le sourire, le couteau contre la gorge, les menaces, les ordres – et malgré ça, malgré tout ça, Ralph est aussi fou que toi ? Ses yeux s'éteignirent sur une incompréhension opaque et douloureuse. Je n'ai tué personne, moi. Je n'ai menacé personne, moi. Je n'ai pas pris de couteau, je n'ai fait que courir et obéir. Je n'ai pas –
Ses poings se crispèrent ; seul un sanglot effaré réussit à se dégager de l'étau cruel qui empêchait l'air d'entrer dans ses poumons. Un unique sanglot en réponse au sien, un unique sanglot pour exprimer l'amplitude du désarroi qui écrasait son cœur et ses convictions, empalés sur les restes de sa foi. Il n'était pas fou, pas fou, pas fou – pas fou ! Il avait toujours fait au mieux, s'était toujours plié en quatre pour les autres, sans se plaindre, sans jamais rien reprocher à qui que ce soit. Il avait toujours baissé la tête pour mieux la redresser ensuite, était tombé, s'était relevé, sans jamais écraser personne, sans jamais jeter de pierres à qui que ce soit. Il avait fait de son mieux toute sa vie pour être quelqu'un de bien, pour être accepté, pour être mature et responsable, digne de confiance, pour rendre les autres heureux, toujours faire passer tout le monde avant lui-même, se donner une consistance, un caractère, écraser les mauvaises parties de sa personnalité, faire taire les cris et la colère – pour devenir la personne qu'il voulait être, et ce...

Cet assassin, ce malade, ce psychopathe qui avait dû tuer et décevoir sans arrêt allait se faire descendre par sa faute ? Parce qu'il avait douté de lui ? Et ce serait une mauvaise chose, alors, ce serait une perte terrible – c'est bien ça, oui ?
C'était injuste, lui avait fait tellement d'efforts, lui était quelqu'un de bien, alors que...

« Ma faute ? »

La colère était si présente qu'elle en devenait invisible. Il ne fronça même pas les sourcils, ne cria pas. Il n'y avait plus que son regard fixe, ses lèvres tremblantes, sa voix grondante et le pas qu'il fit en avant. Laissez moi revenir en arrière, s'il vous plaît, s'il vous plaît, je ne voulais pas dire ça...

« Ce sera de MA faute ? Moi j'ai jamais rien fait de mal, j'ai rien demandé à personne ! C'est pas de ma faute si t'es amie avec un taré, c'est pas de ma faute – »

C'est pas de ma faute, j'ai rien fait, c'est pas de ma faute, c'est pas de ma faute.
Il fit un autre pas en avant ; et il savait qu'il risquait de lui faire peur, tant il se faisait peur à lui-même. Que comptait-il faire, hein ? Lui tirer les joues ? Lui mettre une gifle pour la réveiller ? La serrer contre lui, s'excuser et pleurer ? L’assommer ?
Et qu'aurait-il dû faire pour avoir la meilleure des fins ?

« C'est toi, qui est folle ! »

Pourquoi personne ne...
Me dit quoi faire.



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And fall apart and start again -
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 10 Avr 2013 - 9:20

...

« Ma faute ? »

Les larmes avaient beau lui brouiller la vue et les sanglots rendre sa voix momentanément inutilisable, Courtney sentit la colère vibrer dans cette voix et elle recula au moment où Emrys fit un pas vers elle. Apeurée, perdue, acculée, elle sentit la pierre tombale contre sa jambe, et la main qui tenait la bouteille tremblait comme une feuille en pleine tempête. Son cœur, lui, était un bateau prêt à couler à la moindre seconde; où était passée la jolie voile qu'il arborait auparavant ? Qui l'avait déchirée ? Ballotée entre deux flots et sans elle, je ne peux aller nulle part.

« Ce sera de MA faute ? Moi j'ai jamais rien fait de mal, j'ai rien demandé à personne ! C'est pas de ma faute si t'es amie avec un taré, c'est pas de ma faute – »

Elle ne pouvait plus reculer et il continuait d'avancer. Les sanglot redoublèrent mais n'emportèrent pas avec eux la souffrance et la colère. Elle non plus, elle n'avait rien demandé ! Tout ce qu'elle voulait, c'était vivre ici pour toujours et rire avec ses amis, rien de plus. Elle ne voulait pas se battre, encore moins tuer qui que ce soit ! Elle ne pensait pas qu'il pouvait en aller différemment pour les êtres si précieux à son cœur. Ralph n'était pas un taré, non. Et en refusant qu'il vienne avec eux, il l'avait condamné à mort. Bloquée sur cette triste conclusion, Courtney ne voyait plus que son monde et têtue, avait sagement mis ses œillères.
Tant que ça concernait ceux auxquels elle tenait, c'était fichu d'avance. Game over, oui ? Là j'aurais bien besoin d'un Continue, pourtant. Nouvelle partie et nouvelle sauvegarde, on efface les anciennes.
J'ai jamais été aussi nulle aux jeux vidéos que maintenant. Jude, j'ai besoin de ton aide, là.

Maman ? Aphrodite ?
Je crois que je vais mourir.

« C'est toi, qui est folle ! »

Courtney serra les dents. Maintenant, là tout de suite, il fallait en finir. Ne m'approche pas, cinglé.
Elle prit la bouteille à deux mains, la tendit agressivement devant elle. Il n'y avait pas tente-six options, et elle s'arrangeait pourtant toujours pour prendre la mauvaise. Quelques larmes continuèrent leur course le long de ses joues dont même la colère n'arrivait pas à rendre l'éclat.

« Ne m'approche pas ! Je suis pas folle, et Ralph non plus ! C'est toi qui l'es. Alors m'approche pas, ou sinon je te jure, je te tue. »

Je te tue.
Sa gorge la brûlait, et elle aurait presque souhaité redevenir muette sur le champ. Quand on ne pouvait plus parler, on en sortait moins, des bêtises de ce genre. Elle aurait eu besoin de réfléchir, Courtney, mais la peur la paralysait. Elle avait toujours envie de pleurer derrière ce masque de fureur, aussi.
A New-York, tu sais, il n'arrêtait pas de pleuvoir et je voulais vivre dans un monde où l'herbe pouvait encore pousser. Qui pourrait être assez cruel pour m'enlever ça ?
Dans un cri désespéré, je voulais juste vivre.
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeVen 12 Avr 2013 - 22:57

Les larmes embuaient ses yeux bleus, menaçant à tout moment de rompre l'effort pour venir s'écraser le long de ses joues pâles comme la mort. Ses jambes brûlantes lui faisaient toujours douloureusement mal, le tissu de son pantalon était couvert de terre au niveau des genoux ; ses bras nus et frissonnants, le violent tremblement qui agitait ses mains – s'il s'était vu, il ne se serait pas reconnu. Il aurait vu un ado quelconque complètement terrorisé, un animal craintif devenu agressif sous l'emprise de la peur : un idiot, un abruti complet, un mauvais figurant. Pas lui. N'importe qui mais pas lui, ça ne pouvait pas être lui – ça n'aurait pas pu être lui. S'il s'était vu, il se serait giflé. S'il n'avait pas eu si peur, il se serait arrêté. S'il n'avait pas eu cette arme en main, fausse assurance d'une protection oh combien dérisoire, il y aurait peut-être réfléchi à deux fois avant de se rapprocher d'un danger potentiel. D'une victime potentielle.
Si, si, si, si. Mais puisque le destin joue sans se soucier de l'avis d'un ou deux pions bêtes et remplaçables, inutile de prier. Personne n'écoute, personne n'a jamais écouté.
La vie est cruelle ; sa volonté fragile s'écroula sous un flot de perles salées.

« Ne m'approche pas ! Je suis pas folle, et Ralph non plus ! C'est toi qui l'es. Alors m'approche pas, ou sinon je te jure, je te tue. »

Fou ? Doigts serrés autour du manche de la poêle à s'en briser les phalanges, les épaules secouées par une peine indicible, Emrys regarda la bouteille vide avec effroi. Que ce soit une casserole, un pistolet ou un couteau importait peu ; tout ce qui comptait était qu'il s'agissait d'une arme, une arme levée vers lui, prête à s'écraser contre sa tempe s'il s'approchait trop près. C'était une menace, un avertissement – ou je te tue, je te tue – dirigé directement contre lui. Ou je te tue, je te tue. Je te tue. Alors c'était comme ça, hein ? Qu'on finissait bêtement mort et enterré, à faire la une d'un mauvais journal ou d'un quelconque tribunal. En se poussant à bout. En ayant peur.
Il voulait revoir Soren, Ayumi, son père, Elly – le soleil, ces draps auxquels il s'était habitué, la grisaille de l'Angleterre. Il voulait vieillir. Avoir des enfants. Être heureux.
Il n'était pas fou : les gentils gagneraient, c'est tout. C'est tout.

« Tu me tues ? Et après c'est moi qui suis fou, hein ? Tu vaux pas mieux que lui, à dire des trucs pareils ! »

Il se sentait ridicule, à pleurer comme ça ; et curieusement, ses larmes furent la seule chose sur laquelle il réussit à se concentrer. Ses autres pensées étaient comme cryogénisées, figées par la peur et l'attente de l'irréparable. Il avait une poêle en main : ce n'était pas moins une arme qu'une chaise. C'était moins gros. Moins dangereux. Ce n'était qu'une poêle au bout de son bras, pas un couteau – mais pourtant quand il la leva bêtement sur le côté, ce fut dans le seul et unique but de faire mal.
Avoir voulu assommer quelqu'un avec une chaise lui avait paru stupide, pas dangereux. Ce n'était pas vraiment différent maintenant, si ?
Son cerveau interpréta ses deux mains crispées et le mouvement de la poêle comme une bête querelle, un coup de poing sans portée qui serait dévié avant d'atteindre sa cible. La jeune fille n'était pas Antoine ; mais il voulait juste la faire taire, la faire taire, pour qu'elle arrête de dire n'importe quoi, arrête de dire qu'il était fou, que c'était de sa faute, qu'elle admette –
Qu'il n'y était pour rien, lui, dans tout ça.



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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeVen 12 Avr 2013 - 22:57

Le membre 'Emrys Sulwyn' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
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#2 'Dé Dégâts' :
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeVen 12 Avr 2013 - 23:11

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeVen 12 Avr 2013 - 23:11

Le membre 'Courtney Lener' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
Verbatim. 10248141

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#2 'Dé Dégâts' :
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#3 'Dé Dérobé' :
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMar 16 Avr 2013 - 8:54

...

Ça aurait pu finir n'importe où et n'importe quand. Elle aurait pu glisser en sortant de son lit, elle aurait pu dévaler les escaliers jusqu'au carrelage froid, elle aurait pu se pencher un peu trop par une fenêtre et faire un dernier saut de l'ange. Ça aurait aussi pu s'arrêter dans les cuisines, peu après son arrivée, si le pistolet pointé dans sa direction avait craché ses balles. Ça aurait pu n'importe qui et n'importe quand – et elle n'y avait jamais prêté attention, jusque là. Maintenant, elle s'en rendait compte, et elle en tremblait et pleurait. C'était ça, mourir ? Se rendre compte de l'approche de la mort, combien il était aisé de se rompre le cou ou de faire dérailler son cœur ? Courtney n'avait rien de particulier, c'était une jeune fille banale et ordinaire avec un grand sourire sur les lèvres. Elle faisait parti de ceux qui partaient les premiers, droit devant et sans se retourner.

Sa poitrine la serrait et ses mains lui faisaient mal. Sous ses doigts, le verre paraissait comme chauffé à blanc, il la faisait atrocement souffrir. Elle refusait pourtant de lâcher cette bouteille, parce que c'était le seul moyen qu'elle avait de se protéger contre les autres – contre Emrys, jusqu'à ce que Ralph ou Aphrodite ne vienne la sauver.
Ils viendraient si elle criait, n'est-ce pas ?

« Tu me tues ? Et après c'est moi qui suis fou, hein ? Tu vaux pas mieux que lui, à dire des trucs pareils ! »

Discute puérile de primaire; Courtney aurait balbutié en retour des excuses sans sens et des accusations tout aussi vides. On ne grandit jamais vraiment, on cherche toujours un coupable et si on ne le trouve pas, le bouc-émissaire fait parfaitement l'affaire. Seulement, la poêle s'était levée, occultant tout le reste; cette poêle prête à frapper, et l'Étasunienne entendait déjà le bruit qu'elle ferait si elle s'écrasait contre sa tempe. Plein de petits morceaux d'elle à ramasser à la cuillère.
Elle ne voulait pas mourir.

Au risque de trébucher, Courtney recula, se prit le coin de la tombe dans la hanche. Tant pis pour la douleur, elle avait réussi à esquiver de justesse le coup d'Emrys. Si elle avait été en mesure de réfléchir, elle aurait tenté de l'apaiser et d'enrayer la machine avant que ça dégénère. Courtney n'arrivait plus à penser.

Elle envoya la bouteille dans le poignet d'Emrys, si fort qu'elle éclata en mille morceaux. Avec un cri surpris, elle recula et ramena l'arme mutilée à elle. Fixa la scène comme si elle était ailleurs, à des années lumières d'ici. Qui avait éteint la lumière ? Tout semblait bien plus sombre, tout à coup. Peut-être qu'elle avait déconnecté. Qu'est-ce qu'elle faisait, déjà ? En équilibre précaire, elle avait l'impression de vaciller au bord du vide; pourtant, elle leva encore l'arme, au cas où. Prête à frapper. Dans ses yeux perdus, il y avait une flamme glacée.

C'est toi ou moi, et moi je ne compte pas mourir. Désolée.
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 18 Avr 2013 - 15:48

La poêle siffla dans l'air et avant même qu'il ait pu s'en rendre compte, elle heurtait le vide. Il en resta hébété, un peu déséquilibré ; il était censé faire quoi, maintenant ? Ses larmes lui brouillaient la vue, il ne voulait pas la tuer ni mourir – n'était pas habitué à se battre, ne savait pas quoi faire. Quand il envoyait un coup de poing dans la figure de quelqu'un, en général, quand il essayait d’assommer l'autre à coup de chaise ou d'objets quelconques, ça finissait toujours par lui retomber dessus. Parce qu'il était faible, un peu idiot dès que ses émotions prenaient le dessus. Parce qu'il revenait les joues bleuies et les muscles endoloris – et que c'était bien fait, bien fait, fallait pas commencer à taper sur quelqu'un d'autre comme ça.
La douleur ne tarda pas à arriver ; fulgurante, brûlante, avec des relents amers de justice.
C'est bien fait pour toi, bien fait, bien fait, bien fait.
Son visage se déforma sur une expression horrifiée tandis que, agrippé à son ustensile comme à sa propre vie, il dévisageait son poignet abîmé. Une exclamation terrifiée, paniquée s'échappa d'entre ses lèvres sèches. Le bruit du verre qui éclate n'était déjà plus qu'un mauvais souvenir, mais les coupures et les petits débris pointus enfoncés dans sa peau n'étaient pas partis, eux. Ils étaient presque trop réels, trop vifs : le sang coulait, un peu, et il ne put retenir de nouvelles larmes. Ça faisait mal, encore, toujours, ça faisait mal et il voulait rentrer chez lui. Cette fille l'avait frappé, blessé, et lui ne comprenait pas. Il ne comprenait plus. Comme un enfant qui a failli tuer son camarade par mégarde et se retrouve avec une large coupure sur le bras, ahuri, incapable d'admettre qu'il a mérité cette entaille pour avoir failli faire subir la même chose à quelqu'un d'autre. Il avait voulu la frapper avec cette poêle, oui – mais ça ne l'avait pas touché ! Elle n'avait rien, elle, elle n'avait rien du tout – et lui avait mal, mal, mal à la main et aux jambes et au cœur, et elle n'avait rien, et elle l'avait frappé, et elle, elle –

Elle –

Emrys voulut dire quelque chose, mais ne pensait déjà plus ; il eut envie de s’asseoir pour soigner son poignet, mais la peur qui retournait son estomac refusa de le laisser en paix. S'il s'éloignait et baissait les yeux vers sa main, elle en profiterait pour l’assommer avec ce qui restait de sa bouteille : s'il s'éloignait, il mourrait. Il mourrait.
De nouveau, il leva la poêle ; de nouveau, il l’abattit violemment devant lui.
Aveuglé par ses larmes, et il avait peur, peur – peur de la toucher, peur de la rater. Peur de se tromper.

« Laisse moi tranquille ! »

Peur de le regretter.

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 18 Avr 2013 - 15:48

Le membre 'Emrys Sulwyn' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 18 Avr 2013 - 15:54

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeJeu 18 Avr 2013 - 15:54

Le membre 'Courtney Lener' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeVen 19 Avr 2013 - 20:05

...

Il pleurait, il avait mal; elle l'avait frappé. Les yeux chocolat de Courtney, grands ouverts par la peur et l'incompréhension, ses joues blêmes parcourues de sillons séchés de larmes, ses lèvres entrouvertes sur une question muette, elle n'était plus qu'une silhouette blafarde qui se fondait dans le paysage, perdue et incomprise. Elle pouvait déjà entendre sa conscience la sermonner, lui crier que ce qu'elle avait fait était mal, inadmissible, qu'elle aurait dû demander pardon à genoux. Bander ce poignet blessé, en retirer les morceaux de verre et pleurer et pleurer encore pour un salut que seul le jeune homme aux cheveux bruns était en mesure de lui apporter. Seulement voilà, elle avait peur, et ce qu'il avait dit sur Ralph restait coincé en travers de sa gorge – quelle réaction puérile pour une remarque mérité ! Courtney pouvait nier certaines évidences avec ferveur tant elle voulait y croire, tant s'arracher à ses petites apparences et sa réalité lui était difficile.

Mais là, tu risque d'avoir un problème, n'est-ce pas ? Il est en colère, Emrys. Ce coup de poêle, tu vas te le prendre sur la tempe la prochaine fois, et il pourrait bien t'assommer.
Honnêtement, ça n'aurait pas été plus mal qu'elle s'effondre sans connaissance à terre. Le temps qu'ils reprennent leurs esprits, ce répit de courte durée n'aurait pu leur être que favorable. Sauf que, sauf que...

Sauf que.

« Laisse moi tranquille ! »

C'était un cri qu'avait déserté la raison, plein de peur et de désespoir. Ça ne lui aurait pas fait si mal dans tous les cas – ça ne l'aurait pas tuée. Le couteau sur sa gorge, la dernière fois, avait été plus enclin à la faire passer de vie à trépas que cet ustensile de cuisine, cette arme incongrue pourtant pas si fragile que ça. Les bords de la bouteille, tranchants, vinrent se planter comme un rêve dans le bras d'Emrys; et elle sentit la peau se déchirer tandis qu'elle la ramenait vers elle, qu'elle la lâchait parce que le sang en avait teinté les bouts et qu'elle en était surprise. Cette couleur carmin, inhabituelle, et Courtney fit un pas précipité en arrière pour échapper autant à la souffrance de celui qu'elle avait blessé qu'à cette réalité qu'elle détestait.
Elle ne connaissait pas le cimetière, ne s'y promenait jamais. Trop morbide à son goût, aucun ossements sur lesquels venir se recueillir. Rien que des restes anonymes et sans intérêt. Son pied se prit dans un trou, la fit basculer en arrière. Yeux immenses rivés vers le ciel, elle put observer la lumière étouffée par l'approche de la nuit au moment même où sa nuque rencontrait la pierre d'une tombe malheureusement placée sur le chemin de sa chute.

Ça aurait pu finir n'importe où et n'importe quand. Elle aurait pu glisser en sortant de son lit, elle aurait pu dévaler les escaliers jusqu'au carrelage froid, elle aurait pu se pencher un peu trop par une fenêtre et faire un dernier saut de l'ange. Elle aurait pu...

C r a c.

Elle ne se sentit pas rencontrer le sol froid et inégal. On avait éteint la lumière avant qu'elle touche terre. Dans une semi conscience d'ores et déjà condamnée, Courtney serra le poing sur un monde qui lui échappait trop vite. Un cercle de souvenirs confus, pas d'air pour ses poumons qui suppliaient à l'aide, une dernière larme le long de sa joue, et ce fut tout. Une pensée fugace pour des rires échangés dans un couloir et un gâteau multicolore.

Même pas le temps de se dire que c'était bête, de mourir comme ça. Même pas le temps de se dire qu'elle mourrait tout court.

Dans un dernier soupir: je te souhaite bonne nuit ?
Le noir complet se fit. Trop tard, dommage. Rendez-vous dans un autre monde, dans une autre vie.

Game over.
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 5:43

Le verre déchira la peau comme dans un mauvais rêve. Les profonds sillons qui martyrisent les tissus, le sang qui coule le long de son bras – la nausée, le cri étranglé qui s'échappe d'entre ses lèvres, l'incompréhension. Ça fait mal, ça fait mal ça fait mal ça fait mal ça fait mal et bientôt, c'est la seule chose qu'il est capable de penser. J'ai mal j'ai mal j'ai mal j'ai mal j'ai mal j'ai mal...
J'ai mal.
Il lâcha sa poêle peu avant que les restes de la bouteille ne tombent au sol, mortifié par le liquide chaud qui coulait jusqu'à son poignet. La douleur était violente, agressive, plus vive que tout ce qu'il avait connu jusqu'alors : ce n'était pas une cheville tordue, ce n'était pas un doigt coincé dans une porte. C'était une blessure, une vraie, sans personne pour appeler les ambulances ou serrer sa main en tentant de bander ses plaies. Il avait mal, tellement mal qu'il en oublia momentanément tout le reste. Il n'y avait plus que son bras, sa peau déchirée, ses veines tranchées ; sa vie qui coulait au sol, qui s'enfuyait à toute vitesse. Emrys n'était ni fort ni suffisamment corpulent, ni en très bonne santé ces derniers temps. Il avait perdu du poids, un peu, était fatigué, beaucoup. S'il perdait trop de sang, il n'aurait plus assez de force pour survivre. S'il perdait trop de sang, il –
Ses yeux partirent en arrière – une seconde, pas plus ; ses yeux partirent en arrière et ses genoux fléchirent. Ses mollets heurtèrent le sol dans un bruit mat et
Crac
ses mains se crispèrent sur la terre sèche dans un ultime effort pour ne pas perdre connaissance. Le monde se fit flou puis plus net ; peu à peu, son esprit se remit à fonctionner.
La fille, le sang, la bouteille, la poêle...
Et il n'était pas
mort ?

Hébété, il resta quelques secondes sans rien dire. Elle ne l'avait pas tué ? Il était sans défense, pourtant – il était blessé, elle aurait dû en profiter pour l’assommer, lui crier quelque chose, n'importe quoi... Elle aurait dû encore être là. L'estomac en mille morceaux, le cœur au bord des lèvres, il releva la tête ; crispé de haut en bas, sanglotant, les jambes tremblantes de peur et de douleur, comme s'il s'attendait à tout moment à recevoir un autre coup. Rien ne vint. Rien du tout, plus jamais.
Il se redressa tant bien que mal, trébucha, se heurta la jambe à une pierre ; jura, pressé, et réussit enfin à atteindre la demoiselle évanouie au sol. Crac – l'image de sa silhouette qui bascule en arrière, le bruit des os qui rompent, et il l'avait vu sans le regarder, et ses sanglots se stoppèrent net, comme un pansement que l'on arrache.
Elle ne bougeait plus.

« Hey. Hey, réveille-toi. »

Il appuya doucement sur son épaule, effrayé encore par ce bras qui avait ensanglanté le sien. Puis un peu plus fort, un peu plus insistant : ils étaient calmés, maintenant, ils devaient réfléchir posément. Posément. Allez, debout ! Ses yeux bleus se posèrent sur les siens, absents et inconscients. Il fallait qu'elle lui réponde, qu'ils s'en aillent, qu'ils...
Qu'ils...
Un sanglot horrifié fit rouler de nouvelles larmes sur ses joues.

« Non, non, réveille toi, s'il te plaît, réveille toi... »

Il la secoua de nouveau, étranglé par la tristesse et la culpabilité. Elle ne se réveillerait pas. Elle ne se réveillerait pas et pourtant il recommença, encore, encore ; quand il s'arrêta enfin, ses sanglots lui avaient déjà brûlé la gorge et les poumons. C'était pas possible, elle n'avait pas pu tomber comme ça ! Il ne l'avait même pas frappé, il n'avait pas voulu la...
Muet et incapable de s'arrêter de pleurer, il s'essuya les yeux de son bras valide. Passa ses doigts sur le visage de l'endormie pour clore ses paupières, remit ses mains correctement sur son estomac, l'une sur l'autre. Pleura de plus bel, l'esprit et les muscles froids et engourdis.
Juste avant de se relever, Emrys posa les yeux sur le poignet de la jeune fille. Pris d'un doute, il les tourna doucement pour y chercher la marque qui, comme la sienne, devait tâcher sa peau. Il l'y trouva sans mal, soigneusement cachée sous sa manche ; la regarda, cligna des yeux.

Ha...

Il replaça délicatement son bras, le regard fixe et embué. Puis il posa sa main droite sur une tombe et, avec mille précaution, hissa son corps sur ses jambes flageolantes. Il n'eut le temps de faire que quelques pas avant qu'elles ne le lâchent à nouveau ; il allait vomir. Il jurait qu'il allait vomir.
Une expression impassible au visage, tout juste conscient de ce qu'il faisait, il tira sur la fabrique de son t-shirt pour le passer par-dessus ses épaules. Il avait toujours son débardeur compressif ; et quoi qu'il en soit, il n'était plus à ça près. Le tissu se noua sans mal autour de ses plaies, qu'il tenta de couvrir de son mieux : ce n'était pas génial, mais au moins le sang coulerait moins librement.
Il avait froid, maintenant.
Le silence était pesant.
Un rire épuisé se faufila entre ses dents serrées ; dos contre une tombe en tout point semblable à celle qui avait brisé la nuque de la fille allongée à quelques pas de là, à contempler cette marque en tout point identique à la sienne, il fondit en larmes à nouveau.

Je l'ai tuée ; c'est de ma faute, je l'ai tuée, je l'ai tuée.
Pitiez, aidez-moi.



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Wang Huan Yue
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 16:53

Wang avait avancé un long moment entre les arbres sans jamais glisser sur le tapis moussu qui recouvrait leurs larges racines. Comme ces serpents de bois, il aurait voulu plonger sous terre. Il regretta amèrement de s’être donné de grands airs devant William et Allen et d’avoir jeté avec une moue dédaigneuse sa plus grande chance de survie. Tu as amenuisé les leurs, se tança-t-il encore une fois. Le souvenir de la fille qui les accompagnait ne lui inspirait guère plus de confiance que la sorcière en chair et en os, et une poigne glaciale enserra son cœur. Cela faisait plus d’une demi-heure qu’elle ne l’avait pas lâché –mais comment en être sûr alors que le pensionnat et la panique et les pensées désordonnées qui passaient leur temps à disparaître en poussière lui avaient volé jusqu’à la plus basique des notions de temps ? Une ombre humide tombait peu à peu sous la fronde des arbres et des branches nues. Le Mandchou inspira une grande goulée d’air : il sentait le moisi et la pourriture, l’humus, la pluie et la forêt.

« Père… », maugréa-t-il, adossé à un vieux tronc à l’orée du bois. Ce genre d’occasion ne se présentait pas deux fois en une vie. La chance de se rattraper, la chance, la chance de faire enfin quelque chose. Pauvre idiot, persiffla la Raison dans un coin de sa tête que ceignaient ses mains. Pauvre idiot, qu’as-tu donc à prouver, et à qui ? Qui t’écoutera, qui sauveras-tu en te jetant ainsi dans la gueule du monstre ? Que feras-tu s’il t’attrape ? Te crois-tu fort, crois-tu pouvoir échapper à ses griffes ? Penses-tu donc que tu ne courras pas encore aussi vite que tes jambes te le permettront lorsque tu feras face à ses yeux jaunes, à ses babines sanglantes ou pire, à la gueule béante d’un fusil ? Un sanglot remonta de sa cage thoracique jusqu’à ses lèvres, à moitié mort dans sa gorge.

Ses pas l’avaient mené hors des bois.
Il avait trop peur pour y mourir.
Emrys avait toujours été juste avec lui. Courtney avait sûrement besoin de lui. Huan Yue refusait de commettre une nouvelle fois les mêmes erreurs –elles lui avaient coûté trop cher. Combien de nuits sans sommeil allait-il devoir supporter pour avoir le courage d’être un homme ? Combien de ses défauts allait-il encore devoir énumérer pour comprendre que sa peau ne valait pas plus que celle d’un autre ? Combien de personnes allaient-elles devoir mourir pour qu’il en sauvât une ?
Qu’est-ce que je t’ai appris ? Observe les règles, obéis aux ordres, agis conformément à ton devoir. Ne laisse personne derrière. N’ai qu’une parole.
On est amis, non ? Je t’en supplie, aide-moi. Aide-moi, aide-moi,
me laisse pas.

Wang serra les poings : ce que faisaient ces hommes n’avait jamais été juste. Ce qu’on lui demandait ne l’était pas plus. On n’attendait pas de lui qu’il fut juste ni bon. Si on lui demandait de se battre pour l’honneur d’un maître qu’il ne connaissait pas, tant pis, tant mieux, il s’en fichait. Il était lâche, atrocement lâche, et mort de peur. Il voulait se mettre en sécurité –serait-il mort à l’époque s’il s’était retourné ? Il ne voulait pas mourir encore une fois ; il ne voulait pas que Courtney meure. Il voulait qu’on soit fier de lui et servir une grande cause, servir à quelque chose.

Il avança ; il entendit des voix ; ne les reconnut pas. Il avança ; il aperçut quelqu’un ; soulagement immense.

« Emrys ! Emrys, tu n’as rien, je croyais que… Si j’étais arrivé trop tard, balbutia-t-il en avança vers lui. J’étais mort de peur… Mais je vais pouvoir vous aider maintenant, hein ? Je vais être utile à quelque chose, hein, Emrys ? Je vais sûrement pouvoir… »

Et il s’interrompit. Brutalement, sans crier gare, sans que sa voix ait eu le temps de s’éteindre. Il avisa la main du garçon, il avisa son silence. Seul. Le Chinois ferma les yeux –et s’il s’était retourné, aurait-il pu faire quelque chose ?

« Où est Courtney ? Où est Courtney, Emrys ? Je dois sauver Courtney, Emrys. Je, je dois la sauver, et rejoindre les autres, me battre, tu sais. Où elle est ? »

Un genou à terre, les mains sur ses épaules, il faisait froid.

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 17:56

Perdu entre léthargie et crise de nerfs, Emrys retira sans y penser les quelques morceaux de verre encore enfoncés dans son poignet. Elle était morte ; elle était morte. Il n'arrivait toujours pas à se souvenir de son prénom, elle était morte, le cou brisé, il ne se souvenait pas. Une grimace étira ses traits ; ça faisait mal, mal, tellement mal encore – son bras le lançait, il avait perdu du sang. Il était fatigué, il voulait rentrer et elle était morte, ne rentrerait plus jamais : il se souvint l'avoir vue courir dans les couloirs, plusieurs fois, l'avoir vue avec plusieurs de ses connaissances, Wang, Ayumi, sourire et rire – et il pleura de plus bel, les genoux contre son torse, sans savoir quoi faire. Elle était morte. Morte. C'était la première fois qu'il voyait un cadavre d'aussi près, les yeux grands ouverts et le corps inanimé. Elle n'était ni défigurée, ni atrocement mutilée, ni écrasée ni tordue ; juste allongée, la tête un peu sur le côté, comme l'aurait fait n'importe qui en voulant observer le ciel et les étoiles.
La vie ne tenait qu'à ça. Une minuscule fil, un centimètre qui sépare la tête d'une table pendant une chute, une fraction de seconde qui décidera si oui ou non cette voiture aura le temps de dévier sa course. Lui aussi, il aurait pu...
Une violente nausée le prit à la gorge. Sa peau était livide, son air hagard ; il ne savait plus où il était, ce qu'il était censé faire. Elle était morte à cause de lui, elle était morte – et des bruits de pas résonnèrent – elle était morte – un bref coup d’œil vers sa poêle, à un mètre de lui. C'était de sa faute. Tout ça était de sa faute. S'il ne s'était pas énervé, s'il avait su garder son calme, relativiser, rien de tout ça ne serait arrivé. Il aurait mérité de mourir sur le champ, lui aussi.
Il voulait tellement vivre, pourtant.
La silhouette se rapprocha rapidement ; les yeux rougis, il ne reconnut pas tout de suite le jeune homme qui venait dans sa direction. Il avait peur, il avait mal, il voulait rentrer et dormir et serrer quelqu'un contre lui, qu'on le rassure en lui disant que ce n'était pas de sa faute, qu'il ne l'avait pas fait exprès ; qu'on lui explique comment réagir, comment vivre avec ça sur la conscience. Elle ne pouvait même pas l'entendre s'excuser.

C'était Huan Yue.

« Emrys ! Emrys, tu n’as rien, je croyais que… Si j’étais arrivé trop tard. » Les larmes lui montèrent aux yeux ; dis pas ça. « J’étais mort de peur… Mais je vais pouvoir vous aider maintenant, hein ? Je vais être utile à quelque chose, hein, Emrys ? Je vais sûrement pouvoir… »

Un sanglot étranglé fit couler quelques larmes le long de ses joues. Il voulait s'éloigner, disparaître, échapper à cette inquiétude qu'il ne méritait pas ; il ne voulait pas lui expliquer, n'aspirait qu'à s'enterrer ou s'enfuir. Ne me regarde pas comme ça, ne dis pas ça, ne m'approche pas.
Il avait peur de Wang, peur de lui-même, peur de cette fille qui avait si profondément entaillé son bras, peur des tombes qui lui avait ôté la vie, pour de ce qui pourrait lui arriver, peur d'être coupable et peur de ne pas pouvoir l'assumer.
Recroquevillé contre la pierre tombale, il pria pour que tout s'arrange.

« Où est Courtney ? Où est Courtney, Emrys ? Je dois sauver Courtney, Emrys. Je, je dois la sauver, et rejoindre les autres, me battre, tu sais. Où elle est ? »

Courtney.
Elle s’appelait Courtney.
Les mains sur ses épaules lui parurent glacées, douloureuses ; il ne put se résoudre à les repousser pour autant. Le corps agité de tremblements, il plaqua ses mains sur ses oreilles, murmura des paroles sans aucun sens. Emrys, Emrys, Emrys.
Où elle est, qu'est-ce que tu en as fait ? Pourquoi elle n'est pas là ? Il doit la sauver, il avait peur d'arriver trop tard. Aide le, Emrys, rassure le, Emrys, fais quelque chose, Emrys, Emrys, fait quelque chose, raconte lui, excuse toi, allez, Emrys, c'est toi qui l'a tuée non – Emrys ?


« Non, gémit-il en faisant glisser ses mains jusqu'à ses clavicules. Ralph avait un couteau, mais elle disait – je voulais juste, qu'elle se taise, qu'elle... »

Un nouveau sanglot l'interrompit ; je ne veux pas mourir.

« Elle... »

Il se mordit la lèvre, incapable de dire quoi que ce soit.
D'un geste du bras il désigna sa droite, un peu en arrière.
Je ne veux pas mourir.

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 19:46

Le vent ne charriait pas la pluie fine de la veille. Sans glacer ses os, il séchait la sueur qui perlait au front de Wang et soulevait gentiment les cheveux qu’elle avait plaqués sur ses tempes moites. C’était une belle soirée pour le mois, presque trop belle. Il avait froid pourtant –vraiment froid. La scène s’était tant de fois jouée devant ses yeux ; il ne lui était plus possible de distinguer le vrai du faux. Blottie derrière une tombe, plus perdue qu’effrayée, Courtney releva la tête à son passage et fixa avec défiance la main qu’il lui tendait. Elle ne voulait pas se relever. Alors il s’assit tout simplement, Emrys à côté de lui, et aucun d’eux trois n’était dans un glorieux état. « Je suis là », dit-il tout simplement, bêtement, stupidement, et tout le monde s’en ficha comme d’une guigne bien sûr, mais tout de même il était là, à échanger un sourire insipide avec ce garçon aux yeux si clairs pour lui que c’en devenait ridicule.
Sauf que ce garçon était tout seul. Sauf que la gamine souriante n’était pas là pour l’envoyer se faire voir. Sauf qu’ils étaient absolument terrorisés. Sauf que ce garçon était blessé. Sauf que la gamine souriante, la gamine souriante. Elle n’était pas là. Huan Yue sut qu’elle n’était pas dans les bois ; il ne voulait pas y retourner. Elle n’y était pas. Comment se lancer sur ses talons, comment ne pas céder à la panique ? Elle n’y était pas. L’image du cadavre atrocement mutilé auquel il n’avait pas eu le temps de creuser de tombe revint assaillir sa mémoire : il se relevait et lui souriait gentiment.

Courtney et Emrys, main dans la main, traversent les bois en courant. William et Allen, surpris, les avaient regardés passer. Du calme, invectiva une voix molle. Elle était en vie, ce n’était pas elle.
Mon dieu, faites que ce ne soit pas elle.
Il implora Emrys du regard –comme s’il y pouvait quelque chose. Une foule d’imprécations silencieuses, de prières, de promesses en l’air se pressaient au bord de ses lèvres entrouvertes. Le vent du soir parut rafraîchir leur ardeur brûlante et elles retournèrent, timides et vaincues déjà, au pays du cœur. Le Mandchou, en dépit de ses questions pressantes, ne voulait rien savoir.

« Ralph avait un couteau, mais elle disait – je voulais juste, qu'elle se taise, qu'elle... »

Wang tourna la tête de droite à gauche, une fois, deux fois, infime dénégation. Il haïssait Ralph. Il le détestait vraiment. Et ça aurait été si simple de s’arrêter là –Ralph avait un couteau c’est de sa faute venge-la. Très bas, le Chinois lui murmura de se taire, parce que c’était bon, c’était suffisant, il en avait assez, il n’avait besoin que de ça. La pression sur les épaules du brun s’accentua, invitation à la fermer définitivement. Il ne le fit pas. Et de son côté, son interlocuteur ne se boucha pas les oreilles. Il ne suivit pas immédiatement du regard la direction qu’il lui indiquait. Pas tout de suite.
Sans se relever vraiment, il se déplaça jusqu’à son chevet. Les yeux fermés, les mains sur le ventre, elle avait l’air de dormir. Tout simplement, bêtement, stupidement.

« Que tu es bête, Courtney, dit-il en soutenant sa tête ballottante contre lui. C’est pas le moment de dormir. Je vous cherchais tous les deux, il faut qu’on rentre maintenant. J’ai encore oublié ce qu’on mettait dans un milkshake… Alors, si tu m’aides pas, je… Et Aphrodite... Il va falloir rentrer à la maison, Courtney... Je veux bien l'appeler ma maison, cet endroit, si tu veux bien rentrer. Allez, Cou... »

Quelque chose se bloqua dans sa gorge et il se mit à pleurer. Comme ça, sans faire de bruit –il pleurait juste un peu, quelques secondes, tandis qu’il reposait doucement sa tête sur le sol un peu froid. Et ce qui le rendit triste ne fut pas l’idée de ne jamais la revoir mais celle d’avoir eu peur de la réveiller. Il retira sa chemise et l’étendit sur le visage de Courtney, presque comme une couverture. Il ne fallait pas rester avachi là à ne rien faire. Emrys allait bien. Emrys allait encore bien mais il était blessé. Il s’était battu. Ce qui s’était passé, il n’y avait rien pu. Huan Yue se tourna vers lui, inexpressif. C’était de la faute e Ralph. Ralph avait un couteau, se dit-il alors qu’il avançait d’un pas hasardeux

Je voulais juste qu’elle se taise

vers l’autre qui n’allait pas bien et qu’il devait aider, rassurer, consoler

Je voulais juste qu’elle se taise

et sauver. Ils étaient amis. Il n’était pas arrivé trop tard. Ce type n’avait pas laissé Courtney en arrière, au contraire ; il avait pris sa main –une main que lui n’aurait peut-être pas prise– et il l’avait

Je voulais juste qu’elle se taise

aidée de son mieux.

« Emrys, demanda-t-il d’une voix blanche. Pourquoi elle est comme ça ? Ça va aller ? Tu es… Blessé. »

Il tendit le bras vers lui.

« Qu’est-ce que t’as fait, espèce de monstre ! », cria-t-il en dirigeant son poing, atour duuel le fouet était toujours enroulé, vers le visage de son vis-à-vis. Il se fichait pas mal que la bête les entende et se ramène ; il s’en fichait pas mal.
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 19:46

Le membre 'Wang Huan Yue' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
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#2 'Dé Dégâts' :
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 19:50

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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitimeMer 24 Avr 2013 - 19:50

Le membre 'Emrys Sulwyn' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Décisif' :
Verbatim. 58768097

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#2 'Dé Dégâts' :
Verbatim. 42416936

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#3 'Dé Dérobé' :
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MessageSujet: Re: Verbatim.   Verbatim. Icon_minitime

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